[Interview] Jean-Yves Le Gallou (Polémia) : « La violence est inséparable de la politique, n’en déplaise aux bisounours »

Jean-Yves Le Gallou

Le site Breizh-info.com a demandé à Jean-Yves Le Gallou comment il voyait ou anticipait les évènements à venir, et notamment les élections 2022.

Breizh-info.com : L’année 2022 s’annonce particulièrement tendue, entre tyrannie sanitaire et échéances électorales majeures. Que pensez-vous que nous réservent les prochains mois ?

« L’histoire est le lieu de l’imprévu » aimait à répéter Dominique Venner. Difficile de vos répondre donc… . Peut-être que si le variant Omicron se confirme bénin la banalisation du COVID sera la bonne surprise ?

Breizh-info.com : Et pour la présidentielle, quels seront les finalistes ?

Zemmour /Macron ? Macron /Le Pen ? Ou bien Pécresse face à Zemmour ou Le Pen ? Ou alors un duel intra système entre Pécresse et Macron, le rêve des éditorialistes du « cercle de raison », de déraison plutôt quand on observe le résultat des Quarante Piteuses… Voire, le cauchemar de Davos et du Bilderberg, un duel Le Pen /Zemmour. Très disruptif mais pas impossible. Reste que les gnomes du Conseil constitutionnel (Fabius, Juppé) pourraient dans ce cas décider d’annuler l’élection… .

Breizh-info.com : Faut-il croire les sondages ?

A quatre mois d’une élection ils n’ont aucun caractère prédictif. D’autant que les sondeurs n’ont aucun moyen objectif – faute de référence antérieure – d’apprécier voire de corriger les résultats de Zemmour. Les campagnes de diabolisation qu’il subit peuvent contribuer à minorer ses scores. Ce qui est sûr c’est que Zemmour fait la course en tête par la puissance de ses meetings, son omniprésence dans les réseaux sociaux et son audience lorsqu’il est invité sur les chaines de télévision. Lui ne cause pas, lui ne minaude pas, il imprime.

Breizh-info.com : Comment jugez-vous la campagne de Marine Le Pen ?

Ses partisans devraient remercier Zemmour, matin, midi et soir. Il a réveillé leur championne. Il l’a conduit à revenir sur les fondamentaux du Front National et à se bouger.

Breizh-info.com : Il a beaucoup été question du retour de la violence en politique. Vous qui avez vécu notamment l’ascension du FN, mais également l’après Mai 68, êtes-vous d’accord avec cette analyse ?

La violence est inséparable de la politique, n’en déplaise aux bisounours. Encore faut-il distinguer les différentes formes de violence.

Il y a une violence de haute intensité islamiste : les assassinats de masse (Bataclan) ou ciblés (Samuel Paty) qui terrorisent les acteurs politiques, médiatiques économiques et administratifs.

Il y a la violence de moyenne intensité des racailles dans les banlieues qui débouche sur le « white flight » et la prise de contrôle des territoires perdus de la France.

Il y a la violence de basse intensité des milices d’extrême gauche qui imposent leurs lois dans la rue et les universités. D’autant plus que leurs adversaires – les groupes gaullistes (SAC, UNI) ou plus radicaux (Ordre nouveau, GUD) ont fait l’objet de répressions aussi sélectives que ciblées. D’où l’impression juste que l’extrême gauche tient la rue : à cause des gouvernements qui l’ont protégée tout en réprimant sélectivement ceux qui pouvaient la combattre. Les prétendus « Antifas » sont les idiots utiles de Davos et du Bilderberg.

Breizh-info.com : Zemmour en est-il aujourd’hui la victime ?

Oui, un peu comme Le Pen dans les années 1980 et le Front National dans les années 1990.

L’extrême gauche attaque. Ses adversaires se défendent. Et ce sont eux qui sont accusés de violences. C’est la tenaille antifas/médias.

Breizh-info.com : Quelle réponse ?

