Les OGM en France, c’est pour bientôt !

20/11/2015 – FRANCE (NOVOpress)

L’Assemblée nationale a de nouveau voté, mardi 17 novembre, le projet de loi transposant les nouvelles règles européennes d’autorisation de mise en culture des OGM.

Vous avez bien compris, il s’agit d’autoriser la culture OGM sur le sol français. Ce texte sera définitivement adopté par le Sénat le 14 décembre, puisque députés et sénateurs se sont déjà entendus sur la rédaction de ce texte en commission.
Le texte de ce projet de loi, consultable sur le site du Sénat, prévoit de nombreuses mesures encadrantes. Et en cas de contamination de parcelles non OGM non souhaité par l’exploitant, l’Etat proposera une indemnisation financière…

Crédit photo : laetitiablabla via Flickr (CC) = vade retro monsanto ! ogm j’en veux TOUJOURS pas


Le désespoir des agriculteurs européens

04/10/10/2015 – SOCIÉTÉ (NOVOpress)
600 croix, pour 600 suicides annuels parmi les agriculteurs. C’est la pour rendre hommage à ses confrères que Jacques Jeffredo, un maraîcher breton, procèdera à cette installation devant la basilique de Sainte-Anne d’Auray en Bretagne d’ici au 11 octobre.

Etranglés par les charges, travaillant souvent à perte, les agriculteurs demandent plus de coopération et moins de compétition, simplement pour pouvoir survivre. Un problème qui ne se limite pas à la France, mais qui touche toute l’Europe.


La crise de l’agriculture européenne se poursuit

08/09/09/2015 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)
Hier, les agriculteurs européens ont manifesté à Bruxelles

Des agriculteurs venus de toute l’Europe, de Bulgarie en passant par l’Irlande, se sont rappelés au souvenir du Conseil exceptionnel sur l’agriculture des 28 ministres européens. Ce conseil, réuni à la demande de la France, devait trouver des réponses à la crise de l’élevage et de la production laitière en Europe qui seraient liés à la surproduction. Les manifestants entendent aussi pointer l’hypocrisie d’un système qui pousse à l’investissement par les nouvelles normes tout en laissant les prix dégringolés, ce qui a un effet négatif sur la confiance des banques.

Quelles résolutions ont été prises ?

La Commission européenne, responsable de la politique agricole commune, a débloqué entre 300 et 400 millions d’euros qu’il faudra répartir entre les 28 pays de l’UE. Ces fonds proviennent des pénalités payées, en 2014 2015 pour dépassement des quotas de production. Or ce sont 860 millions d’euros qui avaient été récoltés. Le ministre belge de l’Agriculture estime que

cette somme doit revenir intégralement aux agriculteurs.

La Commission rappelle d’ailleurs que 220 millions d’euros avaient été débloqués après l’embargo russe en réplique aux sanctions européennes. Plus important, le prix de rachat par les états aux exploitants agricoles en difficulté du lait ne devrait pas être relevé alors qu’il est à un prix bien inférieur au marché. L’UE entend aussi conclure des accords commerciaux permettant de trouver des débouchés aux produits agricoles.

Quels sont les intérêts en présence dans cette crise ?

L’on dénombre deux séries de considérations. D’une part, l’UE par la voix du commissaire à l’agriculture ne souhaite pas envoyer un signal négatif à la filière agricole en augmentant les prix de rachat étatiques puisque cela aurait pour conséquence de maintenir le niveau de production de lait. D’autre part, après les sanctions européennes, la Russie a répliqué par deux embargos, l’un sur les produits laitiers et l’autre sur les abats de porc, il s’agit pour l’UE de rester ferme et unie face à Vladimir Poutine.

Crédit photo : Daphné VAN OSSEL – RTBF

Comprendre Monsanto en moins de 3 minutes

Comprendre Monsanto en moins de 3 minutes

Source : laclefdesterroirs.com – Monsanto c’est :

  • une multinationale créée il y a 113 ans et basée à Crève Coeur dans le Missouri.
  • 13,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2012 (14% de hausse par rapport à l’année précédente).
  • 21000 employés dans 66 pays.
  • 90% des semences transgéniques mondiales (soja, maïs, coton, colza).
  • Producteur du roundup, l’herbicide le plus utilisé dans le monde. 70% des OGM vendus par Monsanto sont résistants au Roundup.
  • Ex-fournisseur de l’armée américaine en agent orange (aujourd’hui interdit), un autre herbicide répandu pendant plus de 10 ans sur la forêt vietnamienne.

