Au revoir « l’état d’urgence », bienvenue au « pass sanitaire » !

pass sanitaire

La loi encadrant la sortie de l’état d’urgence sanitaire a été promulguée au Journal officiel. Cela pourrait sembler être une bonne nouvelle, cela ne l’est, hélas, que très partiellement, le texte laissant craindre le passage d’une situation d’exception temporaire à un état permanent de contrôle « sanitaire » et de limitation des libertés individuelles.

Le texte voté comporte 18 articles qui donnent un cadre légal aux mesures de déconfinement annoncées par le gouvernement, sans pour autant, bien sûr, « baisser la garde face à l’hypothèse d’une reprise épidémique ». L’état d’urgence prendra donc fin le 30 septembre et non fin octobre comme l’avait souhaité initialement l’exécutif.

Cette promulgation s’inscrit dans un contexte de décrue des contaminations au Covid-19 et d’élargissement et d’accélération de la vaccination (le vaccin pour tous, c’est maintenant !), la perspective des vacances et autres voyages d’été semblant prendre le pas sur les inquiétudes quant à l’efficacité et l’innocuité de celle-ci.

Le nombre de malades du Covid-19 hospitalisés en France est aujourd’hui passé sous la barre des 18 000, et 3 200 personnes sont actuellement en soins critiques, selon les données de Santé publique France. Parallèlement, 24,5 millions de personnes ont reçu une dose de vaccin (soit 36,7 % de la population totale et 46,8 % de la population majeure) et 10,3 millions de personnes ont reçu deux doses, selon le ministère de la Santé.

En attendant la fin de l’état d’urgence, cette nouvelle (énième) loi fixe donc les dispositions qui peuvent être prises par le gouvernement pendant cette période en cas de nouvelle « vague » pandémique : réglementation de la circulation des personnes ou des véhicules, ouverture ou fermeture de certains lieux au public, couvre-feux… Elle entérine également la mise en place, épineuse et controversée, du « pass sanitaire » qui devrait – du moins dans un premier temps – être limité aux grands rassemblements de plus de 1 000 personnes et aux lieux ne « permettant pas le respect des gestes barrières ». Il rentrera en vigueur le 6 juin.

Pour le citoyen, rien de très nouveau, le port du masque continuant à être la règle, le couvre-feu restant possible et prévu pendant les trente prochains jours à compter du 1er juin, et des reconfinements locaux pouvant être décidés.

Les députés de gauche (Gauche démocrate et républicaine, France insoumise, PS) ont décidé de saisir le Conseil constitutionnel, jugeant que ce « pass donne des pouvoirs très importants au gouvernement sur des bases beaucoup trop vagues et imprécises ». Quant aux députés de la droite nationale, on ne les a guère entendus sur le sujet… On peut le regretter.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 2 juin 2021

Abbé Christian Venard, sur la procession attaquée par des antifas : « Si elle n’avait pas été catholique, on imagine déjà l’émotion nationale, voire internationale… »

abbé Christian Venard

Samedi dernier, une procession catholique à la mémoire des prêtres assassinés par les communards a fait l’objet d’une agression violente de la part de militants d’extrême gauche. Voici la réaction de l’abbé Christian Venard au micro de Boulevard Voltaire.

Samedi, environ 300 pèlerins parisiens ont répondu à l’appel du diocèse de Paris et ont processionné dans les rues vers l’Est parisien pour commémorer les prêtres assassinés durant la Commune. Cette procession a été très violemment attaquée par des manifestants d’extrême gauche qui eux commémoraient les communards, ceux qui avaient assassiné les prêtres pour lesquels les catholiques processionnaient. Que révèle cette agression gratuite ?

Il faut distinguer le fait en lui-même des antifa d’extrême gauche et une procession catholique au même plan politique que leur propre manifestation. Il y a une incompréhension formelle.

Ce qui m’intéresse davantage, c’est l’absence de réaction et d’indignation de l’immense majorité de la classe politico-médiatique, à quelques exceptions près.

