Nouveau bureau directeur du Bloc Identitaire : entretien avec Simon Charles

Nouveau bureau directeur du Bloc Identitaire : entretien avec Simon Charles

05/05/2012 – 10h00
PARIS (NOVOpress) —
Le samedi 21 avril s’est réuni à Lyon le nouveau bureau directeur du mouvement identitaire. Ce bureau directeur reflète la variété des initiatives et des engagements militants de l’ensemble de la mouvance identitaire. Son objectif est d’assurer une parfaite symbiose entre les différentes structures et plus particulièrement entre les deux principales formations militantes (le Bloc et les jeunes identitaires). La liste des membres du bureau directeur est consultable à l’adresse suivante : www.bloc-identitaire.com/bloc-identitaire/bureau-directeur Nous vous proposons une série de portraits pour faire connaissance avec les membres de la direction. Aujourd’hui, rencontre avec Simon Charles.

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Simon Charles, 29 ans, et j’habite en région parisienne. Je suis marié et père d’un enfant. Diplômé d’une école de commerce, je travaille comme responsable en gestion dans une entreprise. Sans avoir connu d’autres formations politiques auparavant, j’ai rejoint les identitaires en 2007 après la Convention de Beaune, qui fut pour moi un déclic. Tant sur le fond (tryptique identitaire région – nation – Europe) que sur la forme (agit-prop, actions, initiatives culturelles et métapolitiques, etc.) j’ai tout de suite été séduit par le discours et les méthodes du mouvement identitaire.

Un petit résumé de votre parcours politique ?

En 2007, j’ai tout naturellement rejoint la section parisienne et francilienne des jeunes identitaires. En 2008, j’ai contribué à la création et au lancement du Projet Apache. En quelques mois, nous avons, par nos actions, nos thématiques, nos visuels, nos autocollants et affiches apporté un souffle de créativité et de dynamisme militant sur Paris et sa région. Avec d’autres initiatives, comme le groupe de rock Hotel Stella, le local La Barricade (qui va prochainement rouvrir), et l’association Paris Fierté que j’ai présidée (connue pour ses désormais traditionnelles Marche de la Fierté Parisienne en hommage à Sainte Geneviève), nous avons initié un travail et montré les pistes pour un ré-enracinement culturel et identitaire à Paris, là où tout semblait perdu. Ce travail sera bientôt concrétisé par une surprise qui attend tous ceux qui apprécient notre travail dans le courant de l’année. Les militants de ma génération ont ensuite décidé de transmettre le flambeau du Projet Apache à une nouvelle équipe, pour se concentrer sur d’autres projets. J’ai donc décidé de rejoindre en 2011 la section Paris – Ile de France du Bloc Identitaire, dont je fais aujourd’hui partie du bureau.

Dans quel domaine particulier apportez-vous votre expertise et vos connaissances au sein de la direction des identitaires ?

En premier lieu, par mon âge, mes expériences et ma situation personnelle, j’espère pouvoir être un lien efficace entre les différentes générations militantes au sein du mouvement.
Notamment, je souhaiterais, avec d’autres membres de cette direction, aider à la passerelle entre les plus “vieux” militants ayant suivi la formation des jeunes identitaires, et le Bloc Identitaire ou d’autres structures “adultes”. Ensuite, bien évidemment, le développement des structures identitaires, politiques et métapolitiques, à Paris et en Ile-de-France sera ma priorité. Enfin, sur le plan national, j’espère apporter mon savoir-faire pour l’écriture de textes voire sur la formation des militants, et la participation active au lancement de campagnes ou d’actions politiques, avec l’ambition d’essayer de diversifier nos angles d’attaque et nos thématiques.

Maison des femmes : Le contribuable doit-il financer de telles associations ?

Maison des femmes : Le contribuable doit-il financer de telles associations ?

04/05/2012 – 17h30
BORDEAUX (NOVOpress via Infos Bordeaux) –
Le dernier numéro de « Bordeaux magazine », qui se décrit comme « le magazine d’information de la Mairie de Bordeaux », fait la promotion d’une curieuse association : « la maison des femmes ». Officiellement, cette organisation créée en 2001, se veut « un lieu d’accueil et d’écoute autour des problématiques concernant les femmes, et un espace culturel dynamisé par des ateliers, des débats, des expositions dans le but de valoriser le travail des femmes tout au long de l’année ».

Pour Audrey Laroche (photo), en charge de la communication pour « la maison des femmes », « notre volonté est de pouvoir apporter aux femmes toutes les réponses nécessaires à leur épanouissement personnel ».

Pourtant, c’est bien cette même association, dont de nombreux sites d’extrême-gauche locaux font la promotion, qui organise le 15 mai prochain à Bordeaux, avec l’appui du CNRS (!), « les rencontres de l’atelier genre ». Au programme, plusieurs tables rondes telles que « Quelle place pour les lesbiennes dans la ville ? », «Trans et Queer dans la ville ». On y retrouvera bien entendu le socialiste Matthieu Rouveyre, mais également Fabienne Brugère (celle qui avait remis les insignes de docteur Honoris Causa à la très polémique Judith Butler).

Fonctionnant sur le dos du contribuable, cette association est financée par la mairie UMP de Bordeaux (!), mais aussi par le conseil régional (40 000€) et par le conseil général (36 500€). Comme le reconnaissait Audrey Laroche en 2010 « 70 à 80 % de nos financements sont publics. Le soutien des collectivités est essentiel ».

Sans doute essentiel à la survie d’une telle association, le soutien public l’est-il autant à l’intérêt général ? Poser la question, c’est déjà y répondre.

Sous le signe de Jeanne d’Arc – Action Française les 12 et 13 mai, à Paris

Sous le signe de Jeanne d'Arc - Action Française les 12 et 13 mai, à Paris

Dans le cadre du 600ème anniversaire de Jeanne d’Arc, l’Action Française organise un colloque (tables rondes et réunion publique) le samedi 12 mai 2012, de 14h00 à 20h00, Espace Cléry, 17, rue de Cléry 75002 Paris (métro Sentier)

Trente auteurs seront présents pour deux séances de dédicace, à 15h00 et à 17h00, dont Jacques de Guillebon, Frédéric Rouvillois, Reynald Secher, Yvan Blot, Alain Bournazel, Jacques Tremolet de Villers, Pierre de Meuse, Paul-François Paoli, Pierre Gouirand, Henry Le Bal, Michel Michel, Olivier Dazat, Yves Chiron, Roland Hureaux, David Mascré, Olivier Tournafond, Axel Tisserand, Albert Salon, Dominique Paoli, Jean-Pierre Maugendre, Philippe Mège, Xavier Cheneseau, etc.

Le 13 mai aura lieu le cortège traditionnel de Jeanne d’Arc.

*** Si votre écran est assez grand vous pouvez agrandir les 2 images ci-dessous en cliquant dessus. Ou bien allez voir le programme sur le site de l’Action Française.

Sous le signe de Jeanne d'Arc - Action Française les 12 et 13 mai, à Paris

Sous le signe de Jeanne d'Arc - Action Française les 12 et 13 mai, à Paris

[Tribune libre] L’UMP, dernier rempart de l’Occident chrétin ?

[Tribune libre] L'UMP, dernier rempart de l'Occident chrétin ?

Ce texte de “mise au poing” sur le vote catholique en France est une “tribune libre” de l’une de nos lectrices et correspondantes. – Novopress

Au premier tour de l’élection présidentielle, les catholiques ont voté comme suit : 47% pour Nicolas Sarkozy ; 15% pour Marine Le Pen ; 14% pour François Hollande ; 7% pour Jean-Luc Mélenchon (sondage Harris Interactive réalisé en exclusivité pour La Vie).

Le grand vent du « chrétinisme » a donc soufflé le 22 avril. Jean-Luc Mélenchon, le “bouffeur de curés”, obtient 7% des voix catholiques. Quant aux 47% obtenus par Nicolas Sarkozy, ils sont surréalistes si on les met en relation avec le score relatif (moins que la moyenne des Français) de la seule candidate « de souche » ET catholique revendiquée. Bêtise et masochisme sont-ils les deux mamelles du vote “catho” ? Cette élection semble le confirmer.

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De Nantes à Brest, les socialistes font la loi dans la quasi totalité des villes bretonnes

De Nantes à Brest, les socialistes font la loi dans la quasi totalité des villes bretonnes

04/05/2012 – 12h00
RENNES (NOVOpress Breizh) – La politique politicienne veut que l’on songe immédiatement à la prochaine élection, avant même que la précédente soit terminée. A l’échelon local, la prochaine s’appelle élection municipale. Rendez-vous donc en 2014.

