Jean-Yves Le Gallou sur la censure : « C’est un coup d’État mondial de Facebook et Twitter ! »

Dans un entretien accordé à Boulevard Voltaire, Jean-Yves Le Gallou fustige la censure opérée par les réseaux sociaux qui empêche la liberté de débat. Sans cette libre confrontation des opinions, pas de démocratie.

Grande purge
Boulevard Voltaire : À la suite des évènements qui se sont passés au Capitole où des militants pro Trump ont pris d’assaut le bâtiment, les réseaux sociaux ont mis en place une sorte de grande purge. Le compte de Donald Trump qui comptait plusieurs dizaines de millions d’abonnés a sauté et de nombreux d’autres comptes, liés au parti républicain américain, mais aussi en France liés à des positions plus conservatrices ont été suspendus du réseau social. Que se passe-t-il et pourquoi est-ce grave ?

Jean-Yves Le Gallou : C’est une censure gravissime puisque toute censure empêche la liberté de débat. S’il n’y a pas de liberté de débat et de libre confrontation des opinions, il ne peut pas y avoir de démocratie puisqu’il n’y a qu’une seule opinion qui peut s’exprimer. On ne veut pas non plus arriver à approcher la vérité parce que dans la conception européenne de la vérité et en dehors des dogmes religieux, ne peut être livré que ce qui peut être librement confronté à une opinion contraire. Par conséquent, nous sommes dans une démarche absolument obscurantiste. De plus, cette censure n’est pas décidée par la justice avec un minimum de protection, mais par des grandes compagnies privées qui ont pris le pouvoir. C’est un coup d’État mondial des grandes entreprises mondiales en particulier Facebook et Twitter. Nous avons maintenant des dictateurs qui décident de ce que l’on doit savoir ou pas et de ce que l’on doit penser ou pas.

Un système totalitaire
Boulevard Voltaire : Suite à cette décision de Twitter, de nombreux comptes ont migré vers l’application Parler. Cette dernière est un peu le pendant républicain de Twitter. Cette application a été virée de toutes les plateformes qui l’hébergeait que ce soit Amazon, Android ou Apple. Les gens n’ont simplement plus le droit de s’exprimer…

On voit le mal absolu que représentent ces grandes entreprises oligopolistiques. Au fond, il suffit de trois ou quatre entreprises pour décider pour l’ensemble du monde occidental. Cela va tout à fait à l’inverse de ce qui a été internet à l’origine. Le principe qui régnait sur internet était la neutralité du net. Le net est un canal qui transmet des informations de différentes sortes, mais qui ne juge pas les informations qui les laisse circuler, à chacun de ceux qui y ont accès pour se faire leur propre opinion. On fait confiance à l’intelligence individuelle et à l’esprit critique individuel, alors que là ce sont quelques très grands oligarques qui décident pour le monde entier. C’est un système totalement totalitaire.

Boulevard Voltaire : La censure qu’a opérée Twitter, serait-elle la loi Avia qui a été appliquée sans le concours du gouvernement, mais bien une initiative privée des GAFAM ?

La loi Avia visait à donner aux entreprises privées la possibilité de censurer sans passer par la justice pour tout ce qui serait considéré comme un discours de haine ou une contre-vérité. Cela suppose qu’il y ait quelqu’un qui détienne la vérité absolue. C’est évidemment une conception qui n’est pas compatible avec la manière dont nous avons abordé la question en dehors des dogmes religieux.

Les règles sont totalement arbitraires puisqu’elles s’appliquent aux uns et pas aux autres. Par exemple, Twitter a censuré le compte de Donald Trump, mais garde toujours celui du président pakistanais, du président turc ou d’autres personnes engagées dans des guerres ou des violences. Cela ne les gêne pas.

Texte repris du site Boulevard Voltaire

La censure des Gafa, danger pour la démocratie, par Ivan Rioufol

Le coup d’Etat est celui de la Silicon Valley. Ses ardents défenseurs de la mondialisation viennent de révéler leur mépris des oppositions : seules priment leurs convictions. Si la démocratie est ébranlée, c’est à cause des Gafa : Google, Apple, Facebook, Amazon ont interdit l’expression de Donald Trump sur leurs réseaux sociaux. L’assaut du Capitole (Washington) le 6 janvier par des extrémismes convaincus de s’être fait voler leurs votes pro-Trump restera bien sûr comme un épisode lamentable, ayant causé la mort de cinq personnes. Mais voir en cette révolte l’équivalent de la prise du Palais d’Hiver de 1917 contre les Romanov ou de la Nuit de Cristal menée par les nazis en 1938 revient à alimenter l’hystérie anti-Trump : elle n’aura jamais cessé depuis son élection il y a quatre ans.

Les Démocrates en sont à espérer sa destitution avant la passation des pouvoirs le 20 janvier. Certains fanatiques anti-Trump brandissent la menace d’une guerre nucléaire déclenchée par dépit par le président sortant. Pourtant, Karl Marx avait prévenu : “L’histoire se répète toujours deux fois : la première fois comme une tragédie, la deuxième fois comme une farce”. La prise du Capitole par des clowns et des allumés restera une farce. Elle n’aura duré qu’une poignée d’heures. Plus grave en revanche est la prétention des nouveaux maîtres du monde d’y faire régner leur ordre.

Hier, le JDD d’Arnaud Lagardère, dont le groupe média vient d’obtenir d’Emmanuel Macron un prêt garanti par l’Etat de 465 millions d’euros, a justifié sur deux pages la décision de Twitter de fermer le compte personnel de Trump (88,7 millions d’abonnés) en rappelant les contenus les plus outranciers de 25 messages. Ce lundi, la presse française ne s’attarde pas sur cette censure invraisemblable, qui rejoint celles décidées par Facebook et Instagram.

Le site alternatif Parler vient également d’être exclu par Google, Apple et Amazon. La réserve est venue ce lundi, sur France Inter, de Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, qui s’est heureusement dit “choqué” de ces initiatives. “La régulation des géants du numérique ne peut pas et ne doit pas se faire par l’oligarchie numérique elle-même“. Reste que c’est le gouvernement auquel il appartient qui s’entête à vouloir traquer la “haine” en ligne, sans se préoccuper des atteintes aux libertés d’expression qu’induisent ces conceptions moralisatrice du débat. La prise du Capitole est le symptôme d’une crise de la démocratie. Elle oppose les mondialistes aux patriotes, les déracinés aux enracinés. Cette crise est partout palpable, notamment en France. Or, en interdisant la parole “populiste”, les opérateurs privés se comportent comme des autocrates. Ils sont un danger pour la démocratie.

