Pourquoi Donald Trump peut gagner, par Ivan Rioufol

Donald Trump

Donald Trump a de bonnes chances d’être réélu président des Etats-Unis, en novembre prochain. Son excellent bilan économique et social tend à faire oublier les défauts du personnage outrancier. D’autant que ses adversaires, mobilisés depuis son élection pour obtenir sa destitution à tout prix, peinent dans le même temps à élaborer un projet de gouvernement cohérent. Ce mercredi, les sénateurs républicains devraient laver Trump des accusations d’”abus de pouvoir” et d’”entrave au travail du Congrès” portées par les démocrates. Ces derniers reprochent à Trump d’avoir incité l’Ukraine à salir son principal adversaire, Joe Biden. Dans le même temps, les premières primaires démocrates dans l’Iowa se sont conclues cette nuit par un échec retentissant du favori Biden, le vice-président de Barack Obama, dont le fils est soupçonné de turpides affairistes.

Un bug informatique a retardé les résultats. Mais la première place semble acquise à un inconnu, Pete Buttigieg, 38 ans, premier candidat ouvertement homosexuel. Il aurait pris l’avantage sur le sénateur Bernie Sanders et sur la sénatrice Elizabeth Warren. Selon le dernier sondage Gallup, le président sortant enregistre 49% d’opinions favorables. De quoi enrager encore davantage une opposition qui ne cache plus sa détestation pour cet homme qui ne cesse de la moquer.

Je fais la politique du XXIe siècle“, avait prévenu Trump en septembre dernier à l’ONU. Il avait également déclaré : “L’avenir n’appartient pas aux mondialistes, l’avenir appartient aux patriotes“. De fait, alors que les démocrates s’éparpillent entre modérés et radicaux, le président américain applique un projet clairement défini, à travers un programme structuré. Lors de son discours devant le Congrès, cette nuit, il a déclaré : “Contrairement à tant d’autres avant moi, je tiens mes promesses“. En comparaison, Emmanuel Macron, qui avait eu initialement la prétention d’apprivoiser le butor, fait figure d’amateur bavard et virevoltant.

Quand, mardi devant des étudiants polonais, le président français met en garde contre “une résurgence nationaliste en négation des principes européens“, il confirme qu’il n’entend rien à l’évolution des sociétés et à leur besoin de protection. Confrontées à une mondialisation de plus en plus violente – et désormais contagieuse à cause du coronavirus chinois – les nations sont traversées par un même besoin naturel d’enracinement. Il va de pair avec une vision critique portée sur l’idéologie mondialiste et son universalisme. Le conservatisme national et social qui s’élabore dans les think-tanks américains et leurs filiales européennes pourrait s’imposer plus largement, en cas de victoire de Trump, à un “progressisme” qui produit désormais davantage de rancoeurs que d’idées neuves.

Ivan Rioufol

Texte daté du 5 février 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

I-Média – Coronavirus : intoxication médiatique ou véritable danger ?

06/02/2020 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
C’était LE sujet de la semaine pour l’ensemble des médias. L’épidémie de Coronavirus occupe l’espace médiatique de manière impressionnante. Les médias en font-ils trop ou pas assez ?

Pourquoi certains médias évoquent-ils un prétendu racisme des Français ? Nous tenterons de répondre à toutes ces questions.


Qui veut en finir avec notre souveraineté ?, par Franck Deletraz

A force de se rendre à Berlin comme il irait à Canossa et de signer, comme il l’a fait en janvier 2019 à Aix-la-Chapelle, des traités rognant sur notre souveraineté, Macron a ouvert la porte aux pires revendications et provocations allemandes. Ainsi, après l’incroyable toupet affiché par la présidente de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, demandant en juillet dernier à ce que notre pays cède à l’UE son siège au Conseil de sécurité de l’ONU, c’est un autre proche de la chancelière Merkel, Johann Wadephul, vice-président du groupe parlementaire de la CDU, qui a osé proposer que la France place sa force de dissuasion nucléaire « sous un commandement commun de l’Union européenne ou de l’OTAN » !

Convoitise allemande

Interviewé en début de semaine par les journalistes du Tagesspiegel, le député Wadephul a en effet déclaré souhaiter que l’Allemagne « envisage une coopération avec la France en ce qui concerne les armes nucléaires ». En contrepartie de quoi, a-t-il précisé, « la France devrait être prête à placer sa force de dissuasion nucléaire sous un commandement commun de l’UE ou de l’OTAN ». La réalité, a-t-il expliqué, « est que nous avons besoin d’une dissuasion nucléaire. C’est dans l’intérêt allemand d’avoir une influence sur la stratégie qui nous protège. Il serait sage d’essayer de même avec la France ». Et Wadephul d’ajouter alors : « Le président Emmanuel Macron nous a plus d’une fois appelé à oser plus pour l’Europe. Il pourrait maintenant montrer qu’il est lui aussi prêt à cela. » Notons que Wadephul est loin d’être le seul, outre-Rhin, à défendre cette idée puisque, en février 2019 déjà, l’actuel président de la conférence de Munich sur la sécurité, Wolfgang Ischinger, avait plaidé en faveur d’une « européisation du potentiel nucléaire français ». Avec – tout de même – cette nuance de poids : le contrôle de cette « dissuasion partagée » resterait entre les mains du président français. On signalera également l’édition de dimanche de Die Welt, dont les journalistes, reprochant à Paris de refuser à l’Allemagne « un droit de regard pour l’utilisation des missiles nucléaires français », avaient le toupet d’écrire que « ce que la France n’est plus capable de réaliser, les Allemands doivent aider à le faire, sans bien sûr être sur un pied d’égalité »… Un comble, quand on sait que notre pays et notre armée portent (quasiment) à eux seuls, depuis des décennies, l’ensemble des opérations extérieures auxquelles nos prétendus « partenaires européens », et l’Allemagne en particulier, apportent, de loin, un vague soutien… moral !

Un peu de fermeté, M. Macron !

La vérité, c’est que nos voisins teutons, après avoir mis économiquement et diplomatiquement la main sur l’Europe faute d’une réelle opposition de la part de Paris, refusent de rester plus longtemps les nains militaires qu’ils sont depuis 1945. Ils souhaitent renouer avec la puissance, mais sur le dos de notre pays, à moindre coût, et aussi parce qu’ils n’en ont plus les moyens humains. A tel point que, en décembre 2018, Eberhart Zorn, alors chef d’état-major de la Bundeswehr, confiait au Funke Mediengruppe, que Berlin envisageait très sérieusement de faire appel à des ressortissants d’autres Etats membres de l’UE pour pallier son manque cruel de recrues… Reste, dans tout cela, la position de Macron, dont on peut craindre qu’il se laisse aller une fois de plus à quelques concessions en faveur de Berlin. Interrogé lundi par des journalistes alors qu’il était en déplacement à Varsovie, le président français, qui doit d’ailleurs s’exprimer sur la « stratégie de défense et de dissuasion » devant les stagiaires de l’Ecole de guerre ce vendredi, a rappelé que « sur la question nucléaire, il (lui appartient) de définir les intérêts vitaux (…). Mais je veux dire ici clairement qu’à mes yeux, les intérêts de nos partenaires européens sont toujours pris en compte ». Avant d’ajouter : « Je reviendrai précisément sur la doctrine mais aussi sur les procédures et modalités que je souhaite proposer sur ce sujet dans les prochains mois à nos partenaires. » Souhaitons qu’en ce domaine, au moins, il n’ouvre pas davantage la porte entrebaillée en 2006 par Chirac qui, à l’occasion d’un discours prononcé à l’Île-Longue, avait évoqué le principe de… « dissuasion concertée »

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 5 février 2020

Marion Maréchal lors de la National Conservatism Conference : « Nous voulons défendre une civilisation et non un marché ! »

Découvrez l’intégralité du discours prononcé en anglais par Marion Maréchal au colloque qui s’est tenu à Rome – les 3 et 4 février derniers – sur le thème du “Conservatisme national” avec notamment la présence du Premier ministre hongrois Viktor Orban et de la présidente de Fratelli d’Italia Giorgia Meloni.