En savoir plus

Le film documentaire Le monde selon Monsanto de Marie-Monique Robin. Cette image très explicite montre la rose du petit prince devenu la propriété du géant américain…

 


Voir aussi

TAFTA : menace de mort pour les éleveurs français et européens !

L’agriculture meurt de l’Europe (Présent 8399)

20/07/2015 – FRANCE (NOVOpress)

Selon le ministre de l’Agriculture, 22 000 éleveurs pourraient disparaître bientôt. Toutes les filières sont au bord de la ruine et les fermiers entre colère et désespoir. Le chef de l’État a donc lancé un double appel en leur faveur.

Aux distributeurs afin qu’ils réduisent leurs marges et aux consommateurs pour qu’ils achètent « des produits français » même s’ils sont plus chers, car, a-t-il ajouté, « nos emplois sont les emplois des Français et ces derniers sont capables de démontrer qu’ils peuvent faire un certain nombre d’efforts » par patriotisme économique. Mais il ne va pas jusqu’au bout de ce raisonnement ! La logique voudrait qu’il dise : achetez des productions françaises réalisées par des travailleurs français dans toute la filière : les entreprises agricoles, les abattoirs, le transport. Mais pour lui, la préférence nationale doit s’arrêter aux produits du terroir.
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Après avoir durement allégé le portefeuille des consommateurs par son matraquage fiscal, Hollande voudrait maintenant qu’ils se serrent encore la ceinture et fassent « des efforts » pour secourir les éleveurs ! Le hollandisme, c’est cela : les pauvres doivent aider les pauvres. Si les grandes surfaces font la course aux prix bas, c’est pour s’adapter au pouvoir d’achat de leurs clients. À cette fin, les distributeurs s’approvisionnent où c’est le moins cher, et ce n’est pas chez nous, mais ailleurs en Europe et dans le monde.

Le remède au drame des agriculteurs français, ce n’est pas de faire la manche en leur faveur, c’est de remettre en cause ce qui est à la racine du mal : l’Europe, celle que François Hollande a voulu et qu’il défend. L’Union européenne, c’est la libre circulation des personnes et des biens, mais sans harmonisation fiscale et sociale.

Dans le secteur agricole, en Espagne, les charges salariales sont trois fois moins importantes que chez nous ; en Pologne, le SMIC est à 409 euros et le triple en France. Il est bien évident que les coûts de production ne peuvent être les mêmes, c’est cela que Bruxelles appelle « une concurrence libre et non faussée » dont nos paysans sont en train de mourir.

En outre, le libéralisme bruxellois entend déclarer l’Europe ville ouverte, dans le cadre du traité transatlantique qui permet aux États-Unis et à l’Argentine, notamment, d’exporter en Europe de la viande meilleur marché, n’ayant pas à subir les coûteuses et multiples contraintes écologiques bruxelloises. Et sait-on que dans ce pays libéral que sont les USA, les importations sont proscrites quand l’agriculture américaine est en surproduction ?
Voilà que François Hollande pour remédier à ces maux qui prospèrent grâce à son Europe propose… plus d’Europe ! Non pas la nécessaire marche arrière, mais la fuite en avant ! Il veut une « avant-garde » de la zone euro, un Parlement dédié, un budget et un gouvernement communs. Depuis trente ans, nous avons toujours plus d’Europe et toujours moins de croissance, mais Hollande ne songe pourtant qu’à en ajouter une couche…

Guy Rouvrais

La France se meurt par son sol

10/03/2015 – PARIS(NOVOpress)
La France se meurt par son sol. C’est la terrible constatation faite dans le livre Cessons de ruiner notre sol ! de Frédéric Denhez paru chez Flammarion.

“Chaque seconde, 26 m2 de terres fertiles se transforment en acier ou en béton, le reste étant empoisonné par l’agrochimie”.
Sans un socle viable et durable, fondement de toute civilisation, alors les autres sujets de société ne sont pas envisageables.
Il faut sauver ce droit du sol là quand il faut dans la même temps abolir l’autre droit du sol, cause de surpopulation sur notre territoire donc d’appauvrissement de la terre de labour. Car outre, l’alimentaire qui nourrit les bouches toujours plus nombreuses, c’est aussi des infrastructures qui doivent s’agrandir, une urbanisation folle qui empiète sur la nature, une pollution urbaine qui se répand etc et notre terre qui en est blessée.

