Opérations russes – Tout ne se passe pas comme prévu, par Olivier Bault

poutine zemmour

Après quatre jours d’offensive, le moins qu’on puisse dire, c’est que, malgré son énorme supériorité militaire et des mois de préparation, et aussi malgré l’autorisation donnée par la Biélorussie d’attaquer depuis son territoire pour raccourcir la route jusqu’à Kiev, tout ne se passe pas comme prévu pour la Russie. Le maître du Kremlin en était réduit ce week-end, pour conserver la face, à des gesticulations nucléaires qu’il prétend motivées par les propos hostiles de l’Alliance atlantique. La Russie a donc mis ses forces de dissuasion en alerte, alors qu’elle est en train d’envahir un pays, l’Ukraine, qui ne dispose pas de l’arme nucléaire et qui ne fait partie d’aucune alliance !

Dans cette première phase de la guerre, la Russie n’a certes engagé que la moitié environ des forces qui encerclaient l’Ukraine avant le début de l’offensive jeudi matin. Mais la débandade attendue de l’armée ukrainienne n’est pas survenue, même si le journal La Pravda, fidèle à sa tradition soviétique, affirmait le contraire lundi matin sur son site, dans un article en une consacré à la « libération » de l’Ukraine d’une junte supposément néo-nazie, dans le cadre d’une « opération spéciale de la Fédération russe ». L’envoi des troupes d’élites tchétchènes du dictateur Ramzan Kadyrov, venues participer à l’invasion de l’Ukraine au nom d’Allah, se serait soldé par des pertes sévères aux abords de Kiev et la mort du général tchétchène Tushayev, proche de Kadyrov. Bien entendu, les affirmations de part et d’autre sont à prendre avec des pincettes, comme dans toute guerre. Les sites des médias russes à l’étranger ne fonctionnant plus lundi matin en raison des attaques de pirates informatiques – le collectif d’internautes Anonymous s’est engagé dans la défense de l’Ukraine –, on ne pouvait toutefois plus voir la version russe des événements dans nos différentes langues européennes.

En Pologne, où sont déjà arrivés quelque 200 000 réfugiés ukrainiens – principalement des femmes et des enfants, les hommes de moins de 60 ans ayant interdiction de quitter l’Ukraine pour cause de mobilisation générale –, on voit à Varsovie repartir des cars remplis d’hommes partant défendre leur patrie contre l’envahisseur, car les travailleurs ukrainiens sont très nombreux sur les bords de la Vistule. La Pologne a été la première à envoyer un convoi de camions remplis d’armes après le début des hostilités (munitions, lance-missiles, drones et autres produits de première nécessité en temps de guerre). Aujourd’hui, c’est l’OTAN et l’UE qui organisent l’envoi d’armes de défense et cela vaut même pour l’Allemagne.

Ce qui surprend les experts militaires occidentaux, c’est que, malgré sa supériorité militaire massive, la Russie ne s’était toujours pas assuré une domination aérienne complète au bout de quatre jours d’offensive. Les appareils ukrainiens – avions de combat, drones et missiles sol-air – continuaient de frapper dimanche. Deux gros transporteurs Iliouchine remplis de troupes d’élite russes auraient été abattus – le conditionnel reste de rigueur – depuis jeudi, en plus d’avions de combat et hélicoptères. Les Ukrainiens revendiquent près de 4 000 militaires russes tués, tandis que les Russes ont confirmé leurs premières pertes humaines dimanche seulement. Les Ukrainiens parlent aussi de centaines de civils tués par les tirs russes.

Ce que l’on peut confirmer, c’est que de nombreux volontaires civils rejoignent la défense territoriale ukrainienne et que les armes légères ne manquent pas. Les communications ukrainiennes continuaient de fonctionner lundi matin et les troupes russes n’avaient toujours pas réussi à prendre la capitale après une nouvelle offensive dans la nuit. Même la ville de Kharkiv, russophone et située tout près de la frontière russe, restait lundi matin entre les mains des autorités ukrainiennes, de même que la plupart des grandes villes attaquées depuis quatre jours par une armée russe souffrant apparemment d’importants problèmes logistiques du fait de ses lignes étirées et des poches de résistance ukrainiennes laissées sur ses arrières. Sur les réseaux sociaux, les vidéos circulent où l’on voit des civils ukrainiens insulter et menacer des jeunes conscrits russes désorientés, qui ne semblent pas comprendre ce qu’ils font là. L’attitude héroïque du président Volodymyr Zelensky – un Ukrainien russophone –, qui a choisi de rester à Kiev et a refusé une offre d’évacuation américaine, et aussi du maire de Kiev, champion de boxe et millionnaire, qui a pris les armes pour défendre son pays, fait que ces dirigeants ukrainiens présentés par la propagande du Kremlin comme des laquais drogués des Etats-Unis ont pour le moment largement remporté la bataille de l’image dans cette guerre asymétrique. •

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 28 février 2022

Guerre en Ukraine – Hervé Juvin : « Je crains que la grande perdante de l’histoire soit l’Europe »

Hervé Juvin

Les deux impérialismes anglo-saxon et russe, le rôle déstabilisateur du Royaume-Uni dans la crise, la défaite terrible de l’Union européenne qui sera la première victime des sanctions lancées contre la Russie : alors que le président russe Vladimir Poutine lance l’offensive en Ukraine, l’eurodéputé (RN) et expert en géopolitique Hervé Juvin, grand connaisseur de la Russie, détaille, dans un entretien réalisé ce 23 février par Boulevard Voltaire, les grands enjeux de ce conflit majeur en Europe.

