L'étrange victoire de Marine Le Pen

L’étrange victoire de Marine Le Pen

[box] Alicle reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia. [/box]

[box class=”info”] Voici une analyse précise et méthodique des résultats de Marine Le Pen : un FN en forte baisse dans les grandes villes et victime du « grand remplacement » dans les banlieues ; un FN qui se heurte à un plafond de verre dans ses bastions ouvriers et les villes du sud ; mais qui est en position de force dans le périurbain et les zones rurales : un FN qui doit se rechercher un ancrage territorial s’il veut éviter les lendemains qui déchantent. Une étude solide d’Etienne Lahyre, élève à l’ENA et correspondant de Polémia.

Polémia [/box]

Lors du premier tour de l’élection présidentielle, près de 6.500.000 de nos compatriotes ont apporté leurs suffrages à Marine Le Pen : près d’un million de voix de plus que le total réuni par son père le 5 mai 2002. Avant Marine Le Pen, le bloc national n’avait jamais compté autant de partisans. En dépit d’erreurs stratégiques (telles que la priorité initialement donnée à la sortie de l’euro, qui a effrayé l’électorat âgé et l’a poussé dans les bras du Sarkozysme qu’il était pourtant prêt à massivement abandonner) et d’approximations tactiques (dédiabolisation et course à la crédibilité maladroites et peu mobilisatrices, refus de débattre avec Mélenchon, sur le plateau de France 2), la campagne de Marine Le Pen a été cohérente et pugnace.

Et son score élevé fait naître de nombreux espoirs que la nouvelle géographie électorale du vote frontiste doit pourtant sérieusement tempérer.

En effet, le tableau suivant fait apparaître des évolutions contrastées depuis 1995. Y sont indiqués le score du Front national (auquel est ajouté le résultat de Bruno Mégret en 2002) lors des quatre dernières élections présidentielles, ainsi que le rapport entre le score obtenu sur le territoire et le score national afin de mieux cerner les dynamiques électorales.

Six types de territoire sont représentés :

  • – Paris, et quatre capitales régionales ;
  • – des villes bourgeoises de banlieue parisienne ;
  • – des villes populaires, qui constituaient des bastions du Front national au milieu des années 1980 au début des années 1990 ;
  • – des villes du sud de la France fortement ancrées à droite, et offrant au Front ses meilleurs scores depuis 1984 ;
  • – des villes à tradition industrielle et ouvrière ;
  • – des départements comptant parmi les plus ruraux de France, et qui ont longtemps constitué des terres de mission pour le Front national.

1. Le FN en forte baisse dans les grandes villes

C’est dans les grandes villes que l’évolution électorale apparaît la plus défavorable : disposant d’une base essentiellement urbaine à l’origine, le FN décline dans l’ensemble des grandes agglomérations. Son score brut de 2012 est systématiquement inférieur à celui obtenu en 1995.

Les causes de cette désaffection sont connues : concentration de l’emploi qualifié dans les métropoles, désindustrialisation des villes et départs massifs des ouvriers et des employés ne pouvant plus faire face aux coûts de logement, gentrification des anciens quartiers ouvriers (tels le quartier de la Bastille à Paris) et proportion de plus en plus importante de Français issus de l’immigration dans le corps électoral.

L’évolution sociologique des centres-villes pénalise aussi la droite parlementaire : les cantons de centres-villes qui constituaient ses fiefs sont devenus des zones de force des socialistes et des Verts depuis le début des années 2000. Ce sont aussi les territoires qui ont le plus voté en faveur de la Constitution européenne en 2005, à contre-courant du reste du pays.

Dans les villes bourgeoises traditionnelles, le FN se maintient globalement à un niveau faible, bien inférieur à celui observé au milieu des années 1980 que permettait un discours plus libéral auquel les catégories aisées étaient sensibles.

2. Dans les villes de banlieue, le FN victime du « grand remplacement » (Renaud Camus)

Le Tonnerre de Dreux, en 1983, marque le début de l’émergence du Front national. Six ans plus tard, Marie-France Stirbois est triomphalement élue député lors d’une législative partielle : elle perd de très peu son siège en 1993 mais fait son entrée au Conseil général en 1994. Après des défaites plus nettes aux municipales de 1995 et aux législatives de 1997, Marie-France Stirbois prend conscience du caractère quasiment inexorable du déclin du FN à Dreux. Ce phénomène se retrouve aujourd’hui dans la totalité des villes de banlieue : il est particulièrement spectaculaire à Clichy-sous-Bois ou Saint-Priest, villes que le Front national était à deux doigts de conquérir lors des municipales de 1995. Sur ces communes, Marine Le Pen perd respectivement 40 et 20% des voix obtenues par Jean-Marie Le Pen en 1995. Les Français de souche quittent en effet massivement les banlieues, où ils se sentent étrangers dans leur propre pays, au profit des espaces périurbains et ruraux.

3. Bastions et plafonds de verre

Dans les communes du sud de la France souvent marquées par l’histoire douloureuse des rapatriés et des harkis, ainsi que dans ses bastions ouvriers, le FN maintient ses scores élevés, mais semble avoir atteint les limites de son potentiel électoral.Dans aucune des villes considérées Marine Le Pen ne retrouve les résultats historiques de 2002 ; et si ses scores sont supérieurs à ceux enregistrés au milieu des années 1990, la dynamique électorale s’essouffle, faute de travail de terrain et d’implantation durable de cadres crédibles comparable à celles menées à Dreux ou à Vitrolles dans les années 1980 et 1990.

4. Le FN désormais en position de force dans le périurbain et les zones rurales

A l’origine, le vote FN était fort dans les grandes agglomérations situées à l’est d’une ligne Le Havre/Perpignan. En 2002, le résultat historique de Jean-Marie Le Pen est dû à un « vote de sous-préfecture » : le FN commence déjà à plafonner, voire à décroître dans les grandes agglomérations, mais connaît une forte progression dans les villes moyennes. Cinq ans plus tard, le reflux national du vote FN est bien moindre dans les zones rurales, ainsi qu’en Picardie et Nord-Pas-de-Calais. Enfin, le 22 avril dernier, Marine Le Pen arrive en tête dans de nombreuses petites communes et réalise une véritable percée dans la France de ouest, jusqu’alors terre de mission pour le Front national.

Dans son Atlas des nouvelles fractures sociales en France (Ed. Autrement), Christophe Guilluy indique que ce sont ces territoires, situés à l’ouest de la ligne Le Havre/Perpignan qui ont vu la part d’ouvriers–employés dans la population active de leurs communes fortement augmenter entre les années 1980 et les années 2000. Et par conséquent, c’est à l’ouest de cette diagonale que l’on trouve désormais un nombre croissant de familles à revenu modeste.

En Picardie, qui est désormais la première région frontiste de France, et en Nord-Pas-de-Calais, le chômage des jeunes est au plus haut : c’est cette jeunesse, précarisée, déclassée, victime directe des discours encourageant la discrimination positive au profit des seuls jeunes d’origine étrangère, qui a rejoint massivement Marine Le Pen, après avoir contribué à rejeter fortement la Constitution européenne en 2005.

Le vote des campagnes devient aussi un vote de prévention face à la montée de l’insécurité et à une présence étrangère jugée excessive : cet effet de halo, qui caractérisait notamment le vote FN en Alsace dans les années 1990 (plus fort dans les campagnes que dans les villes à l’exception de Mulhouse) s’étend désormais aux territoires ruraux de l’ouest. La judicieuse campagne de Marine Le Pen en direction de la France des « invisibles » a parfaitement saisi la double dimension du vote FN (préservation d’un mode de vie et refus du déclassement) dans ses territoires.

Des lendemains qui déchantent ?

Le FN aborde les élections législatives de juin prochain avec optimisme du fait de son score inédit du 1er tour de l’élection présidentielle et de la large défaite, très probablement à venir, du président sortant au deuxième tour. Certains sites Internet évoquent déjà 353 triangulaires possibles ; Le Figaro du 26 avril 2002 en prédisait 237 : il y en eu… 9, toutes largement perdues par le Front national.

Le rôle des élections législatives, dans la vie politique française, a été profondément bouleversé par trois éléments :

  • – la dissolution de 1997 qui a avancé d’un an le renouvellement de l’Assemblée nationale prévu initialement en mars 1998 ;
  • – l’adoption du quinquennat en 2000, suite à laquelle les élections législatives ont lieu la même année que l’élection présidentielle ;
  • – l’inversion du calendrier électoral décidée par Jospin : persuadé de battre Chirac à la présidentielle de 2002, le premier ministre de l’époque décida que les élections législatives se tiendraient après l’élection présidentielle (raisonnement qui correspond d’ailleurs à la logique de nos institutions).

Les élections législatives n’ont plus de rôle structurant : elles ne sont que des élections de seconde zone, confirmatives du choix des Français au deuxième tour de l’élection présidentielle.

Le tableau suivant en atteste (pour agrandir le tableau, cliquer sur  lui) :

L’étrange victoire de Marine Le Pen

Deux phénomènes apparaissent systématiquement : la diminution de la participation aux élections législatives et la baisse de 5 à 6 points enregistrée par le Front national entre son score à l’élection présidentielle et celui obtenu aux législatives.

Les législatives de juin prochain ne devraient pas échapper à la règle, et le FN n’a que très peu de chances d’obtenir ne serait-ce qu’un seul élu.

Présent au deuxième tour dans près de 500 cantons lors des élections cantonales de 2011, le Front national n’a réussi à obtenir que 2 sièges, alors même que les résultats du premier tour (19,2% de moyenne sur les cantons où le Front disposait d’un candidat) laissaient espérer une dizaine d’élus.

A moyen terme, la nouvelle géographie du vote FN rend quasi impossible la conquête de grandes villes telles Toulon en 1995, voire de villes de taille moyenne. En outre, la faiblesse de l’appareil local du Front et le peu de crédibilité de la plupart de ses candidats obèrent également ses chances. Or, ce sont les élections municipales qui permettent de creuser les sillons les plus durables en faisant ses preuves à la tête d’un exécutif, en fidélisant un électorat et en élargissant son socle : le PCF dispose encore aujourd’hui de près de 100 municipalités de villes de plus de 10.000 habitants ; pourtant moribond après l’élection présidentielle de 2007 (1,9% pour Marie-Georges Buffet), il est parvenu à sauver son groupe parlementaire aux élections législatives qui ont suivi.

Il appartient au Front national de dépasser la logique histrionique de l’élection présidentielle et de se réinscrire prioritairement dans une vraie perspective d’ancrage territorial.

Etienne Lahyre

[box class=”info”] Source : Polémia. 28/04/2012 [/box]

Crédit photo : DR.