A force de rouler dessus, de le pomper, de le triturer, de le recouvrir de ciment et de ferraille, notre sol national est en train de dépérir. Nos grands lanceurs d’alerte, et nous ne parlons pas de fossoyeurs apologistes d’une croissance mondialisée qui aggrave le phénomène, n’ont pas idée de l’ampleur de ce drame fondu dans la nébuleuse des dégâts environnementaux. Sans quoi ils s’en empareraient pour mobiliser les foules et les consciences. Au rythme auquel le mal progresse, à savoir 82 000 ha par an, la France pourrait se retrouver un jour sans terres fertiles, donc sans agriculture naturelle. Le compte à rebours a commencé. Ce qu’il y a de plus alarmant dans ce que dénonce Frédéric Denhez, c’est que le sol est l’élément qui subit, en les catalysant, toutes les dérives, tous les excès et tous les abus de la civilisation moderne. Le combat écologiste se marie avec la remigration et autres combats identitaires, car l’enjeu est à ce niveau là aussi.

C’est l’heure des économies de bouts de chandelle, du recyclage industriel, de l’assainissement de l’air ou de l’eau, mais pourtant rien n’a été fait ou pensé pour notre sol ou presque, nourricier par essence des plantes donc aussi des animaux et des hommes. Les médias n’évoquent pas ce sujet pourtant central. L’inanimé n’intéresse guère les philosophes et les écrivains. Ce n’est pas le thème qui se met facilement en lumière.

Frédéric Denhez propose 10 mesures pour sauver la France à découvrir dans son livre. Cessons de ruiner notre sol et refaisons des paysans en est le mot d’ordre.

Extraits :

Salut de l’humanité
A QUOI SERT LE SOL ?

“Voici un petit lexique à apprendre par cœur et à rappeler, comme un remède salvateur, à tous ceux qui abîment la terre. A quoi sert le sol ? A se retenir lui-même par le lacis des racines et des feuilles. A retenir l’eau par son tissu interne. A entretenir la vie par le plus fantastique phénomène de recyclage organique que connaisse la planète Terre. A réguler la température en rafraîchissant l’air par son évaporation. A fixer les polluants comme un tampon avant de les métaboliser. A maintenir le carbone par sa biomasse. A nous nourrir, car ce qui pousse dans le sol nourrit l’humanité depuis douze mille ans. C’est aux vers de terre et à leurs complices les champignons que nous devons tous ces bienfaits. D’où l’urgence du retour à une agriculture naturelle.”

Paysage et fumier
LE BOCAGE SAUVE DE LA FAMINE

“Quoi de plus ringard que le bocage ? Image d’Epinal d’une campagne à l’ancienne tout juste bonne à raviver des clichés du genre « la terre qui ne ment pas » ou la chaumière normande de carte postale. Pourtant, le bocage a sauvé de la famine des générations entières. Pourquoi ? Jusqu’au XVIIIe siècle, le bétail était laissé en vaine pâture, c’est-à-dire que les troupeaux erraient à leur guise dans la prairie. Or l’un des atouts primordiaux du bétail, hormis son lait ou sa viande, ce sont ses bouses, élément essentiel pour obtenir du fumier, engrais vital pour les cultures. En vaine pâture, allez donc ramasser les déjections animales réparties sur des dizaines d’hectares, opération impossible. On se mit un jour à quadriller la campagne avec des haies et des clôtures, créant ainsi des parcelles protégées où les vaches paissaient dans un espace clos empêchant leur divagation. Déposées sur un périmètre limité, les bouses pouvaient donc être ramassées pour produire du fumier. A partir de quoi on multiplia par cinq ou six les rendements agricoles, limitant de façon massive les famines qui jusqu’alors ravageaient les populations les années de mauvaises récoltes. Le bocage fut ainsi la première mesure agronomique contre la disette. Manger de la viande et boire du lait, issus d’élevages nourris à l’herbe, contribue donc à sauver la planète. Fromages et steaks de tous les pays, unissez-vous !”


Propagande anti‑FN de Manuel Valls au Salon de l’agriculture

Propagande anti‑FN de Manuel Valls au Salon de l’agriculture

25/02/2015 – PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinfromation)
Lors de sa visite lundi au rendez‑vous agricole parisien, le Premier ministre a affirmé aux exposants qu’un vote en faveur du Front National reviendrait à “détruire le modèle européen qui a soutenu l’agriculture française”.