Ivan Rioufol

Texte daté du 11 janvier 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Projet de loi de bioéthique : le texte sera examiné au Sénat à partir du 19 janvier

Projet de loi de bioéthique

12/01/2021 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Comme annoncé fin décembre, le projet de loi de bioéthique passera au Sénat le 19 janvier prochain, en commission spéciale de bioéthique. Il sera ensuite débattu en assemblée plénière à partir du 2 février 2021. Pour rappel, ce projet de loi élargit notamment la PMA aux couples lesbiens et aux femmes seules. De plus, il confère de nouveaux droits pour les enfants nés d’une PMA.

La Covid-19 : une opportunité de faire passer en douce un texte controversé

Les députés et les sénateurs s’opposent sur de nombreux articles du texte, notamment sur la PMA pour les couples lesbiens et sur la recherche sur les cellules souches. Une mobilisation citoyenne pourrait soutenir le point de vue contradictoire, comme ce fut le cas lors du mariage homosexuel, mais la dictature sanitaire prescrit tout rassemblement. Rien de tel que de contraindre le peuple à rester chez lui pour faire passer en catimini toutes les lois souhaitées !

Un appel à manifester de la Manif Pour Tous

Le mouvement social associatif La Manif Pour Tous a été le premier à dénoncer l’irresponsabilité du Gouvernement qui impose l’examen de ce projet de loi alors même que, dans le contexte actuel, la vie démocratique est fortement dégradée. Mobilisé sous le label « Marchons Enfants », le mouvement appelle à une manifestation générale les 30 et 31 janvier, partout dans le pays.

Inscription des volontaires

Si cela vous intéresse de prendre part à l’opposition au projet de loi de bioéthique, le site internet de la Manif Pour Tous propose notamment un formulaire à remplir pour les volontaires. Suite à cet envoi, vous serez contacté pour être orienté vers le rassemblement le plus proche de votre domicile.

Plus d’infos : https://www.lamanifpourtous.fr/actualites/communiques-de-presse/30-et-31-janvier-manifestations-marchons-enfants-partout-en-france-contre-la-pma-sans-pere-la-gpa-et-le-projet-de-loi-bioethique

La Toile se resserre – Une dérive totalitaire qui inquiète jusqu’à la gauche

GAFAM

Prenant honteusement prétexte des incidents ayant émaillé mercredi dernier la juste manifestation de colère des partisans de Donald Trump devant le Capitole à Washington, les milliardaires mondialistes à la tête des tout-puissants réseaux sociaux que sont Twitter, Facebook ou encore Instagram ont brutalement fermé ou suspendu vendredi les comptes du président américain, et entamé une impitoyable chasse aux sorcières contre ses sympathisants. Une atteinte à la liberté d’expression tellement énorme que certains grands médias français et autres personnalités, pourtant très hostiles au chef de la Maison-Blanche, en viennent aujourd’hui à s’interroger, et même à s’inquiéter d’une telle dérive totalitaire.

Parmi les élus français qui se sont immédiatement élevés contre cette brutale censure opérée par les « nababs » aux commandes des GAFA, nous n’avons bien sûr pas été surpris de retrouver Marine Le Pen, qui est elle-même régulièrement harcelée par Twitter. Dénonçant « une situation extrêmement inquiétante » et une « dérive très grave » des réseaux sociaux, la présidente du RN a alors fort justement observé qu’il fallait « très sérieusement se poser la question de la responsabilité de ces géants du numérique dans une forme d’effondrement annoncé de la liberté d’expression ». Un avis en partie rejoint par Mélenchon qui, tout en dénonçant le comportement de Trump, a expliqué pour sa part que celui-ci ne pouvait « servir de prétexte pour que les GAFA s’arrogent le pouvoir de contrôler le débat public ». Même critique du côté de Ruffin (LFI), qui a ajouté de son côté que « demain, ce sera pour nous tous, cette censure numérique, et privée » ! Mais, plus surprenante a été en revanche la réaction de Cédric O, le secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, qui a estimé que « la régulation du débat public par les principaux réseaux sociaux au regard de leurs seules conditions générales d’utilisation alors qu’ils sont devenus de véritables espaces publics […], cela semble pour le moins un peu court d’un point de vue démocratique ».

Une violation du premier amendement

C’est que, outre le fait que la brutale censure de Trump par les GAFA s’abattra aussi immanquablement demain sur tous ceux dont les propos n’auront pas l’heur de plaire à leurs responsables omnipotents, celle-ci constitue une violation manifeste de la législation américaine, comme le rappelait judicieusement dans 20 minutes Florence G’sell, responsable de la chaire digitale de Sciences Po. En effet, expliquait cette spécialiste du droit numérique américain, « les réseaux sociaux ont le droit de pratiquer la modération sur le fondement de leurs conditions générales d’utilisation, car ce sont des entreprises avec des contrats de droit privé ». Mais, ajoutait-elle, le compte Twitter de Trump « a été qualifié en 2019, par des juridictions américaines, de “forum public”, c’est-à-dire qu’il est considéré comme un espace de débat public, qui est protégé par le premier amendement à la Constitution des Etats-Unis sur la liberté d’expression ». Aussi, observait Florence G’sell, la suspension du compte de Trump pose aujourd’hui « un évident problème démocratique ». Non seulement parce que celui-ci « a quand même récolté le suffrage de plus de 70 millions d’électeurs américains » lors de la dernière présidentielle, mais aussi parce qu’« on assiste aujourd’hui à une véritable destitution numérique, avant même une procédure d’Impeachment ». Or, concluait l’enseignante, en soulignant que cette problématique pourrait bientôt « se transposer en France », « ce n’est pas aux grandes plates-formes de se faire les arbitres de la vérité, ou du débat public » !

L’insupportable chantage des ploutocrates

Un débat public et un respect des principes démocratiques sur lesquels s’assoient cependant aujourd’hui allègrement les GAFA, au sein desquelles les géants Google, Apple et Amazon sont même allés ce week-end jusqu’à lancer un ultimatum au réseau social Parler, très fréquenté par les électeurs républicains, lui intimant tout bonnement l’ordre d’adopter dans les 24 heures une politique de « modération » aussi impitoyable que la leur à l’égard des trumpistes, sous peine de voir son application numérique définitivement bannie de leurs magasins d’applications Google Play et Apple Store ! Ce chantage profondément scandaleux a été vivement dénoncé par John Matz, le fondateur de Parler, qui, outre une volonté d’« infliger le plus de dommages possible [à sa société] au moment où le président Trump est banni par les entreprises de la tech », a vu également dans cette manœuvre honteuse le désir de ces géants du Net de porter un coup fatal à l’application actuellement la plus téléchargée outre-Atlantique… Mais, aussi révoltantes et scandaleuses que soient ces pressions, elles n’ont cependant pas atteint l’incroyable degré d’ignominie dont a récemment fait preuve le minable « commissaire politique » Randall Lane dans Forbes, le célèbre magazine américain dédié aux milliardaires. Se sentant pousser des ailes avec l’arrivée prochaine au pouvoir du tricheur Biden et de sa clique de bobos gauchistes, il n’a en effet pas craint de coiffer sa casquette de tchékiste pour menacer ouvertement de représailles toutes les entreprises qui pourraient être tentées d’embaucher les anciens collaborateurs de Donald Trump ! Sont notamment visés par le journaliste du système, les ex-conseillers du président Sean Spicer, Kellyanne Elizabeth Conway, Sarah Huckabee Sanders, Stephanie Grisham ou encore Kayleigh McEnany, qui, à ses yeux, se sont rendus coupables d’avoir aidé à diffuser les prétendus « mensonges » de Trump pendant quatre ans. Un soutien que ce triste individu entend bien leur faire payer aujourd’hui, en leur interdisant toute possibilité de retrouver un emploi. Ainsi est-il allé jusqu’à avertir : « Que ce soit clair pour les entreprises : embauchez un de ces fabulistes cités plus haut, et Forbes considérera que tout ce que votre entreprise relaiera est un mensonge. Nous allons scruter, vérifier et revérifier, investiguer avec le même scepticisme que lorsque nous lisons un tweet de Trump. Vous voulez vous assurer que le plus puissant magazine économique du monde vous considère comme une potentielle source de désinformation ? Embauchez ces personnes. » Bref, un véritable appel à la haine. Mais qui, n’en doutons pas, ne poussera pas pour autant les GAFA donneuses de leçons à suspendre les comptes Twitter et autres du magazine Forbes.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 11 janvier 2021

L’Europe est-elle submergée par une immigration massive ? Entretien-choc avec Jean-Yves Le Gallou

11/01/2021 – EUROPE (NOVOpress)
L’Europe est-elle submergée par une immigration massive ? Le fameux « Grand remplacement » est-il de l’ordre du fantasme ou de la réalité ?

Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, publie L’invasion de l’Europe, un ouvrage qui se propose de donner les chiffres d’un possible basculement démographique en Europe.

Entretien-choc.


Alain de Benoist : « Les seuls héros qu’on admire aujourd’hui sont ceux qui se font tuer… »

Alain de Benoist

Naguère, le héros, le combattant, le sage et le saint étaient admirés et donnés en exemple. Aujourd’hui, les victimes semblent avoir pris leur place. Comme expliquer une telle mutation symbolique ?

Deux causes fondamentales : le discrédit des valeurs héroïques, la montée de l’idéologie victimaire, lacrymale et exhibitionniste.

Il est clair que les valeurs héroïques sont aujourd’hui perçues comme des valeurs d’une époque que l’idéologie dominante, avant tout hédoniste, individualiste et utilitariste, s’emploie à présenter de façon répulsive. Comme tout ce qui touche à la patrie, elles sont décrétées « ringardes », c’est-à-dire à la fois vieillottes et obsolètes. On admire à la rigueur les héros qui se sont fait tuer (le colonel Beltrame, les soldats français tombés au Sahel), car leur mort a fait d’eux des victimes, mais on se méfie des héros vainqueurs. Trop guerriers dans une époque qui rêve de paix universelle, trop virils à l’époque de la « masculinité toxique » (le « repos du guerrier » ayant déjà été mis hors-la-loi par les pétroleuses du mitou).

Parallèlement, la sensibilité s’efface, mais la sensiblerie ne cesse de s’étendre. Il y a moins d’un siècle (en France, cette disposition n’a été abolie qu’en juin 1939), les exécutions capitales se faisaient en public, et les parents emmenaient volontiers leurs enfants y assister en raison des vertus “éducatives” du spectacle. Aujourd’hui, la vue d’un pigeon mort traumatise les shampouineuses et les bobos.

La « lutte-contre-toutes-les discriminations » relève elle aussi de l’idéologie victimaire. Le philosophe Denis Collin y voit à juste titre « un mot d’ordre creux qui sert à passer en contrebande de la camelote frelatée pour le plus grand bénéfice des classes dominantes ». Le tour de passe-passe consiste à confondre discrimination et injustice. Or, il y a des discriminations qui sont parfaitement justes : il est normal, par exemple, qu’un citoyen bénéficie de prérogatives qui ne sont pas accordées aux non-citoyens. Inversement, il y a des injustices qui n’impliquent aucune discrimination de race ou de sexe : les inégalités sociales ne procèdent pas de la discrimination, mais de l’exploitation du travail vivant par un système capitaliste peu regardant sur la source de la plus-value. L’aspiration au « safe place », en « non-mixité sans hommes cis-hétéro et sans personnes blanches », est l’ultime souhait des néoféministes et des indigénistes pour éviter les discriminations. L’idée, importée des États-Unis, est qu’il faut soustraire les victimes potentielles à tout contact avec les méchants aux intentions « pas claires ». On est loin du temps des héros !

Désormais, dans tel ou tel conflit, au lieu d’analyser les motifs des belligérants, le poids de l’histoire et de la géographie, nos préférences paraissent réservées aux « agressés », négligeant le fait que l’« agresseur » puisse aussi avoir ses raisons. De plus, la compassion est également parfois à géométrie variable, selon la nature de l’agresseur ou de l’agressé. Une nouvelle étape dans le recul du politique ?

Notons d’abord que la compassion est un sentiment, pas une vertu. Elle « peut devenir vertu, écrit Pierre Manent, si elle est guidée par ces vertus que sont le courage, la justice et la prudence. Sans cette éducation, elle fait plus de mal que de bien ».

La guerre, comme l’a dit Clausewitz, n’est que la politique poursuivie par d’autres moyens. Or, en politique, il y a aussi des amis et des ennemis. Mais cette distinction n’est pas un critère moral. On savait bien autrefois que dans une guerre, chacun peut avoir ses raisons et que les débordements qu’elle engendre ne sont l’exclusivité d’aucun camp. Le respect du « juste ennemi » (justus hostis) était même le fondement de l’ancien droit des gens. Aujourd’hui, l’interprétation de la guerre est devenue manichéenne : elle est censée relever d’une morale juridique qui s’impose aussi au politique. La « juste cause » (justa causa) a remplacé le « juste ennemi », l’ennemi n’est plus une simple figure de l’adversité, mais l’incarnation du Mal. Les « agressés », comme les victimes, se situent nécessairement du côté du Bien. Bien sûr, comme vous l’avez observé, cette approche ne va pas sans partialité. Quand les victimes sont du côté des « agresseurs », on parle de crimes contre l’humanité ; quand elles sont du côté des agressés, ce sont des « dommages collatéraux ».

