Coronavirus en France : «Il faut sortir de cette bureaucratie qui nous ralentit depuis le début»

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08/04/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Alexandre Devecchio livre son analyse sur la stratégie de confinement mise en place dans certains pays européens, et sur la situation française.

Commentant le déplacement d’Emmanuel Macron à Pantin, il estime notamment que cette opération de communication, qui a généré un attroupement, risque de se retourner contre lui à cause du signal de légèreté qu’elle renvoie.


Attestation de sortie numérique – Encore un revirement du gouvernement

Elle est un peu à l’image de la manière dont notre gouvernement gère la crise du coronavirus depuis ses débuts : d’abord autorisée puis jugée non valable, l’attestation de sortie numérique est finalement légale depuis lundi matin. Retour sur ce nouveau revirement de l’exécutif, qui s’explique sans doute davantage par son incapacité à doter les forces de l’ordre de masques et de protections que par une réelle volonté d’assouplir le dispositif.

Une gestion au jour le jour

C’était le 16 mars dernier. Apportant quelques précisions pratiques après l’annonce par le président de la mise en place du confinement dans notre pays, Castaner indiquait que les personnes autorisées à sortir devraient être en mesure de présenter l’attestation de sortie dérogatoire imprimée ou, pour celles ne disposant pas d’imprimante, une version manuscrite sur papier libre, ou de présenter le fameux justificatif sur téléphone. Or, deux jours plus tard, le gouvernement faisait marche arrière : prétextant un risque de collecte de données personnelles par des sites frauduleux, le ministère de l’Intérieur n’autorisait finalement que les attestations imprimées et celles rédigées sur papier libre. Cependant, après trois semaines de confinement, nouveau revirement : l’attestation numérique redevient valable…

Une valse-hésitation qui n’est pas sans rappeler celle que nous avons connue avec les masques, dont le gouvernement, après nous avoir d’abord répété qu’ils étaient inutiles, envisage maintenant de rendre leur port obligatoire ! Un projet qu’il aura bien du mal à concrétiser, quand on sait qu’il est déjà incapable de fournir des masques aux personnels soignants et autres forces de l’ordre chargées de contrôler lesdites attestations. Sans doute faut-il voir d’ailleurs dans cette soudaine mise à la disposition des Français d’une attestation numérique la volonté du gouvernement d’apaiser la colère qui agite depuis des semaines les forces de l’ordre, plus que le désir d’apporter, comme l’a affirmé Castaner, « un peu de souplesse » au dispositif.

Une réponse à la colère des policiers

Quoi qu’il en soit, cette attestation numérique présente effectivement un certain nombre d’avantages. Outre le fait qu’elle évite de multiplier les impressions pour les gens amenés à sortir souvent, elle permet aux policiers de respecter les mesures barrières lors des contrôles et d’éviter la manipulation de documents éventuellement contaminés. Pour vous la procurer, il vous suffit de vous rendre sur le site du ministère de l’Intérieur, de cliquer sur « générer » une attestation, et de renseigner le formulaire qui vous est soumis. Après quoi, vous cliquez sur le bouton « Générer mon attestation », et un fichier PDF est alors automatiquement enregistré dans votre téléphone. En cas de contrôle par les policiers, il vous suffira de présenter votre smartphone avec l’attestation téléchargée.

Celle-ci disposant d’un QR Code, les policiers scanneront ce symbole carré avec un appareil équipé de l’application CovidReader, et auront alors accès aux informations contenues dans votre attestation directement sur leur terminal. Un dispositif certes pratique, mais qui suscite aussi l’inquiétude d’un certain nombre de nos compatriotes, qui craignent d’être ainsi surveillés. Cependant, à en croire les spécialistes du numérique, il n’y aurait pas de risque de fichage de vos données personnelles ou de vos déplacements. Ce qui constitue un défaut d’ailleurs pour l’association Gendarmes & Citoyens, qui, dans un communiqué publié dimanche, a regretté, non sans raison, que cette application ne croise pas les informations avec celles d’autres fichiers, et notamment avec celles contenues dans le fichier des personnes recherchées.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 7 avril 2020

Nicolas Dhuicq, après l’attentat islamiste de Romans : “Ce n’est pas parce que l’on vient d’une zone où règne la misère qu’on est automatiquement animé des meilleures intentions”

Nicolas Dhuicq, ancien député, maire de Brienne-le-Château mais aussi docteur psychiatre, réagit après l’attentat de Romans-sur-Isère.

Abdallah Ahmed-Osman, le réfugié clandestin soudanais qui a agressé et tué des passants au hasard dans la ville de Romans-sur-Isère aurait souffert du confinement. Il aurait été aigri par le confinement, ce qui expliquerait son passage à l’acte malgré des références évidentes à l’islamisme. Le confinement peut-il justifier un tel passage à l’acte ?

Absolument pas, naturellement. L’explication paraît particulièrement oiseuse et comique, si cela n’était pas aussi tragique et s’il n’y avait pas eu mort d’homme. Cela ne peut absolument pas justifier un tel acte.

Il était décrit comme timide, souriant, aimable et très discret. Le voisin idéal… Mais finalement, cela se termine en Allah akbar et en attentat. Tous les attentats commis sur le sol français semblent avoir tous exactement le même scénario…

Cela doit nous rappeler à plusieurs principes de réalité. D’abord, permettez-moi de rappeler que la lutte contre l’islam radical politique devrait se faire sur trois axes. Le premier axe est une question de politique étrangère. Il faut se souvenir en particulier que nous devrions plutôt appuyer ceux qui, en ce moment, mènent une véritable guerre contre les islamistes plutôt que de systématiquement les critiquer sans comprendre ce qui se passe sur le terrain. Je pense à l’armée syrienne avec l’appui russe.
Le deuxième axe est civilisationnel et beaucoup plus profond. Il faut absolument réenchanter le monde et réenseigner le roman national à tous les enfants dans ce pays, pour qu’ils tirent une fierté d’être Français. C’est alors qu’ils se nourriront profondément et pourront s’ouvrir aux autres et non pas de faire une bouillie pseudo-humaniste de pacotille, avec des discours d’ouverture à des personnes qui, pour une grande partie d’entre eux, n’ont rien à voir avec le conflit syrien. Je parle des personnes qui sont arrivées ces dernières années sur le territoire de l’Union européenne et dont une partie peut très bien être des agents dormants ou des gens qui sont dans ce qu’on appelle la taqîya. Par cette dissimulation, ils pourraient très bien chercher à poursuivre ce but politique qui consiste à établir sur la planète un nouveau califat, dans ce rêve complètement fou d’un retour aux temps rêvés autour du prophète. Beaucoup d’ouvrages sur la mort du prophète, sur les premiers califes et les ouvrages d’Adonis sur la violence de l’Islam devraient être lus par nos responsables politiques qui sont malheureusement totalement incultes.
Le troisième axe est beaucoup plus pratique. Ce serait d’avoir moins de naïveté et de sélectionner davantage les personnes à l’entrée du territoire national. On pourrait se souvenir que ce n’est pas parce que l’on vient d’une zone de conflit ou d’une zone où règne la misère qu’on est automatiquement animé des meilleures intentions du monde. Il serait bien de cesser de psychologiser à outrance.

Le confinement aggrave-t-il les pathologies des personnes souffrant de troubles psychiatriques ?

J’aurais trois niveaux de réflexion concernant cette question. Tout d’abord, je voudrais rappeler la grande abnégation et le grand travail effectué par les unités d’hospitalisation en psychiatrie. Leurs moyens sont comme toujours insuffisants. Je rappelle que la schizophrénie touche 1 % de la population générale. Toute famille peut être touchée. Pour la minorité de ces patients qui ont besoin de vivre à l’hôpital et ne peuvent pas vivre ailleurs, nous manquons de lits et de moyens. C’est très difficile pour eux, car ils ne peuvent plus pratiquer leurs activités habituelles et n’ont pas forcément les moyens psychiques de comprendre ce qui se passe, d’autant plus que les soignants portent des masques et pas eux. C’est donc très angoissant pour eux.
Le deuxième niveau de réflexion est celui des personnes plus fragiles qui sont contraintes au confinement. Même pour une personne solide qui vit dans 40m2 dans une banlieue sans possibilité de sortir avec deux enfants qui ont besoin d’être occupés, c’est évidemment très difficile. De ce fait, on peut donc craindre des décompensations en terme médical et la résurgence du fait de l’espace de conflits intra-familiaux qui étaient jusqu’à présent atténués.
Je tiens au troisième niveau de réflexion. Ce n’est pas pour autant qu’il faut absolument rentrer dans cette espèce de discours pseudo-humaniste qui consiste à créer des numéros d’urgence dans tous les sens. D’abord, nous n’avons pas assez de soignants et en plus cela n’est pas un exosquelette, comme pour la sécurité c’est-à-dire plus de policiers et plus de psychiatres, qui va remplacer l’absence de structures et de solidarité interne dans nos populations. On revient une nouvelle fois à la question culturelle. Il faut avoir des programmes exigeants intellectuellement aux heures de grandes écoutes sur les services publics de radio et de télévision. Il faut éviter d’abrutir notre population et de lui faire croire qu’elle peut avoir une satisfaction immédiate de tous ses besoins. C’est une grande politique culturelle qu’il faudrait mener.

On dit souvent qu’il y aura un avant et un après l’épidémie de coronavirus. Cet attentat nous rappelle les faiblesses de nos sociétés, avec l’absence de frontière ou de contrôle, et la délégation de nos services publics, comme la fabrication de médicaments ou la sécurité. À l’issue de ce confinement, notre société pourrait-elle changer ?

Depuis plusieurs années, une de mes préoccupations est celle de la politique des médicaments génériques. Finalement, cela encourage nos entreprises à ne faire que des copies, car elles n’ont pas forcément les moyens en investissement et en recherche. On revient à la question du plan tel qu’il était pratiqué en France auparavant. Je pense que mon ami Henri Guaino en parlerait plus savamment que moi.
Nous revenons aussi à la question des indicateurs économiques qui sont remis en cause, comme le produit intérieur brut qui a été inventé à la demande du président Roosevelt, au moment de la grande crise économique aux États-Unis pour mesurer les effets de la crise. On voit beaucoup d’économistes remettre en question son bien fondé. Cela revient surtout à considérer que tout ne peut pas être donné au marché. Dans ce que vous avez évoqué, il y a le principe d’externalisation qui a touché également nos armées. Je donne un exemple pour l’armée britannique qui en est revenue. Lorsque les obus tombent, un médecin militaire reste. En revanche, un médecin civil sous contrat s’en va et démissionne. Nos surveillants de l’administration pénitentiaire ont vu pour les transfèrements des sociétés privées prendre les contrats pour transporter les prisonniers. Il y a quelques années, des surveillants ont failli être tués parce qu’ils étaient seuls à l’arrière avec un détenu extrêmement violent qui a essayé de les saigner littéralement. Le chauffeur n’étant pas de l’administration pénitentiaire, il n’était ni armé ni capable d’intervenir. Cette crise doit nous faire revenir au régalien, à la remise en cause des indicateurs économiques et faire changer la vision de la croissance et de l’exploitation des matières premières. C’est un sujet très vaste. Je crains que l’actuel gouvernement ne soit pas équipé psychologiquement et intellectuellement pour le faire.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Pistage des citoyens par les technologies numériques : l’analyse d’Eric Sadin

07/04/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Eric Sadin, philosophe, spécialiste du numérique, était l’invité de RT France pour évoquer le pistage des citoyens.

Il analyse ainsi les possibles implications de la mise en place d’un traçage numérique des Français dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.


France confinée : gare à l’effet cocotte-minute !, par Ivan Rioufol

Le confinement de la colère française ne la fera pas disparaître. Il est certes facile de critiquer le gouvernement et d’aligner les “yaka” et les “faukon” dans ses charentaises. Je reconnais la difficulté pour un pouvoir d’avoir à gérer une épidémie jusqu’alors inconnue. Le peuple lui-même a aussi, forcément, sa part dans ce monde atteint par la médiocrité et la confusion intellectuelle. Il n’empêche : la macronie n’a pas son pareil pour accumuler les mensonges, les jactances et les fièvres despotiques. Quand le préfet de police de Paris, Didier Lallement, dérape vendredi en assurant (avant de s’en excuser) que les patients atteints du Covid-19 et en réanimation auraient dû respecter le confinement, sa posture martiale et casquettée relève d’une fanfaronnade de petit pion.

Quand, le même jour, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, touitte que le gouvernement réunit les plateformes numériques “pour lutter contre les fausses informations et les contenus haineux” et dit vouloir promouvoir “la bonne information“, elle confirme l’incapacité du pouvoir à mesurer ses propres fautes. Car c’est bien le gouvernement, et Sibeth Ndiaye en tête, qui ont abusé les gens en assurant, avant de se dédire, que les frontières nationales ne servaient à rien pour réduire l’épidémie, pas plus que les masques de protection ou les tests de dépistage. Comment prétendre porter une “information fiable” (Adrien Taquet, ministre LREM) après avoir trompé l’opinion à ce point ? Entendre Emmanuel Macron, le 31 mars, traiter d’ “irresponsables” ceux qui le critiquent laisse voir ce qu’est cette “macrocrature“, souvent dénoncée ici, qui déshonore la démocratie. Comment ne pas être gagné par l’indignation ?

La grande mascarade s’accroche aux basques de Macron. Plus que jamais, la remarque du moraliste colombien Nicolas Gomez Davila résume l’effondrement contemporain : “Toute époque finit en mascarade” (1). L’ironie du fiasco de la théâtrocratie macronienne tient à ses palinodies à propos de l’utilité… des masques. Si le sujet n’était tragique depuis que la ville italienne de Bergame a été la première touchée, il faudrait relire Verlaine (Les Fêtes galantes) : “Votre âme est un paysage choisi que vont charmant masques et bergamasques (…)“. Après avoir écouté le professeur Jérôme Salomon assurer à plusieurs reprises, dans ses glaçants points de presse quasi-quotidiens, que les masques ne servaient à rien pour les usagers de la rue, le voici qui déclare désormais : “Peut-être qu’un jour nous proposerons à tout le monde de porter une protection“.

Quand il sera trop tard ? Après avoir assuré que les tests n’étaient pas utiles pour tout le monde, le ministère de la Santé vient de permettre, pour ce lundi, à des laboratoires non hospitaliers (y compris vétérinaires) de les pratiquer enfin. Mais pourquoi cette perte de temps! Dans Le Figaro de ce lundi, trois grands noms de la médecine recommandent d’appliquer contre le Covid-19 la méthode du professeur marseillais Didier Raoult, qui se heurte encore à des obstacles administratifs et à des querelles de chapelle perpétuées par l’indécision des pouvoirs publics. Et tandis que la France sanitaire s’écroule, la terreur islamiste poursuit parallèlement son œuvre. Cette fois, c’est à Roman-sur-Isère qu’un réfugié soudanais hurlant : Allah Akbar ! a égorgé au couteau, samedi, Thierry et Julien. Gare à l’effet cocotte-minute de la France confinée !

(1) Réflexion qui a inspiré le titre de mon livre : Macron, la grande mascarade (L’Artilleur, 2017), réédité depuis sous le titre : Macron, de la grande mascarade… aux gilets jaunes (L’Artilleur, 2019)

Ivan Rioufol

Texte daté du 6 avril 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Dans une interview, Didier Raoult affirme toujours l’efficacité de la chloroquine et dénonce une perte de temps de toutes études sur le médicament

Masques : l’information n’est pas confinée !, par Philippe Bilger

Sans doute l’angoisse que propage le coronavirus, les nombreux morts, le tour de force quotidien des personnels soignants, les services de réanimation qui poussent leurs limites, les interventions nombreuses du pouvoir – président de la République et Premier ministre -, la controverse sur les masques et l’interrogation sur l’utilité du confinement, créent-ils une atmosphère particulière qui depuis plusieurs semaines, en tout cas encore plus intensément depuis le 16 mars, conduit les médias à focaliser naturellement sur un seul sujet, à être plus suivis qu’à l’ordinaire et à passionner par des explications et des investigations dont le caractère technique aurait pu être rébarbatif.

Je songe surtout à la discussion qui ne cesse pas sur le manque de masques (avec le stock pléthorique abandonné en 2011 et en 2013), sur les responsabilités des uns et des autres, notamment pour la période du mois de janvier au mois de mars de cette année qui pour un esprit s’espérant honnête montrait les efforts du gouvernement et des services administratifs et médicaux compétents pour combler la pénurie. On n’avait plus de masques, on poussait les feux pour en fabriquer le plus possible.

Chaque jour l’information apportait une nouvelle pierre à cette incroyable polémique au point que mon billet du 2 avril au matin, duquel je n’avais pourtant rien à retirer, était peut-être trop optimiste à cause de ce que je pouvais lire dans l’après-midi de cette même journée.

Puisque Mediapart publiait une très longue enquête fondée à la fois sur une documentation officielle et des sources confidentielles, fouillée, impressionnante et accablante pour le pouvoir si on se réfère à son titre : “Masques : les preuves d’un mensonge d’Etat”.

Durant ces semaines, l’information n’est non seulement pas confinée mais incroyablement rapide, vivace, déroutante, profonde. On sent que, plus nous sommes enfermés, parce qu’il le faut, entre nos quatre murs, plus elle se libère, explique, se contredit, est contrainte au pluralisme, est obligée d’écouter, s’abandonne à une modestie rare et se demande ce qui se passera quand le déconfinement assuré dans des conditions satisfaisantes, le pouvoir et l’opposition se retrouveront face à face et que le temps des comptes commencera.

Mediapart a accompli un travail remarquable même si on peut le juger impitoyablement à charge mais les pièces sont présentées et offertes. L’enquête nous fait entrer dans les coulisses étranges, erratiques, désordonnées et toutes d’amateurisme d’une action de trois mois qui nous semblait énergique, cohérente et efficace. Il y avait eu la faillite d’hier mais aujourd’hui on ne pouvait pas se permettre de douter d’une équipe politique et technique forcément performante.

Mais l’information a circulé, on ne pouvait pas la confiner.

Et je me pose une double question.

La première : même si les avis divergent sur le besoin de masques chirurgicaux à l’air libre, peut-on cependant considérer que les officiels chargés de la pédagogie sanitaire ont soutenu qu’ils ne servaient à rien, non par conviction ni savoir mais seulement parce que la France n’en disposait pas et qu’il convenait donc de nous démontrer que cette pénurie, dont le gouvernement actuel n’était pourtant pas coupable, n’était pas préjudiciable ?

La seconde : les masques, un mensonge d’Etat ? Ou plutôt le paroxysme d’une incurie française souvent observée mais gravissime dans une lutte contre un fléau inédit avec ses conséquences mortifères.

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En plein confinement, Marine Le Pen dénonce la multiplication des appels à la prière islamique

06/04/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Samedi, Marine Le Pen a dénoncé “une nouvelle escalade dans l’occupation illégale du domaine public par voie sonore“. En effet, certaines mosquées profitent du confinement pour faire retentir par haut-parleurs l’appel à la prière en France…

Marine Le Pen demande clairement à Christophe Castaner « de faire cesser ces nuisances sonores par une stricte et rapide application de la loi et s’il le faut par des poursuites judiciaires », sans quoi le pays pourrait se laisser dériver « vers des situations qui seront de plus en plus difficilement maîtrisables ».

Marine Le Pen cite notamment les mosquées de Lyon et Valentigney (Doubs) :

Nous assistons ainsi à une nouvelle escalade dans l’occupation illégale du domaine public par voie sonore par des groupements qui cherchent à saisir toute occasion de repousser les principes de laïcité de notre République et, ainsi, défier ouvertement l’Etat républicain


Covid-19 – La mise sous cloche de la population ne fait pas l’unanimité

06/04/2020 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
La restriction de la liberté d’aller et venir semble de moins en moins bien supportée par nos compatriotes, d’autant que les interdictions se multiplient et se durcissent : celle de partir en vacances par exemple ou celle de pouvoir accéder à une location. Ainsi de nombreuses communes bretonnes ont interdit la location saisonnière à titre onéreux ou gratuit. Par ailleurs, les verbalisations atteignent un niveau record et mobilisent les forces de l’ordre au détriment des autres missions. La déferlante répressive rappelle à certains des mesures prises à l’encontre des Gilets Jaunes.

Et comment cela se traduit-il ?

Les représailles contre la police s’intensifient : une voiture de gendarmes a été brûlée à Beaugé dans le Maine-et-Loire, des tirs de mortier ont été lancés à Compiègne dans le quartier du Clos-des-Roses et à Pessac, un policier a été blessé suite à un contrôle qui a mal tourné. Les couvre-feux s’imposent un peu partout par crainte d’un embrasement des zones dites « de reconquête républicaine ». A Marseille, des consignes ont été données aux forces de l’ordre pour ménager certains quartiers connus pour abriter les trafics de stupéfiants.

Le confinement semble donc trouver ses limites ?

On fait souvent la comparaison avec Hong-Kong où la densité de population est la plus élevée au monde : 7000 habitants/km² et qui n’a pas opté pour le confinement. L’activité économique est restée intacte mais obligation est faite aux habitants de ne sortir qu’avec un masque. Au total : 600 cas détectés et très peu de décès. En France, l’Académie de médecine milite pour l’obligation du port du masque mais, faute de stocks suffisants, cet appel est resté vain. Il est pourtant appuyé par l’ancien directeur général de la santé, William Dab, qui a déclaré pour le Journal du Dimanche : « si toute la France s’était couverte le visage, on ne vivrait pas un tel drame ! »

Y a-t-il du nouveau dans les techniques de traitement ?

La polémique sur la chloroquine, dont la France est la championne, se poursuit. A l’initiative de Philippe Douste-Blazy, un manifeste supplie le Premier ministre de permettre aux médecins de ville de prescrire librement ce médicament, recommandé par le professeur Raoult, en association avec un antibiotique.

Crise sanitaire – La sidération, antichambre du flicage

Restez chez vous, demeurez confinés, écoutez religieusement Jérôme Salomon – qui, conseiller de Macron au moment de la campagne présidentielle, avait mis en garde ce dernier contre l’impréparation de notre pays en cas de crise sanitaire – asséner méthodiquement les chiffres de la progression du Covid-19 dans notre pays, et vous êtes chaque jour un peu plus gagnés par la peur, terrorisés et paniqués par cette accumulation d’images macabres et de propos alarmistes, alors que, voici deux mois à peine, ledit virus ne devait pas passer par nous, foi de Buzyn et consorts. Question bobardement, il faut dire, comme le rappelle Marine Le Pen, qu’ils sont champions toutes catégories.

La manipulation des esprits

L’émotion prend donc le pas sur la raison chez nos compatriotes terrés chez eux à l’idée qu’ils pourraient être frappés à leur tour. C’est le moment pour le pouvoir médiatique et politique de distiller alors savamment son venin et de nous mettre dans un état de sidération psychique en alignant des chiffres. Un décompte qui crée une ambiance anxiogène comme celle qui s’installa à Auschwitz-Birkenau au moment de l’épidémie de typhus. Pas de quoi réjouir le péquin moyen qui tire sur sa clope et sirote une bière en regardant la télé. Mais chaque année, la Grande Faucheuse rafle plus de dix mille personnes, mortes du virus grippal, sans la mise en place du moindre isolement et de la restriction des libertés fondamentales à laquelle nous sommes soumis depuis maintenant plus de quinze jours.

Des chiffres morbides

Cette avalanche de chiffres alarmistes trouve son origine dans les modèles prédictifs de contagions en cas d’épidémie mis au point par un épidémiologiste britannique, Neil Ferguson de l’Imperial College de Londres. Ce dernier qui a l’oreille des chefs d’Etat du monde entier, leur a vendu ses analyses qui prévoyaient la bagatelle de 500 000 morts en France et de plus de 2 millions aux Etats-Unis, faute d’un confinement de dix-huit mois. Il a tout simplement confondu le nombre de gens contaminés avec ceux qui sont testés positifs, et établi ses prévisions mathématiques sur la base des premiers chiffres venus de Chine. Parvenue sur le bureau de Macron pendant la première quinzaine de mars, son étude a été déterminante dans la décision présidentielle de mettre tout le monde sous cloche, à part bien sûr les récalcitrants des banlieues de l’islam. Et de satisfaire ainsi à « cette mondialisation qui nous rend littéralement malades et est devenue invisible et délétère pour nos santés physique, psychique et démocratique », comme le dit la philosophe Cynthia Fleury.

Corbeaux pas morts

Tout le monde se souvient du film de Clouzot Le Corbeau, tourné en 1943 et qui valut à son auteur de vivre de sales moments lorsque les communistes pratiquèrent la chasse à l’homme. Près de quatre-vingts ans plus tard, les choses n’ont guère changé quand on apprend le nombre de coups de fil reçus par les gendarmes et émanant de Français dénonçant des voisins qui mettraient trop le nez dehors et ne respecteraient donc pas les règles du cantonnement. On a même vu un Parisien, ayant choisi l’exode breton, moucharder son voisin paysan qui avait épandu du fumier dans son champ et qui a été tout surpris de recevoir une visite de la maréchaussée. Tétanisés par la peur de la contamination, de courageux anonymes enjoignent à leurs voisins, soignants ou pompiers, de décaniller vite afin de ne pas mettre la vie d’autrui en danger. Mais cela ne les empêche pas, le soir, de jouer les bisounours en applaudissant ces mêmes soignants et en tapant sur des casseroles. Attention toutefois : ces bons citoyens ne se rendent pas coupables de délation, comme naguère les correspondants de la Kommandantur, mais de dénonciation. Nuance !

Violences tous azimuts

On ne sera pas surpris d’apprendre que les violences conjugales ont augmenté de plus de 36 % en même pas deux semaines, ce qui a conduit l’ineffable Castaner à donner aux pharmaciens débordés une activité supplémentaire puisque les victimes de conjoints péteurs de plombs peuvent se confier à l’apothicaire qui contacte les flics. Les enfants ne sont pas épargnés non plus, comme ce gamin de six ans mort dans le « 9-3 » après avoir été tabassé par son père. A Toulouse, deux chiens devenus très agressifs ont été froidement abattus par leur maître alors qu’il n’arrivait pas à les séparer, isolés à trois sur un minuscule balcon. A Nîmes, dans une banlieue sous contrôle de l’islam, une mère de famille frappe des policiers venus interpeller son fils qui violait allégrement les mesures en vigueur depuis le 17 mars dernier.

De nouvelles façons de vivre

Nos compatriotes étant limités dans leurs déplacements, les commandes passées sur Internet via le système du « drive » font fureur. Vous récupérez votre commande dans un espace sécurisé après avoir payé en monnaie virtuelle. Dans les grandes surfaces, vérifiez la date de péremption de vos produits sinon vous risquez vous voir refiler un pack de bouteilles de lait périmées depuis plus d’une semaine, comme cela est récemment arrivé à des amis du Vexin français. Les caissières s’abritent derrière une protection en plexiglas, ce qui leur permet de se protéger mais aussi d’éviter les coups assénés par des clients mal embouchés. On va assister sous peu au retour de l’hygiaphone et de la demoiselle des Postes qui, calfeutrée derrière sa vitre, vous tendait les timbres après avoir ouvert son guichet.

Le flicage global est au rendez-vous depuis que, grâce aux données mobiles fournies par Orange, on a pu déterminer que 17 % des Parisiens avaient pris la poudre d’escampette (parfois pour aller voter dans leur région d’origine, comme les y incitait le gouvernement !) à la mi-mars. Le patron d’Orange Stéphane Richard a justifié leur exploitation qui doit servir au traçage des malades, sur le modèle de l’Allemagne et de la Corée du Sud. Flicage également dans la ville de Sanary où il est interdit de sortir à plus de dix mètres de chez soi et d’acheter une seule baguette de pain. Le tout sous peine d’amende.

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Confinement et armes à feu. Des tireurs sportifs inquiets pour le renouvellement des autorisations de détention

Comme dans tous les domaines actuellement, c’est le blocage total. Du côté du tir sportif, plusieurs tireurs sportifs se demandent comment ça va se passer, notamment pour le renouvellement des autorisations de détention de leurs armes à feu, mais aussi pour le respect des tirs contrôlés réglementaires.

Voici quelques explications publiées sur le site Breizh-info.

Tout d’abord, il faut savoir qu’actuellement, la FFT (Fédération française de tir) est à l’arrêt. Tous les stands sont fermés, et les activités sont toutes annulées, en Bretagne tout du moins, au moins jusqu’au 30 juin 2020. « Pour les Championnats de France qui ont lieu après cette date, nous attendrons les consignes fédérales pour les conditions de qualifications, puisque tous les départementaux et régionaux seront passés » explique Martine Martine GUÉZEL, qui dirige la ligue de Bretagne.

Elle poursuit, sur le côté pratique : « Pour ceux qui ont des armes soumises à autorisation, je continue à valider les demandes d’avis préalables. Mais vos présidents de club sont seuls juges pour décider s’ils continuent ou pas à m’envoyer vos demandes. Ne leur en tenez pas rigueur. Vous risquez de voir la procédure suspendue, car certaines Préfectures ont fermé leur service des armes, le personnel étant redéployé vers d’autres services en renfort. Il vous appartient donc, de vous assurer que le service des armes de votre département fonctionne toujours. Soyez attentif aussi à l’acheminement des courriers postaux. Quand les temps seront meilleurs, j’espère qu’il y aura un assouplissement des Préfectures pour les renouvellements. Ce sera du cas par cas. Nous devons tous prendre notre mal en patience, et garder le moral. Ce n’est pas évident. »

Quid de la détention d’armes et des tirs contrôlés ?

Du côté de la Fédération française de Tir (FFT), c’est un peu le flou concernant les suites administratives qui découleront de tout cela : « La fermeture actuelle des stands de tir et de bon nombre de “bureaux des armes” dans les préfectures suscite des inquiétudes de la part de nos licenciés sur le respect des dates des tirs contrôlés et sur les échéances de renouvellement de détentions d’armes. Le Président de la FFTir reviendra très prochainement vers les associations afin de préciser le modus operandi. Dans cette période de responsabilisation individuelle et collective, la FFTir vous remercie de respecter scrupuleusement les consignes de mesures sanitaires édictées par le gouvernement » indique la direction de la fédération, sans plus de précision.

Pour lire la suite, c’est ici !

Découvrez également le communiqué de la FFT !

En 2003, Didier Raoult avait remis un rapport – ignoré par les autorités – sur le «risque d’apparition de mutants de virus respiratoires»

Eric Zemmour : «Les médias poussent l’État à durcir le confinement, à supprimer les libertés»

02/04/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Eric Zemmour est particulièrement frappé de voir avec quelle facilité les Français se sont soumis aux mesures de confinement, et surtout le rôle que jouent les médias, qualifiés pour l’occasion de “pousse -au-crime” contre les libertés.

Un entretien proposé par Figaro Live.


Quand la peur a pris le pouvoir, par Jean-Gilles Malliarakis

Les dirigeants politiques parisiens semblent avoir pris le parti de s’aligner, dans la crise actuelle, sur ce qu’ils présentent pour l’expertise médicale. On doit d’abord comprendre la peur panique qui commande cette attitude.

Tous craignent de se trouver débarqués comme le fut le malheureux professeur Mattéi, victime expiatoire au lendemain de la canicule d’août 2003, séquence pendant laquelle “Mattei était en vacances, son directeur de cabinet était en vacances, le directeur général de la Santé était en vacances“. Dans une telle circonstance “c’est le directeur adjoint de la Santé qui avait donné [la] réponse dont on sait qu’elle coûta son siège de ministre à Jean-François Mattei.” À savoir que “la Direction générale de la Santé l’avait rassuré, en lui disant que tout ça, c’étaient des bêtises”[1]

Jupiter a-t-il donc décidé de faire basculer le lieu du pouvoir des élus vers les experts ?

Un tel raccourci scandalise les intéressés eux-mêmes.

L’idéologie en effet ne perd pas ses droits.

Le successeur, au ministère de la Santé, de l’inodore et inconsistante Buzyn, marionnette de Big Pharma, représente en effet une couleur plus précise.

Celle-ci caractérise la Macronie et son prétendu nouveau monde. Olivier Véran, à la fois neurologue et homme politique, fut, en 2015, élu aux régionales sur la liste socialiste de l’Isère. On le retrouve en 2017, comme beaucoup de chevaux provenant de la même écurie, député macronien de Grenoble. En 2019, c’est sa compagne Coralie Dubost qui fit office de rapporteur de la loi dite bioéthique, tendant à permettre la fameuse PMA pour toutes.

Or, c’est en catastrophe, le 7 mars, que ce personnage au verbe un peu plus péremptoire que celui de pas mal de ses collègues a dressé la liste des 10 membres du comité d’experts qu’on appelle désormais conseil scientifique.

Il semble bien s’être exclusivement concerté avec Jean-François Delfraissy. Cet immunologue avait été bombardé en 2016, sous Hollande et Marisol Touraine, président du comité national d’éthique. Le nouveau ministre allait le nommer officiellement à la tête de la nouvelle instance le 11 mars. À noter que toutes les autres institutions qui régissaient jusqu’ici la santé, la médecine, les hôpitaux publics, la pharmacie, l’assurance maladie, etc. ont été priées de s’éclipser.

C’est cependant à la demande du chef nominal de l’État, que le spécialiste mondialement reconnu qu’est le professeur Raoult fut appelé en tant que 11e membre. Pièce rapportée, surnuméraire au sein de cet aréopage, ce cousin de province ne pouvait qu’incommoder la consanguinité parisienne. Au bout de deux heures, il fut amené à claquer la porte, recraché hors de l’entre-soi, tel un caillou dans l’omelette.

Peut-être ont-ils raison, ces experts : totalement incompétent dans leur domaine, votre chroniqueur se gardera bien de prendre position sous cet angle de questionnement.

Fallait-il cependant leur déléguer les pleins pouvoirs quant aux prises de décision ?

Jean-François Delfraissy lui-même s’est chargé de la réponse :”nous ne sommes,dit-il, que des experts, et nous n’avons pas de responsabilités politiques“.[2]

Son point de vue n’est donc équilibré par la concomitance d’aucune instance de nature à éclairer les autres aspects de la situation, en dehors de l’immunologie.

Or, on doit observer que Jupiter, de son propre aveu, s’est cru obligé de calquer ses propres oukases, point par point, sur les avis médicaux et assimilés.

Sous l’emprise de la peur il n’a pas su, pas voulu paraître tenir compte des autres paramètres, ceux qu’un véritable politique doit pourtant savoir faire entrer en ligne de compte.

La mission prétendument de simple conseil de ce comité explique pourtant l’absence, en son sein, du moindre économiste, du plus insignifiant des juristes… Pas d’urgentiste, pas de pneumologue non plus… Certes il peut se targuer de la présence d’un spécialiste de la modélisation. Certes, depuis le XVIIe siècle, depuis Leibniz, on pose la mathématique comme langage propre à décrire les réalités physiques. Et, depuis le XIXe siècle, on a trop pris l’habitude de transposer cette hypothèse aux sciences sociales. La modélisation mathématique ne fait que traduire en équations les hypothèses qu’on lui a transmises, erreurs comprises. Sa présentation peut éclaircir les questions : elle ne résout aucun choix de fond.

Cette erreur dans la distribution des rôles caractérise, depuis des décennies ce que nous appelions, il y a un demi-siècle la technocratie. Ce terme péjoratif a perdu de sa vogue. Mais le phénomène qu’il désigne s’est considérablement aggravé, par la faute des politiques et la sottise des médias.

Que les courtisans se rassurent en effet : rien ne sera perdu pour les progrès de l’étatisme. L’État promet jour après jour de régler les problèmes d’intendance, il n’y parvient pas. Il appelle à faire la guerre, sans savoir faire livrer les armes et les munitions à ceux qui combattent. Incapable de répondre concrètement à la crise, encore moins de la prévoir, le pouvoir tentaculaire de la haute administration saura pourtant s’arroger le droit d’agrandir encore.

La peur incite nos dirigeants à se défausser de leurs responsabilités, mais non de leurs prébendes.

[1] cf. Le livre du Professeur Didier Raoult “Épidémies vrais dangers et fausses alertes”, page 18, qui vient de paraître ed. Michel Lafon.
[2]cf. Le Pointn° 2483 daté du 26 mars.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Didier Raoult, l’électron libre qui dérange la Macronie et les sachants

Sommité mondiale de l’infectiologie, le professeur Didier Raoult crée la polémique avec son traitement contre le coronavirus à base de chloroquine, un médicament vieux de 70 ans. Génie injustement méprisé par ses pairs ou docteur Maboul inconséquent ? Portrait.

Son nom est désormais sur toutes les bouches. Dans un pays confiné, où un nanovirus sème la peur derrière les persiennes bordant les rues désertes, comme les microbes hantaient nos nuits d’enfant après un épisode de « Il était une fois la vie », le professeur Raoult fait figure de grand druide et son traitement contre le Covid-19, de potion magique. L’Institut hôpital universitaire (IHU) de Marseille qu’il dirige, a tout d’un village de résistants gaulois, qui s’arment de bon sens scientifique et de pragmatisme pour repousser l’ennemi viral.

« Moi, comme n’importe quel docteur, à partir du moment où l’on a montré qu’un traitement était efficace, je trouve immoral de ne pas l’administrer ! » s’indigne Didier Raoult dans les colonnes du Parisien, brandissant tour à tour son serment d’Hippocrate et les résultats probants de son traitement sur des malades du coronavirus. Qu’importe si la taille de l’échantillon – seulement 24 personnes – permet légitimement de s’interroger sur le caractère miraculeux du remède, son succès est tel qu’une queue de plusieurs centaines de mètres de patients masqués et gantés devant l’IHU de Marseille se pressent à la marmite de son dépistage gratuit avant de se voir inoculer, pour les plus fébriles, sa potion à base de d’hydroxychloroquine (antipaludéen) et d’azithromycine (antibiotique).

Une offre médicale, là encore à rebours de la doxa gouvernementale estimant inutile un dépistage massif de la population – changeant plutôt de braquet au gré des pénuries constatées – malgré les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le succès de cette pratique en Asie… Quant le système de santé français parvient péniblement à tester 8000 personnes par jour, Raoult et ses équipes s’enorgueillissent d’en réaliser plus de 1000.

Un CV en béton

Mais ce que pense Paris, ça lui en cogne une sans faire bouger l’autre. Sa réputation n’est plus à faire. L’infectiologue est une sommité mondiale de la virologie. Un des chercheurs les plus publiés dans les revues scientifiques prestigieuses. Son institut de recherche à Marseille, l’un des plus renommés dans les maladies infectieuses tropicales. Couronné du Grand prix de l’Inserm en 2010 pour l’ensemble de sa carrière, le professeur Raoult a même donné son nom à deux bactéries, les « Raoultella » et les « Rickettsia raoulti ».

Alors qu’Olivier Véran, le ministre de la Santé, annonce en début de semaine que son protocole va faire l’objet d’un essai clinique à l’échelle européenne, il s’ « en fiche » totalement, balaie-t-il dans le Parisien. Comme il qualifie « d’improvisation » le confinement, pratique des siècles passés où l’on n’avait pas d’autre méthode que la quarantaine pour venir à bout de la peste et du choléra… Cette désinvolture, marque de fabrique du « génie fonceur » que ses pairs lui reconnaissent, a le don d’irriter les chercheurs parisiens pour qui la prudence et la patience dans le domaine médical sont des vertus fondamentales.

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