Démocratie : mais où sont donc passés les médias d’opposition à Macron ?

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La France est une grande démocratie. En tout cas, c’est ce que l’on entend sur le ton de l’autosatisfaction supérieure dans les médias qui s’autoproclament « de référence ». Une démocratie qui donne des leçons dans le monde entier. Enfin, plus en Russie et chez Orbán qu’en Chine, à Singapour ou dans les Émirats arabes. Question de regard. Revenons en France, où le débat démocratique est équilibré, où la presse est libre. Où les électeurs ont le choix de s’informer en toute indépendance et en toute impartialité.

Quel beau pays ! Tenez, faisons le compte des médias qui soutiennent Macron : Le Figaro a appelé ses lecteurs en ce sens dans un éditorial. C’est son droit le plus strict. Son actionnaire, le groupe Dassault, a des avions à vendre, il a besoin de l’État. Les médias de service public, France 2, France 3, France 5 ou le très neutre France Inter n’ont appelé à voter pour personne, direz-vous. Certes, mais curieusement, personne n’a songé à leur faire le procès de rouler pour Marine Le Pen. Le Monde, Challenges, Libération, eux, ont clairement appelé à battre Le Pen. Encore une fois, c’est leur droit et nous ne le leur contestons pas. Mais on ne peut tout de même pas nous empêcher d’être un peu surpris. Tenez, si un de nos interviewés nous confiait au micro « Avec Emmanuel Macron, les pauvres vont peut-être mourir », nous arrêterions immédiatement l’interview à Boulevard Voltaire et nous proposerions à notre orateur un verre d’eau. On lui expliquerait que ce n’est pas sérieux, que nous sommes sous la lampe de fact-checkers très rigoureux, payés au moins en partie par l’État, et qu’on ne peut se permettre de dire n’importe quoi. L’interlocuteur aurait compris, il aurait reformulé sa phrase et prononcé quelque chose comme : « Avec Emmanuel Macron, les pauvres vont peut-être souffrir. » Imprimatur. Merci, c’est parfait. Pourtant, dans Le Parisien, le ministre de l’Intérieur lance en toute impunité : « Avec Marine Le Pen, les pauvres vont peut-être mourir. » Et ça passe crème ! Un autre exemple ? Une élue du RN, par exemple, aurait pu nous lancer : « Si Macron gagne, moi comme bien d’autres amoureux de la France, nous sommes menacés très directement de mort. » Là encore, nous aurions usé de la technique du verre d’eau. Non, Mademoiselle, cela va être difficile de publier cela, respirez bien fort et on reprend. Libération a eu moins d’états d’âme en publiant ces propos d’Alice Coffin, repris au bond par Gabrielle Cluzel : « Si l’extrême droite gagne, moi comme tant d’autres militant·e·s féministes, ou antifa, ou antiracistes, nous sommes menacé.e.s très directement de mort. » Allons-y pour l’exactitude, la précision et l’honnêteté du propos.

Mais il y a pire. Dans cette grande démocratie libérale où les opinions et les médias sont si libres, faisons le compte des médias qui ne soutiennent pas Macron, qui ne sont pas violemment hostiles à la candidate de deuxième tour, celle qui a recueilli le plus de voix derrière Emmanuel Macron et représentera, au final, autour d’un Français sur deux, un peu plus ou un peu moins. Mettons dans ce camp la chaîne CNews, qui s’en défendrait avec raison, arguant qu’elle donne la parole à un large éventail d’opinions. Disons qu’on peut y entendre parfois des propos moins amènes vis-à-vis du gouvernement qu’à l’antenne de ses concurrentes. Rappelons, au passage, que CNews fait justement l’objet d’une offensive de l’association Reporters sans frontières, qui entend réviser les lois françaises et faire appel au Conseil d’État comme au Conseil constitutionnel pour la remettre dans le droit chemin. La lutte contre la liberté d’opinion, en France, ça occupe. Il faut ajouter à CNews l’hebdomadaire Valeurs actuelles, le plus petit des magazines d’actualité (une catégorie d’hebdomadaires prestigieux qui rassemble officiellement Le Point, L’Express ou L’Obs), l’hebdomadaire Marianne, votre site préféré Boulevard Voltaire, qui se permet de temps en temps quelques critiques au guide suprême, et quelques courageux médias comme Causeur, L’Incorrect et d’autres. C’est tout ? Oui, c’est tout. Rien de dominant, rien d’absolument écrasant dans le paysage, on en conviendra. Quelle démocratie compte moins de médias d’opposition ? Peut-on poser cette question ? C’est un drôle de sport d’animer un média non-macroniste en France. Exemple : Marianne, résolument opposé à Macron comme à Le Pen, a été rattrapé par son actionnaire. Le Tchèque Křetínský a, selon la Société des rédacteurs de Marianne, habilement transformé la une de cette semaine. Les lecteurs ne verront pas en couverture « La colère… ou le chaos » mais un titre bien plus engageant : « Malgré la colère, éviter le chaos ». Autrement dit, votez Macron. Les journalistes du titre dénoncent « une attaque grave contre l’indépendance éditoriale de Marianne ». On attend la pétition générale des confrères toujours si prompts à défendre la liberté de la presse contre les méchants actionnaires. Cette fois, il y a fort à parier qu’elle ne viendra pas. Un modèle de démocratie, on vous dit.