A partir des résultats du premier tour de l’élection présidentielle, il est possible d’établir le potentiel des uns et des autres concernant les villes de Bretagne. Ainsi en additionnant les pourcentages obtenus par les candidats de gauche (Hollande, Mélenchon, Joly) et ceux d’extrême-gauche (Poutou et Arthaud), on peut se faire une idée de la base électorale dont disposeront les listes d’« union de la gauche » ou de « gauche plurielle » lors des prochaines élections municipales. Sans doute ni le NPA ni Lutte ouvrière ne seront en mesure d’aller à la bataille sous leurs propres couleurs pour des raisons économiques ; c’est-à-dire le coût de l’aventure lorsqu’on n’est pas assuré d’atteindre les 5% qui permettent le remboursement de la campagne officielle.

En Bretagne, les choses sont simples au fond : les grands-parents votaient pour le MRP, les parents pour Lecanuet et les petits-enfants pour le PS. Voilà un raccourci qui résume l’évolution de la vie politique dans la région depuis un demi-siècle. L’imprégnation chrétienne favorisait hier les démocrates-chrétiens, aujourd’hui les socialistes. Cette donnée idéologique comprise, on saisit mieux pourquoi la Bretagne demeure encore – mais pour combien de temps ? – une « terre de mission » pour le Front National : le vieux fond chrétien y empêche de prospérer un parti accusé de prôner la « discrimination » et le « rejet de l’étranger ». Militer au PS ou voter simplement socialiste, c’est une façon d’appliquer dans la vie quotidienne le message de l’Evangile… Si bien que les grands noms du PS en Bretagne sont d’anciens militants d’action catholique (Ayrault, Le Drian, Delaveau) – même s’ils se croient obligés aujourd’hui de faire référence à la laïcité.

Les maires des grandes villes bretonnes : tous derrière François Hollande

Les trois grandes villes de Bretagne sont et resteront socialistes en 2014. Qu’on se le dise ! Commençons par la métropole bretonne, Nantes. Sur la base de 54,49% des suffrages exprimés (53,15% sans l’extrême-gauche), Ayrault ou ses successeurs demeurent imbattables. Autant dire que le rêve de Franck Louvrier, le directeur de la communication de Nicolas Sarkozy, de s’emparer de la mairie de Nantes demeure au stade du rêve ; on comprend mieux pourquoi une rumeur persistante le donne partant pour La Baule. Là, pour un jeune loup de droite, on peut parler de promenade de santé : 48,90% pour Sarkozy et 9,75% pour Bayrou le 22 avril. Soit un total de 58,65%. Avec une liste unique, l’affaire est pliée dès le premier tour aux municipales.

A Brest, les socialistes peuvent également dormir sur leurs deux oreilles, puisque l’ensemble de la gauche totalisait 54,88% des suffrages exprimés le 22 avril (53,09% sans l’extrême-gauche). A Rennes la situation est encore plus triomphale pour Michel Delaveau – ou pour Dominique Le Tallec, son directeur de cabinet, que l’on verrait bien devenir la prochaine locomotive. Avec un matelas confortable de 59,83% au premier tour de la présidentielle (58,27% sans l’extrême-gauche), les socialistes et leurs alliés peuvent voir la vie en rose…

Sur les six villes moyennes, la gauche en contrôle trois : Saint-Nazaire, Lorient et Quimper ; elles demeureront dans le giron socialiste en 2014. Au premier tour de la présidentielle, les gauches ont totalisé en effet 58,24% (56,04% pour les seuls Hollande, Mélenchon et Joly) à Saint-Nazaire, 51,91% (49,88% pour les trois en question) à Lorient, 54,90% (52,69% pour les trois) à Quimper.

Saint-Brieuc, ville dirigée par le centriste Bruno Joncour (MoDem), pourrait fort bien basculer à gauche lors des prochaines municipales. Dans cette ville l’ensemble de la gauche recueille en effet 54,59% (52,89% pour le trio) alors que François Bayrou ne recueille que 11,04%, précédant de peu Marine Le Pen (10,69%). Le score de Nicolas Sarkozy, avec 22,03%, ne laisse aucune chance à l’UMP.

A Vannes, les cinq candidats de la gauche et de l’extrême-gauche n’ont totalisé que 42,23% des suffrages exprimés. A Saint-Malo, ils se sont contentés de 44,42%. Autant dire que, sauf accident historique (deux listes de droite en concurrence au second tour) ces deux villes devraient conserver une municipalité UMP-centristes.

Conclusion : l’UMP est en principe incapable de récupérer Nantes, Brest, Rennes, Saint-Nazaire, Lorient Quimper et Saint-Brieuc. Aussi bien aux élections municipales que législatives. Au rythme où vont les choses, la droite ne dispose plus à moyen terme que de quelques îlots de « résistance » en Bretagne.

Crédit photo : jmayrault via Flickr licence cc

Pâté de Campagne : La magie de l’entre-deux tours

Pâté de Campagne : La magie de l’entre-deux tours

Dis donc, ça commence à filer les jetons tout ça. Il paraît qu’Hollande est soutenu par 700 mosquées. Qu’un appel à voter pour lui est placardé partout chez les barbus. Que Tariq Ramadan dirige sa campagne en sous-marin ! Le 7 mai, s’il est élu, je n’ai qu’un conseil à vous donner, mesdames, ne sortez pas de chez vous; quant à vous, messieurs, planquez vos femmes. Ça va caillasser ferme ! La lapidation va faire une entrée fracassante dans le droit français. Sans parler du halal: obligatoire dans les cantines, les restaurants administratifs et même à la maison ! Interdiction de la choucroute partout sur le territoire, sécession de l’Alsace suivie de la Corse, du pays basque et de la Bretagne, retour à la féodalité, monde chamboulé, chaos… Et je ne parle pas du droit de vote accordé aux sans-papiers. Quoi, vous ne saviez pas ? Mais si, aux sans-papiers ! Et à tous les Chinois à mi-mandat ! Chinois de Chine, attention ! Remarquez, un milliard trois cent millions de cartes d’électeurs à fabriquer, ça donnera de l’emploi au secteur de l’imprimerie, je m’étonne que la droite libérale n’ait pas songé à cela.

Il y a pourtant un petit détail qui m’échappe. S’il s’agit de faire barrage à la réincarnation de Ben Laden et à la transformation de la France en émirat ruiné, moi je suis pour. Mais pourquoi la plupart des caciques de l’UMP annonce-t-elle qu’elle votera PS en cas de duel avec le Front national ? « Ça est quand même bizèrrre », comme disent les Belges. Deux solutions. La première : les Kosciusko-Morizet, Jouanno, Raffarin et compagnie sont eux aussi des taupes salafistes et des représentants de l’anti-France. Ou la seconde : on nous prend décidément pour des topinambours.

Ce que je préfère dans la démocratie, c’est l’entre-deux tours. Le reste du temps, je le confesse, je ne vibre que très peu. Depuis que j’ai arrêté la tétine, c’est la même chose. Gauche, droite, droite, gauche, à la fin c’est le peuple qui est sonné.

Mais l’entre-deux tours, c’est épique. La démocratie met bas les masques, elle exhibe enfin ses tripes. D’un côté, on case tous les copains, on fait passer des petits décrets vite fait bien fait, comme celui qui permet aux parlementaires de devenir avocats sans passer d’examen ; de l’autre, on se lance dans les grandes tractations, on négocie, on se place, on achète et on vend. Le changement, c’est maintenant ? Certainement, mais faudrait pas oublier de donner à manger aux fauves. Quand on voit comment les socialistes se répartissent déjà les parts du fromage avec des airs de pas y toucher, on sent que le changement va être joyeux pour les cinq prochaines années. Ayrault premier ministre ? Valls à l’Intérieur ? Moscovici aux Affaires étrangères ? Cachez votre joie, les gars, et pensez à « l’avenir de nos compatriotes ».

L’odeur du festin fait même accourir quelques hyènes de l’autre meute, c’est dire si ça promet d’être bon! Dès qu’ils ont compris que c’était plié pour leur patron, Martin Hirsch, Corinne Lepage et Fadela Amara (photo) se sont empressés d’annoncer qu’ils allaient voter Hollande.

J’espère ne jamais me retrouver dans une guerre aux côtés de Martin Hirsch, j’aurais trop peur de me prendre une balle dans le dos. Pour l’ancienne présidente de « Ni putes ni soumises », François Hollande est « un ami », « le plus intelligent à gauche », un « humaniste », un type qui a « beaucoup d’humour ». Comme c’est mignon. « Compte tenu de la crise et des difficultés que nous traversons, on a besoin justement à la tête de notre pays d’un homme capable de cette humanité, non seulement de l’incarner, mais aussi de la transmettre et de transmettre cette dynamique au service de notre pays ». Traduction en bon français : j’ai pris goût aux voitures officielles avec chauffeur.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’a pas la reconnaissance du ventre, Fadela Amara. Le 14 février 1984, un bijoutier du Puy-de-Dôme est braqué et assassiné. Le cambrioleur qui a tiré n’est autre que Hassein Amara, son frère âgé de 23 ans. Qu’un ministre ait un frère gangster, ça y est, on est habitué. Le 11 octobre 1995, il est condamné à 16 ans de prison, mais sa carte de séjour arrive à expiration pendant son incarcération. Sa sœur se démène pour lui obtenir un nouveau titre de séjour, mais elle rame sévèrement. La suite, c’est un livre écrit en 2009 par Cécile Amar, journaliste au « Journal du dimanche » (Fadela Amara: le destin d’une femme, Hachette littérature) qui nous l’apprend. L’affaire se règle miraculeuse ment au moment où Sarkozy arrive au ministère de l’Intérieur ! Hasard  ? Coïncidence ? Un article publié le 13 mai 2009 sur le site purepeople.com révèle que quand on lui reprochait d’être ministre de Sarkozy, Amara répondait invariablement: « Tu ne sais pas ce qu’il a fait pour mon frère… » A quoi ça tient, la politique. Pourquoi cette trahison alors ? Pour être toujours du bon côté du manche ? Pour être copain avec le prochain ministre de l’Intérieur ? Peut-être qu’elle a plusieurs frères après tout. Vive la République.

Julien Jauffret

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 2 mai 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Pâté de Campagne : La magie de l’entre-deux tours

Débat télévisuel Sarkozy-Hollande : voyage au bout de l’ennui

Débat télévisuel Sarkozy-Hollande : voyage au bout de l’ennui

Passage obligé pour les deux finalistes, le débat télévisuel qui a opposé hier soir François Hollande à Nicolas Sarkozy n’aura pas apporté d’éclairage nouveau sur leurs projets respectifs ni sur leur personnalité. Derrière des désaccords – réels mais secondaires – les deux candidats se rejoignent en effet sur les fondamentaux de la doxa mondialiste, qu’ils se gardent bien de remettre en cause. D’où un débat sans surprise, attendu et au final passablement ennuyeux.

Après une passe d’arme où les deux prétendants se sont plaints mutuellement d’avoir été « injuriés » par leurs adversaires respectifs, le débat sur le fond a commencé par la question de l’emploi. Une question sérieuse, puisque la France compte aujourd’hui près de cinq millions de chômeurs et qu’en dix ans 500.000 emplois industriels ont été perdus. Pour résoudre cette question François Hollande propose d’instituer les « contrats de génération » visant à inciter les entreprises à embaucher des jeunes arrivant sur le marché du travail. Nicolas Sarkozy prône de son côté la réduction du coût du travail via la TVA dite « sociale ». Sans surprise, les causes profondes de l’explosion du chômage ne seront pas abordées, pas plus que les sujets qui fâchent – protectionnisme, délocalisations, influence des courants migratoires ou priorité de l’emploi aux autochtones. On est entre gens bien élevés.

Vint ensuite la question de l’Europe. Ratissant large, le président sortant n’hésitera pas à invoquer tout à la fois « l’Europe de Jean Monnet, de Jacques Delors et du général de Gaulle ». Il fallait oser. Le candidat socialiste – un « enfant de Delors » (Zemmour) – ne relèvera pas la contradiction. Nicolas Sarkozy brandira la menace de la faillite et le risque pour la France de prendre la chemin de l’Espagne ou de la Grèce si son concurrent venait à être élu.

Ce dernier estime que l’austérité n’est pas la seule solution pour sortir de la crise de l’euro et rappellera son projet de renégocier le nouveau traité européen, “pour plus de croissance“, tout en faisant observer que son adversaire n’a rien pu tirer de l’Allemagne dans la gestion de la crise. Lui est persuadé qu’il fera plier l’Allemagne. Voire…

Après plus d’une heure trente de débat consacré à l’économie, les deux candidats ont abordé la question de l’immigration. François Hollande – dans le rôle de l’hôpital qui se moque de la charité – a éprouvé un malin plaisir à rappeler au candidat de l’UMP son bilan en la matière : 200.000 entrées régulières pas an depuis dix ans alors que « c’était 150.000 sous le gouvernement de Lionel Jospin ». Un chiffre que contestera mollement Nicolas Sarkozy (« C’est 185.000 »), préférant attaquer son concurrent sur sa position ambigüe concernant les centres de rétention. Il est vrai qu’en matière de « vivre ensemble » de « diversité » et de « métissage », la pensée du candidat socialiste est parfaitement conforme à la bien-pensance véhiculée par l’idéologie mondialiste. Autiste sur ce sujet – qui concerne l’existence même des peuples d’Europe – François Hollande estime au fond de lui que l’immigration n’est pas une question politique majeure. Juste un sujet plutôt « nauséabond », mais dont il faut bien parler, score de Marine Le Pen oblige.

Toujours concernant l’immigration, les deux candidats ont ensuite abordé la question du droit de vote des étrangers. On sait que le président sortant a trouvé ce sujet comme moyen de clivage par rapport au candidat du PS. Selon lui il est « irresponsable de proposer un vote communautariste (…), alors que nous sommes face à des tensions communautaires et identitaires extraordinairement fortes ». Enfonçant le clou il ajoutera : « On a eu une montée des tensions communautaires extravagante, on a eu une radicalisation et une pression, disons les choses comme elles sont, d’un islam de France, alors que nous voulons un islam en France ». Ce à quoi François Hollande répondra : « Pourquoi vous laissez supposer que les étrangers non communautaires, non européens, sont des musulmans ? Pourquoi vous dites ça ? Qu’est-ce qui vous permet de dire que ceux qui ne sont pas européens sont musulmans ? ». Réponse de Nicolas Sarkozy : « Contester que le droit de vote aux immigrés, c’est un droit de vote qui ira d’abord à une communauté d’Afrique du Nord, ou à une communauté subsaharienne, c’est ne rien connaître aux flux migratoires(…) l’essentiel des personnes concernées ne seront pas les Norvégiens, ne seront pas les Canadiens, ou ne seront pas les Américains. » Effectivement.

Sur le nucléaire, Nicolas Sarkozy entend maintenir la politique menée par la France depuis Charles de Gaulle, tout en développant les énergies nouvelles. « Il nous faut le nucléaire et il nous faut le renouvelable, les deux ensemble, parce que nous n’avons pas de pétrole, parce que nous n’avons pas de gaz et parce que nous n’avons pas d’énergie phosphore» affirme-t-il, reprochant à son concurrent de vouloir détruire la filière nucléaire pour faire plaisir aux Verts. François Hollande réplique que sa « décision c’est de fermer la plus vieille centrale (Fessenheim) et de continuer la plus moderne (EPR). », tout en portant l’effort sur les énergies nouvelles. Mélenchon et les Verts apprécieront.

On demandera aux deux candidats quelle est leur conception du rôle du président de la République.«Je crois que le président de la République c’est quelqu’un qui assume ses responsabilités, qui doit être profondément engagé, qui n’a pas le droit de dire qu’il ne peut pas, qu’il ne veut pas, qu’il aurait voulu, mais qu’il n’a pas pu. Qui doit être en première ligne, qui doit conduire à un certain nombre de changements extraordinairement difficiles dans un monde lui-même extraordinairement complexe », affirmera Nicolas Sarkozy.

En réponse, François Hollande proclame qu’il sera « un président qui, d’abord, respecte les Français, qui les considère. Un président qui ne veut pas être président de tout, chef de tout et en définitive responsable de rien. » Il se veut « exemplaire », affirme qu’il engagera « de grands débats ‘citoyens’ ». « J’avais évoqué une présidence normale. Rien n’est normal quand on est président de la République, puisque les conditions sont exceptionnelles, le monde traverse une crise majeure, en tout cas l’Europe, il y a des conflits dans le monde, sur la planète, il y a l’enjeu de l’environnement, du réchauffement climatique. Bien sûr que le président doit être à la hauteur de ces sujets. Mais il doit aussi être proche du peuple, être capable de le comprendre. »

Riposte immédiate du candidat de l’UMP : « la fonction d’un président de la République ce n’est pas une fonction normale. Et la situation que nous connaissons, ce n’est pas une situation normale. Votre normalité, elle n’est pas à la hauteur des enjeux. »

Signe des temps, la discussion sur la politique étrangère de la France se limitera à l’Afghanistan – l’un veut quitter ce pays fin 2012 et l’autre fin 2013 – et aux otages français détenus au Sahel. «Ensemble avec le président Obama, et nos alliés, nous avons décidé qu’à la fin de 2013, le président Obama vient de le dire, il n’y aurait plus d’actions combattantes des forces alliées. » rappellera Nicolas Sarkozy qui ne semble envisager pour l’armée française que le rôle de supplétif des troupes US. De la position de la France en Europe et dans le monde, du choix des alliances, de la Chine et de la Russie, du Proche et du Moyen Orient, de la Défense nationale et de l’OTAN, il ne sera pas question. Il parait que la question n’intéresse pas les électeurs.