Je n’aime pas utiliser le mot deux poids deux mesures ou alors dans une manière descriptive. En effet, on peut constater que si cette procession n’avait pas été catholique, imaginons que c’était un moment de prière organisée par un autre culte, musulman ou israélite, on imagine déjà l’émotion nationale, voire internationale, qui se serait emparée du sujet.

L’important pour nous catholiques est de ne pas rentrer dans ce débat-là. C’est un piège puisqu’ils nous poussent vers des positions victimaires et communautaristes contre lesquelles notre propre religion se pose. Les premiers chrétiens qui ont perdu la vie au nom de leur foi sous l’Empire romain ne se posaient pas comme des victimes. Ils prenaient les risques jusqu’à donner leur vie.

Sans tomber dans la position de victimaire, il y a aussi un diagnostic à faire que l’Église catholique n’a pas encore fait. C’est un état des lieux clair et net. Nous observons des faits quotidiens comme des profanations, des incendies d’églises et des actes anti-chrétiens. On a l’impression que les catholiques eux-mêmes n’en ont pas encore vraiment pris conscience.

Ce qui me paraît intéressant c’est l’absence de réactions que ce soit de la part des catholiques, mais plus généralement de la société. Ce qui touche à la religion catholique n’est plus considéré comme un élément sacré pour notre société. Le mot sacré que j’emploie est de l’ordre du ciment social auquel on ne doit pas toucher. Je vous donne un exemple. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les sociétés occidentales ont considéré comme sacré tout ce qui touchait à la Shoah. Nous avions atteint le comble de l’horreur de ce que l’humanité pouvait faire. Collectivement, nous sentons bien que nous ne voulons pas que l’on touche à cet élément comme un élément sacré.

Ce qui m’interroge à travers l’absence de réaction de chanteurs, de politiques ou de journalistes à quelques exceptions près, c’est ce déplacement du sacré. De toute évidence, ce qui touche à la foi catholique n’est plus considéré comme sacré, alors que même dans le champ religieux, je pense notamment à nos frères dans la foi juive ou à ce qui touche à l’islam, on le considère encore comme quelque chose de sacré auquel on ne doit pas toucher. Cela devrait être une vraie interrogation pour les élus de la France. Comment a-t-on pu arriver, dans un pays qui a été totalement forgé par le christianisme, à une telle détestation de soi-même ? On en est arrivé à ne plus considérer comme sacré ce qui touche à le religion catholique.

Il n’y a pas de haine des catholiques en Occident, mais plutôt une haine de soi-même qui se déplace sur le catholicisme.

Pour la plupart de nos contemporains, ce n’est même pas une haine du catholicisme, mais le catholicisme est simplement sorti de leur champ de vision et n’est plus considéré comme un élément sacré, fédérateur de la société, alors que d’autres éléments le sont. Par exemple, un certain nombre de forces progrès voudraient mettre, dans ces éléments sacrés qui forgent la société, un prétendu droit à l‘avortement auquel on ne pourrait pas toucher. Nous catholiques, sommes-nous capables d’un minimum d’introspection ?

Le Pape François lui-même avait dit qu’il ne fallait pas considérer l’Église comme une certaine ONG parmi d’autres ONG. Le catholicisme français n’a-t-il pas, à certaines période,s trop voulu se montrer comme une espèce d’humanitarisme bien sympathique, mais dans lequel on gommait un peu les aspects typiquement sacrés. Ne trébuchons-nous pas parfois sur nos propres erreurs ?

Je comprends l’émoi des fidèles catholiques qui se sont retrouvés menacés de manière violente. De ce point de vue-là, le diocèse de Paris a une attitude plutôt intelligente. Plutôt que de rentrer dans une polémique que l’on peut comprendre, il essaie de rechercher un peu plus loin les raisons qui nous amènent à cela. C’est un signal d’alarme.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Commando marine – Louis Saillans : «j’ai mené ce combat contre le terrorisme islamiste» [vidéo]

Louis Saillans

02/06/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Membre des commandos marine durant dix ans, Louis Saillans s’apprête à quitter l’armée dans les prochaines semaines.

D’Afrique au Moyen-Orient, il a participé aux opérations spéciales les plus risquées et les plus décisives.

