La famine à l’horizon ?, par Bernard Lugan

Bernard Lugan

En 1960, à la fin de la période coloniale, l’Afrique ignorait les famines, elle était autosuffisante et elle exportait des aliments (voir mon livre Colonisation, l’histoire à l’endroit).

Aujourd’hui, les Africains ne produisent plus de quoi se nourrir. Comment le pourraient-ils d’ailleurs avec un croît démographique annuel de 3% quand les ressources agricoles n’augmentent quant à elles que de 1% ?

Enorme importatrice de blé et de maïs, l’Afrique est donc à la merci de mauvaises récoltes céréalières européennes, argentines ou australiennes… ou d’évènements imprévus, comme aujourd’hui le conflit ukrainien.
La situation est d’autant plus grave qu’en 2021, avant donc cette guerre, une vingtaine de pays africains connaissaient déjà une crise alimentaire permanente, cependant que dix autres étaient au bord de la famine. Toujours en 2021, 282 millions d’Africains étaient sous-alimentés et plusieurs dizaines de millions ne survivaient que grâce à l’aide alimentaire internationale (Source : Etat de la sécurité alimentaire et de la nutrition, Rapport 2021)

Dans ces conditions, comment, à l’exception de quelques Etats pétroliers, les pays africains vont-ils pouvoir faire face à l’envolée actuelle des cours des céréales, et cela, alors que leurs ressources sont faibles ou quasi inexistantes ?
Depuis la décennie 1960, année après année, comme les chiffres du commerce des grandes économies mondiales le démontrent, l’Afrique est en effet devenue une composante de plus en plus marginale de la vie économique mondiale :
– Economiquement, l’Afrique ne compte pas pour la France. Elle ne représente en effet qu’environ 3,40% de tout le commerce extérieur de la France, 50% étant réalisés avec quatre pays (Maroc, Algérie, Tunisie et Egypte). Quant à la zone CFA si constamment dénoncée par les aboyeurs de la culpabilisation, elle ne pèse que 0,79% du commerce extérieur français…

– L’Afrique ne représente que 2,5% du commerce extérieur de la Grande-Bretagne, dont 60% réalisés avec 2 pays seulement, la RSA (35%) et le Nigeria (25%).
– Le continent africain ne représente que 2% du commerce extérieur allemand.
– Le continent africain dans son ensemble représente moins de 2% de tout le commerce extérieur américain et à peine 1% du commerce extérieur japonais.
– Quant à la Chine, prédateur en quête de ressources naturelles, en 2020, sur environ 6000 milliards de dollars de son commerce extérieur, l’Afrique en a totalisé 198 milliards, à peine 3,3%…

Bernard Lugan

Texte repris du Blog de Bernard Lugan

Union européenne – Afrique : en finir avec l’assistanat généralisé, par Clément Martin (Les Identitaires)

Union européenne

Récemment, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait promis lors d’une visite à Dakar que l’Union européenne comptait investir 150 milliards d’euros en Afrique dans les années à venir[1]. C’est désormais devenu un refrain connu : l’Union européenne n’existe que pour transférer les richesses européennes vers l’Afrique. Emmanuel Macron, quant à lui, avait en janvier promis d’y acheminer 100 millions de doses vaccinales anti-Covid[2] ou encore d’organiser un sommet euro-africain visant entre autres à élargir le partenariat de défense européen au continent noir[3].

L’État-providence à échelle mondiale

Il est devenu impossible d’envisager l’avenir de l’Europe autrement que sous le prisme de l’assistanat éternel à l’Afrique, tant pour les dirigeants européens qu’africains. Pour les premiers, la saignée économique visant à garder sous perfusion un continent destiné à la misère et à l’explosion démographique délirante est un châtiment auto-infligé qui devrait racheter (d’ici quelques millénaires) les crimes de l’esclavage et de la colonisation. Pour les seconds, il s’agit d’une combine bien pratique pour continuer à rester au pouvoir sans jamais avoir à donner aucun gage de gestion sérieuse à son peuple ou à l’Europe.

L’ethnomasochisme comme levier d’exploitation économique de l’Europe

Cette situation n’est évidemment pas tenable : en nourrissant la bombe de population africaine (l’Afrique double sa population tous les 30 ans depuis 1930), l’Union européenne participe activement à sa submersion migratoire et à la catastrophe multiculturaliste qui se produit chaque jour sur son continent. Sans compter que ces fonds, qui pourraient servir à renforcer les infrastructures européennes sont au contraire investis en pure perte sur un continent qui n’en fera jamais usage et qui, surtout, n’appartient pas à notre civilisation, donc à notre communauté de destin. Il est nécessaire de réaffirmer un principe simple : l’Union européenne n’est ni un centre d’accueil pour migrants, ni une simple entité économique abstraite destinée à remplir le tonneau des Danaïdes – c’est l’organisation politique qui a pour fonction de représenter la civilisation européenne à l’échelle globale et de défendre ses intérêts. Les mots d’ordre de l’Union européenne (ou, si celle-ci venait à disparaître de n’importe quelle entité civilisationnelle et continentale) doivent être ceux de puissance et d’identité : notre destin, c’est la mise en place et la pérennisation d’un sanctuaire pour les Européens ; un sanctuaire qui sache se faire respecter à l’international.

Dans les années 60, l’Afrique a obtenu son indépendance selon le principe du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Il est temps de rappeler son corollaire : « le devoir des peuples à prendre leur destin en main », sans se reposer sur le paternalisme ou la culpabilité des autres.

