Confinement : ça s’en va et ça revient

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Vous l’entendez, la petite musique qui monte ? Celle d’un reconfinement dont on évoque la possibilité « en dernier recours » mais qui semble déjà là. On nous annonce que la semaine sera « charnière », bref qu’un rien nous fera basculer dans un nouveau confinement. Tout devrait se décider lors du Conseil de défense qui doit se réunir ce mercredi, en fonction des chiffres, des résultats d’une étude faite sur le variant britannique et de la docilité des Français. Car c’est cette semaine que devrait se ressentir l’impact des fêtes de fin d’année. Concernant les mesures à prendre, manifestement le cœur du gouvernement balance entre un confinement strict ou un couvre-feu généralisé à 18 heures pour la France entière, avec, pourquoi pas, un confinement total le week-end pour nous dissuader de sortir. Et de montrer aux Français qui commande. L’idée de base n’est pas compliquée : supprimer toute interaction sociale réelle. Le virtuel, il n’y a que ça de vrai au XXIe siècle. L’homme qui est allé dans l’espace, a conquis le ciel, exploré les fonds marins se retranche chez lui, apeuré à l’idée d’attraper un virus qui n’est pas bénin, certes, mais qui ne tue pas non plus la moitié de la population.

Les restaurateurs italiens se rebellent

Cette musique du reconfinement a commencé à se jouer il y a plusieurs semaines. Les experts se relaient dans les médias pour dire qu’il ne sera pas possible de passer à côté : des politiques qui s’interrogent aux médecins signant une tribune dans Le Monde, prédisant qu’un confinement s’imposera à la mi-janvier. Petit à petit, on nous habitue à la suppression, toujours plus importante de notre liberté de déplacement, entre autres. A modifier sensiblement nos vies en fonction d’un virus. L’annonce se fait peu à peu. Cela a débuté avec l’interdiction faite aux bars, hôtels et restaurants de rouvrir le 20 janvier. Cela se poursuit avec le couvre-feu à 18 heures dans certains départements.

C’est comme s’il fallait payer le prix fort, expier en somme les quelques jours de pseudo-liberté qui nous ont été laissés pour Noël et le jour de l’An. Non pas que le gouvernement ait pris une mauvaise décision ! La faute en revient à tous ces imbéciles qui ont osé fêter Noël en famille, sans reléguer papy et mamie à la cuisine.

Ce petit intermède, entre deux confinements, aura contenu quelque peu l’impatience des Français qui n’en peuvent plus d’être assignés à résidence. Pour nous faire patienter encore un peu plus, l’Etat a brandi la promesse d’un vaccin ultra-efficace avec des taux de réussite proprement extraordinaires. Vaccin qui devait être diffusé en masse à partir de la fin du mois de décembre. Nouveau raté. Nouvelle déception pour ceux qui voyaient la fin du tunnel. Et maintenant que, péniblement, le nombre de vaccinés croît, on apprend qu’il va falloir attendre avant d’atteindre la fameuse immunité collective. Ce n’est pas demain que sonnera la fin des restrictions. D’autant qu’on nous bassine désormais à longueur de journée avec ce variant dit britannique débarqué en France, réputé beaucoup plus contagieux. En attendant que nous arrive le variant japonais et, pourquoi pas, le brésilien ou l’indonésien.

Le Français contestataire se fait, pour l’occasion, coiffer au poteau par son voisin italien. De l’autre côté des Alpes, les restaurateurs excédés auraient décidé de ne plus respecter le couvre-feu. Ils seraient entre 50 et 100 000 à avoir décidé d’ouvrir le 15 janvier.

Anne Isabeth

Article paru dans Présent daté du 12 janvier 2021

Vaccin à petites doses, incompétence en surdose

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Tout a commencé comme une vraie course à l’échalote : tout le monde voulait son vaccin tout de suite pour pouvoir vacciner un maximum de personnes le plus rapidement possible. Il faut dire que le vaccin est vu comme LA solution et le remède à tous nos maux, le sésame qui nous permettra de retrouver une vie normale. Ou presque. A chaque pays, sa stratégie. La France a opté pour la vaccination des plus fragiles, notamment dans les Ehpad, et des personnels soignants.

