Pour le troisième mois consécutif, forte progression du chômage en France

Pour le troisième mois consécutif, forte progression du chômage en France

26/08/2011 – 19h10
PARIS(NOVOpress) – Confirmant la tendance observée depuis mai, le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté en France de 1,3 % en juillet. On compte désormais 2.756.500 chômeurs de catégorie A, du jamais-vu depuis janvier 2000.

Selon les statistiques du ministère du Travail le pays a enregistré en juillet 36 100 demandeurs d’emploi de catégorie A supplémentaires. Il faut remonter à octobre 2009 pour retrouver une telle augmentation sur un mois. Une hausse d’autant plus inquiétante que c’est le troisième mois d’affilée de hausse et que les résultats de juillet ont été encore plus mauvais que pour le mois de juin.

Pour le troisième mois consécutif, forte progression du chômage en France Toutes les classes d’âge sont touchées, en particulier les plus jeunes dont le nombre d’inscrits a progressé de 1,4 % en catégorie A pour le 3ème mois consécutif, et ce malgré les dispositifs mis en place par le gouvernement comme le développement de l’apprentissage ou le renforcement des contrats aidés. Le chômage touchant les seniors progresse quant à lui de 15 % sur un an.

La part du nombre des demandeurs d’emplois depuis plus d’un an par rapport au nombre total d’inscrits, ne cesse elle aussi d’augmenter pour atteindre 38,1 %, contre moins de 30 % il y a encore deux ans. Sur cette même période l’ancienneté moyenne au chômage a bondi de 60 jours pour atteindre désormais 453 jours.

Cette importante augmentation serait due en partie, selon le ministère du Travail, à un surcroît inexpliqué de jeunes qui entrent sur le marché du travail. Selon les dernières prévisions de l’Insee, le nombre d’actifs augmentera en effet de 153 000 en 2011, contre 100 000 escomptés. Selon une source gouvernementale que rapporte le Figaro « on recoupe les données pour comprendre d’où ils viennent » (sic).

Après avoir reconnu que les chiffres étaient « mauvais », Xavier Bertrand (photo), le ministre du Travail, s’est déclaré « optimiste pour la suite, parce qu’on s’aperçoit aujourd’hui qu’il y a des créations d’emploi ». Alors que le gouvernement est incapable d’expliquer l’origine des 53 000 actifs supplémentaires arrivant sur le marché du travail en 2011, on ne peut qu’être très réservé quant à l’optimisme de façade affiché par ce fidèle de Nicolas Sarkozy.

Tchéquie : c’est le moment d’adopter l’euro !

Tchéquie : c'est le moment d'adopter l'euro !

Dans cette période troublée, où l’euro est fortement menacé, il nous vient de Tchéquie une sorte de divertissement économique : une journaliste tchèque, rédactrice au Respekt, – titre qui se considère comme un des meilleurs hebdomadaires indépendants du pays, consacré à l’analyse politique, économique et sociale – estime que c’est le bon moment pour Prague d’entrer dans la zone euro. Cette idée peut paraître pour le moins farfelue ; pourtant, selon Kateřina Šafaříková, elle relève du pur bon sens. L’avenir se fera juge.

Polémia

Tchéquie : C'est le moment d'adopter l'euro !A première vue, se lever et manifester son souhait d’entrer dans le club des pays de la monnaie unique, au moment où l’euro tremble et où les incertitudes planent sur le futur de la zone euro, est une idée totalement saugrenue. En particulier en République tchèque, où la couronne est relativement stable et ne cesse de se renforcer. C’est pourtant aujourd’hui le moment idéal pour franchir le pas. Les deux parties y gagneraient.

Le 21 juillet, lors du sommet de crise de la zone euro, les fondements d’une plus grande intégration économique entre les 17 pays utilisant la monnaie unique ont été posés. Ceux qui sont allergiques au mot intégration peuvent le remplacer par « règles du jeu ».

Elles sont en train de changer, qu’il s’agisse de la physionomie du Fonds européen de stabilisation financière (FESF), des futures obligations européennes émises par la BCE ou encore des institutions de surveillance (d’une sorte de ministère des Finances européen). Pour dire les choses plus simplement, les pays de l’euro sont en train de devenir des « actionnaires » beaucoup plus importants des succès ou des faillites économiques. Ils auront donc tendance à vouloir davantage contrôler leurs intérêts à travers des institutions communes.

L’Allemagne insiste, par souci d’auto préservation

La République tchèque pourrait se sentir peu concernée par toutes ces problématiques, si elle ne se trouvait dans un état de « dépendance vitale » – ce sont les mots du premier ministre tchèque – à l’égard de la zone euro. L’intérêt d’être assis à la table des négociations est ici évident.

Selon des sources diplomatiques fiables, les responsables politiques allemands auraient commencé à envoyer des messages insistants à la Pologne et à la République tchèque les invitant à réserver leur place de membre décisionnaire à la table de l’euro et à annoncer leur décision d’adopter l’euro dans un futur proche. S’ils agissent ainsi, ce n’est pas pour les beaux yeux du Premier ministre polonais Donald Tusk ni pour ceux de son homologue tchèque Petr Nečas. Dire qu’ils sont extrêmement préoccupés par les intérêts économiques polonais et tchèque au sein de l’UE n’est pas non plus la bonne explication. Leurs motivations ont à voir avec une attitude d’auto préservation.

Premièrement, l’annonce de la décision d’adopter l’euro dans une période troublée renforcera la confiance des marchés dans la monnaie unique. Deuxièmement, l’adoption de l’euro par les deux plus importantes économies centre-européennes, qui sont de plus des économies ouvertes et contrairement à d’autres disciplinées, aura pour effet de contrebalancer le poids qu’exerce la France pour plier les nouvelles règles de la zone euro à ses intérêts.

Un véritable partenaire de la zone euro

Troisièmement, les investisseurs allemands auront une plus grande marge de manœuvre en Pologne et en République tchèque. Il faut savoir enfin que la Pologne et la République tchèque voudront d’une zone euro plus intégrée qu’elle soit plus proche d’une Allemagne prudente et vertueuse, que d’une France gaspilleuse et capricieuse.

La proposition d’annoncer maintenant la décision d’adopter l’euro ne devrait pas trop choquer. Que l’on pense seulement aux appels récurrents en ce sens des exportateurs tchèques, qui subissent aujourd’hui des pertes de change et qui pourraient voir ainsi leurs possibilités de planification à long terme facilitées.

Mais cette annonce ne signifie pas que les Tchèques entreront demain dans la zone euro. Entre le « nous voulons » et le « nous y sommes », il s’écoule au minimum trois ans, cinq ans ou plus en général. Cette période pourrait permettre au gouvernement tchèque de négocier les conditions d’adhésion à la zone euro, notamment la question du cours ainsi que son éventuelle participation au plan de sauvetage des pays endettés. Mais surtout, nous pourrions, au moment où se décident les nouvelles règles de la zone euro, être considérés comme un véritable partenaire. Le poids de la République tchèque pourrait alors changer radicalement par rapport à aujourd’hui, où, formellement, nous nous trouvons totalement en dehors de la zone euro.

Kateřina Šafaříková / RESPEKT (Prague) / Source : Correspondance Polémia

Traduit et publié par Pressuro.eu

Crise financière : les Américains jouent à se faire peur [vidéo]

Crise financière : les Américains jouent à se faire peur [vidéo]

24/08/2011 08h30
Washington (NOVOpress) –
Tout le monde se souvient du docu-fiction de la RTBF (Belgique) qui montrait les conséquences d’une décision unilatérale de la Flandre de déclarer son indépendance. Dans le même état d’esprit, un site financier américain, stansberryresearch.com, a mis en ligne une vidéo montrant les conséquences sur douze mois de la cessation d’achat de bons du trésor américain par la Chine et le Japon. En effet, ces deux pays sont les principaux créanciers des Etats-Unis, qui rappelons le, vivent largement à crédit. Or la Chine et le Japon ont également besoin de liquidités…

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Et si Carrefour ou Lidl détrônaient iTunes ?

Et si Carrefour ou Lidl détrônaient iTunes ?

22/08/2011 14h30
PARIS (NOVOpress) – Ne rêvons, pas. Pour le moment, la grande distribution en France est loin de disposer sur la Toile des parts de marché dont elle dispose dans le monde réel.

Toutefois, leurs équipes de direction suivent avec attention les efforts de Walmart, aux Etats-Unis, qui vient de devenir un des principaux fournisseurs de films en ligne, dépassant Sony et Amazon et taillant des croupières à iTunes.

Selon le cabinet IHS Screen Digest, le grand distributeur américain est déjà le principal vendeur de DVDs et, à lui seul, a fourni 3,5 milliards de dollars de recettes aux studios d’Hollywood.

Toutefois, alerté par la baisse constante de la vente de supports physiques pour les films, Walmart a lancé une offensive commerciale sans précédent pour prendre des parts de marché dans la fourniture de films en ligne.

Walmart a choisi de le faire en achetant le magasin en ligne Vudu et en déclenchant une guerre des prix qui lui a permis de multiplier sa part de marché par cinq en moins d’un an.

Mais il lui reste beaucoup de chemin à faire pour détrôner iTunes, l’acteur dominant avec 65,8% du marché.

Amazon ne reste pas les deux pieds dans le même sabot face aux attaques de Walmart. Après un accord avec les chaînes américaines CBS et NBC, près de 100 000 titres de feuilletons et de programmes de télévision sont désormais disponibles en ligne.

Pour l’instant en France, le secteur reste calme même si certains opérateurs fourbissent leurs armes en attendant la décision des opérateurs qui envisagent de taxer les usagers en fonction de leur volume de connexion. Une décision qui aurait un impact négatif sur le marché de la diffusion en ligne.

Alimentation : 1/3 de la production mondiale gaspillée

Alimentation : 1/3 de la production mondiale gaspillée

21/08/11 – 13h30
PARIS (NOVOpress)
– Alors que les prix des denrées alimentaires ne cessent de flamber et que se multiplient les famines meurtrières, 1 un sondage de la FAO (Food and Agriculture Organization) révèle que jamais le gaspillage alimentaire n’a été si important.

Selon l’organisme international, ce gaspillage fait perdre 1,3 milliard de tonnes de produits alimentaires, soit 1/3 de la production alimentaire mondiale.

Face à ce terrible constat et contrairement aux multinationales de l’agro-alimentaire qui militent en faveur d’une agriculture toujours plus intensive et plus chimique avec un recours croissant aux OGM pour augmenter la productivité, la conclusion de la FAO est sans appel : « Il est aujourd’hui plus rentable de réduire le gaspillage de nourriture que d’accroître la production agricole pour nourrir une population mondiale croissante. »

Pour qui sonne le coucou helvétique ?

Pour qui sonne le coucou helvétique ?

20/08/2011 16h40
PARIS (NOVOpress) – La hausse continue du franc suisse, à peine ralentie par les interventions frénétiques de la Banque nationale helvétique, produit des effets bien au-delà des frontières de la Confédération.

Un rapport de la Cour des comptes a récemment révélé que des villes comme Saint-Tropez ont des emprunts dont l’intérêt annuel est indexé sur le franc suisse. À ce jour, le taux est de 3,94%. Toutefois, si rien ne change, en mai 2012 le taux cesse d’être fixe et suit les fluctuations de la monnaie suisse.

Comme le remarque avec ironie le Wall Street Journal, à moins d’une forte baisse du franc, le taux d’intérêt que vont payer les contribuables tropéziens atteindra près de 30% et mettra à mal les finances de la ville.

Saint-Tropez n’est pas la seule ville à avoir cédé aux sirènes des banques. Les trois quarts de la dette de Saint-Étienne sont composés d’emprunts exotiques, parfois indexés sur des variables aussi farfelues que le taux de change entre la livre sterling et le franc suisse.

Selon la Cour des comptes, les municipalités françaises ont un total de 10 milliards d’euros d’emprunts à hauts risques dans leurs livres de comptes et vont devoir payer le prix fort pour leur naïveté.

Dette grecque : les compagnies d’assurances s’en sortent bien

Dette grecque : les compagnies d'assurances s'en sortent bien

18/08/2011  17h30
PARIS (NOVOpress ) –
Les compagnies d’assurances sont également exposées à la dette souveraine grecque. Il était en effet tentant de se goinfrer avec les obligations émises par l’État grec lorsque les taux s’avéraient très rémunérateurs ; par exemple près de 18% le lundi 18 juilllet 2011 pour les obligations à 10 ans.

Ces établissements investissaient donc dans les titres de la Grèce et des autres pays malades (Portugal, Irlande, Espagne, Italie)  parce que ces États procuraient un rendement supérieur aux emprunts d’Etat français (3,34% le lundi 18 juillet 2011 pour les obligations à 10 ans) ou allemands. D’autant plus que, pendant longtemps, la dette grecque a bénéficié d’une bonne note – A+ jusqu’en 2003 – de la part des agences. Mais en 2004 le vent tourne et la note de la Grèce est régulièrement dégradée pour tomber à CCC en juin 2011, ce qui explique la montée des taux.

L’exposition nette à la Grèce de Groupama est de 540 millions d’euros ; sa participation au nouveau plan de soutien lui a valu de passer une provision de 88 millions d’euros, en appliquant une dépréciation de 21% sur les titres arrivant à maturité en 2020 et avant. Malgré cela l’assureur mutualiste réalise un bénéfice net de 147 millions d’euros au premier semestre 2011 soit une hausse de 16% par rapport à 2010.

CNP assurances a absorbé également une dépréciation de 21% sur la valeur de ses titres  d’Etat grecs.  Coût : 353 millions d’euros ; le groupe a pioché dans ses réserves pour éponger la facture. Donc pas d’effet sur le résultat net. Chez Axa, le montant de l’exposition à la dette grecque est estimé à 1,1 milliard d’euros, représentant moins de 0,3% des actifs placés. Axa termine en fanfare ce premier trimestre, avec un bénéfice net plus que quadruplé, à 3,99 milliards d’euros.

Comme les banquiers, les assureurs peuvent remercier les gouvernements de la zone euro d’appliquer une décote de 21% à des titres qui, à la veille du 21 juillet, s’échangeaient sur le marché de la revente, dit « secondaire », avec une diminution de 50% sur le prix initial. Une générosité pareille mériterait de bénéficier d’un sérieux renvoi d’ascenseur en 2012, année électorale comme chacun sait.

Suisse : la hausse vertigineuse du franc érode la compétitivité helvétique

Suisse : la hausse vertigineuse du franc érode la compétitivité helvétique

18/08/2001 16h00
BERNE (NOVOpress) – La crise de la dette souveraine dans certains pays de la zone euro et le manque de volonté politique des grands pays européens aggravent le manque de rationalité de nombre d’acteurs du marché des changes qui cherchent dans des monnaies comme le franc suisse un hypothétique refuge.

Les conséquences pour l’économie d’un petit pays comme la Suisse sont considérables. Certes, le prix de l’immobilier dans les régions frontalières françaises en euros tombe en flèche et les touristes suisses font des affaires en or à New York, Londres ou Paris. Mais il faut qu’ils en profitent vite, parce qu’ils risquent de perdre leur travail en rentrant au pays si leur emploi est lié à une activité exportatrice.

En un an, le franc suisse s’est apprécié de 14 % par rapport à l’euro et de 32 % à l’égard du dollar. Pas de quoi se réjouir du côté des fabricants de coucous et de chocolat au lait.

Le rôle de la Suisse comme centre international d’affaires est aussi en péril. Selon une étude de l’UBS, les coûts salariaux à Zurich représentent 144 % de ce qu’ils sont à New York et les grandes sociétés internationales envisagent de réduire le nombre d’expatriés en Suisse au profit de Paris, Londres ou Frankfurt.

Les détails révélés par l’enquête « Prix et Salaires » de l’Union des banques suisses qui compare les prix et salaires dans 73 villes du monde pour 122 biens et services, devraient inciter les responsables suisses à la réflexion.

Cette étude répond à des questions comme : combien paie-t-on un trois pièces à Paris, à Chicago ou à Nairobi ? Combien coûtent les transports en commun à Jakarta, à Londres ou à Montréal ? Ou encore combien gagne un chef de service à Zurich, à Buenos Aires ou à Sydney ?

Nous apprenons ainsi que les villes les plus chères au monde sont Oslo, Zurich et Genève. Ces villes sont suivies de Copenhague, Stockholm et Tokyo. À l’opposé, les prix du panier sélectionné, qui contient 122 biens et services, sont particulièrement bas à Bombay, Manille et Delhi.

Les villes américaines étudiées présentent actuellement un niveau de prix inférieur aux années précédentes. Les économistes d’UBS justifient en grande partie ce recul par la dépréciation du dollar US face aux autres monnaies. À l’inverse, Caracas, la capitale du Venezuela, continue à souffrir d’une inflation élevée. Conjuguée à sa monnaie indexée sur le dollar américain, cette inflation a entraîné une hausse des prix qui se répercute en conséquence sur la place de Caracas dans le classement. Une nouvelle dévaluation de la monnaie vénézuélienne provoquerait un recul de la position de cette ville.

Qui en profite le plus ? Les salariés de Zurich, Sydney et Luxembourg profitent du plus fort pouvoir d’achat, d’après leur salaire horaire net. Parmi les marchés émergents étudiés, qui évoluent à un niveau comparable, Doha et Shanghai affichent une croissance rapide du produit intérieur brut, améliorant leur position au classement.

Vous trouverez l’étude UBS « Prix et salaires » 2009, ainsi que les mises à jour 2010 et 2011, en cliquant sur le lien suivant : www.ubs.com/prixetsalaires.

Dette grecque : la crise n’est pas la même pour tout le monde

Dette grecque : la crise n'est pas la même pour tout le monde

18/08/2011 – 08h00
PARIS (NOVOpress)
— Les pays de la zone euro ont donc sauvé une seconde fois le 21 juillet dernier la Grèce. Au moyen d’un nouveau plan de sauvetage qui porte, en particulier, sur 109 milliards d’euros apportés, pour les deux tiers par le Fonds européen de stabilité  financière, et pour un tiers par le FMI.

L’insistance du gouvernement allemand a fait que, cette fois,  le secteur privé (banques, assurances, fonds de toutes sortes) a été invité à mettre la main à la poche. Pour éviter que les agences de notation ne crient au « défaut » – c’est-à-dire à la faillite -, cette participation des créanciers sera « volontaire » (sic). Selon l’Institut de la finance internationale – lobby qui rassemble les banquiers – 90% des établissements financiers accepteront ce plan qui ce traduira par une perte moyenne de 21% sur la valeur des obligations d’Etat grecques détenues par eux.

Il faut savoir perdre un peu

Crise de l'euroDans l’accord du 21 juillet il est proposé aux banques, compagnies d’assurances et gestionnaires d’actifs parties prenantes de l’opération plusieurs options (roulement, échande de titres, rachat de dettes par la Grèce). Mais Quelle que soit la formule retenue, les créanciers devront accepter une décote de quelque 20% sur leurs créances. Ce qui se traduira par des pertes financières. Notons que seule la dette arrivant à échéance en 2020 ou avant entre en ligne de compte dans cet accord.

Sur les 135 milliards d’euros de dette souveraine grecque sur lesquels les créanciers privés internationaux se sont engagés à faire un effort, les Français participent pour un encours de quinze milliards. Comme la décote représente « environ 20% du montant de la dette que nous avons prêté jusqu’en 2020, cela fait à peu près 3 milliards pour les banques et les assurances françaises », précise François Pérol, président de la Fédération bancaire française.

L’encours de la dette des banques françaises portant sur environ 7 milliards d’euros, elles auront à subir une décote (avant impôt) d’1,5 milliards d’euros. L’encours des assurances est légèrement plus élevé à 8 milliards, ce qui correspond à une décote d’environ 1,7 milliards d’euros…mais l’essentiel de la charge sera supportée par les assurés, puisqu’on répercutera 85% de la décote sur les épargnants.

Société GénéraleGrâce aux tests de résistance effectués par l’Européan Banking Authority (EBA) et dont les résultats ont été rendus publics le 15 juillet, on peut se faire une idée sur l’exposition des banques françaises à la dette souveraine grecque au 31 décembre 2010. 4,99 milliards d’euros pour BNP Paribas ; 2,65 pour la Société Générale ; 0,65 pour le Crédit Agricole ; 1,26 pour BPCE. D’autres sources donnent 3,46 milliards d’euros pour Dexia et 448 millions pour CM 10 – CIC (après dépréciation).

L’application de la décote aura évidemment un coût. 534 millions d’euros pour BNP Paribas ; sur une exposition de 4 milliards à fin juin, seuls 2,3 milliards sont de maturité inférieure à 2020 et entrent dans le cadre du plan (décote de 21%). A ces 534 millions d’euros s’ajoutent 26 millions d’ »effet négatif » (sic) de participation dans des sociétés d’assurances qui détiennent aussi de la dette. Soit un total de 560 millions.

Prêteurs en dernier ressort : BCE et Etats

Cet encours de 2,3 milliards d’euros (hors assurance) est plus rassurant pour les dirigeants de la banque que l’exposition totale de 4 milliards à fin juin et de 5 milliards à fin 2010. Comme d’autres banques, la BNP a cherché à se désengager du piège grec, se gardant bien de racheter du papier lorsque les obligations arrivaient à échéance – la relève étant prise par la BCE et les Etats de la zone euro (prêts bilatéraux à la Grèce).

Avec un bénéfice net de 4,7 milliards d’euros au premier semestre 2011, BNP Paribas n’aura guère de difficulté à faire face à cette dépréciation de 500 millions d’euros. De toute manière, appartenant à la catégorie des banques dites « too big to fail » (trop grosses pour tomber), cette banque sait qu’en cas de pépin sérieux, elle pourra compter sur le concours « désintéressé » du contribuable.

La facture se monte à 395 millions d’euros (avant impôt) pour la Société Générale ; à fin juin, la Socgé était exposée à la dette souveraine grecque à hauteur de 1,85 milliards d’euros. Il faudra ajouter la recapitalisation de sa filiale grecque Geniki à la fin de l’année. Impact global de la Grèce pour le Crédit Agricole : 850 millions d’euros, dont 150 pour le plan de sauvetage – le reste correspondant aux pertes de sa filiale Emporiki qui porte 21 milliards d’euros de prêts à ses clients. 55 millions pour BPCE – seulement un tiers de sa créance est concernée par le plan de sauvetage de la Grèce. Pour le CM10-CIC l’impact se limite à 76 millions (après impôts) de pertes sur son portefeuille de titres. Quant à Dexia, sa participation au second plan de sauvetage de la Grèce lui coûtera 377 millions d’euros (avant impôt), dont 93 millions au titre de l’assurance.

DexiaDonc, en apparence, les banques ont consenti un effort conséquent avec cet abandon de créances de l’ordre de 20%. Petit effort en réalité, font remarquer les analystes financiers qui savent lire. En effet dans les semaines précédant l’accord du 21 juillet, les obligations d’Etat grecques à 10 ans, s’échangeaient sur le marché secondaire, celui de la revente, à environ 50ù de leur valeur initiale. Dans ces conditions accepter un « rabais » de 20ù relève du moindre mal.

Conclusion : sur les 135 milliards de prêts concernés, c’est-à-dire ceux venant à maturité en 2020 ou avant, ces 20% représentent une facture de 28 milliards d’euros (avant impôt) ; c’est tout de même mieux que les 67 milliards d’euros qu’auraient coûté aux investisseurs l’application stricte par les gouvernements de la zone euro du prix du marché qui fixait la décote à 50% – selon Nicolas Baverez, on s’orientait même vers 70%. Les banquiers savent parler aux politiques…lesquels n’ont rien à leur refuser.

Les mauvaises langues en profiteront pour rappeler cette règle du libéralisme : nationaliser les pertes et privatiser les profits…

En Suisse, l’UDC donne de la voix dans la tempête financière

En Suisse, l'UDC donne de la voix dans la tempête financière

17/08/2011 – 12h30
BERNE (NOVOpress) —
Alors que le pays s’interroge sur son avenir économique et que les autorités de la Banque nationale suisse évoquent la possibilité sacrilège d’un arrimage du franc avec l’euro, Martin Baltisser, secrétaire général de l’UDC a donné de la voix pour appeler son pays à une revitalisation de l’économie helvétique.

Pour Martin Baltisser, le débat politique de ces derniers jours a été dominé par les interventions de la Banque nationale pour stopper la hausse du franc suisse ainsi que par les prix des produits importés chaque jour moins chers. Désormais, l’intérêt semble se porter sur les moyens d’accroître la compétitivité de l’économie nationale par une manipulation de la monnaie nationale. L’UDC est sur un tout autre tempo. Le parti exige un programme complet de revitalisation de l’économie suisse. Le temps n’est plus, ajoute Baltisser, à une politique du type “emplâtre sur une jambe de bois”.

Martin Baltisser
Martin Baltisser

Enfonçant des portes ouvertes, le secrétaire général ajoute que la surévaluation du franc suisse par rapport à d’autres monnaies de référence est une conséquence des erreurs politiques commises par les pays membres de l’UE et les Etats-Unis. Cette suévaluation affecte la compétitivité internationale de la Suisse, ce dont souffrent tout particulièrement les exportations et le tourisme.

Martin Baltisser poursuit son argumentation : on sait que les effets des interventions publiques dans le domaine monétaire et sur le marché des devises sont limités. De toutes manières, elles sont du ressort de la Banque nationale suisse. En débitant des idées aussi éloignées de la réalité des faits, l’UDC ne va pas recruter de nouveaux adhérents dans les milieux financiers suisses.

Martin Baltisser ajoute que d’un point de vue politique, pour l’UDC il s’agit désormais en premier lieu d’améliorer durablement la qualité de la place économique suisse et de réduire les coûts intérieurs pour compenser les effets négatifs du franc fort sur la compétitivité des entreprises helvétiques. L’UDC estime que la meilleure manière d’agir est de lancer un authentique ”programme de revitalisation”. Un ensemble de mesures judicieusement combinées contribueraient à empêcher l’émigration d’entreprises et de sites de production, donc le transfert d’emplois à l’étranger. Le but de cette réforme serait aussi de soutenir la consommation en Suisse. On obtiendrait ainsi un effet préventif contre le ralentissement conjoncturel qui se dessine d’ores et déjà.

Selon l’UDC, l’heure des hypocrites a sonné

Pour le parti populiste, la proposition de quelques politiques de baisser la TVA dans certaines branches ou de décharger l’industrie de la taxe CO2 est certes la bienvenue. Il est cependant permis de douter de la sincérité de ces suggestions si elles émanent des mêmes milieux qui, pas plus tard qu’au début de cette année, ont imposé aux citoyennes et aux citoyens ainsi qu’à l’économie suisses des impôts et redevances supplémentaires pour plusieurs milliards de francs (en particulier une augmentation de la TVA de 1,1 milliard de francs !), ces mêmes milieux qui, par leurs votes au Parlement et dans les commissions, ouvrent la voie à des hausses fiscales, comme récemment l’augmentation de la taxe CO2. Les médias ont la mémoire bien courte en qualifiant de géniales des propositions de ce genre.

Martin Baltisser réclame de véritables allègements


Selon l’homme politique suisse, la situation actuelle doit effectivement motiver la politique à lancer un programme de revitalisation complet au profit de l’économie de son pays. Les propositions timorées avancées par certains milieux servent tout au plus leurs auteurs, en ce sens qu’elles leur font de la publicité quelques semaines avant les élections. Comme dans les années quatre-vingt-dix, il faut aujourd’hui trouver un consensus en faveur d’un large “programme de revitalisation” intervenant dans tous les domaines importants pour le développement économique (le programme de la dernière décennie du XXe siècle se focalisait avant tout sur le “renouvellement de l’économie de marché”). L’UDC invitera le Conseil fédéral à mettre en œuvre un tel programme. Le but est, d’une part, de limiter les coûts des interventions étatiques et, d’autre part, de donner des impulsions positives aux entreprises. Il s’agit en particulier d’agir dans les domaines suivants:

1- réduire les impôts, taxes et redevances grevant les entreprises

2- cesser de renchérir les coûts des transports et de l’énergie

3- concentrer la formation sur les compétences économiques

4- permettre aux entreprises et aux branches de mettre en place des solutions souples (notamment sur le marché du travail)

5- réduire les contraintes bureaucratiques et administratives frappant les entreprises

6- renoncer à des lois et règlementations inutiles

7- limiter à l’essentiel l’activité de contrôle de l’Etat

8- gérer plus efficacement l’immigration.

Il existe encore bien d’autres domaines d’intervention pour un programme de revitalisation digne de ce nom. L’UDC précisera ses idées dans les semaines à venir et les présentera au public. Dans tous les cas, le Conseil fédéral est invité à agir rapidement et à développer et appliquer un tel programme par la voie d’urgence.

L’UDC en profite pour dénoncer l’euro

La situation actuelle, insiste le politicien populiste, ne doit pas nous faire oublier les causes réelles des problèmes qui affectent aujourd’hui la Suisse et qui n’ont pas leur origine dans son pays. Elles sont la conséquence directe de l’erreur de construction fondamentale, sur laquelle repose l’euro, ainsi que la politique financière désastreuse menée par de nombreux pays membres de l’UE. Des décennies durant, les politiques de ces pays ont distribué l’argent à pleines mains, vidant les caisses de l’Etat et ruinant des économies autrefois florissantes. La Suisse a suivi une autre voie, une voie plus raisonnable, mais elle subit tout de même les effets des grossières erreurs politiques commises à l’étranger. Ce qu’il faut éviter à tout prix aujourd’hui, c’est de faire les mêmes fautes.

L’UDC : encore un effort à faire

Les huit mesures proposées par Martin Baltisser reflètent avant tout l’absence d’idées de son parti dans le domaine économique. Les campagnes de spots hostiles à l’Union européenne, une critique de l’euro qui n’est même pas au niveau de la presse eurosceptique britannique, ne remplacent pas un vrai projet politique pour la suisse dans le contexte européen.

Les Français à la découverte de l’UDC

Oskar Freysinger
Oskar Freysinger

Les Français séjournant en Suisse ou ceux habitant les régions frontalières qui souhaitent découvrir l’UDC, peuvent se rendre le vendredi 19 août 2011 prochain à 18h30 au château d’Oex (Halle Landi) où l’UDC Suisse romande lance la campagne aux élections fédérales.

Outre des discours politiques, les visiteurs seront conviés à partager une fondue cuisinée au feu de bois avec les candidates et candidats de l’UDC Suisse romande.

À cette occasion, les personnalités suivantes prendront la parole : Jean-Claude Mermoud, conseiller d’État, Caspar Baader, conseiller national et chef du groupe UDC, Céline Amaudruz, députée et présidente de l’UDC Genève, Oskar Freysinger, conseiller national et président de l’UDC du Valais romand, Dominique Baettig, conseiller national, Gilberte Demont, présidente de l’UDC Fribourg, Jean-Pierre Graber, conseiller national, Alice Glauser, conseillère nationale et présidente des Femmes UDC Suisse romande et Yvan Perrin, conseiller national et vice-président de l’UDC Suisse.

Les personnes intéressées sont priées de s’inscrire auprès de Claude-Alain Voiblet (voiblet@udc.ch) .

Slovaquie : la solidarité européenne remise en cause

Slovaquie: la solidarité européenne remise en cause

15/08/11 – 14h40
BRATISLAVA (NOVOpress)
– La profonde crise économique que traverse actuellement l’Europe suscite de nombreuses contestations et des tentations de replis nationaux.

Ainsi, Richard Sulik, président du Parlement slovaque a-t-il déclaré, à propos du mécanisme de renflouement des pays défaillants de la zone euro auquel tous les pays membres doit participer :

« C’est comme l’Union soviétique. Mais nous n’avons jamais adhéré à une telle union. Personne, avant notre référendum d’adhésion, ne nous a dit que la Slovaquie devrait payer des milliards et des milliards pour les retraites des Grecs et je ne sais quoi des Italiens. »

L’homme politique slovaque a également affirmé que cette procédure de « solidarité forcée » était contraire à la lettre comme à l’esprit du Traité de Lisbonne.

Les Slovaques sont d’autant plus critiques face à cette situation qu’il y a une dizaine d’années ils ont surmonté une grave crise financière (accompagnée d’une chute de plus de 12 points de PIB) sans aucune aide européenne.

La crise de la dette fait trembler l’Amérique tranquille

La crise de la dette fait trembler l'Amérique tranquille

13/08/2011 – 14h15
PARIS (NOVOpress) — Aux États-Unis, le récent accord entre l’exécutif et le législatif sur un relèvement du plafond de la dette a généré un soulagement trompeur. Cette mesure ne concerne que la dette de l’État fédéral et la capacité du Trésor à rembourser les emprunteurs en faisant marcher la planche à billets n’a jamais été réellement en danger.

Dans un très bon article du Guardian, le journaliste Dominic Rushe dévoile l’amplitude de la crise qui menace les finances locales américaines. Il rappelle que les dettes des collectivités locales, villes, comtés ou États, n’est en rien concernée par cet accord. Or, la croissance a jusqu’à présent retardé les effets des engagements pris dans des temps meilleurs, notamment à l’égard des fonctionnaires. C’est seulement aujourd’hui que des villes frappées par la récession se trouvent confrontées non seulement à des emprunts à rembourser mais aussi à des retraites ou des soins médicaux à payer à leurs anciens employés.

Le journaliste oublie de mentionner que cette situation frappe notamment de plein fouet les villes touchées par la « white flight ». Des localités autrefois florissantes quand elles abritaient une majorité de Blancs, touchent le fond quand l’évolution démographique fait que les familles Euro-Américaines les abandonnent en masse.

Ce n’est pourtant pas le cas de la petite ville de Central Falls dans l’État de Rhode Island se nomme elle même “la ville à l’avenir radieux”. Mais son présent parait bien sinistre. La ville de 18 000 habitants est fière d’être la plus densément peuplée de tous les États-Unis. Mais désormais, elle pourra aussi se targuer d’être la première ville de l’État à se mettre en faillite. Et malheureusement d’autres risquent de suivre son exemple.

À travers tout le pays, des villes sont proches de la faillite alors que l’économie est menacée par une grave récession. Les municipalités criblées de dettes font face à des taux d’intérêt de plus en plus élevés après le rabaissement par l’agence Standard & Poor’s de la note de la dette américaine. Il y a ainsi plusieurs dizaines de villes à risque rien que dans le Rhode Island.

Le comté de Jefferson dans l’Alabama présente le plus grand risque de faillite d’une municipalité dans l’histoire des États-Unis. Cette collectivité doit 3,2 milliards de dollars, reliquat d’un emprunt utilisé pour financer un nouveau système d’égouts. Dans une partie de bras de fer avec ses créanciers, le comté a refusé le vendredi 12 août dernier un accord proposé par les banques. Si une solution n’est pas trouvée, le comté se retrouvera en faillite avec une dette totale de 4,1 milliards de dollars, soit plus de 6000 dollars par habitant, en comptant les nouveaux nés et les vieillards grabataires.

Ce cas n’est pas le seul. La capitale de l’État de Pennsylvanie, Harrisburg, est aussi considérée en faillite, avec 300 millions de dollars de dettes pour un nouvel incinérateur.

Ce qui fait de Central Falls un cas si préoccupant, c’est que la crise financière mondiale n’est pas la principale cause de cette faillite. Les problèmes ont commencé des années auparavant, lorsque la ville a créé un fond de pension pour les baby-boomers qu’elle voulait attirer en leur promettant bien plus de services qu’elle n’en pouvait offrir.

Eileen Norcross, un chercheur du centre Mercatus de l’université George Mason en Virginie pense que d’ici dix ans, des villes comme Los Angeles, New-York ou Chicago pourraient bien faire face aux mêmes problèmes. Ses calculs démontrent que les États-Unis sont déficitaires de trois milliards de milliards sur leur système de retraite. La faillite de Central Falls pourrait être, selon Norcross, le signe avant-coureur d’autres faillites à venir.

La ville a créé son propre système de retraite pour les agents de sécurité publique (policiers, pompiers etc…) dès 1972. Ce système permettait aux agents de prendre leur retraite après 20 ans de service, de recevoir une pension équivalent à 50% de leur dernier salaire annuel et de bénéficier d’une couverture sociale. Robert Flanders, le juge nommé pour redresser les comptes municipaux, déclare que la ville a 80 millions de dollars de dettes dues à son système de retraite et que celles-ci augmentent de 16,3 millions de dollars chaque année. Le déficit de cette année sera de 5,6 millions de dollars. La décision de la ville de faire faillite lui permet de renégocier ses contrats jusqu’à qu’un juge décide de qui obtiendra quoi. Mais les policiers et les pompiers à la retraite vont voir le montant de leur retraite divisé par deux.

La bibliothèque est fermée, les services publics tournent au ralenti et les routes sont pleines d’ornières. Dans les parkings les mauvaises herbes pullulent et les fontaines sont arrêtées. Central Falls n’a jamais été une ville très prospère même avant la faillite. Les pompiers étaient déjà les moins bien payés de l’état. De plus, l’année dernière, tous les enseignants du collège de la ville avaient été licenciés suite aux mauvais résultats obtenus par l’école.

Mark Grusky, l’avocat représentant les pompiers de la ville, dit qu’on a offert à ses clients de toucher à peine 20% de leur pension. “Mes clients ne peuvent pas se permettre cela. Leurs retraites n’étaient déjà pas bien élevées au départ” déclare-t-il. Les deux parties vont désormais s’expliquer devant un tribunal.

Erin Levingstone, habitante de Central Falls de 34 ans, explique que les gens sont partagés sur la question de la baisse drastique des retraites des pompiers et policiers : “De nos jours, si vous prenez votre retraite à 40 ans, cela signifie que vous aurez encore 40 autres années à vivre. Je comprends que ces gens estiment qu’ils devraient toucher ce pour quoi ils ont payé mais les choses sont différentes aujourd’hui”. Cette habitante travaille dans une entreprise locale de revêtement de sols et explique que son entreprise aussi a été durement touché par la crise économique. “J’ai un enfant de 16 ans qui cherche du travail et il n’en trouve pas car des gens de 30 ans courent après les mêmes emplois que lui” raconte-t-elle.

Avec une économie menaçant de sombrer encore plus dans la crise, les États-Unis devront se battre afin de s’en sortir. Beaucoup de grandes villes telles que Boston, New-York, Chicago et Los Angeles possèdent leur propre système de retraite et beaucoup d’entre eux sont malheureusement sous-financés, selon Mme Norcross. La ville de Los Angeles y consacre 5 à 10% de son budget et devra doubler les contributions retraite d’ici 2015 si elle ne veut pas suivre l’exemple de Central Falls, mais à une échelle autrement plus grande. “Les grandes villes ont jusqu’à l’horizon 2020 pour prévenir et éviter ce genre de problèmes” toujours selon Eileen Norcross.

Il y a eu 624 faillites municipales depuis la création de l’US Bankruptcy Code en 1937, dont cinq ont eu lieu l’année dernière, selon l’analyste James Spiotto, expert dans ce domaine au cabinet Chapman and Cutler. L’analyste Meredith Whitney qui avait annoncé la crise des crédits, a prédit une crise massive sur le marché des obligations municipales avec à la clé, des centaines de milliards de dollars de déficits. Tout ceci ne s’est pas encore produit et selon M. Spiotto tout semble indiquer que les choses ne différeront pas de ce qui a déjà pu se passer lors de précédentes périodes de crise financière.

“Le vrai défi pour les municipalités est la façon dont elles stimulent leur économie. Nous vivons une période pleine de défis et si vous n’y faîtes pas face, vous aurez de gros problèmes”. La faillite est une option de dernier recours pour une municipalité. Central Falls a essayé d’augmenter les taxes mais avec les difficultés financières de ses habitants, cela n’a pas suffit. Le gouverneur de l’état de Rhode Island, Lincoln Chafee a aussi suggéré de fusionner avec la ville voisine, plus grande, de Pawtucket. Mais le maire de celle-ci, Don Grebien, a âprement refusé cette suggestion. Avec un déficit de douze millions de dollars, celle-ci a ses propres difficultés et a été obligé de licencier des employés municipaux.

M. Flanders explique que la crise actuelle de l’économie américaine pèse sur la ville, mais que les vrais problèmes couvaient depuis bien plus longtemps. “Franchement, avec toutes les difficultés auxquelles nous devons faire face dans cette ville, il sera difficile d’attirer quiconque, même si l’économie va mieux. Les gens veulent de bonnes écoles, des hôpitaux et différents services publics. Nous ne sommes pas en mesure de leur fournir cela”.

Capitalisme : 3 milliards de bénéfices sur le dos de la crise !

Capitalisme : 3 milliards de bénéfices sur le dos de la crise !


12/08/11 – 19h00
PARIS (NOVOpress)
– La crise économique qui secoue les Etats et appauvrit les populations est paradoxalement l’occasion pour certains d’une spéculation de grande envergure permettant un enrichissement considérable.

Ainsi, en pariant sur un effondrement de la conjoncture mondiale, le fonds américain Bridgewater Associates aurait gagné plus de 3 milliards de dollars sur la seule semaine dernière.

Sans attachement national ni morale autre que celle du profit, certains « hedge fund » profitent de la crise, n’hésitant pas parfois à l’accentuer par stratégie financière.

C’est le Wall Street Journal qui a révélé l’étendue des bénéfices du fond Bridgewater mais celui-ci ne serait pas le seul à faire de considérables profits sur le dos de la crise.

Och-Ziff Capital Management, de son côté, a acheté pour 12 milliards de dollars d’options au cours du premier trimestre 2011, ces options voyant leur prix augmenter lorsque la volatilité s’accroît sur les marchés financiers. Et l’indice Vix, qui mesure cette volatilité, s’étant envolé depuis fin juin, passant de 16 à plus de 40, Och-Ziff capital a ainsi pu engranger plusieurs milliards de plus-value.

Bretagne : TGV, 37 minutes qui coûtent une fortune

Bretagne : TGV, 37 minutes qui coûtent une fortune

11/08/2011 – 13h15
RENNES (NOVOpress Breizh) – Tout est politique. Surtout l’aménagement du territoire. La construction des nouvelles lignes à grande vitesse n’échappent pas à la règle. C’est ainsi qu’on a le droit de s’interroger sur la pertinence de la ligne à grande vitesse dite « Bretagne-Pays de la Loire ».

182 kilomètres de ligne nouvelle et deux cents ouvrages d’art entre Le Mans et Rennes permettront au TGV de rouler à 320 km/h. Grâce à cet investissement colossal (3,3 milliards d’euros), on gagnera 37 minutes entre la gare Montparnasse et celle de Rennes, le trajet passant à 1 heure 30. Voilà la nouvelle donne pour l’automne 2016, date à laquelle Eiffage Rail Express aura achevé le chantier.

A la vérité, ce gain de 37 minutes va coûter cher. D’abord il entraînera la disparition de 3600 hectares de terres agricoles. Ensuite nous avons affaire à un contrat de partenariat public-privé ; ce qui signifie qu’Eiffage financera le projet. Sa rémunération proviendra, en phase de construction, de concours des collectivités territoriales ( Région Bretagne, départements bretons, Rennes Métropole, Pays de Saint-Malo) et de Réseau ferré de France (RFF), complétés d’emprunts bancaires (un pool de douze banques commerciales) et d’apports en fonds propres.

Bienvenue à la Cour des comptes

En phase d’exploitation, Eiffage sera rémunéré pendant vingt-cinq ans par un loyer de Réseau ferré de France, qui perçoit de son côté les péages dus par les utilisateurs (SNCF) et conservera donc le risque commercial. Il y a fort à parier qu’au final, dans les années 2040, la Cour des comptes soit amenée à constater que le seul gagnant de l’opération s’appelle Eiffage. Le « partenariat public-privé » risque de coûter plus cher qu’un financement 100% public. Dans les montages financiers compliqués, ce qui est le cas dans la LGV Bretagne- Pays de la Loire, il y a toujours un gagnant et un perdant. Le premier s’appelle « entreprise » et le second « Etat ».

Un choix politique procédait forcément au lancement de cette affaire. Ou bien on privilégie la partie Rennes-Paris, ou bien on invertit dans le rectangle Nantes-Brest-Rennes-Quimper –la « raquette » disent les techniciens – afin d’améliorer la qualité des relations ferroviaires entre les différentes cités bretonnes. Certains partons bretons, obnubilés par la capitale, se sont démenés – lobbying intense – pour que la première option l’emporte. Et comme les désirs des milieux d’affaires ressemblent fort à des ordres, les élus se sont inclinés.

Trois heures ce n’est pas pour demain

Brest à 3 heures de Paris : ce n'est pas pour demain

Il n’empêche que le grand objectif demeure le raccourcissement de la durée du voyage entre Paris et Brest-Quimper. Aujourd’hui elle est de quatre heures et demie. En 2016, elle sera ramenée à quatre heures. A plus long terme à trois heures. C’est pourquoi parallèlement à l’opération LGV, va démarrer le volet « Bretagne à Grande Vitesse » qui portera sur des travaux de réaménagements depuis Rennes vers Quimper et Brest. En rabotant des virages ici et là, on économisera quelques minutes. Mais il en faudra d’avantage pour gagner une heure. De toute manière, on ne pourra pas faire de miracle avec l’enveloppe de 300 millions d’euros affectée à ce projet. Somme à comparer aux 3,3 milliards d’euros consacrés à la LGV. Bref, des miettes pour la « raquette » et le grand jeu pour la LGV.

La pression des milieux écologistes aidant – chauds partisans de la « raquette » – Jean-Yves Le Drian, président (PS) du conseil régional de Bretagne, s’est certainement senti obligé de lâcher du lest en faveur de travaux intra-muros. Avec ce pourboire de 300 millions d’euros, on ne pourra pas lui reprocher de ne rien faire…

Suisse : un rapprochement du franc suisse et de l’euro ?

Suisse : un rapprochement du Franc Suisse et de l'Euro ?

11/08/2011 – 20h45
GENÈVE (NOVOpress) —  Les journalistes du Financial Times ont laissé tomber leur stylo, les eurosceptiques du Telegraph ont poussé des cris d’orfraie, seuls les rédacteurs du Wall Street Journal ont su garder leur calme en lisant sur leur écran les propos de plusieurs responsables de la Banque nationale suisse qui ont annoncé à plusieurs médias qu’ils étaient prêts à tout pour défendre la parité du franc suisse avec les devises de leurs principaux partenaires économiques.

Ces mots elliptiques n’allaient pas rester mystérieux très longtemps. La Suisse ne peut en effet survivre à un franc suisse poussé vers la stratosphère par des mouvements spéculatifs initiés à Londres ou New York. En toute logique, la Banque centrale helvétique a donc annoncé qu’elle envisageait un rapprochement avec l’euro afin de décourager la spéculation. La seule réserve est que ce cours administré n’encourage pas l’inflation interne.

À la différence des rumeurs minant le cours de la Société Générale, cette nouvelle venue de Suisse a le mérite d’être authentique et en quelques heures, le cours du franc suisse perdait près de 5% par rapport à la devise européenne.

Le franc est loin d’avoir perdu les 30 % de hausse par rapport à l’euro enregistrés depuis un an, mais cette modeste baisse constitue une bouffée d’oxygène pour les industriels et prestataires de service suisses qui voient leurs marchés extérieurs s’étioler au profit de concurrents Allemands, Français ou Italiens.

Cette hausse spéculative du franc suisse causait aussi des ravages dans de nombreux pays d’Europe centrale comme la Hongrie dont la monnaie est liée à l’euro et dont de nombreux particuliers avaient souscrit à des emprunts en Suisse.

Il est possible que ces propos des responsables de la Banque centrale suisse ne soient guère plus qu’un effet d’annonce tant les difficultés techniques et juridiques sont grandes à mettre en pratique ce cours administré entre le franc et l’euro. Toutefois, cette discussion présente l’avantage de montrer à tous qu’une économie, plus que la monnaie, sont les hommes et les femmes qui travaillent et doivent pouvoir vendre leurs produits sur le marché sans être les victimes de spéculateurs mus par des peurs irrationnelles.

[box class=”warning”]Crédit photo : La bourse de Londres. Auteur : Bruce Christensen / photo sous licence creative commons[/box]

Vous avez dit : « croissance… négative »

Vous avez dit : « croissance ... négative »

[box class=”info”]L’hyperclasse dominante est prise à son propre piège de contrôle de la pensée par les mots qu’elle a interdits.[/box]

Le site du Figaro titre ce matin, 11 août 2011 : « France : risque de croissance négative ».

Or dans sa toute dernière édition, le dictionnaire de l’Académie stipule :

CROISSANCE n. f. XIIe siècle. Dérivé du radical du participe présent de croître.
Le fait de croître, de grandir.
1. Développement d’un organisme jusqu’à maturité. La croissance des plantes.
2. Accroissement en étendue ou en importance ; développement.

Pour toute personne sensée, la « croissance négative » est un concept inintelligible. Un oxymore. Il reflète pourtant tout à fait explicitement la désastreuse incapacité des dirigeants occidentaux à analyser la crise actuelle, car ils n’ont plus les mots pour la décrire.

Le système repose en effet structurellement sur la croissance : croissance de la consommation bien-sûr, mais croissance de tout. La croissance est la clé de voûte de tout ce système car elle assure l’équilibre dans la fuite en avant sur laquelle il est fondé. La croissance permet notamment de créer la monnaie pour assurer les dépenses non financées. La croissance, nous dit-on, permettra de rembourser les dettes. Alors l’endettement n’est pas si grave puisqu’il sera effacé lorsque la croissance reviendra.

Mais voilà, la croissance se fait attendre. Pas grave, nous rassure-t-on, elle reviendra de toutes façons, alors les dettes ne sont pas un vrai problème. Mais la croissance ne revient toujours pas. Ah si ! elle est là, mais elle est … négative !

Cette expression date de 2008, et fut lancée par Christine Lagarde. A l’époque quelques rares journalistes avaient malgré tout été interpellés par cet oxymore, notamment Thomas Legrand dans son édito politique du lundi 6 octobre 2008 sur France Inter.

Cette invention géniale a valu à Christine Lagarde d’être promue au FMI car elle n’a pas particulièrement brillé par ses résultats en tant que ministre de l’économie.
Les certitudes ont la vie dure : la croissance reviendra, c’est sûr. Elle est juste négative en ce moment, mais c’est normal, c’est une crise cyclique. Ainsi trois ans après, Le Figaro persiste, et continue de se rassurer, et de rassurer ses lecteurs, avec la même chimère paradoxale.

Il y a quelque temps, il ne fallait pas affoler Billancourt. A présent il ne faut pas affoler les marchés et les consommateurs.

Georges Gourdin pour Novopress France

Plus de 150 millions d’euros de fraudes à l’assurance maladie détectés en 2010

Plus de 150 millions d’euros de fraudes à l’assurance maladie détectés en 2010

11/08/10 – 09h30
PARIS (NOVOpress)
– Le directeur de la répression des fraudes à l’assurance maladie a indiqué hier que le montant des fraudes détectées et stoppées s’était élevé en 2010 à 156, 3 millions d’euros.
Un chiffre considérable qui donne une idée vertigineuse du montant réel du total des fraudes annuelles.

Sur le chiffre dévoilé, 71,1 millions viennent des hôpitaux et cliniques, 12,7 millions des infirmiers libéraux, 6,8 des ambulanciers, 4,9 des médecins, 3,8 des dentistes, 3,5 des pharmaciens et 2,5 des kinésithérapeutes.

Par ailleurs chez les assurés sociaux le poste le plus important concerne les indemnités journalières pour arrêts maladie abusifs (l’Assurance maladie classe ceci en abus et non pas en fraudes comme ci-dessus). En 2010, 2,34 millions de contrôles ont permis de faire cesser de nombreux arrêts de maladie abusifs représentant une économie de 398 millions pour l’assurance maladie.