Pau : Des islamistes radicaux présumés, invités au meeting de Jean-Luc Mélenchon !

Pau : Des islamistes radicaux présumés, invités au meeting de Jean-Luc Mélenchon !

12/04/12 – 18h00
PAU (NOVOpress via Infos Bordeaux) –
Dimanche prochain 15 avril, Jean-Luc Mélenchon, candidat d’extrême-gauche soutenu par le parti Communiste, effectuera à Pau l’un de ses derniers meetings précédent le premier tour de l’élection présidentielle, le 22 avril.

Le codirecteur de la campagne de l’ancien sénateur socialiste, et régional de l’étape, a décidé d’inviter pour l’occasion, Saad et Farid, les deux frères « islamistes radicaux » (selon le ministère de l’intérieur) interpellés la semaine dernière. Pour Olivier Dartigolles, leur interpellation était illégitime : « Il ne s’agit pas que d’une bavure policière mais d’une atteinte aux valeurs républicaines et d’un manquement grave à la loi ».

Le natif de Bordeaux et conseiller municipal communiste de Pau veut que l’évènement soit « festif, avec un programme métissé et surtout de la diversité » !
Tout simplement !

Crédit photo : Marie-Lan Nguyen via Wikipédia, licence CC.

Raymond Aubrac était un "agent soviètique" - Interview de Stéphane Courtois

Raymond Aubrac était un “agent soviétique” – Interview de Stéphane Courtois

[box class=”info”] Après le décès de Raymond Aubrac survenu mardi les hommages se sont multipliés pour cette figure en général considérée comme emblématique de la résistance à l’occupation allemande pendant la guerre de 39-45. Cependant quelques articles discordants sont venus rappeler une partie des zones d’ombre du personnage, comme cette interview de Stéphane Courtois publiée par Jean-Dominique Merchet sur le blog Secret Défense.[/box]

L’historien du communisme, Stéphane Courtois, décrit la face cachée du résistant, décédé aujourd’hui.

Directeur de recherches au CNRS, l’historien Stéphane Courtois est un spécialiste du communisme. Elève d’Annie Kriegel, il a été le maître d’œuvre du Livre noir du communisme. Ses derniers livres sont “le Bolchevisme à la française” (Fayard) et, sous sa direction, “Sortir du communisme, changer d’époque” (PUF). Historien engagé, mais grand connaisseur des archives, il nous décrit la face cachée d’un personnage aujourd’hui encensé.

Qui était vraiment Raymond Aubrac ?
Un agent soviétique, mais pas au sens où il aurait travaillé pour les services d’espionnage de l’Union soviétique. Il était plutôt un membre important du réseau communiste international, un sous-marin communiste si l’on veut ; en tout cas, beaucoup plus qu’un agent d’influence. Un homme comme lui avait évidemment un correspondant à Moscou.

En a-t-on des preuves ?
Nous n’avons pas de documents, comme par exemple dans le cas de l’ancien ministre radical Pierre Cot. Toutefois, l’ancien dissident tchèque Karol Bartosek avait découvert dans les archives du PC à Prague des documents qui montrent qu’Aubrac y était reçu par Klement Gottwald, le chef historique du PC tchécoslovaque, qui fut aussi un agent du Komintern.

Mais Aubrac a toujours expliqué qu’il n’avait jamais été membre du PCF ?
(Rire). C’est exact, formellement, mais tout cela est cousu de fil rouge. Il faisait partie de ce qu’on appelle les “hors-cadres”, des gens de haut niveau dont le PCF n’avait pas besoin qu’ils prennent leur carte. Ils leur étaient plus utile à l’extérieur. Aubrac était un ingénieur, sorti de l’Ecole des Ponts et Chaussées, et le PCF ne voulait pas le mettre en avant. Ce qui ne l’empêchait pas de participer à des réunions de cellules comme “observateur”. Avant guerre, sa future épouse Lucie était elle-même communiste, proche d’André Marty – qui fut représentant du PCF au Komintern. […]

[box class=”info”] Source et suite sur le blog Secret Défense. [/box]

Photo : Raymond Aubrac en 2008. Crédit photo : Marie-Lan Nguyen via Wikipédia, licence CC.

Le Stade rennais n’a pas la Bretagne dans la peau

Le Stade rennais n’a pas la Bretagne dans la peau

12/04/2012 – 13h00
QUEVILLY (NOVOpress) –
Aujourd’hui, la Normandie voit la vie en rose et la Bretagne est rouge de honte. Depuis 2001, Quevilly est devenu le premier club amateur de National à atteindre la finale de la Coupe de France grâce à sa victoire contre Rennes (2-1) au stade Michel d’Ornano de Caen, hier soir. Les Haut-Normands affronteront l’Olympique lyonnais le 28 avril au Stade de France.

Cette nouvelle humiliation pour le Stade rennais est « indéfendable » pour Frédéric Antonetti, l’entraîneur des Rouge et Noir, éliminés de la Coupe de France par une équipe de rang inférieur pour la troisième saison d’affilée. Les Rennais  sont incapables de passer la vitesse supérieure lorsqu’ils ont l’occasion de faire la différence. Aussi bien en championnat (les dernières désillusions devant Auxerre, Valenciennes et Lyon, qui les scotchent à cinq longueurs de la quatrième place pour l’Europe) qu’en Ligue Europa face à l’Udinese et le Celtic Glasgow l’année dernière.

Cette nouvelle défaite face à Quevilly, club amateur qui se bat pour sa survie en National, est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Depuis des années, la politique sportive du club de Patrick Le Lay mise sur un recrutement massivement africain.

Le Stade rennais n’a pas la Bretagne dans la peau

Résultat : un jeu ultra physique stéréotypé, pauvre techniquement, faible mentalement et sans envie de se transcender. Le coach corse du Stade rennais a annoncé qu’il fallait « tirer tous les enseignements » de la nouvelle déroute de ses protégés en terre normande. Cette prise de conscience passe par un profond renouvellement de l’effectif rennais. Sera-t-il enfin respectueux de l’identité d’un club, d’une ville et d’une région ?