Je vous renvoie au Manuel de lutte contre la diabolisation : ne pas plier, ne pas s’excuser, résister, continuer à transgresser, renverser l’accusation, accuser les diabolisateurs.

Breizh-info.com : Sur la question de la tyrannie sanitaire, il semblerait qu’une large partie des masses, ou bien adhèrent, ou bien acceptent de suivre les injonctions gouvernementales qui se succèdent à un rythme fou, non sans brimades et contraintes délirantes. Là encore, quelle analyse faites-vous de ce phénomène de soumission généralisée ?

J’ai tendance à comprendre les masses quand je vois la puissance de la propagande qu’elles subissent : des centaines de messages alarmistes par jour, à la télévision, sur les réseaux sociaux et dès qu’on sort : dans les rues, dans les transports, dans les restaurants. Partout, c’est fou. Les « boomers » hypocondriaques en rajoutent. Et les « millenials » n’ont pas été formés à l’esprit critique à l’école.

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Ghislain Benhessa: avec le Covid, «On a mis nos libertés en suspens avec une facilité déconcertante»

Ghislain Benhessa

04/01/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Plus une journée ne passe sans que le concept d’« État de droit » ne soit brandi dans les médias ou par la classe politique. Mais que se cache-t-il au juste derrière ce terme méconnu, et bien souvent mal compris ? L’État de droit est-il le garant de la démocratie ou, au contraire, un obstacle à la souveraineté d’une nation ?

Pour y répondre, Sputnik reçoit Ghislain Benhessa, docteur en droit public et auteur de « Le totem de l’État de droit » (éd. L’Artilleur).


Agnès Buzyn : la légion du déshonneur

On a beau lire et relire les titres de la presse, on peine à y croire : Agnès Buzyn, l’ancien ministre de la santé d’Emmanuel Macron, a été décorée de la Légion d’honneur à l’occasion de la promotion du 1er janvier 2022, parmi 547 autres « personnalités » censées avoir contribué au « bien commun ». Impossible, face à une telle nouvelle, de ne pas hésiter entre le rire et les larmes, l’accablement et la colère, l’humiliation et la rage…

Oubliant toute décence, le chef de l’Etat a donc tenu à honorer et à récompenser un ministre démissionnaire en pleine crise sanitaire (en terme militaire, on appelle ça une désertion), mis en examen par la Cour de justice de la République (CJR) pour « mise en danger de la vie d’autrui » dans sa gestion de l’épidémie de Covid-19 et également placé sous statut de témoin assisté pour « abstention volontaire de combattre un sinistre ». L’ex-ministre avait en effet notamment reconnu avoir caché la réalité de l’ampleur de l’épidémie aux Français. Et c’est un tel personnage qui est aujourd’hui honoré par ce qui fut jadis la plus glorieuse décoration nationale et qui tend désormais à devenir le piteux hochet des copains et des coquins de l’oligarchie républicaine, récompensant les soumissions, les servilités et les complaisances de ceux-ci. Cette Légion d’honneur n’est ni plus ni moins qu’un crachat en plein visage pour tous les Français qui souffrent depuis maintenant plus de deux ans et voient leurs libertés se réduire chaque jour davantage du fait de la politique dite « sanitaire » d’un gouvernement de plus en plus tyrannique, arrogant et hors de tout contrôle.

Vives réactions

Cette annonce a suscité de légitimes réactions scandalisées des deux côtés de l’échiquier politique, au sein des dernières formations qui échappent encore au formatage macroniste.

