Suisse : la hausse vertigineuse du franc érode la compétitivité helvétique

Suisse : la hausse vertigineuse du franc érode la compétitivité helvétique

18/08/2001 16h00
BERNE (NOVOpress) – La crise de la dette souveraine dans certains pays de la zone euro et le manque de volonté politique des grands pays européens aggravent le manque de rationalité de nombre d’acteurs du marché des changes qui cherchent dans des monnaies comme le franc suisse un hypothétique refuge.

Les conséquences pour l’économie d’un petit pays comme la Suisse sont considérables. Certes, le prix de l’immobilier dans les régions frontalières françaises en euros tombe en flèche et les touristes suisses font des affaires en or à New York, Londres ou Paris. Mais il faut qu’ils en profitent vite, parce qu’ils risquent de perdre leur travail en rentrant au pays si leur emploi est lié à une activité exportatrice.

En un an, le franc suisse s’est apprécié de 14 % par rapport à l’euro et de 32 % à l’égard du dollar. Pas de quoi se réjouir du côté des fabricants de coucous et de chocolat au lait.

Le rôle de la Suisse comme centre international d’affaires est aussi en péril. Selon une étude de l’UBS, les coûts salariaux à Zurich représentent 144 % de ce qu’ils sont à New York et les grandes sociétés internationales envisagent de réduire le nombre d’expatriés en Suisse au profit de Paris, Londres ou Frankfurt.

Les détails révélés par l’enquête « Prix et Salaires » de l’Union des banques suisses qui compare les prix et salaires dans 73 villes du monde pour 122 biens et services, devraient inciter les responsables suisses à la réflexion.

Cette étude répond à des questions comme : combien paie-t-on un trois pièces à Paris, à Chicago ou à Nairobi ? Combien coûtent les transports en commun à Jakarta, à Londres ou à Montréal ? Ou encore combien gagne un chef de service à Zurich, à Buenos Aires ou à Sydney ?

Nous apprenons ainsi que les villes les plus chères au monde sont Oslo, Zurich et Genève. Ces villes sont suivies de Copenhague, Stockholm et Tokyo. À l’opposé, les prix du panier sélectionné, qui contient 122 biens et services, sont particulièrement bas à Bombay, Manille et Delhi.

Les villes américaines étudiées présentent actuellement un niveau de prix inférieur aux années précédentes. Les économistes d’UBS justifient en grande partie ce recul par la dépréciation du dollar US face aux autres monnaies. À l’inverse, Caracas, la capitale du Venezuela, continue à souffrir d’une inflation élevée. Conjuguée à sa monnaie indexée sur le dollar américain, cette inflation a entraîné une hausse des prix qui se répercute en conséquence sur la place de Caracas dans le classement. Une nouvelle dévaluation de la monnaie vénézuélienne provoquerait un recul de la position de cette ville.

Qui en profite le plus ? Les salariés de Zurich, Sydney et Luxembourg profitent du plus fort pouvoir d’achat, d’après leur salaire horaire net. Parmi les marchés émergents étudiés, qui évoluent à un niveau comparable, Doha et Shanghai affichent une croissance rapide du produit intérieur brut, améliorant leur position au classement.

Vous trouverez l’étude UBS « Prix et salaires » 2009, ainsi que les mises à jour 2010 et 2011, en cliquant sur le lien suivant : www.ubs.com/prixetsalaires.

Dette grecque : la crise n'est pas la même pour tout le monde

Dette grecque : la crise n’est pas la même pour tout le monde

18/08/2011 – 08h00
PARIS (NOVOpress)
— Les pays de la zone euro ont donc sauvé une seconde fois le 21 juillet dernier la Grèce. Au moyen d’un nouveau plan de sauvetage qui porte, en particulier, sur 109 milliards d’euros apportés, pour les deux tiers par le Fonds européen de stabilité  financière, et pour un tiers par le FMI.

L’insistance du gouvernement allemand a fait que, cette fois,  le secteur privé (banques, assurances, fonds de toutes sortes) a été invité à mettre la main à la poche. Pour éviter que les agences de notation ne crient au « défaut » – c’est-à-dire à la faillite -, cette participation des créanciers sera « volontaire » (sic). Selon l’Institut de la finance internationale – lobby qui rassemble les banquiers – 90% des établissements financiers accepteront ce plan qui ce traduira par une perte moyenne de 21% sur la valeur des obligations d’Etat grecques détenues par eux.

Il faut savoir perdre un peu

Crise de l'euroDans l’accord du 21 juillet il est proposé aux banques, compagnies d’assurances et gestionnaires d’actifs parties prenantes de l’opération plusieurs options (roulement, échande de titres, rachat de dettes par la Grèce). Mais Quelle que soit la formule retenue, les créanciers devront accepter une décote de quelque 20% sur leurs créances. Ce qui se traduira par des pertes financières. Notons que seule la dette arrivant à échéance en 2020 ou avant entre en ligne de compte dans cet accord.

Sur les 135 milliards d’euros de dette souveraine grecque sur lesquels les créanciers privés internationaux se sont engagés à faire un effort, les Français participent pour un encours de quinze milliards. Comme la décote représente « environ 20% du montant de la dette que nous avons prêté jusqu’en 2020, cela fait à peu près 3 milliards pour les banques et les assurances françaises », précise François Pérol, président de la Fédération bancaire française.

L’encours de la dette des banques françaises portant sur environ 7 milliards d’euros, elles auront à subir une décote (avant impôt) d’1,5 milliards d’euros. L’encours des assurances est légèrement plus élevé à 8 milliards, ce qui correspond à une décote d’environ 1,7 milliards d’euros…mais l’essentiel de la charge sera supportée par les assurés, puisqu’on répercutera 85% de la décote sur les épargnants.

Société GénéraleGrâce aux tests de résistance effectués par l’Européan Banking Authority (EBA) et dont les résultats ont été rendus publics le 15 juillet, on peut se faire une idée sur l’exposition des banques françaises à la dette souveraine grecque au 31 décembre 2010. 4,99 milliards d’euros pour BNP Paribas ; 2,65 pour la Société Générale ; 0,65 pour le Crédit Agricole ; 1,26 pour BPCE. D’autres sources donnent 3,46 milliards d’euros pour Dexia et 448 millions pour CM 10 – CIC (après dépréciation).

