Cours n°3 : Algérie, l’implosion d’un Etat sans nation, par Bernard Lugan

En s’appuyant sur les faits historiques, ce cours décrypte la double crise que traverse l’Algérie actuellement : une crise politico-économique et une crise identitaire. « Depuis 1962, l’écriture officielle de l’histoire algérienne s’est appuyée sur un triple postulat :
– Celui de l’arabité du pays nie sa composante berbère ou la relègue à un rang subalterne, coupant de ce fait, l’arbre algérien de ses racines.
– Celui d’une Algérie préexistant à sa création par la France à travers les royaumes de Tlemcen et de Bougie (Bejaia) présentés comme des noyaux pré-nationaux.
– Celui de l’unité d’un peuple prétendument levé en bloc contre le colonisateur alors qu’entre 1954 et 1962, les Algériens qui combattirent dans les rangs de l’armée française avaient été plus nombreux que les indépendantistes.

En Algérie, ces postulats biaisés constituent le fonds de commerce des rentiers de l’indépendance. En France, ils sont entretenus par une université morte du refus de la disputatio et accommodante envers les falsifications, pourvu qu’elles servent ses intérêts idéologiques. Dans les deux pays, ces postulats ont fini par rendre le récit historique officiel algérien aussi faux qu’incompréhensible.
Plus de cinquante ans après l’indépendance, l’heure est donc venue de mettre à jour une histoire qui doit, comme l’écrit l’historien Mohamed Harbi, cesser d’être tout à la fois « l’enfer et le paradis des Algériens ».

Découvrez la bande-annonce de ce cours :

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Algérie : la détresse économique, par Bernard Lugan

Bernard Lugan

Avec certains des principaux patrons emprisonnés, des banquiers qui n’accordent plus de crédits et des transferts de fond problématique, l’économie algérienne est en détresse.
Les ¾ des entreprises sont ainsi incapables de verser les acomptes prévisionnels au titre de l’impôt sur les bénéfices pour l’année en cours. Quant aux faillites, elles ont eu pour résultat la mise au chômage de 200 000 travailleurs depuis le 1er janvier 2019… Dans un pays où le taux réel de chômage atteint déjà des records.

Seule source de revenus de l’Etat, le secteur des hydrocarbures décline année après année. Au 1er trimestre 2019, il a ainsi reculé de 7,7% en raison de la baisse de production due à l’épuisement des nappes pétrolières. Nous avons également là, la confirmation de ce que l’Afrique Réelle écrit depuis plusieurs années, à savoir que les réserves de l’Algérie ont été volontairement surestimées.

Résultat, les réserves de change n’étaient plus que de 72,6 milliards de dollars fin avril 2019, soit une baisse de 7,2% par rapport à décembre 2018 (source : Ministère des finances juillet 2019). Cette baisse est d’autant plus dramatique que le pays doit acheter à l’étranger les ¾ des matières premières et des équipements indispensables à ses entreprises, tant publiques que privées. Il doit également importer de quoi habiller, soigner et équiper ses 43 millions d’habitants.
Avec une priorité qui est de les nourrir. Or, comme l’agriculture algérienne et ses dérivés ne permettant de satisfaire qu’entre 40 et 50% des besoins alimentaires du pays, il est donc nécessaire de faire de colossales importations.

C’est ainsi que près de la moitié (40%) de la facture de tous les achats faits à l’étranger – soit le quart (!!!) des recettes tirées des hydrocarbures -, est consacrée à l’importation de produits alimentaires de base dont l’Algérie était exportatrice avant l’indépendance de 1962… N’en déplaise à l’ONM (Organisation nationale des Moudjahidine) qui, pour tenter de faire oublier sa colossale responsabilité dans la faillite de l’Algérie, ose demander le vote d’une loi criminalisant la colonisation française… (Voir mes communiqués des 18, 21 et 29 juillet 2019).

Vomis par la rue, les vampires du « Système » gavés de leurs détournements peuvent-ils encore refuser de reconnaître que si l’Algérie est désormais le premier importateur africain de biens alimentaires pour un total annuel moyen de 12 milliards de dollars (Centre national de l’informatique et des statistiques-douanes-CNIS), cela est la conséquence à la fois de leur incompétence et de leurs détournements ?

