L’Ascension dans l’art européen – Les Très Riches Heures du duc de Berry

L’Ascension dan l'art européen - Les Très Riches Heures du duc de Berry

09/05/2013 – 14h00
PARIS (NOVOPress) –
La fête chrétienne de l’Ascension, célébrée quarante jours après Pâques, a fait l’objet de nombreuses œuvres d’art dans la culture européenne. Dans la foi chrétienne cette fête marque la montée au ciel de Jésus après sa résurrection. En voici une illustration dans un des plus renommé livre manuscrit enluminé : Les Très Riches Heures du duc de Berry.
La réalisation de ce livre a eu une histoire complexe.

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Quand le marché sacralise les déviances

Quand le marché sacralise les déviances

Photo : Le mannequin androgyne Andrej Pejic, un homme qui se voyait déjà ressembler à une fille “au moment où je suis sorti du ventre de ma mère”

Focalisé sur le cerveau émotionnel du consommateur, le Système fait feu de tout bois pour atteindre sa cible. Dans un monde saturé de signes et dépourvu de sens, l’effet de surprise, de séduction, de conviction passera par les cases provocation, sublimation, déstructuration sans l’ombre d’un scrupule. L’hyper-choix fusille le désir et hystérise l’envie : plutôt nuggets ou big mac ? plutôt gaucho ou facho ? plutôt rock ou techno ? plutôt homo ou hétéro?… Le citoyen consommateur est prié à tout propos et sans priorisation de se prononcer, d’opter pour un segment de marché ou une « orientation »… parmi un assortiment dont la variété donne le tournis et parfois même la nausée… J.H. d’Avirac, spécialiste du marketing, fait le point.
Polémia.

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Un serpent chinois défie la métallurgie nazairienne

Un serpent chinois défie la métallurgie nazairienne

18/07/2012 – 12H30
SAINT-NAZAIRE (NOVOpress Breizh) – Œuvre d’un artiste d’origine chinoise fabriquée en Chine et cofinancée par l’Union européenne, le “Serpent d’océan” fait figure d’hommage à la mondialisation planté face aux chantiers navals de Saint-Nazaire.

Parmi les œuvres exposées dans le cadre d’Estuaire, la “biennale artistique” organisée cette année comme en 2007 et 2009 le long de l’estuaire de la Loire, le Serpent d’océan est spécialement remarqué. Spectaculaire, cette sculpture semi-immergée représente le squelette d’un serpent gigantesque échoué sur la plage de Saint-Brévin-les-Pins, face à Saint-Nazaire. Son auteur, Huang Yong Ping, est un artiste contemporain d’origine chinoise naturalisé français, qui s’installa en France en 1989.

Comme le note le site web La fonderie et piwi, “dommage que les autorités locales qui ont financé cet excellent projet aient confié (après les études et prototypes réalisés à la fonderie HP Drouot), la fabrication des pièces moulées de ce très long squelette marin à un fondeur chinois. Cela s’appelle un scandale qui mérite d’être mentionné et dénoncé.”

D’autant plus que les “autorités locales” n’ont pas financé seules le projet : il a été cofinancé par l’Union européenne (FEDER). Mais on note qu’Estuaire, à propos de cette œuvre, remercie Lowendalmasaï (Shangaï). Ce cabinet international d’origine française est un spécialiste de la réduction des coûts, souvent synonyme de délocalisation.

“Chaque fois que la globalisation inéluctable avance d’un pas, un dieu se retire !”, déclarait Huang Yong Ping à l’occasion de son exposition “Traces du sacré” au Centre Pompidou en 2008. De quel dieu son serpent aura-t-il provoqué le retrait ? “Certain jour au fond d’un estuaire / Un serpent piqua Saint-Nazaire / Que croyez-vous qu’il arriva ? / Ce fut le serpent qui creva !”, plaisante le blog nantais “La Méforme d’une ville”, détournant la fameuse épigramme de Voltaire contre le journaliste quimpérois Fréron. On aimerait en être sûr !

Des touristes non désirés pour Le Voyage à Nantes

Des touristes non désirés pour Le Voyage à Nantes

18/06/2012 — 20h00
NANTES (NOVOpress Breizh) — Le Voyage à Nantes refusait d’utiliser la contrainte contre les Roms installés de force sur un terrain destiné à une œuvre artistique. Les touristes désireux de contempler celle-ci devront traverser le campement.