Ainsi, Thierry Mariani, député européen et conseiller régional du Rassemblement national en PACA, a estimé qu’il s’agissait là d’une « provocation ». De son côté, Samuel Lafont, engagé aux côtés d’Eric Zemmour, s’est interrogé en ces termes sur Twitter : « C’est pour sa clairvoyance qu’Agnès Buzyn reçoit la Légion d’honneur, @EmmanuelMacron ? », tandis qu’Antoine Léaument, chargé de la communication numérique de Jean-Luc Mélenchon, jugeait pour sa part sur le même réseau social que « ça sent la fin de règne et les cadeaux pour les potos avant de quitter l’Elysée. Affligeant mais pas étonnant ». On pourra, hélas, contester cette dernière affirmation tant il semble que l’actuel locataire de l’Elysée a de très grandes chances d’être reconduit aux plus hautes fonctions par un électorat qui paraît paralysé et lobotomisé par la peur suscitée par la crise du Covid-19 et savamment entretenue par un gouvernement dont l’épouvantail épidémique est devenu le fonds de commerce. A moins d’un réveil, aussi massif que radical, démontrant que les Français n’ont pas appris à aimer leurs chaînes et ont encore d’autres ambitions que de se maintenir en vie le plus longtemps possible, quelles que soient les conditions d’une existence qui ne méritera plus le nom de vie.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 3 janvier 2022

Catastrophes monétaires à balles réelles, par Jean-Gilles Malliarakis

la livre turque

Les peuples sont parfois conscients des dangers qui les menacent par le souvenir des catastrophes qui les ont frappés dans le passé. Ainsi les Allemands, gardant un souvenir pédagogique cuisant de l’hyperinflation qu’ils ont connue ne veulent la voir se reproduire sous aucun prétexte.

Mais ce que la plupart des autres Européens d’aujourd’hui se représentent difficilement, c’est le mal que peut produire, insidieusement ou non, l’inflation tout court.

Or, en ce moment même, nous pouvons constater ce qui se passe sous nos yeux dans un pays proche : la Turquie de M. Erdogan.

En quelques mois la livre turque s’est dévaluée de près de 50 %, passant de 11 livres pour un dollar en septembre à 18 en décembre. Le rythme de la hausse des prix avoisine un taux véritable de 30 %. Le gouvernement cherche à camoufler les indices, mais les consommateurs et les salariés ne s’y trompent pas, qui voient le pouvoir d’achat s’écrouler. Sans atteindre encore le stade de l’Allemagne des années 1920, qui connut une ruine radicale des classes moyennes, en attendant de voir l’apparition d’un chômage massif dans les années 1930, le peuple turc éprouve surtout, à l’heure actuelle, l’impression d’un retour 20 ans en arrière. Tous les acquis associés à la popularité du parti gouvernemental AKP depuis 2003 sont en train de disparaître.

Dans Les Échos du 24 décembre, Éric Le Boucher s’emploie à souligner que plus généralement ce sont les régimes autoritaires qui sont en cause : « Les dictateurs n’ont peur de rien, écrit-il, sauf de l’inflation » (…) « Face à l’inflation, toutes les solutions proposées par les dictateurs sont vouées à l’échec ». Et il se plaît souligner que « le cas de la Turquie est exemplaire. »

On ne doit évidemment pas s’y tromper : d’autres pays ont détruit récemment leur monnaie par le fait d’une distribution révolutionnaire parfaitement et simplement démagogique. Le Zimbabwe et, plus encore, le Venezuela sont ainsi passés de la prospérité à la misère. En matière d’inflation, la dictature de Caracas bat évidemment tous les records : officiellement une hausse des prix de + 2 700 %. Qui dit mieux ?

Le cas de la Turquie est plus intéressant et plus original. Comme on va le voir ce n’est pas la démagogie qui le caractérise, au contraire. Sa politique monétaire, imposée par Erdogan à la banque centrale, dont l’indépendance est bafouée et le gouverneur remplacé, a consisté en une baisse autoritaire et systématique des taux d’intérêt. Elle aboutit ainsi, très concrètement, à subventionner de façon hypocrite les activités exportatrices au détriment du niveau de vie de la population intérieure. En 4 mois, le taux directeur de la banque centrale a été baissé 4 fois et la hausse de la circulation monétaire qui en a résulté a entraîné la hausse des prix. Cette évidence reflète une loi bien connue depuis le XVIe siècle en occident. La théorie dite quantitative de la monnaie a été mise en lumière au départ par Nicolas Copernic et, en France, par Jean Bodin ; elle a été renouvelée au XXe siècle par Irving Fisher et Milton Friedmann, qui en a été salué par un prix Nobel.

Mais le gouvernement d’Ankara n’en a évidemment cure.

Idéologiquement, en effet, le président, tout puissant depuis la réforme constitutionnelle de 2017, juge bon d’invoquer le Coran qui prohibe « l’usure ». Les versets 278-279 de la Sourate 2 ne disent-ils pas explicitement : « ô les croyants ! Craignez Allah et renoncez au reliquat de l’intérêt usuraire ».

Ce merveilleux argument n’est ni tout à fait innocent, ni entièrement niais. En fait, la mafia qui dirige la Turquie et ambitionne de diriger l’islam mondial, se plaît à voir dans cette application de la loi coranique un puissant moyen de développement économique. Et l’économie turque est devenue de plus en plus exportatrice, y compris dans le secteur de l’armement. Elle favorise largement la sous-traitance du fait de son appartenance à l’union douanière européenne, sans les contraintes imposées au marché intérieur (merci Juppé en 1993). Seulement, si les exportations auront augmenté cette année au rythme de 30 % le pouvoir d’achat aura diminué d’autant.

Tout se passe ainsi comme si l’islamiste Erdogan poursuivait pour but l’application du modèle chinois : une monnaie artificiellement sous-évaluée au profit d’une caste toute puissante et d’une accumulation nationale lui permettant d’agir sur la scène internationale.

Or, les limites de cet exercice se trouvent dans le fait que, formellement, contrairement à une Chine où tout est verrouillé par le parti communiste, il existe en Turquie une opposition, certes brimée, et des échéances électorales, certes éventuellement truquées, mais aussi des forces alternatives comme les kémalistes du parti républicain du peuple, qui ont reconquis la mairie d’Istanbul, sans parler des Kurdes.

Cette politique monétaire que le pouvoir de l’AKP, allié aux Loups Gris, conçoit comme un instrument de puissance, pourrait donc bien devenir, demain, un facteur de désagrégation, de division et à terme d’explosion nationale.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

L’immigration vue par André Posokhow : les yeux grand ouverts, les chiffres en bandoulière

immigration

Auteur en 2013 d’un rapport circonstancié sur le coût de l’immigration, André Posokhow, bien connu des lecteurs de Polémia, s’apprête à récidiver. En préambule, il vient de publier Immigration : l’épreuve des chiffres aux éditions synthèse nationale. Nous publions ci-dessous la préface accordée par Jean-Yves Le Gallou.

Combien entre-t-il d’étrangers en France chaque année ? Et quel est le solde net des entrées une fois les sorties décomptées ? Combien y a-t-il d’étrangers en France aujourd’hui ? Combien de clandestins ? Et quelle est la part des immigrés et descendants d’immigrés extra-Européens dans la population française ? Quelle est la proportion des naissances d’origine non européenne dans les maternités ? Enfin quelle est la charge des étrangers et des personnes issues de l’immigration sur les budgets publics (sécurité, enseignement, logements, santé).

Telles sont les questions les plus couramment et les plus légitimement posées.

Mais les réponses ne sont pas faciles à obtenir !

Les statistiques publiques (INSEE, INED, ministères de l’Intérieur, des Finances des Affaires sociales) ne sont pas souvent homogènes, ni même cohérentes entre elles. Elles sont fréquemment anciennes, voire très anciennes. Et presque toujours partielles, voire partiales : le poids du pouvoir politique et médiatique sur l’appareil statistique est considérable. Et pour être invité dans les radios et les télévisions un « expert » doit présenter de solides garanties de politiquement correct. Ce qui a conduit la démographe dissidente Michèle Tribalat à dénoncer dans un livre Les Yeux grand fermés de ses patrons et collègues.

Ce sont les yeux grand ouverts qu’André Posokhov a écrit ce livre.

Un pisteur avisé dans la jungle des statistiques

Il guide le lecteur dans le maquis des chiffres et des imprécisions administratives. C’est un pisteur avisé dans la jungle des statistiques.

Ses conclusions les voici :

* Nombre d’étrangers entrés en 2019 : plus de 600 000.
* Solde net des entrées une fois les sorties décomptées en 2019 : plus de 400 000.
* Nombre d’étrangers réguliers en France : Immigrés réguliers de nationalité étrangère (4,2 M) + Étrangers nés en France (0,7M) = près de 5 millions.
* Nombre de clandestins selon les estimations d’André Posokhow : 1,3 millions.
* Nombre total d’étrangers : 4,9 M+ 1,3 M = plus de 6 millions.
* Nombre et part des immigrés et descendants d’immigrés extra-européens réguliers dans la population française :
– Nombre immigrés tiers : plus de 5 M
– Nombre de descendants immigrés tiers : plus de 4,5millions
– Total tiers : près de 10 millions
– Proportion dans la population française de 67M habitants à fin 2019 : près de 15 %
* Nombre et part des naissances d’origine non européenne dans les maternités : plus de 30 % selon les statistiques d’origine INSEE (sans la troisième génération), près de 40 % selon le dépistage des nouveau-nés à la drépanocytose
* Charge des étrangers et des personnes issues de l’immigration sur les budgets publics (sécurité, enseignement, logements, santé) : suspense, suspense, le travail en cours d’achèvement.

Voilà qui est précis, voilà qui est clinique. Même si j’ai « arrondi » les chiffres dans cette préface. Non par paresse mais par exigence : pour rappeler que les chiffres ne sont pas la réalité mais une simple approche d’un monde complexe.

Les lecteurs de bonne foi seront convaincus par l’immense travail d’André Posokhow, même s’il est possible de s’interroger, voire de critiquer, telle ou telle interprétation ou telle ou telle hypothèse.

Immigration : qui n’est pas dans le déni du réel est qualifiée d’« extrémiste »

Bien entendu les militants du politiquement correct et les conformistes qui les suivent ne manqueront pas de dénoncer des conclusions jugées « extrémistes ». C’est un classique du genre. En matière d’immigration toute personne qui n’est pas dans le déni du réel est qualifiée d’« extrémiste », voire d’« extrémiste de droite », sinon de complotiste. Ce n’est pas une raison pour se laisser intimider.

Je suis depuis plus de 45 ans maintenant ces questions d’immigration. J’ai publié plusieurs ouvrages et encouragé la rédaction d’autres travaux, comme ceux remarquables de Pierre Milloz, énarque, inspecteur général de l’industrie, essayiste, prix René Cassin pour l’une de ses œuvres, auteur de la première étude phare sur le coût de l’immigration. Ces études ont toutes, ou presque toutes, été vilipendées. Seulement voilà la réalité a toujours dépassé les chiffres jugés alarmistes lorsqu’ils étaient présentés.

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Les « people » versus Éric Zemmour

zemmour

Si les people affichent leur opposition à la candidature d’Éric Zemmour, c’est surtout parce que ce dernier se situe aux antipodes du narcissisme qui les définit.
Une tribune signée Yves Mamou.

« Que monsieur Zemmour s’abstienne de citer notre père »… Les enfants d’Alfred Grosser, un politologue et historien dont l’influence politique était considérable dans les années 1980-90, ont sommé Eric Zemmour de cesser de citer les livres de leur père sur des sujets comme l’assimilation. Ces « ayant droits » ne sont pas les seuls à s’insurger. Laeticia Hallyday, veuve de Johnny Halliday, a accusé Éric Zemmour d’avoir « détourné » l’image de Johnny Hallyday. Gad Elmaleh a joué les victimes « hallucinées » et a lancé à Éric Zemmour : « Mon deuxième prénom, c’est Joseph, il passe celui-là ? » en référence à la loi que Zemmour entend rétablir sur l’obligation de donner un prénom français à ses enfants. Jean-Paul Rouve, acteur éminent, a jugé que le directeur de campagne d’Éric Zemmour était « fin de race. » Et une certaine Cloé Cooper, que les magazines spécialisés présentent comme « une star de la téléréalité », a affirmé qu’elle quitterait la France si Zemmour devenait président de la République.

Le grand travestissement

Les people s’affichent donc contre Zemmour. Qui sont-ils ? Des gens dotés d’un bout de notoriété en ligne directe ou indirecte (bénéficiant de la notoriété d’un ascendant ou d’un conjoint) et qui font étalage de leur douleur morale. Les enfants Grosser croient (ou veulent croire) que les millions d’Africains et de Nord Africains qui déferlent sur l’Europe depuis trente ans sont les clones des réfugiés juifs pourchassés par les nazis. Laeticia Halliday si heureuse qu’Emmanuel Macron ait rendu à Johnny un hommage solennel le jour de ses funérailles qu’elle se sent en droit de dénoncer la « propagande » d’Eric Zemmour. Gad Elmaleh la joue solidaire avec les Mohamed et feint de se sentir visé par le projet d’Eric Zemmour de rétablir la loi qui oblige les parents à doter les nourrissons nés en France d’un prénom du calendrier. Quant à Jean-Paul Rouve, il a si fort le sentiment d’avoir planté sa tente dans le camp du Bien qu’aucun dérapage raciste ne lui semble interdit.

Ce n’est pas la première fois que les « people » étalent leur égo endolori sur la place publique. Trente ans durant, ils ont « dénoncé » les « discriminations » infligées aux musulmans, aux Noirs, aux lesbiennes… Mais pour la première fois, en raison de la candidature d’Éric Zemmour, le stade suprême de l’antiracisme est atteint, l’antiraciste est lui-même devenu une cause à défendre.

Cette effervescence morale des people et autres bobos à l’occasion de la candidature d’Éric Zemmour est la conséquence d’une prise de conscience : le travestissement du monde qui a été opéré depuis trente ans est menacé. Le dernier fake monté de toutes pièces par les antiracistes, les people et consorts, résume à lui seul, tous les autres. Le fake est celui d’Anne-Chloé, une élève d’origine camerounaise âgée de 11 ans, résidant à Chambéry, qui a affirmé début décembre, avoir été blessée gravement au visage par un élève (inconnu) qui l’a poussée dans le dos, le tout sur fond de harcèlement raciste. Le principal de l’établissement et le procureur de la République de Chambéry ont formellement rejeté un tel déroulé des faits, mais Cyril Hanouna et Christophe Dechavanne ont pris fait et cause pour Anne-Chloé (qu’ils n’ont jamais vu de leur vie), sans se soucier de l’ enquête menée au plan local. La « victime », une petite fille noire, ne pouvait pas mentir. Cette affaire banale qui n’aurait jamais dû dépasser les murs de ce collège de Chambéry est devenue une émeute cathodique nationale sur les réseaux sociaux avec mobilisation d’un procureur de la République et pluie de menaces de mort sur le proviseur et les enseignants du collège.

Les people n’ont en réalité jamais volé au secours d’une « racisée », ils se sont simplement haussés du col. Au sein de cette fiction d’une société française gangrenée par le racisme, leur unique préoccupation publique est de clamer leur innocence certes, de marquer la distance mais aussi et surtout d’afficher leur supériorité morale. Ils disent « Anne Chloé », mais ce faisant, c’est eux-mêmes qu’ils adorent contempler.

Zemmour contre le narcissisme

Emmanuel Macron a bien compris le caractère narcissique du socle électoral qui est le sien. Pour cette couche de population qui a cessé de penser « gauche-droite », le vote n’est pas le renouvellement d’un choix de société, mais un ornement ajouté à la bonne image qu’ils ont d’eux-mêmes. L’électeur d’Emmanuel Macron a le sentiment qu’il ternirait irrémédiablement la (bonne) image qu’il a de lui s’il votait pour un autre qu’Emmanuel Macron.

C’est pour élargir cette base narcissique aux « jeunes » (qui ne votent pas) qu’Emmanuel Macron a invité à l’Elysée les YouTubeurs McFly et Carlito. La vidéo qui a retracé la rencontre entre le président de la République et ces deux « influenceurs » (concours d’anecdotes, singeries diverses…) a été visionnée environ 10 millions de fois. Une opération de communication parfaitement réussie, mais une opération de communication « sans précédent dans l’histoire de la communication politique » a note avec gravité Mathieu Slama, consultant politique. « Elle [cette vidéo] dit quelque chose de grave sur la manière dont le pouvoir envisage désormais la communication et la fonction politique aujourd’hui […] Personne, à l’Élysée, ne s’est demandé si le président de la République avait vraiment sa place dans ce type d’opérations. Personne n’a émis de doute sur le message politique que cela renvoyait. Personne, enfin, ne s’est posé la question des enjeux éthiques qu’une telle stratégie soulevait. La seule question qui s’est posée fut celle-ci : est-ce efficace ? »

L’avenir dira s’il a été efficace de tendre un miroir aux différentes alouettes électorales (les jeunes, les bobos, les musulmans, les antiracistes…) dans le but de déclencher une extase narcissique assorti d’un vote automatique. Mais à ce stade de la réflexion, un retour sur Éric Zemmour est nécessaire. Animal médiatique s’il en est, monstre médiatique créé par les médias de gauche (il fut l’une des personnalités marquantes du très politiquement correct « On n’est pas couché » sur le service public de télévision), Zemmour aurait pu se borner à n’être qu’un Ruquier de droite. C’est-à-dire le ronchon dans lequel se reconnait une clientèle nombreuse et mal représentée au plan médiatique. Or, voilà que ce Zemmour s’est mis en tête de rejouer « Allô, ici Londres ». Une comm’ si retro, si absente du paysage politique et médiatique français qu’on se demande si elle est audible au-delà des cercles générationnels du baby-boom. Ce marketing suranné, vieillot, inadapté peut-être même, a pourtant un avantage énorme sur tous les autres : il est politique. Zemmour renoue avec la tradition du discours politique et citoyen ; il parle Histoire de France, Territoire, Nation. Comme Socrate, il veut réveiller des réminiscences car il sait (ou suppose) que le citoyen français n’a pas disparu et que sous les mirages du narcissisme sommeille encore une conscience nationale. La haine des bobos de gauche pour Zemmour vient de là. Ils lui auraient pardonné de tendre à l’électeur un miroir différent au leur. Mais Zemmour ne joue pas le jeu et dénonce le mirage antiraciste pour ce qu’il est, un mirage ! Pire, il affirme que si les bobos narcissiques veulent voir perdurer ce mirage, c’est parce que derrière l’antiracisme, c’est le Grand Remplacement qui se profile. Est-ce un mirage ? L’antiracisme est-il une réalité ? Le choix que feront les électeurs au fond de la caverne sera déterminant.