Je tiens à remercier Yoram Hazony de nous avoir réunis aujourd’hui sous la bannière du conservatisme national.

Notre grande idée est que le conservatisme n’est pas une norme, ce n’est pas une doctrine fixe. Que c’est avant tout une disposition d’esprit. C’est pourquoi il existe tant d’expressions nationales du conservatisme. Le génie de chaque peuple a traduit à sa manière le besoin universel de conservation de la société. La particularité des mouvements conservateurs présents aujourd’hui est qu’ils ne veulent pas simplement ralentir la marche du progressisme. Ce n’est pas seulement un « oui mais ». Ils proposent une voie radicalement différente. Nous avons de beaux exemples de ces différentes voies nationales ici aujourd’hui et dans le monde: le conservatisme national de Donald Trump, l’illibéralisme de Victor Orban, le souverainisme de Boris Johnson, le catholicisme national polonais, le libéral-conservativisme autrichien et tchèque.

Pourquoi nous sommes tous conservateurs :

Derrière nos différences, nous pouvons tous assumer ce terme de «conservateur» car nous défendons tous une vision commune de l’humanité et de ses extensions naturelles : des communautés de différentes sortes plus spécifiquement la communauté nationale.

Nous sommes le nouvel humanisme de ce siècle.

Pourquoi ? Parce que nous connaissons et défendons tous les besoins de l’âme humaine : ordre, liberté, obéissance, responsabilité, hiérarchie, honneur, sécurité (selon la liste de la philosophe Simone Weil). Tous ces besoins essentiels à l’être humain et que le progressisme refuse de satisfaire. Sans répondre à ces besoins, il ne peut y avoir ni civilisation, ni émancipation, ni bonheur. Nous refusons le relativisme par lequel chaque individu serait le créateur de ses propres valeurs. Nous croyons au droit naturel, à une éthique universelle. Nous pensons que la volonté individuelle ne peut être la seule boussole de la société.

Nous, conservateurs, savons que ni l’humanité ni les nations ne peuvent être réduites à des constructions intellectuelles. Ce sont des réalités réelles, sensibles, linguistiques, culturelles, spirituelles. Nous essayons de relier le passé au futur, la Nation au monde, la famille à la société, l’économie à la politique, le commerce aux frontières, la personne au bien commun. Les progressistes sont des observateurs passifs du soi-disant “sens de l’histoire” dans lequel le droit et l’économie gouvernent la société. Nous, conservateurs, voulons à nouveau l’homme comme sujet de l’histoire et l’économie comme outil, et non comme ordre lui-même. Nous représentons le réalisme alors qu’ils représentent l’idéologie, nous incarnons la mémoire alors qu’ils sont amnésiques, nous appartenons à une continuité historique alors qu’ils se concentrent sur la prochaine introduction en bourse ou les prochaines élections.

Et sur le conservatisme français? Quelle est donc la voie choisie par la France ? Quel est le visage du conservatisme français ?

Quelle question difficile pour un pays qui est à la fois le pays de grandes figures conservatrices comme Bonald, Maistre, Chateaubriand, Balzac, Tocqueville ou Le Bon… et le laboratoire d’origine des idées progressistes. Edmund Burke a déjà détecté dans la Révolution française les racines du mal qui nous ronge : le citoyen abstrait de la Révolution française, détaché de sa terre, de sa paroisse, de sa profession, est une matrice du Citoyen du Monde ! La révolution française a favorisé l’universalisme contre le particularisme, le rationalisme contre la spiritualité, l’abstraction contre le contractualisme politique réel. La plupart des idées politiques modernes ont été inventées en France. En France, il n’y a plus de mouvement conservateur depuis la troisième république mais il y a eu des moments conservateurs depuis la Révolution: légitimisme, catholicisme social ou gaullisme. Il n’y a pas d’histoire linéaire du conservatisme français mais plutôt un style. Le regretté Roger Scruton en a parlé comme d’une pensée romantique, poétique, littéraire mais abstraite, contrairement au conservatisme britannique. Logique: en réaction à l’événement métaphysique qu’est la Révolution de 1789, les Français répondent par un conservatisme métaphysique.

On retrouve pourtant quelques caractéristiques de la tradition conservatrice française :

Cette tradition aime l’engagement social mais n’aime pas le socialisme ; elle est en faveur de l’intervention de l’État, sans être centralisatrice. Elle adhère au catholicisme mais peut être hostile à l’Église. Les conservateurs français aspirent à une démocratie directe reposant sur le lien fort entre un «homme de la Providence» et la communauté politique. Ils jouissent ensemble de l’ordre et de la liberté: comme l’a dit de Gaulle, «Il y a un pacte vieux de vingt siècles entre la France et la liberté du monde». Souvent dans notre histoire, nous avons l’impression que la pensée révolutionnaire a gagné. Et aujourd’hui, «conservatisme» est souvent synonyme d’immobilité, d’esprit bourgeois et même de libéralisme.

La France est-elle donc vouée à être une nation progressiste ? Absolument pas. Mais vous commencez à nous connaître : nous ne savons pas faire de la politique sans créer un peu de chaos. Les Gilets Jaunes sont la version spectaculaire d’une révolte électorale contenue, moralement blâmée et réprimée physiquement. Ce sont la version française des Brexiteers. La différence est qu’ils n’ont pas été écoutés. Les Français ont le sentiment qu’une approche conservatrice est devenue une nécessité vitale. Une nécessité vitale pour protéger leur patrimoine matériel et culturel. Ils craignent de perdre ce qui leur est précieux, ce qui leur est familier, ce qui les distingue, ce qui les définit. Dit simplement, leur âme.

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Belloubet paradigme de la terrorisation, par Jean-Gilles Malliarakis

Les déclarations lamentables sur l’affaire Mila de l’actuelle garde des Sceaux capitulaient, ce 29 janvier, devant une des revendications fondamentales de l’islamisme. Celui-ci réclame la reconnaissance d’un délit de blasphème ; quelques lâches, terrorisés, lui en concèdent le bien-fondé. Elles ont attisé une colère exceptionnelle. Et celle-ci s’est exprimée à juste titre, bien au-delà de l’opposition de droite.

Commençons par la sphère politique. Les tribunaux médiatiques parisiens s’emploient actuellement, par ailleurs, dans la perspective des municipales, à diviser et à minimiser le poids des opposants de droite. Cette mini-crise est parvenue à les réunir dans une position commune.

