Cet étrange couvre-feu, par Maxime Tandonnet

L’une des caractéristiques les plus sidérantes du cerveau humain est sa malléabilité. On s’habitue à tout, on finit par tout accepter et tout banaliser.

Un couvre-feu est en vigueur depuis six mois et il est devenu une chose normale. A 21H les rues se vident, les gens prennent peur et rentrent chez eux. Evidemment, les conséquences, le contexte sont différent. Mais ce couvre feu est en substance, le même que le couvre-feu des années d’occupation 1940-1944.

Selon les période, à 20 H ou à 23 H, les Français n’avaient plus le droit d’être dehors et devaient rentrer chez eux. Rien n’est plus étrange que la résurrection de ce phénomène aujourd’hui. Jamais un couvre-feu – le mot même et la réalité- général, durable, n’eût été possible dans l’après guerre. Aucun dirigeant politique n’eût assumé un retour au cauchemar. Il faut croire qu’à la troisième génération, le souvenir des années sombres s’estompe dangereusement. A l’évidence il ne sert strictement à rien sur le plan sanitaire.

On sait que le la covid 19 ne s’attrape pas dehors. Obliger les Français à rentrer chez eux, au besoin à s’entasser à l’intérieur d’une pièce quand ils sont plusieurs, notamment les jeunes, est infiniment plus dangereux que de les laisser vivre à l’extérieur. Et le virus ne devient pas plus virulent en extérieur après 21H qu’avant. Tout ceci est une véritable insulte à l’intelligence. Pourquoi? Nous sommes toujours dans la logique de l’esbroufe: asservir pour faire semblant de protéger. Le prix de cette mystification est gigantesque: enfermer une nation après 21H comme après 23 H revient à anéantir les fondements d’une société de liberté.

Or, il ne se trouve pas une voix chez les intellectuels ou les politiques, de l’extrême gauche à l’extrême droite incluses, pour – ne serait-ce que – s’interroger. Le plus extraordinaire, le plus tragique, la leçon la plus invraisemblable, c’est la facilité avec laquelle le grand troupeau se soumet, et pire, s’habitue.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

[vidéo] Marion Maréchal : les confidences d’une patriote


Marion Maréchal parle rarement d’elle, de son parcours, de sa personnalité. Pour Livre Noir elle s’est exceptionnellement prêtée à l’exercice au cours de ce grand entretien chargé de confidences.

Ses moments politiques les plus émouvants au contact des Français, la personnalité de Marion Maréchal et sa facette “timide” qu’on ne lui connaissait pas, son rapport à la politique, les moments difficiles qu’elle a pu vivre ou encore sa vision de la peoplisation de la vie politique dont elle a parfois été victime .. aucun sujet n’a été évité. Avec dans le même temps de profondes réflexions sur le terrorisme, l’islamisme, Eric Dupont Moretti ou encore l’avenir de la France et de l’Europe.


Guignol à L’Élysée – Toujours plus de démagogie !

Guignol Macron

« Jupiter » est redescendu sur terre. Et au ras des pâquerettes même ! En effet, Emmanuel Macron s’est adonné ce week-end à un exercice de « séduction de la jeunesse » particulièrement grotesque qui décrédibilise et dégrade encore un peu plus – si tant est que cela soit possible – la fonction présidentielle.

Jamais en retard d’une stratégie de haut niveau, le Président Macron a en effet cru bon d’inviter à l’Elysée deux (plus si) jeunes « youtubeurs », très populaires, « MacFly et Carlito », afin de participer avec eux à un « concours d’anecdotes » diffusé dimanche 23 mai et déjà visionné près de neuf millions de fois.

Ceux qui penseraient qu’en ces temps de crises multiples – à l’heure où des policiers tombent sous les balles des voyous et où l’économie nationale retient son souffle – le premier personnage de l’Etat devrait avoir autre chose à faire, sont des tristes sires et des rabat-joie qui ne comprennent pas l’urgence de « renouer le dialogue avec la jeunesse » à travers ce genre de « happening » humoristique et « sympa ». Car apparemment, en tout cas selon l’avis des experts en communication présidentielle, la « jeunesse » ne peut comprendre que la gaudriole et le divertissement bas de gamme. C’est dire en quel degré d’estime on la tient.

Au programme de cette improbable rencontre avec les deux « humoristes », toutes baskets et bonnet rutilants sortis : blagues sur le foot, passionnantes anecdotes de vacances ou de concerts, et même quelques « écarts de langage » du Président (quelle transgression audacieuse !).

Pendant près de 40 minutes, Emmanuel Macron a donc ainsi fait face aux deux youtubeurs, chaque protagoniste devant raconter une anecdote, charge à « l’adversaire » de déterminer si celle-ci est vraie ou fausse. A l’issue de cette « joute » digne d’une cour d’école, le président de la République s’est engagé à mettre en évidence sur son bureau une photo des deux « influenceurs » (6,6 millions d’abonnés à leur chaîne youtube) lors de l’une de ses prochaines interventions télévisées. Rappelons que « MacFly et Carlito » ont bâti leur succès sur des vidéos du type « On dit des dingueries dans le micro d’une grande gare », « On fait des trucs idiots à ne pas reproduire chez soi », « On appelle des gens au hasard dans nos téléphones » ou « On dort chez un de nos abonnés… »…

Et dire que certains naïfs à droite s’étaient enthousiasmés lors de la prise de fonction d’Emmanuel Macron en parlant de « retour à la verticalité » et de « restauration » de la fonction présidentielle !

Tout au contraire, le mari de Brigitte n’est parvenu qu’à faire davantage dégringoler l’image de l’autorité républicaine suprême, l’abaissant jusqu’au plus parfait ridicule, à force de démagogie, de clientélisme, de « marketing » et de volonté assez pathétique de « faire jeune et moderne » en tentant de coller au plus près des modes les plus imbéciles et vulgaires du temps.

Bienvenue en idiocratie !

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 25 mai 2021

L’infantilisation de la politique, officialisée par Emmanuel Macron, par Ivan Rioufol

Le pays s’effondre ? Amusons-nous ! Allons faire une galipette dans les jardins de l’Elysée en compagnie du chef de l’Etat ; écoutons-le s’exclamer, apparemment surpris : « Putain, ils sont là ! », en découvrant au détour d’un bosquet le groupe « heavy metal » nantais, Ultra Vomit. Ces scènes font partie du « coup de com’ » d’Emmanuel Macron, diffusé dimanche sur YouTube avec la complicité des « influenceurs » humoristiques McFly et Carlito, qui comptent plus de 6 millions d’abonnés. La vidéo, tournée au cœur de la présidence et construite sur un « concours d’anecdotes », a été vue par plus de 7 millions de personnes en 24 heures. Dans son dernier essai, l’ancien maire socialiste de Sarcelles, François Pupponi, écrit (1) : « La France est au bord du chaos. Elle est en miettes. Fracassée. Eparpillée. « Façon puzzle », dirait-on avec Michel Audiard, s’il y avait encore une infime possibilité d’en rire. Ce n’est plus le cas ». Mais si, rions ! A L’Elysée, rien n’est grave. En tout cas, tout est permis pour tenter d’attirer l’électorat incertain des 18-24 ans, tandis que celui des 25-34 ans glisse pour partie vers le RN. Jamais l’infantilisation de la politique macronienne n’avait été si loin dans sa caricature. Jamais la propagande n’avait été autant assumée. Relire l’Ecclésiaste : « Malheur au pays dont le roi est un enfant ».

Tout à son obsession de « transformer » le pays en le déconstruisant, le président s’en prend à sa propre fonction, qu’il avait dit vouloir rehausser après l’épisode François Hollande. Le marketing en politique n’est assurément pas une nouveauté, et moins encore la politique-spectacle. Mais un stade supplémentaire a été franchi, hier, dans le degré zéro de la réflexion. Car c’est un vide qui est proposé à l’électorat le plus jeune, représenté par ce duo en baskets, portant T-shirts et bonnet sur la tête pour l’un. Le footballeur Kilian MBappé a également été enrôlé un instant par le chef de l’Etat dans cette opération de dépolitisation.