Depuis plusieurs mois, les organisateurs de la manifestation touristique Le Voyage à Nantes se demandaient comment dégager l’une de leurs « œuvres artistiques », le pendule de Roman Signer fixé sur une centrale à béton désaffectée de Trentemoult, sur la rive gauche de la Loire. Située sur un terrain envahi par plusieurs familles de Roms et leurs caravanes, l’œuvre n’était pas montrable en l’état à des touristes autres que les Roms eux-mêmes (puisque c’est à ce titre qu’ils sont entrés en France).

Pour que des Roms s’en aillent, suffit-il de le leur demander aimablement, comme l’espéraient les organisateurs ? Non, si l’on en juge par cette expérience précise : le coup d’envoi du Voyage à Nantes a été donné le 15 juin et les Roms occupent toujours le terrain de Trentemoult. On a cependant réussi à limiter les nuisances visuelles en éliminant les carcasses de voitures qui entouraient celle de la centrale à béton.

L’idée délirante émise par une association pro-Roms locale – transformer les Roms en médiateurs culturels qui auraient accueilli les touristes sur le site pour leur expliquer l’œuvre – n’a évidemment pas eu le moindre début d’exécution. Les touristes désireux de contempler le pendule de Signer devront donc traverser le campement sous l’œil goguenard des occupants du lieu.

Bercy envisage de réduire les possibilités de mécénat culturel privé

Bercy envisage de réduire les possibilités de mécénat culturel privé

13/06/2012 — 20h00
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation)  — Dans un article paru lundi sur liberation.fr, Vincent Noce révèle que le ministère du Budget prévoirait de « réduire de moitié l’abattement proposé aux entreprises pour leur action de mécénat (de 60 à 30 % du montant du don) ».

Une telle mesure ne serait pas seulement désastreuse pour la culture et l’art. Le mécénat contribue aussi largement à la recherche médicale, aux actions caritatives ou même au sport.

Le mécénat culturel est actuellement en chute libre puisqu’il est aujourd’hui environ deux fois moins important qu’en 2008.

Si elle est mise en place, cette mesure renforcera le contrôle de l’Etat sur la vie culturelle.

Crédit photo : Pline/Wikipédia sous licence CC

Bonne Pentecôte – La Pentecôte dans l’art européen

Bonne Pentecôte - La Pentecôte dans l'art

La Pentecôte.
Heures d’Étienne Chevalier, enluminées par Jean Fouquet, Musée Condé, Chantilly, R.-G. Ojeda, RMN / musée Condé, Chantilly
Pour Jean Fouquet, le blanc a une forte signification de pureté et de purification. Ainsi, la Pentecôte est située dans un cénacle à l’italienne en camaïeu blanc, avec des pilastres antiques, des fenêtres rectangulaires et une abside à coquille. La voûte en berceau surbaissé, en bois, est d’une conception française. Un blanc particulièrement éclatant attire le regard vers le Saint-Esprit, la guimpe de la Vierge et le jeune apôtre, saint Jean, assis à droite.
XVe siècle

Crédit image : domaine public. Via Wikipédia, image et texte.

Bonne Pentecôte - La Pentecôte dans l'art

Une exposition photo anxiogène à Pontault-Combault

Une exposition photo anxiogène à Pontault-Combault

08/05/2012 – 13h00
PONTAULT-COMBAULT (NOVOpress) – La préfecture de Seine-Saint-Denis en feu, le parc de la Courneuve, toujours dans le « 93 », sous étroite protection policière, la mairie de Nanterre (Hauts-de-Seine) criblée de balles… jusqu’au 13 juillet, le Centre photographique d’Ile-de-France (CPIF) de Pontault-Combault (Seine-et-Marne), expose les photos de Vincent Debanne.

Intitulée « No Exaggeration », cette exposition a pour but de présenter « les tensions de notre époque que je condense dans mes œuvres », témoigne le photographe Vincent Debanne. Une trentaine de photomontages anxiogènes qui reflètent très bien l’envers du décor du « vivre ensemble ». Quand la réalité a déjà rattrapé la fiction…

Du l’art et du cochon ?

Du l'art et du cochon ?

Animal indissociable de notre culture européenne, de notre imaginaire, de nos expressions comme de notre cuisine, la cochon a bien sûr aussi inspiré avec plus ou moins de bonheur les musiciens. D’aucuns se souviendront du groupe Odeurs qui à la fin des années 70 chantait avec humour : « La viande de porc, C’est bon quand c’est mort. Mais quand c’est vivant, Ça fait du boucan ».

