La France confinée contre la France en gilet jaune, par Michel Geoffroy

La révolte des Gilets jaunes a commencé en 2018. Celle de la France profonde qui ne voulait pas disparaître. Celle qui bravait tout pour se faire, croyait-elle, entendre de la France d’en haut.
Mais en 2019, la France d’en haut n’a pas hésité à faire taire les Gilets jaunes à coups de matraque, d’yeux crevés et de poursuites judiciaires. La France du coronavirus lui a succédé en 2020. Ce n’est pas la même France, à l’évidence.

La France confinée, c’est la France que préfère Emmanuel Macron : celle qui accepte tout, se soumet à tout, gobe tout et en redemande !

La France cocue et contente

La France confinée supporte plutôt bien le confinement sans précédent qu’on lui a imposé, c’est-à-dire la privation de ses libertés. Elle ne doit pas trop craindre pour son chiffre d’affaires ni pour ses économies. Et le soir elle fait sagement son jogging ou son vélo, comme on le lui a autorisé.

La France confinée applaudit bien fort comme on le lui a dit, vers 20 heures, les personnels de santé.

Quand on applaudit c’est qu’on est content.

La France confinée est donc satisfaite des hôpitaux publics chers, mal gérés et tiers-mondisés. Elle se satisfait de ceux qui considèrent qu’il ne faut pas prendre en charge les personnes âgées parce qu’on n’a pas assez de moyens de réanimation. Elle applaudit ceux qui laissent mourir les seniors dans les EHPAD. Elle est contente de tous ces experts médicaux qui depuis deux mois disent à peu près tout et son contraire sans discontinuer et avec un aplomb magnifique, mais en blouse blanche, ce qui change tout. Elle est contente de l’absence de tests et de moyens de protection pour la population.

Chaque soir, elle est contente et elle applaudit ! Comme on rit sur commande dans les émissions télévisées. La France confinée, c’est la France comme Emmanuel Macron la souhaite : cocue et contente !
La France bon public

La France confinée écoute sagement le président de la République et ses ministres : ils étaient, paraît-il, plus de 36 millions – 36 millions ! – devant les petites lucarnes, le 13 avril, pour écouter Emmanuel Macron prendre plus de vingt minutes pour annoncer la fin du confinement à partir du 11 mai, enfin peut-être, si tout va bien, selon les cas. Et pour s’autoglorifier comme à son habitude.

Mais la France confinée ne se lasse pas. Elle est bon public.

À peine levée, elle allume son poste où on lui déverse son lot de catastrophes quotidiennes et cela durera toute la journée. Jusqu’à ce que le directeur général de la Santé égrène – y compris en langage des signes pour que personne ne rate rien – son lot quotidien de morts : ça augmente, ça baisse, la courbe d’augmentation diminue, ça baisse plus vite.

Jérôme Salomon c’est le bulletin météo en plus strict, mais ça plaît !

La France confinée écoute sans plus de réaction les ministres qui prédisent un chômage de masse, une crise digne de celle de 1929 ou de nouveaux impôts, comme si tout cela n’était pas de leur fait.

Elle boit les paroles des experts cathodiques qui expliquent que, même guéri, on sera malade, qu’il va y avoir une nouvelle vague de virus, qu’il n’y aura pas de vaccin avant longtemps, que la chloroquine est dangereuse, que les masques seront difficiles à laver, que l’eau sera polluée, que c’est la faute au pangolin, ou au laboratoire secret des méchants Chinois…

À côté de cette avalanche de catastrophes cathodiques quotidiennes, Greta Thunberg fait vraiment petit bras désormais !

La France qui tombe

On disait les Français indociles. Mais aujourd’hui les indociles se trouvent plutôt dans les banlieues de l’immigration. Pas dans la France confinée.

Lobotomisée par deux mois de mensonges, de propagande et de peur, cette France accepte tout, se résigne à tout et n’objecte rien. Ni les églises fermées, ni les élections reportées, ni le 1er Mai supprimé pour cause de distanciation sociale, ni les volte-face incessantes du gouvernement.

La France confinée fait tout ce qu’on lui dit : aller voter, rester chez soi, ne-pas-porter-de-masque-cela-ne-sert-à-rien, en porter et en fabriquer soi-même désormais, respecter la distanciation sociale. Elle croit que demain sera différent et que le Système va changer comme par enchantement.

Les sondages montrent certes qu’une majorité de Français ne fait pas confiance au gouvernement dans la gestion de l’épidémie. Mais les sondages ne sont pas les élections et ce n’est pas pour autant que, tous les soirs, la France confinée n’écoute pas religieusement, devant sa télévision ou son portable, les mêmes se répandre en long et en large.

La France confinée se résigne déjà un déconfinement qui n’en sera pas vraiment un. Elle fabrique activement les masques qu’on lui a promis depuis deux mois. Demain, elle fabriquera sans doute son propre gel hydroalcoolique ou ses médicaments avec le même zèle, en regardant des tutos. Elle s’est habituée à faire la queue partout, et aux restrictions dans les magasins. Elle s’est habituée aux contrôles de police et de gendarmerie.

La France des Gilets jaunes se révoltait. La France confinée est déjà mûre pour une longue servitude.

Michel Geoffroy

Texte repris du site Polémia

Me Frédéric Pichon : « Limitation de circulation après le 11 mai : il y a risque de dérive grave d’une restriction de nos libertés individuelles ! »

Frédéric Pichon

Parmi les mesures annoncées par Édouard Philippe pour l’organisation de l’après- confinement, on apprend que les déplacements après le 11 mai seront strictement limités au-delà des 100 km autour du domicile. Dérogation possible seulement pour « motif familial impérieux ou professionnel ».

Découvrez la réaction de Maître Frédéric Pichon.

Suite aux annonces d’Édouard Philippe, beaucoup de questions se posent. On ne peut pas répondre à toutes les questions. Néanmoins, on peut répondre à la question concernant le déplacement limité à 100 km du domicile en raison d’un motif familial impérieux. Cette notion est-elle défendable juridiquement ?

D’une manière générale, les annonces du gouvernement sont assez floues. On est dans une usine à gaz. J’entends bien que nous sommes dans une situation complexe. Les difficultés vont être l’interprétation de ces notions de motif familial impérieux. On a été dans la subjectivité avec les attestations de déplacement suggérées par le gouvernement. On a vu des forces de l’ordre interpeller des citoyens qui allaient faire des courses et fouiller les caddies pour voir quelle était la nature des courses qui pouvaient relever de motif alimentaire. On a vu des gens se faire sanctionner parce qu’ils avaient acheté du coca et du shampooing. On est dans une appréciation parfaitement subjective. On peut imaginer que pour les gardes d’enfants de parents séparés, le motif familial impérieux est un motif valable. Aller visiter des personnes malades ou fragiles de notre famille c’est aussi, à mon sens, un motif familial impérieux.
Ces dernières semaines, des automobilistes ont fait l’objet de contrôle et on dû rebrousser chemin parce qu’ils allaient voir un père mourant à l’hôpital. On a assisté à de véritables abus de la part des forces de l’ordre qui n’avaient aucun droit d’obliger à rebrousser chemin, non seulement contre toute humanité, mais aussi contre toute légalité.
On ne va pas saisir un avocat et la justice pour 135 euros, mais j’invite tous les Français qui ont été victimes de tels abus de contester systématiquement les amendes.
D’un autre côté, je peux aussi comprendre que le gouvernement veuille éviter les grands déplacements notamment pour l’Ascension et la Pentecôte… Ces dernières semaines, tous les vendredis soirs, les gens partaient en week-end et les Parisiens « apportaient » leur virus à l’île de Ré ou à Noirmoutier au grand dam des habitants locaux.

Pour synthétiser, les faits seraient à l’interprétation et à l’intelligence des forces de l’ordre…

Je pense que c’est une question de discernement. L’idée générale est de limiter les déplacements. J’imagine qu’il y aura des questionnaires. La difficulté serait l’intrusion dans la vie privée des gens. Même si on est dans une situation exceptionnelle, il y a un risque de dérive très grave vers des restrictions des libertés individuelles. J’entends bien que c’est pour un bien commun collectif et une urgence sanitaire, mais je crains aussi qu’il y ait de très larges abus.
Les supermarchés sont grands ouverts, alors qu’une liberté fondamentale et constitutionnelle comme le culte ne va pas pouvoir être exercé à partir du 11 mai.

Ce confinement généralisé et forcé pose des questions de liberté individuelle et « mets à mal le droit ».

On parle du droit constitutionnel et de la liberté fondamentale. Encore une fois, je comprends qu’on veuille restreindre la liberté de circulation maximum. L’idée générale est d’éviter que les gens se déplacent à tout va et qu’on transmette le virus d’une région à une autre. On n’a pas voulu faire des mesures aussi drastiques que des limitations à des départements. Certaines frontières sont ouvertes et on peut prendre l’avion. Il y a donc des mesures contradictoires.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Aéroport d’Alger : panique des « binationaux » coincés au bled…

On aura assisté, ces derniers jours, à des scènes qualifiées de « sidérantes » par le quotidien El Watan, à l’aéroport Houari-Boumédiène d’Alger. Au début de la pandémie, on avait vu, à l’aéroport d’Orly et sur le port de Marseille, des centaines d’Algériens et de binationaux franco-algériens, tenter de rejoindre le bled (supposé alors moins touché par le virus).

Depuis avril, mouvement inverse : des milliers de personnes essaient, dans une cohue et une promiscuité indescriptibles, de rejoindre l’hexagone supposé, malgré des ratés impressionnants, mieux encadré médicalement et sanitairement. On rappellera au passage que l’Algérie ne reconnaît pas la double nationalité : pour Alger, un Algérien, même doté d’un passeport français, reste un Algérien, point barre.

Depuis la fermeture de l’espace aérien pour cause de coronavirus, l’aéroport Houari-Boumédiène est fermé. Sauf pour des vols d’Air France dits « de rapatriement (sic) ». Le 15 avril dernier, Air France avait affrété un avion pour récupérer ce que, pour la circonstance, El Watan appelle des ressortissants français. Quelque 200 places disponibles. Et la promesse d’autres vols par la suite. Mais ils auront été des milliers à investir l’aérogare ce jour-là. Ce qui arrache ce cri du cœur à El Watan : « Le spectacle est humiliant pour ces citoyens et ces familles qui vivent le calvaire loin de leurs chez-soi. Sans compter le risque aggravé d’une contamination au virus corona dans la promiscuité imposée dans de telles circonstances. »

Le couvre-feu ayant été instauré à Alger de 15 heures à 7 heures du matin, des centaines de gens avaient passé, dans des conditions qu’on imagine, la nuit à l’aéroport pour avoir une chance de prendre l’avion du lendemain. Qui sont ces candidats au retour que El Watan nous donne comme des « ressortissants d’Air France », donc des « Français » si on comprend bien ? Des binationaux et des détenteurs de titres de séjour. Qui tiennent la France pour « responsable de leur calvaire » comme le dit avec colère l’un de ces binationaux : « Les autorités ont rapatrié les Français de souche en premier et nous, les binationaux, nous sommes le dernier de leurs soucis. Nous payons pourtant nos impôts en France ! ».

Ce qui arrache ce trémolo à El Watan : « Pour ces gens, leur vie est en France, ils y travaillent, ils y ont leur famille, leur maison ; et beaucoup rencontrent des complications dans leur emploi, comme Naïma B., une architecte venue enterrer son père le 15 mars et qui n’a pas pu rentrer suite à la suspension des vols d’Air France, et à qui son employeur a refusé le télétravail en la mettant de fait en congé. Ces drames se comptent par centaines et se racontent sur une page Facebook nommée Binationaux bloqués en Algérie et créée à l’occasion par des concernés. »

A noter que ces binationaux ayant par définition deux nationalités, ils ne sont pas en terre étrangère en Algérie… Certains qui, il y a peu de temps encore, portaient – en France – le maillot de l’équipe de foot algérienne et qui – en France – déployaient des drapeaux FLN, se découvrent soudain furieusement hexagonaux : « Il y a des personnes malades et privées de leurs médicaments introuvables en Algérie. »

Cela ne les empêche pas de s’en prendre à l’ambassade de France et à ses consulats et de poser cette question pour le moins hors-sol de la part de gens qui crient, à chaque occasion, que l’Algérie est leur vraie patrie : « Pourquoi la France nous abandonne ? » Côté ambassade, on invite « tous ceux qui n’ont pas une raison impérieuse de rentrer en France à éviter autant que possible les déplacements internationaux, même pour revenir sur le territoire national ». C’est un conseil judicieux. On pourrait peut-être le prolonger après la fin de la pandémie, non ?

Alain Sanders

Article paru dans Présent daté du 29 avril 2020

Crise sanitaire – Michel Onfray : “Le virus ignore les frontières, mais on va avoir des départements rouges et verts”

30/04/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Michel Onfray pour “Front populaire“, sa nouvelle revue “pour les jours d’après” était l’invité d’André Bercoff mercredi 29 avril sur Sud Radio.

La gestion de la crise sanitaire a été du “tout et n’importe quoi“, selon Michel Onfray. “On ferme les frontières, puis on les ouvre, ou l’inverse, on ferme puis on ouvre les écoles, on ne porte pas de masques puis on les porte, on fête le 8 mai puis on ne le fête pas…“, déplore-t-il. “Chez Emmanuel Macron on dit une chose et son contraire et après débrouillez-vous“, s’indigne le fondateur de l’Université populaire de Caen. Il rappelle que dès le 28 janvier, sur un plateau de télévision, “j’ai fait fonctionner mon bons sens, si la Chine met sous cloche une ville de 15 millions d’habitants, c’est qu’il y a péril dans la demeure. Le régime chinois n’est pas à 10.000 morts près“, rappelle-t-il.

Le philosophe remarque que l’on disait que “le virus ne connaît pas les frontières“. “La grande idéologie maastrichienne“, reconnaît-là Michel Onfray. “On a laissé arriver une vingtaine d’avions chinois par jour pendant des jours et des jours“, dénonce-t-il. “On a fait tout ce qui fallait pour laisser contaminer les Français“, s’indigne l’auteur, pour qui “la stratégie aurait été de confiner“.

Michel Onfray conclut :

Le virus ignore les frontières, mais on va avoir des départements rouges et verts. On découvre qu’il y a des frontières et qu’on peut contenir le virus avec des frontières


Edouard Philippe devrait écouter le Café du Commerce

Edouard Philippe Ecriture inclusive

La macronie est chatouilleuse : elle ne goûte guère la contradiction. Emmanuel Macron avait, le 31 mars, qualifié d’ “irresponsables” ceux qui n’étaient pas convaincus par sa “guerre” contre le Covid-19. Le président y avait vu des sortes de traîtres portant atteinte à la nation. Cette fois, c’est son premier ministre qui a montré, lundi, son agacement devant les mêmes esprits chagrin. S’adressant à l’Assemblée nationale, Edouard Philippe a notamment déclaré : “J’ai été frappé par le nombre de commentateurs ayant une vision parfaitement claire de ce qu’il aurait fallu faire à chaque instant. La modernité les a fait souvent passer du Café du Commerce à certains plateaux de télévision. Les courbes d’audience y gagnent ce que la convivialité des bistrots y perd. Mais je ne crois pas que cela grandisse le débat public”. Ces propos de comptoir d’homme vexé seraient anodins s’ils n’avaient été tenus, solennellement, devant la représentation nationale.

Philippe a raison d’estimer que la critique est d’autant plus facile que cette crise sanitaire est complexe. Cette évidence devrait-elle faire taire les remarques des observateurs ? La charge convenue contre le Café du Commerce (qui a dû fermer, comme tous les bistrots) s’entend d’habitude chez les “élites” auto-satisfaites et en manque d’arguments. Votre serviteur fait partie de ces “commentateurs” qui, “sur certains plateaux de télévision” (CNews en l’occurrence, dans l’émission de Pascal Praud – L’heure des pros, plusieurs fois par semaine), décortiquent le confinement depuis le 17 mars. La parole y est libre et les débats contradictoires. Faudrait-il comprendre que Philippe, qui excelle à mettre la France au pas, voudrait aussi des valets à sa botte?

Le pouvoir montre sa désinvolture dès qu’il s’agit des libertés. Plutôt que de responsabiliser les citoyens, le premier ministre a choisi de les maintenir dans un statut d’infériorité à l’issue du 11 mai. Même les églises sont priées de renoncer encore à leur liberté de culte. La complexité technocratique du plan de déconfinement, présenté hier, tient au fait que l’Etat ne se résout pas à lâcher prise, au prétexte de “protéger les vivants”, comme l’a dit Philippe. Mais cette ambition messianique dit tout d’un Etat qui ne touche plus terre et croit porter une parole sacralisée. Or c’est bien parce que le pouvoir vit dans une autre dimension qu’il aurait intérêt à redescendre de son nuage pour côtoyer les mortels.

Plutôt que de moquer les conversations de bistrot qu’il croit entendre sur des plateaux de télévision, le premier ministre gagnerait à les écouter. Il est évidemment plus rassurant de se laisser flatter par les cireurs de pompes; ils ne manquent pas, sur d’autres plateaux plus dociles. Cependant, le débat démocratique ne veut rien dire s’il se réduit à de collectifs bains de pieds en eau tiède. Le gouvernement devrait entendre ceux qui lui disent qu’il a menti sur les frontières, les masques, les tests. Il devrait entendre ceux qui lui reprochent de malmener les libertés au nom de l’unité nationale et du sanitairement correct. Les coupables ne sont pas les Français, comme le laisse croire Philippe qui menace de repousser le 11 mai à plus tard si les citoyens se relâchent. C’est l’Etat qui a failli. C’est lui qui doit trinquer.

Ivan Rioufol

Texte daté du 29 avril 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Pour Daech, le coronavirus est un « soldat de l’Islam »

29/04/2020 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Depuis l’arrivée du coronavirus, Daech est passé au second plan de l’actualité.

Le groupe terroriste est-il aussi touché par la crise sanitaire du Covid-19 et si oui, comment?

Explications d’Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français et directeur adjoint du CF2R, au micro de Rachel Marsden.


Attaques islamistes en France – L’autre virus

Lundi, vers 17 heures, un homme dans une BMW a délibérément foncé à très vive allure sur des policiers en train de procéder à des contrôles d’attestation de sortie dérogatoire. Avec son véhicule, il a percuté deux policiers dont un à moto.
Sur les images prises par des passants, l’état des véhicules dont les pare-chocs sont en pièces montre un impact extrêmement violent. Deux fonctionnaires sont gravement blessés. L’un d’eux aux jambes et au bassin, sans pronostic vital engagé, et son collègue a un traumatisme crânien sévère et une plaie sanglante au visage.

L’homme a été interpellé sur-le-champ. Il s’appelle Youssef T., né à Lunéville, dans l’est de la France. Dans la soirée, il a été conduit, escorté par la BRI, chez lui, pour une longue perquisition. Selon nos informations, il se serait montré coopératif et n’a rien caché du caractère volontaire de ses actes.

Selon le ministère de l’Intérieur, « ses motivations sont encore floues ». On se demande bien pour qui. Parce que, selon les éléments divulgués par l’AFP, pas besoin de la pythie de Delphes pour se faire une idée. L’assaillant avait en sa possession une lettre d’allégeance à l’Etat islamique, dans laquelle il explicite son intention de « mourir martyr ». Il aurait regardé, avant sa tentative d’assassinat, des vidéos de Gaza et relatives à la cause palestinienne. Dans ces conditions, on ne comprend guère pourquoi le parquet national antiterroriste n’a pas encore été saisi mais « reste en phase d’évaluation ». Peut-être est-ce pour ne pas risquer la colère des musulmans en cette période de ramadan propice aux émeutes. Ensuite, la justice s’interroge sur son profil psychologique. De deux choses l’une : s’il est possible de prouver que cet homme était réellement déséquilibré, l’islam sera hors de cause, naturellement, mais d’un autre côté cela commencerait à faire une proportion critique d’adeptes fous qui croient suivre une même religion. Périlleux, donc.

Comme toujours, la couverture par la presse est tellement prévisible qu’elle en devient risible. Dans Le Parisien, on peut lire que « les voisins de l’assaillant, interrogés, décrivent un garçon “sans histoires, gentil et serviable”, qui ne se mêlait pas aux jeunes qui se retrouvent le soir au pied de l’immeuble ». Le terroriste sanglant qui aide les vieilles dames à traverser, devenu un lieu commun.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux profils comportant des drapeaux algériens et palestiniens se sont réjouis de voir couler le sang d’un policier français, comme autant d’exemples de la partition annoncée par François Hollande, qui, si elle n’a pas encore eu (totalement) lieu géographiquement, a eu lieu, il y a longtemps, dans les cœurs. Les appels à la violence contre la police, en ce qu’elle incarne la France, étaient nombreux depuis le début du confinement et se sont multipliés avec le ramadan. Les responsables politiques, les artistes, ou les personnalités publiques qui se sont fait le relais de cette haine par idéologie, sens du profit ou soumission, sont responsables du sang de ce policier, et demain peut-être du nôtre.

Benoît Busonier

Article paru dans Présent daté du 28 avril 2020

Édouard Philippe à l’Assemblée : vous attendiez le 11 mai ? Vous adorerez le 2 juin…

Le « en même temps » au sommet de son art : voici le déconfinement confiné ou le confinement déconfiné. Et l’arroseur arrosé, c’est le Français qui a voté Emmanuel Macron, croyant voir dans sa devise la quintessence de l’équilibre et du juste milieu permettant d’éviter le chaos…

Atteinte à la liberté de culte, atteinte à la liberté de circulation, atteinte à la propriété (pour ceux qui ont une résidence secondaire), reprise de l’école oui-mais-non, bars et restaurants fermés, plages et parcs aussi… La vérité est que le 11 mai sera pour tous, sauf pour certains commerçants, une non-date. Comme le non-anniversaire d’Alice au pays des merveilles. Une échéance artificielle pour donner une ligne d’horizon aux Français dans cette purée de pois. À présent que l’on est arrivé au pied du mur, ou presque, allez hop ! on relance la baballe au chien-chien, pour qu’il reparte en frétillant de la queue : comme le tweete Léa Salamé (en anglais, s’il vous plaît) : « Le 2 juin is the new 11 mai. » Tout cela peut nous emmener à Noël.

Comme toujours depuis le début de cette épidémie, le discours commence par son couplet de justification : le manque de tests, de masques et d’anticipation, c’est la faute des experts, des Français, de pas de bol… Au passage, petits ricanements amers du Premier ministre à l’endroit des yakafokon. Rhétorique classique consistant à excuser son impuissance par la technique du « on aimerait les y voir ». Nous aussi, pour tout dire, on aimerait vachement les y voir. Qui, « les » ? Soyons clairs : n’importe qui d’autre. Pourvu que ceux-ci passent la main.

Édouard Philippe épingle aussi les réseaux sociaux « colériques » et les commentateurs de « café du commerce » sur les plateaux télé. C’est logique. Comme le fait remarquer Ivan Rioufol, « le parti de l’ordre sanitaire veut aussi des commentateurs désinfectés. Une pensée saine dans un corps sain. » Et si on pouvait, en sus, leur coller un masque FFP2 sur la bouche bien serré derrière les oreilles en guise de bâillon…

Les messes publiques (sauf enterrements limités à vingt personnes) restent interdites jusqu’au 2 juin. Car le gouvernement fait l’affront aux Français de penser qu’ils ne sont qu’un ventre inanimé. « Et si je célèbre la messe à Intermarché, ça passe ? » s’interroge ingénument l’abbé Guy-Emmanuel Cariot, curé-recteur de la basilique d’Argenteuil. L’Ascension est le 21 mai, la Pentecôte le 31 mai… Cela s’appelle le sens du calendrier. Doit-on leur signaler qu’il restera ensuite l’épineux problème de la Fête-Dieu, sans parler du 15 août… Allez, reprenons le culte le 26 décembre, c’est plus prudent. Une concession, néanmoins, est lâchée : les cimetières ne seront plus fermés. Monsieur est trop bon. La bonté de Monsieur le perdra.

Vient enfin la touche finale, la marque de fabrique, car un discours de notre gouvernement ne serait pas tout à fait authentique s’il ne comportait son ordre suivi de son contre-ordre débouchant sur le désordre : le 23 avril, le site de France Info titrait « Déconfinement : Emmanuel Macron fait marche arrière sur un plan par région » : « le président, [écartait] un déconfinement en fonction des régions ». Le 28 avril, la marche arrière se mue en marche avant avec accélération sur les chapeaux de roue (notre ami Marc Eynaud appelle cela sur Twitter « une décélération disruptive ») : il n’y aura pas de déconfinement pas région mais par… département. Bientôt par pâté de maison ou par cage d’escalier ? À quand l’autorisation d’Édouard Philippe pour passer de la cuisine au salon ? C’est le problème de la ligne de front quand on n’a pas tenu l’ennemi à longueur de gaffe.

Mais tout est prévu : une gommette verte sur les départements peu infectés, une rouge sur les autres, et pas de circulation des uns vers les autres. Un peu comme un contrôle aux frontières, en somme ? Et dire, c’est bête, qu’on n’y a pas du tout pensé au début… entre pays, quand certains étaient rouges et le nôtre encore vert !

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Attaque islamiste contre deux policiers à Colombes : le coronavirus n’est pas le seul danger en France, l’aurait-on oublié ?

véhicule de police

Il paraît que le symptôme pathognomonique du covid19 est la perte du goût et de l’odorat. On constate, de toute évidence, que cet étrange virus fait perdre aussi l’ouïe et la vue. Comme si tous les Français avaient la tête plongée dans un bain de liquide hydroalcoolique. Aucune autre actualité ne les atteint. La tuerie de Romans-sur-Isère est passée pour ainsi dire inaperçue. Les émeutes en banlieues n’ont fait l’objet que de quelques entrefilets dans les journaux. Il est donc peu probable que les deux motards de la police nationale intentionnellement renversés, à l’arrêt, à Colombes lundi après-midi — l’un d’eux est gravement blessé et en coma artificiel – émeuvent les foules.

Pourtant il en va de la sécurité des Français comme de leur santé : le coronavirus semble faire le ménage plus rien d’autre ne semble exister, les urgentistes s’étonnent de voir leurs salles d’attente vides, comme si toute autre pathologie avait disparu. Mais ceux-ci savent bien que ce n’est qu’une illusion : les infarctus n’ont pas obligeamment tiré leur révérence pour céder le pas à la pandémie, ils sont simplement passés à l’arrière-plan, écrasés, occultés. À trop se palper, s’ausculter, s’étudier pour traquer les symptômes du coronavirus, on minimise les autres. Mais ils sont bien là, pourtant, et continuant de progresser dans l’ombre sans être inquiétés, se vengeront. Les médecins craignent ce rebond.

Les pathologies sociales sont comme les autres : terrorisme et islamisme ne se sont pas évaporés. Voire, ont gentiment et surtout tranquillement prospéré.

Youssef T., l’homme de 29 ans arrêté, a déclaré, selon les informations du Parisien, avoir agi « pour l’État islamique », et après « avoir regardé une vidéo sur la Palestine ». Une lettre et un couteau ont été retrouvés dans sa voiture. Sans doute aussi était-il un peu stressé par le confinement ? Personne n’a encore osé, mais il ne faut jamais dire jamais.

Qui a suivi l’actualité sent monter, depuis quelques jours, une hostilité « anti-flics » palpable. Envoyés au carton comme ils sont, sans masque ni autre forme de protection, pour faire respecter ce confinement – dont l’une des insignes conséquences et des déranger les petits commerces parallèles, déclenchant l’ire de certains quartiers -, ils ne sont pas applaudis à 20 heures, comme le personnel soignant. Pour eux c’est double-peine : en danger et détestés. Et même menacés, insultés, caillassés. Bien sûr, ils ne sont pas parfaits, de récentes verbalisations point finaudes dans le cadre du confinement viennent de le rappeler. Sans doute, certains d’entre eux peuvent même avoir des mots choquants ou injurieux, comme ce « bicot » que l’on peut entendre sur une vidéo postée par l’activiste Taha Bouhafs, et qui a donné lieu à une condamnation immédiate de Christophe Castaner assortie d’une saisine de L’IGPN. Aucune chance, pour eux, que quiconque tente d’avancer l’excuse du confinement mal vécu. Et pourtant, après gilets jaunes et réforme des retraites, on pourrait aisément imaginer que ce nouveau sale boulot qui leur tombe dessus les rende passablement tendus…

En attendant, personne ne s’est inquiété d’avoir vu enfler, la semaine passée, avec les événements de Villeneuve-la-Garenne, le #MortAuxPorcs – guère plus sympathique que “bicot”, on en conviendra – qui leur était destiné. Et personne ne semble aujourd’hui se sentir responsable ni coupable d’avoir fait monter, bien visible sur les réseaux sociaux, une mayonnaise délétère qui aujourd’hui tourne au vinaigre.

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Covid-19 : les dessous de la rage anti-Raoult, par Ivan Rioufol

Une autre épidémie gagne une partie du corps scientifique et médical : la rage anti-Raoult. Elle a déjà contaminé aussi quelques intellectuels lucides, à commencer par Alain Finkielkraut. Le professeur marseillais, spécialiste mondialement reconnu en infectiologie et microbiologie, est devenu un repoussoir “populiste” pour le nouveau Parti de l’Ordre Sanitaire et ses milices. Celles-ci, qui recrutent leurs sicaires sur les réseaux sociaux, sont prêtes à dresser les listes de ceux qui ne respectent pas le confinement ou qui affichent leur indiscipline face aux interdits du sanitairement correct. Nombreux sont les brocanteurs de morale qui, une fois de plus, révèlent leur vocation de petits flics. C’est ainsi également que Raoult vient d’être indirectement épinglé par le conseil national de l’Ordre des médecins.

Ce dernier a, le 23 avril, dénoncé les “protocoles de recherches cliniques illégaux“, en visant plus particulièrement le traitement à base de chloroquine proposé par le professeur contre le Covid-19. Dans le même temps l’Armée reconnaissait, après des preuves dévoilées sur l’internet, avoir commandé à la Chine, par précaution, des stocks de chloroquine. Cela fait trois mois que le professeur Didier Raoult propose une solution contre le Covid. Il se heurte à la loi des normes et à des querelles de chapelle. En 1985, avec l’apparition du sida, Laurent Fabius, premier ministre, avait refusé d’agréer le test américain Abbott dans l‘attente d‘un test Pasteur en cours de préparation. Six mois avaient été perdus. 200 personnes avaient été contaminées chaque mois. Va-t-on vers un autre scandale sanitaire ?

L’emprise de la politique dans le débat factuel sur l’efficacité de la chloroquine est absurde. Se laisse voir une Science qui s’impose comme une idéologie, avec ses certitudes, ses sectarismes, ses dissidents. Raoult ne pêche pas par modestie, c’est entendu. Mais faudrait-il qu’il s’excuse, devant ses procureurs, d’être ce qu’il est ? Voici un médecin qui soigne, dans l’urgence, des patients qui semblent majoritairement satisfaits. Dans un de ses derniers tweets, il citait le maréchal Foch “Les règlements, c’est bon pour l’exercice, mais au moment du danger, il faut autre chose”. C’est ce pragmatisme que revendique Raoult et qui lui donne raison. Pour mieux le comprendre, il faut lire un de ses inspirateurs, le philosophe autrichien Paul Feyerabend. Dans son livre (Contre la méthode, Esquisse d’une théorie anarchiste de la connaissance, Seuil, 1975), Feyerabend écrit notamment : “Toutes les méthodologies ont leurs limites, et la seule “règle” qui survit, c’est “Tout est bon”“. Si Feyerabend constate la séparation entre l’Eglise et l’Etat, il regrette : “Il n’y a pas de séparation entre l’Etat et la Science“. Or, pour lui, seule cette séparation “peut être notre chance de vaincre la barbarie forcenée de l’âge technico-scientifique et d’accéder à l’humanité dont nous sommes capables (…)“.

Feyerabend conclut : “Libérons la société du pouvoir d’étranglement d’une science idéologiquement pétrifiée, exactement comme nos ancêtres nous ont libérés du pouvoir d’étranglement de la vraie-et-unique religion !“. L’épreuve de force lancée par le Parti de l’Ordre Sanitaire contre le professeur Raoult fera forcément une victime. La rage perdra.

Ivan Rioufol

Texte daté du 27 avril 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Banlieues hors-la-loi – La partition en deux de la France officialisée

Nous le savions déjà depuis longtemps : malgré les affirmations du gouvernement selon lesquelles la loi républicaine s’appliquerait partout et de la même manière sur le territoire français, les banlieues ethniques font de toute évidence, et depuis des années, l’objet d’un traitement particulier en ce sens où l’Etat a renoncé à y mettre de l’ordre et a capitulé face aux délinquants et aux islamistes. Une constatation qu’est venue prouver samedi la révélation dans les médias d’une note interne aux forces de l’ordre dans laquelle la direction de la police du Calvados demande ouvertement à ses agents de ne pas intervenir dans les quartiers « à forte concentration de population suivant le ramadan » afin d’éviter que la situation ne dégénère.

Eviter un surcroît des émeutes ethniques

Adressée vendredi dernier, jour du début du ramadan, à l’ensemble des commissaires du département, cette note interne est en effet on ne peut plus claire. Appelant les policiers à « faire preuve de discernement », le chef de la direction départementale de la sécurité publique du Calvados leur demande de ne pas « intervenir dans des quartiers à forte concentration de population suivant le ramadan, pour relever un tapage, contrôler un regroupement de personnes rassemblées après le coucher du soleil ». La note va même jusqu’à préciser que, « sauf atteinte aux personnes ou atteinte grave aux biens, il faut éviter qu’un manquement aux règles de confinement ne dégénère et provoque un trouble supérieur de violences urbaines » !

Des consignes dont les grands médias ont fait mine de s’étonner et ont cherché à savoir si elles avaient été données en d’autres lieux du territoire français. Et là, la réponse aura bien sûr été sans surprise : l’entourage de Castaner s’est évidemment empressé d’assurer qu’il ne s’agissait que « d’une initiative locale incompréhensible ». Mieux : dans la soirée, on apprenait par le biais d’un communiqué officiel que le directeur général de la police nationale, après avoir affirmé que « la police intervient en tout point du territoire pour assurer la sécurité des personnes et des biens quelles que soient les circonstances », avait demandé à ce qu’« un rapport d’explications lui soit transmis » le soir même…

Des consignes devenues systématiques

La vérité, comme l’a indiqué Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d’Alliance, c’est que « contrairement à ce qui a pu être dit […] par le gouvernement, cette note prouve que nous avions raison : on ne veut pas que les policiers entrent dans certains quartiers ». Interrogé par les journalistes, Fabien Vanhemelryck a notamment rappelé les consignes du même type données récemment à ses collègues d’I-D-F. Jeudi dernier, en effet, l’association Mobilisation des policiers en colère publiait sur son compte Twitter une vidéo filmée à bord d’un véhicule de police, dans la nuit du 21 au 22 avril, et alors que plusieurs cités de la banlieue parisienne venaient encore de s’embraser, dans laquelle la radio diffusait le message suivant : « Eviter le contact et la confrontation avec les perturbateurs notamment lors des interventions ne présentant pas de danger immédiat afin d’éviter tout blessé parmi les forces de l’ordre ou les perturbateurs » !

Des consignes données par la Préfecture qui, confient anonymement nombre de policiers, sont « loin d’être exceptionnelles » et tendent même à « devenir officielles ». Dans le même esprit, on pourrait encore citer Linda Kebbab, d’Unité SGP Police FO, qui expliquait aussi la semaine dernière que l’utilisation des voitures banalisées est maintenant fortement recommandée pour ne pas exacerber les tensions « à la vue d’une voiture bleu-blanc-rouge »…

Des préfets qui ne cachent plus la partition

Là encore, évoquant la vidéo diffusée par MPC, Castaner devait tweeter le lendemain qu’« il n’y a pas de quartiers où les forces de l’ordre [n’interviennent] pas ». Mais qui croit-il encore tromper avec des affirmations aussi mensongères ? Son attitude est d’autant plus grotesque que, un peu partout en France, des préfets sont récemment allés jusqu’à officialiser indirectement cette différence de traitement judiciaire entre les Français ordinaires et les habitants des banlieues ethniques. On l’a vu avec le préfet des Bouches-du-Rhône Emmanuel Barbe qui, avouant son impuissance à « éviter que les gens se rendent visite les uns les autres dans une même barre d’immeubles », a au fond autorisé les musulmans des cités marseillaises à enfreindre la loi. Avec Pierre Dartout, préfet de la région PACA, qui s’est associé à cette désertion. Avec Pascal Mailhos, préfet de la zone Sud-Est, qui a déclaré qu’« il ne fallait pas mettre le feu aux banlieues en essayant d’instaurer un strict confinement ». Et même avec Laurent Nuñez qui, selon Le Canard enchaîné, a expliqué le 18 mars aux préfets de zone de défense que « ce n’est pas une priorité que de faire respecter dans certains quartiers les fermetures de commerces et de faire cesser les rassemblements » ! On notera d’ailleurs au passage que tous ces braves gens, adeptes du « pas d’amalgame », n’ont pas manqué à cette occasion de voir le lien évident entre banlieues, bandes ethniques et islam…

« Un événement grave et inacceptable »

Reste que, malgré son extrême gravité, cette officialisation de la partition en deux de notre pays, ne semble pas – et c’est profondément scandaleux – choquer grand monde en dehors du RN et des syndicats de police. Parmi ces derniers, on citera notamment Unité SGP police Ile-de-France, qui a estimé qu’il était « temps pour notre administration de faire preuve de courage et de faire appliquer les consignes données partout et pour tout le monde ». Ou encore France Police-Policiers en colère, qui s’est indigné du fait que l’on donne pour consigne aux policiers de verbaliser « la grand-mère ayant mal rempli son attestation » tout en accordant une « impunité totale pour ceux qui brûlent, pillent et agressent nos collègues toutes les nuits ». Enfin, du côté politique, Nicolas Bay (RN) a estimé très justement qu’à travers la consigne qu’il a donnée aux policiers, « le chef d’état-major de la DDSP du Calvados vient d’entériner que, sur le territoire français, la loi pouvait donc s’appliquer différemment dans la zone où la population musulmane est devenue majoritaire ». Or, en agissant ainsi, a précisé Bay, « le directeur départemental, donc la principale autorité policière du Calvados, réalise là l’objectif direct des factions islamistes à l’œuvre dans notre pays, qui ne peuvent interpréter cela que comme un signe de faiblesse voire un geste de soumission ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 27 avril 2020

En plein confinement, la CGT joue (encore) les boutefeux en banlieue

Jean-Yves Le Gallou : « Comme Antigone, résistons à la dictature sanitaire ! »

Antigone est la pièce la plus célèbre du répertoire européen. L’argument de Sophocle est simple : au nom de l’État, le roi de Thèbes, Créon interdit que des honneurs funéraires soient rendus à Polynice, qui a désobéi ; au nom des lois divines, Antigone brave les lois de l’État pour enterrer son frère et le paiera de sa vie.
Macron est un Créon au petit pied.

Sa maréchaussée a verbalisé une femme venue saluer – de l’extérieur – son vieux mari reclus dans un EHPAD. Et un gendarme a empêché un fils d’assister aux derniers instants de son père. Certes, les généraux de gendarmerie se sont confondus en excuses. Mais le mal est fait.

Soucieuse d’égaliser la marque avec la gendarmerie, la police nationale a signalé au procureur de Paris une messe (à Saint-Nicolas du Chardonnet) qui se serait tenue en présence – officiants et techniciens vidéo pour la retransmission compris – de 22 personnes : dans une église capable d’accueillir plus de 1.000 personnes…

Ce zèle imbécile n’est pas neutre : il porte atteinte aux liens les plus intimes et au sacré.

La dictature sanitaire a aussi effacé d’un trait de plume la liberté de circulation. Les randonneurs sont traqués par hélicoptère et les résidents secondaires font l’objet d’enquêtes judiciaires. Le confinement est implacable. Assujettis à demeurer sur place comme des détenus sous bracelet électronique.

Un bracelet électronique évoqué, d’ailleurs, pour le « déconfinement » puisque celui-ci pourrait être conditionné à un (auto)-flicage numérique assuré par les téléphones portables. Annoncée, au moins comme hypothèse à débattre, par Macron dans son allocution du 13 avril, voici une belle manœuvre en trois temps :
– premier temps, on vous confine,
– deuxième temps, on accepte de vous déconfiner en échange de votre acceptation d’une laisse électronique,
– troisième temps, la laisse est obligatoire pour tout le monde.

La liberté d’expression est, aussi, gravement mise en cause. Dès le 24 février, l’ancien préfet Laurent Solly, PDG de Facebook France, choisissait France Info pour annoncer que le réseau social qu’il dirige « régulerait » (c’est-à-dire censurerait) les informations préjugées fausses. Le tout en liaison avec les fact-checkers subventionnés de Libération, du Monde et de l’AFP. Des fact-checkers qui n’ont pas dénoncé un seul mensonge gouvernemental mais traqué toute opinion différente, divergente ou dissidente.

La dictature sanitaire est aussi, bien sûr, une dictature médicale. Et même une triple dictature médicale.

D’abord parce que toutes les décisions ont tendance à être prises sous le seul aspect médical. Or, la vie, ce n’est pas seulement du quantitatif (vivre les plus longtemps possible), c’est aussi du qualitatif (vivre le mieux possible, vivre libre, dignement, socialement, économiquement). Ce n’est pas à des comités Théodule – fussent-ils baptisés « scientifiques » – d’imposer des choix politiques. Il serait temps que les experts – qui, au passage, se sont beaucoup trompés ! – se calment. Les années de vie se comptent en printemps : pourquoi avoir volé un printemps à 67 millions de Français en fermant les parcs et les forêts, bien au-delà des nécessités de la distanciation et des gestes barrière ? Pourquoi priver de toute visite des personnes très âgées dont l’espérance de vie se compte en quelques années, voire en quelques mois, sinon en quelques jours… Il arrive à la technocratie médicale de manquer d’humanité, sinon de sens commun.

Ensuite parce que la liberté de prescription a été mise en cause, notamment dans l’affaire de la chloroquine. L’État – la technocratie médicale proche des laboratoires – s’est immiscé dans la libre relation entre le médecin et le patient, fondement du serment d’Hippocrate. Chef de service à l’hôpital de Garches, le professeur Perronne s’est insurgé contre la dictature de la direction générale de la santé (DGS) et des agences régionales de santé (ARS). Il a affirmé : « La France est en train de dérailler. En Allemagne, les médecins sont libres. Ici, tout est fliqué. C’est infernal, j’ai l’impression de vivre sous une dictature. Tous ces médecins administratifs qui n’ont pas un vu un malade depuis 20 ans nous font la leçon. »

La prochaine étape, c’est la vaccination obligatoire couplée avec une puce électronique permettant de vérifier en permanence que l’homme-matricule est en règle. Si c’est technologiquement possible, cela sera imposé… au nom du bien, bien sûr.

L’épidémie de coronavirus n’est pas une « grippette ». Elle est sérieuse. Et des mesures de prévention et de précaution étaient d’autant plus nécessaires que le gouvernement a failli dans d’innombrables domaines (gel, masques, tests, respirateurs, fermeture des frontières, etc.).

Pour autant, il faut refuser la régression civilisationnelle qu’on nous propose. La mise à bas de nos libertés. Le printemps qu’on nous vole. Et le bouleversement de notre rapport à la nature, à la vie, à la mort, au sacré et au divin.

Face à Créon, prenons le parti d’Antigone !

Jean-Yves Le Gallou

Texte repris du site Polémia

Le Covid-19 face à l’histoire – Pour Olivier Faure : “C’est une catastrophe, mais la moins pire vécue depuis un siècle”

27/04/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Dans une récente tribune, Olivier Faure – historien de la santé et professeur d’histoire contemporaine à l’université Lyon III Jean Moulin – rappelle que le taux de létalité du Covid-19 est bien loin de celui d’épidémies survenues dans le passé.

Voici ce qu’il déclare à RetroNews :

Sans remonter à la peste ou au choléra, il faut savoir que la grippe de Hong Kong en 1968 a par exemple fait 31 000 morts en deux mois dans une France qui ne comptait alors que 50 millions d’habitants. Aucune mesure n’avait été prise, on n’en parlait quasiment pas. Moi-même j’étais adolescent à l’époque, et je n’en ai absolument aucun souvenir. Pour la grippe espagnole, les évaluation sérieuses pour la France font état de 128 000 morts sur 40 millions d’habitants. Par ailleurs, cette épidémie n’est pas surprenante par sa propagation. Il faut savoir que, même dans un monde dans lequel les déplacements n’avaient rien de commun à ceux d’aujourd’hui, la peste, en 1348 a mis seulement deux ans à ravager l’Europe ; le choléra a mis six mois à venir de Russie pour s’étendre à l’ensemble du monde. Avec le Covid-19, malgré la densité de la population mondiale, pour l’instant on ne voit pas d’explosion massive. C’est une catastrophe, mais la moins pire vécue depuis un siècle. Ce qui est frappant aujourd’hui, ce n’est pas l’intensité du mal, c’est l’intensité de la réaction. Même si c’est inconscient, force est de constater que nous ne tolérons plus la maladie ni, surtout, la mort. On est dans une société qui loue le risque en matière économique, mais qui le refuse par ailleurs. Je crois que l’on vit la première application, à grande échelle, du fameux principe de précaution, introduit dans le Constitution française sous la présidence de Jacques Chirac. Les gouvernants ne se sentent responsables de plus grand-chose, si ce n’est de la vie des gens. Il s’agit de sauver la « vie nue », selon l’expression du philosophe italien Giorgio Agamben, à n’importe quel prix. Or les vieillards confinés, de quoi souffrent-ils le plus, du risque de mourir ou de la solitude et de l’enfermement ?


Dans la France politique « d’après » : le RN dopé par le coronavirus, par Francis Bergeron

On a peu entendu la classe politique, ces dernières semaines. Ce qui est logique, d’ailleurs, car les Français espéraient et continuent à espérer des réponses à leurs questions et à leurs inquiétudes.
Or ces réponses, c’est en principe du côté scientifique, médical, qu’elles peuvent venir. La cacophonie, les contradictions, les prophéties ratées, ont d’emblée discrédité la parole politique. Deux courants seulement, aujourd’hui, semblent encore en capacité de se faire entendre : les macronistes, parce que Macron, Philippe et Véran attirent sur eux la lumière, multipliant les prises de parole ; et le RN qui s’est imposé comme « le seul opposant audible », ainsi que le note Valeurs actuelles, cette semaine.

Le 6 mars dernier, alors que personne n’imaginait encore les proportions que prendrait, en France et sur toute la planète, la crise sanitaire, Le Monde publiait les résultats d’un sondage sur l’image du RN. La réponse était mitigée. 51 % des Français considéraient que le parti de Marine Le Pen représentait un danger pour la démocratie, mais ce chiffre traduisait un recul de 4 % des mauvaises opinions. Par ailleurs 56 % des Français estimaient désormais que le RN était susceptible d’accéder au pouvoir.

Le coronavirus a rebattu les cartes. Mais dans quelles proportions ? Aucun sondage ne peut encore nous permettre de nous faire une religion sur l’évolution de l’image des camps en présence. De façon virale, les bourdes des ministres, leurs mensonges, leurs contradictions envahissent les écrans d’ordinateurs. Quel en est l’impact ? On l’ignore. Ils expliquent néanmoins le fort taux de défiance des Français à l’égard du pouvoir. Cette défiance a été mesurée, pour le coup, et elle est anormalement forte. Or les bouleversements actuels, inédits, devraient en principe favoriser la parole des hommes au pouvoir. Il semble que la France soit l’un des rares pays où ce principe bien connu des experts en science politique ne joue pas, ou seulement très marginalement.

Inversement, ceux qui incarnent des positions dures ou considérées comme extrêmes sont laminés, dans de telles périodes. Quelques éditorialistes politiques de nos grands médias ne se sont pas gênés pour dire, ironiques : « Imaginez Le Pen ou Mélenchon au pouvoir, avec ce que nous sommes en train de vivre ! » Mais une Agnès Buzyn, une Sibeth Ndiaye sont allées au-delà de l’imaginable. L’opposition s’incarne désormais essentiellement à travers Mélenchon et Le Pen. Mais l’atout de Marine Le Pen, c’est d’avoir, dès le début de la pandémie, et à la différence notable d’autres leaders « populistes », en Europe ou ailleurs, mesuré la gravité de la crise. Ses options ont fini par être adoptées après avoir été condamnées, et moquées par la classe politico-médiatique.

C’est la force d’internet : tout est restitué. Marine Le Pen a engrangé un capital de confiance nouveau, qui n’a certes encore été mesuré ni par les sondages ni par les urnes. Mais – flair ou chance –, la présidente du RN a fait prendre à son parti les positions aujourd’hui validées par les scientifiques. Dans quelles proportions le RN en tirera-t-il profit ? Avoir eu raison avant les autres, et contre les autres, ne garantit pas la victoire, mais laisse des traces. Surtout quand les réseaux sociaux se transforment en théâtre de Guignol, passant en boucle les erreurs des concurrents.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 24 avril 2020