Comment les blogs changent les médias dominants – Robert Ménard, 4e journée de Réinformation de Polémia [vidéo]

Comment les blogs changent les médias dominants - Robert Ménard, 4e journée de Réinformation de Polémia

Voici l’intervention de Robert Ménard, journaliste à Sud Radio, ancien président de Reporters Sans Frontière lors de la 4e Journée de Réinformation de la Fondation Polémia samedi dernier. Le sujet de cette intervention était « Comment les blogs changent les médias dominants » et elle était suivie d’une discussion.

La réunion, présidée par Jean-Yves Le Gallou, portait sur le thème : “Les blogs dans la guerre médiatique”. C’est une bataille asymétrique qui se livre sous nos yeux. D’un côté les grands médias commerciaux qui diffusent souvent à coups de « Bobards » l’idéologie unique : pour eux « la mondialisation est heureuse », « l’immigration, une chance » et tout ce qui rompt avec les traditions une « avancée ». En face, une multitude de blogs développent une pensée critique et font émerger des informations occultées. Interdit dans les média classiques, le débat revient sur Internet.

Novopress a diffusé en direct deux parties de cette journée, dont l’intervention de Robert Ménard. Pour ceux qui ont raté cette diffusion en direct, voici une rediffusion de la partie concernant ce journaliste.

La télévision tue, la télévision abêtit : Faut-il l’interdire ?

La télévision tue, la télévision abêtit : Faut-il l'interdire ?

Assurément non : la liberté d’expression, la liberté des ondes et d’Internet sont des biens précieux… de surcroît protégés par la technologie. Et pourtant on sait aujourd’hui de source sûre que la télévision tue et abêtit. La méta-étude du neuroscientifique Michel Desmurget, TV Lobotomie : La Vérité scientifique sur les effets de la télévision, ne laisse aucune place au doute. Il n’est plus possible à l’honnête homme d’ignorer ces faits. Ni de ne pas en tenir compte. Ce qui implique de limiter l’emprise publicitaire, notamment sur les enfants. Andrea Massari fait le point.

TV Lobotomie : La méta-étude de Michel Desmurget

Depuis plus d’un demi-siècle des études scientifiques sont conduites sur les effets de la télévision. Michel Desmurget a réalisé la synthèse d’un millier d’entre elles : TV Lobotomie / La Vérité scientifique sur les effets de la télévision.

La conclusion est sans appel : les 3h 30 passées en moyenne chaque jour devant l’écran de télévision – au total 16 ans de vie éveillée – ont un coût terrifiant : fréquence plus grande de l’obésité, augmentation des risques de maladies cardio-vasculaires, déclin du niveau cognitif des seniors, corrélation entre exposition à la télévision et développement de la maladie d’Alzheimer, diminution de l’espérance de vie et affaiblissement de la vie sociale. Voilà pour la population générale. Et le professeur Desmurget de conclure : après la cigarette ou le fast food, nul doute que la télévision sera la prochaine grande question de santé publique.

Pour les jeunes, il faut ajouter : apathie plus fréquente et taux d’échec scolaire proportionnels à l’exposition à la télévision, propension accrue à la violence et aux comportements sexuels à risques.

La télévision tue, la télévision abêtit : Faut-il l’interdire ? La télévision et l’enfant

Le blog de la liberté scolaire a ainsi résumé l’impressionnante liste des effets nocifs de la télévision tels que Michel Desmurget les a établis :

– La télévision « empêche le déploiement optimal des fonctions cérébrales », compromettant ainsi « l’ensemble du devenir intellectuel, culturel, scolaire et professionnel de l’enfant ».

– La télévision fait apparaître des troubles du langage chez l’enfant, associés à des troubles de l’élocution, notamment parce qu’elle limite les interactions entre les personnes réelles et laisse moins de temps aux activités ludiques spontanées.

– La télévision occasionne des retards de langage et fait baisser le niveau de compétence langagière ; elle limite l’acquisition de vocabulaire et l’accès aux compétences syntaxiques de base.

– La télévision a un « impact négatif sur l’attention, les facultés d’apprentissage et la réussite scolaire à long terme », avec un risque accru de quitter l’école sans diplôme et de ne jamais s’asseoir sur les bancs de l’université.

– La télévision occasionne des difficultés en lecture et fait baisser le temps de lecture, qui se trouve réduit à la portion congrue ; ainsi, un flux cathodique permanent (la télévision en bruit de fond) diminue de presque 30% le temps de lecture des 5-6 ans, qui passe de 49 à 35 minutes quotidiennes en moyenne.

– La télévision fait baisser le niveau scolaire général, en français comme en mathématiques et, par manque d’interaction, n’aide en rien à apprendre les langues étrangères.

– La télévision fait baisser le niveau universitaire. L’étudiant soumis depuis la petite enfance à une forte exposition à la télévision souffre de très graves lacunes en orthographe, en conjugaison, en syntaxe, en vocabulaire, il manque de logique, de capacités analytiques et d’esprit de synthèse – tout cela lui interdit tout accès à des savoirs complexes.

– La télévision, « troisième parent cathodique », réduit « drastiquement le volume et la qualité des interactions parents-enfants », mutilant ainsi la sociabilité intrafamiliale.

– La télévision castre l’imaginaire enfantin ; les enfants rejouent les scripts des films et des séries et n’inventent plus de jeux.

– La télévision augmente la consommation de tabac et d’alcool et la fait commencer plus tôt.