Très logiquement, ce phénomène débouche sur ce que l’on appelle la « compétition victimaire », laquelle se déroule généralement en invoquant la « mémoire ». N’y a-t-il pas dans cette dérive quelque chose de malsain, sinon d’obscène ?

Ah, la mémoire ! La mémoire de l’esclavage et la mémoire du génocide vendéen, la mémoire des camps, la mémoire des anciens jours, la mémoire des dieux et des héros. Vous observerez d’abord que cette mémoire est toujours subjective, raison pour laquelle elle se distingue fondamentalement de l’histoire, qui vise au contraire à l’objectivité. Tout naturellement, celui qui a beaucoup souffert a tendance à penser que personne ne peut avoir souffert autant que lui. Mais le statut de victime peut aussi s’avérer éminemment rentable : non seulement on est plaint, mais ça rapporte. Il suffit de susciter un sentiment de « culpabilité », d’en appeler à la « repentance » et de demander des « réparations ». Certains lobbies se sont spécialisés dans cette industrie, tels ces mouvements indigénistes qui prétendent parler au nom des « afro-descendants ». La société ne se compose plus de sujets-citoyens mais de victimes qui, tous à qui mieux mieux, demandent réparation pour des dommages souvent imaginaires, et exigent que ceux qui ne pensent pas comme eux soient envoyés devant les tribunaux.

La mémoire a ses mérites, mais elle peut aussi être encombrante, sinon paralysante. Sans tomber dans l’amnésie volontaire, il faut parfois se décharger l’esprit pour retrouver une certaine « innocence ». Nietzsche faisait de la « plus longue mémoire » le trait caractéristique de l’homme de l’avenir, qui était pour lui le pire des hommes. Il ne conviait pas à cultiver la mémoire, mais la volonté d’agir. « On ne ramène pas les Grecs, mais on peut s’en inspirer », disait-il encore. Heidegger dira après lui à peu près la même chose : il ne faut pas chercher à répéter le passé, et encore moins vouloir s’y réfugier, mais s’inspirer de ceux qui dans le passé ont su créer une culture nouvelle pour apprendre, à leur exemple, à œuvrer en vue d’un nouveau commencement.

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier.

Tribune reprise du site Boulevard Voltaire

Un projet de loi contre la censure des médias sociaux en Pologne

réseaux sociaux pologne

Le 17 décembre 2019, le ministre de la Justice polonais convoquait une conférence de presse pour présenter un avant-projet de loi contre la censure par les médias sociaux.

Sans surprise, les grands médias français n’en ont pas parlé puisque la France a choisi d’adopter l’approche inverse, c’est-à-dire celle qui consiste à menacer de lourdes sanctions les réseaux sociaux qui ne censureraient pas assez.

Une approche qui n’a pas été abandonnée après le rejet des principales dispositions de la loi Avia par le Conseil constitutionnel. À vrai dire, les médias français ayant fait cas du projet de loi polonais sont tous des médias de ce que la gauche française appelle avec un grand mépris la « fachosphère », tel le quotidien Présent, dont l’article consacré à ce sujet a ensuite été repris dans le Visegrád Post, ainsi que le site Boulevard Voltaire.

Comparaisons européennes

Lors de la conférence de presse organisée au ministère de la Justice polonais, le secrétaire d’État Sebastian Kaleta, qui accompagnait le ministre Zbigniew Ziobro, a d’ailleurs opposé l’approche polonaise aux approches française et allemande qui, pour reprendre les mots du communiqué publié par le ministère de la Justice polonais après la conférence de presse, « mettent l’accent sur l’élimination des contenus considérés comme étant en infraction du droit et non pas sur la protection de la liberté de parole. Ces régulations ont donc un caractère avant tout répressif. Par exemple en Allemagne, un média social qui viole la loi risque une amende très élevée, jusqu’à 50 millions d’euros. En outre, c’est le ministre de la Justice qui décide en définitive si les contenus publiés violent la loi. »

Le Digital Services Act en question

Au contraire des gouvernements « libéraux » d’Europe occidentale et au contraire de la Commission européenne avec son « Digital Services Act » qui « se concentre », comme on peut le lire dans le communiqué polonais, « sur l’élimination des contenus interdits », le ministre « ultra-conservateur » (ainsi que le qualifient souvent les grands médias français, comme par exemple Le Figaro) préfère s’en remettre aux tribunaux : « C’est pourquoi la Pologne veut adopter ses propres dispositions légales pour défendre efficacement le droit constitutionnel à la liberté de parole, afin qu’en cas de litige entre un média social et son utilisateur ce soient les tribunaux qui statuent sur les éventuelles infractions à la loi ».

Le réseau Soros à l’œuvre

En Pologne, les médias sociaux sont poursuivis devant la justice pour leur censure politique et idéologique de certains acteurs politico-médiatiques, logiquement tous liés à la droite conservatrice puisque c’est le réseau Soros qui se charge de la censure pour le compte de ces médias sociaux en Europe centrale. Le gouvernement de Mateusz Morawiecki avait en outre été saisi il y a un an par un groupe de parlementaires sur le problème de la censure instaurée par les géants américains du Net.

Nouvelle législation protectrice en Pologne

L’avant-projet de loi présenté le 17 décembre par le ministre Zbignew Ziobro et son secrétaire d’État Sebastian Kaleta semble répondre aux préoccupations exprimées par ces parlementaires. D’après ce qui est prévu, si un contenu est censuré sur un réseau social, l’utilisateur pourra adresser une réclamation au média social qui aura 48 heures pour y répondre. Les médias sociaux devront pour cela avoir des représentants en Pologne, capables de répondre aux plaintes des utilisateurs polonais. En cas de refus de lever la censure, l’utilisateur pourra ensuite s’adresser par voie électronique, sans sortir de chez lui, à un Tribunal de protection de la liberté d’expression spécialement créé à cet effet et celui-ci aura sept jours pour examiner l’affaire. Si la justice polonaise tranche en faveur de l’utilisateur censuré, le média social attaqué devra alors rétablir immédiatement le compte ou le contenu bloqué sous peine de se voir infliger une amende administrative par l’Office de la communication électronique (UKE). Une amende qui pourra atteindre 8 millions de zlotys, soit environ 1,8 million d’euros.

