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Immigration illégale et « fermeté » : les grosses ficelles de Merkel et Macron – Jean-David Cattin (Les Identitaires)

À l’approche des élections européennes sur fond de forts progrès des partis populistes et identitaires, Macron et Merkel, inquiets voire paniqués, se sont mis d’accord sur la stratégie à adopter : faire croire qu’ils vont faire preuve de « fermeté » en matière d’immigration illégale.

Depuis leur rencontre le 7 septembre à Marseille les deux chefs d’État rivalisent de propos « fermes » sur l’immigration. Angela Merkel vient même de conclure avec le gouvernement algérien un accord de retour portant sur 3 à 5 000 de ses ressortissants. Une goutte d’eau dans l’océan des migrants, clandestins ou pas, installés en Allemagne depuis 2014.

De son côté, Emmanuel Macron a lui promis des reconduites « pour celles et ceux interceptés en situation irrégulière et qui n’ont pas vocation à obtenir l’asile ». « Tout en respectant nos valeurs ». En réalité, la première année du mandat du président Macron a vu un nombre d’expulsions de clandestins exactement au même niveau que les « bonnes années ». L’immense majorité des clandestins n’est jamais inquiétée.

Au regard de ces déclarations, de cette théâtralisation de mesures insuffisantes, l’axe de campagne des dirigeants de la France et de l’Allemagne pour les élections européennes de 2019 est cousu de fil blanc.

Du reste, la recette commence à être connue. Dans cet article du Figaro daté du 17 octobre 2010, on pouvait déjà lire : « Angela Merkel durcit un peu plus son discours pour faire entendre sa voix dans le débat sur l’immigration qui agite son pays. Ce week-end, la chancelière a simplement et radicalement enterré le modèle d’une Allemagne multiculturelle, où pourraient cohabiter harmonieusement différentes cultures. Cette approche « Multikulti » – « nous vivons côte à côte et nous nous en réjouissons » – a « échoué, totalement échoué », a-t-elle lancé devant le congrès des Jeunesses de sa formation conservatrice. »

Hasard ? Six scrutins régionaux se profilaient alors à l’horizon.

Cinq ans plus tard, emporté par son sentimentalisme et son messianisme de fille de pasteur protestant, elle ouvrait grand les portes de l’Allemagne à plus d’un million de « migrants ». Voilà ce que valent les promesses de campagne d’Angela Merkel et de tous ses semblables qui n’ont la « fermeté » en bandoulière que lors des périodes électorales.

Dorénavant, Merkel a changé de braquet et c’est d’un jour à l’autre qu’elle souffle le chaud et le froid sur la question migratoire. Quelques jours avant l’accord de retour des clandestins algériens, elle inventait des « chasses aux étrangers » suite aux meurtres de jeunes Allemands. Elle a même démis de ses fonctions le chef du renseignement intérieur qui l’avait alors contredit sur l’existence de ces prétendues chasses.

En matière d’ « en même temps », Macron a là une concurrente de choix tout en restant le maître incontesté du genre. Le 29 août, il « endossait le rôle d’opposant principal à Salvini et Orbán ». Le 17 septembre, il plastronnait aux côtés du Chancelier conservateur autrichien promettant de la « fermeté » et des expulsions. Un Chancelier dont d’importants membres de son gouvernement sont justement des proches alliés ou admirateurs de Salvini et Orbán.

Ce grand écart permanent saute de plus en plus aux yeux des Allemands comme des Français et de tous les Européens. La réalité rattrape à grands enjambées ceux qui voudraient se servir de la question migratoire pendant les élections pour l’oublier ensuite durant leur mandat. Elle devient le sujet central car elle est le sujet vital. Leur « en même temps » craque de tous côtés. Ces imposteurs ne peuvent plus que perdre du terrain.

Jean-David Cattin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Crise migratoire : nouvelle passe d’armes entre Angela Merkel et Victor Orban

06/07/2018 – EUROPE (NOVOpress)
Quatre ans qu’une telle rencontre n’avait pas eu lieu. Victor Orban était l’invité d’Angela Merkel à Berlin. A l’heure où la ligne migratoire dure du premier ministre hongrois semble s’imposer en Europe et que la question fait vaciller la coalition de la chancelière, les deux dirigeants n’ont pas masqué leurs désaccords.

C’est Angela Merkel, qui a dégainé la première : “C’est probablement ce qui nous sépare car l’humanité, c’est l’âme de l’Europe. Et si nous voulons la conserver. si l’Europe avec ses valeurs veut jouer un rôle dans le monde, elle ne peut pas se détourner de la détresse et de la souffrance humaine“.

Récemment réélu et en position de force ces derniers mois grâce à l’arrivée de gouvernement hostiles aux migrants, Victor Orban n’a pas apprécié la leçon :

Nous trouvons injuste d’être accusé de ne pas être solidaire vis-à-vis de l’Allemagne. 8 000 gardes sont postés en permanence le long de la frontière hongroise et ils empêchent les migrants de venir en Allemagne. Si les gardes armés hongrois ne protégeaient pas les frontières avec la Serbie et la Croatie alors 4 à 5000 migrants passeraient en Allemagne chaque jour… C’est ça la solidarité, une bonne solidarité !


Macron dépassé par la Hongrie d’Orban, par Ivan Rioufol

Le sol se dérobe sous Emmanuel Macron et Angela Merkel. Leurs voix ne portent plus, à force de rester dans l’entre-soi des encouragements mutuels. La chancelière est, ce lundi, à la merci de son ministre de l’intérieur, Horst Seehofer (CSU) : il menace de faire éclater l’alliance historique (1949) avec la CDU s’il n’obtient pas d’ici mercredi des engagements sur un revirement de la politique migratoire. Lors de l’émouvant hommage rendu, dimanche, à Simone Veil avant son entrée au Panthéon avec son mari Antoine, le président a évoqué “les vents mauvais (qui) à nouveau se lèvent”. Macron visait-là les mouvements populistes.

Or, ce sont eux qui résistent au nouvel antisémitisme porté par l’islam politique en Europe. La “France des collabos”, évoquée par Macron pour se réhausser, est aujourd’hui celle qui se tait ou pactise devant la “peste verte”. Dans une note confidentielle écrite il y a deux semaines, l’ambassadeur de France en Hongrie, Eric Fournier, a fustigé “la presse française et anglosaxonne” : le diplomate soupçonne les médias, qui accusent la Hongrie d’antisémitisme, de vouloir détourner l’attention du “véritable antisémitisme moderne”, celui des “musulmans de France et d’Allemagne”. Pour avoir osé écrire cette vérité interdite, l’ambassadeur a été limogé samedi par Macron. Parlant de Orban le 15 avril lors d’un entretien télévisé, le chef de l’Etat avait déjà dit : “Je ne partage rien de ses valeurs”. Mais c’est le premier ministre hongrois qui trouve, de plus en plus, l’écoute de ceux qui s’inquiètent de leur survie dans un monde ouvert et relativiste.

Le 15 mars, Orban a déclaré ceci, en désignant Bruxelles et les mondialistes : “Ils veulent qu’en quelques décennies, de notre propre gré, nous donnions notre pays à d’autres : des étrangers venus d’autres coins du monde, qui ne parlent pas notre langue, ne respectent pas notre culture, nos lois ni nos modes de vie, qui veulent remplacer les nôtres par les leurs (…) Bruxelles ne défend pas l’Europe (…) Nous avons renvoyé le sultan et ses janissaires, nous avons renvoyé l’Empereur Habsbourg et ses soldats, les Soviets et leurs camarades et maintenant nous allons renvoyer George Soros et ses réseaux. Nous lui demandons de retourner en Amérique“.

Au prétexte que Soros est Juif, le procès en antisémitisme est ouvert contre Orban par ceux qui ne veulent surtout pas l’entendre. Or c’est Orban qui, en avril dernier, a déclaré à l’adresse de Benyamin Netanyahou, premier ministre d’Israël et soutien du Hongrois : “La Hongrie fera preuve de tolérance zéro contre l’antisémitisme (…) La Hongrie a commis un crime durant la seconde guerre mondiale en échouant à protéger les Juifs, mais cela n’arrivera plus”. En considérant la Hongrie comme un “modèle” dans sa “gestion des mouvements migratoires illégaux”, l’ambassadeur Fournier n’a certes pas craint d’aller à contre-courant du récit macronien. La réponse brutale du chef de l’Etat est conforme à ce qu’il a déjà montré de son autoritarisme mal venu. Mais c’est lui, Macron, qui est en train de perdre pied.

Ivan Rioufol

Texte daté du 2 juillet 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Merkel affaiblie après l’accord européen sur l’immigration, par Olivier Bault

Le président français Emmanuel Macron s’est sans doute félicité un peu vite de l’accord obtenu à l’arrachée à l’aube vendredi matin au Conseil européen de Bruxelles. Dès le week-end, l’on s’est aperçu que chacun interprétait différemment les termes (vagues) de l’accord. Ainsi, pour les centres contrôlés – nouveau nom donné aux centres de tri, ou hotspots –, qui pourront être ouverts dans différents pays sur la base du volontariat, les Italiens ont eu la mauvaise surprise d’entendre très vite le président français leur expliquer que, la France n’étant pas un pays de première arrivée, il n’y a pas de raison d’ouvrir de tels centres sur son territoire. Autrement dit, tout reste comme avant, et c’est pourquoi les Italiens n’ont pas l’intention de rouvrir leurs ports désormais interdits aux navires des ONG, et c’est tant mieux !

De la même manière, Angela Merkel avait, semble-t-il, cru comprendre au cours du sommet – peut-être était-ce la fatigue – que quatorze pays européens, dont les quatre de Visegrád, lui avaient promis qu’ils négocieraient avec elle des accords bilatéraux pour reprendre à l’Allemagne les « migrants » passés par leur territoire. C’est en tout cas ce qu’elle a annoncé dans une lettre expliquant les conclusions du dernier Conseil européen aux partenaires de sa coalition : la CSU, parti frère bavarois de son propre parti CDU, et le SPD social-démocrate. Mais dès que l’information a été reprise dans les médias allemands dimanche, les pays « de l’Est » concernés ont apporté un démenti cinglant à la chancelière.

Le ministre de l’Intérieur allemand Horst Seehofer, chef de la CSU, avait prévenu Mme Merkel il y a deux semaines, lorsque celle-ci s’était opposée à son plan de refoulement systématique aux frontières de l’Allemagne des immigrants déjà enregistrés dans un autre pays de l’UE : si elle ne revenait pas du Conseil européen avec un accord correct, permettant de lutter efficacement contre l’immigration clandestine à l’intérieur de l’UE, il démissionnerait. Après s’être réuni avec son parti dimanche, le ministre a donc annoncé son intention de démissionner, estimant que l’accord vanté par Macron serait « inefficace ».

Seehofer n’a toutefois pas été suivi par son parti et ce n’est pas non plus la première fois depuis 2015 qu’il menace la CDU de rupture. Lors d’une réunion entre eux lundi, les leaders de la CDU et de la CSU ont réaffirmé leur volonté de gouverner ensemble. S’en est suivie une réunion « de la dernière chance » entre Seehofer et Merkel lundi soir, à l’issue de laquelle un compromis a été annoncé. Les contrôles à la frontière avec l’Autriche seront renforcés, et les immigrants y seront orientés vers des centres fermés en attendant de vérifier leur statut. Ceux qui auront déjà été enregistrés dans un autre pays de l’UE ou déjà déboutés du droit d’asile seront alors renvoyés en Autriche.

Les politiques européennes ayant échoué, notamment en raison du refus de Berlin et Paris – malgré les appels en ce sens des ex-pays de l’Est et de l’Autriche – de mettre en place de vraies politiques de lutte contre l’immigration illégale comme l’a fait l’Australie depuis 2013, on s’oriente vers des politiques nationales avec des coopérations intergouvernementales dans le style de celles qui ont conduit à la fermeture de la route des Balkans début 2016. Même Mütti Merkel s’y met, pour conserver son poste…

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 3 juillet 2018

Éric Zemmour : “Les cathos bavarois contre Merkel, la fille de pasteur protestant”

26/06/2018 – EUROPE (NOVOpress)
En Allemagne, le torchon brûle entre Angela Merkel et son ministre de l’Intérieur au sujet du sort des migrants. La position de la chancelière parait de plus en plus fragilisée.

La question n’est plus de savoir si Angela Merkel va perdre son poste de chancelier, mais quand. Elle a pourtant mis de longs mois à édifier cette coalition qui la soutient comme la corde soutient le pendu. La CSU (les chrétiens démocrates bavarois) veut fermer les frontières et renvoyer tous les migrants qui n’ont pas le droit d’asile.

Merkel s’oppose à ce sujet à son propre ministre de l’Intérieur, le Bavarois Seehofer. De leur côté, les sociaux-démocrates (la gauche allemande, dans la coalition) tire à boulets rouges sur la CSU, et soutient la chancelière.

Cela est plus logique qu’on ne croit. Il y a des années que la chrétienne-démocrate Angela Merkel pratique une politique de gauche. Sa décision de 2015 d’ouvrir les bras à un million de migrants a été la cerise sur le gâteau. Une cerise indigeste pour ses vieux alliés de la droite bavaroise. Cette CSU qui s’est fait laminer aux dernières élections par un parti qui l’a doublé sur sa droite, l’AfD.

On se croirait revenu aux guerres de religion, au XVIIe siècle. Bien sûr, on n’en est pas là. Mais la Bavière et l’Autriche catholiques qui s’allient contre Merkel, la fille de pasteur protestant, cela n’est pas vraiment un hasard.


Macron-Merkel : l’erreur du couple européen, par Ivan Rioufol

Le “moteur” franco-allemand est en panne. Il a peu de chance d’entraîner l’Europe. Emmanuel Macron et Angela Merkel, qui se sont retrouvés mardi au château de Meseberg, près de Berlin, pour tenter de canaliser le Conseil européen des 28 et 29 juin, sont incapables d’apporter une solution crédible à la crise migratoire qui ébranle l’Union européenne. La raison en est simple : tous deux sont à la source de l’insurrection des peuples, qu’ils n’ont cessé de mépriser dans leurs aspirations à plus de protection. Demander à Macron et Merkel d’apaiser une opinion européenne en rébellion contre les “élites” est aussi loufoque que d’exiger de deux pyromanes qu’ils gèrent les incendies allumés.

Faut-il rappeler, en effet, la faute préalable de la chancelière ? C’est elle qui, unilatéralement, a pris la décision en 2015 d’accueillir un million de réfugiés musulmans, sous les applaudissements de prêcheurs de “l’ouverture à l’Autre”. En septembre 2015, Le Point titrait sur “L’incroyable Madame Merkel”, en ajoutant : “Si seulement elle était française”. Le Monde voyait en elle “la fierté de l’Europe” et réclamait pour elle le prix Nobel de la paix. En 2016, des milliers de femmes se faisaient agresser sexuellement par de jeunes arabes à Cologne et dans d’autres grandes villes. En 2017, l’antisémitisme coranique venait en relève de la souillure nazie dont Merkel pensait s’amender par son geste généreux. Depuis lundi, la CSU bavaroise menace Merkel de rompre son accord de gouvernement si aucune solution de renvoi des clandestins n’est trouvée d’ici quinze jours.

Or c’est cette politique démentielle que Macron a appuyée, en fustigeant les populistes; coupables de mettre en garde contre les difficultés d’intégrer à une culture occidentale des peuples portant une culture islamique. En septembre 2017, à la Sorbonne, son discours sur la refondation de l’UE était tout entier construit sur le rejet des citoyens réclamant davantage de contrôles aux frontières et de vigilance face à l’islam. “Je ne laisserai rien, rien, à ceux qui promettent la haine, la division, ou le repli national”, avait-il lancé dans une inutile véhémence. Son projet, avalisé hier par Merkel, d’un budget commun pour la zone euro est dans la continuité de sa conception comptable et technocratique d’une Union sans affect.

Cette vision glaciale du couple Macron-Merkel, les Thénardier de l’UE, n’entre pas en résonnance avec ce qui s’exprime actuellement, partout en Europe, dans la renaissance des nations et des frontières. Donald Trump est celui qui, en juillet 2017 à Varsovie (Pologne) a le mieux approché la crise identitaire qui reste à résoudre (bloc-notes du 15 juillet). Le président des Etats-Unis s’était alors notamment fait le défenseur de “la grandeur de l’Occident”. Pas étonnant si, lundi, Trump s’est cru autorisé à commenter les difficultés de la chancelière : “Le peuple allemand est en train de se retourner contre ses dirigeants (…) Nous ne voulons pas que ce qui se passe avec l’immigration en Europe se passe avec nous !”. Macron et Merkel peuvent peut-être encore sauver l’UE. Mais sûrement pas avec leurs recettes.

Ivan Rioufol

Texte daté du 20 juin 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Allemagne. De la crise migratoire à la crise politique

Malgré quelques articles aux titres assez explicites (Le Monde : « Migrants : Merkel sous la pression des durs de sa majorité », Le Point : « Merkel joue son avenir avec un conflit gouvernemental sur les migrants », reprise d’une dépêche AfP, tous les deux en date du 14 juin) il ne semble pas que les « grands » médias français – et singulièrement les chaînes de télévision – aient pris la mesure de ce qui est en train de se jouer en Allemagne. La chancellerie vacille, Frau Merkel tremble, l’Allemagne retient son souffle. Ce n’est rien de moins que le destin d’Angela qui se joue, et de ce quatrième mandat si durement obtenu.

Angela Merkel contre les Bavarois au sujet de la crise migratoire

La chancelière est désormais en conflit ouvert avec les « Bavarois », son ministre de l’intérieur fédéral Horst Seehofer – « Bundesminister des Innern, für Bau und Heimat » est son titre complet ; les quatre derniers mots ont été ajoutés par l’actuel titulaire de la fonction lors de la formation de la « Grosse Koalition » en mars dernier ; on précisera ici que le prénom allemand Horst désigne également une « aire », c’est-à-dire le nid de l’aigle – et patron de la CSU, et Markus Söder, son successeur comme ministre-président de l’état libre de Bavière. La raison du conflit est en apparence assez simple : dans le cadre de son mandat, Seehofer a préparé un paquet de mesures destinées à juguler l’immigration clandestine et plus largement à reprendre le contrôle des flux migratoires, afin qu’une répétition de la crise de 2015 ne puisse avoir lieu. L’une des mesures qu’il veut imposer est le refoulement à la frontière du Reich de tout migrant préalablement enregistré dans un autre état de l’espace Schengen, ce qui est parfaitement en ligne avec l’accord de Dublin. Face à cette position de stricte protection du peuple allemand, la chancelière poursuit ses chimères de règlement européen et de répartition, dans le but illusoire de soulager les pays des marches méridionales de l’espace Schengen. Si l’on a évoqué, brièvement, aujourd’hui 14 juin comme modèle de sortie de crise la possibilité d’accords bilatéraux avec les pays d’entrée – sur le modèle de l’accord franco-italien pour les reconduites à la frontière – qui seraient, une fois conclus, « bénis » par Bruxelles, il a fallu déchanter : les Bavarois ne veulent rien céder. Comment en est-on arrivé là ?

Une grande autonomie des Länder

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il convient de préciser un point important du système politique allemand, voire de la culture politique allemande, qui éclairera pour un lecteur français plus familier du centralisme jacobin et de la verticalité républicaine les relations entre l’occupante de la Chancellerie et ses ministres. La subsidiarité et le fédéralisme ne sont pas en Allemagne des principes morts ou artificiels, mais irriguent la vie politique. Chaque entité politique – c’est le cas des Länder, en particulier, vis-à-vis de l’état fédéral – apporte un soin jaloux à défendre son pré carré contre les ingérences allogènes. Il y a de cela des exemples amusants, comme par exemple certaines directives de l’Union Européenne, qui sont transcrites depuis des lustres dans le Droit français grâce à la docilité du parlement, tandis que leur application en Allemagne, parce que le sujet est de la compétence des Länder, est renvoyée à une date ultérieure – autant dire ad vitam eternam. De là à penser que le gouvernement allemand exploite parfois cette possibilité… Bref, il en va des ministres comme des Länder : l’accord de coalition définit le cadre de leur action pour la durée de leur mandat, et ils ont ensuite tout loisir de s’y mouvoir, avec une autonomie considérable. La chancelière, « prima inter pares », a certes le pouvoir constitutionnel de révoquer un ministre. En le faisant, elle met cependant sa coalition en danger – singulièrement s’il s’agit d’un partenaire de coalition, qui pourrait la mettre en minorité à la chambre. Elle peut aussi tenter de le mettre en minorité au sein du cabinet – s’il y a différence de vues entre un ministre et la chancelière, elle peut théoriquement faire procéder les membres du cabinet à un vote : le résultat serait très probablement le même.
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Allemagne : la question migratoire continue d’affaiblir la majorité d’Angela Merkel

15/06/2018 – EUROPE (NOVOpress)
En Allemagne, la question migratoire fait tanguer la majorité d’Angela Merkel.

Issu de l’aile droite de la coalition, le ministre de l’Intérieur est entré en rébellion : il exige plus de fermeté aux frontières. Or, dimanche, Angela Merkel a mis son veto à un projet de refonte de la politique d’asile.

La chancelière veut d’abord consulter ses partenaires européens avant de prendre une décision…

Mais le parti bavarois de la CSU s’est déclaré prêt passer outre la décision d’Angela Merkel provoquant une vraie crise politique.

Markus Söder, Ministre-président de la Bavière, a ainsi déclaré :

Pendant trop longtemps, nous nous sommes précipités de compromis en compromis sur la question de la politique des réfugiés, sans prendre de décisions fondamentales et claires. Nous devons reprendre le contrôle de la situation en Allemagne.


La politique migratoire Merkel, à nouveau pointée du doigt en Allemagne

07/06/2018 – EUROPE (NOVOpress)
Rainer Wendt, chef de l’un des plus grands syndicats de police d’Allemagne, a affirmé que les révélations concernant le scandale à l’Office des migrations, lequel a accordé indûment l’asile à des milliers de migrants, n’étaient que la pointe émergée de l’iceberg.

Rainer Wendt a ainsi déclaré :

Le sentiment de sécurité s’effondre et maintenant les gens ont l’impression que l’Etat a perdu le contrôle. Il y a des centaines de milliers de migrants ici dont nous ne savons pas qui ils sont.

C’est un énorme risque. Aucun pays au monde ne tolérerait cela.

Angela Merkel

Angela Merkel et son nouveau gouvernement veulent sauver l’Union Européenne

07/03/2018 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Angela Merkel s’est exprimée publiquement ce lundi au lendemain de l’annonce de l’accord de coalition de son parti avec les sociaux démocrates. Les résultats du référendum interne des adhérents du parti social démocrate annoncés ce dimanche ont ouvert la voie à cette alliance, plus de deux tiers des votants se prononçant en faveur de cet accord. Presque six mois après les élections le gouvernement allemand est donc formé, ce dont Madame Merkel s’est réjouie. Elle a assuré que ce gouvernement se mettrait rapidement au travail, et s’est également prononcée sur l’avenir de l’Union Européenne.

La chancelière a affirmé qu’une voix forte de l’Allemagne aux côtés de la France et d’autres États membres serait nécessaire. Elle a notamment énuméré trois points qu’elle qualifie de défis européens. Ceux-ci sont la montée des nationalismes, illustrée parfaitement par l’Italie ce dimanche, le commerce international et notamment les États Unis qui renforcent leurs barrières douanières, ainsi que le conflit en Syrie, dans lequel l’Europe n’a pour ainsi dire aucun poids alors qu’elle en subit de plein fouet les conséquences migratoires.

Mais il apparaît que ces défis ne sont pas tous à ranger sous la même appellation. En effet la montée des nationalismes ne met en péril que l’Union Européenne si chère aux yeux de Madame Merkel et son parti. Elle semble au contraire même être une solution aux deux autres points qui eux sont des défis pour les pays européens eux-mêmes. En effet le défi du commerce international incarné par le protectionnisme des États-Unis pourrait être contré par un nationalisme économique similaire. Quand au conflit en Syrie, il n’est un défi européen qu’au niveau de la crise migratoire qui en découle. Et celle-ci est évitable pour un pays n’ayant pas à suivre à la politique migratoire suicidaire de l’Union Européenne et pouvant donc contrôler ses frontières, preuve en est donnée par Israël et dans une moindre mesure la Hongrie.

Alors que l’alliance au sein même de son gouvernement est précaire, madame Merkel aura donc également fort à faire pour sauver une Union Européenne plus encore vacillante, dont les pays se dirigent peu à peu vers un retour au nationalisme.

Jour férié musulman Schulz

Martin Schulz est prêt à instaurer un jour férié musulman en Allemagne

17/10/2017 – ALLEMAGNE (NOVOpress) : Président du SPD, le parti social-démocrate, Martin Schulz n’a, a priori, rien contre l’instauration d’un jour férié musulman en Allemagne. « Il faut réfléchir à la proposition », a déclaré l’ancien président du Parlement européen après que Thomas de Maizière, le ministre de l’Intérieur d’Angela Merkel, en a émis l’idée ! Il s’agirait de garder les fêtes chrétiennes pour l’ensemble de l’Allemagne – il est trop bon ! – mais de créer des jours fériés musulmans dans certaines régions, « là où vivent beaucoup de musulmans ».

Cette déclaration a suscité un véritable tollé parmi les conservateurs, et Alexander Dobrindt, l’un des principaux dirigeants de la CSU, l’allié bavarois de la CDU de Merkel, y a opposé une fin de non-recevoir dans les colonnes du Bild :

« Notre héritage chrétien n’est pas négociable […] Introduire un jour férié de l’islam en Allemagne, pas question. »

 

Angela Merkel

Allemagne : un plan prévoit de limiter les migrants à 200 000 par an

09/10/2017 – ALLEMAGNE (NOVOpress)
C‘était un des points qui bloquait les négociations pour la formation d’un gouvernement. La CDU et son allié bavarois la CSU ont trouvé un accord pour encadrer le nombre de réfugiés. Ce projet de compromis limitera à 200 000 par an le nombre de personnes accueillies en Allemagne pour “raison humanitaire”.

Depuis deux ans, la CSU dénonçait la position d’Angela Merkel sur l’accueil des migrants. Elle était aussi contestée en interne depuis des mois, nombre de cadres de son parti souhaitant un virage plus à droite.
Les résultats très médiocres de la CDU aux dernières législatives n’ont fait que renforcer la pression. Reste à savoir ce que vont en penser les deux autres partis avec lesquels Angela Merkel compte gouverner : les libéraux du FDP et les Verts. Ces derniers notamment défendent une vision ouverte de la politique migratoire .


Allemagne marketing AfD

Campagne législative en Allemagne : les limites du marketing, par Eric Blanc

D’un pays à l’autre, une campagne électorale répond à des codes différents. Il faut décrire les modalités de la campagne en Allemagne pour mieux saisir l’impact, ou l’absence d’impact, que des slogans peuvent avoir sur les citoyens qui cheminent en ville. Ici, point d’affichage sauvage et de panneaux officiels resserrés sur lesquels chaque élection ajoute une couche malpropre. L’affichage se fait en deux formats que partis et militants respectent : des affichettes cartonnées de 50cm x 30cm qui sont apposées sur les poteaux de lampadaires ou de signalisation à l’aide de colliers en plastique, et, pour les principaux partis, de grands espaces publicitaires achetés.

Allemagne marketing GénéralCette communication de campagne est à l’image du pays : propre et codifiée. L’électeur qui circule en ville ou dans son village voit donc se succéder des portraits nominatifs agrémentés de courts slogans, et s’en imprègne ou est censé s’en imprégner. Voici pour la forme.

Le contexte : les Allemands n’étaient pas motivés par ces élections, ne souhaitant que la continuité d’une aisance générale. Au village, cette campagne était un non-sujet. Personne n’en parlait. Je dînais dans une auberge souabe quelques jours avant le vote, et mon invité me faisait part à voix haute de son interrogation sur le sens de cette élection quand nul ne souhaitait de vrai changement. L’aubergiste se joignit à la conversation et confirma dans son dialecte souabe qu’elle irait voter car tel était son devoir mais qu’elle aurait vu d’un bon œil, comme les clients de sa table d’habitués, une sorte de report consensuel de cette grande consultation, et qu’un tel report aurait engendré pour l’Etat de saines économies (le bon sens des Souabes est celui de nos Auvergnats…).

France Inter envoya pendant la campagne une reporter chargée de trouver quelque Allemand insatisfait qui aurait pu confirmer les affirmations du sénateur Mélenchon sur la pauvreté en Allemagne, mais la malheureuse dut reconnaître que, même chez les retraités les plus inquiets, elle n’avait pu glaner la moindre velléité de révolution et qu’à son grand désarroi elle n’avait vu aucun SDF sur le sort duquel faire pleurer l’auditeur français.

Si le débat économique et social ne semblait donc pas présenter d’enjeu, un certain débat civilisationnel aurait dû émerger, mais les politiques ayant pignon sur rue ainsi que la presse n’en voulaient pas, et les citoyens taisent leurs inquiétudes par crainte de briser la vitrine de leur légendaire tolérance. C’est ainsi que la tricherie des constructeurs de diesel s’invita dans la campagne pour offrir un faux débat de société dont les Allemands se fichaient en réalité comme de leur première Coccinelle.

Que pouvaient donc offrir les partis en lice dans un tel contexte ?

Allemagne marketing CDU– Le SPD, empêtré dans ses contradictions au sortir d’une coalition que nul ne lui reprochait, cherchait vainement un levier de surenchère : que peuvent proposer des sociaux-démocrates dans un pays qui ne trouve pas de motif collectif de plainte sociale ? Certes, les petits retraités aimeraient un peu plus d’aisance quand les générations vieillissantes du baby-boom voient se réduire leurs parts du gâteau, mais, comme le découvrit la reporter de France Inter au fil de ses interviews, cette inquiétude ne suffit pas à les rendre contestataires.

– La CDU plaidait pour le maintien d’une trajectoire économique favorable et tablait sur l’image rassurante d’Angela Merkel.

– Les Verts ont vieilli, avec leur électorat d’origine, et n’ont jamais su se renouveler, à l’image des candidates sexagénaires aux cheveux blancs et courts, aux lunettes d’intellectuelles concernées et à l’air revêche.

– Le FDP est illisible. Ce petit parti charnière, libéral en économie et libertaire en société, est le pendant bobo du macronisme avec lequel il se découvrira finalement incompatible, et s’appuie sur des trentenaires qui pensent plus branché de voter pour lui que pour la CDU.

– Die Linke rassemble les insatisfaits mais ses recettes font peur dans un pays qui déteste le terme de « socialisme ».

– Et l’AfD ? En embuscade.

Allemagne marketing LinkeVenons-en enfin au marketing qui tenta d’occuper la rue malgré cette absence de fond. Jamais des slogans ne furent aussi vides de sens profond. Ils ne pouvaient que traduire la panique de commerçants qui réalisent que rien ne les différencie de leurs concurrents et qu’il leur faut faire appel à des agences de publicité habituées à vendre du Nutella.

La palme de l’incompréhensible est ainsi revenue au FDP avec des slogans aussi obscurs que :

  • « L’impatience n’est pas un défaut » ; accolée sèchement au portrait d’un Christian Lindner, col ouvert, barbe de quelques jours et regard ténébreux et las, cette affirmation ne nourrissait pas la curiosité ;
  • « L’avenir sera meilleur que sa réputation » ;
  • « Mieux vaut des cartables d’écolier que des attaché-case » ;
  • « Digital d’abord, réflexion ensuite » ;
  • et enfin le tonitruant « Nous ne pouvons plus attendre ».

Le citoyen ne saura jamais ce que Lindner ne peut plus attendre. Sans doute une place de ministre des Finances ?

Le SPD suivait de près dans le palmarès du phrasé creux :

«Au pays des poètes et des philosophes, la politique se doit d’avoir des idées », enchaîné astucieusement quelques jours plus tard avec : « …des idées que l’on saura mettre en œuvre ! »

Le lecteur curieux qui espérait une troisième séquence après cette promesse d’enlever le haut puis le bas, attendra que ces idées soient trouvées… Sans doute le SPD les espérait-il de ses électeurs car il venait d’inventer la politique-tupperware en proposant par affiches aux électeurs d’inviter chez eux leur candidat avec la promesse suivante « Préparez le café, et j’apporterai les gâteaux ». Les gâteaux n’ont pas suffi…

Les slogans des Verts dénonçaient platement un certain cartel du diesel, comme quoi ce terme de « cartel » ne fait pas frémir que la vieille droite, et vilipendaient le charbon national puisqu’il n’y a plus de nucléaire à dénoncer, sauf les centrales belges que nos hérauts allemands promettent de fermer.

La CDU a osé des propos d’affiche un peu plus concrets, allant au-delà du « pays dans lequel chacun souhaite vivre », ce que nous savons trop bien et pour de trop nombreux « chacun » venus de loin, en promettant « sécurité et ordre » en clin d’œil à sa consœur la CSU bavaroise.

Allemagne marketing AfD 2Les placards de l’AfD ne sont venus se pendre aux réverbères de notre petite ville que dans les deux dernières semaines de la campagne. Difficulté logistique ou stratégie ? Je veux croire à une stratégie, car ses slogans bleu-clair, partout lisibles au fil des routes et des trottoirs, sont venus enfin combler le vide sidéral d’un marketing politique proche de l’encéphalogramme plat. Nos futurs électeurs pouvaient enfin déchiffrer des propositions concrètes et qui faisaient écho aux préoccupations profondes de nombre d’entre eux :

  • « Protégeons nos frontières »
  • « Des couleurs plutôt que la burka » (« Bunt statt Burka», avec une photo de djirndl traditionnel ouvert sur deux jolis balcons)
  • « Notre pays, nos lois »
  • « Allemagne, ose ! »

La presse européenne s’est réveillée le 25 septembre en poussant des cris d’orfraie, faisant mine de découvrir une AfD à 12,6 % des suffrages exprimés, quand les sondages annonçaient de 11 à 12.

Compte tenu de la vacuité du débat civilisationnel et de l’inquiétude d’une partie du peuple allemand face à l’invasion des voiles, soyons plutôt surpris par la modestie de ce résultat qui s’explique par cette demande de continuité politico-économique de la part de citoyens pas encore convaincus par la capacité de gestion du jeune parti et encore trop frileux pour franchir le pas.

Ajoutons cependant que, contrairement à une certaine presse, monsieur tout-le-monde n’est pas choqué par l’entrée au Parlement de 94 représentants de l’AfD, puisque tel est le résultat de l’élection. Le Spiegel fait même remarquer que l’AfD fait entrer au Parlement le plus grand nombre d’entrepreneurs…

Vers une Allemagne réelle ?

Eric Blanc
Français résidant en Allemagne

Texte repris du site de la fondation Polémia

 

AfD Nazis Allemagne

AfD au Bundestag : le retour de l’Allemagne nazie ?

29/09/2017 – FRANCE (NOVOpress) : L’AfD a effectué une percée aux élections législatives allemandes ; le parti identitaire récupère 94 sièges au Bundestag et déstabilise Merkel. La presse française a traité ces élections en reprenant le slogan des anti-Afd et en diffusant une fausse traduction d’une déclaration d’un cadre du parti. Pour les journalistes français, les nazis sont de retour au Bundestag et Jean-Yves Le Gallou en fait le sujet principal d’IMedia, sur TV Libertés.

Egalement au sommaire de cette édition :

A 12:36 Le zapping d’I-Média
La légalisation de la PMA poussée par les médias. Alors que la question de la procréation médicalement assistée a été sortie de l’agenda politique par Emmanuel Macron, la thématique sociétale revient de manière récurrente dans les médias pour « éduquer » les consciences. Sophia Aram, “humoriste” sur France Inter, renie directement les principes démocratiques et réclame une ordonnance sur la PMA pour « s’épargner des débats qui nous fatiguent déjà ».

A 20:36 Ecriture inclusive : novlangue féministe dès le CE2
L’éditeur Hatier publie le premier manuel scolaire en écriture inclusive. Il s’engage contre « une langue sexiste ou le masculin domine ». Pour Raphael Enthoven, chroniqueur sur Europe 1, « on assiste à une réécriture qui appauvrit le langage exactement comme le novlangue dans 1984 ». La polémique est lancée et la presse est divisée.

A 29:41 Les tweets d’I-Média
Le Monde publie un « manifeste pour un nouveau média citoyen » visant à se positionner à contrepied d’une « idéologie dominante ». Alors que ce média n’existe pas encore, il bénéficie déjà, d’une promotion extraordinaire. A regarder de plus près, ce « nouveau média » ne paraît pas si « nouveau » : il se veut ouvertement immigrationniste et pour le changement des mœurs. Le créneau apparait comme bien occupé !

A 35:16 Portrait piquant de Jonathan Bouchet Petersen
Nicolas Faure dresse le portrait piquant de Jonathan Bouchet Petersen, chef du service France à LibérationUn journaliste au centre d’un réseau de cooptation médiatico-médiocre

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Pour Éric Zemmour, l’invasion migratoire est une bombe à retardement qui a déjà fait un mort : Angela Merkel

26/09/2017 – FRANCE (NOVOpress)
“C’est la victoire en déchantant, une victoire pire qu’une défaite, une victoire à la Pyrrhus”, a lancé Éric Zemmour pour qui Angela Merkel “va continuer d’habiter la chancellerie à Berlin mais ce sera un palais fantôme”.

Et Éric Zemmour d’enfoncer le clou :

Depuis dimanche (24 septembre) soir, la vie politique allemande est entrée dans l’après-Merkel.

L’autre enseignement du scrutin est l’arrivée au Bundestag d’une “droite identitaire”, incarnée par l’Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Les deux sont liés : Angela Merkel est la mère nourricière, la bonne fée de l’AfD. Pendant toute la campagne, la chancelière a réussi à étouffer tous les débats dangereux, et en particulier celui sur l’immigration.

Pour Éric Zemmour, l’invasion migratoire est une bombe qui a provoqué la “mort” d’Angela Merkel :

Dans le désert démographique qu’est l’Allemagne depuis quarante ans, cette transfusion massive d’une population de culture, de religion, de mœurs, de modèles familiaux étrangers, est une véritable bombe à retardement. Une bombe qui a déjà fait un mort : Angela Merkel.


Entrée massive de la droite nationale au Bundestag – par Guy Rouvrais

C’est la plus grande défaite d’Angela Merkel depuis qu’elle est au pouvoir. La CDU a perdu plus de sept points par rapport à 2013, et son allié de la CSU 1,4. Le pire résultat depuis 1949, quand Adenauer prit la tête d’un gouvernement de collaboration dans l’Allemagne occupée par les Alliés. Quant au SPD, avec lequel elle a longtemps gouverné, il faut remonter à 1933 pour que les sociaux-démocrates connaissent un score aussi bas, avec 20 % des voix.

Certes, Merkel arrive en tête, mais sa victoire est amère ! C’est une claque pour les partis de l’établissement. Car ce désaveu s’accompagne d’une percée sans précédent de la droite nationale, incarné par l’AfD qui, avec 13 % des suffrages, triple ses voix et devient la troisième force politique du pays : elle aura 90 députés au Bundestag alors qu’elle n’en avait aucun.

Dès les résultats connus, ce sont des cris effrayés qui sont montés de la classe politique, répétant que c’est la première fois « depuis 1945 » que « l’extrême droite » sera au Parlement, or nous n’avons pas souvenir qu’il y ait eu des élections en RFA en 1945. Mais il s’agit évidemment d’accréditer la calomnie selon laquelle les « nostalgiques » du IIIe Reich relèvent la tête, comme le hurlaient dimanche soir des excités haineux qui, méprisant la démocratie, contestaient le verdict des urnes.

Tout cela pour refuser de voir la vérité qui saute aux yeux : Angela Merkel, ses alliés et ses complices, paient là leur politique de ville ouverte aux « migrants » : un million ! Tout comme les viols de Cologne et leur camouflage, l’insécurité, l’implantation de foyers de « migrants » dans tout le pays. Le chancelier croyait sans doute que ses compatriotes s’étaient fait une raison, s’étaient inclinés avec fatalisme devant cet envahissement, puisque l’Allemagne était prospère. Mais cette prospérité, tout le monde n’en bénéficie pas. Sept millions d’Allemands vivent de mini-jobs à 450 euros par mois et, au bout de 45 ans de cotisations, les retraités, grands oubliés du « miracle » allemand, perçoivent moins de 50 % de leur ancien salaire, ce qui les contraint à reprendre un travail.

Face à ce recul électoral et au succès de la droite nationale, les compères d’hier se déchirent. Martin Schulz accuse Angela Merkel d’avoir nourri l’AfD : « Le déni systématique du débat a créé un vide que l’AfD a rempli. Angela Merkel en porte en grande partie la responsabilité. » L’ancien président du Parlement européen ne veut plus gouverner avec elle, qui doit se trouver de nouveaux partenaires : les Verts et les libéraux ? Sachant que ces derniers ont mené une dure campagne contre les écolos.

Mais, au Bundestag, la donne n’est plus la même. Il y aura une opposition résolue à défendre les vrais intérêts des Allemands. « Nous allons changer ce pays », a proclamé le leader de l’AfD, Alexander Gauland, en ajoutant : « Nous allons pourchasser Angela Merkel », tandis que l’autre visage de l’AfD, Alice Weidel, promet de « contrôler » le gouvernement en prenant la tête du groupe parlementaire. L’exercice du pouvoir pour Merkel ne sera plus un long fleuve tranquille.

Guy Rouvrais

Article paru dans Présent daté du 26 septembre 2017

Allemagne : Angela Merkel coupable d’avoir ouvert la porte aux migrants

25/09/2017 – ALLEMAGNE (NOVOpress)
La chancelière reste en place mais obtient un score plus faible qu’attendu. Ses ex-alliés du SPD s’effondrent, et refusent de participer à une nouvelle coalition, ouvrant la voie à une nouvelle alliance, avec les libéraux et les Verts.

«Nouvelle Allemagne», vraiment? L’entrée des patriotes de l’AfD au Parlement, pour la première fois depuis la Seconde guerre mondiale, ferait surtout ressurgir «les fantômes du passés», d’après Der Spiegel, qui prédit que la percée de l’AfD, désormais troisième force politique du pays, sera synonyme de «dérapages, de provocations, et de mise en scène de scandales» dans les mois à venir (sic).

En Belgique, Le Soir, qui voit dans le bon score des populistes «la fin de l’exception allemande» face à la vague populiste en Europe, évoque une chancelière «victorieuse mais très affaiblie», condamnée à «montrer son vrai visage».

Au Royaume-Uni, The Independent s’inquiète des «problème grandissants» auxquels la chancelière allemande se retrouve confrontée, tandis que Politico évoque déjà le «crépuscule» d’Angela Merkel, le début d’un «long auf wiedersehen», d’un long «au revoir». Le site américain, qui situe le début de la rupture entre la chancelière et l’opinion allemande au moment de sa décision d’ouvrir la porte aux réfugiés, voit le consensus politique outre-Rhin «érodé», les réformes d’envergure de l’eurozone «enterrées», et la patience allemande à l’égard des autres pays européens, peu empressées de prendre leur part dans la crise des réfugiés, «terminée».