– La télévision pousse au sexe de plus en plus jeune et génère des taux élevés d’avortements chez les adolescentes (cf. Une étude porte spécifiquement sur l’addiction à la série mythique Desperate Housewives et démontre qu’elle multiplie par trois le risque de grossesses non désirées chez les adolescentes).

– La télévision constitue une addiction psychologique chez les enfants et les adultes, notamment en accaparant l’attention par le changement perpétuel.

– La télévision augmente l’obésité. Regarder la télévision plus de 2 heures par jour multiplie le risque de surpoids d’un enfant de 3 ans de 2,6% ; pour un adolescent, ce risque augmente de 55%.

L’étude de Michel Desmurget doit être prise au sérieux surtout si l’on considère que 50% des Français allument la télévision en arrivant chez eux, par réflexe, et qu’ils la regardent en moyenne 3h 30 par jour.

Protéger les jeunes enfants d’une exposition dangereuse à la télévision

C’est évidemment aux parents d’agir pour protéger leurs enfants des effets néfastes de la télévision alors qu’elle apparaît souvent comme le baby-sitter le plus commode (toujours disponible) et le moins coûteux (du moins à court terme !).

Michel Desmurget donne cinq pistes aux parents responsables : au mieux « zéro télé » pour toute la famille ; sinon, pas de poste dans la chambre des enfants ; pas de télévision avant 6 ans ; moins de 3 heures par semaine devant un écran (télévision ou vidéo) pour les écoliers et les collégiens, et jamais le soir ; et pour les adultes, avoir toujours à l’esprit les risques d’isolement, de maladies, de déclin cognitif…

Casser l’addiction publicitaire

Encore faut-il que les parents soient correctement informés : or, la réalité est tout autre ! Les parents sont en effet sollicités par des publicités en faveur de programmes pour bébés ou très jeunes enfants dont on leur raconte que cela contribue à leur éveil… Ce qui est un mensonge absolu.

Il nous faut aussi décrypter la logique publicitaire : réaliser des programmes pour enfants, truffés d’images et de messages, pour transformer les mineurs en prescripteurs d’achats de leurs parents ; et les formater à la consommation avant 10 ans. Cette logique-là est proprement inacceptable Elle pourrait être brisée : en interdisant la mise à l’étalage des produits dont la promotion repose sur la publicité – ouverte ou clandestine – à destination des enfants. Mais cela supposerait une indépendance de la classe politique vis-à-vis des lobbies…
L’Addictature : La tyrannie de la dépendance

De même l’usage de la télévision par les nourrices agréées devrait être strictement interdit, au même titre que l’est le recours à des calmants chimiques.

Ne pas imposer aux adultes une exposition non voulue à la télévision

« Fumer tue ». La télévision aussi.

Contre le tabac des mesures de prophylaxie collective ont été prises : chacun reste libre de fumer mais l’interdiction de fumer dans les lieux publics protège les non–fumeurs de la nocivité du tabac.

Il devrait en être de même pour la télévision. Chacun, bien sûr, doit pouvoir rester libre de regarder ou non, chez lui, la télévision. Mais chacun devrait aussi pouvoir rester libre de ne pas se voir imposer la télévision en dehors de chez lui. Tel n’est pas le cas. Au contraire, il est insupportable que les écrans de télévision soient imposés à tous dans l’espace public : commerces, transports, cafés et restaurants. Et qu’on ne vienne pas dire que chacun peut choisir de regarder dans une autre direction car le cerveau humain est un cerveau programmé pour regarder ce qui bouge. Quand une télévision est allumée tout le monde la regarde, volens, nolens.

L’exposition publicitaire télévisuelle obligatoire dans les lieux publics n’est donc rien d’autre qu’une technique d’ahurissement qui doit être dénoncée comme telle. Et elle doit être interdite pour préserver la liberté d’esprit de tous.

Les voleurs de cerveaux

Nous n’avons fait qu’évoquer ici de simples mesures d’hygiène.
Hygiène individuelle, chez soi.
Hygiène collective : à l’extérieur.

Leur mise en œuvre sera évidemment difficile : car le monde d’aujourd’hui appartient à ceux qui – selon l’expression de Patrick Le Lay – « achètent du temps de cerveau disponible » à TF1. C’est bien contre « Big Brother » qu’il faut se révolter.

Andrea Massari 12/10/2011

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

SIRI : le nouvel “Assistant virtuel” d’Apple éclipserait-il la sortie du nouvel iPhone ?

SIRI : le nouvel "Assistant virtuel" d'Apple éclipserait-il la sortie du nouvel iPhone ?

[box class=”warning”]Mise à jour au 06/10/2011 — Steve Jobs, co-fondateur d’Apple, est décédé ce mercredi 6 octobre 2011, des suites d’un cancer du pancréas. Plus d’informations : http://www.numerama.com/magazine/20070-steve-jobs-est-mort.html[/box]

05/10/2011 – 23h00
PARIS (NOVOpress) — À défaut d’un “iPhone 5”, Apple a donc sorti un modèle nommé “4-s”. Un numéro laissant tout compte fait présager bien peu d’innovations techniques, et pour cause. L’aspect purement matériel semble en effet être éclipsé par l’aspect logiciel. Selon Apple, l’annonce de l’arrivée d’une fonctionnalité de contrôle par la voix changerait de façon radicale la façon dont les utilisateurs interagissent avec leur iPhone, utilisant pour cela la conversation avec une intelligence artificielle poussée qui les aiderait dans leurs prises de décisions et la gestion de leur agenda.

“C’est un domaine où Apple était à la traîne par rapport à Google et où la firme rattrape son retard” explique l’analyste de Forrester, Charles Golvin, dans une interview.