Vous êtes euro député et membre du groupe Identité et Démocratie. Vous êtes auteur, essayiste et vous avez écrit de nombreux ouvrages d’économie et de géopolitique. Je vous remercie d’accorder une interview à Boulevard Voltaire. Aujourd’hui, nous allons parler de l’Ukraine.

Que se passe-t-il en Ukraine ? Comment a-t-on pu arriver à un niveau de tension aussi élevé ?

C’est plus qu’un niveau de tension. Nous sommes face à des opérations militaires dont nous savons assez peu de choses sinon qu’elles sont intenses, qu’elles opposent des milices et des mercenaires côté ukrainien aux forces des Républiques autonomes du Donbass. Ces combats sont intenses. Certains parlent de combats de chars. Il y a des victimes et une évacuation massive de civils. Plusieurs dizaines de milliers sont en train de quitter les régions de Donetsk et de Louhansk pour se réfugier vers la Russie. Nous sommes dans une situation qui tourne à la guerre et qui naturellement provoque l’inquiétude de toutes les grandes puissances.

Que s’est-il passé entre 2014 et 2022, alors que la guerre était « stabilisée » ?

Le front a toujours été chaud. On parle d’une dizaine de milliers de victimes depuis 2014 et depuis le coup d’État organisé à Kiev par les services américains, par l’argent américain et par Victoria Nuland qui se félicite d’ailleurs d’avoir dépensé un milliard de dollars pour réussir ce coup d’État.

Nous sommes dans une situation qui nous impose de revenir à l’histoire.

L’histoire interprétée très différemment selon qu’on soit à l’Est ou à l’Ouest est l’histoire du berceau de la Russie. À l’origine, la Russie c’est Kiev, c’est la conquête mongole, c’est l’éparpillement du royaume. Le coeur de la Russie a commencé à battre à Kiev et on ne peut pas l’oublier. Ce sont ensuite les vicissitudes d’une histoire qui font que l’Ukraine indépendante n’a pratiquement jamais existé. Il y a eu une Ukraine indépendante à peu près entre 1917, la Révolution russe et 1921. Ensuite, il y a eu une Ukraine indépendante dont l’indépendance doit tout à la décision de l’Union soviétique de dissoudre la fédération, dont les frontières doivent tout à des tracés assez aléatoires réalisés du temps de Khrouchtchev.

On a un État dont l’Ouest dit qu’il a tous les privilèges d’un État-nation souverain dont les Russes ont quelques raisons de penser que d’une manière ou d’une autre, il fait toujours partie de la communauté de vie et de la communauté politique russe.

J’ajouterais que la différence saute aux yeux. À l’ouest de l’Ukraine, la population est polonaise parce qu’elle a appartenu à la Pologne. Une partie de la population se sent très proche de la Hongrie et serait disposée à se retrouver hongroise. Je crois d’ailleurs que les passeports hongrois sont largement distribués à l’ouest de l’Ukraine.

Et puis, tout à l’Est, vous avez de même qu’en Crimée, une population à 80 % russophone dont tout l’attachement se fait du côté de Moscou et de la Russie. Elle représente à peu près 20 % de la population, ce qui n’est pas rien sur quelques-unes des terres riches notamment en charbon et riche en installation industrielle. Si je puis le dire ainsi, le visage actuel de l’Ukraine n’est pas le visage d’un État-nation unifié. Le visage de l’Ukraine est le visage d’un État composé de différentes régions qui, toutes pour des raisons historiques et pour des raisons religieuses, regardent vers d’autres pays. Les uns vers la Pologne et la Hongrie et les autres vers la Russie. En clair, l’État-nation ukrainien est une création extraordinairement récente, extraordinairement fragile et extraordinairement minée par des élites corrompues et par des dirigeants qui doivent beaucoup plus à la faveur occidentale qu’au suffrage universel et à la décision de leur peuple.

À vous entendre, c’est un pays très fragmenté.

Je dirais factice. Il n’y a pas de peuples ukrainiens, mais une population à l’Ouest qui manifestement est européenne. Elle est européenne par ses comportements, par son mode de vie et par ses souhaits de consommation. Elle parle assez massivement anglais. On voit bien qu’à l’ouest de l’Ukraine, il y a une population qui ne demande qu’à se lier à l’Ouest. Et on voit bien à l’inverse qu’à l’Est on a une population, certes minoritaire, qui se sent très profondément russe. L’une des raisons du conflit actuel c’est que le gouvernement ukrainien n’a jamais reconnu les accords de Minsk qui prévoyaient d’accorder une large autonomie au territoire de Donetsk et de Louhansk et notamment il demandait la reconnaissance de la langue russe et de l’enseignement russe. Or, Kiev interdit l’enseignement du russe, tente de limiter la pratique du Russe et en même temps de museler tous les médias en russe. C’est évidemment inacceptable pour une population qui est très majoritairement russophone. En Crimée, un référendum donnerait probablement aujourd’hui 80 % de voix en faveur du rattachement à la Russie. Le sentiment, en partie légitime de nos voisins russes, c’est que l’Ouest pratique le deux poids deux mesures. Quand il s’agit de démembrer la Yougoslavie, quand il s’agit de séparer le Kosovo de la Serbie, les peuples n’ont jamais été consultés. On a fait appel à des principes juridiques sans jamais tenir compte de la réalité de la volonté notamment des Serbes orthodoxes. C’est un peu la même chose qui sévit aujourd’hui en Bosnie-Herzégovine où était mis en place un représentant doté de pouvoir absolument exorbitant. C’est un Allemand qui occupe le poste. Il fait la loi, peut révoquer des juges, peut changer à peu près tout ce qu’il veut en Bosnie-Herzégovine, sans aucun accord de la population et sans jamais le recours au suffrage universel.

On peut considérer que l’Ouest pratique deux poids deux mesures. Faites ce que je vous dis de faire et ne faites pas ce que je fais. Il y a une loi qui s’applique à mes ennemis, je m’applique à moi-même une loi différente. On peut comprendre que dans le cas de l’Ukraine comme d’ailleurs dans beaucoup d’autres situations dans le monde, nos voisins russes ne sont pas très satisfaits qu’une règle internationale soit à ce point biaisée.

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Hubert Védrine : « Les européens ne veulent pas devenir une puissance, ils espèrent régner par leurs valeurs (…) Il n’est pas exclu que Poutine engendre une réaction dans la tête des européens »

I-Média – « Wokipédia » : l’Enfer d’extrême-gauche !

Wokipédia

28/02/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Les obsèques du célèbre chercheur et prix Nobel de médecine, Luc Montagnier, se sont déroulées sans la présence des médias ou de représentant du gouvernement. Une omerta difficilement explicable, tant les travaux du chercheur ont fait avancer la science.

« Wokipédia » : l’Enfer d’extrême-gauche Une affaire récente de bannissement de contributeurs francophones de l’encyclopédie Wikipedia nous ont poussé à enquêter sur le fonctionnement de la fameuse encyclopédie participative. Loin d’être neutre, elle est au contraire administrée et régentée par des nervis d’extrême-gauche « woke » et censeurs. Sujet réalisé avec l’aide de Jean-Luc Coronel de Boissezon et de Samuel Lafont.

La Russie passe à l’attaque La Russie a commencé à envahir l’Ukraine et frapper ses points stratégiques. Jean-Yves Le Gallou analyse les raisons pour lesquelles ce conflit n’a pas été compris en France.


L’Ukraine comme théâtre du retour de l’histoire, par Clément Martin (Les Identitaires)

Ukraine

À la chute de l’URSS en 1991, les prophètes de l’Occident (au premier rang desquels Francis Fukuyama, dans son célèbre La Fin de l’Histoire et le Dernier Homme) l’avaient bien annoncé : le processus historique était achevé. Désormais, toutes les nations du monde se rangeraient, pour leur plus grand bien, dans le modèle démocratique, social-libéral, droitsdelhommiste. Et pour les autres, les réfractaires, ce n’était plus qu’une question de temps avant que les archaïques préoccupations stratégiques, identitaires ou économiques (en un mot, politiques) ne laissent place au doux refrain du marché global, du multiculturalisme et de la gouvernance bienveillante de l’ONU.

Mais cette prophétie ne s’est pas réalisée ; les signes indiquant au contraire un retour fracassant de la compétition éternelle entre les civilisations n’ont pas tardé à apparaître. La guerre de Yougoslavie d’abord, le 11 septembre ensuite, sans oublier les vagues d’attentats débutant en 2012 ou la crise des réfugiés de 2015. Le dernier épisode en date, c’est bien entendu l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Au-delà des motivations respectives de chacun des acteurs impliqués ou de savoir si l’agression russe est légitime, il importe surtout d’en tirer une leçon simple : un peu partout, le règne de la gestion s’efface, alors que celui de la Grande Politique fait son retour. Le XXIe siècle ne sera pas celui des négociations interminables entre bureaucrates déracinés ni celui des slogans sentimentalistes ou de l’assistance sociale à des minorités (LGBT et autres immigrés pétris de ressentiment) motivées par la vengeance ou la pulsion de mort. Les mots d’ordre du siècle à venir seront « identité », « puissance » et « réalisme ».

Si l’Europe ne veut pas terminer dans les poubelles de l’Histoire, il est temps de procéder à une rupture radicale avec les vieux refrains dégoulinants du progressisme pour pouvoir s’armer (d’abord moralement et intellectuellement) face aux dangers qui surgissent, affirmer notre identité et défendre nos intérêts. Les dirigeants européens feraient bien de ne pas oublier une chose : ce n’est pas parce que vous avez décidé que le monde entier était votre ami que ce sentiment est réciproque. À partir du moment où l’ennemi vous a désigné comme tel, vos choix se résument à la fuite, à la soumission ou au combat – mais ce qui est certain, c’est que les bons sentiments ne sont pas une solution.

