Claude Seignolle, le réenchanteur

Claude Seignolle est mort le 13 juillet, Il venait d’avoir 101 ans le 25 juin dernier ! Folkloriste, conteur et enchanteur, c’était un des plus beaux vieillards de France dont il connaissait toutes les patries et les parties secrètes. Mieux qu’historien : diseur de légendes. Olivier François lui avait rendu hommage l’année dernière dans notre dossier d’Éléments “La réponse polythéiste” numéro 167.

Maître de l’étrange, fantastiqueur en sabots, grand initié aux arcanes du Démon et de ses pompes, collecteur folkloriste disciple d’Arnold van Gennep, collectionneur de légendes et de menteries, brocanteur de superstitions et de chimères, barde et conteur de tous les pays de France, écrivain de race admiré et salué par Lawrence Durell, Blaise Cendrars, Thierry Maulnier, Pierre Mac-Orlan et Hubert Juin, Claude Seignolle avait eu 100 ans le 25 juin dernier. Cet anniversaire a été célébré plus que discrètement par la presse nationale ou généralement passé sous silence. N’en soyons pas étonnés car cela fait bien longtemps que les journaux de l’Hexagone ne savent plus reconnaître les vraies grandeurs. Ils n’admirent désormais que les talents moyens, les talents comme-il-faut, les mous et les tièdes, les fruits désinfectés et sans saveur.Maître de l’étrange, fantastiqueur en sabots, grand initié aux arcanes du Démon et de ses pompes, collecteur folkloriste disciple d’Arnold van Gennep, collectionneur de légendes et de menteries, brocanteur de superstitions et de chimères, barde et conteur de tous les pays de France, écrivain de race admiré et salué par Lawrence Durell, Blaise Cendrars, Thierry Maulnier, Pierre Mac-Orlan et Hubert Juin, Claude Seignolle a eu 100 ans le 25 juin dernier. Cet anniversaire a été célébré plus que discrètement par la presse nationale ou généralement passé sous silence. N’en soyons pas étonnés car cela fait bien longtemps que les journaux de l’Hexagone ne savent plus reconnaître les vraies grandeurs. Ils n’admirent désormais que les talents moyens, les talents comme-il-faut, les mous et les tièdes, les fruits désinfectés et sans saveur. L’œuvre de Claude Seignolle est certainement trop forte – ainsi que les alcools de certaines distilleries clandestines – pour les admirateurs des fémelins de la littérature contemporaine. On y respire l’air vif d’un monde très ancien, de cette vieille civilisation qui a précédé la grande mue industrielle ; on y sent des odeurs de landes et de marais, de bois et de ruisseaux, des muscs paysans, des fumets de plantes et de bêtes sauvages. Les loups y dévorent toujours les agneaux et les jolies bergères ; les animaux n’y sont pas trente millions d’amis, mais parfois les gardiens de secrets immémoriaux, des intercesseurs vers ce qui est en deçà ou au-delà de l’humain. On y entend aussi des musiques que le brouhaha moderne a aujourd’hui recouvert, les symphonies que jouait la nature quand elle était toujours cosmos ou création divine, les chants des dieux et des fées, les cris des démons et des faunes ; et de plus simples chansons paysannes, ces refrains entonnés par les peuples de la glèbe et de la faux pour conjurer le sort, s’accorder la faveur des astres, maudire leurs ennemis, louer le retour des saisons et bénir la fécondité des femmes.

[Recueillir les derniers feux d’une civilisation]