Ce type de service tient à cœur à la firme de Cupertino depuis longtemps. L’ancien PDG d’Apple, John Sculley décrivait déjà ce genre d’expérience en 1987 dans son livre “Odyssey”. Il l’avait appelé “Navigateur de connaissances” et Apple avait durant plusieurs années diffusé des vidéos de démonstrations illustrant comment ce concept pourrait fonctionner. Le Navigateur de connaissances tournait alors sur un ordinateur de type tablette (bien des années avant qu’Apple ne dévoile son iPad) et intégrant un système de synthèse vocale élaboré, un puissant système de compréhension de la parole et une interface tactile assez similaire à celle qui est aujourd’hui utilisée dans le système d’exploitation iOS.

À la fin des années 80, les visions de Sculley relevaient du domaine du rêve. Aujourd’hui, elles sont très proches de ce que la réalité peut offrir. Nous disposons d’appareils à écrans tactiles intuitifs et portables, équipés de micro-processeurs puissants, de puces et de logiciels performants et doté d’assez de mémoire pour prendre en charge des tâches aussi complexes que l’analyse vocale.

Apple disposait donc du matériel adéquat pour son Navigateur de connaissances avec ses derniers modèles d’iPhone ou d’iPad, mais il lui manquait les logiciels permettant une synthèse et une compréhension vocale performante. Et c’est là qu’entre en jeu une start-up nommée Siri.

En vidéo : test de la reconnaissance vocale

Siri fut dans un premier temps une application disponible pour iPhone. Ses fonctionnalités paraissent proches de la recherche vocale de Google, qui est intégrée à l’application de recherche Google sur l’iOS et qui est aussi disponible sous Android et d’autres plateformes. Avec Siri, au lieu de simplement chercher un lieu, une personne ou un sujet particulier, vous pouvez donner des instructions plus descriptives telles que : “Trouvez le bon restaurant italien le plus proche”. À son lancement, Siri intégrait une vingtaine de services informatifs en ligne afin que, lors de la recherche citée en exemple ci-dessus, il n’affiche pas seulement une simple liste de “bons restaurants italiens”, mais affiche plutôt les résultats les mieux notés sur un site d’avis comme Yelp, et proches de votre localisation GPS.

L’entreprise Siri a été rachetée par Apple quelques mois après le lancement de son application, il y a de cela un an. Et depuis, rien de nouveau ne s’était passé. Mais un certain nombre d’indices laissaient à penser que l’Assistant de Siri serait le sujet principal du prochain “évènement iPhone”. En effet, le fondateur de Siri, Adam Cheyer, joue désormais un rôle important au sein d’Apple, en tant que directeur de l’ingénierie au sein du département iPhone. Les rumeurs selon lesquelles Apple ajouterait une fonctionnalité de reconnaissance vocale à l’iOS persistaient donc depuis longtemps.

Le co-fondateur de Siri expliquait dans une interview : “Si les rumeurs sont fondées, alors Apple va rendre accessible à des millions de personnes la possibilité d’interagir de façon naturelle avec leurs appareils”.

Cette application est toutefois bien plus qu’un énième guide en ligne de restaurants. Siri se nomme elle même “Assistant personnel virtuel”. Au lieu de simplement transformer la voix en requête Google, vous interagissez avec elle lors d’une conversation. Dire quelque chose comme “Je voudrais une table pour six dans tel restaurant” lancera une application permettant de réserver en ligne (OpenTable par exemple). Et si vous n’avez pas fourni assez d’informations pour que l’application exécute la tâche demandée, elle vous demandera d’être plus précis. Siri utilise ensuite vos préférences personnelles et votre historique d’interaction avec elle pour s’améliorer dans les réponses à donner. Plus vous l’utilisez, plus elle connaîtra vos préférences et sera précise dans ses actions.

Fusionner l’assistant virtuel de Siri directement avec l’iOS donne un outil extrêmement puissant. Il serait ainsi possible de demander à l’Assistant d’envoyer des emails à des amis, de s’occuper de la réservation pour un dîner ou de décaler un rendez-vous puisqu’il aurait accès à vos contacts, emails et agenda.

Le développeur indépendant sur iOS, Will Strafach, espère que l’assistant sera intégré au système : “J’éspère qu’Apple sortira une API (Access Programming Interface) pour les développeurs afin que ceux-ci puissent intégrer l’Assistant à leurs propres applications”. Un exemple d’usage pourrait être l’application de suivi de colis postaux. Vous pourriez ainsi interagir directement avec l’application grâce à l’Assistant virtuel afin de connaître rapidement le statut du colis ou être notifié lors de son arrivée.

Beaucoup de bruit pour rien ? Si cette amélioration logicielle, uniquement disponible sur les nouveaux modèles, représente une évolution technologique remarquable, il en faudra peut-être bien plus pour motiver les acheteurs potentiels d’un appareil dont le coût reste parmi les plus élevés du marché

Une ancienne élue allemande lobbyiste de Facebook au parlement européen

Une ancienne élue allemande lobbyiste de Facebook au parlement européen

03/10/2011 – 12h20
BRUXELLES (NOVOpress) –
Retenez bien ce nom : Erika Mann. Ancienne élue du SPD (les sociaux-démocrates allemands), elle est, depuis le 13 septembre dernier, chargée par Facebook de faire la liaison avec les institutions européennes. En un mot lobbyiste du réseau social.

Le but à peine masqué : revoir la législation européenne sur la vie privée, de telle manière à aller dans le sens du groupe de Marc Zuckerberg. Et ce en s’alignant sur la législation américaine.

Erika Mann n’en est pas à sa première mission de lobbying. Auparavant, elle fut la présidente du Réseau politique transatlantique (Transatlantic Policy Network) qui plaide pour la création d’un espace de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis. Libre-échange à plusieurs niveaux : économique, politique et militaire.

Sans oublier qu’Erika Mann était allée contre ses collègues socialistes au parlement européen en soutenant la directive anti-contrefaçon Acta. Directive très favorables aux multinationales.

[box class=”info”]Photo : parlement européen/DR[/box]

Dix ans après le drame d’AZF, où en est la sécurité industrielle ?

Dix ans après le drame d’AZF, où en est la sécurité industrielle ?

20/09/11 – 15h30
PARIS (NOVOpress)
– le 21 septembre 2001, le site de l’usine AZF à Toulouse était partiellement dévasté par une terrible explosion qui a profondément marqué la mémoire des toulousains et de tous les français.

Le drame d’AZF est l’un plus graves accidents industriels français de l’histoire, ayant coûté la vie à 30 personnes, et fait 2 500 blessés.

Pourtant, malgré ce traumatisme, 10 ans après, les mesures concrètes de protection des populations tardent à se mettre en place et les communes concernées par le risque technologique et industriel s’inquiètent. En effet, seuls 101 Plans de prévention des risques technologiques (PPRT) ont été approuvés à ce jour, alors que 374 ont été prescrits.

C’est l’association environnementaliste France Nature Environnement qui tire aujourd’hui à nouveau la sonnette d’alarme, en affirmant que « la protection absolue souhaitée en 2001 est aujourd’hui toute relative puisque le monde industriel et politique rechigne à investir dans la sécurité et à financer la protection de ces riverains ».

Selon l’association, 647 sites menacent toujours la France, des sites sur lesquels des “incidents” sont récurrents et qui mettent potentiellement en danger des millions de Français.

Afin de sensibiliser opinion publique et autorités sur ce grave dossier, France Nature Environnement se mobilise le 21 septembre 2011 en invitant Julian Beever, artiste internationalement reconnu pour ses dessins en 3D à la craie, afin de donner l’illusion d’une explosion en plein cœur de Paris.

Le rendez-vous est fixé place Raoul-Dautry, en face de la gare Montparnasse, le mercredi 21 septembre, à 10h17.

Vers le goulag numérique ? Conférence, Paris 17 septembre

Vers le goulag numérique ? Conférence Paris 17 septembre

Facebook, vidéo surveillance, biométrie, nanotechnologies,…
Ces activités ou technologies numériques et bien d’autres deviennent de plus en plus courantes dans notre vie. Xavier Eman posera la question, ne nous mènent-elles pas “Vers le goulag numérique” ?
Le 17 Septembre à 17h. Cercle Sainte-Geneviève, La Barricade, Foyer de l’Identité parisienne.

Vers le goulag numérique ? Conférence Paris 17 septembre

« Dead island » : du paradis à l’enfer ? [vidéo]

« Dead island » : du paradis à l’enfer ? [vidéo]

14/09/2011  14h00
PARIS (NOVOpress) –
Depuis sa sortie, début septembre, « Dead island » serait le jeu vidéo « le plus apprécié du moment », selon le site Référencement Internet Web. Le scénario ? Une île paradisiaque sombre dans le chaos après une invasion de zombies. L’histoire est en effet calibrée pour le succès commercial : le joueur a le choix d’incarner l’un des quatre personnages, deux hommes, deux femmes, parité oblige : Logan, un ancien joueur de football américain ; Sam B, un rappeur ; Purna, une ancienne policière de Sydney, et enfin, Xian, une Chinoise. Un quatuor politiquement correct dont la mission est simple : découper du zombie. L’écran se teinte en rouge en cas de blessure, le sang gicle des membres sectionnés… le jeu, interdit aux moins de 18 ans, surfe sur les clichés des films d’horreur grand public.

Mais, « Dead island », c’est aussi l’apocalypse d’un monde sans identité, artificiel, plongé dans la terreur. L’île « sea, sex and sun », aux corps bronzés, aux discothèques branchées et à ses plages de sable fin pour touristes fatigués, se transforme rapidement en un univers métissé qui vire à l’horreur. Zombies et survivants partagent un point commun : ils viennent des quatre coins de la Terre. « Dead island » véhiculerait-il un message subliminal : Le tourisme de masse est désespérant et la société multiculturelle cauchemardesque ?


Trailer Dead Island par Gameinvaders

Pour Luc Ferry, l’anonymat sur Internet permet toutes les horreurs

Pour Luc Ferry, l'anonymat sur Internet permet toutes les horreurs

05/09/2011 – 12h15
via NUMERAMA Lors d’un entretien accordé à TV Magazine, Luc Ferry a décoché une salve de critiques contre Internet. Pour l’ancien ministre, le réseau des réseaux est loin d’être un espace de liberté et l’anonymat est le paravent idéal pour permettre toutes les horreurs.

Ancien ministre de l’éducation nationale, Luc Ferry n’est pas connu pour s’être beaucoup épanché sur les grands dossiers du numérique, contrairement à son prédécesseur, Jack Lang, qui lui s’est beaucoup investi en faveur de la loi Hadopi, notamment grâce à TF1. Jusqu’à cet entretien accordé à TV Magazine, dans lequel le philosophe égratigne Internet et déplore que l’anonymat soit la norme.

Questionné sur ce qu’il pense d’Internet, Luc Ferry a reconnu en préambule qu’il s’agissait d’un “excellent outil” mais que celui-ci est “dangereux“. “Certains disent que c’est la liberté ; pour moi, c’est davantage Vichy ! Rien ne s’efface, j’ai un sentiment mitigé. L’anonymat permet toutes les horreurs“. Il rejoint ainsi le long cortège de ceux qui veulent mettre à bas l’anonymat en ligne.

Luc Ferry n’est pas le premier homme public à sonner la charge contre Internet. Par le passé, d’autres se sont également illustrés à travers des saillies médiatiques désormais célèbres. Citons Denis Olivennes, l’ancien patron de la FNAC, auteur du rapport Olivennes et désormais directeur d’Europe 1. Internet est le “tout à l’égout de la démocratieavait-il écrit sur Twitter, avant de se rétracter.

Évoquons aussi le publicitaire Jacques Séguéla qui avait lancé en 2009, lors d’un talk-show, que “le Net est la plus grande saloperie qu’aient jamais inventée les hommes ! C’est un dieu vivant ! Car Internet permet a tous les hommes de communiquer avec les autres hommes. En quelques secondes, le net peut détruire une réputation !“.

[box class=”info”]Article sous licence creative commons publié initialement sur le site Numerama le 2/09/2011 par Julien L.[/box]
Crédit photo : UMP Photos via Flickr / Luc Ferry, le 21 mai 2011

Les sites web de neuf préfectures bloqués par un pirate algérien

Les sites web de neuf préfectures bloqués par un pirate algérien

05/09/2011 – 11h00
SAINT-BRIEUC (NOVOpress Breizh) – La guerre informatique est-elle pour demain ? En tout cas, le risque est patent : le site web d’une préfecture bretonne reconnait être bloqué par une attaque d’un pirate. Mais huit autres préfectures sont aussi bloquées par le pirate sans indiquer pourquoi. L’intrus est algérien.

Les spécialistes de la sécurité et de la prospective militaire gambergent depuis longtemps sur le risque d’une cyber-attaque russe ou chinoise contre les sites web officiels des États-Unis. Ce risque n’est ni éventuel ni futur ni géographiquement éloigné : la Bretagne l’a sous les yeux. Depuis plus d’un mois, le site internet de la préfecture des Côtes d’Armor indique être bloqué à la suite de l’attaque d’un pirate informatique.

Sur la page d’accueil du site, on peut lire (copie d’écran ci-dessus) le message suivant : « Victime d’un pirate informatique, le site internet www.cotes-darmor.gouv.fr est hors-service depuis le 24 juillet 2011 ».

En réalité, la préfecture des Côtes d’Armor n’est pas la seule visée : huit autres sites préfectoraux français sont bloqués de la même manière. Mais seule la préfecture bretonne a été assez honnête pour en préciser la cause : les autres (Lot, Manche, Landes, etc.) indiquent simplement que leur site est « indisponible » ou même… « en maintenance » !

Le journal en ligne PC Impact a publié un article détaillé signé Marc Rees sur cette attaque. Il révèle que son auteur est un pirate algérien, dont le pseudonyme est SaMo_Dz. Un pseudonyme en forme de revendication identitaire, puisque Dz est le code international de l’Algérie.

Le carburant du futur : les excréments d’éléphant

Le carburant du futur : les excréments d'éléphant

31/08/2011 13h30
AMSTERDAM (NOVOpress) – Selon le quotidien britannique The Independent, des scientifiques néerlandais auraient mis au point un nouveau biocarburant à base d’excréments d’éléphant. Après avoir longtemps observé  l’intestin des éléphants, dont les enzymes sont capables de digérer le glucose mais également les sucres qui restent normalement capturés dans la cellulose des plantes, les scientifiques ont mis au point ce carburant. En mélangeant ces enzymes à du compost végétal, ils ont réussi à convertir 90 % de la biomasse en éthanol, soit le double de ce qui est possible avec les méthodes actuelles.

L’entreprise néerlandaise DSM devrait développer cette nouvelle technique dans ses usines européennes et aux Etats-Unis. Alors que les biocarburants de première génération atteignent leurs limites (compétition avec l’alimentation humaine et hausse des matières premières ), le biocarburant à base de bouse d’éléphant pourrait permettre une avancée dans le domaine des carburants. La protection des éléphants dans le monde reste cependant la condition indispensable du bon fonctionnement de cette industrie.

“Commotion” : les réseaux sans fil autonomes, cryptés et en haut débit pour bientôt ?

"Commotion" : les réseaux sans fil autonomes, cryptés et en haut débit pour bientôt ?

31/08/2011 – 07h30
PARIS (NOVOpress) — Commotion. C’est le nom d’un traumatisme crânien qui, selon son degré de gravité, peut entraîner la mort. C’est aussi le nom donné à un projet technologique révolutionnaire qui, s’il était mis en place à grande échelle, annoncerait la fin certaine d’internet tel que nous le connaissons aujourd’hui. Mais cette évolution ne se limiterait pas à une simple dimension technologique.

Il existait les VPN. Un équipe d’ingénieurs et développeurs fait encore plus fort.

Le Monde, dans un article daté d’hier 30 août, évoque ce que pourrait être internet dans les 12 mois à venir, grâce à l’important travail d’une équipe américaine “d’activistes du net” (le site de l’Open Technology Initiative qui pilote le projet emploie le néologisme “technavists”) financés en partie par de Département d’État américain : un réseau autonome, anonyme, sans fil, ne nécessitant aucun relais, ni téléphonique, ni satellite, crypté et donc a priori incontrôlable.

Selon les activistes du net à l’origine du projet, il suffira d’installer Commotion sur votre ordinateur, soit en le téléchargeant soit à partir d’une copie conservée sur une banale clef USB, pour intégrer le réseau et naviguer sans limitation ni surveillance.

La révolution technologique, avant-goût d’une révolution au sens propre ?

Si les motivations premières de l’OTI et des acteurs du projet Commotion, d’inspiration libertaire, étaient à la base d’offrir aux militants et contestataires des régimes proche et moyen-orientaux les moyens de communiquer sur le net tout en échappant aux contrôles étatiques, afin “d’organiser la démocratie”, la mise en circulation de Commotion auprès du grand public représenterait en elle-même un véritable séisme, à la fois politique, juridique et économique pour de nombreux pays, mais aussi et surtout en Europe.

Économique, car l’apparition de Commotion bouleverse sérieusement la donne pour les prestataires chargés de la distribution commerciale ou de la surveillance d’internet à tous les niveaux, de l’opérateur de téléphonie mobile et fournisseur d’accès à internet dont les modèles de développement deviennent caduques, aux organismes chargés de la vente ou de la protection des œuvres numériques, la question de la nécessaire redéfinition du droit d’auteur se posant également.

Politique et juridique enfin, car Commotion signifierait d’une part que toutes les lois votées en France depuis 2006 destinées à cadenasser le net, et la haute autorité administrative créée à cet effet à grand renfort de millions d’euros, sont mortes-nées, tout comme l’ACTA au niveau international. Bien au-delà d’internet, c’est donc à un profond bouleversement politique qu’il faudrait s’attendre, printemps virtuel qui pourrait naître d’une redécouverte de la liberté d’expression, de son application pleine et entière et des conséquences — non prévisibles — de cette dernière, à tous points de vue.

Comme le dit l’essayiste et économiste Hervé Juvin dans son ouvrage Le renversement du monde, politique de la crise, “la naïveté technicienne nous fait troquer la détermination par les origines, la terre, la culture, au profit de la détermination par la technique, en ignorant totalement l’ambivalence de toute technique et de tout outil. (…) Nous croyons que l’outil conduit la main qui le tient. Quelle erreur ! (…) Les outils sont partout. Nous ne savons rien de l’usage qui en sera fait.”

[box class=”warning”]En savoir plus : tech.chambana.net/projects/commotion et oti.newamerica.net/commotion_wireless_0[/box]
Crédit photo : Kriss Szkurlatowski / image sous licence creative commons

Ordonnance Paquet Télécom : une neutralité du net garantie, promue ou facultative ?

Ordonnance Paquet Télécom : une neutralité du net garantie, promue ou facultative ?

Même s’il tente de faire croire le contraire, la transposition du Paquet Télécom préparée par le gouvernement dans le cadre de son pouvoir d’ordonnance est très permissive en matière d’atteinte à la neutralité du net.

Ce matin [le 24 Aout], nous publiions les 33 pages de l’ordonnance du gouvernement relative aux communications électroniques, qui transpose le paquet télécom adopté par le Parlement Européen. L’un des aspects abordés par cette ordonnance est la neutralité du net, dont Bercy et le ministère de l’économie numérique ne semblent pas très bien savoir comment qualifier sa régulation.

Dans le rapport qui accompagne l’ordonnance, les deux ministères écrivent en haut de la page 2 que les objectifs fixés aux pouvoirs publics doivent “favoriser le déploiement des nouveaux réseaux et garantir la neutralité des réseaux“. Le terme est fort… mais il est immédiatement amoindri dans cette même page, deux paragraphes plus loin. Cette fois-ci, il y est dit que c’est “afin de promouvoir la neutralité des réseaux” que l’Arcep voit ses pouvoirs de règlement des litiges étendus.

C’est dans le texte lui-même qu’il faut se plonger pour trouver la réponse.

Tout d’abord à l’article 3, il est ajouté que le ministre en charge des communications électroniques et l’Arcep doivent veiller à “favoriser la capacité des utilisateurs finals à accéder à l’information et à en diffuser ainsi qu’à accéder aux applications et services de leurs choix“. Voilà qui paraît aller dans le bon sens, mais qui n’est guère contraignant, comme le confirme la lecture de l’article 33.

Celui-ci liste les informations que doivent comporter les contrats d’abonnement à Internet, parmi lesquelles peuvent figurer :

  • Les procédures mises en place par le fournisseur pour mesurer et orienter le trafic de manière à éviter de saturer ou sursaturer une ligne du réseau et sur leurs conséquences en matière de qualité du service ;
  • Les restrictions à l’accès à des services et à leur utilisation, ainsi qu’à celle des équipements terminaux fournis.

La neutralité des réseaux n’est donc aucunement “garantie”, comme l’affirmait dans un premier temps le rapport du gouvernement, ni-même véritablement “promue”. Son irrespect doit simplement faire l’objet de davantage de transparence, qui n’est guère handicapante pour les fournisseurs d’accès à Internet. Qui lit un contrat avant de s’abonner ?

Tout juste peut-on se féliciter de l’article 16, qui dispose que l’Arcep peut “fixer des exigences minimales de qualité de service“, afin de “prévenir la dégradation du service et l’obstruction ou le ralentissement du trafic
sur les réseaux
“. Mais il n’est absolument pas précisé si l’on parle là d’une qualité de service globale, en mégabits par seconde théoriquement disponibles, ou si l’exigence sera bien la même quel que soit le protocole et l’application utilisée. De la réponse dépendra la possibilité pour les opérateurs de brider certains réseaux P2P, des applications VOIP ou autres services qui leur font concurrence.

[box class=”info”] Source : Guillaume Champeau sur Numerama. [/box]

Iphone : plus de 20 000 Sud-Coréens portent plainte contre Apple

Iphone : plus de 20 000 Sud-Coréens portent plainte contre Apple

17/08/11 – 14h00
SEOUL (NOVOPress)
–Les Coréens détenteurs de “smartphones” semblent plus attentifs au respect de leur vie privée et de leur liberté de mouvement que la plupart des usagers occidentaux.


En effet, plus de 20 000 Sud-Coréens détenteurs d’un iPhone ont déposé une plainte en nom collectif contre son fabricant, le géant américain Apple, pour violation présumée de la vie privée en raison de la capacité de ces téléphones à enregistrer les mouvements de l’utilisateur.

La plainte en nom collectif a été déposée par 26 691 personnes qui demandent chacune un million de wons (environ 640 euros), a précisé mercredi un porte-parole du cabinet d’avocats en charge du dossier. Cette démarche collective fait suite à la publication d’une étude par des chercheurs britanniques, selon laquelle Apple a inclus, dans la dernière version de son système d’exploitation pour iPhone et iPad, une fonction permettant de garder sur un dossier non protégé la trace des mouvements de ses utilisateurs.

“Nous avons déposé une plainte en nom collectif réclamant une compensation à Apple et sa filiale sud-coréenne en raison des dégâts émotionnels provoqués par la localisation illégale par des iPhone d’Apple”, a indiqué le cabinet d’avocats.

De son côté, le géant américain n’a pas souhaité commenter ces accusations et cette procédure judiciaire derrière laquelle certains voudraient voir la main de Samsung, le principal concurrent coréen d’Apple.

iPhone 5 : une communication bien maîtrisée

iPhone 5 : une communication bien maîtrisée, à défaut du français


14/08/2011 – 17h35
PARIS (NOVOpress) — Alors qu’aucune date de sortie n’est toujours véritablement connue, alors qu’aucune photo authentique n’a été communiquée, le futur smartphone d’Apple continue de faire la une des actualités technologiques à quelques jours ou semaines de sa sortie officielle. Autant dire qu’il s’agit là d’un exercice de communication extrêmement bien rôdé de la part de la firme de Cupertino, qui obéit à un réflexe vieux comme Hérode : “moins on en parle, plus on en parle”.

Orange, ou comment “être à la une” en plein mois d’août

La problématique du positionnement est capitale pour les opérateurs de téléphonie mobile, tenus à la plus grande discrétion. Aussi Orange France Telecom semble-t-il avoir organisé une “vraie-fausse fuite” en mettant en ligne une annonce de stage “Analyste des services multimédia mobiles (f/h)” le 11 août dernier, annonce rapidement modifiée (la mention “iPhone 5” transformée quelques heures plus tard en “smartphone” dans le descriptif de la mission). Mieux qu’un communiqué de presse : il n’en fallait pas plus pour déclencher une nouvelle vague d’articles dont l’opérateur récupérera indirectement les bénéfices.

Il ne fait aucun doute que les crises d’hystérie que l’on observe d’ores et déjà sur la toile ne sont rien en comparaison de celles – affligeantes – qui surviendront dans quelque temps aux alentours des “Apple Stores” du monde entier. À suivre !

HTTPS Everywhere 1.0 : l’extension Firefox qui accroît la sécurité

[box] Développé par l’EFF et le projet Tor, ce module garantit que les données seront chiffrées lors d’échanges entre le navigateur et certains sites Web référencés par l’EFF. [/box]

Une version 1.0 finalisée

Le projet lancé il y a près d’un an par l’Electronic Frontier Foundation et le projet Tor a fait un bond en avant au début du mois d’août avec la première version finalisée de HTTPS Everywhere. Cette extension destinée au navigateur Firefox garantit que la communication avec un site Web s’effectue bien en mode sécurisé pendant toute la session de navigation. C’est la meilleure garantie que les données des internautes et les communications avec les sites Web ne seront pas interceptées ni manipulées, assure l’EFF.

La Fondation précise que son utilitaire prend désormais en charge plus d’un millier de sites parmi lesquels Google, Facebook, Twitter, Hotmail, etc. Ce dispositif ne fonctionne pas avec les sites qui ne prennent pas en charge le chiffrement SSL, rappelle toutefois l’organisation.

Télécharger HTTPS Everywhere 1.0 pour Firefox

[box class=”info”]Source et article complet sur 01net.[/box]

[box class=”warning”]Note de Novopress : ne concerne que Firefox sur Windows.[/box]

[Tribune libre] Bilan de dépôt

[Tribune libre] Bilan de dépôt

[box class=”info”]Tribune libre reprise du site amoyquechault.over-blog.com[/box]

Si la prégnance de la marchandise est si néfaste à l’homme, c’est sans doute en premier lieu parce que cette prolifération matérielle forme un voile entre lui et le réel, entre lui et sa condition, entre lui et ses possibilités. Un voile qui s’épaissit chaque jour un peu plus jusqu’à devenir un véritable mur infranchissable, derrière lequel on ne peut qu’étouffer et désespérer. L’amoncellement de marchandises nous coupe de tous les questionnements fondamentaux qui déterminent la spécificité humaine : Qui suis-je ? Que dois-je faire de ma vie ? Quel est le sens de mes jours ? Que puis-je réaliser dans ce monde ?

La marchandise réduit drastiquement le champ des préoccupations humaines par hypertrophie des fonctionnalités animales et anesthésie de la pensée. La marchandise, c’est le soma du « meilleur des mondes », le tranquillisant universel, l’analgésique absolu, la réponse mécanique et simpliste à toutes les interrogations complexes.

Pour la première fois dans l’histoire, l’accumulation crée le vide. Vide spirituel, vide affectif, vide culturel, vide relationnel…

Il suffit pour s’en convaincre d’observer ces humanoïdes errant névrotiquement dans les rues ou les allées des magasins, sans but mais toujours pressés, harnachés de gadgets lumineux et sifflants, sous perfusion électronique permanente, casques gigantesques vissés sur les oreilles, passant à chaque instant d’un écran à l’autre, de celui de leur Blackberry à celui de leur Ipod, de celui de leur Nintendo DS à ceux de ces nouveaux panneaux publicitaires à plasma qui cornaquent désormais les troupeaux salariés dans les couloirs du métro.

Le silence et le calme sont définitivement bannis de notre monde. Tout comme sont limités à l’extrême les possibilités de « nouer des relations » au cœur de ce colossal autisme collectif où chacun s’est précautionneusement emmitouflé dans sa camisole technologique personnelle. Sa musique, ses SMS, son Tetris, sa vidéo… tout un dispositif rigoureusement élaboré pour meubler le plus efficacement possible ses plongées dans l’espace public en évitant ces deux terrifiants écueils : la confrontation à l’altérité et le temps de vacuité, de latence, propice à la réflexion et au questionnement.

Lady Gaga ou Pavarotti hurlant inlassablement dans mes oreilles m’évitent pareillement d’entendre les injures adressées par un voyou à cette jeune fille ou cette vieille dame, tout comme ils m’empêchent de réfléchir à l’inanité de ma journée de travail, à ces longues heures passées à accomplir une tâche obscure à la finalité incertaine quand elle n’est pas carrément odieuse (vendre, faire du chiffre, diffuser une nouvelle inutilité, optimiser des coûts, rationaliser des organigrammes, analyser des bilans comptables, préparer un plan social, fixer des objectifs financiers, établir un powerpoint sur les performances managériales trimestrielles, remplir des formulaires, classer des dossiers, photocopier des rapports, programmer des réunions d’étape, organiser des brainstorming, relayer de l’info, gérer des flux, planifier des événements …).

C’est l’abject spectacle de cette humanité robotisée, ne frémissant plus, à l’instar de grenouilles de laboratoires, qu’à des stimuli électriques – en l’occurrence ceux des enseignes commerciales – qui justifie, hors de tout débat idéologique, l’impérieuse urgence « d’en finir avec la marchandise ».

Spectacle qui atteignit peut-être son paroxysme tératologique lors de l’ouverture de « l’Apple Store » de Paris, séquence d’une obscénité suffocante durant laquelle on pût observer sans masque, dans sa terrifiante crudité, le visage glaçant du post humain marchandisé. A cette occasion, des hommes trentenaires ou quarantenaires, que l’on imaginait fort bien cadres et pères de famille, s’adonnèrent à une séance d’hystérie collective où la démence mercantile frôlait la ferveur religieuse. Larmes aux yeux, mains tremblantes, voix gorgées d’émotion non feinte, les fidèles de la marque à la pomme avaient attendu plusieurs heures en face de la porte encore fermée de leur nouveau temple. A peine celle-ci s’est-elle entrouverte que se fut une ruée telle qu’on aurait pu croire observer quelque peuplade affamée se jetant sur les dernières denrées d’un magasin d’alimentation du tiers monde. Ce n’était d’ailleurs pas seulement pour acheter que se pressaient ce jour là ces milliers de fanatiques, mais surtout pour rendre un culte, un hommage à cette marchandise bienfaitrice, ces appareils rédempteurs, ces gadgets curatifs qui font le sel de leur existence, occupant aussi bien leurs esprits que leurs discussions, leurs ambitions et leurs projets.

Certains étaient venus là, fébriles et déférents, comme l’on se rend dans un musée ou une cathédrale, pour admirer et toucher du bout des doigts ces merveilles de la création, espérant un jour, par la grâce merveilleuse d’une augmentation ou d’un crédit Cetelem, être digne d’en posséder certaines. Ainsi, autour d’un Iphone nouvelle génération trônant au sommet d’une colonne immaculée et écrasée des lumières aveuglantes des projecteurs, des hommes et des femmes prétendument éduqués, civilisés, diplômés, « socialement intégrés », participaient, à moitié en transe, à une célébration mystico-thaumaturgique digne des plus caricaturales dérives sectaires.

L’acte d’achat viendrait plus tard, bien sûr, point culminant de l’anagogie, car le but final reste toujours le même, les boutiques « Apple » représentant un chiffre d’affaires de 6,6 ( 6?) milliards de dollars par an.

L’homme moderne ne cherche plus à acquérir ce dont il a besoin pour vivre, il a besoin d’acquérir pour se sentir encore un peu vivant. Comme le dit Gunther Anders dans L’obsolescence de l’homme : « Les temps où ceux qui n’avaient rien à avaler étaient considérés comme de « pauvres diables » sont depuis longtemps révolus. Aujourd’hui, au contraire, les « pauvres diables » sont ceux qui ne peuvent opposer aucune résistance au gavage terroriste, ceux qui, à chaque bouchée qu’ils avalent, doivent également avaler le fait qu’on leur dérobe un peu de leur liberté. Qui ne consomme pas librement consomme de la non-liberté. »

[box]Crédit photo : Eugene Mah (photo sous licence creative commons)[/box]