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Le vrai coût du grand remplacement : l’étude qui chiffre à 40 milliards par an le déficit de l’immigration

La guerre en Ukraine va coûter cher aux Français – Gaz, pétrole, métaux, agriculture…

agriculture

Si Vladimir Poutine se gausse autant du renforcement des sanctions contre la Russie annoncé jeudi par les Occidentaux, c’est d’abord, bien sûr, parce que le Kremlin a depuis longtemps déjà anticipé celles-ci, notamment en se tournant vers d’autres partenaires économiques. Mais aussi parce qu’il est parfaitement conscient qu’à ce petit jeu, les Européens ont en réalité davantage à perdre qu’à gagner. En effet, destinées surtout à cacher l’incroyable incapacité de l’UE, de l’OTAN et de l’ONU à s’opposer concrètement à l’expansionnisme de l’ogre moscovite, ces sanctions, non seulement auront leur pendant du côté russe, mais affecteront en outre gravement, par répercussion, les économies de tous les pays membres de l’UE. A commencer, hélas, par la nôtre.

Vers une nouvelle explosion des prix de l’énergie

Réaction russe significative : alors que le chancelier Scholz annonçait mardi la suspension de la mise en service du fameux gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie à l’Allemagne, l’ancien président russe Medvedev s’empressait de lui répondre avec ironie : « Bienvenue dans un monde nouveau, où les Européens vont bientôt payer 2 000 euros pour 1 000 m3 de gaz… » Rappelons en effet que la Russie, qui est le premier exportateur mondial de gaz, est également le premier fournisseur des pays européens. Aussi, avec la guerre en Ukraine, et une pénurie n’étant pas à exclure, une nouvelle flambée des prix du gaz est d’ores et déjà actée. Y compris en France, où le gaz russe ne représente pourtant que 17 % de nos importations (nos premiers fournisseurs étant la Norvège et l’Algérie). Et Barbara Pompili a eu beau assurer mercredi que la France disposait de stocks stratégiques suffisants, les prix ont déjà commencé à s’emballer, pénalisant ainsi lourdement nos entreprises. Une flambée des prix qui touche également le pétrole, dont la Russie, avec 10 % de la production mondiale, est le troisième plus gros pays exportateur. Mais aussi certains métaux tels que l’aluminium, dont le pays de Poutine est l’un des plus gros producteurs mondiaux.

L’agriculture française s’inquiète

Autre secteur de notre économie qui pourrait bien faire gravement les frais du conflit : celui de l’agriculture, où l’on s’inquiète moins des conséquences de la guerre sur les exportations directes vers la Russie (peu importantes et limitées à quelques secteurs) que de l’envolée des prix des matières premières agricoles. Une envolée qui a déjà commencé puisque, immédiatement après les premiers bombardements russes, les prix des céréales atteignaient déjà des niveaux record. Il faut en effet rappeler que, en envahissant comme il l’a fait l’Ukraine, Poutine a mis la main sur le « grenier à blé » de l’Europe. Si la France, elle-même exportatrice de blé, ne risque pas vraiment de rupture d’approvisionnement, la filière de l’élevage, en revanche, s’est dite « très inquiète », car le conflit aura inévitablement des répercussions sur la production agroalimentaire. Notamment en raison de l’explosion des prix des engrais, dont la Russie est parmi les plus grands exportateurs du monde.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 25 février 2022

Un VILLAGE en LUTTE contre une DÉLOCALISATION abusive

usine délocalisation

25/02/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Saint-Jeoire, Haute-Savoie : un village de 3400 habitants qui se bat depuis deux mois contre la fermeture de l’usine AVIENT. Son propriétaire, un fonds de pension américain a décidé d’en délocaliser la production afin d’augmenter encore ses bénéfices alors même que l’usine est productive, bénéficiaire et a un carnet de commande rempli.

Ce bourg, déjà marqué par la désindustrialisation, ainsi que son jeune maire Antoine Valentin, ont entamé un combat désespéré pour maintenir ces emplois sur la commune. Récit d’une lutte contre la prédation américaine sur l’industrie française.


Poutine révèle le déclin de l’Occident, par Ivan Rioufol

« Bien entendu, nous ne ferons rien ». Ce fut l’aveu de Claude Cheysson, ministre des affaires étrangères de François Mitterrand, après le coup d’Etat en Pologne de décembre 1981. La même prudence est reprise ces jours-ci dans le camp occidental, plus pusillanime que jamais. Après la reconnaissance par Vladimir Poutine, lundi soir, des « républiques populaires » de Donetsk et Louhansk (Dombass), les démocraties indignées ne feront rien. Elles se contenteront de protestations usuelles et de sanctions économiques symboliques contre la Russie et sa volonté de déstabiliser l’Ukraine. Les mots pourtant ne manquent pas pour alerter sur la gravité de la situation créée par l’autocrate russe. Emmanuel Macron, qui s’est fait humilier par le nouveau tsar en croyant jouer au pacificateur, le qualifie de « paranoïaque ». L’Anglais Boris Johnson accuse Poutine de préparer « la plus grande guerre en Europe depuis 1945 ».