La faune et la flore introduites sont une menace pour la forêt indigène – Et les hommes ? [Tribune libre]

La faune et la flore introduites sont une menace pour la forêt indigène – Et les hommes ? [Tribune libre]

Abandons ou négligences, grenouille taureau, frelon asiatique et tant d’autres, il semble évident aujourd’hui d’évoquer les dangers induits par la présence de trop d’ « étrangers », qui mettent en danger l’équilibre d’un milieu végétal ou animal donné. Tout ce qui touche notre environnement est un sujet sensible et il semblerait même anormal de ne pas chercher les moyens de remédier à ce type de problème, et bien sûr de s’en exprimer ouvertement. Au contraire, ceux qui se hasarderaient à dénoncer un phénomène comparable frappant notre biotope à nous, notre culture européenne, restent peu nombreux, même si la comparaison des situations semble tentante.

« Des experts luttent pour sauver notre écosystème, pour que nos forêts conservent leur authenticité et pour que tous ces problèmes ne gâtent pas nos vies à tous. C’est pour cela que nous tenons à publier à titre de comparaison un article d’un de ces experts, paru dans la presse le 14/04/2012, et qui tourne actuellement en Allemagne et en Autriche via Facebook ».

 

Le silence avant la chute

Une politique d’immigration ratée ; la pauvreté des seniors ; les conflits entre ceux qui ont des enfants et ceux qui n’en ont pas ; la fin du contrat social et de l’état providence : tel est le scénario de la révolte qui s’annonce.

L’idéologie postmoderne du multiculturalisme, comme alternative à l’état-nation homogène, a selon moi démontré son caractère d’impasse sociale et politique, d’utopie éloignée des réalités. Le difficile surpassement des cultures nationales a été entravé par l’accueil irréfléchi d’autres cultures et d’autres religions. Toutes les expériences acquises en ce domaine par les pays d’immigration traditionnels ont été avec constance déclarées nulles et non avenues, et on leurs a préférée une politique d’intégration la plupart du temps condamnée dès le début à l’échec. […]

La thèse brandie pendant des années qui affirmait qu’une immigration soutenue était nécessaire pour le maintien du niveau des retraites et des prestations sociales, n’était pas totalement erronée en théorie, mais s’est révélée être une illusion une fois appliquée à la réalité économique et sociale. Cette politique d’immigration ratée a pour conséquences l’appauvrissement d’une grande partie de la population, une lutte entre pauvres et riches, un conflit de générations entre les plus vieux et les plus jeunes, et globalement une dérive économique vers la médiocrité.

Le sociologue et spécialiste des migrations Herwig Birg (1) décrit cette évolution de la manière suivante:

« La principale conséquence des modifications démographiques est une augmentation extrêmes des différences sociales et le risque de conflits sociaux à cause de l’érosion du système social et des salaires en stagnation, voire à la baisse. Quatre lignes de conflit se révèlent: un conflit générationnel, un conflit régional, un conflit entre gens avec ou sans arrière plan migratoire, un conflit entre gens avec ou sans enfants. »

Le plus inquiétant dans tout cela, n’est pas seulement la diminution globale de la population, mais l’évolution diamétralement opposée entre une population âgée qui augmente fortement, et des classes d’âge plus jeunes devenant de plus en plus clairsemées, ce qui contribue à éroder les prestations sociales et à faire augmenter la pauvreté, surtout celle des plus âgés. Cette augmentation de la pauvreté n’est pas compensée par une croissance notable de la productivité, puisqu’en général, dans le monde du travail, les innovations techniques vont de pair avec des licenciements.

Dans l’avenir, les tensions sociales et les conflits seront de plus en plus nombreux, et l’État surendetté ne sera plus en mesure de multiplier les prestations et les subventions pour acheter la paix sociale. Il lui faudra au contraire les réduire pour ne pas finir par étrangler complètement le contribuable.

Le conflit entre les générations ne sera plus gérable, dans la mesure où les plus vieux au nombre proportionnellement surdimensionné, seront à la charge des plus jeunes. Alors que la demande d’une prolongation de la vie professionnelle se fera de plus en plus pressante, les vieux pèseront de tout leur poids pour défendre leurs acquis. Le système de répartition actuel qui finance les retraites par les cotisations des actifs ne sera plus viable. Pour échapper à la pauvreté qui les menacera une fois l’âge venu, bien des jeunes -et pas seulement les plus qualifiés-, quitteront leur pays, ce qui aggravera encore les problèmes.

La répartition inégale des immigrés musulmans selon les régions provoquera divers types de conflits. Il y a un réel danger de voir certains quartiers de zones fortement urbanisées se transmuer en ghettos islamistes mais aussi en bastions des conflits ethniques et religieux. Les tensions politiques et culturelles entre une majorité de la population native et des sociétés musulmanes parallèles ne pourront plus être maintenues sous contrôle. La conséquence en sera une radicalisation des positions et une rupture du dialogue.

Globalement, notre société est menacée par une grave scission qui n’ébranle pas seulement ses fondements, mais les sape aussi sournoisement. Il s’y rajoute la crise de l’UE et de ses états membres dont les bulles immobilières, les faillites bancaires, les dettes abyssales de certains états et les faillites d’états qui s’annoncent, sont la nouvelle expression. L’Europe est menacée par un crépuscule des dieux qui semble vouloir engloutir le rêve d’une nouvelle civilisation. L’union monétaire et l’observation stricte de certains critères économiques dans chaque état, étaient censées garantir la stabilité des pays de l’Union. En réalité, certains pays à l’économie faible n’avaient pas la volonté, ou plutôt la capacité, de participer à la mise sur pied d’une politique économique et financière commune. Les taux de crédit favorables de la BCE ont tenté autant les états que les banques de s’adonner à une politique d’endettement et à des opérations financières risquées. C’est au plus tard avec la faillite de la Grèce qui n’aurait jamais dû être, que la chimère de l’union a dû céder le pas à une crue réalité. Le problème premier de l’UE reste la disparité économique entre les états et l’endettement colossal de quelques uns d’entre eux.

Une monnaie commune présuppose une politique financière et économique commune, mais aussi un niveau économique comparable. Beaucoup d’états de l’UE ne remplissent aucune de ces deux conditions: la Grèce, l’Italie, l’Espagne et le Portugal ne se sont ni tenus à une politique économique rigoureuse, ni n’ont mis en route les réformes économiques indispensables. Les doutes de la banque fédérale allemande en ce qui concernait la possible intégration d’états aux finances anémiques, se sont révélés à postériori parfaitement justifiés. Le changement monétaire aurait nécessité une modification de la politique financière et économique de beaucoup d’états membres, dans la mesure où les désavantages en matière de concurrence et les endettements importants ne pouvaient plus être compensés par une dévaluation de la monnaie nationale. Dans le cadre d’une politique économique européenne commune, il aurait été indispensable non seulement de surveiller les différentes évolutions nationales, mais aussi d’en corriger certaines sans attendre, voire d’en prendre l’une ou l’autre en main.

L’adhésion de certains pays à la monnaie commune fut prématurée, et les responsables politique européens n’ont pas eu la volonté de réfléchir de manière critique à ces risques, et aux dangers du maintien de particularismes nationaux. L’aide aux pays touchés peut certes passer par le soutien des autres pays membres, par l’échelonnement de la dette ou par la faillite des états en question. Mais le soutien économique par un fond de protection commun ou par des emprunts européens ne saurait être assumé à long terme ni sur le plan politique, ni sur le plan financier. Si quelques états sont en permanence condamnés à en perfuser financièrement d’autres, c’est la survie même de l’UE qui s’en trouvera menacée.

La dissimulation des problèmes démographiques et de leurs conséquences sociales, économiques et civilisationnelles est pratiquée par tous les partis. C’est le grand tabou de nos responsables politiques et de nos médias, pour maintenir l’illusion d’une société prospère et d’un état providence attentionné. Les deux appartiennent pourtant au passé et ne sauraient être ressuscités. D’ici quelques années, cette bulle aussi va exploser et c’est là au plus tard que Barbara Tuchman (2) pourrait rajouter un nouveau chapitre à son livre « La marche folle de l’histoire »: de la folie des gouvernants de la fin du XXème et du début du XIX siècle.

Ce silence de mort autour d’un de nos plus grands problèmes politiques et sociétaux se payera très cher et ébranlera de manière encore insoupçonnée la légitimité du système politique et de ses représentants. La violence et la portée de cette rupture sociale risquent d’avoir des conséquences imprévisibles.

Selon Max Weber, les deux péchés mortels en politique sont « le manque de pertinence et l’irresponsabilité, qui lui est souvent mais pas toujours identique ». C’est ce que pratiquent la plupart des élites politiques et des médias en essayant de dissimuler et de faire peu de cas des conséquences de l’évolution démographique et de l’échec du multiculturalisme dans leurs discours politiques. Les élites refusent de supporter la responsabilité de l’évolution sociale durant la dernière décennie, et se révèlent incapables d’assumer les erreurs d’une politique d’immigration qui est un échec indiscutable. Mais ils mettent aussi en jeu rien moins que l’avenir de notre société. Des partis populistes exploiteront la crise des partis traditionnels pour s’enraciner dans le Parlement. Dans l’avenir, il sera de plus en plus difficile de mettre sur pied des coalitions de gouvernement approximativement stables, ce qui bloquera le système politique par l’intérieur. Et des gouvernements faibles ne seront pas en mesure d’entreprendre des réformes importantes, ni d’appliquer une politique sur le long terme.

La spirale des conflits ethniques et religieux, la paupérisation d’une importante partie de la population et l’incapacité d’agir des gouvernements, s’enroulera de plus en plus, jusqu’au passage à la violence sociale et politique : la guerre civile.

L’avenir de beaucoup de sociétés européennes sera marqué par l’adhésion de plus en plus faible des habitants à la société préexistante, et leur refuge dans des contre-sociétés. Une évolution qui relativise dangereusement le contrat social entre les divers âges, les couches sociales et les milieux culturels. Les conséquences en sont aisément prévisibles : une augmentation de la criminalité, une dégradation des villes avec la constitution de bidonvilles, avec des conflits ethniques et des guerres de gangs, un extrémisme politique et avec tout cela l’effondrement du consensus politique et social.

La révolte à venir dégénérera en une révolution asymétrique : sans une direction politique aux plans et aux idées claires, de nombreux conflits éclateront, et qui sont bien loin de mener à un nouveau contrat social. Et avec cela, le « projet des temps modernes » sera définitivement un échec.

La seule perspective porteuse d’avenir pour les sociétés européennes réside dans le dépassement de l’idéologie multiculturelle et la mise à plat des problèmes dissimulés. Un retour à l’état nation classique et à sa culture n’est plus souhaitable, ni possible. La seule alternative raisonnable est une civilisation européenne globale, exigeante et défendant ses valeurs. Ce qui signifie que les européens se doivent d’enterrer leurs utopies romantiques pour repenser le projet d’une société postmoderne ouverte.