Dans son livre, «Chef de guerre» (Éd. Mareuil), il publie un témoignage passionnant sur ces interventions. Celles du fer de lance de l’armée française.
Sputnik l’a interrogé.


Bracelet électronique : breloque pénale – Entrave ou incitation ?

Bracelet électronique

Le bracelet électronique, Il est beaucoup question de bracelets électroniques, ces derniers temps. Ils semblent être un ingrédient de l’actualité. Passons en revue quelques faits.

– Terry Dupin, blessé et arrêté par le GIGN ce lundi 31 mai après une cavale de 36 heures en Dordogne, était recherché à la suite de violences conjugales et de tirs sur les gendarmes. Ce récidiviste sortait de prison, portait un bracelet électronique avec l’interdiction de s’approcher du domicile de son ancienne concubine.
– Une femme de 33 ans est décédée à Douai dans la nuit de dimanche 30 à lundi 31 mai, manifestement sous des coups. Son concubin a été placé en garde à vue. Selon le procureur de Douai, il « bénéficiait d’une mesure d’aménagement de peine, détention à domicile sous surveillance électronique, pour l’exécution d’une peine de 10 mois d’emprisonnement pour vol aggravé et dégradations graves du bien d’autrui…»
– Avec neuf mentions au casier judiciaire, le réfugié politique kossovar qui a tué sa compagne à Hayange le 24 mai purgeait depuis le 20 novembre 2020 une peine d’un an d’emprisonnement pour des délits routiers, aménagée en peine à domicile avec bracelet électronique.
– A Alençon, le 25 avril, un homme d’une trentaine d’années tentait de poignarder son ex-conjointe. Il portait un bracelet électronique pour des faits de violence et de conduite sous stupéfiants.

A ces situations graves, il faut ajouter les cas où le port d’un bracelet électronique n’empêche aucunement la poursuite du business.

– A Plappeville (Moselle), un jeune homme vivant chez ses parents, purgeant une peine aménagée sous bracelet électronique, vendait du cannabis depuis… son balcon. Il a été arrêté ce week-end.
– Même chose à Angers le 3 mai où un jeune homme sous bracelet électronique pour vente de stupéfiants continuait de… vendre des stupéfiants.
– A Villeurbanne le 26 mai, un homme a été arrêté après un cambriolage. Il portait un bracelet électronique après des condamnations pour… vols.
– Le 19 mars à Grenoble, un homme de 35 ans a été arrêté pour huit agressions sur des personnes âgées en vue de leur voler leur sac à main. Condamné pour des faits semblables en 2014 et 2019, il avait été remis en liberté en novembre avec port de bracelet électronique.

Cette liste de divers crimes et délits ne prétend pas être exhaustive. Telle quelle, elle suffit à s’interroger sur l’utilité du bracelet électronique. Il était censé et résoudre le problème de la surpopulation carcérale et aider à la réinsertion. Or la surpopulation carcérale ne s’en trouve pas amoindrie puisque voilà des gens qui, loin de se réinsérer, sombrent dans la récidive, ou la réitèrent, ou passent au stade criminel supérieur. Quant aux femmes, on a bien compris que le bracelet électronique ne les protège en rien dans les cas des violences conjugales, n’en déplaise aux procureurs qui, dans plusieurs affaires récentes de « féminicides », ont assuré que la justice avait fait son travail convenablement. Il est vrai qu’elle l’a fait convenablement de son point de vue à elle. Tant qu’on ne sera pas sorti de la vision idéologique selon laquelle c’est à la société de payer sa dette envers le criminel, tant qu’on n’aura pas pris la décision d’expulser les délinquants et criminels étrangers pour désengorger les prisons, double peine et peine capitale seront réservées aux victimes.

Guy Denaere

Article paru dans Présent daté du 1er juin 2021

Le libéralisme contre les peuples – Intervention d’Alain de Benoist lors du colloque de l’Institut Iliade

Alain de Benoist

Intervention d’Alain de Benoist, prononcée lors du VIIIème colloque annuel de l’Institut Iliade, samedi 29 mai 2021.