Claude Seignolle n’est pas un écrivain bucolique comme ces petits maîtres du XVIIIe siècle français, ces poudrés qui rêvaient d’un monde policé, réconcilié et aménagé, d’un grand jardin taillé au cordeau destiné aux marquises en rose et aux abbés de cour. Le royaume seignollesque n’est pas le cauchemar climatisé du Grand Architecte. Le bien et le mal n’y sont pas ces entités abstraites qui inspirent aux philosophes et aux théologiens modernistes les froides spéculations des sommes et des traités. Claude Seignolle enseigne, à rebours, une sorte de pensée sauvage, une « manière d’être », notait Hubert Juin dans une préface à La Malvenue, qui semble « posée de biais pas rapport à l’Histoire » et qui se joue des catégories religieuses et philosophiques classiques, ces carcans spirituels imposés aux peuples européens par les absolutismes cléricaux et politiques. Satanisme paysan et carnavalesque, catholicisme populaire d’avant la réforme tridentine, survivances païennes, animisme et petites religions locales s’affrontent ou se conjuguent pour la joie et l’inquiétude des lecteurs. L’univers retrouve enfin ses ambigüités, ses rythmes et ses alternances. À nouveau le sang et la sève coulent à travers les veines et les racines du monde. À nouveau la nuit est une nuit de mystères, d’angoisses ou de rêves, une nuit qui n’est pas polluée par « les affichages célestes » de la société marchande. À nouveau la lune est une puissance qui fait battre les entrailles, inspire les amants et incite aux chasses les plus sauvages. La lecture de Claude Seignolle est une aventure plus dépaysante que toutes les explorations spatiales car elle nous restitue des dimensions du ciel et de la terre que nous avions perdues. Claude Seignolle a 100 ans, mais nous pourrions parfois en douter. Cet écrivain est moins vétuste et empoussiéré que la plupart des romanciers contemporains. Sa langue est drue, son imagination vive, et ses livres envoutent immédiatement. Ouvrir les pages des ses romans et de ses recueils de contes ne donne pas l’impression d’entrer dans une serre ou dans un petit salon propret où le maître des lieux présente avec parcimonie des plantes artificielles ou de petits meubles cirés qui font sans doute le bonheur des musées, mais ne touchent ni l’âme ni le cœur ni l’esprit. Au contraire c’est beau, c’est grand, c’est généreux, Seignolle ! Cela ressemble davantage à la noce de Brueghel l’Ancien qu’aux agapes petites-bourgeoises. Et il ne déçoit jamais, il a compris ses lecteurs et ne trahit pas leurs espérances. Il leur offre toujours les sortilèges de cet esprit d’enfance qui réenchante le monde ou le défait avec une ironie cinglante, et ouvre des perspectives – de terreur ou de joie – auxquelles l’esprit habitué des adultes est souvent définitivement fermé. Seignolle a 100 ans mais il est plus jeune que tous les trentenaires, les quarantenaires, les quinquagénaires, les sexagénaires – ne parlons pas des sexygénaires –, les septuagénaires, les octogénaires et les nonagénaires réunis. Jeune centenaire, Seignolle pourrait d’ailleurs aussi bien être un très jeune bicentenaire ou tricentenaire, voire être né il y a mille ou trois mille ans. Pour ma part, je l’imagine assez jeune barde d’une tribu gauloise d’avant la conquête romaine, sorcier du Haut Moyen Âge résistant à la christianisation, gueux des croisades populaires, errant de la Sainte Russie, trafiquant de poisons et de philtres d’amour dans la Chine des Mings, colporteur traversant les pays du royaume de France au milieu du XVIIIe siècle, clochard céleste et trimardier… Seignolle en a gardé la très haute sagesse et la très sage fantaisie. Mais d’où vient ce sacré bonhomme, me direz-vous ? Cent ans, c’est une vie que l’on peut saisir à vue d’homme, n’est-ce pas ? Il est parfois fastidieux de retracer précisément la vie des écrivains. Le genre biographique échappe souvent à l’essentiel en se perdant dans des détails, des dates, des faits qui se veulent révélateurs, mais occultent l’esprit et le sens réel d’une destinée. Aussi certains secrets ne doivent pas être percés, jetés en pâture à la curiosité mauvaise du public. Seignolle doit évidemment d’abord se rencontrer dans son œuvre, mais nous révélerons pourtant deux moments de son existence, deux expériences de son enfance et de sa jeunesse, qui sont fondateurs de sa singulière sensibilité. Car le futur quêteur d’histoires et de légendes a senti très tôt le frisson du mystère et décidé de son destin.

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[Vidéo] Les Bleus : équipe de France ou équipe africaine ?

16/07/2018 – FRANCE (NOVOpress)
« Vive la France, la sixième équipe africaine du Mondial ».

A l’occasion de la coupe du monde de football, la presse française et étrangère se réjouit des « origines migratoires » des joueurs de l’équipe de France.


La lutte antiterroriste très insuffisante, par Francis Bergeron

La commission d’enquête du Sénat sur nos moyens de lutte antiterroriste a publié mardi son rapport. Elle a rencontré 49 autorités et experts dans les domaines judiciaires, militaires, informatiques, diplomatiques, politiques, etc., et effectué quatre déplacements. La rédaction du rapport conclut six mois d’enquête, et aboutit à 63 propositions très concrètes. Certaines d’entre elles ont certes été mises en œuvre depuis lors ; d’autres sont symboliques. Mais le rapport met aussi le doigt sur de graves lacunes, des manques, des insuffisances.

La première de ces lacunes, celle qui paraît la plus évidente, la plus choquante, c’est qu’à ce jour le salafisme ne figure toujours pas parmi les courants et associations répertoriés comme sectaires. On ne parle même pas d’interdiction, on parle simplement d’identification de ce courant salafiste comme ayant des pratiques qui conditionnent les individus et altèrent leur libre arbitre. Malgré l’arsenal législatif sur les dérives sectaires, bâti lors d’affaires du type Scientologie ou Moon – des sectes qui n’ont jamais tué personne, quoi qu’on puisse penser de leurs méthodes d’embrigadement –, le salafisme n’est même pas placé sous ce type de surveillance. La proposition 46 du rapport demande d’« inscrire le salafisme sur la liste des dérives sectaires de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires ». Ce qui paraît la moindre des choses. Mais il serait encore plus simple d’interdire purement et simplement les mouvements et de fermer les mosquées se réclamant du salafisme. Le rapport du Sénat ne le préconise pas. De même, alors que le salut fasciste est interdit et sanctionnable pénalement (comme la quenelle de Dieudonné !), le « Allah Akbar » des terroristes ne l’est pas. Le rapport ne préconise rien dans ce domaine.

Modération des condamnations, lors des premières années

En ce qui concerne le retour massif des djihadistes et de leurs familles des zones anciennement sous contrôle de Daesh, les propositions 31 et suivantes prévoient que soient vraiment appliquées les dispositions permettant la déchéance de nationalité des binationaux, et que les mineurs rentrés soient suivis jusqu’à leur majorité. Là aussi, l’étonnant est que ce ne soit pas déjà le cas.

Ce rapport et ses 63 propositions constituent donc un bon état des lieux de l’organisation et des moyens de la lutte antiterroriste, mais les deux rédacteurs auraient pu – auraient dû – aller plus loin.

Reste le casse-tête des procès pour terrorisme, qui représentent un volume énorme d’affaires, et des libérations massives qui s’annoncent : 47 % des terroristes actuellement incarcérés en France seront libérés d’ici 2020, et plus de 80 % d’ici 2022. Il y a eu la modération des condamnations, lors des premières années de la vague terroriste, et il y a les remises de peine. On sait déjà qu’une grande partie de ces tueurs sont décidés à poursuivre leur lutte. Les lois ne sont pas rétroactives (sauf pour Touvier…), ce qui fait craindre une recrudescence de meurtres islamistes à partir de ces années-là.

D’où l’importance de la question des déchéances de nationalité et des expulsions. Sous Sarkozy, puis à l’époque de Valls, ces perspectives avaient indigné et mobilisé la gauche. Quelques centaines d’assassinés plus tard, elles font à peu près consensus.

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

Finances du RN : une décision inique, par Guillaume de Thieulloy

Le Rassemblement national a appris le week-end dernier que deux juges d’instruction avaient saisi à titre conservatoire un peu plus de 2 millions d’euros sur le premier versement de la dotation publique qui lui revient au titre du financement public de la vie politique.

Cette décision, qui intervient dans le cadre de l’affaire des emplois « présumés fictifs » (comme disent joliment les médias dominants) au Parlement européen, est tout à fait extraordinaire.

D’abord, parce qu’elle est appliquée hors de toute décision de justice.

Aucun tribunal, à ma connaissance, n’a établi la culpabilité du Front national ou de ses députés dans cette affaire d’assistants parlementaires.

Mieux, la compétence des tribunaux français, contestée par Marine Le Pen, n’est toujours pas confirmée par la justice.

Quant au volet européen de l’affaire, la présidente du FN a quelques raisons de se plaindre de l’état du droit à Bruxelles, puisque les autorités bruxelloises sont, dans son affaire, à la fois juge, policier, huissier et partie civile !

J’ai d’ailleurs découvert, à cette occasion, que l’Union européenne n’était pas signataire de la convention européenne des droits de l’homme.

Mais revenons en France.

Les juges d’instruction qui ont ordonné cette saisie sont tous deux proches de l’ultra-gauchiste Syndicat de la Magistrature.

Ils sont aussi tous deux membres du Parquet national financier, installé par Mme Taubira, et dont on vit l’admirable impartialité, voici quelques mois, dans l’affaire Fillon.

Là encore, Marine Le Pen a quelques raisons de douter de la parfaite neutralité de la justice.

Soit dit en passant, cela ne signifie pas, comme les journalistes s’échinent à essayer de le faire dire à la présidente du RN, que le gouvernement aurait fait pression pour que cette décision ahurissante soit prise dans la torpeur de l’été.

La couleur politique rouge vif des juges peut fort bien suffire à expliquer cette décision.

Notons encore que cette décision n’est exigée par aucun impératif de sauvegarde financière.

Le RN reçoit 4,5 millions d’euros par an de l’État. La justice aurait très bien pu saisir la somme hypothétiquement due après un jugement. De toute évidence, nous ne sommes pas ici dans le cas d’un trafiquant de drogue qui pourrait se sauver avec son « magot » avant que la justice n’ait fait son travail.

Bref, tout porte à croire que cette décision est une décision de mise à mort de l’un des principaux partis d’opposition.