Zeus rend fou ceux qu’il veut perdre. Et les cafouillages gouvernementaux contrarient l’intention stratégique de ce pouvoir macronien, de plus en plus chancelant, dans la pratique, et cependant péremptoire dans les affirmations de ses prétendues certitudes. Ils donnent ainsi une occasion de s’unir, au-delà de clivages en voie de devenir factices, à tous les amis de la Liberté.

Dans une excellente tribune libre [1], Élisabeth Badinter, Élisabeth de Fontenay, Marcel Gauchet, Jacques Julliard, Jean-Pierre Le Goff, toutes personnalités courageuses que l’on étiquetterait difficilement à l’extrême droite, ont su dresser le procès du conformisme politiquement correct des nouveaux dhimmis : “nous paierons cher cette lâcheté“.

Franz-Olivier Giesbert, à sa manière provocatrice habituelle, pose la question “La France, nouveau Pakistan ?” Et de remarquer, à très juste titre, n’en déplaise à Talleyrand, que “tout ce qui est exagéré n’est pas insignifiant. Aussi outrancière soit-elle, écrit-il, la question posée par le titre de cet éditorial mérite d’être posée, tant sont mauvais les vents qui soufflent aujourd’hui sur la France.”[2]

Les reculades du pouvoir face à l’islamisme fournissent des arguments et des ailes à Francis Bergeron, vieux camarade des luttes anticommunistes. Dans Présent, utile petit quotidien qu’il dirige, journal privé de subventions et de recettes publicitaires, jamais cité dans les revues de presse, son analyse, difficilement réfutable, développée ce 30 janvier dénonce ainsi le rôle de “porte-parole de la Ligue islamique“[3] joué par Mme Belloubet.

Il me semble avoir malheureusement, dramatiquement, raison.

La relation entre cette femme du monde et la sinistre mais habile confrérie des Frères musulmans peut paraître hypothétique, sinon controuvée. Son évocation sera immanquablement dénoncée pour conspirationniste. Votre chroniqueur s’empresse donc de le dire : certes, non, Mme Belloubet ne reçoit, ni directement ni indirectement de consignes, ni de Youssef al Qaradawi, ni de l’un quelconque des cache-nez des adeptes de feu Hassan el Banna, telle l’UOIF devenue Musulmans de France. Organisation interdite comme terroriste par de nombreux États, notamment en Égypte où elle était apparue en 1928, mais solidement implantée dans 79 autres pays, bénéficiant du soutien financier du Qatar, aujourd’hui maîtresse de la Turquie sous la férule de Recep Tayyip Erdogan, c’est son réseau d’influence qui inspire le projet du régime actuel d’organisation d’un islam “de France”. Mme Belloubet n’en représente qu’un fragile petit pion.

Appelée en 2017 aux responsabilités ministérielles, non par le soutien d’une légitimité électorale mais par le jeu technocratique du nouveau pouvoir, quand elle s’exprime, on la sent en effet sous l’emprise d’une Terreur rampante.

Cette terrorisation exemplaire ressemble fort à l’ombre permanente de la menace que font peser les criminels islamistes les plus violents et les plus malfaisants.

Un récent rapport[4] émanant de la DGSI tiendrait pour contrôlés par ce que l’on désigne du mot pudique de “communautarisme” quelque 150 quartiers dûment cartographiés. À noter que ce terme fonctionne comme cache sexe indistinct, à l’instar de ceux de “radicalisé”, voire de “la religion”. Éléments de langage imposés par le conformisme politiquement correct, chacun sait qu’ils s’appliquent en l’occurrence à une seule “communauté”, une seule “religion”, une seule “radicalité”. Le public se montre de moins en moins dupe de ce genre de camouflages, incitations à la colère.

Le 18 janvier le chef de l’État était pressé de parler[5] par l’ancien maire strauss-khanien de Sarcelles François Pupponi. On présente encore celui-ci comme un député PS. En fait, s’il siège aujourd’hui, au sein de cette Chambre d’enregistrement qu’on appelle encore Assemblée Nationale en tant que député du Val d’Oise, c’est aux côtés des radicaux-socialistes.

“Parlez Monsieur le Président” semble-t-il demander au maître des horloges. Les Français savent qu’en 2017, une partie d’entre eux, sur la promesse d’un nouveau monde, ont voté pour des communicants, mais qu’ils ont porté au pouvoir des clowns. En 2020, les citoyens et les contribuables de ce pays n’attendent plus des paroles. Ils exigent des actes.

[1] Publiée par L’Express le 31 janvier
[2] cf. son éditorial dans Le Point N° 2475 du 30 janvier 2020
[3] cf. éditorial en ligne de Présent N° 9543, en ligne le 30, édition papier datée du 31 “Belloubet en porte-parole de la Ligue islamique”
[4] Révélé le 18 janvier par le Journal du Dimanche
[5] Entretien réalisé par Emmanuelle Souffi, à propos du livre qu’il vient de consacrer aux “Émirats de la République.”

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Affaire Mila : les masques sont tombés !

L’affaire Mila – à l’origine, une vulgaire empoignade de cours de récréation – a été abondamment commentée et de nombreux masques sont déjà tombés, à commencer par celui du délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM), Abdallah Zekri.

De même, l’intervention alambiquée de notre garde des Sceaux, qui a semblé entériner le retour du délit de blasphème, aura permis aux observateurs les plus progressistes de prendre conscience du double jeu des macronistes à l’égard des islamistes. Le masque du gouvernement luttant contre le salafisme est donc tombé. Au cours des débats passionnés provoqués par l’affaire, des observateurs plus conservateurs ont également pu faire admettre à leurs interlocuteurs que si Mila avait insulté Jésus-Christ, elle n’aurait reçu aucune menace de mort. Le masque qui cachait la vacuité intellectuelle de ceux qui renvoient dos à dos « toutes les religions » est ainsi tombé à son tour.

Des commentateurs encore plus avisés ont su, de leur côté, démasquer tout à la fois ceux qui s’interdisent de critiquer l’islam au nom du respect et ceux, parmi les musulmans, qui s’indignent de bonne foi. Ainsi, questionnée par Guillaume Roquette pour Le Figaro, Ferghane Azihari a assené trois vérités bien ciselées : premièrement, a-t-il expliqué, « la liberté d’expression n’a pas été conceptualisée pour que l’on puisse parler de météo, mais pour que l’on puisse aussi tenir les propos les plus outranciers sans être inquiété physiquement ». Ensuite, a-t-il précisé, « assimiler la critique de l’islam à du racisme, c’est sous-entendre que les musulmans sont une espèce de sous-hommes incapables de prendre une distance critique à l’égard de leur religion ».

Pour lui, c’est précisément là un présupposé raciste. Et comme il ne souscrit pas à ce racisme et à cette infantilisation, Ferghane Azihari a finement ajouté : « Les musulmans doivent être capables d’entendre que leur religion puisse être perçue comme nuisible, délétère ou rétrograde sans que cela ne déchaîne ce genre de passions […] et si, ma foi, ils ne sont pas capables de le faire, c’est bien que leur religion a un problème. »

Mais il restait encore d’autres groupes à démasquer. Pour ce faire, il faut à la fois rappeler les propos de l’avocat de Mila et se livrer à un petit exercice d’imagination… Imaginons donc que Mila ait insulté Jésus-Christ et qu’une horde de catholiques vengeurs ait inondé les réseaux sociaux d’injures homophobes accompagnées de menaces de viol et de meurtre ! Des tombereaux d’insultes offusquées se seraient abattus sur l’Église ; tous les dignitaires de la République, du procureur concerné jusqu’au président de la République, y seraient allés de leur petite déclaration publique ; un rassemblement de soutien aurait été organisé sur la place du Trocadéro et tous les mouvements de gauche auraient répondu présent. Des heures d’émissions auraient été consacrées aux lynchages des ignobles cathos appelant au meurtre ; et les responsables locaux des associations lycéennes se seraient relayés sur les plateaux pour proposer à Mila de l’accueillir dans leur établissement…

Or, que dit Maître Richard Malka, l’avocat de Mila ? Que l’on ne trouve pas de lycées susceptibles d’accueillir Mila, en garantissant sa sécurité, et qu’elle n’a reçu aucun soutien d’aucune association de gauche, pas même des associations féministes ou LGBT.

Et là, les masques sont tombés par dizaines : beaucoup d’associations, pour la plupart subventionnées, ne sont pas là pour défendre les opprimés mais pour faire du bruit médiatique au service du pouvoir, au prix d’une lâcheté et d’une incohérence qu’il faut être aveugle pour ne pas voir.

François Falcon

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Entretien avec Marine Le Pen : “L’Union européenne fonce dans le mur”

05/02/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Marine Le Pen faisait sa rentrée européenne mardi à Bruxelles. Présente au Parlement, la présidente du Rassemblement National s’est confiée à Euronews. Brexit, accords commerciaux internationaux, elle passe en revue les sujets brûlants de ce début d’année.

Voici un extrait de cet entretien.

Christophe Garach, Euronews :

“Bonjour Marine Le Pen. Vous êtes ici à Bruxelles. C’est votre première sortie officielle depuis que vous avez annoncé que vous étiez candidate à l’élection présidentielle en France en 2022. Alors pourquoi être revenue au cœur de la machine européenne ? Pour célébrer le Brexit ?”

Marine Le Pen :

“Non. D’abord pour voir mes députés européens et puis pour rencontrer les députés du groupe Identité et démocratie. C’est vrai que c’est un véritable “big bang” qui a été assez peu analysé, je trouve. Maintenant, il y a deux solutions : soit l’Union européenne comprend qu’il y a un énorme problème et arrête de foncer dans le mur, écoute les peuples et participe à la création de cette alliance européenne des nations que nous voulons construire ; soit elle continue avec ses œillères et d’autres pays quitteront l’Union européenne. C’est une certitude.”

Christophe Garach, Euronews :

“Pourtant, vous, votre plate forme politique a renoncé aux Frexit, à renoncer à quitter l’Union européenne, à renoncer à abandonner l’euro, cette monnaie à laquelle les Français sont très attachés. Donc, le Frexit, c’est fini ?”

Marine Le Pen :

“C’est à dire que nous sommes très puissants aujourd’hui et par conséquent, nous sommes convaincus que nous sommes capables de modifier radicalement cette organisation européenne, abandonner une Union européenne, encore une fois, qui est considérée et ressentie comme une prison dont les résultats économiques et commerciaux sont catastrophiques, pour construire avec les nations européennes véritablement une organisation qui soit fondée sur la coopération librement consentie et pas sur la soumission à des dogmes qui sont de surcroît inefficaces”.

Christophe Garach, Euronews ;

“Vous répétez souvent que l’Europe est une prison. Mais le Brexit n’est-il pas le contre-exemple ? La preuve qu’on peut sortir de l’Union européenne si les peuples le souhaitent ?”

Marine Le Pen :

“Oui, mais ça a mis trois ans quand même. Derrière ce mépris de la démocratie, on a quand même ressenti un véritable mépris des peuples de la part de dirigeants de l’Union européenne qui se sont à peine cachés, d’ailleurs, qui voulaient rendre le divorce le plus difficile possible. Moyennant quoi, c’est sûrement la Grande-Bretagne qui s’en tirera le mieux et l’Union européenne qui aura à subir le plus de conséquences de cette sortie.

Mais est-ce que l’Union européenne se remet en question ? C’est ça véritablement l’interrogation. Ils ne se remettent jamais en question. D’ailleurs, Emmanuel Macron est très révélateur de ça. Il a fait un discours au moment du Brexit en expliquant que l’Union européenne n’avait rien à se reprocher et que, en gros, les Britanniques étaient sortis parce qu’ils avait été victimes de mensonges, de manipulations, etc. C’est drôle comme ça de refuser de voir la vérité en face. Ça, c’est problématique pour un dirigeant.”

Pour lire la suite de cette retranscription, c’est ici !


De Londres à Gand, en passant par Dieuze – La barbarie islamiste se déchaîne, par Franck Deletraz

Deux personnes grièvement blessées à l’arme blanche à Londres, plusieurs autres poignardées à Gand, les gendarmes de Dieuze attaqués au couteau… Alors qu’au cours des dernières 48 heures, la barbarie islamiste aura frappé pas moins de trois fois en Europe, nous sommes, une fois de plus, atterrés par les révélations faites par les grands médias sur le profil des assaillants, dont tout laissait à penser qu’ils passeraient à l’acte, et par cette incompétence incroyable, criminelle, dont font preuve les gouvernements européens dans leur lutte contre l’islamo-terrorisme.

Une cascade d’attentats

Lundi, après avoir reçu l’appel téléphonique d’un individu leur annonçant « qu’il était militaire, qu’il allait y avoir un carnage à Dieuze et qu’il se revendiquait de l’EI », les gendarmes de Dieuze faisaient l’objet d’une attaque au couteau par un jeune homme de 19 ans, qui a fait deux blessés. Parvenu à pénétrer jusque dans les bureaux de la caserne, l’agresseur, « un jeune militaire, en formation initiale depuis deux mois et actuellement en période probatoire », tentait de poignarder un gendarme, le blessant légèrement au bras, avant d’être lui-même blessé par un tir à l’abdomen. Si, à l’heure où nous écrivions ces lignes, presque rien n’avait fuité sur l’agresseur, et si le parquet national antiterroriste ne s’était pas encore saisi de l’affaire, tout laissait cependant à penser qu’il s’agissait bien d’une nouvelle attaque islamo-terroriste. Rappelons que la veille, déjà, l’Europe avait été frappée à deux reprises par les islamistes. A Gand où, sur ce boulevard très fréquenté qu’est le Bevrijdingslaan, un individu armé d’un couteau avait poignardé au moins deux passants, avant d’être neutralisé par les policiers. Mais surtout à Londres où, dans le quartier de Streatham, l’islamo-terroriste Sudesh Amman, pourtant bien connu des services de police, et prétendument « sous surveillance depuis un certain temps », avait grièvement blessé à l’arme blanche deux personnes, avant d’être abattu par les policiers, lors d’une attaque officiellement revendiquée lundi par l’Etat islamique.

Sudesh Amman, un cas emblématique

Une dernière affaire hautement révélatrice du laxisme criminel dont font preuve la plupart des gouvernements européens face à cette menace pourtant omniprésente et croissante qu’est l’islamo-terrorisme. Car, très rapidement, on apprenait que ledit Sudesh Amman, âgé de 20 ans, venait tout juste de sortir de prison. Un cas proprement hallucinant : interpellé en mai 2018 par la police britannique, Sudesh Amman, chez qui les enquêteurs avaient saisi plusieurs armes, et dans les appareils numériques duquel plus de 349 000 fichiers multimédias comprenant des tutoriels pour fabriquer une bombe, des vidéos de propagande islamiste, ainsi que des messages prouvant sa volonté de commettre un attentat avaient été découverts, avait en effet été condamné en novembre 2018 à trois ans et quatre mois de prison pour 13 infractions terroristes différentes ! Lors de son procès, le commandant antiterroriste de la police de Londres avait même fortement insisté sur sa très grande dangerosité, expliquant notamment que dans un bloc-notes récupéré chez Amman, celui-ci avait rangé en tête de ses « objectifs de vie » la « mort en martyr ». Et pourtant, cela ne devait pas empêcher la justice britannique de le remettre en liberté à la fin du mois de janvier dernier, avant même d’avoir purgé la moitié de sa peine ! Un véritable scandale judiciaire qui n’est pas propre, hélas, à la Grande-Bretagne. Car, si l’on reprend la liste des nombreux attentats islamistes qui ont ensanglanté l’Europe durant ces dernières années, on s’aperçoit que tous leurs auteurs (à quelques rares exceptions) étaient parfaitement connus des services concernés avant de passer à l’acte, et ont tous ou presque, à un moment ou à un autre de leur parcours, été abusivement remis en liberté par les justices française, belge ou encore allemande. Un laxisme totalement inconcevable et qui montre bien que l’Europe, dans sa quasi-totalité, n’a toujours pas pris conscience de la gravité du péril sans précédent qui pèse aujourd’hui sur elle.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 4 février 2020

Des SDF critiquent les associations et l’Etat qui « favorisent les migrants » – Génération Identitaire reloge l’un d’eux

Ivan Rioufol dénonce les traîtres

Assez parlé des gilets jaunes ! Dans Les traîtres (Éditions Pierre-Guillaume de Roux), le journaliste Ivan Rioufol se concentre sur ceux responsables de leur colère.

Des lignes et des lignes, des articles bâclés, des livres calibrés pour le rayon “meilleures ventes” des librairies… À longueur de pages, éditocrates et intellectuels ont accumulé les mêmes analyses sur la fameuse “France périphérique”, entrée en révolte il y a plusieurs mois. Grandeur du petit peuple, de Michel Onfray est le dernier exemple en date de ces analyses. C’est assez !

Là où tous ces travaux se focalisent sur les gilets jaunes – coupables d’avoir menacé notre démocratie représentative pour beaucoup, les héros de la liberté pour d’autres – le dernier ouvrage d’Ivan Rioufol préfère braquer les projecteurs sur ceux contre lesquels ils se sont levés. Plutôt que d’analyser une fois de plus la sociologie des ronds-points, Rioufol décrit ceux qui ont poussé à bout les gilets jaunes. L’auteur est connu pour son style et il ne prend pas de gants pour dézinguer l’arrogante macronie. Son dernier essai est donc assez plaisant.

Qui sont les traîtres ? Qui sont ceux pour qui les gilets jaunes ne sont que des revenants de l’effrayant Ancien monde ? “Ils tremblent de peur tant ils se devinent coupables” indique Ivan Rioufol, dont la plume se délecte pendant près de 200 pages à les débusquer. Il n’aura aucune pitié pour ces “étrangleurs” et ces “nez délicats” qui n’ont que du mépris pour les vulnérables “quand ils ne sont pas issus de la diversité”. Il applique la loi du talion. C’est de bonne guerre : depuis bien longtemps, la partie adverse a aussi fait le choix de la diabolisation.

Des noms, des noms!

Présent dans les manifestations parisiennes les samedis, Rioufol a vu dans la révolte le retour des “classes dangereuses qui en appellent à la France et à son histoire révolutionnaire”. Bien sûr, les revendications étaient mal formulées. Bien sûr, il y a peut-être eu des débordements regrettables, de l’improvisation, mais qu’importe : “Si la foule improvise ses parcours et ne sait pas où elle va, elle sait très bien d’où elle vient”.

Sa colère n’est que le juste retour de bâton d’une France martyrisée par les “acharnés de la casse”. À cause de ces derniers, et de leur idéologie que l’auteur appelle le divertisme, “des rues, des quartiers, des communes, des départements ont opéré une mue civilisationnelle que seul peuvent nier [des] esprits complices de ces phénomènes.” Voilà la vraie sédition dont on devrait s’inquiéter.

Au fil des pages du brûlot, le lecteur attentif pourra noter les noms propres des coupables que dénonce le journaliste du Figaro. Essentiellement des politiques appartenant au camp du progressisme, mais pas seulement. Tout en extrayant de l’actualité récente les faits les plus révélateurs des maux français, la liste de cet “intelligentsia démophobe” se dessine. Parmi les aspirations des gilets jaunes des débuts, c’est la question identitaire qui rebuterait plus que toutes les autres le pouvoir et les fameux « traîtres », selon Rioufol. Et quand il est question d’égrener la liste de ceux qui se sont compromis à la marche du 10 novembre 2019 à Paris (où Allah Akbar a été scandé près des lieux des attentats), on devine que c’est un terme encore plus violent que “traître” que l’auteur se plairait à employer…

Si ce n’est pas leur seul tort, le principal méfait des « traîtres » serait cette soumission à la religion islamique. Pendant que les Français seraient excédés, d’obséquieux et zélés agents signeraient le pacte de Marrakech, feraient la courte échelle à une religion étrangère et agressive ou pleureraient la mort de Jacques Chirac. Ce décès n’émeut pas notre pamphlétaire : il retient que l’ancien président de la République a été le “premier président dhimmi”.

Pour lire la suite, c’est ici !

Libye : la solution n’est pas démocratique, par Bernard Lugan

Bernard Lugan

Les-uns après les autres, les sommets internationaux sur la Libye échouent à réparer les conséquences de l’injustifiable guerre faite au colonel Kadhafi.
Ils échouent parce que, comme le disait Albert Einstein : « On ne peut pas résoudre un problème avec le même mode de pensée que celui qui l’a généré ». Or, la guerre contre le colonel Kadhafi fut officiellement déclenchée au nom de la démocratie et toutes les solutions proposées sont démocratiques ou d’ordre démocratique…

De plus, comment prétendre mettre un terme au conflit quand :
1) Les tribus, pourtant les seules vraies forces politiques du pays sont écartées, alors que la solution passe précisément par la reconstitution des alliances tribales[1] forgées par le colonel Kadhafi ?
2) Reconnu depuis le 14 septembre 2015 par le Conseil suprême des tribus comme son représentant légal, Seif al-Islam, le fils du colonel Kadhafi qui représente une des solutions, est systématiquement écarté par les Européens. Or, il est l’un des très rares leaders libyens en mesure de pouvoir faire cohabiter centre et périphérie, comme l’avait fait son père, en articulant les pouvoirs et la rente des hydrocarbures sur les réalités locales, avec un minimum de présence du pouvoir central.