Jean-Louis Bourlanges, président de la commission des affaires étrangères à l’Assemblée nationale, évoque « la plus grave crise internationale depuis la deuxième guerre mondiale ». Si la menace est bien celle décrite par l’Union européenne et les Etats-Unis, une mobilisation militaire devrait s’imposer. Mais les Occidentaux n’ont aucune envie de sacrifier une vie de soldat pour défendre l’intégrité de l’Ukraine. Poutine le sait : il est libre de ses gestes, face à un camp désarmé. Il reste à espérer que le maître du Kremlin saura maîtriser le mépris que lui inspirent ces beaux parleurs qui se planquent.

Poutine révèle ce que sont les donneurs de leçons : des faiseurs de jactance incapables de penser le conflit contre les puissants. Le régime russe est répulsif dans son autoritarisme, son centralisme, sa brutalité. On ne peut reprocher néanmoins à Poutine de vouloir défendre son peuple, sa culture, son histoire : des valeurs considérées comme ringardes par le « progressisme » occidental. Le monde libre aura trouvé naturel de séparer par la force le Kosovo devenu majoritairement musulman de la Serbie chrétienne. En revanche, il trouve intolérable que les russophones du Dombass soient attirés par le monde orthodoxe. Plus généralement, l’Europe montre son propre déclin. Le 15 mai 2014, je publiais un bloc-notes titré : « L’homme européen est une femme à barbe », après le choix de l’Eurovision de promouvoir un transsexuel barbu, Conchita Wurst. J’y écrivais notamment : « Le nouvel Homme européen est une femme à barbe. La promesse européenne ? Elle enfante ce divertissement transgressif, exhibé comme une fierté libératoire et une victoire politique. Conchita résume le manque d’ambition de l’Europe déclinante : une réalité qui se lit plus gravement dans le plaisir cynique que prend Vladimir Poutine à l’humilier sur le terrain ukrainien. Tandis que l’Eurovision plébiscitait son héroïne labellisée LGBT (lesbienne, gay, bi et trans), le tsar faisait défiler ses troupes et ses chars sur la place Rouge, puis en Crimée annexée. À quelques jours de l’élection de ses députés, l’Union européenne se présente sans diplomatie, sans armes, sans âme. Sans rien sinon sa futilité étalée. » C’est cette futilité que nous payons.

Ivan Rioufol

Texte daté du 23 février 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Transmission, communautarisation et aristocratie… Jean-Yves Le Gallou face à Charles Gave

Jean-Yves Le Gallou

25/02/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Le 6 février dernier, Jean-Yves Le Gallou était l’invité de Charles Gave pour un entretien sur la chaîne YouTube de l’Institut des Libertés. Transmission de la mémoire Européenne, aristocratie et communautarisation du savoir… les deux hommes ont échangé pendant près de 45 minutes.


Alvarium, Génération identitaire…« Les dissolutions d’associations..des annonces politiques qui obstruent le travail des policiers sur le terrain ». Un membre du SCRT témoigne

Ukraine : la Russie ouvre le feu – Poutine passe à l’offensive

Après des mois de tensions et de tractations diplomatiques, le conflit armé tant redouté a éclaté dans la nuit de mercredi à jeudi. C’est peu avant 6 heures du matin à Moscou (4 heures à Paris) que la terrible sentence est tombée lors d’une allocution télévisée du président russe. « J’ai pris la décision d’une opération militaire » a ainsi déclaré Vladimir Poutine. Une annonce qui plonge le monde dans l’effroi et claque comme une gifle portée au visage du président français, Emmanuel Macron, qui avait prétendu être parvenu à faire « baisser la tension » lors de sa rencontre avec le maître du Kremlin.

Dans son intervention, ce dernier a dénoncé une fois encore un « génocide » orchestré par l’Ukraine dans l’est du pays ainsi que la politique agressive de l’Otan. Il a également assuré ne pas vouloir « d’occupation » de l’Ukraine, mais sa « démilitarisation » et sa « dénazification » (sic), promettant le tribunal pour « tous ceux qui ont commis de nombreux crimes, responsables de l’effusion de sang de civils, notamment des citoyens russes ». Pris de court par le coup de force russe, les dirigeants occidentaux se sont pour l’instant contentés de « condamner fermement l’agression » et de promettre de nouvelles sanctions contre la Russie. « Le président Poutine essaie de revenir au temps de l’Empire russe, mais en agissant ainsi il met en péril l’avenir de son peuple », a déclaré pour sa part la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Une « réunion extraordinaire » au Conseil de l’Europe se tiendra ce jeudi pour prendre « rapidement les mesures nécessaires pour répondre à la situation actuelle ». Beaucoup de palabres et de doctes et sentencieuses proclamations en perspective et une lenteur de réaction concrète sur laquelle mise sans doute Vladimir Poutine.

Côté ukrainien

Côté ukrainien, le président Volodymyr Zelensky a donné l’ordre à ses troupes d’infliger le maximum de pertes aux militaires russes qui envahissent son pays, a indiqué le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, le général Valery Zaloujni. Des explosions ont été entendues dans plusieurs villes dont la capitale Kiev, Kharkiv, deuxième ville du pays, Kramatorsk, Dniepr, Donetsk, mais aussi les cités portuaires de Marioupol et Odessa. L’attaque russe apparaît donc comme une opération de grande ampleur.

S’il est difficile de prévoir pour le moment toutes les conséquences de cette attaque, on frémit en imaginant une éventuelle intervention des Etats-Unis ou de l’Otan qui pourrait transformer le conflit régional en véritable tragédie mondiale. Une fois encore, on ne peut que regretter amèrement que l’Europe, empêtrée dans sa vassalité vis à vis des Etats-Unis et encombrée de moraline « droits de l’hommesque », n’ait pas joué son rôle de « troisième voie » permettant une conciliation et une sortie pacifique de la crise. Le prix à payer pour cette incurie pourrait, cette fois, être particulièrement lourd.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 24 février 2022

Raison d’être des universités occidentales à l’heure du wokisme

universités

Professeur d’informatique à la Faculté des Sciences, des Technologies et de Médecine de l’université du Luxembourg, Franck Leprévost réaffirme la vraie mission de l’université face aux menaces que représentent ces idéologies anti-scientifiques qu’on qualifie aujourd’hui de “wokistes”. Tribune.

À quoi sert une université ? Quels sont les défis contemporains de ses dirigeants ? La vague déferlante du wokisme sur les sociétés occidentales, et ses multiples tentatives d’emprises sur le monde universitaire, anglo-saxon puis d’Europe continentale, font que les réponses à ces deux questions ne vont plus de soi aujourd’hui. Compte tenu de l’impact sociétal des universités, et de leur capacité à forger les opinions et les esprits sur plusieurs générations, il est devenu urgent de replacer ces deux questions au cœur du débat, et d’y répondre avec clarté.

Le défi

Rappelons que la doctrine woke, se présentant comme une hypersensibilité aux revendications des minorités, renvoie chacun à son genre, sa race ou son ethnicité, procède à des déconstructions tous azimuts, et nie les réalités biologiques au profit de constructions sociales « fluides ». Cette mouvance pénètre les universités. Les facultés de sciences sociales et littéraires sont certes en première ligne, mais les scientifiques les suivent de près. D’une manière générale, le militantisme woke tend, comme l’écrit Nathalie Heinich, « à transformer les salles de cours en lieux d’endoctrinement et les publications en tracts. » (Ce que le militantisme fait à la recherche, Gallimard, Tracts, 2021). Nous vivons actuellement à l’heure de la cancel culture, où des professeurs peuvent être chassés de leur université, comme la philosophe, Kathleen Stock, accusée de transphobie ; où presque 5000 livres ont été brûlés dans des écoles canadiennes dans un « geste de réconciliation » avec les peuples indigènes ; où l’université de Cambridge accompagne les pièces de Shakespeare de « trigger warnings » ou « traumavertissements » ; et où, à la Sorbonne, des représentations de la pièce Les Suppliantes d’Eschyle, attaquées par des associations communautaristes antiracistes, ne peuvent avoir lieu que sous haute protection policière.

Comment une telle idéologie a-t-elle pu s’implanter dans les universités ? Pour ce qui concerne les États-Unis, deux éléments y ont joué un rôle. Romain Gary donne un premier éclairage dans son livre autobiographique Chien Blanc, publié en 1970 : « Le signe distinctif par excellence de l’intellectuel américain, c’est la culpabilité. Se sentir personnellement coupable, c’est témoigner d’un haut standing moral et social, montrer patte blanche, prouver que l’on fait partie de l’élite. Avoir « mauvaise conscience », c’est démontrer qu’on a une bonne conscience en parfait état de marche et, pour commencer, une conscience tout court. Il va sans dire que je ne parle pas ici de sincérité : je parle d’affectation. » Le deuxième élément concerne l’évolution du rapport entre professeurs de gauche et de droite dans les universités américaines. Jusqu’en 1996, ce rapport était en moyenne de 2 :1, mais entre 1996 et 2011, il évolue pour atteindre le ratio 5 :1, avec les professeurs de gauche à 60 %, ceux de droite à 12 %, et les « ne se prononcent pas » à 25 %. Si on ne regarde que les départements des humanités et des sciences sociales, ce ratio grimpe à des altitudes entre 17 :1 et 60 :1.

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#Wokipedia – Des militants pro Zemmour bannis de Wikipédia

Thibault de Montbrial : « Islamistes : ce sera eux ou nous ! »

24/02/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Thibault de Montbrial est un avocat pénaliste spécialisé dans les questions de défense des forces de l’ordre, de légitime défense et des victimes de terrorisme. Il est président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure.
Très engagé contre l’islamisme, il est sous protection policière.