Intervention du juge

L’autre élément important de l’avant-projet de loi doit au contraire permettre de se protéger contre la diffamation et la propagation de fausses informations par l’instauration d’un mécanisme de poursuites contre X. Si une personne estime subir un préjudice à cause d’informations à son sujet ou d’insultes à son encontre publiées par un internaute anonyme, il suffira d’indiquer dans la plainte l’adresse URL, la date et l’heure de la publication ainsi que le nom du profil d’utilisateur à l’origine de la publication. Si le juge estime qu’il y a matière à examiner la plainte, c’est le tribunal qui aura la charge d’obtenir auprès du site internet concerné les coordonnées de l’utilisateur poursuivi. Cette possibilité était demandée depuis des années par le Défenseur des citoyens, Adam Bodnar.

Les propositions du ministère de la Justice polonais ont recueilli des réactions plutôt favorables dans les médias du pays, y compris chez ceux qui ne sont pas toujours très tendres pour le gouvernement de Mateusz Morawiecki.

Équilibre entre protection de la liberté d’expression et lutte contre la diffamation

Lors de la conférence de presse du 17 décembre, le ministre Zbigniew Ziobro a expliqué ne pas vouloir « copier les solutions allemandes » car ce sont des « solutions unilatérales ». « Il est reproché à ces solutions d’imposer une censure dont le but est de limiter la liberté de mener un débat démocratique », a‑t-il fait remarquer. Il a ajouté que son ministère souhaitait au contraire trouver un équilibre entre, d’une part, la question de la diffamation et des atteintes à la dignité des personnes et, d’autre part, la liberté de discussion et de débat public qui « ne doit pas être limitée sur la base de décisions d’une autorité quelconque ». Seuls pourront être censurés les propos violant la loi et la décision finale reviendra au juge chargé de faire appliquer la loi. Car pour le ministre polonais, « un utilisateur de média social doit avoir le sentiment que ses droits sont protégés. Il ne peut y avoir de censure de l’expression. La liberté de parole et de débat est l’essence-même de la démocratie ».

Un attachement à la liberté, à la démocratie et au respect du droit qui ne cadre pas très bien avec le discours des grands médias français sur l’affaiblissement supposé de la démocratie et de l’État de droit en Pologne sous les gouvernements du parti Droit et Justice (PiS). On comprend mieux dans ces conditions que les grands médias français préfèrent passer sous silence les propositions polonaises contre la censure pratiquée par les médias sociaux.

Texte repris du site OJIM

Terreur islamiste dans les écoles – Les profs acculés à toujours plus d’autocensure

censure écoles islamistes

Loin de constituer une surprise pour Présent, qui ne cesse de dénoncer depuis des années l’emprise croissante des islamistes sur les établissements scolaires français, la récente étude de l’IFOP consacrée aux « contestations de la laïcité » et aux « formes de séparatisme religieux à l’école », par les chiffres effrayants qu’elle révèle et les cas ahurissants qu’elle rapporte, n’en reste pas moins particulièrement édifiante de la véritable terreur qu’exercent aujourd’hui les musulmans dits « radicaux » sur les enseignants et autres personnels de l’Education nationale.

Un phénomène en hausse

Commandée par la fondation Jean-Jaurès et publiée par Charlie Hebdo, cette enquête, à lire d’urgence sur le site jean-jaures.org, souligne tout d’abord que « 49 % des enseignants interrogés affirment s’être déjà autocensurés » durant leur carrière « afin de ne pas provoquer de possibles incidents dans leur classe ». Ce qui, soulignent les auteurs de l’étude, représente 13 % de plus qu’en 2018. En même temps, indique l’IFOP, pas moins de « 80 % des enseignants affirment avoir déjà été confrontés au moins une fois au cours de leur carrière à une forme de séparatisme religieux » (+7 % par rapport à 2018), dont « 59 % dans leur établissement actuel ». Des actes de séparatisme qui peuvent prendre la forme d’« absences des jeunes filles à des cours de natation, avec ou sans certificat » (45 %), « lors d’enseignements abordant la laïcité » (26 %), de « demandes de repas confessionnels (halal, casher…) dans les cantines » (47 %) ou encore de « refus d’entrer dans des lieux à caractère religieux (type église) lors de sorties scolaires (28 %) ».

Des profs tombés en dhimmitude

Car, comme chacun sait, le rejet de l’école française par beaucoup d’enfants et de familles issus de l’immigration arabo-musulmane est très loin de se limiter aux menus et aux tenues vestimentaires. Ainsi, relève l’étude de l’IFOP, « au-delà des revendications religieuses concernant différents aspects de la vie scolaire, notre enquête montre aussi qu’elles peuvent donner lieu à des contestations concernant le contenu des enseignements auxquelles les enseignants doivent faire face ». Et les auteurs de l’enquête de préciser alors que « les enseignants sont plus d’un tiers (36 %), durant leur carrière, à avoir rencontré des contestations d’enseignement ou de contenus d’enseignement au nom de convictions religieuses, philosophiques, politiques » et « 34 % disent avoir rencontré au cours de leur carrière des contestations d’activités pédagogiques ». Enfin, on retiendra aussi de cette étude vraiment impressionnante de l’IFOP, ce chiffre qui, plus encore que les autres peut-être, a de quoi inquiéter : qu’ils soient islamistes, islamo-gauchistes ou tout simplement lâches, « seulement trois quarts des professeurs interrogés (75 %) soutiennent l’acte de Samuel Paty d’avoir fait un cours sur la liberté d’expression en s’appuyant sur des caricatures de presse »…

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 8 janvier 2021

Thibault de Montbrial : “Les djihadistes qui sortent de prison n’ont absolument pas baissé leur détermination et leur volonté de nous frapper”

André Bercoff : « Ce qu’il s’est passé au Capitole à Washington est le reflet de la fracture américaine »

André Bercoff

André Bercoff revient sur les événements du 6 janvier à Washington, où des sympathisants de Donald Trump ont pénétré dans l’enceinte du Capitole, les bâtiments du Congrès américain.

Le peuple américain a vécu, hier soir, une soirée assez incroyable. À la suite des élections géorgiennes, les supporters et les partisans de Donald Trump sont entrés dans le Capitole.

Que s’est-il réellement passé ?