D’après les dirigeants du parti, si rien n’est fait dans les deux mois qui viennent, soit pour suspendre cette saisie, soit pour assurer par d’autres moyens le financement du RN, ce dernier ne survivra pas à l’été. Il y a tout lieu de croire que ce soit bel et bien l’objectif de l’opération.

Cela en dit long sur la conception de la démocratie des juges.

Mais le problème est plus profond que ce que dit Mme Le Pen.

Cette décision, manifestement inique, braque aussi les projecteurs sur les dangers du financement public de la vie politique. Il est malsain que les contribuables financent par leur impôt des partis qu’ils réprouvent. Et ce financement public, outre qu’il entraîne d’innombrables tentations de concussion en tout genre, est la porte ouverte à tous les arbitraires. Il faut revenir au financement des partis politiques par leurs adhérents et sympathisants.

Guillaume de Thieulloy

Tribune reprise de les4verites.com

Islam : Macron a tout faux

Comme ses prédécesseurs, Emmanuel Macron entend « organiser » l’islam de France, a-t-il annoncé et précisé une nouvelle fois devant le Parlement réuni en Congrès. Mais, lui, ne veut pas seulement susciter une instance représentative avec laquelle les pouvoirs publics pourraient dialoguer, il se propose, en plus, de régler la question du financement des mosquées, celle de la formation des imams et réguler le marché du hallal. Vaste programme ! L’organisation de l’islam en France s’est toujours heurtée à ses divisions internes, à la mainmise des Etats étrangers sur leurs ressortissants et leurs lieux de culte, à la volonté des industriels du hallal de conserver leur pré carré et les revenus afférents. Mais aussi à l’indifférence de la grande masse des musulmans qui n’ont que faire de quelque structure prétendant les encadrer alors que l’islam, dans sa forme sunnite, ne connaît pas de hiérarchie, ni quelque autorité verticale.

Pourquoi l’actuel chef de l’Etat réussirait-il là où les autres ont échoué ? Réponse : parce qu’il l’a décidé ! Exécution ! Il a même prévu un calendrier, il y aura « dès l’automne un cadre et des règles ». Il croit, en technocrate, qu’il en est de l’islam comme du droit social ou de la politique fiscale, il faut et il suffit de définir quelle réforme est nécessaire et de l’appliquer au pas de charge. On a compris que cette étatisation de l’islam vise à soustraire les musulmans à l’influence des « extrémistes » qui nourrissent le terrorisme islamique en lui fournissant des troupes. Néanmoins, le président a cru devoir déclarer : « La République n’a aucune raison d’être en difficulté avec l’islam » à condition qu’on le confie à de bons bergers pour en écarter les mauvais, alors tout ira bien. Mais comment distinguer les uns des autres ? Très simple : les mauvais, explique Macron, ont « une lecture radicale, agressive de l’islam, dont les principes n’obéissent pas à des mots d’ordre religieux ». Les bons ont donc une lecture pacifique et se cantonnent à des principes « d’ordre religieux ». Comment avec un diagnostic aussi faux, trahissant son ignorance de l’islam, pourrait-il avoir une réaction juste ? Car ce n’est pas la lecture du Coran qui est « agressive » chez les terroristes islamistes, c’est le Coran lui-même qui est agressif, on ne peut citer ici toutes les sourates qui exigent la mort des « mécréants » et justifient celle des « associateurs » (les chrétiens.) Et ce sont là des principes religieux. Le chef de l’Etat, sur l’islam, a tout faux. L’Etat laïc n’a pas à décider quelle est la bonne lecture de la doctrine musulmane, comme le fait Emmanuel Macron, mué à l’occasion en docteur ès sciences islamiques, mais seulement à combattre, au nom de la sécurité et de l’ordre public, les conséquences criminelles de son application par des musulmans.

Ajoutons que les musulmans officiels, républicains, « modérés », ayant une « bonne » lecture du Coran, qui seront portés à la tête de l’instance voulue par Emmanuel Macron, seront aussitôt dénoncés par les djihadistes qui verront en eux des traîtres à abattre, pires que les « mécréants ». On sera loin d’« un cadre rénové, d’une concorde retrouvée » que porte, selon lui, sa réorganisation de l’islam.

Guy Rouvrais

Article paru dans Présent daté du 11 juillet 2018

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Céline Pina :«Quand le gouvernement reste muet face à l’appel au meurtre d’un imam»

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Un programme qui nie le risque migratoire, par Francis Bergeron

C’est la seconde fois que le président Macron donnait rendez-vous aux députés et sénateurs à Versailles, dans le cadre d’une réunion du Congrès. Il entendait ainsi, avec le maximum de solennité, donner le bilan de sa première année de présidence et dresser les grandes lignes de la suite. Il a souhaité faire preuve d’humilité, rappelant qu’il ne pouvait décider de tout et qu’il ne pouvait tout réussir. Ceci pour répondre aux critiques sur son côté un peu trop jupitérien. Notons qu’une partie de son opposition de gauche a boycotté cette réunion. Mais les élus RN étaient présents, notant que le boycott était surtout un moyen d’exister.

En ouverture, Macron a reconnu que les peurs et colères accumulées en 2017 n’avaient pas disparu. Ne s’attardant pas sur les réformes décidées et mises en œuvre ou sur le point de l’être (réformes sociales diverses dont celle de la SNCF etc.), il a très vite enchaîné sur les grands axes de ce qu’il fera les douze mois à venir :

Une réforme de l’assurance chômage et de la santé au travail ;

Une baisse des dépenses publiques, ce qui permettra une baisse des impôts ;

Une unification des régimes de retraite, sans remettre en cause les pensions de réversion, a-t-il tenu à souligner pour mettre un terme aux rumeurs sur cette question ;

Un plan pauvreté qui verra bien le jour en 2019, le retard enregistré avant son déploiement n’ayant pas pour but de préparer son enterrement ;

Un cadre donné à l’islam, pour que cette religion soit exercée « de manière conforme aux lois de la République », conscience ayant apparemment enfin été prise que ce n’était pas le cas aujourd’hui.

Sur toutes ces questions, il faudra étudier les textes proposés, mais la façon de les exposer devant le Congrès ne préjugeait pas d’une dérive, droitière ou gauchisante, de sa deuxième année de mandat.

Le nationalisme, voilà l’ennemi

Mais sur la question centrale et tellement actuelle de l’immigration, celle qui suscite le maximum de ces inquiétudes que M. Macron avait évoquées au début de son discours, c’est, pour Macron, la solidarité européenne qui réglera cette question. Nous en avons eu un aperçu ces derniers temps ! Macron a alors pris des accents gauchisants, devant les 900 élus, pour s’en prendre aux « nationalistes », seuls ennemis intérieurs stigmatisés :

« Toute politique nationaliste de court terme ne réglera en rien la situation migratoire » a-t-il conclu. Mais la situation migratoire, qui était encore une situation de moyen terme il y a quelques années, est devenue un problème de très court terme. C’est maintenant qu’il faudrait casser la décision du Conseil Constitutionnel (voir Présent du 10 juillet). C’est maintenant qu’il faudrait envoyer un signal très fort aux sécessionnistes de nos banlieues. Aveugle à ces « peurs, colères accumulées » qu’il évoquait pourtant au début de sa prise de parole, M. Macron y a donc répondu par une condamnation urbi et orbi, puisée dans les vieilles litanies de la gauche morale.
C’est là d’abord et avant tout qu’il était attendu. C’est la réforme qu’il ne fera pas. Il s’y est engagé devant le Congrès.

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

[Vidéo] Que s’est-il passé en Vendée en 1793 ?

11/07/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Plongez dans l’une des plus profondes fractures politiques françaises, et découvrez ses conséquences contemporaines… Que s’est-il passé en Vendée en 1793 ?

La République française est-elle coupable d’un génocide contre sa propre population ? Dans ce cas, faudrait-il le reconnaître légalement ?

Découvrez les opinions de Philippe de Villiers, Patrick Buisson, Jean-Clément Martin, Reynald Secher et Gabriel Robin.

Un reportage exclusif de Sputnik France, signé Edouard Chanot, avec Thibaud Sacramone & Antonin Darwin à la technique.


Emmanuel Macron : le combattant intermittent…, par Philippe Bilger

Dans le livre où j’avais eu le front de faire monologuer Emmanuel Macron comme si j’étais lui, je lui avais fait cesser son propos au mois de septembre 2017. Quand c’était encore le temps des espérances. Avant que l’exercice du pouvoir vienne, avec ses limites et la résistance du réel, les dégrader.

Non pas que tout soit négatif dans ce que le président de la République nous a donné à voir depuis son élection. Bien au contraire. Mais il me semble qu’Emmanuel Macron est lui-même trop riche et trop complexe pour qu’on lui fasse l’affront d’une admiration éperdue – certains n’en démordent pas – ou d’une hostilité systématique – elle a ses partisans.

Maintenant que sa première année de mandat a été accomplie et que le surgissement du renouveau promis a épuisé ses effets, on perçoit mieux ce qu’il en est. Comme si, une forme de tension disparue, dorénavant le président de la République se laissait davantage aller dans la forme et révélait par ailleurs une appréhension du fond qui ne permettait plus de le considérer comme un inlassable activiste, un constant homme d’action mais plutôt pour un combattant intermittent. Dont le rapport avec le réel et la volonté d’entreprendre n’était pas uniforme.

Sur le plan du style et de ce que les débuts ont eu de remarquable, il y a depuis quelques semaines une libération, une attitude plus débridée, un comportement et des saillies voulus plus vulgaires pour “faire peuple”, un abandon au festif présenté comme un signe de modernité et une preuve de jeunesse – je ne parle pas des bras levés dans les jardins de l’Elysée pour applaudir la victoire contre l’Uruguay -, bref un laisser-aller présidentiel.

Faut-il admettre tristement qu’à la longue, chez n’importe quel président, il y a toujours un peu de Sarkozy qui survient, quel que soit le registre à peu près acceptable ou indécent de la posture ?

Pour l’action elle-même, même si le Premier ministre a bien raison de vanter “la ténacité” de son gouvernement, sinon qui le ferait ?, le recul permet d’analyser et de nuancer. Une première impression cherchait à instiller l’idée que ce pouvoir n’était pas celui d’un “roi fainéant” mais une invention et une énergie toujours en mouvement.

Aujourd’hui il paraît plus pertinent de distinguer, chez Emmanuel Macron – personne ne discute qu’il est à la source de tout au point de minimiser dans l’esprit public même l’aura de ses quelques excellents ministres – les réussites opératoires et menées à terme, les attitudes peu ou prou de désintérêt, enfin les atermoiements manifestant que le président est confronté à des problématiques où il risque de mécontenter tout le monde en préférant alors nous faire attendre que nous décevoir.

Le décrochage qu’il subit dans les sondages, à droite comme à gauche, n’est peut-être pas étranger à ce sentiment que le président fait ses choix et a son rythme et qu’ils peuvent nous surprendre ou nous désappointer.

Pour les premières – les succès -, il y a eu la réforme du droit du travail et celle de la SNCF. Les processus avaient été clairement conçus, les adversaires étaient du côté de la régression et de l’inefficacité, la constance serait récompensée et une France majoritaire applaudirait ces changements. Emmanuel Macron a pu, pour ces évolutions capitales même si d’aucuns – souvent ceux qui ne font rien – auraient aspiré à beaucoup plus, endosser le costume du combattant, imposer, tenir et vaincre. Ce sont des circonstances qui l’ont mis à l’aise : l’action comme démonstration de ce qu’il est.

Pour les deuxièmes – qui l’indifférent -, il y a eu la réduction à 80 kilomètres de la vitesse sur les routes secondaires. Il a laissé faire son Premier ministre sans l’ombre d’un enthousiasme, au bord de la dénégation, et pas loin à mon sens de la position qu’il avait prise sur le vin. Il aurait été capable, un peu poussé, de reprendre la fameuse formule de Georges Pompidou qui souhaitait vraiment qu’on laisse les Français en paix.

Il y a aussi, malgré les apparences, la préoccupation très relative qu’il affiche au sujet de la Justice, des peines et des prisons. Certes il ne serait pas honnête d’oublier quelques interventions de haute volée avec un projet mêlant le clair et l’obscur, un réalisme froid de droite, un humanisme confortable de gauche. Mais j’incline à penser que sa faiblesse sur le judiciaire ne tient pas seulement – et il est loin d’être le seul en politique avec cette disposition – à son désintérêt mais surtout au fait qu’il refuse de prendre en compte le lien pourtant avéré chaque jour entre le judiciaire ordinaire et le terrorisme. Négliger le premier comme il le fait revient à se priver de moyens décisifs pour lutter contre le second.

L’absence d’implication comme démonstration de sa hiérarchie des priorités.

Enfin il y a les hésitations – moins celles du caractère que celles du politique qui ne voudrait franchir le Rubicon qu’à coup sûr. Le report du plan sur la pauvreté – malgré la maladresse d’Agnès Buzyn – n’a évidemment rien à voir avec la Coupe du monde mais tout avec le constat que les processus et les nécessités qui ne le confrontent pas à des ennemis désignés ne le mobilisent pas vite, le laissent dans l’expectative ou l’incitent à des accommodements qui stérilisent l’essentiel. On l’a vu avec les banlieues, on l’a relevé avec la politique migratoire. Ce sera sans doute la même chose avec la PMA, ces sujets de société et de savoir vivre ensemble où il n’y a que des coups à prendre (Le Parisien).

L’absence de décision comme démonstration de ce qu’il tarde aussi à se mettre en marche.

Emmanuel Macron est un combattant intermittent.

En effet il fait parler la poudre démocratique et politique. Ou reste dans son coin comme un observateur sans doute de moins en moins bienveillant. Ou garde l’arme au pied parce qu’il ne sait pas comment accorder les désaccords et donc quelle bataille livrer.

Philippe Bilger

Texte repris du site Philippebilger.com

Alain Marsaud : Le terrorisme face à la police de la pensée

11/07/2018 – FRANCE (NOVOpress)
A chaque attentat, les journalistes utilisent de plus en plus d’éléments de langage dignes de la novlangue, pour habiller la réalité violente qu’ils refusent de voir et de montrer. Dans leurs sillages, les hommes politiques adoptent les mêmes codes, quitte à faillir à leur mission de protection des populations. La société développe la culture de l’excuse et des circonstances atténuantes pour les coupables, laissant souvent sur le bord de la route de la bienpensance, les vraies victimes des attentats.

Quelques jours après le nouveau drame survenu à Marseille, Alain Marsaud, sans langue de bois, revient sur le véritable déni de réalité des acteurs politico-médiatiques.


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La mairie LR de Longjumeau s’apprête à vendre deux parcelles communales aux salafistes pour une mosquée

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Sur la mosquée de Poitiers, l’imam lui-même donne raison à Génération identitaire

Les révélations de Romain Espino, de Génération identitaire, reprises par Valeurs actuelles, sont accablantes. D’abord pour l’imam de la mosquée de Poitiers et l’islam qu’il propage, ensuite pour les responsables politiques locaux et nationaux français qui ont fermé les yeux tout en lui permettant de poursuivre sa bataille culturelle. Enfin pour la Justice française qui avait prononcé des peines très lourdes à l’encontre de militants coupables d’avoir déployé une banderole sur un chantier.

On se souvient qu’un « commando » pacifiste de 73 membres de l’association Génération identitaire avait, en 2012, grimpé sur le toit de la mosquée poitevine alors en chantier. Action pour laquelle cinq d’entre eux avaient été condamnés en 2017 à 40.000 euros d’amende et cinq ans de privation de droits civiques, civils et de famille. Une condamnation terrible pour de jeunes hommes de 25 à 30 ans.

Mais, aujourd’hui, Génération identitaire vient de retrouver sur Internet l’entretien qu’a accordé l’imam de Poitiers, en 2015, à une chaîne qatarie. Avec traduction validée par Valeurs actuelles, on y apprend que Boubaker El-Hadj Amor a choisi d’appeler sa mosquée « Balat al-Chouhada » (« mosquée Pavé des martyrs »). Allusion explicite – et revendiquée par l’imam lui-même – à la bataille de 732 livrée par Charles Martel :

Grâce à Dieu, cet endroit est sur la ligne principale passée par l’armée islamique. C’était une route pavée par les Romains, et l’armée islamique est passée par cette route… Nous voulons que ce centre soit une mosquée et un centre de rayonnement culturel dont le but est de créer les conditions d’une rencontre avec l’islam et parler de cette religion sainte et pour qu’il soit un centre de prédication. Inch’Allah.

Or, ce même imam, en 2017, se réjouissait de la condamnation des militants identitaires en ces termes :

Le jugement explique bien que l’on peut faire référence à Charles Martel et à la bataille de Poitiers, mais pas n’importe comment, ni en tenant n’importe quels propos.

Il faudra que la Justice nous explique pourquoi elle condamne ceux qui font référence à cette bataille en citant Charles Martel pour nous mettre en garde contre l’avancée conquérante de l’islam et ferme les yeux quand ce même islam inscrit ses inaugurations d’aujourd’hui en les reliant explicitement au passage de « l’armée islamique » de l’époque…

Qu’on le veuille ou non, il y a bataille culturelle, et la Justice française a choisi son camp : celui de la soumission à l’islamisation.

Mais le nerf de la guerre, et de la bataille culturelle, c’est l’argent. D’où sont venus les fonds pour construire cet immense édifice ? Réponse de l’imam :

Ce que nous avons construit, c’est grâce à Dieu et avec l’aide de l’organisation Qatar Charity.

Qatar Charity est une organisation au prosélytisme conquérant, notamment en Afrique, et condamnée dans plusieurs pays du monde. Visiblement, en France, cela n’a pas gêné nos élus. Nos élus ? Justement, l’imam les remercie :

Bien sûr, le maire, grâce à Dieu, est mon collègue à l’université. Il a encouragé la construction de ce centre, et nous avons pu, grâce à Dieu, obtenir la licence. Le problème est que la licence est de dix ans et a expiré en 2013. Mais, grâce à la relation de fraternité et d’amitié entre le maire et moi, il m’incite toujours à accélérer l’achèvement du projet. Que Dieu nous bénisse. Inch’Allah.

Et le successeur socialiste Alain Claeys à la mairie de Poitiers soutiendra l’imam contre les identitaires. Une collaboration sans faille…

L’ironie de l’Histoire veut que cet imam qui voit « tout un symbole » dans l’installation de sa mosquée sur les lieux de la bataille leur ait reproché, après leur condamnation, de « vivre un peu dans la nostalgie de l’affrontement ».

Sur la mosquée et l’imam de Poitiers, Génération identitaire avait vu juste. Ce sont les propres paroles de l’imam qui le montrent…

Mais à Toulouse comme à Poitiers, un étrange phénomène s’abat sur la presse, la Justice et les responsables politiques français : ils ne veulent plus entendre ce que disent les imams, même quand on leur traduit leurs bonnes paroles…

Floris de Bonneville

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Le Conseil constitutionnel pour l’immigration de masse, par Francis Bergeron

Le prétendu « délit de solidarité » consistant à encourager, favoriser les filières d’immigration clandestine allait-il rester un délit ? Très habilement, les associations de soutien et d’encouragement au grand remplacement avaient posé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Pouvait-on faire condamner des individus ou des réseaux de soutien aux clandestins, aux sans-papiers, si ces réseaux agissaient non pour des raisons financières, mais bénévolement, sur des bases idéologiques, « humanitaires » ? Non. Non, il est impossible de poursuivre et de les faire condamner s’ils ne sont pas mus par l’appât du gain. Cette décision est un tournant qui vient ruiner tout le dispositif législatif censé nous assurer la maîtrise de l’immigration, le droit des Français à contrôler qui vient chez eux, pour y faire quoi et pour combien de temps.

Le Conseil constitutionnel s’est tout simplement livré à une analyse basique de la formule « liberté, égalité, fraternité ». La fraternité étant un principe constitutionnel, puisque référencé dans le préambule de la Constitution, toute personne, toute association, qui aidera des illégaux, des clandestins, en leur faisant passer la frontière, en les logeant, en les nourrissant, en leur fournissant des avocats, des formations, un travail (lui-même clandestin) sera considérée comme accomplissant un acte licite – et plus que cela, un acte humanitaire, un acte de fraternité.

Un appel d’air sans précédent

Depuis cette décision du Conseil constitutionnel, ce vendredi 6 juillet, c’est l’ébullition dans les organisations du prétendu antiracisme, et aussi au PC, chez les Insoumis, les Ecolos, dans les groupuscules. Toutes préparent des programmes au grand jour pour aider les clandestins à franchir nos frontières, et mettre en place, officiellement cette fois, les moyens matériels de la submersion migratoire.

Certes, les passeurs professionnels – qui se font rétribuer pour transférer les migrants en Europe – ne sont pas concernés par cette interprétation de la Constitution. Et leur activité ne sera pas légalisée. Mais les migrants auront-ils encore besoin de passeurs rémunérés, alors qu’une multitude d’associations – elles-mêmes subventionnées par l’Etat – et les collectivités territoriales le feront, dans les faits, de la façon la plus officielle ?

La décision du Conseil constitutionnel est gravissime. Elle constitue un appel d’air sans précédent pour tous ceux qui veulent converger vers l’Europe, et désormais vers la France avant tout.

Les macronistes soulignent que nous conserverons la liberté d’accueillir ou pas les clandestins. Mais quand on sait que 90 % de ceux qui parviennent à entrer chez nous y restent, ce chiffre sera désormais de 100 %, et 100 % d’une masse fortement gonflée par ce message d’encouragement.

Les LR regrettent la décision, mais ils sont piégés puisque le principal argument qu’ils mettaient habituellement en avant pour refuser l’immigration de masse, sans sortir du politiquement correct, était le rôle des passeurs mafieux, qui disparaîtront d’eux-mêmes avec cette mesure. Le Rassemblement national souligne pour sa part que cette décision constitue « une violation des droits de la nation française ». Elle sonne même la fin de la nation française.

Nous avons donc à présent, d’un côté des Alpes un pays qui annonce clairement la tolérance zéro pour l’immigration, et de l’autre côté un pays dans lequel partis politiques, syndicats, associations, municipalités vont s’engouffrer dans l’énorme brèche ouverte par le Conseil constitutionnel.

Les conséquences se feront sentir extrêmement vite sur nos équipements, notre sécurité, notre taux d’emploi, nos régimes sociaux, etc. Mais la vérité des chiffres sera sans doute cachée le plus longtemps possible aux Français.

Conséquence de la position aberrante de la Cour de Cassation : s’opposer aux actes non rémunérés de soutien aux migrants, par exemple une aide au franchissement de frontière devient donc un délit. Les premières victimes seront les autorités préfectorales des Alpes maritimes, et les Identitaires, qui peuvent être poursuivis pour délit d’atteinte au droit de fraternité, garanti par la Constitution

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent