Droits humains vs droits des peuples, par Clément Martin (Les Identitaires)

droits homme peuples

Dans un tweet récent, Emmanuel Macron, au sujet de l’affaire Navalny en Russie, a invoqué les « droits humains » au lieu des « droits de l’homme ». L’expression n’est pas anodine. Un collectif fondé en 2014, Droits humains pour tou.te.s, a interpellé les Nations Unies afin que la « Déclaration universelle des droits de l’homme », adoptée en 1948, soit remplacée par « Déclaration universelle des droits humains ». « Le générique masculin (qui n’est plus marqué par une majuscule selon les recommandations de l’Académie française) est loin d’être neutre, il invisibilise les femmes, leurs intérêts ainsi que leurs luttes. » (Le Parisien, 14 février 2021).

Cette campagne illustre encore un peu plus le caractère totalitaire des milieux intersectionnels, féministes et antiracistes. Purs produits de la déconstruction, ultimes figures du marxisme culturel, ces militants développent un totalitarisme au sens strict du mot : tout, absolument tout, dans la vie sociale, doit être passée à la moulinette de leurs obsessions idéologiques. Ils accompliraient ainsi le rêve des communistes, la table rase universelle, l’arrachement de tout un chacun à ses racines biologiques, sexuelles ou culturelles. La vieille gauche républicaine a donc beau jeu de s’insurger contre ses enfants monstrueux, son universalisme les a engendrés. De la destruction des identités régionales au XIXe siècle jusqu’à la théorie du genre et à la cancel culture, c’est la même logique déracinante.

Lutter contre cette folie au nom de purs droits individuels, celui de la liberté d’expression notamment, ne suffit pas. En effet, ces militants ont poussé la logique de la liberté individuelle jusqu’à son extrême conséquence. Le vrai clivage se situe entre les droits individuels sacralisés par les universalistes et les droits des peuples promus par les enracinés. Les uns ne s’opposent pas aux autres dans la mesure où les libertés fondamentales (droit de circuler dans son pays, droit à la sécurité, de se réunir, etc.) sont le mieux garanties au sein de nations fortes et sûres d’elles.

Parmi les droits des peuples, il y aurait celui de vivre selon son identité, grâce à des frontières étanches et sous des chefs d’Etat courageux, déterminés à en faire respecter l’intégrité. Mais aussi le droit, autant que possible, de vivre en autonomie alimentaire, dans la mesure où la souveraineté économique est une liberté essentielle, une liberté d’action comme la souveraineté politique. En effet, la liberté étant un pouvoir, une puissance, toute souveraineté est une liberté collective. Sommes-nous libres en étant incapables de nous nourrir sans l’aide de nos voisins ? Parmi les droits d’un peuple, bien sûr, il y a la sécurité physique et celle des biens. Le droit de propriété est le fondement de la vie sociale. Ce droit, au demeurant, doit être orienté vers la vie sociale. Les canons architecturaux sont aussi une source de bonheur pour les yeux qui peut constituer un droit : comme les villes italiennes médiévales et de la Renaissance étaient un « palais pour le peuple », reconnaissons à nos compatriotes le droit d’habiter un lieu édifiant.

Dès lors, on comprend que ces droits répondent à des besoins et qu’ils impliquent des devoirs de la part de toute la société. Cette conception des libertés, enracinée dans les besoins vitaux, physiques et moraux, est la plus conforme à la réalité de l’homme, qui ne vit pas que de pain et de jeux. Comparativement, les « droits de tou.te.s » sont des caprices narcissiques qui détruisent l’unité d’un peuple au lieu de le consolider.

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Covid-19 – Plus fort que la peur : L’APÉRO, par Benoît Busonier

apero covid

C’est finalement notre art de vivre qui l’a fait. Les observateurs attendant depuis le début de la crise du Covid et des privations de liberté, quel sera l’élément déclencheur qui va provoquer un basculement, dont chacun sait l’inéluctabilité : le moment précis où le citoyen entrera dans une « dissidence molle ». C’est-à-dire qu’au lieu de regarder studieusement les nouvelles règles chaque jeudi soir, le citoyen non politisé et pas particulièrement transgressif, plutôt respectueux de l’autorité de l’Etat, autrement dit la majorité de la population, va commencer à hausser les épaules et vivre sa vie, indépendamment des instructions sanitaires.

Il ne s’agit pas d’une révolte, il ne s’agit pas d’une rupture sèche, mais d’une lassitude. Il n’y a pas eu un discours à l’Assemblée qui a fait sauter la situation, il n’y a pas eu une manifestation monstre, un affrontement politique, encadré par une opposition structurée et sûre de son fait. Et pourtant, le peuple est parti. Il s’est éloigné d’autant plus sûrement que c’était doucement, du respect des instructions. Mais alors, si ce n’est un tribun, qui a bien pu produire ce déclic ? Il semblerait que ce soit notre art de vivre.

Dans l’ensemble, le Français a une tendance lourde à l’autoflagellation. Lorsque son voisin de palier est indiscipliné, le Français déplore appartenir à un peuple latin, enfantin, incapable de respecter l’autorité, ce qui nous pénalise par rapport à ces admirables pays que sont l’Allemagne ou la Corée ; lorsque son voisin de palier est respectueux des règles, le Français déplore que son esprit révolutionnaire et épris de liberté s’en soit allé, et que nous soyons désormais un peuple de moutons. Et voilà que les ministres et porte-parole du gouvernement, devant le refus de plus en plus marqué des citoyens de respecter les instructions strictes de distanciation physique, se mettent à parler « d’effet apéro ». Et l’opposition de crier au hors-sol. Elle a raison de jouer son jeu, mais elle le fait avec une pointe de démagogie ; objectivement, réellement, empiriquement, l’apéro tue à petit feu la crédibilité de l’exécutif. Pourquoi ?

Parce que l’art de vivre est peut-être la matrice à l’aune de laquelle le citoyen français estime la pertinence des décisions politiques. C’est comme la lettre d’Edgar A. Poe, que tout le monde cherche dans les recoins, alors qu’elle est sur le bureau, trop en évidence pour qu’on la trouve. Notre art de vivre, c’est ce à quoi nous tenons. La raison pour laquelle nous vivons, ce que nous avons reçu, ce que nous voulons transmettre, et donc, in fine, ce pour quoi nous acceptons de mourir. Concernant la place de l’islam, concernant le féminisme, concernant le veganisme, concernant la Covid : notre art de vivre et sa persistance sont la grille d’analyse la plus sûre, semble estimer le Français. Très sérieusement.

Et il n’a pas tort. Un art de vivre, ici incarné dans l’apéritif, est un syncrétisme, incarnant dans une temporalité, un lieu et un acte, ce qu’est notre civilisation. Quel est-il cet art de vivre ? Une certaine convivialité, en légèreté, le goût de certains produits et de leur partage, des gestes et des rituels pour les consommer, appris des parents et appris aux enfants. C’est ce désir de partage et d’une sociabilité articulée autour du partage, qui fait aujourd’hui se détendre les citoyens vis-à-vis des règles sanitaires.

Le gouvernement ne s’y trompe pas. Il sait que si cette détente a mis du temps à arriver, c’est qu’elle vient de très loin, et qu’elle a une force d’inertie quasiment impossible à arrêter. Pas de mauvaise foi : le gouvernement a mille fois raison de stigmatiser un « effet apéro », et il faut le reconnaître. Et il faut s’en revendiquer. Parce qu’il y a une certaine grandeur dans le fait que ce soit l’apéro qui nous sauve : Hannah Arendt et J.R.R. Tolkien ont bien démontré, intellectuellement et romantiquement, que le mal et le totalitarisme sont plus sûrement vaincus par l’humilité opiniâtre des petites choses du quotidien ainsi que le rire, que par les grands effets de manche.

Les Français reçoivent à plus de six chez eux. Peu d’entre eux pensent se priver de Pâques en famille, fût-ce au prix d’une amende. Ils se retrouvent sur les quais des grands fleuves, dans les catacombes germanopratines, dans les jardins, les appartements et les demeures. C’est trop tard : ils ont regoûté à la liberté. Et elle a le parfum subtil d’un rosé.

Benoît Busonier

Article paru dans Présent daté du 25 mars 2021

Jeunes étrangers délinquants – Face à un phénomène en pleine expansion, une seule solution : la remigration

remigration charter

Le 10 mars, deux parlementaires ont rendu public un rapport sur la délinquance des mineurs non accompagnés en France. À l’issue de sept mois d’investigation, François Eliaou (LREM) et Antoine Savignat (LR) font le constat que les faits de délinquance commis par des mineurs non accompagnés se multiplient et s’aggravent. Ils formulent également des propositions pour contenir ce phénomène et améliorer la prise en charge des MNA délinquants. Mais celles-ci font malheureusement l’impasse sur la seule mesure véritablement à même d’éradiquer ce problème qui gangrène de nombreuses villes françaises : la remigration.
Une analyse proposée par Paul Tormenen, juriste et spécialiste des questions migratoires.

Les « mineurs » étrangers délinquants : les alertes n’ont pas manqué

L’augmentation des faits de délinquance commis par des jeunes étrangers transparaît dans de nombreux articles de la presse quotidienne régionale. C’est très souvent comme un phénomène isolé que ceux-ci sont décrits dans les médias de grand chemin (1). En septembre 2020, nous soulignions que les statistiques sur la progression de la délinquance des mineurs étrangers étaient données au compte-gouttes par les autorités (2). Les moyens à la disposition des membres de la commission parlementaire qui vient de rendre son rapport permettent d’avancer dans la compréhension des « problématiques de sécurité associées à la présence sur le territoire de mineurs non accompagnés » (3).

« Des faits de délinquance variés qui tendent à se multiplier et s’aggraver »

Partant du constat empirique de « la multiplication et [de] l’aggravation des faits de délinquance commis par certains mineurs non accompagnés », les deux députés ont mené pendant plusieurs mois des investigations et des auditions afin de faire un diagnostic sur ce phénomène et de présenter des préconisations au gouvernement et au Parlement. Le rapport rendu public le 10 mars 2021 est le fruit de leur travail.

Si les rapporteurs soulignent l’absence de statistiques fiables pour apprécier l’ampleur de cette délinquance sur le territoire national, la compilation des nombreuses données auxquelles ils ont eu accès donne un aperçu de la nature et de l’ampleur du phénomène.

La définition des MNA : un mineur est considéré MNA quand il n’a pas de responsable légal sur le territoire ou n’est pas pris en charge par une personne majeure (Code de l’action sociale).

Le nombre de MNA délinquants : il était estimé en 2020 entre 2 000 et 3 000 par la direction de la Protection judiciaire de la jeunesse.

Commentaire – L’estimation de la PJJ apparaît particulièrement basse, compte tenu notamment du nombre de mises en cause de MNA d’origine nord-africaine recensées par la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne : 7 988 pour la seule année 2020 (4). Si, bien évidemment, nombre de ces jeunes délinquants multiplient les délits et peuvent être mis en cause à plusieurs reprises durant la même année, le nombre de ces faits de délinquance pour la région parisienne est un indice de la sous-estimation de la PJJ.

La nationalité des MNA délinquants : les mineurs – ou les jeunes majeurs – sont très majoritairement originaires du Maghreb, en particulier d’Algérie et du Maroc. Leur identification est rendue difficile car « les MNA interpellés par la justice et déférés ne disposent pas toujours de documents d’identité incontestables et ont souvent recours à divers alias, qu’ils modifient à chaque nouvelle interpellation ».

Pour lire la suite, c’est ici !

Dans la nouvelle Guerre froide, par Jean-Gilles Malliarakis

Lu Shaye

On peut dire merci à l’ambassadeur chinois Lu Shaye. En traitant Antoine Bondaz, chercheur français de la Fondation pour la recherche stratégique, de “petite frappe, hyène folle, troll idéologique” il a réveillé les endormis.

Nous avons bel et bien affaire à un communiste et Francis Bergeron, ce 24 mars, peut mettre en cause avec raison, au-delà de son représentant si peu diplomate, le maître du pouvoir de Pékin, “Xi Jinping nouveau Staline“[1]

En s’en prenant aussi aux parlementaires européens représentants de 7 pays, décidés à se rendre à Taïwan, il nous a rappelé le vœu actuel de ses ressortissants. L’île, nommée Formose par les Portugais, ne fut conquise par l’Empire chinois qu’en 1683 sous le règne de Kangxi (1661-1722) contemporain de Louis XIV, à l’époque de la dynastie mandchoue des Qing. Ceux-ci régnèrent sur Pékin de 1644 à la proclamation de la république en 1911. Le partage de Yalta et la victoire soviétique de Manchourie avaient permis à Tchang Kaïchek de s’en emparer en 1945.

Les débris de l’armée du Kouo Min Tang s’y réfugièrent en 1949 et y ont maintenu la survivance, de plus en plus fictive, de la Chine nationaliste. Or, aujourd’hui, de façon très démocratique, la majorité d’origine insulaire a élu à la présidence du pays en 2016, Mme Tsai Ing-wen Réélue en 2020, son parti, le Minjindang, démocrate progressiste, s’appuie sur la majorité indigène de la population. Celle-ci aspire, légitimement, à faire reconnaître internationalement Taïwan en tant qu’Etat souverain, ce qui ne fait qu’entériner une réalité devenue de plus en plus claire.

Le gouvernement de Pékin prétend au contraire qu’il s’agit d’une simple province de son Empire du Milieu. La Chine communiste menace de l’envahir et d’y réprimer toute opposition au pouvoir totalitaire de son parti unique, comme elle a d’ores et déjà entrepris de le faire à Hong Kong, au mépris des accords de rétrocession de 1997.

Dans un tel contexte, elle n’admet pas que des députés européens cherchent à s’enquérir du dossier en se rendant sur place. Sans doute méprise-t-elle les règles parlementaires, qu’elle ne pratique pas. Son Congrès national-populaire, parlement fantoche qui ne se réunit qu’une fois par an, pour une session d’une dizaine de jours, dans l’immense Palais de l’Assemblée du Peuple que l’on peut contempler place Tian Anmen, ne connaît pas ce type de fonctionnement.

Aussi bien l’Europe que les États-Unis, et à leur suite la majorité des pays de la zone indopacifique remettent en cause la doctrine pékinoise “une seule Chine”. Le pouvoir communiste y voit une sorte de casus belli…

Car, si certains doutent encore du climat de guerre froide qui s’est institué entre l’occident et la Chine communiste, 50 ans après les accords de 1972 entre Nixon et Mao Tsé-toung, semble urgent de les amener à en prendre conscience. Cette tension déterminera les relations internationales comme la plupart des clivages de politique intérieure.

Le temps des sous-traitances industrielles systématiques, profitables aux gros intérêts mais ruineuses pour la survie de nos entreprises et de nos emplois s’achève.

On ne doit pas seulement y voir une sorte de grand match entre les USA et la Chine. La confrontation ne se limitera pas seulement au terrain de l’hégémonie militaire, elle s’exprimera en termes d’influence économique et de concurrence technologique. Et, pour pouvoir suivre, Washington tentera de se libérer de certains engagements traditionnels.

Ce n’est pas telle ou telle figure politique mais l’ensemble de l’établissement américain qui sera amené à durcir la concurrence avec la Chine à tous les niveaux.

La politique américaine prend aussi conscience que d’autres outils, au-delà de la seule force militaire se révéleront nécessaires pour l’emporter dans cette nouvelle guerre froide. Comment, par exemple, imposer aux alliés de ne pas choisir le système chinois 5G si aucune entreprise occidentale ne peut proposer une offre complète correspondante.

Les Chinois semblent concentrés sur des objectifs à long terme, avec un horizon de 5 à 10 ans. Ils visent la suprématie dans des domaines critiques, comme l’intelligence artificielle. Les entreprises et les universités suivent avec discipline… Il en va de même pour les infrastructures ou les matériaux critiques dont dépend le développement occidental futur.

Or, l’Europe se situe entre les deux. Elle ne veut plus dépendre totalement des États-Unis depuis la présidence Trump. Mais nos pays ne sont clairement pas en mesure d’établir seuls un équilibre avec la Chine. Sortir des galanteries et des préciosités devient donc urgent.

[1] cf. son article de Présent en date du 24 mars.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

[vidéo] Commune de Paris : les premières photos manipulées de l’histoire ?

Commune de Paris

25/03/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Ces barricades sont inoubliables. De la révolte parisienne jusqu’aux communards exposés dans leurs cercueils, quelques centaines de photos fascinantes révèlent les différents aspects de la Commune de Paris de 1871, l’une des plus célèbres insurrections de l’histoire française, il y a tout juste 150 ans.

À l’époque de la Commune de Paris, la photographie est encore une invention récente : elle a à peine 30 ans.

Première insurrection massivement photographiée, la Commune va alors faire découvrir aux Français l’extraordinaire pouvoir des photos, ces images à la fois proches de la réalité… et subtilement manipulables.


Strasbourg – La mairie écolo finance 10 % de la mosquée

mosquée strasbourg

Les braves électeurs strasbourgeois qui ont cru sottement protéger les petits oiseaux et les plantes vertes en portant l’an dernier les écologistes à la tête de la capitale alsacienne n’ont pas fini de comprendre leur douleur : en effet, non contente de rendre l’atmosphère de la ville proprement irrespirable par la mise en pratique quotidienne de ses ridicules lubies écolos, la majorité EELV vient également de relancer son islamisation à marche forcée en adoptant lundi, par 42 voix contre 7, le « principe d’une subvention » de 2,563 millions d’euros à l’association islamiste turque Millî Görüs, chargée de la construction de la plus grande mosquée d’Europe à Strasbourg !

Rappelons que ce chantier géant, entamé dans le quartier de la Meinau en 2017 et dont le coût total s’élève à quelque 32 millions d’euros (dont 25,63 millions pour la seule partie culte), était à l’arrêt depuis 2019. Faute principalement de financements suffisants. Mais aussi, pour partie, en raison du refus des islamistes de Millî Görüs de signer en janvier dernier la « Charte des principes pour l’islam de France » (censée réaffirmer la « compatibilité » de la religion musulmane avec la République), de leur soutien massif par la Turquie, et enfin de leurs liens très importants avec le Qatar, où des cadres du mouvement s’étaient d’ailleurs rendus avec un fonctionnaire missionné par la municipalité pour demander aux émirs d’éponger un impayé de trois millions d’euros… Bref, autant d’éléments accablants qui, pourtant, comme l’a fort justement observé lundi la députée française et présidente du groupe RN Grand-Est Virginie Joron, en dénonçant vivement ce scandale, « ne semblent pas déranger les écolos »…

C’est que, à en croire la maire écolo Jeanne Barseghian, les islamistes de Millî Görüs auraient fini par accepter les conditions qu’elle avait posées à l’adoption de cette subvention qui ne représente pas moins de 10 % de la somme totale du projet : à savoir la signature préalable de la « Charte des principes pour l’islam de France » ainsi que des garanties sur la transparence des fonds destinés à financer le chantier. Possible. Mais les promesses n’engageant de toute façon que ceux qui y croient, surtout avec les islamistes, il est peu probable que les gens de Millî Görüs fassent de ce qui sera à terme la plus grande mosquée d’Europe un lieu de modération…

Quoi qu’il en soit, l’adoption de cette subvention est tellement scandaleuse que le ministère de l’Intérieur lui-même s’est fendu lundi d’un tweet, dans lequel il a expliqué : « La mairie verte de Strasbourg finance une mosquée soutenue par une fédération qui a refusé de signer la charte des principes de l’islam de France et qui défend un islam politique. Vivement que tout le monde ouvre les yeux et que la loi séparatisme soit bientôt votée et promulguée. »

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 24 mars 2021

Dissoudre Génération identitaire mais pas l’UNEF ? Le gouvernement face à ses propres contradictions…

Maryam Pougetoux unef

Comment en sommes-nous arrivés à ce tel état de délabrement de l’université, lieu d’échange et de contradiction, il n’y a pas si longtemps ? Car, faute de dialogue avec celui qui n’est pas d’accord, c’est fatalement au dialogue de sourds qu’on aboutit. Nous y sommes.

D’où ces réunions interdites à « tels » ou « telles » et autres « celles » et « ceux » ayant conduit Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, à envisager une possible dissolution de l’UNEF pour racisme avéré ; ce syndicat étudiant revendiquant, à en croire sa présidente, Mélanie Luce, la tenue de « réunions non mixtes pour permettre aux personnes touchées par le racisme de pouvoir exprimer ce qu’elles subissent ». Soit des cénacles interdits aux Blancs, au nom d’un antiracisme institutionnalisant un racisme nous ramenant aux heures les moins lumineuses de notre Histoire. Bref, c’est le gnou qui se mord la queue.

Il y a seulement quelques semaines, Gérald Darmanin, premier flic de France, dissolvait une autre organisation, Génération identitaire, dont le seul crime consistait à aider les autorités à mieux faire respecter nos frontières. Dans un semblable registre délictuel, on rappellera que le « cinéaste » Cédric Herrou, pour avoir permis aux mêmes immigrés clandestins à mieux violer les mêmes frontières, fut invité à gravir les marches du Festival de Cannes, en mai 2018. Là, ce ne sont plus les traditionnels « deux poids deux mesures » qu’il convient d’évoquer, mais la dinguerie à tous les étages.

Il n’empêche que la très timide initiative de Jean-Michel Blanquer n’a pas tardé à froisser les pudeurs humanistes d’anciens dirigeants de l’UNEF : Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, Caroline De Haas et Aurélien Taché, pour ne citer qu’eux. La preuve par cette pétition dans laquelle, sans rire, il est écrit : « Nous ne pouvons tolérer les propos d’un ministre qui banalisent le fascisme et participent ainsi à la confusion idéologique ambiante. »

Hormis le fait qu’on ne voit pas très bien où pourrait se nicher le rapport entre fascisme et immigration clandestine, surtout quand Jean-Michel Blanquer dénonce, lui aussi, la « pente fasciste » des futurs dissous, il y aurait beaucoup à dire sur la « confusion idéologique » en question. Surtout lorsqu’il est aussi affirmé, dans ce texte, que « l’idéal émancipateur, républicain, laïque, antiraciste et féministe a toujours été la boussole de l’UNEF ».