La France compte donc cette semaine quatre médias d’opposition, sur plus de 25 chaînes gratuites, des centaines de radios, des milliers de magazines et de journaux. Oui, quatre. Quatre médias qui pourraient bien avoir du souci à se faire pour la suite si Macron est réélu. Parce que quatre, c’est encore trop. Mais la France est une grande démocratie, dans laquelle les candidats aux présidentielles luttent à armes égales. Bien sûr.

Marc Baudriller

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Soft power : succès international pour la série ukrainienne « Serviteur du peuple »

Serviteur du peuple

Depuis le 24 février 2022, date de l’entrée des troupes russes en Ukraine, la série télévisée « Serviteur du peuple », dans laquelle l’actuel président Zelensky, ancien comique et acteur, tient le premier rôle, rencontre un fort succès d’audience à l’international et suscite l’intérêt de plusieurs groupes de médias s’étant subitement mis à racheter les droits de diffusion de cette production.

Des millions de vues sur Arte

Trois semaines après le début des opérations russes, la série ukrainienne avait déjà atteint plus de trois millions de vues sur Arte.tv. La chaîne en ligne du média franco-allemand diffuse cette fiction de fiction depuis le mois de novembre, mais n’avait pas réussi à séduire son public avant le 24 février, comme le déclare le directeur éditorial d’Arte France :

« Hélas, à la faveur de la guerre, [la série] est devenue une des séries incontournables d’Arte aujourd’hui [alors qu’] elle était moins regardée que d’autres séries. »

En France, c’est Arte qui avait obtenu les droits de diffusion de cette série à l’automne dernier. La chaîne en fait aujourd’hui sa fierté, cette « fiction prémonitoire » (sic) permettrait, toujours selon Boris Razon, de comprendre la cristallisation des attentes d’un peuple par rapport à une « classe politique dévalorisée, corrompue, dans l’orbite russe. »

Entre 2015 et 2019, plus de 20 millions d’Ukrainiens ont en effet visionné cette série, qui reste à ce jour le plus grand succès de télévision en Ukraine. « Serviteur du peuple », aussi devenu le nom du parti politique du président ukrainien, raconte l’histoire d’un professeur d’histoire, joué par Volodomyr Zelensky, devenu par un concours de circonstances président de l’Ukraine. Le scénario aurait été inspiré directement par Zelensky et aurait poussé ce dernier à entamer une carrière politique.

American hero

Cette série n’est bien évidemment pas le seul programme diffusé par la chaîne franco-allemande sur la guerre russo-ukrainienne. Le 15 mars, elle diffusait « Volodomyr Zelensky, L’homme de Kiev », un portrait louangeur décortiqué par nos confrères allemands de Junge Freiheit :

« Volodymyr Zelensky est désormais le héros de l’Occident : ce juriste de 44 ans, comédien comique de métier, défend la liberté et la démocratie, héroïquement et courageusement, selon le tableau global. Ses messages vidéo, méticuleusement enregistrés avec un téléphone portable, sont avidement partagés. En temps de crise, les héros ont apparemment toujours la cote, même à notre « ère post-héroïque »

Disponible sur Arte.tv et 6play, la série ukrainienne a également été diffusée à l’antenne d’Arte le 8 avril, alors que la chaîne vient d’annoncer l’acquisition des saisons 2 et 3, qui seront disponibles sur la plateforme en ligne au courant du mois de mai.

Pour lire la suite, c’est ici !

Elon Musk, Twitter et la liberté d’expression au XXIe siècle, par Clément Martin (Les Identitaires)

Elon Musk

Elon Musk, le milliardaire américain d’origine sud-africaine, président de l’entreprise aérospatiale SpaceX et directeur-général de Tesla, vient d’entrer au capital de Twitter (9 % des parts) et d’en devenir le premier actionnaire. Sa volonté affichée de réformer la plateforme[1] et d’y faire respecter la liberté d’expression est l’occasion de réfléchir sur l’avenir de la protection de l’expression politique.

La liberté d’expression : comparaison des 2 côtés de l’Atlantique

Les États-Unis constituent un cas intéressant à étudier pour comprendre en profondeur le combat autour de la liberté d’expression. Le premier amendement de la Constitution garantit aux citoyens américains que sous aucun prétexte le gouvernement ne saurait mettre en place des lois restreignant l’expression publique, quelle qu’elle soit. Autrement dit, il n’existe aucune loi antiraciste (type loi Pléven) ou mémorielle (comme la loi Taubira). On pourrait donc considérer que la liberté d’expression est totale chez l’Oncle Sam. Or, s’il est certain que la situation est bien meilleure qu’en France, elle n’est sûrement pas parfaite. En effet, c’est bien aux États-Unis que s’est développée la fameuse « cancel culture » décriée (à juste titre) par les patriotes et les conservateurs d’Occident. Cette culture du lynchage médiatique et de l’exclusion de tous les canaux d’expression (réseaux sociaux, magazines, émissions télévisées, etc.) à la suite de propos jugés hétérodoxes par les seigneurs culturels révèle une réalité souvent oubliée : la liberté d’expression n’est pas seulement un dispositif légal permettant à chacun de s’exprimer sans craindre la répression de l’État, mais une culture qui a pour but de garantir que la discussion publique ne cède pas au monologue et à la domination des bien-pensants. Aujourd’hui, même si le citoyen, l’homme politique ou le journaliste dissidents américain ne risquent pas de finir en prison pour leurs propos, ils peuvent se faire intégralement exclure des plateformes privées, harceler et finir marginalisés dans le débat public. Dans ce cas de figure, le résultat n’est pas si différent, puisqu’on arrive au même point que dans les pays comme la France où il n’existe guère de premier amendement : la pensée à contre-courant est absente, invisibilisée de la conscience collective.

C’est la raison pour laquelle l’administration Trump avait un temps pensé, pour lutter contre l’hégémonie progressiste, à réguler les réseaux sociaux en situation de monopole (tels que Twitter ou Facebook) afin de forcer les acteurs privés à garantir la liberté d’expression au même titre que le gouvernement via le premier amendement[2]. Malheureusement, cette volonté de réforme est laissée lettre morte.

Certes, il est crucial de se débarrasser des lois restreignant l’expression politique en France, mais cela ne suffira pas : il faudra aussi chercher à faire respecter ce principe au sein du secteur privé.

Du spontanéisme populiste à la constitution d’un bloc historique de droite

Ce que le geste d’Elon Musk révèle, c’est que le volontarisme individuel de membres de l’élite économique peut se révéler plus efficace que la législation de l’État. Les leviers classiques du monde économique moderne (acquérir des parts pour influencer sur la gestion d’une entreprise) ont l’avantage d’être plus rapides à mettre en place que de devoir gagner une élection et d’espérer que le nouveau pouvoir politique réforme (lentement, forcément) l’environnement légal de tout un pays.

Mais plus encore, cela illustre l’arrivée sur la scène publique de milliardaires décidés à lutter contre l’hégémonie culturelle de la gauche : toujours aux États-Unis, on peut penser à Peter Thiel, fondateur de PayPal et donateur à la campagne de Trump, qui avait traîné en justice Gawker, journal people qui avait publié sans son accord une sex tape du célèbre catcheur Hulk Hogan, dans une entreprise de démolition de sa réputation. Au terme de la procédure, la justice avait donné raison à Hogan et Thiel, se soldant par la liquidation et la disparition de Gawker[3] ; cet épisode marquait une victoire contre l’impunité d’une presse aux ordres, utilisant la liberté de la presse comme un privilège corporatiste et une méthode d’humiliation. La leçon est claire : pour se défaire de la tyrannie du complexe médiatico-industriel, la droite ne peut plus se limiter au combat légal, mais doit cultiver des champions suffisamment puissants et influents pour faire prévaloir ses intérêts.

Si l’on va plus loin, cela permet d’apercevoir une issue de sortie pour le blocage politique qui définit l’Occident : on le sait, nombre de revendications identitaires et opposées à l’ingénierie sociale progressiste sont portés par un bloc populiste, qui souffre, par sa nature propre, de son exclusion économique et culturelle. Grâce à ces relais au sein de l’élite économique, la lutte identitaire et populiste est certaine de passer à la vitesse supérieure.