(Die Presse, édition du 14.04.2012)

[box class=”info”] Source, en allemand : SOS – ÖSTERREICH. [/box]

1) Herwig Birg est un universitaire spécialiste de la démographie et des mouvements migratoires qui s’est, à de multiples reprises, penché sur la situation démographique allemande.
« Le taux de croissance de la population européenne était comparable au XVIIIème siècle à celui du restant du monde. La révolution industrielle a permis à l’Europe de dépasser le taux de croissance mondial à la fin du XIXème siècle, jusqu’au retournement de situation au XXème. Depuis le début du XXIème siècle, l’Europe est la seule partie du monde dont la population décroit malgré une immigration massive. En schématisant, on peut avancer qu’autant l’industrialisation a été la cause d’une accélération de la croissance démographique, autant elle a ensuite contribué à son ralentissement puis finalement à sa décroissance ». in: « Ce qui attend l’Allemagne- la logique incontournable de la démographie », contribution aux Annales de Tel Aviv pour l’histoire allemande, XXXV(2007).

Les conclusions de Herwig Birg ont été critiquées par la gauche qui y aurait décelé une dramatisation infondée de la situation !

2) Barbara Wertheim Tuchman, The March of Folly : from Troy to Vietnam, Ballantine Books, nombreuses rééditions depuis 1985 ; en traduction française, La Marche folle de l’histoire, de Troie au Vietnam, Robert Laffont, 1992.

Rome : Rixe dans une église, deux personnes poignardées par un marocain

Rome : Rixe dans une église, deux personnes poignardées par un Marocain

30/04/2012 – 13h00
ROME (NOVOpress) –
Dimanche sanglant hier à la basilique romaine de Sainte-Marie du Transtévère (photo), lors du repas pour SDF organisé, comme chaque semaine, par la Communauté de Sant’Egidio, qui est en charge de la paroisse.

Deux personnes, un Italien (Sarde) de 41 ans, qui travaillait au service de la table, et un SDF «roumain», ont été gravement blessées à coups de couteau par un Marocain de 44 ans, qui a été arrêté par la police. D’après la première reconstitution des faits, le Marocain avait été prié de quitter les lieux et de revenir un peu plus tard, toutes les places à table étant occupées. Il est alors revenu dans l’église armé d’un couteau et a frappé à plusieurs reprises le serveur italien (qu’il a blessé notamment à la cuisse et au bras) ainsi que le « Roumain », dont il a transpercé le poumon. Les deux victimes ont été hospitalisées.

Mario Marazziti, porte-parole de la Communauté de Sant’Egidio, a expliqué le drame par l’aggravation de la pauvreté. Jusqu’à récemment, 20 à 25 personnes se présentaient au repas dominical, mais « en quelques semaines, elles sont devenues de 100 à 120. Cela a entraîné des files d’attente et il n’y a plus de places pour tous. Les immigrés restent la majorité mais il y a désormais de très nombreux Italiens ».

Les esprits naïfs pourront se demander pourquoi, dans ces conditions, la Communauté de Sant’Egidio continue à militer pour l’immigrationnisme le plus débridé. Son fondateur, Andrea Riccardi, désormais ministre de la Coopération internationale et de l’intégration sociale du gouvernement Monti, prône l’importation de toujours plus d’immigrés pour « rajeunir le pays » et a récemment rouvert Lampedusa aux débarquements d’Afrique du Nord.

Marazziti a en tout cas saisi l’occasion de faire un peu de publicité à la Communauté de Sant’Egidio. Selon lui, « les espaces de solidarité empêchent le désespoir et l’explosion des drames individuels. Que serait Rome sans cette solidarité ? Il y aurait des explosions de folie individuelle comme celle d’aujourd’hui ». « Nous parvenons, a conclu le porte-parole de la Communauté de Sant’Egidio, à décompresser la violence, le malaise et le désespoir ».

Il faut savoir que le gouvernement Monti, pour obéir aux normes européennes, a entrepris de remettre à plat le régime fiscal très avantageux concédé jusqu’ici à l’Église catholique et à l’ensemble de ses congrégations, communautés et associations, qui échappaient en particulier aux taxes foncières. Les défenseurs de cette exemption ont mis en avant la nécessité de l’assistance aux immigrés. Selon Avvenire, le quotidien de l’épiscopat italien, « si en Italie le phénomène de l’immigration n’a pas provoqué de blessures ou de déchirures dramatiques, c’est dû en partie à l’esprit d’accueil propre à notre tradition et au soutien, réparti sur tout le territoire, que les organisations catholiques, avec d’autres associations d’inspiration laïque ou religieuse, déploient pour favoriser la première intégration des immigrés et pour satisfaire les exigences élémentaires des personnes les plus faibles de l’immigration ».

Le philosophe Cioran sur la substitution de population. Tribune libre de Joachim Véliocas

Le philosophe Cioran sur la substitution de population. Tribune libre de Joachim Véliocas

[box class=”info”] Emil Cioran (1911-1995) trouverait-il un éditeur aujourd’hui pour écrire des pages similaires à celles de Renaud Camus ? Serait-il bientôt envoyé en stage de rééducation citoyenne par le PS ? [/box]

Extrait de Cioran, L’Ecartèlement, Gallimard, 1979. Œuvres complètes, pages 1411 et 1412.

“Les institutions, les sociétés, les civilisations diffèrent en durée et en signification, tout en étant soumises à une loi qui veut que l’impulsion indomptable, facteur de leur ascension, se relâche et s’assagisse au bout d’un certain temps, la décadence correspondant à un fléchissement de ce générateur de force qu’est le délire.

Après des périodes d’expansion, de démence en fait, celles de déclins semblent sensées, et elles le sont, elles le sont même trop-, ce qui les rend presque aussi funestes que les autres.

Un peuple qui s’est accompli, qui a dépensé ses talents, et à exploité jusqu’au bout les ressources de son génie, expie cette réussite en ne donnant plus rien après. Il a fait son devoir, il aspire à végéter, mais pour son malheur il n’en aura pas la latitude.

Le philosophe Cioran sur la substitution de population. Tribune libre de Joachim Véliocas Quand les Romains -ou ce qui en restait- voulurent se reposer, ils s’ébranlèrent en masse. On lit dans tel manuel sur les invasions que les Germains qui servaient dans l’armée et dans l’administration de l’empire prenaient jusqu’au milieu du Veme siècle des noms latins. A partir de ce moment, le nom germanique devint de rigueur. Les seigneurs exténués, en recul dans tous les secteurs, n’étaient plus redoutés ni respectés. A quoi bon s’appeller comme eux ?Un fatal assouplissement régnait partout”, observait Salvien, le plus acerbe censeur de la déliquescence antique à son dernier stade.

Dans le métro, un soir, je regardais attentivement autour de moi, nous étions tous venus d’ailleurs… Parmi nous pourtant, deux ou trois figures d’ici, silhouettes embarrassées qui avaient l’air de demander pardon d’être là. Le même spectacle à Londres.

Les migrations, aujourd’hui, ne se font plus par déplacements compacts mais par infiltrations successives: on s’insinue petit à petit parmi les “indigènes”, trop exsangues et trop distingués pour s’abaisser à l’idée d’un “territoire”. Après mille ans de vigilance, on ouvre les portes…

Quand on songe aux longues rivalités entre Français et Anglais, puis entre Français et Allemands, on dirait qu’eux tous, en s’affaiblissement réciproquement, n’avaient pour tâche que de hâter l’heure de la déconfiture commune afin que d’autres spécimens d’humanité viennent prendre la relève. De même que l’ancienne, la nouvelle Volkerwanderung [migration de peuple] suscitera une confusion ethnique dont on ne peut prévoir nettement les phases. Devant ces gueules si disparates, l’idée d’une communauté tant soit peu homogène est inconcevable. La possibilité même d’une multitude si hétéroclite suggère que dans l’espace qu’elle occupe n’existait plus, chez les autochtones, le désir de sauvegarder ne fût-ce que l’ombre d’une identité. A Rome, au IIIeme siècle de notre ère, sur un million d’habitants, soixante mille seulement auraient été des Latins de souche. Dès qu’un peuple a mené à bien l’idée historique qu’il avait la mission d’incarner, il n’a plus aucun motif de préserver sa différence, de soigner sa singularité, de sauvegarder ses traits au milieu d’un chaos de visages.

Après avoir régenté les deux hémisphères, les Occidentaux sont en passe d’en devenir la risée : des spectres subtils, des fin de race au sens propre du terme, voués à une condition de parias, d’esclaves défaillants et flasques, à laquelle échapperont peut-être les Russes, ces derniers Blancs. C’est qu’ils ont encore de l’orgueil, ce moteur, non, cette cause de l’histoire.”

[box]  Voter Hollande nous interdira d’évoquer l’existence de notre identité, de penser l’altérité et les différences irréductibles entre civilisations, sans parler d’un débat sur l’islam. Le droit de vote des étrangers accélérerait la dépossession de notre souveraineté déjà enclenchée par Sarkozy. Voter Hollande, c’est la politique du pire. Eliminons-le.

Joachim Véliocas – directeur de l’Observatoire de l’islamisation. [/box]

[box class=”info”] Source : Observatoire de l’islamisation. [/box]

Grande-Bretagne: pendant la crise, les milliardaires s'engraissent

Grande-Bretagne: pendant la crise, les milliardaires s’engraissent

30/04/12 – 08h00
LONDRES (NOVOpress)
– Alors que la dette anglaise a atteint un niveau record, que le travail précaire et le chômage ne cessent de progresser et que la récession s’installe, les milliardaires anglais se portent au mieux, merci pour eux.

En effet, le niveau d’opulence des plus riches Britanniques a atteint de nouveaux sommets en 2011 selon un étude sur la richesse publiée par le Sunday Times. Ainsi, le total combiné des fortunes des 1.000 personnes les plus riches de Grande-Bretagne a progressé de 4,7% à 414,26 milliards de livres (674 milliards de dollars, 508 milliards d’euros).

Par ailleurs, le pays compte désormais 77 milliardaires installés sur son sol, chiffre record également. On peut d’ailleurs noter que les 6 plus importants de ces milliardaires sont tous d’origine étrangère du magnat indien de l’acier Lakshmi Mittal au magnat ouzbek des métaux et des mines Alicher Ousmanov, en passant par le Russe Roman Abramovitch. Le plus riche milliardaire d’origine britannique est le Duc de Westminster, propriétaire d’un empire immobilier au centre de Londres, et qui se retrouve seulement en 7ème place avec une fortune estimée à 7,35 milliards de livres.

