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“Les nationalistes corses sont en position de force”. Mais deux lignes rouges : la langue corse et l’amnistie des prisonniers politiques

05/02/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Emmanuel Macron effectue mardi 6 et mercredi 7 février l’un des déplacements les plus sensibles depuis son entrée à l’Élysée en se rendant en Corse.

Les nationalistes sont en position de force sur l’île, parce qu’ils ont remporté une large victoire en décembre dernier. Ils ont obtenu la majorité absolue. Même s’il faut rappeler que la participation n’était pas au rendez-vous.

Mais ce sont eux qui sont désormais aux manettes. C’est un succès qu’ils ont construit depuis plusieurs années maintenant, dans cette île où les partis traditionnels ont failli. C’est comme cela qu’ils ont réussi à s’emparer d’abord de la ville de Bastia il y a trois ans, puis de la région, et puis trois députés ont fait leur entrée à l’Assemblée nationale en juin dernier.

Alors oui, ils sont en position de force. Ils ont d’ailleurs voulu le rappeler à Emmanuel Macron, samedi 3 février, lors de leur manifestation. C’est donc un défi pour le Président, qui n’a pas toujours été très clair sur le sujet Corse.

Sur RTL, Alba Ventura met en avant certaines lignes rouges :

Il y a évidemment des lignes rouges. Prenez la question de l’amnistie des prisonniers politiques. C’est une ligne rouge, d’autant qu’il faudrait savoir exactement de qui on parle. Est-ce qu’il s’agit de ceux qui ont du sang sur les mains (autrement dit des terroristes), ou de ceux qui sont éligibles à une libération conditionnelle ? Ce n’est pas la même chose. D’ailleurs les deux leaders nationalistes, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, ne sont pas tout à fait sur la même longueur d’onde dans ce dossier.
Une ligne rouge : la langue

Et puis il y a un autre sujet extrêmement délicat : celui de la langue. Ce que veulent les nationalistes, ce sont deux langues officielles : le corse et le français. Ça pour Emmanuel Macron, ce n’est pas négociable. Qu’il y ait des langues régionales, oui ! Mais quand vous dites que le corse doit être “langue officielle”, de facto vous vous détachez de la France. Et ce qui soude la France, c’est la langue française.


Chard mosquées amnistie

Pour les mosquées islamistes, c’est déjà l’amnistie !

Après les périodes de confrontation, de guerre civile, arrivent l’apaisement, le pardon, l’amnistie, la page qui se tourne : communards, épurés d’après-guerre, détenus de l’Algérie française… L’amnistie signifiait que, quel que soit le camp dans lequel on se plaçait, le monde avait changé. Peut-on comparer avec la situation actuelle ? Et d’abord, la séquence terroriste est-elle achevée ? Evidemment non. Ensuite, peut-on considérer, comme dans les cas évoqués plus haut, que la vague terroriste a correspondu à un épisode de guerre civile ? Que deux camps français s’affrontaient, chacun pensant agir dans l’intérêt du pays ? Absolument pas.

Est-il alors raisonnable, prudent, sans risque, et même tout simplement décent à l’égard des centaines de victimes et de leurs familles, d’autoriser la réouverture des lieux de culte islamistes fermés pendant l’état d’exception ?

Or la décision prise par le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, d’autoriser la réouverture progressive d’une vingtaine de lieux de culte islamistes correspond à une sorte d’amnistie. A Mulhouse, Sartrouville, Fontenay-aux-Roses, des mosquées aux mains des courants les plus radicaux, où se prêchait le djihad, d’où sont partis des combattants pour la Syrie, des mosquées qui retentissaient de diatribes antichrétiennes, antifrançaises, qui avaient été fermées pendant l’état d’exception, sont autorisées à rouvrir.

Plus de 500 mosquées extrémistes

La salle de prière de Fontenay-aux-Roses avait été fermée le 29 septembre pour apologie du terrorisme, par arrêté préfectoral. Elle est à nouveau à la disposition des islamistes. On y avait pourtant entendu des propos du type : « Les terroristes sont des musulmans qui ont la foi », « Il y a les bons musulmans d’une part et les chiens de mécréants d’autre part. » Mais, jugeant que ces propos étaient ceux de fidèles et pas ceux de l’imam du cru, le ministre de l’Intérieur a accepté une sorte d’amnistie et, depuis le 3 novembre, la fréquentation de la mosquée est à nouveau autorisée.

A Sartrouville, la mosquée de la cité des Indes était un lieu de convergence de toutes les folies salafistes : les propos qui s’y tenaient, la fréquentation, le prosélytisme exacerbé, le soutien affiché à Oussama Ben Laden, les départs organisés de jeunes volontaires vers la Syrie dès 2013, avaient là aussi conduit à une fermeture. Mais un nouveau bureau a été élu, et la mosquée est autorisée à rouvrir ses portes. Nouveau bureau, certes, mais les fidèles, eux, sont les mêmes.

L’Association des musulmans d’Alsace ou AMAL (ce qui signifie Espoir, en arabe, le AMAL étant aussi le nom d’un mouvement terroriste islamiste) multiplie les démarches pour faire rouvrir les mosquées et pour en ouvrir de nouvelles en Alsace, et il vient d’organiser un colloque auquel participaient bon nombre d’extrémistes islamistes connus, comme Marwan Muhammad.

La France compte actuellement 147 moquées tablighis, 200 mosquées inféodées aux Frères musulmans, 120 mosquées salafistes et 50 mosquées Milli Gorus (islamisme turc), soit un total de plus de 500 mosquées islamistes. Que l’on « amnistie » la vingtaine de mosquées sanctionnées pendant l’état d’urgence est un très mauvais signal.

Francis Bergeron

Article et dessin de Chard parus dans Présent daté du 7 novembre 2017

Syrie : une évolution vers la paix

Syrie : une évolution vers la paix

16/01/2012 – 16h30
PARIS (NOVOpress) –
Contrairement à ses voisins égyptiens ou libyens, la Syrie n’entend sombrer ni dans le chaos ni dans l’ornière islamiste suites aux incantations bellicistes de l’OTAN ou aux injonctions paranoïaques et dévastatrices des va-t-en-guerre en chemise blanche.

Syrie : une évolution vers la paixL’état d’esprit des autorités syriennes est tout autre. En témoigne, cette décision forte du pouvoir syrien qui vient de décréter une amnistie générale allant dans le sens de la paix. Pour le ministère russe des Affaires étrangères, il s’agit là d’un « pas important et positif ».

Le 15 janvier, le président syrien Bachar el-Assad a en effet promulgué une amnistie générale pour les participants aux manifestations antigouvernementales et qui concerne les personnes ayant commis des infractions « dans le contexte des évènements qui se sont déroulés dans la période du 15 mars 2011 au 15 janvier 2012 ».

Moscou voit en cette mesure forte un pas et une ouverture décisive « dans le contexte de mise en œuvre de l’initiative de paix arabe et du règlement pacifique de la crise politique en Syrie, par les Syriens eux-mêmes et sans ingérence étrangère ».

Au grand dam des États-Unis et de ses vassaux européens.

Crédit image : The World Factbook, domaine public.