Le littoral urbanisé de Tripoli constitue un cas particulier. Ici, le pouvoir appartient aux milices dont seule une infime minorité se revendique de l’islam jihadiste. Nous sommes dans le monde des trafics qui permettent aux miliciens de faire vivre leurs familles. Or, ils auraient tout à perdre d’une victoire du général Haftar puisque ce dernier a promis de les mettre au pas. Voilà pourquoi ils soutiennent le pseudo-gouvernement de Tripoli, lui-même porté par la Turquie.
La situation en Tripolitaine est donc très claire : si le général Haftar ne réussit pas à s’y imposer militairement, Tripoli et les villes littorales demeureront donc au pouvoir des milices.
Pour espérer l’emporter le général Haftar devrait donc proposer à certains chefs miliciens une porte de sortie qui en ferait de futurs acteurs politiques dans les régions qu’ils contrôlent et dans lesquelles ils ont acquis une réelle légitimité.

Là est la seule solution qui pourrait les détacher de la Turquie. Le but de cette dernière est de maintenir à Tripoli un pouvoir lui devant sa survie et lui permettant de justifier l’extension de ses eaux territoriales aux dépens de la Grèce et de Chypre. Ce thème est expliqué et cartographié à l’intérieur de la revue.

[1] Pour tout ce qui concerne les tribus et leurs alliances, voir mon livre Histoire et géopolitique de la Libye des origines à nos jours.

Bernard Lugan

Texte repris du site Blog de Bernard Lugan

Pour la première fois, un pays a quitté l’Union européenne

« Ce soir à 23 heures, après 30 ans de résistance, le grand peuple du Royaume-Uni aura enfin réalisé le Brexit », titrait le Sun vendredi, à quelques heures seulement d’un événement historique : vendredi à minuit heure française, l’Union européenne perdait un de ses grands pays.
C’était la première fois qu’un Etat quittait l’UE. Nigel Farage pouvait se réjouir la veille sur les ondes de la radio LBC où il tient un programme de discussion politique journalier : le but pour lequel il s’est tant battu est atteint, au moins sur le plan formel puisque les futures relations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni restent à négocier pendant les onze prochains mois.

D’ici là, le Royaume-Uni continuera d’appliquer les règles et normes européennes. C’est Nigel Farage, avec son Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), qui avait poussé David Cameron au référendum, et c’est le même Nigel Farage qui, avec son Brexit Party, a forcé les tories à respecter le résultat du référendum de 2016. Les membres du Brexit Party ont donc plié bagage à Strasbourg, comme leurs collègues qui n’étaient pas tous aussi joyeux qu’eux, quelques larmes ayant même été versées au Parlement européen lors du vote de mercredi qui avalisait l’accord sur la sortie du Royaume-Uni.

C’est donc une grande victoire pour la démocratie, même si les Britanniques, qui pensent désormais dynamiser leur économie, y compris en accroissant (encore !) l’immigration choisie, emmènent avec eux les mêmes problèmes qui sapent aujourd’hui les sociétés d’Europe occidentale, et qui font qu’ils sont comme nous, et peut-être même plus encore, pris en étau entre le totalitarisme libéral-libertaire et le totalitarisme islamique. Mais eux ont au moins récupéré la maîtrise de leur destinée et ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes s’ils continuent de laisser leur pays dériver. Dans un discours diffusé à 23 heures heure anglaise, le Premier ministre a promis à ses compatriotes que le Brexit « n’est pas une fin, mais un commencement », « l’aube d’une nouvelle ère » pour la Grande-Bretagne.

Vendredi, les journaux européens à la fibre européiste s’étendaient sur l’Ecosse qui veut maintenant son indépendance pour rejoindre l’UE. Mais un référendum ayant déjà eu lieu en 2014 avec la promesse qu’il n’y en aurait pas d’autre pour cette génération, rien n’oblige Londres à accepter les exigences du SNP de Nicola Sturgeon. Certains, tels le président français Emmanuel Macron, l’eurofédéraliste belge Guy Verhofstad au Parlement européen et le ministre allemand de l’Economie Peter Altmaier, voient dans le départ du Royaume-Uni une occasion pour réformer l’Europe « en profondeur ». Dixit le président français le 31 janvier : « Je vous mentirai ce soir en vous disant que l’avenir de notre pays pourrait se bâtir dans moins d’Europe. Mais je suis conscient que nous devons la rebâtir en profondeur. » Dans la bouche du président français, cela ne peut que signifier encore plus d’intégration. Mais la vision eurofédéraliste n’est pas partagée par tout le monde, pour ne citer que le Danemark et les pays du Groupe de Visegrád. Mercredi au Parlement européen, Farage a d’ailleurs prédit à l’UE une durée de vie de dix ans maximum, estimant que les premiers pays à suivre l’exemple britannique seraient le Danemark, l’Italie et la Pologne.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 3 février 2020

Greta Thunberg ou la nouvelle éco-religion, par Clément Martin (Les Identitaires)

Le nihilisme constitue le trait marquant de nos sociétés contemporaines. Envahi par le doute et privé de repères identitaires, moraux et spirituels, l’homme européen cherche à combler ce vide par toutes sortes de loisirs et d’excès destructeurs (drogues, sexe, surmenage, etc.)

Mais certaines idéologies profitent également de cette crise existentielle pour prospérer au point de s’apparenter à de véritables religions.

Ce n’est certes pas nouveau. A partir du XVIIIème siècle, avec le déclin progressif du christianisme, sont apparues des « religions politiques » ou « religions séculières » dont la vocation messianique était d’instaurer le paradis terrestre (jacobinisme, communisme, fascisme, etc.)

Largement discréditées par les horreurs du XXème siècle qui ont montré que le fameux « sens de l’Histoire » ne débouchait pas nécessairement sur une félicitée universelle, les grandes idéologies progressistes réapparaissent néanmoins sous d’autres formes telles que le droitdelhommisme, l’antiracisme, etc.

Alain Finkielkraut l’avait d’ailleurs prophétisé dès 2005 : « l’antiracisme sera au XXIème siècle ce qu’a été le communisme au XXème siècle ». Antiracisme aujourd’hui consacré par un droit pénal de nature religieuse qui « rétablit le crime de blasphème » et « empêche de dire ce que l’on voit, de dénoncer les mécanismes qui sont en train de détruire nos sociétés et notre civilisation » selon les mots du professeur Jean-Louis Harouel.

Mais avec la montée en puissance de l’idéologie écolo-gauchiste, appuyée par l’intégralité du système politico-médiatique, nous sommes en passe de franchir un cap.

De l’écologie à l’éco-religion

Il ne s’agit plus seulement de contrôler nos pensées, mais également nos actions : nous avons ordre de conformer l’ensemble de notre vie à cette nouvelle croyance religieuse qui rencontre un succès grandissant parce qu’elle neutralise le besoin de penser et l’angoisse qui l’accompagne.

« L’idéologie, c’est ce qui pense à votre place » écrivait déjà le philosophe Jean-François Revel.

L’écologie de gauche prend donc les citoyens en charge, répond aux questions, envahit notre vie, absorbe nos pensées et finit par singer le religieux : elle a ses prêtresses (Gréta Thunberg), ses excommunications (Roger Federer sommé de se séparer de son sponsor pas suffisamment « écolo »), sa vision apocalyptique (disparition de la planète d’ici 10 ou 20 ans) et ses grands rassemblements (plus d’un million de participants aux marches pour le climat).

Les nouveaux convertis doivent tout changer : des restaurants fréquentés aux modes de déplacements, des marques de vêtement aux groupes de musiques, des jouets pour enfants aux produits ménagers…tout et chacun doit devenir « éco-responsable ».

Il ne s’agit évidemment pas de faire ici l’apologie du gaspillage ou de la pollution, mais de prendre conscience que l’éco-religion va bien au-delà de ces préoccupations de bon sens car elle forme désormais un kit de vie, un prêt-à-penser et à agir, qui donne du sens à la vie de ses adeptes.

Répété et automatique, le rituel exorcise l’angoisse et procure une satisfaction morale. Et du rituel à la mystique, il n’y a qu’un pas.

Les limites politiques de l’éco-religion

Sous perfusion médiatique constante, le développement de l’éco-religion s’est traduit dans les urnes aux élections européennes de mai 2019, où le parti Europe Écologie Les Verts (EELV) est arrivé en 3ème position avec 13 % des voix.

De même, la plupart des instituts de sondage annoncent une forte poussée du vote éco-gauchiste aux élections municipales de mars 2020.

Cette tendance émane pour l’essentiel de citoyens bien insérés économiquement (elle touche peu la France périphérique) mais de plus en plus dépolitisés. Leur vote est davantage l’expression de leur croyance et de leur volonté de la répandre que d’un réel combat idéologique dont les soubassements leur échappent bien souvent. Ces nouveaux électeurs n’appartiennent pas à la gauche radicale qui constitue le substrat structurel d’EELV. De la secte marginale à la religion de masse, les sociologies évoluent nécessairement.

Les écologistes de gauche sont donc confrontés à une problématique majeure. Pour continuer à prospérer électoralement et espérer conquérir le pouvoir, ils doivent se désenclaver de l’extrême-gauche et capter de nouvelles « parts de marché ».

C’est là que le bât blesse. Car même si Yannick Jadot (tête de liste EELV aux européennes) l’a bien compris, la base de son parti continue de revendiquer son identité marxiste et ce décalage n’est pas sans créer de tensions. Yannick Jadot a ainsi créé la polémique en déclarant récemment : « dans des municipalités où vous avez des gens qui sont sans étiquette, ou même divers droite, qui font du 100 % bio dans les cantines, des jardins partagés, de la rénovation urbaine, [il faudra] prendre nos responsabilités ». Le même Jadot qui s’était déjà fait remarquer en affirmant : « l’écologie, ça n’est pas la gauche » (3).

A l’inverse, élu secrétaire national des Verts au mois de décembre 2019, Julien Bayou n’a pas hésité, dès son discours inaugural, à revendiquer un héritage radical en se vantant d’être le fils d’une porteuse de valises pour le FLN islamiste pendant la guerre d’Algérie.

Le piège : installer une nouvelle bipolarité au détriment du camp identitaire

Un tel ancrage à gauche empêchera les écologistes d’accéder au pouvoir et avant cela, de constituer la seule opposition sérieuse et crédible aux macronistes.

C’est pourtant bien cette novelle dichotomie artificielle que le camp « progressiste » cherche à substituer au clivage actuel opposant la Macronie aux patriotes. Car il permettrait une fois pour toute d’évacuer les préoccupations identitaires qui, élection après élection, continuent d’obséder les Français. Des moyens colossaux sont ainsi déployés pour lobotomiser la jeunesse et lui faire craindre une hypothétique « apocalypse écologique » qui constitue une immense diversion face à l’apocalypse migratoire, bien réelle celle-là.

Les Identitaires ont toujours défendu une vision de l’écologie enracinée, respectueuse des peuples et des traditions, seule à même de permettre l’émergence d’une véritable « civilisation écologique » selon l’expression d’Hervé Juvin. Elle est tout le contraire de l’agitation déstructurée d’une Greta Thunberg qui mêle à la lutte contre le réchauffement climatique un antiracisme tendance indigéniste et le combat contre le « patriarcat ».

Oui à l’écologie, non à Greta Thunberg !

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Jean-Yves Le Gallou : « Avec les Bobards d’Or, cela fait 10 ans que nous dénonçons les bobards des médias ! »

La 11e cérémonie des Bobards d’Or aura lieu le 24 février prochain à 19h30 au Théâtre du Gymnase à Paris. A quelques jours de ce grand événement, entretien avec Jean-Yves Le Gallou.

Polémia : Sur les visuels annonçant l’événement, les journalistes sont traités de plusieurs noms d’oiseaux : « Délateurs, menteurs, zélateurs, censeurs, remettons ces journalistes à leur place ». L’affiche de campagne tape fort !

Jean-Yves Le Gallou : Oui ! Mais on pourrait même ajouter « inquisiteurs, prédicateurs, bonimenteurs, baratineurs, tricheurs, affabulateurs, bluffeurs, glandeurs, flatteurs, trompeurs, mystificateurs, calomniateurs, sectateurs, bidonneurs, provocateurs, dénonciateurs, détracteurs, accusateurs, dénigreurs, cafardeurs, répétiteurs » :

Sévère c’est vrai. Mais juste ! Cela fait 10 ans que nous dénonçons les bobards des grands médias. Et nous attendons toujours le premier « média culpa ». Les journalistes pratiquent l’omerta sur leurs mensonges. Ils critiquent la terre entière mais sont solidaires les uns les autres de leur désinformation.

Polémia : Comment les bobards sont-ils rendus possibles ? Et pourquoi sont-ils si nombreux ?

Jean-Yves Le Gallou : Parce que les médias ne cherchent pas à dire (et à vérifier) des faits mais à faire partager des opinions. Dans la catégorie Bobard sans frontières, j’attire votre attention sur le Bobard Lugenpresse. Le candidat est Claas Relotius, reporter vedette du Spiegel, le grand hebdomadaire allemand. Il a été couronné meilleur journaliste de l’année par CNN et a reçu l’équivalent du prix Pulitzer allemand. Une pointure, on vous dit. Renommé pour « l’excellence » de ses reportages. Des reportages d’autant plus appréciés qu’ils étaient bidonnés…dans le bon sens évidemment. La devise officielle du Spiegel c’est « dîtes ce qui est !», la réalité c’est « racontez ce qu’il faut faire croire ! »

Polémia : A côté des Bobards sans Frontières quelles sont les autres rubriques ?

Jean-Yves Le Gallou : La fonction du bobard, c’est d’imposer dans les esprits les dogmes politiquement corrects. Vous ne serez donc pas surpris que nous ironisions sur le Bobarc-en-ciel et le Bobard du vivre ensemble. Sans oublier Les décodeurs décodés ou le Bobard du stagiaire.

Polémia : Qu’appelez-vous Bobard du stagiaire ?

Jean-Yves Le Gallou : Quand les médias sont pris la main dans le pot de confiture du mensonge, ils se défaussent sur un lampiste. Parfois un journaliste, parfois un membre de la rédaction, parfois un stagiaire… La presse régionale est coutumière du fait : cette année c’est La Provence qui est à l’honneur. Sur une photo d’une cérémonie du 15 août le « stagiaire » avait purement et simplement flouté le visage du sénateur RN Stéphane Ravier.