Pendant six heures lundi, Manuel Valls a arpenté à son tour les allées du Salon de l’agriculture. Le Premier ministre a écouté les doléances de la profession liées notamment à l’embargo russe et à la contrainte des normes environnementales. A un mois des élections départementales, Manuel Valls a aussi fait de la politique. Il a tenté de convaincre le monde rural que le bon choix n’était pas le vote en faveur du Front National. Manuel Valls a ajouté que “le recul de la démagogie et du populisme” était possible “par une action précise, concrète, par des soutiens, des aides, par la préparation de l’avenir”. Il n’est pas certain que la priorité de l’agriculture française se trouve dans un tel discours.

Crédit photo : Parti socialiste, via Flickr, (cc).

La présence de Lidl au salon de l’agriculture crée la polémique

23/02/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Depuis 2012, la marque de grande distribution Lidl affirme vouloir abandonner le hard discount. Au salon de l’agriculture, sa présence, une première, fait polémique.

« Le Salon est la plus grande vitrine du made in France », assure Michel Biero, le gérant d’achats de Lidl.

Le syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) est parti en guerre dès l’ouverture du Salon contre « les viandes de nulle part » pour « alerter le public sur les viandes dont on ne connaît pas l’origine ». Après avoir organisé une descente sur le stand charcuterie de Lidl, les paquets de jambons faisaient mention d’une « origine européenne » plutôt assez floue.



Lidl au salon de l'agriculture fait polémique par leparisien


La situation agricole s’aggrave en France, menant au suicide

La situation agricole s'aggrave en France menant au suicide

16/10/2014 – PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation)
Le Front National s’est fendu d’un communiqué félicitant la Mutuelle sociale agricole qui a lancé un numéro d’appel dédié aux agriculteurs en difficulté. Il est évident que cette initiative est révélatrice de la délicate situation du monde agricole.

En effet, la profession connaît un suicide tous les deux jours. Ce drame est, aujourd’hui, passé sous silence. Il est en partie dû à une situation financière intenable.

Comment en sommes‑nous arrivés là ?

La politique agricole de la France est surprenante, car elle laisse partir un pan entier de notre histoire. Elle s’est soumise aux règles du commerce international. Elle a donc quitté sa politique protectionniste qui permettait de protéger notre agriculture de la concurrence agressive et déloyale. En conséquence, aujourd’hui, les agriculteurs travaillent toujours plus pour gagner toujours moins, car leur coût de production est bien supérieur à de nombreux pays concurrents, ils ne peuvent pas gagner au jeu de la compétitivité.

Quelle est la conséquence de cette politique ?

La faillite de l’agriculture française amène à une diminution du nombre d’agriculteurs et de la production. De plus, l’agriculture française se spécialise là où elle le peut encore tout en se séparant de sa diversité. Par conséquent, la France perd de jour en jour de son indépendance alimentaire.

Quelle position peut être envisagée pour la sauvegarde de l’agriculture ?

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Incendies de Morlaix, l’indignation des pompiers pyromanes (Présent 8193)

Incendies de Morlaix, l’indignation des pompiers pyromanes (Présent 8193)

22/09/2014 – MORLAIX (NOVOpress) – Manuel Valls et Stéphane Le Foll ont eu beau jeu de condamner samedi « avec la plus grande fermeté » les incendies du centre des impôts et de la Mutualité Sociale Agricole de Morlaix, provoqués la veille par une centaine de légumiers en colère. Car, par sa soumission à l’Union européenne, sa politique de matraquage fiscal et son refus systématique de prendre en considération les problèmes de la France qui travaille, ce gouvernement est le premier responsable de ces actes désespérés.

Incendies de Morlaix, l’indignation des pompiers pyromanes (Présent 8193)Accablés par les charges

« Je tire un coup de chapeau à ceux qui ont osé faire ce qu’ils ont fait », applaudissait Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère et proche des Bonnets rouges, au lendemain des manifestations d’agriculteurs qui ont vu partir en fumée le bâtiment de la MSA de Saint-Martin-des-Champs et le centre des impôts de Morlaix. « C’est une forme de témoignage pour dire : écoutez-nous ! » Un appel au secours, accompagné d’actes désespérés, auquel le gouvernement n’a su répondre que par l’indignation et la promesse de poursuites judiciaires. Une enquête de flagrance pour « dégradations de biens d’utilité publique » a d’ailleurs immédiatement été ouverte. Et le parquet de Brest lançait dès samedi matin un appel à témoins.

