Chasser Éric Zemmour de RTL, c’est reconnaître son influence intellectuelle

On se souvient de la chanson de Guy Béart et de son refrain : « Le premier qui dit la vérité/Il doit être exécuté. » Aujourd’hui, c’est à Éric Zemmour qu’on s’en prend une nouvelle fois : la chronique qu’il tient sur RTL, à 8 h 17, sera supprimée à la rentrée. Il conservera peut-être un créneau le week-end, mais on ne sait pas si c’est une fausse nouvelle (pour mieux faire passer la pilule) ou si la station hésite à l’exclure complètement, compte tenu de son audience.

Nul doute que cette éviction réjouira les partisans de la liberté d’expression à sens unique. Éric Zemmour n’a pas que des amis au sein de la rédaction de RTL : on lui reproche ses positions sur l’immigration et sur l’islam, ou encore ses propos dans le mensuel Causeur, en octobre 2016 : « Moi, je prends l’islam au sérieux, je ne le méprise pas ! Je ne pense pas que les djihadistes soient des abrutis ou des fous. Je respecte des gens qui meurent pour ce en quoi ils croient. »

La Société des journalistes de RTL, dans un communiqué, avait estimé « de son devoir de faire savoir aux auditeurs de la radio et à l’opinion son aversion pour des propos qui, à ses yeux, portent atteinte à la mémoire des victimes du terrorisme et à la douleur des familles. » Yves Calvi, qu’on aurait cru plus ouvert, avait lu un message de réprobation au nom de la rédaction et de la direction de la station, tandis que la SDJ du Figaro, où il tient une chronique hebdomadaire, avait « dénoncé sans réserve » cette sortie.

Il faut une certaine dose de mauvaise foi pour feindre de croire que l’auteur du Suicide français aurait quelque estime pour les terroristes et puisse faire leur apologie : « Je ne respecte pas des gens qui tuent des enfants et des femmes », a-t-il assuré sur BFM TV. Il voulait surtout dire qu’il est irresponsable de ne pas prendre au sérieux les terroristes, de les tenir pour des fous ou des déséquilibrés, comme on a eu tendance à les présenter dans les premiers temps, et qu’ils sont d’autant plus dangereux que leurs convictions religieuses leur ôtent toute crainte de la mort.

Les bonnes âmes peuvent être rassurées : cet abominable personnage sévira de moins en moins sur nos ondes ou sur nos écrans. D’aucuns regretteront qu’il n’en soit pas totalement banni, car ces prétendus défenseurs de la liberté d’expression sont les plus zélés pour couvrir d’opprobres et ostraciser ceux qui ne pensent pas comme eux. Ils accueillent comme des bienfaiteurs de l’humanité des révolutionnaires d’extrême gauche, qui cultivent la violence, mais conspuent tous ceux qui osent contredire leur vérité.

On a beau vouloir censurer Éric Zemmour, on n’a pas encore inventé le moyen de faire taire tous ceux qui partagent ses idées. Dieu sait, pourtant, si le gouvernement s’y emploie, pour imposer la vérité officielle ! C’est la fierté de la France d’avoir des polémistes qui savent trouver la formule qui interpelle, qui dérange, qui suscite la réflexion. Tous n’ont pas le talent d’un Léon Daudet ou d’un Éric Zemmour, mais tous contribuent, par leur refus de se fondre dans le moule du politiquement correct, à la quête de la vérité et au salut de l’intelligence.

Philippe Kerlouan

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

[Vidéo] «La plupart des migrants ne viennent pas d’Afrique »

17/07/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Quels enjeux pour le 31e sommet de l’Union africaine qui avait lieu début juillet à Nouakchott ? Rachel Marsden recevait à ce sujet Leslie Varenne, directrice de l’IVERIS et spécialiste de l’Afrique ainsi qu’Emmanuel Dupuy, président de l’IPSE et spécialiste des questions africaines.


L’armée et les militaires au zénith auprès des Français, par Pierre Malpouge

L’image de l’armée française dans l’opinion est excellente, et même à son zénith : selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting, neuf Français sur dix soit 87 % ont une « bonne opinion » des militaires.