Un siècle plus tôt, le célèbre compositeur viennois Johann Strauss (fils) connut un succès éclatant avec son opérette Le baron tsigane (extrait vidéo ci-dessous), où le riche éleveur Zsupán chante fièrement que peu lui chaut littérature ou poésie, puisque l’idéal le plus élevé de sa vie, ce sont les soies, le lard et la viande de porc. Pour la petite histoire, le voïvode Barinkay dont Zsupán a usurpé une partie des terres avait été banni à cause de sa collaboration… avec le dernier pacha turc. Tout un symbole !

Un autre compositeur s’est tout récemment intéressé à nos sympathiques suidés : un quadragénaire anglais, excentrique et accessoirement végétarien, passionné de nombreux styles dont une forme d’électro minimaliste et iconoclaste, illustrée de nombreux sons enregistrés. Ce n’est donc pas par hasard que le troisième volet d’une trilogie qu’il a débuté en 2010 comporte de nombreux sons porcins. « One Pig », c’est le nom de l’œuvre (cliquer sur ce lien pour l’écouter), décrit la vie d’un porc de ferme de sa naissance à son arrivée dans l’assiette. Et forcément, c’est là que les ennuis de Matthew Herbert ont commencé…

Pas surprenant certes, en notre ère d’intolérance où ce pauvre cochon, qu’il se tapisse au fond d’une assiette de soupe ou s’affiche en un apéro saucisson-pinard ; ce synonyme de bonne “chair”, de festivité, de chance et d’optimisme, se voit accusé de tous les maux et de toutes les arrière pensées nauséabondes. Mais que le lecteur se rassure, pour une fois ou pas encore, il n’est pas ici question de LICRA ou autre SOS Racisme, mais du PETA, « People for Ethical Treatment of Animals », groupuscule de défense des animaux aussi américain qu’extrémiste, qui a condamné l’œuvre comme il se doit en ces cas là, sans même l’avoir entendue…

L’on donnera ainsi et pour conclure raison à Fénelon: « la patrie du cochon se trouve partout où il y du gland ».

Image en Une : copie d’écran de la vidéo de Le baron tsigane.

L’artisanat d’art tête haute – Par Léon Arnoux

L'artisanat d'art tête haute - Par Léon Arnoux

[box]Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia. [/box]

[box class=”info”] La France est le pays le plus riche au monde par son patrimoine d’artisanat d’art. Les métiers d’art sont répartis en métiers de tradition, de création et de restauration du patrimoine. Les artisans d’art ont au moins ce point commun : ils allient la créativité et la maîtrise technique. Parmi leurs qualités premières figurent la sensibilité aux œuvres du patrimoine, la curiosité, le goût de l’innovation et du travail des matériaux, et la motivation. 217 métiers d’art sont officiellement reconnus et ils se répartissent en 19 secteurs (Art floral, Arts du spectacle, Arts et traditions populaires, Bois, Verre, Cuir, Luminaire…). Avec plus de 38 000 entreprises, employant près de 100 000 personnes, les métiers d’art constituent un pôle important de l’économie française. Ils représentent 10% des entreprises de l’artisanat. Léon Arnoux en dit un peu plus sur ces métiers souvent méconnus du public.
Polémia [/box]

A l’opposé de fumisteries qui sont oubliées avant même d’être connues, l’artisanat d’art évolue mais reste fidèle à ses bases. Ayant fait ses preuves en des réalisations reconnues tout à la fois par les gens du sérail et par les amateurs éclairés, cet artisanat supérieur continue son bonhomme de chemin. La valeur marchande des productions dont il s’honore peut être estimée sans grand risque d’erreur, et les salles des ventes ne viennent pas contredire ce qui est affiché dans les boutiques spécialisées, contrairement à ce qui se passe avec ce prétendu art dit « contemporain ». Ces évidences devraient donc suffire pour établir la prééminence de gens au métier affirmé sur des pseudo-artistes qui ne disposent souvent que de leurs prétentions.

Eh bien, pas du tout. On en est même très loin. Dans nos médias à grand tirage et les magazines de luxe sévissent des « critiques d’art » autoproclamés. Ces personnages n’ont que mépris pour l’artisanat. Aucun terme n’est même plus dévalorisant à leurs yeux. Par contre, tout ce qui est provocation gratuite ou poudre aux yeux les fait crier d’admiration.

Comme on peut supposer qu’à leur âge ce n’est pas la naïveté qui les pousse, et sachant qu’ils ne vivent pas d’enthousiasme et d’eau fraîche, force est de constater qu’ils font partie du Système, et que leur prose est le reflet de la volonté de ceux qui établissent leurs feuilles de paye.