[1] https://www.touteleurope.eu/l-ue-dans-le-monde/en-afrique-l-union-europeenne-promet-au-moins-150-milliards-d-euros-d-investissements/
[2] https://www.aa.com.tr/fr/monde/macron-veut-refonder-le-partenariat-avec-l-afrique-et-retrouver-la-maitrise-des-fronti%C3%A8res-europ%C3%A9ennes/2479372
[3] https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211210-pr%C3%A9sidence-fran%C3%A7aise-de-l-ue-les-ambitions-de-macron-avec-l-afrique

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Le covid en Afrique : un petit rhume ?, par Bernard Lugan

afrique covid

Le centre épidémiologique Epicentre rattaché à (MSF) Médecins Sans Frontières, a publié en date du 28 décembre 2021 un article intitulé « Covid-19 en Afrique : le virus circulerait plus qu’annoncé » et, en sous-titre « L’épidémie de Covid 19 a-t-elle été sous-estimée ? »

Ces deux titres « alarmistes » cachent l’intérêt principal de l’article qui est de ramener le « fléau du siècle » à sa juste réalité. Du moins en ce qui concerne l’Afrique où les dévastations annoncées ne se sont pas produites puisque les cas officiels de Covid, y sont particulièrement bas. Un mystère compte tenu de sa contagiosité et du très faible taux de vaccination.

Aussi, afin de tenter de comprendre cette exception africaine, plusieurs études ont été réalisées sur la séroprévalence, ce marqueur infaillible permettant de comptabiliser le nombre de sujets ayant, à un moment ou à un autre, été en contact avec le, ou les, virus du Covid.

L’étude qui a été menée dans six pays, le Mali, le Niger, le Kenya, le Soudan, la RDC et le Cameroun a ainsi permis à ses auteurs d’établir que le pourcentage de personnes asymptomatiques, c’est-à-dire qui n’éprouvent aucun symptôme, est très élevé. Ainsi, selon les analyses de séroprévalence, 42% des Nigériens ont été infectés à un moment ou à un autre par le, ou les, covid, et cela, sans ressentir le moindre symptôme alors que le taux national officiel est de 0,02% malades. Au Mali, les rapports sont de 25% et de 0,07%, et au Soudan de 34% et de 0,08%.

L’étude balayant une volonté des autorités de camoufler les vrais chiffres de malades, l’explication est potentiellement triple :

1) N’ayant aucun symptôme, les ressortissants de ces pays ne vont pas se faire dépister.

2) Le virus circule d’une manière très importante, mais souterraine, et sans provoquer de formes graves. Sauf, comme en Europe, chez les personnes à risque, les jeunes y étant peu sensibles. Or, la population africaine est jeune. Dans ces conditions, écrit le rapport, « Au Niger il n’est peut-être pas nécessaire de vacciner toute la population, dont la moyenne d’âge est de 15 ans ». D’autant plus que l’étude nous apprend que 42% de la population est désormais immunisée puisqu’elle a été en contact avec le virus…

3) A travers ce qu’écrivent les auteurs, mais sans qu’ils le disent ouvertement, en Afrique, l’immunisation naturelle de la population semblant donc être une réalité, peut-il en être de même en Europe ? Voilà qui mériterait une nouvelle étude.

Bernard Lugan

Texte repris du Blog de Bernard Lugan

Crise migratoire – Cardinal Robert Sarah : « L’important est d’aider l’Afrique à se développer sur place, et faire que ces jeunes trouvent du travail et restent chez eux » [vidéo]

immigration migrants

30/11/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Le Cardinal Robert Sarah, auteur de « Pour l’éternité » aux éditions Fayard, répond aux questions de Sonia Mabrouk au sujet des crises et des drames migratoires.

Au moins 27 migrants ont péri mercredi 24 novembre dans le naufrage de leur embarcation au large de Calais. Le cardinal Robert Sarah est revenu sur ce drame, le plus meurtrier depuis l’envolée en 2018 des traversées migratoires de la Manche.

Il a appelé à lutter contre ce mal à la racine :

Ma réaction est une révolte. Il y a une triple trahison. On retire des jeunes d’Afrique, des intelligences, des forces vives, qui sont arrachés de leur pays. Ensuite, on présente à ces jeunes l’Europe comme l’Eldorado, on leur dit qu’ils auront tout, alors que ce n’est pas vrai. Et enfin, on ne réagit pas contre les passeurs qui profitent de leur naïveté et les font succomber en pleine mer. Il faudrait lutter contre ce mal à la racine et présenter l’Europe comme elle est, avec ses difficultés aussi.

Selon lui, il est faux de croire que les frontières n’existent pas. « L’important est d’aider l’Afrique à se développer sur place, et faire que ces jeunes trouvent du travail et restent chez eux« , a-t-il poursuivi. « On doit leur dire de servir leur pays et leur continent« . Il a également affirmé que si l’Europe continue en ce sens, « elle sera envahie par une population étrangère« .


La puissance du déterminant ethnique, par Bernard Lugan

Bernard Lugan

Afrique du Sud, Nigeria et Ethiopie, voilà trois des plus importants pays africains qui traversent actuellement des crises existentielles. Pas de ces crises économiques ou sociales qui frappent tous les Etats africains et qui, même en cas de gravité extrême ne remettent pas en cause le contrat social national. Mais des crises qui posent la question de la simple survie de ces trois Etats multi-ethniques :
– Derrière le miroir aux alouettes de la crise sociale, l’Afrique du Sud est ainsi confrontée au déterminant zulu.
– Derrière l’apparence religieuse, le Nigeria central est face à la question peul.
– Quant à l’Ethiopie, un pays qui n’a jamais été véritablement colonisé, c’est sa mosaïque ethnique qui se délite sous nos yeux avec la revendication indépendantiste du Tigré.

