Hommages à Merah : le lien entre immigration, délinquance et terrorisme

Hommages à Merah : le lien entre immigration, délinquance et terrorisme

27/03/2012 – 08h00
CALUIRE (NOVOpress) – 
Depuis la mort de Mohamed Merah, le terroriste islamique de Toulouse et Montauban, les hommages se multiplient en sa faveur dans des foyers à forte concentration extra européenne. Dans la nuit de dimanche à lundi, des graffitis contre la police, la municipalité et à la gloire de Mohamed Merah, ont été écrits sur les murs du quartier de Montessuy à Caluire (Rhône), rapporte Le Progrès.fr. L’auteur, « très défavorablement connu des services de police », avait notamment rédigé un « Merah on t’aime ». De véritables déclarations d’amour pour ce délinquant multirécidiviste aux racines algériennes.

D’autres messages de soutien avaient été tracés, en fin de semaine, sur les murs de la cité des Izards à Toulouse, là où avait grandi Mohamed Merah. Tandis que des femmes musulmanes ont défilé en solidarité avec la famille de l’organisateur des attentats islamiques qui ont traumatisé la France. Autre cité emblématique de l’immigration extra-européenne, la cité des Indes à Sartrouville (Yvelines), où de nombreux tags ont été rédigés : « Vive Merah », « Vengeance », « Nique la kippa », réclamaient-ils. Ce phénomène souligne un lien évident entre immigration, délinquance et terrorisme.

Crédit photo : Siobhán Silke via Flickr, licence CC.

Mohamed Merah met en cause le Coran directement

[box]A l’occasion de sa campagne d’affichage “Mohamed Merah, chance pour la France ?” le Bloc Identitaire, le 26 mars 2012, fait remarquer : [/box]

Interrogé par le Monde, Bernard Squarcini – le patron du renseignement intérieur français – révèle que selon les déclarations que Mohamed Merah aurait faites au RAID lors du siège, celui-ci se serait “autoradicalisé”.

Mohamed Merah met en cause le Coran directement
L'affiche du Bloc Identitaire

Reprenant les propos de Merah, Bernard Squarcini rapporte ainsi : “Il s’est autoradicalisé en prison, tout seul, en lisant le Coran. C’est un acte volontaire, spontané, isolé. Et il dit que de toute façon, dans le Coran, il y a tout.”

Si, bien entendu, la lecture seule du Coran ne peut suffire à expliquer la folie meurtrière de Mohamed Merah – tout comme celle des autres terroristes islamistes faisant chaque jour des victimes à travers le monde – ses déclarations ont de quoi inquiéter et questionner profondément la société française.

D’autant que la condamnations par les autorités religieuses musulmanes des sourates les plus haineuses et violentes du Coran tardent toujours autant à venir…

[box]Et le Bloc Identitaire ajoute :[/box]

Parce que les drames de Toulouse et Montauban ne doivent pas rester un faits divers mais marquer le début d’une véritable prise de conscience populaire, Les Identitaires lancent la campagne “Mohamed Merah, chance pour la France ?”

[box class=”info”] Pour avoir plus d’informations sur cette campagne d’affichage, voir ici. [/box]

Photo : une page du coran. Crédit photo : بلال الدويك via Wikipedia, licence CC.

Notre-Dame-Des-Landes : Grosse manif à Nantes contre le projet d’ « Ayrauport »

Notre-Dame-Des-Landes : Grosse manif à Nantes contre le projet d’ « Ayrauport »

26/03/2012 – 08h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – « Non à l’Ayrauport » : plusieurs milliers de personnes – 3.000 selon la police, 10.000 selon les organisateurs – ont manifesté samedi à Nantes contre le projet d’aéroport qui doit être construit d’ici à 2017 par le groupe Vinci à Notre-Dame-des-Landes, à 30 km au nord de la cité des Ducs en remplacement de celui de Nantes-Atlantique actuellement en service dans la banlieue sud de Nantes. Un projet soutenu par Jean-Marc Ayrault et l’ensemble des oligarques socialistes locaux, d’accord sur ce point – comme sur beaucoup d’autres – avec l’UMP.

Organisée par l’Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport de Notre Dame des Landes (ACIPA), la manifestation avait reçu le soutien de syndicats et de partis politiques comme la Confédération Paysanne, Attac, le Parti de Gauche ou Europe Ecologie-Les Verts.

Pour ce qui concerne ce dernier, on se souvient qu’alors qu’il avait toujours déclaré que l’abandon du projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes (44) était – avec l’abandon de la filière nucléaire – une condition incontournable pour qu’un accord soit conclu avec le PS, ses dirigeants – Cécile Duflot en tête – ont signé en novembre dernier un accord électoral avec les socialistes. Mettant soigneusement de côté leurs « convictions » en échange de l’assurance de disposer d’un groupe de députés à l’Assemblée nationale.

Même souci au Front de Gauche, où si le Parti de Gauche est contre le projet, son allié du Parti communiste est à fond pour. Pour la petite histoire, on pouvait voir hier dans la manifestation un vieillard invalide qui brandissait fièrement une pancarte « parti communiste ». Un dissident, probablement.

De son côté le Front national a demandé un moratoire immédiat sur le projet. Il se déclare partisan d’un référendum local, comme il le demande sur tous les grands projets locaux, « afin que les citoyens soient informés de ses tenants et aboutissants véritables. »

De nombreux groupuscules d’extrême-gauche ayant également annoncé leur venue – avec l’idée d’en découdre – le centre ville était quadrillé dès le matin par un très important dispositif policier. Toutes les rues menant à la préfecture, à la mairie ,à l’hôtel du Département et à celui de la Région étaient barrées.

Venant de trois directions, plus de 250 tracteurs accompagnés de milliers de manifestants à pied ou à vélo ont conflué dans le calme vers la préfecture, d’où est parti le cortège en direction du Cours des 50 otages, l’une des grandes artères de la cité bretonne. « C’est une réussite, on attendait une mobilisation, un soutien, et on l’a eu », a déclaré Dominique Fresneau, co-président de l’ACIPA.

Comme prévu, après la dissolution de la manifestation vers 17 heures, les premiers incidents ont éclatés. Un important feu de palettes a été allumé au milieu du “Cours des 50 otages” par des militants anarchistes qui ont lancés des projectiles en direction des forces de l’ordre. Au grand regret des agriculteurs pour qui ces jeunes étaient « des cons et des nuls ». Les forces de police ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes. Selon la préfecture, sept manifestants ont été interpellés et cinq mis en garde à vue.

Crédit photos : Novopress Breizh.

Les manifestants « Pro Vie » se font entendre à Bordeaux

Les manifestants « Pro Vie » se font entendre à Bordeaux

25/03/2012 – 10h30
BORDEAUX (via Infos Bordeaux) —
Plus de 2000 personnes ont manifesté hier après-midi dans les rues de Bordeaux à l’appel de l’association Oui à la Vie. Cette marche était constituée en grande majorité de jeunes qui ont défilé dans une ambiance festive, demandant une protection des enfants à naître et clamant leur opposition à l’euthanasie.

De nombreux prêtres diocésains étaient présents à cet évènement qui avait reçu le soutien de Monseigneur Ricard. Pour Nicolas Franchinard, le président de l’association Oui à la Vie, « il est urgent de proposer des alternatives à l’avortement afin de donner la possibilité aux mères qui veulent garder leur enfant de pouvoir le faire ». « Nous réclamons aussi une aide à l’insertion des handicapés et refusons toute logique de rentabilité des soins, conduisant à l’élimination des plus faibles dont les malades et les personnes âgées ».

Dans un communiqué de presse l’association « se félicite du succès grandissant de cette marche, unique en province par son ampleur et son dynamisme » et « prépare d’ores et déjà l’organisation de la cinquième édition de la marche qui constitue désormais un événement majeur dans le Sud-Ouest ».

A l’appel de l’extrême gauche et d’un collectif anarchiste, quelques 500 partisans de l’avortement volontaire ont tenté, sans succès, de perturber la marche des « Pro Vie ». Contre manifestation en perte de vitesse, avec des effectifs s’amenuisant chaque année.

50 000 terroristes islamiques en France selon les calculs de Dalil Boubakeur

50 000 terroristes islamiques en France selon les calculs de Dalil Boubakeur

24/03/2012 – 13h45
TOULOUSE (NOVOpress) –
Dans la tempête des commentaires suscités par les tueries islamistes perpétrées par Mohamed Merah à Toulouse et Montauban, la déclaration de Dalil Boubakeur s’avère instructive et terrifiante. Mercredi dernier, le dignitaire musulman affirmait que la religion musulmane était « à 99 % pacifique ». En suivant le raisonnement du recteur de la grande mosquée de Paris, 1% des musulmans en France pourraient ressembler au sanguinaire Mohamed Merah. Soit, au bas mot, 50 000 personnes puisque le nombre de mahométans dans l’Hexagone s’élèverait à 5 ou 6 millions !

Toujours est-il qu’un jour seulement après sa mort, Mohamed Merah compte de nombreux fans. Selon Le Parisien, vendredi matin, une enseignante d’anglais au lycée Gustave-Flaubert de Rouen aurait demandé à ses élèves d’observer une minute de silence en mémoire du terroriste islamique. Tandis que les hommages à l’ancien délinquant multirécidiviste se multiplient sur Facebook.

Crédit photo : Alain Bachellier via Flickr (cc) – Le recteur de la mosquée de Paris lors de l’Inauguration de la mosquée Sahaba à Créteil le 18 décembre 2008.

Pour Abdennour Bidar : Merah, est « un “monstre” issu de la maladie de l’islam »

Pour Abdennour Bidar : Merah, est « un "monstre" issu de la maladie de l'islam »

23/03/2012 – 10h00
TOULOUSE (NOVOpress) –
Professeur de philosophie à Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes), Abdennour Bidar s’interroge sur l’islam, à la lumière des tueries de Toulouse et Montauban, dans un article publié sur le site du Monde.fr  le 23 mars. Question cruciale selon lui : « La religion islam dans son ensemble peut-elle être dédouanée de ce type d’action radicale ? ». Le philosophe rappelle d’abord ses nombreux travaux consacrés à la « dégénérescence multiforme » de l’islam : « ritualisme, formalisme, dogmatisme, sexisme, antisémitisme, intolérance, inculture ou “sous-culture” religieuse sont des maux qui la gangrènent », estime-t-il.

Cette « médiocrité profonde » se double d’un véritable totalitarisme : la « culture islamique est depuis plusieurs siècles enfermée dans ses certitudes, enfermée dans la conviction mortifère de sa “vérité”. Elle est incapable d’autocritique. Elle considère de façon paranoïaque que toute remise en cause de ses dogmes est un sacrilège », déplore l’enseignant.
Le terrorisme de Mohamed Merah n’est donc pas un accident. « Une tradition figée dans un sacré intouchable » est bien le moteur de ses actions meurtrières. « Comment s’étonner que dans ce climat général de civilisation, figé et schizophrène, quelques esprits malades transforment et radicalisent cette fermeture collective en fanatisme meurtrier ? », souligne l’auteur.

Crédit photo : DR.

Bientôt sur vos murs : “Mohamed Merah, chance pour la France ?”

Bientôt sur vos murs : "Mohamed Merah, chance pour la France ?"

[box class=”info”] Le Bloc Identitaire va lancer une campagne d’affichage : “Mohamed Merah, chance pour la France ?” : [/box]

Ancienne racaille condamnée 18 fois par la justice…
Terroriste se réclamant du djihad islamiste et ayant tué 7 personnes dont 3 enfants…

Mohamed Merah est un cas à part bien entendu, dans sa folie meurtrière. Mais pour autant, son parcours – du délinquant multirécidiviste au fanatique islamiste – retrace celui de nombreux jeunes issus de l’immigration arabo-musulmane ou afro-musulmane.

Bientôt sur vos murs : “Mohamed Merah, chance pour la France ?” Et pourtant certains voudraient nous faire croire que l’immigration serait toujours et uniquement une chance pour la France ? Et pourtant certains voudraient continuer d’empêcher par tous les moyens un débat politique sérieux sur la préservation de notre modèle de société, de notre identité et de notre sécurité face à l’immigration massive et incontrôlée ?

Après le deuil et le recueillement, après l’émotion légitime, il faut désormais reprendre la lutte.

Le Bloc Identitaire – qui se veut le bouclier du peuple Français et de son identité face à toutes les agressions – a lancé l’impression d’une nouvelle affiche “Mohamed Merah, chance pour la France ?”. Dès lundi, cette affiche sera collée dans tout le pays par les militants identitaires.

Les drames de Toulouse et Montauban ne doivent pas rester un faits divers mais marquer le début d’une véritable prise de conscience populaire.

[box class=”info”] Pour avoir plus d’informations ou commander des affiches cliquer ici. [/box]

L’obsession antiraciste de l’oligarchie mondialiste

L’obsession antiraciste de l’oligarchie mondialiste

23/03/2012 – 12h30
NANTES (NOVOpress Breizh) – On ne peut pas y échapper : sur tous les panneaux municipaux des grandes villes de Loire-Atlantique, abribus, « sucettes Decaux », mobiliers urbains – 7 panneaux sur le même carrefour dans la banlieue de Nantes ! – on peut lire en grandes lettres « contre le racisme et les discriminations agissons ». Qui organise et finance ce matraquage publicitaire intensif, quelle signification lui donner ?

Pendant tout le mois de mars la Ligue de l’enseignement et la Fédération des amicales laïques FAL 44 coordonnent les « semaines d’éducation contre le racisme » . Toutes les collectivités contrôlées par le Parti socialiste, Conseil régional, Conseil général, municipalités – celle de Nantes en est le moteur – soutiennent ces manifestations qui ont aussi reçu le patronage de la Préfecture de Loire-Atlantique – donc du Gouvernement.

Cheville ouvrière de toutes ces réunions la FAL 44 regrouperait 400 associations. Outre les amicales laïques, celle-ci est très active dans les activités sportives et de loisirs : tennis, VTT, ping-pong, clubs photos, théâtre populaire… . Beaucoup d’adhérents de ces associations, des « Archers du château de Ranrouet » à « SIDA info service » ignorent le plus souvent qu’ils sont par là automatiquement rattachés à cette fédération dont les liens avec le PS sont bien connus. Tout cela pour « construire une société plus juste et égalitaire » en favorisant « le débat citoyen et l’esprit critique ». Il faut « éclairer l’esprit des citoyens » selon la Ligue de l’enseignement. On aura compris dans quel sens.

Quel programme alors ? Cafés « citoyens », stages de théâtre, scène ouverte contre les discriminations – mais il est souligné que les discriminations « positives » (donc au détriment des « de souche ») sont encouragées – concerts de Slam, tournoi de foot organisé par l’inévitable LICRA, débat avec les « Business angels des cités », ciné sur l’homosexualité dans les banlieues…, il y en aura pour tous les goûts, même des « comptines antiracistes » ( ?) pour enfants de 6 mois à 3 ans, personne ne doit y échapper. Big brother n’est pas loin.

Cette obsession antiraciste de l’oligarchie mondialiste vient encore de se manifester – et de quelle manière ! – lors des tueries de Toulouse et de Montauban. Alors que l’identité du criminel n’était pas connue, Jean-Marc Ayrault – pour ne citer que lui – n’hésitait pas à parler dès le 19 mars « de ces enfants, de ces parents, de leurs familles, de leurs proches qui ont été frappés si lâchement par la haine, l’antisémitisme et le racisme comme l’ont été avant eux quatre de nos soldats à Toulouse et Montauban. » S’empressant d’ajouter, le lendemain, toujours sur son blog, « les motivations antisémites et racistes du ou des assassins sont évidentes.»

Bien sûr une fois connue l’identité de l’auteur présumé des tueries – Mohamed Merah – plus question pour le conseiller spécial de François Hollande d’évoquer « l’antisémitisme » ou le « racisme », dont l’évidence ne sautait plus aux yeux du Sherlock Holmes nantais. Car un musulman, même djihadiste, ne saurait se voir appliquer ces qualificatifs réservés exclusivement aux Européens de souche.

[Tribune libre] Présidentielle : les jeunes filles vont voter. “LOL”

[Tribune libre] Présidentielle : les jeunes filles vont voter. "LOL"

Le magazine Elle a consacré un article aux jeunes filles qui vont voter pour la première fois à la présidentielle 2012.

Nous commençons avec Marion, Alizée et Paola en terminale dans un lycée professionnel. Paola va voter “comme maman” (sic). Marion nous explique qu’il faut “remettre à niveau les gens modestes et les très riches” : preuve qu’elle a déjà digéré le vocabulaire du système qui n’appelle plus un chat un chat mais un pauvre quelqu’un de “modeste”. Et Alizée elle, “votera pour celui qui aura un véritable plan d’emploi des jeunes”. Si elle est logique elle devrait donc voter blanc. Mais la logique et les jeunes filles…

Poursuivons. Lucille, surveillante dans un collège, militante féministe, estime que les droits des femmes seront reconnus par la prise en compte du vote blanc…

Laure-Anne, Camille et Marine, en licence d’arts plastiques à Bordeaux

Laure-Anne : “C’est super important que quelqu’un incarne la fonction, qu’il inspire le respect autant que la confiance. On ne veut pas d’un Président people. On a envie de sincérité, de quelque chose qui nous élève, pas de ces guéguerres médiatiques entre candidats ou à l’intérieur des partis. Il n’y a que ça qui ressort actuellement de la campagne. C’est frustrant pour un premier vote, alors qu’on attendait ce moment ! “ Oui, tu as raison cocotte c’est super important la sincérité. On parle d’une élection, pas du dernier épisode de Grey’s anatomy ! Laure-Anne, hors-sujet…

Camille, elle, aimerait ressentir “une émotion” en votant… Pour une première fois elle risque d’être un peu déçue parce que la politique c’est de l’ordre du rationnel pas de l’émotionnel. Mais les premières fois sont toujours décevantes n’est-ce pas ?

Marine, elle, trouve que le discours des politiques n’est pas accessible. Pourtant il est calibré par les conseillers en com’, 300 mots différents au maximum, la pensée politique réduite au slogan, pour que justement même les cruches puissent avoir un avis…

Myriam, animatrice de maison des jeunes à La Courneuve : “Je voterai avec conviction le jour où un homme ou une femme politique n’aura plus de clichés sur les banlieues, où les habitants des quartiers ne seront plus stigmatisés, réduits à des “racailles” et des dealers”. C’est vrai qu’il n’y a aucune racaille en banlieue, c’est un “cliché”. Ça doit être un « sentiment d’existence de la racaille… ».

Marie, en BTS, en stage dans un foyer de travailleur migrants “donc elle va voter à gauche”. Ce ne serait pas plutôt l’inverse cocotte ? C’est parce que tu es à gauche que tu fais un stage dans un foyer de migrants…

Sofia en terminale : “pour moi voter c’est une ouverture sur les autres et la société”… Voter c’est décider du destin commun. Si on veut s’ouvrir aux autres on va sur Facebook chercher des amis. S’ouvrir aux autres dans un isoloir ce ne serait pas un peu paradoxal ?

Marie, étudiante à l’institut catholique (histoire de l’art) : “Je ne crois pas en l’État providence. Il faut avoir de l’ambition” donc elle vote UMP. De l’ambition ? En étudiant l’histoire de l’art à l’institut catholique ? Son avenir apparaît dans la boule de cristal citoyenne : dans 2 ans elle épouse un droitard crevard du XVème arrondissement, elle finit femme au foyer et si elle a de la chance elle pourra occuper ses après-midi à écrire des livres pour enfants…

Mathilde en BTS : “c’est fini le clivage gauche-droite” donc elle va voter Sarkozy pour faire comme papa. Comprenne qui pourra…

Ibtissem, voilée, en fac de langues : “Voter n’est pas un truc que je prends à la légère” donc… roulement de tambour… suspens insoutenable… “Je n’ai pas encore choisi de candidat.” Les programmes sont dévoilés (eux) il est donc facile de prendre ses responsabilités et de faire son choix.

Marie-Eve, black, Lille : “Quel est le candidat idéal pour moi ? Il est grand, il est noir et il s’appelle… Barack “… ça, si ce n’est pas du communautarisme pour midinette, ça y ressemble quand même beaucoup.

Leslie, BTS protection de la nature en Corrèze : “Les grands candidats ne m’inspirent pas, et les petits n’ont aucune chance d’être élus. Ce qui m’obligera peut-être à voter utile”, c’est sur que c’est avec le vote utile pour l’UMPS qu’on change le système. 22 ans, déjà grabataire dans la tête.

Inès, étudiante dans l’audiovisuel à Rennes, pour bien clore le dossier : “Moi, je vais voter contre le FN pour ne pas revivre le cauchemar de 2002.” Ah oui, ça c’est important… La bête immonde ne passera pas. Nous vivrons tous du coup au pays du bonheur, de la paix et de la prospérité…

Conclusion

On peut se demander si le journal Elle, pourtant destiné aux femmes, ne serait pas inconsciemment ultra sexiste, et ce pour deux raisons :

– réussir à aligner une telle brochette d’idiotes qui se contentent de rabâcher tous les lieux communs sur la politique sans qu’il y en ait une seule, oui une seule, qui développe une analyse politique un peu conséquente, c’est continuer à diffuser l’idée que les femmes et la politique ça fait deux ;

– encore plus pernicieux : aucune des jeunes filles interrogées ne fait des études sérieuses. C’est à dire des études qui ne vont pas les conduire directement soit au pôle emploi soit aux CDD à temps partiel de caissières. On aurait pu interroger des jeunes filles qui étudient les mathématiques fondamentales, qui sont dans des grandes écoles, qui font des études de médecine, qui seront indépendantes financièrement et non pas des petites filles assistées qui dépendront de leurs maris et voteront comme papa et maman.

En attendant

Spoutnik, pour Novopress

Crédit photo : capture d’écran site internet ELLE

[Édito] Mohamed Merah : un musulman déraciné en guerre contre la France

[Édito] Mohamed Merah : un déraciné en guerre contre le système

Seul contre tous, après avoir tué de sang froid en pleine rue 3 militaires, puis 3 enfants et un adulte dans une école juive de Toulouse sur les 12 derniers jours, Mohamed Merah a choisi de mourir en Moudjahid, en combattant au service de l’Islam, les armes à la main, tirant plusieurs centaines de cartouches jusqu’à son dernier souffle de cette fin de matinée.

Comment un jeune homme de 23 ans, petit délinquant notoire, dépressif, suicidaire, s’est-il soudainement transformé en soldat fanatique, en guerrier ne redoutant pas de se retrouver, pendant des dizaines d’heures, à la merci de toute la France en guerre contre lui ? Comment a-t-il réussi à mettre, pendant des heures et jusqu’à après sa mort sans doute, tout un état à genoux ? Comment a-t-il su trouver la force de résister, moralement, physiquement, psychologiquement, à l’étau qui s’était peu à peu resserré sur lui ? Se revendiquant d’Al Quaida, appellation dont tout le monde peut aujourd’hui se prévaloir du moment qu’il combat l’Occident et Israël, Mohamed Merah était un soldat perdu : visiblement loup solitaire, parti deux fois se former et s’endoctriner en Afghanistan et au Pakistan au service d’un idéal islamiste, il en est revenu déterminé à mener seul sa guerre face à ce qu’il définissait lui même comme l’axe du mal (les forces armées occidentales en guerre contre les talibans, et l’État d’Israël).

Cet enfant né en France de parents maghrébins et musulmans ne se reconnaissait pas, à l’image de dizaines de milliers d’autres comme lui dans les villes de France, dans une république qui l’avait certes vu naître et grandir, mais qui n’avait rien à voir, ni de près ni de loin, avec ses traditions, ses origines, sa civilisation. Tout le matraquage sur le vivre ensemble, sur la nécessité d’assimiler, d’intégrer, d’aider des populations issues de civilisations différentes n’ont pas eu prise sur ce jeune homme, et n’en auront sûrement pas sur les centaines ou milliers d’autres qui pourront être tentés de le prendre pour exemple.

Car si tous les médias, les politiciens, les sociologues, les criminologues s’évertuent à faire passer cet homme pour un fou, pour un cas isolé, ça n’est que pour mieux continuer à refuser de voir la vérité en face : c’est d’une guerre dont il s’agit. Mohamed Merah, loin de « La Marseillaise obligatoire », avait trouvé dans l’Islam des valeurs que n’apporte plus la société occidentale. Comme lui, des milliers de jeunes, en Europe, de toutes origines, se convertissent à cette religion ou l’adoptent, afin de rechercher une échappatoire à cette marche en avant incontrôlée vers une société sans idéal, sans valeurs, sans racines, sans modèles pour avancer.

Mohamed Merah n’a pas importé un conflit étranger à la France : il incarne le conflit larvé qui se prépare en Europe, conflit fabriqué de toutes pièces par des savants fous désireux d’imposer le « vivre ensemble », le métissage, le mélange de peuples et de civilisations qui n’ont jamais souhaité, au plus profond d’eux même, cohabiter. Les Français qui regardent les images en boucle depuis quelques jours ne pourront plus fermer les yeux pendant très longtemps et se dire que c’est un cas isolé ou bien qu’il est victime des jeux vidéos violents : il y aura d’autres Mohamed Merah.

L’État français vient de se montrer en partie incapable de protéger ses ressortissants face aux actes de Mohamed Merah. Tout comme cet État s’était montré impuissant à répondre fermement lors des émeutes de Villiers-Le-Bel il y a quelques années. Les seules réponses apportées : la négociation, le « dialogue » (et 32 heures après et 300 cartouches plus tard la riposte) quand ce ne sont pas l’argent et les subventions, c’est-à-dire au final, l’arme des faibles pour lutter contre des personnes qui n’ont ni envie de négocier, ni envie de se rendre, ni envie d’être achetés, mais qui ont simplement la volonté farouche de déstabiliser le système tout entier. Les Bernard Henry Levy, les Laurent Joffrin, les médias aux ordres du système politico-financier et des groupes d’intérêts ne pourront rien y faire : face au vide moral, au vide spirituel, au vide intellectuel, au vide éducatif, certains ont décidé de se lever et de mettre à bas ce système, cette civilisation européenne en déclin. Les partis politiques de gauche ont d’ailleurs tout perdu dans cette affaire, s’obstinant à vouloir imposer un modèle de société version « meilleur des mondes » dont personne ne veut vraiment.

La seule solution pour éviter un effondrement total serait alors que les Français, les Européens, ouvrent les yeux, cessent de s’aveugler et de se protéger derrière le politiquement correct, pour enfin réagir, pour enfin redonner un sens à leur avenir, à leur quotidien. Pour enfin faire revivre leur civilisation, qui n’est ni musulmane, ni maghrébine, ni chinoise, ni américaine. Pour enfin apprendre à se défendre et à agir contre ceux qui souhaitent rebâtir un empire fort sur nos ruines. Sans ce réveil, un beau jour, d’autres Mohamed Merah viendront se glisser dans leur dos, sans frapper, sans prévenir, renforcés par leur foi et la volonté de conquérir et de transformer une société qui n’est pas la leur : et ils les abattront froidement, sans haine, mais avec l’envie de vaincre, tout simplement parce qu’ils sont en guerre, et que la guerre, c’est sale !

Yann Vallerie, pour Novopress

Crédit photo : DR / France 2

Les « jeunes » agresseurs présumés d’un militaire à Brest : des multirécidivistes que la justice avait laissés en liberté

Les « jeunes » agresseurs présumés d’un militaire à Brest : des multirécidivistes que la justice avait laissés en liberté

22/03/2012 – 16h00
BREST (NOVOpress Breizh) – Les forces de police ont interpellé, mercredi matin, sept « jeunes » soupçonnés d’être les auteurs de l’agression commise le 10 mars dernier à Brest à l’encontre d’un élève de l’école des mousses. Des « jeunes » pour certains déjà poursuivis pour d’autres méfaits et laissés malgré tout en liberté.

Alors qu’il rentrait en compagnie de deux de ses camarades au Centre d’Instruction navale le 10 mars dernier un élève de l’École des mousses avait été roué de coups et agressé à l’arme blanche par des « jeunes » qui lui avaient notamment porté un coup de couteau dans le dos. La blessure reçue par le malheureux – une plaie de 15 cm de long et de 3 cm de profondeur – avait nécessité la bagatelle de 51 points de suture.

Mercredi matin, les policiers de la sûreté départementale, renforcés par les sections d’intervention des commissariats de Brest et Quimper, sont intervenus dans les quartiers « sensibles » de Kerourien, de Saint-Marc et de Guilers. Sept « jeunes » âgés de 15 à 20 ans, dont trois mineurs ont été interpellés et placés en garde à vue. Dans un communiqué le parquet de Brest a précisé que la garde à vue de ces individus sera prolongée « au regard du nombre d’auditions et d’investigations à mener ».

Depuis le mois septembre 2011, le climat entre les jeunes militaires du Centre d’Instruction navale – aisément reconnaissables à leur allure – et des groupes de « jeunes » issus de l’immigration est très tendu : insultes, provocations, agressions à l’égard des jeunes militaires sont monnaie courante. Déjà, à l’issue des cérémonies du 11 novembre dernier, un élève du Lycée naval avait reçu un coup de couteau au bras et en décembre la situation avait encore empirée. Manifestement le « vivre ensemble » cher aux bonnes consciences de l’oligarchie en place connait quelques ratées dans le deuxième port militaire de France.

Selon des sources proches de l’enquête, il apparait en outre que plusieurs des « jeunes » interpellés sont les mêmes qui avaient déjà mis en examen pour des faits de braquages de pizzerias et de livreurs de pizzas. On se souvient que ces individus – poursuivis pour des faits d’une gravité certaine – avaient été aussitôt relâchés et placés sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention. Une décision qui avait provoqué un tollé chez les policiers, qui s’inquiétaient, à juste titre, d’un tel laxisme. Un laxisme qui aura permis, quelques mois plus tard, l’agression dont a été victime le jeune militaire. Ces « jeunes », s’ils sont poursuivis, seront-ils encore une fois laissés en liberté ?

Crédit photo : Marion1000 ; Licence CC.

Queer Week à Sciences Po

Queer Week à Sciences Po

[box class=”info”] Début mars, s’est déroulée à Paris la 3e édition de la “Queer Week” à l’Institut des Etudes Politiques (Sciences Po) de Paris dont le thème principal était cette année «Discours dominant et espaces de résistance». Voici un aperçu des conférences et activités  organisées à  l’occasion de cet évènement dont la marraine, Céline Sciamma, est la réalisatrice du film “Tomboy” : [/box]

Conférence : “Peut-on dépasser notre modèle du couple ? Exemple des subjectivités relationnelles lesbiennes”

Notre schéma traditionnel du couple (hétérosexuel/marié/monogame/vivant sous le même toit/etc) ne saurait représenter la diversité des modes relationnels qui coexistent dans la réalité. Natacha Chetcuti revient, à travers l’exemple de la communauté lesbienne, sur cette tendance qui nous pousse à imposer une norme réductrice à un ensemble varié de pratiques. Elle abordera également la question du mariage gay, qui s’inscrit dans cette même logique réactionnaire d’un seul modèle de couple possible, imposé par le biais institutionnalisé du droit.

Cours d’initiation à l’Effeuillage Burlesque Par Cherry Lyly Darling, artiste burlesque, créatrice de la « Tassel Tease Company » et ancienne professeur à l’Ecole des filles de Joie

Venez vous initier aux joies de la performance « new-burlesque » lors de ce cours pas comme les autres ! D’inspiration féministe et underground, ce mouvement artistique aux croisées du strip-tease, du théâtre, de l’humour et du glamour permet à chacune de redéfinir son rapport au corps et à la féminité. Aucun prérequis artistique n’est demandé, si ce n’est de la bonne volonté, et l’effeuillage se fera au rythme de chacun ! Pas d’inquiétude, vous ne montrerez que ce que vous voulez…

Atelier : Présentation de sex toys, par la boutique Passage du Désir

Rappelez vous vos cours d’éducation sexuelle du collège/lycée (si vous avez eu la chance d’en avoir eu): un-e prof d’SVT pas très à son aise, des schémas moches (“le pénis”, “le vagin”), une explication sur la contraception, une autre sur les MST… et puis c’est tout. Vous trouvez ça triste? Nous aussi. Pourquoi ne baser l’éducation sexuelle que sur la prévention, et pas aussi sur le plaisir? C’est le but de cet atelier, qui revient sur des accessoires dont on ne parle que trop peu souvent, alors qu’ils sont un merveilleux outil de plaisir: les sex toys. Cet atelier n’est donc pas à but commercial, mais bien plutôt une occasion d’en apprendre plus sur ces objets, à qui ils sont destinés (filles comme garçons), leurs diverses utilisations, a quelles occasions les utiliser (seul, a deux, a plusieurs), etc. Cet atelier est ouvert à tout-e-s, que vous aimiez les filles, les garçons, les deux, ou aucun des deux d’ailleurs!

Conférence “Réflexions sur la transidentité”

Deux ans presque jour pour jour après le retrait officiel des « troubles de l’identité de genre » de la liste des affections mentales de longue durée, qu’en est-il de la représentation française des transidentités ?

Cette table ronde composée de chercheurs et de militant-e-s trans s’interrogera en particulier sur la représentation des personnes trans dans l’espace médiatique français et reviendra sur les conditions actuelles des protocoles médico-légaux en vigueur. Elle permettra également de s’interroger sur la diversité des parcours trans et des transidentités, tout en situant la question trans au regard de la théorie Queer.

Soirée de fin de Queer Week au Tango: “Queer Cabaret/ Freak show”

La traditionnelle soirée de fin de Queer Week au Tango, la discothèque Queer et pas prise de tête au coeur du marais. Soyez Queer, soyez Freak: si vous êtes zarbis alors vous avez tout compris. Bien sûr, on ne peut que vous suggérer de vous habiller en transsexuels transsylvaniens tendance neo-punk, à l’image de nos invités du Rocky Horror Picture Show (quoi? vous connaissez pas? WI-KI-PE-DIA, c’est un classique). Trans-gressez tout! Et si en sortant de là vous ne savez toujours pas ce que c’est qu’être Queer, on ne peut plus rien faire pour vous.

[Tribune libre] Compassion à 2 vitesses et propagande : Toulouse, Montauban… et Bouguenais ? Et Ris-Orangis ? par Yann Vallerie

[Tribune libre] Compassion à 2 vitesses et propagande : Toulouse, Montauban… et Bouguenais ? Et Ris-Orangis ? par Yann Vallerie

Avant-propos et mise en garde de l’auteur :

La tribune libre qui va suivre ne cherche pas à remettre en cause les souffrances réelles endurées par les familles des victimes de la folie furieuse d’un homme cette semaine, dans le sud-ouest de la France. Elle n’évoque d’ailleurs qu’à peine les faits. J’ai simplement la volonté d’exprimer un point de vue différent de celui qui est jeté en pâture depuis deux jours aux Françaises et aux Français. En ces heures de recueillement pour chaque famille touchée, c’est vers la classe dirigeante qu’il s’agit de diriger sa colère et son dégoût devant la récupération qui est faite de ces drames.

 La France n’a rien à envier à l’Union soviétique et les Français semblent être des veaux ! C’est ce qui pourrait ressortir, à chaud, des évènements meurtriers survenus dans le sud-ouest.

Au-delà des larmes et de la tristesse, de la compassion qu’ont pu entraîner ces assassinats, que ce soit à Toulouse ou à Montauban, il semblerait qu’il y ait, aujourd’hui en France, une hiérarchie dans les crimes et surtout, une volonté politique de récupérer un drame pour distiller une propagande insupportable.

 En effet, à l’heure où un homme abattait des enfants à Toulouse, une semaine après avoir fusillé des militaires à Montauban, un autre homme, Angolais, condamné en 2010 à 5 années de prison, mais libéré (avec bracelet électronique) en 2011, massacrait une jeune femme, en Bretagne, à Vertou, et blessait grièvement deux autres hommes à coup de couteau.

Pendant ce temps, Marcel, retraité de 81 ans, était abattu froidement d’une balle dans la tête à Ris-Orangis par un inconnu.

 Mais pour Marcel, tout comme pour les victimes bretonnes, aucun déplacement présidentiel, aucune conclusion hâtive sur les origines des assassins, aucune condamnation et à peine quelques lignes seulement dans les journaux.

Étonnant non ? Y aurait-il une hiérarchie des victimes ? Il semblerait, si on suit l’écho donné à ces évènements, qu’un enfant  assassiné à Toulouse ou qu’un militaire abattu à Montauban soit plus important pour la République française et ses représentants qu’une jeune femme exécutée en Bretagne un qu’un retraité fusillé en Région parisienne. La médiatisation et le traitement des affaires serait elle différente en fonction des origines et de la religion des victimes ?  Cela n’est pas tolérable. La hiérarchie de la souffrance n’est pas tolérable. Et pourtant, elle est fabriquée de toute pièce, ce qui équivaut à dégoupiller une grenade en ces temps de tensions communautaires exacerbées.

Cette conclusion n’est pas réfutable : c’est le constat de deux journées faites de centaines, de milliers d’articles de presse et de commentaires, d’interventions politiques, de prises de position d’associations.

 Avez-vous entendu Dominique Sopo dénoncer la criminalité chez les Africains suite au meurtre de Bouguenais ? Pourtant, il ne s’est pas gêné pour s’ériger en juge antiraciste, avant même qu’un suspect ait été arrêté dans l’affaire de Montauban.

Avez-vous écouté Nicolas Sarkozy réclamer une minute de silence dans tous les villages de France, suite aux meurtres odieux de Bouguenais et de Ris-Orangis ? Pourtant, c’est ce qu’il a imposé, avec Luc Châtel, dans toutes les écoles de France mardi matin, en mémoire des 4 victimes de Toulouse (et étrangement d’ailleurs, pas un mot non plus, ce matin sur les trois militaires abattus. Cette hiérarchie de la souffrance est vraiment étonnante…)

Avez-vous vu des candidats aux élections présidentielles exiger l’ouverture immédiate du débat sur l’immigration, sur la double peine, sur l’expulsion des délinquants étrangers, suite au meurtre de la banlieue nantaise ?

 La réponse est non. C’est un non dur, un non grave. Un non qui signifie qu’aujourd’hui en France, certaines communautés ont plus d’importance que d’autres. Cela signifie qu’aujourd’hui, certaines communautés sont plus protégées que d’autres également quand on voit les moyens policiers, militaires et civils impressionnants (et rassurants) déployés pour retrouver un assassin. Cela signifie que la jeune Marion, retrouvée dans des toilettes publiques le corps lardé de coups de couteau, ne mérite visiblement pas autant d’hommage que les victimes de Toulouse.

Marion, désolé, mais le président de la République française n’a pas jugé bon de déclarer que « la France entière est touchée par cet acte de barbarie ».

Derrière ces politiciens, toujours à la recherche du paraître et des appels du pied non dissimulés en période électorale, il y a aussi les médias, la quasi-totalité des médias qui depuis deux jours, reprennent les mêmes dépêches, les mêmes rumeurs, portent les mêmes suspicions.

Ces mêmes médias qui, à l’heure où le journalisme d’enquête, de terrain semble disparaître, intentent des procès sans être au courant, sans avoir étudié, sans avoir cherché à élucider, se contentant simplement de reprendre ce que le collègue d’école de journalisme a lui-même repris via les agences de presse.

 Mais les dindons de la farce, ce sont bien les Français. Ces « veaux » comme dirait le Général de Gaulle. Les audiences des journaux TV sont montées en flèche ces deux derniers jours, les mobilisations citoyennes « contre le racisme » se préparent dans toute la France (manipulées par les professionnels de l’antiracisme, subventionnés par les collectivités publiques et donc par les contribuables) et dans tous les foyers, on se laisse prendre au jeu de la recherche d’un assassin dont tout le monde se laisse à penser qu’il serait néonazi ou islamiste, les Français voulant bien se laisser influencer par les discours ambiants et conformistes qui sont diffusés sur toutes les ondes, sur toutes les télévisions, sur une grosse partie de la toile Internet.

 Quelle aubaine à un mois des élections présidentielles de réussir à réconcilier le peuple avec le système au complet, de droite ou de gauche, de toutes confessions, qui est uni (ils ont même mis l’élection entre parenthèses le temps de deux journées) dans la douleur.

Quelle aubaine de pouvoir, par des grands écarts nauséabonds, essayer d’écarter les questions qui fâchent du débat présidentiel, réclamant que chacun « pèse ses mots », et « ne parle plus de ce qui divise les Français »

Traduction : « débattons du sexe des anges, bien que la barbarie soit à nos portes et allons inventer une bête immonde là où rien ne laisse à penser qu’elle soit »

 Certains y verront sans doute une simple coïncidence. D’autres un complot. Quoi qu’il en soit, mieux vaut douter en permanence que d’être spectateur abruti d’une société française, politique et médiatique, qui se plaît à vouloir imposer une pensée unique, un message unique et au final, un pouvoir absolu.

 Une minute de silence sincère hier matin aurait été faite en hommage à toutes les victimes de la folie meurtrière qui a frappé cette semaine en France.

Et elle n’aurait pas été imposée dans les écoles comme s’il y avait une volonté d’embrigader encore et toujours les enfants (le propre des dictatures d’ailleurs).

 Cela n’a pas été fait. Rien n’a été fait. Il s’agit désormais d’en tirer les conséquences et vite ! Pendant ce temps, deux assassins courent toujours !

Gageons que cette histoire permettra au moins de relancer le débat sur la peine de mort pour ces crimes odieux …

 « C’est l’histoire d’un homme qui tombe d’un immeuble de cinquante étages. Le mec au fur et à mesure de sa chute se répète sans cesse pour se rassurer : jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien.

Mais l’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage. »

M.Kassovitz – La Haine

Yann Vallerie

Les partisans de la réunification de la Bretagne se rappellent au bon souvenir de Philippe Grosvalet

Les partisans de la réunification de la Bretagne se rappellent au bon souvenir de Philippe Grosvalet

21/03/2012 – 08h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – Répondant à l’appel du collectif  “44 = Breizh” une cinquantaine de militants bretons se sont retrouvés avant-hier en fin d’après-midi devant l’Hôtel du Département. Objectif de cette manifestation : remettre une motion au président du conseil général de Loire-Atlantique afin de lui rappeler le vote du vœu de cette assemblée en faveur de la réunification de la Bretagne.

Suite aux déclarations de Philippe Grosvalet (PS), il apparait en effet que le processus de mise en œuvre d’un référendum sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne soit bloqué. Le bilan de la réunion, qui s’est tenue le 5 mars dernier, de la commission mixte créée par la Région Bretagne et le Département de la Loire-Atlantique après plus d’un an d’interruption ne répond pas aux attentes sur l’ouverture d’un débat et d’une consultation populaires sur le sujet.

Selon l’actuel président du conseil général, le rôle cette commission se limiterait en effet à « faire vivre le concept de Bretagne historique » en oubliant tant son objectif initial qui est de préparer la réunification que la position prise par les deux collectivités le 28 janvier 2009 sur « la constance de l’engagement des deux exécutifs en faveur de la réunification de leurs territoires. » Une position très différente de celle de son prédécesseur Patrick Mareschal (PS), très engagé – contrairement à son successeur – en faveur de la réunification.

Fait assez rare pour le souligner on remarquait avant-hier, parmi les manifestants présents, des représentants de mouvements bretons de sensibilités très diverses (Bretagne réunie, le Parti Breton, l’UDB, Breizhistance, Jeune Bretagne). Comme le faisait remarquer l’un d’eux : « Peu importe qu’on soit de droite ou de gauche, l’important c’est la réussite de l’objectif commun ».

La motion, préparée par 44=Breizh, a été remise à Philippe Grosvalet. Celle-ci, qui reprend les divers points évoqués plus haut, exige « une prise de position claire de cette institution et des actes concrets pour aller vers la réunification ».Le texte demande instamment « la création d’un véritable établissement public régional prenant en charge l’ensemble des domaines de compétence des différentes collectivités de Bretagne dont celles du Pays Nantais ( jeunesse, transport, formation, ports, foncier, etc..), minimum préalable à une réelle prise en compte de la réunification de la Bretagne et à une évolution démocratique du statut de la Bretagne. »

Au vu des prises de position très jacobines des principaux candidats à la présidentielle, qu’il s’agisse de Nicolas Sarkozy, François Hollande, Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, sans parler des convictions très « ligériennes » de Jean-Marc Ayrault – le véritable « patron » politique de la Loire-Atlantique en ce domaine – ce souhait sera-t-il enfin entendu ?

Crédit photo : Neer, licence cc.

Assassinats de Montauban-Toulouse : les amalgames vont bon train

Assassinats de Montauban-Toulouse : les amalgames vont bon train

20/03/2012 – 18h40
TOULOUSE (NOVOpress) –
Le parcours du psychopathe qui a tué trois militaires à Montauban et quatre membres de la communauté juive de Toulouse, déclenche des réactions sordides. Particulièrement à gauche et à l’extrême gauche. Ainsi, la député communiste Marie-George Buffet accuse le Front National d’être au cœur d’un « climat de tension ». François Hollande profite de l’évènement pour y voir « un certain nombre d’esprits chavirés, bousculés par des thèses qui au départ n’ont l’air de rien lorsque l’on met en cause l’étranger, qui finissent par se retourner contre les Français eux-mêmes ». Pourtant, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a mis en garde contre de telles récupérations politiciennes : « Il y a une exigence que nous formulons, c’est qu’il n’y ait aucune tentative d’instrumentalisation ou d’exploitation de ce drame. Cela s’est produit dans le passé ».


Pour sa part, dès lundi soir, François Bayrou a estimé lors d’un meeting à Grenoble que la tuerie de Toulouse s’enracinait « dans l’état d’une société », et a accusé les responsables politiques qui « montrent du doigt » en fonction « des origines » et font « flamber les passions ». La presse turque s’empare également de l’évènement : « Lorsque les dirigeants politiques mettent devant les yeux du taureau l’image de ceux qui diffèrent de la majorité, la violence monte », estime Ergun Babahan, éditorialiste au quotidien Today’s Zaman. Une occasion également pour extrapoler sur la lenteur de l’adhésion de la Turquie à l’Europe, signe que l’Union européenne voit  « dans les musulmans une menace sur la civilisation occidentale », affirme le journaliste.

Ce terrorisme intellectuel vise à multiplier les amalgames afin de paralyser tout débat sur les questions cruciales pour l’avenir de la France et de l’Europe : identité, islamisation, immigration, etc.

Meurtre d’une adolescente à Nantes : le suspect, un Angolais de 25 ans, a avoué

Meurtre d’une adolescente à Nantes : le suspect, un Angolais de 25 ans, a avoué

20/03/2012 – 17h00 NANTES (NOVOpress Breizh) – Un homme d’origine angolaise a reconnu le meurtre de la jeune fille retrouvée morte hier matin, dans les toilettes publiques de Bouguenais, une commune de la banlieue nantaise. L’individu, considéré comme un « marginal » avait également tenté de poignarder un homme en lui portant un coup de couteau au niveau du cou et agressé violemment un octogénaire à son domicile à Vertou, un village du vignoble nantais proche de Bouguenais.

C’est hier matin qu’un passant, qui voulait utiliser les toilettes publiques, a découvert dans celles-ci une mare de sang. Alertés, les pompiers ont découvert le corps terriblement ensanglanté, partiellement dénudé, de l’adolescente, face contre terre.

« Je suis atterrée, a déclaré à Ouest-France, Michèle Gressus, le maire de Bouguenais. Et je ne peux rien faire d’autre que d’exprimer ma profonde sympathie pour les proches de la victime de ce drame d’une violence extraordinaire. On ne s’attend pas à de telles choses sur un territoire aussi calme et serein. »

La jeune victime, signalée en fugue depuis peu, faisait l’objet d’un suivi de la part des services sociaux du conseil général. Dimanche, elle avait envoyé plusieurs SMS à sa mère, qui réside dans cette banlieue. C’est grâce à son téléphone portable, qui a été retrouvé dans les poches du suspect, que ce dernier a pu être confondu.

Selon Presse Océan, l’homme, âgé de 25 ans, qui réside dans l’agglomération nantaise, était déjà connu de la justice notamment pour des faits de cambriolages et vols divers. Réfugié politique (?) depuis 2005, il avait déjà été condamné à une peine de huit mois de prison avec sursis en 2009 et à cinq ans de prison en 2010. Libéré, il avait l’obligation de porter un bracelet électronique depuis février 2011, bracelet qu’il avait arraché. Le suspect faisait l’objet d’un mandat d’arrêt depuis le 16 mars 2012, soit trois jours avant les agressions et le meurtre.

Crédit photo : David.Monniaux, licence cc.

La guerre au XXIe siècle

La guerre au XXIe siècle

[box] La présente contribution vise à dresser un panorama d’ensemble de la problématique du conflit en ce début du XXIe siècle. Le domaine militaire comme d’autres domaines de la vie sociale a été profondément affecté par les bouleversements intervenus à la fin du XXe siècle : « mondialisation », révolution de l’information, mutation dans les rapports de puissance. De tout temps, l’art de la guerre a été marqué par des transformations profondes, inspirant la réflexion de grands théoriciens. Par les quelques explications suivantes, qui se réfèrent à différentes études publiées, l’auteur de ces lignes souhaite apporter certains éclaircissements pour une meilleure compréhension du phénomène de la guerre dans ses formes actuelles. [/box]

Le conflit asymétrique et la mise en cause de la RMA

Les revers subis par les forces Américaines et leurs alliées sur les deux théâtres où elles furent engagées mais aussi les mécomptes de l’armée Israélienne lors de son offensive en juillet 2006 contre le Hezbollah ont généré de larges développements sur l’asymétrie allant au-delà du strict aspect militaire.

Contestant le dogme d’une primauté de la technologie comme assurance de la victoire, des experts avisés ont ouvert la réflexion, appréhendant le conflit aussi bien dans sa conduite qu’au travers des facteurs politique, sociologique, économique qui pèsent de manière déterminante sur cette conduite.

Bernard Bradie, cité par Cyrille Caron, constate dans un entretien au Monde du 25 août 2007 que : « L’essentiel de la violence internationale ne repose plus aujourd’hui sur l’emploi des forces conventionnelles, mais sur l’expression plus ou moins coordonnée, plus ou moins organisée de violences sociales de toute nature…. On comprendra que la menace se déplace des Etats vers les sociétés».

L’observation est importante puisque de nos jours les guerres opposent rarement des Etats entre eux, dans un affrontement direct, mais des organisations non étatiques à des Etats ou ces organisations entre elles. Ainsi, le conflit, comme acte de belligérance, a basculé dans des tournures multiples où la notion de bataille a disparu et où l’usure par la durée a pris une place déterminante (21).

Depuis plus de cinquante ans, dans un contexte d’affranchissement envers les puissances dominantes et d’altération d’un modèle de l’Etat propre à la pensée occidentale, la violence guerrière a pour expression marquante ces luttes où « l’insurgé », le « rebelle », le « terroriste », « le milicien », usent de moyens bien éloignés des principes westphaliens du droit des gens pour défaire plus politiquement que militairement l’adversaire. Parmi les premiers à appréhender ces guerres subversives et à définir, de manière différente, les moyens d’y faire face figurent David Galula (22) et Roger Trinquier (23). Galula, officier français, qui vécut et mourut dans l’ombre, est considéré comme l’un des meilleurs théoriciens de la contre-insurrection, auteur de Contre-insurrection : Théorie et pratique, auquel des généraux américains se référèrent face à leurs déboires irakiens et afghans.

Ces dernières années, nombreuses furent les études sur ces conflits asymétriques, forme de la guerre subversive, pour lesquels la « solution politique » est le substitut à la victoire militaire. Vincent Desportes remarque que « les vulnérabilités politiques étant devenues l’un des facteurs essentiels de la faiblesse des forts, les restrictions à l’utilisation de notre puissance de destruction vont croissant » (24). En se référant à son analyse, il est possible de mettre en exergue au moins quatre éléments qui distinguent, d’un point de vue politique, les situations respectives des belligérants. Il s’agit du temps, des enjeux, des pertes et de l’attitude des opinions publiques. Ces facteurs sont, bien évidemment, liés.

D’abord, les conflits dits asymétriques s’inscrivent dans la longue durée, perçue, du côté occidental, comme un enlisement, éloignant pour « l’insurgé » la perspective d’une défaite. En termes d’enjeux, le Général Vincent Desportes souligne que « lorsque les intérêts sont élevés, le fort peut adopter un comportement dur facilitant sa victoire ; quand la survie n’est pas en cause l’engagement est moins absolu et moins durable ». La perception des intérêts n’est pas la même pour les gouvernants et les experts de l’analyse géopolitique, d’un côté et la société civile, de l’autre. Le rapport à la mort ayant profondément évolué au sein des sociétés occidentales, celles-ci ne supportent plus que des pertes modestes, lesquelles ne touchent que des soldats professionnels (dans les conflits asymétriques, la proportion des pertes humaines entre les deux camps est en moyenne de un à huit (25). De plus, au-delà de l’émotion suscitée, la mort au feu, risque inhérent au combat, est maintenant susceptible de déclencher l’action judicaire par la plainte des familles. Il est difficile, à ce jour d’en mesurer les conséquences, puisque la seule procédure engagée en France n’est qu’à son début (26). Mais la mise en cause du commandement dans la conduite d’une opération militaire qui n’a opposé que des combattants pourrait avoir des répercussions considérables quant aux règles d’engagement et à l’initiative des chefs. Tout cela, bien sûr, forme une opinion publique qui appréhende les évènements au travers du regard médiatique et du pouvoir de l’image. La brutalité n’étant plus « politiquement correcte », « la coercition n’est plus durablement utilisable en contre-insurrection ». Mais les limites ne valent que pour l’un des camps, elles ne contraignent que le « fort ».

Soumises à l’astreinte politique, les armées occidentales si elles détiennent une suprématie dans le domaine de la technologie, elles n’en présentent pas moins un niveau de vulnérabilité par rapport à celle-ci. Les dernières innovations civiles, d’un usage aisé, sont largement diffusées à travers la planète autorisant le développement d’armes artisanales d’une redoutable efficacité (27). En outre, certaines milices et groupes de guérillas sont équipées d’armes performantes en dotation dans les armées les plus modernes. Ce fut le cas, notamment, du Hezbollah face à l’armée Israélienne lors de son offensive de juillet 2006. Ainsi, d’une certaine manière l’avantage technique des armées occidentales est tempéré par de « menus transferts de technologie » qui accroissent le risque et peuvent « les conduire à prendre des mesures de protection sans commune mesure avec la menace réelle ».

Au vu de ces constats, la prééminence de conflits non conventionnels où l’adversaire adopte selon les termes du Général Vincent Desportes « une stratégie de contournement » conduirait à mettre en cause la pertinence de la RMA. Cependant, il faut être attentif au sens donné à celle-ci. Lorsqu’elle est vue comme une transformation totale de la guerre où la technique est en elle-même l’instrument de la victoire, elle ne saurait répondre aux attentes. En revanche, si elle est considérée à sa juste place, c’est-à-dire une disponibilité de l’information pour une aide à la décision, alors elle est susceptible de constituer un atout majeur, sachant que tous les systèmes utiles ne sont pas encore créés.

La guerre probable

Dans le prolongement des réflexions précédentes et en les élargissant, le Général Vincent Desportes a introduit la notion de Guerre probable , titre d’un livre qu’il a publié en 2008. Elle est définie comme « la guerre irrégulière, celle qui se moque de nos meilleures technologies et se conduit, par dessein autant que par nécessité, au cœur de nos sociétés », non plus entre les sociétés. Cette guerre probable, « guerre d’adaptation », se conduit au sein des populations devenues actrices et enjeux majeurs des conflits, ceux-ci relevant alors de l’ordre asymétrique.

Si l’essai du Général Desportes caractérise la guerre probable sous ses différents aspects et qu’il exprime, là encore, une appréciation sur le rôle dévolu à la technologie, allant à l’encontre de la « vraie nature de la guerre », il vaut aussi par ses prémisses. En vertu de « la règle fondamentale du contournement », l’adversaire, altérité, nullement assujettie aux normes édictées par son rival, a la faculté de renverser une situation au moyen d’une « surprise stratégique ». Il est nécessaire de s’y préparer en restant ouvert à toutes les éventualités.

Les guerres nucléaires et les guerres classiques demeurent des possibilités que le maintien d’arsenaux adaptés permet de prévenir. La guerre la plus « probable », celle à conduire « au sein des populations », asymétrique, suppose de développer, en parallèle, les moyens conventionnels correspondants. Mais il ne faut pas exclure « un affrontement du fort au fort » où l’adversaire pour obtenir l’ascendant usera d’une « surprise stratégique (28) », évitant l’action symétrique et tous ses effets de puissance par une réduction des fondements de celle-ci en recourant, par exemple « à des attaques informatiques ou à des armes à impulsion électromagnétique ». Vincent Desportes remarque que cet adversaire « agira de manière préférentielle dans des espaces hors limites ».

La Guerre hors limites (29) est, justement, le titre d’un ouvrage de deux colonels Chinois : Qiao Liang et Wang Xiangsui. Dépassant la notion traditionnelle du combat pour lequel sont développés des « armes de conception nouvelle », ils avancent l’idée de « nouveau concept d’arme ». Elle relève « d’une vision des armes au sens large, qui considère comme armes tous les moyens qui dépassent le domaine militaire mais qui peuvent être utilisés au combat ». « Tout ce qui peut bénéficier à l’humanité peut aussi lui nuire ». La guerre peut alors recouvrir d’autres formes : la guerre commerciale, la guerre financière, la nouvelle guerre terroriste (effraction de réseaux informatiques, par exemple), voire la guerre écologique. L’objectif demeure d’assujettir l’adversaire à sa propre volonté. « Ceux qui sont experts dans l’art de la guerre soumettent l’armée ennemie sans combat… (30)» écrivait Sun Tzu.

Les sociétés militaires privées

Les sociétés militaires privées (ou SMP), phénomène particulièrement étudié en France par Georges-Henri Bricet des Vallons, sont des prestataires de services dans les domaines de la sécurité et de la défense à l’attention des gouvernements mais aussi des organisations internationales, des ONG ou de simples entreprises privées. Elles ont connu une expansion notable depuis le début du siècle avec les interventions américaines en Irak et en Afghanistan.

Le recours au mercenariat n’est pas une pratique nouvelle. Dans l’Antiquité, les Dix Mille, des Grecs (Xenophon, l’Anabase), servirent le Perse, Cyrus le Jeune luttant pour s’emparer du trône de son frère Artaxerxès II. Les Grandes compagnies acquirent une triste célébrité durant la guerre de Cent ans et les condottieres, chefs d’armées de mercenaires, mirent « leur art et leur expérience » au service des Républiques italiennes de la Renaissance. Au début des années soixante après l’indépendance de l’ancien Congo Belge, Moïse Tshombé fit appel à des mercenaires, « les affreux », pour assurer la défense du Katanga en sécession. Il s’agissait encore à cette époque de l’aventure individuelle de « soldats de fortune ».

Sensiblement réduit dans ses effectifs, entièrement composés par des professionnels, l’armée Américaine pour mener ses missions et, particulièrement ses interventions extérieures, en Irak et en Afghanistan a fait largement appel à des sociétés militaires privées (SMP). Si le mercenariat traditionnel n’a pas totalement disparu, il s’y substitue une logique d’entreprise capitaliste où des sociétés privées prennent en charge des fonctions assurées exclusivement, auparavant, par l’armée ou des services de sécurité officiels. Cette politique, qui vise à diminuer les coûts, n’est pas sans rapport avec la conception économique libérale, dominante depuis les années quatre vingt, aux termes de laquelle l’Etat est amené à renoncer à l’exercice direct de prérogatives traditionnels. Ainsi Georges-Henri Bricet des Vallons (31) note : « Hormis les opérations offensives et les structures de dissuasion nucléaire, tous les services militaires sont devenus externalisables ». Pour l’Afghanistan et l’Irak, il précise que les trois-quarts des sociétés ayant obtenu des contrats interviennent dans les domaines de « la sécurité statique, la protection des convois et la sécurité rapprochée ». Il n’empêche que des missions plus sensibles peuvent être dévolues à ces SMP comme l’interrogatoire de prisonniers, le recrutement et la formation de milices (au Kurdistan irakien) ou le repérage de cibles à la frontière du Pakistan.

L’organisation n’est pas sans dérive. En Afghanistan, le recours à des entreprises locales pour assurer la sécurité des convois d’approvisionnement de l’armée américaine aboutit à un financement indirect des « milices talibanes » par le contribuable américain (10% à 20% du montant des contrats conclus, à l’origine, par l’administration américaine avec huit sociétés privées – contrat HNT – seraient ainsi versés à l’insurrection soit des sommes supérieures à celles allouées pendant l’occupation soviétique (32).

Concernant la France, Bricet des Vallons note l’absence d’un « marché des sociétés d’appui stratégique » alors qu’elle est engagée comme les Etats-Unis dans un processus de réduction des effectifs de son armée et que celle-ci ne dispose que de « très faibles capacités de projection ». Le risque, à terme, est d’être obligé, faute de prestataires nationaux, de faire appel à des entreprises anglo-saxonnes. Cette situation tient, pour une grande part, à des réticences face à ce qui est considéré par certains comme une perte de souveraineté.

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« Vers la paix perpétuelle » écrivait Kant en 1795 alors que l’Europe basculait, par le fait de la Révolution française, dans une conflagration générale. Après les deux guerres mondiales et l’issue de la guerre froide, des penseurs comme des responsables politiques, aux Etats-Unis (répondant souvent à des intérêts bien compris) et en Europe (animés par un réel idéalisme), ont imaginé que l’extension de la démocratie et d’un corollaire supposé, l’économie de marché, ouvrait la voie vers la fin des affrontements armés entre les peuples. Certes, aujourd’hui les probabilités de guerres entre les Etats-nations traditionnels paraissent bien éloignées. Au sein des nations occidentales, les populations ne sont aucunement disposées à une telle éventualité ; l’intensification des échanges économiques est la source d’une compétition pas d’une opposition militaire directe ; enfin la dissuasion nucléaire mais aussi celle résultant de l’utilisation de moyens conventionnels de haute technologie rendent abstrait l’acte de belligérance entre grandes puissances. Pour autant, le conflit armé demeure comme mode d’expression des antagonismes ; la violence est l’un des caractères de la nature humaine.

Les armées occidentales, forgées depuis l’Antiquité à la bataille où elles ont dominé, le plus souvent, par leur capacité d’organisation et l’innovation technique, sont maintenant impliquées dans des formes de conflit où la victoire militaire, difficile voire impossible à atteindre n’est pas l’objectif final. Celui-ci est d’ordre politique et il vise à créer ou à restaurer des Etats de droit conformes aux conceptions valant dans nos sociétés. L’adversaire qui évolue « au sein des populations », pouvant recueillir leur appui comme les terroriser, dispose du temps, est peu sensible à ses pertes et profite de la lassitude d’une opinion publique occidentale facilement émue au vu des images offertes par l’univers médiatique. Au-delà de la seule guérilla, phénomène strictement militaire, ces conflits ont une dimension d’ensemble que le concept d’asymétrie permet d’appréhender dans ses différents éléments.

Les Etats-Unis ont cru, un moment, que leur suprématie scientifique et technique leur permettrait de réduire tout adversaire possible. La Révolution dans les affaires militaires a été un échec sous l’angle d’une théorie de la domination absolue. En revanche, les outils qu’elle suppose et qui touchent à la gestion de l’information sont des instruments indispensables dans la conduite des opérations présentes et futures.

La guerre, pour les peuples occidentaux, particulièrement européens, est devenue une perspective éloignée, voire anachronique. Changeant de visage, distante dans l’espace, en dehors des préoccupations de la société, elle est, pour l’essentiel, une affaire de professionnels et d’experts. Seules les images interpellent, le plus souvent pour susciter l’émotion et l’assentiment pour une cause. Pourtant, demeure l’impératif de défendre ses intérêts et ses conceptions, au besoin par la violence armée, dans un monde où de nouvelles forces ont émergé, décidées à s’imposer les unes par rapport aux autres mais aussi à notre détriment.

Dans ce contexte, adapter les doctrines, fournir les moyens militaires correspondants, mais surtout disposer d’une vision politique fondée sur la constance des réalités humaines, tel est l’enjeu.

Michel Leblay

Notes de l’auteur :

(21) La dernière guerre de mouvement classique où les adversaires agissaient dans un rapport équivalent fut probablement celle du Kippour d’octobre 1973. Il y eut aussi la guerre des Malouines, en 1982, où les Britanniques montrèrent une maîtrise exemplaire dans la projection de forces. Les huit années d’hostilités entre l’Irak et l’Iran, marquées par de très lourdes pertes de part et d’autre et l’emploi d’un matériel conséquent, ne donnèrent lieu à aucune percée majeure. Quant aux deux guerres menées contre l’Irak en 1991 et en 2003, elles aboutirent, dans une totale disproportion des forces, pour la première à un cessez le feu rapide, pour la seconde, dans sa phase conventionnelle à un écroulement de l’armée irakienne.
(22) David Galula, saint-cyrien, radié des cadres en 1941 en application du statut des juifs, fut envoyé au Maroc (les officiers juifs étant affectés à l’étranger afin d’être soustraits à la répression de l’occupant). Au sein de l’armée d’Afrique, il participa aux combats de la Libération. Après des séjours en Chine, dans les Balkans, à Hong-Kong, il commanda en Algérie une compagnie d’infanterie de 1956 à 1958 où il appliqua les méthodes de contre-insurrection. Terminant sa carrière avec le grade de Lieutenant- colonel, il enseigna aux Etats-Unis avant de revenir en France où il mourut en 1969.
(23) Le colonel Trinquier a, entre autres, commandé, le 3ème RPC en mai 1958, l’un des trois régiments de la 10ème DP ; il succédait à Marcel Bigeard.
(24) Voir l’article du Général Vincent Desportes – Peut-on encore gagner une guerre ? – Défense & Sécurité Internationale n° 77 octobre 2011.
(25) Idem note 22.
(26) Cette procédure fait suite à l’embuscade d’Uzbin, le 18 août 2008, où un groupe de talibans accrocha une section du 8ème RPIMA, causant la mort de neuf soldats français.
(27) Notamment les engins explosifs improvisés, IED selon l’acronyme anglais.
(28) Pour une analyse critique de la notion de « surprise stratégique », voir l’entretien avec Corentin Brustlein – Défense & Sécurité Internationale n° 79 Mars 2012.
(29) Editions Payot & Rivages
(30) Cité par Vladimir Volkoff dans son roman Le Montage – Editions Julliard 1982.
(31) Voir l’entretien donné au site Theatrum Belli par Georges-Henri Bricet des Vallons à l’occasion de la publication de son livre Irak, terre mercenaire– http://www.theatrum-belli.com/archive/2010/02/07/en-librairie-irak-terre-mercenaire-les-armees-privees-rempla.html
(32) Voir article de Georges-Henri Bricet des Vallons « La paradigme de Watan » publié dans Défense & Sécurité Internationale n° 66 Janvier 2011 – Synthèse de l’article par Michel Leblay Polémia 14 février 2011.

[box class=”info”]  Source : Polémia. [/box]

Crédit photo : U.S. Navy, domaine public.

« Justice » : une tentative d’enlèvement d’enfant jugée pour « violences volontaires »

« Justice » : une tentative d'enlèvement d'enfant jugée pour « violences volontaires »

Le 15 juin 2011, dans le quartier du Peloux à Bourg-en-Bresse, un garçon de 5 ans qui jouait sur une aire de jeux avait été enlevé par un homme. C’est la sœur de l’enfant, une adolescente de 13 ans qui avait rattrapé l’agresseur et réussi à lui faire lâcher son frère. Le père avait ensuite réussi à mettre en fuite l’homme qui essayait de pénétrer dans l’appartement familial. Une demi-heure plus tard, Dominique Plasson, 58 ans était interpellé par la police. Plasson était suivi par une équipe psychiatrique et était dépendant à des médicaments. Néanmoins suffisamment conscient et au courant des parades juridiques, ce dernier avait évoqué « un trou noir » par rapport aux faits. Une amnésie « simulée », selon un premier expert psychiatre mais consécutive à la prise de médicaments selon un deuxième.

En janvier dernier, le juge d’instruction, suivant les réquisitions du procureur, a décidé de renvoyer Dominique Plasson devant le tribunal correctionnel pour de simples « violences volontaires » sur le garçon et sa sœur. Une tentative d’enlèvement équivaut donc aux yeux de la justice à une baffe, puisqu’en janvier 2011 une mère de famille avait été condamnée pour « violences volontaires » après avoir giflé sa fille. Justice variable ? Il semblerait. La famille du petit garçon réclame la cour d’assises et a fait appel devant la chambre de l’instruction qui a ordonné une nouvelle expertise psychiatrique.

« Pour moi, il est évident qu’il n’a rien à faire aux assises. Une prise de médicaments suprathérapeutique a amené une confusion extrême chez lui et entraîné une amnésie », estime Bertrand Génaudy, l’avocat de Dominique Plasson. Une vision du dossier fermement combattue par David Metaxas, l’avocat de la famille. « Mon but ce n’est pas de l’envoyer quinze ans en prison, mais de le juger pour ce qu’il a fait. Il faut faire du droit et considérer ce qu’aurait aimé faire cet homme. Ce n’est pas honnête intellectuellement de dire qu’il s’agit de simples violences, comme mettre une tarte à un enfant. […] Quelle responsabilité portera la justice si cet homme récidive ? »