L’application de la décote aura évidemment un coût. 534 millions d’euros pour BNP Paribas ; sur une exposition de 4 milliards à fin juin, seuls 2,3 milliards sont de maturité inférieure à 2020 et entrent dans le cadre du plan (décote de 21%). A ces 534 millions d’euros s’ajoutent 26 millions d’ »effet négatif » (sic) de participation dans des sociétés d’assurances qui détiennent aussi de la dette. Soit un total de 560 millions.

Prêteurs en dernier ressort : BCE et Etats

Cet encours de 2,3 milliards d’euros (hors assurance) est plus rassurant pour les dirigeants de la banque que l’exposition totale de 4 milliards à fin juin et de 5 milliards à fin 2010. Comme d’autres banques, la BNP a cherché à se désengager du piège grec, se gardant bien de racheter du papier lorsque les obligations arrivaient à échéance – la relève étant prise par la BCE et les Etats de la zone euro (prêts bilatéraux à la Grèce).

Avec un bénéfice net de 4,7 milliards d’euros au premier semestre 2011, BNP Paribas n’aura guère de difficulté à faire face à cette dépréciation de 500 millions d’euros. De toute manière, appartenant à la catégorie des banques dites « too big to fail » (trop grosses pour tomber), cette banque sait qu’en cas de pépin sérieux, elle pourra compter sur le concours « désintéressé » du contribuable.

La facture se monte à 395 millions d’euros (avant impôt) pour la Société Générale ; à fin juin, la Socgé était exposée à la dette souveraine grecque à hauteur de 1,85 milliards d’euros. Il faudra ajouter la recapitalisation de sa filiale grecque Geniki à la fin de l’année. Impact global de la Grèce pour le Crédit Agricole : 850 millions d’euros, dont 150 pour le plan de sauvetage – le reste correspondant aux pertes de sa filiale Emporiki qui porte 21 milliards d’euros de prêts à ses clients. 55 millions pour BPCE – seulement un tiers de sa créance est concernée par le plan de sauvetage de la Grèce. Pour le CM10-CIC l’impact se limite à 76 millions (après impôts) de pertes sur son portefeuille de titres. Quant à Dexia, sa participation au second plan de sauvetage de la Grèce lui coûtera 377 millions d’euros (avant impôt), dont 93 millions au titre de l’assurance.

DexiaDonc, en apparence, les banques ont consenti un effort conséquent avec cet abandon de créances de l’ordre de 20%. Petit effort en réalité, font remarquer les analystes financiers qui savent lire. En effet dans les semaines précédant l’accord du 21 juillet, les obligations d’Etat grecques à 10 ans, s’échangeaient sur le marché secondaire, celui de la revente, à environ 50ù de leur valeur initiale. Dans ces conditions accepter un « rabais » de 20ù relève du moindre mal.

Conclusion : sur les 135 milliards de prêts concernés, c’est-à-dire ceux venant à maturité en 2020 ou avant, ces 20% représentent une facture de 28 milliards d’euros (avant impôt) ; c’est tout de même mieux que les 67 milliards d’euros qu’auraient coûté aux investisseurs l’application stricte par les gouvernements de la zone euro du prix du marché qui fixait la décote à 50% – selon Nicolas Baverez, on s’orientait même vers 70%. Les banquiers savent parler aux politiques…lesquels n’ont rien à leur refuser.

Les mauvaises langues en profiteront pour rappeler cette règle du libéralisme : nationaliser les pertes et privatiser les profits…

En Suisse, l'UDC donne de la voix dans la tempête financière

En Suisse, l’UDC donne de la voix dans la tempête financière

17/08/2011 – 12h30
BERNE (NOVOpress) —
Alors que le pays s’interroge sur son avenir économique et que les autorités de la Banque nationale suisse évoquent la possibilité sacrilège d’un arrimage du franc avec l’euro, Martin Baltisser, secrétaire général de l’UDC a donné de la voix pour appeler son pays à une revitalisation de l’économie helvétique.

Pour Martin Baltisser, le débat politique de ces derniers jours a été dominé par les interventions de la Banque nationale pour stopper la hausse du franc suisse ainsi que par les prix des produits importés chaque jour moins chers. Désormais, l’intérêt semble se porter sur les moyens d’accroître la compétitivité de l’économie nationale par une manipulation de la monnaie nationale. L’UDC est sur un tout autre tempo. Le parti exige un programme complet de revitalisation de l’économie suisse. Le temps n’est plus, ajoute Baltisser, à une politique du type “emplâtre sur une jambe de bois”.

Martin Baltisser

Martin Baltisser

Enfonçant des portes ouvertes, le secrétaire général ajoute que la surévaluation du franc suisse par rapport à d’autres monnaies de référence est une conséquence des erreurs politiques commises par les pays membres de l’UE et les Etats-Unis. Cette suévaluation affecte la compétitivité internationale de la Suisse, ce dont souffrent tout particulièrement les exportations et le tourisme.

Martin Baltisser poursuit son argumentation : on sait que les effets des interventions publiques dans le domaine monétaire et sur le marché des devises sont limités. De toutes manières, elles sont du ressort de la Banque nationale suisse. En débitant des idées aussi éloignées de la réalité des faits, l’UDC ne va pas recruter de nouveaux adhérents dans les milieux financiers suisses.

Martin Baltisser ajoute que d’un point de vue politique, pour l’UDC il s’agit désormais en premier lieu d’améliorer durablement la qualité de la place économique suisse et de réduire les coûts intérieurs pour compenser les effets négatifs du franc fort sur la compétitivité des entreprises helvétiques. L’UDC estime que la meilleure manière d’agir est de lancer un authentique ”programme de revitalisation”. Un ensemble de mesures judicieusement combinées contribueraient à empêcher l’émigration d’entreprises et de sites de production, donc le transfert d’emplois à l’étranger. Le but de cette réforme serait aussi de soutenir la consommation en Suisse. On obtiendrait ainsi un effet préventif contre le ralentissement conjoncturel qui se dessine d’ores et déjà.

Selon l’UDC, l’heure des hypocrites a sonné

Pour le parti populiste, la proposition de quelques politiques de baisser la TVA dans certaines branches ou de décharger l’industrie de la taxe CO2 est certes la bienvenue. Il est cependant permis de douter de la sincérité de ces suggestions si elles émanent des mêmes milieux qui, pas plus tard qu’au début de cette année, ont imposé aux citoyennes et aux citoyens ainsi qu’à l’économie suisses des impôts et redevances supplémentaires pour plusieurs milliards de francs (en particulier une augmentation de la TVA de 1,1 milliard de francs !), ces mêmes milieux qui, par leurs votes au Parlement et dans les commissions, ouvrent la voie à des hausses fiscales, comme récemment l’augmentation de la taxe CO2. Les médias ont la mémoire bien courte en qualifiant de géniales des propositions de ce genre.

Martin Baltisser réclame de véritables allègements


Selon l’homme politique suisse, la situation actuelle doit effectivement motiver la politique à lancer un programme de revitalisation complet au profit de l’économie de son pays. Les propositions timorées avancées par certains milieux servent tout au plus leurs auteurs, en ce sens qu’elles leur font de la publicité quelques semaines avant les élections. Comme dans les années quatre-vingt-dix, il faut aujourd’hui trouver un consensus en faveur d’un large “programme de revitalisation” intervenant dans tous les domaines importants pour le développement économique (le programme de la dernière décennie du XXe siècle se focalisait avant tout sur le “renouvellement de l’économie de marché”). L’UDC invitera le Conseil fédéral à mettre en œuvre un tel programme. Le but est, d’une part, de limiter les coûts des interventions étatiques et, d’autre part, de donner des impulsions positives aux entreprises. Il s’agit en particulier d’agir dans les domaines suivants:

1- réduire les impôts, taxes et redevances grevant les entreprises

2- cesser de renchérir les coûts des transports et de l’énergie

3- concentrer la formation sur les compétences économiques

4- permettre aux entreprises et aux branches de mettre en place des solutions souples (notamment sur le marché du travail)

5- réduire les contraintes bureaucratiques et administratives frappant les entreprises

6- renoncer à des lois et règlementations inutiles

7- limiter à l’essentiel l’activité de contrôle de l’Etat

8- gérer plus efficacement l’immigration.

Il existe encore bien d’autres domaines d’intervention pour un programme de revitalisation digne de ce nom. L’UDC précisera ses idées dans les semaines à venir et les présentera au public. Dans tous les cas, le Conseil fédéral est invité à agir rapidement et à développer et appliquer un tel programme par la voie d’urgence.

L’UDC en profite pour dénoncer l’euro

La situation actuelle, insiste le politicien populiste, ne doit pas nous faire oublier les causes réelles des problèmes qui affectent aujourd’hui la Suisse et qui n’ont pas leur origine dans son pays. Elles sont la conséquence directe de l’erreur de construction fondamentale, sur laquelle repose l’euro, ainsi que la politique financière désastreuse menée par de nombreux pays membres de l’UE. Des décennies durant, les politiques de ces pays ont distribué l’argent à pleines mains, vidant les caisses de l’Etat et ruinant des économies autrefois florissantes. La Suisse a suivi une autre voie, une voie plus raisonnable, mais elle subit tout de même les effets des grossières erreurs politiques commises à l’étranger. Ce qu’il faut éviter à tout prix aujourd’hui, c’est de faire les mêmes fautes.

L’UDC : encore un effort à faire

Les huit mesures proposées par Martin Baltisser reflètent avant tout l’absence d’idées de son parti dans le domaine économique. Les campagnes de spots hostiles à l’Union européenne, une critique de l’euro qui n’est même pas au niveau de la presse eurosceptique britannique, ne remplacent pas un vrai projet politique pour la suisse dans le contexte européen.

Les Français à la découverte de l’UDC

Oskar Freysinger

Oskar Freysinger

Les Français séjournant en Suisse ou ceux habitant les régions frontalières qui souhaitent découvrir l’UDC, peuvent se rendre le vendredi 19 août 2011 prochain à 18h30 au château d’Oex (Halle Landi) où l’UDC Suisse romande lance la campagne aux élections fédérales.

Outre des discours politiques, les visiteurs seront conviés à partager une fondue cuisinée au feu de bois avec les candidates et candidats de l’UDC Suisse romande.

À cette occasion, les personnalités suivantes prendront la parole : Jean-Claude Mermoud, conseiller d’État, Caspar Baader, conseiller national et chef du groupe UDC, Céline Amaudruz, députée et présidente de l’UDC Genève, Oskar Freysinger, conseiller national et président de l’UDC du Valais romand, Dominique Baettig, conseiller national, Gilberte Demont, présidente de l’UDC Fribourg, Jean-Pierre Graber, conseiller national, Alice Glauser, conseillère nationale et présidente des Femmes UDC Suisse romande et Yvan Perrin, conseiller national et vice-président de l’UDC Suisse.

Les personnes intéressées sont priées de s’inscrire auprès de Claude-Alain Voiblet (voiblet@udc.ch) .

Slovaquie: la solidarité européenne remise en cause

Slovaquie : la solidarité européenne remise en cause

15/08/11 – 14h40
BRATISLAVA (NOVOpress)
– La profonde crise économique que traverse actuellement l’Europe suscite de nombreuses contestations et des tentations de replis nationaux.

Ainsi, Richard Sulik, président du Parlement slovaque a-t-il déclaré, à propos du mécanisme de renflouement des pays défaillants de la zone euro auquel tous les pays membres doit participer :

« C’est comme l’Union soviétique. Mais nous n’avons jamais adhéré à une telle union. Personne, avant notre référendum d’adhésion, ne nous a dit que la Slovaquie devrait payer des milliards et des milliards pour les retraites des Grecs et je ne sais quoi des Italiens. »

L’homme politique slovaque a également affirmé que cette procédure de « solidarité forcée » était contraire à la lettre comme à l’esprit du Traité de Lisbonne.

Les Slovaques sont d’autant plus critiques face à cette situation qu’il y a une dizaine d’années ils ont surmonté une grave crise financière (accompagnée d’une chute de plus de 12 points de PIB) sans aucune aide européenne.

La crise de la dette fait trembler l'Amérique tranquille

La crise de la dette fait trembler l’Amérique tranquille

13/08/2011 – 14h15
PARIS (NOVOpress) — Aux États-Unis, le récent accord entre l’exécutif et le législatif sur un relèvement du plafond de la dette a généré un soulagement trompeur. Cette mesure ne concerne que la dette de l’État fédéral et la capacité du Trésor à rembourser les emprunteurs en faisant marcher la planche à billets n’a jamais été réellement en danger.

Dans un très bon article du Guardian, le journaliste Dominic Rushe dévoile l’amplitude de la crise qui menace les finances locales américaines. Il rappelle que les dettes des collectivités locales, villes, comtés ou États, n’est en rien concernée par cet accord. Or, la croissance a jusqu’à présent retardé les effets des engagements pris dans des temps meilleurs, notamment à l’égard des fonctionnaires. C’est seulement aujourd’hui que des villes frappées par la récession se trouvent confrontées non seulement à des emprunts à rembourser mais aussi à des retraites ou des soins médicaux à payer à leurs anciens employés.

Le journaliste oublie de mentionner que cette situation frappe notamment de plein fouet les villes touchées par la « white flight ». Des localités autrefois florissantes quand elles abritaient une majorité de Blancs, touchent le fond quand l’évolution démographique fait que les familles Euro-Américaines les abandonnent en masse.

Ce n’est pourtant pas le cas de la petite ville de Central Falls dans l’État de Rhode Island se nomme elle même “la ville à l’avenir radieux”. Mais son présent parait bien sinistre. La ville de 18 000 habitants est fière d’être la plus densément peuplée de tous les États-Unis. Mais désormais, elle pourra aussi se targuer d’être la première ville de l’État à se mettre en faillite. Et malheureusement d’autres risquent de suivre son exemple.

À travers tout le pays, des villes sont proches de la faillite alors que l’économie est menacée par une grave récession. Les municipalités criblées de dettes font face à des taux d’intérêt de plus en plus élevés après le rabaissement par l’agence Standard & Poor’s de la note de la dette américaine. Il y a ainsi plusieurs dizaines de villes à risque rien que dans le Rhode Island.

Le comté de Jefferson dans l’Alabama présente le plus grand risque de faillite d’une municipalité dans l’histoire des États-Unis. Cette collectivité doit 3,2 milliards de dollars, reliquat d’un emprunt utilisé pour financer un nouveau système d’égouts. Dans une partie de bras de fer avec ses créanciers, le comté a refusé le vendredi 12 août dernier un accord proposé par les banques. Si une solution n’est pas trouvée, le comté se retrouvera en faillite avec une dette totale de 4,1 milliards de dollars, soit plus de 6000 dollars par habitant, en comptant les nouveaux nés et les vieillards grabataires.

Ce cas n’est pas le seul. La capitale de l’État de Pennsylvanie, Harrisburg, est aussi considérée en faillite, avec 300 millions de dollars de dettes pour un nouvel incinérateur.

Ce qui fait de Central Falls un cas si préoccupant, c’est que la crise financière mondiale n’est pas la principale cause de cette faillite. Les problèmes ont commencé des années auparavant, lorsque la ville a créé un fond de pension pour les baby-boomers qu’elle voulait attirer en leur promettant bien plus de services qu’elle n’en pouvait offrir.

Eileen Norcross, un chercheur du centre Mercatus de l’université George Mason en Virginie pense que d’ici dix ans, des villes comme Los Angeles, New-York ou Chicago pourraient bien faire face aux mêmes problèmes. Ses calculs démontrent que les États-Unis sont déficitaires de trois milliards de milliards sur leur système de retraite. La faillite de Central Falls pourrait être, selon Norcross, le signe avant-coureur d’autres faillites à venir.

La ville a créé son propre système de retraite pour les agents de sécurité publique (policiers, pompiers etc…) dès 1972. Ce système permettait aux agents de prendre leur retraite après 20 ans de service, de recevoir une pension équivalent à 50% de leur dernier salaire annuel et de bénéficier d’une couverture sociale. Robert Flanders, le juge nommé pour redresser les comptes municipaux, déclare que la ville a 80 millions de dollars de dettes dues à son système de retraite et que celles-ci augmentent de 16,3 millions de dollars chaque année. Le déficit de cette année sera de 5,6 millions de dollars. La décision de la ville de faire faillite lui permet de renégocier ses contrats jusqu’à qu’un juge décide de qui obtiendra quoi. Mais les policiers et les pompiers à la retraite vont voir le montant de leur retraite divisé par deux.

La bibliothèque est fermée, les services publics tournent au ralenti et les routes sont pleines d’ornières. Dans les parkings les mauvaises herbes pullulent et les fontaines sont arrêtées. Central Falls n’a jamais été une ville très prospère même avant la faillite. Les pompiers étaient déjà les moins bien payés de l’état. De plus, l’année dernière, tous les enseignants du collège de la ville avaient été licenciés suite aux mauvais résultats obtenus par l’école.

Mark Grusky, l’avocat représentant les pompiers de la ville, dit qu’on a offert à ses clients de toucher à peine 20% de leur pension. “Mes clients ne peuvent pas se permettre cela. Leurs retraites n’étaient déjà pas bien élevées au départ” déclare-t-il. Les deux parties vont désormais s’expliquer devant un tribunal.

Erin Levingstone, habitante de Central Falls de 34 ans, explique que les gens sont partagés sur la question de la baisse drastique des retraites des pompiers et policiers : “De nos jours, si vous prenez votre retraite à 40 ans, cela signifie que vous aurez encore 40 autres années à vivre. Je comprends que ces gens estiment qu’ils devraient toucher ce pour quoi ils ont payé mais les choses sont différentes aujourd’hui”. Cette habitante travaille dans une entreprise locale de revêtement de sols et explique que son entreprise aussi a été durement touché par la crise économique. “J’ai un enfant de 16 ans qui cherche du travail et il n’en trouve pas car des gens de 30 ans courent après les mêmes emplois que lui” raconte-t-elle.

Avec une économie menaçant de sombrer encore plus dans la crise, les États-Unis devront se battre afin de s’en sortir. Beaucoup de grandes villes telles que Boston, New-York, Chicago et Los Angeles possèdent leur propre système de retraite et beaucoup d’entre eux sont malheureusement sous-financés, selon Mme Norcross. La ville de Los Angeles y consacre 5 à 10% de son budget et devra doubler les contributions retraite d’ici 2015 si elle ne veut pas suivre l’exemple de Central Falls, mais à une échelle autrement plus grande. “Les grandes villes ont jusqu’à l’horizon 2020 pour prévenir et éviter ce genre de problèmes” toujours selon Eileen Norcross.

Il y a eu 624 faillites municipales depuis la création de l’US Bankruptcy Code en 1937, dont cinq ont eu lieu l’année dernière, selon l’analyste James Spiotto, expert dans ce domaine au cabinet Chapman and Cutler. L’analyste Meredith Whitney qui avait annoncé la crise des crédits, a prédit une crise massive sur le marché des obligations municipales avec à la clé, des centaines de milliards de dollars de déficits. Tout ceci ne s’est pas encore produit et selon M. Spiotto tout semble indiquer que les choses ne différeront pas de ce qui a déjà pu se passer lors de précédentes périodes de crise financière.

“Le vrai défi pour les municipalités est la façon dont elles stimulent leur économie. Nous vivons une période pleine de défis et si vous n’y faîtes pas face, vous aurez de gros problèmes”. La faillite est une option de dernier recours pour une municipalité. Central Falls a essayé d’augmenter les taxes mais avec les difficultés financières de ses habitants, cela n’a pas suffit. Le gouverneur de l’état de Rhode Island, Lincoln Chafee a aussi suggéré de fusionner avec la ville voisine, plus grande, de Pawtucket. Mais le maire de celle-ci, Don Grebien, a âprement refusé cette suggestion. Avec un déficit de douze millions de dollars, celle-ci a ses propres difficultés et a été obligé de licencier des employés municipaux.

M. Flanders explique que la crise actuelle de l’économie américaine pèse sur la ville, mais que les vrais problèmes couvaient depuis bien plus longtemps. “Franchement, avec toutes les difficultés auxquelles nous devons faire face dans cette ville, il sera difficile d’attirer quiconque, même si l’économie va mieux. Les gens veulent de bonnes écoles, des hôpitaux et différents services publics. Nous ne sommes pas en mesure de leur fournir cela”.

Capitalisme : 3 milliards de bénéfices sur le dos de la crise !

Capitalisme : 3 milliards de bénéfices sur le dos de la crise !


12/08/11 – 19h00
PARIS (NOVOpress)
– La crise économique qui secoue les Etats et appauvrit les populations est paradoxalement l’occasion pour certains d’une spéculation de grande envergure permettant un enrichissement considérable.

Ainsi, en pariant sur un effondrement de la conjoncture mondiale, le fonds américain Bridgewater Associates aurait gagné plus de 3 milliards de dollars sur la seule semaine dernière.

Sans attachement national ni morale autre que celle du profit, certains « hedge fund » profitent de la crise, n’hésitant pas parfois à l’accentuer par stratégie financière.

C’est le Wall Street Journal qui a révélé l’étendue des bénéfices du fond Bridgewater mais celui-ci ne serait pas le seul à faire de considérables profits sur le dos de la crise.

Och-Ziff Capital Management, de son côté, a acheté pour 12 milliards de dollars d’options au cours du premier trimestre 2011, ces options voyant leur prix augmenter lorsque la volatilité s’accroît sur les marchés financiers. Et l’indice Vix, qui mesure cette volatilité, s’étant envolé depuis fin juin, passant de 16 à plus de 40, Och-Ziff capital a ainsi pu engranger plusieurs milliards de plus-value.

Bretagne : TGV, 37 minutes qui coûtent une fortune

Bretagne : TGV, 37 minutes qui coûtent une fortune

11/08/2011 – 13h15
RENNES (NOVOpress Breizh) – Tout est politique. Surtout l’aménagement du territoire. La construction des nouvelles lignes à grande vitesse n’échappent pas à la règle. C’est ainsi qu’on a le droit de s’interroger sur la pertinence de la ligne à grande vitesse dite « Bretagne-Pays de la Loire ».

182 kilomètres de ligne nouvelle et deux cents ouvrages d’art entre Le Mans et Rennes permettront au TGV de rouler à 320 km/h. Grâce à cet investissement colossal (3,3 milliards d’euros), on gagnera 37 minutes entre la gare Montparnasse et celle de Rennes, le trajet passant à 1 heure 30. Voilà la nouvelle donne pour l’automne 2016, date à laquelle Eiffage Rail Express aura achevé le chantier.

A la vérité, ce gain de 37 minutes va coûter cher. D’abord il entraînera la disparition de 3600 hectares de terres agricoles. Ensuite nous avons affaire à un contrat de partenariat public-privé ; ce qui signifie qu’Eiffage financera le projet. Sa rémunération proviendra, en phase de construction, de concours des collectivités territoriales ( Région Bretagne, départements bretons, Rennes Métropole, Pays de Saint-Malo) et de Réseau ferré de France (RFF), complétés d’emprunts bancaires (un pool de douze banques commerciales) et d’apports en fonds propres.

Bienvenue à la Cour des comptes

En phase d’exploitation, Eiffage sera rémunéré pendant vingt-cinq ans par un loyer de Réseau ferré de France, qui perçoit de son côté les péages dus par les utilisateurs (SNCF) et conservera donc le risque commercial. Il y a fort à parier qu’au final, dans les années 2040, la Cour des comptes soit amenée à constater que le seul gagnant de l’opération s’appelle Eiffage. Le « partenariat public-privé » risque de coûter plus cher qu’un financement 100% public. Dans les montages financiers compliqués, ce qui est le cas dans la LGV Bretagne- Pays de la Loire, il y a toujours un gagnant et un perdant. Le premier s’appelle « entreprise » et le second « Etat ».

Un choix politique procédait forcément au lancement de cette affaire. Ou bien on privilégie la partie Rennes-Paris, ou bien on invertit dans le rectangle Nantes-Brest-Rennes-Quimper –la « raquette » disent les techniciens – afin d’améliorer la qualité des relations ferroviaires entre les différentes cités bretonnes. Certains partons bretons, obnubilés par la capitale, se sont démenés – lobbying intense – pour que la première option l’emporte. Et comme les désirs des milieux d’affaires ressemblent fort à des ordres, les élus se sont inclinés.