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Agriculteurs : mise en place d’un dispositif de vigilance anti-racailles

Agriculteurs : mise en place d'un dispositif de vigilance anti-racailles

12/06/2014 – PARIS (NOVOpress) – À l’image des tournées de sécurisation réalisées par Génération identitaire dans les transports en communs des grandes métropoles, les agriculteurs expérimentent avec les pouvoirs publics un dispositif de vigilance contre les cambriolages et les vols de métaux dans les exploitations agricoles.

Lorsque Génération Identitaire interpelle les pouvoirs publics pour envisager une coopération citoyenne pour lutter contre la racaille dans les transports, la Préfecture du Police fait la sourde oreille ; à l’inverse, à la campagne, sur le terrain, les forces de police et de gendarmerie ont bien compris que c’est par la vigilance citoyenne que l’on peut enrayer l’explosion de la délinquance.

Voir : usaa02.org / orne-hebdo.fr / ladepeche.fr / sarthe.gouv.fr
Crédit photo : bpmm via Flickr (cc)

Reportage : la guerre des graines (vidéo)

Reportage : la guerre des graines (vidéo)

https://www.youtube.com/watch?v=sRWUxT0pIn8

31/05/2014 – VIDÉO – Les graines, c’est quoi pour vous ? Des pépins qu’on recrache ? Les graines sont la base de notre alimentation et un maillon capital dans le développement de l’humanité. Depuis 12000 ans, les paysans sèment, sélectionnent et échangent librement leurs graines, c’est toute l’histoire de l’agriculture.
Cette pratique ancestrale est aujourd’hui en péril : sur la planète, 5 multinationales – des géants de la chimie devenu producteurs de semences – contrôlent la moitié du marché.

Suisse : projet de référendum d’initiative populaire interdisant la spéculation sur les matières premières agricoles

Suisse : projet de référendum d’initiative populaire interdisant la spéculation sur les matières premières agricoles

02/05/2014 – GENÈVE (Bulletin de réinformation) – Sur une initiative des jeunes socialistes suisses, nos voisins helvètes se prononceront d’ici trois ans, par référendum — votation comme on dit outre Léman — sur l’interdiction de la spéculation sur les matières premières agricoles. Le texte sobrement intitulé « Pas de spéculation sur les denrées alimentaires » vise avant tout les sociétés de négoce, intermédiaires entre producteurs et commerçants. Leur insolente bonne santé ont fini par échauffer les esprits en ces temps de crise mondialisée. La Suisse est d’ailleurs une plate forme majeure de la spéculation mondiale, avec un tiers des négoces sur les matières premières du globe. Alliance Sud, une ONG suisse, affirme que cette spéculation est trente trois fois plus importante qu’il y a dix ans avec 500 entreprises helvètes actives dans le négoce, le fret, le financement, l’inspection et le contrôle des marchandises. Alliance Sud a réussi à réunir les 100 000 signatures nécessaires pour l’organisation du référendum. Rappelons que les Suisses votent tous les trois mois des textes à tous les niveaux de leur vie politique, communale, cantonale ou fédérale. Des pratiques démocratiques proprement inimaginables en France.

L’objet de ce référendum n’est pas sans rappeler des événements qui, chez nous, ont abouti à la Révolution de 1789

Sous l’Ancien régime, la spéculation sur les grains était interdite. Divers règlements dont le traité de police de Nicolas Delamare, publié en 1709, considéraient les grains comme une denrée indispensable pour le peuple. La monarchie devait en assurer la distribution, avec un prix fixé. En mai 1763, Louis XV, sous les conseils de Turgot et du docteur Quesnay, précurseur d’Adam Smith, l’un des fondateurs du libéralisme économique, supprime tout contrôle de circulation des grains et toute fixation des prix. Ce décret s’étend à l’Europe entière en juillet de l’année suivante. Les intérêts d’une classe affairiste et cosmopolite ont ainsi primé sur le sort des peuples. Dès 1764 le prix du grain s’envole et les émeutes se multiplient. Nombre d’historiens voient dans ces événements l’une des causes majeures de la Révolution française. Une leçon que nos actuels eurocrates ultra libéraux auraient tout intérêt à méditer, avant le réveil des peuples de la vieille Europe.

Crédit photo : jd.echenard via Flickr (cc)