Au-delà de la question de la liberté d’expression, c’est l’enjeu principal pour la droite de conviction : si la critique des « élites » actuelles est fondamentale, elle ne doit pas tomber dans le piège d’un dégagisme démagogique et impuissant. L’objectif pour les leaders politiques de la révolte enracinée ne devrait pas être de placer ses espoirs dans un spontanéisme de droite (type Gilets jaunes), incapable d’apporter un changement de façon autonome, mais de chercher à former avec des membres dissidents de l’élite (notamment économique) un bloc historique capable d’influencer, de lutter et, in fine, de gouverner.

Clément Martin

[1] https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/twitter-a-peine-arrive-elon-musk-continue-de-jouer-les-trublions-913421.html
[2] https://edition.cnn.com/2020/05/27/politics/donald-trump-twitter-threat-regulate/index.html
[3] https://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2016/08/20/le-milliardaire-peter-thiel-remporte-son-combat-contre-le-site-gawker_4985321_3236.html

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

« Macron assassin ! » Décryptage d’une manipulation politico-médiatique

medias journalistes

Les médias, fidèles à leur réputation de manipulateurs professionnels, n’ont semble-t-il presque rien retenu d’autre du spectaculaire meeting du Trocadéro d’Éric Zemmour qu’un slogan, scandé pendant 10 secondes. Xavier Van Lierde, utilisateur toujours pertinent de Twitter, a proposé sur ce réseau social une excellente analyse.

Pourquoi les politiques macroniens et les médias se sont-ils jetés avec gourmandise sur la phrase « Macron assassin » scandée quelques secondes par certains partisans d’Eric Zemmour lors de son meeting du Trocadéro ?

Les partisans d’ EZ y voient une manœuvre, « pour ne pas avoir à reconnaître le succès de son meeting (50 000 personnes minimum) et éluder le fond du discours. »
C’est évidemment vrai. La même technique a d’ailleurs été utilisée la semaine d’avant contre Mélenchon avec « l’affaire de la poupée de Macron » pour masquer le succès de son propre rassemblement.

Toutefois, cette manipulation typique des périodes électorales ne résume pas l’affaire. En effet, la focalisation sur un détail odieux de l’adversaire est aussi une façon, pour la « bonne société » macronienne de justifier le mépris qui est sa véritable identité (anti)politique.
Les partisans d’Eric Zemmour en sont aujourd’hui les victimes, mais bien d’autres l’ont été avant lui.

Ces 5 dernières années, tous les mouvements de contestation du pouvoir macronien ont été artificiellement transformés en « intouchables ».
Les Gilets jaunes ? Des attardés, factieux, alcooliques, etc.
Les anti-pass ? Un ramassis de débiles, d’obscurantistes et de complotistes, etc.
Les gaullistes à l’ancienne ou les tenants d’un monde multipolaire ? Des « vendus à Poutine » !

Ce mépris est, pour la nouvelle bourgeoisie macronienne, une sorte de seconde nature.
Ils aiment considérer leurs adversaires idéologiques comme de grossiers personnages malappris et malfaisants face auxquels la bienséance dicte de se pincer le nez car ils sont « nauséabonds »…
…mais aussi de se boucher les oreilles car leurs revendications sont des « grognes ».
Tout contestataire est ainsi ramené à un « porc ». Or, pourquoi faudrait-il faire l’effort d’écouter ou comprendre des porcs ?

Cette façon de rejeter aux marges de la société toute contestation a d’ailleurs été théorisée par Macron et ses soutiens médiatiques lorsqu’ils prétendent délimiter le « cercle de la raison » en traçant un cercle hermétique autour d’eux pour se protéger des « intouchables ».
Or, il s’agit d’une attitude parfaitement totalitaire au sens propre du terme puisque, de la sorte, la frange macronienne de la société (au mieux 30 % de celle-ci) n’ambitionne rien moins que d’en devenir le tout (les 70 % restant étant jetés au ban).

Cette dérive explique aussi la volonté délibérée d’étouffer tout véritable débat lors de cette présidentielle. Le dédain affiché à l’égard de ses adversaires signifie que, pour la macronie, les choses sérieuses doivent être traitées entre gens sérieux, non sur la place publique.
La majorité présidentielle se comporte ainsi peu ou prou en « parti unique » traitant les dossiers sérieux au sein d’instances opaques (conseil de défense sanitaire) ou avec des cabinets de conseil, en tout cas loin du peuple et de ses représentants (voyez l’état du Parlement…).

Dès lors, penser que les citoyens exaspérés qui, quelques secondes, ont scandé « Macron assassin” représentent « une menace pour la République » est une farce.
Macron n’est certes pas un « assassin » au sens propre. En revanche, si quelqu’un représente aujourd’hui une menace pour la République, c’est bien lui !

Tribune reprise de Polémia

Les 10 principes de la propagande de guerre

propagande guerre

28/03/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Au milieu des déferlantes d’informations orientées et de censures vigilantes, habituelles en période de conflit, il faut s’efforcer de garder la tête froide. À travers une courte vidéo, nous vous invitons à réfléchir aux dix principes de la propagande de guerre. Et ensuite à discerner leur application quotidienne sous le flot continu de bobards qui se déversent. Un flot continu sous forme d’un bombardement sidérant des médias de grand chemin.

« Sidération, état d’anéantissement subit produit par certaines maladies, qui semblent frapper les organes avec la promptitude de l’éclair ou de la foudre, comme l’apoplexie »

Littré, édition de 1875.


I-Média – Les plus gros bobards de guerre

i-media bobards guerre

25/03/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Les plus gros bobards de guerre, c’est dans I-Média n°387.

0:56 Image de la semaine Emmanuel Macron, après avoir copié les photos de J.F Kennedy et B. Obama, reprend les clichés de Volodymyr Zelenski. Jean-Yves Le Gallou revient sur le président-narcisse qui aimait se contempler.

07:10 Les plus gros bobards de guerre Lorsqu’il y a guerre, il y a bobard. Pire encore, pour qu’il y ait guerre, il doit y avoir bobard. Jean-Yves Le Gallou et Jules Blaiseau reviennent sur 5 bobards de guerre où les gouvernements et médias ont menti au monde entier pour justifier des bombardements, des invasions et des conflits. Koweït, Kosovo, Irak, Lybie et Syrie : tant d’exemples qui nous invitent à traiter les informations en temps de guerre avec recul et prudence.


La Russie à la diète – Facebook et Instagram bannis de Russie : les censeurs censurés

Russie censure

Après notamment McDonald’s, KFC et Starbucks, c’est au tour de Facebook et d’Instagram – cette fois sur injonction de la justice locale – de disparaître (temporairement ?) du paysage russe. Un régime qui pourrait finalement se révéler salutaire pour une population enfin débarrassée des principaux instruments de l’impérialisme culturel américain.


Censurera bien qui censurera le dernier ! Lundi, la Russie a annoncé avoir bloqué les réseaux sociaux Facebook et Instagram, eux-mêmes adeptes de la censure et particulièrement actifs depuis le début de l’invasion de l’Ukraine.

La justice russe a suivi la demande du parquet et entériné l’interdiction des activités de la compagnie Meta, dont dépendent Facebook et Instagram, deux des réseaux sociaux les plus populaires à travers le monde. WhatsApp, également membre de cette famille virtuelle, n’est pas (encore) concerné.

Le FSB (Service fédéral de sécurité, héritier du KGB) avait appuyé cette demande en évoquant « des signes manifestes d’activité extrémiste […] dirigés contre la Russie et ses armées ».

Les instances russes réagissent à la modification des règles de modération de Facebook en Ukraine, permettant désormais aux habitants du pays de déverser leur haine sur la Russie sans encourir de sanction.

Andy Stone, responsable de la communication de Meta, ne s’était d’ailleurs pas caché de cette prise de position effectivement extrême, expliquant à l’AFP que, « en raison de l’invasion russe de l’Ukraine, nous faisons preuve d’indulgence pour des formes d’expression politique qui enfreindraient normalement nos règles sur les discours violents telles que mort aux envahisseurs russes ».

Rappelons par ailleurs que Facebook – comme la plupart des réseaux sociaux – avait déjà censuré certains médias russes, dont Sputnik et RT. Relais de la politique du Kremlin, RT n’omettait pas pour autant le point de vue adverse, diffusant les discours des leaders de l’Union européenne ainsi que de certains spécialistes hostiles à l’offensive russe.

En d’autres termes, Meta pratique depuis près d’un mois tous les amalgames qu’elle interdit à ses utilisateurs en d’autres circonstances.

Les Russes, américanisés comme les autres !

Si leurs dirigeants adoptent une posture très antiaméricaine, de nombreux Russes se sont, comme les Français et les autres Européens, totalement accoutumés aux modes venues des Etats-Unis ; Internet et les réseaux sociaux ne sont pas étrangers à ce phénomène.

La Russie possède ainsi son lot d’autoproclamés « influenceurs », ces vedettes du Web diffusant sur Instagram ou d’autres plates-formes des photos de leur vie quotidienne, faisant régulièrement la promotion de produits ou de marques.

Karina Nigay est l’une de ces influenceuses qui sévissent sur Instagram. A ses trois millions d’abonnés, peu avant la coupure de l’application dans son pays et réagissant à cette mesure, elle a diffusé une vidéo où elle apparaît en pleurs et compare sa peine à un deuil. Digne des « meilleurs » chroniqueurs de chez Cyril Hanouna ! La jeune femme annonce toutefois qu’elle migrera probablement vers Telegram, un système de messagerie, ou VK, le « Facebook russe ».

La censure russe

La guerre est synonyme de censure et la Russie la pratique également avec gourmandise. Manifestations, propos, médias et sites Internet sont scrutés et, s’ils contredisent la version officielle, censurés ou sanctionnés.

L’une des prochaines cibles pourrait tout simplement être YouTube, aux pratiques similaires à celle de Facebook.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 22 mars 2022

Guerre de l’information, changements de récits et haine autorisée

guerre information

Dans ces temps de guerre de l’information, nous publions cette tribune de Claude Chollet. Non pour prendre parti, mais pour disposer d’un peu de recul au milieu du tintamarre.

1. Vladimir Poutine a tué le Covid. Un récit a remplacé l’autre. Le récit crimes de guerre a remplacé le récit Covid. Avec le même fond musical et le même refrain : la peur et ses diverses orchestrations.

2. Le conflit a tué également l’élection présidentielle française remplacée par un roman photo dont la dernière image – une réélection triomphale et heureuse – se laisse deviner de manière de moins en moins subliminale.

3. L’unanimité est toujours suspecte. Du Monde au Figaro, de Médiapart au Point, des radios privées et publiques aux télévisons publiques et privées la ritournelle est quasi la même, avec des variations de style. Il n’est pas interdit de s’en étonner. Et même d’en analyser certaines causes, nous le ferons plus au calme.

4. La propagande existe des deux côtés.

5. La propagande russe est massive à domicile, les médias étrangers sont interdits et les journalistes russes muselés. Mais ceci en Russie seulement..

6. La propagande américano-ukrainienne est toute aussi massive à l’ouest, les médias russes sont interdits. Chez nous et dans toute l’UE.

7. Les russes ont renoncé au soft power de l’information, les seuls communiqués laconiques sont ceux du commandement russe indiquant les progressions militaires (avec retard bien entendu et sans doute de manière douteuse), le nombre de tués et de blessés (avec retard aussi, même commentaire).

8. Le soft power américain est une arme de guerre. En 1990, le géopolitogue américain Joseph Samuel Nye l’avait théorisé dans un livre célèbre, The Changing Nature of American Power qu’il a complété en 2004, Soft Power: The Means To Success In World Politics. Le soft power, nous citons « met en forme les préférences de l’autre à travers la culture, les valeurs et les politiques étrangères », (nous mettons en caractères gras les derniers mots) ; en une phrase « la meilleure propagande n’est pas la propagande ». Ce soft power n’exclut pas le hard power, il le complète à moindre coût.

9. La haine, autrefois objet de répulsion devient autorisée. Les réseaux sociaux américains autorisent (encouragent ?) leurs utilisateurs à appeler au meurtre contre les russes et leurs dirigeants. Il faudra s’en souvenir plus tard quand les « discours de haine » seront de nouveau bannis de manière univoque et viendront justifier la censure.

10. Le refrain de l’UE, repris par nombre de journalistes amnésiques, « il s’agit de la première guerre en Europe depuis 1945 », n’est qu’un mensonge. En 1999 les avions de l’OTAN ont bombardé pendant 78 jours la Serbie, occasionnant des centaines de morts civils.

Le schéma narratif se poursuit. À suivre, hélas.

Tribune reprise de Ojim

Médias : de la peur sanitaire à la terreur nucléaire

covid medias peur

La ligne éditoriale des médias est depuis toujours anxiogène. Avec l’épidémie de Covid on pensait avoir atteint un sommet, et puis la guerre en Ukraine est survenue. Découvrez ctte tribune signée Pierre Boisguilbert.

D’une peur à l’autre

On est passé de la peur sanitaire à la terreur nucléaire. On notera que l’épidémie qui menaçait l’humanité a quitté l’information télévisée. Pour connaître les chiffres qui tournaient quotidiennement en boucle il y a si peu, il faut aller les chercher. Plus aucun spécialiste des virus sur les plateaux. Ils ont été remplacés par des stratèges de salon. Cela évite aux virologues de venir s’excuser de leurs fausses prédictions apocalyptiques. On attend avec impatience une chasse aux fake news et aux analyses aussi erronées que péremptoires. Mais les médias ne tirant leçon de rien recommencent avec les Gabelin de l’impossible qui ont remplacé les Diafoirus de la Covid. La ligne éditoriale est la même. Il s’agit de faire peur et toujours pour la bonne cause et donc pour une vérité unique. Poutine est capable de tout car c’est devenu un dictateur fou. On ne peut pas dire que nos médias aident à la désescalade. Qu’ils soutiennent les Ukrainiens face à l’offensive russe est une chose, qu’ils le fassent sans aucun esprit critique en est une autre. Le soutien au président ukrainien est rationnel, reprendre comme vérité absolue tout ce qu’il dit en est une autre.

Vers une guerre nucléaire ?

Volodymyr Zelensky voudrait que l’OTAN entre en guerre contre la Russie pour sauver l’Ukraine. Il fait tout ce qu’il peut pour galvaniser son peuple, il le fait avec talent et dans une optique jusqu’au-boutiste. L’OTAN l’a désavoué sur l’exclusion aérienne. L’organisation se présente comme une organisation défensive qui ne peut intervenir au-delà d’une agression contre un de ses membres. Qui rappelle que l’OTAN a fait à guerre à la Serbie pour le Kosovo sans aucun lien avec sa charte ? Et puis le président ukrainien a paniqué le monde, soutenu par nos médias, en affirmant que Poutine était prêt à déclencher un terrorisme nucléaire contre le monde civilisé. L’armée russe s’est emparée vendredi 4 mars de la plus grande centrale nucléaire d’Europe, Zaporijia, dans le sud-est de l’Ukraine. On a dit que les Russes avaient bombardé la centrale et on comprenait que c’était pour la faire exploser et provoquer un Tchernobyl en bien pire. Heureusement, ce n’était pas le cas. Cette thèse a été contestée par quelques spécialistes, mais aucunement par les journalistes qui n’ont cessé de faire de la surenchère apocalyptique. Et pourtant cela aurait mérité plus de retenue. Le but du contrôle du nucléaire est bien sûr de priver l’Ukraine de son potentiel énergétique. Comment penser que Poutine veuille provoquer une catastrophe nucléaire qui frapperait d’abord son armée sur place et plus la Russie que l’Europe de l’Ouest ? Sur une perspective aussi grave il convient de ne pas se laisser emporter par l’indignation et l’émotion, c’est le moins qu’on puisse attendre des journalistes. Mais, dans cette guerre en Ukraine, l’idéologie médiatique considère Poutine comme le nouvel Hitler qu’il faut arrêter avant qu’il ne soit trop tard. L’information est sous la domination de l’émotion et les souffrances individuelles occultent les raisonnements rationnels fondés sur la géographie et l’histoire.

Le pire est à venir et pas seulement sur le plan militaire.

Texte repris du site Polémia

Le Media Development Investment Fund : arme financière des réseaux d’influence médiatique de George Soros

MDIF Soros

Anciennement “Media Développement Loan Fund” de 1995 à 2013, le Media Development Investment Fund (MDIF) est destiné à soutenir financièrement « les entreprises indépendantes du secteur des médias et de l’information opérant dans des environnements difficiles, surtout dans les pays ayant un passé en matière d’oppression de la presse ».

Les débuts du fonds d’investissement sorosien

Cette organisation à but non lucratif a été créée en 1995 par le journaliste serbe Saša Vučinić et le journaliste américain Stuart Auerbach grâce à un financement à hauteur de 500 000 dollars octroyés par le milliardaire américain d’origine hongroise George Soros.

Initialement, elle est conçue comme une « banque des médias » et a été lancée dans le contexte de l’après chute du mur de Berlin en ayant principalement pour objectif d’aider les journalistes d’Europe de l’Est et du Sud, une région alors en pleine transition du communisme à l’économie de marché. Très rapidement, les contributeurs à ce projet se rendent compte du « besoin urgent de financer des médias de pays faisant face à d’autres formes de transition et de sociétés cherchant à échapper à l’autoritarisme et à la corruption systémique ». C’est ainsi que le MDIF est aujourd’hui présent du Guatemala à l’Indonésie, de l’Ukraine au Zimbabwe, dans 44 pays et à 88,6% dans des États où la presse est considérée comme « n’étant pas libre ou qu’en partie ».

Depuis sa création, cette organisation, dont le premier financement a été accordé à un média slovaque en 1996, a financé plus de 130 « médias indépendants » pour un total de 250 millions de dollars.

Le MDIF et l’OSF, une même famille

Basé à New York, le MDIF dispose aussi d’un siège à Prague, où officie notamment Maria Nemcová, au poste de directrice des opérations. Maria Nemcová est l’ancienne directrice des opération des Open Society Foundations à Prague et est membre du conseil de direction de Magyar Yeti Zrt., la société derrière le projet de fact-checking Lakmusz mis en place par le média en ligne libéral-libertaire hongrois 444 en collaboration avec l’AFP et la Commission européenne.

Maria Nemcová n’est pas la seule au MDIF à avoir des liens de premier avec la galaxie OSF. Le PDG du MDIF depuis 2011, directeur-adjoint de 1998 à 2011, Harlan Mandel, est l’ancien conseiller général adjoint de l’Open Society Institute et du Soros Foundations Network. L’avocate Elena Popovic, conseillère et secrétaire générale du MDIF, a rejoint l’organisation en 1997 après avoir s’être occupée de droit de la propriété des réfugiés et avoir géré une task force sur la Yougoslavie à partir des bureaux de l’Open Society Institute de New York. Par ailleurs, Patrice Schneider, le directeur stratégique du MDIF est basé à Zürich et a été en 1998 Senior Advisor pour le Forum économique mondial (Sommet de Davos) après avoir été directeur-adjoint chez Hachette Filipacchi Media entre 1994–1998.

L’équipe du MDIF est aussi composée de deux anciens dirigeants des médias QatarLiving et Al Jazeera. Mohamed Nanabhay, actuellement Senior Advisor au MDIF, a fondé QatarLiving en 2005 et était à la tête de la version en ligne anglaise d’Al Jazeera pendant les « Révolutions arabes » de 2011. Bilal Randeree, directeur des programmes pour l’Afrique et le Moyen-Orient au MDIF, est l’ancien PDG de QatarLiving et a été directeur des réseaux sociaux et éditeur en ligne chez Al Jazeera.

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Manipulations, censure… la guerre médiatique est déclarée ! – I-Média n°385

i-media guerre ukraine

07/03/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Voici le sommaire de ce nouveau I-Média.

00:00 Début de l’émission
02:56 Image de la semaine Changement d’ère médiatique avec la fin du Covid-19, totalement éclipsé par la guerre en Ukraine.
05:49 Bobards de guerre : armes de désinformation massive Petite recension de quelques manipulations commises par des journalistes durant les premiers jours de la guerre entre la Russie et l’Ukraine.
20:23 Hystérie générale contre la Russie Entre les concerts d’orchestres russes annulés et les propos délirants de Bruno Le Maire, on semble assister à une hystérie générale.
27:53 Censure et chasse aux sorcières La censure incroyable de Russia Today en Europe a de quoi laisser pantois ! Plus largement, on voit se mettre en place une censure de toutes les opinions contraires à la doxa. 36:06 Impact sur la présidentielle Cette guerre entre l’Ukraine et la Russie n’est pas qu’une affaire internationale. Ses conséquences sur la vie politique française sont déjà bien visibles.


Slobodan Despot: le journalisme à l’épreuve de la guerre en Ukraine

Slobodan Despot

04/03/2022 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Slobodan Despot : le journalisme à l’épreuve de la guerre en Ukraine sur Putsch Live, une émission présentée par Nicolas Vidal.

Une émission à découvrir alors que l’Union Européenne devient le censeur des médias en France comme l’indiquent nos confrères du Miroir du Nord.


Jean-Pierre Pernaut nous a quittés, ses 10 meilleurs moments

jean-pierre-pernaut

03/03/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Jean-Pierre Pernaut est décédé à l’âge de 71 ans. Il était fan de voitures de course, il adorait nos régions, hommage au présentateur préféré des Français !

#CoupDeGueule, bourdes, moments inoubliables … Le présentateur phare du #JT de 13 heures de TF1 a marqué 32 années de la vie des français. Un record mondial, pour Jean-Pierre Pernaut.

0:00 introduction
0:06 Les radars : « C’est un piège à fric »
0:38 « Réponse de … »
0:48 Laurent Ruquier : « Un bon humoriste »
1:07 Coup de gueule : « Des inconscients »
1:27 « Mais pour les vrais moutons, il n’y a pas de risque d’épidémie »
1:40 « Un monde fou sans masque »
2:36 « Des jeunes qui apprennent à parler »
2:57 « à Notre-Dame-Saint-Louis-des-Invalides »
3:10 « Je l’ai toujours été à la mode »