Michel Onfray : « J’en ai un peu assez de cette gauche qui dit aimer le peuple, et qui ne fait rien dans ce sens là »

Pourquoi il est essentiel d’expulser le prédicateur islamiste Hassan Iquioussen

Hassan Iquioussen

La sphère islamiste et les réseaux sociaux retentissent depuis jeudi des cris d’orfraie des alliés des Frères musulmans, qui s’indignent que la France puisse expulser le prédicateur Hassan Iquioussen, présenté comme un « Français de fait », amoureux de la République. Le tout au détriment de la réalité du discours tenu par cet imam du Nord.
Une tribune signée Céline Pina.

Pour le grand public, l’homme n’est guère connu. Il est pourtant l’un des prédicateurs les plus en vue de « Musulmans de France ». Cette association, qui appartient à la mouvance des Frères musulmans, n’est autre que la fameuse UOIF. Elle a été rebaptisée ainsi par souci marketing et politique : le nouveau nom permet d’assimiler tout musulman aux islamistes, et d’espérer faire oublier son rôle dans la diffusion de l’idéologie frériste et du discours victimaire sur la soi-disant persécution des musulmans en France.

« Musulmans de France » a pour guide spirituel Yousouf Al Qaradawi, dont le discours n’a rien à envier à l’idéologie nazie. Les Frères musulmans ont d’ailleurs été les alliés de ces derniers durant la Seconde Guerre mondiale. L’homme est ouvertement antisémite, raciste, sexiste, il ne considère pas que tous les hommes sont égaux. Partisan du jihad, il justifie le terrorisme et prône la haine et le meurtre, il appelle à l’éradication des homosexuels et justifie la violence envers les femmes. Pour Qaradawi, l’Europe est une terre à conquérir au nom de l’islam, et ses disciples partagent ses représentations et sa vision du monde.

Quand Anne-Lise Dufour (PS) sent le vent tourner…

Hassan Iquioussen ne fait pas exception. Pour s’en rendre compte, il suffit d’écouter ses prêches. Sachant que ceux en français sont édulcorés, ils n’en restent pas moins gratinés ! Ainsi l’homme est profondément antisémite. Pour lui, les Juifs se sont alliés à Hitler provoquant la Shoah pour permettre l’édification d’Israël. Oh, il ne nie pas la Shoah, il explique qu’elle a été voulue par les Juifs pour servir leurs intérêts territoriaux en Palestine ! On ne saurait aller plus loin dans l’abjection. Il reprend par ailleurs tous les clichés de la haine des Juifs qu’il décrit comme avares et usuriers. Passage du Coran à l’appui, il déclare « les Juifs n’ont cessé depuis ce temps de comploter contre l’islam et les musulmans ». Il a longtemps aimé s’afficher avec Alain Soral, tient des propos négationnistes, notamment concernant le génocide arménien. Il fait de l’Occident une civilisation islamophobe et défend l’idéologie islamiste. Pour lui les attentats sont de « faux problèmes » qui permettraient d’éviter de parler des problèmes de la société occidentale. Bien sûr, il fait passer la charia avant les lois de la République, refuse l’égalité aux femmes, magnifie l’idée du martyr. Il en appelait également à mettre « douze balles dans la tête aux apostats de l’islam ». Ce florilège est loin d’être exhaustif. Il a même expliqué dans une vidéo comment obtenir des créneaux réservés aux musulmanes dans les piscines. La méthode passe par l’imposition du burkini et a été reprise par l’association « Alliance citoyenne » à Grenoble.