Les millions de manifestants qui, vendredi après vendredi, battent la chaussée, en sont, eux, parfaitement conscients et ils attendent de pouvoir leur faire rendre gorge.
Or, c’est précisément parce qu’il sait qu’il est face à une véritable révolution et que la survie de ses membres est en jeu, que le « Système » fait la « sourde oreille ».

Bernard Lugan

Texte repris du site Blog de Bernard Lugan

I-Média – Des émeutes algériennes bon enfant ?

19/07/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Comme chaque semaine, I-Média décrypte l’actualité médiatique en déconstruisant le discours dominant.

Selon les médias qui ont couvert les exactions des supporteurs algériens, il s’agissait de simples incidents.

Une occultation médiatique évidente.


Football : Ces Algériens qui insultent la France en toute impunité

Boutiques pillées par des supporteurs algériens : le Rassemblement National réclame des mesures pour éviter “une humiliation nationale !”

12/07/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Après la victoire de l’Algérie contre la Côte d’Ivoire en quart de finale de la Coupe d’Afrique des nations, des supporters de l’Algérie ont fêté la victoire sur les Champs-Élysées.

Des affrontements ont éclaté entre supporters et forces de l’ordre. Sur l’avenue de la Grande-Armée, deux magasins ont été pillés.

La demi-finale opposera l’Algérie au Nigeria dimanche prochain. Afin d’anticiper le risque de nouveaux incidents, le Rassemblement National demande d’interdire les Champs-Elysées aux supporters algériens.

Dans ce communiqué de presse intitulé “14 Juillet et match de l’Algérie : Christophe Castaner doit éviter une humiliation nationale“, il est notamment possible de lire ceci :

Ce dimanche 14 juillet à 21h00 se jouera la demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations, opposant l’Algérie au Nigéria. Les deux derniers matchs de l’Algérie au cours de cette compétition ont été le prétexte à des débordements et à des scènes de véritables émeutes dans toute la France, et notamment sur les Champs-Elysées.
Loin de n’être que des manifestations de joie de simples amateurs de football comme le décrivent la plupart des commentateurs, il s’agit de véritables démonstrations de force dont l’objectif est de signifier ostensiblement une présence massive et un rejet de la France.



Autopsie du « Système » algérien et désignation des vrais responsables dans le génocide du Rwanda, par Bernard Lugan

Bernard Lugan

Le coeur du « Système » algérien est formé par une caste d’officiers supérieurs placés à la tête d’une armée qui dévore 25% du budget de l’Etat. Le double de celui de l’éducation. Jusqu’à ces dernières années, les réseaux affairistes militaires contrôlaient intégralement l’économie du pays. Afin de les affaiblir, Abdelaziz Bouteflika injecta dans le « Système » une cohorte de parvenus lui devant leur fortune, les « oligarques ». Au prétexte de lutter contre la corruption, mais d’abord pour tenter de freiner la revendication populaire, l’armée en a fait jeter certains en prison, ce qui lui permet d’éliminer ou de placer sous contrôle des rivaux économiques.

La réaction militaire débuta le 26 mars, quand le général Gaïd Salah, vieil et acariâtre chef d’état-major, décida de sacrifier le président Bouteflika et son clan. Il appela alors à la destitution d’un président dont, jusque-là, il avait été le plus fidèle et le plus inconditionnel soutien, clamant encore haut et fort son appui au « 5e mandat », qualifiant même de traitres à la nation ceux qui s’y opposaient… Quant à son gendre, Abdelghani Zaâlane, ministre des Transports et des travaux publics, il était le directeur de campagne d’Abdelaziz Bouteflika pour ce même 5e mandat…
Le sauve-qui-peut des caciques du « Système » prit alors la forme d’une hémorragie. Le RND, parti pourtant servilement associé au FLN, demanda ainsi à son tour la démission du président Bouteflika tout en se précipitant aux pieds du général Gaïd Salah pour l’assurer de sa « loyauté »… Le FLN lui-même fut gagné par ce mouvement.
Cette manœuvre n’ayant pas freiné la contestation populaire, c’est désormais du « Système » tout entier dont la rue veut se débarrasser. A commencer par le général Gaïd Salah et son clan familial incarné par Karim et Adel Gaïd Salah, ses deux fils qui règnent sur la ville d’Annaba où ils possèdent organes de presse, hôtels et sociétés d’import-export.
Face à la rue, le « Système » résiste en pariant sur la division de la contestation et sur un essoufflement espéré durant le prochain ramadan. Le tout dans l’attente de l’inévitable confrontation.

Au début du mois d’avril dernier, les medias déversant ad nauseam leurs habituels mensonges sur la prétendue responsabilité de la France dans le génocide du Rwanda, le président Macron crut devoir recevoir à l’Elysée des associations porte-voix du régime de Kigali. Par pur fait du prince, il leur annonça, sans le moindre débat contradictoire et sans la moindre consultation de la population, qu’en France, le 7 avril serait désormais jour de « commémoration du génocide des Tutsi du Rwanda ». Reprenant le vocabulaire officiel rwandais, le président Macron a parlé de « génocide des Tutsi » et non pas de « génocide du Rwanda ».

Les Français vont donc devoir commémorer un génocide dans lequel leur pays ne porte pourtant aucune responsabilité. Sauf celle d’avoir accepté le diktat de Paul Kagamé qui était de retirer son contingent militaire du Rwanda, ce qui fut achevé au mois de décembre 1993, soit cinq mois avant le début du génocide.
Les 400 Français furent alors remplacés par plus de 2600 casques bleus de l’ONU. Commandés par l’incompétent et fragile général canadien Roméo Dallaire, ils demeurèrent l’arme au pied, se terrant même parfois dans leurs casernements, laissant ainsi les génocidaires libres d’agir et les hommes de Paul Kagamé libres de conquérir le pays.
Mais c’est la France qui est mise en accusation… non l’ONU…

Bernard Lugan

Texte repris du site Blog de Bernard Lugan

Le dernier stratagème du régime algérien peut-il réussir ?, par Bernard Lugan

Paniqué par l’ampleur des manifestations populaires, et craignant de les voir évoluer vers un processus révolutionnaire incontrôlable, les vrais maîtres de l’Algérie viennent de tenter un coup de poker destiné à leur permettre de conserver la réalité du pouvoir. En faisant jouer l’article 102 de la Constitution qui autorise à faire constater par le Conseil constitutionnel que le président Bouteflika se trouve dans l’impossibilité d’exercer ses fonctions, le régime algérien tente en effet de gagner plusieurs mois d’un précieux répit qui va lui permettre de contrôler l’organisation du futur scrutin présidentiel. Explications :

1) Faire constater l’incapacité du président Bouteflika permet de vider l’abcès en donnant une satisfaction à bon compte à une grande partie des manifestants, tout en isolant les jusqu’au-boutistes qui veulent un changement de régime et la fin du système FLN.

2) Cette décision permet de replacer l’armée au centre du pouvoir, mais une armée qui joue la carte de la légalité et qui apparait comme ressoudée, un voile ayant été mis sur ses profondes fractures.

3) Cette reconnaissance d’inaptitude ne changera rien au fonctionnement du pouvoir puisque, quasi inconscient depuis plusieurs années, ce n’était plus Abdelaziz Bouteflika qui gouvernait.

4) Le parlement, sur proposition du Conseil constitutionnel va donc, à la majorité des 2/3, constater l’incapacité présidentielle et, comme le veut la Constitution, l’intérim va être assuré pour 45 jours par Abdelkader Bensalah, le président du Conseil de la Nation. Puis, si au bout de ces 45 jours, l’incapacité présidentielle est confirmée, la vacance du pouvoir sera alors constatée et Abdelkader Bensalah aura 90 jours au maximum pour organiser une élection présidentielle. Donc au total, 45 jours plus 90 jours, un vrai ballon d’oxygène pour le régime alors-que le couperet du 28 avril devait marquer la fin de la présidence Bouteflika.

5) Comme Tayeb Belaiz, le président du Conseil constitutionnel, et Abdelkader Bensalah, le président du Conseil de la Nation, sont deux fidèles du clan Bouteflika, il est logique de penser qu’ils vont tout faire pour gérer la période qui s’ouvre au mieux des intérêts de ce dernier puisqu’ils en sont une composante. Ils vont être aidés en cela par l’appareil du FLN, notamment par Amar Saadani, ancien secrétaire général du mouvement qui, le dimanche 24 mars, a allumé la mèche du processus actuel en déclarant qu’Abdelaziz Bouteflika était le jouet du Premier ministre Ahmed Ouyahia…et que c’était ce dernier qui non seulement dirigeait l’Algérie, mais encore écrivait les lettres attribuées au président.

6) Un bouc-émissaire commode est donc trouvé et désigné à la foule, ce qui devrait permettre de sauver la tête de Saïd Bouteflika, des caciques du FLN, des oligarques et des généraux qui ont gouverné l’Algérie à leur profit, en s’appuyant sur l’ « alliance des coffres forts et des baïonnettes ».

La rue sera-t-elle dupe de la manœuvre ? Va-t-elle se laisser confisquer sa révolution ? L’avenir le dira… Une situation à suivre !

Bernard Lugan

Texte repris du site Blog de Bernard Lugan

Radio Thermopyles : Identité européenne et risque islamiste en Algérie

29/03/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Radio Thermopyles est un nouveau média qui se propose de diffuser régulièrement des émissions traitant de l’actualité sous un angle identitaire.

Dans ce numéro, Anya intègre le panel de l’émission, qui sera consacrée à la question de l’identité (00:00 – 42:00 environ) et aux manifestations en Algérie (46:00 environ jusqu’à la fin).


Algérie : Le spectre du chaos, par Etienne Defay

La ferveur populaire aura eu raison de l’obstination du pouvoir. Le 11 mars dernier, le président algérien a en effet publié une lettre lue en direct par une journaliste d’information annonçant plusieurs dispositions décisives pour l’avenir du peuple algérien. Abdelaziz Bouteflika renonce à briguer un cinquième mandat, les élections présidentielles prévues le 18 avril sont reportées et « des changements importants au sein du gouvernement » sont annoncés. Pour cette dernière affirmation, on apprend ce mercredi matin la démission du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui est remplacé au pied levé par Noureddine Bedoui, ex-ministre de l’Intérieur, proche du frère d’Abdelaziz Bouteflika et bien-aimé des médias locaux.

En outre, des changements sur le moyen terme assez significatifs sont annoncés : la préparation d’une « Conférence nationale inclusive et indépendante », censée représenter toutes les sensibilités de la société algérienne, s’attaquera à l’élaboration d’une nouvelle Constitution soumise à référendum. Enfin, une élection présidentielle aura lieu dans le prolongement de cette conférence à une date encore indéterminée.

En résumé, c’est le grand flou. Conséquence d’un président algérien aux abonnés absents et dont la dernière sortie publique remonte à plus d’un an. Conséquence d’un pouvoir verrouillé et phagocyté par un clan depuis les évènements de la guerre civile. Conséquence d’une menace islamiste tapie dans les djebels. Conséquence d’une administration corrompue et d’une arrière cour composée de militaires et de rentiers pétroliers.

Du coté français, on observe la situation de l’Algérie avec inquiétude. Si Le Drian et Macron ont exprimé leur soulagement devant le retrait d’Abdelaziz Bouteflika, tous redoutent les conséquences d’une telle crise chez un si proche voisin dont la diaspora est (comment l’oublier) particulièrement présente sur le sol français. Une réalité qui s’est particulièrement rappelée à notre bon souvenir en observant la médiatisation du sinistre Rachid Nekkaz. La médiatisation et la crédibilisation de cet islamiste bon teint partisan du voile et proche des milieux les plus radicaux de l’islam est une création 100% française en définitive. Il suffit d’aller observer les milliers d’insultes et de menaces de mort que reçoit quotidiennement le courageux Pierre Liscia pour comprendre le caractère explosif de la situation. Le jeune élu du XVIIIe arrondissement et accessoirement chroniqueur de l’émission « Salut les Terriens » avait en effet eu le malheur d’asséner à Nekkaz ses vérités tout en refusant de lui serrer la main.