Credit photo PaulDCocker via Flickr (cc)

Google poursuivi pour l'association du terme "juif" avec des personnalités

Google poursuivi pour l’association du terme “juif” avec des personnalités

29/04/2012 – 19h10
Via NUMERAMA
SOS Racisme, le MRAP et d’autres associations ont assigné Google en justice pour l’association jugée trop fréquente du terme juif avec les noms de diverses personnalités. Les plaignants demandent que la justice ordonne à Google d’empêcher cette association.

C’est une fonctionnalité que les utilisateurs de Google connaissent bien. Afin de les aider à trouver les bonnes informations sur le web, la firme de Mountain View propose depuis quelques années une liste de mots-clés qui s’adapte à mesure que l’internaute écrit sa requête dans le champ prévu à cet effet. Baptisé Google Suggest, l’outil s’appuie sur les recherches les plus fréquentes pour sélectionner le contenu de cette liste.

Google poursuivi pour l'association du terme "juif" avec des personnalités

Nouvelle plainte concernant Google Suggest

Mais si la saisie semi-automatique proposée par Google peut orienter l’internaute dans sa recherche, elle a causé à l’entreprise californienne quelques ennuis judiciaires. Au moins à deux reprises, en 2010 et 2011, Google France a été condamné parce que ses algorithmes suggéraient des expressions de recherche jugées diffamatoires ou injurieux. Et l’entreprise va une nouvelle fois se retrouver devant les tribunaux.

L’AFP rapporte que diverses associations (SOS Racisme, le MRAP, l’UEJF et l’AIPJ) ont assigné en référé Google au motif que son service de saisie semi-automatique associe régulièrement le terme “juif” lorsque des requêtes sur des personnalités sont renseignées par les internautes. C’est le cas de nombreuses personnalités politiques françaises, dont les deux finalistes à l’élection présidentielle.

Pour les plaignants, Google Suggest a abouti à “la création de ce qui est probablement le plus grand fichier juif de l’histoire“. “De très nombreux utilisateurs du premier moteur de recherche de France et du monde sont quotidiennement confrontés à l’association non sollicitée et quasi systématique du terme juif avec les patronymes des personnes les plus en vue dans le monde de la politique, des médias ou des affaires“.

Si le propre du programme Google Suggest n’est pas idéologique, son utilisation l’est et les dégâts sont considérables“, a estimé l’avocat des associations. “Se trouve ainsi diffusé et amplifié, de la manière la plus visuellement immédiate, le sentiment de l’omniprésence des Juifs aux commandes de la France“.

Interdire l’association du terme juif avec les noms de personnalités

Les associations demandent donc que la justice interdise à Google “de mettre ou de conserver en mémoire informatisée, sans le consentement exprès des intéressés, des données à caractère personnel qui, directement ou indirectement, font apparaître les origines raciales ou ethniques” et de lui interdire “d’associer le mot juif aux patronymes des personnes physiques figurant dans les requêtes des internautes“.

À l’appui de leurs prétentions, les associations rappellent que l’article L226-19 du Code pénal s’oppose à la constitution du moindre fichier de “données à caractère personnel qui, directement ou indirectement, font apparaître les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses, ou les appartenances syndicales des personnes, ou qui sont relatives à la santé ou à l’orientation sexuelle“.

Dans le cas contraire, la loi prévoit une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison et 300 000 euros d’amende. Par ailleurs, l’article 1er de la Constitution expose que la République  “assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion“.

Rappelons que Google limite déjà la portée de la saisie-automatique, bien que réalisée “de manière neutre et algorithmique“, en appliquant “des règles strictes s’agissant des contenus pornographiques, violents ou incitant à la haine et des termes fréquemment utilisés pour rechercher des contenus portant atteinte à des droits d’auteur“.

Une audience aura lieu le mercredi 2 mai.

[box]Auteur : Julien L. pour Numérama. Article original de Numérama publié le 28/04/2012. Licence cc[/box]

La porte-parole de François Hollande militait pour maintenir “l’identité marocaine” !

La porte-parole de François Hollande militait pour maintenir “l’identité marocaine” !

29/04/2012 – 18h00
LYON (NOVOpress Lyon) – Jeudi dernier Novopress Lyon citait dans une publication les relations de la porte-parole de François Hollande pour la campagne présidentielle, Mme Najat Vallaud-Belkacem, avec le  “Conseil de la communauté marocaine de l’étranger” (CCME). Celle-ci a indiqué dès vendredi à l’AFP qu’elle faisait partie de ce Conseil depuis décembre 2007 mais qu’elle n’en était plus membre depuis décembre dernier.

J’en ai fait partie de décembre 2007 à décembre 2011: un engagement volontaire et bénévole au service de l’intérêt général et du dialogue entre les cultures, un parmi tant d’autres. Pourquoi le découvrir maintenant à 7 jours d’une élection présidentielle ? Puisque les militants d’extrême-droite, et maintenant l’UMP de Nicolas Sarkozy, ont décidé d’en faire leur obsession à mon égard, il s’agit d’une institution très transparente qui ne vaut pas autant de mystères, et qui rassemble des Marocains qui vivent à l’étranger pour qu’ils apportent leur expérience, leur regard extérieur sur leur pays d’origine“.

Dans un communiqué publié vendredi (le lendemain de la publication de Novopress Lyon), la déléguée générale de l’UMP Valérie Rosso-Debord avait attaqué Mme Vallaud-Belkacem (photo) sur son appartenance à cette instance qui “a pour but de renforcer l’identité marocaine des Marocains de l’étranger, d’émettre des avis sur leur éducation religieuse (en l’occurrence musulmane)“.

Une militante du maintien de l’identité marocaine en France :

Najat Vallaud-Belkacem semble particulièrement ennuyée par cette affaire et sa présentation du “Conseil de la communauté marocaine de l’étranger” est plus que partiale. Elle a milité pendant 4 ans, jusqu’en décembre dernier (donc alors qu’elle était déjà porte-parole de François Hollande) , dans cette instance officielle marocaine dont on trouve dans les buts :
“(…) assurer aux Marocains résidant à l’étranger le maintien de liens étroits avec leur identité marocaine, et plus particulièrement celles relatives à l’enseignement des langues, l’éducation religieuse et l’action culturelle
renforcer la contribution des Marocains de l’étranger au développement des capacités de leur pays d’origine, au développement humain durable et à la modernisation de la société”.

Crédit photo : Parti Socialiste via Flickr, licence CC.

Faits & Documents du 1er au 15 mai 2012. Portrait : Marisol Touraine

Faits & Documents du 1er au 15 mai 2012. Portrait : Marisol Touraine

Le nouveau numéro de Faits & Documents du 1er au 15 mai 2012 vient de paraître. Au sommaire, un portrait de Marisol Touraine, député d’Indre-et-Loire et membre de l’équipe de campagne présidentielle de François Hollande. Extrait.

En charge du pôle « social, santé, handicap, personnes âgées » de l’équipe de campagne présidentielle de François Hollande et secrétaire nationale du PS à la solidarité et à la protection sociale, le député d’Indre-et-Loire fait partie de ces « quinquas » surdiplômés qui incarnent le nouveau socialisme français, celui des élites libérales mondialisées : pure héritière du milieu intellocrate bobo, normalienne, agrégée de sciences économiques, diplômée d’Harvard, conseiller d’État, membre du Siècle et épouse d’ambassadeur. En matière sociétale, son programme, avalisé par François Hollande, est à l’image de la classe qu’elle incarne : mariage homosexuel, adoption d’enfants par les « couples » homosexuels, euthanasie, recherche sur les cellules souches embryonnaires, aide médicale à la procréation pour les « couples » homosexuels, etc.

« L’enjeu est de prendre en considération l’évolution de la société, et de ne pas considérer qu’il y aurait une sorte de droit immuable […] Il ne s’agit pas de revanche politique, mais de mouvement, de progrès social […] (Il faut instituer) un droit sur la fin de vie comme il y a un droit sur l’IVG. C’est la liberté de chacun d’en user ou pas. […] Ce n’est pas le mariage gay, c’est le mariage tout court. Cela va se traduire simplement par une loi qui lèvera toute ambiguïté sur le fait qu’un couple est composé de deux personnes, quel que soit leur sexe. Le même droit pour tous. Et chacun reste libre de se marier ou pas. » Marisol Touraine, Libération, 3 mars 2012.

« Elle n’a même pas d’amis de droite. Marisol Touraine réfléchit – mais non, ses amis sont tous de gauche. » Marianne, 14 décembre 1998.

« Je n’ai jamais collé d’affiches, je suis ce que l’on appelle un expert, au PS. » Libération, 8 mai 1997.

« Une pensée strauss-kahnienne claire, lucide et moderne. Grâce à ses origines, elle comprend que la politique ne s’arrête pas aux frontières hexagonales. Une vision européenne et internationaliste de la gauche. » Technikart, juin 2007.

Marisol Touraine est née le 7 mars 1959 à Paris XIIIe. Elle est la fille d’Adriana Arenas Pizzaro, chercheur d’origine chilienne (décédée en 1990 d’un cancer), qui voulait être à l’origine dentiste, et du sociologue Alain Touraine (mariage en 1957). Son frère, Philippe Touraine, est professeur d’endocrinologie au CHU de la Pitié-Salpêtrière.

Par son père, elle est, au sens de Pierre Bourdieu, une pure « héritière », son père lui ayant fourni tous les codes et l’habitus des mandarins (évidemment de gauche) de l’université.

Membre-pivot de l’intellocratie française depuis les années 1960, et en particulier depuis Mai 68, et évidemment personnalité de la Fondation Saint-Simon, Alain Touraine, né le 3 août 1925, est normalien et docteur ès lettres (1964, Sociologie de l’action, plus thèse complémentaire en 1966, La Conscience ouvrière). Entré comme directeur d’études, en 1960, à l’École des hautes études en sciences sociales, ce « sociologue engagé dans le siècle » (Le Monde, 16 décembre 1997) a présidé la Société française de sociologie de 1968 à 1970, fut vice-président de l’Association internationale de sociologie de 1974 à 1978, créa, dès 1956, le Centre de recherche de sociologie du travail, puis, en 1958, le Laboratoire de sociologie industrielle (devenu le Centre d’études mouvements sociaux en 1970). Il enseigne, de 1966 à 1969, à la faculté de Nanterre, haut lieu de la contestation gauchiste, et sera donc à la fois un élément actif (en tant que militant du Parti socialiste unifié de Michel Rocard) et un observateur privilégié de la chienlit ayant émergé dès 1967 et arrivée à son comble en « Mai 1968 ».

Il fera de « mai 1968 » sa chose, devenant l’invité obligé des plateaux de télévision pour rabâcher, depuis plus de 40 ans maintenant, les histoires de faux anciens combattants. Il en tirera toute une série d’ouvrages, aux « analyses plus philosophiques que sociologiques sans la maîtrise des concepts, sans la formation du philosophe » dixit Raymond Aron, à propos de sa thèse comme Le Mouvement de mai ou le communisme utopique (1968).

[box class=”info”]Lire la suite : www.faitsetdocuments.com – Abonnements France métropolitaine : 78 euros / an. Abonnements étranger et outre mer : 93 euros / an.[/box]
Crédit photo : Parti socialiste via flickr (cc)

Traditions européennes : la fête de mai

Traditions européennes : la fête de mai


Traditions européennes : la fête de mai

Traditions européennes : la fête de mai

La fête de Mai marque le « début de l’été ». Mai est le moi où l’année bascule, entre sur son second versant, où le printemps triomphe définitivement des puissances de l’hiver et de la nuit.

C’est l’occasion d’une fête communautaire, un des moments privilégiés pour les familles de se retrouver dans un contexte champêtre.

Dans la nuit du 30 avril au 1er mai, les jeunes gens des villages se réunissaient autrefois et s’affairaient pour préparer la fête du printemps. Ils devaient couper un arbre, ne conserver à son extrémité que quelques branches garnies de feuilles puis le dresser devant l’église ou sur la place du village, après l’avoir décoré de ruban et de petits drapeaux et fixé à son sommet une couronne confectionnée de feuilles et de fleurs.

Il est en quelque sorte le pendant du sapin de Noël.

L’arbre de Mai est le symbole de la vie et la couronne, par sa forme circulaire, symbolise une année, c’est-à-dire les quatre saisons s’incarnant dans l’éternel retour du cycle de la vie.

Traditions européennes : la fête de maiCet arbre de mai, symbolisant le triomphe du Printemps sur les forces obscures de l’hiver, devenait pour un temps le point de polarité de toutes les festivités. Autour de lui se succédaient les danses et les grandes rondes, dans l’ambiance chaleureuse et communautaire d’un grand repas.

Il est intéressant de noter que le nom de mai dérive du nom de Maia, la déesse de la fertilité. Et la fête de l’arbre de mai est bel et bien une fête dédiée à la fertilité. On y retrouve tous les symboles de la naissance. Ainsi, la nuit de la pleine lune de mai, les anciens germains dressaient des mâts décorés ou des arbres.

Une variante de ces festivités consistait à planter un arbre, et non plus à le couper.

Emmanuel Todd et le Printemps arabe : Candide au pays des merveilles [tribune libre]

Emmanuel Todd et le Printemps arabe : Candide au pays des merveilles [tribune libre]

29/04/2012 – 10h00
PARIS (NOVOpress) — En 2007, Emmanuel Todd publiait « Le rendez-vous des civilisations » en collaboration avec le démographe Youssef Courbage. Ce livre se voulait une réponse au « Choc des civilisations » de Samuel Huntington. L’ouvrage reprenait une analyse récurrente chez Emmanuel Todd, qui consiste à expliquer les évolutions politiques d’un pays en fonction de son schéma démographique.

« Le rendez-vous des civilisations » s’intéressait donc particulièrement au monde musulman. Si les auteurs notaient une très forte disparité entre les différents pays, leurs conclusions sur les pays du Maghreb étaient sans appel : en croisant les indices de fécondité, le taux d’alphabétisation (notamment des femmes) et l’évolution des structures familiales, l’on nous expliquait que ces pays avaient entamé une évolution démographique qui les conduiraient à terme à s’aligner sur les standards occidentaux.

Mieux, bien au-delà d’une analyse strictement démographique partant du principe que la baisse des taux de fécondité en Europe a coïncidé à la baisse de la ferveur religieuse, Emmanuel Todd se risquait à étendre l’hypothèse au monde arabe. « L’effacement du religieux serait-il une pré-condition de la modernisation démographique ? » Pour lui, la réponse est oui. Constatant un regain de natalité dans les pays musulmans dans lesquels on notait également une nouvelle ferveur religieuse (Malaisie, Indonésie), il était donc entendu que la chute des indices de fécondité dans le monde arabe pouvait s’expliquer par une « poussée de l’indifférence religieuse, voire de l’athéisme ».

Les faits semblaient à l’époque lui donner raison

Emmanuel Todd voulait nous démontrer à tout prix qu’il n’y a plus de problème avec l’islam dans le monde arabe et qu’il n’y a pas de poussée nataliste dans ces populations. Il persistait dans une interview parue en janvier 2011 dans le quotidien Libération. Si la Tunisie se rapprochait des standards démographiques occidentaux, le maintien d’un régime autoritaire lui semblait une anomalie. Ben Ali est certes parti depuis, mais la Tunisie est encore loin du modèle démocratique occidental avec la victoire des islamistes aux dernières élections. Dans la suite de l’interview, Emmanuel Todd nous prédisait que le prochain pays dont le régime autoritaire serait caduc, serait l’Égypte. Là aussi, depuis, le régime est tombé, mais les islamistes ont pris le pouvoir.

L’analyse d’Emmanuel Todd, selon laquelle la baisse de la natalité induit une convergence vers les standards politiques et démocratiques occidentaux, semble donc, à première vue erronée. À l’inverse, la poussée islamiste devrait induire une hausse de la natalité. Emmanuel Todd ne veut pas voir ce qui ne s’accommode pas de ses présupposés. Selon lui, ces pays vont nécessairement évoluer et se rapprocher du modèle occidental, la démographie est sans appel, le printemps démocratique est en marche dans le monde arabe. Dans ce cas, comment expliquer la poussée islamiste ?

Des chiffres obsolètes, une analyse faussée

L’on sait maintenant que les chiffres d’Emmanuel Todd sont obsolètes. Le démographe Philippe Fargues nous apprend que les taux de fécondité repartent à la hausse au Maghreb depuis une dizaine d’années en Égypte, Tunisie, Algérie, Maroc, avec une moyenne de 4 enfants par femme. Philippe Fargues nous explique pourquoi ces chiffres ne sont pas encore pris en compte : « Ces réalités sont parfaitement méconnues car les bases de données statistiques utilisées aux Nations unies ne sont pas à jour. Il faut attendre plusieurs années pour qu’elles prennent en compte des changements aussi récents. Les démographes ont pris connaissance, eux, de cette réalité grâce aux publications des statistiques des naissances des pays en question ».

Il avance d’ailleurs l’hypothèse d’une réislamisation des sociétés du Maghreb pour expliquer ces chiffres. « On peut imaginer, tout simplement, que le monde arabe résiste aux normes établies dans les pays du nord, où les taux de fécondité se sont stabilisés à environ deux enfants par femme. On peut également imaginer qu’il y a une influence d’un certain nombre de difficultés économiques. On peut enfin imaginer un rôle de la part des islamistes ».

Des conséquences en matière d’immigration vers l’Europe

Avec les conséquences que cela aura pour l’immigration future : une population de plus en plus jeune dans des pays économiquement en crise, donc de fortes migrations vers l’Europe. « On observe plus de départs lorsqu’il y a des renflements importants de générations adultes. Lorsqu’il y a de nombreux jeunes adultes, on observe souvent des phénomènes de migrations accrus ». Si l’on ajoute à cela les populations éduquées qui vont vouloir fuir des sociétés islamisées, on peut, sans être grand devin, s’attendre à une immigration encore plus massive du Maghreb vers l’Europe dans les années qui viennent.

Emmanuel Todd – véritable somnifère médiatique – continue entretemps à expliquer que le monde arabe se démocratise et qu’il n’y a pas de problème migratoire à venir puisque la natalité continue de chuter. Avec une grande « flexibilité » intellectuelle, il ne tient pas compte des dernières données statistiques qui si elles valident sa grille d’analyse (la natalité repart à la hausse si l’on assiste à une poussée de la pratique religieuse), ne valident pas pour autant la vision enchantée du monde arabe qu’il souhaite avoir : pour lui les sociétés arabes sont vouées à s’occidentaliser, c’est inéluctable. En cela, Emmanuel Todd est bien archétypal de l’intellectuel français, qui préfère avoir tort contre lui-même plutôt que d’affronter le réel.

Spoutnik, pour Novopress

Crédit photo : France 3 – capture d’écran

Rencontre avec les revues Eléments et Krisis sur Méridien Zéro, ce dimanche 29 avril à 23h

Rencontre avec les revues Eléments et Krisis sur Méridien Zéro, ce dimanche 29 avril à 23h

A l’occasion de la sortie du dernier numéro d’Eléments (n°143) et des deux derniers numéros de la revue Krisis (Religion ? et Monothéisme/Polythéisme ?), le Lieutenant Sturm et PGL reçoivent à 23h sur Méridien Zéro, Pascal Esseyric et Patrick Pehel d’Eléments et Michel Thibault de Krisis.

[box class=”warning”]Méridien Zéro diffusera en direct de 23h à 0h30 via les sites Méridien Zéro, Radio Bandiera Nera et Europa Radio.[/box]

Rencontre avec les revues Eléments et Krisis sur Méridien Zéro, ce dimanche 29 avril à 23h

A Notre-Dame-des-Landes, la candidature d’Eva Joly a fait flop

A Notre-Dame-des-Landes, la candidature d’Eva Joly a fait flop

28/04/2012 – 18h45
NANTES (NOVOpress Breizh) – Alors qu’elle s’est engagée tout au long de sa campagne à contester le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, en Loire Atlantique, Eva Joly n’a pas récolté sur place les fruits de son action. Le 22 avril dernier, si son score dans les communes concernées était supérieur à son résultat national, il demeure cependant très faible. Un flop de plus pour « l’écologiste de la dernière pluie ».

Déclaré d’utilité publique en 2003 le projet d’aéroport du « Grand Ouest » à Notre-Dame-des Landes n’a cessé depuis plus d’une décennie de faire l’objet d’une violente contestation de la part des écologistes et de l’extrême gauche. Au Conseil régional des Pays de la Loire comme à celui de Bretagne les élus UMP, PS et PC s’y étaient montrés favorables dès le début, activement soutenus par le maire de Nantes à tel point qu’on a pu parler d’ “Ayraultport”.

Le Front de Gauche est lui divisé sur cette question. Mélenchon s’est déplacé à Notre-Dame-des-Landes, haut lieu des luttes écologistes, le 13 janvier dernier (bien après Eva Joly) pour y rencontrer « en privé » les opposants alors que ses alliés communistes soutenaient le projet. De leur côté les Verts et le PS ont signé en vue des législatives un accord électoral très politicien qui se borne prudemment à acter leurs désaccords sur l’aéroport et le nucléaire.

Les élections présidentielles de dimanche dernier ont permis de faire le point exact des différentes forces politiques à Notre-Dame-des-Landes et dans toutes les communes impactées le projet d’aéroport. L’échec d’EELV et de leur candidate est flagrant. Avec 5,89 % des suffrages Eva Joly ne retrouve même pas, à Notre-Dame-des-Landes, le total des voix de Dominique Voynet et de José Bové en 2007 (6,07%). Et il en est de même dans toutes les communes limitrophes, que ce soit à Fay-de-Bretagne (4,35%), Heric (3,18%), Vigneux (5,35%) ou Grandchamp des Fontaines (4,70%).

Le NPA de Poutou, très actif dans la contestation, s’effondre de 6,3 à 2,5%. A gauche, seul Mélenchon tire son épingle du jeu avec 15%, un score un peu plus élevé que sa moyenne départementale (12%). Marine Le Pen enregistre pour sa part une très forte progression, passant de 9% à 15,9%.

Cet échec électoral des anti-aéroports ne leur a pas fait renoncer à leur contestation. Depuis plusieurs jours trois opposants ont entamé à Nantes une grève de la faim très médiatisée . François Verchère conseillère générale (Parti de gauche) de Bouguenais s’y est « associée » mais a très vite été remplacée par une « paysanne boulangère » de Bouvron. Et ce n’est pas la nuit passée avec eux par José Bové qui va relancer le mouvement.

Le groupe Vinci, concessionnaire de l’aéroport, a déjà acquis 85% des 1.240 ha concernés. Des procédures amiables ont été conclues auprès de 29 des 40 exploitations agricoles concernées. Vinci souhaite maitriser l’ensemble du foncier avant la fin de l’année et garde « son objectif de mise en service de l’aéroport fin 2017 ». Manifestement Notre-Dame-des-Landes est mal parti pour être un nouveau Larzac.

Crédit photo : anthony4, via Flickr, licence CC.
La petite-fille de Mussolini soutient Hollande

La petite-fille de Mussolini soutient Hollande

28/04/2012 – 17h00
ROME (NOVOpress) –
Les Sarkozy, le mari et surtout la femme, sont décidément impopulaires au Popolo della Libertà, équivalent italien de l’UMP (avec laquelle le PDL est associé au Parlement européen).

Après le premier tour de la présidentielle française, l’ancien ministre de la défense de Berlusconi, Ignazio La Russa, a expliqué que beaucoup de gens de droite avaient voté Marine Le Pen parce qu’ils étaient choqués par les engagements de Mme Sarkozy, en particulier par son intervention en faveur du terroriste Battisti.

C’est à présent la petite-fille du Duce (et nièce de Sophia Loren), Alessandra Mussolini (photo), députée PDL, qui s’est déchaînée contre le couple présidentiel dans la très populaire émission de radio, « La Zanzara ». « Je soutiens Hollande, a-t-elle déclaré, pour que tant Sarko que la Bruni quittent l’Elysée. Je me l’imagine déjà, elle avec sa petite guitare, hors de l’Élysée, qui chante pendant que Sarko fait la manche ».

« Si la Bruni se remet à chanter, a ajouté la petite-fille de Mussolini, c’est quand même un drame : elle a la voix flétrie. Je suis contente que la première dame déloge de l’Élysée. Après l’insulte qu’a représentée le rire de son mari avec Merkel [le ricanement de Nicolas Sarkozy, en octobre dernier, quand on l’avait interrogé sur la capacité du gouvernement italien à affronter la crise de la dette, ce qui avait beaucoup choqué en Italie], elle le mérite bien ».

Crédit photo : DR.

Kiosque Courtois du samedi - Logo – L’actualité de la semaine en écrit

Kiosque Courtois du samedi 28/4/2012 – L’actualité de la semaine en écrit

[box]Le samedi, une sélection des principaux sujets de la semaine des “Bulletins de Réinformation” de Radio Courtoisie. Ce Kiosque est présenté par Henri Dubost et Catherine Noailles.

Novopress a publié dès samedi matin, en différé, l’audio de ce Kiosque Courtois dans la fenêtre “Radio Courtoisie : le bulletin de réinfo” de sa colonne de droite. Pour ceux qui préfèrent lire qu’écouter, en voici le contenu sous forme de texte.[/box]

FRANCE

Le premier tour de la présidentielle, au pas de charge

Une forte participation, 80 %, a fait mentir un certain nombre de sondeurs. C’est un peu moins qu’en 2007 qui avait connu une affluence record de 84 % mais c’est beaucoup mieux que les 72 % de 2002.

Kiosque Courtois du samedi 28/4/2012 – L’actualité de la semaine en écritHollande et Sarkozy réussissent l’exploit de réunir à eux deux plus de 50% des suffrages exprimés, alors qu’ils représentent deux forces politiques passablement discréditées, qui alternent au pouvoir depuis plus de trente ans avec les résultats que l’on sait, et qu’il y avait dix candidats en lice.

Kiosque Courtois du samedi 28/4/2012 – L’actualité de la semaine en écritHollande arrive en tête avec près de 29% des voix. Un joli score, mais c’est moins que Mitterrand en 1988, qui avait fait 34%. Sarkozy, avec un peu plus de 27% sauve les meubles. Le président mal aimé fait beaucoup mieux que Jacques Chirac (photo) en 2002 qui n’avait recueilli qu’à peine 20% des suffrages, alors qu’il sortait de cinq ans de cohabitation avec la gauche, une cohabitation qui l’avait largement exonéré du bilan calamiteux de Lionel Jospin.

 

Kiosque Courtois du samedi 28/4/2012 – L’actualité de la semaine en écritRésultat superbe et sans équivoque, en revanche, de Marine Le Pen (photo) avec 6 millions 500.000 voix. Jamais la famille politique qu’elle représente n’avait recueilli autant de suffrages. Dans le Languedoc-Roussillon, la Provence et la Côte d’Azur, le Nord-Pas-de-Calais, la Lorraine et l’Alsace, la droite nationale progresse par rapport à 2002, totalisant entre 20 et 30 % des suffrages et se retrouve fréquemment en première ou en deuxième position. Dans tout l’ouest, de tradition centriste, y compris la Bretagne, on assiste à une progression significative du vote frontiste. Il en est de même dans le sud-ouest et la Corse, pourtant de tradition radical-socialiste. Dans nombre de départements, les scores de Marine Le Pen augmentent de 50 à 70 % par rapport à l’addition de ceux de Jean-Marie Le Pen et de Mégret en 2002. Une validation incontestable de la stratégie de dédiabolisation mise en place par Marine Le Pen, dès avant son accession à la présidence du Front national. En 40 années d’existence, même au temps de la grande époque de 1995 à 1998, jamais le Front national n’avait obtenu de tels scores dans ces régions. La stratégie de Marine Le Pen ne lui a pas aliéné ses soutiens traditionnels comme le prédisaient les Cassandre.

L’exception parisienne se confirme. La capitale, et dans une moindre mesure les grandes villes françaises, sont déconnectées de la France enracinée. Marine Le Pen ne recueille que 6 % des voix à Paris. C’est dans ce Paris boboïsé qu’habite la plupart des faiseurs d’opinion. Des sondages internes aux rédactions estiment à plus de 75 % à gauche le vote des journalistes.

Kiosque Courtois du samedi 28/4/2012 – L’actualité de la semaine en écritCertes la barre des 20% qui a souvent semblé à la portée de la présidente du Front national au cours des mois précédents n’a pas été franchie, certes Marine Le Pen n’est pas au deuxième tour, mais elle est sans conteste devenue le centre de gravité de la vie politique française (le « brise-glace » selon sa propre expression), forçant les candidats du système à prendre en considération l’ensemble de sa thématique, voire à adopter certaines de ses positions. Tout dernier exemple en date : sa proposition de loi sur la présomption de légitime défense des policiers, maintenant défendue par un Nicolas Sarkozy dans l’affaire de la mise en examen controversée d’un policier de Seine-Saint-Denis.

Kiosque Courtois du samedi 28/4/2012 – L’actualité de la semaine en écritPour Florian Philippot (photo), l’un de ses proches conseillers, Marine Le Pen devient de fait le « chef de l’opposition ». Les élections législatives vont avoir une importance capitale pour transformer cet essai. La tâche n’est pas évidente lorsqu’on sait qu’un découpage électoral particulièrement crapuleux, joint au système majoritaire à deux tours donne une Assemblée nationale largement déconnectée du pays réel, sans parler du Sénat.

Si Marine Le Pen n’est pas courtisée par les appareils politiques de deux candidats restant en lice, ses électeurs le sont en revanche. Exercice extrêmement périlleux pour les caciques du système et leurs seconds-couteaux : il s’agit de dire à ses électeurs qu’on « les comprend », mais qu’ils ont fait « le mauvais choix ». On connaît l’antienne : « Le Front national pose les bonnes questions mais apporte les mauvaises réponses ».
Kiosque Courtois du samedi 28/4/2012 – L’actualité de la semaine en écritUne antienne reprise il y a quelques jours par Claude Guéant (photo). Pourtant, pour de nombreux observateurs, le vote frontiste n’apparaît plus comme un simple vote protestataire, mais bien comme un véritable vote d’adhésion.

 

De nombreuses critiques se font jour à l’encontre du discours et des méthodes de l’UMP : un « mépris » réel à l’égard du Front national notamment de la part de Nicolas Sarkozy et des cadres du parti présidentiel dont l’appareil ne semble pas s’être adapté aux aspirations de ses électeurs, alors que, selon un sondage paru pour les Echos, près de 64 % désirent une alliance avec le Front national. Mercredi sur France Info, Nicolas Sarkozy déclarait pour la première fois, que le Front National était « compatible avec la République », alors même que son parti affirmait jusqu’ici que l’on ne dialogue pas avec « l’extrême droite », et que ce parti n’était pas républicain.

Nicolas Sarkozy semble à l’évidence déterminé à capter le maximum de voix frontistes, en appelant ses électeurs à « faire barrage à la gauche », expression sur toutes les lèvres. Mais s’il demande les voix du Front national, il se refuse en revanche à tout accord avec le parti à la flamme. C’est aussi le cas de Claude Guéant et de François Fillon qui, en début de semaine, ont déclaré qu’en cas de second tour opposant PS et FN lors des législatives, ils ne voteraient pas pour le FN.
Kiosque Courtois du samedi 28/4/2012 – L’actualité de la semaine en écritChantal Jouanno (photo) a quant à elle déclaré lundi sur Public-Sénat qu’elle voterait sans hésiter pour le PS. Nathalie Kosciusco-Morizet avait affirmé en mars dernier qu’elle voterait à coup sûr PS. Interrogée mardi, la porte-parole de Sarkozy n’a pas réitéré ses déclarations, préférant courageusement botter en touche.

Mercredi, dans la même émission de France Info, le Président a indiqué qu’il lui faut “entendre” les électeurs de Marine le Pen du premier tour sans « considérer qu’il faut se boucher le nez » (sic !). On a également vu Claude Guéant jeudi à Luxembourg venir proposer une mini réformette de l’espace Schengen (à des années lumières de la proposition de Marine Le Pen qui est de sortir purement et simplement du dispositif), histoire de montrer aux patriotes combien « il les avait compris ». Une demande vouée à l’échec, puisque la libre circulation est l’un des principes essentiels de l’Europe libérale de Bruxelles. Bref, on a connu des dragues plus subtiles…

Si le président sortant veut refaire son retard sur son rival socialiste, il doit résolument et sincèrement mobiliser sur sa droite en tenant compte du fait que si l’ensemble de la gauche progresse, la droite, toutes sensibilités confondues, reste encore, mais sans doute pour très peu d’années compte tenu du poids démographique croissant de l’immigration, majoritaire dans le pays. Mais il s’agit vraisemblablement d’un vœu pieu : en cinq ans d’exercice du pouvoir, le personnage a eu tout le temps de montrer l’étendue de sa duplicité.
Kiosque Courtois du samedi 28/4/2012 – L’actualité de la semaine en écritAinsi jeudi, lors de l’adoption par le Sénat de la proposition de loi constitutionnelle accordant le droit de vote aux élections municipales aux étrangers non communautaires, le rapporteur, Esther Benbassa (Europe Ecologie Les Verts) (photo) a provoqué l’hilarité de ses collègues de gauche en lisant à la tribune des déclarations passées de Nicolas Sarkozy, Eric Besson, Jean-Pierre Raffarin ou Brice Hortefeux, en faveur du droit de vote des étrangers…

 

MONDE

Kiosque Courtois du samedi 28/4/2012 – L’actualité de la semaine en écrit« Ce haut score est préoccupant »

Nous ne quittons pas l’actualité française, avec cette phrase prononcée lundi dernier par la chancelière Angela Merkel (photo) à propos des résultats obtenus par Marine Le Pen. L’Union européenne, par la voix des ministres des Affaires étrangères suédois, belge, luxembourgeois et danois entre autre, ne cache pas non plus son inquiétude. Ces chefs de la diplomatie ont également témoigné de leur inquiétude face à la montée en Europe, et particulièrement en France, des courants dits « populistes ». Entre les peuples et leurs « élites » cosmopolites, le divorce semble décidément consommé.

Le président de l’Union européenne veut maintenir les frontières ouvertes

Kiosque Courtois du samedi 28/4/2012 – L’actualité de la semaine en écritLe président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy (photo), a dénoncé jeudi la montée des « populismes » en Europe et la menace qu’ils font peser sur la libre circulation des personnes. Cette déclaration survient à quelques heures d’une réunion des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne. « Malheureusement, les vents du populisme menacent une des grandes réalisations de l’intégration européenne : la libre circulation des personnes au sein de l’Union européenne. », a-t-il déploré.

 

Les banques grecques sont dans le rouge vif

Les résultats pour 2011 des quatre premières banques grecques viennent d’être publiés. Plus de 27 milliards d’euros de pertes l’an passé. Encore ces chiffres ne comprennent-ils pas la banque postale et les banques chypriotes installées en Grèce. Pour faire face à leurs besoins en capital les banques grecques ont reçu 25 milliards d’euros la semaine dernière du Mécanisme européen de stabilité financière (le MES). Mais la Grèce continue de s’enfoncer dans la récession et les impôts ne rentrent pas assez vite. La baisse des dépôts dans les banques atteint 20 % en un an. La Commission européenne estime qu’au premier semestre 2012, mille PME grecques disparaîtront chaque semaine. Les multiples plans de sauvetage de la Grèce semblent être totalement inefficaces.

Pays-Bas : l’austérité fait sauter le gouvernement

Kiosque Courtois du samedi 28/4/2012 – L’actualité de la semaine en écritLa crise de la zone euro a encore fait chuter un gouvernement, celui des Pays-Bas, dirigé depuis 18 mois par le libéral Mark Rutte. La coalition gouvernementale de droite minoritaire a éclaté sur le sujet de la politique à mener pour réduire le déficit public. Le Parti pour la liberté (PVV), le mouvement de droite nationale de Geert Wilders (photo) a en effet claqué la porte. « Ce projet n’était pas dans l’intérêt des électeurs du PVV », s’est insurgé Geert Wilders. « Nous ne voulons pas soumettre nos pensions à une saignée à cause du diktat de Bruxelles ». Les Pays-Bas, qui ont gardé néanmoins leur triple A, se retrouvent désormais dans une situation financière identique à celles de la Grèce et du Portugal.

La démission du Premier ministre néerlandais ouvre la porte à des législatives anticipées, probablement en septembre ou en octobre.

L’économie britannique est en récession

Alors qu’une légère hausse du PIB de 0,1 % était attendue, celui-ci s’est contracté de 0,2 %. C’est une douche froide pour le gouvernement britannique qui tablait sur l’efficacité de sa politique de rigueur. « David Cameron et George Osborne s’étaient vantés que leur plan d’austérité avait sorti le pays de la zone de danger. Mais ils ont échoué et nous ont fait replonger dans la récession », a affirmé l’un des dirigeants travaillistes, Ed Balls. « La seule chose qui aggraverait encore la situation serait d’abandonner notre programme » a répliqué David Cameron.

L’armée israélienne admet que l’Iran n’est pas près de fabriquer la bombe atomique

Dans un entretien publié mercredi par le quotidien israélien Haaretz, le général Benny Gantz (photo), chef d’état-major de l’armée israélienne, a exprimé ses doutes quant à la volonté de l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Le même jour, le ministre de la Défense israélien, Ehud Barak (photo), livrait un diagnostic semblable. Même Avidgor Lieberman, le très belliqueux ministre des Affaires étrangères d’Israël, avait récemment laissé entendre qu’il croyait davantage à la diplomatie qu’à la voie militaire. Les Etats-Unis qui ont échoué à faire tomber la Syrie, proche alliée de l’Iran, se rendent compte qu’il leur faudra négocier avec ce dernier. Israël n’a donc d’autre choix que de jouer la carte de l’apaisement. Il y a une dizaine de jours déjà, les services de renseignements israéliens ont dû admettre que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad n’avait jamais affirmé vouloir rayer Israël de la carte du monde.

 

Première Guerre mondiale : des combattants unis par des « traits culturels communs »

Première Guerre mondiale : des combattants unis par des « traits culturels communs »

28/04/2012 – 12h00
MUNICH (NOVOpress) –
Professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Aberdeen (Ecosse), Thomas Weber s’intéresse dans son ouvrage intitulé, « La Première guerre d’Hitler », au destin du 16ème régiment bavarois d’infanterie de réserve (16ème RIR), plus connu sous le nom de régiment List, où le futur dictateur national-socialiste servit durant la Grande Guerre.

Première Guerre mondiale : des combattants unis par des « traits culturels communs »Le récit plonge le lecteur dans l’apocalypse de la Première Guerre mondiale qui fut une horreur pour les Européens et une catastrophe pour l’avenir du continent. La boue, les rats, les tranchées inondées par la pluie, l’odeur des cadavres en décomposition, baignant « dans un jus d’organes liquéfiés », provoquant des effluves « intenses et écœurants, douceâtres mais sûrement pas comme les émanations des fleurs. Ils se situent quelque part entre les fruits pourris et la viande putréfiée », témoigne un combattant bavarois.

Thomas Weber s’attaque à la thèse orthodoxe de troupes galvanisées par un élan militariste et hypernationaliste dès 1914. Pour ce spécialiste des relations internationales et de l’Europe, « les traits culturels communs aux protagonistes, des deux côtés du front, étaient largement capables de contrebalancer les haines cultivées au fil de l’histoire ». L’auteur a épluché les cartes postales envoyées du front par les soldats du régiment List ou d’autres unités de l’armée allemande. Elles « ne comportent ni apologie de la violence guerrière, ni slogans patriotiques ». Leur motivation ? « Les soldats persistent à penser que la cause défendue par leur pays est juste », analyse l’historien.

L’auteur écossais remet en cause également l’image d’un Hitler héroïque pendant ces années de guerre. Certes, le futur maître du Troisième Reich a été décoré de deux croix de fer en 1918, médailles récompensant la bravoure. Mais pour Thomas Weber, ces distinctions relèvent de la proximité du soldat Hitler avec les officiers dans son rôle d’estafette pour l’état-major. Un pavé de 430 pages aux éditions Perrin qui se lit pourtant d’une traite grâce à une plume érudite et vivante.

Photo : Soldats allemands, guerre de 1914-1918. Crédit photo : Deutsches Bundesarchiv via Wikipédia, licence CC.
Quel est l'ennemi ? La superclasse mondiale ou la puissance américaine ?

Quel est l’ennemi ? La superclasse mondiale ou la puissance américaine ?

[box] Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia. [/box]

[box class=”info”] Qui menace le plus l’indépendance et l’identité de la France ? La superclasse mondiale ou la puissance américaine ? Voici une disputatio entre Henry de Lesquen et Yvan Blot, mise en forme par Pierre Milloz, à partir de nombreux échanges de courriels. A nos lecteurs de forger leur opinion.
Polémia. [/box]

La disputatio oppose deux manières d’analyser la situation de la France dans le monde contemporain. Les deux débatteurs considèrent implicitement que l’indépendance et l’avenir de notre pays sont menacés par des puissances qu’ils tiennent pour ennemies.

La nouvelle lutte des classes : les peuples face à la superclasse mondiale ?

Pour Henry de Lesquen, le principal de ces ennemis est la superclasse mondiale dont l’apparition, après la chute de l’URSS, est l’un des événements majeurs des vingt dernières années. Cette superclasse exerce désormais, dans un esprit cosmopolite, une hégémonie sur le monde à travers les oligarchies qui sont ses émanations dans chaque pays.

Dès lors la lutte des classes change de dimension. Alors que jusqu’ici elle se déroulait dans les frontières nationales, elle oppose désormais les peuples ou les nations à cette superclasse. Celle-ci doit donc être tenue pour l’ennemi principal des nations et spécialement de la nation française.

Les Etats-Unis, ennemi principal ?

Yvan Blot désigne au contraire les Etats-Unis comme l’ennemi principal de la France. Son point de vue est fondé sur une idée directrice de nature politique : la réalité du monde est encore aujourd’hui faite de la lutte des nations entre elles. Il faut se garder des façons de penser d’inspiration marxiste ou libérale. Ce sont elles qui orientent préférentiellement l’analyse vers l’économie et incitent à choisir la classe comme unité de base de la réflexion. Or l’histoire a toujours montré que la réalité nationale prime l’appartenance à la classe

La situation présente est une illustration de ces considérations générales. Une lutte de nations s’est terminée dans les années 1990 : l’URSS a été vaincue par sa rivale, les Etats-Unis d’Amérique et depuis lors, ceux-ci dominent le monde. Yvan Blot décrit les multiples facettes de cette domination : universalisation de la langue anglaise, diffusion de certaines modes « jeunes », influence du cinéma américain, implantation des organismes internationaux à Washington ou à New-York, OTAN (où le commandement est assuré par des officiers généraux américains).

Cette domination se manifeste aussi par une multitude d’interventions que les Etats-Unis mènent sur toute la planète pour affaiblir leurs adversaires (la Russie de Poutine surtout), pousser au pouvoir des factions qui ont leur faveur (« printemps arabes ») ou écraser militairement un Etat qui leur résiste : tel fut le cas de la Serbie.

Elle se manifeste même sur le plan culturel où l’on voit les Américains diffuser des idées qui deviennent dominantes chez les nations vassalisées : pénalisation du racisme et de l’antisémitisme, éloge de la « diversité » et du multiculturalisme, théorie du genre etc.

Quant à la nouvelle superclasse mondiale, Yvan Blot n’en nie ni l’existence ni l’influence. Mais d’une part il doute qu’elle soit véritablement mondiale. Et d’autre part il considère ou bien qu’elle agit en faveur des intérêts américains ou bien qu’elle ne peut, en raison de sa nature même, qu’être absente et privée d’importance dans les opérations américaines majeures (cas sus-évoqué de la Serbie). Il pense même qu’invoquer son rôle a pour effet fâcheux de renvoyer sur elle, c’est à dire sur une abstraction, la responsabilité de l’état du monde qui est proprement l’affaire d’une nation : les Etats-Unis d’Amérique.

La superclasse mondiale : une nouveauté historique fondamentale

Henry de Lesquen insiste au contraire d’abord sur la nouveauté fondamentale que constitue cette superclasse (pour lui, il n’en existe pas de véritable précédent dans l’Histoire et c’est pourquoi il faut réviser les méthodes d’analyse des faits historiques) et ensuite sur la circonstance qu’elle n’est liée aux intérêts d’aucune nation.

Sur ce dernier point, il admet certes qu’elle est née d’une extension de la haute bourgeoisie de la côte est des États-Unis. Mais, il fait valoir qu’aujourd’hui elle s’étend pratiquement à toutes les nations.

Par ailleurs il souligne qu’il n’y a pas coïncidence entre les objectifs fondamentaux de la superclasse et les Etats-Unis. Alors que la première appelle de ses vœux un gouvernement mondial et travaille à la disparition des nations, les nationalistes américains, de leur côté, agissent certes pour établir la domination de leur pays sur le monde et la vassalisation des autres nations mais ils ne souhaitent ni la suppression de ces dernières ni un gouvernement planétaire qui pourrait les gêner.

Cette divergence est illustrée par certains épisodes politiques récents. Tel fut le cas le cas de l’opération qui a imposé le dogme du réchauffement climatique planétaire, a amené au protocole de Kyoto et a pour ambition évidente de créer une gouvernance mondiale sur le sujet. Or précisément les États-Unis ont refusé ce protocole.

Et ils récusent de même toute forme de supranationalité. Or l’idée cosmopolite les gêne dans la mesure où elle débouche sur la multiplication d’organismes internationaux de toutes sortes et en tous lieux, et notamment hors des Etats-Unis. Il en est de nature publique (ONU, FMI, Banque mondiale, Unesco, OMM, etc.), mais il en est aussi des privés qu’il ne faut pas négliger comme instruments du cosmopolitisme de la superclasse (tels Amnesty International ou Greenpeace ou les fondations Soros ou Rockfeller).

Huntington : un américain contre la superclasse mondiale

De Lesquen cite Samuel Huntington qui va plus loin et estime que l’idéologie cosmopolite de la nouvelle classe mondiale menace même les Etats Unis, car celle-ci se caractérise par l’affaiblissement chez ses membres du sentiment national.

D’ultimes considérations semblent offrir une conclusion au débat. Yvan Blot fait valoir, sans être contredit par de Lesquen, que l’impérialisme américain est messianique et qu’il tente de se justifier en se donnant une mission mondialiste : répandre la liberté et la démocratie sur le monde. Cette idée rapproche le cosmopolitisme des Etats-Unis et celui de la superclasse (proximité que de Lesquen avait déjà notée), même si, évidemment, les motivations des premiers et de la seconde ne sont pas les mêmes.

Textes rassemblés et mis en forme par Pierre Milloz, avril 2012.

PS. Note du présentateur : La question essentielle du débat ressort clairement : la superclasse mondiale mène-t-elle une politique autonome par rapport au pouvoir américain ou n’en est-elle qu’un instrument ? Ou plus précisément, ses initiatives prouvent-elles son indépendance ou ne sont-elles que les applications anodines, tolérées par le pouvoir américain, d’une idéologie cosmopolite qui le sert et dont il se sert ?

Selon la réponse, on jugera que l’ennemi principal de la France est la superclasse mondiale ou les Etats-Unis.

Le précédent historique de la Rome antique

Une telle réponse est plus facile à propos d’une sorte de précédent historique de superclasse mondiale : celle qui paraît avoir été créée par la politique de l’empire romain. Celui-ci en effet, fort avaricieux (jusqu’au début du IIIe siècle) de la citoyenneté romaine, l’accordait aux élites des pays conquis, en lesquelles il trouvait des relais de sa domination. Aelius Aristide pouvait écrire en 143 en son Éloge de Rome : « Vous avez partout donné la citoyenneté à tous ceux qui représentent les élites du talent, du courage et de l’influence… Il n’est nul besoin de garnisons qui tiennent les acropoles. Les habitants les plus importants et les plus puissants de chaque endroit gardent pour vous leur propre patrie. »
Il est probable que se constitua une superclasse couvrant tout l’empire, romanisée parfois jusqu’au patronyme, parlant latin, accédant au saint des saints, c’est à dire au Sénat, et admirant Rome, centre de la civilisation (comme il y a aujourd’hui en France des élites convaincues que le soleil se lève à l’Ouest).
Mais ce cas n’est pas transposable à la situation contemporaine, tant il est incontestable que cette superclasse était un instrument de Rome. Il serait intéressant d’étudier spécialement ce que fut son comportement à partir du jour où commença la lente décomposition de l’empire.

Pierre Milloz

Voir aussi :

L’Idéologie de la superclasse mondiale (1re partie)
L’identité nationale selon Huntington

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

Alain Juppé veut-il faire perdre Nicolas Sarkozy ?

Alain Juppé veut-il faire perdre Nicolas Sarkozy ?

28/04/2012 – 08h30
BORDEAUX (NOVOpress via Infos Bordeaux) –
Ce n’est un secret pour personne, le maire de Bordeaux est hostile au positionnement du président de la République. Hostile à la place prise par le conseiller Patrick Buisson, hostile à la campagne de droite menée depuis plusieurs semaines, et enfin hostile à la main tendue aux électeurs de Marine Le Pen.

Dernier exemple en date sur RTL, Alain Juppé, qui se prépare à la défaite de son camp, déclarait « si Nicolas Sarkozy perdait, nous serions un certain nombre à tout faire pour que l’UMP garde sa cohésion », provoquant la fureur de ce dernier : « il ferait mieux de se concentrer sur le second tour, on est exactement dans ce qui n’intéresse nullement les Français ». Conformément à ses convictions proches du centre-gauche, le ministre des affaires étrangères avait déjà provoqué une polémique interne en suggérant il y a quelques jours, lors d’un entretien au Figaro Magazine, la nomination de François Bayrou au poste de premier ministre !

Pour les conseillers de l’UMP, la réserve de voix est à droite. Il faut donc notamment tenir un discours ferme (à défaut d’actes) sur l’immigration, les valeurs et le protectionnisme. Ces valeurs révulsent pourtant Alain Juppé, qui avait déjà fortement critiqué le débat sur l’identité nationale. Lors du premier tour, Bruno Dive, journaliste au Sud-Ouest, rapportait qu’au siège du PS, « tous les leaders de l’UMP sont hués quand ils parlent à la télé. Sauf Juppé, écouté dans un silence respectueux » !

Alain Juppé avait lui-même confirmé se sentir plus proche du Parti socialiste que du Front national. En mars dernier, lors du second tour des élections cantonales, le maire de Bordeaux appelait à voter pour le candidat de gauche dans les duels avec le FN : « le Front national ne doit bénéficier d’aucune de nos voix ».

« Le meilleur d’entre nous », faute d’avoir un sens politique aigu, (un positionnement de Nicolas Sarközy sur une ligne centriste l’aurait à coup sûr éliminé du premier tour) risque pourtant de connaitre une fin de carrière proche. Ses jours au ministère des affaires étrangères sont comptés, et dans une ville où la gauche est maintenant majoritaire, sa reconquête du poste de député au mois de Mai, ainsi que les municipales de 2014, risquent de sonner le glas de sa carrière.

Menacés par les islamistes de Forsane Alizza, les identitaires se constituent partie civile

Menacés par les islamistes de Forsane Alizza, les identitaires se constituent partie civile

27/04/2012 – 18h50
PARIS (NOVOpress) —
Comme nous l’avions publié le 13 avril dernier, des informations révélées par des sources policières indiquaient que les islamistes du groupe Forsane Alizza visaient les Identitaires. Ceci avant que treize membres présumés de Forsane Alizza aient été mis en examen, et neuf d’entre eux écroués, pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste et acquisition, détention et transport d’armes (dont des fusils d’assaut de type kalachnikov).

Le Bloc Identitaire a publié hier que cette information “a été confirmée la semaine dernière lors d’un entretien entre les services de la DCRI et Fabrice Robert, président du Bloc Identitaire, visé directement par les menaces. Le Bloc Identitaire, perçu par Forsane Alizza comme un adversaire farouche de l’islamisation, était clairement désigné et c’est pourquoi le parti a décidé de se constituer partie civile dans le cadre des poursuites engagées contre ces islamistes.”

La grandiloquence et les excès verbaux de Forsane Alizza font reconnaitre au Bloc Identitaire que ces islamistes peuvent prêter à sourire. Mais, en particulier depuis les attaques terroristes de Mohamed Merah, on sait que “la plus minable des racailles peut devenir le plus ignoble des assassins. Ainsi, sans se prêter au jeu de la justice-spectacle (au service d’une politique tout aussi spectacle), il ne faut pas non plus douter de la détermination et de la dangerosité des fanatiques.”

Les Identitaires rappellent qu’ils “assument au quotidien et à visage découvert leur engagement, et ne céderont face à aucun terrorisme, intellectuel ou autre.”

Image : manifestation de Forsane Alizza. Le leader islamiste Mohammed Achamlane harangue ses troupes. Copie d’écran d’une vidéo publiée par Forsane Alizza sur le web.