Dès le début de l’art contemporain, des œuvres comme le Carré blanc sur fond blanc, les Demoiselles d’Avignon, ou l’Urinoir de Duchamp, n’ont pu se vendre que par le battage admiratif de ces critiques et, aujourd’hui, par des achats officiels sur fonds publics. Dans l’artisanat d’art de telles fumisteries n’existent pas.

Là, au contraire, on ne juge que sur pièce et, si la signature a son importance, c’est finalement l’œuvre qui prime. A l’intérieur d’une profession, aucun critique parachuté n’est capable d’influencer les jugements. Les luthiers, les ébénistes, les joailliers – et même les cuisiniers – sont des gens hermétiques à ce genre de chose. Chante, beau merle ! serait la réaction, et la tentative tournerait court.

Ces soi-disant critiques d’art, depuis plus d’un siècle maintenant, n’ont cessé d’encenser de fausses idoles.

Leur argument initial : Cela choque parce que c’est en avance sur notre époque, a fait long feu. Malevitch ou Buren n’ont été imités par personne. Il n’y a eu finalement aucun émule assez admiratif pour se réclamer d’eux. On constate encore aujourd’hui que l’immense majorité des amateurs spontanément attirés par la pratique des Beaux-Arts (une récente étude les chiffre à 86%) se dirige vers l’art classique et non vers le pseudo-art contemporain. Reste que, conséquence de l’œuvre destructrice des promoteurs dudit « art con », on peut constater un déclin de l’art européen et, en parallèle, une stérilité créatrice grandissante et un métier qui s’est perdu.

Si on peut trouver un lien entre les artistes du XIXe siècle (les « pompiers » comme Bouguereau ou Cabanel, au métier sûr) et des contemporains comme Magritte, Léonor Fini ou Hilaire, où sont les enfants spirituels de Malevitch et de Duchamp ?

Voilà pourquoi aujourd’hui ce n’est point dans les artistes vantés par ces soi-disant critiques qu’il faut rechercher des références de valeurs mais bien chez les artisans qui pratiquent ce qu’on appelle un métier d’art.

D’ailleurs, les artistes du passé se sentirent-ils jamais autre chose que des artisans d’une incomparable qualité ? Les peintres reconnus des hautes époques se proposaient pour réaliser l’œuvre qu’une guilde professionnelle, une riche paroisse ou une ville souhaitait posséder, de la même manière que les artisans l’ont toujours fait : « Quel format souhaitez-vous ? Combien de personnages et combien de couleurs ? Et dans les couleurs, quelles matières nobles voulez-vous que j’utilise ? J’ai dans mon équipe divers spécialistes : chevaux, arbres ou costumes. Moi, je me consacre à la mise en scène du tableau et à peindre les visages et les mains des personnages, comme je l’ai fait dans telle ville ou dans telle autre où j’ai été engagé pour peindre tel ou tel sujet. Voilà quelles sont mes références. » On peut, sans se tromper beaucoup, imaginer pareil dialogue.

Les délais de réalisation étaient également notés dans le devis. S’il coïncidait avec une fête votive on ne devait pas dépasser une certaine date de livraison, sous peine de pénalité. L’équipe du peintre était logée et nourrie chez le commanditaire, comme cela se pratiquait dans l’artisanat.

La démocratisation de nos sociétés a favorisé l’appât du gain et la floraison des intermédiaires et des escroqueries. Aux gogos on pouvait dire : « C’est peut-être un peu moins “léché”, un peu plus “enlevé”, mais c’est ce qui plait désormais. » Et de fil en aiguille on est passé à Klein et Buren et on a fini par les horreurs érigées devant l’aéroport de Nice, Versailles ou certaines églises.

Aujourd’hui, puisque l’art officiel est tombé dans ces rayures ressemblant si fort à des ornières, constatons que c’est l’artisanat de haut niveau qui dans quasiment tous les domaines porte désormais le flambeau de la créativité et établit les véritables références.

Léon Arnoux

[box class=”info”] Source : Polémia.[/box]

Image : un atelier de tapisserie à Aubusson

[Tribune libre] Icônes de la barbarie ou de la nouvelle religion ? Par Léon Arnoux

Icônes de la barbarie ou de la nouvelle religion ? Par Léon Arnoux

Symboles et icônes de l’étrange religion qui se met en place tous les jours sous nos yeux, de pareilles monstruosités sont érigées ici et là dans nos lieux publics, nos monuments historiques et même, avec la complicité d’un certain clergé, dans nos églises.

