La décadence de l’Occident américanisé et orientations philosophiques pour en sortir

La décadence de l'Occident américanisé et orientations philosophiques pour en sortir.

[box class=”info”] Un article d’Yvan Blot, dont la lecture est ardue mais qui a le mérite de nous sortir des considérations quotidiennes. [/box]

Heidegger a eu le mérite de déceler la nature de la décadence qui frappe l’Occident et qui est bien plus grave et plus profonde qu’une simple crise politique. Nous vivons soumis à un système qu’il a appelé le « Gestell », l’arraisonnement utilitaire, et dont le centre, depuis la chute du IIIe Reich et de l’URSS, est désormais aux Etats-Unis d’Amérique.
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Description du « Gestell » totalitaire qui nous asservit La description du Gestell (système d’arraisonnement utilitaire) fait appel aux quatre dimensions de « Geviert », système au sein duquel tout homme vit nécessairement : l’homme vit sur la terre, sous le ciel, parmi les autres hommes et face à la Divinité. Ce système structuré par quatre pôles est inspiré par la métaphysique d’Aristote avec ses fameuses causes matérielle, formelle, motrice et finale.

La société actuelle, société du « Gestell » est construite autour de quatre idoles majeures, la technique, l’argent, la masse et l’ego.

La décadence de l'Occident américanisé et orientations philosophiques pour en sortir.

La société européenne, sous direction désormais américaine, est le résultat d’une évolution qui a conduit à mettre en place ces quatre idoles.

L’utilitarisme, idéologie de la domination de la technique sur nous mêmes

La technique ou plus exactement l’essence de la technique détermine notre société en dehors de notre maîtrise. La technique est à la base, le socle (cause matérielle) du système car elle permet la maîtrise de la nature pour que l’homme puisse atteindre au progrès matériel. Naturellement, il ne s’agit pas du tout de renoncer à la technique en admettant même que ce soit possible. Mais la technique ne domine jamais autant l’homme que lorsqu’il ne s’en rend pas compte (c’est l’idéologie selon laquelle la technique serait « neutre »). Il s’agit de renoncer à la technique comme idole, comme état d’esprit utilitaire dominant toutes autres considérations. L’utilitarisme est l’idéologie de la domination de l’essence de la technique sur nous-mêmes.

L’argent comme idole

La décadence de l'Occident américanisé et orientations philosophiques pour en sortir.L’argent est la cause formelle du système, c’est-à-dire ce qui fixe la norme et motive les actes. Il ne s’agit pas de condamner l’usage de l’argent mais de condamner l’argent comme idole (image : l’adoration du veau d’or de Nicolas Poussin, cliquer sur l’image pour l’agrandir). L’argent ne domine jamais tant que lorsqu’on ignore sa domination : c’est le processus d’oubli de l’être longuement analysé par Heidegger. La domination de l’argent est assurée par l’idéologie de la non discrimination. Celle-ci se montre de façon flatteuse comme voulant assurer l’égalité des hommes mais en réalité, il s’agit de supprimer toute discrimination sauf celle par l’argent afin que l’argent devienne le seul critère sur lequel on juge les hommes. Une société où seule la discrimination par l’argent existe est en réalité monstrueuse, contraire à toutes nos traditions historiques chrétiennes ou nationales. C’est un moyen de détruire l’identité nationale au profit d’un monde matérialiste sans aucune frontière.