La flatterie révèle d’ailleurs le mépris dans lequel est tenue cette jeunesse manipulable par la culture manga et la rigolade. Dans cet épisode burlesque, le divertissement est l’unique message. « Il n’y a pas de hiérarchie », dit l’un des youtubeurs à l’adresse du président, qualifié de « directeur de la Gaule ». L’un d’eux lui confie sa consommation de cannabis : « J’avais un oinj au bec, de la pure weed ». En gage, Macron a promis de mettre la photo des deux compères en vue, lors de l’un de ses prochains grands discours; pourquoi pas celui du 14 juillet. Pour sa part, le rappeur Youssoupha, qui appelle au meurtre d’Eric Zemmour et au viol de Marine Le Pen, a été choisi par la Fédération française de football pour représenter l’hymne national des Bleus. L’Elysée, en campagne présidentielle, a donné son feu vert à l’indécence et au racolage.

(1) Lettre à mes compatriotes musulmans, Editions du Cerf

Ivan Rioufol

Texte daté du 24 mai 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Vidéo de Macron avec McFly et Carlito : «Une opération de propagande politique»

McFly et Carlito


L’éditorialiste Alexis Poulin réagit à la nouvelle vidéo des influenceurs YouTube McFly et Carlito, tournée à l’Elysée, dans laquelle le président français Emmanuel Macron se livre à un jeu d’anecdotes.

Une vidéo décalée qui a fait polémique sur les réseaux sociaux et a été largement critiquée par les médias comme étant une opération de communication destinée aux jeunes.


Football et propagande : la célébration de l’anti-France pour faire réélire Macron en 2022

Du 26 mai au 6 juin 2021 – Exposition photo “La nature comme socle”

Exposition photo "La nature comme socle"


Premier pilier de la triade homérienne formulée par Dominique Venner, cette formule dessine un rapport à la nature et au monde propre aux peuples européens. De manière consciente ou non, les Européens se savent à la fois de la Nature et dans la Nature.

Paysages grandioses ou communion intime avec le sauvage, beauté délicate ou nature imposante, les photographies présentées illustreront ce rapport unique des Européens avec la Nature.

Cette exposition se tiendra à Paris, à l’Atelier Gustave, 36, rue Boissonade dans le 14ème, du 26 mai au 6 juin 2021 avant de partir en tournée à travers la France et l’Europe.

Plus d’infos : https://institut-iliade.com/exposition-et-concours-photo-la-nature-comme-socle/


[vidéo] Patrick Buisson : “Nous sommes dans l’Empire du vide”

Patrick Buisson


Dans son livre «La Fin d’un monde» (Éd. Albin Michel), Patrick Buisson décrit le processus d’autodestruction entrepris par la société française à partir des années 60. Relativisme moral et culturel, mort du patriarcat, avènement d’une société consumériste obsédée par le plaisir: l’historien n’augure rien de moins qu’un «changement de civilisation».

Entretien.



Jean Messiha : “Le choix de Benzema et celui de Youssoupha pour l’hymne participent d’une logique antinationale dans le sport”

[vidéo] Jean Messiha : Tribune des militaires : pourquoi tant de haine ?


Ils sont la fine fleur de la nation. Ils sont ces femmes et hommes, pas si nombreux, prêts à mourir pour défendre la France si le devoir les conduit à cette terrible extrémité. Ils partagent avec gendarmes, policiers et pompiers une prise de risque fréquente et parfois fatale.

Les militaires d’active, de réserve ou en retraite constituent l’un des derniers bastions de l’honneur, de la fidélité et du respect de l’autorité.


Youssoupha, chanteur officiel de l’équipe de France pour l’Euro 2021

Youssoupha

On se demandait (ou pas) qui pourrait bien être l’auteur de la chanson accompagnant, comme il est de tradition, bien ancrée quoique récente, l’équipe de France de football. Depuis la mort de Johnny, interprète de l’immortel « Tous ensemble » en 2002, on n’a pas vraiment gardé le souvenir de titres inoubliables. Tant mieux, d’ailleurs.

Or, voici qu’à l’approche de l’Euro 2021, les bonnes nouvelles se succèdent sans trêve. Hier, c’était l’annonce de la composition de l’équipe de France. Enfin ! On y retrouve le nom de Karim Benzema, jadis injustement placardisé. Cet excellent camarade, qui s’était fait connaître en ne chantant pas « La Marseillaise », en menaçant ses coéquipiers (voir l’affaire de la sextape de Valbuena) ou encore en déclarant qu’il n’était français que pour le football, était cependant admiré par certains pour ses performances sportives.

Comble de bonne fortune, on apprend désormais, et presque au même moment, que c’est le rappeur Youssoupha qui interprétera l’hymne officiel des Bleus pour l’Euro 2021. Un coup d’œil rapide sur les paroles d’« Écris mon nom en bleu », que l’on peut trouver un peu partout dans la presse, permet de mesurer l’apport décisif du spectacle vivant à la religion du sport. Un extrait, peut-être ? Puisque vous insistez. « Ça vient des campagnes et des quartiers, personne va s’écarter, le camp sera gardé. Chaque blase est lourd de sens. C’est jour de chance, mélange meilleur d’un goût d’ailleurs et d’un goût de France. » Référence aux quartiers, au métissage et au goût d’ailleurs qui passe avant le « goût de France », devenu un simple condiment : pas de doute, on est en terrain connu.

Originaire de la République démocratique du Congo, Youssoupha a grandi à Béziers, puis en région parisienne. Reconnu dans sa branche, il a accédé à la notoriété « grand public » en 2009 grâce au titre « À force de le dire », dans lequel on trouvait la phrase suivante : « À force de juger nos gueules, les gens le savent, qu’à la télé souvent les chroniqueurs diabolisent les banlieusards, chaque fois que ça pète on dit qu’c’est nous, j’mets un billet sur la tête de celui qui fera taire ce con d’Éric Zemmour. » Condamné en première instance, il avait trouvé, comme souvent les rappeurs, une justification filandreuse à ces propos insultants, justification dans laquelle, évidemment, il était question de second degré, de métaphores et de non-violence. Habitué de ce genre de distanciation artistique, Youssoupha est, par ailleurs, le fondateur du label musical Bomayé, qui signifie « tue-le », en lingala. Second degré, les amis. Restons calmes.

D’ailleurs, on aurait tort de réduire l’homme à cette sortie, un peu facile, contre un journaliste relativement clivant. Youssoupha, c’est aussi la chanson « Éternel recommencement », sur l’album À chaque frère (2007). 6 minutes 12 qui révèlent, selon ses exégètes, un talent auprès duquel Chateaubriand peut retourner jouer au beer-pong. Comme disaient Les Inconnus, on écoute et on en parle après ? Morceaux choisis : « J’mélange mes fantasmes et mes peines/Comme dans ce rêve où ma semence de Nègre fout en cloque cette chienne de Marine Le Pen » […] « Moi je m’en bats de la France d’en bas, je représente la France d’ailleurs » […] « Depuis le 21 avril, je sais que les Français sont des racistes conscients » […] « Ce qu’on nous enseigne me sidère/Car on oublie de nous dire que Napoléon était raciste et sanguinaire » […] « Le rap est en osmose avec son époque/Le message qu’il porte dérange les porcs qui lui ferment la porte. »

Bon, je crois que tout y est. Un engagement courageux et original contre le RN ; un petit mot gentil pour sa présidente, dans la tradition de l’amour courtois ; un clin d’œil complice à la France périphérique, qu’on appelait à l’époque « France d’en bas » ; de la gratitude pour l’Histoire de France, démontrant sa parfaite assimilation dans son pays d’accueil ; et, pour finir, une capacité de remise en question remarquable qui permet à l’auteur d’accueillir avec bienveillance d’éventuelles critiques.

Grand merci, donc, à Youssoupha, qui incarne la France de 2021 dans ce qu’elle a de meilleur.


Arnaud Florac

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Mabrouk, Praud, Zemmour : CNEWS, la chaîne qui dit non au politiquement correct

Manifestation des policiers – Les points sur les i… et sur les j, par Jean-Gilles Malliarakis

Manifestation des policiers

Enfin, on va pouvoir parler d’autre chose que des restrictions sanitaires sans éprouver le sentiment de prêcher dans le désert.

Or, la tentative assez grossière, pour ne pas dire grotesque, d’un Darmanin tendant à récupérer la mobilisation syndicale des policiers ce 19 mai, ne doit pas nous impressionner. Le pouvoir, et la classe politique, se trouvent interpellés désormais de façon massive sinon radicale, sur la question de l’insécurité. Associée aux deux autres “i” lancinants qui pourrissent notre société française, l’islamisme et l’immigration, cette question semble appelée à produire les résultats prévisibles aux élections locales de juin.

Que 2 ou 3 présidences régionales échappent dès cet été à la bien-pensance constituerait un avertissement salubre. Et si des remèdes effectifs ne sont pas apportés au malaise de l’ensemble des forces de l’ordre, policiers, gendarmes, fonctionnaires de la pénitentiaire et jusqu’aux pompiers, il ne faudra pas s’étonner si les présidentielles de 2022 se présentent sous un jour complètement inédit. Le coup d’État que le cloaque redoute ne viendrait pas, dès lors, des armes, mais tout simplement des urnes.

Or à la question des trois “i”, cités plus haut, s’ajoute la question “j” comme “justice”, sans laquelle aucune solution n’a de sens. À quoi servent des lois que l’on n’applique pas ? Le pouvoir que l’on appelle exécutif, d’abord ne les exécute pas. De son côté, notre administration ubuesque nous encombre de textes réglementaires paralysant le pays. En même temps elle-même demeure paralysée pendant des mois et des années, au contraire, quand il s’agit de publier les décrets d’application sans lesquels la loi reste lettre morte. Et bien sûr, la magistrature syndiquée entrave à son tour la doctrine pénale, déjà incertaine, d’une chancellerie déjà faisandée.

Or, quels que soient les reproches qu’encourt légitimement un Dupond-Moretti, quelque maladroites que puissent se confirmer, l’une après l’autre, ses interventions, quelque méritoires qu’adviennent demain les sanctions politiques, et notamment le désaveu que ne devront pas manquer de lui infliger les électeurs du Pas-de-Calais, il serait trop facile d’en faire, comme dans l’Ancien Testament, le seul bouc émissaire chargés de tous les péchés d’Israël.

Le mal vient, une fois de plus, bien évidemment de beaucoup plus loin. L’étendue des responsabilités doit très ferment être dénoncée de manière beaucoup plus large.

Il y a plus d’un demi-siècle, qu’un Georges Pompidou, que personne ne pouvait accuser de laxisme, et encore moins d’inculture, pouvait se permettre, sur ce sujet, de citer le royaliste Chateaubriand. Celui-ci observait en son temps que “la liberté qui capitule et le pouvoir qui se dégrade n’obtient point merci de ses ennemis.”[1]

Et le même défunt président osait ajouter, à juste titre selon ma modeste expérience : “je ne crois franchement pas que nos prisons soient pleines d’innocents“.

À cette époque montait en puissance le mouvement maoïste français qui allait prendre le nom de Gauche prolétarienne. Admirateurs de la soi-disant Grande révolution culturelle prolétarienne lancée en mai et août 1966 par Mao Tsé-toung, ses militants avaient rompu violemment avec le PCF, jugé “révisionniste”, et ils avaient participé activement à la crise française de 1968. Leur organisation première l’UJCml faisant partie des 11 mouvements dissous le 12 juin. Mais à la différence des autres, qui se reconstituèrent très vite sous une façade légaliste, ils adoptèrent une ligne systématiquement violente. “On a raison de séquestrer les patrons” imprimait leur journal La Cause du Peuple.Ils agissaient en fidèles disciples de Mao qui avait théorisé l’exercice de la Terreur par les “masses”. Il s’exprime ainsi par exemple dans un texte trop méconnu et pourtant si précis “à propos des excès”. Sans aucune ambiguïté le Grand Timonier, dont le portrait immense orne toujours la place Tian An-men au centre de Pékin, justifie tous les crimes commis par la “justice du peuple” qui a toujours raison, à l’encontre des très méchants propriétaires fonciers…

Parmi leurs exploits nos maoïstes français pilleront en mai 1970 la fameuse épicerie Fauchon, et cherchant se présenter tels de modernes Robin des Bois, ils distribueront une partie de leur larcin sur les marchés de banlieue.

Deux d’entre eux furent arrêtés : l’un des deux, placé sous mandat de dépôt à la salle Cusco de l’Hôtel-Dieu, avait été pris à partie par les passants et reconnu par un ouvrier des cuisines comme l’ayant frappé d’une barre de fer. Il fut remis en liberté.

La seconde, une étudiante en sociologie de 20 ans, devint une accusée vedette. Elle revendiquait hautement son action et fut jugée très vite. L’action avait été commise le 8 mai. Le 19 mai, elle était condamnée en première instance à 13 mois de prison et 3 000 francs d’amende. Hurlements dans les chaumières de gauche, du journal protestant Réforme (“un jugement scandaleux”) au Nouvel Observateur (“une justice de classe”). La Cour d’appel de Paris statuera le 14 juin en seconde instance et accorda le sursis c’est-à-dire la liberté à cette jeune maoïste, voleuse “expropriatrice”, activiste devenue “martyre”, victime de l’oppression et du capitalisme. Entre-temps, on lui avait accordé le régime spécial auquel seuls avaient droit, en principe, les condamnés de la Cour de sûreté de l’État, créée en 1963 pour juger les défenseurs de l’Algérie française. Le 15 juin, elle était libre.

Autrement dit, le pouvoir judiciaire, réputé conservateur et répressif, avait craqué devant les plus provocateurs et les plus violents des gauchistes. Et cela dure depuis un demi-siècle. Les admirateurs de la dictature maoïste se présentent en défenseurs des opprimés, des détenus comme des immigrés.

Or, depuis 1970, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de la Seine, devant le Quai des Orfèvres comme devant le vieux Palais de justice. Le fleuve a suivi le sens unique que l’on cherche à nous présenter pour celui de l’histoire. Et l’on compte désormais en France plus de criminels en liberté que d’enfants de chœur en détention. C’est pour cela que même la Grande Muette est tentée de ne plus l’être. On peut espérer que le peuple parlera à sa place, et le plus tôt sera le mieux.

[1] cf. conférence de presse du 2 juillet 1970

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Ce que la colère policière dit aux faux-culs

manifestation policiers

La colère policière est la colère française. Elle dépasse la profession et ses syndicats. La démonstration de cette solidarité sera vraisemblablement apportée ce mercredi à partir de 13 heures, avec le « rassemblement citoyen » auquel appellent les forces de l’ordre, devant l’Assemblée nationale. J’y serai. Cette initiative a été prise après l’égorgement par un Tunisien, le 24 avril, de Stéphanie Monfermé, au cœur du commissariat de Rambouillet, puis le meurtre, par un « jeune », d’Eric Masson, le 5 mai, au cours d’un contrôle d’identité à Avignon. Mais cette colère française désigne, en creux, des coupables.

Ils ne siègent pas seulement au Palais Bourbon, là où se font les lois. Les responsables de la haine anti-flics et des guérillas urbaines incessantes sont tous ceux qui, depuis des décennies, ont laissé le pays s’affaiblir et rendre les armes face à une contre-société conquérante. Ce mercredi, les policiers demanderont davantage de sévérité contre leurs agresseurs. Ils dénonceront probablement le laxisme judiciaire et le peu d’attention portée aux victimes. Cette retenue formelle permettra à l’ensemble des partis politiques (hormis La France Insoumise) d’être présents, ainsi que le ministre de l’Intérieur lui-même, Gérald Darmanin. Mais ce bal des faux-culs ne peut faire illusion : les pyromanes sont dans ce monde politique qui maltraite la France.

En appelant les citoyens en renfort, les policiers excédés participent au réveil des consciences. Leur action s’inscrit dans la logique des derniers lanceurs d’alerte. Les militaires ont été les premiers à dénoncer le « délitement » de la nation. Le 11 mai, ce sont 93 policiers en retraite qui ont pris la relève en invitant les élus à « tout mettre en œuvre pour mettre fin à la situation gravissime que traverse la France en matière de sécurité et de tranquillité publique ». Ces anciens flics réclament à leur tour « des mesures efficaces pour reconquérir notre propre pays et rétablir l’autorité de l’Etat partout où elle est défaillante ».

Les syndicats de policiers ne disent pas autre chose. Aussi est-il indécent d’observer, par sa présence annoncée, la tentative de récupération de Darmanin. Hier, le ministre de l’Intérieur traitait de « lâches » les militaires d’active venus anonymement en soutien de leurs aînés. C’est lui qui refuse également de faire le lien entre l’immigration et l’insécurité, sans vouloir admettre que la police est vue comme une présence étrangère dans certaines cités majoritairement musulmane.

L’aveuglement dogmatique de Darmanin est plus généralement celui d’une caste qui joue aujourd’hui au pompier, tout en ayant laissé s’installer une société conflictuelle et incendiaire.

Ivan Rioufol

Texte daté du 20 mai 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Eric Zemmour : “J’étais à la manif des policiers. J’ai senti une population qui s’émancipait de la doxa dominante (…) Mélenchon préfère manifester avec les Traoré et les islamogauchistes qui veulent abattre la France” (Vidéo)

Benzema – Tu n’aimes pas la France ? Tu joues en bleu quand même !

Karim Benzema

Il est de retour ! La nouvelle a été confirmée par Didier Deschamps, sélectionneur de l’équipe de France, mardi 18 mai 2021 lors du JT de TF1 : Karim Benzema va de nouveau porter le maillot tricolore et sans doute jouer le championnat d’Europe des Nations, « l’Euro » 2021 (11 juin – 11 juillet). Benzema, l’équipe de France et Didier Deschamps, une véritable saga, digne d’une série télévisée aux yeux des passionnés de football, ridicule pour ceux qui se fichent du ballon rond.

Pourquoi tant de bruit à propos d’un joueur de football ? Alors titulaire indiscutable en équipe nationale, Benzema en a été exclu il y a un peu plus de cinq ans par Didier Deschamps, à la suite de l’affaire dite de la « sextape ». Une histoire de petites frappes de bacs à sable de cité des « quartiers ». Des individus, dont un proche de Benzema, faisaient chanter Mathieu Valbuena, autre footballeur de la sélection nationale, car ils avaient en leur possession une vidéo à caractère sexuel – de Valbuena et de sa petite amie. Qu’une telle vidéo soit filmée, diffusée et se retrouve entre des mains peu amicales donne en soi une idée du niveau de caniveau qui règne dans le milieu du football où des post-adolescents irresponsables dans tous les domaines accèdent au statut d’idoles mondiales (et financièrement mondialisées). L’affaire ayant fait du bruit et donnant une image catastrophique, Deschamps a mis les deux hommes à la porte. Depuis cinq ans, la question Benzema est cependant demeurée à l’ordre du jour. Le joueur de 33 ans a fait une carrière talentueuse dans l’un des cinq plus grands clubs du monde, le Real Madrid, et est un serial buteur en pleine forme, peut-être au sommet de son « art ». Le genre de joueur dont aucune équipe ne peut théoriquement faire abstraction. D’autant qu’il est devenu un véritable numéro 9, buteur et remiseur, qui, associé avec Mbappé et Griezmann, pourrait faire des étincelles. Il pourrait bien ne pas être de trop, la France jouant dans un groupe très relevé, avec le Portugal, l’Allemagne et la Hongrie.

Pourquoi évoquer une information « sportive » de cette nature ? « L’affaire » ne concerne pas seulement la sextape. Bien sûr, Benzema a été exclu pour cela. Mais le procès de cette affaire n’aura lieu qu’à l’automne. Pourquoi n’a-t-il pas joué depuis 5 ans, du fait de cette affaire, s’il peut maintenant jouer… malgré cette même affaire encore non réglée juridiquement ? Incompréhensible. Plus encore : en juin 2016, Benzema s’en était pris au sélectionneur, affirmant qu’il avait « cédé à la partie raciste de la France ». Les propos de Benzema laissaient entendre qu’il ne se sentait pas français. La France, il en veut bien pour profiter des opportunités de gloriole sportive mais pas pour le reste. Un sacré exemple pour la jeunesse d’un pays dont les instances sportives ne cessent de répéter que le sport doit être exemplaire. Des mots.

La réintégration de Benzema est un message détestable lancé aux « jeunes » des « quartiers » : vous ne vous sentez pas français ? Pas grave, les gars, venez, les petits fours c’est par là. Et c’est la Maison France qui offre.

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 19 mai 2021