Succès du RN : le Système a perdu une bataille, mais pas la guerre, par Michel Geoffroy

succès RN

Ce devait être la martingale infaillible : pour la présidentielle, un duel Macron-Le Pen conduisant la gauche extrême à voter pour le premier afin de « faire barrage » à la seconde. Et pour les législatives, la même gauche en repoussoir pour effrayer le bourgeois et présenter Ensemble comme un recours. Las, il suffisait de regarder les mines réjouissantes des médiacrates, dimanche soir, pour se douter que cette belle manœuvre avait échoué.

Caramba, Jupiter s’est planté !

Non seulement la NUPES n’atteint pas du tout les scores mirifiques que nous promettaient les instituts de sondage – ce qui démontre en passant le caractère hautement « scientifique » de leurs travaux ! – mais avec 89 élus, le RN enregistre une progression sans précédent.
Au point que le Président Macron ne dispose pas de la majorité absolue des sièges à l’Assemblée nationale et se retrouve de fait dans une situation de cohabitation non-désirée, obligé de constituer des alliances de circonstance, comme au bon vieux temps de la quatrième république.

Caramba, Jupiter s’est planté !

Les astrologues médiatiques tombés dans un puits

Trop occupés à faire la promotion de la NUPES, les médias mainstream (plus de 50 % du temps de parole donnés aux candidats NUPES sans que cela ne gêne l’Arcom !) et les instituts de sondage ont en effet totalement sous-estimé deux phénomènes :

– d’une part, la très grande déception, pour ne pas dire plus, de l’opinion devant la réélection d’Emmanuel Macron, le gendre de moins en moins idéal ;
– d’autre part, l’inquiétude que suscitait la perspective d’un second mandat sans aucun contrepoids politique. Inquiétude renforcée par le ralliement ostensible d’Emmanuel Macron au camp des bellicistes anglo-saxons et par son indifférence affichée aux conséquences catastrophiques des sanctions antirusses.

Les experts de plateaux télé ont aussi négligé que la diabolisation de Reconquête avait aussi servi l’image du RN et que si l’union de la droite ne se faisait pas au niveau des états-majors, elle pouvait se faire dans les urnes. Il est d’ailleurs probable qu’une alliance RN-Reconquête au premier tour des législatives aurait amplifié la débandade des candidats macroniens, globalement dépourvus d’implantation locale réelle.

Raison garder

La belle percée électorale du RN, malgré tous les obstacles placés sur sa route, témoigne de son implantation populaire. Elle confirme aussi qu’en politique le désespoir absolu est bien la sottise absolue.

Mais il faut cependant raison garder.

D’abord l’histoire parlementaire abonde d’exemples où de braves gens, élus sous une étiquette de rupture, ont été vite digérés par le régime. Ce fut notamment le cas des élus poujadistes sous la IVème république[1].

Sur ce plan la gauche échappe généralement à ce péril car elle est plus motivée idéologiquement et plus disciplinée.
Le RN, dont l’expérience parlementaire est limitée, va donc devoir faire preuve de vigilance et de compétence afin d’éviter cet écueil.

La France ingouvernable, vraiment ?

Ensuite, il faut relativiser une victoire électorale parce que l’Assemblée nationale a tout simplement perdu l’essentiel de ses pouvoirs au 21e siècle. Nous ne sommes plus en 1958 ni même en 1981 !
Les médias nous abreuvent de titres selon lesquels la France serait devenue « ingouvernable » depuis le 19 juin. Quelle plaisanterie !

La France va au contraire continuer d’être gouvernée par la Commission Européenne – qui fixe chaque année nos grandes orientations de réformes –, par la BCE, par l’OTAN, par le pouvoir judiciaire (non élu…), par les lobbies, les ONG ou les dirigeants des grandes entreprises mondialisées.

Face à tous ces vrais pouvoirs, notre parlement – dont l’essentiel de l’activité législative consiste, il faut le rappeler, à retranscrire des directives bruxelloises – compte les coups, en simple spectateur. Même ses pouvoirs de contrôle sont incapables de rivaliser avec eux et sont de toute façon très inférieurs à ceux des parlements étrangers, notamment anglo-saxons.

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Allocution présidentielle – Furibard, Macron contraint de composer

macron

Après avoir reçu à l’Elysée, la veille et le jour même, les responsables politiques des partis représentés à l’Assemblée (Christian Jacob, Olivier Faure, Marine Le Pen, Fabien Roussel, Julien Bayou, Mathilde Panot et Edouard Philippe), Emmanuel Macron s’est adressé aux Français mercredi soir. Comment envisage-t-il son quinquennat, maintenant que les Français ne lui ont donné qu’une majorité relative à l’Assemblée ? Il nous l’a fait « à la Macron », furieux comme un enfant qu’on force à prêter ses jouets, mâchoire serrée, regard dur qui n’a cillé que quatre fois en huit minutes (le site Doctissimo classe l’absence de clignement des paupières parmi les dix signes révélateurs de mensonge !) et, au fond, pas plus compréhensif – juste forcé d’en rabattre.

Contraint de ne plus gouverner seul mais de tenir compte des députés, Macron a proposé deux pistes : soit une coalition, soit une majorité au cas par cas en fonction des projets de loi, afin d’éviter le blocage sur des questions à traiter urgemment comme le pouvoir d’achat, la sécurité et la transition écologique. Une proposition assortie d’un ultimatum, le président voulant être fixé à son retour de Bruxelles ce vendredi : « Il faudra clarifier dans les prochains jours la part de responsabilité et de coopération que les différentes formations de l’Assemblée nationale sont prêtes à prendre : entrer dans une coalition de gouvernement et d’action ? S’engager à voter simplement certains textes ? Notre budget ? Lesquels ? »

Il reste bien le Macron à la main de fer dans un gantelet de métal. Les crises sociales et sanitaires, ni la claque législative, ne lui ont assoupli le cuir. Poser un ultimatum à ses opposants d’aujourd’hui, est-ce le meilleur moyen de s’en faire des alliés de demain ? Non, et les responsables politiques de tout bord n’ont pas attendu qu’il rentre du Parlement européen pour lui signifier, dès mercredi soir, que de coalition il n’est pas question. « Les 89 députés du Rassemblement national, élus de conviction, n’entreront jamais dans une coalition macroniste pour mettre en œuvre des orientations qu’ils entendent combattre », a réagi le RN qui a d’ores et déjà choisi le cas par cas : « Inscrivant leur action dans le cadre d’une opposition responsable, ils réaffirment, toutefois, leur intention d’examiner les textes à la lumière de l’intérêt des Français et de la France. »

Dès la loi sur le pouvoir d’achat qui va être discutée en juillet à l’Assemblée, Macron va donc devoir adoucir ses projets de réformes, amender, composer, maintenant que le Parlement n’est plus une simple chambre d’enregistrement au service d’un président autocratique. La voilà, la « configuration nouvelle » qu’il a appelée de ses vœux… à son corps défendant. Combien de temps supportera-t-il la contradiction parlementaire ? Avec l’ego qu’on lui connaît, résistera-t-il à la tentation de dissoudre l’Assemblée en espérant retrouver l’omnipotence ?

Guy Denaere

Article paru dans Présent daté du 23 juin 2022

« Wallah, Benzema j’arrive. Le Coran […] » : Sans avoir de place, Adel, 17 ans, est parvenu à assister à la finale de la Ligue des champions au Stade de France

89 députés du RN – C’est pas moi, c’est l’autre !, par Philippe Bilger

Marine Le Pen

Il est parfois réjouissant de lire ce quotidien que je ne manquerais pour rien au monde et qui en même temps m’intéresse et m’agace. On a compris que je faisais allusion au journal Le Monde.

On pouvait compter sur lui pour continuer à traiter les 89 députés du RN d’extrême droite – ils n’ont même pas droit à l’adjectif « radicale » comme l’extrême gauche de Mélenchon ! – et pour consacrer rien moins qu’une double page à ce problème capital, quoique dépassé et ayant perdu toute urgence : qui est responsable de cette arrivée impressionnante du RN à l’Assemblée nationale ?

Pour la Nupes, « les macronistes sont les accusés » et, pour Renaissance, la Nupes a une grosse part de responsabilité !

Ce jeu du « c’est pas moi, c’est l’autre » pourrait, avec sa puérilité partisane, prêter au comique si en réalité, derrière cette façade, ce double antagonisme n’occultait pas le fond du sujet et, sans forcer le trait, d’une certaine manière, la vérité du vote et l’état de la France.

J’entends bien qu’il est très commode pour ces deux groupes – l’un soutien inconditionnel du pouvoir, l’autre adversaire extrémiste – de raisonner comme si l’irruption du RN était un accident, quasiment fortuit, comme la conséquence d’une légère imprévoyance, alors qu’au fil des années le plafond de verre s’est ébréché. Le Front républicain est apparu de plus en plus comme une offense à une démocratie honnête et transparente, l’anti-macronisme l’ayant « liquidé » le 19 juin.

Est-il pourtant si difficile d’admettre que le groupe du RN n’est pas une sorte d’intrus à l’AN, qu’on ne peut pas discuter de lui comme s’il n’était pas partie prenante du futur politique agité qui nous attend ? Il a été peu à peu conduit, stimulé, imposé, en tout cas guidé vers la représentation officielle de son importance dans le pays réel par des programmes qui heurtaient une multitude attachée à une volonté d’ordre, d’autorité, d’équité et de justice : qu’on lui pardonne !

Nicolas Sarkozy, élu en 2007, avait très nettement fait baisser le FN pour une raison simple et honorable : on savait qu’il appliquerait certaines des mesures nécessaires proposées par ce parti ou, si l’on veut, celles qu’une droite ferme et le FN pouvaient désirer en commun parce qu’elles étaient évidentes.

A contrario, la forte avancée du RN sous le premier mandat et le début du second d’Emmanuel Macron ont été engendrés par la mollesse régalienne d’un pouvoir, l’ensauvagement de la France – ce terme ne me paraît pas outrancier si on veut bien considérer l’état de notre pays au quotidien, dans ses territoires (qui ne sont plus préservés) et ses grandes villes, dans ses cités « sensibles » et ces zones qui ont clairement échappé à la loi nationale. Pour ne pas le constater, il faut refuser de le voir. Certaines belles âmes en seraient affectées dans leur humanisme, inaltérable parce qu’il ne touche pas la réalité…

Il faut ajouter à ces deux causes la manière infiniment maladroite, et par ailleurs totalement mensongère, dont le gouvernement a géré certaines crises, tout récemment le scandale du Stade de France. Pas de responsables, pas de coupables, sinon avec un bulletin dans l’isoloir et le fiasco en résultant pour le pouvoir.

Il est d’ailleurs proprement inqualifiable qu’après de telles incompétences et honteuses péripéties, que suite à de tels dissimulations et travestissements, rien de disciplinaire n’ait été mis en branle à tous niveaux et pour tous les services concernés. Ce n’est pas rien que d’avoir créé une image de la France moquée et dégradée en Europe !

Croit-on par ailleurs que tel ou tel délire de Jean-Luc Mélenchon sur la « police qui tue », l’empathie affichée pour les transgresseurs compulsifs de l’ordre et, plus globalement, le souci de désarmer à tous points de vue une démocratie qui avait déjà du mal à être combative, n’ont pas eu leur influence sur la montée décisive du RN ? Je relève que ce constat semble partagé puisque par exemple François Ruffin le rejoint au moins partiellement en assignant à la gauche l’obligation de n’être pas seulement celle des métropoles.

Sans tomber dans le paradoxe, il y a là deux indifférences, au moins, à l’égard des angoisses de beaucoup de citoyens sur le plan de leur sécurité, de leur tranquillité. Mélenchon se moque de la subversion du quotidien par le délit et le crime : ce peut être un terreau pour la révolution. Le président n’a que condescendance pour ce peuple qui ne comprend rien à ce qui constitue le sel élevé de l’existence et, pour être honnête, si Emmanuel Macron a fait progresser un tantinet sa conscience des dangers qui nous menacent, « ses » lois ont toujours été rendues partiellement inefficaces par la logique perverse du « en même temps » comme si le réel n’appelait pas une franche et simple action, riposte, réaction, lutte. Tout sauf la finesse d’un esprit en chambre.

Je ne suis pas loin de penser aussi qu’il y a des médias qui ont clairement fait progresser le RN. Le Monde et Libération en particulier, le premier ne plaçant jamais la sécurité et la justice au rang des exigences prioritaires et ne condescendant à les aborder que si par exemple un François Ruffin en parle ! Il y a clairement une complaisance de beaucoup de journalistes, par une hostilité unilatéralement orientée, à l’égard de ce qui s’oppose à une protection ferme et une sauvegarde efficace de la société. Tout ce qui ne relève pas du RN ne peut qu’être bon par principe !

Cette comédie du « c’est pas moi, c’est l’autre » risque d’interdire toute prise de conscience. Le pouvoir sera toujours innocent puisqu’il n’est responsable de rien. La Nupes irresponsable puisque son angélisme subversif est un cadeau qu’elle prétend nous faire !

Pendant ce temps le RN engrange. La réalité, qu’on refuse, qu’on récuse, est son alliée.

Philippe Bilger

Tribune reprise de Philippebilger.com

Michel Onfray sur Europe 1 : « Marine Le Pen devrait être Premier ministre »

Le stade de France et la République bananière, par Clément Martin (Les Identitaires)

stade de france

Les violences et le chaos qui ont sévi le 28 mai dernier aux Stade de France sont une illustration limpide du destin de la France, c’est-à-dire de sa tiers-mondisation. La presse a, de façon unanime, posé la question suivante : « La France est-elle encore capable d’organiser de grands événements sportifs ? ». Si l’interrogation est légitime, il importe surtout de savoir si la France sera encore en mesure de demeurer une nation du monde développé si elle continue sur sa lancée.

