Google refuse de retirer l’appli saoudienne de surveillance des femmes

06/03/2019 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
L’application saoudienne Absher permet aux hommes d’émettre et de révoquer une autorisation de sortie du territoire pour leur épouse et de suivre leur déplacement : ils reçoivent un message si leur femme se présente par exemple à un aéroport.

Mais l’application est sujette à de vives critiques de la part des défenseurs des droits de l’homme.

En effet L’ONG Human Rights Watch affirme qu’Apple et Google « ont des règles contre les applications qui facilitent les menaces et le harcèlement ». Absher ne sera pourtant pas retirée de la boutique en ligne de Google car ce dernier estime que l’application est conforme à ses conditions de service.

L’application a, depuis sa création, été téléchargée plus d’un million de fois.

Censure sur les réseaux sociaux : Musellement de Tommy Robinson

01/03/2019 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Ce mardi, la censure a encore frappé ! Facebook a supprimé le profil privé ainsi que la page publique de Tommy Robinson, journaliste dissident britannique. La décision du réseau social a été suivie de près par Instagram et Twitter, qui l’ont également banni. Avec de nombreux « suiveurs », dont plus d’un million sur sa page Facebook, son audience commençait manifestement à déranger.

Que serait-il reproché à Tommy Robinson ?

Ce journaliste s’applique depuis plusieurs années à dénoncer sur les réseaux sociaux inlassablement l’islamisation de la Grande-Bretagne.

Comment Facebook justifie cette censure ?

« Lorsque les idées et les opinions franchissent une certaine ligne et révèlent un discours haineux qui peut créer un environnement d’intimidation et d’exclusion pour certains groupes de la société », cela implique que la plate forme « agisse ». Voici ce qu’a indiqué le réseau social dans un communiqué. La page de Tommy Robinson a été jugée comme se livrant à la « haine organisée » à l’égard des musulmans. Facebook a donc décidé de discriminer et de bannir un dissident politique en raison de ses opinions.

Et ce n’est pas la première fois que la bien-pensance frappe Tommy Robinson !

Et oui, rappelons que le journaliste avait déjà été condamné en mai 2018 à treize mois de prison pour « entrave à la justice ». Il avait filmé et diffusé sur Internet des images de l’ouverture du procès de l’affaire des viols collectifs de Telford, impliquant des populations d’origines immigrées et des jeunes filles anglaises blanches de banlieues pauvres. Il a depuis été libéré sous caution en attente de son procès en appel. Il avait reçu le soutien de personnalités politiques telles que le fils de Donald Trump, Steve Bannon son conseiller, ainsi que de milliers de citoyens britanniques qui avaient manifesté dans les rues pour demander sa libération.

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Une France toujours plus liberticide

Les lois liberticides s’amoncellent sans interruption sur le bureau de l’Assemblée nationale.

Après la loi dite « anti-fake news » (qui interdit à l’initiative privée de concurrencer le monopole d’État sur les fausses nouvelles !), nous arrivons à une loi contre les « propos haineux » sur internet.

Le secrétaire d’État au Numérique, Mounir Mahjoubi, prétend que cette loi pourrait faire d’internet un « espace d’amour ». Encore un peu et l’amour va devenir obligatoire sous peine de sanctions pénales !

Cette nouvelle loi viserait à « responsabiliser » les plateformes de réseaux sociaux (notamment Facebook et Twitter) pour tout message « inapproprié ».

Je ne sais pas bien à quoi sert le secrétaire d’État au Numérique, mais ce que je peux dire avec certitude, c’est qu’il n’a rien compris au fonctionnement d’internet.

Si ce n’est pas l’émetteur qui est responsable de ses propos, c’est bien simple, l’ensemble de l’édifice s’effondre. En effet, si les diffuseurs sont responsables, soit on les condamne à fermer, soit on les contraint à modérer a priori comme on dit dans le jargon du net, c’est-à-dire à décréter arbitrairement que telle personne, qui n’a pas l’heur de plaire au Pouvoir, n’a pas le droit de « tweeter ».

C’est ce qui se passe en Chine, où, comme chacun sait, les libertés publiques sont admirablement préservées !

Mais n’oublions pas que Christophe Barbier, éditorialiste de « L’Express » et acharné soutien d’Emmanuel Macron, avait naguère montré la Chine en exemple de la « régulation » d’internet.

En fait de « nouveau monde », le règne d’Emmanuel Macron risque d’entrer dans l’histoire comme celui qui en aura fini avec la fantastique libération numérique.

Cependant, le gouvernement ne se contente pas de censurer le net. Il est actuellement en train de faire voter une loi « anti-casseurs » qui est fondamentalement une loi anti-libertés publiques.

Désormais, le préfet (et non plus la justice) va pouvoir interdire une manifestation au motif qu’elle présenterait des risques de débordement. Risques appréciés comment ? Personne ne le sait. Mais on aura compris que les manifestations hostiles au Pouvoir ne seront désormais plus possibles.

Quand on pense que certains ont imaginé qu’Emmanuel Macron était un libéral !

Il y avait naguère les libéraux classiques (façon Hayek), les libéraux-conservateurs (façon conservateurs américains), les libéraux-libertaires (façon Cohn-Bendit). Grâce à Macron, nous découvrons les libéraux-liberticides, passionnant et terrifiant oxymore !

Jean Rouxel

Tribune reprise de les4verites.com

Flicage sur internet : le rapport Avia/Taieb/Amellal et sa mise en œuvre

Flicage sur internet : qui a entendu parler du rapport élaboré par Laetitia Avia députée LaRem (dont la famille est originaire du Togo), Gil Taïeb vice-président du Crif et Karim Amellal écrivain ? Ce rapport, commandé par Emmanuel Macron lui a été remis en septembre 2018 et prévoit d’encadrer au plus près la liberté d’expression sur internet sous couvert de lutte contre le racisme. Explorons quelques pistes liberticides parmi d’autres proposées dans le rapport.

Les réseaux sociaux sous surveillance

Les grands opérateurs auraient un délai de 24h pour supprimer un « contenu haineux ». Rappelons pour mémoire que le fameux pacte de Marrakech considère de facto que tout propos hostile à l’invasion migratoire ou simplement négatif doit être considéré comme délictueux et que les médias qui les propageraient doivent être punis financièrement.

Les opérateurs devraient nommer un représentant auprès de l’Union Européenne et remettre un rapport annuel qui rendrait compte de leur activité « anti haine ». Les amendes pourraient être multipliées par cent (oui par 100, vous lisez bien) pour atteindre 37,5M€ pour les personnes morales et 7,5M€ pour les personnes physiques.

Création d’une étoile jaune « porteur de haine »

Le rapport propose – sans rire – de « Créer un logo unique de signalement des contenus illicites, visible et identifiable sur toutes les plateformes » (recommandation 8).

Dans la recommandation 11 « il pourrait être envisagé de soutenir les initiatives de « Name and shame » visant à publier la liste des annonceurs dont les contenus sont visibles sur des sites internet diffusants des propos haineux ». Ce qui rejoint une partie des recommandations du pacte de Marrakech, voici un deuxième article sur le sujet.

Dans le même article « parallèlement, il conviendrait de promouvoir les démarches dites d’« investissement publicitaire responsable » des entreprises, qui consistent à éviter la publication sur des sites toxiques ou non désirés (pornographie, antisémitisme, fausses informations, propagande extrémiste etc.) ».

Le terme propagande extrémiste est assez vague pour subir n’importe quelle interprétation et aboutir à un très vaste champ de répression.

Surveiller et punir mais sans débat contradictoire

Bien entendu (recommandation 10), les dénonciations devraient être facilitées sur une plate-forme unique, les juges saisis illico obligés de statuer dans les meilleurs délais et par mise en demeure. Encore mieux,

« Serait ouverte la possibilité pour le juge de recourir à la procédure simplifiée de l’ordonnance pénale comme il le fait déjà aujourd’hui pour les actes de contrefaçon sur Internet. L’ordonnance pénale est une procédure qui permet un traitement rapide des affaires en ce qu’elle ne nécessite pas de contradictoire et donc pas d’audience ».

Pas de contradiction, pas d’audience, automaticité pénale, bienvenue dans le meilleur des mondes Avia/Taïeb/Amellal. Plus récemment deux ministres du gouvernement Philippe, Mounir Mahjoubi et Marlène Schiappa ont présenté un plan d’action inspiré du fameux rapport. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

Article paru sur le site de L’OJIM

Vu sur Twitter

« Ligue du LOL »: la bande des « harceleurs » qui vous font la morale

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Un pas de plus vers la censure sur les réseaux sociaux

14/02/2019 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Edouard Philippe a annoncé travailler avec Facebook pour « concevoir des règles plus innovantes, plus adaptées afin de réguler les contenus sur les plateformes et les réseaux ». Par régulation ou encore modération, il faut entendre que la censure déjà en place ne va pas s’arrêter là.

Rappelons qu’elle a été récemment mise en exergue à grande échelle dans le cadre des manifestations Gilets jaunes où de nombreux comptes et publications ont été suspendus. Difficile de ne pas faire de parallèle avec des pratiques totalitaires.

«NOoS-citoyens» : une plateforme informatique pour collecter les revendications

18/01/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Découvrez cet entretien avec Elyan Calhiol, créateur de la plateforme digitale noos-citoyens.com.

Pour l’instant informative, elle va servir à enregistrer de façon numérique les revendications politiques et sociales des citoyens.

L’objectif est aussi d’accompagner la digitalisation du mouvement des Gilets jaunes.


[vidéo] Interdit d’interdire : Twitter rend-il fou ?

18/01/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Dans cette nouvelle émission, Frédéric Taddeï reçoit Odile Ambry, experte en conseil et stratégie de communication, Fabrice Epelboin, entrepreneur et spécialiste des médias sociaux, Thomas Guénolé, politologue et Joachim Son-Forget, député, ex-LREM.


Facebook 2018, beaucoup de problèmes et encore plus de censure

Le 20 décembre 2018, le site américain Buzzfeed a passé en revue les différents problèmes ou scandales qui ont touché Facebook l’an passé. Trente et un au total, vol de données via Cambridge analytica, auditions au Congrès américain et au Parlement européen, départ du fondateur de WhattsApp Jan Koum, chute brutale du cours de l’action à l’été, évasions massives de données personnelles d’utilisateurs, fronde des employés etc. La réponse du réseau social : plus de contrôle (lisez censure) sur les contenus.

Devinette : combien de censeurs sont ils employés par Facebook ?

Le réseau les appelle des « modérateurs », ils sont parfois employés directement mais le plus souvent externalisés auprès de sociétés spécialisées comme CCC (Competence Call Center) qui dispose de 22 bureaux en Europe dont aux moins deux sont exclusivement dédiés à cette activité, ce qui ne veut pas dire que d’autres n’y concourent pas également. Un reportage du Monde du 13 décembre 2018 fût effectué dans le centre de Barcelone dans des conditions draconiennes. Pas de photos, les ordinateurs des employés en veille lors de la visite, 15 minutes pour un entretien sous contrôle. Le centre catalan compte 800 personnes à plein temps .

Venons en à la devinette. Début 2017 le réseau annonçait 3.500 modérateurs ? Et fin 2018 ? Le double ? Trois fois plus ? Six fois plus ? Vous avez perdu ! Même si Facebook refuse de donner le chiffre exact, il annonce fièrement autour de 30.000 contrôleurs de l’information sur le réseau. Avec objectifs chiffrés, temps de contrôle à la seconde, plus de 2 millions de posts examinés par jour. Si les justifications des contrôles sont la lutte contre le terrorisme ou la pédophilie, le désir de contrôle politique est omniprésent.

En France une alliance inédite Macron/Facebook

Nous vous en parlions en novembre 2018. Le 12 novembre 2018, le Emmannuel Macron annonçait au Forum sur la gouvernance de l’Internet le lancement d’un groupe de travail État français/Facebook contre « les discours de haine ».

Nous citons une partie de notre article :

« Cette « expérience pilote pour six mois » permettra en théorie aux agents de l’État d’avoir accès aux méthodes de Facebook. Et qui sait à une partie juteuse de ses précieuses bases de données auxquelles déjà la CIA et la NSA peuvent accéder sur simple demande d’un juge américain. Oubliez la confidentialité de vos données, elle n’existait que peu de toutes façons, le réseau social se faisant piller régulièrement, elle sera réduite à bien peu lorsque la Dilcrah, la délégation interministérielle contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti LGBT (vous pouvez compléter la liste) mettra son grand nez dans vos comptes sur le réseau social. »

Les déboires du gouvernement Macron/Philippe avec les gilets jaunes ne pourront qu’encourager les deux parties à collaborer plus activement. Facebook – attaqué de partout pour évasion fiscale massive – se refait une beauté politique et morale et les autorités françaises vont pouvoir mettre en pratique la loi « anti-fake news/infox » votée fin 2018.

De manière quasi naïve et charmante un article du Monde (mercredi 14 novembre 2018) note :

« Plus largement, Emmanuel Macron cherche à montrer qu’il n’est pas inactif face aux géants du numérique, dans la perspective des élections européennes de mai 2019 » (sic).

Article paru sur le site de L’OJIM

Contre la censure, la droite anglophone s’organise et crée ses propres réseaux sociaux

20/12/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Facebook, Twitter et YouTube permettent une large diffusion des idées qui a profité à de nombreux influenceurs de droite, principalement américains, canadiens et britanniques. Le système de financement Patreon leur permettait même d’en vivre.

Cependant, ces réseaux notoirement orientés à gauche ont de plus en plus tendance à bannir leurs utilisateurs de droite ou à enterrer leurs publications en jouant sur les algorithmes.

Plusieurs réseaux concurrents de Twitter sont donc nés pour rétablir l’équilibre. Le plus connu est Gab, que l’on trouvera sur tous les moteurs de recherche sauf Google. Après une fermeture temporaire, le réseau peut désormais compter sur un hébergeur militant et connaît une croissance spectaculaire.

Toujours parmi les concurrents de Twitter, le dernier-né s’appelle Parler News et vient d’être lancé par plusieurs influenceurs américains.

Enfin, pour soutenir financièrement une libre expression politique, le célèbre psychologue canadien Jordan Peterson et l’influenceur américain Dave Rubin s’apprêtent à lancer leur propre plateforme concurrente de Patreon. Sa création est en cours depuis six mois et le démarrage attendu bientôt.

Peut on attaquer Facebook en justice depuis la France ? Génération Identitaire s’y lance

Lundi 12 novembre, dans un discours au Forum sur la gouvernance de l’Internet et comme nous le relations, le Président Macron a annoncé un programme de travail commun avec Facebook contre les « discours de haine ». Comprenons : tout discours contraire aux intérêts matériels et moraux du monde libéral libertaire, communs à l’entourage macronien et aux sociétés californiennes qui dominent le numérique. Peut-on se défendre lorsque Facebook supprime ou censure un compte ? Un mouvement de jeunes le tente.

La Dilcrah revendique la censure

Le mouvement de jeunesse Génération Identitaire s’était vu censuré sans préavis le 3 mai 2018 par Facebook. À la suite de leur opération pacifique qui bloquait un col dans les Alpes pour rétablir une frontière symbolique, la Dilcrah (Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Haine anti-LGBT, ouf), demandait à Facebook de supprimer la page de Génération Identitaire qui comprenait plus de 120.000 abonnés. Ce qui fut fait par le réseau social et revendiqué par l’organisme gouvernemental de censure.

Assignation de Facebook

Ceux et celles qui ont vu leur compte supprimé ou caviardé ou censuré et qui ont essayé de communiquer avec le réseau californien en sont restés pour leurs frais. Facebook censure pour les raisons les plus vagues, « votre post est contraire à la politique de Facebook etc ». Cette fois ci le mouvement de jeunes porte l’affaire devant la justice. Il a déposé assignation le 21 novembre 2018 devant la 17ème chambre du tribunal de grande instance de Paris, demandant la réactivation des pages supprimées sans raison ainsi que le versement de dommages et intérêts. La réaction de Facebook n’est pas encore connue, mais l’affaire mérite d’être suivie. Pour la liberté d’expression de chacun face aux nouvelles censures.

Texte daté du 5 décembre 2018 et repris du site de l’OJIM

Accord Macron-Facebook – Nous protéger ? Nous fliquer, plutôt !, par Francis Bergeron

Lutter contre la haine, contre la violence dans le cyberespace ? Qui pourrait s’y opposer ? Dans l’absolu, personne, bien entendu. Mais derrière cette noble cause, s’élabore un projet totalitaire de contrôle de l’information, et aussi de contrôle de nos propos, de nos pensées. Il s’appelle : « Appel de Paris pour la confiance et la sécurité dans le cyberespace ».

Tout a commencé au début de l’année 2018, de l’autre côté du Rhin. Pour « lutter contre les extrémistes », et en fait surtout contre les succès électoraux annoncés de l’AFD, l’Allemagne de Merkel a décidé d’infliger de très lourdes amendes aux réseaux sociaux qui ne supprimeraient pas rapidement des messages à « contenus violents ou racistes ». Il était impossible d’imaginer loi plus stupide. C’est un peu comme si la Poste ou les compagnies téléphoniques se trouvaient mises à l’amende au motif que quelqu’un enverrait des lettres de menace ou passerait des appels téléphoniques inappropriés. Cette loi était quasiment inapplicable. Comment surveiller, contrôler, censurer, couper des contenus qui sont partagés, au niveau mondial, par plus de deux milliards d’utilisateurs ? Cette complexité, cette extraordinaire abondance d’échanges sur la toile interdit de telles surveillances. Bien plus, en censurant les échanges à partir de mots-clés, les plateformes courent le risque de provoquer d’innombrables interruptions de sites sans rapport avec les sujets que l’on prétend combattre.

Prenez le racisme : si un dispositif de censure entend le combattre en identifiant et censurant les textes comportant le mot « nazisme », la Licra… peut fermer boutique !

Une police de l’information, les « régulateurs »

C’est pour éviter une loi à l’allemande que Macron et Facebook ont pris langue, et s’acheminent vers la mise en place d’une police de l’information mixte fonctionnaires-informaticiens. On les appellera les « régulateurs ». Pour l’heure ils ne sont qu’une dizaine : 50 % de salariés de Facebook, et 50 % de fonctionnaires (ingénieurs et juristes). On a bien compris que, conformément aux discours de Macron de dimanche après-midi et lundi à La Villette, les « régulateurs » vont faire la chasse aux « contenus racistes, antisémites, homophobes ou sexistes ». Qui va définir ce qu’est un tel contenu ? Les « régulateurs » eux-mêmes.

Ces « régulateurs » auront accès à tout. Ils n’auront pas de pouvoir de réquisition, mais dans les faits, cette collaboration est grosse de toutes les violations du secret de la correspondance. La « méthode coopérative », validée par Macron, permettra de lutter contre ces mots qui doivent être interdits de toile, en agissant sur les procédures à mettre en place dans les réseaux sociaux, pour identifier et filtrer les « propos haineux, racistes etc. ». On a bien compris que, démarrant à dix, ils pourraient se retrouver cent ou mille d’ici à quelques mois. Il est quasiment impossible de travailler sur les contenus haineux eux-mêmes, « qui sont très difficiles à caractériser légalement », note ingénument la presse de gauche. Les « régulateurs » arbitreront, mais en dehors de toute décision de justice.

Vous êtes opposé à l’ordination de femmes dans l’église ? « Sexisme », pourront dire les « régulateurs », et hop ! votre messagerie disparaîtra. Vous affichez du matériel de propagande pour « la Manif pour tous » ? « Homophobie » ! Et hop, plus de site ! Etc. La mise en place d’une telle « brigade de la pensée unique » est une première, la plus incroyable des menaces contre nos libertés.

Pour lutter contre les messages téléphoniques supposés inadaptés, nos ancêtres n’avaient pas imaginé mettre en place des écoutes téléphoniques mondialisées. Mais dans le domaine d’internet, c’est bien l’équivalent de cela qui se prépare.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 13 novembre 2018

Vu sur Twitter

La France et Facebook vont collaborer pour lutter “contre la haine” sur le réseau social. Et renforcer la censure ?

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Les vérités sont dites sur les réseaux sociaux, par Ivan Rioufol

Le succès du hashtag #PasdeVague, qui brise ces jours-ci l’omerta sur la perte de l’autorité enseignante au cœur de l’Education nationale, illustre la libération de la parole et son approche sans tabous des réalités occultées. Les règles du jeu politique, corseté depuis des décennies par le conformisme, sont dès à présent bouleversées. Car la révolution numérique est une aubaine pour nos démocraties d’apparence, qui radotent des idées toutes faites. Aujourd’hui, les vérités cachées sont dites sur les réseaux sociaux, en dépit des sottises qui sont aussi le lot des interventions anonymes. L’internet permet de contourner le monopole des médias et de s’affranchir des censures officielles. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la macrocrature suspicieuse essaie d’installer des mises sous surveillance et des codes de bonne conduite.

Reste que Donald Trump s’est fait élire grâce à ces paroles dissidentes, qui ont eu raison de l’opposition quasi-unanime des médias américains. Jean-Luc Mélenchon a compris, lui aussi, les bénéfices qu’il pouvait retirer d’une utilisation maligne de Facebook ou de Twitter. Sa récente décision de diffuser la perquisition, par la Police judiciaire, de son domicile puis celle de La France insoumise a été motivée par cette quête de transparence, même si les outrances du tribun risquent de se retourner contre lui : les mises à nu obligent à des comportements impeccables. Ce blog, lancé il y a plus de dix ans au nom de la liberté d’expression, remplit parfaitement le rôle que je lui avais imaginé dès le départ : celui d’un forum libre d’accès, imperméable au politiquement correct. J’y puise des remarques originales, que la machine médiatique, ankylosée par la copie conforme, n’est plus capable de transmettre.

Reste la question : ce mouvement de fond, qui mobilise déjà la société civile, peut-il déboucher sur de nouvelles pratiques politiques ? Oui, répond Emile Servan-Schreiber (un des fils de Jean-Jacques Servan-Schreiber) dans un livre scientifique mais accessible qui sort ce mercredi (1). Ce spécialiste de l’intelligence collective croit en la “sagesse des foules”, quand celles-ci sont sollicitées intelligemment. Les marchés prédictifs fonctionnent sur cette intelligence collective, qui n’est jamais que le bon sens du peuple raisonnable. Google et Wikipédia sont les premiers monuments de cette nouvelle civilisation née de l’avènement du Web dans les années 1990.

Servan-Schreiber explique : “Des milliards d’individus interagissent quotidiennement avec ces intelligences supercollectives qui, dans leurs domaines, surpassent de très loin les plus intelligents et les plus instruits d’entre nous“. Dans cette perspective participative, l’homme providentiel n’a plus sa place. L’intelligence artificielle est laissée aux autocrates qui rêvent de contrôler, comme en Chine, le cerveau des peuples. L’urgence est de rendre plus intelligentes nos démocraties fatiguées, guettées par la bêtise. L’auteur constate : “Quand des prévisions sont mentionnées dans le débat démocratique, elles sont souvent faussées par l’idéologie ou la pensée magique“. Aussi suggère-t-il : “Les responsables politiques pourraient interroger systématiquement la sagesse collective des Français, via un marché prédicitif moyen”. Il propose notamment, dans cette perspective, la mise en place d’un ministère des pronostics. “Nos responsables politiques doivent accepter de jouer plus collectif avec les citoyens“. C’est en tout cas vers cette France de moins en moins silencieuse, mais toujours méprisée des élites, que les idées bouillonnent depuis longtemps.

(1) Supercollectif, la nouvelle puissance de nos intelligences, Fayard

Ivan Rioufol

Texte daté du 24 octobre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol