La Libye, de la « libération » à la somalisation

La Libye, de la « libération » à la somalisation

Alors que les turbulences se poursuivent en Egypte et en Tunisie, où l’asphyxie du tourisme et le départ des investisseurs provoquent un chômage sans précédent, le risque (prévisible) de sécession de la Cyrénaïque remet la Libye au premier plan, affolant chancelleries et rédactions.

Le 8 mars était trompettée une excellente nouvelle : après « trente-trois ans » de total dévouement à un régime qu’il vient de découvrir « criminel », Abdo Hussameddine, vice-ministre syrien du Pétrole, choisissait de « rejoindre la révolution du peuple qui rejette l’injustice » et de reprendre ainsi « le droit chemin ». Cette miraculeuse conversion à la démocratie est aussi une inestimable prise de guerre pour les rebelles syriens réputés, par notre ministre Alain Juppé en particulier, incarner les droits de l’homme.

Mais cette sensationnelle annonce faisait bientôt place à une autre, beaucoup moins réjouissante pour les zélateurs des « printemps arabes » : l’éventualité de la « dislocation de la Libye », avec la proclamation unilatérale de l’autonomie de l’Est libyen par des dignitaires locaux, chefs de tribu et commandants de milice réunis à Benghazi – deuxième ville du pays et berceau de l’insurrection qui a renversé Muammar Kadhafi – devant des milliers de personnes qui les ont follement applaudis. Moustapha Abdeljalil, président du Conseil national de transition (CNT) au pouvoir, répliquait aussitôt à cette « provocation » par la menace de « recourir à la force » pour mater les « séparatistes ». S’il réprime la rébellion de ces derniers avec la vigueur d’un Bachar al-Assad, quel dilemme pour Nicolas Sarkozy qui, le 1er septembre à l’Elysée, et au nom des « Amis de la Libye » (dont le Britannique David Cameron, l’onusien Ban-Ki-Moon et l’émir du Katar), remettait au même Abdeljalil 15 milliards de dollars pour la « reconstruction de la Libye nouvelle » ! Un mirage exalté par tous les médias.

Un pays livré à des milices surarmées

Du coup, c’est l’affolement dans les rédactions. « Libye : l’autonomie de l’Est fait craindre une partition du pays », titrait Le Parisien, « Menace d‘une nouvelle guerre civile », s’inquiétait Libération, « Libérée de Kadhafi, la Libye s’enfonce dans le chaos », constatait avec tristesse Le Nouvel Observateur ; l’AFP évoquait un « risque de somalisation » et Le Point lui-même, où sévit Bernard-Henri Lévy, héraut de la « croisade » contre Kadhafi et tombeur du raïs, admettait par la plume de son correspondant Armin Arefi l’extrême gravité de la situation : « Ce devait être le grand succès international du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Mais la Libye post-Kadhafi semble inexorablement basculer dans l’impasse. L’annonce de l’autonomie de la région de Cyrénaïque a fait l’effet d’une bombe. » Les conséquences en seront d’autant plus graves et plus sanglantes que, depuis la révolution, la Libye souffre d’un « fléau » : « l’abondance d’armes en libre circulation à travers le pays ». Ces armes, fournies notamment par les « officiers de liaison » français envoyés par Paris, avaient été « confiées aux rebelles organisés en milices pour se débarrasser de Muammar Kadhafi ». Las ! Les milices sont désormais « hors de contrôle » et, selon le diplomate français Patrick Haimzadeh cité par l’hebdomadaire de François Pinault, il n’est donc pas exclu que les autonomistes de Benghazi « aillent à l’affrontement avec le gouvernement central, en cas de refus », tant ils sont convaincus que « la révolution a été déviée » et qu’elle leur a été confisquée par Tripoli.

Conclusion de Armin Arefi : « Si le candidat Nicolas Sarkozy peut se targuer d’avoir évité le bain de sang que promettait Muammar Kadhafi à Benghazi, il semble bien moins se soucier aujourd’hui du sort d’un pays miné par les intérêts personnels et les rivalités, tant régionales que tribales […] Nicolas Sarkozy s’attendait à une guerre pliée en une semaine, car il ne connaissait pas la société libyenne. Or on ne change pas une culture politique en quelques mois. Cette situation va durer au moins dix ans. »

« Silence médiatique » malgré le tocsin

Mais qu’importait, sans doute, aux yeux du président-candidat ! « Le temps où les caméras, appareils photo et plumes du monde entier informaient non-stop sur la Libye paraît bien loin. La Libye est retournée au silence médiatique. Les regards se sont tournés vers la révolution suivante, en Syrie », commentait de son côté Gaël Cogné sur France TV Info, grand service de « l’actu en continu » lancé en fanfare le 14 novembre dernier par le géant France Télévisions, avec l’ambition d’être « la première plateforme d’informations en temps réel du service public », alimentée par les multiples rédactions de la télévision d’Etat.

Evoquant les cent cinquante tribus composant la société libyenne et agitées de violents antagonismes, Gaël Cogné écrit benoîtement que « ces divisions ne sont pas une surprise ».
Eh bien si, c’en est une, et de taille pour le bon peuple, qui a financé de ses deniers durement gagnés une intervention militaire (au coût exorbitant en ces temps de crise : plus de 350 millions d’euros, estimait L’Express du 28/09/2011) mais dont on lui avait juré qu’elle procurerait un avenir radieux au peuple libyen et, à la France, un marché du siècle : « A ceux qui parlent d’argent, je fais remarquer que c’est aussi un investissement sur l’avenir », avait osé déclarer un mois plus tôt notre inénarrable ministre des Affaires étrangères au quotidien Le Parisien (du 27/8/2011). Un investissement bien compromis par les événements actuels.

Pourtant, les mises en garde n’avaient pas manqué. Le fils du colonel Kadhafi, Seif Al-Islam, avait prédit dès les premiers temps de l’insurrection que les tensions entre tribus « pourraient causer des guerres civiles ». Une mise en garde avait été lancée d’emblée par Polémia qui, sur son site, avait multiplié les alertes (1) dans des articles où était clairement souligné le risque de « partition » du pays, à partir des travaux de Bernard Lugan. Dès le 13 mars 2011, le célèbre africaniste avait déploré qu’ « en écoutant BHL et non les spécialistes de la région, le président Sarkozy ait involontairement redonné vie au plan Bevin-Sforza rejeté par les Nations unies en 1949 ». Et Lugan d’expliquer : « Ce plan proposait la création de deux Etats, la Tripolitaine, qui dispose aujourd’hui de l’essentiel des réserves gazières, et la Cyrénaïque, qui produit l’essentiel du pétrole. Voilà donc la première étape de ce plan oublié désormais réalisée avec la reconnaissance par la France, suivie par l’UE, du gouvernement insurrectionnel de la Cyrénaïque… Deux Etats existent donc sur les ruines de la défunte Libye : la Cyrénaïque – provisoirement ? – aux mains des insurgés, et la Tripolitaine. C’est à partir de cette donnée qu’il convient d’analyser la situation, tout le reste n’étant une fois encore que stérile bavardage, vaine gesticulation et soumission à la dictature de l’émotionnel. »

La fidélité de BHL… à Israël

Mais qui avait écouté Lugan (2) parmi les innombrables « spécialistes » de France Télévisions et des autres médias qui nous affirment aujourd’hui assister « sans surprise » aux déchirements libyens ?

Le seul qui ait eu alors droit à la parole était M. Lévy, promu par le chef de l’Etat véritable ministre en exercice des Affaires étrangères et de la Guerre (et même des Finances puisqu’il nous fit attribuer en juin dernier une première aide de 290 millions d’euros à ses protégés du Conseil national de transition) alors qu’on sait aujourd’hui qu’il n’agissait nullement au profit de la France. Au contraire. Dans l’affaire de Libye, « J’ai porté en étendard ma fidélité à mon nom et ma fidélité au sionisme et à Israël », devait-il proclamer fièrement le 20 novembre devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) qui tenait à Paris sa première convention nationale – voir le « Billet » de Polémia du 22/11/2011. Allez savoir pourquoi, cette brûlante profession de foi (et d’allégeance à un Etat étranger) fut occultée… comme l’avaient été les risques de notre interventionnisme en Libye, et les fruits amers qu’il ne manquerait pas de porter, en commençant par l’éclatement du pays prétendument libéré – avec la vague migratoire et la réaction islamiste que cela ne manquera pas de susciter. Ce n’est du reste pas un hasard si, sans doute informés des intentions des « séparatistes » de Benghazi, les barbus libyens, déjà très influents au sein du CNT, avaient créé le 3 mars le parti Justice et Construction présidé par Mohammed Sawane, représentant des Frères musulmans… et farouchement opposé à l’autonomie de la Cyrénaïque, qu’il considère selon Armin Arefi comme « une première étape avant la scission totale de la région ».

Une dislocation organisée

Mais la « dislocation géopolitique mondiale » ne fut-elle pas l’objectif de l’OTAN en Libye, comme le soulignait ici même Xavière Jardez le 9 août 2011 en commentant un rapport du Laboratoire européen d’anticipation politique (LEAP), think-tank monégasque dirigé par Franck Biancheri (3)? L’entreprise était alors menée par Washington, le Katar se chargeant d’une partie du financement et de la mise en scène médiatique, celle de la « libération » de Tripoli par exemple. Or, simple hasard, cet émirat pétrolier serait aujourd’hui très actif auprès des autonomistes de Benghazi.

Evoquant la campagne de l’OTAN, X. Jardez écrivait : « On demanda à l’opinion publique d’approuver, non de penser. » Et voilà cette opinion frappée de stupéfaction quand elle apprend que le pays qu’on lui avait dit arraché à la tyrannie et à la barbarie risque de connaître l’épouvantable destin de la Somalie, livrée à des factions se livrant une guerre inexpiable et redevenue un repaire des pirates. Ce que furent, soit dit en passant, la côte des Syrtes et celle de la Cyrénaïque pendant des siècles.

Camille Galic
9/03/2012

Notes

(1) Voir entre autres les articles sur Polémia

(2) Une interview par Robert Ménard fut déprogrammée en catastrophe fin décembre dernier par la chaîne itélé car elle n’était pas « dans la ligne » – voir http://www.polemia.com/article.php?id=4408
(3)
Opérations militaires de l’OTAN en Libye : accélérateur d’une dislocation géopolitique mondiale ?

Image : Lors d’une conférence de presse, mardi 6 mars à Tripoli, le président du CNT, Moustapha Abdeljalil a accusé «des pays arabes, frères» de financer la sédition.

[box class= »info »] Source : Polémia. [/box]

L’Irlande sauve les banques plutôt que le gaélique

L’Irlande sauve les banques plutôt que le gaélique

11/03/2012 – 08h00 DUBLIN (NOVOpress Breizh) – À cause de l’austérité budgétaire, le dispositif public de soutien à la langue irlandaise se trouve menacé. Il ne représente pourtant qu’une goutte d’eau par rapport aux sommes engagées pour renflouer les banques.

Les temps sont durs pour l’Irlande. Le pays est engagé dans un effort colossal pour rétablir ses comptes publics et échapper au sort de la Grèce. Son déficit budgétaire, qui avait dépassé le niveau hallucinant de 31 % du PIB en 2010, devrait revenir à 8,6 % en 2012 et 3 % en 2015. Pour cela, le gouvernement d’alliance Fine Gael-Travaillistes a pris des mesures drastiques : augmentation de la TVA à 23 %, réduction de 13 % des effectifs de fonctionnaires, baisse de 14 % des salaires du secteur public, etc.

L’Irlande sauve les banques plutôt que le gaélique
Poor Molly Malone, crying "Banksters and financials, alive, alive-oh!"

Dans le catalogue des mesures d’économie, l’une inquiète les défenseurs de la langue irlandaise. Le Foras na Gaeilge, financeur de l’enseignement du gaélique depuis 1999, annonce une révision de ses modalités de subvention qui aboutirait à la disparition de dix-neuf institutions(1). Une pétition en ligne a été lancée afin de réclamer des financements pérennes pour l’enseignement du gaélique.

Il est bon de rappeler que la situation financière catastrophique du pays est largement due au sauvetage de son système financier. Pour nationaliser et renflouer ses banques, l’Irlande a dépensé pas moins de 70 milliards d’euros, soit 55 % de son PIB. Le budget accordé au Foras na Gaeilge ne dépassait pas 20,6 millions d’euros en 2010.

(1) Altram, An tÁisaonad, An tOireachtas, Comhaltas Uladh, Comhar na Múinteoirí Gaeilge, Comhdháil Náisiúnta na Gaeilge, Comhlachas Náisiúnta Drámaíochta, Comhluadar, Conradh na Gaeilge, Cumann na bhFiann, Forbairt Feirste, Forbairt Naíonraí Teoranta, Gael Linn, Gaelscoileanna Teo., Glór na nGael, Iontaobhas Ultach, Pobal, Raidió Fáilte, Raidió na Life.

Photo : Statue de Molly Malone à Dublin. Molly Malone est l’héroïne de la chanson traditionnelle qui est l’hymne officieux de la ville de Dublin. Crédit photo : FrancisTyers, licence CC.

Kiosque Courtois du samedi 10/3/2012 – L’actualité de la semaine en écrit

Kiosque Courtois du samedi - Logo – L’actualité de la semaine en écrit

[box]Le samedi, une sélection des principaux sujets de la semaine des « Bulletins de Réinformation » de Radio Courtoisie. Ce Kiosque est présenté par Henri Dubost et Catherine Noailles.

Novopress a publié dès samedi matin, en différé, l’audio de ce Kiosque Courtois dans la fenêtre “Radio Courtoisie : le bulletin de réinfo” de sa colonne de droite. Pour ceux qui préfèrent lire qu’écouter, en voici le contenu sous forme de texte.[/box]

FRANCE

Viande halal au menu de la campagne électorale

Kiosque Courtois du samedi 10/3/2012 – L’actualité de la semaine en écritEncore un thème fort que Marine Le Pen a su imposer à l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle, elle qui n’est pas sûr de l’être. Un rapport confidentiel du ministère de l’Agriculture, dévoilé par l’hebdomadaire Le Point, jette une lumière crue sur l’abattage rituel tel qu’il est pratiqué en France. Le document, soigneusement enterré à l’époque de sa parution, en novembre 2011, révèle que plus de la moitié des bovins, ovins et caprins tués en France le sont suivant un mode d’abattage « rituel », halal ou casher. Chiffres à revoir à la hausse : en effet, selon Gilbert Mouthon, professeur à l’Ecole Vétérinaire de Maisons-Alfort et expert auprès des tribunaux, interrogé par l’hebdomadaire Marianne il y a deux semaines, je cite : « pour des raisons économiques, tous les animaux abattus en Ile-de-France le sont selon les techniques halal. Et le phénomène est en train de gagner toute la France, où on estime que 80% des moutons sont abattus selon les méthodes halal ». 

Dans son récent discours de Bordeaux, contraint et forcé par la puissance de l’onde de choc médiatique créé par la présidente du Front national, le candidat Sarkozy a dû de nouveau s’expliquer sur le halal… proposant même, la queue basse, l’étiquetage de la viande en fonction de la méthode d’abattage, précisant qu’il s’agit, je cite, d’une « question de laïcité ». Bien vu, M. le président, à ceci près qu’une proposition de loi visant à encadrer la production de viande de bêtes abattues sans étourdissement avait été faite par Françoise Hostalier, députée UMP, puis… retirée la semaine dernière. Le volte face présidentiel à propos de l’étiquetage est donc fort récent.

Il convient également de rappeler le discours de Brice Hortefeux, alors ministre de l’Intérieur, à la communauté juive, en septembre 2010… Je cite : « Il est exact qu’un vote au Parlement européen pourrait (…) imposer un étiquetage qui serait discriminant pour l’abattage rituel. Nous restons extrêmement vigilants, à la demande du président de la république. Soyez certains de la mobilisation du gouvernement et des députés français au Parlement européen pour que ce projet ne puisse pas aboutir. »

Si le chef de l’Etat le souhaitait vraiment, un label certifiant que les animaux ont été, conformément à la loi, étourdis avant leur abattage, pourrait très rapidement être mis en place. De même que les labels « Garanti halal » et « Garanti casher ». Le premier entraînerait une augmentation du chiffre d’affaires des abattoirs concernés. En revanche, le casher vivant actuellement grâce à une diffusion qui dépasse de très loin son polygone sociologique, la labellisation pourrait être mortelle à un certain nombre d’abattoirs casher. C’est visiblement là que le bât blesse…

Une déclaration du Premier ministre est encore venue chargée la barque… Lundi dernier, François Fillon a affirmé, je cite, que : « Les religions devraient réfléchir au maintien de traditions qui n’ont plus grand-chose à voir avec l’état aujourd’hui de la science, l’état de la technologie, les problèmes de santé ». Une déclaration de simple bon sens, mais qui pour Richard Prasquier, le président du Crif, est « stupéfiante », et qui a « gêné » le grand rabbin de France, Gilles Bernheim. Pour Christian Jacob, chef des députés UMP, il y a, je cite : « quand même d’autres sujets de préoccupation des Français, même si celui-ci en est un ». Fin de citation. Le Premier ministre a échappé de peu à une diabolisation en règle…

Marine Le Pen au salon de l’agriculture

Kiosque Courtois du samedi 10/3/2012 – L’actualité de la semaine en écritLa présidente du Front national y a reçu un accueil chaleureux. Ce dont a commencé par convenir LePoint.fr qui a titré, je cite : « Marine Le Pen ovationnée au salon de l’agriculture ». Dix minutes chrono plus tard, le site modifiait subrepticement le titre qui devenait : « Ovations et sifflets pour Marine Le Pen au salon de l’agriculture ». Certains journalistes ont manifestement dû se faire remonter les bretelles. Marine Le Pen a souligné que la France devait rester un grand pays agricole. Elle a confirmé ses propos sur la viande halal et a de nouveau exigé l’information et le libre choix des consommateurs. Selon les sondages officiels, Marine Le Pen est en seconde position en intentions de vote chez les agriculteurs. Les sorties brutes de sondages, c’est-à-dire avant les péréquations favorables  aux deux « gros » candidats, la placeraient en première position.

Sarkozy, l’homme qui rêve de devenir riche

Kiosque Courtois du samedi 10/3/2012 – L’actualité de la semaine en écritQuelques semaines après son installation à l’Elysée en 2007, Sarkozy avait livré sa vision de l’avenir. Non pas de l’avenir de la France, dont il se moque comme d’une guigne, ainsi qu’il l’a dit un jour à Philippe de Villiers, mais son avenir à lui, Nicolas Sarkozy. Je cite : « Je ne ferai qu’un quinquennat. Je veux réformer la France et ensuite, je gagnerai beaucoup d’argent. » Propos répétés à l’époque devant plusieurs de ses visiteurs, précise la journaliste Catherine Ney dans son dernier livre : « L’impétueux ». « Dans le privé, comme avocat, je gagnerais dix fois plus », soupirait également Nicolas dans les couloirs austères du palais présidentiel. « Nicolas a toujours eu peur de manquer », explique Catherine Ney, d’où parfois des achats compulsifs, jusqu’à dix chemises Lacoste ! « L’argent représente pour lui la liberté », résume Franck Louvrier, son conseiller presse. Et le président d’expliquer, comme le premier petit-bourgeois venu que, s’il avait eu les moyens d’offrir à Cécilia la maison de campagne de ses rêves, « elle ne serait jamais partie » ! Voilà l’homme pour qui une partie de la France de droite s’apprête à voter. Faut-il en rire ou en pleurer ?

La première dame de France juge « modeste » le train de vie de son couple…

Une déclaration qui a doucement fait rire les Français plongés dans la crise. Carla Bruni est en effet l’héritière d’une riche famille d’industriels italiens, les Bruni-Tedeschi. Le patrimoine personnel de l’ex-mannequin est estimé à 10 millions d’euros en biens immobiliers, avec entre autres un hôtel particulier porte d’Auteuil. Par ailleurs, en 20 ans, Carla Bruni-Sarkozy aurait gagné 4,2 millions d’euros grâce au mannequinat, l’un des plus vieux métiers du monde comme chacun sait, 2,5 millions grâce à la musique et 2 millions grâce à la publicité. Quant à Nicolas Sarkozy, l’ami des milliardaires, son patrimoine est estimé à 2,3 millions d’euros. Beaucoup de Français aimeraient être dans une telle « gêne »…

 

MONDE

Obama-Netanyahu : Une rencontre « empoisonnée » ?