Pour 94 % des sondés, nos soldats sont « courageux » ; ils sont « dévoués » pour 91 % d’entre eux, et ils « défendent les valeurs républicaines » (89 %). 80 % leur font confiance pour « intervenir sur le territoire national en cas d’attaque terroriste ».

Une opinion plus que favorable que l’on retrouve également dans la classe politique. Ainsi, chez les sympathisants Les Républicains, ils sont 96 % à avoir une bonne opinion, 95 % chez ceux du Rassemblement national (ex-FN) et de La République en marche, 87 % du côté du PS et même 80 % chez les Insoumis.

La lutte contre le terrorisme explique largement ce regain de sympathie des Français pour leur armée. Mais quatre Français sur dix (38 %) seulement disent faire confiance à Emmanuel Macron pour lutter contre le terrorisme islamiste. Lequel Emmanuel Macron se retrouve pour le coup au même niveau que son prédécesseur François Hollande (selon un sondage réalisé en mars 2016, seuls 38 % des Français faisaient alors confiance à François Hollande pour lutter contre le terrorisme). Pourtant, à la différence de Hollande, Macron avait osé désigner l’ennemi, les islamistes. Mais à présent l’opinion en attend beaucoup plus.

Par rapport aux années passées, l’évolution est notable. Jusqu’au début des années 1990, moins de 70 % des Français avaient une bonne opinion de l’armée (notons qu’en 1985, les Français étaient 35 % à avoir une mauvaise image des militaires, notamment un sur deux parmi les sympathisants de gauche), relève l’institut de sondage.

Les Français estiment que « les militaires ne sont pas assez reconnus »

L’opération Chammal, menée contre l’Etat islamique en Syrie et en Irak, a été approuvée par 86 % des Français, ce qui ressemble à un plébiscite. Les Français estiment qu’« il faut continuer jusqu’à ce que Daesh ne soit plus une menace ». Quant à l’opération intérieure Sentinelle, elle est approuvée à hauteur de 77 %.

Une armée donc au zénith dans le cœur des Français. Des Français qui estiment d’ailleurs que les militaires ne sont « pas assez reconnus ».

Un manque de reconnaissance auquel s’ajoute le regret par l’opinion de l’insuffisance de moyens pour nos soldats et notre armée. En mai dernier, 55 % des Français interrogés estimaient en effet que le niveau actuel du budget de la Défense « ne permettait plus aux armées de remplir leurs missions » et 82 % d’entre eux disaient souhaiter qu’il soit « maintenu et augmenté ». Cela ne va pas dans le sens des orientations actuelles, car le ministère de l’Action et des Comptes publics aurait l’intention de récupérer 850 millions sur le dos des armées afin de pouvoir réunir les 4 à 5 milliards d’euros manquants pour ramener le déficit public sous le seuil de 3 % du PIB.

A noter qu’en matière d’Europe de la défense, 54 % des Français estiment que celle-ci devrait avoir comme priorité une « participation commune aux opérations extérieures » et qu’elle doit se construire dans « le cadre global de l’Otan ». Comme aurait pu dire le général Bigeard, l’armée est seule à nous donner encore cette vraie « parcelle de gloire ».

Pierre Malpouge

Article paru dans Présent daté du 16 juillet 2018

Claude Seignolle, le réenchanteur

Claude Seignolle est mort le 13 juillet, Il venait d’avoir 101 ans le 25 juin dernier ! Folkloriste, conteur et enchanteur, c’était un des plus beaux vieillards de France dont il connaissait toutes les patries et les parties secrètes. Mieux qu’historien : diseur de légendes. Olivier François lui avait rendu hommage l’année dernière dans notre dossier d’Éléments “La réponse polythéiste” numéro 167.

Maître de l’étrange, fantastiqueur en sabots, grand initié aux arcanes du Démon et de ses pompes, collecteur folkloriste disciple d’Arnold van Gennep, collectionneur de légendes et de menteries, brocanteur de superstitions et de chimères, barde et conteur de tous les pays de France, écrivain de race admiré et salué par Lawrence Durell, Blaise Cendrars, Thierry Maulnier, Pierre Mac-Orlan et Hubert Juin, Claude Seignolle avait eu 100 ans le 25 juin dernier. Cet anniversaire a été célébré plus que discrètement par la presse nationale ou généralement passé sous silence. N’en soyons pas étonnés car cela fait bien longtemps que les journaux de l’Hexagone ne savent plus reconnaître les vraies grandeurs. Ils n’admirent désormais que les talents moyens, les talents comme-il-faut, les mous et les tièdes, les fruits désinfectés et sans saveur.Maître de l’étrange, fantastiqueur en sabots, grand initié aux arcanes du Démon et de ses pompes, collecteur folkloriste disciple d’Arnold van Gennep, collectionneur de légendes et de menteries, brocanteur de superstitions et de chimères, barde et conteur de tous les pays de France, écrivain de race admiré et salué par Lawrence Durell, Blaise Cendrars, Thierry Maulnier, Pierre Mac-Orlan et Hubert Juin, Claude Seignolle a eu 100 ans le 25 juin dernier. Cet anniversaire a été célébré plus que discrètement par la presse nationale ou généralement passé sous silence. N’en soyons pas étonnés car cela fait bien longtemps que les journaux de l’Hexagone ne savent plus reconnaître les vraies grandeurs. Ils n’admirent désormais que les talents moyens, les talents comme-il-faut, les mous et les tièdes, les fruits désinfectés et sans saveur. L’œuvre de Claude Seignolle est certainement trop forte – ainsi que les alcools de certaines distilleries clandestines – pour les admirateurs des fémelins de la littérature contemporaine. On y respire l’air vif d’un monde très ancien, de cette vieille civilisation qui a précédé la grande mue industrielle ; on y sent des odeurs de landes et de marais, de bois et de ruisseaux, des muscs paysans, des fumets de plantes et de bêtes sauvages. Les loups y dévorent toujours les agneaux et les jolies bergères ; les animaux n’y sont pas trente millions d’amis, mais parfois les gardiens de secrets immémoriaux, des intercesseurs vers ce qui est en deçà ou au-delà de l’humain. On y entend aussi des musiques que le brouhaha moderne a aujourd’hui recouvert, les symphonies que jouait la nature quand elle était toujours cosmos ou création divine, les chants des dieux et des fées, les cris des démons et des faunes ; et de plus simples chansons paysannes, ces refrains entonnés par les peuples de la glèbe et de la faux pour conjurer le sort, s’accorder la faveur des astres, maudire leurs ennemis, louer le retour des saisons et bénir la fécondité des femmes.

[Recueillir les derniers feux d’une civilisation]

Claude Seignolle n’est pas un écrivain bucolique comme ces petits maîtres du XVIIIe siècle français, ces poudrés qui rêvaient d’un monde policé, réconcilié et aménagé, d’un grand jardin taillé au cordeau destiné aux marquises en rose et aux abbés de cour. Le royaume seignollesque n’est pas le cauchemar climatisé du Grand Architecte. Le bien et le mal n’y sont pas ces entités abstraites qui inspirent aux philosophes et aux théologiens modernistes les froides spéculations des sommes et des traités. Claude Seignolle enseigne, à rebours, une sorte de pensée sauvage, une « manière d’être », notait Hubert Juin dans une préface à La Malvenue, qui semble « posée de biais pas rapport à l’Histoire » et qui se joue des catégories religieuses et philosophiques classiques, ces carcans spirituels imposés aux peuples européens par les absolutismes cléricaux et politiques. Satanisme paysan et carnavalesque, catholicisme populaire d’avant la réforme tridentine, survivances païennes, animisme et petites religions locales s’affrontent ou se conjuguent pour la joie et l’inquiétude des lecteurs. L’univers retrouve enfin ses ambigüités, ses rythmes et ses alternances. À nouveau le sang et la sève coulent à travers les veines et les racines du monde. À nouveau la nuit est une nuit de mystères, d’angoisses ou de rêves, une nuit qui n’est pas polluée par « les affichages célestes » de la société marchande. À nouveau la lune est une puissance qui fait battre les entrailles, inspire les amants et incite aux chasses les plus sauvages. La lecture de Claude Seignolle est une aventure plus dépaysante que toutes les explorations spatiales car elle nous restitue des dimensions du ciel et de la terre que nous avions perdues. Claude Seignolle a 100 ans, mais nous pourrions parfois en douter. Cet écrivain est moins vétuste et empoussiéré que la plupart des romanciers contemporains. Sa langue est drue, son imagination vive, et ses livres envoutent immédiatement. Ouvrir les pages des ses romans et de ses recueils de contes ne donne pas l’impression d’entrer dans une serre ou dans un petit salon propret où le maître des lieux présente avec parcimonie des plantes artificielles ou de petits meubles cirés qui font sans doute le bonheur des musées, mais ne touchent ni l’âme ni le cœur ni l’esprit. Au contraire c’est beau, c’est grand, c’est généreux, Seignolle ! Cela ressemble davantage à la noce de Brueghel l’Ancien qu’aux agapes petites-bourgeoises. Et il ne déçoit jamais, il a compris ses lecteurs et ne trahit pas leurs espérances. Il leur offre toujours les sortilèges de cet esprit d’enfance qui réenchante le monde ou le défait avec une ironie cinglante, et ouvre des perspectives – de terreur ou de joie – auxquelles l’esprit habitué des adultes est souvent définitivement fermé. Seignolle a 100 ans mais il est plus jeune que tous les trentenaires, les quarantenaires, les quinquagénaires, les sexagénaires – ne parlons pas des sexygénaires –, les septuagénaires, les octogénaires et les nonagénaires réunis. Jeune centenaire, Seignolle pourrait d’ailleurs aussi bien être un très jeune bicentenaire ou tricentenaire, voire être né il y a mille ou trois mille ans. Pour ma part, je l’imagine assez jeune barde d’une tribu gauloise d’avant la conquête romaine, sorcier du Haut Moyen Âge résistant à la christianisation, gueux des croisades populaires, errant de la Sainte Russie, trafiquant de poisons et de philtres d’amour dans la Chine des Mings, colporteur traversant les pays du royaume de France au milieu du XVIIIe siècle, clochard céleste et trimardier… Seignolle en a gardé la très haute sagesse et la très sage fantaisie. Mais d’où vient ce sacré bonhomme, me direz-vous ? Cent ans, c’est une vie que l’on peut saisir à vue d’homme, n’est-ce pas ? Il est parfois fastidieux de retracer précisément la vie des écrivains. Le genre biographique échappe souvent à l’essentiel en se perdant dans des détails, des dates, des faits qui se veulent révélateurs, mais occultent l’esprit et le sens réel d’une destinée. Aussi certains secrets ne doivent pas être percés, jetés en pâture à la curiosité mauvaise du public. Seignolle doit évidemment d’abord se rencontrer dans son œuvre, mais nous révélerons pourtant deux moments de son existence, deux expériences de son enfance et de sa jeunesse, qui sont fondateurs de sa singulière sensibilité. Car le futur quêteur d’histoires et de légendes a senti très tôt le frisson du mystère et décidé de son destin.

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[Vidéo] Après la victoire des Bleus, des casseurs pillent le Drugstore Publicis des Champs-Elysées

16/07/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Des casseurs ont pillé dimanche soir le Drugstore Publicis des Champs-Elysées, à Paris, où des centaines de milliers de personnes fêtaient la victoire française à la Coupe du monde de football.

Les casseurs ont emporté avec eux des bouteilles de vin et de champagne, avant que des policiers ne ripostent avec des jets de gaz lacrymogène.


La lutte antiterroriste très insuffisante, par Francis Bergeron

La commission d’enquête du Sénat sur nos moyens de lutte antiterroriste a publié mardi son rapport. Elle a rencontré 49 autorités et experts dans les domaines judiciaires, militaires, informatiques, diplomatiques, politiques, etc., et effectué quatre déplacements. La rédaction du rapport conclut six mois d’enquête, et aboutit à 63 propositions très concrètes. Certaines d’entre elles ont certes été mises en œuvre depuis lors ; d’autres sont symboliques. Mais le rapport met aussi le doigt sur de graves lacunes, des manques, des insuffisances.

La première de ces lacunes, celle qui paraît la plus évidente, la plus choquante, c’est qu’à ce jour le salafisme ne figure toujours pas parmi les courants et associations répertoriés comme sectaires. On ne parle même pas d’interdiction, on parle simplement d’identification de ce courant salafiste comme ayant des pratiques qui conditionnent les individus et altèrent leur libre arbitre. Malgré l’arsenal législatif sur les dérives sectaires, bâti lors d’affaires du type Scientologie ou Moon – des sectes qui n’ont jamais tué personne, quoi qu’on puisse penser de leurs méthodes d’embrigadement –, le salafisme n’est même pas placé sous ce type de surveillance. La proposition 46 du rapport demande d’« inscrire le salafisme sur la liste des dérives sectaires de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires ». Ce qui paraît la moindre des choses. Mais il serait encore plus simple d’interdire purement et simplement les mouvements et de fermer les mosquées se réclamant du salafisme. Le rapport du Sénat ne le préconise pas. De même, alors que le salut fasciste est interdit et sanctionnable pénalement (comme la quenelle de Dieudonné !), le « Allah Akbar » des terroristes ne l’est pas. Le rapport ne préconise rien dans ce domaine.

Modération des condamnations, lors des premières années

En ce qui concerne le retour massif des djihadistes et de leurs familles des zones anciennement sous contrôle de Daesh, les propositions 31 et suivantes prévoient que soient vraiment appliquées les dispositions permettant la déchéance de nationalité des binationaux, et que les mineurs rentrés soient suivis jusqu’à leur majorité. Là aussi, l’étonnant est que ce ne soit pas déjà le cas.

Ce rapport et ses 63 propositions constituent donc un bon état des lieux de l’organisation et des moyens de la lutte antiterroriste, mais les deux rédacteurs auraient pu – auraient dû – aller plus loin.

Reste le casse-tête des procès pour terrorisme, qui représentent un volume énorme d’affaires, et des libérations massives qui s’annoncent : 47 % des terroristes actuellement incarcérés en France seront libérés d’ici 2020, et plus de 80 % d’ici 2022. Il y a eu la modération des condamnations, lors des premières années de la vague terroriste, et il y a les remises de peine. On sait déjà qu’une grande partie de ces tueurs sont décidés à poursuivre leur lutte. Les lois ne sont pas rétroactives (sauf pour Touvier…), ce qui fait craindre une recrudescence de meurtres islamistes à partir de ces années-là.

D’où l’importance de la question des déchéances de nationalité et des expulsions. Sous Sarkozy, puis à l’époque de Valls, ces perspectives avaient indigné et mobilisé la gauche. Quelques centaines d’assassinés plus tard, elles font à peu près consensus.

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

Finances du RN : une décision inique, par Guillaume de Thieulloy

Le Rassemblement national a appris le week-end dernier que deux juges d’instruction avaient saisi à titre conservatoire un peu plus de 2 millions d’euros sur le premier versement de la dotation publique qui lui revient au titre du financement public de la vie politique.

Cette décision, qui intervient dans le cadre de l’affaire des emplois « présumés fictifs » (comme disent joliment les médias dominants) au Parlement européen, est tout à fait extraordinaire.

D’abord, parce qu’elle est appliquée hors de toute décision de justice.

Aucun tribunal, à ma connaissance, n’a établi la culpabilité du Front national ou de ses députés dans cette affaire d’assistants parlementaires.

Mieux, la compétence des tribunaux français, contestée par Marine Le Pen, n’est toujours pas confirmée par la justice.

Quant au volet européen de l’affaire, la présidente du FN a quelques raisons de se plaindre de l’état du droit à Bruxelles, puisque les autorités bruxelloises sont, dans son affaire, à la fois juge, policier, huissier et partie civile !

J’ai d’ailleurs découvert, à cette occasion, que l’Union européenne n’était pas signataire de la convention européenne des droits de l’homme.

Mais revenons en France.

Les juges d’instruction qui ont ordonné cette saisie sont tous deux proches de l’ultra-gauchiste Syndicat de la Magistrature.

Ils sont aussi tous deux membres du Parquet national financier, installé par Mme Taubira, et dont on vit l’admirable impartialité, voici quelques mois, dans l’affaire Fillon.

Là encore, Marine Le Pen a quelques raisons de douter de la parfaite neutralité de la justice.

Soit dit en passant, cela ne signifie pas, comme les journalistes s’échinent à essayer de le faire dire à la présidente du RN, que le gouvernement aurait fait pression pour que cette décision ahurissante soit prise dans la torpeur de l’été.

La couleur politique rouge vif des juges peut fort bien suffire à expliquer cette décision.

Notons encore que cette décision n’est exigée par aucun impératif de sauvegarde financière.

Le RN reçoit 4,5 millions d’euros par an de l’État. La justice aurait très bien pu saisir la somme hypothétiquement due après un jugement. De toute évidence, nous ne sommes pas ici dans le cas d’un trafiquant de drogue qui pourrait se sauver avec son « magot » avant que la justice n’ait fait son travail.

Bref, tout porte à croire que cette décision est une décision de mise à mort de l’un des principaux partis d’opposition.

D’après les dirigeants du parti, si rien n’est fait dans les deux mois qui viennent, soit pour suspendre cette saisie, soit pour assurer par d’autres moyens le financement du RN, ce dernier ne survivra pas à l’été. Il y a tout lieu de croire que ce soit bel et bien l’objectif de l’opération.

Cela en dit long sur la conception de la démocratie des juges.

Mais le problème est plus profond que ce que dit Mme Le Pen.

Cette décision, manifestement inique, braque aussi les projecteurs sur les dangers du financement public de la vie politique. Il est malsain que les contribuables financent par leur impôt des partis qu’ils réprouvent. Et ce financement public, outre qu’il entraîne d’innombrables tentations de concussion en tout genre, est la porte ouverte à tous les arbitraires. Il faut revenir au financement des partis politiques par leurs adhérents et sympathisants.

Guillaume de Thieulloy

Tribune reprise de les4verites.com

Le réveil des nations, un défi pour Macron – par Ivan Rioufol

Le nationalisme, voilà l’ennemi ! Emmanuel Macron a réaffirmé, lundi à Versailles, sa vision datée de l’époque : “La frontière véritable qui traverse l’Europe est celle aujourd’hui qui sépare les progressistes des nationalistes.” Pour lui, “un combat est en train de se livrer qui définira le projet de l’Europe à venir : celui d’un repli nationaliste ou celui d’un progressisme contemporain ”. Mais pourquoi ce rejet de ceux qui redécouvrent leur nation et ses frontières ? “Le nationalisme, c’est la guerre ”, répète le président en reprenant la formule de François Mitterrand : il avait en mémoire les deux conflits mondiaux. Or, depuis, les démocraties se sont installées en Europe. S’il est une idée universelle qui partout renaît, c’est celle de la patrie protectrice. La modernité est réactionnaire : elle récuse le monde plat et indifférencié, ce cauchemar progressiste. L’engouement national veut se garder de l’intolérance que produit le multiculturalisme, béni des béats.

Si des guerres éclatent demain en Europe, elles verront s’affronter des civilisations importées et dissemblables. “Nous sommes riches de nos diversités !”, avait lancé le président il y a un an, en abusant des clichés. En fait, l’islam radical fourbit ses armes dans les recoins du communautarisme. D’ailleurs, le président le reconnaît quand il évoque un “terrorisme islamiste qui se love dans nos sociétés elles-mêmes”. Mais il a évacué cette menace, lundi, au profit d’un énoncé de mesures économiques.

La force de notre économie, quand nous l’aurons pleinement retrouvée, c’est le socle même de notre projet de société“, a-t-il réaffirmé. Ce raisonnement serait bon si les pays les plus performants produisaient des sociétés apaisées. Or c’est notamment en Pologne, en Autriche, en Allemagne que les mouvements populistes – cet autre nom pour désigner les affreux – font florès, en dépit de leurs bons taux de croissance.

Il est loin, le jeune candidat à la présidentielle qui parlait de “bienveillance” et recommandait à son public de ne pas siffler l’adversaire.

Ivan Rioufol

Texte daté du 12 juillet 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Lutte contre l’immigration : rencontre trilatérale à Innsbruck

13/07/2018 – EUROPE (NOVOpress)
Une rencontre trilatérale à eu lieu Innsbruck, en Autriche, ce jeudi, en marge d’une réunion des ministres de l’Intérieur des 28, entre le ministre autrichien et ses homologues allemand et italien, Horst Seehofer et Matteo Salvini.

Ce dernier, maître d’oeuvre du durcissement de Rome sur la question de l’immigration a réitéré sa vision des choses en la matière.

Matteo Salvini a notamment déclaré :

Moins de départs, donc moins d’arrivées de migrants signifient moins de morts mais aussi une réduction des problèmes et des coûts économiques et sociaux engendrés par une immigration que nous ne sommes plus capables de gérer. Si le modèle italien devient un modèle européen, ce sera pour moi, pour nous, une source de fierté. Un modèle que nous voulons encore améliorer grâce à l’appui des autorités libyennes.


Syrie : on tue encore !, par Etienne Defay

Deera et Idlib. Ces deux villes situées respectivement au sud et au nord de la Syrie ont été le théâtre de violents affrontements entre les forces de Bachar Al Assad et des rebelles syriens.

Au bout de sept ans de guerre, il semblerait en effet que l’armée syrienne ait enfin repris le contrôle de la situation. Au bout de sept ans de machinations étrangères et de déferlement de violences, il semblerait qu’enfin les Syriens soient globalement redevenus maîtres de leur pays. Mais pas totalement. En effet, à Deera, berceau historique de la rébellion syrienne, les combats ont cessé le 8 juillet dernier avec la reddition des rebelles, les civils commencent à peine à revenir dans la ville martyre. Ainsi, les convois de citoyens syriens croisent ceux des rebelles qui ont obtenu d’être évacués dans le nord du pays dans la province d’Idlib qui sera à n’en pas douter le prochain théâtre d’affrontements tout aussi violents.

Dans la zone kurde, la situation est tout aussi tendue. Les Kurdes de Syrie craignent le retour des persécutions, coincés entre la Turquie et les forces d’Assad. Coincés dans leur lutte identitaire et divisés par le retour du PKK en 2012 avec l’accord du régime qui y voyait un moyen efficace pour diviser les révolutionnaires, ces derniers voient leur avenir s’assombrir après plusieurs années de lutte contre le terrorisme.

Autre point chaud : les chrétiens. Le pourcentage de chrétiens au Moyen-Orient est passé de 20 % avant la Première Guerre mondiale à 4 %, estime le Vatican. Les responsables chrétiens de Syrie prônent une aide au retour des chrétiens réfugiés dans des pays limitrophes, à l’instar de l’archevêque grec-catholique d’Alep, Mgr Jean-Clément Jeanbart. « Le régime est une chose, le terrain une autre », confie cet homme qui n’a jamais abandonné sa ville.

Il a lancé une campagne intitulée « Alep vous attend », finançant les retours des chrétiens grâce à des bienfaiteurs suisses. Sur 170 000 chrétiens de la ville avant la guerre (11 dénominations différentes), il en reste peut-être 60 000, calcule-t-il, jugeant que ceux partis en Occident ne reviendront pas.

Si les grands médias se sont désintéressés du conflit syrien, il faut dire que l’issue de la guerre a fait mentir l’intégralité des éditorialistes et des pseudos humanitaires ; les combats à mener pour le retour de ces populations et le maintien coûte que coûte des minorités chrétiennes sur place ne sont pas encore gagnés. Le patriarche syrien-orthodoxe Ignace Ephrem II, qui vit à Damas, juge que « l’Occident a été trop obnubilé par un changement de régime. En tant que chrétiens nous avons le sentiment d’avoir été abandonnés », s’alarme-t-il ; « les programmes d’aides gouvernementales internationales ne nous parviennent pas, car on nous accuse d’être des suppôts du gouvernement ».

Un comble quand on sait que la seule alternative crédible au régime de Bachar serait une dictature basée sur le fondamentalisme islamique. Toujours cette vieille lubie occidentale croyant la démocratie universelle.

Pour Elisa Bureau, auteur des Chrétientés orientales (éditions Persée), les chrétiens d’Orient sont l’un des deux poumons du christianisme, s’en amputer constituerait une perte telle que notre religion aurait du mal à s’en remettre.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 12 juillet 2018

Marchandages sur l’effort de défense, par Jean-Gilles Malliarakis

Les rencontres atlantiques de ces 11 et 12 juillet, entre Européens et Américains portent sur l’avenir de l’Otan. Peut-être convient-il de mieux situer le contentieux qu’elles s’apprêtent à gérer. Avant même de remonter aux premières années de l’Alliance et à ses principes historiques reportons-nous à 2014.

Le débat remonte en effet à cette année-là. Les pays limitrophes de la Russie avaient assisté, au printemps, à l’affaire de Crimée, puis au développement d’une guerre hybride que Moscou mène dans l’est de l’Ukraine en soutien aux séparatistes.

Les menaces de la Russie poutinienne ressenties dans l’Est européen vont au-delà de la question de frontières théoriquement sanctuarisées par les accords d’Helsinki de 1975. Elles portent sur l’unité, et même sur l’indépendance des pays issus en 1991 de l’Union soviétique. Et cela a conduit à légitimer la marche vers un impératif comptable accepté par tous les alliés.

Il a été situé à échéance de 10 ans, c’est-à-dire pour 2024, à hauteur de 2 % du Produit intérieur brut de chaque pays, à investir dans les moyens matériels de défense. 20 % de cet effort devra être consacré à l’acquisition de nouveaux équipements majeurs, comprenant les dépenses de recherche et développement.

On peut parfaitement s’interroger sur la pertinence de tels ratios statistiques.

En France, par exemple, l’opinion peut désormais paraître majoritairement, sinon unanimement, acquise à la préoccupation militaire. Or, les services de l’Otan en mesurent la concrétisation à seulement 1,81 % en termes de PIB. La Cour des comptes estime, au contraire, que le seuil de 2 % est atteint ou dépassé.

Tout dépend en effet, d’abord, d’une donnée quantitative fluctuante, celle de la richesse produite dans le pays ; et d’autre part une notion qualitative interroge quant à la nature des missions définies par les lois de finances.

Faudra-t-il ainsi incorporer ou non le symbolique projet de service national restreint que la présidence de la république entend instituer et dont l’impact sur la capacité opérationnelle du corps de bataille tendra, de toute évidence, vers zéro ?

Depuis 1960, aussi, la force nucléaire hexagonale a absorbé une part considérable du budget des armées : faut-il la comptabiliser dans le contexte de l’Otan ?

De telles questions font autant de digressions dans un débat où devraient primer celles de l’esprit de défense et de l’effort matériel qu’il suscite.

À y regarder de près, on se rend ainsi compte que seuls quelques gouvernements ont vraiment tenu l’engagement à hauteur de 2 % fixés en 2014. La Grande Bretagne, alliée indéfectible, et à certains égards cavalier du cheval américain, la Grèce dont la préoccupation stratégique est déterminée par la menace d’une Turquie juridiquement alliée mais militairement ennemie, restent hors concours avec respectivement 2,10 % et 2,27 %. Viennent ensuite de manière significative les pays voisins de la Russie : Estonie à 2,14 %, Lettonie à 2 %, Pologne 1,98 %, Lituanie 1,96 %, Roumanie 1,93 %, c’est-à-dire là où les peuples, légitimement et directement, se sentent menacés par la velléité russe affirmée par la maître du pouvoir, de reconstruire l’espace soviétique.

Ce beau résultat de la politique grimaçante de Vladimir Poutine et de ses exactions sanglantes contre la Géorgie en 2008 et contre l’Ukraine depuis 2014, de son ambition de parler comme l’URSS le faisait, d’égal à égal avec l’Occident, doit être mis en perspective avec la réalité d’un budget militaire russe, certes considérable en pourcentage de la richesse effectivement produite par l’économie de ce pays, mais 15 fois plus modeste que celui de l’Otan dont les 2/3 sont assumés par l’Amérique.

Ne perdons pas de vue la part des faux-semblants dans la présentation de cette négociation entre Eurocrates et bureaucrates atlantiques.

Les gros intérêts de l’industrie militaire des États-Unis sont dans de nombreuses circonstances une motivation aussi importante que la nécessaire défense du monde libre.

N’esquivons donc pas non plus la part de bluff dans les propos, et dans les raccourcis sur Twitter, du président Trump. Observons-le désireux de faire pression sur l’Allemagne. On se préoccupe en effet, désormais, après plus de 70 ans de statut punitif, de la faire contribuer plus durement. Rappelons enfin qu’après avoir tenté de resserrer les liens au sein de son propre bloc, l’homme de la Maison Blanche rencontrera le 16 juillet dans la bonne ville d’Helsinki, à défaut de pouvoir le faire à Yalta, son partenaire du Kremlin.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent