Confinement, déconfinement : le gouvernement totalement dépassé

Il y a une semaine, alors qu’il nous expliquait par ailleurs que la France n’avait toujours pas atteint le fameux pic de l’épidémie de coronavirus, le Premier ministre abordait malgré tout pour la première fois devant l’Assemblée la question du déconfinement et disait même vouloir « présenter des éléments d’une stratégie de déconfinement pour (…) les jours qui viennent de façon à pouvoir (…) donner une perspective à nos concitoyens ». Or, nouveau coup de théâtre mardi, interrogé par le député du Morbihan Paul Molac (LT) lors de la séance des questions au gouvernement, Edouard Philippe a lancé : « Le déconfinement, ça n’est pas pour demain » !

Nouvelle volte-face de Philippe

« Aujourd’hui, a en effet répondu le Premier ministre, c’est l’heure du confinement et l’heure du confinement va durer. C’est (…) difficile à supporter pour beaucoup de Français, (…) mais c’est indispensable (…). Aujourd’hui, l’impératif c’est de faire en sorte que le confinement fonctionne, que le virus circule suffisamment lentement pour que le nombre de cas sévères qui justifie l’admission dans les services de réanimation ne soit pas supérieur à la capacité globale de notre système hospitalier ». Et Edouard Philippe d’ajouter alors : « les questions sur le déconfinement sont très largement prématurées ». Ces questions, c’est pourtant lui qui les a mises sur le tapis la semaine dernière, déclenchant d’ailleurs aussitôt l’emballement des grands médias, et surtout une vive inquiétude du milieu médical, au sein duquel de très nombreuses voix se sont élevées pour alerter les autorités contre le caractère prématuré d’une telle initiative. D’autant plus que, depuis qu’il a décidé sa mise en place, le gouvernement s’est montré incapable de faire respecter le confinement…

Les Français victimes de l’incurie du gouvernement

Quoi qu’il en soit, depuis lundi, on assiste ainsi au défilé dans les médias des acteurs gouvernementaux de cette crise, qui viennent à tour de rôle nous livrer la nouvelle position du gouvernement. Comme Jérôme Salomon qui, interrogé par les journalistes, a déclaré qu’« aborder aujourd’hui le déconfinement n’a aucun sens », parce que « nous sommes encore à la phase ascendante » de l’épidémie. Ou encore le ministre de la Santé Olivier Véran qui, invité mardi matin sur RMC, a expliqué qu’« il est trop tôt pour parler du déconfinement », ajoutant même qu’« il ne faut pas trop en parler, sinon on a l’impression que c’est fini ».

Une nouvelle position qui est évidemment davantage en accord avec celle de l’OMS, qui a encore exhorté mardi les pays ou régions ayant instauré des mesures de confinement à ne pas les lever de manière trop précoce afin d’éviter les rechutes. Et aussi avec celle de l’Académie nationale de médecine qui, tout en précisant qu’il était encore tôt pour envisager une levée du confinement, a prôné dimanche un futur déconfinement par région et non par classe d’âge, avec de strictes restrictions sur les déplacements et surtout accompagné de la mise en place du port obligatoire d’un masque grand public anti-projection. Et c’est là que le bât blesse. De l’avis des scientifiques, déconfiner cela suppose de pratiquer des tests sérologiques ou virologiques à grande échelle. Or, des tests, la France n’en a pas. Cela suppose aussi de rendre obligatoire le port du masque pour tous. Or, des masques, la France n’en a pas non plus ! Bref, on l’aura compris : en raison de l’incurie de ce gouvernement et de celui qui l’a précédé, les Français ne sont pas près de sortir de cette crise.

Chard

Article paru dans Présent daté du 8 avril 2020

Le muezzin et les cloches

Alors que des mosquées profitent de la crise sanitaire pour faire sournoisement retentir l’adhan, l’appel à la prière du muezzin, il est important de rappeler en quoi cet appel est problématique, et pourquoi il ne peut pas être mis sur le même plan que les cloches des églises.

Depuis quelques jours, de plus en plus de mosquées en France prennent prétexte de la pandémie de Covid-19 pour faire retentir l’adhan, l’appel à la prière du muezzin. Et non, contrairement à ce que d’autres ont prétendu, ce n’est pas une fake news. Et non, malgré le discours officiel, ce n’est pas un « geste de solidarité et de soutien ». Oui, c’est une démonstration de force, une manière de prendre possession d’un territoire, et plus encore d’un espace symbolique. Oui, c’est une provocation.

