Notre-Dame-des-Landes au cœur de la résistance écologique européenne

Notre-Dame-des-Landes au cœur de la résistance écologique européenne

09/07/2012 – 14H00
NANTES (NOVOpress Breizh) – ” Save the planet, GPII Stop!”. Le message – « in English » ! – de la fresque humaine était clair : sous un ciel plus que maussade, 3.000 personnes s’étaient réunies hier à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) pour marquer une nouvelle fois leur opposition au projet du futur aéroport Grand Ouest. Une manifestation qui intervient dans le cadre du 2ème « Forum européen des grands projets inutiles imposés » (GPII) qui se tient ici jusqu’au 11 juillet.

Notre-Dame-des-Landes au cœur de la résistance écologique européenne

Venus de France et d’Europe, des membres de groupes s’opposant dans toute l’Europe à des projets similaires ont installé des stands pour faire connaître leurs luttes. A côté des Espagnols de « Eurovegas no » qui contestent la construction d’un gigantesque complexe hôtelier et touristique, on trouve les Allemands de « Stuttgart 21 ist überall » qui s’opposent à l’agrandissement d’une gare ferroviaire, les Italiens de « No Tav » qui sont opposés à la mise en place de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin ou encore les Finlandaises de « Women against Nuclear Power », hostiles à un projet de réacteur nucléaire de troisième génération (EPR) conçu et développé par Areva.

Parmi les quelques 300 intervenants prévus lors du Forum, Susan George, la présidente d’honneur d’Attac et Gustavo Massiah, l’un des créateurs du Forum social mondial devraient prendre la parole. Outre la quinzaine de délégations étrangères attendues, des représentants français contre des « projets inutiles », ainsi que des partis politiques comme Les Alternatifs ou le Parti de Gauche, ont également annoncé leur participation.

A partir d’aujourd’hui et pendant trois jours, les thèmes des transports, de l’agriculture, de l’énergie, de l’aménagement du territoire seront au programme sous les différents chapiteaux. Bien que participant au Gouvernement de Jean-Marc Ayrault – l’un des partisans les plus résolus du projet d’aéroport – Europe Ecologie-Les Verts sera également de la partie, malgré une crédibilité sérieusement entachée. « Les écologistes qui ont progressé dans les institutions à tous les étages démocratiques (sic) devaient maintenant s’atteler à retrouver la société et les militants perdus.» déclarait récemment le député (EELV) Noël Mamère. Ils auront manifestement du pain sur la planche.

Entre plage et métissage, Eva Joly symbole de la bien-pensance mondialiste

Entre plage et métissage, Eva Joly symbole de la bien-pensance mondialiste

17/04/2012 – 13h00
BATZ SUR MER (NOVOpress Breizh) –
Eva Joly était en Loire-Atlantique dimanche dernier. Après Batz-sur-Mer, une commune de la presqu’île guérandaise gravement touchée en 1999 par la marée noire de l’Erika, la candidate d’Europe Écologie Les Verts est allée apporter son soutien à Nantes à deux agriculteurs qui ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur expropriation liée au futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Mais celle qui a intégré dans son discours tous les codes de la bien-pensance mondialiste – tendance bobo – a bien du mal à décoller dans les sondages.

Ceinte de son écharpe tricolore, la maire (UMP) de Batz-sur-Mer Danielle Rival avait tenu à accueillir en personne la candidate des Verts, histoire de bien lui faire comprendre que « l’environnement appartient à tout le monde ». Madame Joly avait choisi de faire ce déplacement pour dénoncer le pourvoi en cassation de Total dans l’affaire de la marée noire provoquée par le naufrage de l’Erika.

Suite à cette catastrophe écologique, l’une des plus grandes que la France ait connue – 400 kms de côtes avaient été pollués – quatre responsables avaient été condamnés au plan pénal par la cour d’appel de Paris le 30 mars 2010. La société de classification Rina, le gestionnaire Antonio Pollara et l’armateur Giuseppe Savarese avaient été condamnés respectivement à 375.000 euros et deux fois 75.000 euros d’amende. Contre le groupe Total, affréteur du pétrolier, les magistrats avaient estimé que celui-ci avait commis une imprudence quant au choix du navire et avait condamné Total à une amende de 375.000 euros.

Concernant le « préjudice écologique », reconnu pour la première fois par la justice, le montant des dommages et intérêts avait été fixé à 200,5 millions d’euros, une somme légèrement supérieure à celle fixée par le tribunal correctionnel de Paris (192 millions).

Suite au pourvoi en cassation fait par Total, l’avocat général a demandé il y a quelques jours l’annulation de toute la procédure judiciaire, estimant que la justice française n’était pas compétente dans cette affaire. La Cour doit rendre sa décision le 24 mai prochain.

Il convient de rendre cette justice à Eva Joly qu’elle se montre plus diligente que son amie Dominique Voynet qui, ministre de l’Environnement à l’époque de la catastrophe, avait de prime abord refusé d’abréger ses vacances à La Réunion, déclarant qu’il ne s’agissait « pas de la catastrophe écologique du siècle ». Une désinvolture que les Bretons n’ont pas oubliée.

« Nous ne voulons pas que nos plages soient souillées, ni par la marée noire, ni par les algues vertes. Plus jamais ça ! », a-t-elle proclamé lors d’une courte promenade sur la plage, estimant à propos du pourvoi effectué par Total que « l’impunité est dévastatrice, qu’elle concerne l’élite du pays ou les multinationales ».