Pour conclure, François Hollande affirmera qu’il est le candidat du changement. « Changer, ça veut dire faire du redressement de notre pays la grande cause : redressement productif, redressement industriel, redressement économique, redressement moral. Je veux que nous puissions nous retrouver sur la seule valeur qui vaille : la jeunesse. »

En appelant aux électeurs de Marine Le Pen – « vous avez exprimé un choix, ce n’est pas le mien, je vous respecte, je vous considère. J’ai entendu votre demande de nation, de frontières, d’authenticité, d’autorité, de fermeté. » – et à ceux de François Bayrou – « La règle d’or, je la ferai adopter, s’il le faut par le référendum, car je considère qu’un pays qui ne rembourse pas sa dette, qui ne réduit pas ses déficits, qui ne diminue pas ses dépenses, ce n’est pas un pays libre. » – le président sortant assure que « c’est parce que j’ai la passion de la France et que je souhaite vous conduire dans ce monde difficile pour les 5 années qui viennent » qu’il est candidat.

Seule certitude, la « présidence du vide » (E. Todd) aura un titulaire le 6 mai. Et dès le lendemain, les choses sérieuses commenceront.

Mélenchon aime-t-il Le Petit Journal de Canal+ ? [vidéo]

Mélenchon aime-t-il Le Petit Journal de Canal+ ? [vidéo]

Dans le reportage du Petit Journal sur les manifestations du premier mai de la gauche, on voit une justification très “circonstanciée” de la part de militants du Front de Gauche sur leur décision de voter François Hollande au second tour des présidentielles, un Alain Juppé (presque) souriant (et oui), et vous aurez une réponse choc à partir de 1min50 à la question “ Mélenchon aime-t-il “Le Petit Journal” de Canal+ ?”

A noter que si Mélenchon y prétend incarner la “classe ouvrière”, il n’a obtenu au premier tour des présidentielles 2012 que 11% des suffrages des ouvriers, alors que Marine Le Pen est en tête avec 35% dans cette catégorie (sondage TNS-Sofres). Ceci malgré la substitution de population des électeurs bien avancée, substitution dont il soutient l’accélération, entre autres, par l’augmentation de l’immigration et l’acquisition automatique sur demande de la nationalité française (voir Novopress ici).

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Éditions Jean de Bonnot : « lessiveuse de l’UMP » ?

Éditions Jean de Bonnot : « lessiveuse de l’UMP » ?


03/05/2012 – 15h00
PARIS (NOVOpress) — À la mi-mai aura lieu le procès d’une étrange affaire mêlant politiques, anciens barbouzes et intermédiaires douteux, et une maison d’édition de prestige ayant pignon sur la très chic rue du Faubourg Saint-Honoré à l’époque des faits, les éditions Jean de Bonnot, dont la direction est poursuivie pour des abus de biens sociaux qui remontent à 2006. L’année suivante, quand l’affaire va éclater sur le plan policier et judiciaire, la maison d’édition déménagera dans le Marais.

Le volet judiciaire de l’affaire commence en 2007 quand le Tracfin (Traitement du Renseignement et Action contre les Circuits FINanciers clandestins) s’intéresse à des transferts de fonds anormaux sur les comptes strasbourgeois d’un avocat, Michel Lamarque, courant 2006. Il se reverse la moitié de la somme à lui-même sous une fausse identité, Michel Derinck. Ce qui met la puce à l’oreille du fisc. Les éditions Jean de Bonnot lui ont en effet versé en 2006 la somme rondelette de 480 000 €. La brigade financière enquête : Me Michel Lamarque se défend en arguant que la maison d’édition l’a rémunéré pour ses services en tant que « assistant fiscal de sociétés ». Il aurait obtenu de l’administration fiscale un dégrèvement de 4 millions d’euros pour le redressement fiscal dont faisait l’objet Jean de Bonnot en faisant jouer ses relations… Le versement de 480 000 € a lieu d’ailleurs quelques jours seulement après la signature du dégrèvement fiscal dont a bénéficié la maison d’édition.

Les enquêteurs se sont donc penchés sur les relations en question. Et sur le pedigree de Michel Lamarque. Ancien permanent RPR dans les années 80, Michel Lamarque n’en est pas à sa première affaire douteuse. Il agit sous différentes identités, sous les patronymes de Derinck ou Jarnoux. En tant que Michel Jarnoux, il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Il est suspecté du vol, en 1994, de 18 millions de francs à l’Association Nationale des Arts du Cirque, structure dépendant du Ministère de la Culture et dont il était à l’époque le directeur. Il échappe alors à la justice en utilisant de faux papiers. À ce propos, les enquêteurs s’interrogent sur la provenance des faux papiers, ce qui les conduira à enquêter sur les liens d’amitié entre Michel Lamarque et un certain Jacques Delebois, déjà mouillé en 1986 dans l’affaire Chalier, affaire pour laquelle Jacques Delebois avait déjà fourni de faux papiers.

Retour en arrière. En 1986 éclate l’affaire du Carrefour du Développement. Le ministre socialiste de la Coopération d’alors, Christian Nucci est accusé de détournement de fonds publics (pour environ 20 millions de francs). L’artisan du détournement en question, Yves Chalier, trésorier de l’association Carrefour du Développement est lâché par les socialistes. Charles Pasqua et Daniel Léandri son bras droit souhaitent exfiltrer Yves Chalier afin de l’utiliser. Ils ne peuvent apparaitre au grand jour, c’est donc le contrôleur général de la police, Jacques Delebois qui va se charger de la sale besogne, en fournissant notamment des faux papiers à Yves Chalier. Déjà des faux papiers… Il est à noter que Jacques Delebois est également cité dans l’affaire Karachi. Probablement une coïncidence.

Jean-François Copé, ministre délégué au Budget entre 2004 et 2007, maire de Meaux
Jean-François Copé, ministre délégué au Budget entre 2004 et 2007, maire de Meaux. Crédit photo : World Economic Forum via Flickr (cc)

Pour en revenir à l’affaire Jean de Bonnot, la suspicion de proximité entre les anciens réseaux Pasqua-RPR, devenu depuis l’UMP, subsiste. On peut se demander pourquoi le ministre du budget de l’époque, Jean-François Copé, a signé sans sourciller un dégrèvement fiscal de près de 4 millions d’euros pour des gens qu’il dit ne pas connaître et alors que la note de la cellule contentieux du fisc sur le dossier est vide d’argument en faveur du redressement en question. Le cabinet de l’associé de Michel Lamarque, Pascal Defalque – lui aussi mis en cause dans le dossier – se trouve d’ailleurs à Meaux, ville dont le maire n’est autre que Jean-François Copé… Il est défendu par Me Thierry Herzog, l’avocat de Nicolas Sarkozy (qui lui a remis la légion d’honneur en juillet 2009 d’ailleurs). Probablement des coïncidences.

Dans l’affaire Jean de Bonnot, le soupçon pèse. Une source proche du dossier qualifie la maison d’édition de « lessiveuse de l’UMP ». Si c’est le cas on peut espérer que le procès éclaircira les responsabilités des uns et des autres. On peut tellement l’espérer, que le procès – qui au départ devait avoir lieu au mois de septembre – a été opportunément repoussé à la deuxième quinzaine du mois de mai. Après les élections. Probablement une coïncidence. Affaire à suivre, donc.

Spoutnik, pour Novopress

Crédit photo en Une : DR

[Tribune libre] Pourquoi je ne voterai pas pour Nicolas Sarkozy le 6 mai – Par Roman Bernard

[Tribune libre] Pourquoi je ne voterai pas pour Nicolas Sarkozy le 6 mai - Par Roman Bernard

[box class=”info”] Après avoir publié la tribune libre “Le 6 mai : votez, éliminez !” de Bruno Larebière -ancien rédacteur en chef de “Minute“- expliquant pourquoi il pense qu’il faut “éliminer” François Hollande au second tour des présidentielles, nous publions cette tribune libre que nous a adressée Roman Bernard, qui lui a été rédacteur en chef du “Cri du contribuable”, et invite à ne voter pour aucun des deux candidats de ce second tour.[/box]

À force de se focaliser sur le scrutin de dimanche, on en oublierait presque qu’il s’est écoulé cinq ans depuis la dernière élection présidentielle. Cinq années au cours desquelles on aura pu se faire une idée précise de Nicolas Sarkozy, de l’homme, du Président, au cas où les cinq années précédentes (2002-2007) passées au ministère de l’Intérieur, à Bercy et/ou à la présidence de l’UMP n’auraient pas suffi.