L’affaire semble avoir commencé à Lyon. Pour le 25 mars, fête de l’Annonciation, l’Église catholique a appelé à faire sonner les cloches des églises de France à 20h pour participer aux manifestations de soutien et de gratitude envers les soignants. La Grande Mosquée de Lyon a alors décidé de lancer du haut de son minaret l’appel à la prière du soir, son recteur Kamel Kabtane déclarant sur Twitter : « Ce soir à 19h00, la Grande Mosquée de Lyon s’illuminera et l’appel à la prière du Maghreb sera dite du haut de son minaret pour soutenir ces hommes et ces femmes des services publics et des hôpitaux, qui depuis le début en dépit de la gravité luttent avec courage et abnégation. » Comme je l’avais écrit sur le même réseau un peu après : « Je vous crois sincère, mais je suis un de ces agents du service public et je suis aussi ce que votre livre saint nomme un « associateur » et appelle à tuer. Vous voudrez bien ne pas prétendre que faire la promotion d’une idéologie qui veut ma mort a pour but de me soutenir. » Depuis, les cas similaires se multiplient, comme dimanche à Bischwiller, situation que l’Alsacien que je suis connaît bien.

Marine Le Pen interpelle Christophe Castaner

Certains, par exemple et sans surprise Libération, se sont fait une joie de pointer une erreur de détail dans la lettre ouverte que Marine Le Pen a envoyée sur ce sujet à Christophe Castaner pour laisser entendre que rien ne se passerait, et que l’objet de cette lettre ne serait qu’un « appel à la prière islamique fictif ». Le président du CFCM, lui, s’est empressé de dénoncer « une campagne politico-politicienne aussi absurde qu’incompréhensible contre les musulmans de France ». Rappelons donc que tous les musulmans de France n’approuvent pas ces appels à la prière ostentatoires, et rappelons aussi que le CFCM n’a toujours pas jugé bon de relever de ses fonctions son délégué général Abdallah Zekri, qui considère que Mila « l’a bien cherché ».

Car on est loin ici d’une « absurde polémique politico-politicienne », pour la simple raison que l’on est loin, très loin, d’un authentique geste « de solidarité et de soutien ». Il y a évidemment des musulmans parmi ceux qui luttent contre la pandémie, parmi ceux qui en souffrent, parmi ceux qui en meurent. Mais il y a aussi beaucoup de non-musulmans. Or, l’adhan n’est pas juste une chanson exotique au doux parfum d’Orient. C’est un texte lourd de sens, dans lequel on entend notamment « Allahu akbar », « Allah est le plus grand » et « Lâ ilâha illa Llâh », « j’atteste qu’il n’y a de dieu qu’Allah ».

On peut le déplorer, y voir une récupération honteuse, il n’en demeure pas moins que « Allahu akbar » est devenu le cri de ralliement des jihadistes, comme il était jadis celui des armées conquérantes de l’islam. Samedi dernier, c’est ce cri qui a accompagné l’assassinat de deux de nos concitoyens au nom de l’islam, à Romans-sur-Isère. Le 10 novembre, c’est ce cri qui rythmait la manifestation de la honte « contre l’islamophobie », en réalité marche de soutien à l’emprise et aux ambitions de l’islam théocratique.

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Covid-19 – Marine Le Pen : “Ils savaient tout!”

09/04/2020 – FRANCE (NOVOpress)
La présidente du Rassemblement National était l’invitée de Radio Classique, le 7 avril dernier.

Marine Le Pen a notamment déclaré :

On savait dès le mois de janvier qu’il fallait fermer les frontières, ils n’ont pas voulu le faire. On savait que nous serions en pénurie de protections et de médicaments : j’avais alerté à l’Assemblée Mme Buzyn, qui m’a envoyée balader !


Coronavirus. Des partis-pris idéologiques qui engendrent un déni permanent de réalité

En plein milieu de la crise sanitaire, Emmanuel Macron change une fois de plus son équipe de communication. Comme si seule la communication importait ! Alors que le poids donné aux « experts » et à un prétendu « conseil scientifique » souligne en contrepoint la faillite de la décision politique… Or c’est au politique d’effectuer des choix, il n’a pas à laisser à d’autres le soin de le faire à sa place.

Dans le texte qui suit, Xavier Guilhou, ancien responsable de la DGSE dans les années 1980, engagé dans la montée en puissance des opérations spéciales (COS) dans les années 1990, spécialiste reconnu de la prévention des risques, de la gestion des crises et de l’aide à la décision stratégique dresse un bilan sévère de la gestion de la crise par les autorités françaises.