Polémia : Quoi d’autre ?

Jean-Yves Le Gallou : Il y aura aussi deux prix spéciaux : un pour Quotidien pour l’ensemble de l’œuvre de Barthès… parce qu’il le vaut bien. Et un prix Xavier Dupont de Ligonnes (XDLL) parce que tous les médias nous ont bien fait rire avec la pseudo arrestation de ce criminel en Ecosse. Les guignols de l’AFP et du Parisien méritant même une mention spéciale…

A contrario, nous saluerons le travail de réinformation d’un certain nombre de Youtubeurs qui participent à salutaire déconstruction de la tyrannie médiatique. Et les donateurs de Polémia remettront aussi un prix spécial.

Rendez-vous le 24 février pour ce tribunal des flagrants délires !

Achetez votre place pour la cérémonie : https://www.weezevent.com/lesbobardsdor

Tribune reprise de Polémia

Bertrand Cantat, chanteur, assassin, gauchiste – par Francis Bergeron

Le procès en diffamation contre l’hebdomadaire Le Point, perdu par Cantat le 16 janvier, écartera-t-il définitivement l’assassin de Marie Trintignant des projecteurs ? L’odieux personnage, qui fut un temps le héros de la bien-pensance, a de plus en plus de mal à trouver des défenseurs.
A sa sortie de prison, en 2007, pourtant, il restait encore fréquentable. Sa chanson Un jour en France, où il dénonçait la montée du Front national, lui assurait un brevet éternel de la part du camp du bien, malgré le « dérapage » de 2003 :

Un autre jour en France
Des prières pour l’audience
Et quelques fascisants autour de 15 %
Charlie défends-moi
C’est le temps des menaces
On n’a pas le choix pile en face
Et aujourd’hui je jure que rien n’se passe
Toujours un peu plus

FN, souffrance
Qu’on est bien en France
C’est l’heure de changer la monnaie
On devra encore imprimer le rêve de l’égalité
On ne devra jamais supprimer celui de la fraternité
Restent des pointillés yeah, yeah, yeah

Qu’un chanteur connu et son groupe, Noir Désir, offrent de si jolies paroles à son public était apparemment suffisant pour se faire pardonner le passage à tabac mortel de Marie Trintignant. Certes le suicide de son épouse Kristina, par pendaison, en 2010, alors que lui-même était dans la maison, avait éloigné de lui certains de ses inconditionnels, mais le noyau dur de la bien-pensance résistait.

« Nous avons tous décidé de mentir »

En novembre 2017, Le Point a publié un article intitulé « Cantat, enquête sur une omerta ». Il additionnait les témoignages sur la dangerosité du stalinien chantant. Surtout, ces témoins avouaient qu’on leur avait demandé, pendant des années, de cacher ce qu’ils savaient de la violence du personnage. On y apprenait que dès 1989 il avait tenté d’étrangler sa maîtresse du moment. Mais, expliquaient ses anciens amis, « nous avons tous décidé de mentir. Nous étions tous sous son emprise. Et nous pensions qu’il se soignerait ».

En 2017, lorsque paraît l’article du Point, la thèse de l’« accident » était encore défendue par une partie de la gauche, le journal Les Inrockuptibles, par exemple. Or Le Point révélait donc que la violence de l’individu à l’égard des femmes était connue, que ses victimes étaient nombreuses, mais qu’une conspiration imposait le silence. Le procès contre Le Point entrait dans un schéma d’intimidation : empêcher les médias de reprendre l’information. La stratégie n’était pas mauvaise, puisque Cantat poursuivit sa carrière… et ses violences.

Mais depuis lors, les choses ont évolué : à présent, ce sont les féministes qui entrent dans la danse, c’est-à-dire des militantes, souvent lesbiennes, qui ont entrepris une croisade contre les hommes. Cette croisade passe par la dénonciation des « féminicides ». La mode aidant, le courant mainstream tout entier s’est emparé de ce thème. Les « féminicides » font désormais l’objet d’un comptage officiel.

Dans ce nouveau contexte, la cause de Cantat a du plomb dans l’aile. Car il est devenu un symbole : celui du mâle qui persécute et harcèle des femmes jusqu’à les tuer. A présent, ses spectacles sont presque systématiquement annulés.

La décision du tribunal correctionnel met un terme définitif à la morgue du tabasseur antifasciste, et probablement aussi à sa carrière, lui qui préparait un grand come-back cette année.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 31 janvier 2020

Philippe Bilger, sur l’affaire Mila : « On fait toujours une sauvegarde particulière pour ce qui concerne la religion musulmane parce qu’on a très peur d’être traité d’islamophobe »

Philippe Bilger Union des droites

Le procureur de la République de Vienne a annoncé – le jeudi 30 janvier – avoir classé sans suite l’enquête portant sur la nature des propos de Mila, l’adolescente menacée de mort pour avoir insulté l’islam sur les réseaux sociaux.

Voici les explications de Philippe Bilger :

Le procureur de la République de Vienne a annoncé, ce matin, avoir classé sans suite l’enquête portant sur la nature des propos de Mila. Elle avait pour seul objet d’exprimer une opinion personnelle à l’égard d’une religion. Entre-temps, Nicole Belloubet est revenue sur ses propos au sujet de l’atteinte à la liberté de conscience.
Comment analysez-vous tout cela ?

Il y a un double dysfonctionnement. Le procureur a très bien fait de classer la procédure, mais il aurait mieux fait de ne pas ordonner une enquête à l’encontre de Mila. Il a pris pour prétexte qu’il fallait connaître les motivations de ceux qui l’avaient traînée dans la boue et insultée.
Dans un premier temps, Nicole Belloubet a proféré une absurdité. Insulter une religion n’est pas porter atteinte à la liberté de conscience, puisque chacun est libre de croire ou de ne pas croire dans la religion. Je le dis d’autant plus volontiers que moi-même je n’aime pas qu’on insulte les religions. Dire que cela porte atteinte à la liberté de conscience est une absurdité. Personne n’est tenu, dans son for intérieur, d’aimer ou de détester une religion ou de ne pas en avoir.
Il y a un étrange mélange d’absurdité politico-judiciaire sur des sujets sensibles.

Est-ce propre à la religion musulmane ?

Je pense, en effet, qu’on fait toujours une sauvegarde particulière en ce qui concerne la religion musulmane parce qu’on a très peur d’être traité d’islamophobe. On crée parfois une sorte d’équilibre factice et artificiel entre toutes les religions. Jusqu’à nouvel ordre, le judaïsme n’a jamais créé de problème. Au contraire, les actes et les propos antisémites augmentent. C’est, d’ailleurs, un vrai souci. Le christianisme, et le catholicisme en particulier, est souvent traîné dans la boue. Il tend malheureusement souvent l’autre joue, mais c’est la conception dévoyée de l’islam qui crée des problèmes. Comme on a très peur, on n’a pas de courage intellectuel, médiatique et politique. On éprouve toujours le besoin de mettre les autres religions sur le même plan comme si elles posaient des problèmes. C’est une absurdité !

Tribune reprise de Boulevard Voltaire