Loi d’urgence sanitaire : l’entente malgré tout ?

soignants

La majorité a eu chaud et peut mesure d’emblée sa marge de manœuvre. Après des discours électriques inhérents à la motion de censure déposée par la NUPES contre le gouvernement d’Élisabeth Borne, discours qui a vu les fleurets se démoucheter et l’affrontement tant attendu survenir enfin, les 577 députés se sont penchés sur l’examen du projet de loi de sécurité sanitaire.
Une tribune publiée le 12 juillet 2022.

Deux motions, deux ambiances…

En préambule, les députés devaient s’exprimer sur la motion de rejet déposée par la NUPES. Contrairement à la motion de censure qui avait laissé l’ultra-gauche seule malgré le soutien à la marge de Nicolas Dupont-Aignan, cette nouvelle motion de rejet a cette fois suscité le soutien du Rassemblement national. Pourquoi un tel revirement ? « Les deux textes n’ont rien à voir. La motion n’avait pas d’autre intérêt que de faire le buzz. La situation est beaucoup trop grave pour faire du buzz », réagit, par téléphone, la députée RN de la Gironde Edwige Diaz. « Si elle avait abouti, nous aurions perdu du temps, tout cela pour passer de Mme Borne à Mme Borne, d’autant que nos collègues de gauche n’avaient aucune alternative à proposer. » Pas le même sujet pour le RN, donc, qui a vu dans cette proposition de motion de rejet une occasion de tenir les promesses faites aux Français.

« Nous voterons favorablement cette motion de rejet préalable, en effet […] il y a des soignants que vous refusez ce soir de réintégrer, ils sont à bout et l’hôpital craque », justifie le député RN du Loiret Thomas Ménagé dans l’Hémicycle. Outre le passe, c’est évidemment cette question de la réintégration des soignants non vaccinés qui provoque le fait que « les extrêmes se rejoignent », pour reprendre le verbatim en vogue en Macronie. « L’article 40 ne doit pas empêcher la réintégration des personnels soignants non vaccinés », réagit, de son côté, l’Insoumis Éric Coquerel. En bref, malgré leur refus de soutenir non « une motion de censure mais une motion d’imposture », comme l’a déclaré le jeune député RN de la Moselle Alexandre Loubet, le RN et la gauche de la gauche font front commun contre ce projet de loi sanitaire. Une occasion, pour la majorité, de couper court aux accusations de la NUPES d’être les alliés objectifs du RN.

Le sort des soignants

Estimés à 15.000 fin 2021, ils seraient maintenant entre 4 et 5.000, d’après la Fédération hospitalière de France. Suspendus et sans revenus, ces milliers de travailleurs de la santé ont les yeux braqués sur l’Assemblée et espèrent encore un revirement. S’ils ne représentent qu’environ 0,3 % du corps hospitalier, ils incarnent un enjeu politique et font s’entrechoquer deux visions radicalement opposées de la société civile. Le tout sanitaire face aux libertés individuelles. L’opposition entre la responsabilité individuelle et le coercitif.

Les LR en soutien du gouvernement, les écolos désertent !

Quoi qu’il en soit, avec 192 voix contre l’adoption de cette motion de rejet et 172 pour, on touche du doigt la fragilité de la majorité, et la chambre d’enregistrement que fut l’Hémicycle durant les cinq dernières années se mue en théâtre de guerre de tranchées. Il aura fallu le barrage des LR pour faire basculer le vote en faveur de la majorité. Une position politique qui rend service à la majorité et qui permet au groupe de la droite classique de ne pas être rejeté dans le groupe « des extrêmes qui se rejoignent ». Une position qui met toutefois à mal leur statut de groupe d’opposition. « Ils sont responsables de leurs votes et les Français jugeront », réagit, par téléphone, Christophe Bentz, député RN de Haute-Marne. Surprise, aussi, du côté des écologistes, pourtant membres de la NUPES. Sur 23 membres, 22 n’étaient pas présents au vote. Seul le député Karim Ben Cheikh était présent et a soutenu la motion de ses collègues NUPES.

Ce projet de loi qui fera l’objet de débats qui risquent de durer jusque tard dans la soirée a été, en quelque sorte, le galop d’essai de cet Hémicycle, présidé pour l’occasion par le vice-président Sébastien Chenu. Une symbolique qui a ému sur les réseaux sociaux : « En ce moment, l’Assemblée nationale tient sa première séance présidée par un fasciste. Comment en est-on arrivés là… », s’est ému, sur Twitter, François Malaussena, conseiller à l’Assemblée. « Je ne m’y habituerai jamais », déplore la journaliste Nassira El Moaddem. Au gouvernement, il va en tout cas falloir s’y faire, composer, recomposer, passer en force ou dissoudre. Le palais Bourbon se mine et la démocratie a meilleure mine.

Marc Eynaud

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Marine Le Pen : « Première victoire des députés du RN ! Le pass sanitaire ne concernera plus les mineurs. Nous ne lâchons rien pour vous défendre »

Même les lieux profanes ne sont plus sacrés… Qui avilit l’Assemblée nationale?, par Philippe Bilger

assemblée nationale

Temple de la démocratie, notre institution parlementaire se voit aujourd’hui discréditée. Les députés Nupes, de par les tenues qu’ils arborent et les gestes de défiance qu’ils lancent, incarnent ce délitement…

Pour les lieux sacrés, il y a longtemps que j’ai perdu toute espérance. Les synagogues, les églises, les cimetières juifs, musulmans et chrétiens ne sont plus à l’abri de rien. Vols, dégradations, saccages et profanations se multiplient à l’envi au point que des caméras vidéo sont installées pour surveiller et protéger certains édifices religieux. Il s’agit, pour moi, de la marque d’une fin de civilisation, d’une société déréglée.

Le RN met l’Assemblée nationale à l’honneur

Puisque cette cause est perdue, on aurait pu au moins s’attendre à la sanctuarisation des hauts lieux de notre démocratie, d’abord l’Assemblée nationale. J’admets, en considérant ce qui vient de s’y dérouler ces derniers jours, que ma naïveté est sans borne. En imaginant que la vulgarité, la grossièreté, le sectarisme et le manque de savoir-vivre auraient forcément des limites et qu’ils ne gangrèneraient pas le Palais Bourbon, je me suis tristement trompé.

Par quelle perversion en est-on venu à souhaiter que l’Assemblée nationale ressemble à l’école d’aujourd’hui ? Qu’elle ne soit plus protégée des influences délétères extérieures mais qu’elle accueille au contraire en son sein le pire des conflits politiques et sociaux ? leur expression outrancière et vindicative, la haine comme argument et le refus de la politesse comme engagement ?

Convient-il vraiment de se moquer des députés du RN qui, inspirés par Marine Le Pen, tiennent à présenter d’eux-mêmes une apparence qui non seulement leur fasse honneur mais surtout à la République dont ils seront durant quelques années les représentants, aussi légitimes que ceux des groupes antagonistes ? Faut-il traiter avec condescendance cette volonté d’avoir une tenue qui, dans la forme, ne conduirait pas à la banalisation de l’Assemblée nationale mais, au fil des jours, si elle était généralisée, changerait peu à peu l’opinion du pays sur cet aréopage de 577 personnalités observées, scrutées, admirées ou vouées aux gémonies, c’est selon?

L’antirépublicanisme banalisé

Était-il nécessaire que Danièle Obono et Louis Boyard, ne prenant pas conscience du caractère emblématique de cet univers et des devoirs qui auraient dû en résulter pour eux, au nom d’un sectarisme maintenu avec arrogance et contentement de soi, ne serrassent pas la main de Julien Odoul ou de Philippe Ballard ? avec des justifications absolument pas convaincantes de la part du second malappris que son jeune âge n’excuse pas ? Quant à la première, elle ne saurait invoquer, pour se justifier, d’avoir été la victime d’attaques injustes et scandaleuses alors qu’elle-même n’était pas non plus dans la douceur et la mesure.

Le combat politique, même le plus rude, n’exclut pas cette urbanité minimale qui n’est pas hypocrisie mais perception d’une solidarité basique à partir de retrouvailles dans un monde qui, n’éradiquant pas les conflits et les antagonismes, leur donne un tour que la délibération collective devrait au moins pacifier dans l’expression. L’autre, pour être un adversaire politique, n’est pas forcément un humain à mépriser.

Cette dégradation de l’Assemblée nationale, paradoxalement, va noyer les authentiques contradictions sur le fond, les problématiques et les solutions profondément antagonistes, dans une sorte de fureur superficielle plaçant au premier plan les disputes spectaculaires de façade au détriment de ce qu’une courtoisie républicaine apporterait à des échanges vigoureux et extrêmes sur le destin de la France, sa survie, sa sécurité et son rôle international.

Je ne serai jamais de ceux qui prendront acte d’une faillite en l’estimant inéluctable. Si on continue cette offensive contre l’esprit de l’Assemblée nationale, avec une nouvelle présidente dont on peut craindre qu’elle soit mal armée face à la configuration agitée qui s’annonce, on aggravera la défiance, voire la dérision politiques, le discrédit démocratique et le sentiment que rien ne sert à rien et que tout est fichu. Alors que cette esquisse de proportionnelle pouvait laisser espérer que les orages de la France trouveraient leur exutoire à l’Assemblée nationale, faudra-t-il craindre à rebours que cette dernière soit au contraire dévastée par les orages du pays ?

Que même les hauts lieux profanes ne soient plus sacrés est un mauvais sort pour notre nation.

Tribune reprise de Causeur

La nouvelle Assemblée se dévoile, par Xavier Eman

Assemblée nationale

Dix jours après le second tour des législatives, l’Assemblée nationale vient d’élire son président, ou plutôt sa présidente, puisque Yaël Braun-Pivet devient la première femme à accéder à cette haute fonction. Cette féminisation du perchoir est apparemment une grande et belle chose, un formidable « progrès » puisque dorénavant le seul fait d’être une femme est une qualité en soi, ce qui est tout de même, il faut bien le dire, le comble du sexisme. Il s’agit en tout cas d’une remarquable promotion pour cette mère de famille de 51 ans arrivée en politique il y a à peine 5 ans et souvent taxée « d’amateurisme » par ses collègues. A l’issue d’un scrutin sans surprise, Yaël Braun-Pivet succède donc à Richard Ferrand après un passage éclair au gouvernement où elle aura été durant trente-six jours ministre des Outre-mer. Un passage extrêmement bref d’ailleurs perçu comme un manque de respect et de considération par plusieurs élus locaux de ces territoires qui ont exprimé leur réprobation. On pourrait également reprocher au député des Yvelines sa gestion de « l’affaire Benalla », la commission d’enquête sur l’ex-collaborateur du président Macron, dont Yaël Braun-Pivet était co-rapporteur, ayant explosé après le retrait de l’opposition qui l’accusait de « protéger » l’Elysée. Cet épisode lui vaudra d’ailleurs d’être qualifiée par « l’insoumis » Alexis Corbière de « Benalla de l’Assemblée nationale ».

Cette séance inaugurale aura par ailleurs vu Daniele Obono refuser ostensiblement de serrer la main de son collègue du RN Julien Odoul qui s’était retrouvé assis à côté de la passionaria indigéniste par le hasard du placement alphabétique. Une médiocre impolitesse que l’élue « insoumise » considère sans doute comme un grand acte de bravoure et de résistance. Malheureusement, le palais Bourbon ne dispense pas de cours de maintien ni de savoir-vivre.

La Nupes s’est d’ailleurs montrée très offensive pour ce début de mandature, parvenant à présenter un candidat commun pour le poste de président de la commission des Finances de l’Assemblée. C’est finalement « l’insoumis » Eric Coquerel, élu de Seine-Saint-Denis, qui a été préféré à la socialiste Valérie Larbaut, confirmant le rapport de forces en faveur de LFI existant au sein de la fragile coalition. Cette candidature coupe l’herbe sous le pied du Rassemblement National dont le candidat, Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme, se retrouve en infériorité numérique et n’a plus qu’à espérer l’hypothétique ralliement de voix en provenance des Républicains (Elisabeth Borne ayant assuré que la majorité présidentielle ne prendrait pas part au scrutin). Le RN dénonce d’ailleurs des « manœuvres d’appareil » et « la piraterie de la Nupes sur tous les postes de l’Assemblée nationale ».

La nouvelle mandature s’annonce donc « sportive » et il ne reste qu’à espérer, comme l’a évoqué le doyen de l’Assemblée dans son discours, que les élus du peuple fassent passer l’intérêt supérieur de celui-ci avant les passions partisanes et les stratégies personnelles. On peut, hélas, fort légitimement en douter mais, comme diraient les spécialistes du marketing : « laissons sa chance au produit ! »

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 29 juin 2022

Assemblée nationale : le discours du doyen des députés José Gonzalez (RN) sur l’Algérie française indigne la Nupes

Les libéraux se déshonorent en avalisant le passe vaccinal, par Ivan Rioufol

manif pass sanitaire

Où sont passés les libéraux ? Ils devraient être à la pointe des contestations contre la collectivisation des peurs sanitaires et l’intrusion du pouvoir politique dans les vies intimes. En réalité, rares sont les Républicains, parti dépositaire de la pensée libérale, qui protestent contre les atteintes constantes aux libertés, sacrifiées au nom de l’hygiénisme d’Etat. Le spectre d’une société aseptisée, adepte de la ségrégation et de la dénonciation, laisse de marbre les prétendus défenseurs de la démocratie et de la république. Ce lundi, sur Europe 1, le sénateur Claude Malhuret a offert la caricature du dogmatisme, construit sur la haine de l’autre et un monde divisé entre gentils et méchants.

Pour cet ancien médecin, qui s’était déjà fait remarquer par son mépris de classe contre les Gilets jaunes, les « anti-passes » seraient coupables de « foutre la trouille aux Français », d’être « du côté de l’erreur », de « contrevenir à leur devoir moral », de « bassiner avec les libertés ». Ce parlementaire, impertinent avec les faibles, trouve normal le fonctionnement de la démocratie parlementaire, qui avalise les choix de l’exécutif avec des coups de pieds au derrière. Il ne trouve rien à dire, non plus, des « contre-pouvoirs » (Conseil d’Etat, Conseil constitutionnel) qui s’aplatissent devant la volonté du chef de l’Etat. Pour lui, « si tout le monde était vacciné, il n’y aurait plus de problème ». La France, vaccinée à 92%, ne maîtrise pas l’épidémie et les vaccins s’avèrent clairement décevants. Mais Malhuret est l’exemple de l’idéologue fanatisé par ses croyances et indifférent aux faits. Ils sont nombreux à lui ressembler.

Ceux qui défendent les libertés sont dans la rue. Samedi, il y avait foule dans Paris et partout en France pour crier : « Macron, on t’em-merde ! ». Réduire ces citoyens à des illuminés « antivax » (Le Parisien dimanche) est une autre manière de ne pas vouloir entendre ces protestations contre une oppression étatique disproportionnée et une hystérie sanitaire qui devient démente. Le Parisien a accepté ce week-end d’abriter une tribune, co-signée par le professeur David Smadja (hématologue) et l’avocat Benjamin Fellous, qui proposent de poursuivre au pénal les non-vaccinés qui transmettraient le virus, sans vouloir s’arrêter aux vaccinés qui contaminent les non-vaccinés (ce qui a été mon cas).

Un sondage Ifop fait ressortir que 51 % des Français approuveraient que les non-vaccinés payent tout ou partie de leurs frais d’hospitalisation, sans oser pour l’instant appliquer ce raisonnement à ceux qui boivent trop, fument trop, conduisent trop vite, etc. Emmanuel Macron, tel Néron regardant Rome en feu, voit son pays s’enflammer à mesure qu’il déverse ses bidons d’essence, avec les encouragements de vaccinés qui ne veulent pas admettre qu’ils pourraient avoir été abusés. Paradoxe : c’est une philosophe proche de la France insoumise, Barbara Stiegler, qui, ce lundi dans Libération, alerte contre le passe liberticide et la propagande de la nouvelle hygiénocratie. Les libéraux se déshonorent.

Ivan Rioufol

Texte daté du 10 janvier 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Etat d’urgence prolongé: scandaleux absentéisme parlementaire, par Maxime Tandonnet

assemblée nationale

Le prolongement de « la période transitoire de sortie d’état d’urgence sanitaire » (dont l’échéance est prévue au 15 novembre 2021), sollicité par le gouvernement jusqu’au 31 juillet 2022 soulève de nombreuses interrogations.

De fait, le régime de « sortie d’état d’urgence » ressemble à celui de l’état d’urgence en soi et ses conséquences sont significatives en termes de libertés publiques. Il donne la possibilité à gouvernement de restreindre les libertés en dehors du cadre parlementaire. Ce choix traduit une banalisation d’un état d’urgence sanitaire qui aura été en vigueur pendant presque deux années. Dès lors que son usage est ainsi normalisé et s’inscrit dans une logique de long terme, il sort de la définition d’un pouvoir d’exception.

Dans ce contexte, face à une situation qui met en jeu l’essence même et la raison d’être de la démocratie libérale ou parlementaire – l’absentéisme parlementaire est particulièrement incompréhensible. Que seuls 261 députés sur 577 aient voté le prolongement de l’état d’urgence sanitaire constitue une authentique anomalie de la démocratie. Ainsi, le taux de participation à ce vote tellement emblématique et stratégique pour le Parlement n’a pas dépassé les 45%… Les parlementaires, qui sont élus et rémunérés pour voter les lois s’abstiennent ainsi à 55% au sujet d’une loi qui, de fait, touche à l’essence même de leur mission. Et après, les mêmes s’indigneront du même taux d’abstention des électeurs aux scrutins locaux ou nationaux…

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Destruction de la famille et de la civilisation européenne. La loi bioéthique adoptée par 326 députés élus par une minorité de Français

Assemblée nationale

Le projet de loi de bioéthique – qui scelle la destruction de la famille traditionnelle en France – a été finalement adopté par l’Assemblée nationale, mardi 29 juin.

Le projet de loi a reçu le feu vert des députés, mardi 29 juin, par 326 votes pour, 115 contre, vote dont il faut rappeler qu’il est effectué par des députés élus par une minorité de Français lors des dernières élections législatives. Ainsi, les gens qui font aujourd’hui les lois qui régiront demain le pays n’ont pas de légitimité (et peuvent aussi être abrogées par des courageux qui prétendront renverser la table).

A noter que cette loi votée intervient le même jour où, dans une Espagne qui a manifestement oublié qu’elle fût catholique, le gouvernement de gauche extrême vient d’adopter un projet de loi (à faire valider désormais au Parlement) indiquant que toute personne de nationalité espagnole âgée d’au moins 16 ans, voire dans certains cas de seulement 14 ans, pourra sur simple demande changer la mention de son sexe au registre de l’état-civil. On croit rêver, mais ils sont en train de profiter de la passivité ambiante pour transformer nos sociétés occidentales en profondeur (et devront rendre des comptes devant l’Histoire, c’est certain).

Pour comprendre de quoi il s’agit, lisez plutôt ci-dessous, le projet du gouvernement, issu du site Viepublic.fr

La loi du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique prévoit une révision de la loi par le Parlement dans un délai maximal de sept ans, précédé de l’organisation d’états généraux confiée au Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé. Ce texte est l’aboutissement de cette clause de révision.

La procréation médicale assistée (PMA)
Le projet de loi élargit l’accès à l’assistance médicale à la procréation dite procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes célibataires. Actuellement, la PMA est uniquement accessible aux couples hétérosexuels sur indication médicale.

Le remboursement par l’assurance maladie de la PMA est ouvert à tous : couples hétérosexuels, homosexuels et femmes seules. Afin de répondre aux situations de double infertilité dans les couples, le recours à un double don de gamètes (ovocyte et sperme) au cours d’une même tentative de PMA est permis.

Les droits des enfants nés d’une PMA sont reconnus et sécurisés. Un nouveau droit d’accès aux origines est posé. Les enfants conçus par PMA peuvent à leur majorité accéder à des données non identifiantes du donneur (âge, caractères physiques…) ou à l’identité du donneur. Tout donneur devra consentir à la communication de ces données avant de procéder au don. Un nouveau mode de filiation est mis en place pour les enfants nés par PMA de couples de femmes. Les femmes concernées doivent établir devant notaire une reconnaissance conjointe de l’enfant avant sa naissance.

L’autoconservation des gamètes, en dehors de tout motif médical, devient possible pour les femmes et pour les hommes afin qu’ils puissent plus tard recourir personnellement à une PMA. Jusqu’ici une femme ne pouvait avoir recours à la congélation de ses propres ovocytes, sauf nécessité médicale. La réforme est encadrée : des bornes d’âge seront posées par décret, l’activité est réservée aux établissements publics et privés à but non lucratif autorisés, dans le cadre du service public hospitalier. Les actes liés au recueil ou au prélèvement des gamètes sont remboursés mais pas le coût de la conservation. Le recueil du consentement du conjoint du donneur de gamètes est supprimé.

Les dons d’organes, la transmission des informations génétiques
Dans le but d’améliorer l’accès à la greffe, le don croisé d’organes prélevés sur personnes vivantes est facilité. Les possibilités de dons de moelle osseuse de la part d’un mineur ou d’un majeur protégé au profit de ses père et mère sont élargies.

L’accès de la famille à des informations résultant d’un examen des caractéristiques génétiques d’une personne hors d’état d’exprimer sa volonté ou décédée est accru. Il s’agit de permettre aux proches de bénéficier de mesures de prévention ou de soins.

L’accompagnement des nouveaux progrès scientifiques
Les traitements de données issus de l’intelligence artificielle (IA), lorsqu’ils sont utilisés pour des actes de soins, sont encadrés. La personne doit être informée de l’utilisation d’un tel traitement algorithmique. L’intervention d’un professionnel de santé pour le paramétrage d’un tel traitement est obligatoire.

Les finalités de recours aux techniques d’enregistrement de l’activité cérébrale sont précisées. L’emploi de l’imagerie cérébrale fonctionnelle dans le domaine de l’expertise judiciaire est interdit.

Un décret du ministère de la santé, pris après avis de la Haute autorité de santé, peut interdire les dispositifs de neuro-modulation (qui ont pour objet de modifier l’activité cérébrale) qui présenteraient un danger grave pour la santé humaine.

La recherche sur les cellules souches
Le projet de loi ne modifie pas le régime applicable aux recherches conduites sur l’embryon. En revanche, il assouplit le régime de recherches sur les cellules souches embryonnaires (cellules prélevées dans un embryon à son tout premier stade de développement et qui peuvent se transformer en tous types de cellules – peau, muscles, coeur…). Ces recherches passent d’un régime d’autorisation par l’Agence de la biomédecine à un simple régime de déclaration préalable. Par ailleurs, une durée limite de 14 jours est fixée pour la culture in vitro des embryons humains inclus dans un protocole de recherche (embryons surnuméraires provenant d’un couple n’ayant plus de projet parental et ayant consenti à les proposer à la recherche).

Certaines dispositions régissant les modifications pouvant être apportées au génome d’embryons sont revues. L’interdiction fondamentale de toute expérience visant la transformation des caractères génétiques dans le but de modifier la descendance est maintenue. L’interdiction de modifier un embryon humain par adjonction de cellules issues d’autres espèces est clarifiée.

Les autres dispositions
Elles poursuivent l’amélioration de la qualité et de la sécurité des pratiques concernées par le champ bioéthique et optimisent l’organisation des soins.

L’information de la femme enceinte, quand il est recouru à de nouvelles techniques de génétique pour explorer un risque avéré de pathologie fœtale, est renforcée. Le délai de réflexion d’une semaine en cas d’interruption médicale de grossesse (IMG) est supprimé. Le texte crée une nouvelle catégorie d’avortement, l’interruption volontaire partielle d’une grossesse multiple en cas de mise en péril de la santé de la femme, des embryons et des fœtus. Cette intervention doit avoir lieu avant la fin de la 12e semaine de grossesse après consultation d’une équipe pluridisciplinaire.

Le projet de loi contient enfin plusieurs mesures sur la gouvernance bioéthique. Il élargit le périmètre du Comité consultatif national d’éthique aux questions et problèmes de santé résultant de progrès scientifiques et technologiques dans les domaines de l’intelligence artificielle et de l’environnement. Il favorise un débat démocratique bioéthique permanent au sein de la société. Il simplifie les missions et la gouvernance de l’Agence de la biomédecine.

Comme dans les précédentes lois de bioéthique, la clause de réexamen périodique de la loi dans un délai de sept ans est renouvelée.

Texte repris du site Breizh-info

PMA à l’Assemblée nationale : le retour

PMA GPA

Après un examen en commission spéciale du 1er au 3 juin, les députés examineront le projet de loi bioéthique en séance publique à partir du 7 juin. Début février, lors de la seconde lecture, les sénateurs ont réécrit le texte de fond en comble, en excluant sa mesure phare, à savoir la PMA sans père. l’Assemblée nationale entend profiter de cette troisième lecture pour revenir à la version d’origine. Mais sous couvert de “progrès”, de quoi parle-t-on réellement ?

N’est-on pas d’accord pour dire qu’on ne souhaite à personne d’être orphelin ? Eh bien, le projet de loi bioéthique vise à étendre la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules. En d’autres mots : priver des enfants volontairement de père. Si la loi passe, il faudra dire dans quinze ans à ces jeunes fabriqués par la science : ” Tu n’as pas de papa car il y a quinze ans une loi en a décidé ainsi.” On crée alors une injustice, voire une inégalité, parce que s’il y a bien une égalité au monde, c’est que nous sommes tous nés d’un père et d’une mère.

En outre, la PMA sans père mène directement vers la gestation pour autrui (GPA) dont l’abandon est le principe initial. En effet, une fois le droit à l’enfant accordé à toutes les femmes, au nom de l’égalité, les mêmes revendications viendront de la part des hommes. On tombe dans la marchandisation du corps des femmes et le commerce des ventres des mères porteuses. La suite, inévitable, est désastreuse, non seulement pour les droits des enfants, mais également pour la dignité du corps de la femme. Pendant la grossesse, la mère et l’enfant sont connectés par un ensemble de liens affectifs et sensoriels. Pendant neuf mois le bébé vit en harmonie avec elle. Comment peut-on en connaissance de cause arracher un enfant à sa maman après sa naissance et briser ce lien qui s’est établi entre le nouveau-né et cette dernière pendant neuf mois ?

Nombreux sont ceux pour la PMA sans père et qui s’opposent à la GPA ; mais il faut comprendre que si la première passe, la deuxième passera également, car elles sont intimement liées. Tout sera alors une question de temps pour que des esprits déjà si “ouverts” s’ouvrent encore plus. Mais cette machine idéologique constamment en quête de “progrès” peut être stoppée. C’est à ceux qui n’ouvrent pas leurs esprits, mais plutôt leurs cœurs, de se battre pour la famille et refuser le droit à l’enfant. Vouloir un enfant est un désir parfaitement légitime, mais ce dernier n’est pas un droit, et encore moins une marchandise que l’on achète ou que l’on loue.

Le gouvernement cherche à répondre aux désirs des minorités, qui pensent, à tort, représenter la voix majoritaire de la Nation (selon L’IFOP en 2019, “83 % des Français pensent que l’État doit garantir à l’enfant né par PMA le droit d’avoir un père et une mère“). Nous assistons depuis de longues années à une idéologie selon laquelle toute avancée des droits humains est un progrès, et cela au détriment de valeurs et institutions traditionnelles qui guident les hommes depuis la nuit des temps. Les politiques successives de François Hollande et Emmanuel Macron se sont toutes deux inscrites dans une perspective gauchiste “progressiste” qui divise les Français. Et c’est la famille qui en paye le prix, car le modèle familial et les repères traditionnels sont supprimés au profit d’un clientélisme non seulement politique et individualiste, mais également égoïste, qui cherche à répondre à des désirs d’adultes et met de côté les droits des plus vulnérables : les enfants.

Afonso Chaby

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

La constitution hongroise contre le « gender »

Hongrie viktor-orban

Avec 134 voix pour, 45 contre et 5 abstentions, l’Assemblée nationale hongroise a adopté le mardi 15 décembre un amendement à sa constitution pour mieux se prémunir contre l’assaut des idéologues du genre et autres représentants de l’Internationale LGBT. En effet, et même si, comme tient à le préciser le gouvernement hongrois, cet amendement n’est pas dirigé contre qui que ce soit, il permet à la Hongrie d’avoir désormais une définition de la famille dans sa loi fondamentale. Celle-ci définissait déjà le mariage comme étant l’union d’un homme et d’une femme. Enoncer cette évidence avait valu à la Hongrie un procès en homophobie quand elle avait remplacé son ancienne constitution stalinienne en 2012. Désormais, la constitution hongroise précise que « la Hongrie protège l’institution du mariage en tant qu’union d’un homme et d’une femme et la famille en tant que fondement de la survie de la nation. Le fondement de la famille est le mariage et la relation parent-enfant. La mère est une femme, le père est un homme. »

Qui eût cru qu’il faudrait un jour inscrire ce type de lapalissades dans le marbre pour mieux protéger la société contre les lubies néo-marxistes d’une gauche européenne orpheline du communisme ?

Par la même occasion, un amendement visant à protéger plus spécifiquement les enfants a encore été ajouté à la constitution hongroise : « Chaque enfant a droit à la protection et aux soins nécessaires à son développement physique, mental et moral. La Hongrie protège le droit des enfants à leur identité correspondant à leur sexe à la naissance et assure une éducation conforme aux valeurs fondées sur l’identité constitutionnelle et la culture chrétienne de la Hongrie. »

Dans le texte expliquant les raisons qui ont motivé ces amendements, le législateur hongrois a indiqué que la loi fondamentale du pays est l’expression de la volonté de la nation et du cadre dans lequel elle souhaite vivre. Néanmoins, précise ce texte, il existe aujourd’hui une tendance à relativiser toutes les valeurs traditionnelles, y compris la définition des sexes. Cette tendance rend nécessaire une définition claire des garanties fondamentales offertes en particulier aux enfants.

Le même jour, l’Assemblée nationale adoptait une loi qui avait été annoncée le 10 novembre, en même temps que le projet d’amendements à la Constitution (voir nos « Echos éthiques » dans Présent du 26 novembre). Cette loi réserve aux couples mariés la possibilité d’adopter des enfants. Les personnes seules ne pourront plus adopter un enfant qu’en obtenant une autorisation spéciale du ministre de la Famille.

« Le but n’est pas de fragiliser les droits de certains groupes sociaux », a expliqué Judit Varga, ministre de la Justice, « mais de protéger les droits de nos enfants ». A la tête du parti de gauche libertaire DK, l’ancien Premier ministre Ferenc Gyurcsány, un ex-apparatchik communiste devenu oligarque, a refusé de prendre part au vote pour dénoncer une « politique familiale excluante ». Il faut dire qu’après sa troisième large victoire consécutive aux élections législatives de 2018, la coalition du parti conservateur Fidesz et de son allié chrétien-démocrate KDNP qui dirige le pays depuis 2010 dispose à elle seule au Parlement monocaméral hongrois de la majorité des deux tiers nécessaires pour modifier la constitution. Vox populi, vox Dei.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 18 décembre 2020

«Le professeur Raoult n’épargne personne» : que retenir de son audition à l’Assemblée nationale ?

25/06/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Didier Raoult, qui était ce mercredi 24 juin à Paris pour être entendu par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, a témoigné devant les parlementaires chargés de tirer les leçons de la pandémie de Covid-19.

Il est revenu en détails, longuement, sur chaque étape de l’épidémie, et s’est exprimé sur nombre de sujets comme l’utilisation de l’hydroxychloroquine, les tests, les matériels de protection, la réponse du ministère à cette crise, les laboratoires pharmaceutiques ou encore la polémique sur l’étude du Lancet.


Projet de loi bioéthique – Quand l’Assemblée se déshonore, par Franck Deletraz

Assemblée nationale

Comme l’on pouvait hélas s’y attendre, les députés, faisant fi de la colère de la rue et de la manifestation « Marchons enfants » qui a rassemblé près de 75 000 opposants à la PMA sans père le 6 octobre, ont donc adopté mardi à une large majorité (359 voix contre 114 et 72 abstentions) le projet de loi bioéthique prévoyant notamment l’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes. Cependant, le texte devant encore passer devant le Sénat en janvier, le combat est loin d’être perdu pour les défenseurs de l’enfance et de la famille, qui appellent à une mobilisation massive les 30 novembre et 1er décembre prochains.

Et déjà, le lobby LGBT réclame davantage !

Au terme de quelque 80 heures de débats, ce projet de loi de 32 articles qui, outre l’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes, prévoit une réforme de la filiation et de l’accès aux origines, l’autoconservation des ovocytes ou encore la recherche sur les cellules-souches embryonnaires, est donc passé comme une lettre à la poste. « Grâce », bien entendu, aux élus LREM et MoDem, qui ont voté à l’unisson pour cette promesse de campagne de Macron visant à satisfaire le lobby gay. A la plupart des députés de gauche (PS, PCF et LFI). Mais aussi – honte à eux ! – à un certain nombre d’élus de cette droite LR qui, dès le début, a refusé de se battre bec et ongles contre ce texte qui ouvre la porte à la GPA et autres abominations. Pour preuve : dès mardi, les associations LGBT commençaient déjà à réclamer davantage. Comme Nicolas Faget, porte-parole de l’« Association des Parents et Futurs parents gays et lesbiens », qui, tout en saluant « un pas en avant », s’empressait d’ajouter que « nos familles ne sont toujours pas égales face au droit commun ». Ou encore l’inter-LGBT, qui dénonçant carrément le « non accès des hommes transgenres à la PMA » !

Le combat continue

Bref, on le voit, en adoptant ce texte, l’Assemblée a ouvert la porte au n’importe quoi et aux demandes les plus délirantes de la minorité LGBT. Cependant, si le gouvernement s’est montré mardi satisfait et a dit espérer voir la loi définitivement adoptée « avant l’été », l’affaire est encore loin d’être terminée. Le succès impressionnant rencontré par la mobilisation du 6 octobre dernier a en effet grandement renforcé la volonté des associations de défense de la famille de faire échec aux projets du gouvernement. Car, comme l’a déclaré Ludovine de La Rochère, cette adoption en première lecture du projet de loi bioéthique « ne signifie en aucune manière que c’est fait. Nous sommes au tout début d’un long processus qui va durer des mois ». Et déjà les associations appellent tous les Français à se mobiliser lors de leurs nouvelles grandes mobilisations, comme ce week-end d’« actions délocalisées partout en France », les 30 novembre et 1er décembre, ou encore cette deuxième manifestation nationale à Paris le 19 janvier à laquelle nous devrons tous participer.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 16 octobre 2019

PMA pour toutes : les députés français adoptent le projet de loi bioéthique

16/10/2019 – FRANCE (NOVOpress)
L’Assemblée nationale a adopté largement mardi le vaste projet de loi bioéthique avec sa mesure phare prévoyant l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes.

Après 80 heures environ de débats intenses, l’Assemblée nationale a adopté largement mardi le vaste projet de loi bioéthique avec la mesure phare de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, sans faire totalement le plein de voix dans la majorité.

Outre la mesure emblématique de l’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires, le texte prévoit une délicate réforme de la filiation et de l’accès aux origines…

Les élus RN, qui siègent parmi les non-inscrits ont majoritairement voté contre.