« Le libéralisme contre les peuples ». Cette expression peut s’envisager de deux façons différentes. Il y a d’un côté la théorie libérale, l’idéologie libérale, dont l’une des caractéristiques est en effet de nier l’existence des peuples. Il y a d’autre part la pratique. Elle s’exerce par l’intermédiaire d’un système, le système capitaliste, qui est à mes yeux indissociable du libéralisme en tant que doctrine ou idéologie, puisqu’il peut se définir comme un dispositif général d’arraisonnement du monde tendant à asseoir le primat de la valeur marchande sur toutes les autres, lequel implique précisément la généralisation du modèle anthropologique libéral, qui est celui de l’« homme économique », de l’Homo œconomicus. C’est la raison pour laquelle parler du libéralisme tout en ignorant le capitalisme revient à parler dans le vide.

Pourquoi la théorie libérale nie-t-elle l’existence des peuples ? Parce qu’elle repose sur un socle anthropologique à la fois « économiste » et individualiste. Historiquement parlant, la modernité libérale correspond au moment où la société n’est plus posée comme première, mais où c’est l’individu qui est posé comme précédant le tout social, lequel n’est plus dès lors qu’un simple agrégat de volontés individuelles. Considéré de manière abstraite comme un être fondamentalement indépendant de ses semblables, totalement propriétaire de lui-même, qui n’est tenu par aucune appartenance se situant en amont de lui-même, l’homme est parallèlement redéfini comme un agent qui cherche en permanence à maximiser son meilleur intérêt, adoptant ainsi le comportement du négociant au marché. Ce tournant sans précédent est précisément le fait du libéralisme, dont l’apparition coïncide avec la montée de la classe bourgeoise au sein des sociétés occidentales.

Fondamentalement, le libéralisme pense le monde à l’échelle de l’individu. Pour les penseurs libéraux, l’homme, loin d’être constitué comme tel par ses liens avec les autres, doit être pensé comme un individu délié de toute appartenance constitutive, c’est-à-dire en dehors de tout contexte culturel ou social-historique. La liberté, posée comme un droit inaliénable, est réduite à la liberté individuelle conçue elle-même comme affranchissement vis-à-vis de tout ce qui excède l’individu. On considère, de même, que la souveraineté ne doit pas s’étendre au-delà de l’individu ou s’exercer au-dessus de lui, ce qui délégitime la notion de souveraineté nationale ou de souveraineté populaire. L’idée générale est que l’homme est avant tout ce qu’il a librement choisi d’être, qu’il est entièrement maître de ses choix et qu’il doit être laissé libre de se construire lui-même, non à partir d’un déjà-là, mais à partir de rien. Cette idée entraîne évidemment l’indifférence vis-à-vis des différentes conceptions du bien. Comme le dit fort justement Pierre Manent, le libéralisme est d’abord le renoncement à penser la vie humaine selon son bien ou selon sa fin. Le résultat est la disparition de toute idée de bien commun.

Dans cette optique, les peuples ne sont que de simples agrégats d’individus, ce qui veut dire qu’ils n’ont aucune caractéristique propre en tant que peuples, leur permettant de se distinguer des autres peuples. Il en va de même des communautés, des nations et des cultures. « La France n’est qu’un agrégat d’êtres humains », affirme ainsi l’économiste libéral Bertrand Lemennicier. « La société n’existe pas » (« There is no society »), déclarait Margaret Thatcher. La société n’est plus en fait que le produit contingent des volontés individuelles, un simple assemblage d’individus cherchant tous à défendre et à satisfaire leurs intérêts particuliers. Une telle société n’a plus à être gouvernée, mais gérée comme auxiliaire du marché. On n’est pas très loin du vieux rêve saint-simonien visant à remplacer le gouvernement des hommes par l’administration des choses.

Le libéralisme, de ce point de vue, est directement antagoniste de l’affirmation des identités collectives. Une identité collective ne saurait en effet s’analyser de manière réductionniste, comme la simple somme des caractéristiques que possèdent des individus rassemblés au sein d’une collectivité donnée. Elle requiert que les membres de cette collectivité aient la claire conscience que leur appartenance englobe ou excède leur être individuel, c’est-à-dire que leur identité commune résulte d’un effet de composition. Elle implique aussi de reconnaître qu’il existe, au sein d’un ensemble donné, des propriétés émergentes distinctes des caractéristiques des individus singuliers qui le composent. Or, le libéralisme nie l’existence de ces propriétés émergentes – celles qui font qu’une forêt est plus qu’une addition d’arbres, un peuple plus qu’une somme d’individus.