Cette statue hideuse, haute comme une maison de deux étages se trouve devant l’aéroport de Nice. A quelques kilomètres de là, sur une aire de repos de l’autoroute du soleil, existe une œuvre similaire. A Nice toujours, quai des Etats-Unis et à quelques dizaines de mètres des jardins Albert 1er, trois énormes poutres de ferraille rouillée se dressent agressivement face à la mer. Les touristes et les passants, nombreux en cet endroit, se demandent quelle est leur signification en ces lieux. A Versailles, des expositions provocantes et qui n’ont aucun lien avec les bâtiments historiques condamnés à les héberger, sont organisées dans les parties les plus symboliques du château.

Dans son ouvrage, L’art caché – Les dissidents de l’Art Contemporain, (éditions Eyrolles), Aude de Kerros décrypte toutes ces œuvres de laideur maximale, sans liens de parenté apparents et qui appartiennent à l ’Art Contemporain. Ces manifestations qui n’ont rien à voir avec l’art sont de plus en plus connues désormais sous le diminutif d’ « AC ». Comme nous allons le voir, leur manque flagrant d’esthétisme n’est pas dû au hasard où à une quelconque technique défaillante.

D’après Aude de Kerros, « L’Art Contemporain s’applique à remplacer l’esthétique par la morale. Il veut désincarner l’art parce que la chair est mauvaise. Il craint la séduction et entend éradiquer toute idée de beauté qu’il perçoit comme une perversion. L’AC est un rêve de pureté absolue fondée sur une haine du corps et de la matière. Les thèmes et pratiques omniprésents de l’AC sont la maltraitance, la trivialité, la dégradation. La chair est si méprisable qu’elle peut être souillée sans conséquence. Le corps glorieux n’existe pas. »

Comme on le voit, les religions du désert ne sont pas loin 

Aude de Kerros poursuit : « L’AC se veut le signe visible du Dieu absent. Il unit les hommes dans la célébration de la mort irrémédiable qui nous rend tous égaux et martyrs d’un Dieu inconnaissable pour certains, improbable pour d’autres. »

« Le dogme de l’AC dit qu’à partir d’Auschwitz la pratique de la peinture est une insulte à la mémoire des victimes. Il n’y a pas de comparaison possible entre le mal qui se manifeste sur le Golgotha et celui qui déferle sur Auschwitz. Le premier était représentable parce qu’il s’ouvrait sur l’espoir d’une rédemption. L’autre est un mal absolu, sans remède, irrémissible, donc irreprésentable. »

Un des mythes fondateurs de l’AC serait Auschwitz. Derrière l’AC, il y a donc la Shoah. Cette chose étant reconnue, les choses commencent à s’éclairer.

« Par ailleurs l’AC n’étant pas une esthétique mais une métaphysique et une morale, elle entre en concurrence pour ne pas dire en conflit avec l’Eglise sur les questions du contenu de l’art et donc du dogme. L’Eglise catholique joue en France un rôle important dans le domaine de l’Art, elle est à la fois source de commandes d’œuvres monumentales et fondateur de légitimité dans un pays traditionnellement de monarchie de droit divin pendant treize siècles. »

(…) « Cette attitude ébauchée au cours des années1980, affirmée lors de la construction de la cathédrale d’Evry en 1987, rendue systématique dans les années 1990, a eu des conséquences graves dans la vie culturelle en contribuant à supprimer les polarités de la vie artistique. »

Certes, tout le clergé n’est pas en cause et ne fait pas bloc unanimement derrière Mgr Rouet, mais quelques exemples montrent bien la profondeur du mal.

En l’église Saint-Eustache, à Paris, une énorme couronne de fer barbelé en fonte d’aluminium de 3m40 de haut est posée sur le pavement du cœur. Elle n’est pas là pour rappeler la couronne d’épines du Christ mais les barbelés d’Auschwitz. Dans l’église Saint Bernard, à Paris toujours, Suboth Gupta a exposé une énorme tête de mort constituée d’un assemblage de casseroles et intitulée : « Very Hungry God », ce qui peut se traduire par « Dieu affamé » ou « Dieu avide ». En l’église Saint Sulpice, c’est une « machine à baptiser » conçue par Faust Cardineli qui a été proposée aux fidèles.   Aux «  idiots utiles » qui permettent et facilitent les choses, Aude de Kerros rappelle pourtant :

« Pour développer tous ses concepts et pour atteindre sa dimension métaphysique, l’AC a besoin de détourner à son profit les lieux sacrés, historiques et patrimoniaux. C’est le contexte qui lui permet d’exister. Comment transgresser, blasphémer, choquer sans lui ? La nouvelle gnose n’est rien, ne peut rien sans la religion qu’elle prétend remplacer. »

Tout cela avec des fonds publics, donc, avec nos impôts et sans que ceux qui disent veiller sur le total respect de la laïcité ne s’en émeuvent. Mais revenons à notre ouvrage :

« En France, il n’y a pas de filières de reconnaissance en dehors de l’Etat. Ce sont aujourd’hui les fonctionnaires du ministère de la Culture qui gèrent les dossiers de commande d’art sacré. Progressivement, ils s’approprient toute la création d’art sacré en France. Le Drac est à l’affût des moindres travaux dans les modestes chapelles romanes des campagnes les plus reculées pour proposer des vitraux « contemporains » à la place de vitraux du XIXème siècle que les municipalités, départements et régions doivent financer. Les populations impuissantes et désespérées assistent au détournement de leur patrimoine et de l’argent public au profit de cette secte qui maintenant représente l’art officiel. »

Beaucoup de questions qui se posaient à nous devant ces si irritantes manifestations  restaient sans réponse. On se demandait qui en était les manipulateurs et d’où leur venait ce pouvoir qui leur permettait de s’installer aussi impunément à Versailles, à Nice, et jusque dans nos cathédrales malgré toutes les protestations. Comme on vient de le voir, Anne de Kerros a apporté une réponse. Est-ce la seule ? Nous verrons que non.

A propos d’un ouvrage de Milan Kundera sur les vicissitudes du peuple tchèque balloté de démocratie en nazisme, puis de nazisme en communisme avec finalement un retour à la case démocratie, tout cela en un demi siècle, l’historien et sociologue américain Arthur M. Schlesinger dans un ouvrage qui soulignait les dangers des divers communautarismes et leurs prétentions à réécrire l’histoire du pays en partant de leurs particularismes :  Desuniting of  america . Il y fait le constat suivant :

« Le premier pas pour liquider un peuple est toujours d’effacer sa mémoire. Détruire ses livres, ses arts, sa culture, son histoire, pour écrire de nouveaux livres, créer une autre culture, inventer une autre histoire. Avant longtemps la nation aura oublié ce qui est et ce qui fut. Le combat de l’homme qui refuse d’entrer dans le moule n’est que le combat de la mémoire contre l’oubli. »

C’est un constat admirable et pourtant il semble aujourd’hui oublié de tous puisque personne ne le rappelle jamais. L’explication des ouvrages disparus des rayons et des anthologies expurgées devient d’une clarté aveuglante et cela explique aussi pourquoi nos lieux publics exhibent de nos jours des horreurs qui n’ont absolument rien à voir avec l’art reconnu depuis la plus haute civilisation.

La troisième réponse n’est pas nouvelle puisqu’elle a déjà plus de septante ans. Elle est de L.ouis-Ferdinand Céline qui ne voit en ces manifestations que fumisteries et tentatives d’escroquerie et les traite sans ménagement ni complexe. Car, il serait peut être bon de le rappeler, la chose n’est pas si nouvelle que cela. L’urinoir de Duchamp, c’était déjà de l’AC grand teint. Voici ce qu’il en dit dans Bagatelles pour un massacre :

« A partir du moment où certains (ce n’était pas exactement le terme) arrivent à faire admettre que l’on peut exclure de toutes les œuvres d’art l’émotion, la beauté, le rythme vivant, la confusion règne. La farce, la publicité et l’imposture remplacent tout, s’installent dans la place et prolifèrent.

N’importe quelle croulante supercherie peut devenir à l’instant l’objet d’un culte, déclencher des torrents d’enthousiasme, ce n’est plus qu’une question de publicité. La publicité, bien sûr, est mise en branle par les décideurs et par leur fric. »

« Ce qui est présenté comme œuvre d’art doit être d’une grande banalité. Comme le pseudo artiste, il doit être interchangeable. Pour s’imposer au goût, à l’admiration des foules les plus abruties, l’article à lancer doit être encore plus con qu’eux tous réunis. Mais ces fausses idoles ne seront jamais dangereuses pour leurs donneurs d’ordres. Jamais idoles ne furent aussi fragiles et aussi facilement oubliables au moindre instant de défaveur. A partir du moment où fatigués de leurs petites grimaces leurs maîtres se décideront à couper les ficelles des marionnettes, celles-ci retourneront au néant. Et cela ne causera même pas de vide : il n’y avait rien. »

Traiter l’AC par le mépris ne serait peut être pas la plus mauvaise des réponses s’il n’y avait cet envahissement progressif de tous nos lieux publics. Ah, comme cela est pénible de voir la décadence s’installer partout, dans tous les domaines de notre civilisation.

D’après Abel Bonnard : « L’art ne fait jamais que reconnaitre les idées maitresses d’une civilisation. »  Eh bien, c’est une drôle de civilisation qu’on nous prépare ! Et Bonnard avait ajouté : « Aujourd’hui, des talents peuvent encore naitre mais ils ne pourront plus ni croître ni fleurir. »

Que ce soit dans les domaines financiers ou artistiques, ceux qui tiennent le haut du pavé à New York, n’ont pas fini de nous surprendre. Mais sachons le bien, les constatations de Milan Kundera ne valent pas que pour le peuple tchèque ni les dangers de désintégration pour la seule Amérique. A nous de ne pas oublier qui nous sommes. A nous de refuser d’entrer dans le moule et de rejeter ces icônes d’une religion qui n’est pas et ne sera jamais la nôtre.

Léon Arnoux

Voir aussi : 

«L’art caché – Les dissidents de l’art contemporain» de Aude de Kerros

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

L’art (?) idéologique contemporain : inhumain, désincarné et abstrait

L’art (?) idéologique contemporain : inhumain, désincarné et abstrait

Article reproduit avec l’aimable autorisation de la fondation Polémia.

[box class=”info”] Les partisans de « Golgota picnic » ou « Piss Christ », œuvres (?) subventionnées et médiatisées prétendent défendre la liberté d’expression. Mais la liberté d’expression, c’est aussi de pouvoir dire que le roi est nu. C’est aussi pouvoir dénoncer de fausses provocations subventionnées. C’est enfin pouvoir critiquer le non–art contemporain –un art (?) idéologique inhumain, désincarné et abstrait– et penser que l’avenir est à la reprise vivifiante du fil interrompu de la tradition.

Le point de vue d’Yvan Blot pour Polémia. [/box]

 

L’art traditionnel, dans la plupart des pays et des époques, représente généralement les quatre thèmes qui constituent, selon, Heidegger, le « monde » des hommes.

La divinité, les hommes, la nature, l’idéal

L’art représente la Divinité : c’est le cas de l’art grec classique qui a tant marqué le nôtre. C’est le cas de l’art du Moyen Age, principalement religieux. L’art religieux constitue la plus grande part des chefs-d’œuvre présentés dans nos musées d’art anciens. L’art qui représente le bouddha appartient aussi à cette catégorie. L’islam se refuse à représenter Dieu mais les versets du Coran sont représentés de façon décorative.

L’art (?) idéologique contemporain : inhumain, désincarné et abstrait L’art représente les hommes. C’est notamment le cas de l’art du portrait. Le visage humain est représenté non seulement dans les tableaux, mais aussi sur les monuments et sous forme de sculptures. Dans le Christianisme, représentation de Dieu et représentation des hommes convergent souvent car le Dieu s’incarne dans un homme, le Christ. Mais le portrait peut aussi représenter un roi, un guerrier, ou un simple paysan, des femmes ou des enfants.

L’art peut aussi représenter la nature, la terre qui porte les hommes. C’est l’art paysagiste. Au 19ème siècle, l’art paysagiste a pris une connotation patriotique. Mais l’art patriotique est plus ancien que cela.

L’art représente enfin l’idéal, les idéaux de la société. On représente sur nos monuments nationaux une femme qui symbolise la justice, la bravoure ou la charité *. Des scènes peuvent représenter des batailles, l’aumône faite au pauvre, scènes réalistes mais où un idéal s’incarne dans l’action.

Ces arts ne sont pas « idéologiques » au sens des idéologies modernes. Dire que l’art chrétien est « idéologique » serait abusif.

Idéologies modernes et destruction des formes d’art issues de la tradition

Mais les idéologies modernes ont détruit peu à peu les formes d’art issues de la tradition et qui représentent le monde des hommes, sur terre, sous le ciel et face à la Divinité. L’art du Gestell (système utilitariste qui arraisonne les hommes à son service), pour utiliser ce concept de Heidegger, détruit ce qui n’est pas dans sa logique utilitaire.

Dieu n’est plus représenté car il est assimilé à la superstition. L’art idéologique officiel élimine toute forme d’héritage religieux et de transcendance. Il sera à l’occasion blasphématoire (voir le « piss christ » par exemple) afin de choquer, car le scandale médiatise et fait vendre.

L’idéal est considéré comme un outil de la répression conformément aux idées des faux prophètes Marx ou Freud. Il est donc évacué sans ménagement. L’homme n’est plus représenté car la masse est honorée et les particularités de l’individu, de sa classe, de sa profession, de sa race sont des choses gênantes qu’il faudrait oublier pour que les hommes soient parfaitement interchangeables dans le processus économique et social. Le paysage, la nature disparaissent car ils sont des éléments d’enracinement de l’homme sur la terre.

L’art contemporain : inhumain, abstrait et désincarné

L’art contemporain, qui devient l’art officiel obligatoire (voir les murs des ministères et des préfectures et bâtiments officiels), obéit à ces impératifs idéologiques. Il ne doit plus représenter le « monde » traditionnel.

Il rompt délibérément avec l’héritage religieux et humaniste de notre civilisation. C’est un art de rupture révolutionnaire.

Il est abstrait et désincarné car il rejette toute forme d’enracinement. Il n’incarne aucun idéal au nom d’un subjectivisme total. Sa tendance dominante est de représenter, s’il représente encore quelque chose, le monde quotidien dans ce qu’il a de plus insignifiant, utilitaire ou prosaïque. Souvent, il se veut choquant car en choquant, on attire l’attention des medias et des financements oligarchiques.

Cet art est inhumain au sens propre du terme car il ne représente jamais la figure humaine, et s’il la représente, c’est pour la défigurer le plus possible : comme l’a écrit Salvador Dali, « un homme normal n’a pas envie de sortir avec les demoiselles d’Avignon de Picasso ». (voir son livre : Les Cocus du vieil art moderne).

L’art contemporain : un art autoritaire qui interdit toute forme de critique

Enfin cet art inhumain ou ahumain est de nature profondément autoritaire comme est toute idéologie par essence. Cet art s’étend partout. Il interdit toute forme de critique laquelle est méprisée sinon diabolisée avec violence. Le bon conformiste n’osera jamais avouer qu’il n’aime pas une œuvre dite contemporaine. Cet art autoritaire est irresponsable car il ne répond pas à la commande d’un roi, d’un bourgeois ou d’un prince de l’église comme autrefois. Il peut répondre à la demande d’une bureaucratie anonyme : faites donc une fresque pour l’entrée de nos bureaux ! De plus, cet art officiel est soutenu par les pouvoirs publics autant que par des personnes privées. Il est financé bien souvent par l’impôt, c’est-à-dire par la force, ce qui accentue encore son caractère autoritaire.

Art déraciné, idéologique, inhumain et autoritaire, il fait l’objet d’une propagande médiatique permanente. Il reflète la boursouflure de l’ego de l’artiste, lequel pense se substituer au Dieu créateur, il favorise les spéculations financières et l’argent est souvent son seul impératif catégorique, il est déraciné, comme l’idéologie, car il veut avoir une vocation universelle. Cet art idéologique n’a guère les préférences du peuple censé être « inculte » mais il est révéré par l’oligarchie dominante.

L’art contemporain versus l’art traditionnel humaniste et enraciné

L’idéologie de l’art officiel déploie son dynamisme autour de ces quatre pôles :

L’art (?) idéologique contemporain : inhumain, désincarné et abstrait

L’art traditionnel, qui survit notamment en Russie (Saint Pétersbourg a aujourd’hui la plus grande école d’art figuratif) et sur certaines marges artistiques dissidentes en Occident, pourrait être représenté par le schéma suivant :

L’art (?) idéologique contemporain : inhumain, désincarné et abstrait
L’art traditionnel est humaniste et enraciné, il a la plupart du temps une dimension spirituelle ou idéaliste afin de tirer l’homme vers le haut. L’art idéologique, dit contemporain, et qui semble avoir son centre à New York méprise Dieu et les hommes pour établir l’ego et l’argent, ses fétiches, comme les moteurs de son dispositif autoritaire. Cet art idéologique, souvent financé par la force (l’impôt) n’est ni humaniste ni démocratique, contrairement au discours de ses promoteurs : on a donc bien à faire à un art idéologique officiel.

Yvan Blot

(*) Voir ci-après l’image, illustrant le texte.

Voir aussi :

Le marché financier de l’art est à la FIAC – Et les autres marchés ?
Les reliques barbares vont-elles terrasser les arts conceptuels ?
L’art contemporain et la titrisation du néant
«L’art caché – Les dissidents de l’art contemporain» de Aude de Kerros
Le krach de l’art officiel mondial
L’art est nu et l’argent roi

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

Image : La Vérité, une femme nue portant un miroir à bout de bras, aujourd’hui au musée d’Orsay, par Jules Lefebvre (1870). Domaine public