La question ethnique qui se pose donc avec intensité dans ces trois pays permet, une fois de plus, de juger de la « pertinence » du postulat de ces « africanistes » français qui soutiennent que les ethnies africaines ont une origine coloniale. Une théorie ancrée sur le paradigme de la culpabilité européenne (voir à ce sujet mon livre Pour répondre aux décoloniaux).
En effet, comme les problèmes africains sont essentiellement d’ordre ethnique, si les ethnies ont une origine coloniale, les drames que connaît le continent ont donc été provoqués par la colonisation. CQFD !

Une théorie singulièrement « raciste » puisqu’elle sous-entend que les peuples africains auraient donc tout reçu des colonisateurs. Jusqu’à leur nom et leur identité… Un postulat qui domine dans la forteresse doctrinale du petit monde académique. Ainsi, selon l’universitaire Catherine Coquery-Vidrovitch, ce fut durant la période coloniale que : « (…) l’ethnie fut largement fabriquée à des fins de contrôle, non seulement administratif et politique, mais aussi religieux ».

Si nous interprétons le « largement » de cette insolite affirmation, nous pourrions dire qu’à environ 75% les ethnies africaines auraient donc été « fabriquées » par les Français, les Britanniques, les Belges, les Portugais ou les Allemands. J’invite son auteur à démontrer que les Sotho et les Xhosa en Afrique du Sud, les Ovimbundu et les Kongo en Angola, les Kru et les Mano au Liberia, les Temné et les Mendé en Sierra Leone, les Baoulé et les Bété en Côte d’Ivoire, les Oromo et les Amhara en Ethiopie, les Tutsi, les Hutu et les Twa au Rwanda, les Darod et les Saab en Somalie, les Touareg et les Dogon au Mali, les Toubou et les Sara au Tchad, etc., n’existaient pas à la veille de la colonisation…

Au lendemain des indépendances, alors que la construction de l’Etat passait par la reconnaissance des ethnies et par leur prise en compte dans les élaborations constitutionnelles, les idéologues français du CNRS et de l’africanisme universitaire ont mis l’interdit sur la question ethnique.

Dans ces conditions, comment prétendre aujourd’hui régler la question de l’Etat en Afrique quand les réalités sociopolitiques qui les composent (ethnies, tribus et clans) sont niées jusqu’à l’absurde par ceux qui ont formaté des générations d’étudiants, et qui sont présentés dans les médias comme les « spécialistes » de ce continent ?

Bernard Lugan

Texte repris du Blog de Bernard Lugan

Eric Zemmour : “S’il y a une explosion démographique en Afrique, c’est parce que les Français ont développé les vaccins. Cela n’aurait pas existé sans la colonisation française” (Vidéo)

Certains seraient-ils à ce point masochistes qu’ils ne viendraient en France que pour s’y faire discriminer… ?, par Bernard Lugan

Bernard Lugan

« Selon que vous naissiez homme blanc ou femme noire en Afrique ou en France, vous savez que vous avez plus de chance » vient de déclarer sur LCI, Madame Elisabeth Moreno, native de la République du Cap-Vert, et présentement ministre français en charge de « l’Egalité entre les femmes et les hommes ». A quand un ministère de l’Egalité entre les petits et les grands, les gros et les maigres, les blonds et les roux ?

Madame le ministre en charge de « l’Egalité entre les femmes et les hommes », vient donc de faire un constat qui avait jusque-là échappé à l’esprit humain. A savoir que la population qui a créé un pays depuis des siècles ou même des millénaires, celle des indigènes, des primo-occupants, de ceux qui, par définition, sont de « souche », est naturellement davantage chez elle que les pérégrins. Un « privilège » universel qui est « jaune » au Japon ou en Chine, « noir » en Afrique et arabe en Arabie…

Question incidente à Madame le ministre français en charge de « l’Egalité entre les femmes et les hommes »: au Cap-Vert, et plus généralement en Afrique, y-a-t-il beaucoup de présentateurs blancs, d’hommes politiques blancs et pourquoi pas de femmes blanches ministres en charge de « l’Egalité entre les femmes et les hommes »?

Plutôt que ces incessantes et arrogantes jérémiades quasi quotidiennement assénées par certains néo-Français semblant être à ce point masochistes qu’ils paraissent n’être venus en France que pour s’y faire « discriminer », ne serait-il pas plus juste et honnête de leur part de dire :

« D’être venu vivre chez vous m’a privilégié car j’ai pu avoir accès à un statut que je n’aurais pas eu chez moi. J’ai en effet pu profiter des infrastructures nées du labeur et des sacrifices de vos générations passées. Celles de ces paysans blancs qui ont défriché et bonifié votre terre, celles de ces mineurs de fond blancs qui mouraient de maladie avant 40 ans, celles de ces centaines de milliers d’ouvrier blancs qui ouvrirent vos routes, vos canaux et vos voies de chemin de fer à la pioche, celles de ces millions d’hommes blancs morts pour défendre la terre de leurs ancêtres, et dont les descendants ont aujourd’hui pour dernier « privilège » celui de devoir payer des impôts pour financer la CMU et pour loger, nourrir, éduquer, soigner, habiller, un nombre indéterminé de « citoyens du monde » venus, tels des coucous, profiter de nids qu’ils n’ont pas bâtis…. »
Mais il y a aussi un « privilège noir ». C’est celui de pouvoir cracher sur un footballeur blanc sans que cela provoque de réel émoi… Imaginons l’inverse !!! Ou de pouvoir, comme Madame Afsa Aksar, vice-présidente de l’UNEF dire :

– « On devrait gazer tout (sic) les blancs (resic) cette sous race.
– « Tout ce que j’ai à dire c’est les blancs (sic) arrêtez de vous reproduire ».
– « Non à la mixité avec les blancs (sic)»
– « Je suis une extrémiste anti-blanc »
– « Le monde serait bien mieux sans les blancs (sic) » etc.,

Ou encore, comme Madame le député Obono qui a légitimé la formule « Nique la France », et à laquelle l’on pourrait légitimement poser la question de savoir ce qui arriverait à un Blanc qui, au Gabon, son pays de naissance, s’aventurerait à dire « Nique le Gabon »…

Là est le vrai « privilège ». Celui d’être au-dessus des lois, de ne pas être « inquiété » pour de tels propos par les ligues « antiracistes » subventionnées par les impôts des « privilégiés » blancs, ni poursuivi par certains juges dont la principale activité semble être de guetter le moindre « dérapage » verbal des hommes et des femmes blancs, et de « droite », afin de pouvoir les traîner devant les tribunaux… Celui aussi, d’être recruté, non plus au mérite, mais selon ces discriminants quotas « raciaux » non officiels, et qui écartent de bons candidats malheureusement nés leucodermes, au profit de médiocres impétrants ayant eu la chance, eux, de naître mélanodermes en France…

Mais tout cela aura une fin le jour où se lèvera un chef qui, tel Cicéron devant le Sénat romain, osera dire aux arrogants forts de notre faiblesse et parce que nous sommes à genoux : « Quo usque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ? (Jusques à quand, enfin, Catilina, abuseras-tu de notre patience ?».
L’église pourra alors être remise au centre du village…

Bernard Lugan

Texte repris du Blog de Bernard Lugan

Deux « vieux » conflits africains viennent de se rallumer , par Bernard Lugan

En cette fin d’année 2020, deux « vieux » conflits africains viennent de se rallumer :

1) Au nord, la tension est subitement remontée entre le Maroc et l’Algérie après que le Polisario ait décidé de couper la route reliant le Sénégal et la Mauritanie à la Méditerranée. Cependant, la seule question qui mérité d’être posée est de savoir si le Polisario a agi de sa propre initiative, ou bien si l’armée algérienne l’a engagé à tester la volonté marocaine. Questions annexes, quel contrôle l’Algérie exerce-t-elle véritablement sur certains diverticules du Polisario qui ont rejoint l’état islamique (Daech) et au bout du compte, le Polisario est-il encore utile au « Système » algérien ?

2) Dans la région de la Corne, l’Ethiopie fait de nouveau l’actualité avec la sécession du Tigré. Sommes-nous face à un phénomène du type yougoslave, avec l’éclatement d’un pays multi-ethnique, une mosaïque de peuples ayant perdu son ciment ?

Des origines à 1991, les Amhara ont joué ce rôle, puis, de 1991 à 2019, ce furent les Tigréens. Aujourd’hui, ethno-mathématiquement en force, les Oromo s’imposent peu à peu. Mais les Tigréens ne veulent pas être soumis à leurs anciens serfs… Heureusement pour le pouvoir central, la haine des Amhara pour leurs cousins Tigréens est telle qu’ils se sont très conjoncturellement alliés au pouvoir oromo. Jusqu’à quand ? Là est la question…

La crise algéro-marocaine intervient dans un contexte politique algérien qui fait penser à la fin de la période Bouteflika. En réalité, depuis 2013, date du premier AVC de ce dernier, l’Algérie est un bateau ivre qui n’est plus gouverné.

Après les immenses manifestations du « Hirak » interrompues par le Covid 19, véritable « divine surprise » pour le « Système », l’« Algérie nouvelle » qui avait été annoncée par le président Tebboune est rapidement apparue pour ce qu’elle est, à savoir le prolongement gérontocratique de l’Algérie de Bouteflika.

En effet, les trois gérontes qui gèrent le « Système » semblent tous les trois arriver au terme de leur « horloge biologique ». Agé de 75 ans, le président Tebboune est hospitalisé en Allemagne, cependant que le général Chengriha, chef d’état-major âgé de 77 ans l’est en Suisse. Quant à Salah Goujil, le président du Sénat, l’homme qui devra assumer la période transitoire en cas de disparition du président, il a 89 ans et est, lui aussi, très malade…

En cette période de fin de règne, les clans de janissaires sont prêts à s’entre-égorger afin de s’emparer des restes du pouvoir. Celui du général Gaïd Salah a été politiquement liquidé et deux autres clans semblent se placer dans l’attente de la disparition du président Tebboune :
– L’ancien DRS (les Services) que l’on avait donné détruit montre actuellement qu’il est encore puissant en dépit de l’incarcération de ses principaux chefs.
– Celui de son ennemi, le général Benali Benali, âgé d’environ 80 ans, le plus ancien dans le grade le plus élevé de l’armée algérienne et chef de la puissante garde républicaine.

Pour tous, l’alternative est simple : prendre le pouvoir ou finir leurs jours en prison…

Bernard Lugan

Texte repris du Blog de Bernard Lugan

Jean-Paul Gourévitch : Faut-il recoloniser l’Afrique ?

27/11/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Quel est le bilan de cinq siècles de présence de la France en Afrique ? La France du XXIème siècle en fait-elle trop ou pas assez pour l’Afrique ?
Depuis les indépendances, aucun pays d’Afrique francophone subsaharienne n’a connu la paix ou une croissance soutenue, alors que cette Afrique ne manque ni de richesses ni d’atouts.

Dans son ouvrage « La France en Afrique – 1520-2020 », le spécialiste des migrations et de l’Afrique, Jean-Paul Gourévitch, s’efforce de rétablir une histoire largement travestie et invite le lecteur à bousculer les tabous.


L’Afrique réelle – Bernard Lugan propose un numéro spécial consacré aux Traites esclavagistes

Bernard Lugan

Ce numéro spécial consacré aux Traites esclavagistes était une nécessité. Le terrorisme pratiqué par ceux qui se sont baptisés « décoloniaux » ou « indigénistes », cache en effet, derrière une volonté de revanche historique relevant peut-être de la psychanalyse, une tentative de prise de pouvoir culturel et idéologique.
A travers un prétendu « anti-racisme » reposant sur un puissant racisme anti-Blanc.

Toute société non frappée de « sida mental » aurait répondu à ce qu’il est difficile de qualifier autrement que de « foutaises », par le sarcasme avantageusement associé au pédagogique rosse-coquin qui, traditionnellement, permettait de remettre de l’ordre chez certains esprits égarés.

Tout au contraire, à deux ou trois exceptions près, journalistes et hommes politiques – RN compris -, rassemblés dans un immense troupeau de couards, se sont couchés devant deux ou trois braillards au casier judiciaire plus que chargé. Tels des lemmings apeurés, ils se sont ainsi faits les suivistes d’une subversion qui les emportera.
Le monde économique n’est pas en reste. Un des plus clairs symboles de l’aplatissement ayant été donné par la firme l’Oréal dont les actuels dirigeants sont entrés avec fracas dans le club des « baise-cul du fait accompli » en retirant « blanc » et « blanchiment » de la description de leurs produits de beauté. Pensent-ils, les naïfs, que cela suffira à faire oublier le « NOIR » passé d’une maison jadis fondée par l’ « infréquentable » Eugène Schueller, financier, entre autres, de la Cagoule et de Marcel Déat ?

L’actuel terrorisme intellectuel se fait au nom de la dénonciation de la traite négrière. Or, si tous les peuples ont pratiqué l’esclavage, seuls les Blancs l’ont aboli.
Une mesure unilatérale imposée ensuite par la colonisation vue comme libératrice par les peuples mis en servitude par leurs « frères » africains et par les esclavagistes arabo-musulmans. L’histoire des Bambara, des Dogon, de tous les peuples de la bande sahélienne et de ceux la cuvette du Congo est éloquente à cet égard.
Comme selon la formule de Braudel la Traite « n’a pas été une invention diabolique de l’Europe », et comme elle a été abolie il y a deux siècles, elle devrait donc relever de l’histoire. Or, les « décoloniaux » en ont fait une arme politique en la re-écrivant sur la base d’impératifs moraux d’aujourd’hui. Un anachronisme contre lequel tout étudiant en histoire était jadis mis en garde dès la première semaine de sa première année universitaire.
La réalité est que, comme je le démontre dans mon livre Esclavage, l’histoire à l’endroit :
1) La Traite ne fut pas que l’affaire des Européens. Existèrent en effet en la précédant et en lui survivant, et les traites inter-africaines et les traites arabo-musulmanes.
2) Drame affreux pour les victimes, la Traite fut une source de bénéfice et de puissance pour ceux des Africains qui étaient les fournisseurs des négriers européens, une partie de l’Afrique s’étant enrichie en en vendant l’autre partie.
3) La traite des esclaves par les Européens eut été impossible sans le concours d’États esclavagistes africains.
4) La richesse de l’Europe ne repose pas sur les profits de l’odieux commerce car l’apport du capital négrier dans la formation du revenu national des nations esclavagistes dépassa rarement la barre de 1%. En moyenne la contribution de la Traite à la formation du capital anglais se situa ainsi annuellement, autour de 0,11%.

Bernard Lugan

Texte repris du site Blog de Bernard Lugan

Afrique : la question de l’Etat, par Bernard Lugan

Bernard Lugan

De tous les mensonges faits à l’Afrique, celui qui prétend lui faire croire qu’il n’y a pas de développement sans démocratie est celui qui y a provoqué les plus grandes catastrophes.
Ce diktat impose en effet un système politique fondé sur l’individu à des sociétés communautaires, avec pour résultat une ethno-mathématique électorale garantissant le pouvoir aux peuples les plus nombreux. D’où un désordre permanent.
Le développement de l’Afrique demeurera donc une chimère tant que la question de l’Etat n’y sera pas résolue.

Dans les Afriques où la criante nécessité d’Etats forts est une évidence, l’impératif démocratique décrété à la Baule par le président François Mitterrand le 20 juin 1990 a eu des conséquences désastreuses. Le multipartisme y a en effet affaibli des Etats en gestation et réveillé les luttes de pouvoir à travers des partis qui ne sont, dans leur immense majorité, que des habillages ethniques.