Voyons maintenant ce qu’il en est du côté du capitalisme. Disons d’abord que la plus grande erreur que l’on pourrait faire serait de n’y voir qu’un système économique. Le capitalisme n’est pas d’abord un système économique, mais un « fait social total » (Marcel Mauss), d’où découle la forme fétichisée que prennent les rapports sociaux dans les sociétés libérales. Il est donc vain de chercher à en apprécier la valeur au regard de son « efficacité » réelle ou supposée. Le système capitaliste est sans conteste supérieurement efficace pour produire des marchandises, mais l’efficacité n’est pas une fin en soi. Elle ne qualifie jamais que les moyens mis en œuvre pour atteindre une fin, sans rien nous dire de la valeur de cette fin. Les marchandises rapportent de l’argent, qui permet de produire plus de marchandises, lesquelles permettent de créer plus d’argent. La plus-value ainsi dégagée permet la transformation de l’argent en capital, et la suraccumulation du capital permet à l’argent de s’augmenter perpétuellement de lui-même. Mais le capital est d’abord un rapport social, qui met en forme un imaginaire spécifique et implique des façons de vivre mais aussi de concevoir le monde.

L’essence du capitalisme, c’est l’illimitation, le « toujours plus », la négation des limites et des frontières, la négation de la mesure, et d’abord de la mesure humaine. Sa caractéristique fondamentale, c’est son orientation vers une accumulation sans fin au double sens du terme : processus qui ne s’arrête jamais et qui n’a d’autre finalité que la valorisation du capital. C’est cette illimitation dans la visée comme dans la pratique qui fait du capitalisme un système reposant sur la démesure (hybris), la négation de toute limite.

L’abolition des frontières est nécessaire au libre-échange et au principe du « laissez faire, laissez passer ». Le capitalisme libéral exige en effet que tout ce qui peut faire obstacle à l’échange marchand soit progressivement éradiqué. Il exige la libre circulation des hommes, des marchandises et des capitaux. C’est l’une des raisons pour lesquelles il n’a rien à objecter à l’immigration, l’autre raison étant qu’il ne conçoit le peuplement des territoires qu’en termes d’individus : un million d’extra-Européens qui viennent s’installer en Europe, c’est simplement un million d’individus qui viennent en rejoindre des millions d’autres. S’y ajoute le principe de la liberté individuelle, la seule que reconnaissent les théoriciens libéraux : tout homme doit se voir reconnaître le droit de se déplacer à sa guise (étant entendu, comme le dit Hayek, que la liberté économique prime sur la liberté politique). « L’immigration, lisait-on récemment sur un site libéral, reste une expression de la liberté individuelle qu’il s’agit de sauvegarder » (Contrepoints, 23 avril 2020) !

Dans tout ce système, l’argent occupe évidemment une place centrale. Dans Le Capital, Marx écrit à juste titre que « l’argent est la marchandise qui a pour caractère l’aliénation absolue, parce qu’il est le produit de l’aliénation universelle de toutes les autres marchandises ». Il ajoute que « le mouvement du capital n’a ni fin ni mesure, puisque la valorisation de la valeur n’existe que par la circulation de l’argent considéré comme capital ». Georg Simmel a de son côté bien montré que la nature intrinsèque de l’économie fondée sur l’argent est d’écarter la question des fins au profit de celles des moyens. En tant qu’équivalent universel, l’argent est ce qui permet de tout évaluer, de tout quantifier à l’aide d’une mesure unique, la valeur étant systématiquement rabattue sur le prix. En créant une perspective à partir de laquelle les choses les plus différentes peuvent être évaluées par un nombre, la monnaie les rend en quelque sorte égales : elle ramène toutes les qualités qui les distinguent à une simple logique du plus et du moins. Or, toute quantité, quelle qu’elle soit, peut toujours être augmentée d’une unité. A tout nombre il est toujours possible d’ajouter un chiffre, en sorte que le mieux s’y confond automatiquement avec le plus. Et ce dont on peut avoir toujours plus, on n’en a bien sûr jamais assez…

La société libérale est donc à la fois une société des individus et une société de marché, où la raison économique se subordonne toutes les relations sociales, et dont elle fait le lieu de la concurrence généralisée, de la guerre de tous contre tous, où tout un chacun veut maximiser son intérêt propre aux dépens de celui d’autrui. Le règne du capitalisme se traduit finalement par une clôture du sens qui n’a pratiquement pas de précédent dans l’histoire. Cette clôture du sens, dont on voit aujourd’hui les effets, contribue puissamment à la montée du nihilisme. En conclusion, je dirai donc que la restauration du commun et du bien commun est le programme qui s’offre aujourd’hui à tous les antilibéraux si l’on veut sortir d’un monde où rien n’a plus de valeur, mais où tout a un prix.

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La candidature d’Éric Zemmour, une chance pour Marine Le Pen ?, par Jean-Yves Le Gallou

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Ira ? N’ira pas ? Les spéculations vont bon train à propos de la possible candidature d’Éric Zemmour à l’élection présidentielle. Pour les uns, c’est un leurre, il n’ira pas pour garder son audience médiatique, son éditeur, son influence métapolitique et… ses revenus. Pour d’autres, en cette année du bicentenaire de Napoléon qu’il admire, il franchira le Rubicon et se jettera dans le grand bain politique. Affaire à suivre…

Les craintes du Rassemblement national

Affaire déjà suivie au Rassemblement national. Pour Philippe Olivier, immédiatement repris par Marine Le Pen, la candidature Zemmour, c’est le risque Taubira. Une comparaison peu flatteuse. Pour Eric Zemmour d’abord : Taubira n’avait rassemblé que 2 % à la présidentielle de2002. Mais peu majorative surtout pour Marine Le Pen : Jospin avait alors perdu les 2 % de suffrages décisifs et était tombé à 16 % ce qui l’avait éliminé du deuxième tour. Étrange tout de même que Marine Le Pen ait un tel manque de confiance en elle alors qu’elle caracole en tête de la présidentielle à 27 % dans les sondages d’opinion.

En vérité la vraie question est la suivante : quel est le véritable objectif de Marine Le Pen ?

S’assurer seulement un bon premier tour en mai 2022 ? Et finir au deuxième tour, certes vaincue, mais en améliorant le résultat de 2017 ? Et se maintenir ainsi en piste pour 2027, voire 2032 ?
Ou bien prendre la mesure du délitement de la France, de l’ampleur du Grand Remplacement et de l’urgence d’y mettre un terme ? Et donc se battre non pour témoigner mais pour gagner.

Pour cela il faut deux conditions : une mobilisation du maximum d’électeurs possible au premier tour et des réserves de voix susceptibles de se rallier au deuxième tour.
C’est ici qu’une candidature Zemmour pourrait s’avérer précieuse pour Marine Le Pen.

L’atout chance de Marine Le Pen ?

Zemmour pourrait participer à la recomposition du paysage politique et mobiliser trois électorats jusqu’ici rétifs à Marine Le Pen :

– la droite souverainiste et hors les murs (de l’ordre de 5 % à 7 %),
– les LR « de droite », conscients du délitement du pays, les fillonnistes volés de la campagne de 2017, les aficionados de Wauquiez ou Bellamy qui peuvent difficilement se reconnaitre dans Pécresse ou Bertrand, qu’une feuille de papier à cigarettes parvient à peine à distinguer de Macron et de La République En Marche (aussi de l’ordre de 5 % à 7 %),
– des abstentionnistes en rupture avec le système mais qui peinent à adhérer à Marine Le Pen faute de confiance et de crédibilité (a minima quelques pourcents).

Notons d’ailleurs que les sociologies des électeurs de Marine Le Pen et des partisans de Zemmour ne sont pas les mêmes. C’est chez les CSP + et les urbains que Zemmour cartonne sur CNEWS et sur les réseaux sociaux. Plus que dans les Hauts de France où Marine Le Pen qui a la « fesse populaire » remporte un incontestable succès.

Bref on ratisse mieux à deux que tout seul ! Et Il est très clair qu’au soir du premier tour le total de voix rassemblées par Éric Zemmour et Marine Le Pen serait supérieur à ce que serait susceptible de rassembler la seule candidate du Rassemblement national. Qui disposerait alors d’un réservoir de voix pour le second tour et du soutien d’un homme radicalement critique du politiquement correct, tout en bénéficiant d’une certaine aura et d’un grand tissu relationnel au sein du système. Ce qui reste un atout incontestable.

Les craintifs bien sûr peuvent redouter que la candidature Zemmour ne fasse « pschitt ». C’est possible. Ou qu’elle marche trop bien conduisant à diviser les voix nationales en deux parts trop égales, c’est aussi envisageable.

Les amateurs de politique fiction peuvent aussi évoquer deux scénarios catastrophes : pour les nationaux, si les deux candidats s’éliminaient l’un l’autre ; ou pour les tenants du système, si les deux candidats – à la faveur d’un chaos sécuritaire ou migratoire – se qualifiaient l’un et l’autre pour le second tour.

L’histoire est le lieu de l’imprévu. Reste que pour Marine Le Pen l’atout chance pour accéder à l’Élysée serait une candidature Zemmour !

Jean-Yves Le Gallou

Texte daté du 31 mai 2021 et repris du site Polémia

Immigration : les faits démentent le baratin, par Ivan Rioufol

L’immigration est « une chance pour notre pays », assure encore Emanuel Macron dans la revue Zadig. Cette confortable conviction lui avait fait applaudir, en 2015, la décision d’Angela Merkel d’accueillir plus d’un million de réfugiés syriens sur son sol. Depuis, la honte de l’antisémitisme nazi a laissé place à un antisémitisme islamiste tout aussi répugnant.

Vendredi, dans les rues d’Hambourg (Allemagne), des groupuscules islamistes liés au mouvement Muslim Interaktiv ont participé à une démonstration de force calquée sur les parades nazislamistes du Hamas à Gaza, aux cris de : « Israël assassin d’enfants ! ». Le même jour, en France, Ndiaye Dieye s’attaquait au couteau à une policière dans le commissariat de la Chapelle-sur-Erdre (Loire-Atlantique) avant d’être abattu par la police. Les premiers mots de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, ont été pour dire que le forcené, était « un Français né en France ». Dieye était né en effet dans cette même commune en 1981. Il était fiché comme islamiste radical depuis 2016. Condamné une vingtaine de fois depuis 1998, il était sorti de prison en mars. « L’auteur des faits avait purgé sa peine », s’est également empressé de commenter le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti. « Il n’y a pas eu d’aménagements. Il avait un suivi socio-judiciaire qu’il a respecté complétement ». Bref, rien de particulier à signaler…

L’obsession du gouvernement est de nier tout lien entre immigration et délinquance, immigration et nouvel antisémitisme, immigration et violences faites aux femmes, immigration et terrorisme, etc. C’est notamment le crédo de Darmanin (« Je suis à 100.000 lieux de faire le lien entre insécurité et immigration »). Mais les faits démentent le baratin. Les chiffres officiels révèlent que 24% des détenus sont des étrangers, majoritairement africains ou maghrébins. S’il n’est pas possible d’avoir des statistiques ethniques concernant les détenus issus de l’immigration, les témoins du monde pénitentiaire s’accordent à reconnaître que les détenus originaires du continent africain « sont massivement surreprésentés particulièrement dans les maisons d’arrêt » (Laurent Lemasson).

Selon le parquet de Paris, 75% des mineurs déférés sont des illégaux. Bref, il faut être intellectuellement malhonnête pour assurer que l’immigration n’a aucune responsabilité dans la nouvelle insécurité. Il faut être déconnecté des réalités comme l’est Emmanuel Macron pour flatter, dans le JDD, « une immigration légale dont nous avons besoin pour notre économie ». L’islamiste de la Chapelle-sur-Erdre était aussi « schizophrène sévère ». Selon le pédopsychiatre Maurice Berger, cette maladie se remarque de plus en plus après des unions consanguines des clans importés. Une chance, l’immigration ? Un peu de sérieux !