Les masses comme matières premières

Les masses sont la cause motrice du « Gestell » car les masses sont manipulables ce qui n’est pas le cas des hommes enracinés et cultivés. De plus, la masse est source de profit : c’est même la loi de l’industrialisation. Le Gestell a besoin d’hommes qui soient de simples matières premières pour le système technique et économique. La matière première utile doit être interchangeable, ainsi les hommes doivent devenir interchangeables, et il ne faut pas que des racines puissent gêner cette interchangeabilité. Si l’homme est attaché à sa lignée, à sa famille, à sa nation, à sa culture, à sa religion, cela est un obstacle à l’interchangeabilité et à l’asservissement. En effet, l’homme libre ne peut sauvegarder sa liberté qu’en ayant des racines. Il s’agit donc de détruire ces racines : il faut s’attaquer à la cellule familiale, pratiquer ce que l’on appelle l’antiracisme dont on a changé le sens : à l’origine, l’antiracisme est le fait de combattre la haine raciale. Ici, il s’agit de s’attaquer à toute forme d’homogénéité ethnique. Voir les déclarations du général américain Wesley Clark pendant la guerre du Kossovo pour justifier le bombardement de la Serbie : les Européens doivent abandonner tout idée d’homogénéité nationale et accepter de gré ou de force le métissage et la « diversité » car c’est le sens de l’histoire. En fait, c’est le but du Gestell qui est d’empêcher l’homme de rester fidèle à son essence pour le rendre manipulable et exploitable.

L’ego contre la transcendance

in d’éliminer tout besoin de transcendance et de sacré. Le Gestell utilise dans ce but les « idiots utiles » comme disait Lénine en assurant la promotion de la laïcité matérialiste. L’homme n’a pas d’autre sens à donner à sa vie que de satisfaire son ego, de rester prisonnier de son ego. Il n’y a rien de plus dangereux pour le Gestell que l’héroïsme motivé par l’amour. Le Gestell est un système qui nie toute aristocratie capable de se dévouer pour une cause extérieure. C’est pourquoi il faut enlever à la jeunesse toute éducation militaire et religieuse afin qu’elle se mette au service du matérialisme marchand et technique. L’idéologie qui justifie avec une apparente générosité cette élimination de la transcendance éthique est celle des « droits de l’homme ». Il est bien entendu évident que les libertés fondamentales sont indispensables à l’homme. Mais les libertés sans devoirs sont périlleuses comme l’a écrit le patriarche de Russie Cyrille Premier, car l’homme n’est pas un saint mais un animal carnivore où son cerveau reptilien peut le mener à commettre des crimes s’il n’est pas sous le contrôle d’une « sainte alliance » entre les cerveaux affectifs et rationnels. Or, le Gestell n’a de cesse de vouloir détruire la force du cerveau affectif (cœur de la personnalité) pour manipuler l’homme. L’individu réduit à un robot calculateur (cerveau du néo cortex) aux services d’instincts de base reptiliens est en effet facile à contrôler par le pouvoir qui gère le Gestell. Ce pouvoir est lui-même soumis au Gestell car toute déviation est sanctionnée par l’exclusion. Ainsi, la boucle est bouclée et le Gestell montre son caractère totalitaire qui est d’autant plus fort qu’il reste inconscient.

L’asservissement de l’homme par le Gestell

Les quatre idoles du Gestell font de l’homme un esclave sans qu’il le sache. La technique l’aliène car l’utilitarisme exacerbé rend l’homme étranger à son essence, incapable de méditation et d’authenticité dans les quatre dimensions de son monde existentiel. L’argent le corrompt et c’est la raison majeure de l’explosion du crime dans les pays qui se réclament des droits de l’homme. Le record de détenus prisonniers est ainsi atteint de très loin par les Etats-Unis. La grande majorité des crimes est due à la recherche de l’argent à court terme et sans aucun scrupule. L’idéologie des droits de l’homme efface la conscience des devoirs, le sens de l’honneur et l’enracinement dans les communautés naturelles, notamment celles de la famille, de la patrie ou du travail.

Si la technique aliène l’homme et si l’argent le corrompt, l’égalitarisme et le conditionnement de masse abrutissent l’homme et lui fait perdre toute recherche de qualité en se dépassant lui-même. Les traditions éthiques du « kalos kagathos » (homme noble et excellent) grec et du christianisme sont progressivement éliminées et l’homme est de plus en plus inculte hors sa spécialité professionnelle utile au Gestell. C’est pourquoi le Gestell qui efface les traditions chrétiennes s’attaque aussi à l’humanisme antique qui a servi de base pour constituer l’homme libre de la civilisation européenne.