Tribune reprise de Causeur

Mieux vaut en rire (ou pas) : le top 5 de 2021, Schiappa, Hidalgo, Rousseau, Bertrand et… les rats de Strasbourg

top 5 bêtises

Pour commencer l’année 2022, Boulevard Voltaire a sélectionné pour ses lecteurs le top 5 des bêtises de l’année 2021. Des moments inoubliables avec Marlène Schiappa en chauffeuse de salle, lors des élections régionales, ou Anne Hidalgo jurant ses grands dieux qu’elle ne sera pas candidate à l’élection présidentielle…

Bien sûr, on n’a pas oublié ce moment grandiose où Sandrine Rousseau déclarait que conserver en France des « potentiels terroristes » permettait « quelque part de mieux les surveiller », bien mieux que s’ils restaient chez eux en Afghanistan. Quelque part ? À l’ouest… Comment ne pas se souvenir aussi de cette déclaration émouvante d’une conseillère municipale écolo de Strasbourg appelant à une « approche plus bienveillante » à l’égard de ces petits animaux de compagnie qu’on appelle des rats. Sans transition et pour finir, comment ne pas se souvenir des propos de Xavier Bertrand préférant voter communiste que Rassemblement national.


Adoption du passe vaccinal : des élus LREM menacés

passe vaccinal

Alors que le projet de loi visant notamment à transformer le passe sanitaire en passe vaccinal – qui renforce donc de fait l’obligation vaccinale – est en cours de discussion, les élus de la majorité présidentielle se plaignent de menaces et redoutent même des attaques.

Ainsi, le 29 décembre dernier, la voiture d’un député LREM, Pascal Blois, a été en partie brûlée dans un incendie allumé dans son garage. Présidente de la commission des lois de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet a même lu devant ses collègues un message menaçant. Traitée de « collaborateur-marionnette », elle a été sommée de voter « non » au texte en cours de discussion sous peine de faire de l’Assemblée nationale « un gigantesque bain de sang où giseront les corps qui pensaient nous gouverner ».

Des députés LREM de l’Isère ont même reçu des menaces de mort au mois de novembre dernier. Pour ces différentes raisons, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a même demandé de prendre en compte les domiciles et les permanences des élus dans les patrouilles de police et de gendarmerie. En effet, dans un message destiné aux préfets, le patron de Beauvau estime que l’actuel débat parlementaire sur le passe vaccinal est « susceptible de susciter des menaces voire des passages à l’acte contre les élus ».

Ces intimidations ne sont pas nouvelles ; elles avaient même fait leur apparition lors de la crise des Gilets jaunes. Elles ont néanmoins pris une tournure supplémentaire avec la volonté d’accentuer les contraintes sanitaires. Il y a déjà quelques mois, l’institution du passe sanitaire avait créé des tensions qui se sont avivées au fur et à mesure des différents textes législatifs successifs. Il faut donc s’interroger sur les raisons de ces tensions.

La mise en cause des non-vaccinés, traduite parfois par un appel à ne pas les accueillir en cas d’hospitalisation ou même à les confiner, a mis de l’huile sur le feu.

Le 27 décembre dernier, Emmanuel Macron n’avait-il pas déclaré, au nom de « mesures proportionnées », qu’il fallait « faire peser les contraintes sur les non-vaccinés » ? Ces propos, cités par Le Canard enchaîné et prononcés juste avant la réunion du Conseil de défense sanitaire, démontrent que les Français qui n’ont pas reçu de doses sont bel et bien dans le collimateur du discours officiel. Un discours qui prétend pourtant ne pas vouloir imposer de règles restrictives et refuser de céder aux injonctions des « enfermistes » qui demandent des contraintes plus élevées.

Le récent renforcement des contraintes existantes, comme l’intensification de la lutte contre la fraude ou le retour du masque obligatoire dans certaines villes, a certainement eu sa part.

Dernière mesure annoncée : celle du ministre du Travail, Elisabeth Borne, qui envisage une amende de 1 000 euros par salarié pour les entreprises qui refuseraient de recourir au télétravail. Cette amende s’inscrit dans les sanctions qui pourraient être infligées par l’Inspection du travail.

François Hoffman

Article paru dans Présent daté du 31 décembre 2021

Catholique converti à l’islam, Maître Gims demande qu’on ne lui souhaite pas une bonne année: « Ce n’est pas musulman ! Restons forts sur nos valeurs ! »