Seine-Saint-Denis style

D’une certaine façon, les images des hordes de banlieusards déferlant sur le stade de France et forçant ses accès sont classiques, banales voire sans intérêt. Après tout, n’importe quel Français qui aura eu la joie de vivre en ville connaît bien ce genre de scènes, au cours desquelles certains immigrés d’Afrique et du Maghreb et leurs descendants sautent sur l’occasion d’un mouvement de foule pour laisser cours aux vols et aux violences.

La nouveauté, c’est que ces « débordements », selon le lexique consacré, se sont manifestés à la face du reste de l’Europe, étant donné que ce sont les supporters anglais qui en ont fait les frais. Traditionnellement, les violences de l’immigration étaient gardées sous le tapis ; si on cherche à attirer des touristes, il est plus pertinent de leur vendre Amélie Poulain que les émeutes de 2005. Cette stratégie ne fonctionnait d’ailleurs qu’à moitié, comme en témoigne le syndrome de Paris chez les touristes japonais[1]. Mais ces épisodes de chaos ont atteint une taille critique et ont imprégné toute la société française – impossible de dissimuler cette conflagration multiculturelle que l’on ne saurait voir.

Cette normalisation de la violence est telle que des attaques ou des meurtres particulièrement abominables sont relégués dans la catégorie des « faits divers »[2].

Vivre en France, c’est caler le rythme de son existence sur le calendrier des matchs de l’Algérie et sur les accès de sauvagerie de la racaille et des djihadistes.

Gérald Darmanin, avatar de la post-vérité

Mis au point à la suite immédiate de l’élection de Donald Trump, le terme de « post-vérité » était censé démontrer que l’Amérique (et l’Occident en général) était entrée dans une nouvelle ère de la communication politique, fondée sur le mensonge et le mépris des faits. Les armées de fact-checkeurs se sont succédé pendant 4 ans pour pinailler et proférer des accusations de mauvaise foi à l’encontre de Trump, pour désormais rester silencieux face à son successeur.

En France, on s’attendrait à ce que la corporation journalistique (loyale aux mêmes idées) s’attèle à démontrer la fausseté du discours de Gérald Darmanin, qui, avant même que le rapport de la préfecture de police ne soit publié, affirme que les troubles au stade de France avaient été causés par les supporters anglais, munis de faux billets (40 000 selon la communication toujours adoptée par le gouvernement) et que la conduite des forces de l’ordre avait été exemplaire. Ce discours délirant a immédiatement suscité l’indignation des Britanniques, qu’ils soient supporters présents lors des événements ou hommes politiques.

Mais le discours du ministre de l’Intérieur n’est pas à comprendre comme une erreur ou une approximation : c’est une stratégie politique qui permet non seulement de défausser le politique de toute responsabilité et de ne pas attiser la susceptibilité des immigrés (susceptibilité qui peut très vite se traduire en ultraviolence imprévisible) tout en faisant porter le chapeau aux supporters britanniques, coupables parfaits car évidemment innocents.

La France a atteint un état avancé de putréfaction politique et identitaire. Cela signifie que les années à venir seront particulièrement difficiles. Mais aussi que la stabilité du système actuel est de plus en plus fragile. C’est certain, la République multiculturelle et anarcho-tyrannique ne tiendra pas 50 ans de plus.

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_de_Paris
[2] https://www.ladepeche.fr/2022/05/31/toulouse-etranglee-puis-frappee-au-couteau-je-me-concentrais-pour-survivre-10329480.php ; https://actu17.fr/faits-divers/marseille-le-pere-de-famille-attaque-au-couteau-devant-lecole-catholique-de-ses-enfants-est-decede.html

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Sous le vernis du baccalauréat – Le français, langue morte

baccalauréat

Le 14 juin se tenait l’épreuve de français des « bac pro » : « Selon vous, le jeu est-il toujours ludique ? » Ce mot, ludique, a semé le trouble, beaucoup de lycéens n’en connaissant pas le sens. Le mot-clé #ludique a aussitôt fleuri sur les réseaux sociaux. Une prof de français explique sans fard : « Un élève de 17 ans ne se sert pas de ce terme au quotidien, il parle plutôt de quelque chose de “fun”. » Il aurait donc suffi de rédiger le sujet de la sorte : « Selon vous, le jeu est-il toujours fun ? », et le problème était réglé.

Cela n’est rien comparé à ce qu’a déclenché le bac de français des filières générales, le 16 juin. En cause, le texte à commenter, tiré de Sylvie Germain : Jours de colère (1989). Décontenancés par un texte très… littéraire qui évoque neuf frères vivant dans une forêt, les élèves à peine sortis de l’épreuve se sont répandus sur les réseaux sociaux pour insulter et menacer l’auteur. Ne prenons que quelques exemples polis : « Sylvie Germain tu connais les capotes ? D’où tu fais 9 gosses alors que t’habites dans une cabane ? » « Sylvie Germain va te faire foutre toi et ta personnification de la nature », « Se taper Sylvie Germain au bac de français alors que même wikipédia a pas de résumé de son livre », « Sylvie Germain prépare tes 9 fils car ce soir je vous zigouille – grosse folle », « elle m’a niquer mon bac », « tes ptn [putains] de 9 frères tu te les mets au cul », « Sylvie Germain va te faire foutre simple », etc.

Pour mesurer le décalage, voilà un extrait du texte en question : « Ils étaient hommes des forêts. Et les forêts les avaient faits à leur image. A leur puissance, leur solitude, leur dureté. Dureté puisée dans celle de leur sol commun, ce socle de granit d’un rose tendre vieux de millions de siècles, bruissant de sources, troué d’étangs, partout saillant d’entre les herbes, les fougères et les ronces. Un même chant les habitait, hommes et arbres. Un chant depuis toujours confronté au silence, à la roche. Un chant sans mélodie. Un chant brutal, heurté comme les saisons, – des étés écrasants de chaleur, de longs hivers pétrifiés sous la neige. »

Des professeurs ont tenté de prendre la défense de l’auteur : « Je suis effarée de voir la réaction des élèves… Ils font preuve d’une violence inadmissible à l’encontre de cette autrice (qui en outre n’est en aucun cas responsable de leur inculture) ». Mais justement, qui est responsable de leur inculture, sinon les professeurs eux-mêmes et l’Education nationale ? Une fois qu’on a aboli le latin et l’étymologie, réduit à la portion congrue l’orthographe, la syntaxe et le vocabulaire, une fois qu’on a fait du rap « un outil pédagogique » (France Info, 09/09/2019), on peut bien proposer le texte d’une « autrice » supposée être plus accessible parce que contemporaine et mieux considérée parce que femme : il reste inaccessible à des lycéens dont la langue est constituée de rudiments de français, dénaturés d’un peu d’anglais globish et assaisonnés de beaucoup d’arabe de cité, et dont la seule forme d’expression est l’imprécation sur les réseaux sociaux.

Détail complémentaire : ce que Sylvie Germain redoute, ce n’est pas l’inculture crasse et l’illettrisme agressif de la jeune génération, c’est… Marine Le Pen. Avec 34 autres écrivains, elle signait en mai 2017 une tribune appelant à lui faire barrage : « il en va de nos libertés, de l’idée que l’on se fait de la France aujourd’hui et surtout de notre avenir et de celui de nos enfants. Une nation solidaire, ouverte, joyeuse, éduquée. » Mots creux alors que l’abîme est grand, voire total, entre l’enseignement dispensé, misérable et veule, et l’examen à passer, exigeant, qui paraît ne subsister que pour sauver les apparences de l’école républicaine.

Guy Denaere

Article paru dans Présent daté du 22 juin 2022

La France en colère impose à Macron la cohabitation, par Ivan Rioufol

Chassez le réel par la porte, il revient par la fenêtre : pour avoir voulu diaboliser le vote RN, avec le soutien de Jean-Luc Mélenchon, le chef de l’Etat va devoir composer avec Marine Le Pen, devenue dimanche soir le leader du premier parti d’opposition à l’Assemblée nationale. Avec 89 députés (au lieu des 20 à 45 que les projections lui promettaient), le RN passe devant LFI. Le parti de Mélenchon n’aligne que 71 élus, même si la Nupes (coalition qui additionne LFI, EELV, PS et PC) décroche 131 sièges. Ce sursaut de la droite souverainiste vient rappeler que la France ne se reconnait ni dans la prétention hégémonique de l’union présidentielle (qui aura 245 députés, loin des 289 qui auraient permis une majorité absolue) ni dans le trompe l’oeil d’une coalition insincère bricolée par Mélenchon. Ce réveil des somnambules impose une sorte de proportionnelle, dans une Assemblée qui s’en croyait à l’abri avec ses règles électives.

Ce lundi, Emmanuel Macron va devoir cohabiter avec une France en colère. Les électeurs ont pratiqué le « en même temps » comme un pied de nez, en l’élisant le 24 avril pour l’empêcher de gouverner à sa guise deux mois plus tard. L’état de disgrâce est tel pour le président que son quinquennat s’achève, du moins dans la forme présidentielle qu’il espérait lui donner, avant même d’avoir commencé. Le sort du premier ministre, Elisabeth Borne, poussivement élu avec 52,4 % des voix, semble incertain. Son profil glacé de technocrate progressiste ne se prête pas à la rencontre et au dialogue avec un électorat populaire énervé, qui n’entend apparemment plus se faire voler sa place.