Il est aussi l’auteur de plusieurs essais, dont le dernier, « Osons l’autorité » est un véritable programme politique en matière d’ordre et de sécurité. Pour la campagne présidentielle 2022, il conseille Valérie Pecresse, la candidate des Républicains, sur les sujets régaliens.

Sommaire:
00:00 : Intro
00:36: Citation d’Eric Dupont Moretti
04:18 : Publicité GETTR
04:47 : Que vous évoque ce phénomène de l’islamisation et du silence de la gauche face aux menaces contre Ophélie Meunier suite au reportage à Roubaix ?
21:30 : Élite paralysée par la lâcheté
38:33 : Quelles lignes directrices fondamentales pour assurer La Défense de notre pays ?

13:45 : Gabriel Versini avocat professeur de rhétorique à l’ISSEP
15:07 : Pensez-vous qu’il y a eu un phénomène MarionMania, que les élèves se sont bousculé parce-que c’est l’école de Marion Marechal ?
19:25 : Où voyez-vous l’ISSEP dans 5 ans ? Quelle est la prochaine étape ?
22:21 : Acquérir des connaissances dans le domaine privé avant un retour en politique ?
50:00 : Pourquoi avoir rejoint Valérie Pecresse qui n’est pas la candidate la plus sévère ou autoritaire en ce qui concerne la question de La Défense ? Quel rôle aurez-vous dans cette campagne ?
1:02:45: Que dire aux Français pour les rassurer qui pensent que les propositions de Valérie Pecresse ne sont que des promesses ?
1:06:50 : Est-ce que Valérie Pecresse est consciente que si elle est élue elle devra s’emparer de ces sujets régaliens tout de suite ?
1:10:00 : Quelles seraient les prises de position qu’elles pourraient prendre qui vous feraient quitter sa campagne ?
1:12:00 : Vous et Éric Ciotti, avez-vous choisi de soutenir Valérie Pecresse pour les questions de sécurité ou parce que vous pensez qu’elle est la seule candidate à pouvoir gagner ?
1:15:20 : Principales qualités et principaux défauts de Valérie Pecresse
1:15:50 : Est-ce que Valérie Pecresse a réussi à rencontrer les Français ?
1:16:48 : Questions des abonnés
1:22:20 : Le procès le plus émouvant
1:25:15 : Qu-est-ce qui vous donne de l’espoir pour la France ?
1:28:00 : Conclusion


Polémique autour des parrainages – Élisabeth Lévy : « La gauche est convaincue d’être le camp du bien »

Anne Hidalgo

Le problèmes des parrainages suscite beaucoup de réactions politiques.

Trois grands candidats tangents : Après Eric Zemmour, et Nicolas Bay Marine Le Pen a lancé un appel aux maires. Ils parlent d’une situation indigne.

Au-delà des intéressés, le problème inquiète une grande partie de la classe politique qui est consciente que l’absence de candidats représentant des millions de voix entacherait la légitimité de l’élection.

David Lisnard, a donné son parrainage à Mélenchon par souci démocratique. François Bayrou a créé un site web pour inciter les maires à donner la précieuse signature. Il s’interroge : « que serait la situation de la démocratie française si des candidats majeurs ne pouvaient pas se présenter à cette élection ? » Gaspard Koenig, le candidat libéral, estime qu’une telle situation ouvrirait la voie à une crise constitutionnelle, voire à une crise de régime. Même Stanislas Guerrini, le patron de La République En Marche : « Il faut évidemment faire cet appel aux maires à pouvoir parrainer tous les candidats, même ceux dont ils ne partagent pas les idées ». Bref, tous rappellent la différence entre soutien et parrainage.

Au-delà de leurs désaccords, les politiques partagent une même idée de la démocratie

On aimerait le croire. Sauf que ce souci démocratique est surtout exprimé par des élus de droite et du centre. Cela n’empêche pas la gauche de dormir. Hidalgo, malgré ses petits 3 % dans les sondages, a déclaré avec arrogance : « tant pis s’ils n’ont pas réussi à convaincre. Roussel n’était pas loin de se féliciter que l’extrême droite ne les ait pas : « c’est qu’ils ont un problème ». Et Nathalie Arthaud ne s’est pas franchement émue hier, au micro de Sud Radio, convaincue que le système se débrouillera. Il y deux explications : La gauche, dans les choux électoraux, ne détesteraient pas être débarrassés de rivaux. Et c’est surtout révélateur d’une différence idéologique, d’une différence identitaire: c’est le sectarisme contre pluralisme. La gauche est convaincue d’être le camp du bien, d’être détentrice d’une légitimité morale. Simone de Beauvoir disait: « La vérité est une, seule l’erreur est multiple. Ce n’est pas un hasard si la droite professe le pluralisme. » Ce propos délirant a été repris fièrement repris par le sociologue Geoffroy de Lagasnerie, qui expliquait sur France Inter qu’on devrait censurer les discours de droite. C’est ainsi que le camp qui se définit par l’amour de l’autre, la générosité, a érigé l’intolérance en principe. Et voilà pourquoi votre gauche est muette.

