[vidéo] Jean Messiha : Tribune des militaires : pourquoi tant de haine ?


Ils sont la fine fleur de la nation. Ils sont ces femmes et hommes, pas si nombreux, prêts à mourir pour défendre la France si le devoir les conduit à cette terrible extrémité. Ils partagent avec gendarmes, policiers et pompiers une prise de risque fréquente et parfois fatale.

Les militaires d’active, de réserve ou en retraite constituent l’un des derniers bastions de l’honneur, de la fidélité et du respect de l’autorité.


Manifestation des policiers – Les points sur les i… et sur les j, par Jean-Gilles Malliarakis

Manifestation des policiers

Enfin, on va pouvoir parler d’autre chose que des restrictions sanitaires sans éprouver le sentiment de prêcher dans le désert.

Or, la tentative assez grossière, pour ne pas dire grotesque, d’un Darmanin tendant à récupérer la mobilisation syndicale des policiers ce 19 mai, ne doit pas nous impressionner. Le pouvoir, et la classe politique, se trouvent interpellés désormais de façon massive sinon radicale, sur la question de l’insécurité. Associée aux deux autres “i” lancinants qui pourrissent notre société française, l’islamisme et l’immigration, cette question semble appelée à produire les résultats prévisibles aux élections locales de juin.

Que 2 ou 3 présidences régionales échappent dès cet été à la bien-pensance constituerait un avertissement salubre. Et si des remèdes effectifs ne sont pas apportés au malaise de l’ensemble des forces de l’ordre, policiers, gendarmes, fonctionnaires de la pénitentiaire et jusqu’aux pompiers, il ne faudra pas s’étonner si les présidentielles de 2022 se présentent sous un jour complètement inédit. Le coup d’État que le cloaque redoute ne viendrait pas, dès lors, des armes, mais tout simplement des urnes.

Or à la question des trois “i”, cités plus haut, s’ajoute la question “j” comme “justice”, sans laquelle aucune solution n’a de sens. À quoi servent des lois que l’on n’applique pas ? Le pouvoir que l’on appelle exécutif, d’abord ne les exécute pas. De son côté, notre administration ubuesque nous encombre de textes réglementaires paralysant le pays. En même temps elle-même demeure paralysée pendant des mois et des années, au contraire, quand il s’agit de publier les décrets d’application sans lesquels la loi reste lettre morte. Et bien sûr, la magistrature syndiquée entrave à son tour la doctrine pénale, déjà incertaine, d’une chancellerie déjà faisandée.

Or, quels que soient les reproches qu’encourt légitimement un Dupond-Moretti, quelque maladroites que puissent se confirmer, l’une après l’autre, ses interventions, quelque méritoires qu’adviennent demain les sanctions politiques, et notamment le désaveu que ne devront pas manquer de lui infliger les électeurs du Pas-de-Calais, il serait trop facile d’en faire, comme dans l’Ancien Testament, le seul bouc émissaire chargés de tous les péchés d’Israël.

Le mal vient, une fois de plus, bien évidemment de beaucoup plus loin. L’étendue des responsabilités doit très ferment être dénoncée de manière beaucoup plus large.

Il y a plus d’un demi-siècle, qu’un Georges Pompidou, que personne ne pouvait accuser de laxisme, et encore moins d’inculture, pouvait se permettre, sur ce sujet, de citer le royaliste Chateaubriand. Celui-ci observait en son temps que “la liberté qui capitule et le pouvoir qui se dégrade n’obtient point merci de ses ennemis.”[1]

Et le même défunt président osait ajouter, à juste titre selon ma modeste expérience : “je ne crois franchement pas que nos prisons soient pleines d’innocents“.

À cette époque montait en puissance le mouvement maoïste français qui allait prendre le nom de Gauche prolétarienne. Admirateurs de la soi-disant Grande révolution culturelle prolétarienne lancée en mai et août 1966 par Mao Tsé-toung, ses militants avaient rompu violemment avec le PCF, jugé “révisionniste”, et ils avaient participé activement à la crise française de 1968. Leur organisation première l’UJCml faisant partie des 11 mouvements dissous le 12 juin. Mais à la différence des autres, qui se reconstituèrent très vite sous une façade légaliste, ils adoptèrent une ligne systématiquement violente. “On a raison de séquestrer les patrons” imprimait leur journal La Cause du Peuple.Ils agissaient en fidèles disciples de Mao qui avait théorisé l’exercice de la Terreur par les “masses”. Il s’exprime ainsi par exemple dans un texte trop méconnu et pourtant si précis “à propos des excès”. Sans aucune ambiguïté le Grand Timonier, dont le portrait immense orne toujours la place Tian An-men au centre de Pékin, justifie tous les crimes commis par la “justice du peuple” qui a toujours raison, à l’encontre des très méchants propriétaires fonciers…

Parmi leurs exploits nos maoïstes français pilleront en mai 1970 la fameuse épicerie Fauchon, et cherchant se présenter tels de modernes Robin des Bois, ils distribueront une partie de leur larcin sur les marchés de banlieue.

Deux d’entre eux furent arrêtés : l’un des deux, placé sous mandat de dépôt à la salle Cusco de l’Hôtel-Dieu, avait été pris à partie par les passants et reconnu par un ouvrier des cuisines comme l’ayant frappé d’une barre de fer. Il fut remis en liberté.

La seconde, une étudiante en sociologie de 20 ans, devint une accusée vedette. Elle revendiquait hautement son action et fut jugée très vite. L’action avait été commise le 8 mai. Le 19 mai, elle était condamnée en première instance à 13 mois de prison et 3 000 francs d’amende. Hurlements dans les chaumières de gauche, du journal protestant Réforme (“un jugement scandaleux”) au Nouvel Observateur (“une justice de classe”). La Cour d’appel de Paris statuera le 14 juin en seconde instance et accorda le sursis c’est-à-dire la liberté à cette jeune maoïste, voleuse “expropriatrice”, activiste devenue “martyre”, victime de l’oppression et du capitalisme. Entre-temps, on lui avait accordé le régime spécial auquel seuls avaient droit, en principe, les condamnés de la Cour de sûreté de l’État, créée en 1963 pour juger les défenseurs de l’Algérie française. Le 15 juin, elle était libre.

Autrement dit, le pouvoir judiciaire, réputé conservateur et répressif, avait craqué devant les plus provocateurs et les plus violents des gauchistes. Et cela dure depuis un demi-siècle. Les admirateurs de la dictature maoïste se présentent en défenseurs des opprimés, des détenus comme des immigrés.

Or, depuis 1970, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de la Seine, devant le Quai des Orfèvres comme devant le vieux Palais de justice. Le fleuve a suivi le sens unique que l’on cherche à nous présenter pour celui de l’histoire. Et l’on compte désormais en France plus de criminels en liberté que d’enfants de chœur en détention. C’est pour cela que même la Grande Muette est tentée de ne plus l’être. On peut espérer que le peuple parlera à sa place, et le plus tôt sera le mieux.

[1] cf. conférence de presse du 2 juillet 1970

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Ce que la colère policière dit aux faux-culs

manifestation policiers

La colère policière est la colère française. Elle dépasse la profession et ses syndicats. La démonstration de cette solidarité sera vraisemblablement apportée ce mercredi à partir de 13 heures, avec le « rassemblement citoyen » auquel appellent les forces de l’ordre, devant l’Assemblée nationale. J’y serai. Cette initiative a été prise après l’égorgement par un Tunisien, le 24 avril, de Stéphanie Monfermé, au cœur du commissariat de Rambouillet, puis le meurtre, par un « jeune », d’Eric Masson, le 5 mai, au cours d’un contrôle d’identité à Avignon. Mais cette colère française désigne, en creux, des coupables.

Ils ne siègent pas seulement au Palais Bourbon, là où se font les lois. Les responsables de la haine anti-flics et des guérillas urbaines incessantes sont tous ceux qui, depuis des décennies, ont laissé le pays s’affaiblir et rendre les armes face à une contre-société conquérante. Ce mercredi, les policiers demanderont davantage de sévérité contre leurs agresseurs. Ils dénonceront probablement le laxisme judiciaire et le peu d’attention portée aux victimes. Cette retenue formelle permettra à l’ensemble des partis politiques (hormis La France Insoumise) d’être présents, ainsi que le ministre de l’Intérieur lui-même, Gérald Darmanin. Mais ce bal des faux-culs ne peut faire illusion : les pyromanes sont dans ce monde politique qui maltraite la France.

En appelant les citoyens en renfort, les policiers excédés participent au réveil des consciences. Leur action s’inscrit dans la logique des derniers lanceurs d’alerte. Les militaires ont été les premiers à dénoncer le « délitement » de la nation. Le 11 mai, ce sont 93 policiers en retraite qui ont pris la relève en invitant les élus à « tout mettre en œuvre pour mettre fin à la situation gravissime que traverse la France en matière de sécurité et de tranquillité publique ». Ces anciens flics réclament à leur tour « des mesures efficaces pour reconquérir notre propre pays et rétablir l’autorité de l’Etat partout où elle est défaillante ».

Les syndicats de policiers ne disent pas autre chose. Aussi est-il indécent d’observer, par sa présence annoncée, la tentative de récupération de Darmanin. Hier, le ministre de l’Intérieur traitait de « lâches » les militaires d’active venus anonymement en soutien de leurs aînés. C’est lui qui refuse également de faire le lien entre l’immigration et l’insécurité, sans vouloir admettre que la police est vue comme une présence étrangère dans certaines cités majoritairement musulmane.

L’aveuglement dogmatique de Darmanin est plus généralement celui d’une caste qui joue aujourd’hui au pompier, tout en ayant laissé s’installer une société conflictuelle et incendiaire.

Ivan Rioufol

Texte daté du 20 mai 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Eric Zemmour : “J’étais à la manif des policiers. J’ai senti une population qui s’émancipait de la doxa dominante (…) Mélenchon préfère manifester avec les Traoré et les islamogauchistes qui veulent abattre la France” (Vidéo)

Benzema – Tu n’aimes pas la France ? Tu joues en bleu quand même !

Karim Benzema

Il est de retour ! La nouvelle a été confirmée par Didier Deschamps, sélectionneur de l’équipe de France, mardi 18 mai 2021 lors du JT de TF1 : Karim Benzema va de nouveau porter le maillot tricolore et sans doute jouer le championnat d’Europe des Nations, « l’Euro » 2021 (11 juin – 11 juillet). Benzema, l’équipe de France et Didier Deschamps, une véritable saga, digne d’une série télévisée aux yeux des passionnés de football, ridicule pour ceux qui se fichent du ballon rond.

Pourquoi tant de bruit à propos d’un joueur de football ? Alors titulaire indiscutable en équipe nationale, Benzema en a été exclu il y a un peu plus de cinq ans par Didier Deschamps, à la suite de l’affaire dite de la « sextape ». Une histoire de petites frappes de bacs à sable de cité des « quartiers ». Des individus, dont un proche de Benzema, faisaient chanter Mathieu Valbuena, autre footballeur de la sélection nationale, car ils avaient en leur possession une vidéo à caractère sexuel – de Valbuena et de sa petite amie. Qu’une telle vidéo soit filmée, diffusée et se retrouve entre des mains peu amicales donne en soi une idée du niveau de caniveau qui règne dans le milieu du football où des post-adolescents irresponsables dans tous les domaines accèdent au statut d’idoles mondiales (et financièrement mondialisées). L’affaire ayant fait du bruit et donnant une image catastrophique, Deschamps a mis les deux hommes à la porte. Depuis cinq ans, la question Benzema est cependant demeurée à l’ordre du jour. Le joueur de 33 ans a fait une carrière talentueuse dans l’un des cinq plus grands clubs du monde, le Real Madrid, et est un serial buteur en pleine forme, peut-être au sommet de son « art ». Le genre de joueur dont aucune équipe ne peut théoriquement faire abstraction. D’autant qu’il est devenu un véritable numéro 9, buteur et remiseur, qui, associé avec Mbappé et Griezmann, pourrait faire des étincelles. Il pourrait bien ne pas être de trop, la France jouant dans un groupe très relevé, avec le Portugal, l’Allemagne et la Hongrie.

Pourquoi évoquer une information « sportive » de cette nature ? « L’affaire » ne concerne pas seulement la sextape. Bien sûr, Benzema a été exclu pour cela. Mais le procès de cette affaire n’aura lieu qu’à l’automne. Pourquoi n’a-t-il pas joué depuis 5 ans, du fait de cette affaire, s’il peut maintenant jouer… malgré cette même affaire encore non réglée juridiquement ? Incompréhensible. Plus encore : en juin 2016, Benzema s’en était pris au sélectionneur, affirmant qu’il avait « cédé à la partie raciste de la France ». Les propos de Benzema laissaient entendre qu’il ne se sentait pas français. La France, il en veut bien pour profiter des opportunités de gloriole sportive mais pas pour le reste. Un sacré exemple pour la jeunesse d’un pays dont les instances sportives ne cessent de répéter que le sport doit être exemplaire. Des mots.

La réintégration de Benzema est un message détestable lancé aux « jeunes » des « quartiers » : vous ne vous sentez pas français ? Pas grave, les gars, venez, les petits fours c’est par là. Et c’est la Maison France qui offre.

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 19 mai 2021

Près de 75% des policiers actifs auraient l’intention de voter pour le parti de Marine Le Pen, selon une récente étude effectuée par le CEVIPOF

Non, le métier des armes n’est pas un métier comme les autres !, par Franck Deletraz

métier des armes

On a beau être habitué au caractère inepte et déconnecté d’un grand nombre de règlements européens, le cas de la directive 2003/88, relative au temps de travail dans l’UE, et surtout le débat autour de son application ou non au monde militaire ont quand même de quoi nous laisser bouche bée. En effet, si l’on peut à la limite concevoir (et encore…) qu’une directive européenne cherche à fixer un temps de travail maximum dans le secteur civil de l’Union, son application au secteur militaire relève quant à elle de l’absurdité la plus totale et porte gravement atteinte à la notion de « service en tout temps et en tout lieu » ainsi qu’aux fondements mêmes de l’état militaire.

Des garanties incompatibles avec l’activité militaire

Rappelons que cette directive adoptée par le Parlement et le Conseil de l’UE le 4 novembre 2003 impose notamment aux Etats membres de garantir à tous les travailleurs un temps de travail maximum de 48 heures par semaine (heures supplémentaires comprises), un repos journalier d’au moins onze heures consécutives par période de 24 heures ainsi qu’une pause hebdomadaire de 24 heures pour chaque période de sept jours, tout en limitant le travail de nuit à huit heures. Des garanties évidemment impossibles à respecter dans le monde militaire où, par définition, les personnels restent mobilisables et projetables à tout instant. Et d’ailleurs, jusqu’à il y a quelques mois, la question de l’application aux armées de cette directive 2003/88 ne semblait guère se poser. Il aura en effet fallu qu’un sous-officier slovène en conflit avec sa hiérarchie saisisse la Cour de justice européenne et fasse valoir cette directive pour que le débat vienne sur le tapis. Le problème pour la Cour fut alors de savoir si ladite directive était applicable aux membres des forces armées. Or, dans son réquisitoire du 28 janvier dernier, l’avocat général de la Cour de justice de l’UE devait estimer qu’il convenait de faire pour les militaires la distinction entre le « service courant » (surveillance, maintenance, etc.) et les « activités spécifiques » (opérations, entraînements, etc.)…

Préserver l’esprit militaire

Une interprétation de la Cour à laquelle s’opposent aujourd’hui avec raison les autorités françaises. C’est ainsi que, dans l’avis détaillé qu’il a rendu en avril, le Haut Comité d’évaluation de la condition militaire a fort justement souligné que l’application de cette directive dans le sens souhaité par l’avocat général de la Cour de justice européenne était « de nature à réduire la capacité et l’efficacité opérationnelle des forces armées en raison du contingentement de la disponibilité des militaires et des rigidités impliquées par sa mise en œuvre ». Un avis partagé par la directrice des affaires juridiques du ministère des Armées, Claire Legras, qui, lors de son audition fin mars par la commission de la Défense nationale et des Forces armées, a rappelé que, si les autorités françaises n’avaient pas transposé aux militaires la directive 2003/88, c’est parce qu’elles avaient considéré que celle-ci ne s’appliquait pas à eux. Car, a-t-elle ajouté, « la transposition se heurterait en effet à de lourdes difficultés. La directive prévoit un décompte individualisé du temps de travail plafonné à quarante-huit heures, à prendre en compte sur une période de quatre mois, alors que l’organisation de l’armée française part non pas de l’individu mais du collectif. Elle ne peut organiser ses activités que collectivement, au niveau de la section, de la compagnie, du régiment. Procéder par décompte individuel serait pour elle contre nature ». En outre, a poursuivi Claire Legras, « la violence affrontée par les armées sur les théâtres extérieurs rappelle l’importance du maintien de forces armées disponibles en tout temps et en tout lieu, conformément au principe figurant dans la loi, et de la préservation de l’esprit militaire ».

« On ne gagne pas des guerres difficiles en comptant son temps »

D’autant que, comme le soulignait début mai le général Burkhard, chef d’état-major de l’armée de terre, s’il est fort probable que notre armée soit encore engagée dans des conflits dits asymétriques dans les années qui viennent, il est également possible que « nous connaissions le retour d’affrontements plus durs entre puissances ». Or, a expliqué le CEMAT, « dans un monde de compétition permanente, notre capacité à être craints et à décourager l’adversaire est à consolider chaque jour. […] Seul un haut niveau d’exigence, de contrôle et d’implication permettra de rehausser notre niveau de préparation opérationnelle ». Aussi, a ajouté le général Burkhard, « nos chefs doivent comprendre tout ce que recouvre la singularité militaire. Je pense en particulier au rapport au temps. A une époque où les loisirs deviennent un bien précieux de notre société, nos chefs doivent rappeler que l’on ne gagne pas des guerres difficiles en comptant son temps. Il faut savoir s’entraîner la nuit, faire des exercices de longue durée sur le terrain… » Cela étant, a-t-il conclu, « pour faire adhérer nos hommes, les sujétions du métier militaire doivent être intelligemment compensées » et le « bon chef n’est pas seulement un parfait technicien ou tacticien. Il est celui qui porte une attention de tous les instants à ses soldats et à leurs familles ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 17 mai 2021

Tribune des militaires d’active – Lecointre invite les signataires à prendre la porte

tribune militaires

Décidément, on a bien du mal à reconnaître dans ce chef d’Etat-major des armées aujourd’hui parfaitement domestiqué le fougueux capitaine qui, à la tête de ses marsouins, reprit aux miliciens serbes, baïonnette au canon, le poste de Vrbanja en 1995. Après s’être dit « absolument révulsé » par la tribune des généraux parue le 14 avril dernier, et avoir par la même occasion promis de lourdes sanctions disciplinaires contre ses auteurs qui sont aussi, qu’il le veuille ou non, ses frères d’armes, le général Lecointre, visiblement très soucieux de rassurer ses maîtres au pouvoir, vient cette fois d’inviter tout bonnement les signataires de la nouvelle tribune, celle des militaires d’active, à démissionner.

Faire preuve de lucidité en condamnant ces tribunes ?

Lundi, en effet, celui-ci s’est fendu d’une longue lettre aux « officiers, sous-officiers et officiers mariniers, soldats, marins, aviateurs, d’active et de réserve français », dans laquelle il a déploré le fait que, depuis plusieurs semaines, « l’obligation de réserve qui s’impose à tout militaire a été largement transgressée », et que « des prises de position éminemment politiques (aient) été attribuées à des militaires tenus à cette obligation, quand elles n’ont pas été revendiquées par ces derniers ». Ainsi, a-t-il ajouté, « au nom de la défense de convictions personnelles », certains, « peut-être par naïveté », ont contribué « à entraîner l’armée dans des débats politiques au sein desquels elle n’a ni légitimité ni vocation à intervenir ». « Face à cela, a alors écrit le CEMA, il me semble important de faire preuve de bon sens et surtout de lucidité, au moment où chacun d’entre nous perçoit nettement les tentatives d’instrumentalisation de l’institution militaire. » Or est-ce vraiment « faire preuve de lucidité » que de dénoncer et de sanctionner des hommes qui, après avoir défendu les armes à la main notre pays, mettent aujourd’hui en garde l’Etat contre les graves menaces qui pèsent sur la France ? N’est-ce pas plutôt être dans le déni ?

Le silence, ou la démission

En même temps, on est un peu surpris de lire ici et là dans la grosse presse que cette lettre adressée lundi par le général Lecointre aux militaires est marquée par « une évidente volonté d’apaisement » de la part du CEMA. Certes, il n’y est nulle part annoncé des sanctions disciplinaires à l’encontre des signataires de la deuxième tribune. Mais, ceux-ci ayant judicieusement gardé l’anonymat, les autorités seraient de toute façon bien en peine de punir les coupables. Surtout, loin en réalité de vouloir calmer le jeu, le général Lecointre y invite indirectement tous ceux qui soutiennent ces tribunes à prendre la porte ! Ainsi, écrit le CEMA, « chaque militaire est libre de penser ce qu’il veut mais il lui appartient de distinguer sans ambiguïté ce qui ressort de sa responsabilité de citoyen de ce qui ressort de sa responsabilité de militaire ». Et Lecointre d’ajouter alors : « si la politique l’emporte, le plus raisonnable est certainement de quitter l’institution pour pouvoir rendre publiques en toute liberté ses idées et ses convictions »…

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 12 mai 2021

Le tueur d’Éric Masson arrêté – Le vrai coupable s’appelle Macron

Macron

Quand un chef d’Etat met en cause les violences policières dans un entretien sur des réseaux sociaux suivis par des adolescents ou de tout jeunes gens (le média en ligne Brut, le 5 décembre dernier), quand ce même président, sur le même réseau en ligne, dénonce les contrôles au faciès et les discriminations, quand le même président, un an auparavant, au salon de la BD d’Angoulême, posait à côté du dessinateur Jul qui tenait un t-shirt attaquant la police, il ne faut pas s’étonner qu’un garçon de 19 ans, Ayoub A., multirécidiviste mais toujours traité avec une extrême indulgence, trouve normal d’abattre un policier. Il est clair pour des garçons de cet âge que les policiers appartiennent au camp des salauds. C’est le président qui le dit ou qui le laisse entendre. Ce sont ses profs qui l’assurent, peut-être, ce sont les médias qui le rabâchent en boucle.

Un garçon de 19 ans n’est pas capable de faire la distinction entre des propos outranciers de polémique politique et la vérité. Le résultat est là : ce jeune voyou a assassiné un policier comme on abat un chien enragé. Sans se poser de questions.

Ceci est tellement vrai que lundi des tags sont apparus (à Lyon, notamment) se félicitant de cet assassinat : « Balle dans le front pour Eric Masson. Prochaine cible BST [les brigades spéciales de terrain] du 8ème ».

Mais, rappelez-vous : des inscriptions ou des propos semblables, il y en a eu après l’assassinat d’Arnaud Beltrame, notamment dans les rangs de LFI, comme on en a lu sur les réseaux sociaux en soutien à Merah après ses crimes toulousains, y compris ce froid assassinat d’une petite fille de 7 ans.

Tout ceci est une suite logique, au fond : Macron a lâché sa police. Pire que cela, il l’a montrée du doigt, il a donné les mots qui la désignent comme dangereuse et punissable.

Consommation trop forte de drogue ?

Pour l’heure, quatre personnes ont été arrêtées dimanche soir : le tueur présumé et sa sœur, à qui appartiendrait la voiture utilisée pour la fuite en Espagne, le chauffeur du véhicule, âgé d’une cinquantaine d’années, et un autre jeune, de 20 ans.

Avec un bon avocat, genre Dupond-Moretti, capable de terroriser les jurés comme il croit pouvoir terroriser Marine Le Pen dans les Hauts-de-France, le jeune assassin présumé peut s’en tirer par la reconnaissance d’un état de délire morbide dû à la surconsommation de drogue. Il y a eu des précédents…

Celui que l’enquête semble désigner comme l’assassin explique pour l’heure qu’il était chez sa mère au moment des faits. Et son avocat ajoute qu’il n’a pas « le profil d’un tel délinquant » (délinquant ? Le mot est un peu léger !). Pourtant, ce même avocat sait que son (très fidèle) client a déjà été condamné pour violences et pour trafic de drogue. Beau palmarès, tout de même, à 19 ans !

Les policiers, eux, s’expriment avec une grande virulence : « Nous sommes devenus des cibles dans cette société », constate le secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale. « La lutte contre la délinquance met le policier dans une position de danger, voire met sa vie en danger. » Un comble, dans une société de droit, une société que l’on nous présente comme dé-mo-cra-tique.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 11 mai 2021

Pourquoi la France est un volcan, par Ivan Rioufol

La France est un volcan prêt à se réveiller. La colère n’est pas seulement chez les policiers et les militaires, qui ne prennent plus de gants pour l’exprimer. La colère est au cœur de ceux qui constatent les démissions quotidiennes de l’Etat bavard, confronté à la montée des violences et des insécurités. Certes, samedi, Emmanuel Macron a admis : « C’est une réalité de dire qu’il y a de la violence dans notre société et qu’elle enfle (…) Il nous faut continuer d’avancer pour que la réponse pénale soit au rendez-vous de la réalité de la société et de son évolution ». Mais que valent ces mots quand le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, choisit dès ce week-end de quitter son poste pour aller mener campagne contre Marine Le Pen dans les Haut-de-France, pour les régionales ? Il suffit, pour illustrer le décalage entre les « élites » et la vie des gens, d’observer ce ministre de la Justice, empli de suffisance et de mots gras.

Il semble n’avoir rien entendu du message des foules venues l’autre jour, place du Trocadéro à Paris et ailleurs en France, pour réclamer « justice » dans l’assassinat Sarah Halimi. Il semble ne rien mesurer non plus des désordres publics causés par le laxisme de l’institution. Dupond-Moretti ne trouve, en effet, rien de plus urgent que de se montrer devant des caméras pour insulter « Marine Le Peste », dénoncer la « haine que propage le RN » et qualifier lui-même sa présidente d’ « ennemie que j’exècre ! ». Cette violence verbale laisse voir une pensée frustre.

Cette classe politique, qui se caricature dans l’arrogance et le nombrilisme, n’est pas à la hauteur de la situation que connaît le pays. La décence devrait amener les responsables à s’interroger sur les faillites d’un système qui produit tant de désastres. Les socialistes ont, de ce point de vue, le bon goût de faire profil bas, ce lundi, à l’occasion de l’anniversaire de la victoire de François Mitterrand, le 10 mai 1981. Ils sont pour beaucoup – mais la droite n’a pas été en reste – dans l’affaiblissement de la nation. Et cette situation est parfaitement décrite par la deuxième lettre ouverte aux dirigeants, publiée hier soir sur le site de Valeurs Actuelles, signée cette fois par des militaires d’active. Dès ce lundi j’ai apporté, avec des milliers d’autres, mon soutien à ce texte qui refuse de se plier aux intimidations. La force du document, qui met en garde conte un « effondrement » et une « guerre civile », tient à son réalisme factuel.

Cette alerte militaire s’ajoute aux exaspérations des policiers qui prennent l’opinion à témoin. Outre une forte mobilisation populaire, dimanche à Avignon après le meurtre d’Eric Masson par un trafiquant de drogue, la « marche citoyenne » du mercredi 19 mai s’annonce importante. Les policiers et les militaires, conspués et ridiculisés par les ennemis intérieurs et leurs collaborateurs, sauront-ils réveiller les consciences ? Il est temps, pour les indignés, de se faire entendre.

Ivan Rioufol

Texte daté du 10 mai 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

[vidéo] Renaud Camus : “Le peuple indigène de la France est bel et bien remplacé”

Renaud Camus

11/05/2021 – FRANCE (NOVOpress)
L’écrivain Renaud Camus, auteur du Grand Remplacement (Éditions de La Nouvelle Librairie), était l’invité d’André Bercoff, mardi 4 mai sur Sud Radio.

Ostracisé dans les médias, Renaud Camus n’a que rarement la chance de pouvoir s’expliquer sur la théorie du Grand Remplacement, pour laquelle il est à l’origine. L’occasion de rappeler ce qu’est “le phénomène le plus important” de notre époque.

“Le peuple indigène de France est bel et bien remplacé”

Le Grand Remplacement, c’est le peuple qui est dissout et change de forme comme de fond. Une dissolution qui s’installe “depuis 20 ou 30 ans”, selon l’écrivain qui y voit “une réalité la plus importante de notre époque et de toutes les époques, en ce qui concerne l’histoire de France”. Renaud Camus rappelle que changer de peuple “ne s’est jamais rencontré depuis dix ou quinze siècles dans la plupart des pays d’Europe”.

Un peuple français déjà “en cours de remplacement”, dans un processus qui est même “bien avancé”, selon le théoricien. L’écrivain pointe des parties du territoire où “le peuple indigène de France est bel et bien remplacé”, allant jusqu’à “disparaître dans des départements entiers”, assure-t-il.

“C’est le négationnisme de masse”

Ce phénomène historique n’est pas dû au général. “Cela n’aurait jamais été possible sans le ‘petit remplacement'”, estime Renaud Camus qui l’illustre par “le changement et la disparition de la culture, l’effondrement de l’école”. Des facteurs qui placent le peuple “dans un état d’abrutissement et d’hébétude”, qui “accepte passivement ce qui, pour des générations, était l’horreur absolu, ce qu’il fallait refuser à tout prix”, rappelle l’écrivain.

Un effondrement qui s’illustre par “ce qu’est devenu le baccalauréat, l’état de l’orthographe” et un délitement de l’école, “au point de ne pas se rendre compte du phénomène le plus important”, selon Renaud Camus. “Tout est fait pour que cette population ne s’en rende pas compte, c’est le négationnisme de masse, la négation du Grand Remplacement, un déni très massif”, dénonce le théoricien.


Jusqu’où ira le vent de colère dans la police ?, par Franck Deletraz

policiers en colère

Ils étaient plusieurs milliers, dimanche, policiers et simples citoyens venus de toute la région, à s’être rassemblés dans la cour de l’hôtel de police d’Avignon pour rendre un hommage particulièrement poignant à cette énième victime de l’ensauvagement effrayant de notre pays qu’est le brigadier Eric Masson. Un rassemblement empreint d’une grande dignité, ponctué seulement par les interventions des collègues du défunt, plusieurs Marseillaise, les applaudissements et enfin les acclamations d’une foule de Français excédés de voir nos forces de l’ordre aujourd’hui systématiquement prises pour cibles. Cependant, on aurait tort de croire que derrière le calme et le caractère très digne de cet hommage ne se cache pas une colère d’une ampleur sans précédent, à deux doigts d’exploser, et capable, qui sait, de faire trembler le gouvernement sur ses bases.

Une ampleur sans précédent

Alors que, fait suffisamment rare pour être souligné, les syndicats de policiers ont fait pour un temps abstraction de leurs divisions et se sont mis d’accord pour défiler tous ensemble le 19 mai prochain à Paris (voir Présent du 8 mai), l’image des agents du groupe départemental d’intervention du Vaucluse se tenant dimanche par la taille et les épaules, comme pour entrer en mêlée, derrière le portrait de leur collègue assassiné par un voyou ethnique, avait un caractère hautement symbolique. Désormais, en effet, il est hors de question pour les forces de l’ordre et leurs représentants de tolérer plus longtemps cette situation. Et cela même s’il faut, pour obtenir satisfaction, entrer dans un violent conflit avec ce gouvernement qui ne cesse de les poignarder dans le dos.

La lourde responsabilité du gouvernement

Au cours de ces derniers jours, plusieurs syndicats n’ont d’ailleurs pas hésité à pointer du doigt la lourde responsabilité du gouvernement dans la grave dérive à laquelle nous assistons aujourd’hui. Comme le Syndicat des commissaires de la police nationale, dont le secrétaire général David Le Bars, évoquant l’assassinat du brigadier Masson, a expliqué : « Ce n’est pas un simple fait divers, mais un fait très grave » qui est « le résultat d’un mal bien plus profond qui s’est ancré dans notre société : la haine du flic », qui est elle-même « la conséquence du procès permanent fait à l’institution policière », y compris par certains membres du gouvernement. Quant aux solutions à apporter en urgence à cette crise, elles sont évidemment nombreuses. Comme le soulignait Fabien Vanhemelryck, pour le syndicat Alliance, « le gouvernement les connaît. Il y a des lois, elles doivent être appliquées, les peines doivent être incompressibles, les aménagements de peine doivent être terminés, et si on lance ce signal fort politique avec une réponse pénale ferme, croyez-moi, ça ira beaucoup mieux pour que la police puisse faire son travail » !

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 10 mai 2021