Trois heures ce n’est pas pour demain

Brest à 3 heures de Paris : ce n'est pas pour demain

Il n’empêche que le grand objectif demeure le raccourcissement de la durée du voyage entre Paris et Brest-Quimper. Aujourd’hui elle est de quatre heures et demie. En 2016, elle sera ramenée à quatre heures. A plus long terme à trois heures. C’est pourquoi parallèlement à l’opération LGV, va démarrer le volet « Bretagne à Grande Vitesse » qui portera sur des travaux de réaménagements depuis Rennes vers Quimper et Brest. En rabotant des virages ici et là, on économisera quelques minutes. Mais il en faudra d’avantage pour gagner une heure. De toute manière, on ne pourra pas faire de miracle avec l’enveloppe de 300 millions d’euros affectée à ce projet. Somme à comparer aux 3,3 milliards d’euros consacrés à la LGV. Bref, des miettes pour la « raquette » et le grand jeu pour la LGV.

La pression des milieux écologistes aidant – chauds partisans de la « raquette » – Jean-Yves Le Drian, président (PS) du conseil régional de Bretagne, s’est certainement senti obligé de lâcher du lest en faveur de travaux intra-muros. Avec ce pourboire de 300 millions d’euros, on ne pourra pas lui reprocher de ne rien faire…

Suisse : un rapprochement du Franc Suisse et de l'Euro ?

Suisse : un rapprochement du franc suisse et de l’euro ?

11/08/2011 – 20h45
GENÈVE (NOVOpress) —  Les journalistes du Financial Times ont laissé tomber leur stylo, les eurosceptiques du Telegraph ont poussé des cris d’orfraie, seuls les rédacteurs du Wall Street Journal ont su garder leur calme en lisant sur leur écran les propos de plusieurs responsables de la Banque nationale suisse qui ont annoncé à plusieurs médias qu’ils étaient prêts à tout pour défendre la parité du franc suisse avec les devises de leurs principaux partenaires économiques.

Ces mots elliptiques n’allaient pas rester mystérieux très longtemps. La Suisse ne peut en effet survivre à un franc suisse poussé vers la stratosphère par des mouvements spéculatifs initiés à Londres ou New York. En toute logique, la Banque centrale helvétique a donc annoncé qu’elle envisageait un rapprochement avec l’euro afin de décourager la spéculation. La seule réserve est que ce cours administré n’encourage pas l’inflation interne.

À la différence des rumeurs minant le cours de la Société Générale, cette nouvelle venue de Suisse a le mérite d’être authentique et en quelques heures, le cours du franc suisse perdait près de 5% par rapport à la devise européenne.

Le franc est loin d’avoir perdu les 30 % de hausse par rapport à l’euro enregistrés depuis un an, mais cette modeste baisse constitue une bouffée d’oxygène pour les industriels et prestataires de service suisses qui voient leurs marchés extérieurs s’étioler au profit de concurrents Allemands, Français ou Italiens.

Cette hausse spéculative du franc suisse causait aussi des ravages dans de nombreux pays d’Europe centrale comme la Hongrie dont la monnaie est liée à l’euro et dont de nombreux particuliers avaient souscrit à des emprunts en Suisse.

Il est possible que ces propos des responsables de la Banque centrale suisse ne soient guère plus qu’un effet d’annonce tant les difficultés techniques et juridiques sont grandes à mettre en pratique ce cours administré entre le franc et l’euro. Toutefois, cette discussion présente l’avantage de montrer à tous qu’une économie, plus que la monnaie, sont les hommes et les femmes qui travaillent et doivent pouvoir vendre leurs produits sur le marché sans être les victimes de spéculateurs mus par des peurs irrationnelles.

[box class=”warning”]Crédit photo : La bourse de Londres. Auteur : Bruce Christensen / photo sous licence creative commons[/box]

Vous avez dit : « croissance ... négative »

Vous avez dit : « croissance… négative »

[box class=”info”]L’hyperclasse dominante est prise à son propre piège de contrôle de la pensée par les mots qu’elle a interdits.[/box]

Le site du Figaro titre ce matin, 11 août 2011 : « France : risque de croissance négative ».

Or dans sa toute dernière édition, le dictionnaire de l’Académie stipule :

CROISSANCE n. f. XIIe siècle. Dérivé du radical du participe présent de croître.
Le fait de croître, de grandir.
1. Développement d’un organisme jusqu’à maturité. La croissance des plantes.
2. Accroissement en étendue ou en importance ; développement.

Pour toute personne sensée, la « croissance négative » est un concept inintelligible. Un oxymore. Il reflète pourtant tout à fait explicitement la désastreuse incapacité des dirigeants occidentaux à analyser la crise actuelle, car ils n’ont plus les mots pour la décrire.

Le système repose en effet structurellement sur la croissance : croissance de la consommation bien-sûr, mais croissance de tout. La croissance est la clé de voûte de tout ce système car elle assure l’équilibre dans la fuite en avant sur laquelle il est fondé. La croissance permet notamment de créer la monnaie pour assurer les dépenses non financées. La croissance, nous dit-on, permettra de rembourser les dettes. Alors l’endettement n’est pas si grave puisqu’il sera effacé lorsque la croissance reviendra.

Mais voilà, la croissance se fait attendre. Pas grave, nous rassure-t-on, elle reviendra de toutes façons, alors les dettes ne sont pas un vrai problème. Mais la croissance ne revient toujours pas. Ah si ! elle est là, mais elle est … négative !

Cette expression date de 2008, et fut lancée par Christine Lagarde. A l’époque quelques rares journalistes avaient malgré tout été interpellés par cet oxymore, notamment Thomas Legrand dans son édito politique du lundi 6 octobre 2008 sur France Inter.

Cette invention géniale a valu à Christine Lagarde d’être promue au FMI car elle n’a pas particulièrement brillé par ses résultats en tant que ministre de l’économie.
Les certitudes ont la vie dure : la croissance reviendra, c’est sûr. Elle est juste négative en ce moment, mais c’est normal, c’est une crise cyclique. Ainsi trois ans après, Le Figaro persiste, et continue de se rassurer, et de rassurer ses lecteurs, avec la même chimère paradoxale.

Il y a quelque temps, il ne fallait pas affoler Billancourt. A présent il ne faut pas affoler les marchés et les consommateurs.

Georges Gourdin pour Novopress France

Plus de 150 millions d’euros de fraudes à l’assurance maladie détectés en 2010

Plus de 150 millions d’euros de fraudes à l’assurance maladie détectés en 2010

11/08/10 – 09h30
PARIS (NOVOpress)
– Le directeur de la répression des fraudes à l’assurance maladie a indiqué hier que le montant des fraudes détectées et stoppées s’était élevé en 2010 à 156, 3 millions d’euros.
Un chiffre considérable qui donne une idée vertigineuse du montant réel du total des fraudes annuelles.

Sur le chiffre dévoilé, 71,1 millions viennent des hôpitaux et cliniques, 12,7 millions des infirmiers libéraux, 6,8 des ambulanciers, 4,9 des médecins, 3,8 des dentistes, 3,5 des pharmaciens et 2,5 des kinésithérapeutes.

Par ailleurs chez les assurés sociaux le poste le plus important concerne les indemnités journalières pour arrêts maladie abusifs (l’Assurance maladie classe ceci en abus et non pas en fraudes comme ci-dessus). En 2010, 2,34 millions de contrôles ont permis de faire cesser de nombreux arrêts de maladie abusifs représentant une économie de 398 millions pour l’assurance maladie.

[Tribune libre] Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser

[Tribune libre] Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser

[box class=”info”] Ne craignons pas l’effondrement –tant attendu– du système, mais plutôt précipitons-le. [/box]

L’ensemble de la presse convenue panique devant un événement attendu depuis pourtant presque dix ans : la chute de l’empire américain

Le déclic, la goutte qui fit déborder le vase, fut la dégradation de la note de la dette publique des États-Unis par l’un des instituts américains qui se sont auto-attribués la capacité à apprécier les économies des États du monde.

[Tribune libre] Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser Ainsi ce n’est pas tant la situation des États-Unis qui se serait précipitamment dégradée, ce qui pèse c’est, comme le note bien La Croix, qu’un tabou est brisé. Il aura fallu presque dix ans pour que ce tabou tombe, dix ans depuis notamment l’ouvrage publié en 2003 par Emmanuel Todd : Après l’empire.

Ainsi depuis dix ans les esprits éclairés de plus en plus nombreux annoncent le déclin du modèle socio-économique né de l’après-guerre et reformulé en plusieurs étapes, notamment en 1968. Déjà en 1971 (cela fait tout de même 40 ans), le secrétaire américain au Trésor, John Connally déclarait avec arrogance : « The dollar is our currency and your problem », « Le dollar est notre devise et votre problème ». Et le plus fort est que cela a fonctionné ainsi. Aujourd’hui encore la presse — encore sous influence — s’émeut des « conséquences mondiales de la dégradation de la note américaine », comme si cela était encore une surprise.

Si l’économie américaine s’effondre, son modèle, son paradigme, pour parler comme les philosophes, s’effondre aussi. Toutes les personnes qui tirent profit de ce paradigme peuvent s’émouvoir, car leurs vérités, leurs positions acquises se désagrègent. Avec la fin de l’empire américain, prend fin également un modèle pétri de mondialisme, de cosmopolitisme, de matérialisme, d’hédonisme.

Les tenants du système et tous ses bénéficiaires, tentent, en vain, de préserver leurs acquis en effrayant par la peur du lendemain, car ils savent bien que la chute de l’empire amènera un monde nouveau qu’ils combattent de toutes leurs forces. Ce monde nouveau se construira sur le rejet des valeurs dominantes actuelles, à savoir sur le localisme au lieu du mondialisme, sur l’enracinement au lieu du cosmopolitisme, sur la convivialité au lieu du matérialisme, sur la sobriété au lieu de l’hédonisme.

Tout ce qui tend à prolonger encore le système, comme le fut la prise en charge par les États des dettes non solvables des banques privées (subprimes), n’est que pur gâchis. Plus le système est moribond, plus l’énergie requise pour sa survie est importante.

Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser Friedrich Nietzsche dans un style qui n’appartient qu’à lui nous l’annonçait déjà : « Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser. »

Georges Gourdin pour Novopress France

UE: une nouvelle libéralisation des échanges agricoles repoussée in extremis

UE : une nouvelle libéralisation des échanges agricoles repoussée in extremis

10/08/11 – 07h00
PARIS (NOVOpress)
– La proposition d’accord de libéralisation des échanges agricoles entre le Maroc et l’Union Européenne a été rejetée par la Commission agricole du Parlement européen.

Ce nouvel accord, qui aurait eu pour conséquence une très forte augmentation de la quantité de marchandises agricoles importées exonérées de droits de douane, notamment dans le secteur des fruits et légumes marocains qui aurait représenté une nouvelle concurrence déloyale pour les producteurs européens, a été rejeté par la Commission qui a avancé des motifs de sécurité alimentaire, de protection de l’environnement et des répercussions économiques très négatives .

Cette opposition à un nouvelle vague de libéralisation a été saluée par le syndicat agricole indépendant la Coordination Rurale qui rappelle néanmoins que la situation reste périlleuse !

En effet, malgré leurs efforts pour abaisser leurs coûts de production, les producteurs européens et français, ne sont pas en mesure d’être compétitifs du fait du coût du travail et des contraintes environnementales qui leur sont imposées.

Le Parlement européen se révèle donc le dernier et fragile rempart des agriculteurs face à la libéralisation forcenée que veut appliquer la Commission européenne pour le plus grand profit des multinationales agro-alimentaires.

Londres d'accord pour une intégration plus poussée des pays de la zone euro

Londres d’accord pour une intégration plus poussée des pays de la zone euro

08/08/2011 – 11h20
LONDRES (NOVOpress) –
A la veille du « lundi noir », le Royaume-Uni donne son feu vert à une intégration plus poussée des pays de la zone euro

Dans un article publié le 7 août dans les colonnes du quotidien The Telegraph, le ministre des finances britannique George Osborne a appelé ses voisins continentaux à prendre l’initiative pour résoudre la crise des dettes souveraines.

Rompant avec une tradition bien établie, le ministre anglais en appelle à une plus grande intégration fiscale des pays de la zone euro et annonce que le Royaume Uni ne s’opposera pas à une modification des traités existants en ce sens.

Pour l’avenir de l’Union européenne cette prise de position est capitale. Elle implique que Londres n’exigera pas de référendums pour bloquer l’évolution vers une plus grande intégration des nations du continent qui adhèrent à l’euro.

En annonçant qu’elle allait acheter de la dette espagnole et italienne, la Banque centrale européenne a la première répondu favorablement à l’invitation de George Osborne et pris des libertés avec le carcan réglementaire qui lui interdit d’agir avec la même liberté que la Réserve fédérale américaine.

Ce « lundi noir » que redoutent les analystes financiers pour aujourd’hui va mettre les autorités politiques monétaires devant leurs responsabilités. Il faut espérer qu’ils soient à la hauteur des défis qu’ils auront à faire face.

[box class=”warning”]Photo : le London Stock Exchange (Bourse de Londres)[/box]

Les Etats-Unis n’ont plus leur «AAA»

06/08/2011 – 13h45
WASHINGTON (NOVOpress) –
Pour la première fois de leur histoire, les Etats-Unis n’ont plus leur AAA, la note la meilleure, pour la dette publique du pays. L’agence d’évaluation financière Standard and Poor’s (S&P) a en effet décidé vendredi soir de diminuer cette note à AA+, compte tenu des «risques politiques» du déficit budgétaire.

Cette annonce est faite alors que les places boursières sont toujours très nerveuses.

Le constructeur de la mosquée Arrahma de Nantes fait faillite

Le constructeur de la mosquée Arrahma de Nantes fait faillite


04/08/2011 – 18h00
NANTES (Breizh NOVOpress) – Taner Topdemir, patron d’Océane constructions, a dû déposer le bilan de sa société, victime d’une crise de croissance mal gérée. Bénéficiaire de nombreux contrats de sociétés publiques d’HLM, le groupe s’était aussi lancé dans la promotion immobilière.

Océane constructions, une entreprise de bâtiment d’Orvault qui emploie environ 200 personnes, vient d’être mise en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce. « Océane constructions a été victime d’une erreur de gestion très classique », commente un comptable nantais. « L’entreprise n’a pas su gérer son développement. Son chiffre d’affaires a fortement augmenté ces dernières années, mais le fonds de roulement n’a pas suivi. Une crise de trésorerie était inévitable. » Afin de geler les créances, la société avait été placée en procédure de sauvegarde voici quatre mois ; cela n’a pas suffi à la sauver.

Océane constructions s’était imposée en quelques années dans les milieux nantais du BTP. Créée en 2002, elle était dirigée par un jeune Turc, Taner Topdemir. Elle bénéficiait de nombreux contrats attribués par des constructeurs de HLM de Loire-Atlantique et des départements voisins comme Atlantique Habitations ou ESH Logis Ouest, dans le cadre programmes comme La Frégate à Donges, les Jardins d’Amaryllis aux Sorinières ou le Domaine des Pépinières à Angers.

Elle avait aussi été choisie pour le chantier de la mosquée Arrahma, construite à Nantes avec le soutien de la municipalité de Jean-Marc Ayrault (photo de la mosquée avec ses deux minarets, cliquer sur la photo pour la voir en entier).

Grèce : Le paradis s’appelle Bâle-Genève-Zurich

Grèce : Le paradis s’appelle Bâle-Genève-Zurich

Dès qu’il est question de la crise grecque, les médias évoquent volontiers tout ce qui ne va pas dans le pays de Périclès et de Thucydide. La liste est longue : gabegie, indolence, maquillage des comptes publics, effectifs pléthoriques sans l’administration… Pourtant, il existe une question que peu de journalistes abordent : la fuite des capitaux vers la Suisse.

L’homme qui connait le mieux le dossier, Georges Papaconstantinou, ministre des finances, chiffre entre 10 et 15 milliards d’euros par an le montant de la fraude fiscale à destination de la Suisse.

Depuis que le gouvernement grec semble vouloir lutter contre ladite fraude, le mouvement s’accélère. La perte de confiance dans les banques grecques favorise également cette fuite des capitaux. Dimitri Kouselas, secrétaire d’Etat au ministère grec des Finances, évalue à « 280 milliards d’euros, soit 120% du PIB grec » les fonds helléniques en Suisse. D’après lui, « depuis dix-huit mois, les comptes courants en Grèce ont perdu 38 milliards d’euros, transférés en majorité vers la Suisse ».

Du côté de la Banque nationale suisse, on minimise grandement ce mouvement. En 2009, les banques suisses recevaient 2,2 milliards de francs suisses de capitaux grecs (1,8 milliard d’euros). Sans prendre en compte les actions et les obligations.

La Suisse possède tous les atouts pour bénéficier de cet exode fiscal. Non seulement le secret bancaire pèse lourd dans la balance, mais encore la Confédération présente l’avantage de ne pas appartenir à l »’Union européenne, tout en étant proche d’Athènes.

Traditionnellement la Grèce faisait preuve de laxisme envers l’évasion fiscale. Payer des amendes ne faisait pas partie de la culture nationale : « dans le passé, le ratio des amendes fiscales qui ont été effectivement payées était inférieur à 10% », affirme Georges Papaconstantinou qui vient de renforcer les moyens et les effectifs chargés des contrôles fiscaux.

Il y a belle lurette que les grandes fortunes grecques ont choisi d’abriter leurs fonds à proximité du lac Léman. Les plus connues appartiennent au monde des armateurs (familles Onassis, Niarchos, Livaros).

Nécessité faisant loi, le gouvernement grec espère récupérer quelques sous. Aussi a-t-il entamé des négociations avec la Suisse pour taxer les fonds déposés par les Grecs dans la Confédération.

Poutine dénonce "le monopole du dollar" qui "parasite l'économie mondiale"

Poutine dénonce “le monopole du dollar” qui “parasite l’économie mondiale”

02/08/2011 – 10h30
MOSCOU (NOVOpress) —
Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, n’a pas mâché ses mots aujourd’hui en s’en prenant au système économique américain et à la gestion de la dette par le gouvernement des Etats-Unis.

Au cours de la visite d’un camp de jeunes aménagé près du lac Seliger, dans la région russe de Tver, il a déclaré que le pays de l’Oncle Sam “vivait au-dessus de ses moyens, rejetant “la responsabilité” de “ses problèmes sur l’économie mondiale”.

Surtout, Vladimir Poutine s’est attaqué violemment au système monétaire américain qui “parasite l’économie mondiale grâce au monopole du dollar”.