C’est pourquoi les Afriques doivent :
1) Reprendre au plus vite ce « raccourci autoritaire » qui traumatise tant les démocrates européens, mais qui, seul, est susceptible de provoquer une coagulation nationale.
2) Répudier le système électoral fondé sur le destructeur principe de « un homme une voix ». Donnant automatiquement le pouvoir aux peuples les plus nombreux, il fait donc des membres des ethnies minoritaires des citoyens de seconde zone ; d’où d’incessantes guerres civiles.
3) Réfléchir à des modes électoraux communautaires et non plus individuels.

En un mot, les Africains doivent se décoloniser mentalement pour revenir à la culture du chef en laissant celle du consensus mou aux donneurs de leçons européens. Leur salut en dépend. Tout le reste n’est que nuées européocentrées. A commencer par le mythe du développement[1].

Autrement, l’Afrique restera un continent-mendiant vivant de la charité internationale et des remises de dette. Compte tenu du contexte économique mondial, pourra-t-elle d’ailleurs continuer à recevoir année après année, ces sommes colossales versées par les pays dits « riches » au titre de l’APD (Aide pour le Développement) ?
Pour mémoire, de 1960 à 2018, le continent a reçu en dons, au seul titre de l’APD, près de 2000 milliards de dollars (pour une dette d’environ 400 milliards de dollars dont entre 180 et 200 milliards de dollars de dette chinoise), soit en moyenne 35 milliards de dollars par an, c’est-à-dire plusieurs dizaines de fois plus que l’Europe du lendemain de la guerre avec le plan Marshall.

Or, ces prêts, ces allègements de dette, ces aides et ces dons n’ont servi à rien car, en plus de sa suicidaire démographie, le continent est paralysé par son immobilisme.
En effet, en dehors du don de la nature constitué par le pétrole et les minerais contenus dans son sous-sol, l’Afrique ne produit rien.
Sa part de la valeur ajoutée mondiale dans l’industrie manufacturière est en effet de moins de 2% dont les 9/10e sont réalisés par deux pays sur 52, l’Afrique du Sud et l’Egypte…

[1] Voir à ce sujet mon livre Osons dire la vérité à l’Afrique.

Bernard Lugan

Texte repris du site Blog de Bernard Lugan

Le COVID-19 révélateur du naufrage structurel de l’Afrique, par Bernard Lugan

L’Afrique qui sombre économiquement, socialement et politiquement accuse le Covid-19 d’être la cause de son naufrage alors qu’avec « seulement » 47581 cas et 1862 décès pour 1 milliard 400 millions d’habitants au 5 mai 2020 (OMS), elle était humainement épargnée.
Il importe d’être très clair : aucun des maux actuels de l’Afrique n’a été provoqué par le virus, leur origine se trouvant dans la crise structurelle qui secoue le continent depuis la décennie des indépendances. Le Covid-19 en est le révélateur et l’accélérateur, pas la cause. Mais la pandémie est utilisée comme prétexte par les dirigeants africains pour gommer leurs responsabilités ou même pour s’en exonérer.

Car enfin :

1) Le Covid-19 n’est pas responsable de la suicidaire démographie africaine.

Une démographie qui, avec 50 millions de naissances annuelles, annihile toute possibilité de « développement ».

2) Le Covid-19 n’est pas la cause de la pauvreté abyssale de l’Afrique.

En 2000, vingt ans donc avant le Covid-19, les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) adoptés par 189 Etats, actèrent qu’aucun recul de la pauvreté africaine ne pouvait être envisagé sans un minimum de croissance annuelle de 7% soutenue durant plusieurs années. Or, année après année, il a manqué à l’Afrique entre 3 et 4% de croissance pour atteindre cet objectif. Résultat, loin de se combler, et en dépit des sommes colossales déversées par les pays « riches », la pauvreté africaine a continué à augmenter. Le Covid-19 n’y est pour rien.

3) Le Covid-19 n’est pas à l’origine de la non-diversification des économies africaines

Les variations du prix des matières premières sont cycliques. Leur actuelle baisse a débuté plusieurs années avant le Covid-19 et elle a des conséquences telluriques pour des pays comme l’Algérie ou le Nigeria qui en tirent jusqu’à 98% de leurs recettes. Mais une fois encore, nous ne sommes pas face à une nouveauté, l’Afrique ayant déjà plusieurs fois subi ce phénomène. Or, quand les cours connaissaient des cycles hauts, les pays africains dépensèrent sans compter. Aujourd’hui, confrontés à un cycle baissier, ils sont incapables de faire face à leurs échéances. Les voilà donc contraints de s’endetter pour simplement acheter la paix sociale et tenter d’éviter la révolution. Le Covid-19 n’est responsable, ni de leur manque d’anticipation, ni de leur imprévoyance.

4) Le Covid-19 n’a pas provoqué la faiblesse des IED (Investissements étrangers directs) en Afrique.

En mai 2018, deux ans avant le Covid-19, la BAD (Banque africaine de développement) soulignait que pour les seuls investissements dans les infrastructures essentielles, l’Afrique avait besoin annuellement de 170 milliards de dollars d’IED (Investissements étrangers directs). Or, au total de tous ses postes, elle n’en reçut cette année-là que 60 mds sur les 2000 milliards (mds) de dollars d’IED mondiaux (Banque mondiale). L’Afrique, dans l’ensemble de la globalité de ses 54 pays et de son 1,2 milliard d’habitants a donc reçu presque autant d’IED que Singapour (61,6 mds pour 6 millions d’habitants), et moins que l’Irlande (79,2 mds pour 5 millions d’habitants)… Le Covid-19 n’est évidemment pas responsable de ce désintérêt des investisseurs.

Quant aux questions relevant de l’ethno-politique, de la « mauvaise gouvernance » ou encore de la corruption, elles n’ont pas non plus été créées par le Covid-19.
Comme ses problèmes structurels sont et seront aggravés par les conséquences mondiales de la pandémie, l’Afrique va donc s’enfoncer encore davantage dans le néant. Les pays « riches » et en crise, vont alors généreusement voler à son secours au moyen d’aides d’urgence, d’annulations de dettes et de nouveaux budgets de « développement ». Ces cache-misère ne régleront rien. Pire, ils infantiliseront encore davantage les Africains tout en ne faisant que reculer le moment de l’inévitable collapsus. L’autopsie permettra alors de constater que les Diafoirus des ONG, les architectes du « développement », les tendeurs de sébiles et les bonnes âmes auront tué l’Afrique. Mais il sera trop tard…

Voilà pourquoi, et comme je l’explique dans mon livre Osons dire la vérité à l’Afrique, il est maintenant vital de changer de paradigme. Celui de la victimisation avec la rente victimaire (« le développement » en langage politiquement correct) qui est son corollaire, est à bout de souffle. De plus, il interdit de décrire la réalité au risque de se voir qualifié d’ « afro-pessimiste » et traité de « raciste ». Or, à mauvais diagnostic, mauvais traitement.

Et pourtant, le remède existe. Mais il passe par l’abandon des Nuées, le retour au réel, le rejet de l’universalisme et avant tout par l’acceptation de la notion de différence. Car, comme le disait le maréchal Lyautey, l’Afrique est « autre ». Et c’est parce qu’elle est « autre », que nos modèles élaborés au XVIIIe siècle dans les loges et les cabinets philosophiques lui sont aussi peu adaptés qu’un greffon de prune sur porte-greffe qui serait un palmier…

Bernard Lugan

Texte repris du site Blog de Bernard Lugan

Annulation de la dette : le Zambèze avant la Corrèze

Macron et le pape François ont une solution miracle pour combattre le coronavirus : opérer une annulation massive de la dette des pays pauvres. Vous voyez le rapport ? Pas vraiment. Mais le pape François pousse à cette annulation. Il l’a dit dans son message pascal. Lundi, le président Macron a évoqué lui aussi une « annulation massive » de cette dette.

Montant de la dette : 365,5 milliards d’euros. Ce n’est pas une bagatelle. Mais après tout, au point où l’on en est… 25 pays seraient les heureux bénéficiaires de ce transfert de richesses. Parmi ces pays, figurent plusieurs pays francophones, d’anciennes colonies françaises avec lesquelles nos liens restent évidemment très forts, comme la Centrafrique (ex-Oubangui-Chari), Madagascar, le Mali (ex-Soudan français), la Guinée, etc. Pays pauvres ? Si l’on veut. Mais, dans ce groupe de 25 pays pauvres, on trouve des pays potentiellement riches comme, par exemple, la République démocratique du Congo (ex-Congo belge), pays immense, eldorado victime de guerres internes à répétition.

Sur CNews, Eric Zemmour a souligné l’aberration ou du moins le caractère très inapproprié de cette proposition présidentielle, au moment précis où l’on nous prépare à une catastrophe économique sans précédent, dans un contexte de récession mondiale : « Les Français qui ont entendu cela auraient préféré qu’on annule leurs dettes à eux. » Mais l’éditorialiste a aussi émis quelques hypothèses sur cette soudaine générosité en pleine crise sanitaire : « Je pense qu’ils annulent la dette pour empêcher une nouvelle vague migratoire vers l’Europe. »

La moindre des contreparties pourrait être en effet la remigration des flots de clandestins ayant submergé l’Europe ces cinq dernières années.

Quelles contreparties ?

« J’aurais aimé, remarque Zemmour, qu’on demande des contreparties aux chefs d’Etat africains ! » Les pays européens et spécialement la France sont peu portés sur la contrepartie, car notre passé de colonisateurs nous l’interdit, semble-t-il. Et même si les chefs d’Etat africains n’en demandent pas tant, le zèle de la repentance vient satisfaire leurs rêves les plus fous.

Quand se produira cette annulation de la dette, ce cadeau de 365,5 milliards ? Pour le coup, Macron reste flou : « C’est une formidable avancée. Le temps de la crise, on laisse les économies africaines respirer. » Tandis que notre propre économie s’effondrerait ? Pour l’heure, nous n’en sommes qu’à l’idée d’un moratoire sur la dette de ces pays, moratoire qui devrait être décidé dès cette semaine. Le Fonds monétaire international a pour sa part versé 500 millions de dollars.

Mais, pour apprécier pleinement la situation, il faut noter que les créances chinoises représentent 40 % de ces 365,5 milliards de dollars, et que les créances des pays du Golfe ne sont pas négligeables non plus.

Si la France, l’Europe sont prêtes à un moratoire puis à une annulation de leurs créances, sans exiger la même action de la part de ces pays, ce serait un incroyable cadeau fait indirectement à la Chine.

Mais si ce cadeau français et européen était conditionné à un effort identique de la part de la Chine, alors il n’est pas certains du tout que cet effacement de dette s’opère. La Chine va-t-elle en effet renoncer à ses 160 milliards ? C’est donc peut-être ce pays qui nous sauvera de nous-mêmes, ou plus exactement de l’incroyable générosité de nos dirigeants… sauf pour les Français.

Article paru dans Présent daté du 16 avril 2020

L’économie française est en perdition, mais Emmanuel Macron demande l’annulation de la dette de l’Afrique !, par Bernard Lugan

Bernard Lugan

Le président Macron appelle à effacer la dette africaine, étape selon lui « indispensable pour aider le continent africain à travers la crise du coronavirus ». Les PME, les TPE, les professions libérales et les commerçants français qui vont, eux, devoir rembourser les emprunts qu’ils vont être contraints de faire pour tenter de survivre, apprécieront !!!

Trois remarques :

1) Si une telle mesure était réellement prise pour aider l’Afrique à lutter contre la pandémie, l’on pourrait la juger comme légitime. Mais, au moment où cette unilatérale proposition présidentielle était faite, et fort heureusement, le continent africain était quasiment épargné par le coronavirus.

2) Depuis des décennies, les pays « riches » ne cessent de consentir à l’Afrique des allègements et des suppressions de dette. Au début des années 2000, les PPTE (Pays pauvres très endettés) ont ainsi bénéficié de considérables remises par les créanciers bilatéraux. Or, à peine sauvés du gouffre de l’endettement, ils y ont replongé…

3) En plus des remises de dette, l’Afrique engloutit année après année, des sommes colossales versées au titre de l’APD (Aide pour le Développement). De 1960 à 2018, le continent a ainsi reçu en dons, au seul titre de l’APD, près de 2000 milliards de dollars (pour une dette d’environ 400 milliards de dollars dont entre 180 et 200 milliards de dollars de dette chinoise), soit en moyenne 35 milliards de dollars par an.
En dollars constants, le continent a donc reçu plusieurs dizaines de fois plus que l’Europe du lendemain de la guerre avec le plan Marshall.

Or, ces prêts, ces allègements de dette, ces aides et ces dons n’ont servi à rien car, en plus de sa suicidaire démographie, le continent est paralysé par son immobilisme. En effet, en dehors du don de la nature constitué par le pétrole et les minerais contenus dans son sous-sol, l’Afrique ne produit rien, sa part de la valeur ajoutée mondiale dans l’industrie manufacturière est en effet de moins de 2% dont les 9/10e sont réalisés par deux pays sur 52, l’Afrique du Sud et l’Egypte…

L’annulation de la dette proposée par le président Macron ne changera donc rien à cet état des lieux. D’autant plus que la Chine, prédatrice souriante, est désormais à la manœuvre. Mue par le seul moteur du profit, elle endette chaque jour un peu plus le continent à travers des prêts généreusement octroyés.

Ces derniers font replonger les pays bénéficiaires dans la spirale de l’endettement dont ils commençaient tout juste à sortir après les considérables allègements consentis dans les années 2000 aux PPTE par les Occidentaux. Comme ces prêts ne pourront jamais être remboursés, Pékin va mettre la main sur les grandes infrastructures données en garantie par ses débiteurs. Ainsi en Zambie où le gouvernement, après avoir été contraint de céder à la Chine la ZNBC, la société radio-télévision, s’est vu contraint d’engager des discussions de cession concernant l’aéroport de Lusaka et la ZESCO, la société nationale d’électricité.

Morale de l’histoire : quand la Chine endette l’Afrique, la France propose de renoncer à sa propre créance…

Bernard Lugan

Texte repris du site Blog de Bernard Lugan

Eric Zemmour sur l’annulation des dettes africaines : « En échange, j’aurais aimé qu’ils s’engagent à reprendre leurs clandestins et à maîtriser leur natalité »

Annulation de la dette des pays africains : exigeons des contreparties !

Suite à la prise de parole du président de la République, les Identitaires ont réagi au projet d’annulation de la dette des pays africains…

Emmanuel Macron a annoncé lundi soir une annulation de la dette des pays africains. Celle-ci ne vise pas à contenir l’épidémie mais à stabiliser les régimes africains au sortir de la crise sanitaire. Qu’a demandé le président de République en échange de cette générosité ?

Les dirigeants africains se sont-ils engagés à tout entreprendre pour mettre fin à l’immigration illégale ? Se sont-ils engagés à accepter le retour de leurs ressortissants en situation irrégulière en France ?

Les Français sont en droit de l’exiger, il en va plus que jamais de leur sécurité. La menace sanitaire s’ajoute durablement à toutes celles que faisait déjà peser l’immigration massive. Dans cette crise sans précédent, le président serait avisé de défendre enfin les intérêts des Français.

Texte repris du site de : Les Identitaires

Cours de Bernard Lugan : L’afrocentrisme, une imposture historique ?

Bernard Lugan

31/03/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Pour son quatrième cours vidéo, Bernard Lugan a choisi de s’intéresser à l’afrocentrisme, ce courant historique popularisé par Cheikh Anta Diop et qui fait de l’Afrique le berceau des civilisations.

Il répond notamment aux questions suivantes :
– L’Homme vient-il d’Afrique ?
– Les anciens Egyptiens étaient-ils Noirs ?
– Les Africains ont-ils découvert l’Amérique ?

Un cours d’utilité publique, particulièrement à propos en période de confinement.

Pour visionner le cours : https://lescours-bernardlugan.teachable.com/p/afrocentrisme-une-imposture-historique