Dans l’entretien qu’il a accordé à Bruno Racouchot, directeur de Comes communication Xavier Guilhou déclare déclare notamment:

[…] Quand on utilise le mot “guerre” vers les populations avec à côté le terme d’“urgence sanitaire” pour le corps médical, l’écart est tel qu’il génère immédiatement du doute, de l’inquiétude voire de la contestation dans le mode de pilotage de la crise. D’autant que la résonance des autres postures au niveau international interpelle sur la véritable nature de la crise. Quand d’autres pays voisins passent en mode “état d’urgence” ou “état d’exception”, personne ne comprend que dans un monde théoriquement globalisé, il y ait autant de différences sémantiques et juridiques…

Tout ceci contribue à fractaliser les modes de représentation et à douter des choix retenus par les exécutifs, voire à s’imaginer que nous sommes victimes de complots… La rumeur devenant plus virale que le virus lui-même… Les mots choisis, les postures retenues, la façon d’expliciter les priorités sont déterminants. A partir du moment où, pour appliquer le principe de précaution, vous donnez le pouvoir dès le départ aux médecins sur ce type d’évènements, qui n’est pas que technique, vous perdez immédiatement en crédibilité sur le plan stratégique. Puis, lorsque vous le reprenez, toujours en vous protégeant derrière de multiples comités Théodule, pour le passer au monde sécuritaire et militaire, sans pour autant prendre les décisions qui s’imposent, vous perdez toute légitimité sur le plan stratégique. Le risque, c’est petit à petit de glisser dans un pilotage dégradé où vous ne ferez plus que du commentaire de chiffres et où vous ne pourrez que constater l’écroulement de vos dispositifs de survivance. C’est un peu mai 1940 ! Sur une pandémie comme le Covid-19 qui est mondiale, et qui est de l’ordre non pas d’une crise classique mais d’une grande catastrophe planétaire, il faut tout de suite et en peu de mots incarner et injecter du sens. […]

Je suis stupéfait par l’incapacité collective des circuits de décision – notamment étatiques – à remettre en cause un tant soit peu la complexité de l’ensemble de leur planification, avant tout pour des motifs d’ordre idéologique. Marc Giroud, qui fut l’un des fondateurs du Samu et de la médecine d’urgence en France, disait volontiers que, quand survient une crise majeure, la première victime, c’est le plan. En effet, pour ne pas se laisser submerger par les événements, il faut être capable, à très grande vitesse, de reprendre des bribes de tout ce que l’on a mis au point comme modèle d’organisation, puis de repartir d’une page blanche et de reconstruire le plan en urgence, adapté à la nature du problème à traiter. Or, aujourd’hui, on est dans une situation diamétralement inverse. Que va-t-il se passer lorsque les digues cèderont une à une, hôpitaux débordés, sécurité dépassée…? Bref, on essaie de contenir mais sans faire montre de notre capacité à s’adapter. Avec à la clé un dangereux effet domino qui risque fort de survenir, que l’on tente tant bien que mal de contenir. Une telle posture interdit mentalement la prise en compte des réalités et par conséquent, rend impossible un réel pilotage de crise. Tout cela pour ne pas avoir su s’extraire de la complexité et en revenir enfin à des choses simples. Notre mental est bloqué par nos partis-pris idéologiques, lesquels engendrent un déni permanent de réalité.

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Traçage numérique : bientôt des affiches indiquant que « Macron vous regarde » ?

Les situations de crise sont toujours propices aux atteintes à la liberté individuelle. La tentation est grande, pour les gouvernements, de confondre la protection nécessaire de la société avec son contrôle. « Big Brother vous regarde » : le monde imaginé par George Orwell pourrait-il devenir une réalité en France ? Verrons-nous bientôt, dans les rues ou dans des spots publicitaires, des affiches de notre Président nous regardant droit dans les yeux, avec l’avertissement « Macron vous regarde » ? Pour notre bien, ça va de soi !

C’est de la science-fiction ! Vous prêtez au gouvernement de mauvaises pensées ! Vraiment ? Pour Michel Butor, la science-fiction est « un fantastique encadré dans un réalisme », ce qui signifie qu’elle prend sa source dans le réel. Pour éviter tout procès d’intention, limitons-nous aux déclarations de proches de la majorité sur le « traçage numérique », telles que nous les rapporte Le Parisien, alors que l’exécutif envisage d’utiliser cette technique pour lutter contre l’épidémie, quand il s’agira de sortir du confinement. Véritable « cas de conscience » pour les partisans de Macron, au point que, lundi soir, l’un des dirigeants LREM aurait déclaré qu’il réfléchirait à son « appartenance à une majorité qui serait favorable à de telles mesures ».

Tiens donc ! Le gouvernement y songerait-il sérieusement ? Un pilier de la Macronie s’alarme que « la porte [soit] grande ouverte » à cette perspective, tandis qu’un autre assure que l’exécutif marche sur des œufs : « Ils sont extrêmement prudents. Ils savent qu’ils sont sur un terrain très mouvant. » À Matignon, on estime que « plein de technologies peuvent se révéler utiles », mais on prend des précautions de langage : « On fera très attention aux libertés publiques, il ne s’agit pas de créer un Big Brother. » Le fait même de mentionner le dictateur de l’État d’Océania montre que le rapprochement n’est pas si saugrenu que cela !

Toujours selon Le Parisien, Édouard Philippe exclut tout traçage « obligatoire », mais ne serait pas hostile à « un engagement volontaire ». C’est le choix, également, de Mounir Mahjoubi, l’ex-Monsieur Numérique du gouvernement, qui a rédigé une note parlementaire sur le traçage des données mobiles dans la lutte contre le coronavirus. Interrogé sur RTL, il explique que « la question des libertés individuelles se pose dans le cas où il n’y a pas de consentement de la personne ». Il ajoute : « Si c’est sur la base du volontariat, il y a respect de la liberté au sens le plus large du thème, mais ne risque-t-on pas de perdre l’efficacité ? » Tirez-en vous-même la conclusion : le challenge du gouvernement, c’est de persuader les Français que, pour sauver des vies, on peut mettre de côté les libertés individuelles.

Pas sûr que ces nouveaux joueurs de flûte parviennent à convaincre. Ils ont beau s’escrimer à tromper les Français, ils n’incitent guère à la confiance. Voyez-les, tous les soirs, égrener le bilan de l’épidémie, sans un mot sur leur manque de préparation, sur la pénurie de masques ou de tests de dépistage : ils arrivent, ils vont arriver ! nous répètent-ils. Pas question de reconnaître leurs fautes. Ils ne sont pas non plus gênés de dire, un jour, que les masques sont inutiles et, le lendemain, qu’ils sont indispensables. Un gouvernement qui nie ses erreurs, qui réécrit l’Histoire pour donner une bonne image de son action, voilà qui ressemble beaucoup au monde décrit par Orwell. À quand un ministère de la Vérité ?

Philippe Kerlouan

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Coronavirus en France : «Il faut sortir de cette bureaucratie qui nous ralentit depuis le début»

alexandre-devecchio

08/04/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Alexandre Devecchio livre son analyse sur la stratégie de confinement mise en place dans certains pays européens, et sur la situation française.

Commentant le déplacement d’Emmanuel Macron à Pantin, il estime notamment que cette opération de communication, qui a généré un attroupement, risque de se retourner contre lui à cause du signal de légèreté qu’elle renvoie.


Attestation de sortie numérique – Encore un revirement du gouvernement

Elle est un peu à l’image de la manière dont notre gouvernement gère la crise du coronavirus depuis ses débuts : d’abord autorisée puis jugée non valable, l’attestation de sortie numérique est finalement légale depuis lundi matin. Retour sur ce nouveau revirement de l’exécutif, qui s’explique sans doute davantage par son incapacité à doter les forces de l’ordre de masques et de protections que par une réelle volonté d’assouplir le dispositif.

Une gestion au jour le jour

C’était le 16 mars dernier. Apportant quelques précisions pratiques après l’annonce par le président de la mise en place du confinement dans notre pays, Castaner indiquait que les personnes autorisées à sortir devraient être en mesure de présenter l’attestation de sortie dérogatoire imprimée ou, pour celles ne disposant pas d’imprimante, une version manuscrite sur papier libre, ou de présenter le fameux justificatif sur téléphone. Or, deux jours plus tard, le gouvernement faisait marche arrière : prétextant un risque de collecte de données personnelles par des sites frauduleux, le ministère de l’Intérieur n’autorisait finalement que les attestations imprimées et celles rédigées sur papier libre. Cependant, après trois semaines de confinement, nouveau revirement : l’attestation numérique redevient valable…

Une valse-hésitation qui n’est pas sans rappeler celle que nous avons connue avec les masques, dont le gouvernement, après nous avoir d’abord répété qu’ils étaient inutiles, envisage maintenant de rendre leur port obligatoire ! Un projet qu’il aura bien du mal à concrétiser, quand on sait qu’il est déjà incapable de fournir des masques aux personnels soignants et autres forces de l’ordre chargées de contrôler lesdites attestations. Sans doute faut-il voir d’ailleurs dans cette soudaine mise à la disposition des Français d’une attestation numérique la volonté du gouvernement d’apaiser la colère qui agite depuis des semaines les forces de l’ordre, plus que le désir d’apporter, comme l’a affirmé Castaner, « un peu de souplesse » au dispositif.

Une réponse à la colère des policiers

Quoi qu’il en soit, cette attestation numérique présente effectivement un certain nombre d’avantages. Outre le fait qu’elle évite de multiplier les impressions pour les gens amenés à sortir souvent, elle permet aux policiers de respecter les mesures barrières lors des contrôles et d’éviter la manipulation de documents éventuellement contaminés. Pour vous la procurer, il vous suffit de vous rendre sur le site du ministère de l’Intérieur, de cliquer sur « générer » une attestation, et de renseigner le formulaire qui vous est soumis. Après quoi, vous cliquez sur le bouton « Générer mon attestation », et un fichier PDF est alors automatiquement enregistré dans votre téléphone. En cas de contrôle par les policiers, il vous suffira de présenter votre smartphone avec l’attestation téléchargée.

Celle-ci disposant d’un QR Code, les policiers scanneront ce symbole carré avec un appareil équipé de l’application CovidReader, et auront alors accès aux informations contenues dans votre attestation directement sur leur terminal. Un dispositif certes pratique, mais qui suscite aussi l’inquiétude d’un certain nombre de nos compatriotes, qui craignent d’être ainsi surveillés. Cependant, à en croire les spécialistes du numérique, il n’y aurait pas de risque de fichage de vos données personnelles ou de vos déplacements. Ce qui constitue un défaut d’ailleurs pour l’association Gendarmes & Citoyens, qui, dans un communiqué publié dimanche, a regretté, non sans raison, que cette application ne croise pas les informations avec celles d’autres fichiers, et notamment avec celles contenues dans le fichier des personnes recherchées.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 7 avril 2020

Nicolas Dhuicq, après l’attentat islamiste de Romans : “Ce n’est pas parce que l’on vient d’une zone où règne la misère qu’on est automatiquement animé des meilleures intentions”

Nicolas Dhuicq, ancien député, maire de Brienne-le-Château mais aussi docteur psychiatre, réagit après l’attentat de Romans-sur-Isère.

Abdallah Ahmed-Osman, le réfugié clandestin soudanais qui a agressé et tué des passants au hasard dans la ville de Romans-sur-Isère aurait souffert du confinement. Il aurait été aigri par le confinement, ce qui expliquerait son passage à l’acte malgré des références évidentes à l’islamisme. Le confinement peut-il justifier un tel passage à l’acte ?

Absolument pas, naturellement. L’explication paraît particulièrement oiseuse et comique, si cela n’était pas aussi tragique et s’il n’y avait pas eu mort d’homme. Cela ne peut absolument pas justifier un tel acte.

Il était décrit comme timide, souriant, aimable et très discret. Le voisin idéal… Mais finalement, cela se termine en Allah akbar et en attentat. Tous les attentats commis sur le sol français semblent avoir tous exactement le même scénario…

Cela doit nous rappeler à plusieurs principes de réalité. D’abord, permettez-moi de rappeler que la lutte contre l’islam radical politique devrait se faire sur trois axes. Le premier axe est une question de politique étrangère. Il faut se souvenir en particulier que nous devrions plutôt appuyer ceux qui, en ce moment, mènent une véritable guerre contre les islamistes plutôt que de systématiquement les critiquer sans comprendre ce qui se passe sur le terrain. Je pense à l’armée syrienne avec l’appui russe.
Le deuxième axe est civilisationnel et beaucoup plus profond. Il faut absolument réenchanter le monde et réenseigner le roman national à tous les enfants dans ce pays, pour qu’ils tirent une fierté d’être Français. C’est alors qu’ils se nourriront profondément et pourront s’ouvrir aux autres et non pas de faire une bouillie pseudo-humaniste de pacotille, avec des discours d’ouverture à des personnes qui, pour une grande partie d’entre eux, n’ont rien à voir avec le conflit syrien. Je parle des personnes qui sont arrivées ces dernières années sur le territoire de l’Union européenne et dont une partie peut très bien être des agents dormants ou des gens qui sont dans ce qu’on appelle la taqîya. Par cette dissimulation, ils pourraient très bien chercher à poursuivre ce but politique qui consiste à établir sur la planète un nouveau califat, dans ce rêve complètement fou d’un retour aux temps rêvés autour du prophète. Beaucoup d’ouvrages sur la mort du prophète, sur les premiers califes et les ouvrages d’Adonis sur la violence de l’Islam devraient être lus par nos responsables politiques qui sont malheureusement totalement incultes.
Le troisième axe est beaucoup plus pratique. Ce serait d’avoir moins de naïveté et de sélectionner davantage les personnes à l’entrée du territoire national. On pourrait se souvenir que ce n’est pas parce que l’on vient d’une zone de conflit ou d’une zone où règne la misère qu’on est automatiquement animé des meilleures intentions du monde. Il serait bien de cesser de psychologiser à outrance.

Le confinement aggrave-t-il les pathologies des personnes souffrant de troubles psychiatriques ?

J’aurais trois niveaux de réflexion concernant cette question. Tout d’abord, je voudrais rappeler la grande abnégation et le grand travail effectué par les unités d’hospitalisation en psychiatrie. Leurs moyens sont comme toujours insuffisants. Je rappelle que la schizophrénie touche 1 % de la population générale. Toute famille peut être touchée. Pour la minorité de ces patients qui ont besoin de vivre à l’hôpital et ne peuvent pas vivre ailleurs, nous manquons de lits et de moyens. C’est très difficile pour eux, car ils ne peuvent plus pratiquer leurs activités habituelles et n’ont pas forcément les moyens psychiques de comprendre ce qui se passe, d’autant plus que les soignants portent des masques et pas eux. C’est donc très angoissant pour eux.
Le deuxième niveau de réflexion est celui des personnes plus fragiles qui sont contraintes au confinement. Même pour une personne solide qui vit dans 40m2 dans une banlieue sans possibilité de sortir avec deux enfants qui ont besoin d’être occupés, c’est évidemment très difficile. De ce fait, on peut donc craindre des décompensations en terme médical et la résurgence du fait de l’espace de conflits intra-familiaux qui étaient jusqu’à présent atténués.
Je tiens au troisième niveau de réflexion. Ce n’est pas pour autant qu’il faut absolument rentrer dans cette espèce de discours pseudo-humaniste qui consiste à créer des numéros d’urgence dans tous les sens. D’abord, nous n’avons pas assez de soignants et en plus cela n’est pas un exosquelette, comme pour la sécurité c’est-à-dire plus de policiers et plus de psychiatres, qui va remplacer l’absence de structures et de solidarité interne dans nos populations. On revient une nouvelle fois à la question culturelle. Il faut avoir des programmes exigeants intellectuellement aux heures de grandes écoutes sur les services publics de radio et de télévision. Il faut éviter d’abrutir notre population et de lui faire croire qu’elle peut avoir une satisfaction immédiate de tous ses besoins. C’est une grande politique culturelle qu’il faudrait mener.

On dit souvent qu’il y aura un avant et un après l’épidémie de coronavirus. Cet attentat nous rappelle les faiblesses de nos sociétés, avec l’absence de frontière ou de contrôle, et la délégation de nos services publics, comme la fabrication de médicaments ou la sécurité. À l’issue de ce confinement, notre société pourrait-elle changer ?

Depuis plusieurs années, une de mes préoccupations est celle de la politique des médicaments génériques. Finalement, cela encourage nos entreprises à ne faire que des copies, car elles n’ont pas forcément les moyens en investissement et en recherche. On revient à la question du plan tel qu’il était pratiqué en France auparavant. Je pense que mon ami Henri Guaino en parlerait plus savamment que moi.
Nous revenons aussi à la question des indicateurs économiques qui sont remis en cause, comme le produit intérieur brut qui a été inventé à la demande du président Roosevelt, au moment de la grande crise économique aux États-Unis pour mesurer les effets de la crise. On voit beaucoup d’économistes remettre en question son bien fondé. Cela revient surtout à considérer que tout ne peut pas être donné au marché. Dans ce que vous avez évoqué, il y a le principe d’externalisation qui a touché également nos armées. Je donne un exemple pour l’armée britannique qui en est revenue. Lorsque les obus tombent, un médecin militaire reste. En revanche, un médecin civil sous contrat s’en va et démissionne. Nos surveillants de l’administration pénitentiaire ont vu pour les transfèrements des sociétés privées prendre les contrats pour transporter les prisonniers. Il y a quelques années, des surveillants ont failli être tués parce qu’ils étaient seuls à l’arrière avec un détenu extrêmement violent qui a essayé de les saigner littéralement. Le chauffeur n’étant pas de l’administration pénitentiaire, il n’était ni armé ni capable d’intervenir. Cette crise doit nous faire revenir au régalien, à la remise en cause des indicateurs économiques et faire changer la vision de la croissance et de l’exploitation des matières premières. C’est un sujet très vaste. Je crains que l’actuel gouvernement ne soit pas équipé psychologiquement et intellectuellement pour le faire.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Pistage des citoyens par les technologies numériques : l’analyse d’Eric Sadin

07/04/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Eric Sadin, philosophe, spécialiste du numérique, était l’invité de RT France pour évoquer le pistage des citoyens.

Il analyse ainsi les possibles implications de la mise en place d’un traçage numérique des Français dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.


France confinée : gare à l’effet cocotte-minute !, par Ivan Rioufol

Le confinement de la colère française ne la fera pas disparaître. Il est certes facile de critiquer le gouvernement et d’aligner les “yaka” et les “faukon” dans ses charentaises. Je reconnais la difficulté pour un pouvoir d’avoir à gérer une épidémie jusqu’alors inconnue. Le peuple lui-même a aussi, forcément, sa part dans ce monde atteint par la médiocrité et la confusion intellectuelle. Il n’empêche : la macronie n’a pas son pareil pour accumuler les mensonges, les jactances et les fièvres despotiques. Quand le préfet de police de Paris, Didier Lallement, dérape vendredi en assurant (avant de s’en excuser) que les patients atteints du Covid-19 et en réanimation auraient dû respecter le confinement, sa posture martiale et casquettée relève d’une fanfaronnade de petit pion.

Quand, le même jour, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, touitte que le gouvernement réunit les plateformes numériques “pour lutter contre les fausses informations et les contenus haineux” et dit vouloir promouvoir “la bonne information“, elle confirme l’incapacité du pouvoir à mesurer ses propres fautes. Car c’est bien le gouvernement, et Sibeth Ndiaye en tête, qui ont abusé les gens en assurant, avant de se dédire, que les frontières nationales ne servaient à rien pour réduire l’épidémie, pas plus que les masques de protection ou les tests de dépistage. Comment prétendre porter une “information fiable” (Adrien Taquet, ministre LREM) après avoir trompé l’opinion à ce point ? Entendre Emmanuel Macron, le 31 mars, traiter d’ “irresponsables” ceux qui le critiquent laisse voir ce qu’est cette “macrocrature“, souvent dénoncée ici, qui déshonore la démocratie. Comment ne pas être gagné par l’indignation ?

La grande mascarade s’accroche aux basques de Macron. Plus que jamais, la remarque du moraliste colombien Nicolas Gomez Davila résume l’effondrement contemporain : “Toute époque finit en mascarade” (1). L’ironie du fiasco de la théâtrocratie macronienne tient à ses palinodies à propos de l’utilité… des masques. Si le sujet n’était tragique depuis que la ville italienne de Bergame a été la première touchée, il faudrait relire Verlaine (Les Fêtes galantes) : “Votre âme est un paysage choisi que vont charmant masques et bergamasques (…)“. Après avoir écouté le professeur Jérôme Salomon assurer à plusieurs reprises, dans ses glaçants points de presse quasi-quotidiens, que les masques ne servaient à rien pour les usagers de la rue, le voici qui déclare désormais : “Peut-être qu’un jour nous proposerons à tout le monde de porter une protection“.

Quand il sera trop tard ? Après avoir assuré que les tests n’étaient pas utiles pour tout le monde, le ministère de la Santé vient de permettre, pour ce lundi, à des laboratoires non hospitaliers (y compris vétérinaires) de les pratiquer enfin. Mais pourquoi cette perte de temps! Dans Le Figaro de ce lundi, trois grands noms de la médecine recommandent d’appliquer contre le Covid-19 la méthode du professeur marseillais Didier Raoult, qui se heurte encore à des obstacles administratifs et à des querelles de chapelle perpétuées par l’indécision des pouvoirs publics. Et tandis que la France sanitaire s’écroule, la terreur islamiste poursuit parallèlement son œuvre. Cette fois, c’est à Roman-sur-Isère qu’un réfugié soudanais hurlant : Allah Akbar ! a égorgé au couteau, samedi, Thierry et Julien. Gare à l’effet cocotte-minute de la France confinée !

(1) Réflexion qui a inspiré le titre de mon livre : Macron, la grande mascarade (L’Artilleur, 2017), réédité depuis sous le titre : Macron, de la grande mascarade… aux gilets jaunes (L’Artilleur, 2019)

Ivan Rioufol

Texte daté du 6 avril 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La censure privée sur les réseaux sociaux franchit un nouveau cap !

07/04/2020 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, enjoint l’Union à « rétablir la vérité » quant aux informations circulant sur la pandémie.

Elle préconise une coopération étroite avec les géants du net, appelés à censurer, par suppression ou déréférencement des contenus jugés préjudiciables. C’est ainsi qu’une publication du docteur Raoult a été qualifiée de « partiellement fausse » par Facebook, en se fondant sur une recommandation des Décodeurs du journal Le Monde.

Par ailleurs, une communication du maire de New-York, Rudolf Giuliani ainsi que celle de Jair Bolsonaro en faveur de la chloroquine ont été supprimées. L’on ne peut que s’interroger sur la légitimité des opérateurs du net à décider quelles sont les vraies et les fausses informations : celles des gouvernements parfois mêlés à des conflits d’intérêts ou celles émanant de la sphère privée.

Dans une interview, Didier Raoult affirme toujours l’efficacité de la chloroquine et dénonce une perte de temps de toutes études sur le médicament

Masques : l’information n’est pas confinée !, par Philippe Bilger

Sans doute l’angoisse que propage le coronavirus, les nombreux morts, le tour de force quotidien des personnels soignants, les services de réanimation qui poussent leurs limites, les interventions nombreuses du pouvoir – président de la République et Premier ministre -, la controverse sur les masques et l’interrogation sur l’utilité du confinement, créent-ils une atmosphère particulière qui depuis plusieurs semaines, en tout cas encore plus intensément depuis le 16 mars, conduit les médias à focaliser naturellement sur un seul sujet, à être plus suivis qu’à l’ordinaire et à passionner par des explications et des investigations dont le caractère technique aurait pu être rébarbatif.

Je songe surtout à la discussion qui ne cesse pas sur le manque de masques (avec le stock pléthorique abandonné en 2011 et en 2013), sur les responsabilités des uns et des autres, notamment pour la période du mois de janvier au mois de mars de cette année qui pour un esprit s’espérant honnête montrait les efforts du gouvernement et des services administratifs et médicaux compétents pour combler la pénurie. On n’avait plus de masques, on poussait les feux pour en fabriquer le plus possible.

Chaque jour l’information apportait une nouvelle pierre à cette incroyable polémique au point que mon billet du 2 avril au matin, duquel je n’avais pourtant rien à retirer, était peut-être trop optimiste à cause de ce que je pouvais lire dans l’après-midi de cette même journée.

Puisque Mediapart publiait une très longue enquête fondée à la fois sur une documentation officielle et des sources confidentielles, fouillée, impressionnante et accablante pour le pouvoir si on se réfère à son titre : “Masques : les preuves d’un mensonge d’Etat”.

Durant ces semaines, l’information n’est non seulement pas confinée mais incroyablement rapide, vivace, déroutante, profonde. On sent que, plus nous sommes enfermés, parce qu’il le faut, entre nos quatre murs, plus elle se libère, explique, se contredit, est contrainte au pluralisme, est obligée d’écouter, s’abandonne à une modestie rare et se demande ce qui se passera quand le déconfinement assuré dans des conditions satisfaisantes, le pouvoir et l’opposition se retrouveront face à face et que le temps des comptes commencera.

Mediapart a accompli un travail remarquable même si on peut le juger impitoyablement à charge mais les pièces sont présentées et offertes. L’enquête nous fait entrer dans les coulisses étranges, erratiques, désordonnées et toutes d’amateurisme d’une action de trois mois qui nous semblait énergique, cohérente et efficace. Il y avait eu la faillite d’hier mais aujourd’hui on ne pouvait pas se permettre de douter d’une équipe politique et technique forcément performante.

Mais l’information a circulé, on ne pouvait pas la confiner.

Et je me pose une double question.

La première : même si les avis divergent sur le besoin de masques chirurgicaux à l’air libre, peut-on cependant considérer que les officiels chargés de la pédagogie sanitaire ont soutenu qu’ils ne servaient à rien, non par conviction ni savoir mais seulement parce que la France n’en disposait pas et qu’il convenait donc de nous démontrer que cette pénurie, dont le gouvernement actuel n’était pourtant pas coupable, n’était pas préjudiciable ?

La seconde : les masques, un mensonge d’Etat ? Ou plutôt le paroxysme d’une incurie française souvent observée mais gravissime dans une lutte contre un fléau inédit avec ses conséquences mortifères.

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