Enfin, la libération sans frein de l’ego et de ses besoins, comme l’avait fort bien vu Dostoïevski, perverti l’humain et le rend prisonnier de ses propres vices et besoins. Cette déshumanisation de l’homme, présentée comme une « libération » créé une société décadente qui tend à s’autodétruire. Le manque d’amour au sens chrétien ou platonicien (Agapê en grec) conduit à l’éclatement des familles, à la dénatalité, à l’égoïsme généralisé, surtout au sein des élites, encore plus formatées par le Gestell que le reste de la population.

Voici le schéma qui exprime toute cette corruption :

La décadence de l'Occident américanisé et orientations philosophiques pour en sortir.
Les voies philosophiques de la sortie du Gestell

Face à la maladie du Gestell qui frappe le monde européen et qui le conduit à sa décadence humaine et à sa disparition à terme, on peut opposer termes à termes les valeurs qui doivent permettre de sortir de cet oubli de l’être où nous sommes confinés. Ce retour à l’être de notre humanité est le préalable à toute politique efficace. Sans ce préalable philosophique, la politique est à courte vue et ne peut remédier à une maladie dont elle ignore l’essence.

Le recours à la beauté

Face à l’essence de la technique le recours est à la beauté. Les philosophies existentielles en sont conscientes. Parmi les religions, la plus consciente de cette nécessité est sans doute l’Orthodoxie avec l’amour de la beauté de la Création tel que le prône Dostoïevski. L’utilitarisme technique conduit à la primauté de la laideur est conduit à détruire la terre, aplatir le ciel de l’idéal, massifier et médiocratiser les hommes et effacer tout sens du sacré et du divin, limitant ainsi l’homme à sa seule dimension animale. La recherche de la beauté rend sa place à la méditation sur le monde qui n’est plus alors vu uniquement sous le prisme de l’exploitation utilitaire.

La démocratie : la liberté enracinée dans le cadre national

Face à la domination de l’argent, il faut opposer les valeurs de la démocratie, c’est-à-dire de la liberté enracinée dans le cadre national. La démocratie est la force politique la plus capable de faire obstacle à l’idolâtrie de l’argent, à condition bien sûr qu’elle ne soit pas confisquée par les oligarques du Gestell. Il faut donc une démocratie directe le plus possible qui se combine avec les institutions gouvernementales et parlementaires (référendums). L’affaiblissement des Etats nationaux, par contre, affaiblit la démocratie qui n’est pas le propre des institutions internationales, particulièrement oligarchiques, et renforce les puissances d’argent irresponsables, qui vont jusqu’à s’affranchir des contraintes imposées par le statut de la propriété. On remplace les propriétaires responsables par des gestionnaires sans racines qui cherchent le profit à court terme à la manière des délinquants. On voit les résultats avec les scandales financiers de Wall Street, les oligarques déchaînés sous Eltsine, par exemples.

L’éducation humaniste

La culture met un barrage devant la massification des hommes. C’est tout l’enjeu d’une éducation humaniste qu’il faut retrouver dans sa plénitude. Cette éducation ne peut être purement technique, elle doit avoir des dimensions éthiques, militaires et patriotiques comme c’est le cas de l’éducation nouvelle envisagée en Russie par le président Medvedev. Cette éducation doit trouver sa base dans la culture générale issue des modèles gréco-romains, bien abandonnés aujourd’hui. Le but est le citoyen beau dans son âme et son corps (kalos) et adapté à une existence de dépassement de soi-même vers une perfection divine (agathos). On voit ici que la dimension religieuse ne peut être écartée car la dimension religieuse est ce qui distingue le plus l’homme de l’animal.

La religion met des limites à la tyrannie de l’ego, promue par la soit disant « modernité » actuelle. Le christianisme, qui est la religion qui a forgé la France, ne peut pas être mis au même rang que les autres religions, même si toutes ont droit à la liberté. Cette religion a la particularité d’avoir un Dieu qui s’est fait homme et qui appelle donc l’homme à imiter le Divin. De ce point de vue, il y a d’ailleurs une certaine continuité entre le meilleur de la philosophie grecque (Platon et Aristote) et le Christianisme, notamment dans sa version orthodoxe mais aussi catholique.

Le schéma du monde qui reflète ce que nous venons écrire selon les quatre pôles de l’existence authentique définie par le philosophe Heidegger est donc le suivant :

La décadence de l'Occident américanisé et orientations philosophiques pour en sortir.

Les quatre pôles ci-dessus ont pour but de relativiser les quatre idoles du monde dit moderne qui sont la technique, l’argent, la masse déracinée et l’ego gonflé par ses besoins arbitraires. Il s’agit ici rien de moins que de restituer à l’homme sa liberté authentique. Ce que l’Occident matérialiste appelle la liberté n’en est pas une comme l’avait déjà fort bien vu Dostoïevski. L’homme est asservi à l’utilitarisme technique, à la cupidité déréglée, à la masse conformiste et décervelée, à son propre ego dominé par le cerveau reptilien. Cet appel à combattre pour la liberté est parfaitement symbolisé par saint Georges terrassant le dragon. Il s’agit maintenant de combattre le dragon du Gestell sans se laisser intoxiquer par sa propagande déshumanisante mais qui se fait de façon mensongère au nom de l’homme et de ses droits. Un homme avec des droits sans devoirs ne peut que perdre sa liberté. Ce sont les oligarques qui gèrent le Gestell qui seuls en profiteront. C’est pourquoi le pouvoir doit leur échapper : il doit revenir au peuple et à son bon sens servi par une authentique aristocratie du courage et de l’esprit !

Yvan Blot

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

Image : L’adoration du veau d’or, Nicolas Poussin, 1663. Domaine public, via Wikipédia.

Presse : le grand naufrage des « autorités morales »

Presse : le grand naufrage des « autorités morales »

[box] Article reproduit avec l’aimable autorisation de la fondation Polémia. [/box]

[box class=”info”] A verser au dossier déjà copieux de la réinformation, l’essai Ils ont acheté la presse, document accablant sur la dérive financière et surtout intellectuelle de journaux dont les directeurs et éditorialistes ne manquent pourtant jamais de s’ériger en « autorités morales ».
Polémia. [/box]

Du « J’accuse » au « J’achète »

« Au final, l’essentiel de la presse d’opposition est passée au fil des ans, sans l’assumer, du rôle de porte-parole des descendants historiques du “J’accuse !” à chambre d’écho des partisans du “J’achète !” En deux mots, la presse de gauche s’est vendue. Au pouvoir étatique d’une part et à des financiers politisés d’autre part, c’est-à-dire finalement aux mêmes, dans la durée. Mais elle n’a pas seulement abdiqué son idéal à cette occasion. Elle a […] voulu présenter ces évolutions comme un succès de sa profession, une garantie d’indépendance, oubliant un peu vite que c’étaient justement les financiers qui venaient de mettre le monde au bord du gouffre ».

La fête aux « dealers d’opinion »

Presse : le grand naufrage des « autorités morales »Décidément, c’est la fête aux « dealers d’opinion » ! Après La Tyrannie médiatique* en 2008, Les Editocrates** en 2009, Les Médias en servitude*** début 2012 et on en oublie sans doute, c’est Benjamin Dormann qui, dans Ils ont acheté la presse****, sonne la charge contre les journaux vendus à un grand capital dont un bon peuple les croit pourtant les plus farouches adversaires.

A travers trois cas emblématiques, ceux du Monde, du Nouvel Observateur et de Libération, l’auteur étudie dans les moindres détails et chiffres à l’appui la déchéance de ces organes. Menacés de naufrage malgré les aides constantes — et considérables : jusqu’à 60 % du chiffre d’affaires selon le rapport Cardoso — prodiguées par les gouvernements successifs, y compris et surtout ceux auxquels ils étaient les plus hostiles selon l’adage Oignez vilain, il vous poindra —, ils ont fini par confier leurs destinées aux barons de la Haute Banque et aux hérauts du super capitalisme le plus cynique.

Les banques Rothschild et Lazard à la tête de « Libération » et du « Monde »

Relatant le 16 avril l’inhumation du grand polémiste, et ancien vice-président du Front national, François Brigneau, le Bulletin de réinformation, diffusé le 16 avril par Radio Courtoisie, pouvait ainsi ironiser : « Les journalistes d’extrême gauche Abel Mestre du Monde et Christophe Forcari de Libération hantaient les allées du cimetière. Il s’agissait, pour ces professionnels sycophantes de vérifier si Jean-Marie Le Pen était là. Car la présence du vieux chef aurait pu fournir l’occasion d’une petite campagne de diabolisation contre sa fille, Marine… De l’au-delà, François Brigneau a dû sourire de cette comédie humaine. Voir deux salariés de la banque Lazard, propriétaire du Monde, et de la banque Rothschild, propriétaire de Libération, obligés de suivre son cercueil, quel succès posthume ! »

On ne saurait mieux résumer l’ambiguïté, voire l’imposture, de ces quotidiens s’efforçant de soutenir leur réputation d’anticonformisme et de défenseurs de l’humanité souffrante alors qu’ils sont en réalités les serviteurs de la finance et des intérêts mondialistes comme on l’a vu encore tout récemment lors de la crise libyenne.

Ces grands pacifistes ont en effet soutenu à grands cris, sous prétexte de défense des droits de l’homme, l’intervention de l’OTAN, bras armé du lobby pétrolier international. Une intervention qui risque de provoquer la « somalisation » de la Libye et a déjà provoqué un indescriptible chaos au Mali où la communauté internationale fait face à « un péril d’une extrême gravité » comme l’a reconnu le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé.

Presse de gauche et mépris du peuple

Mais comment en sont-ils arrivés là ? Pour Benjamin Dormann, ancien journaliste économique, si la presse de gauche a connu une telle hémorragie de lecteurs que les faillites s’y sont succédé — on rappellera celles du Populaire, du Matin de Claude Perdriel, de L’Evénement du jeudi oudu Globe de Pierre Bergé — c’est en raison de son mépris pour le peuple dont elle se prétend l’interprète mais ne relaie jamais les véritables aspirations. Le credo de Globe, exprimé dès le premier numéro par Bernard-Henri Lévy ne constituait-il pas d’ailleurs une véritable déclaration de guerre au peuple français puisque BHL écrivait sans détours : « Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref, franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire odieux ? »

La « French Kahnnextion »…),

Cette presse a aussi été victime : de ses choix politiques d’abord ainsi qu’en témoigne son admiration hystérique pour le millionnaire cosmopolite Strauss-Kahn (qu’elle tenta par tous les moyens de sauver après sa mésaventure du Sofitel de New York, jusqu’à nier l’évidence avant de rejeter sans gloire le directeur du FMI après que preuve eut été apportée de ses stupres… dont toute la médiaklatura était informée depuis des années) ; mais aussi de son asservissement à la publicité qui « symbolise l’aliénation au système de consommation qu’elle [la presse de gauche] aimerait pouvoir dénoncer »… sans jamais oser le faire.

Emaillé de portraits féroces (ceux de Denis Olivennes, le grand homme du Nouvel Obs’, ou de Matthieu Pigasse, patron de Lazard et nouveau maître du Monde après avoir organisé le rachat de Libération par le banquier Edouard de Rothschild, citoyen israélien depuis août 2010, valent le déplacement), émaillé d’heureuses formules : « La soupe aux sous », la « French Kahnnextion »… Ils ont acheté la presse est à lire par tous ceux qu’intéresse et surtout inquiète la folle dérive médiatique. En sept chapitres et 340 pages avec index, cette étude vient heureusement compléter les publications de la Fondation Polémia.

Florent DUNOIS.

* Disponible au prix de 10 € (15 € franco) à Polémia, 60 ter rue Jean-Jacques Rousseau, 92500 Rueil-Malmaison

** Par M. Chollet, O. Cyran, S. Fontenelle et M. Reymond. Ed. La Découverte/Pocket, octobre 2009, 196 pages, 12,50€. Voir http://www.polemia.com/search.php

*** Par Claude Lorne. Disponible gratuitement sur Internet : http://www.polemia.com/pdf_v2/media-servitudes.pdf ou au prix de 10 € (15 € franco) à Polémia, adresse ci-dessus.

**** Ed. Jean Picollec, 47 rue Auguste Lançon, 75013 Paris. 23 € ou 28 € franco.

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[Tribune Libre] Quand les « de souche » font du halal

[Tribune Libre] Quand les « de souche » font du halal

06/02/12 – 19h00
PARIS (NOVOpress)
– On nous présente, dans l’actuel contexte de démagogie électorale tous azimuts, le développement exponentiel du halal comme un symbole de « l’islamisation » de la France alors qu’il est bien plutôt un révélateur du triomphe absolu du calcul et de la cupidité dans les sociétés occidentales.

Car sont-ce des musulmans qui gèrent et administrent les abattoirs d’Ile de France entièrement reconvertis au « halal » par souci de rentabilité et d’économies d’échelle ? Sont-ce des musulmans qui sont les actionnaires majoritaires de la société « Quick » qui impose des établissement « exclusivement halal » ? Sont-ce des musulmans qui établissent les plans marketing des grandes surfaces et garnissent leurs rayons de produits « halal » traitant l’islam comme une nouvelle « niche commerciale » parmi d’autres ?

Non, bien sûr, ce sont pour la grande majorité de purs « Français de souche » aux patronymes fleurant bon nos terroirs ancestraux, mais qui vendent du halal aujourd’hui, comme ils vendaient hier du casher et vendront demain de la bouffe bouddhiste ou scientologue, si tant est que ce marché devienne juteux.

S’il y a bel et une bien une « dhimmitude », c’est incontestablement celle envers la loi du pognon et du règne du commerce sans valeurs ni morale. L’exemple le plus caricatural étant bien sûr celui de cet élu Front national (démissionnaire) grossiste en viande halal. « Le coeur à gauche mais le portefeuille à droite », disait-on jadis des socialistes mitterandiens. Nos contemporains ont réglé l’ambivalence de cette dichotomie en se plaçant sous la devise « Pas de coeur et le portefeuille partout où il peut fructifier. »

Car c’est bien le système libéral et la logique capitaliste qui sont les principaux moteurs de l’expansion du « halal », et plus généralement de toutes les consommations « ethniques » et « communautaires ». Ce système encourageant, suscitant et même précédant les « exigences » et les revendications des diverses minorités.

Ce n’est évidemment ni par goût pour les sourates du Coran ni par soumission au « politiquement correct » médiatique que les abattoirs d’Ile de France se sont convertis au halal, mais simplement parce qu’il est moins coûteux d’avoir une production unique de bêtes abattues non étourdies.

Fort de ce constat, il convient de refuser de participer à l’artificielle « polémique » sur le halal qui bénéficie aujourd’hui à tous les tartuffes. Pour les uns, elle permet de limiter et de réduire les conséquences dramatiques de l’immigration de masse à une hypothétique expansion religieuses musulmane, pour les autres elle permet de dénigrer et caricaturer ceux qui « veulent interdire à des hommes et des femmes de manger conformément aux règles dictées par leur foi », et pour certains encore elle permet de nourrir le fantasme d’un retour de la « morale religieuse » dans la sphère publique et laïque.

C’est pourquoi il est impératif que les militants patriotes et identitaires sincères ne confondent pas l’ennemi principal et les métastases qu’il produit, et gardent toujours à l’esprit que ce qu’il faut avant tout abattre, c’est ce matérialisme mercantile sans borne, raison ni frontière dont les bénéfices sont la seule idéologie et qui se nourrit de la guerre de tous contre tous et de la fragmentation de la nation.

Xavier Eman

Crédit photo : brandsvig via Flickr (cc).

Big Brother : vers une interdiction de l’argent liquide ?

Big Brother : Vers une interdiction de l’argent liquide ?

17/02/02 – 18h30
BERLIN (NOVOpress)
– C’est une nouvelle étape dans la volonté de contrôle des populations et dans l’extension de la coercition sociale qui est en train de se profiler.

En effet, en s’appuyant sur la directive de l’Union Européenne 2009/110/EC introduisant le concept de la monnaie électronique, un certain nombre de politiques, notamment en Allemagne, envisagent une suppression pure et simple, à moyen voire court terme, de l’argent liquide, sous couvert de « sécurité » bien sûr et de lutte contre la criminalité et l’argent sale.

Pourtant l’on voit bien tous les risques du remplacement de la monnaie concrète par une monnaie immatérielle sous formes de 0 et de 1 dans des ordinateurs gérés par les banquiers. Ce sera notamment la fin de tout anonymat pour quelqu’achat ou transaction que ce soit et une source d’information et de contrôle supplémentaire pour les autorités.

Dans cette optique, l’Allemagne va dès le mois d’août 2012 introduire des restrictions sur le paiement en espèces. En Italie, depuis le 4 décembre 2011, sous la pression de la marionnette de Goldman Sachs, Mario Monti, il n’est plus possible de payer en liquide au-delà de la somme de 1000 euros.

En Belgique, la limite est de 5000 euros et ces seuils risquent d’être abaissés rapidement jusqu’à zéro pour assurer l’avènement de la monnaie électronique.

Crédit photo : Images_of_Money via Flickr (cc)

L’hôpital public gangréné par les emprunts toxiques

L'hôpital public gangréné par les emprunts toxiques

05/01/2012 – 20h00
PARIS (NOVOpress) – A l’instar de nombreuses collectivités territoriales, les hôpitaux publics sont au bord de l’asphyxie. C’est le constat d’un rapport de la commission d’enquête sur les produits financiers à risque. Les établissements avaient en effet contracté 3,3 milliards d’emprunt toxique, plongeant nombre d’entre eux dans une crise financière majeure. Sur les 1.180 contrats souscrits par les hôpitaux, la commission a relevé 5,964 milliards d’euros de prêts structurés sur un encours total de 24 milliards d’euros. Sur ces emprunts, 3,3 milliards (55,3%) sont considérés comme étant à risque, dont 2,689 milliards (45,1%) sont même très risqués.

La principale raison de cet endettement réside dans le financement des différents plans d’investissement, en particulier Hôpital 2007. Un constat confirmé par Frédéric Boiron, président de l’association des directeurs d’hôpital, pour qui   « il était une époque où tout le monde, y compris les autorités publiques, nous encourageait à financer nos investissements par emprunt : le plan Hôpital 2007 en est un exemple ». Parmi les institutions financières complices de cette gabegie, figure en bonne place la banque Dexia, qui concentre plus de la moitié des emprunts à risque contractés (55,6%), suivi de la BPCE (18,1%), et du Crédit agricole CIB (12,1%). Parmi les victimes, on compte une multitude de centres hospitaliers et d’hôpitaux locaux qui participent à l’ancrage de l’offre de soins dans les territoires. C’est le cas notamment du centre hospitalier spécialisé de Sevrey (Saône-et-Loire) ou encore de l’hôpital d’Ajaccio.

Le rapport met en évidence l’isolement des directeurs d’hôpital qui ont pris seuls la décision de contracter des emprunts encouragés par des banques peu scrupuleuses : « Nombre d’entre eux ne disposaient ni des compétences nécessaires, ni de l’appui de services financiers suffisamment formés. ». Cela à conduit le gouvernement a publié tardivement le 14 décembre dernier au JO un décret « relatif aux limites et réserves du recours à l’emprunt par les établissements publics de santé ». Autre élément coercitif de ce décret, l’octroi d’un emprunt est subordonné à l’autorisation préalable du directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS). En outre, le décret interdit aux établissements de santé de souscrire des emprunts « dont le taux d’intérêt variable peut, durant la vie de l’emprunt, devenir supérieur au double du taux d’intérêt nominal ». Des mesures mal ressenties par le Syndicat des manageurs publics de santé (SMPS), qui fustige le rôle de pompier-pyromane de l’Etat en affirmant que « c’est l’Etat qui a poussé les hôpitaux à accroître leu endettement dans le cadre du plan Hôpital 2007. Et qui a continué à le faire avec Hôpital 2012. »

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