Coronavirus : télétravail, famille, patrie ?, par Jean-Yves Le Gallou

Le dernier livre de François Bousquet – Biopolitique du coronavirus : télétravail, famille, patrie – est à lire. Ne serait-ce que pour méditer sur l’impact de la maladie sur l’opinion.
Le livre, qui reprend les billets parus au fil de l’épidémie sur le blog d’Eléments, suit la chronologie des événements et décrit la versatilité des gouvernants et des médias.

Comme à l’époque de la Grande peste (selon La Grande peur en occident de Delumeau), les responsables politiques et le clergé (médiatique aujourd’hui !) sont passés du déni à la prise de conscience et de la prise de conscience à l’hystérie. Avec toujours un décalage temporel entre les faits et les réponses qui leurs sont apportés. Sans que l’occident progressiste soit beaucoup plus efficace que le « sombre Moyen Âge », décrit avec un brin de condescendance par Delumeau en bon historien… progressiste.
L’analyse de Bousquet évolue aussi au cours du temps. À certains égards, l’épidémie est présentée initialement comme une « divine surprise » percutant de plein fouet la mondialisation et le sans-frontiérisme. Et conduisant les hommes et les femmes à se retrouver dans un cadre plus local et plus familial. D’où le titre !

Le Covid ? Un rêve pour décroissant ?

Pourtant, très vite, Bousquet va déchanter. Finalement, le coronavirus sert bien les intérêts des très grandes multinationales : grandes surfaces commerciales, GAFA, vendeurs par internet. Certains gros prospèrent, beaucoup de petits souffrent.

C’est la stratégie du choc qui prévaut : le coronavirus va permettre une mise en place d’un contrôle social accru, allant jusqu’au traçage numérique en attendant l’obligation de vaccination. Big Pharma et Big GAFA sont aux aguets. C’est la mise en œuvre de la biopolitique chère à Michel Foucault dont Bousquet est le décrypteur talentueux.

La comédie des masques illustre aussi l’extraordinaire efficacité de la propagande gouvernementale quand elle est relayée avec une discipline nord-coréenne par les médias.
Interdits en mars (lorsqu’ils auraient pu être utiles), les masques sont obligatoires à peu près partout, y compris dans les espaces ouverts et les entreprises, en août (au moment où l’épidémie est en phase résiduelle). Cherchez l’erreur !
Et cela sans que l’opinion ne se rebiffe. Un cas d’école de domestication. Des populations de souche européenne en tout cas, le pouvoir se gardant bien de faire appliquer ces règles dans les quartiers de l’immigration ; dans le silence des médias sur ce deux poids, deux mesures.

Cette recension n’est qu’un court aperçu d’un livre plein de fulgurances et de formules flamboyantes. Bref c’est du Bousquet. À lire absolument.

Biopolitique du coronavirus : télétravail, famille, patrie, François Bousquet, La Nouvelle Librairie, 14,90 €

Jean-Yves Le Gallou

Texte repris du site Polémia

Frappée et tondue en France en 2020, où sont « les valeurs de la République » ?

La réalité impose chaque jour, ou presque, un démenti formel et cinglant aux naïfs et aux impurs qui enseignent au bon peuple de France tous les bienfaits de l’immigration de masse actuelle, tout en se référant de façon fallacieuse à celle d’époques révolues.

Ainsi une jeune fille musulmane de 17 ans originaire de Bosnie-Herzégovine qui entretenait une relation avec un jeune Serbe chrétien de 20 ans a-t-elle été frappée violemment et tondue, le 17 août dernier, par sa famille, parents, oncle et tante, après avoir ramené son petit ami chez elle, à Besançon.
La vice-procureure au parquet de Besançon, Margaret Parietti, a relaté les faits. «La première gifle est partie de la mère, puis il y a eu un déferlement de violence. Elle a été emmenée dans une chambre, violentée. Elle a été tondue, selon ses déclarations, par son oncle, le frère de son père, tout en étant frappée». La magistrate a même précisé que la jeune fille avait auparavant «60 cm de cheveux». Une fois de plus, ces immigrés récents ont donné la preuve que les mœurs de leur pays d’origine ont prévalu sur ces « valeurs de la République » aussi vagues qu’incantatoires.

D’autres questions ne peuvent que surgir à l’esprit.
Il s’agit d’Européens issus des contrées de l’ex-Yougoslavie que seule la religion sépare. La religion « de paix et d’amour » s’étant d’emblée montrée la moins tolérante et pacifique. Qu’en sera-t-il de ressortissants de même obédience issus de contrées encore plus éloignées de nos habitudes, comme cette corne de l’Afrique où l’excision et l’infibulation ont encore cours ?
Comment comparer cette immigration récente avec celle qui fut une authentique richesse pour la France au XIXième siècle ou dans les années trente, ou même avant le funeste regroupement familial ? Comment nos prétendus gouvernants depuis quarante ans pouvaient-ils ou peuvent-ils à ce point ignorer les rudiment de l’histoire et de la géographie humaine ?

Tondue ! Qu’en pensent tous les auteurs prêts à dégainer à la première ombre de prétexte les « heures les plus sombres de notre histoire », qu’ils connaissent finalement si peu ? Comme d’habitude, ils se tairont et oublieront vite.
Et qu’en pense notre grand philosophe et influenceur, l’illustre auteur de Bosna ! , BHL que le monde entier nous envie ?
Perseverare diabolicum.

Jean-Charles Mignard

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

L’urgence sécuritaire, sujet occulté, par Ivan Rioufol

La violence ? Quelle violence ? Pour le gouvernement, il y a une urgence sanitaire et une urgence économique. Les autres désordres ne sont, pour Emmanuel Macron lui-même, qu’une somme d’ “incivilités”. C’est d’ailleurs un Conseil de défense sanitaire que présidera, mardi, le chef de l’Etat, tout à sa “guerre” contre le coronavirus. Le président a même décidé de retarder l’annonce du plan de relance économique, initialement annoncé pour cette semaine. “L’urgence est économique et sanitaire”, a d’ailleurs confirmé, ce lundi sur RTL, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. L’urgence sécuritaire, qui devrait s’imposer comme une évidence à un pouvoir réaliste, n’est pas même une expression qui vient à l’esprit des gouvernants, ni même de leurs principaux opposants.