Alors qu’Israël a manifestement déjà planifié une attaque militaire contre l’Iran, Obama privilégie quant à lui la voie de la concertation. Des sources diplomatiques font état d’une rencontre particulièrement inamicale, lundi 5 mars, entre les deux hommes, dans le bureau ovale de la Maison Blanche, évoquant une « détestation réciproque ». Ainsi que le rapporte Middle East Newsline, Obama perçoit Netanyahou comme un allié du Parti Républicain dans la perspective des élections présidentielles américaines de novembre, alors que le Premier ministre israélien reproche au Président américain de vouloir remettre en cause l’« alliance indéfectible » entre les deux pays. Il semble que ce ne soit pas sans une certaine pointe d’ironie qu’Obama ait parlé du caractère « sacro-saint » du soutien des Etats-Unis envers Israël. C’est manifestement sans conviction particulière qu’il a égrené les habituelles figures imposées en la matière, je le cite : « Je suis certain que le Premier ministre israélien prend en compte l’histoire de l’Holocauste, de l’antisémitisme et des violences contre les juifs depuis plus d’un millénaire quand il réfléchit à ces questions ». Il sera intéressant d’observer comment Barack Obama pourrait être lâché par le Système au profit de certains candidats Républicains qui, quant à eux, n’hésitent pas à faire dans l’hypersionisme débridé.

Syrie : Koffi Annan s’oppose à une intervention militaire

Kiosque Courtois du samedi 10/3/2012 – L’actualité de la semaine en écritAprès le véto sino‑russe, les opposants à une intervention militaire viennent de trouver un allié de poids. L’émissaire conjoint de l’Onu et de la Ligue arabe Kofi Annan (photo) se prononce en effet contre toute intervention militaire en Syrie. Il affirme, je cite : « Toute tentative de résoudre le conflit syrien par des moyens militaires aggravera la situation dans le pays ». L’ancien secrétaire général de l’Onu a appelé les parties du conflit syrien à arrêter les violences pour « Que le calme arrive et permette de résoudre les problèmes par des moyens pacifiques ». Autre allié de poids, par défaut : l’Etat d’Israël. Si les dirigeants israéliens ne se proclament évidemment pas en faveur d’Assad, allié du « satan » Ahmadinedjad, ils ne tiennent certainement pas à la perspective de le voir remplacé par un chaos où l’extrémisme islamiste pourrait aisément proliférer, la Syrie se trouvant aux portes d’Israël.

En sept ans, les agressions contre des chrétiens ont augmenté de 309 %

Entre 2003 et 2010, les agressions et actes de terrorisme contre des chrétiens ont augmenté de 309 % en Afrique, Moyen-Orient et Asie, tandis que 70 % de la population mondiale vit dans des pays où la liberté religieuse est entravée. C’est ce qu’a déclaré le 1er mars Mgr Silvano Tomasi, l’observateur permanent du Vatican aux Nations Unies. Mgr Tomasi a souligné que : « Les personnes touchées ont généralement perdu leur protection légale, sont soumises à des mesures injustes de la part de l’Etat, ou bien sont devenues victimes de la violence fanatique ».

Tunisie : mise au pas de la société civile par le totalitarisme islamique

Les débats sur la nouvelle constitution battent leur plein à l’Assemblée constituante tunisienne, chargée de rédiger une nouvelle constitution pour ce pays du Maghreb. Sadok Chourou, l’un des piliers du parti islamiste Ennahdha au pouvoir, a annoncé la couleur en affirmant : « Le préambule doit mentionner la charia comme la principale source du droit ». Le dirigeant islamique avait déjà expliqué le 20 février sur le site Business News, je cite encore : « Que le préambule doit se faire suivant trois références fondamentales, qui sont le coran, la sunna et l’unanimité des savants de la Umma islamique. C’est l’unique référence fondamentaliste islamiste reconnue et les théologiens de l’islam sont unanimes là‑dessus ».

Vladimir Poutine adresse une sévère mise en garde aux Etats-Unis

Kiosque Courtois du samedi 10/3/2012 – L’actualité de la semaine en écrit« Nous prendrons systématiquement appui sur nos intérêts propres et nos objectifs, et non pas sur des décisions dictées par un tiers », écrit Vladimir Poutine en préambule d’un article publié le 3 mars dernier dans le quotidien Moskovskie Novosti.

Vladimir Poutine revient sur la mise en place en Europe par les Américains du bouclier antimissile. « L’invulnérabilité absolue pour l’un impliquerait la vulnérabilité absolue de tous les autres », constate le président. « Il est impossible d’accepter une telle perspective », martèle‑t‑il.

Poutine revient également sur la tartuferie des « droits de l’homme ». « Une série de conflits armés, menés sous le prétexte d’objectifs humanitaires, sape le principe séculaire de souveraineté nationale » affirme le président, qui poursuit : « Nous nous souvenons des vaines exhortations au respect des normes juridiques et de la décence humaine élémentaire de la part des Etats qui ont été victimes d’opérations « humanitaires » et de bombardements opérés au nom de la « démocratie ». » Vladimir Poutine fait ici clairement allusion au sort de la Serbie et de la Libye. Et de poursuivre : « la violation des principes d’unité et du caractère inaliénable de la sécurité (…) est susceptible d’engendrer des menaces très graves. » « Tout cela est plus que sérieux » avertit solennellement le président russe qui dénonce le « diktat » et « l’arbitraire » des Américains dont il brocarde les « démangeaisons belliqueuses » à propos de la Syrie et de l’Iran. Jamais Poutine n’était allé aussi loin dans ses mises en garde à l’adresse des Américains.

 

Crimes d’État et scandales politiques – La Nouvelle Revue d’Histoire N° 59, mars 2011

Crimes d’État et scandales politiques - La Nouvelle Revue d’Histoire N° 59, mars 2011

Crimes d’État et scandales politiques - La Nouvelle Revue d’Histoire N° 59, mars 2011

[box class= »info »]La NRH est disponible en kiosque mais on peut aussi se procurer la revue par Internet, par exemple :
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Parlant de l’ancien président Giscard d’Estaing, Raymond Aron eut ce mot cruel et juste : « Il ne sait pas que l’histoire est tragique ». Nous qui le savons, nous avons retenu le thème des crimes d’État associés parfois à des scandales politiques. Il y a toujours eu des crimes d’État et pas seulement à l’époque mérovingienne. Ce sont des moments de paroxysme qui révèlent l’ampleur d’une crise politique et historique, cristallisée par une lutte mortelle que seule la mort peut trancher. Sous prétexte que l’Europe occidentale vit actuellement hors de l’histoire, il ne faut pas imaginer qu’il en sera toujours ainsi. Cette parenthèse historique se refermera. Autour de nous, dans le reste du monde, les drames mortels ne manquent pas, au Proche-Orient, par exemple, dans le sillage d’un illusoire « printemps arabe ». Retenons que, le 30 septembre 2011, le président américain Barack Obama a officiellement autorisé des assassinats ciblés visant des adversaires supposés des États-Unis. Cette décision (révélée par le New-York Times du 8 octobre 2011 et reprise par Le Monde du 14 octobre 2011) s’inscrit en principe dans la logique de « la guerre globale contre le terrorisme » justifiée par l’attentat du World Trade Center à New-York, le 11 septembre 2001. Cependant, le « terrorisme » n’est pas un adversaire défini, mais une méthode de lutte ou de guerre. Les États-Unis et leurs satellites en ont fait une entité abstraite justifiant par avance l’usage d’homicides. La raison d’État légitime par définition les crimes d’État.

Nous avons retenu plusieurs grands exemples très différents de crimes pouvant entrer dans cette catégorie. Et pour commencer, nous avons demandé au professeur Yann Le Bohec, spécialiste de l’histoire romaine, d’éclaircir les causes de l’assassinat de César par une coalition aristocratique aux ides de mars de l’an 44 av. J.-C. (p. 38). Puis, c’est un double meurtre autour de Jean sans Peur qui permet à Bernard Fontaine d’expliquer la future guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons (p. 41). Au cœur des guerres de Religion, le grand moderniste qu’est Jean-Marie Constant dévoile les implications peu connues de l’assassinat du duc de Guise en 1588 (p. 44). C’est une autre page historique qu’évoque en connaisseur Jean-Christian Petitfils avec l’assassinat de Concini couvert par le jeune Louis XIII en 1617 (p. 47). Personne ne contestera le caractère de crime d’État que fut l’exécution du duc d’Enghien décidée par Bonaparte en 1804 et que restitue Jean-Joël Brégeon (p. 50). Et c’est bien la raison d’État qu’invoque le général de Gaulle pour justifier l’exécution de Pierre Pucheu à Alger en mars 1944, ainsi que le montre Dominique Venner (p. 52). C’est cependant sur une énigme que se referme notre dossier avec le récit que Charles Vaugeois fait de l’assassinat du président Kennedy à Dallas, le 22 novembre 1963 (p. 58). Dans cette dernière affaire, de multiples scandales sont au rendez-vous d’un crime. Mais fut-ce un crime d’État ?

La Nouvelle Revue d’Histoire

Luc Chatel, Judith Butler et Eric Fassin, prix Lyssenko 2012 pour la promotion de la théorie du genre

Luc Chatel, Judith Butler et Eric Fassin, prix Lyssenko 2012 pour la promotion de la théorie du genre

Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia

[box class= »info »] Comme le prix de la Carpette anglaise et les Bobards d’Or, le prix Lyssenko est un prix parodique (photo, Lyssenko à gauche,  avec Staline à droite, au Kremlin). Ce prix a été créé, par Le Club de l’Horloge en 1990, pour récompenser une personnalité qui a, par ses écrits ou par ses actes, apporté une contribution exemplaire à la désinformation en matière scientifique et historique, avec des méthodes et arguments idéologiques. Le 11 février, le prix Lyssenko 2012 a été remis à Judith Butler, Luc Chatel et Eric Fassin. La première pour avoir développé la théorie du genre ; le second pour l’avoir imposé dans les programmes de l’éducation nationale. En voici l’explication par Henry de Lesquen. Un texte dense.

Polémia [/box]

 

La théorie du genre au programme

« On ne naît pas femme : on le devient. » Cette phrase prononcée par Simone de Beauvoir dans Le deuxième sexe (1949) a des relents d’existentialisme : « L’existence précède l’essence », comme disait son maître Jean-Paul Sartre ; l’être humain serait à l’origine parfaitement indéterminé et pourrait choisir d’être ceci ou cela en vertu des choix inconditionnés qu’il effectuerait librement ; mais elle peut être aussi interprétée d’un point de vue environnementaliste selon lequel nous serions entièrement déterminés par les circonstances du milieu et de la société, sans que l’hérédité ait la moindre importance dans la formation de notre identité. En tout cas, la phrase en question est d’une stupidité qui n’a d’égal que sa célébrité, car on est en réalité du sexe féminin, ou du sexe masculin, non seulement dès la naissance, comme les parents s’en aperçoivent juste après l’accouchement, mais neuf mois plus tôt, à l’instant fatidique de la conception, quand le spermatozoïde rencontre l’ovule qu’il féconde, selon qu’il lui apporte un chromosome X ou un chromosome Y. Si Simone de Beauvoir avait écrit : « Homme ou femme, peu importe ! » ou quelque chose du même acabit, l’erreur aurait été moins grossière.

Aussi stupide soit-elle, cependant, la phrase de Simone de Beauvoir est la devise de la théorie du genre. Judith Butler, notre deuxième lauréate, qui aurait pu être citée en premier si nous n’avions tenu compte que de l’influence ou de la contribution intellectuelle, la cite une demi-douzaine de fois dans Gender Trouble : Feminism and the Subversion of identity (Trouble dans le genre – Le féminisme et la subversion de l’identité, Editions La Découverte, 2006), livre de 1990 qui a fait sa gloire dans les milieux féministes et qui demeure la bible des prétendues « études du genre ». En outre, elle a visiblement inspiré le nouveau programme de Sciences de la vie et de la terre (SVT) des classes de première que M. Luc Chatel, ministre de l’Education nationale, a décidé d’introduire dans l’école de la République à la rentrée de septembre 2011, programme qui prescrit d’étudier le thème : « Devenir homme ou femme ». Il ne s’agit pas, pour le ministre de M. Sarkozy, d’ « être » homme ou femme, mais de le « devenir ». Tout est là, dans cette distinction entre les deux verbes, être et devenir, qui établit un clivage entre la science et l’obscurantisme de la pseudo-science, du charlatanisme lyssenkiste, lequel correspond ici parfaitement au clivage idéologique gauche/droite. (seuls les naïfs s’étonneront de trouver M. Chatel, ministre de M. Sarkozy, du côté de l’obscurantisme et de la gauche.)

La théorie du genre était à peu près inconnue du grand public français jusqu’à ce que le ministre Chatel en prescrive l’enseignement à nos malheureux enfants en septembre 2011. Dans la foulée, Mme Judith Butler a été reçue en grande pompe le 5 octobre 2011 à l’université de Bordeaux, qui l’a nommée docteur honoris causa. Quant au sociologue Eric Fassin, notre troisième lauréat, sa contribution à la théorie elle-même est mince, mais il a introduit la pensée de Judith Butler en France en préfaçant la traduction de son ouvrage fondateur, Trouble dans le genre ; militant acharné de la cause homosexuelle, du PACS, puis du mariage homosexuel, il est intervenu avec véhémence dans un article du Monde le 17 décembre 2011 pour dénoncer les timides tentatives de ceux qui se permettaient de critiquer les manuels établis sur la base du programme de M. Chatel, article dans lequel M. Fassin et ses cosignataires avaient l’impudence de se réclamer de la science !

Soulignons tout de suite la responsabilité pleine et entière du ministre de l’Education nationale, donc du président de la République qui l’a nommé, dans cette entreprise de subversion que représente l’enseignement de l’absurde théorie du genre. L’Etat est une organisation hiérarchique et tout ce qui est décidé dans le ministère l’est au nom du ministre. Rien ne peut se faire sans son aval et il lui est loisible de rapporter à tout moment tout acte qui aurait été fait à son insu contre sa volonté. Il est pour le moins regrettable que la plupart des élus ou des responsables d’associations religieuses qui se sont mobilisés contre les manuels scolaires aient feint d’accepter la réponse de M. Chatel, prétendant qu’il n’était pour rien dans la rédaction des manuels. Or, après le titre, « Devenir homme ou femme », on peut lire dans le programme cette description des « compétences attendues » des élèves :

  • « Différencier, à partir de la confrontation de données biologiques et de représentations sociales, ce qui relève :
  • « – de l’identité sexuelle, des rôles en tant qu’individus sexués et de leurs stéréotypes dans la société, qui relèvent de l’espace social ;
  • « – de l’orientation sexuelle qui relève de l’intimité des personnes. »

Le mot « genre » a été soigneusement évité, certes, mais la manière de traiter du sexe dans le programme est exactement celle de la théorie du genre, qu’on peut justement définir comme le « rôle en tant qu’individu sexué dans l’espace social ». S’il faut acquérir une « identité sexuelle » pour « devenir homme ou femme », c’est bien que cette identité n’est pas donnée à la naissance. En fait, on ne devrait pas parler d’ « identité sexuelle », mais de l’aspect sexuel de l’identité individuelle, car l’identité est un tout. Héritière de la psychanalyse de Freud, bien que considérée comme une hérésie par les psychanalystes orthodoxes (comme le père Tony Anatrella, qui sévit dans les milieux catholiques), la théorie du genre ramène tout au sexe, et ce n’est pas le moindre de ces défauts.

Le terme d’ « orientation sexuelle », qui s’est hélas imposé dans le langage courant, en tout cas dans le politiquement correct, est lui-même biaisé. La métaphore spatiale qu’il contient met sur le même plan les inclinations ou tendances sexuelles des individus, quelles qu’elles soient. Elle pose implicitement qu’il n’y a pas un comportement normal dont s’écarteraient des comportements déviants. Or, c’est une chose de dire que chacun est libre de son corps, que les choix intimes des individus ne regardent qu’eux, et qu’il faut être parfaitement tolérant en particulier à l’égard des homosexuels, qui ont le droit de « vivre leur vie », c’est en une autre d’affirmer que le concept de normalité sexuelle manque de pertinence scientifique.

M. Luc Chatel a donc fait preuve d’hypocrisie quand il a répondu aux critiques, par la voix de son chef de cabinet : « La théorie du genre n’apparaît pas dans le texte des programmes de SVT. » Elle n’y est pas nommément, certes, mais elle y est bel et bien en fait.

Les auteurs des manuels ne s’y sont pas trompés. On lit dans celui édité par Hachette : « Le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle, mais ce n’est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie (…) est pourtant décisive dans notre positionnement par rapport à l’autre. Devenir un individu sexué fait partie intégrante de la construction identitaire. » Ou encore : « La société construit en nous, à notre naissance [il faut sans doute lire : à partir de notre naissance], une idée des caractéristiques de notre sexe. Ce qu’on appelle le genre, c’est cette construction sociale autour du sexe. (…) La construction sociale du genre est variable dans le temps et l’espace. »

Le manuel Bordas s’intéresse à « la transsexualité, ou la discordance entre identité sexuelle et sexe biologique ». Il n’y voit pas une maladie, mais une simple façon d’être, et évoque tout uniment « l’intervention chirurgicale, dite de réassignation sexuelle, (qui) existe depuis quelques décennies ». Au lieu de se dire, selon la formule classique, que l’exception confirme la règle (*) ou la norme, il laisse entendre qu’elle l’abolit. Quand il évoque la prétendue « orientation sexuelle », le manuel ne parle pas, bien entendu, de comportement normal, mais d’hétérosexualité, par opposition à l’homosexualité, et nous propose une photo de la Gay Pride, manifestation dite de la fierté homosexuelle.

La décision du ministre Chatel de mettre la théorie du genre dans la matière « Sciences de la vie et de la terre » est tout à fait vicieuse, car la théorie en question relève de la psychologie, de la sociologie ou de la philosophie, aucunement des « sciences dures », et que, ce faisant, on l’inculque aux élèves comme une vérité couverte de l’autorité de la science, et non comme un sujet de débat. C’est là une entreprise de conditionnement des esprits.

Henry de Lesquen

(*) C’est un adage du droit et, plus précisément, d’exégèse juridique : si un texte énonce une exception à une règle, il confirme par là l’existence de celle-ci.

Suite de l’article dans sa totalité en PDF, cliquer ici

Voir articles sur Polémia :

Théorie du genre : Différence sexuée et orientation sexuelle, ne pas tout confondre
Contre la théorie du genre au baccalauréat
Théorie du genre : destituer l’homme de son humanité
Théorie du Gender : bienvenue dans « Le Meilleur des Mondes
»
Ils osent mettre le « gender » dans les programmes scolaires !

La théorie du « genre » au programme des lycées : une nouvelle avancée totalitaire

[box class= »info »]  Source  Polémia. [/box]

Photo : Lyssenko s’exprimant au Kremlin en 1935 devant Staline. De gauche à droite : Trophime Lyssenko, Stanislaw Kosior, Anastase Mikoyan, Andreï Andreïev et Joseph Staline. Crédit photo : domaine public via Wikipédia.

Assises « La France en danger » : retransmission en direct samedi 10 mars à partir de 9h

Assises « La France en danger » : retransmission en direct samedi 10 mars à partir de 9h

Ce samedi 10 mars, de 9h à 19h, se tiennent les assises « La France en danger », à l’espace Charenton, à Paris. Elles sont organisées par l’association Nationalité Citoyenneté Identité.

Au programme de la journée :

Matin :
– Interventions de Catherine Blein (présidente de l’association organisatrice), de Pierre Cassen (Riposte Laïque), de Filip Dewinter (Vlaams Belang) et de Javier Portella (Il Manifiesto).
– Table ronde animée par Philippe Conrad avec Yvan Blot (Démocratie Directe), Guy Rachet (écrivain) et Guillaume de Thieulloy (Nouvelles de France, Les 4 vérités).

Après-midi :
– Interventions de Catherine Blein, d’Yves-Marie Laulan, de Gérard Dussouy, de Jared Taylor (American Renaissance) et de Fabrice Robert (Bloc Identitaire).
– Table ronde animée par Jean-Yves Le Gallou (fondation Polémia) avec Marc Rousset, Jan-Paul Gourevitch et Henry de Lesquen (Club de l’Horloge).

Pour tout renseignement, visitez le site internet de l‘association Nationalité Citoyenneté Identité, ou écrivez à l’association sur nationalite.nci@gmail.com .

Watch live streaming video from agence2presse at livestream.com

Halal : L’abattoir de Bazas (Gironde) est-il en voie de conversion ?

Halal : L’abattoir de Bazas (Gironde) est-il en voie de conversion ?

09/03/2012 – 18h50
BORDEAUX (via Infos Bordeaux) —
La polémique sur la viande halal risque d’être relancée. La semaine dernière, l’Oaba (l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs, seule association habilitée à visiter les abattoirs français) sommait les pouvoirs publics de dévoiler la liste des établissements d’où sort de la viande certifiée halal ou casher.

Devant la gêne du gouvernement et son refus de transparence, l’organisme dévoile ce matin sur son site internet la liste des abattoirs en fonction du mode d’abattage des animaux. La raison de cette publication est claire : « nous avons décidé de répondre aux attentes des nombreux consommateurs et défenseurs des animaux qui souhaitent être informés sur les conditions d’abattage, ainsi qu’à la demande de nombreux éleveurs qui exigent de connaître le mode d’abattage de leurs animaux dans les abattoirs ».

Le seul abattoir de Gironde (Bazas) ne figure pas dans cette liste de ceux qui pratiquent les abattages « conventionnels » avec étourdissement des animaux, conformément aux textes régissant la protection animale.

Cet abattoir est même loin d’être hostile au halal. Dans un document envoyé par le Bloc identitaire à Infos-Bordeaux, la mention de la Mecque est même explicitement signalée. Ce plan d’implantation (l’établissement va bientôt s’agrandir et se moderniser) fait mention de la direction de la Mecque, afin de faciliter le travail des égorgeurs d’ovins. En effet, selon le rite islamique, les bêtes doivent se vider de leur sang, vivantes, et la tête tournée en direction de ce « lieu saint ».

Nous avons tenté en vain de prendre contact avec les responsables des abattoirs de Bazas, mais ceux-ci sont injoignables.

«Le cosmopolitisme ou la France» de Pierre Milloz

«Le cosmopolitisme ou la France» de Pierre Milloz

Tel est le titre du dernier livre publié par Pierre Milloz, qui fut l’auteur du fameux rapport sur le coût de l’immigration, le premier du genre. Cette fois cet auteur traite un sujet plus vaste. Il montre que la Vè République, rompant avec la ligne suivie par tous les régimes qui l’ont précédée, n’a pas pour politique d’affirmer la personnalité française face au monde extérieur. Depuis les années 1970, ses gouvernants successifs s’efforcent au contraire, au nom de l’idéologie cosmopolite et de la fraternité universelle, d’estomper cette personnalité française, comme si son objectif était de fondre le pays dans l’humanité.

La préférence nationale : une évidence de la monarchie et de la République

La manière dont elle a éliminé la notion de « préférence nationale » est révélatrice. De tous temps, dans tous les pays, il a paru naturel de favoriser les nationaux par rapport aux étrangers. En France une telle préférence a toujours existé.

Elle portait sur les droits politiques qui étaient tout naturellement réservés aux Français.

Elle portait aussi sur les droits civils. On n’évoquera ici que l’un des exemples cités par P. Milloz. celui de l’article 11 du Code Civil. Cet article est très intéressant car il pose explicitement le principe de la préférence nationale : il n’accorde à l’étranger d’autres droits civils que ceux dont, en vertu d’un traité, peut jouir le Français dans la nation dont relève le dit étranger. Autrement dit, en l’absence de réciprocité diplomatique, le Code Civil dénie tout droit civil à l’étranger.

La préférence portait enfin sur les droits publics et semi-publics (droit d’aller et venir, de travailler, de participer à la vie sociale etc. comme les nationaux). L’auteur fait ici un inventaire des innombrables textes qui depuis le XIVè siècle se sont succédé pour maintenir les étrangers dans une situation minorée (et surtout pendant la Révolution et la IIIè République).

Après 1945 l’idée cosmopolite a commencé à s’imposer

«Le cosmopolitisme ou la France» de Pierre MillozOr après 1945 l’idée cosmopolite a commencé à s’imposer. Dès 1948, la Cour de Cassation donnait de l’article 11 du Code Civil une interprétation qui revenait à l’abroger puisqu’elle décidait contre la lettre même du texte qu’ « il est de principe que les étrangers jouissent en France des droits qui ne leur sont pas spécialement refusés ».

Dans le domaine des droits publics, le retournement fut plus grave car il touche à l’âme de la Nation : en 1972 intervenait la loi Pleven, présentée comme une loi antiraciste, mais qui, sous prétexte de prohiber les discriminations, assimile le patriotisme au racisme et interdit de distinguer entre un Français et un étranger. Or interdire de distinguer entre les membres et les non-membres d’un groupement, supprimer la frontière entre le dedans et le dehors, confondre l’intérieur et l’extérieur, c’est condamner le groupement à se dissoudre dans le monde. Et en attendant la France est un pays où préférer un compatriote est un délit qui vous conduit en correctionnelle !

En matière de droits politiques aussi, le principe de la préférence nationale fut abandonné et c’était la première fois dans notre histoire : les étrangers citoyens d’un Etat de l’UE et résidant en France participent depuis 1992 à l’élection de certains de nos parlementaires (directement pour le Parlement européen, indirectement pour le Sénat).

Abandon des politiques démographiques et naturalisations massives

P. Milloz montre aussi que cette volonté de dissoudre la spécificité française s’est manifestée dans les domaines de la démographie et de la nationalité.

Le vieillissement de la population française appelait dès la fin du XIXè siècle un effort de redressement auquel la IIIè République ne se consacra qu’en 1939 avec le Code de la famille. Ce Code dont les ambitions natalistes étaient avérées eut dans les 15 années qui suivirent la fin de la guerre des résultats remarquables. Malheureusement la Vè République en affaiblit la vigueur dès les années 1960 : le pourcentage des prestations familiales sur le PIB qui était de 3,4% en 1950 était descendu à 2,2 en 1970 et à 1,9 en 2002, soit une diminution de 45%.

Renonçant donc à la politique énergique du Code de la Famille, nos gouvernants s’efforcent de combler notre déficit démographique en se tournant vers l’étranger. La politique des naturalisations en est une première manifestation. Limitées autrefois à quelques unités (Ancien Régime) ou à quelques milliers (débuts de la IIIè République), les naturalisations furent multipliées de 1927 à 1939 : on atteignit alors le chiffre de 50.000 par an que le régime de Vichy, qui en avait entrepris un examen rétroactif, entérina pour 97%. De 1945 à 1981, les gouvernements s’en tinrent au même ordre de grandeur. La présidence Mitterrand accrut un peu ce chiffre qu’elle porta à 62000 par an. Mais ce sont les présidences de Jacques Chirac qui bouleversèrent les données du sujet puisque la moyenne annuelle fut portée à 132.000 (avec des pointes à 168.000 en 2004 et 155.000 en 2005), soit trois fois et demi le chiffre du général de Gaulle, plus du double de celui de Mitterrand. Immigration de peuplement et « intégration »

L’accueil fait à l’immigration actuelle est une autre manière d’atténuer la spécificité française. M. Milloz montre que le mot immigration couvre des réalités différentes. La France avait affaire avant la guerre à une immigration de travail où les femmes ne représentaient qu’une minorité, d’un effectif modéré et comprenant des populations de culture et de religion voisines des nôtres. Autant d’atouts propres à favoriser l’assimilation des arrivants.

Aujourd’hui il s’agit au contraire d’une immigration de peuplement où les femmes font la moitié des arrivants, dont les entrées annuelles atteignent le double de celles d’avant-guerre et dont la proximité culturelle ethnique et religieuse est faible. Et surtout on peut dire qu’il s’agit d’un de ces mouvements tectoniques de populations comme il s’en produit dans l’histoire de l’humanité. Comme on a vu les Germains poussés par les Asiatiques menacer Rome ou les Européens déferler sur les Amériques, on voit aujourd’hui le continent africain très peuplé et relativement pauvre chercher tout naturellement dans une Europe peu peuplée un espace de vie meilleure. Il appartiendrait aux Européens d’aider l’Afrique à se développer jusqu’à éliminer la tentation du départ.

Mais l’idée cosmopolite refuse cette analyse. Elle prétend interpréter l’immigration des quarante dernières années comme elle interprétait les modestes arrivées de Belges, d’Italiens, de Polonais et elle entend l’encourager : le décret Chirac de 1976 instituant le droit au regroupement familial est de ce point de vue symbolique d’une politique cosmopolite de l’immigration.

C’est une politique qui ne prétend même plus rechercher l’assimilation des arrivants et souhaite seulement leur « intégration », sans jamais clairement définir cette notion et qui a pour ligne directrice d’accepter la submersion progressive de la population ancienne par une population nouvelle et la substitution future de la seconde à la première : il apparaît que d’ores et déjà les immigrés, seconde génération comprise, représentent quelque 20% de la population résidente.

L’idéologie cosmopolite : libérer l’homme en l’arrachant à son enracinement

Quelle est donc l’ultima ratio de cette idéologie cosmopolite ? Selon P. Milloz, le cosmopolitisme n’a pas spécifiquement la nation comme objectif, il ne l’atteint qu’au titre d’une ambition plus large. Il veut libérer l’homme en l’arrachant à son enracinement, en l’extrayant de son clan, en le soustrayant aux impératifs des traditions et des normes reçues des générations antérieures. Il appelle l’homme à mettre en valeur ce qu’il a de commun avec ses semblables et qui fait sa singularité et sa noblesse dans la création : sa capacité de jugement, la liberté qu’il a d’échapper aux programmes dont il est porteur. Pour jouir de cette liberté, il lui faut échapper à la diversité des usages, notamment nationaux, et ainsi atteindre à l’universel.

Quoi qu’il en dise, le cosmopolitisme vise ainsi une dépersonnalisation de la société des hommes : la nation n’est pas seule visée par cette pensée, le sont aussi bien d’autres aspects de l’activité humaine. P. Milloz montre notamment comment l’idée cosmopolite peut influer sur la création artistique (musique, architecture, peinture) en la privant de tout enracinement et en la portant à l’abstraction.

Cette forme de pensée, si on revient à l’organisation sociale, a pour objectif fondamental d’obtenir le déracinement (qu’elle estime libérateur) de l’homme en rompant le lien de filiation ou plus exactement en contestant la signification que l’humanité attribue depuis ses origines à ce lien, c’est à dire en brisant la solidarité entre les générations. P. Milloz cite entre autres une phrase d’un conseiller de l’actuel président de la République très représentative de ce courant de pensée et qui contribue à expliquer l’évolution de la politique de la France depuis une quarantaine d’années : « En République, la filiation est juridique et non biologique ».

L’ouvrage de P. Milloz original par ses recherches historiques l’est donc aussi par le souci d’expliquer la politique contemporaine par une analyse de la philosophie cosmopolite.

Guillaume Bénec’h

*** Pierre Milloz Cosmopolitisme ou la France, éd. Godefroy de Bouillon, 2011 – 236 pages, 24 €

[box class= »info »] Source Polémia. [/box]

30 000 repas pour les Serbes du Kosovo

30 000 repas pour les Serbes du Kosovo

L’équipe de l’association humanitaire Solidarité Kosovo s’est rendue au Kosovo en renfort pour réceptionner les 30 000 repas expédiés de France quelques jours plus tôt.

C’est en compagnie du diacre Bojan, permanent du bureau humanitaire financé par Solidarité-Kosovo, que cette équipe a participé à la préparation ainsi qu’à la distribution des premiers repas chauds aux côtés des bénévoles de la cuisine populaire de Gracanica, chargés de leur confection.

Cette aide d’urgence de première nécessité a été reçue comme un grand réconfort dans les foyers serbes en difficultés sociales de la région de Novo Brdo. Cette zone située à l’est du Kosovo a particulièrement souffert de la vague de grand froid qui s’est abattue sur ces enclaves avec des températures glaciales frôlant les -30°C. Les routes d’accès à de nombreux hameaux devenues impraticables ont privé les familles d’eau et de nourriture pendant plusieurs jours.

Au terme de la journée de distribution, la Directrice de la cuisine populaire a confié à Solidarité Kosovo sa gratitude pour ce premier envoi de nourriture qui a soulagé son association humanitaire qui connait des difficultés chroniques d’approvisionnement. Chaque jour, grâce à la présence et au travail de cette cuisine populaire, 2000 personnes bénéficient d’une aide alimentaire qui prend la forme de deux repas chauds et d’un pain.

Particulièrement touchée par l’insuffisance des ressources de la cuisine populaire face à la précarité criante des foyers serbes visités, Solidarité Kosovo a établi les premières bases d’un nouveau partenariat humanitaire au Kosovo.

L’espérance européenne : Frédéric Pichon à Bordeaux le 28 mars prochain

L’espérance européenne : Frédéric Pichon à Bordeaux le 28 mars prochain

09/03/2012 – 10h00
BORDEAUX (via Infos Bordeaux) —
Le mercredi 28 mars prochain, Frédéric Pichon (photo) sera présent à l’Echoppe -la maison de l’identité bordelaise- afin d’y présenter son livre : « Les Alter Européens . Cette autre Europe de Paris à Moscou via Berlin ».

Préfacé par Alexis Arette, grand défenseur du béarnais et ancien président de la Fédération Française de l’Agriculture, cet ouvrage a pour objectif de « contribuer à l’émergence d’une élite aristocratique et populaire afin de redonner un sens et une espérance à la jeunesse d’Europe ».

Pour l’auteur, avocat au barreau de Paris et président de l’association Europae Gentes, c’est « autour de quatre défis que sont l’identité, la puissance, la justice sociale et le respect des libertés et solidarités communautaires que cette nouvelle Europe doit se construire ».

[cc] Infos Bordeaux, 2010-2011, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d´origine [http://www.infos-bordeaux.fr/].

L’éclatement de la Libye : un scénario annoncé – Par Bernard Lugan

L’éclatement de la Libye : un scénario annoncé - Par Bernard Lugan

L’éclatement de la Libye que j’avais annoncé dès le 1° avril 2011[1] a été officialisé le 6 mars 2012 avec la déclaration d’autonomie de la Cyrénaïque. Chaque jour qui passe, les résultats de l’intrusion franco otanienne dans la guerre civile libyenne apparaissent ainsi de plus en plus catastrophiques, deux réalités ayant été totalement ignorées par ceux qui décidèrent de cette insolite expédition :

1) La Libye n’existe pas.
2) Ses deux principales composantes, la Tripolitaine et la Cyrénaïque ont toujours été opposées.

L’éclatement de la Libye : un scénario annoncé - Par Bernard LuganAu début de l’année 2011, ce ne fut pas à un soulèvement « démocratique » que nous avons assisté, mais à une tentative de sécession de la Cyrénaïque. Sur ce mouvement vinrent ensuite se greffer les islamistes arabistes radicaux, puis les Berbères arabophones de Zentan et leurs cousins berbérophones de Zouara et du Jebel Nefusa désireux d’en découdre avec un régime qui avait constamment nié leurs droits.

Ainsi donc, dans l’ignorance bétonnée du dossier, l’Elysée prit-il le parti d’un camp contre un autre, croyant, ou pire, feignant de croire, que le CNT était l’émanation d’un peuple en lutte pour ses droits démocratiques alors qu’il n’était qu’un conglomérat d’intérêts contradictoires.

Le colonel Kadhafi massacré dans les conditions que l’on connaît, ses « vainqueurs » se déchirèrent ensuite à belles dents :

– En Tripolitaine, le faible CNT navigua à vue entre les milices islamico-mafieuses de Misrata, les milices islamiques  de Tripoli, les Berbères de Zentan et du jebel Nefusa et les Warfalla[2].

– En Cyrénaïque, les chefs de tribus virent dans le CNT une émanation de la Tripolitaine et ils s’en affranchirent. Ce fut cependant un problème local qui hâta leur décision de proclamer l’autonomie de leur région. Les tribus supportaient en effet de plus en plus mal le climat anarchique résultant des agissements de certaines  milices islamistes fondamentalistes soutenues par une partie du CNT et qui s’en prenaient à leurs pratiques religieuses coutumières. Dans cette région à forte caractéristique confrérique, l’islam salafiste ou wahhabite voulut en effet interdire le culte rendu aux saints – les marabouts du Maghreb-  allant jusqu’à détruire leurs tombeaux (voir mon communiqué du 18 janvier 2012).

Tout ceci fit que ce qui devait arriver « arriva » avec la déclaration d’autonomie du 6 mars 2012 prononcée par l’assemblée des tribus de Cyrénaïque qui reconnut comme chef Ahmed Zubaïr al-Sanussi, parent du roi Idriss I° renversé en 1969 par le colonel Kadhafi, et membre éminent de la famille-confrérie sénoussiste qui régnait sur la région à l’époque ottomane.

En Libye, c’est donc à un retour à la longue histoire que nous assistons. Face à ce puissant mouvement de fond, la démocratie individualiste ou les droits de l’homme apparaissent pour ce qu’ils sont, des modes occidentales passagères bien éloignées des réalités locales. Il est cependant regrettable que les dirigeants français y aient une fois de plus cédé avec pour conséquence le bouleversement de toute la géopolitique sur l’arc de tension saharo-sahélien.

Bernard Lugan
07/03/12

[1] Voir mon communiqué du 1° avril 2011 ainsi que les articles de l’Afrique réelle sur toute l’année 2011.
[2] Voir à ce sujet le numéro de  janvier 2012 de l’Afrique Réelle.

[box class= »info »] Source : le blog de Bernard Lugan. [/box]

Crédit photo : Xfigpower, licence CC.

L’eau française trop chargée en pesticides

L’eau française trop chargée en pesticides

08/03/12 – 18h50
PARIS (NOVOpress)
– Les associations écologistes et environnementalistes s’inquiètent d’une instruction de la direction Générale de la Santé du 9 décembre 2010, publiée au Bulletin Officiel en février 2011 qui rend plus facile la distribution d’eau polluée par des pesticides au-delà de la limite de qualité.

En effet, la Directive 98/83/CE est claire : au-delà de 0,10 μg/L ( 0.1 microgramme par litre) par substance pesticide individuelle ou de 0,50 μg/L pour le total des pesticides quantifiés, la limite de qualité réglementaire est dépassée mais, toutefois, cela ne veut pas dire qu’au-delà de ces valeurs l’eau contaminée ne peut nécessairement plus être distribuée

A l’heure actuelle, 90% des pesticides utilisés n’atteignent pas la cible visée et terminent dans les sols et les nappes phréatiques.

Les eaux polluées se retrouvent dans les stations d’épuration et sont en partie filtrées, cependant une part de ces pesticides demeurent dans les eaux et se retrouvent à nos robinets et donc dans notre consommation quotidienne d’eau.

Or l’instruction récente de la DG Santé augmente la tolérance vis à vis de la présence des pesticides dans l’eau.

Selon François Veillerette, porte Parole de Générations Futures, ONG spécialisée dans la question des pesticides : « On va tolérer dans de très nombreuses localités des quantités de pesticides dans l’eau 5 fois plus importantes qu’avant décembre 2010 ! Générations Futures s’insurge contre une instruction du Ministère de la Santé passée inaperçue et visant à rendre plus commode la distribution d’eau polluée par des quantités de pesticides bien plus importantes qu’avant 2010. Ainsi pour un pesticide comme le folpet, pourtant classé cancérigène probable aux Etats Unis, on va maintenant tolérer jusqu’à 300 μg/L d’eau pendant plus d’un mois alors qu’auparavant on ne pouvait dépasser les 60 μg/L pendant la même durée ! ».

Crédit photo : MaxLeMans via Flickr (cc).

La victoire de Poutine et la presse occidentale – Par Dominique Venner

La victoire de Poutine et la presse occidentale - Par Dominique Venner

Le sort et l’avenir de la Russie ne peuvent laisser indifférents les Européens que nous sommes. Ce qui retient notre attention dans la nette victoire du président Poutine, ce sont les commentaires unanimes de la presse française sous influence américaine. Partout on y relève une hostilité voilée au président russe et à sa victoire démocratique. Comment expliquer que des journaux aux opinions en apparence aussi différentes que Le Monde, Le Figaro ou Libération, se soient rejoints dans des interprétations soupçonneuses et perfides ?

On les voit user à l’égard de la Russie d’une « langue de bois » qui fait songer à ce qu’était l’ancienne « Pravda » [image en Une : première page de la Pravda vers 1950, avec la photo de Lénine], une « Pravda » de la bien pensance occidentale. Cette « pensée unique » est également à l’œuvre sur les sujets les plus chauds de la société française et européenne, telle l’entreprise du « grand remplacement » dénoncée par Renaud Camus. Mais revenons à la Russie. Un exemple de commentaires spécieux est offert par Le Figaro du 5 mars 2012, parlant de Poutine : « L’aisance de sa victoire [64 % des suffrages semble-t-il] ne peut cacher l’affaiblissement de celui qui, depuis le tournant du siècle, veut incarner la “verticale du pouvoir” en Russie. » Il me semble quant à moi, que si un candidat français à la prochaine élection présidentielle obtenait 64 % des suffrages au premier tour, on ne parlerait pas d’affaiblissement, mais plutôt de miracle. Mais poursuivons.

Pour Le Figaro, « Une opposition nouvelle est née de la contestation des résultats des législatives [de décembre 2011] » Le journaliste concède que « ce mouvement exprime les aspirations d’une nouvelle classe moyenne urbaine, qui, par son existence même, reflète l’un des principaux succès de l’ère Poutine : celui d’avoir sorti la société russe de la misère soviétique ». Visiblement, pour l’auteur de l’article, cet exploit pourtant herculéen est insuffisant. Comme ses pairs des autres médias, il exige plus : une « ouverture sur le monde et l’abandon des vieilles lunes de la guerre froide qui semblent revenues au centre de la politique étrangère du Kremlin ». Selon nous, ces « vieilles lunes de la guerre froide » semblent surtout réactualisées contre la Russie elle-même par la presse « occidentale » d’inspiration américaine. Pourquoi ? Le journaliste a donné lui-même la réponse : la Russie du président Poutine est coupable d’un défaut d’ « ouverture sur le monde ». On sait que ce type d’ouverture mondialiste a pour caractéristique première d’abolir les protections que les États nationaux peuvent opposer aux flux financiers de la « fortune vagabonde » dont le siège est à Wall Street. Selon toute évidence, ce « défaut d’ouverture » est une faute « morale » dont le président Poutine ne peut être absous. Ce qui justifie l’action dans les affaires intérieures russes de diverses ONG dont on connaît les attaches et les financements américains, des ONG qui sont pour quelque chose dans les manifestations de l’hiver.

Pour ceux qui s’étonneraient de l’unanimité des grands médias occidentaux à l’égard de la Russie du président Poutine, il faut rappeler une réalité fondamentale et pourtant méconnue de nos « démocraties ». Dans une tribune publiée naguère par le journal Le Monde, un publicitaire réputé avait analysé avec une franchise inhabituelle le système doucereusement totalitaire mis en place dans le monde occidental sous direction américaine après l’effondrement du communisme. Un système fondée sur le pouvoir presque absolu de la pub : « La publicité assure aujourd’hui une part importante de la fabrication et du maintien du lien social, expliquait l’auteur. La publicité déclare la guerre au politique pour mieux prendre sa place. (…) L’option ultralibérale de la publicité rejoint la promesse de tous les démagogues agitant le fantasme d’une démocratie directe où le peuple, débarrassé des instances représentatives classiques, se parlerait directement à lui-même. (…) La publicité produit un discours politique plus performant que le discours politique lui-même : faire obéir les être humains, canaliser leurs désirs transformés en révérence, les faire marcher droit en leur faisant emprunter l’énigmatique chemin de la servitude volontaire [1]. »

Cet aveu mérite d’être souligné. Relisons-le pour nous en pénétrer : « La publicité produit un discours politique plus performant que le discours politique lui-même : faire obéir les être humains, canaliser leurs désirs en leur faisant emprunter l’énigmatique chemin de la servitude volontaire. » Le personnel politique occidental et ses conseillers publicitaires, ont assimilé cette réalité de la persuasion clandestine. En revanche, ceux qui refusent de s’y soumettre, à l’exemple de Vladimir Poutine, sont voués à être désignés comme des ennemis.

Dominique Venner

 

Notes

  1. Tribune publiée dans Le Monde du 29 mars 2000 par Dominique Quessada, publicitaire et philosophe.

[box class= »info »] Source : le site internet de Dominique Venner. [/box]

Image en Une : première page de la Pravda vers 1950, avec la photo de Lénine qu’elle a comportée jusqu’en 1991. Domaine public, via Wikipédia

Tout halal : la dictature des minorités religieuses et des marchands [vidéo]

Tout halal : la dictature des minorités religieuses et des marchands

Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia.

[box class= »info »] Jouant son rôle d’avant-garde dans le débat d’idées, Polémia a, dès 2008, souligné les scandales de l’abattage rituel dont les pratiques impliquent tous les consommateurs. Polémia revient ici sur ce sujet à l’occasion de sa spectaculaire médiatisation dans le cadre de l’élection présidentielle. Nos lecteurs trouveront ici l’analyse de Guillaume Bénec’h décrivant comment la dictature des minorités religieuses et des marchands s’impose à la majorité des consommateurs et des extraits d’un article du Monde donnant le point de vue des autorités religieuses musulmanes et juives.
Polémia. [/box]

Que les musulmans pieux et les juifs religieux puissent, pour respecter leurs rites, obtenir des dérogations aux règles d’abattage après étourdissement de l’animal, c’est une chose. Que la majorité des Français soient contraints, sans le savoir et sans le vouloir, de manger de la viande abattue selon des rituels orientaux, c’en est une autre. Dans le premier cas la tolérance religieuse conduit à accepter des dérogations à la loi commune. Dans le second cas l’intolérance et les intérêts matériels de religions minoritaires débouchent sur une dictature où les minorités imposent leurs lois à la majorité.

C’est pourtant ce qui se passe aujourd’hui, en France, où près de 30% des bovins et près de 60% des ovins sont abattus sans étourdissement préalable sur des chaînes d’abattage rituel.

Voir : Apéro-saucisson : Polémia fait le point sur le phénomène halal

Cette situation s’explique de trois manières :

– La logique du « pur » et de « l’impur », propre aux rites orientaux, consiste à refuser la présence de produits « impurs » à côté des produits certifiés religieusement. D’où l’élimination progressive du porc et des viandes abattues après étourdissement dans tout ce qui est collectif : restaurants d’entreprise, plateaux de voyages, cantines scolaires, grandes chaîne de restauration (affaire Quick) et même simples cocktails. Dans un pays qui se revendique de la laïcité, on a ainsi assisté à la prime à l’intolérance religieuse !

Voir : Halal : intolérance islamique et société marchande

– La logique marchande a conduit à rechercher les marchés religieux tout en cherchant la maximisation du profit. Les grandes chaînes de production (abattage, transformation) se sont donc équipées de chaînes d’abattage rituel mais, pour éviter d’avoir à les « purifier » entre deux usages, ce qui est coûteux, elles ont tendance à les utiliser en continu : une partie de la viande qui part dans le circuit normal est ainsi abattue sans étourdissement préalable. De même la recherche d’économies dans le transport et la logistique conduit à avantager les produits rituels.
Les autorités religieuses musulmanes et juives se sont alliées pour éviter l’étiquetage.

Les juifs et les musulmans représentent moins de 10% de la population française. Et tous ne sont pas religieux. Pourtant, selon les services vétérinaires 30% des bovins et 60% des ovins sont abattus sans étourdissement préalable comme l’exigent les rituels casher et halal. L’explication est simple : ce sont l’ensemble des consommateurs français qui prennent en charge le surcoût de l’abattage rituel.

Recevant le ministère de l’Intérieur, le 7 septembre 2010, à l’occasion d’un dîner de clôture du Ramadan, Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), a tenu à réaffirmer : « Le soutien des pouvoirs publics et l’action concertée avec le Consistoire central (juif) nous ont permis, après de longues batailles, de défendre au niveau européen l’abattage rituel. »

Voir : Le Conseil français du culte musulman : une influence grandissante sur les autorités françaises

C’est aussi pourquoi les ministres français se sont toujours opposés à Bruxelles et à Paris à toute forme d’étiquetage de la viande selon la forme d’abattage. S’étonnant de la volte-face électorale de Nicolas Sarkozy, Bruno Fiszon, conseiller du grand rabbin de France, a déclaré dans Le Monde du 6 mars : « Nous avons eu des garanties en ce sens jusqu’à très récemment. » L’enjeu est ici économique : écouler auprès du consommateur non religieux les rebuts des abattages rituels : bête écartée comme « impure » par le rabbin ou arrière-trains jugés « impurs » ou moins consommés par les acheteurs religieux juifs ou musulmans. Ainsi l’absence d’étiquetage permet de faire financer les filières rituelles par ceux qui ne souhaitent pas consommer des produits rituels. Ce qui est une forme d’exploitation de la majorité par des minorités. Et de financement de leur culte.

Cette situation est clairement choquante.

Il est donc naturel de mettre en avant l’exigence d’étiquetage. Deux voies sont envisageables :

– contraindre les hommes politiques à prendre davantage en compte les libertés des majorités que les exigences des minorités ;
– ou contraindre à la base les professionnels à un minimum de transparence. Filières de proximité et bouchers de quartiers ont tout à y gagner.

Guillaume Benec’h
5/03/2012

Voir aussi sur Polémia :

Comment échapper au halal ? Obtenir la traçabilité des conditions d’abattage des bœufs, moutons et poulets !
« Garanti non halal » (Suite)

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Polémia a publié dès 2008 de nombreux articles sur l’obligation pour les consommateurs français de consommer contre leur gré de la viande abattue rituellement. L’article ci-dessous du Monde publié le 6 mars 2012 confirme en tous points les analyses précédemment avancées. Mais c’est bien le rôle de Polémia que d’être un incubateur d’idées et un brise–glace idéologique.

Le Monde 6 mars 2012 – Extraits

« C’est peu dire que les responsables juifs ont été cueillis à froid, au sortir de shabbat, par l’annonce de Nicolas Sarkozy sur l’abattage rituel, samedi 3 mars. Contre toute attente, le candidat de l’UMP à l’élection présidentielle s’est déclaré pour “l’étiquetage de la viande en fonction de la méthode d’abattage”. Cet engagement revient à préciser sur les emballages si la viande vendue dans le circuit classique est issue d’un animal égorgé sans étourdissement préalable, selon la tradition musulmane et juive.

Cette annonce suscite dans la communauté une totale incompréhension”, assure le rabbin Bruno Fiszon, conseiller du grand rabbin de France sur ces questions. “Elle est pour nous illisible car jusqu’à présent la ligne du président de la République et du gouvernement était claire : pour la défense de l’abattage rituel – en limitant les abus – mais contre la politique d’étiquetage restrictif. Nous avons eu des garanties en ce sens jusqu’à très récemment.” La communauté juive, rejointe par les responsables musulmans, se bat depuis des années contre un tel étiquetage jugé “stigmatisant” et susceptible de susciter “un boycott” et donc un surcoût de la viande.

Selon différentes sources, la volte-face de M. Sarkozy, qui survient trois semaines après les déclarations fracassantes de Marine Le Pen sur la présence de viande halal dans le circuit de distribution classique, a surpris jusque dans sa majorité. Le ministère de l’agriculture jugeait il y a quelques jours encore une telle mesure “stigmatisante”. Ce discours officiel globalement favorable à l’abattage rituel a même empêché tout débat national sur ce sujet.

A plusieurs reprises, les parlementaires UMP ont renoncé à des textes prônant l’étiquetage, sous la pression du gouvernement, sensible aux arguments des religieux et des industriels. La France est même le principal pays à défendre ces positions au niveau européen. Aussi, ce changement de pied de M. Sarkozy en pleine campagne électorale est-il perçu par certains responsables religieux comme “un mouvement de panique” face aux sujets mis en avant par le Front national.

(…)

La communauté juive s’inquiète des difficultés à écouler de la viande abattue rituellement sur le marché classique, car, selon la cacherout, seuls 30% à 40% d’un animal sont propres à la consommation, le reste se retrouvant dans le circuit conventionnel.

Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui (…) se dit par ailleurs “inquiet” de cette polémique qui “crée des tensions dans la société”. Pour Fateh Kimouche, responsable du site militant d’information du consommateur musulman Al Kanz, l’étiquetage est en revanche indispensable : “C’est le manque de transparence qui alimente l’islamophobie”. »

(…)

Stéphanie Le Bars

*** A l’initiative d’un parti qui défend les animaux, Animal Party, épaulé par le parti d’ »extrême-droite » de Geert Wilders, le Parlement néerlandais envisage d’interdire l’abattage rituel juif et musulman dans le pays. L’abattage avec étourdissement deviendrait ainsi la norme en vigueur.

[box class= »info »] Source : Polémia. [/box]

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Vidéo : Enquête de l’association belge GAIA dans un abattoir halal.

CP : L’Education nationale attentive à l’apprentissage des langues !

CP : L’Education nationale attentive à l’apprentissage des langues !

08/03/2012 – 15h10
BORDEAUX (via Infos Bordeaux) —
C’est une jeune mère de famille indignée qui a contacté lundi dernier Infos-Bordeaux. Dans le cahier de liaison de son enfant, son professeur lui remettait une note de l’Education nationale pour la rentrée en CP à l’école primaire publique David Johnston.

« A partir de la classe de CP, et sous certaines conditions, votre enfant peut recevoir à l’école l’enseignement de la langue turque, tunisienne, marocaine, algérienne ou portugaise » est-il précisé. Le ministre de l’éducation nationale avait pourtant déclaré que « l’école devait se recentrer sur les fondamentaux ».

Il est vrai que cet établissement scolaire est situé non loin du quartier multi-ethnique du Grand-Parc, qui a récemment défrayé la chronique avec l’annulation de l’achat d’un terrain qui devait héberger une mosquée.

Nathalie Arthaud en meeting à Nantes : l’enthousiasme n’était pas au rendez-vous

Nathalie Arthaud en meeting à Nantes : l’enthousiasme n’était pas au rendez-vous

08/03/2012 – 12h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte Ouvrière, était à Nantes mardi pour présenter son programme. Alors que les sondages la concernant restent désespérément proches de zéro, celle qui a succédé à la célébrissime Arlette a obtenu sans difficulté ses cinq cents parrainages. Preuve, s’il en était besoin, de sa parfaite intégration dans un système qu’elle prétend dénoncer.

300 personnes environ avaient fait le déplacement mardi soir à la Manufacture des tabacs pour entendre la candidate du mouvement trotskyste. Majoritairement « de souche », assez jeune, plus féminine que la plupart du temps lors des réunions électorales, la salle fût « chauffée », si l’on peut dire, par Eddy Le Beller, un nazairien qui dressa un sombre tableau de la situation économique et sociale locale.

La dernière communiste ?

Nathalie lui succéda et marqua aussitôt sa différence avec Arlette en complétant le légendaire « travailleuses, travailleurs » par un chaleureux et souriant « camarades et amis ». Une révolution. Ce sera bien la seule.

Après avoir affirmé être le seul candidat « communiste » et rappelé que son combat est celui de la lutte des classes, elle brocarda ses concurrents, réservant l’essentiel de ses flèches à François Hollande (« Il ne fera rien pour les travailleurs ») et Jean-Luc Mélenchon (« C’est la cinquième roue du carrosse socialiste ») qui ne sont, selon elle, que « des serviteurs du pouvoir bourgeois ». Marine Le Pen ne fut pas oubliée, qualifiée pour sa part de « poison pour les travailleurs ». Un poison qui, vu la cote élevée de la candidate du FN dans les milieux populaires, semble effectivement assez redoutable.

Sans surprise, la lutte des classes est au cœur de sa position sur l’immigration. Marquant une fidélité sans faille au vieux slogan communiste « sans patries ni frontières » – qui convient aussi fort bien aux partisans de la mondialisation libérale – Madame Arthaud estime que tout immigré, légal ou non, doit bien sûr avoir le droit de vote à toutes les élections. Contrairement à ses concurrents de gauche – qui sont du même avis mais n’osent l’avouer publiquement – sa position a au moins le mérite de la franchise.

Parmi les propositions originales, elle demande la suppression de la TVA et de l’impôt sur le revenu du travail pour ne garder qu’une fiscalité sur les revenus financiers et le capital. La candidate trotskyste propose de régler la question du manque de logement par la création d’une société publique de construction. Curieusement, à aucun moment elle ne parlera de la nationalisation des entreprises, affirmant seulement ne pas respecter le droit de propriété.

Son intervention se conclura par un appel à la mobilisation sur le terrain après les élections, afin d’arracher des améliorations pour les travailleurs à la bourgeoisie. Consciente de son faible impact électoral, Nathalie Arthaud profite en réalité de la campagne électorale pour tenter de recruter des militants et renforcer Lutte Ouvrière.

Symptomatique d’un public guère enthousiaste, un militant, après avoir rappelé qu’il était sur le terrain depuis des années, lui demandera à la fin de la réunion quel en est le résultat… en dehors de se faire matraquer par la police. Manifestement, le beau temps des illusions communistes semble bien appartenir à un passé révolu.

Crédit photo : fepasma, licence cc.

Le livre « Apéro saucisson pinard » : les « bonnes feuilles » sont déjà lisibles chez l’éditeur

Le livre « Apéro saucisson pinard » : les "bonnes feuilles" sont déjà lisibles chez l'éditeur

08/03/2012 – 10h00
PARIS (NOVOpress) –
Novopress avait annoncé la préparation du livre « Apéro saucisson pinard » dans lequel le journaliste et écrivain André Bercoff, anime des discussions entre les trois principaux organisateurs de l’ « Apéro saucisson pinard » -événement du 18 juin 2010-, Pierre Cassen, Christine Tasin et Fabrice Robert.

Les bonnes feuilles de ce livre qui doit sortir de 16 mars 2012 sont déjà lisibles chez l’éditeur, Xenia, avec en particulier un intéressant avant-propos d’André Bercoff.

Le 15 mars une rencontre avec les trois auteurs, l’éditeur Slobodan Despot, et André Bercoff, aura lieu à partir de 18 heures, au Café du Pont Neuf, 14, quai du Louvre, Paris (Métro Pont Neuf).

On peut également visiter le site web dédié à cet ouvrage, ainsi que la page Facebook.

Le livre peut être commandé à des conditions avantageuses de 18 euros, frais de port compris, jusqu’au 15 mars ; puis de 21 euros, frais de port compris à partir du 16 mars. Par chèque à l’ordre de Bloc identitaire – BP13 06301 Nice cedex 04, ou en ligne via Paypal.

Une pilule contre le racisme découverte en Angleterre !

Une pilule contre le racisme découverte en Angleterre

08/02/2012 – 08h00
LONDRES (NOVOpress) —
Les études publiées dans le Journal of Psychopharmacology font rarement la une des grands médias mais celle-ci fait exception. Selon une équipe de l’université d’Oxford, « le propranolol réduit les préjugés raciaux négatifs implicites ». Le propanolol est un bêta-bloquant, qui diminue l’arrivée des influx nerveux sur le cœur. Il est utilisé contre l’hypertension et surtout en prévention des migraines et du trac ; le ministère de la défense américain a récemment étudié son usage pour soigner les soldats de retour du combat.

Concrètement, 36 étudiants blancs volontaires ont reçu, les uns une dose de 40 mg de propranolol, les autres un placebo. Au bout de deux heures, ils ont été soumis à « un test d’association implicite », consistant à associer des mots comme « joie », « mal », « heureux », « glorieux », avec des visages blancs et noirs. Ceux qui avaient pris du propranolol ont obtenu un résultat « d’attitudes raciales subsconscientes » nettement plus bas que ceux qui avaient pris un placebo.

Selon Sylvia Terbeck, principal auteur de l’étude, « les préjugés raciaux implicites peuvent se produire même chez des personnes qui ont une croyance sincère en l’égalité. Étant donné le rôle clé que jouent de telles attitudes implicites dans la discrimination contre d’autres groupes ethniques, et l’usage très répandu du propranolol pour raisons médicales, nos découvertes sont d’un intérêt éthique considérable ».

Julian Savulescu, professeur d’éthique pratique à l’université d’Oxford, co-auteur de l’étude, a déclaré de son côté: « Une telle recherche ouvre la possibilité fascinante que nos attitudes raciales inconscientes pourraient être modifiées en utilisant des médicaments, une possibilité qui demande une analyse éthique soigneuse ».

Le Professeur Savulescu s’est signalé par ses conceptions particulières de l’éthique. Il a notamment soutenu que les parents avaient le devoir de sélectionner les meilleurs enfants qu’ils puissent avoir, en pratiquant la fécondation in vitro et le diagnostic préimplantatoire, pour déterminer l’intelligence des embryons. Il a justifié toutes les recherches sur l’embryon, ainsi que la destruction de fœtus « comme source d’organes et de tissus pour la transplantation aux adultes ».

Le Dr Chris Chambers, du Département de Psychologie de l’université de Cardiff, estime pour sa part que les résultats doivent être traités avec une « extrême précaution ». Pour lui, « nous ne savons pas si le médicament influence seulement les attitudes raciales ou s’il altère le système mental plus généralement. Nous ne pouvons exclure la possibilité que les effets soient dus au fait que le médicament réduit le rythme cardiaque ».

Personne ne semble avoir relevé, en fait de préjugés, que les cobayes de l’étude étaient exclusivement des étudiants blancs. Comme si les Blancs étaient les seuls susceptibles d’avoir des « attitudes raciales subconscientes » ou les seuls, en tout cas, qu’il faille absolument en guérir. Par tous les moyens.

Crédit photo : Ragesoss, licence CC.