Le Capitole est l’un des endroits le mieux gardés du monde. Il y a un service impressionnant de police. Apparemment, hier soir, tout était ouvert.

Des milliers de partisans de Trump étaient présents et quelques centaines sont entrés. Comment est-ce possible que ce soit open bar ? On ne va pas entrer dans les hypothèses, mais c’est intéressant de se poser la question.

Je ne défends pas ceux qui sont entrés, mais je dis simplement qu’il faut ramener ces choses à leur juste proportion. Ce n’était ni la prise du Palais d’Hiver ni le saccage de je ne sais quelle église, synagogue ou autre.

Cette soirée était l’aboutissement de plusieurs mois de tensions entre les partisans de Trump et les partisans de Biden.

Il y a eu quatre morts après l’invasion du Capitole à Washington. S’il n’y avait pas eu ces morts, on aurait peut-être pu prendre cette nouvelle avec plus de légèreté. Il ne faut pas oublier qu’avant son élection en novembre 2016, Trump était considéré par toute une partie de l’establishment américain des démocrates, de la presse comme un usurpateur. Pendant quatre ans, les gens qui avaient voté pour Trump ont été considérés soit comme des imbéciles et des inconscients pour avoir voté pour un charlatan, un crétin. On ne va pas faire, ici, le bilan de Trump, vous le connaissez comme moi.

Il est clair qu’il a fait des bêtises et des maladresses. D’un côté, il y a les bobos gauchos américains du parti démocrate. Et de l’autre côté, les républicains qui seront divisés entre ceux qui veulent garder un certain intérêt centriste et les autres qui veulent un parti populiste à la puissance 1.000. Est-ce Trump ou non qui les réunira ? Je ne sais pas. Nous avons vu quelque chose de très fort qui nous montre la fracture américaine.

Emmanuel Macron a pris la parole en pleine nuit dans un anglais avec un accent français assez terrible devant les drapeaux français et américain. L’intégralité de la classe politique française a largement condamné cette action.

Emmanuel Macron s’est pris pour Lafayette volant au secours de l’Amérique. On a les ambitions que l’on peut… En ce qui concerne le reste, on cherche le bouc émissaire que l’on peut. Un bon nombre d’éditorialistes français disaient que Trump allait appeler l’armée et qu’il n’allait jamais céder le pouvoir.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

La victoire de la famille Lefevre et le combat culturel, par Guillaume de Thieulloy

famille Lefevre

Juste avant Noël, le 15 décembre, nous avons eu la joie d’apprendre la victoire de la famille Lefevre en finale de l’émission «La France a un incroyable talent» sur M6, devant plus de 4 millions de téléspectateurs.

Les bonnes nouvelles étant rares, pourquoi ne pas savourer celle-ci?

Je dois vous avouer que j’ignorais tout de cette émission avant cette victoire.

Et, de façon générale, je suis un bien mauvais « client » pour la télévision en général et les concours télévisés en particulier.

Il n’empêche que je me réjouis vivement de cette victoire, comme de toute victoire dans le combat culturel – à tout prendre beaucoup plus décisif pour l’avenir politique de notre pays que le combat électoral.

Pour une fois, les étranges lucarnes n’ont pas promu pas telle minorité, visible ou invisible, mais une famille de France chantant magnifiquement un répertoire de chant sacré.

Tout dans ces concurrents aurait dû susciter la détestation des médias dominants. Pensez : une famille de 6 enfants, versaillaise, ne dissimulant même pas qu’elle était catholique, quoi de plus « ringard » ?

Eh bien, non : le jury et le public ont été séduits – soutenus par l’impressionnante mobilisation des « cathos » sur les réseaux sociaux.

Ils ont été séduits d’abord, bien sûr, par le talent. Mais aussi par cette famille si manifestement unie et heureuse de chanter ensemble.

En quelques minutes, ces huit personnes ont plus fait que des dizaines de manifestations – et que des centaines de lois et d’élections! – pour la famille, cellule de base de la société, et pour rappeler que la nation n’est pas un agglomérat d’individus, mais une famille de familles.

Surtout, la famille Lefevre a montré à tous – y compris, surtout, aux plus éloignés de la culture française – que l’être humain est fait pour le beau, autant qu’il est fait pour le bon et pour le vrai.

Notre société post-moderne croit très malin de lire Nietzsche à la lettre et de placer sur un pied d’égalité le laid et le beau, le mal et le bien, le faux et le vrai.

Mais il est évident que l’on ne peut pas vivre humainement comme cela.

Tout au plus peut-on survivre comme une brute.

Mais ce qui me laisse pantois, c’est le traitement de cette victoire par les commentateurs.

Je passerai sur les remarques ordurières dont les réseaux sociaux sont familiers – et l’on pouvait difficilement s’étonner qu’une famille versaillaise aussi «caricaturale» échappe à de telles caricatures.

Mais les éditorialistes ont été, dans leur vaste majorité, incapables de comprendre ce qui se jouait ici (la plus notable exception étant l’excellent éditorial de Constance Prazel pour «Liberté politique»).

Ils en sont restés à de bêtes considérations sociologiques sur le mode : Tiens, comment se fait-il que ces attardés aient du talent?

Pourtant, il faut aller du fait divers à la conséquence politique et même civilisationnelle.

Ce qu’a apprécié le public, c’est une famille où la transmission semble une évidence. Parents et enfants y cherchent ensemble ce qu’il y a de plus beau et consacrent leurs efforts à le rendre accessible à leur entourage.

C’est exactement cela une civilisation: transmettre au mieux le meilleur de ce que nous avons reçu.

Que notre monde post-soixante-huitard en soit incapable ne signifie qu’une chose: il est déjà mort.

Mais toute la question est de savoir si notre civilisation française et européenne sera entraînée dans cette chute ou si la mort de cette contre-culture sera le début de la renaissance. En tout cas, pour 2021, je nous souhaite à tous de nombreuses familles Lefevre sur tous les champs de bataille culturels!

Guillaume de Thieulloy

Tribune reprise de les4verites.com

I-Média – Insurrection à Washington, pédocriminalité à Paris

I-Média – Insurrection à Washington

08/01/2021 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Voici les principaux événements traités cette semaine :
L’image de la semaine : insurrection à Washington

I-Média analyse d’abord les incroyables images de l’entrée en force des partisans de Donald Trump dans le capitole, en pleine séance de ratification de l’élection de Joe Biden.

Olivier Duhamel : pédocriminalité et omerta

Puis, I-Média revient en longueur sur cette répugnante affaire de pédocriminalité qui agite le marigot politico-médiatique parisien. A l’image du sinistre Olivier Duhamel et ses proches, la gauche 68arde qui donnait des leçons d’humanisme à tout le monde abritait en réalité les pires déviances.


Les doutes se multiplient au sujet des vaccins à ARN messager

vaccins à ARN messager

Mercredi 6 janvier 2021, peu après l’approbation par l’Agence européenne des médicaments du vaccin développé par le laboratoire américain Moderna, la Commission européenne donnait le feu vert pour sa mise sur le marché. Auparavant, depuis le 21 décembre 2020, seul le vaccin de Pfizer-BioNTech avait été autorisé par l’agence européenne. Les pays de l’Union européenne vont donc disposer de deux vaccins utilisant la technologie dite de l’ARN messager, ou acide ribonucléique messager. Officiellement considérée et louée comme ultra-innovante, cette technologie rompt avec les vaccins classiques. C’est une des raisons pour lesquelles la méfiance se multiplie à l’égard de vaccins représentant un saut dans l’inconnu, d’autant qu’ils ont été fabriqués à une vitesse inédite. C’est un autre élément de doute. Tout se passe comme si une course contre la montre pour sauver l’humanité était lancée. Pourtant, le Covid-19 ne semble pas menacer d’éradiquer l’espèce humaine. Une telle Blitzkrieg du vaccin peut susciter des interrogations.

Outre la réticence naturelle des Français à se faire vacciner, chacun aimant connaître ce qui est injecté dans son corps, la technologie des vaccins à ARN messager inquiète en tant que telle. Pour les vaccins classiques, le virus est injecté dans l’organisme sous une forme atténuée ou inactivée. Dans le cas de l’ARN messager, le vaccin envoie un message, une sorte de recette, dans la cellule du patient. Puis le message est détruit. Les informations reçues permettent aux cellules vivantes de produire la protéine présente sur la surface du virus. Ainsi, l’organisme apprendrait à générer les réponses immunitaires de lui-même. Le souci étant que le message s’adresse à l’ADN présent dans le noyau de la cellule. Les inquiétudes viennent donc du fait que les vaccins à ARN messager sont des vaccins génétiques agissant sur notre matériel génétique. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, l’organisme génétiquement modifié s’appelle l’être humain.

Les doutes seraient peut-être moins prégnants si les us et coutumes scientifiques avaient été respectés. Usuellement, les laboratoires de recherche communiquent leurs résultats à la communauté scientifique pour validation. Ce n’est qu’ensuite que ces résultats sont agréés ou non. Si l’ARN messager fait l’objet de recherches depuis plusieurs années, respectant les protocoles scientifiques, le fait que les contrats de commande de ces vaccins comportent des clauses indiquant que la communication à la communauté scientifique se fera après les vaccinations ne peut que semer le trouble et donner le sentiment d’un essai grandeur nature. D’autant que les effets indésirables dits bénins sont nombreux, qu’un infirmier californien a été testé positif une semaine après avoir été vacciné et qu’en matière de Covid les Français ont déjà entendu tout et son contraire depuis un an. Notons qu’une seule dose de ces vaccins coûterait 18 euros à la collectivité nationale, un prix non confirmé puisque l’UE ne souhaite pas donner de précision à ce sujet.

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 7 janvier 2021

Eric Zemmour : “Ceux qui ont divisé et désagrégé l’Amérique, ce ne sont pas les trumpistes, mais les mouvements d’extrême-gauche”

Sylvain Baron : “Lorsque le peuple n’a plus aucun moyen légal et pacifique de pouvoir se faire entendre, il est de son droit de résister”

Sylvain Baron

Sylvain Baron, auteur de “Révolte ! Essai sur la légitimité et la planification de l’insurrection populaire en France” (Ka’editions Et Conseils), était l’invité d’André Bercoff, mercredi 6 janvier.

Dans son essai, le Gilet jaune Sylvain Baron tente à la fois d’établir une analyse sur l’état politique “et le délitement de l’État depuis 30 ou 40 ans“. Il émet une réflexion sur le droit de la résistance.

“Saisir tout ce qu’on a à notre portée”

Il y a toute une philosophie du droit chez les juristes“, souligne Sylvain Baron qui prend exemple sur la constitution allemande. “L’article 20 des lois fondamentales prévoit que ‘lorsque le peuple n’a plus aucun moyen légal et pacifique de pouvoir se faire entendre et résister à différentes aliénations politiques, il est de son droit de résister’“, rapporte l’essayiste. Un droit à la résistance qui sous-entend une certaine part de violence.

Pourtant, la violence n’est pas l’outil privilégié par le gilet jaune qui confie être “fâché avec beaucoup de gens qui aimeraient aller dans des écueils violents“. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut baisser les bras. Sylvain Baron appelle à “saisir tout ce qu’on a à notre portée“. Et bien qu’ils soient méconnus, “il y en a beaucoup“, même si aujourd’hui “la dictature sanitaire, qui nous empêche de nous réunir, rend plus difficile les manifestations, rend mon message de plus en plus caduque“, souligne-t-il.

“On n’a jamais été vraiment en démocratie”

L’idée de son ouvrage est “d’abord d’envisager ce qui est possible de faire pour renverser une oligarchie“, précise son auteur qui souhaite remettre quelques points sur les i. “Une révolution, ce n’est pas les fourches et les pics”, note-t-il, estimant “qu’une révolution politique c’est réellement lorsqu’une tyrannie est renversée par une fraction du peuple“.

Un mot fort qui s’applique à la France selon Sylvain Baron. “On n’a jamais été vraiment en démocratie“, explique-t-il qui prend pour exemple la Suisse, “où le peuple peut initier ses propres lois, faire des référendums, ce que les Gilets jaunes réclament“. “C’est ça le fondement de la démocratie”, assure l’auteur qui regrette que “tout nous soit retiré par une représentation qui a les réseaux et les moyens de pouvoir être au pouvoir“. “Nous sommes gouvernés par une représentation déconnectée de la réalité, il n’y a pas d’ouvriers, de smicards, d’agriculteurs…“, déplore le gilet jaune.

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Pédophilie : l’omerta de la gauche caviar, par Ivan Rioufol

Olivier Duhamel

Ils savaient. A lire Camille Kouchner, qui révèle dans un livre le passé des abus sexuels d’Olivier Duhamel sur son frère jumeau “Victor” Kouchner, une partie de la gauche “morale” savait. Selon l’auteur, dans ce “microcosme des gens de pouvoir, Saint-Germain-des Prés, beaucoup savaient et la plupart ont fait comme si de rien n’était” (Le Figaro, ce mercredi). Le politologue et constitutionnaliste Olivier Duhamel était, jusqu’à présent, une figure mondaine et médiatique du progressisme sentencieux.

Chroniqueur notamment sur Europe 1 et LCI, président de la Fondation nationale des sciences politiques, membre du comité de pilotage Culture et Diversité de Marc Ladreit de la Charrière, avocat associé dans le cabinet de Jean Veil (fils de Simone Veil), il était également à la tête du Siècle, club d’influence qui regroupe par cooptation la crème de l’élite française. Dans la maison de vacances de Sanary (Var), héritée de son père Jacques Duhamel, ancien ministre de Georges Pompidou, la fine fleur de la bourgeoisie parisienne et socialiste était accueillie. C’est au cœur de ce petit monde influent, préservé et donneur de leçons, que Duhamel s’est laissé aller à des comportements pédérastiques en imposant des relations sexuelles à son beau-fils alors âgé de 13-14 ans. L’omerta a été la règle.

C’est le dégoût et la révolte que suscitent les faits relatés par Camille Kouchner, fille de Bernard Kouchner et d’Evelyne Pisier, qui épousera par la suite Duhamel. Les sermonnaires, qui n’ont pas assez de mots pour dénoncer les crimes pédophiles commis au sein de l’Eglise, auront-ils le même goût à mettre au jour les turpitudes que la gauche caviar a pu s’autoriser ? Une gêne se devine dans les mots employés. C’est l’inceste que les médias dénoncent ici.

En réalité, cette circonstance aggravante n’a longtemps concerné que les relations sexuelles entre une même famille de sang. Ce n’est qu’en 2017 que la loi a élargi la notion, en faisant entrer le beau-père dans l’incrimination. A l’époque, quand Duhamel se glisse dans le lit de l’adolescent en lui disant : “Je vais te montrer. Tu vas voir, tout le monde fait ça“, il s’inspire peut-être des pratiques de la Grèce antique mais plus probablement de la liberté revendiquée par le libertarisme soixante-huitard. En effet, c‘est cette même gauche “libérée” qui pétitionnait dans les années soixante-dix pour défendre des pédophiles poursuivis par la Justice. Bernard Kouchner était parmi les signataires. Réduire l’affaire Duhamel à l’inceste évacue la responsabilité de cette gauche auto-satisfaite dans la violence faite aux enfants et adolescents.

Ivan Rioufol

Texte daté du 6 janvier 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Le Covid, la guerre et la peur

trump macron

Si la peur et la sécurité sont parmi les fondements psychologiques de la légitimité d’un pouvoir, c’est-à-dire de l’adhésion passionnelle d’un peuple à ceux qui le dirigent, ce principe est d’autant plus vrai que l’on s’éloigne de la démocratie. Cette dernière a pour idéal un régime où règne un droit voulu par des hommes raisonnables. Son instauration conduit un pays à vouloir la paix et, selon Kant, la « paix perpétuelle » coïnciderait avec la démocratie universelle. Depuis, les démocraties, ou les régimes qui prétendent l’être, ont un rapport à la peur et à la guerre plus trouble.

D’une part, elles ont tendance à faire la guerre à reculons, de mauvais gré, et toujours en réaction défensive à une attaque. D’autre part, elles trouvent dans l’existence de cette menace un appui à la cohésion nationale et une inhibition spontanée aux dissensions que le débat démocratique introduit dans la société. Les États-Unis ont été timorés contre le communisme lors de la guerre civile chinoise et ils n’ont pas combattu en Corée pour écraser définitivement la Corée du Nord. MacArthur, le stratège du redressement militaire allié lors de ce conflit, et limogé par la suite, avait condamné la politique américaine. Par la suite, le communisme est devenu un ennemi dangereux, certes, mais bien pratique pour consolider la nation. L’effondrement du bloc soviétique a rendu les Américains orphelins de cet adversaire idéal. Il a eu deux successeurs qui ont fait apparaître au grand jour ce que la politique américaine pouvait receler de machiavélisme : le premier est l’islamisme à l’essor duquel, par leurs alliances et leur intervention en Afghanistan pour soutenir les rebelles, les États-Unis n’étaient pas étrangers. Le second est la Russie, héritière amputée de l’URSS, et délivrée de l’idéologie incompatible avec celle du monde « libre ». La guerre menée par Washington contre le terrorisme, après le 11 septembre 2001, n’a pas affronté l’islamisme. L’Arabie saoudite, le pays idéologiquement le plus éloigné, est resté le grand allié, les Frères musulmans ont été soutenus sous Obama. En revanche, les dictatures militaires et nationalistes d’une part, l’Iran chiite d’autre part, sont devenus les cibles privilégiées malgré leur absence de lien avec le terrorisme islamiste.

Le problème qui se pose aux démocraties occidentales qui ont compris qu’aucune politique ne peut se passer d’ennemis, comme le suggérait le sulfureux Carl Schmitt, comporte trois éléments : d’abord, en raison de la composition de plus en plus diverse de leur population et du refus de toute discrimination érigé en dogme, l’ennemi ne doit pas ni sembler proche d’une communauté intérieure, ni apparaître comme contraire aux postulats du politiquement correct ; ensuite, l’individualisme a fait de la vie des vivants, une fois nés, une valeur sacrée, et « zéro mort » est devenu le principe des guerres à coups de drones et avec le moins possible de combattants sur le terrain, professionnels au demeurant ; enfin, en raison de l’idéal démocratique d’une paix universelle, il est préférable que l’ennemi soit celui du genre humain plutôt que d’une nation ou d’une civilisation en particulier.

En raison de leur poids mondial, les États-Unis ne manqueront jamais d’ennemis plus ou moins réels. Ce n’était pas innocent de la part de Trump d’évoquer le virus « chinois ». Pour la France, c’est plus compliqué. La lutte contre l’islamisme met mal à l’aise un gouvernement qui se veut « multiculturel ». Des soldats français meurent au Sahel dans une guerre sans fin, comme d’autres sont morts en Afghanistan dans une guerre qui n’est pas finie, et pendant ce temps, Maliens et Afghans continuent à se réfugier en France, non sans poser des problèmes.

De plus, ceux qui sont les plus opposés à leur présence sont considérés comme l’ennemi de l’intérieur qu’il faut empêcher à tout prix d’accéder au pouvoir. On voit par là que le mot de « guerre » n’a pas été employé par hasard par Macron pour désigner l’épidémie du Covid-19.

Christian Vanneste

Texte repris du site Boulevard Voltaire