Le somnambulisme est la marque de la macronie, héritière de trente ans de dénis sur la montée inexorable des chocs multiculturels. Les barbares qui ont saccagé, jusqu’à tôt ce lundi matin, des vitrines des Champs Elysées et des voitures du quartier, sont d’abord les protégés des belles âmes. Au nom de droits de l’homme dénaturés, celles-ci les laissent faire ou les excusent, au titre de leur appartenance à des minorités prétendument oppressées. Ceux qui les critiquent sont des “racistes”.

“Wala, on va tout casser” : voici le genre de propos entendus cette nuit à Paris par des témoins (Le Figaro), auprès de racailles dépitées par la défaite de leur club de football du Paris Saint Germain (propriété du Qatar, lui-même soutien des Frères musulmans) en finale de la Ligue des champions. En réalité, une victoire aurait eu les mêmes effets, tant ces voyous ont pris la mesure de leur impunité. Alors que le pouvoir avait montré une extrême brutalité contre la répression des Gilets jaunes (un mort, 24 éborgnés, 5 mains arrachées, 2448 blessés chez les manifestants, 1742 chez les forces de l’ordre), il observe en revanche une évidente retenue quand il a à affronter la nouvelle guerre des rues, ces petites intifadas qui cherchent la moindre occasion pour affirmer leur hostilité à la République et à la France.

Prendre les Champs Elysées pour cible répond à une visibilité recherchée. Or les images de cette nuit montrent des casseurs se déchaîner sans être inquiétés par la police. Quand Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, déclare il y a un mois: “Il faut stopper l’ensauvagement d’une partie de la société”, il dit les mots attendus. Mais la paix civile ne se gagnera pas par la capitulation. Or l’autorité de l’Etat est en miettes. Il ne sait plus imposer que des masques aux plus dociles.

Ivan Rioufol

Texte daté du 24 août 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Le CCIF appelle la France à “reconnaître la communauté musulmane comme une minorité”

Sur son site internet, le Collectif contre l’islamophobie en France tente de mettre en lumière les victimes d’”actes islamophobes”.

Changer la constitution, rien que cela. C’est ce qu’exige le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) dans une publication en date du samedi 22 août émise sur islamophobie.net, son site internet.

Le CCIF milite pour « la protection des victimes de l’intolérance »

« Hier, le CCIF célébrait la journée internationale du souvenir en hommage aux victimes du terrorisme et nous vous expliquions en quoi l’extrémisme violent et le terrorisme n’étaient en rien le propre des musulmans », débute le texte, ajoutant qu’« aujourd’hui (samedi, ndlr), le CCIF célèbre la journée internationale en hommage aux victimes de violences en raison de leur religion ou convictions ». « Les violences, les agressions physiques, lorsqu’elles sont commises du fait de l’appartenance réelle ou supposée à la religion musulmane, sont des actes islamophobes. Notre combat et notre solidarité nous place près de ces victimes, et notre engagement à les protéger se renouvelle chaque année, malgré la grave augmentation de ces violences », peut-on aussi lire.

« Afin de mener ce travail de prévention et de protection de l’intégrité physique des citoyens français de confession musulmane, il devient urgent pour la France de reconnaître la communauté musulmane (comme d’autres d’ailleurs) comme une des minorités vivant sur son territoire », mentionne encore le texte du CCIF, rappelant que, de fait, « la France refuse à ce jour de reconnaître l’existence de minorités ethniques ou religieuses en son sein, alors même qu’elle reconnaît et souhaite protéger l’existence de minorités ethniques ou religieuses à l’étranger. » Et la publication de conclure : « En ce jour, nous affirmons avec conviction que la protection des victimes de l’intolérance passe par la reconnaissance du statut des communautés dont elles sont issues. Il en va de leur liberté à exister. »

L’universalisme républicain remis en question

Rappelons, n’en déplaise au CCIF, que la Constitution française affirme le principe de l’universalisme républicain. Le droit français refuse donc les notions de « minorité ethnolinguistique » ou « confessionnelle ». L’universalisme, comme la laïcité ou le principe d’indivisibilité sont indissociables de la Ve République.

Texte repris du site de : Valeurs Actuelles

Coronavirus – La seconde vague et la mascarade

Après s’être vanté de sa gestion – pourtant désastreuse – de l’épidémie de coronavirus et de son déconfinement par étapes prétendument réussi, le gouvernement, confronté à une nouvelle explosion du nombre de contaminations, en vient maintenant à envisager des reconfinements ciblés et à généraliser progressivement le port du masque.

Les grands médias peuvent bien continuer de nous assener quotidiennement des reportages évoquant la « gestion catastrophique » de l’épidémie de Covid-19 aux Etats-Unis et au Brésil, ils ne nous feront pas oublier pour autant que le gouvernement français non seulement n’a pas mieux géré la crise que ces pays mais a même fait pire si l’on rapporte le nombre de décès à celui de la population totale. Plus inquiétant encore : alors que le gouvernement s’enorgueillissait d’avoir « réussi » le déconfinement de notre pays, l’épidémie revient aujourd’hui au galop. C’est ainsi que jeudi, la Direction générale de la santé disait avoir relevé 4 771 nouveaux cas de contamination au cours des dernières 24 heures, soit un record depuis la mi-avril. La veille déjà, 3 776 nouveaux cas avaient été détectés. En même temps, la DGS enregistrait 35 nouveaux foyers de contagion sur le territoire français, portant ainsi leur nombre total à 410. Si ces chiffres sont, il est vrai, à mettre en rapport avec le faible nombre de nouveaux décès (12 au cours des dernières 24 heures) et de nouvelles hospitalisations (149), ils n’en constituent pas moins la preuve que la crainte d’une deuxième vague épidémique manifestée par l’écrasante majorité des médecins était largement fondée et que le gouvernement a été, encore une fois, incapable de l’empêcher.