Il n’en fallait pas plus pour la jeunesse algérienne qui s’est déchaîné sur la page facebook de Liscia : « vive Hitler, va crever… » et autres joyeusetés… Comme le rappelle l’historien Jean Sevillia au média Boulevard Voltaire : « La population algérienne croît d’un million d’habitants par an. Sa population est extrêmement jeune. Il y a une forme de naïveté dans cette révolution. » Effectivement, souhaitons qu’à Alger, ils gardent la tête froide, ce serait dommage que certains la perdent littéralement de manière collatérale.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 13 mars 2019

L’ultime manœuvre du clan Bouteflika pour tenter de prolonger le quatrième mandat présidentiel, par Bernard Lugan

Charles Maurras disait de la République qu’elle gouverne mal mais qu’elle se défend bien. L’on peut dire la même chose d’un régime algérien aux abois qui vient de tenter une ultime manœuvre pour prolonger sa survie.
Car, en somme, ce qu’ont obtenu les millions d’Algériens qui manifestaient contre un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, c’est tout simplement le prolongement de son quatrième… Avec un report des élections et un régime maître du temps qui va désormais utiliser toutes ses courroies de transmission pour embrouiller la situation, diviser les contestataires et tenter toutes les provocations. Y compris celles qui pourraient conduire à un bain de sang afin de lui permettre d’apparaître comme le garant de la stabilité.

La manœuvre réussira-t-elle ? Il est permis d’en douter car la ficelle est bien grosse. L’opinion algérienne n’est pas dupe et elle n’a plus peur ; d’autant plus que la police a déjà largement fraternisé avec la foule. Quant à l’armée, elle n’est plus le bloc monolithique des décennies passées et, à force de vouloir « finasser », le vieux général Gaïd Saleh a fini par en perdre le contrôle. Désormais, en son sein, la nouvelle génération n’en peut plus du « chibanisme » ancré sur les références à une histoire que tous savent être fabriquée[1].

En définitive cet ultime coup de poker du régime pourrait bien au contraire précipiter sa chute avec une épuration totale du système FLN et de ses prébendiers.
L’Algérie qui vient de sauter de l’avion avec un parachute en torche se demande si le ventral va s’ouvrir…

[1] Voir à ce sujet mon livre Algérie, l’histoire à l’endroit

Bernard Lugan

Texte repris du site Blog de Bernard Lugan

Stéphane Ravier au sujet du renoncement de Bouteflika : « Tous ces Algériens qui manifestaient en France vont pouvoir rentrer au pays»

La France victime de son absurde politique pro-FLN, par Franck Deletraz

Avouons qu’il y a quelque chose d’assez « jouissif » dans le fait de voir, depuis maintenant plusieurs jours, l’ex-égorgeur FLN et tyran Bouteflika sérieusement bousculé par le peuple algérien comme jamais depuis vingt ans. Une situation explosive qui met cependant très mal à l’aise l’actuel gouvernement français qui, à l’instar de l’ensemble de ses prédécesseurs, n’a cessé de se ridiculiser en multipliant les actes de soumission et de repentance pour satisfaire les caprices de cet ancien terroriste, et dans l’espoir de maintenir cette relation soi-disant « privilégiée » avec l’Algérie. Une politique en réalité humiliante, à tous les niveaux (diplomatique, économique…) dont notre pays subit d’ores et déjà les terribles conséquences.

Le tyran FLN agrippé au pouvoir

Lundi encore, ils étaient plusieurs milliers d’Algériens à manifester dans les rues de la capitale et d’autres grandes villes du pays pour exiger du satrape en chaise roulante, actuellement « sous contrôle médical » à Genève, qu’il renonce enfin à briguer un cinquième mandat et dénoncer son récent coup de force. Dimanche soir en effet, malgré la contestation grandissante, Bouteflika avait fait savoir, à travers une lettre lue à la télévision, qu’il se présenterait quand même à l’élection présidentielle du 18 avril. En bon despote FLN, il ajoutait que, s’il venait à être élu, il organiserait alors une élection présidentielle anticipée, à laquelle il ne participerait pas, et convoquerait une « conférence nationale indépendante » censée instaurer « un nouveau système rénovateur ». En clair, il se choisirait un successeur au sein de la mafia FLN pour assurer la continuité de son régime liberticide…

« Se préparer à une vague migratoire »

Quoi qu’il en soit, cette crise politique, qui prend peu à peu l’allure d’un « printemps algérien », pose aujourd’hui un gros problème à Paris, qui paie les conséquences de son soutien infaillible au pouvoir FLN. Craignant d’un côté d’être une nouvelle fois taxé d’« ingérence colonialiste » s’il vient à appuyer la rue algérienne, redoutant de l’autre de se mettre à dos le peuple algérien s’il soutient Bouteflika, le gouvernement, qui se targue sans peur du ridicule de ses « relations privilégiées » avec Alger, en est aujourd’hui réduit à s’enfermer dans un mutisme ahurissant. Certes, l’exercice n’est pas sans risques. Car, si continuer de soutenir celui qui n’a cessé d’insulter notre pays depuis vingt ans relève du pur masochisme, nul n’est vraiment en mesure de dire si un « printemps algérien » ne déboucherait pas sur le chaos et la venue au pouvoir d’islamistes. Un argument d’ailleurs largement exploité par les partisans de Bouteflika, qui se gardent bien cependant de rappeler leur manque d’ardeur (doux euphémisme) dans la lutte contre le djihadisme en BSS [la bande sahélo-saharienne] et leur refus de soutenir le G5 Sahel… En attendant, la première grande et grave conséquence que notre pays devrait subir de son absurde politique algérienne, c’est cette véritable déferlante de « binationaux », « réfugiés » ou prétendus tels contre laquelle Thierry Mariani a mis en garde les autorités françaises lundi soir. Invité sur BFMTV, le candidat RN a en effet déclaré très justement que si cette situation très inquiétante pour la France persistait, il faudrait alors « se préparer à une vague migratoire en fermant les frontières, car la France ne le supporterait pas ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 5 mars 2019

Manifestation algérienne contre Bouteflika à… Paris

26/02/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Dimanche se sont rassemblés place de la République à Paris des centaines d’Algériens pour manifester contre un éventuel cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika.

Ce rassemblement donne une idée de l’importance de la communauté algérienne vivant en France. La question se pose de la raison d’être d’une telle manifestation dans la capitale française.

Peut-on imaginer à Alger des centaines de personnes brandissant des drapeaux français ?



L’Algérie refoule ses migrants

15/01/2019 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
À en croire les médias dominants, les images provoquent un tollé : des migrants abandonnés dans le désert, des hommes mais aussi des femmes enceintes, des vieillards et des enfants. Ces vidéos apparaissent sur la toile après la décision du Gouvernement algérien de durcir sa politique migratoire.

Le directeur chargé de l’immigration au ministère algérien de l’Intérieur, Hacène Kacimi, l’a annoncé hier : l’Algérie n’accepte plus aucun immigré illégal à la frontière du Tchad et du Niger.

De plus, ceux déjà présents sur le territoire ont été reconduits à la frontière. Face à la polémique le Gouvernement algérien a réagi en ces termes : « quand certains migrants commencent à constituer un danger pour la stabilité du pays, l’Algérie doit bouger ».


Emmanuel Macron veut faire entrer plus d’Algériens en France

Macron En Marche AMF

15/11/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Selon un site d’information algérien, Emmanuel Macron a annoncé, à l’occasion d’une visite d’usine à Charleville-Mézières, que la France allait faciliter la délivrance de visas pour les ressortissants algériens.

Emmanuel Macron a ainsi affirmé que les services consulaires de son pays traitent les demandes de visas émanant de l’Algérie avec «flexibilité».

Nous avons demandé à notre ambassade de faire en sorte que les demandes émanant des ressortissants algériens soient étudiées avec plus de pragmatisme qu’avant.

Une déclaration qui tombe à un moment où la France devrait justement faire l’inverse en stoppant de manière drastique les flux migratoires…