Image : copie d’écran d’une page d’accueil du site du Stade Rennais.
Italie : la crise de la Ligue du Nord encourage « la communauté arabe »

Italie : la crise de la Ligue du Nord encourage « la communauté arabe »

12/04/2012 – 11h15
ROME (NOVOpress) – Les scandales financiers qui ont éclaboussé la Ligue du Nord et ont finalement conduit Umberto Bossi, mis en cause à travers son fils Renzo, à démissionner de son poste de secrétaire général, jeudi 5 avril, ont plongé les militants dans le désarroi. Mais ils ont fait des heureux, à savoir les immigrés d’Afrique du Nord.

Sitôt l’annonce de la démission de Bossi, le président de la Comai (Communauté du monde arabe en Italie) et de l’Amsi (Association des médecins d’origine étrangère), Foad Aodi, a lancé « un appel au président de la Chambre des députés, Gianfranco Fini, et au président de la République, Giorgio Napolitano, afin qu’ils se fassent les promoteurs d’une modification de la loi Bossi-Fini [la loi sur l’immigration de 2002], étant donné les politiques constructives qu’ils mettent en œuvre en faveur des immigrés ».

La loi Bossi-Fini, ainsi nommée du nom de ses deux promoteurs Umberto Bossi et Gianfranco Fini (avant que ce dernier, ex-néo-fasciste devenu antifasciste, ne trouve expédient de se convertir en plus à l’immigrationnisme), prévoit l’expulsion immédiate des immigrés clandestins. Quoiqu’elle ait été largement vidée de sa substance ces dernières années, y compris par le gouvernement Berlusconi face aux débarquements de Lampedusa, elle reste une barrière au moins théorique à l’invasion généralisée.

« Nous n’acceptons plus, a martelé Foad Aodi, les instrumentalisations politiques sur le dos des immigrés et sur l’Islam. Pour cette raison, nous demandons que soient symboliquement remisées les politiques instrumentales promues depuis des années par le leader de la Ligue du Nord, Bossi ».

Aodi a conclu en souhaitant que la nouvelle direction de la Ligue du Nord et en particulier Roberto Maroni (l’homme des permis de séjour aux Tunisiens de Lampedusa) « puissent faire faire un virage aux politiques de la Ligue en matière d’immigration, de dialogue inter-culturel et de dialogue inter-religieux ».

Quelle que soit la culpabilité exacte d’Umberto Bossi dans les scandales en cours – il est bien difficile de rester pur une fois qu’on est rentré dans le jeu des partis et de leurs financements –, sa démission vient à point nommé pour tout le lobby immigrationniste d’Italie. Nul doute que le gouvernement de la Goldman Sachs, qui vient de rouvrir Lampedusa aux clandestins, saura en profiter.

Opération psychologique contre la Syrie : Quand le « shopping » de Mme Assad devient un « crime contre l'humanité »

Opération psychologique contre la Syrie : Quand le « shopping » de Mme Assad devient un « crime contre l’humanité »

[box class=”info”] Bobard, fausse nouvelle, canard, ragot, boniment, canular… tout est bon pour alimenter une guerre psychologique contre son adversaire et le dénigrer, en accompagnement de la guerre des armes. La presse a fait récemment état des mesures de rétorsion prises contre la Syrie. Ayant épuisé toutes les ressources de la guerre économique, les élites européennes s’en sont prises à l’épouse du président de la Syrie en gelant ses avoirs en Europe. Le journaliste irlandais, Finian Cunningham, correspondant du Centre de recherche sur la Mondialisation au Moyen-Orient traite ici avec humour un aspect très particulier de cette guerre psychologique menée en Syrie. On appréciera l’attitude toute digne de notre ministre des Affaires étrangères et de son homologue britannique.

Polémia [/box]

Les membres de l’Organisation de coopération de Shanghai, incluant la Russie, la Chine et l’Iran, Etat observateur, imposeront à Michelle Obama, femme du président Obama et icône de la mode, des restrictions en matière de déplacements.

Le budget annuel dans les six chiffres de Mme Obama alloué aux vêtements et accessoires de designer est perçu comme un affront à la moralité, au moment où son mari supervise des guerres d’agression à l’étranger, des meurtres de masse dans plusieurs territoires à l’aide de drones et qu’il ordonne l’assassinat d’individus tels que des scientifiques iraniens spécialisés dans le nucléaire.

Également victimes de la mode, les femmes des premiers ministres britannique et français, David Cameron et Nicolas Sarkozy, seraient elles aussi touchées par des sanctions dans plusieurs pays du Moyen-Orient et de l’Asie centrale en raison de l’appui donné par ces chefs d’État à la campagne de bombardement illégale et meurtrière menée par les États-Unis et l’OTAN en Libye.

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Le lecteur aura sans doute réalisé que le « reportage » ci-dessus est une parodie.

Cependant, en réalité l’Union européenne applique de telles mesures sans précédent à la femme du président syrien Bachar Al-Assad.

« L’UE flanque des sanctions à la femme d’Assad », pouvait-on lire à la une de plusieurs journaux après que le ministre européen des affaires étrangères eut interdit à Asma Assad, née en Grande-Bretagne, de voyager dans les États de l’Union. Il a par ailleurs ordonné le gel de ses avoirs personnels.

Le portrait sensationnel de la première dame syrienne de 36 ans, décrite comme, chic, glamour, voire sexy, avait pour but de présenter Mme Assad comme une ravissante idiote, insensible à la misère et à la violence incessante dans son pays.

Le Washington Post l’a surnommée la Marie-Antoinette de Syrie, affirmant qu’« alors que le bain de sang se poursuit, elle fait du shopping pour s’acheter des souliers de cristal ».

Les médias dominants ont employé les termes diffamatoires comme s’ils étaient d’ordre factuel. Or, il s’avère que le battage médiatique à propos de Mme Assad est basé sur de « précieux » courriels obtenus par le journal britannique The Guardian, révélant une prétendue correspondance privée de la famille Assad. Même le Guardian émet un avis de non-responsabilité quant à la véracité des courriels, transmis selon eux par les « opposants syriens ». Il y a de fortes chances que ces messages soient faux et aient été forgés par des groupes de services de renseignement, experts, à l’instar du MI6, dans la science occulte de la calomnie.