La candidate d’EELV est allée ensuite à Nantes s’entretenir avec les deux agriculteurs qui ont entamé une grève de la faim pour protester contre la procédure d’expropriation diligentée contre eux dans le cadre de la construction du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Elle a rappelé sa demande de moratoire pour un projet qui, selon elle, n’a pas de justification économique.

Considéré officiellement comme « non négociable » par les Verts, l’« Ayraultport » n’a cependant pas empêché la signature d’un accord électoral entre ces derniers et le PS pour les prochaines législatives. Entre les grands principes et les places à prendre, les vrais patrons d’EELV, Cécile Duflot et Vincent Placé – surnommés par André Bercoff « Les Thénardier des Verts » ( ! ) – n’ont pas hésité une seconde.

Mais la candidate Eva Joly assume volontiers toutes les contradictions – politiques et idéologiques – des Verts. Ainsi, soucieuse de défendre la biodiversité tant que celle-ci concerne les plantes ou les animaux, elle n’hésite pas à affirmer, dans une tribune publiée récemment par le think tank socialiste Terra Nova, vouloir « mettre au cœur du débat politique la France d’aujourd’hui et de demain, la France métissée ». Défendre, comme elle le prétend, l’existence des langues, des cultures et des ethnies – elle demande la mise en place de statistiques ethniques – et prôner simultanément un « métissage » généralisé de la « diversité », apparait pour le moins incohérent.

Qualifiée aimablement par Yves Cochet d’« écologiste de la dernière pluie », l’ancienne juge d’instruction espère encore faire démentir les sondages. Créditée aujourd’hui entre 1 et 3%, elle voudrait bien atteindre les 5%. Il est permis de rêver.

Retrouvez la “chanson de campagne parodique” d’Eva Joly, revisitée par la maison de disques Olga Records (www.olga-records.com).


Chansons de Campagne Olga – Eva Joly par olgarecords

Crédit photo : Antony4 via Flickr (cc), Eva Joly sur la côte bretonne, novembre 2011

Notre-Dame-Des-Landes : Grosse manif à Nantes contre le projet d’ « Ayrauport »

Notre-Dame-Des-Landes : Grosse manif à Nantes contre le projet d’ « Ayrauport »

26/03/2012 – 08h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – « Non à l’Ayrauport » : plusieurs milliers de personnes – 3.000 selon la police, 10.000 selon les organisateurs – ont manifesté samedi à Nantes contre le projet d’aéroport qui doit être construit d’ici à 2017 par le groupe Vinci à Notre-Dame-des-Landes, à 30 km au nord de la cité des Ducs en remplacement de celui de Nantes-Atlantique actuellement en service dans la banlieue sud de Nantes. Un projet soutenu par Jean-Marc Ayrault et l’ensemble des oligarques socialistes locaux, d’accord sur ce point – comme sur beaucoup d’autres – avec l’UMP.

Organisée par l’Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport de Notre Dame des Landes (ACIPA), la manifestation avait reçu le soutien de syndicats et de partis politiques comme la Confédération Paysanne, Attac, le Parti de Gauche ou Europe Ecologie-Les Verts.

Pour ce qui concerne ce dernier, on se souvient qu’alors qu’il avait toujours déclaré que l’abandon du projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes (44) était – avec l’abandon de la filière nucléaire – une condition incontournable pour qu’un accord soit conclu avec le PS, ses dirigeants – Cécile Duflot en tête – ont signé en novembre dernier un accord électoral avec les socialistes. Mettant soigneusement de côté leurs « convictions » en échange de l’assurance de disposer d’un groupe de députés à l’Assemblée nationale.

Même souci au Front de Gauche, où si le Parti de Gauche est contre le projet, son allié du Parti communiste est à fond pour. Pour la petite histoire, on pouvait voir hier dans la manifestation un vieillard invalide qui brandissait fièrement une pancarte « parti communiste ». Un dissident, probablement.

De son côté le Front national a demandé un moratoire immédiat sur le projet. Il se déclare partisan d’un référendum local, comme il le demande sur tous les grands projets locaux, « afin que les citoyens soient informés de ses tenants et aboutissants véritables. »

De nombreux groupuscules d’extrême-gauche ayant également annoncé leur venue – avec l’idée d’en découdre – le centre ville était quadrillé dès le matin par un très important dispositif policier. Toutes les rues menant à la préfecture, à la mairie ,à l’hôtel du Département et à celui de la Région étaient barrées.

Venant de trois directions, plus de 250 tracteurs accompagnés de milliers de manifestants à pied ou à vélo ont conflué dans le calme vers la préfecture, d’où est parti le cortège en direction du Cours des 50 otages, l’une des grandes artères de la cité bretonne. « C’est une réussite, on attendait une mobilisation, un soutien, et on l’a eu », a déclaré Dominique Fresneau, co-président de l’ACIPA.

Comme prévu, après la dissolution de la manifestation vers 17 heures, les premiers incidents ont éclatés. Un important feu de palettes a été allumé au milieu du “Cours des 50 otages” par des militants anarchistes qui ont lancés des projectiles en direction des forces de l’ordre. Au grand regret des agriculteurs pour qui ces jeunes étaient « des cons et des nuls ». Les forces de police ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes. Selon la préfecture, sept manifestants ont été interpellés et cinq mis en garde à vue.

Crédit photos : Novopress Breizh.