Pour moi qui ai voté aux deux tours pour Sarkozy en 2007, les cinq années qui s’achèvent ont été riches d’enseignements. Très rapidement, j’ai pu constater que les espoirs que j’avais nourris pour la « rupture » annoncée étaient infondés.

Dès août 2007, j’ai écrit que Nicolas Sarkozy n’était pas « l’homme de la situation », qu’il était « condamné à l’échec, obsédé qu’il est par sa présence dans les médias, sa cote de popularité et les résultats à court terme ». En 2009, je confirmais ce jugement, notant que « deux ans après son élection, l’action de Sarkozy apparaît proprement illisible ».

Trois ans plus tard, et cinq ans après son installation à l’Élysée, j’aurais du mal à infirmer ce dernier jugement : c’est l’intégralité du quinquennat de Sarkozy qui est illisible. On sait bien que l’homme a beaucoup bougé, qu’il a beaucoup parlé et fait parler de lui, mais qui serait capable de dresser un bilan synthétique et le plus exhaustif possible du mandat sarkozyen ?

Celui qui s’y essaierait aurait de fortes chances d’être proprement écœuré par le flot de vidéos, d’extraits audio, de dépêches AFP, d’articles, d’interviews et de retranscriptions de discours qu’il lui faudrait ingurgiter pour conclure que… l’on ne peut pas conclure. La présidence de Sarkozy n’est pas résumable, car tout et son contraire a été dit, sans que rien de concret ne soit fait. Qui se souvient de la « politique de civilisation » lancée en janvier 2008 ?

La campagne électorale permanente de Nicolas Sarkozy, sans cesse en train de préparer l’élection intermédiaire suivante pour faire oublier l’échec à la précédente, a été le plus sûr moyen de ne pas agir. Et de trahir ses électeurs de 2007, qui attendaient de lui des réformes.

Car Sarkozy, bien qu’il n’ait jamais revendiqué cette étiquette et que son programme de 2007 fût resté assez flou, a été élu à mon sens parce que ses électeurs attendaient de lui une politique à la fois libérale et conservatrice : moins d’État, plus de liberté, d’une part ; plus d’ordre, moins de décadence, d’autre part. Cette attente était sans doute excessive de la part de ses électeurs, même dans le cas où Sarkozy se serait montré digne de leur confiance. Le président de la République ne peut pas tout.

Néanmoins, on aurait pu attendre de Sarkozy qu’il respecte a minima le mandat implicite que lui avaient donné ses électeurs.

Les dépenses publiques, les impôts ont-ils baissé sous Sarkozy ? Non, ils ont augmenté, en dépit de la promesse qui avait été faite par le candidat de l’UMP, en 2007, de ne pas alourdir la charge fiscale. L’alibi à cette trahison est tout trouvé : la crise. Comme ni Sarkozy, ni l’UMP, n’ont jamais pris au sérieux la bataille des idées, ils se sont laissés imposer en septembre 2008 l’interprétation selon laquelle la crise des subprime et ses répercussions en cascades nécessitaient un « retour de l’État », comme si celui-ci était parti un jour.

Alors que la science économique véritable enseignait que la crise financière était la conséquence de la création monétaire excessive par les banques centrales, contrôlées par le politique. Et donc que le remède résidait dans moins d’intervention étatique dans l’économie, et non davantage ; Sarkozy, dans son discours de Toulon, dès septembre 2008, a conclu l’inverse : la crise du keynésianisme, qu’il a jugée à tort comme celle du libéralisme, nécessitait selon lui un renforcement du poids de l’État dans l’économie, ainsi qu’un recours accru à l’endettement étatique pour financer ses largesses. Même la réforme-phare de l’été 2007, le bouclier fiscal empêchant que l’on puisse payer plus de la moitié de ses revenus en impôts directs (compte non tenu de la TVA, donc), a fini par être retirée, en 2011.

Sarkozy et l’UMP se sont tout de suite laissés imposer l’idée qu’il s’agissait d’un « cadeau aux riches », puisque la gauche prétendait que les remboursements du Trésor public aux contribuables protégés par le bouclier fiscal étaient un « don » de l’État. Dans cette inversion totale de la réalité, tout ce que l’État ne taxait pas, il le donnait ! Sarkozy n’a jamais contesté cette vision, et a donc logiquement fait retirer le bouclier fiscal. Cette capitulation idéologique en appelait d’autres.

Durant ses deux passages à l’Intérieur (2002-2004 et 2005-2007), Sarkozy s’était illustré dans la dénonciation de l’insécurité que subissent nos compatriotes. Il a, dès 2002, pris d’assaut les caméras et les micros pour mettre en scène son personnage de « premier flic de France », et préparer sa conquête de l’Élysée. Une fois celle-ci obtenue, on aurait pu penser que Sarkozy mettrait en œuvre la « rupture » qui, promettait-il, s’imposait après cinq ans d’immobilisme chiraquien. Il a ainsi fait voter une loi très controversée — à gauche — sur les peines-plancher, censée garantir qu’un multirécidiviste soit effectivement dissuadé par l’alourdissement des peines au fil de ses récidives. Pour ceux des partisans de Sarkozy qui l’ont oublié — il est difficile de se souvenir de tous les moments de la présidence sarkozyenne qui ont fait polémique — la loi sur les peines-plancher était censée constituer une révolution en matière de lutte contre l’insécurité. C’était négliger qu’une loi n’est qu’un bout de papier, tant qu’elle n’est pas appliquée dans les faits (et pas seulement dans les décrets). Aujourd’hui, un chauffard multirécidiviste peut foncer sur un groupe d’enfants pour les tuer et écoper de seulement quatorze mois de prison, alors même qu’il avait été condamné neuf fois, dont trois à de la prison avec sursis. Où était le fameux garde-fou de la peine-plancher pour que cet individu soit sous les verrous, au lieu d’être au volant d’une voiture ?

Cette politique-spectacle, qui réduit la résolution d’un problème de fond à la fabrication d’une loi après chaque fait-divers, permet également à Sarkozy d’affecter d’être ferme dans l’affaire des prières de rue. Son ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, avait affirmé qu’elles avaient disparu du territoire national en septembre 2011. La réalité montre que ce n’est pas le cas.

Je pourrais multiplier les exemples des trahisons de Sarkozy, comme la suppression des IUFM promise et finalement abandonnée. Ce serait fastidieux pour moi et ennuyeux pour le lecteur, qui ne manquerait pas de me signaler des oublis. Sarkozy a tant promis qu’il est impossible de faire un inventaire complet de ses renoncements. On peut simplement dire que, Sarkozy ayant promis les réformes, et ayant continué pendant cinq ans, malgré la nullité de son bilan, à jouer au réformateur devant les caméras de télévision, il doit être jugé sur son échec. Sans doute l’accomplissement de ses promesses ne dépendait-il pas que de lui (les syndicats, l’administration lui auront mis beaucoup de bâtons dans les roues), mais il aurait dû le dire aux Français, plutôt que de leur infliger pendant cinq longues années la mise en scène perpétuelle de son rôle de réformateur factice.

Puisque c’est sur son bilan que le président-candidat doit être jugé, Nicolas Sarkozy ne mérite pas d’être reconduit à l’Élysée. En toute logique, je ne voterai donc pas pour lui le 6 mai.

J’entends d’ici ceux qui, ayant pourtant pesté pendant cinq ans contre la présidence calamiteuse de Sarkozy, prétendent que François Hollande est « pire » que lui.

Le pire est toujours possible en politique, et je n’écarte pas a priori cette idée, mais sur quoi se fondent ceux qui l’agitent ? Selon leurs centres de préoccupations, certains rappellent la volonté de François Hollande de faire voter les étrangers non-européens aux élections municipales ; ou d’instaurer le « mariage » homosexuel ; ou de faire adopter le remboursement à 100 % de l’avortement par la Sécurité « sociale ».

Sarkozy est-il vraiment meilleur, ou moins mauvais, que Hollande dans ces domaines ?

En matière de vote des étrangers, Sarkozy propose la même chose que Hollande : « Si un étranger, en France, souhaite voter, alors il demande à devenir français et nous serons heureux de l’accueillir dans la citoyenneté française. », déclarait-il en meeting au Raincy, ce jeudi 26 avril. Qu’il vote en tant qu’étranger ou en tant que Français tout juste naturalisé ne compte guère. La France accueille, sans que sa population indigène ait jamais été consultée, ni par la droite ni par la gauche, quelque 200 000 personnes de plus par an, qui s’additionnent aux millions d’autres qui sont venues depuis la mise en place du regroupement familial, sous la présidence Giscard. Plus de 100 000 par an sont naturalisées. Le droit du sol permet à leurs enfants d’être des citoyens à part entière. Et en dépit de ses récentes déclarations contraires à ce sujet, l’immigration a continué sous Sarkozy. Elle a même battu des records. Le droit de vote des étrangers aux élections municipales ne change donc rien au problème (notons pour l’anecdote que Sarkozy y était favorable en 2005…), puisque la qualité de citoyen français ne signifie plus grand-chose. S’il n’avait pas été exécuté par le RAID en mars dernier, Mohamed Merah aurait pu voter. Il aurait même pu être candidat à la présidence !

Devant la volonté du candidat socialiste de faire rembourser à 100 % l’avortement par la Sécurité « sociale », Nicolas Sarkozy, pour draguer l’électorat catholique, a cru bon de se découvrir subitement pro-vie. Pourtant, lorsque Marine Le Pen, plus tôt dans la campagne, a proposé que si, et seulement si, la Sécurité « sociale » était obligée de faire des choix budgétaires, elle proposerait de dérembourser partiellement l’avortement au profit des traitements palliatifs pour les personnes en fin de vie, les réactions les plus virulentes sont venues de l’UMP. Xavier Bertrand, ministre de la Santé, a considéré que ce serait « un recul sans pareil vis-à-vis des femmes. Je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse en France, après l’avancée que constituait la loi Veil, imaginer qu’un ou une responsable politique puisse revenir sur cette avancée. Il s’agit d’une nouvelle outrance et d’un mépris inacceptable pour les femmes ». Nicolas Sarkozy a-t-il désavoué son ministre ? Non, il a dit qu’il était en total désaccord avec la proposition de Marine Le Pen.

Quant au « mariage » homosexuel, censé être un point clivant entre la gauche et la droite, si Hollande a été très clair sur sa volonté de le voir adopter, Sarkozy a été beaucoup plus évasif. Il s’est contenté de dire qu’« [e]n ces temps troublés où notre société a besoin de repères, [il ne croit] pas qu’il faille brouiller l’image de cette institution sociale essentielle qu’est le mariage. » Quels sont ces « temps troublés » dont parle Sarkozy ? La crise financière et monétaire ? Les élections ? Ceux qui verraient dans ce report sine die par Sarkozy une position de principe risquent d’être déçus, en cas de réélection. Si l’on ne voit guère ce que Sarkozy a accompli de louable en cinq ans (en dix ans si l’on y ajoute son rôle prépondérant dans les gouvernements de Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin), on sait en revanche, à l’aune du mandat qui s’achève, le mal qu’il aura le temps de faire d’ici 2017.

Devant ce non-choix qu’il nous reste, j’ai décidé de ne pas choisir et de m’abstenir le 6 mai. J’entends les mêmes militants sarkozystes, qui seront foudroyés de honte quand on leur repassera le film de « leur » campagne dans cinq ans, dire que la logique du second tour veut que l’on choisisse le moins mauvais, sous peine de faire gagner l’autre. Ne voyant pas en quoi François Hollande est plus dangereux que Nicolas Sarkozy, ni plus indigne, ni plus incompétent, cet argument n’a aucune prise sur moi. Si la droite avait voulu que ses électeurs se mobilisent en nombre suffisant en 2012, elle aurait dû s’en préoccuper dès les premières reculades de l’été 2007.

Où était la droite, quand il était encore temps de faire savoir au président qu’en raison de son bilan désastreux, il ne pourrait pas la représenter en 2012 ?

Le reproche que j’adresse ici aux élus et aux militants de l’UMP vaut aussi pour les électeurs de Sarkozy. C’est parce que ce dernier savait qu’il pouvait compter sur un électorat de droite captif qu’il a pu se permettre de conduire une politique de gauche durant tout son quinquennat. Quelle que soit la politique menée, Sarkozy et l’UMP n’ignoraient pas que l’électeur de droite traditionnelle irait toujours voter pour eux, ne serait-ce qu’en raison de la peur que lui inspire la gauche. Jean-Luc Mélenchon aura servi de « père fouettard » de cette élection présidentielle : avec lui, les brebis égarées du sarkozysme se sentaient obligées de rentrer au bercail de l’UMP, aussi vétuste et insalubre fût-il.

J’écris cette tribune pour dire à ces électeurs déçus de Sarkozy qu’ils ne sont pas obligés de faire ce non-choix là. Sans espoir excessif dans l’utilité de mon abstention de dimanche, je les invite à refuser cette fausse alternative entre deux versions à peine concurrentes de la social-démocratie. Il ne s’agit pas de « tout faire péter » ni de « faire exploser l’UMP pour recomposer la droite », hypothèses auxquelles rien ne permet de croire dans l’immédiat, mais de recouvrer notre souveraineté, qui est individuelle avant d’être nationale.

Si le salut de la France doit advenir, ce que je souhaite, il ne passera pas par la mise sous pli d’un bout de papier tous les cinq ans. Il passera par la reprise de nos destins individuels et familiaux en mains.

Soustraire ses enfants à l’influence mortifère de l’école publique, quitter des métropoles invivables pour habiter dans des petites villes ou à la campagne, préférer la consommation locale à l’enfer des zones commerciales, resserrer ses liens familiaux et amicaux, voilà des débuts de solution face aux temps difficiles qui s’annoncent. Lorsque l’effondrement économique annoncé se produira, Nicolas Sarkozy ne sera pas là pour vous. Si vous continuez à penser que votre participation au cirque électoral peut améliorer d’une quelconque manière la situation, vous vous retrouverez fort dépourvus quand la crise, la vraie, sera venue.

Continuer à voter en 2012, malgré la preuve, encore apportée par ce quinquennat finissant, que cela ne change rien, c’est retarder la prise de conscience des Français. Comme j’entends, à ma modeste mesure, éclairer mes compatriotes, je les invite à ne pas aller voter dimanche.

Roman Bernard

[box class=”info”] Source : Nouvelles de France. [/box]

La campagne “Mohamed Merah, chance pour la France ?” s’intensifie

La campagne “Mohamed Merah, chance pour la France ?” s’intensifie

03/05/2012 – 08h00
PARIS (NOVOpress) – Le Bloc Identitaire avait annoncé une campagne sur le thème “Mohamed Merah, chance pour la France ?”, Mohamed Merah ce terroriste se réclamant du djihad islamiste et ayant assassiné 7 personnes, dont 3 enfants, à Toulouse et Montauban en mars 2012. Ceci après un passé de délinquant de droit commun condamné 18 fois par la justice.

Alors que les naïfs et les padamalgamesques claironnent que l’immigration est “une chance pour la France” cette campagne rappelle que Mohamed Merah est un des exemples les plus troublants montrant que ce n’en est sans doute pas une.

Novopress a relaté ici un échantillon du début de ces affichages. Depuis une quinzaine de jours la campagne s’est intensifiée et en voici quelques exemples en images.

La campagne “Mohamed Merah, chance pour la France ?” s’intensifie
Strasbourg

 

La campagne “Mohamed Merah, chance pour la France ?” s'intensifie
Nice

 

La campagne “Mohamed Merah, chance pour la France ?” s'intensifie
Dans le Maine

 

La campagne “Mohamed Merah, chance pour la France ?” s’intensifie
Cannes

 

La campagne “Mohamed Merah, chance pour la France ?” s’intensifie
Chalon-sur-Saône

 

La campagne “Mohamed Merah, chance pour la France ?” s’intensifie
Reims

 

La campagne “Mohamed Merah, chance pour la France ?” s’intensifie
Soissons

 

La campagne “Mohamed Merah, chance pour la France ?” s’intensifie
Tullins (Isère)

 

La campagne “Mohamed Merah, chance pour la France ?” s’intensifie
Dans le Berry

 

La campagne “Mohamed Merah, chance pour la France ?” s’intensifie
Dans le Dauphiné

Stade Rennais : Yann M’Vila en garde à vue

Stade Rennais : Yann M'Vila en garde à vue

02/05/2012 – 16h00
RENNES (NOVOpress Breizh) – Yann M’Vila, le milieu de terrain du Stade Rennais, a été placé en garde à vue lundi suite à la plainte déposée par un jeune homme de 17 ans pour violences. Un retour à la rubrique faits divers pour cet international d’origine congolaise qui avait défrayé la chronique il y a quelque temps suite à des démêlées avec des prostituées.

Selon Ouest-France, qui révèle l’affaire, Yann M’Vila a été interpellé lundi matin chez lui par les gendarmes de la brigade de Vern-sur-Seiche (35). La garde à vue du milieu de terrain du Stade rennais n’a pris fin que mardi dans la matinée. Motif de cette interpellation : la plainte déposée par un jeune homme de 17 ans, qui accuse M’Vila de l’avoir frappé dans la nuit de vendredi à samedi à son domicile.

Selon RMC, qui a joint son avocat, M’Vila aurait nié formellement ces accusations mais reconnu cependant «avoir donné des gifles à un jeune qui aurait trahi sa confiance». La confrontation entre le joueur et sa victime a semble-t-il permis aux gendarmes de conclure ce dossier qui a été transmis au parquet de Rennes. Ce dernier décidera des suites judiciaires à donner à cette affaire.

Il y a un peu plus d’un mois, M’Vila avait déjà fait parler de lui dans un tribunal, mais cette fois côté partie civile, dans une affaire l’opposant à deux prostituées. Ces dernières ont été condamnées à six mois de prison (dont trois avec sursis) après lui avoir volé en août 2011 dans une chambre d’hôtel un certain nombre d’effets personnels. Les faits s’étaient passés à Montpellier après un match amical France-Chili. « Quand on porte le bleu-blanc-rouge, qu’on chante La Marseillaise et qu’on prétend avoir une vie de famille exemplaire, on se doit d’avoir un comportement moral irréprochable », avait déclaré le défenseur des prostituées. Cette nouvelle affaire risque fort d’écorner un peu plus la réputation du joueur du Stade Rennais.

Crédit photo : Buffoleo, via Wikimédia, licence cc

Naissance de l’association « la Fabrique d’à côté »

Naissance de l’association « la Fabrique d’à côté »

02/05/12 – 13h45
PARIS (NOVOpress)
– C’est à l’occasion de la fête du 1er mai qu’a été lancé l’association de « consommateurs citoyens », « la Fabrique d’à côté ».

Prolongement du site internet « la Fabrique hexagonale », née au printemps 2008 pour valoriser les entreprises qui fabriquent en France, l’association à pour but de fédérer les dizaines de milliers de consommateurs qui, par leurs achats, soutiennent des entreprises nationales et l’économie locale.

Naissance de l’association « la Fabrique d’à côté »Prenant acte, qu’il n’y a « pas d’économie locale sans entreprises, mais pas davantage d’entreprises sans acheteurs » l’association vise notamment, à ce que les promesses de la campagne présidentielle 2012 concernant le « made in France » et l’économie de proximité ne restent pas sans lendemain.

Pour plus de renseignements: http://www.lafabriquehexagonale.com

Crédit photo Cleraly Ambigous via Flickr (CC).

Le MRAP demande la dissolution d’une section locale du Bloc Identitaire

Le MRAP demande la dissolution d'une section locale du Bloc Identitaire

02/05/2012 – 10h00
SAINTES (NOVOpress) – La section locale saintongeaise du Bloc Identitaire, récemment crée, a fait l’objet d’une demande de dissolution par les autorités préfectorales de la part du MRAP (comité de La Rochelle).

Le journal Sud-Ouest a publié (image ci-dessous) qu’en ce qui concerne la brasserie de Saintes (Charente-Maritime) dans laquelle les identitaires se sont réunis, le MRAP déclare espérer que “le propriétaire de ladite brasserie ignore le vrai visage des individus qui composent ce groupe” [sic]. Big Brother surveille !

Le responsable des identitaires de Saintonge, Hugo Mellais, a répondu au vice-président du comité rochelais du MRAP, Abdelouahed Tatou :

“Une fois de plus le MRAP montre son vrai visage de police de la pensée, ne demandant pas moins que la dissolution de notre mouvement naissant. La préfecture appréciera sûrement de recevoir ses ordres d’une association.

A cette demande d’interdiction s’ajoute la menace à peine voilée qui pèse sur la brasserie qui nous a reçue tels n’importe quels clients sans fanfare ni trompettes.

Le MRAP est tellement soucieux de défendre le ”vivre ensemble” qu’il s’empresse de vouloir censurer la liberté d’expression d’une partie des citoyens Français qui ont à cœur de défendre leur identité.
C’est pourquoi le Bloc Identitaire Saintongeais, loin de céder face à ces pressions, se trouve renforcé dans sa volonté de défendre les valeurs qui l’animent.”

Le MRAP demande la dissolution d’une section locale du Bloc Identitaire

[Tribune libre] Le 6 mai : votez, éliminez !, par Bruno Larebière

[Tribune libre] Le 6 mai : votez, éliminez !, par Bruno Larebière

A l’heure où j’écris ces lignes, la France est à la veille de 1974… ou de 1981.

En 1974, Valéry Giscard d’Estaing l’avait emporté de 424 599 voix sur François Mitterrand. Grâce à un bon report de voix des électeurs s’étant portés, au premier tour, sur Jacques Chaban-Delmas et Jean Royer. Et grâce à la mobilisation des abstentionnistes. De 84,23 % au premier tour, chiffre déjà remarquable, la participation était montée à 87,33 % au second.

En 1981 aussi, l’abstention avait fortement reculé entre les deux tours, de 18,91 % à 14,14 %. Mais là, le nombre de bulletins blancs ou nuls avait quasiment doublé, s’approchant du million. Les reports de voix entre Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing n’avaient pas fonctionné. Chauffés à blanc par Charles Pasqua et l’appareil du RPR, les chiraquiens firent la peau de Giscard. Pas assez à droite ! Conformément à leur plan, François Mitterrand fut élu.

Ce fut bien la seule chose qui fonctionna. La suite, qui consistait à voir Mitterrand ne pas achever son mandat, les Français s’étant levés en masse pour exiger son départ, et un RPR à la fois « droitisé » et fidèle aux « fondamentaux » du gaullisme reprendre le pouvoir, resta dans le carton des illusions perdues. Les Français eurent même le mauvais goût de réélire triomphalement Mitterrand sept ans plus tard.

Et l’on s’aperçut, au final de ce jeu de cons, que la France de 1995 n’avait plus grand-chose à voir avec celle de 1981. En quatorze ans, ce qui n’est rien aux yeux de l’Histoire, la « parenthèse » de gauche était parvenue à changer jusqu’à la substance même de la population du pays. Tout cela parce que, au printemps 1981, Jacques Chirac et une partie de son électorat avaient jugé malin de faire passer la gauche socialo-communiste plutôt que de reconduire une « fausse droite ».

Ça vous rappelle quelque chose ? Moi aussi. Trois décennies après le funeste 10 mai 1981, une autre droite, celle représentée par le Front national dont le candidat, Marine Le Pen, a obtenu à une décimale près le même score que Jacques Chirac en 1981, œuvre en faveur de l’élection de François Hollande. Soit en prônant l’abstention, soit, carrément, en organisant en sous-main le « vote révolutionnaire », celui qui fera triompher la gauche afin, bien sûr, qu’une fois cette « parenthèse » achevée, la « vraie droite » soit triomphalement portée au pouvoir. Les intérêts partisans sont décidément criminels.

Quoi que l’on puisse reprocher à Nicolas Sarkozy, quelles qu’aient été les déceptions, aussi fort soit le sentiment d’avoir été trahi, le second tour de la présidentielle n’est pas le lieu des règlements de compte. Il est celui d’un choix de société et même, eu égard au programme dément de François Hollande et de ses alliés, Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon, qui ont tous deux fait campagne sur un discours pro-immigrationniste comme les Français n’en avaient jamais entendu, d’un choix de civilisation.

Les seules, les uniques questions à se poser sont simples : veut-on que les immigrés extra-européens obtiennent le droit de vote ainsi que François Hollande s’y est engagé, fixant cette décision à 2013, soit juste à temps pour que la gauche hollando-mélenchonienne dispose d’un électorat de substitution pour les élections locales de 2014 ? Veut-on que les immigrés, via l’élection des conseils municipaux – où ils pourront siéger ! – influent sur l’élection des maires qui, excusez du peu, participent à l’élection des sénateurs (lesquels ont le pouvoir de réformer la Constitution) et sont ceux qui décident, par leur parrainage, qui peut être et qui ne peut pas être candidat à la présidence de la République ?

De plus, pour la première fois peut-être dans l’histoire de la Ve République, le candidat de droite est perméable aux idées… de droite ! Il suffit de voir la peur panique que suscite à gauche la possibilité d’une réélection de Nicolas Sarkozy pour comprendre que ce scrutin n’est pas comme les autres. Jean-Luc Mélenchon l’a résumé en cette formule (1) : « La situation est d’une gravité exceptionnelle. […] Nicolas Sarkozy est en train d’“extrême droitiser“ la droite. »

Mélenchon exagère ? Bien sûr. Mais il n’est pas si éloigné de la vérité comme en témoignent les chochotteries de tous ceux qui, dans le clan chiraquien, s’effraient de la « dérive droitière » de Nicolas Sarkozy et n’attendent eux aussi qu’une chose : que Sarkozy soit battu pour reprendre en main l’appareil de l’UMP et ramener le parti de l’actuelle majorité dans la voie du « politiquement correct » et de l’immobilisme peureux qui fut la marque de fabrique des années Chirac. Ceux-là ont bien compris que, si Nicolas Sarkozy est réélu, c’en est fini de leur influence et des concessions à leur consubstantielle frilosité.

Au premier tour, on choisit. Au deuxième, on élimine.

Alors dimanche, votez, éliminez !

Bruno Larebière
ancien rédacteur en chef de Minute

(1) Propos tenus le vendredi 27 avril 2012 au cours de La Matinale de France Inter.

[box class=”info”] Article à paraître dans l’hebdomadaire Les 4 Vérités Hebdo, n° 840 daté du vendredi 4 mai 2012. [/box]

Crédit photos : Jackolan1 et European People’s Party, via Wikipédia, licence CC.

Marine Le Pen ne donne pas de consigne de vote mais votera blanc

Marine Le Pen ne donne pas de consigne de vote mais votera blanc

01/05/2012 – 15h45
PARIS (NOVOpress) –
Ce premier mai, Marine Le Pen, place de l’Opéra à Paris s’est exprimée devant plusieurs milliers de sympathisants rassemblés pour la fête de Jeanne d’Arc.

La présidente du Front national, qui a obtenu 17,9% des voix au premier tour de l’élection présidentielle, n’a pas donné de consigne de vote à ses près de 6 millions et demi d’électeurs. Elle a par contre déclaré qu’elle-même voterait blanc pour le second tour. Quant à ses partisans elle leur dit “Vous êtes des citoyens libres et vous voterez selon votre conscience, librement.” (1)

(1) Cette phrase ne figure pas dans les extraits présentés dans la vidéo ci-dessous mais on peut l’entendre ici.

Le Bloc Identitaire renouvelle son bureau directeur

Le Bloc Identitaire renouvelle son bureau directeur

01/05/2012 – 13h45
LYON (NOVOpress) – Le Bloc Identitaire a annoncé hier un renouvellement de son bureau directeur. Il indique que “Rassemblant autour de Fabrice Robert et de Philippe Vardon des cadres issus des différentes structures et formes d’engagement composant le mouvement identitaire, ce bureau directeur reflète à la fois la diversité et l’unité. Assemblée de pairs, cooptés, il se veut davantage aristocratie que bureaucratie.”

Dans son communiqué ce parti politique précise  que le nouveau bureau “marque une nouvelle étape dans le développement des identitaires. Il comprend davantage de membres que les organes dirigeants précédents, élargit largement le faisceau de compétences de ceux-ci, et a comme objectif d’assurer une parfaite symbiose entre les différentes structures et plus particulièrement entre les deux principales formations militantes (le Bloc et les jeunes identitaires) à travers l’intégration d’anciens cadres des Jeunesses Identitaires – désormais trentenaires – à des postes de responsabilité. Ce faisant, et comme l’a souligné Fabrice Robert, c’est aussi “l’âme identitaire” (avec cette première génération de cadres uniquement formés à l’école JI) qui va encore irriguer davantage l’ensemble du mouvement.”

La composition du bureau directeur est désormais la suivante :

  • Émilie Cassel (Bloc Identitaire)
  • Simon Charles (Bloc Identitaire)
  • Alban Ferrari (Une Autre Jeunesse)
  • Georges Gourdin (Bloc Identitaire)
  • Guillaume Lotti (Bloc Identitaire)
  • Dominique Lescure (Bloc Identitaire)
  • Benoît Loeuillet (Nissa Rebela)
  • Christophe Pacotte (Bloc Identitaire)
  • Damien Rieu (Une Autre Jeunesse)
  • Fabrice Robert (Président du Bloc Identitaire)
  • PR (Maisons de l’identité)
  • Tristan Ronarc’h (Bloc Identitaire)
  • Sébastien Roux ( Bloc Identitaire)
  • Philippe Vardon (Président de l’association Les Identitaires)

Une courte biographie des membres du bureau est consultable sur le le site du Bloc identitaire.

D’après le BI une réunion tenue le 21 avril à Lyon “a permis de mettre en place des équipes de travail sur des domaines aussi vastes et différents que la communication, l’implantation territoriale (à travers l’aspect militant mais aussi la reconquête des quartiers via les maisons de l’identité), les outils d’influence, les relations avec les mouvements identitaires européens, ou encore la préparation de la Convention Identitaire de l’automne prochain.”

Le mouvement Identitaire annonce également la publication bientôt d’une série de portraits des membres de sa direction.

Gros malaise chez les policiers, en Bretagne aussi

Gros malaise chez les policiers, en Bretagne aussi

01/05/2012 – 08h30
NANTES (NOVOpress Breizh) – Du jamais vu depuis bien longtemps. Le 27 avril dernier à midi, deux cents policiers se sont réunis devant le commissariat central de Nantes, pendant que d’autres parcouraient les rues du centre-ville à bord de leurs véhicules de fonction toutes sirènes hurlantes. A Rennes, ce sont soixante fonctionnaires de police qui ont manifesté spontanément pendant une demi-heure devant l’hôtel de police de Rennes. Comme dans les manifestations à Paris, Bobigny et d’autres villes, tous entendaient apporter leur soutien à leur collègue de Seine-Saint-Denis, mis en examen deux jours plus tôt pour « homicide volontaire », alors qu’il procédait à l’interpellation d’un dangereux multirécidiviste.

L’individu en question, un dénommé Amine Bentounsi, âgé de 29 ans, était activement recherché par la police. Repéré près d’un bar, l’homme avait pris la fuite et lâché une grenade. Retranché entre deux voitures, il avait braqué un revolver à 6 coups de calibre 35 en direction du policier à pied qui tentait de l’interpeller. Se sentant directement menacé, ce dernier a fait usage de son arme à quatre reprises, s’estimant en situation de légitime défense. L’arme du délinquant a été retrouvée avec le barillet plein.

Incarcéré dès l’âge de 13 ans pour un incendie criminel de bien public perpétré à Meaux – ce qui lui avait valu à l’époque le titre de « plus jeune incarcéré de France » – puis à 16 ans, en 1998, après un vol avec violences, Amine Bentounsi est titulaire d’un casier judiciaire comportant onze condamnations, notamment criminelles pour des faits de vols avec arme. Une nouvelle fois condamné en 2007 à 10 ans de réclusion pour braquage, il n’avait pas regagné la prison de Châteaudun (Eure-et-Loir) après une permission de sortie en juin 2010. D’où la tentative d’interpellation du 21 avril dernier.

« Mon frère, ce n’était pas Mesrine. S’il a déjà été condamné pour des vols ou des cambriolages, Amine n’était pas quelqu’un de violent (sic). Il n’a jamais tué personne. Nous voulons connaître la vérité. On n’a pas de haine. On veut la justice » a cru bon de déclarer au Point le frère aîné du repris de justice.

Manifestement Saïd Bentounsi a été entendu par les magistrats du tribunal de Bobigny, qui n’ont pas hésité à mettre en examen le policier pour « homicide volontaire ». Plus surprenant, le parquet n’a pas souhaité faire appel de la décision.

Suite à cette affaire, Nicolas Sarkozy a proposé d’instituer pour les policiers une « présomption de légitime défense », une mesure prônée par Marine Le Pen. « Dans un Etat de droit, on ne peut pas mettre sur le même plan un policier dans l’exercice de ses fonctions et le délinquant dans l’exercice de ses fonctions à lui », a-t-il déclaré à Raincy, tout en se défendant de vouloir donner « un permis de tuer à un gendarme ou à un policier ». François Hollande, pour qui la sécurité des policiers n’est semble-t-il pas une priorité, a réfuté ce concept, se prononçant toutefois pour un maintien du salaire tant qu’un policier « n’est pas jugé ». Selon l’Institut pour la Justice, en 2011, 14 policiers et gendarmes sont morts dans l’exercice de leurs fonctions. Dans le même temps, plus de 10.000 ont été blessés.