Le fait que des affaires aussi personnelles et banales que les présumées habitudes de shopping en ligne d’une femme deviennent un sujet ministériel de politique étrangère nourrit davantage les suspicions.

Née en Grande-Bretagne, Mme Assad aurait dilapidé plus de 40,000 euros sur des articles ménagers et de mode. A la suite des sanctions de l’UE, entrées en vigueur au cours de la fin de semaine, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a déclaré : « C’est un signe de détermination de l’Union européenne dans son ensemble, afin d’accentuer la pression, la mainmise économique et diplomatique sur ce régime. »

Entre-temps, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a commenté : « Nous avions un certain nombre d’indications – je suis certain que cela ne vous a pas échappé – de la façon dont Mme Assad utilise son argent. C’est sans doute ce qui nous a poussés à durcir les sanctions. » Les inquiétudes de M. Juppé quant à la probité financière sont particulièrement significatives, puisqu’en 2004 il a été condamné par un tribunal français à 18 mois d’emprisonnement avec sursis pour avoir « abusé des fonds publics ».

Lorsqu’un quotidien met l’accent sur un dossier louche de courriels, régurgité ensuite par tous et chacun dans les médias mainstream, incluant ceux dits de qualité, et que ce dossier suspect constitue le fondement de sanctions ministérielles de l’UE, alors il dégage l’odeur typique d’une opération psychologique (« psyops »).

Cela est d’autant plus perceptible si l’on considère que les gouvernements occidentaux et leurs médias serviles ont, pendant près d’un an, grossièrement déformé la réalité des violences et du conflit en Syrie, dans le but de déstabiliser l’alliance entre Damas et Téhéran. Le président Bachar Al-Assad a été continuellement accusé de « massacrer » son propre peuple. Pourtant, les preuves qui s’accumulent indiquent que les actions des forces de son gouvernement visent davantage à protéger la population civile de groupes terroristes armés et dirigés par les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, Israël, la Turquie et les monarchies du Golfe affiliées à Al-Qaïda.

La campagne de diabolisation du gouvernement syrien atteint désormais des sommets plutôt risibles, présentant Mme Assad comme une « insensible accro du shopping » qui doit être bannie des grandes rues de toutes les civilisations décentes et respectueuses des lois.

L’ironie de l’affaire est que ce geste dérisoire et cynique de l’Union européenne devrait en réalité s’appliquer à des criminels de guerre avérés. Il existe suffisamment de preuves pour condamner d’anciens et actuels leaders étasuniens et européens pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité relativement aux agressions militaires en Afghanistan, en Irak, en Libye et visant dorénavant l’Iran.

Des sanctions contre Michelle Obama, Samantha Cameron et Carla Bruni, basées sur des actes illégaux et criminels, ont beaucoup plus de sens.

Finian Cunningham
29/03/2012

[box class=”info”] Source : Mondialisation.ca [/box]


Article original en anglais : WESTERN PSY-OPS AGAINST SYRIA: When Mrs Assad’s « Shopping » Becomes a « Crime Against Humanity »
Traduction: Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

Photo : Le président syrien Bachar al-Assad accompagné de sa femme Asma, arrivant à Orly avant d’être reçu par le président français Nicolas Sarkozy le 12 juillet 2008. Crédit image : Ammar Abd Rabbo via Flickr, licence CC.

La prise de la Bastille - Par François Brigneau

La prise de la Bastille – Par François Brigneau

[box class=”info”] En mémoire du brillant journaliste et écrivain François Brigneau qui vient de décéder, nous publions sa “Prise de la Bastille”. Elle illustre son art de pamphlétaire.
Cet article est paru en juillet 2003 dans “Le libre Journal de la France Courtoise”, du regretté Serge de Beketch.[/box]

Contrairement à ce que croit la majorité des Français, le 14 juillet n’est pas la fête de la France. En choisissant cette date anniversaire de la prise ou, plus exactement, de la surprise de la Bastille, le Nouveau Régime ne fête que son imposture originelle. Il célèbre une falsification historique. Il glorifie les crimes de guerre civile.

La Bastille n’était pas le symbole de l’oppression judiciaire qu’en ont fait les historiens de la République. Elle servait peu, et rarement contre le peuple. De 1782 à 1789 on n’y compta, en moyenne, que douze prisonniers par an, tous ou presque nobles ou bourgeois. Le 14 juillet 1789 il ne s’en trouvait que sept : quatre escrocs à la fausse lettre de change ; un Irlandais enfermé pour démence depuis sept ans ; un autre fou, embastillé depuis 1759, et le comte de Soulages que son père fit incarcérer pour “crimes atroces et notoires”.

A l’origine, la Bastille était une des portes, la porte Saint-Antoine, chargées de défendre Paris. Huit tours rondes, hautes de quatre et cinq étages, en faisaient une forteresse. Devenue prison, elle conserva son gouverneur et sa garnison. En 1789, celle-ci était forte de 127 hommes, occupés surtout aux services. Quinze canons, placés au faîte des tours, servaient à tirer des salves et ne pouvaient braquer en bas. Placées à l’entrée, trois pièces de campagne rappelaient la vocation première de la Bastille. Enfin, ne l’oublions pas, la troupe disposait de douze fusils de rempart, du modèle dit “amusettes du comte de Saxe”. Malheureusement six d’entre eux avaient rendu l’âme. Bref, rien qui pût inspirer une haine farouche entraînant l’insurrection.

La Bastille comptait si peu dans le système répressif du gouvernement du roi que sa démolition était décidée. Le sieur Corbet, inspecteur de la Ville de Paris, avait déjà dressé le plan de la place Louis XVI qui devait lui succéder. On peut le voir au musée Carnavalet.

Lors de l’assaut, dont l’héroïsme continue, après deux siècles, à faire l’admiration des foules, la puissance de feu de la garnison ne s’exprima que par un seul coup de canon. Il n’y eut pratiquement pas de combat. Beaucoup d’assaillants succombèrent en tombant dans les fossés, poussés par l’enthousiasme et la boisson. D’autres se tuèrent par maladresse. La Bastille se rendit quand les canons de l’émeute furent pointés sur la porte d’entrée. Croyant à la promesse qu’il ne serait fait aucun mal à la garnison, M. de Launay, le gouverneur, donna les clés du petit pont-levis.

Aussitôt c’est la ruée. La populace envahit la cour intérieure. Deux invalides – soldats que l’âge et les blessures ont rendu inaptes aux armes – sont tués. L’un est transpercé de coups de sabres et de piques. L’autre est pendu. Trois officiers sont assassinés. Dans le mouvement, la meute hurlante entraîne M. de Launay vers l’Hôtel de Ville. J’ai toujours une pensée émue pour lui quand je vais manger des solettes et boire une bouteille de chablis au “Dôme Bastille”. C’est à qui lui portera des coups de poings, de pieds, de bâtons, de crosses, de piques. Le malheureux perd son sang par vingt blessures. Le sang excite toujours la canaille. Un patriote, encore plus patriote que les autres, prend son courage à deux mains. Il lui décolle la tête du tronc, l’embroche à la pointe d’une pique et la montre à la foule, dans les clameurs.

Trois jours durant, la tête de ce pauvre M. de Launay fut promenée dans Paris, au-dessus d’un écriteau où l’on pouvait lire “M. de Launay, gouverneur de la Bastille, traître et parjure au Peuple”. En 1989, au cours des festivals du Bicentenaire, on se demande pourquoi nous n’avons pas eu droit à la reconstitution de cet épisode. Les intermittents du spectacle n’auraient pas fait grève. En émeutiers, ils auraient montré une sincérité bouleversante.

Convenons cependant qu’il n’y avait pas de quoi faire une fête nationale.

François Brigneau

L’esprit des choses : l’encens

Avec un peu de chance, les fastes liturgiques de la Semaine sainte, que ce soit dans la forme ordinaire ou extraordinaire, vous auront permis d’apprécier, outre les chants (enfin espérons-le), une suave fumée propre à ravir les narines et à vous donner un petit arrière-goût de paradis et de mystère.

Il fut une époque pas si lointaine où l’encens n’était guère en odeur de sainteté dans nos paroisses (voilà pour le jeu de mots inévitable). On lui reprochait pêle-mêle ses accointances suspectes avec l’ancienne liturgie, son allure « triomphaliste » et surtout, péché irrémissible, son penchant prononcé pour la solennité et le sacré. Certains curés ne le toléraient guère que pour les obsèques, et encore! On oubliait un peu facilement le trentième chapitre du livre de l’Exode (les prescriptions fort précises à Moïse sur le sujet), ainsi que le psaume 142 qui compare la prière à la fumée de l’encens. Il fallait assister à une messe dans une abbaye pour sentir autre chose que l’odeur d’encaustique mêlée à l’eau de toilette bon marché de Madame l’animatrice liturgique.

Chose curieuse, cette éclipse relative de l’encens liturgique, dans les années 1970, fut accompagnée d’une véritable explosion dans le domaine profane. Hippies et autre « baba-cools » se livrèrent à une consommation furieuse de bâtonnets et autres cônes de la précieuse substance. Chassé des autels, l’encens s’est réfugié auprès des consommateurs de substances illicites et des bouddhistes d’opérette. Une jeune génération avide de spiritualités point trop contraignantes, et nouvelles, s’est jetée sur ce qu’elle considérait comme un moyen de cultiver leur sérénité entre deux manifs au Larzac.

Aujourd’hui, les « baba-cools » sont rentrés dans le rang bourgeois et la liturgie catholique revient doucement à des cérémonies plus dignes.

On ne va plus guère à Katmandou, mais l’encens fait toujours la fortune des marchands de bonheur. On le retrouve affublé de propriétés plus ou moins farfelues : telle variété favoriserait la richesse, une autre l’amour ou la réussite aux examens.

Il garnit également les étagères des adeptes de l’aromathérapie. Parfois aussi, cela de vient moins drôle. L’encens devient l’ingrédient obligé de pratiques prétendument magiques, voire pire encore.

Jean-Michel Diard

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 11 avril 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Crédit image : Pearson Scott Foresman via Wikipédia, domaine public.

L’esprit des choses : l’encens

[Histoire] 1812, la paix et la guerre par Jean Joël Brégeon

[Histoire] 1812, la paix et la guerre par Jean Joël Brégeon

L’année 1812 s’inscrit au nombre de ces moments décisifs qui changent le cours de l’histoire. Commencée dans la paix, elle va se terminer dans la guerre. Pour l’Empire français, ce fut le commencement de la fin. En janvier au sommet de sa puissance, Napoléon régente le continent. En mai à Dresde, presque toute l’Europe lui fait la cour. En décembre tout est joué. Il vient de perdre la plus grande armée jamais réunie et doit regagner Paris pour faire face à un nouvel assaut. C’est à cette année, décisive pour l’avenir de l’Europe, que l’historien Jean-Joël Brégeon a consacré son dernier livre.

Auteur d’ouvrages consacrés à la Révolution, à l’Empire et à la Restauration – Carrier et la Terreur nantaise (1987), L’Egypte de Bonaparte (1998), Kléber (2002), Napoléon et la guerre d’Espagne (2006), La Duchesse de Berry (2009), Ecrire la Révolution française (2011) – qui font autorité, J.J. Brégeon nous entraîne très exactement deux siècles en arrière, en cette année 1812 où tout bascula. « 1812 fut l’annus horribilis par excellence. Au faîte de sa puissance, Napoléon, maître de l’Europe, vit tout s’écrouler en quelques mois », prévient-il.

Refusant à la fois de traiter l’année dans l’ordre chronologique pur et simple ou de l’aborder de façon non plus diachronique mais thématique, J.J. Brégeon a choisi habilement de combiner les deux. Soucieux de ne pas se disperser, l’historien a dû faire des choix : douze chapitres pour parler de l’essentiel, douze points majeurs pour aborder des points peut-être mineurs, mais tout à fait caractéristiques de l’époque. D’autres aspects, secondaires ou retenus comme témoignages, sont regroupés en annexe. L’ouvrage est enfin complété par treize œuvres d’arts, emblématiques de l’année 1812, commentées par l’auteur.

Pour évoquer cette année cruciale Brégeon l’inscrit dans son amont. Après avoir souligné l’originalité de la Russie et la place particulière qu’elle occupe en Europe, il insiste sur la renaissance de la Prusse et sur ce qu’il nomme l’aporie polonaise. Négligeant l’Empire d’Autriche, en position d’attente, allié contraint de la France – mariage de l’Empereur avec Marie-Louise oblige – il laisse également délibérément de côté le Royaume-Uni qui n’agit qu’en sous-main, sauf en Espagne.

L’incendie de Moscou, par J.C. Oldendorp. « La vision est celle de la fin d’un monde » (J.J.B.). Deutsches Historisches Museum, Berlin.

Mais 1812, ce n’est pas seulement l’incendie de Moscou et la Bérézina. L’auteur évoque aussi la vie tranquille, loin de la guerre, pour des illustres – Beethoven, Chateaubriand, Hegel…- et des millions d’inconnus. C’est encore l’éveil des peuples, des sentiments nationaux en Pologne, en Espagne, en Allemagne, en Russie, en Italie…Les arts, les lettres, la philosophie se mêlent à la politique et donnent des chefs d’œuvre. 1812 est l’année de Goethe, de Géricault, de Goya, de Turner ou de Canova.

Avec un angle de vue très personnel mais toujours appuyé sur une documentation rigoureuse, J.J.Bregeon nous donne là un excellent panorama général, intelligemment enrichi de « zooms » effectués sur des points précis, sur une année qui vit passer l’Empereur – « l’âme du monde » (Hegel) – du sommet de sa puissance au commencement de sa fin. A lire absolument.

1812, la paix et la guerre par Jean Joël Brégeon, Perrin, 24,50 €

Écosse : Les musulmans veulent interdire la vente d’alcool dans les supermarchés

Écosse : Les musulmans veulent interdire la vente d’alcool dans les supermarchés

11/04/12 – 11h00
ÉDIMBOURG (NOVOpress) –
Stirling, capitale historique de l’Écosse et théâtre de la victoire de William Wallace sur les Anglais en 1297, est une ville-symbole de la résistance identitaire. C’est aussi, aujourd’hui, le siège du Central Scotland Islamic Centre , qui a récemment déménagé dans un bâtiment plus vaste en raison de la croissance de la «communauté musulmane ».

En août 2011, la chaîne de supermarchés hauts de gamme Waitrose a conclu un accord avec la Stirling Development Agency pour installer un magasin sur l’ancien site industriel de Burghmuir, abandonné depuis plusieurs années. L’arrivée de Waitrose créera 180 emplois et a été saluée par la municipalité comme « une avancée très positive pour réaliser nos plans de réhabilitation pour Burghmuir et pour la création de nouveaux emplois à Stirling ».

Le permis de construire a été approuvé. Mais le projet a été bloqué après que le Centre Islamique, qui est situé à proximité du futur magasin, a menacé d’intenter une action en justice. Le motif ? Les supermarchés Waitrose vendent de l’alcool et, selon le président du Central Scotland Islamic Centre, « la vente d’alcool si près d’une mosquée serait une insulte à la foi islamique ». La municipalité a annoncé que le responsable de l’urbanisme allait rencontrer les responsables du Centre Islamique pour discuter de leurs inquiétudes.

La solution paraît toute trouvée : que les supermarchés Waitrose deviennent intégralement halal, et il n’y aura plus de difficulté.

Photo : un supermarché Waitrose. Crédit photo : Geoff Welding via Wikipédia, licence CC.
Football : Mario Balotelli souffre d’un « malaise identitaire »

Football : Mario Balotelli souffre d’un « malaise identitaire »

11/04/2012 – 08h00
BRESCIA (NOVOpress) –
Le footballeur Mario Balotelli a été encore expulsé dimanche dernier lors du match face à Arsenal. L’attaquant de Manchester City a reçu son troisième carton rouge de la saison. Lassé, son entraîneur, Roberto Mancini, a annoncé qu’il ne jouerait plus d’ici la fin du championnat anglais. Il pourrait également ne pas participer à l’Euro 2012 cet été sous les couleurs de… l’Italie. Cesare Prandelli, le sélectionneur de la Nazionale, s’arrache aussi les cheveux avec ce joueur en provenance du Ghana.

Le dernier numéro du magazine So Foot consacre un dossier complet à Mario Balotelli, de son vrai nom, Barwuah. Adopté à l’âge de trois ans, choyé, aimé et élevé par un couple italien dans la banlieue de Brescia, Mario Balotelli s’est rapidement montré ingérable. « Apatride », « Autiste », « Provocateur »… l’article de So Foot revient dans le détail sur le comportement d’un joueur aux réactions violentes. « En vérité, le casier de l’attaquant est tellement lourd que dans un monde normal, ou s’il était un type normal, Mario Barwuah Balotelli aurait dû renoncer à ses rêves de football dès l’âge  de ses premières frasques, vers l’âge de huit ans », constatent les journalistes du mensuel.

Interrogée par le magazine, son ancienne institutrice reconnaît qu’il était l’enfant « le plus perturbé que j’aie jamais eu » et ajoute : « il avait un problème d’identité évident ». Tandis que d’autres témoignages évoquent un « malaise identitaire ». Le déracinement, cause de bien des dérèglements.

Crédit photo : Steindy/Wikipédia sous licence CC

In Memoriam : François Brigneau est mort

In Memoriam : François Brigneau est mort

11/04/12 – 07h00
PARIS (NOVOpress)
– François Brigneau, de son vrai nom Emmanuel Allot, est décédé le 9 avril 2012. Il laisse derrière lui, sous divers pseudonymes tels que Julien Guernec ou Mathilde Cruz, une œuvre de journaliste, écrivain et critique d’une impressionnante acuité et d’une très grande diversité, du démontage des programmes télévisés à la chronique sportive en passant par le grand reportage et l’analyse politique.

In Memoriam : François Brigneau est mortIssu d’une famille « de gauche », François Brigneau fut également un infatigable militant de la cause nationale, notamment dans les colonnes des hebdomadaires Rivarol, Minute, National Hebdo, du quotidien Présent, ou du décadaire Le Libre Journal de la France Courtoise.

Il n’était pas nécessaire d’adhérer ou même de saisir tous ses engagements idéologiques pour reconnaître en François Brigneau un remarquable talent de plume et un art de pamphlétaire sans équivalent dans la morne presse contemporaine.

Tonitruant, d’une ironie mordante et d’une intelligence acérée, parfois excessif, François Brigneau était avant tout un homme debout, d’une fidélité et d’une droiture sans faille. Force est de constater qu’il n’en reste que fort peu de cette trempe. Novopress lui rend hommage.

Crédit photo : portrait au crayon de François Brigneau par Le Brieuc, 1987

Chez Free, les licenciements se font en public

Chez Free, les licenciements se font en public

10/04/2012 – 21h00
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) – Sur Internet, des témoignages d’anciens salariés se multiplient pour dénoncer des pratiques de management « humiliantes » et une « pression constante » au sein du nouvel acteur de la téléphonie mobile. Certains ont raconté comment les employés sont renvoyés pour un oui ou pour un non, jamais dans un bureau, mais toujours devant tout le monde.

Après ses offres tarifaires alléchantes, tout ne serait pas si rose chez Free…

Election présidentielle : les jeunes votent Marine Le Pen

10/04/12 – 18h00
PARIS (NOVOpress)
– Voilà un sondage qui bouscule les idées reçues concernant le vote « nationaliste » en France ! A rebours des clichés sur la « nostalgie » et le « passéisme », c’est chez les jeunes que Marine Le Pen trouve le plus large soutien et le plus fort taux d’intentions de votes aux prochaines élections présidentielles.

Dans une France vieillissante, frileuse, encore empêtrée dans l’héritage soixanthuitard, la présidente du Front national recueille 26 % des suffrages chez les 18-24 ans et devance d’un point François Hollande (25 %). La candidate nationale gagne ainsi près de 13 points depuis la précédente étude CSA faite sur les jeunes en décembre 2011.

Un sondage somme toute logique à l’heure où les retraités et les « post-soixanthuitards » bénéficient encore d’un certain confort social et financier et se maintiennent coûte que coûte aux postes de pouvoir, alors que les jeunes générations sont confrontées de plein fouet à la violence des bandes ethniques et à la précarité économique issue du capitalisme libéral incontrôlé.

Crédit Photo : RemiJDN via Flickr (CC)

Présidentielle : Philippe Poutou, où la nostalgie du Grand Soir impossible

Présidentielle : Philippe Poutou, où la nostalgie du Grand Soir impossible

10/04/2012 – 16h15
NANTES (NOVOpress Breizh) –
Philippe Poutou, le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) était de passage à Nantes le 29 mars dernier pour présenter son programme. Seul authentique ouvrier dans cette campagne présidentielle, le successeur du très médiatique O. Besancenot a manifestement du mal à s’imposer dans la compétition, écrasé par la personnalité et les talents oratoires de celui que Marine le Pen qualifie de « triple idiot utile du système », J.L.Mélenchon.

Devant un public d’environ 200 personnes majoritairement jeunes et masculines et une présence importante de journalistes, « Thierry », représentant le MOC (Mouvement des objecteurs de croissance), ouvrit la séance en s’efforçant de démontrer « comment les riches détruisent la planète. » Le MOC s’affirme d’abord  « anticapitaliste », idée centrale de tous les intervenants de la soirée. Il préconise la décroissance avec des mesures comme la réduction du temps de travail, l’anti – productivisme,  l’arrêt total de la production d’énergie nucléaire, un revenu maximum autorisé et un revenu d’existence pour tous. Se voulant l’héritier tant du socialisme utopique que du socialisme «  scientifique », il s’affirme héritier de Gandhi et antimilitariste – il demande en particulier l’arrêt des productions d’armement comme les avions Dassault. Quelques maigres applaudissements de pure politesse concluront l’intervention.

« Claudine », pour le NPA, prendra ensuite la parole pour mettre en lumière le lien étroit existant entre le combat anticapitaliste et la lutte écologique. Selon elle, les vrais responsables des problèmes climatiques, ce sont les capitalistes et leur course au profit, illustrant son propos par un inventaire àla Prévert: la spoliation des ressources en eau et des terres, les logements tout électrique et mal isolés, l’urbanisation périphérique, les OGM, la malbouffe, les pesticides, les médicaments inutiles voire nocifs, le pétrole, le tri des déchets, le pillage des pays du sud, la publicité pour des produits inutiles …

Par opposition à cette économie, la représentante du NPA affirmera que « l’écologie, c’est le droit de décider de sa vie. » Elle exige donc  « la sortie du nucléaire en 10 ans et l’arrêt des nouveaux projets, un service public de l’énergie sous contrôle de la population et avec une gestion locale, le développement des transports en commun gratuits, l’arrêt des engrais, des pesticides, des OGM » . De façon plus concrète, elle appelle au soutien des AMAP, du micro-crédit, des échanges sans argent, avant de conclure par un « face au capitalisme, ne lâchons rien »,  qui lui vaudra des applaudissements un peu plus soutenus.

« Sandra », également pour le NPA, lui succède pour montrer les conséquences désastreuses du capitalisme en crise avec l’exemple de la Grèce. Selonelle, les mesures en cours se résument à « comment on vide les poches des travailleurs pour remplir celles des riches ». Elle dénonce le « gouvernement non élu de techniciens d’union nationale (…) qui bafoue les droits démocratiques ». Exaltant « le peuple grec qui organise la résistance, occupe les entreprises fermées », elle termine par un « vive la lutte des travailleurs grecs ! » qui déclenche un soutien plus affirmé d’une partie de la salle.

Enfin Philippe Poutou prend la parole. Commençant d’abord par rappeler avec un certain humour décalé « qu’il est candidat, que ce n’est pas un mythe » il précise que « la politique, c’est l’affaire de tous, des solidarités, de la chaleur humaine, c’est s’organiser pour changer le monde, pour la dignité populaire ». Sortant de sa torpeur, la salle applaudit cette entrée en matière.

Le successeur de Besancenot va ensuite recadrer le combat anticapitaliste du NPA  pour le féminisme avec une loi cadre sur l’égalité homme – femme et contre la violence qui leur est faite partout en citant l’exemple de DSK, pour l’écologie avec la socialisation des groupes industriels comme AREVA, EDF, TOTAL, contre le racisme et pour soutenir l’immigration -cela fera plaisir au Medef – contre l’impérialisme et l’intervention en Afghanistan et pour l’internationalisme, le soutien aux peuples du monde entier, le droit à l’autonomie y compris des DOM/TOM, des Basques, des Corses et des Bretons, contre l’urbanisation et pour protéger la campagne. Vaste programme.

Il explique que la crise, qui dure depuis 30 ans, a considérablement appauvri les travailleurs. Huit millions de personnes, dont beaucoup de jeunes et  de femmes, vivent en dessous du seuil de pauvreté. Quatre millions ont des difficultés pour se loger. Au même moment, « les riches, comme le PDG de PUBLICIS, reçoivent des salaires en hausse de 35% entre 2011 et 2010. Ils bossent sacrément dur ces gars-là, souligne P. Poutou, pour toucher autant ». Applaudissements nourris du public, qui n’apprécie manifestement pas la rémunération record que vient de percevoir Maurice Lévy.

Le candidat du NPA estime que les mesures prises par N. Sarkozy, « à la solde des capitalistes »,  sont inopérantes. Marine Le Pen, ce n’est pas une surprise, n’est pas très appréciée non plus : « politicienne professionnelle, avec ses millions, qui ose se  faire passer pour une anti-système,  qui a le culot de se dire la candidate des ouvriers ». Ennemi du protectionnisme pour la France,  P. POUTOU déclare qu’il est « pour le protectionnisme des salariés, de tous les peuples à l’échelle européenne, pour un statut unique, une Europe des peuples, une Europe sociale, contre celle des capitalistes et des banquiers« . Mais pourquoi se limiter aux frontières de l’Europe, quand on est un internationaliste convaincu ? L’orateur ne le précisera pas.

Philippe Poutou est bien entendu conscient qu’il  a peu de chances d’être élu mais, affirme-t-il,  « ce combat comprend deux manches : dégager Sarkozy et toute sa bande(…) Comme Hollande et le PS ont un programme dans la logique libérale, une austérité de gauche, la deuxième manche, dès le 7 mai, sera de reconstruire les réseaux militants , des gens qui se battent …pour nous, l’avenir c’est préparer les luttes sociales à l’image de mai 68, de l’été 36 ». Nostalgie, quand tu nous tiens…

Il terminera en réaffirmant que « les peuples de la planète ont un seul ennemi le capitalisme mondial ». Pas convaincu,  un militant lui répondra « qu’au deuxième tour il votera blanc car il en a assez de se faire avoir par les socialistes. » un avis partagé par une large partie de la salle qui applaudit le contradicteur.

Enfermé dans une thématique stérile, prisonnier d’une grille d’analyse marxiste largement obsolète, acquis à l’idéologie sommaire des ligues de vertu antiracistes, islamophile au point d’avoir présenté aux dernières régionales une femme voilée,  incapable d’analyser de façon cohérente les enjeux du siècle qui commence, le NPA apparait aujourd’hui comme le conservatoire de la nostalgie d’un Grand Soir impossible. Philippe Poutou, ou la figure de cire du musée Grévin du marxisme, tendance trotskiste.

Crédit photo : Minamonoch, licence cc

Wall Street a-t-elle trouvé la pierre philosophale financière ?

[Novopress éco] Wall Street a-t-elle trouvé la pierre philosophale financière ?

10/04/2012 – 14h00
PARIS (NOVOpress) —
D’après un récent sondage IFOP, deux tiers des Français estiment que l’or est une valeur sûre. Le placement de « bon père de famille » par excellence, avec l’immobilier. Dans ce cas pourquoi le spéculateur Georges Soros (dont on peut penser ce que l’on veut mais qui a du flair pour les bonnes opportunités) a-t-il récemment déclaré : « L’or est la bulle ultime » ? Associer une valeur sûre, l’or, à une bulle spéculative pourrait sembler contradictoire au premier abord.

Les financiers ressemblent à des nuées de sauterelles qui dévastent méthodiquement des cultures. Quand ils ont fini quelque part, après avoir provoqué une crise au passage, ils se déplacent vers des territoires encore inexploités. D’abord les matières premières agricoles (2007), les subprimes et les CDS (2008), les dettes souveraines (2011). Depuis 2011, la spéculation bat son plein sur les métaux précieux.

La banque JP Morgan (déjà à l’origine des très toxiques subprimes et CDS) s’est lancée en premier dans la bataille. Jouer sur le cours des métaux ne sert à rien, si on n’en possède pas. En février 2011, le marché interbancaire est sinistré, les banques ne se prêtent plus entre elles. JP Morgan décide donc d’accepter l’or dans les transactions swaps. Wall Street lui emboite le pas. Dans ce type de transaction, les clients vont être autorisés à donner de l’or en nantissements de prêts à court terme (alors que seules les obligations souveraines était précédemment acceptées).

Jusque là on peut se dire que Wall Street joue au « bon père de famille » en garantissant sur de l’or les produits financiers, une manière comme une autre d’assurer ses arrières.

Le résultat ne s’est pas fait attendre : de l’or s’est mis à affluer massivement dans la bulle financière.

De quel or s’agit-il ?

Même des spéculateurs comme Georges Soros commencent à se poser des questions. Ils ont en effet constaté qu’il était extrêmement difficile, voire impossible de se faire livrer l’or physique. Quand ils y parviennent enfin on leur livre des faux lingots bourrés au tungstène ou de l’or pur à seulement 75 % alors que le contrat stipulait 99 %.

Il faut en effet savoir que la majorité de l’or censé être en circulation ne s’échange pas sous forme physique. Par exemple pour un particulier, à moins d’avoir lui-même mis un lingot dans le coffre, l’or que la banque lui a vendu est une simple ligne de compte, il n’est pas réellement dans la banque. Les investisseurs et les États utilisent quant à eux des ETC (Exchange Trade Commodities), des certificats qui sont en principe garantis sur des réserves physiques, que les banques commerciales sont censées posséder.

Wall Street a-t-elle trouvé la pierre philosophale financière ?

A Wall Street, ceci est de l'or. Crédit photo : FeatheredTar via Flickr (cc)

Les ETC ne sont pas de l’or mais de l’or-papier. Un premier scandale avait failli éclater dès 2008 sur le marché des contrats à court terme, le Comex. Des spéculateurs suspicieux avaient voulu réclamer qu’on leur livre leur or tous en même temps. On les a grassement rétribués pour mettre un terme à la fronde qui commençait à gronder. Un contrat à court-terme fixe une chose (dans ce cas, l’or), une quantité, un prix et une échéance. À l’échéance vous pouvez soit vous faire livrer votre or soit prendre le contrat suivant, ce que choisissent de faire les spéculateurs en général. Comme l’or physique est rarement réclamé, il y a beaucoup plus d’or-papier en circulation que d’or réel. Le prix de l’or est donc fixé sur du papier, la valeur étant totalement déconnectée des réserves réelles.

Dans les 1980-2000 les banques centrales ont pris l’habitude de louer leurs stocks d’or à des banques commerciales (il n’y a pas de petits profits). Certains commencent donc à se demander si cet or sur lequel sont censés être garantis les ETC ne proviendrait pas de ce stock d’or loué. Les banques centrales, elles aussi, sont d’une très grande opacité sur leurs réserves réelles, ce qui alimente la suspicion. Aux États-Unis par exemple, cela fait des années que Ron Paul réclame l’audit du stock d’or de la Fed, qui refuse catégoriquement de faire la transparence sur ses réserves.

Une chose est sure en revanche, d’après certains audit récents, il manquerait des dizaines de milliards d’or physique dans le système pour pouvoir garantir l’or-papier en circulation sur les marchés financiers. Et cela ne va pas s’arranger, vu que tout le monde se rue sur les ETC.

Les financiers viennent donc d’inventer la pierre philosophale du XXIème siècle : ils transforment sans scrupules dans le chaudron de Wall Street le papier en or.

Spoutnik, pour Novopress

Photo en une : crédit covilha (cc) via Flickr

Le Gouvernement britannique estime qu’à la différence des musulmans les chrétiens n’ont pas le droit de porter de signes religieux sur le lieu de travail

Le Gouvernement britannique estime qu’à la différence des musulmans les chrétiens n’ont pas le droit de porter de signes religieux sur le lieu de travail

10/04/2012 – 12h00
LONDRES (NOVOpress Breizh) – Les chrétiens n’ont pas le droit de porter ostensiblement une croix ou un crucifix sur leur lieu de travail. Telle est la position que le gouvernement britannique entend défendre dans un litige porté par deux femmes devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

Selon le Sunday Telegraph, qui a révélé cette affaire, le Gouvernement conservateur de David Cameron estime que le fait de porter une croix sur son lieu de travail n’étant pas une « exigence » posée par la foi chrétienne, les employeurs peuvent interdire le port de la croix et licencier les salariés qui persistent à le faire. Cette position a fait l’objet de critiques de la part de nombreuses personnalités. Lord Carey, l’ancien archevêque de Canterbury, a accusé le 10 Downing street de vouloir dicter aux chrétiens leur conduite et a affirmé que c’était là un nouvel exemple de marginalisation du christianisme dans la vie officielle.

Nadia Eweida, une chrétienne copte salariée de British Airways, avait été suspendue en 2006 pour avoir refusé d’enlever la croix qui, selon ses employeurs, ne correspondait pas à l’uniforme réglementaire de la compagnie. Mme Chaplin, une femme originaire d’Exeter, s’est vu dénier quant à elle le droit de travailler en qualité d’infirmière dans un établissement hospitalier par Royal Devon and Exeter NHS Trust après avoir refusé de cacher la croix qu’elle portait au bout d’une chaînette. Cette décision a eu pour effet de mettre fin à sa carrière longue de 31 ans.

Ayant été déboutées devant les tribunaux du Royaume-Uni, les deux femmes ont porté le litige devant la Cour de Strasbourg en se fondant sur les dispositions de l’article 9 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, selon lesquelles : « Tout un chacun jouit de la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit inclut la liberté de changer sa religion ou sa croyance, et la liberté de manifester, seul ou en commun avec d’autres en public ou en privé, de manifester sa religion ou sa croyance, dans le culte, l’enseignement, la pratique et l’observation. »

Les avocats des deux requérantes estiment que la position du Gouvernement britannique est excessivement restrictive et que la « manifestation » de la religion inclut le fait de faire des choses qui ne sont pas une « exigence de la foi » ; que de ce fait leurs clientes sont protégées par les Droits de l’Homme.

Ce refus du gouvernement de David Cameron de reconnaître aux chrétiens le droit d’afficher le symbole de leur foi sur le lieu de travail intervient alors que les membres d’autres religions se sont vu accorder un statut spécial pour des tenues ou des symboles tels que le turban sikh, le bracelet kara ou le hijab (photo) musulman. Manifestement, dans le royaume de sa Très gracieuse Majesté, il est aujourd’hui des communautés qui sont plus privilégiées que d’autres. Le titre officiel d’Élisabeth II – « par la grâce de Dieu, reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et de ses autres royaumes et territoires, chef du Commonwealth, défenseur de la foi » – serait-il devenu obsolète ?