On pouvait légitimement penser que la vaccination débuterait sur les chapeaux de roues. Sans compter que le gouvernement nous avait bien dit que tout était prêt, annonçant que des super-congélateurs n’attendaient plus que les vaccins – mais en janvier nous étions prêts aussi, paraît-il, à faire face au coronavirus. Une fois de plus, le verbiage gouvernemental vient s’écraser contre le mur de la réalité : la vaccination démarre plus que lentement et suit son petit rythme d’escargot. Le 1er janvier, seulement 330 personnes s’étaient fait vacciner en France, contre 78 000 en Allemagne, alors que les deux pays ont commencé leur campagne de vaccination le même jour : le 27 décembre.

Pourtant, d’après les dires de nos politiques, ce vaccin est LA solution. Qu’en aurait-il été s’il n’avait pas eu cette importance ? La question de la gestion de cette politique vaccinale – que l’on soit pour ou contre – aura, comme celle des masques, montré l’incapacité de notre gouvernement à gouverner. Et l’impréparation crasse de ses équipes. D’autant que, à cause de cette lenteur, entre 25 et 30 % des doses de vaccin pourraient être perdues… Pendant ce temps-là, on apprend dans la presse que des dizaines de super-congélateurs attendent bien sagement d’être validés par le ministère pour pouvoir être utilisés.

Ce retard fait tâche à l’échelle européenne et gêne manifestement notre président qui s’est épanché, en off, au JDD. Emmanuel Macron est en colère et « tape du poing sur la table », fustigeant une « lenteur injustifiée ». Evidemment ce n’est pas de sa faute si tout cafouille. Ses ordres sont mal exécutés. Voilà qui doit faire chauffer les oreilles du ministre de la Santé, Olivier Véran, lequel soutient mordicus que tout va s’accélérer et que cette lenteur n’est due qu’au recueil du consentement – une spécificité française – et au scepticisme de nos compatriotes. Promis, à l’été, 26 millions de Français seront vaccinés.

Car, oui, malgré toute la publicité qui est faite autour du vaccin – il n’est question que de cela sur les ondes –, de plus en plus de Français se montrent réticents à l’idée de le recevoir. Et ce n’est pas le cafouillage de nos politiques ni toutes les annonces sur la non-responsabilité des médecins et des laboratoires qui vont les rassurer. Pour y remédier, le gouvernement a sorti de son chapeau un énième machin inutile : le collectif citoyen. Ce dernier rassemblera 35 Français tirés au sort ce lundi, qui seront chargés de suivre la campagne de vaccination et pourront poser toutes les questions qu’ils souhaitent. On a du mal à imaginer plus démagogique. On se demande bien à quoi servent ces Français désignés via les urnes, les élus, qui sont censés nous représenter.

Anne Isabeth

Article paru dans Présent daté du 4 janvier 2021

Covid-19 – La France entre en dépression

Covid-19 dépression

Depuis le 17 mars dernier, la France retient son souffle. Une sorte de gigantesque apnée qui est en train de tuer la population à petit feu. Pendant ce temps-là, notre gouvernement s’improvise médecin et en a oublié de gouverner. A écouter les grands pontes du conseil scientifique il faudrait arrêter de vivre jusqu’à la disparition complète du virus. Sous peine d’en mourir. Sauf que les mesures censées épargner la santé des Français sont en train de les tuer beaucoup plus sûrement et de façon beaucoup plus systématique que ne le ferait le coronavirus. Financièrement, c’est évident, mais aussi psychologiquement.

Interrogé sur Europe 1 le 12 décembre, Serge Hefez, responsable du service psychiatrique de l’enfant et de l’adolescent à la Pitié-Salpêtrière, s’inquiétait de la santé mentale des Français : d’après lui, 20 % de la population est en train de basculer dans la psychiatrie. Les données publiées par Santé publique France ne disent pas autre chose : les troubles anxieux ont augmenté de 20 % de même que les idées suicidaires. « Et chaque fois que les pensées suicidaires augmentent, les passages à l’acte augmentent », prévient Serge Hefez. « On a une augmentation des demandes de gens qui n’avaient pas de recours au dispositif de santé mentale. On a des difficultés à y faire face depuis la fin de l’été. Dans les demandes, ça a été multiplié par quatre environ, avec des manifestations anxieuses, dépressives et des conduites addictives », s’alarme le professeur Pierre-Michel Llorca, chef de service de psychiatrie au CHU de Clermont-Ferrand.

La famille : lieu de refuge

Jérôme Salomon, directeur général de la santé, a lui-même reconnu que la santé mentale des Français s’était de nouveau dégradée entre fin septembre et début novembre. Les voyants sont au rouge. Que fait l’Etat ? Rien, hormis la mise en place d’un numéro vert et la promesse d’aides à la pelle. Aides qui souvent tardent à arriver – les témoignages sont légion – ou qui n’arrivent tout simplement pas parce que vous ne rentrez pas dans les cases. En attendant, la crise sanitaire accouche d’un peuple dépressif et, de fait, manipulable à souhait, que la perspective d’un nouveau confinement plongerait dans la terreur. Tout mais pas ça ! Rien de tel pour faire passer des lois liberticides.

Quel remède à cela ? La famille ! Le couple et la famille sont identifiés par les psychiatres comme un « lieu de refuge ». Les médias ont été plus prompts à relayer les violences intrafamiliales qu’à mettre en avant ses avantages. Pourtant, d’après Pierre-Michel Llorca : « Le couple, la famille, avec une organisation fonctionnelle, la capacité de s’épauler constitue un lieu de refuge. C’est un élément important. En termes de vulnérabilité, si vous êtes seul, vous êtes plus vulnérable que si vous êtes en couple, dans l’absolu, de matière épidémiologique. Les gens qui sont seuls ont plus de risques d’avoir des troubles psychologiques et psychiatriques. La qualité de notre support social est vraiment un élément essentiel pour la protection face aux aléas de la vie. » Cette même famille qui se trouve dans le viseur du gouvernement, que l’on cherche à détruire à travers des lois dites « sociétales » et dont on nie désormais la capacité à éduquer ses enfants. Bref, cette famille qui est le premier et le plus sûr rempart à la folie de notre temps.

Anne Isabeth

Article paru dans Présent daté du 15 décembre 2020

La GPA fait sa pub en France

La gestation pour autrui a beau être interdite officiellement en France, cela n’empêche pas ses promoteurs de venir faire leur publicité dans notre pays. Dans l’indifférence générale ou presque. Ainsi La Manif pour tous vient-elle de demander l’annulation d’un salon baptisé « Désir d’enfant », qui doit se tenir les 4 et 5 septembre porte de Champerret à Paris et qui ne fait rien d’autre que promouvoir la GPA. Ledit salon est sponsorisé par des cliniques privées espagnoles, qui viennent chercher ici de nouveaux clients étrangers. Le marché est énorme et extrêmement lucratif.

Les intitulés des différentes conférences qui seront données lors de ce salon sont d’ailleurs on ne peut plus clairs : « La GPA en toute sécurité », « Le contrôle des coûts de la GPA », etc. Difficile, dès lors, de croire que le gouvernement soit réellement opposé à cette nouvelle forme d’esclavage puisqu’il laisse se dérouler de telles manifestations sur son sol.

Comme le faisait remarquer justement Ludovine de La Rochère, présidente de La Manif pour tous : « Le maintien de ce salon serait le signe d’une volonté du gouvernement d’avancer vers la banalisation et la légalisation de la GPA, c’est-à-dire le recours aux mères porteuses. L’exploitation reproductive est une nouvelle forme d’esclavage des femmes, inacceptable évidemment, quelles que soient ses modalités. »

Anne Isabeth

Article paru dans Présent daté du 27 août 2020