Tribune reprise de Sudradio.fr

Charlotte d’Ornellas : « Si LR a eu recours à des étrangers pour voter à leur primaire, alors qu’ils s’opposent au vote des étrangers… C’est le comble de l’hypocrisie »

Contre la désinformation, soutenez Academia Christiana ! – Entretien avec Victor Aubert

Academia Christiana

Un reportage à charge contre Academia Christiana a été diffusé le 16 février dernier lors du journal de 20 heures de France 2. Victor Aubert, président de l’association, rétablit la vérité.

— Quelle est votre réaction après la diffusion de ce reportage caricatural à une heure de grande écoute ?

— Nous savions depuis longtemps que les médias du système sont des outils de propagande au service d’une idéologique qui nous est hostile. Néanmoins nous avons été surpris de l’ampleur de l’attaque. Qu’un organisme de formation comme Academia Christiana qui organise des conférences de philosophie sur des thèmes politiques ou religieux fasse l’objet du journal de 20 heures de France 2 est absolument délirant.

— Beaucoup d’images sont filmées en caméra cachée. Ignoriez-vous donc qu’un tel projet se préparait ?

— La journaliste Sophie Broyet ne connaît pas encore bien son métier, un garçon de seize ans l’avait repérée lors de sa venue à Sées. Nous l’avons donc rapidement identifiée même si elle avait eu le temps d’abuser plusieurs personnes. Alerté, Breizh Info a diffusé son « signalement » pour qu’elle ne puisse réitérer ailleurs sa tentative d’infiltration.

— Vous avez publié une vidéo pour dénoncer la démarche de France 2 quelques heures avant la diffusion du sujet. Comment avez-vous été informé et que souhaitiez-vous dénoncer ?

— France 2 nous a averti de la parution du montage quelques heures avant sa diffusion, nous sommant de répondre à un véritable interrogatoire de police. Nous avons demandé à pouvoir visionner le reportage avant sa diffusion, ainsi qu’un droit de réponse qui ne nous a pas été accordé pour l’instant. Sur le fond, ce reportage mêle une série d’images sorties de leur contexte en vue de terrifier ; sur la forme, il y a une absence totale de déontologie à tous les niveaux : volonté de piéger des personnes de notre entourage, partialité, appel à la dissolution de notre association auprès du ministre Darmanin. Sophie Broyet n’est en réalité pas journaliste mais une militante subventionnée par nos impôts !

— Dans le reportage, un prêtre est pointé du doigt, filmé fusil en main. Pouvez-vous préciser le contexte de cette scène ?

— Il s’agit d’un prêtre tirant au fusil à l’occasion d’une partie de ball-trap pendant ses vacances, chez des particuliers. Où est le problème ? C’est une illustration typique des techniques de mensonge journalistique, on part d’un fait qu’on isole et auquel on ajoute un commentaire qui n’a aucun rapport, ensuite on met bout à bout toutes sortes de séquences prises dans des contextes différents pour laisser entendre qu’il s’agit d’autre chose. Des détails sont montrés à la loupe tandis qu’on omet d’évoquer ce que font les personnes ou mouvements visés sur les 99 % du reste de leur temps. Aucune des personnes visées par ce montage n’a à rougir de ses engagements, mais on n’évoque à aucun moment ce que nous faisons réellement.

— Comment expliquez-vous qu’un tel reportage sorte à cette période ?

— Le timing est parfait, Academia Christiana est instrumentalisée pour servir de repoussoir et terrifier les téléspectateurs de France 2. A l’heure où de moins en moins de Français ont confiance en l’Etat, il faut créer des menaces artificielles que celui-ci saura conjurer à peu de frais par une dissolution. Le fantasme sur l’extrémisme des catholiques et de potentiels actes dangereux n’est pas nouveau mais il faut l’alimenter régulièrement avec ce type de manipulations.

— Craignez-vous que cela ait des répercussions sur le travail d’Academia Christiana et comment comptez-vous réagir ?

— Aujourd’hui la presse fait office d’auxiliaire de police politique, elle sert à créer des « faits » pouvant être utilisés dans le cadre d’une procédure de dissolution. Il serait en effet très difficile de dissoudre un mouvement qui ne fait qu’organiser des conférences dont l’intégralité des contenus est disponible sur YouTube. En construisant le fantasme du coup d’Etat, d’idées nauséabondes ou d’une sécession violente, on arrive aisément à ses fins. Mais ce que nous craignons le plus, c’est l’absence de soutien dans nos rangs. Malgré de très nombreux soutiens, quelques catholiques un peu embourgeoisés voient d’un mauvais œil le fait qu’on puisse les associer à ce qu’ils croient, à tort, être un mouvement politique trop extrême. Si à chaque tentative de l’ennemi pour nous salir nous nous désolidarisons par excommunications interposées, nous entrons alors dans son jeu. Nous appelons donc les catholiques à prendre conscience de la mauvaise foi du service public. Academia Christiana est un instrument au service du bien commun, qu’il faut soutenir.

Propos recueillis par Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 22 février 2022