L’homme n’est pas un marginal au sein de la communauté musulmane. Il a su s’enrichir et a longtemps bénéficié de protections politiques. Lui et son fils ont été très soutenus par la maire PS de Denain, Anne-Lise Dufour. Le fils a même été un des piliers de la mairie et de la stratégie électorale de la maire. Celle-ci ne les a même pas éloignés lorsque les affaires du père comme du fils ont fait l’objet d’enquêtes, récemment relancées, notamment pour recel et détournement de fonds publics. En effet les islamistes sont rarement détachés des biens matériels et considèrent qu’escroquer les « kouffars » (les nons-musulmans) n’est pas illégitime. Après avoir largement contribué à asseoir leur respectabilité et leur influence, la maire a pris ses distances quand elle a senti le vent tourner, sans toutefois couper absolument les liens, clientélisme électoral oblige. Elle est d’ailleurs très silencieuse, à la fois sur la dimension islamiste et sur le rapport particulier à l’honnêteté qu’entretient la famille Iquioussen.

Hassan Iquioussen est un homme puissant et respecté dans le milieu frériste, lequel ne cesse de croître en influence. La stratégie des islamistes, version Frères musulmans, est d’investir le milieu politique, associatif et culturel pour peser sur les représentations et réislamiser la population arabo-musulmane en marquant dans tous les domaines la différence avec la civilisation et la civilité européenne. Force est de constater que cette façon de faire est payante et se mesure aujourd’hui dans les revendications identitaires que portent de plus en plus de musulmans, notamment les plus jeunes. Leur travail de radicalisation politique et religieux, relayé par le discours d’une gauche qui reprend la lecture victimaire et l’accusation incessante « d’islamophobie » de l’islam politique, porte de plus en plus ses fruits. De nombreuses études et sondages, qu’ils soient faits par la Fondapol ou l’institut Montaigne témoignent de l’emprise de plus en plus profonde de ce type de discours. Aujourd’hui ils ne touchent pas qu’une portion marginale des personnes d’origine arabo-musulmane. La cible des islamistes est prioritairement la jeunesse : l’enquête sur les lycéens d’Anne Muxel ou différents sondages IFOP, notamment ceux commandés par Charlie Hebdo et la Fondation Jean Jaurès montrent que le travail réalisé auprès des moins de 25 ans a été particulièrement efficace. Ils étaient 74% en 2020 à faire passer la charia avant les lois de la République. Ce résultat ne s’explique que par un travail d’ensemencement des esprits, lequel porte aujourd’hui de tristes fruits en termes de violence et de séparatisme.

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Gérald Darmanin, fossoyeur de la sécurité des Français, par Clément Martin (Les Identitaires)

Gérald Darmanin

Il est difficile de se remémorer un ministre de l’Intérieur aussi incompétent que Gérald Darmanin, et, par conséquent, aussi nocif pour la sécurité des Français. En deux ans, le roitelet de la Place Beauvau a réussi à synthétiser toutes les forfaitures et tous les échecs de la politique sécuritaire française.

Le digne héritier du sarkozysme

Les années Darmanin ont sans conteste été marquées par le sceau de l’anarcho-tyrannie. Alors que la France subit une montée de violence et d’insécurité, le ministre de l’Intérieur a pris l’habitude d’arborer le costume d’un homme sévère, prêt à lutter coûte-que-coûte contre l’ensauvagement. En janvier dernier, Darmanin annonçait fièrement que le quinquennat de Macron (le premier) avait été marqué par une baisse de la délinquance. Prenant pour preuve la baisse du nombre de cambriolages ou de vols avec violences, il avait pris soin d’occulter les mesures sanitaires (dont le confinement du début de l’année 2020) qui expliquaient mécaniquement cette baisse, et dont le terme allait de paire avec une remontée de ces actes de délinquance avec la moyenne observée depuis un moment[1]. Cette opération grossière n’est pas la seule au compteur du ministre, qui, un an plus tôt, avait tancé Marine Le Pen pour sa « mollesse » sur la question de la lutte contre l’islamisme[2].

En tentant de doubler la présidente du Rassemblement national sur sa droite, Darmanin comptait bien entendu rallier à lui la droite sécuritaire, accro aux discours et aux effets d’annonce et allergique aux mesures concrètes et efficaces. Car, plus que tout autre chose, ce qui caractérise la sécurité sous Gérald Darmanin, c’est bien la faiblesse extrême de la répression contre les délinquants et les criminels et le champ libre qui leur est laissé. En cela, il est bien le véritable héritier du sarkozysme, friand des déclarations incendiaires, jamais suivies d’effets concrets.

La communication politique au service de l’impuissance

En réalité, pour qui s’intéresse aux résultats observables et concrets de la politique menée par l’Intérieur, force est de constater que c’est bien le même laxisme qui domine. Certains pourraient penser que la dissolution du CCIF et de Baraka City ont constitué un pas important dans la lutte contre l’islamisme, mais il s’agit d’une illusion d’optique : dissoudre deux associations tout en refusant de fermer les mosquées radicales et en continuant à traiter les frontières comme des passoires n’a aucun effet autre que médiatique. D’autant plus que ces dissolutions ont été suivies par celle de Génération Identitaire. La manœuvre de communication politicienne est évidente : incarner, pour le plus grand plaisir des modérés, l’ordre républicain, plus prompt à faire taire les patriotes que les ennemis de la France. Cette faiblesse du ministre est d’ailleurs illustrée par le petit manège habituel qui suit chaque fait divers : comme du papier à musique, le ministre se rue sur Twitter pour faire part de son indignation, avant de se rendre sur place pour y surjouer l’émotion. Notons tout de même que les trois jeunes gens tués au couteau par un réfugié politique soudanais à Angers[3] n’ont pas eu le droit à ce traitement.

Sur le plan migratoire, l’échec est là aussi total : d’une part, un chiffre record d’entrées légales sur le territoire et de non-exécution des obligations de quitter le territoire français pour les clandestins[4], et d’autre part, l’annonce d’une nouvelle loi pour lutter contre les obstacles à l’expulsion[5], comme si le principal obstacle à l’expulsion n’était pas le ministre lui-même.

Nul ne demande au ministre de l’Intérieur de se comporter comme une cellule de soutien psychologique. Son travail est simple : s’assurer que la France ne devienne pas un coupe-gorge généralisé et un terrain de jeu pour les stratégies d’influence de l’islamisme. Sur ces deux points, la faillite de Gérald Darmanin est complète. Il est temps que les choses changent.

[1] https://www.lamontagne.fr/paris-75000/actualites/non-gerald-darmanin-a-tort-d-affirmer-qu-il-y-a-eu-une-baisse-continue-de-la-delinquance-durant-le-mandat-d-emmanuel-macron_14077221/
[2] https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/02/12/l-islamisme-au-c-ur-d-un-debat-cordial-entre-gerald-darmanin-et-marine-le-pen_6069660_823448.html
[3] https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/rixe-mortelle-a-angers-ce-que-l-on-sait-sur-le-drame-qui-a-coute-la-vie-a-trois-personnes_5261719.html
[4] https://twitter.com/Pierre_GTIL/status/1551841855909896192?s=20&t=rrIAG-TVr7qttdk-cPxYug
[5] https://www.laprovence.com/actu/en-direct/6850699/etrangers-delinquants-darmanin-annonce-une-loi-pour-lever-les-obstacles.html

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

À Lyon, la mort de Gérard Corneloup, journaliste et intellectuel, ouvrira-t-il leurs yeux ?

lyon agression

Gérard Corneloup est décédé, annonce le quotidien lyonnais Le Progrès, ce 27 juillet. Plongée dans le coma après son agression « présumée » le 18 juillet dernier avant d’avoir pu décrire ce qui s’était passé, cette personnalité lyonnaise très appréciée n’a pas survécu à ses blessures. « À ce jour, si l’hypothèse d’une agression crapuleuse a été envisagée par les enquêteurs, dès la découverte de l’ancien journaliste, d’importantes zones d’ombre planent encore sur les circonstances dans lesquelles il a été grièvement blessé », écrit le quotidien lyonnais du 27 juillet. En l’absence de témoins directs, un appel à témoins a été lancé. La sacoche du journaliste et écrivain a été retrouvée à 400 mètres du lieu de son décès. « Est-il tombé suite à l’arrachage de sa sacoche ou a-t-il été victime d’une chute accidentelle, suivie du vol de sa sacoche par un individu qui aurait profité de la situation et se serait abstenu de lui porter secours ? », interroge le quotidien. Des expertises médico-légales devraient permettre d’éclairer les faits. « Il était si foncièrement gentil et avenant qu’il a pu laisser entrer une personne », glisse un résident de son immeuble au Progrès.

Décrit comme un homme souriant, serviable, un puits de science sur l’histoire de sa ville de Lyon, sur la musique, le patrimoine ou les arts, Gérard Corneloup, né en 1946, a longtemps travaillé à la bibliothèque municipale de Lyon, tout en signant dans différents journaux, Le Progrès, Le Journal Rhône Alpes ou Le Figaro dont il assurait la chronique musicale. Historien, auteur de plusieurs ouvrages, il a notamment reçu l’hommage de l’ancien maire de Lyon Gérard Collomb, « triste et atterré par la sauvagerie de cette agression ». Collomb qui reconnaît, ce 26 juillet sur BFM TV, que « la situation sur le quartier de la Guillotière et plus largement sur l’agglomération lyonnaise est une situation extrêmement dégradée ».

Le niveau de violence inédit dans la société française ne cesse de monter et touche cette fois, avec Gérard Corneloup, un journaliste et intellectuel. Cela suffira-t-il à dessiller ces intellectuels et journalistes qui refusent de voir ?

On attend toujours une mobilisation solidaire, une marque d’indignation de ces milieux largement idéologisés, si prompts à pétitionner pour toutes sortes de causes. Ils l’ont fait lorsque Marine Le Pen avait fait sortir un journaliste de ses conférences de presse. L’insécurité galopante les laisse muets.

Le meurtre présumé de ce journaliste et intellectuel comme eux ne suscite aucune indignation tapageuse. Pas plus que celui du médecin militaire Alban Gervaise et de tant d’autres. Il est vrai que la France reste ce pays où le garde des Sceaux lui-même avoue avoir voté NUPES, le parti qui conspue la police à toutes occasions et balaie d’un revers de main ces drames qui se multiplient. La police, voilà le coupable. Pour ses pairs, la mort de Gérard Corneloup n’est pas un symbole. Jusqu’à quand ?

Marc Baudriller

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Didier Lallement, fanatique de la répression

« Portrait de Didier Lallement » issu de la lettre d’informations confidentielles Faits & Documents (n° 505, février 2022, 12 pages, 8 euros). La lettre mensuelle fondée par feu Emmanuel Ratier aborde cette fois le cas du préfet de police qui part à la retraite en juillet 2020, après une dérogation l’ayant autorisé à une prolongation de quelques mois.

Une carrière fulgurante

Didier Lallement naît le 27 août 1956 à Lyon Vie, dans une famille de la classe moyenne. Son père est technicien commercial et sa mère secrétaire de direction.
Lors de ses études où il obtient un DESS de droit des collectivités locales, il s’engage dans le syndicalisme étudiant au sein du CERES, le courant de Jean-Pierre Chevènement au Parti socialiste. En 1984, il fait ainsi partie d’une délégation qui se rend au Nicaragua par solidarité révolutionnaire avec le mouvement sandiniste.
Parallèlement, il commence sa carrière en 1981 comme chef de bureau à la mairie d’Épinay-sur-Seine, ville de Seine-Saint-Denis dont il devient secrétaire général du syndicat intercommunal quatre ans plus tard.
Le 8 décembre 1987, son initiation au sein d’une loge parisienne du Grand Orient de France constitue un véritable accélérateur pour sa carrière. Après un semestre, il est nommé chef de cabinet de Roger Bambuck au secrétariat d’État chargé de la Jeunesse et des Sports. Il rejoint ensuite le secrétariat d’État chargé des Collectivités locales avant d’exercer, en tant que sous-préfet, les fonctions de directeur du cabinet du préfet de l’Essonne.
Après la débâcle de la gauche aux élections législatives de 1993, il exerce les missions de secrétaire général de la préfecture de la Marne et de chef de service de l’action régionale et rurale de la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale.
Lors du retour de la gauche au gouvernement en 1997, il revient comme conseiller technique du ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement, avant d’être rapidement promu directeur général des collectivités locales.

En 2000, ce ministre lui permet de « prendre sa casquette » en lui offrant la préfecture de l’Aisne, un poste qu’il occupe brièvement avant de se voir confier la direction de l’Administration pénitentiaire, où il est maintenu par le Garde des Sceaux Dominique Perben malgré l’alternance politique de 2002. Ce dernier négocie ensuite son arrivée à la préfecture de Chalon-sur-Saône avant de l’intégrer au ministère des Transport, où il occupe la fonction de directeur de cabinet avant d’être nommé directeur général de l’Aviation civile et commissaire du Gouvernement auprès des Aéroports de Paris.
Préfet du Calvados et de la région Basse-Normandie entre 2010 et 2012, il rejoint le ministère de l’Écologie après l’élection de Nicolas Sarközy, puis fait son retour en force place Beauvau après la victoire de la gauche à l’élection présidentielle, en tant que secrétaire général, un poste qui donne notamment la main sur les carrières du corps préfectoral.
Ses manœuvres à ciel ouvert pour prendre la tête de la préfecture de police de Paris finissent par entraîner une levée de boucliers contre lui. Il n’est pas considéré comme fiable par François Hollande et reste maintenu à distance par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, mais il est nommé au tour extérieur conseiller maître à la Cour des Comptes en 2014 avant d’être promu président de section en 2017.
Bien que fort détaillé, son CV disponible sur Internet omet une des fonctions qu’il a occupées à l’époque, à savoir la présidence de la Commission d’examen des offres de la Société du Grand Paris, soit un des plus grands chantiers d’Europe. Des marchés « pour lesquels les procédures et les grands principes de mise en concurrence n’avaient pas été respectés, soit en attribuant un marché à une entreprise dont l’offre aurait dû être rejetée pour irrecevabilité, soit en modifiant en cours de procédure les modalités de calcul des offres financières, ce qui a eu pour effet de modifier l’ordre de sélection des candidats », note la Cour des Comptes dans un rapport rendu public le 17 janvier 2018.

Quand les cartes sont rebattues avec l’arrivée d’Emmanuel Macron, Didier Lallement est nommé préfet de la Gironde et de la région Nouvelle-Aquitaine puis, après seize mois passés à Bordeaux, à la tête de la préfecture de police (« PP »). Cette puissante institution est considérée comme un État dans l’État, gérant Paris et les départements de la petite couronne avec sa propre police judiciaire, ses prestigieuses brigades, son service de renseignement, son siège au Conseil de Paris, ses compétences en matière de lutte contre l’immigration, etc.

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Six ans plus tard, souvenons-nous du père Hamel

père Hamel

C’est un petit village de campagne, pas loin de Rouen : Saint-Étienne-du-Rouvray. Le père Jacques Hamel avait passé toute sa vie dans cette région : originaire de Darnétal, enfant de chœur à six ans, pour l’église Saint-Paul de Rouen, entré au petit séminaire à quatorze, il est envoyé en Algérie. Sa sœur, qui sera religieuse, témoigne qu’il refusa toujours, malgré ses performances lors de son service militaire, de devenir officier, « pour ne pas avoir à donner l’ordre de tuer d’autres hommes ». Entre son ordination, en 1958, et sa mort, il n’aura servi qu’au sein de l’archidiocèse de Rouen et fera même partie, cruelle ironie du sort, du comité interconfessionnel créé par l’archevêque après les attentats de novembre 2015. Une vie humblement offerte au Bon Dieu, sans espoir de vaine gloire ni de grandes réalisations : une vie de sainteté silencieuse, comme il y en avait des milliers en France dans la génération du père Hamel.

Ce matin-là, il célébrait la messe pour cinq personnes : un couple de paroissiens et trois sœurs. Deux « djihadistes », en réalité deux minables radicalisés (comme dans la plupart des cas), sont entrés dans l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray en criant « Allahu Akbar ». Leurs noms ne méritent pas d’être cités ici. Tout chez eux était factice : ceintures d’explosifs, grenades, armement, accoutrement, foi en kit – tout sauf, hélas, les couteaux. Après avoir regroupé les fidèles, ils se sont dirigés vers le père Hamel qui, du haut de ses 85 ans, les a apostrophés sans peur. Les deux assassins ont forcé un des paroissiens, un octogénaire, à filmer l’égorgement du père Hamel, dont les dernières paroles ont été, par deux fois : « Va-t’en, Satan ! » Les policiers sont arrivés sur les lieux assez vite et les ont abattus.

Jacques Hamel sera retrouvé « égorgé » – « massacré » serait le terme exact. Il a reçu en tout vingt-huit coups de couteau. Les services de police de la région avaient reçu des renseignements selon lesquels un attentat était en préparation dans ce village. Les autorités musulmanes du village avaient construit leur mosquée sur un terrain cédé par l’archevêché pour un euro symbolique : elles exprimeront leur surprise mais reconnaîtront que quelques salafistes se rendaient parfois aux prêches. Après un emballement médiatique et religieux (notamment sur la possibilité d’un procès en béatification), l’histoire retombera, comme un soufflé.

Reste-t-il quelque chose, six ans plus tard, de cet attentat qui avait, à l’époque, foudroyé les consciences en France ? Pas grand chose. Y aura-t-il quelques mots là-dessus dans la presse dite mainstream ? On l’espère. On peut lire, ici ou là, qu’un centre d’accueil des pèlerins est envisagé dans les années qui viennent. On peut même se procurer, sur le site de France 3 régions, le programme des commémorations de ce mardi 26 juillet : la messe sera donc suivie d’une cérémonie républicaine pour la paix et la fraternité devant la stèle du même nom, puis d’un verre de l’amitié au centre socio-culturel Georges-Déziré. Je n’invente rien. Tremble, Daech ! Nous vaincrons ta haine avec nos cérémonies neuneus façon IIIe République ; nous repousserons ton intolérance avec nos kirs, nos gobelets en plastique et nos bols de Monster Munch !

Le père Hamel est mort en martyr, égorgé in odium fidei comme autrefois, comme aux origines. Il ne faudrait pas l’oublier. Il paraît que certains visiteurs prient pour lui. Je pense, au contraire, que nous devrions lui demander de prier pour nous, aujourd’hui plus encore qu’il y a six ans…

Arnaud Florac

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Tout va très bien, messieurs les ministres…, par Philippe Bilger

police

Les cocoricos de nos ministres régaliens sont de plus en plus contredits par une réalité dont la brutalité ne cesse de s’amplifier.

La délinquance et la criminalité ordinaires sont déjà insupportables et ce n’est pas un « sentiment d’insécurité » qu’éprouvent les victimes nombreuses mais un désespoir aggravé par la relative impuissance des forces chargées de les combattre.

Il suffit pour en avoir un tableau hebdomadaire (et il n’est pas exhaustif) de se reporter du 11 au 17 juillet avec une recension de Valeurs actuelles mentionnant notamment une quinzaine de coups de couteau, coups de marteau, coups de hache, une femme poignardée par un clandestin…

Un basculement dramatique s’est produit dans notre société quand la police, de plus en plus souvent, au lieu de pouvoir opérer sa mission de contrôle et d’interpellation, est devenue elle-même une cible. La malfaisance spécifique, les guet-apens, les violences à son encontre font qu’elle ne peut plus nous protéger mais doit être protégée. Un comble.