Ivan Rioufol

Texte daté du 31 mai 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Grégory Roose sort son nouveau livre “Journal d’un Remplacé”

Grégory Roose "Journal d'un Remplacé"

01/06/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Ce livre est un journal de bord. L’auteur y livre ses réflexions sur les évolutions, plus ou moins visibles et perceptibles, qui menacent ce que nous sommes en tant que peuple et individu. Elles sont de deux ordres : Le Grand Remplacement ou le changement de peuple, et le Petit Remplacement ou le changement de paradigme, le second nourrissant le premier, le premier justifiant le second. Nous en sommes les esclaves, conscients ou inconscients, serviles ou rebelles.

Grégory Roose offre au fil de ces pages des pistes de réflexion et des propositions d’action utiles pour nommer, alerter et s’opposer aux Grand et Petit Remplacements, terribles menaces qui pèsent sur notre siècle.

Pour télécharger cet ouvrage : https://www.monbestseller.com/manuscrit/14931-journal-dun-remplace

Terroriste fou, justice schizophrène – Quand les « déséquilibrés » se « radicalisent »

déséquilibrés

Qui est Ndiaga Dieye, l’homme qui a tenté d’assassiner au couteau une policière dans la banlieue de Nantes vendredi ? Comme son nom l’indique et comme s’est empressé de le déclarer Gérald Darmanin – toujours soucieux d’éviter un quelconque « amalgame » entre explosion de la criminalité et immigration –, il s’agit d’un « Français, né en France ». Un « Français comme les autres » donc, au profil néanmoins particulièrement « chargé ».

Ndiaga Dieye est en effet un multirécidiviste, condamné pas moins de 19 fois pour des faits tels que « séquestration » ou « vol avec violences ». Il a ainsi passé presque la moitié de sa vie en prison, où il a été diagnostiqué schizophrène et s’est par ailleurs « radicalisé ». Depuis sa dernière libération en mars dernier, cet homme de 39 ans avait retrouvé un emploi et un logement, grâce à une association d’insertion de La Chapelle-sur-Erdre. Encore un bel exemple de charité utile et bien ordonnée.

L’individu, décrit – comme toujours – par son voisinage comme étant « très calme et très discret », a donc cette fois tenté de tuer à coups de couteau une policière municipale avant de s’enfuir avec l’arme de service de celle-ci. Après avoir séquestré une jeune femme pendant plus de deux heures durant sa fuite, il a ensuite ouvert le feu sur les gendarmes, blessant deux d’entre eux avant d’être abattu.

En 2016, Ndiaga Dieye avait été signalé pour sa pratique rigoriste de l’islam et inscrit au Fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). Un signalement dont une fois de plus on peut légitimement douter de l’utilité et de l’efficacité.

D’ordinaire, les médias du système nous présentent les auteurs de ce genre de faits criminels, devenus tragiquement banals, comme des « déséquilibrés » dont les agissements n’ont rien à voir avec l’islam ou l’islamisme. Cette fois, c’est la double peine, on nous parle d’un individu à la fois « déséquilibré » et « radicalisé », ce qui n’empêche évidemment pas certains de chercher à trouver des excuses au criminel au nom de sa supposée « maladie mentale » qui devrait pourtant être, en matière de dangerosité pour son environnement et pour la société, une circonstance aggravante.

Parmi les nombreux commentaires qui ont accompagné le drame, Jean-Luc Mélenchon s’est une fois encore particulièrement distingué dans l’abjection et la négation du réel. Sans avoir un seul mot pour la policière agressée, le président de La France insoumise n’a pas hésité à présenter Ndiaga Dieye comme une « victime » des défaillances du système psychiatrique français en s’indignant sur Twitter en ces termes : « Comment un malade atteint de schizophrénie a-t-il pu être abandonné sans accompagnement médical ? 31 000 lits de psychiatrie de moins en 30 ans : voilà le résultat. » La vraie question serait pourtant plutôt de savoir comment un homme politique peut déblatérer de telles odieuses inepties sans être totalement et définitivement discrédité.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 31 mai 2021