À croire que le voile islamiste serait « laïc » et « républicain » ; en attendant d’être gratuit et obligatoire ? Qu’interdire aux Blancs de dialoguer avec des Noirs vaudrait brevet « d’antiracisme ». Mais que dire d’une réunion de « Blancs » dans laquelle les « Noirs » n’auraient pas le droit d’intervenir ? Que de faire la promotion de la polygamie serait « féministe ». Et que tout cela ferait figure de bréviaire « émancipateur ». Quel pilpoul !

Il en existe pourtant que ces contradictions ne rebutent pas ; le député européen écologiste David Cormand, par exemple, qui dénonce « une sorte d’inversion des valeurs » conduisant « les personnes qui luttent contre le racisme » à être « taxées de racisme » ; le tout faisant, bien sûr, « le jeu de l’extrême droite ».

Ce qui fait dire à Jean-Christophe Cambadélis, lui aussi ancien ponte de l’UNEF, à l’occasion d’un entretien accordé au Figaro, le 21 mars dernier : « Ce n’est plus un syndicat, c’est devenu un mouvement politique groupusculaire dont l’idéologie est celle des campus anglo-saxons. Ils vont au bout de cette logique en toute bonne foi et en tout sectarisme. Ces militants sont devenus les gardes rouges du “woke”. »

Venant d’un ex-commissaire politique – les trotskistes lambertistes, ce n’étaient pas exactement les Bronzés en vacances –, voilà qui ne manque pas de sel. Cambadélis, antiraciste autoproclamé, qui exigeait jadis la dissolution du Front national pour « racisme », finira-t-il un jour dissous à son tour par ses propres enfants, lesquels ne respectent rien et surtout pas leurs ancêtres ?

Voilà qui ne saurait tarder. Et qui serait finalement assez rigolo.

Nicolas Gauthier

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Quartiers difficiles : impossible n’est pas danois !, par Philippe Bilger

Mette Frederiksen

Dans les zones sensibles, dans les quartiers difficiles, le gouvernement social-démocrate danois a décidé de réduire à 30 % le nombre de non-occidentaux et de massivement reloger les familles concernées dans d’autres logements sociaux. Il se promet d’atteindre cet objectif en dix ans.

Durant cette parenthèse, les infractions commises dans ces quartiers défavorisés seront réprimées plus sévèrement (Valeurs actuelles).

On n’appellera plus ces lieux des “ghettos” mais des sociétés religieuses et culturelles parallèles.

Je n’ose même pas penser à ce que la simple annonce de telles mesures susciterait comme manifestations en France, invocation des droits de l’homme, humanisme compassionnel, procès en xénophobie et cruauté républicaine.

La différence est énorme entre le pragmatisme danois et la pudeur française. Entre la volonté d’affronter les problèmes et celle, paradoxale, de les observer.

Le constat, pourtant, doit être relativement le même, qu’il soit fait au Danemark ou en France. Mais le premier pays en tire des conclusions et le second s’en effraie. Le réel, pour l’un, est un enseignement, pour l’autre, un repoussoir.

Une fois que la réalité est connue, décrite et analysée, que ses conséquences désastreuses pour la vie collective sont clairement identifiées, il s’agit seulement d’élaborer et de mettre en oeuvre une politique dont la finalité sera de s’attaquer au mal en prenant, s’il le faut, les grands moyens pour combattre le déplorable vivre-ensemble des quartiers difficiles.

Comme la social-démocratie danoise ne se réfugie pas derrière des considérations absurdement morales mais se confronte au coeur du sujet, l’incompatibilité de certains modes de vie et de pensée entre eux, elle n’hésite pas, parce qu’elle veut être efficace, à recomposer des zones pour éviter que les non-occidentaux y dominent.

Rien à voir avec un quelconque cynisme mais tout avec du réalisme. Même si quelques opposants danois ont protesté contre les modalités de ces relogements (Courrier international).

Quel gouffre entre la France et le Danemark ! Dans celle-là le RN est en permanence vilipendé à cause de projets que le climat démocratique, notre tiédeur républicaine, notre angoisse de nommer les choses ne poussent jamais vers des extrémités tandis que dans celui-ci on ne s’embarrasse pas de mots mais on privilégie l’action.

Celle-ci est reine quand chez nous les ministres promettent et se déplacent.

On sait ce qui va mal, et où, mais on use de mille prétextes pour emprunter le chemin de la faiblesse, ne jamais toucher la cible et continuer à déplorer ce qu’on est incapable de combattre ou d’éradiquer. Au Danemark, on sait ce qui va mal et on ne se détourne pas des solutions parce qu’elles seraient dures et bonnes : au contraire on s’y tient. On préfère le remède à la maladie.

C’est sous l’égide d’une Première ministre femme, Mette Frederiksen, que cette offensive va se poursuivre. Pour que les sociétés parallèles ne se multiplient pas.

N’est-il pas déjà trop tard en France ?

Philippe Bilger

Tribune reprise de Philippebilger.com

Condamner Salvini pour le rendre inéligible, par Olivier Bault

Matteo Salvini

Les scandales qui ont éclaté l’année dernière au sein de la magistrature italienne ont montré combien celle-ci était politisée et abusait de ses pouvoirs pour mettre hors course les leaders de la droite. Dans le cas du bateau de la Garde côtière Diciotti auquel Salvini avait interdit en 2018 de débarquer son chargement d’immigrants illégaux tant que les partenaires européens de l’Italie ne se seraient pas engagés à les prendre en charge, le complot impliquant des membres du Conseil de la magistrature et le président du Tribunal des ministres de Palerme, chargé d’instruire le dossier, a été prouvé grâce à la mise sur écoute du téléphone d’un influent procureur, Luca Palamara, soupçonné de corruption (voir « Italie – Des magistrats au service de la gauche et de ses revendications » dans Présent du 3 juin 2020). Cependant, la coalition Ligue-M5S étant alors encore en place, le Sénat n’avait pas accepté de lever l’immunité du sénateur ministre de l’Intérieur. Mais, avec le changement de coalition, la gauche majoritaire au Sénat a ensuite levé l’immunité du sénateur Salvini dans deux affaires identiques survenues pendant l’été 2019 : celle du navire de la Garde côtière Gregoretti et celle du navire de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms (voir « Malgré les scandales, la gauche italienne judiciarise encore sa lutte contre Salvini » dans Présent du 4 août 2020).

Dans l’affaire du Gregoretti, qui datait de juillet 2019, le parquet a lui-même demandé le classement sans suite à l’issue des audiences préliminaires. Pour l’Open Arms, en revanche, le parquet de Palerme a demandé le 20 mars, à l’issue des audiences préliminaires, que l’ancien ministre de l’Intérieur soit traduit en justice. Dans le cas de l’Open Arms, Matteo Salvini avait refusé, pendant six jours d’août 2019, le débarquement des plus de 160 immigrants illégaux dont plusieurs « mineurs non accompagnés ». L’attitude du parquet de Palerme surprend, car l’Espagne, pays d’origine de l’ONG et de son bateau, avait alors proposé deux ports différents, dont un aux Baléares, et le commandant de l’Open Arms aurait eu plus vite fait de s’y rendre que de chercher à forcer un changement de la politique des ports fermés mise en place par le premier gouvernement Conte sous l’impulsion de Salvini.

La défense de Salvini met d’ailleurs en avant le fait que le ministre de l’Intérieur appliquait la politique du gouvernement Conte dont il faisait partie et, si responsabilité il y a, elle est collective. En outre, l’actuel ministre de l’Intérieur Luciana Lamorgese a elle-même mis en avant devant le juge la continuité de sa politique avec celle de son prédécesseur (ce qui laisse dubitatif au vu de l’explosion des chiffres de l’immigration), et elle a aussi affirmé que les bateaux d’ONG, quand ils ont secouru des « migrants » en mer au large de la Libye, ont l’habitude de rester sur place tant qu’ils ont encore de la place. Le 20 mars, la défense de Salvini a exhibé un courriel des autorités maltaises envoyé à l’Open Arms le 14 août 2020 pour justifier leur propre refus de laisser l’ONG débarquer ses « migrants ». Dans ce message, le centre de coordination des secours de La Valette reproche justement à l’Open Arms d’avoir « flâné » et dit textuellement : « Si vous vous étiez dirigés vers votre port d’origine, vous auriez déjà débarqué. » Ce qui est caractéristique, c’est que parmi les parties civiles qui se sont constituées pour traduire devant la justice italienne un ancien vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, il y a, outre les ONG, la ville de Barcelone, gouvernée par la maire pro-immigration d’extrême gauche Ada Colau, pour le motif que Barcelone finance Activa Open Arms.

Le juge doit décider le 17 avril si le procès aura lieu. Si c’est le cas, Matteo Salvini encourra 15 ans de prison pour « séquestration de personnes » et, même s’il écope de moins, il pourra être rendu inéligible. Et c’est bien là le but recherché par la gauche italienne.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 23 mars 2021

Application StopCovid : Anticor porte plainte contre Olivier Véran

24/03/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Encore une polémique visant l’application StopCovid. L’association Anticor a déposé une plainte à la Cour de justice contre Olivier Véran.

Motif : l’absence de respect des règles d’attribution des marchés publics concernant les contrats liés à l’application. Y aurait-il eu favoritisme ? Les explications de Katia Pecnik.



Covid-19 : autopsie d’un désastre français, par Michel Geoffroy

Depuis une année, nous vivons au rythme d’une épidémie qui, si l’on en croit les experts cathodiques, n’en finit pas. On ne parle d’ailleurs plus que de cela dans les médias. Et voici donc un nouveau confinement, non, pardon, il s’agit de « freiner le virus sans nous enfermer », nous dit le président de la République. Nous ne sommes pas enfermés mais on n’a pas de droit de quitter les zones en question, nuance.
Cette pandémie a surtout révélé ce que notre prétendue société de l’information tenait bien caché. Elle a démontré que le roi occidental était nu, comme dans le conte d’Andersen, et surtout le roi français.
Une analyse proposée par Michel Geoffroy.

Le déclassement de l’Occident

D’abord, 2020 révèle le déclassement mondial de l’Occident, qui globalement se sort plus mal de l’épidémie que l’Asie pourtant nettement plus peuplée.
Le géopoliticien sud-coréen Chung Min Lee relève ainsi que « les États-Unis étaient censés être les mieux préparés au monde pour faire face à une pandémie. Les pays européens comme l’Allemagne et la France pensaient avoir le meilleur système de santé de la planète. Mais la crise sanitaire a dévoilé qu’ils n’étaient pas si avancés que ça […] Désormais, l’Occident n’est plus le modèle incontesté aux yeux du reste du monde. Il s’agit du changement le plus important dans l’histoire mondiale depuis 500 ans[1] ».

Les Occidentaux continuent de donner des leçons à la terre entière, comme au xixe siècle, mais ils suscitent de plus en plus la moquerie et le mépris de la part des autres civilisations.
Comme lorsque notre président de la République donne des leçons de démocratie à la Russie et au Venezuela, tout en… réprimant violemment les Gilets jaunes, en organisant la censure des opposants dans les médias et en reportant les élections.
Comme l’avait démontré Samuel Huntington dès les années 1990, « l’âge de la domination occidentale est fini[2] ».
L’incapacité occidentale à se dépêtrer d’une épidémie qui à l’échelle du monde ne tue que 0,033 % de la population (donc moins que le sida, par exemple), le confirme.

Le déclin français

L’épidémie révèle aussi l’abyssal déclassement français depuis la fin du xxe siècle. Un déclassement bien sûr tabou pour nos médias de grand chemin et pour la classe politicienne institutionnelle, qui en porte l’entière responsabilité. Haro sur le « déclinisme » !

Le (ou la, car le genre de l’épidémie, voilà bien sûr ce qui importe chez nous !) Covid-19 constitue un révélateur équivalent à la défaite de 1940, sauf que l’épidémie a fait très nettement moins de morts. À cette époque, la France croyait avoir la meilleure armée du monde ; comme, en 2020, on nous serinait que nous avions le meilleur système de santé.
Mais qu’a-t-on découvert en 2020 ? Pas de stocks stratégiques, pas de masques, pas de capacités de dépistage, pas suffisamment de lits de réanimation[3], une incroyable dépendance internationale. La crise a confirmé l’adage « quand tout sera privé, on sera privé de tout ».

Mais, en revanche, nous avons disposé d’une pléthore de bureaucrates et d’experts médiatiques en tous genres, non pour empêcher la propagation du virus, mais pour manier des mots savants devant les caméras et sidérer l’opinion avec force graphiques et statistiques.
Sans parler des comités Théodule qui se réunissent en permanence autour de nos gouvernants. Nous étions sauvés : les décisions se prenaient en… « conseil de défense » !

Bienvenue dans le meilleur système de santé du monde

L’épidémie a montré que, sur le plan médical, la France devient un pays du tiers-monde : des déserts médicaux partout, des délais énormes pour obtenir un rendez-vous chez le moindre « spécialiste », des lits hôpitaux en nombre insuffisant et qu’il faut donc faire « tourner » au plus vite (tant pis pour les convalescents), une hygiène déplorable dans nombre d’hôpitaux, des ruptures d’approvisionnement en médicaments, une fraude massive aux systèmes sociaux.

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L’idée claire, ennemie du « En même temps » macronien

La confusion mentale du gouvernement est l’enfant du « En même temps » d’Emmanuel Macron. La « pensée complexe » du président est à la source du désordre intellectuel observable au sommet de l’Etat. L’indécision née de la pratique du « cul entre deux chaises » est aggravée par la propension de la bureaucratie à produire des normes à la chaîne. Cette alliance de l’irrationalité présidentielle et d’une haute fonction publique hors sol a pondu, samedi matin, des « attestations », stupides pour des gens sensés.

L’initiative a été, certes, rapidement suspendue. Mais l’épisode vient rappeler l’urgence d’une réforme de l’Etat technocratique, et la nécessité pour les dirigeants de comprendre la vie des Français. Si un arbre se juge à ses fruits, la Macronie n’a produit, durant ces douze mois d’épidémie de Covid, que des interdits de plus en plus intrusifs et des règlements plus kafkaiens les uns que les autres. Le sommet a été atteint avec ce dernier concept de « l’enfermement extérieur », une « troisième voie » présentée jeudi par Jean Castex comme l’innovation française du moment. A ce point d’absurdité, même les mots manquent : le « confinement » new-look, développé par le premier ministre, est un terme qui a été jugé inapproprié par Macron dès le lendemain: « Je crois que le mot confinement n’est pas adapté à la stratégie présentée », a-t-il dit La coquecigrue ne sera donc pas nommée…

Les « élites » ont un tel mépris du peuple ordinaire qu’elles se méfient des solutions trop accessibles. Pourquoi faire simple quand un fonctionnaire surdiplômé peut faire compliqué, en décrétant quinze motifs de sorties avec attestations et astérisques renvoyant en bas de pages ? Louis XIV avait compris ce qui reste aujourd’hui une énigme pour ceux d’en haut : « La fonction de roi consiste principalement à laisser agir le bon sens, qui agit tout naturellement et sans peine ». Macron laisse comprendre ces derniers temps qu’il s’agacerait des lourdeurs administratives et du poids des « enfermistes », symbolisés par Olivier Véran, le ténébreux ministre de la Santé. Il n’empêche : Véran est toujours à son poste, en dépit des contre-vérités qu’il a pu dire depuis un an. Quant au cafouillage ubuesque du gouvernement, il est aussi le produit de l’entourage présidentiel. « Soyez fiers d’être des amateurs ! », avait lancé Macron, il y a un an, aux députés LREM. Le manque de professionnalisme semble être une faille plus générale. Certes, le chef de l’Etat s’est heureusement opposé, le 29 janvier, à ceux qui réclamaient un confinement drastique pour tous. Mais en prenant, cette fois, ce chemin de traverse incongru, il confond compromis et irrésolution. L’idée claire lui serait-elle devenue inatteignable ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 22 mars 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La cavalerie « woke » américaine au secours des universitaires décoloniaux français

Angela Davis

23/03/2021 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Angela Davis, l’ancienne égérie des Black Panthers, vient de prendre la tête d’un collectif d’universitaires internationaux pour dénoncer la politique islamophobe de la France. Dans une tribune publiée la semaine dernière par Le Nouvel Obs, une poignée d’intellectuels américains et internationaux vient « exprimer [sa] solidarité avec les universitaires, activistes et d’autres producteurs de savoir, qui, en France sont visés par les déclarations faites en février 2021 par Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ».

Ils dénoncent l’utilisation du terme islamo-gauchisme dans le domaine universitaire.

Selon eux, ce terme « reflète une convergence beaucoup plus ancienne d’idéologies de droite, coloniales et racistes opposées aux luttes anticoloniales, anti-islamophobes et antiracistes ». Ils accusent la France d’être restée une puissance coloniale ajoutant que « cette mentalité coloniale se manifeste dans les structures de gouvernance de la France, en particulier vis-à-vis des citoyens et des immigrés racisés, comme en témoignent des mesures comme la dissolution du CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) ».

Ils dénoncent le racisme systémique de la France qui se développerait en France avec la complicité de la droite, mais aussi de la « gauche blanche ».

« Une partie de la gauche blanche, ainsi que des féministes qui ne font aucune analyse anticoloniale, anti-islamophobe et antiraciste, sont également des complices de l’invisibilisation de l’oppression coloniale et du racisme, en fournissant des rationalisations idéologiques au racisme structurel porté également par l’État. ». Ces « chercheurs et activistes internationaux » s’engagent à être solidaires de leurs homologues en France et recevoir dans leurs pays ceux qui seraient, en France, victimes de répression. Cette victimisation laisse songeur, eux qui ne cessent de vouloir « effacer » ceux qui ne pensent pas comme eux !

Dans son dernier livre Pour répondre aux décoloniaux, aux islamo-gauchistes et aux terroristes de la repentance, Bernard Lugan répond à ce discours victimaire

Alliés à l’islamo-gauchisme, les « décoloniaux » ont entrepris de déconstruire la France au moyen d’un terrorisme médiatique et intellectuel sans précédent. Pour l’africaniste, ce n’est pas de « séparatisme » dont il s’agit. Ils ne veulent pas faire sécession sinon ils perdraient les nombreux avantages qu’ils reçoivent de cette France qu’ils haïssent tant… à l’image d’Hafsa Askar, vice-présidente du syndicat étudiant UNEF, qui, le 15 avril 2019, jour de l’incendie de la cathédrale, avait écrit : « Je m’en fiche de Notre-Dame de Paris, car je m’en fiche de l’Histoire de France… Wallah… on s’en balek [traduction : on s’en bat les c…], objectivement, c’est votre délire de petits blancs. » Face à cet esprit destructeur, le livre de Lugan a le mérite de remettre les pendules à l’heure.

Sciences Po Strasbourg – « Samuel Paty » rayé des listes, par Paul Vermeulen

Samuel Paty

Le vendredi 12 mars 2021, les étudiants de Sciences Po Strasbourg étaient appelés à venir voter pour choisir le nom de leur parrain de promotion, un usage courant pour nombre d’écoles d’enseignement supérieur. Ce choix, dans le cas de cet IEP, concerne les quatre années à venir. Les étudiants de 1re année ont placé Samuel Paty parmi les qualifiés pour le tour suivant. Un choix qui ne surprend pas mais qui doit être salué. Sciences Po n’étant guère encline à développer un vivier d’opposants à l’idéologie au pouvoir, il n’est pas anormal que les étudiants, pour beaucoup futurs cadres des différents pouvoirs du système, médiatique, politique, éducatif ou culturel, suivent ce que ces pouvoirs ont fait mine de vouloir faire : rendre hommage à Samuel Paty.

Le choisir est néanmoins un geste fort : Samuel Paty est ce professeur d’histoire-géographie qui a été assassiné et décapité par un musulman islamiste terroriste tchétchène le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines. Le terroriste, Abdoullakh Anzorov, l’a tué à proximité du collège où il enseignait, à la veille des vacances de la Toussaint. Un meurtre qui a provoqué une vive indignation. A la rentrée, l’exécutif avait mimé un vague hommage, vite transformé en une pantalonnade.

Reste que le professeur sauvagement assassiné par un musulman âgé de 18 ans, ayant bénéficié du statut de réfugié accordé à ses parents avant sa majorité, est devenu un symbole fort de la liberté d’expression, en particulier au sein de la jeunesse étudiante, du moins de ses pans non encore pollués par les théories indigénistes et racistes de gauche radicale. Des étudiants qui, du fait de leur jeune âge, ont encore en mémoire leurs professeurs de collège et de lycée, le relationnel, la proximité humaine parfois.

Or, le nom de Samuel Paty, bien qu’élu par les étudiants de 1re année, a été retiré de la liste des candidats du 2e tour sur décision de la direction de l’école.

L’affaire a été révélée par la section strasbourgeoise de l’Union nationale inter-universitaire (UNI), syndicat étudiant de droite, les autres étant demeurés bien silencieux. Dans son communiqué, l’UNI parle de « la colère au sein de la promotion » et indique que ce retrait montre « la manière dont l’idéologie et les militants d’extrême gauche font la loi et n’hésitent plus à fouler du pied la mémoire d’un martyr de la liberté ». De manière symbolique et pacifiste, les militants locaux de l’UNI ont rebaptisé le principal amphithéâtre de Sciences Po Strasbourg du nom de Samuel Paty.

Ce retrait, s’agit-il d’une bourde, de censure ou de peur ? Un peu de tout cela sans doute. La direction préfère peut-être éviter ce qu’elle estimerait être une provocation vis-à-vis des musulmans ? Officiellement, la direction a retenu cinq noms « dans un but de parité ». Ce sont cinq noms de femmes. Exit les hommes. Dont Samuel Paty. Ce qu’elle ne dit pas, c’est qu’elle a changé les règles du scrutin entre les deux tours. Que craint Sciences Po Strasbourg, sinon l’islam ? La promotion s’appelle finalement « Gisèle Halimi ».

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 22 mars 2021