Dans une commune près de Dijon, un policier est violemment « tabassé » parce qu’il tente d’interpeller un voleur de scooter armé.

Dans un quartier de Lyon à la Guillotière, trois policiers en civil dont une femme, sont agressés et lynchés à coups de barres de fer et avec du gaz lacrymogène, par une cinquantaine de voyous qui les empêchent d’appréhender un voleur à l’arraché. L’un des agresseurs est interpellé mais réussit à prendre la fuite (Le Parisien).

C’est tous les jours comme cela. Il paraît que ceux qui s’émeuvent exagèrent ou appartiendraient au RN et donc seraient forcément inaudibles et de mauvaise foi.

On a un ministre de l’Intérieur qui tweete beaucoup après. C’est le signe de l’échec. Un Eric Ciotti a le droit de tweeter : il n’est pas ministre. Gérald Darmanin, lui, quand il termine son tweet par « s’en prendre à un policier c’est s’en prendre à la République » a un propos à peu près équivalent à zéro et magnifie son inaction.

Il n’est plus à cela près. Il a déclaré qu’il allait s’occuper « personnellement » des JO. Pas de quoi rassurer : il n’était tout de même pas à mille lieues du Stade de France et du préfet Lallement lors de ce fiasco dont il ressort virginal grâce au président de la République !

Eric Dupond-Moretti, certes non directement concerné par ces soucis d’ordre et de tranquillité publics, ne rassure pas davantage sur la Justice quand il fait des réponses méprisantes aux questions qui lui sont posées.

J’ai le droit de suggérer des pistes dont la plus importante est inconcevable.

Il faudra un jour instaurer de vraies peines planchers. Je devine trop ce que vont devenir les procédures de Lyon et de Dijon si on réussit à appréhender des auteurs alors que le caractère collectif des violences rend la preuve individuelle quasiment impossible. Elles s’enliseront dans des délais trop longs et l’indignation initiale finira en en indulgence judiciaire.

Surtout il conviendrait non pas de sortir de l’état de droit ressassé tel un mantra mais de l’adapter. C’est une incantation à défaut d’être une protection, une solution. Il n’est plus possible, face à des transgressions éclatantes, irrécusables, de laisser le temps noyer les vérités et des culpabilités immédiatement imputables. On ne devrait plus admettre que la bureaucratie s’oppose à la Justice. Il y a une multitude d’affaires qui justifieraient des allègements et des urgences et satisferaient l’attente citoyenne qui veut que justice soit rendue certes mais vite !

J’ai évoqué l’autosatisfaction du pouvoir. Elle est normale. Quand on échoue il est urgent de se gratifier : c’est le seul baume.

Que la France ait mal ne troublera pas un pouvoir sûr de son fait.

On aura compris que mon titre renvoie à une célèbre chanson de mon enfance où, annonçant à « madame la marquise  » une série de catastrophes, on lui certifiait pour la rassurer que « tout allait très bien ».

Faisons-leur plaisir : tout va très bien, messieurs les ministres…

Philippe Bilger

Tribune reprise de Philippebilger.com

Le « Coup d’éclat » ridicule des députées Insoumises arrivées en cravate pour répondre à Eric Ciotti

Attaques au C0UTEAU, flics tabassés, l’insécurité est-elle un sentiment ou une réalité ?

insécurité

26/07/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Angers, Nantes, les attaques à l’arme blanche se multiplient ces derniers temps, ce qui inquiète les autorités.

Des policiers roués de coups dans le quartier de la Guillotière à Lyon, la multiplication des faits divers est-elle une illusion que les médias créent ou tout simplement les prémisses d’une société au bord de l’implosion ?


La Gauche a-t-elle triomphé grâce à la violence ?

gauche violence

Avocat fiscaliste et essayiste, Thierry Bouclier a écrit des romans et des biographies sur des personnalités telles que Pierre Drieu la Rochelle, Jacques Benoist-Méchin, Alphonse de Châteaubriant, Jean-Louis Tixier-Vignancour et ADG. Son dernier livre, La Gauche ou le monopole de la violence, recense les événements de l’Histoire contemporaine qui ont permis à la gauche d’imposer son magistère moral à l’ensemble de la société, en dictant les règles et en fixant les interdits. Nous proposons ici quelques-uns des thèmes évoqués dans l’ouvrage.

Le clivage gauche-droite

Le 28 août 1789, au moment de se prononcer sur l’attribution d’un droit de veto au roi Louis XVI, les députés de l’Assemblée constituante se séparent en deux parties antagonistes situées respectivement à gauche et à droite.

Ce clivage existe encore aujourd’hui et reste marqué par les mythes de la Révolution. La gauche est censée incarner la lumière, le bien et le progrès, ce qui lui permet de relativiser les massacres commis lors de la Révolution et de la Commune de Paris, voire même les crimes du communisme. Malgré leur turbulence, les multiples chapelles du gauchisme appartiennent également à cette grande famille du progrès.

À l’opposé, la droite et ses valeurs sont considérées comme le mal dont l’extrême droite, d’ailleurs assez rarement définie, représente la quintessence. En conséquence, la droite tente constamment de se racheter en faisant voter des réformes sociétales et en s’abstenant de remettre en cause les lois votées par ses adversaires.

L’antifascisme comme idéologie

Le terrorisme

Ce terme, dont l’acception a évolué, trouve son origine en 1793 dans le gouvernement par la Terreur, lorsque la Convention décide de voter la Loi des suspects. Selon Robespierre, la Vertu demeure impuissante sans elle.

De nos jours, les politiciens et les médias de gauche tentent d’instrumentaliser chaque attentat terroriste en désignant la responsabilité de « l’extrême droite ». En 2012, Mohamed Merah est ainsi décrit comme « un Blanc aux yeux bleus » avant son identification.

Lors de l’attentat commis en 1980 devant la synagogue de la rue Copernic à Paris, les investigations s’orientent très vite vers la FANE, un groupuscule néo-nazi récemment dissous (des pistes plus sérieuses se porteront plus tard vers le Proche-Orient). De nombreuses manifestations se déroulent dans de nombreuses villes du pays pour dénoncer le « fascisme assassin ». Les grands journaux de gauche, les organisations antiracistes, BHL (déjà !) profitent de l’occasion pour attaquer violemment le Figaro Magazine qui a ouvert ses portes à Alain de Benoist et d’autres intellectuels du GRECE, ce qui conduit à leur éviction du journal.

Les médias, friands de complots d’extrême droite, se gardent également de communiquer les résultats des enquêtes qui innocentent leurs adversaires. L’affaire des « néo-nazis de Châteauroux » est emblématique : dix-sept ans de procédure, quatre-vingts personnes placées en garde à vue, vingt et une mises en examen et un jeune père de famille incarcéré. Selon la presse, un véritable arsenal composé de trois cents armes, dont soixante-quinze fusils mitrailleurs, a été saisi. En fait, celles-ci sont en vente libre dans les stocks américains. Les seuls objets sulfureux découverts se résument à une photographie de Léon Degrelle et un casque allemand de la Seconde Guerre mondiale. Ce fiasco judiciaire se solde par une condamnation à une amende de deux cents euros pour un fusil de chasse non déclaré. Les médias, qui ont pourtant largement relayé les poursuites initiales, n’en disent rien.

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« Gauche pastèque »: Olivier Véran s’approprie (aussi) l’expression de Jean-Marie Le Pen

Covid-19 – Mathieu Slama : «Le Conseil scientifique, composé de gens brillants, a mis à mal nos principes démocratiques»