C’est une France indocile et inflammable que Macron va devoir entendre. En n’oubliant pas non plus ces électeurs qui déjà ne jouent plus le jeu démocratique. En effet, avec une abstention à 53,7% (52,49% au premier tour), la défection devient aussi un acte de rupture ou de rejet. D’autant que doivent s’ajouter les quelque 10 millions de non inscrits ou mal inscrits. Au bout du compte, les résultats pâtissent, tous, d’un socle fragile, ramené aux inscrits voire à la totalité des citoyens en âge de voter. Il y a quelques années, j’avais proposé le concept de Révolution des œillères pour décrire l’obligation qui était faite aux décideurs et aux commentateurs d’ouvrir enfin les yeux sur les réalités, en chassant leurs entraves idéologiques et leurs prêts à penser. C’est ce chamboulement qui débarque à l’Assemblée, singulièrement avec le succès du RN qui a profité d’apports se jouant des injonctions à « faire barrage à l’extrême droite » lancées par un monde médiatique attaché à préserver les pouvoirs en place. Gouverner ne sera assurément pas simple, surtout dans une Assemblée où Sandrine Rousseau (EELV, Nupes) a promis d’y faire le « chahut ». Mais la culture du compromis qui va devoir s’y installer pourrait être l’occasion pour les droites encore divisées de se rapprocher à petits pas autour de la défense de la nation et de son unité. Sinon, la rue, excédée, risque de prendre la relève.

Ivan Rioufol

Texte daté du 20 juin 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La FIN de RECONQUÊTE ? – Débat entre Guillaume Bernard et Arnaud Benedetti

zemmour trocadero

23/06/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Guillaume Bernard et Arnaud Benedetti reviennent pour nous sur la sous performance électorale de Reconquête au premier tour des élections législatives et sur l’abstention record qu’a connu le scrutin.

Comment Zemmour a-t-il pu dégringoler à ce point ? Son parti constituera-t-il une force d’opposition crédible à la gauche sans aucun député ? On fait le point !


Rachel Kéké, députée Nupes-LFI, avoue publiquement avoir partagé des contenus d’extrême droite sur Facebook : « des posts qui ne reflètent pas qui je suis aujourd’hui »

Jérôme Sainte Marie : le grand désarroi du bloc élitaire

Jérôme Sainte-Marie

23/06/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Sondeur et politologue, Jérôme Sainte-Marie décrypte les résultats de ces élections législatives, la percée fulgurante du RN, l’avenir du gouvernement Macron et les incohérences de la NUPES.

Un entretien choc, indispensable pour comprendre l’ampleur d’une secousse qui n’a pas fini de provoquer des répliques.


Mahé de La Bourdonnais, dernière victime du wokisme ultramarin

Mahé de La Bourdonnais

En pleine période électorale, l’information est passée inaperçue dans les médias de la métropole. Révélée le 11 juin par Parallèle Sud, un média indépendant, Ericka Bareigts, actuelle maire socialiste de Saint-Denis, a confirmé son intention de « déménager » la statue monumentale de Mahé de La Bourdonnais.

Installée dans le quartier touristique du Barachois où elle trône depuis le Second empire, elle a été plusieurs fois la victime de diverses dégradations, notamment lors des manifestations du Black Lives Matter. Pour l’ancienne ministre de la République, cette figure de l’histoire réunionnaise est le symbole de l’esclavage et n’a simplement plus sa place sur l’île multiculturelle de la Réunion.

Bertrand François, comte de La Bourdonnais, est un Breton des Côtes d’Armor, né en 1699 au sein d’une famille d’armateurs. C’est très naturellement qu’il va s’engager au service de la Compagnie française des Indes orientales en 1724 et s’illustrer lors de la prise de Mahé, sur la côte de Malabar l’année suivante. Un fait de gloire qui lui permet d’adjoindre le nom de cette ville indienne à son patronyme afin de rappeler à tous son exploit. Ambitieux, il crée sa propre compagnie et devient très rapidement riche, menant grand train. Un luxe qui arrive aux oreilles de Louis XV en 1733. Le roi de France décide de le nommer pour le compte de la Compagnie des Indes, gouverneur des îles Mascareignes. Une entité territoriale et stratégique pour la monarchie, située dans l’Océan indien, regroupant les comptoirs de la Grande île (Madagascar), l’île Bourbon (Réunion) et l’île de France (Maurice) où il s’installe. Très rapidement, Mahé de La Bourdonnais se révèle un administrateur de génie, développant la culture de la canne à sucre sur l’ensemble du territoire, encourageant celle du manioc car résistante aux rats et aux sauterelles, structurant et modernisant Bourbon comme l’île de France.

Le décolonialisme à l’assaut de l’ile ?

Port-Louis devient la capitale d’une colonie dont la richesse naissante plonge ses racines dans la sueur des esclavages. Les Mascareignes n’échappent au commerce triangulaire qui bat son plein, où on achète à prix d’or des Africains razziés dans les villages par des roitelets locaux. Certains points de l’Afrique de l’Ouest deviennent vite une véritable plaque tournante de ce vaste trafic humain. Un détail qui n’a pas échappé à l’ancienne députée et ministre de l’Outre-mer du président François Hollande (2016-2017). Si elle a invoqué le « déplacement » de la statue érigée en 1856, en raison d’un aménagement du square « pour en faire une vraie place publique », « la facette noire du personnage, un des maîtres de l’esclavagisme », ne « convient pas aux valeurs d’humanisme et d’égalité que nous défendons aujourd’hui » affirme Ericka Bareigts. Des propos repris par Le Quotidien, un important journal de la Réunion, qui en a fait sa principale manchette.

Doté d’un fort caractère, Mahé de La Bourdonnais s’est taillé une réputation de pourfendeur de marrons, ces esclaves en fuite, qui le poursuit encore aujourd’hui comme le confirme l’historien local Dureau Reydellet, fondateur du Cercle royaliste de Bourbon, dans une biographie qu’il a consacré au gouverneur.

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Immigration, climat, Euro… Entretien avec Joana Cotar, députée allemande de l’AfD

AfD Joana Cotar

En Allemagne, l’AfD (Alternative für Deutschland) est un parti qui s’oppose notamment à l’immigration massive. Nicolas Faure, essayiste et traducteur (à ne pas confondre avec Nicolas Faure d’I-Média et Sunrise !) s’est entretenu avec Joana Cotar, l’une des députées de ce parti.

De la dictature communiste à l’AfD

Fille d’une mère allemande et d’un père roumain, Joana Cotar est parlementaire à l’AfD et manager événementielle. Elle a passé les premières années de sa vie en Roumanie. En 1978, sa famille a fui le régime communiste de Ceauşescu pour se rendre en Allemagne. Après avoir obtenu son baccalauréat au Burggymnasium de Friedberg, elle a suivi des études de sciences politiques et de germanistique à Mannheim de 1993 à 1999. Alors étudiante, elle a adhéré un temps à la CDU, au comité local de Mannheim-Schwetzingerstadt/Oststadt.
Comme la plupart des membres de son parti, Cotar désapprouve la politique d’accueil des réfugiés du gouvernement fédéral et demande la fermeture des frontières du pays aux migrants. Elle a soutenu dans le passé la CSU dans sa revendication d’un seuil maximal fixé pour les demandeurs d’asile et déplore que le parti s’en soit finalement rétracté.
Elle répond ici à nos questions de politique générale.

Un parti d’opposition surveillé par le renseignement intérieur

Nicolas Faure :
Madame Cotar, lorsque l’on essaie de rechercher des articles ou des informations sur des moteurs de recherche comme Google, si l’on écrit AfD, en France comme en Allemagne, le premier mot qui apparaît est celui d’ « extrême droite« . Que pensez-vous de ce terme péjoratif et insultant qui est si souvent attribué à l’AfD ?

Joana Cotar : Je n’associe pas ce mot à mon parti. Nous sommes fermement attachés à l’ordre fondamental libéral et démocratique et nous l’avons formulé sans équivoque dans notre programme de base, le Grundsatzprogramm. Et pourtant, on se rend compte que l’Allemagne est le seul pays démocratique au monde dans lequel un parti d’opposition est surveillé par le service du renseignement intérieur dépendant du gouvernement. C’est à mes yeux un abus de pouvoir et une instrumentalisation politique inadmissible des autorités. C’est précisément contre cela que nous nous élevons et que nous nous battons. Malheureusement, la boue que l’on jette sur nous finit toujours par nous retomber dessus. C’est ainsi que s’explique le résultat de la recherche sur Google que vous évoquez.

L’AfD et l’Euro

Nicolas Faure : L’ AfD semble voir dans l’instauration de l’Euro comme monnaie unique une erreur fondamentale, et demande de mettre fin à cette expérience malheureuse. Pouvez-vous nous expliquer cela ?

Joana Cotar : L’erreur fondamentale a été de faire coexister dans une même zone monétaire des régions économiques de puissance différente. Cela a bien fonctionné tant que les pays les plus forts parvenaient à soutenir les plus faibles. Mais avec la crise monétaire, la pandémie et maintenant la guerre en Ukraine, même les grandes économies nationales en Europe ne sont plus assez fortes pour que cela puisse se poursuivre. En conséquence, la BCE a émis et continue d’émettre des milliards en obligations d’État et de faire marcher la planche à billets tambour battant. Tout le monde ressent désormais cette inflation et il semble que personne ne puisse plus l’arrêter, si ce n’est un retour aux monnaies nationales. De cette manière, les monnaies pourraient être dévaluées de manière ciblée dans les Etats les plus faibles, leur compétitivité sur le marché augmenterait à nouveau, et il serait alors possible de faire redémarrer les économies nationales affaiblies.

Avortement

Nicolas Faure : En Allemagne, pour environ 700 000 naissances par an, on compte environ 100 000 interruptions de grossesse. Les futurs parents et les femmes seules en détresse doivent se voir proposer des aides financières et autres avant et après l’accouchement, afin qu’ils puissent décider de garder leur enfant. L’Alternative pour l’Allemagne s’oppose à toute tentative de banaliser l’avortement, de l’encourager par l’État ou d’en faire un droit humain. Que veut dire l’AfD par là ?

Joana Cotar : Des propositions politiques visent à faciliter l’avortement en Allemagne. L’AfD s’y oppose fermement. Il existe bien sûr des cas où l’avortement ne peut être évité pour des raisons personnelles. Chaque cas doit être examiné par des médecins en collaboration avec les personnes concernées, comme cela a toujours été fait jusqu’à présent. Cela étant, il ne peut pas non plus y avoir de droit humain à l’avortement. C’est un non-sens de la pensée politique des partis de gauche.

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La Nupes (déjà) au bord de l’implosion !

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Gueule de bois pour l’extrême gauche ! Loin d’avoir obtenu la majorité promise par Jean-Luc Mélenchon, la Nupes a, qui plus est, vu le Rassemblement national obtenir beaucoup plus de députés que prévu, à tel point que le parti de Marine Le Pen pourrait bien avoir prochainement le principal groupe d’opposition à l’Assemblée nationale.

Jean-Luc Mélenchon a perdu son pari ! Au lendemain du second tour des élections législatives, le champion de l’extrême gauche et des islamistes doit se rendre à l’évidence : non seulement il ne sera pas nommé Premier ministre, hypothèse absurde qu’il tentait de faire croire – avec succès – à ses sympathisants, mais il doit désormais se battre pour conserver une place de chef dans son propre camp.

Lundi matin, il s’est adressé à la presse devant le siège de La France insoumise à Paris afin d’avancer ses pions : « Je crois que nous devons être et rester une alternative unie, autrement dit, la Nupes devrait se constituer comme un seul groupe au Parlement, de manière à ce que, sans aucune discussion possible, il soit établi qui mène l’opposition dans le pays et que dès lors nous soyons prêts à tout moment, y compris s’il y a de nouvelles élections, à présenter la candidature de la Nupes. » Des déclarations qui démontrent que son ambition reste intacte mais surtout à quel point le score du Rassemblement national l’a surpris et déstabilisé.

Sans surprise, les militants de La France insoumise ont défendu bec et ongles l’idée avancée par leur meneur. Une idée toutefois pas vraiment du goût du PS, d’EELV et du PCF. Les trois autres partis de la Nupes se sont en effet adressés directement à l’AFP peu après que Jean-Luc Mélenchon a tenté de faire une OPA sur leur mouvement, et ce afin de faire savoir qu’ils refusaient catégoriquement sa proposition, le porte-parole du PS Pierre Jouvet rappelant à cette occasion que « le contrat de coalition était très clair, il prévoyait que chaque parti ait son groupe et qu’ensuite il y ait un intergroupe ». Il y aura donc un groupe socialiste indépendant à l’Assemblée nationale, mais également un groupe écologiste et un groupe communiste.

Alain Coulombel, porte-parole d’EELV, est on ne peut plus clair : « Pas question de se fondre dans un groupe unique. » Le PCF tient un discours similaire, et, dès dimanche soir, la tête de proue Fabien Roussel, réélu dans sa circonscription du Nord, avait même évoqué les défaillances de la Nupes : « L’alliance de gauche ne parle qu’à une partie de la France, celle des villes et non celle de la ruralité. Et on voit bien que nous avons atteint des limites dans ce que nous sommes en train de faire. » Voilà de quoi fâcher encore un peu plus Jean-Luc Mélenchon à nouveau très esseulé quelques heures seulement après le verdict du scrutin.

Son combat désormais ? Que l’alliance mise en place après la présidentielle n’implose pas en un temps record.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 21 juin 2022

Marine Le Pen : « J’ai exprimé auprès du président des sujets de préoccupation urgents dont le pouvoir d’achat (…) et une immigration dérégulée et anarchique »