Vers des « reconfinements ciblés »

Résultat, un nombre sans cesse croissant de villes françaises (dont Toulouse et Nice) ont pris d’elles-mêmes la décision au cours de ces dernières semaines de rendre obligatoire sur leur territoire le port du masque, aussi bien en extérieur que dans les lieux publics clos. Et l’Etat, pris de panique, annonce maintenant presque chaque jour une nouvelle obligation de porter le masque sur des lieux ou dans des circonstances de plus en plus divers : hier, dans les collèges et lycées « en toute situation » à la rentrée, avant-hier dans l’ensemble des entreprises à compter du 1er septembre… Pire encore : face à ce retour en force de l’épidémie, dont les grands médias d’ailleurs se gardent bien de noter qu’il est en partie lié aux transhumances migratoires extra-européennes de fin de vacances, l’Etat évoque de plus en plus l’hypothèse de « reconfinements ciblés ».

Ainsi, interviewé cette semaine par Paris Match depuis sa résidence du fort de Brégançon, Macron, tout en écartant l’idée de recourir à nouveau à un reconfinement généralisé dont les conséquences économiques seraient évidemment catastrophiques, n’en a pas moins déclaré : « On ne s’interdit rien »… « Ce que l’on veut éviter, a-t-il ajouté, c’est d’être débordés. Nous avons des stratégies très localisées, comme ce qui s’est passé en Mayenne, et qui peuvent aller jusqu’à un reconfinement ciblé qu’on pourrait instaurer si la situation l’imposait. » Mais, pratiquement comme en mars dernier, ce qui frappe, c’est l’absence de vision d’ensemble et de mise en perspective face au virus.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 21 août 2020

Naturalisations. L’effrayant manque d’exigence des autorités françaises

Paul Tormenen poursuit son rigoureux et salutaire travail d’exploration des méandres administratifs français relatifs à la question de l’immigration. Il s’est récemment intéressé au dernier rapport de la Cour des comptes rendu public le 5 mai sur la gestion par l’État de l’immigration.
Après avoir fait une présentation générale du rapport, analysé les différents dispositifs étatiques pour gérer l’immigration légale, fait le constat que la France est un pays de cocagne pour les immigrés clandestins et passé en revue la « gestion » de l’immigration illégale, Paul Tormenen conclut son analyse critique du rapport en abordant la gestion de l’intégration des étrangers à la société française.
Un texte édifiant.

La naturalisation des étrangers

La personne sollicitant sa naturalisation doit remplir plusieurs conditions (âge, lieu de résidence en France, etc.) posées par le code civil. La naturalisation s’obtient sur décision administrative à partir de l’instruction de la demande et d’un entretien avec l’administration, au cours duquel le respect des conditions requises, l’assimilation du candidat à la société française et la maitrise du français sont (censés être) examinés. Les naturalisations sont encadrées par le Code civil et par des circulaires à destination des services instructeurs.

Constats de la Cour des comptes
– Selon les chiffres communiqués par la Cour des comptes, 74 933 étrangers ont acquis la nationalité française en 2019, « à leur demande ou par mariage ».

L’entretien d’assimilation serait selon la Cour des comptes « bref et formel » et essentiellement consacré à un examen des pièces du dossier. Les conseillers de la CC estiment que le contrôle de l’assimilation posé par l’article 21-24 du code civil « n’est respecté que superficiellement ».

Les 3 principales nationalités d’origine des personnes naturalisées sont marocaine (19%), algérienne (17%) et tunisienne (7%).

Préconisations de la Cour des comptes – La Cour des comptes pointe la nécessité de raccourcir les délais d’instruction et d’améliorer l’homogénéité des décisions. Elle souligne qu’une dispersion élevée du taux de rejet selon les préfectures a été constatée par l’Inspection Générale de l’Administration en 2011.

La Cour des comptes préconise de « réformer l’entretien d’assimilation pour lui donner une forme collégiale et rendre plus substantiel le contrôle des conditions posées par le code civil ».

Commentaires
– Le chiffre de 74 933 naturalisations en 2019 mis en avant par la Cour des comptes ne rend que partiellement compte du nombre d’étrangers ayant acquis la nationalité française l’année dernière. L’INSEE a dénombré 109 626 personnes devenues françaises en 2019, par déclaration anticipée, mariage, naturalisation, etc.. En 10 ans, ce ne sont pas moins de 1 127 704 étrangers qui sont devenus français (1).

La France se situe dans l’Union européenne parmi les pays qui ont un taux de naturalisation le plus élevé (rapport entre le nombre de personnes ayant acquis la nationalité d’un pays au cours d’une année et le stock de résidents étrangers) (2).

Le nombre de demandes de naturalisation ne fait que croitre, tout comme les moyens financiers et humains dédiés dans les préfectures (3). C’est plus globalement 101 534 demandes d’accès à la nationalité française (demandes de naturalisation + déclarations) qui ont été instruites en 2018 par les services de l’État. Les étrangers dont la demande de naturalisation a été rejetée font très souvent un recours administratif, dans 41 % des cas (4).

Le traitement plus qu’expéditif par la Cour des comptes dans son rapport de la gestion des naturalisations par les services de l’État laisse pantois. N’y a-t-il pas matière à s’interroger non seulement sur le coût mais surtout sur l’efficacité des naturalisations et plus largement de l’acquisition de la nationalité française ?

Notre pays se fragmente et se communautarise chaque jour davantage, une frange croissante de la jeunesse estime que la charia doit primer sur les lois de la République, des français sont allés combattre la civilisation occidentale en Irak et en Syrie. N’y avait-il donc pas lieu de renverser la table et de reconsidérer non seulement le coût et la cohérence des décisions de naturalisation, mais également et surtout l’efficacité des principaux modes d’acquisition de la nationalité française :

acquisition de plein droit à la majorité pour les enfants nés en France de parents étrangers (droit du sol) ;
naturalisation par mariage ;
naturalisation par décret.

De même, si la nationalité française s’acquiert, elle doit pouvoir se perdre si l’individu concerné manifeste un comportement hostile à l’égard de la société française.

L’acquisition de plein droit de la nationalité française à la majorité pour les enfants nés en France de parents étrangers

On peut s’étonner que la Cour des comptes ne s’interroge pas dans son rapport sur l’efficacité du droit du sol, qui permet non seulement d’acquérir un document, la carte nationale d’identité, mais également la nationalité française. Celle-ci ne se limite pas à une collection de droits mais implique des devoirs et l’adhésion à certaines valeurs.

Charles Pasqua, ministre de l’intérieur au gouvernement en 1993, a été à l’origine d’une loi (93-933) conditionnant l’acquisition de la nationalité française à la majorité, pour les enfants nés en France de parents étrangers, à la signature d’une « déclaration de volonté ».

La proposition de loi soulignait à l’époque que « le rôle de la volonté est modeste ou inexistant dans les modes d’acquisition liés à la naissance (…) ». Le ministre de l’intérieur faisait – déjà – le constat que « la fermeture du milieu d’origine sur lui-même a pu faire barrage aux influences extérieures et contrarier l’intégration » du jeune qui atteint sa majorité (5). Qui peut prétendre sérieusement que la fermeture de certains milieux se soit allégée depuis 1993 ?! La gauche s’est empressée de rétablir l’acquisition automatique de la nationalité une fois revenue au pouvoir en 2008.

Pourtant, non seulement les raisons pour lesquelles le droit du sol a été instauré ne sont plus d’actualité, mais on assiste également de façon croissante à une défiance d’une partie de la jeunesse immigrée, qui refuse de se considérer comme française, en faisant primer la deuxième nationalité « de cœur » des parents (6). Le rétablissement d’une véritable démarche visant à acquérir la nationalité française permettrait de sortir de l’ambiguïté et d’éviter que la nationalité française soit donnée à des « français de papier ».

Pour lire la suite, c’est ici !

Entretien – La « nouvelle guerre des mondes » selon Michel Geoffroy

21/08/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Le coronavirus a révélé l’extraordinaire dépendance industrielle de l’Europe vis-à-vis de Pékin. L’émergence de nouvelles puissances comme la Chine, la Russie et l’Inde marque-t-elle le déclin de l’Occident ? Ce monde multipolaire en transformation est-il le théâtre de la « quatrième guerre mondiale » ?

C’est la thèse de Michel Geoffroy, ancien haut-fonctionnaire, essayiste et auteur de « La nouvelle guerre des mondes » aux Editions Via Romana. Sputnik l’a interrogé.


Séparatisme ? Pour ne pas écrire conquête islamique ?

Le terme « séparatisme » est revenu tout récemment dans le vocabulaire politique. Dans les années 1950, il désignait les velléités de groupuscules, terroristes ou non, de séparer de la mère patrie les départements français situés en Algérie. Ces terres étaient françaises depuis 1830, mais une partie des habitants s’étaient progressivement engagés dans un processus de séparation. On connaît la suite, la montée en puissance du terrorisme, et finalement le ralliement au FLN, par la peur, la violence, le racisme …et l’islamisme.

Mais voici qu’on nous parle de séparatisme du Val-d’Oise, de séparatisme de départements de la petite couronne. Le phénomène n’est pas exactement identique, bien que l’on y retrouve la recette qui a conduit à la perte des départements d’Algérie : la peur, la violence, le racisme… et l’islamisme, également.

Il n’y pas en Val-d’Oise ou ailleurs, une volonté d’indépendance exprimée par une majorité ou par une minorité agissante, il y a des membres issus d’une communauté récemment immigrée, souvent étrangère, voire clandestine (en toute hypothèse minoritaire, même localement, par rapport aux habitants « historiques », « de souche »), d’unifier des « zones de non droit » pour en faire des territoires soumis aux règles d’une autre religion, d’une autre culture, d’une autre civilisation.

Pour ne pas effrayer, pour ne pas « donner du grain à moudre à l’extrême droite », on parle désormais de « séparatisme », mais c’est de cela qu’il s’agit. Le vocabulaire est un simple artifice pour masquer un phénomène devenu effrayant.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 19 août 2020

Le mythe de la tenaille identitaire et la réalité du sabre islamique, par Clément Martin (Les Identitaires)

Qu’est-ce que la « tenaille identitaire » ?

« Il y a une tenaille identitaire en France, comme dans tous les pays occidentaux. À une extrême droite populiste, qui n’a jamais été aussi forte et décidée à déstabiliser la société, répondent des courants de repli intégristes religieux. Ces deux-là se renforcent l’un l’autre. Si on n’y prend pas garde, si on ne montre pas notre détermination, la tenaille se refermera. » En 2016, ainsi parlait Gilles Clavreul[1], haut-fonctionnaire, délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme de 2015 à 2017 sous le gouvernement Valls II et chef de file du Printemps républicain, mouvement de défense de la laïcité. En 2005, il avait qualifié le CCIF, Collectif contre l’islamophobie en France, de « collectif anti-démocratique, raciste et antisémite », et en 2017, demandé l’interdiction de la campagne d’affichage municipal contre l’immigration clandestine organisée par Robert Ménard, maire de Béziers.

L’argument de la tenaille identitaire revient en force à l’occasion des événements liés au Black Lives Matter et à la réponse de Génération identitaire. Au début de l’année, la féministe Caroline Fourest reprit ces éléments de langage : « La gauche universaliste se trouve cernée de tous les côtés. Elle est prise en tenaille par la droite et la gauche identitaire, qui s’entendent pour prospérer. »[2] Natacha Polony, rédacteur en chef du journal Marianne et ancienne chroniqueuse sur France 2, très attachée aux vertus d’obéissance et d’excellence dans feu « l’école de la République », félicitait son ami Henri-Pena Ruiz de combattre les idées d’Eric Zemmour par le dialogue : « contre toute idéologie qui abandonne les Lumières. Combattre la tenaille identitaire, c’est aussi cela. »[3] La Licra, mouvement antiraciste historique, s’indignant contre les injures anti-juives pendant la manifestation pro-Traoré place de la République, évoquait la « tenaille identitaire » du fait de la présence de Génération identitaire derrière la banderole « Le racisme anti-blanc tue ! »[4] Pour la Licra, Nadine Morano dénonçant les « Françaises de papier » et Rokhaya Diallo le « racisme d’État »[5], même combat : la tenaille identitaire, encore une fois !

La vieille gauche républicaine en PLS

Cet argument est sans doute la réaction de survie de la gauche traditionnelle, qui rêve d’assimilation ou d’intégration dans le légendaire « creuset républicain », face à l’ardeur de la nouvelle gauche indigéniste : Houria Bouteldja et les Indigènes de la République, Danielle Obono chez les Insoumis, les thuriféraires d’Assa Traoré, etc. Un récent article des étudiants de Sciences-Po Paris s’inquiète de la rhétorique « décoloniale » à l’encontre des « non-racisés » (c’est-à-dire les Blancs), exclus du mouvement antiraciste universitaire : « En essentialisant les “Blancs”, les “Noirs” ou les “Arabes”, les discours d’extrême-droite et d’extrême-gauche jouent un jeu dangereux. Celui de communautariser un combat qui nous concerne tous, partout, tout le temps. (…) Le déni de l’extrême-droite [à l’égard des discriminations] et l’outrance de l’extrême-gauche prennent le débat public en tenailles. La voix de l’universalisme républicain doit se faire entendre. »[6]

La vieille gauche universaliste a peur car elle est au bord du tombeau. Après avoir laissé entrer des vagues d’immigrés par centaines de milliers depuis 40 ans, la gauche républicaine s’étonne que les générations nouvelles, indifférentes ou hostiles à la conception républicaine de la foi (nécessairement privée et inférieure aux lois), développe sa propre vision des choses dans un contexte scolaire et culturel où l’on ne cesse de présenter les cultures étrangères comme une richesse. Prenant ce discours au sérieux, les descendants d’immigrés ont donné des prénoms étrangers à leurs enfants, qu’ils ont éduqué dans le culte des racines familiales, et pèsent désormais sur le paysage politique.

Pour des raisons électorales évidentes, plus personne à gauche ou à droite n’oserait brusquer cette population. La démographie prime sur la démocratie et les dinosaures de la social-démocratie périmée n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. Benoît Hamon avec son « kébab », Jean-Luc Mélenchon voulant « désarmer les policiers » ou Emmanuel Macron comparant la colonisation à un « crime contre l’humanité », l’ont très bien compris ! La gauche républicaine a beau jeu d’accuser ses enfants monstrueux d’avoir trahi l’universalisme.

Cette vieille gauche a organisé le multiculturalisme, qui est la matrice même de l’indigénisme, en réduisant l’identité française à des valeurs abstraites auxquelles tout le monde devrait naturellement adhérer, du Wolof sénégalais à l’Aïnou du Japon en passant par les Napolitains et les Allemands. Liberté, pour quoi faire ? Egalité, où ça ? Fraternité, entre qui ? D’une culture et d’une religion à l’autre, ces réponses diffèrent. À force de l’ignorer, la gauche républicaine a scié la branche sur laquelle elle était assise et offert le pays au chaos. Si aujourd’hui ses partisans entonnent le chant du cygne devant la « gauche indigéniste », c’est aussi parce qu’au fond, ils voient bien leur échec : le mythe d’une République à la fois « une et indivisible » et culturellement plurielle s’est effondré sous leurs yeux. Plus ou moins consciemment, peut-être espèrent-ils sauver la France de leur enfance derrière l’invocation politiquement correcte de « valeurs républicaines » auxquelles plus personne ne croit. C’est une erreur. On ne défend pas la France avec l’idéologie qui l’a mise à terre.

L’immigration-invasion : une réalité

Selon Jean-Paul Gourévitch, auteur des Migrations pour les Nuls, il y aurait environ 13 millions d’habitants d’origine étrangère en France, soit la première génération d’immigrés (nés étrangers à l’étranger) et la seconde génération, leurs enfants nés Français en France – par la magie du droit du sol – de parents étrangers. Ces données sont incomplètes car en l’absence de statistiques ethniques, la troisième génération est ignorée puisqu’elle est composée de Français de papier nés de parents « français » eux aussi (la seconde génération). Il y a donc au minimum un cinquième de la population d’origine étrangère, dont une très large majorité de musulmans (Maghreb et Turquie), sans compter les petits-enfants de la génération 70. Cela ne s’est jamais vu dans l’histoire humaine.

Pour comparaison, à la fin du Ve siècle, les Barbares germains étaient entre 50 000 et 100 000 sur 8 millions de Gallo-Romains, soit 0,9 % de la population ![7] Pendant l’ère coloniale, jamais les Français, que ce soit en Algérie, en Indochine ou en Afrique noire, n’ont représenté un habitant sur cinq ou sur six. Nos ennemis ont donc raison : l’immigration afro-asiatique en France n’est pas qu’une colonisation, c’est une invasion. Nos craintes de voir disparaître notre pays sont parfaitement fondées.

Les pleurnicheries indigénistes : une névrose

Qu’en est-il de celles des indigénistes, qui comparent la France d’Emmanuel Macron à l’Afrique du sud au temps de l’apartheid ? Comment parler de « négrophobie » ou d’« islamophobie » dans un pays où la carte de séjour de dix ans est automatiquement renouvelable, avec en bout de course la quasi-certitude d’acquérir la nationalité française (certitude totale si on accouche sur place, l’enfant devenant automatiquement français !) et où il existe au moins 2 400 mosquées ? Comment parler de violences policières alors que la police a abandonné les quartiers aux mains des caïds, n’osant plus y entrer de peur de subir un guet-apens mortel ? Des banlieues où même les pompiers n’entrent plus… Comment parler d’État répressif alors que des Tchétchènes et des Maghrébins se tirent dessus en pleine ville avant de se réconcilier à la mosquée sous l’autorité de l’imam local ?

En réalité, les Indigénistes sont le pur produit de la jonction de trois phénomènes : le racisme anti-français inhérent à une population élevée dans la haine de l’ancien colonisé, le marxisme culturel construisant une image binaire de la société (opprimés contre oppresseurs) et le narcissisme qui pousse chacun à se poser en victime pour acquérir une dignité personnelle. L’indigénisme n’est pas une maladie, certes, mais c’est une opinion portée par des ingrats et des névrosés en mal d’innocents à détester.

Les indigènes de France

Les assimilationnistes de tout bord ont nié la persistance des racines. À gauche, ils ont cru que le catéchisme antiraciste suffirait à générer le respect et l’amour. À droite, certains croient encore qu’on peut franciser des descendants d’immigrés par des cours d’histoire patriotiques à l’école, en remettant Vercingétorix à l’honneur : « nos ancêtres les Gaulois »… Ce qui est vrai pour nous, Français de souche, mais ne le sera jamais pour les autres, qui n’y croyaient déjà pas sous le second empire colonial.

L’universalisme républicain nie que l’identité s’hérite d’abord, qu’elle est le fruit d’un héritage familial, un déterminisme. On peut certes la rejeter mais elle nous marque à vie et aucune volonté humaine fragile ne peut contre-carrer plusieurs décennies, voire des siècles d’histoire intergénérationnelle. En d’autres termes, on n’efface pas le passé avec des bons sentiments et le naturel revient toujours au galop.

Nous, aux Identitaires, nous ne repassons pas les plats de l’histoire. Nous défendons notre communauté, les Français, contre ceux qui les menacent, ici et maintenant. Si des immigrés de bonne volonté s’assimilent sincèrement et deviennent français, pourquoi pas ? Derrière les Traoré et autres voyous, islamistes et criminels, il y a certes des familles d’immigrés silencieux. Mais combien sont-ils ? Et surtout, où sont-ils ? On ne les entend pas, on ne les voit pas. Pour que la France vive, les Français doivent pouvoir y habiter en paix, selon leur propre identité.

Il n’y a pas de « tenaille identitaire », on ne peut comparer le discours d’envahisseurs hargneux à celui des défenseurs du peuple historique de France. Il n’y a pas de « gauche identitaire », comme le dit Caroline Fourest : il n’y a que les enfants de l’immigration-invasion et les indigènes de France, d’origine européenne, de culture gréco-latine et chrétienne, héritiers d’Athènes, de Rome et de Compostelle. Nous sommes ici chez nous et ceux qui n’aiment pas la France telle qu’elle est doivent la quitter sans tarder. La remigration est la seule issue au chaos, la condition sine qua non de la paix. Ce pays est à nous, nous ne l’abandonnerons jamais.

[1]Actualité Juive, 30/11/2016.
[2]Le Point, 24/02/2020.
[3]Twitter, 11/11/2019.
[4]Twitter, 13/06/2020.
[5]Twitter, 27/02/2018.
[6]La Péniche, 08/06/2020.
[7]Jacques Dupâquier et Fernand Braudel, cité par Jean Sévillia, Historiquement incorrect, 2011.

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Stéphane Ravier : « Des CRS qui viennent lutter contre l’insécurité ? Non, pour faire respecter le port du masque ! »

130 CRS vont être envoyés à Marseille pour faire respecter le port du masque. Stéphane Ravier, sénateur des Bouches-du-Rhône, réagit au micro de Boulevard Voltaire.

À Marseille, 130 CRS vont arriver pour faire respecter le port du masque. Que vous évoque cette actualité ?

J’ai cru, un moment, qu’il s’agissait d’une blague. Quand j’ai entendu que l’on nous envoyait enfin 130 CRS dans une situation estivale d’insécurité que même la presse locale ne cache plus (La Provence n’évoque plus le sentiment mais la réalité de l’insécurité), j’ai pensé qu’il s’agissait de CRS qui venaient pour lutter contre l’insécurité. Non, toujours pas ! C’est pour « inviter » les Marseillais à porter ce fameux masque. Je ne sais pas si cela relève de la provocation… On bat des records !
Que les Marseillais doivent porter le masque comme partout ailleurs lorsque c’est nécessaire, ils sont assez adultes pour le comprendre et pour le faire. Mais de là à leur envoyer des CRS pour les informer et, dans un second temps, pour les verbaliser, je trouve que cela relève d’une véritable provocation.

On suppose que vous auriez peut-être préféré que les 130 CRS soient disposés pour régler les problèmes d’insécurité.

Oui. Il y a quelques semaines, la presse locale se faisait l’écho, pour la première fois, de la réalité de l’insécurité que je dénonce depuis des années. Je demande que l’État donne à Marseille les moyens policiers pour lutter contre cette insécurité. Mais ils ne viennent jamais.
La presse locale a relevé une explosion de l’insécurité en raison d’une affluence de touristes français. Cette insécurité relève davantage d’incivilités, mais surtout de ces Marseillais qui n’ont pas pu aller au bled. Ces blédards qui sont au nombre de 40.000 et qui ont dû rester à Marseille et qui, manifestement, en souffrent. Certains d’entre eux se livrent à toute une série d’actes plus ou moins violents. Je ne fais que rapporter ce qui a été dit.
J’imaginais donc que ces CRS venaient en renfort pour lutter contre cette insécurité grandissante. Nous en avons besoin. Mais non, on est encore dans le déni de l’insécurité et dans cette volonté de mettre tous les moyens policiers pour forcer les Marseillais à porter un masque. Nous avons le professeur Raoult et n’avons pas besoin d’autre chose. Lorsqu’il s’agit d’insécurité physique, on nous dit qu’il faut de la prévention, de l’éducation, etc. Cela vaut pour les masques. À Marseille en particulier, on continue à faire tout et son contraire. C’est navrant !

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Traoré and co, la folle semaine médiatique des communautaristes

Qui aurait pu imaginer il y a quelques années que des Ministres allaient plier un genou face à des revendications portées par des communautaristes extra-européens et que des médias de grand chemin allaient servir de porte-voix à des manifestations jetant l’opprobre sur toute une profession, en l’occurrence la Police ? Et même contre tous les Européens de souche ? C’est pourtant ce qu’ont observé avec effarement les français en ce mois de juin.

Le discours indigéniste et repentant : un terrain favorable

Les événements qui se sont produits durant la première quinzaine de juin ne sont pas le fruit du hasard. Depuis quelques années, des personnalités, parfois aux plus éminentes responsabilités, travaillent le terrain de la repentance par médias interposés. Il s’agit essentiellement de déboulonner le « mâle blanc » de son piédestal usurpé et de lui arracher ses privilèges indus.

En juillet 2018, nous relations déjà que les « mâles blancs » n’avaient pas bonne presse. La Présidente de France Télévision, suivie par la Ministre de la culture et même par le Président Macron, n’avaient de cesse de fustiger l’omnipotence et l’omniprésence du mâle blanc. Leurs différentes déclarations ont grandement facilité la banalisation du discours indigéniste dans les médias.

La situation ne s’est non seulement pas améliorée, elle a empiré. La culpabilité des français semble une obsession du Président de la République. Comme le rappelle notamment Le Figaro, en février 2017 puis en janvier 2020, le Président Macron a à deux reprises comparé la colonisation de l’Algérie à un « crime contre l’humanité ». Il a même rapproché la guerre d’Algérie à la Shoah.

La concurrence victimaire a ceci de particulier qu’elle n’a pas de limites. Quiconque peut se présenter comme une victime. L’écho que rencontrent les complaintes victimaires dépend grandement de l’importance que leur donnent les médias. En ce mois de juin, les médias de grand chemin rivalisent d’efforts pour relayer les discours les plus radicaux voire les plus délirants d’une poignée de militants communautaristes voire racialistes qui disposent ainsi d’une tribune inespérée.

La mort de George Floyd : une formidable opportunité pour relancer la fabrique de victimes

L’histoire se répète parfois. En 2017, le New York Times avait raccroché la mort d’Adama Traoré au mouvement « Black lifes matter » (les vies des noirs comptent aussi) né au États-Unis, en réaction à des violences policières et notamment à la mort d’un dénommé Rodney King. Comme nous le signalions récemment, c’était déjà « haro sur les flics ». La mécanique bien huilée de fabrique de victimes ne demandait qu’à être relancée. En 2020, la chaîne américaine CNN tire des circonstances similaires des morts de George Floyd et d’Adama Traoré des enseignements : « Ils sont devenus des éléments fédérateurs de la lutte contre le racisme ».

La mort d’un noir appelé George Floyd à Minneapolis, à plusieurs milliers de kilomètres de la France, a été pour le comité Adama, du nom d’un jeune délinquant, décédé lors d’une interpellation par la Police, une formidable opportunité pour relancer la mise en accusation de la Police française. Après les manifestations organisées début juin dans plusieurs villes de France, amplement relayées dans les médias au regard de leur importance numérique, ce sont des Ministres qui ont indiqué l’importance qu’il convenait de donner aux revendications de militants réclamant la relance de la procédure judiciaire suite au décès d’un jeune délinquant habitant Beaumont sur Oise.

Le 8 juin, BFMTV nous informe que selon l’AFP, « le Président a enjoint à la Garde des Sceaux de “se pencher” sur le dossier de la mort d’Adama Traoré, en 2016 ».

Le 10 juin, au micro de RTL, la Ministre de la justice semble confirmer cette information en affirmant :

« Il me semble qu’il n’est pas absurde d’entendre l’émotion mais aussi d’entendre la justice que demandent ces personnes ».

L’invitation de la Ministre de la justice à la famille Traoré est sèchement refusée par leur avocat qui rappelle au Président Macron le principe de séparation des pouvoirs, nous informe Paris Match le 9 juin. La fébrilité gagne également le Ministre de l’intérieur qui multiplie dans les médias les déclarations pour le moins troublantes (soyons gentils) :

Au micro de BFMTV, Christophe Castaner annonce non seulement la fin de la méthode d’interpellation dite d’étranglement mais également son souhait qu’« une suspension soit systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré d’actes ou de propos racistes »

Le Ministre de l’intérieur annonce également qu’en dépit de l’interdiction des rassemblements de plus de 10 personnes pour raisons sanitaires, « les manifestants (lors des prochaines manifestations contre le racisme dans la Police NDLR) ne seront pas sanctionnés (…), et les forces de l’ordre ne dresseront pas de procès-verbaux », nous informe Ouest-France. Après la mort de George Floyd, « je crois que l’émotion mondiale, qui est une émotion saine, dépasse au fond les règles juridiques qui s’appliquent », ajoute-t-il. Pas un média de grand chemin ne relèvera qu’à l’occasion d’une autre manifestation organisée le même jour, des manifestants pour le Frexit devant le siège de la Commission européenne à Paris ont tous été verbalisés, les manifestants ne bénéficiant pas de l’émotion de Castaner…

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Provocations turques en Méditerranée orientale – La tension monte encore d’un cran

Les menaces de sanctions à l’encontre d’Ankara et le récent renforcement de la présence militaire française en Méditerranée orientale n’y auront rien fait : loin de jouer l’apaisement, l’islamiste Erdogan, mu par son rêve délirant de reconstitution de l’Empire ottoman et sa volonté toute musulmane de faire plier l’Europe chrétienne, a au contraire fait monter la tension d’un cran dans la région au cours du week-end dernier, en réaffirmant sa volonté d’étendre ses explorations géologiques en Méditerranée et en menaçant ouvertement ses adversaires de répondre « sans aucune hésitation » au moindre « harcèlement ».

Le président turc, qui a compris depuis longtemps déjà que l’UE n’était sur le plan diplomatico-militaire qu’une baudruche prête à se dégonfler à la première occasion, a en effet averti samedi que la Turquie ne renoncerait en aucun cas à ses projets d’exploration géologique en Méditerranée, et notamment que son navire de recherche « Oruç Reis » poursuivrait ses études sismiques illégales jusqu’au 23 août au sud d’Antalya et de Kastellorizo : « nous ne cèderons jamais au banditisme sur notre plateau continental » et « nous ne reculerons pas face au langage des sanctions et menaces ». Mieux : avertissant qu’« au moindre harcèlement, [la Turquie répondra] sans la moindre hésitation », l’islamiste d’Ankara a précisé que « jusqu’à présent, nous avons été conciliants. Mais la Grèce ne répond pas de la même manière à notre approche ». Aussi, a-t-il ajouté, « s’ils continuent comme ça, nous ferons ce qui est nécessaire » …

Loin d’être impressionné par les menaces de Bruxelles, le président turc entend donc étendre ses forages, violant les souverainetés grecque et chypriote puisque, dans une notice maritime publiée dans la nuit de samedi à dimanche, la marine turque indiquait que son navire Yavuz, déployé au large de Chypre depuis plusieurs mois, mènerait des recherches au sud-ouest de l’île, du 18 août au 15 septembre. Avec cet avertissement : « nous déconseillons fermement de se rendre dans la zone de recherche »…

La France accusée de se comporter « comme un caïd »

Rappelons que vendredi déjà, le gouvernement turc, réagissant aux mises en garde de Macron et à l’annonce du renforcement du dispositif militaire français en Méditerranée orientale, s’était permis d’accuser Paris de se comporter « comme un caïd » dans la région et d’y « accentuer les tensions »… Bref, autant de provocations jugées à juste titre « extrêmement préoccupantes » par le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell qui, dans un communiqué publié par ses services dimanche, a déploré qu’Ankara « sape les efforts pour reprendre le dialogue et les négociations », avant d’appeler à nouveau le gouvernement turc à « cesser ses activités immédiatement et à s’engager de bonne foi et totalement dans un large dialogue avec l’UE ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 18 août 2020

Sainte-Sophie transformée en mosquée : pleurnicher ne sert à rien, par Clément Martin (Les Identitaires)

La transformation la basilique Saint-Sophie en mosquée a fait couler beaucoup d’encre. Le pape s’est dit « très attristé », ce qui est faible au regard de l’enjeu de reconquête affirmé par le président Erdogan.

En effet, le président de la Turquie a remis clairement en cause la décision prise en 1934 de séculariser la basilique afin de lui donner le statut de musée, une démarche clairement laïciste héritée de la politique moderniste de Mustapha Kemal, président de la République de Turquie de 1923 à 1938. Ataturk déclara : « Nous allons élever notre nation au niveau des civilisations les plus riches et les plus civilisées du monde. Nous allons mettre notre culture nationale au-dessus du diapason de la civilisation contemporaine. »

Quelques réformes illustrent le kémalisme : abolition du sultanat et du califat, obligation de se choisir un nom de famille, fermeture des monastères et sanctuaires musulmans, interdiction du fez (le chapeau turc traditionnel) et du voile, droits politiques aux femmes, l’islam n’est plus religion d’Etat, adoption des codes civils et commerciaux occidentaux, repos hebdomadaire du vendredi (la règle en islam) reporté au dimanche, la laïcité intégrée dans la constitution, normes internationales de mesure… Bref, la Turquie devenait un pays occidental comme les autres. Aucun autre État, sauf peut-être l’URSS, n’a fait autant pour déraciner son propre peuple. 70 ans après, difficile d’éradiquer l’héritage kémaliste dans ce qu’il a d’économique, de diplomatique ou de juridique, mais les vieilles traditions renaissent dans le peuple nostalgique de la grandeur ottomane. Erdogan, pour justifier le nouveau statut de mosquée, a considéré « injuste », une « honte » et « trahison de l’histoire », la décision de son prédécesseur.

Utilisant le concept nationaliste de « seconde conquête d’Istanbul », Erdogan renoue avec le passé ottoman, affirmant le droit issu de la conquête de Constantinople en 1453. Il serait faux, cependant, d’opposer absolument Atatürk à Erdogan, comme si celui-ci était une anomalie malheureuse et non l’expression d’une continuité anti-européenne. En effet, c’est bien sous Atatürk que les Turcs massacrèrent 30 000 survivants du génocide arménien en 1920. Par ailleurs, la république mise en place par Atatürk prévoit dans sa constitution la nécessité d’une majorité musulmane au parlement.

Aux critiques occidentales sur la liberté religieuse, qui n’expriment aucun contenu positif mais une vague revendication égalitaire sans intérêt pour les peuples conquérants, Erdogan a l’habileté d’invoquer les anciennes mosquées espagnoles reconverties en églises pendant la Reconquista achevée en 1492 ! Longue mémoire, idéal de reconquête, promotion de la puissance au service de l’identité : rien ne sert de chouiner après l’ « ultranationalisme » turc : celui-ci fait tout ce que nous devrions faire pour nos propres intérêts et au nom d’un passé tout autant sinon plus glorieux.

Un idéal de reconquête tout à fait cohérent puisqu’il vise la construction et le financement de mosquées dans tous les anciens pays européens de l’Empire ottoman, essentiellement dans les Balkans. Un idéal de reconquête couplé à une pression migratoire sur l’Europe, par les vagues de clandestins déversés sur l’île de Lesbos et en Méditerranée. Un idéal de reconquête agressif avec l’illumination menaçante d’un navire français de l’OTAN par des frégates turques en juin dernier, étape précédant habituellement un torpillage en règle. La Turquie envisage tous les moyens de sa grandeur. Au carrefour de l’Europe et l’Asie, des pays d’immigration et d’émigration, des grandes zones de turbulence géopolitique, la Turquie demeure plus que jamais un caillou dans notre chaussure.

Le problème turc n’est pas une question diplomatique ou philosophique sur les droits de l’homme mais un enjeu identitaire de puissance : qui sommes-nous ? Que voulons-nous ? Quels moyens mettons-nous à disposition de nos objectifs ? Quels sont nos amis et nos ennemis ? Les Turcs ont répondu à ces questions. Et nous ?

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires