Geórgios Andréas Papandréou, premier ministre grec

Les Grecs s’attendent à la faillite, mais restent attachés à l’euro

06/10/2011 – 15h30
ATHÈNES (NOVOpress) — La Grèce est en proie au désespoir. La grande majorité de ses habitants s’attendent à la faillite. Les mêmes, pourtant, ne veulent pas retourner à la drachme.

La plupart des Grecs estiment, selon une enquête récente, que la faillite de leur État est inévitable. C’est ainsi que 67,3 % des personnes interrogées s’attendent à un défaut de paiement de leur pays, comme l’a montré une enquête représentative de l’institut de sondage Kapa Research dans le journal athénien paraissant le dimanche, To Vima.

Et pourtant : 70 % d’entre eux ne veulent pas quitter la zone euro dans ces conditions. A peine un Grec sur cinq est en faveur d’un retour à la drachme. Les citoyens sont, selon l’enquête, majoritairement favorables à des licenciements dans le secteur public. 58,9 % s’y sont déclarés favorables. 40 % se sont prononcés contre. Neuf personnes interrogées sur dix sont favorables à une cure d’amaigrissement de l’État par fusion de différentes administrations.

60 % sont également prêts à payer le nouvel impôt immobilier exceptionnel de quatre euros par mètre carré en moyenne pour leurs appartements – en dépit du fait que 75 pour cent des personnes interrogées considèrent que ce prélèvement est injuste. Dans une autre enquête publiée par le tabloïde Ethnos dimanche dernier, 56,4 % des personnes interrogées craignent que le pays ne puisse éviter un écroulement complet de son économie.

Quelques 50 pour cent des personnes interrogées se sont par conséquent exprimées en faveur d’une coalition des deux grands partis, les socialistes derrière le Premier ministre Giorgos Papandreou et l’opposition de droite Nea Dimokratia dirigée par Antonis Samaras. Ce gouvernement d’état d‘urgence serait éventuellement mieux à même de tirer le pays hors de la crise.

Les Grecs considèrent qu’une des causes de leurs malheurs – en dépit de l’aide provenant des autres pays européens – réside dans le « manque de courage » du gouvernement Papandreou. En outre, 57 % des personnes interrogées appellent les syndicats à préserver la paix sociale afin que le pays puisse éviter la faillite.

Les actifs fournissent plus de 60 % de l’effort

Ce sont les actifs les plus âgés qui supporteront l’essentiel des sacrifices en termes de suppressions de postes dans le service public en Grèce. Un point sur lequel le gouvernement d’Athènes et les experts financiers de la troïka se sont mis d‘accord, a rapporté la chaîne de télévision privée Mega en se référant à des sources gouvernementales.

Les représentants de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI) auraient donné leur accord sur le fait que l’essentiel des baisses devaient toucher les anciens serviteurs de l’État proches de la retraite.

Le cabinet doit encore y donner son accord, une session étant prévue à cet effet ce dimanche soir. La proposition a été élaborée par le ministre des Finances Evangelos Venizelos et le ministre des Réformes du secteur public, Dimitris Reppas.

30.000 postes doivent être supprimés dans le service public grec d’ici la fin de l‘année. Jusqu’à 23.000 fonctionnaires âgés et proches de la retraite seraient transférés dans une espèce de position de réserve avec une rémunération réduite, 7.000 autres réductions de postes résulteraient de leur suppression ou de la fusion d’environ 150 administrations.

Les fusions ont déjà été décidées l’an dernier, mais rarement mises en œuvre jusqu’à présent. Personne n’a été licencié dans les rares cas où des fusions se sont effectivement produites.

Photo : Geórgios Andréas Papandréou lors de la conférence de presse du 24 juin dernier à Bruxelles, qui a suivi la réunion du Conseil de l’Europe. Crédit : Service de communication du Premier Ministre de Grèce, via Flickr (cc)

[Billet] Traders : Jérôme Kerviel fait la course en tête

[Billet] Traders : Jérôme Kerviel fait la course en tête


Quand ils le veulent, les Bretons savent y faire. Récemment la presse nous a entretenu de l’affaire Kweku Adoboli, ce trader ghanéen qui vient de faire perdre 2,3 milliards de dollars (1,62 milliards d’euros) à la banque helvète USB en pratiquant des transactions non autorisées. C’était la vedette de la semaine… Un homme combinant assiduité à la tâche, flair, âpreté au gain et infernale baraka. Jusqu’au jour où le vent à tourné.

A la vérité, les traders qui ont dérapé pourraient constituer un  petit club. En 1995, Nick Leeson fait perdre 0,7 milliard de livres sterling à la Barings. En1995, Toshihide Iguchi fait perdre 1,1 milliard de dollars à Daiwa Banks. En 1996 Yasuo Hamanaka fait perdre 2,6 milliards de dollars à Sumimoto. En 2002, John Rusnak fait perdre 0,7 milliard de dollars à AIB. En 2005 Philippe Bennet fait perdre  0,4 milliard de dollars à Refco.

Mais le champion toutes catégories demeure notre Breton de Pont-l’Abbé, Jérôme Kerviel qui a réussi à provoquer l’évaporation de 4,9 milliards d’euros des comptes de la Société Générale. Il est vrai que, dans le même temps,la Société Générale perdait 2 milliards d’euros avec les subprimes…

Dans une Bretagne « autonome », Jérôme Kerviel deviendrait tout naturellement  ministre de l’Economie et des Finances. Il saurait comment s’y prendre pour équilibrer le budget… au besoin en faisant les poches du FMI, de la Banque mondiale, de la BCE, de Bank of America, de la Deutsche Bank…

Crédit photo : Andy Hill. Licence CC.

La banque Dexia au bord du gouffre, par le Vlaams Belang

La banque Dexia au bord du gouffre, par le Vlaams Belang [tribune libre]

Belgique. Le déclin du groupe belgo-français Dexia fait de nouvelles victimes. Après le Holding des municipalités, le pot d’épargne des municipalités, c’est au tour de ses actionnaires d’être fortement atteint. Le Conseil d’administration spécial d’hier soulève de nouvelles questions pendant que le dernier reste de confiance fond.

L’annonce de « solutionner les problèmes structurels » et « d’offrir de nouvelles prévisions de croissance » fait plus de bien que de mal : lors de l’ouverture de la bourse, l’action a chuté de 30 % et se situe à environ 1 euro.

Lors du sauvetage de Dexia en 2008, les différentes autorités belges ont acheté ensemble pour 4 milliards d’euros d’actions à 9,9 euros par action. La Flandre a investi 500 millions d’euros du Fonds d’avenir, les autorités fédérales ont contribué à hauteur d’1 milliard d’euros ***. Au cours actuel, il reste 10% du montant : l’État fédéral perd virtuellement 900 millions d’argent du contribuable et la Flandre 450 millions.[…]

*** Note de Novopress : Pour leur part la même année les contribuables français ont amené 3 milliards d’euros en soutien à Dexia.

[box class=”info”] Source et l’article complet en néerlandais : Le Vlaams Belang, le deuxième plus important parti flamand.
Source de la traduction en français : Le Blog de Lionel Baland. [/box]

En Lorraine comme en Bretagne, Arcelor-Mittal réduit fortement son activité

En Lorraine comme en Bretagne, Arcelor-Mittal réduit fortement son activité

01/10/2011 – 08h30
NANTES (NOVOpress Breizh) – L’inquiétude règne parmi les 600 salariés du site d’Arcelor-Mittal de Basse-Indre, une commune de l’agglomération nantaise. La direction de l’entreprise a en effet annoncé hier, lors d’un CE extraordinaire, sa décision de recourir au chômage partiel pour le dernier trimestre 2011. Une situation qu’on retrouve en Lorraine où le groupe indien a décidé l’arrêt temporaire de la filière liquide Lorraine qui intervient dès le 1er octobre
.

Selon les déclarations d’un militant CGT à Ouest-France, l’entreprise « est confrontée, depuis juin, à une baisse progressive des commandes, ce qui affecte la production… Alors qu’on tournait en 5X8 et à plein pot jusqu’en juin, on est tombés à un rythme en 3X8, 4 jours par semaine au lieu de 7 jours sur 7 (2) et à 12 postes au lieu de 21. » Toujours selon celui-ci « La perte financière pour les salariés (indemnisés à hauteur de 75 % du salaire brut, soit environ 90 % du salaire net), représente entre 20 et 30 % si l’on inclut la perte de l’indemnité d’astreinte pour le travail en 5X8... ».

En lorraine, ce sont 1511 salariés dont 595 des sites de Florange (CDI, intérimaires et apprentis) et 390 sous-traitants qui vont être touchés par cette fermeture. Pour justifier celle-ci, le magnat indien de l’acier invoque une baisse des commandes, due notamment « aux conséquences de la sécheresse » sur le marché de l’acier.

Après l’arrêt du haut-fourneau P3 le 6 juin dernier, c’est le P6, second haut-fourneau dela Fensch, qui va à sont son tour être arrêté dès demain, de même que la totalité du train à chaud et ce pour une période indéterminée. Une décision qui pourrait être lourde de conséquence, car rallumer un haut-fourneau est une opération délicate et aucune date n’a été annoncée pour la reprise de l’activité.

Pour certains cette fermeture s’explique surtout par une stratégie purement spéculative du groupe visant à réduire l’activité des sites de Lorraine pour maintenir le prix de l’acier à un haut niveau, ce qui lui procure des marges confortables. Alors que le site de Dunkerque tourne à plein régime et que Fos-sur-Mer achève sa rénovation, Arcelor Mittal n’a procédé, depuis de nombreuses années à aucun investissement en Lorraine. N° 1 mondial de la sidérurgie, le groupe a réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de près de 59 milliards d’euros pour un résultat net de 2.200 millions d’euros.

Interrogé sur ce dossier, Eric Besson, ministre chargé de l’Industrie, s’est borné à dire en réponse à une question de Michel Liebgott (PS, Moselle) qu’il « espérait pour le début de l’année prochaine » le redémarrage du haut fourneau mis en veille par Arcelor-Mittal à Florange. « Le groupe Arcelor (…) continue à présenter un programme précis et chiffré de maintenance, qui permettra de maintenir l’outil de production dans de bonnes conditions et le redémarrage que nous espérons – je dis bien nous espérons – pour le début de l’année prochaine ». Une phrase qui en dit long sur le pouvoir, en 2011, d’un ministre de l’Industrie face à une multinationale indienne, dans un secteur aussi stratégique que la production d’acier.

Manipulations de Goldman Sachs : encore et toujours [tribune libre]

Manipulations de Goldman Sachs : encore et toujours [tribune libre]

30/09/2011 – 18h45
WASHINGTON (NOVOpress) – Oui, la combinaison de la folle croissance démographique mondiale avec le modèle consumériste américain étendu au monde entier va générer d’effroyables pénuries et les spéculations et les conflits qui vont avec. Non, l’ère des pénuries n’est pas encore tout à fait venue… et en attendant certains se chargent de l’organiser, sans doute par esprit humanitaire bien compris en faisant des tests préalables ! L’un des éditorialistes de la “Chronique Agora”, Marc Mayor, nous livre le secret de certaines techniques employées par les prédateurs financiers de Wall Street dans un article en date du 29 septembre. (Philippe Millau)

[box class=”info”]Crédit photo  : DR [/box]

L’aluminium posait un sacré problème aux banksters de Wall Street. Il n’était pas en situation de pénurie. Les cours ne flambaient pas et Goldman Sachs ne pouvait pas s’en mettre plein les poches en spéculant ! Qu’à cela ne tienne ! L’abondance n’étant pas bien vue dans le monde du trading des matières premières, Goldman Sachs a trouvé un moyen de créer une pénurie sur l’aluminium : en le stockant longtemps. Avec la complicité du London Metal Exchange, la plus grande Bourse des métaux au monde.

▪ Combine en catimini
Pour une fois, c’est loin de la frénésie de Wall Street que Goldman a monté sa dernière combine. A Détroit, l’ancienne Mecque de la bagnole made in Etats-Unis, devenue une quasi-ville fantôme, la banque d’affaires a transformé des entrepôts en véritables usines à fric. Comment ?

En y entassant plus d’un million de tonnes d’aluminium industriel, soit près du quart des stocks mondiaux, qui ont atteint un record à cinq millions de tonnes en mai.

▪ Les loyers tombent tranquillement
Goldman encaisse donc des revenus de location, comme tout propriétaire immobilier ; à 41 cents par tonne et par jour, c’est toujours près d’un demi-million de dollars par jour ou 165 millions par année dans la poche.

Surtout que le loyer est encaissé même une fois que l’aluminium est vendu, donc plus la livraison prend du temps, plus Goldman encaisse de loyer. N’empêche que ces sommes demeurent des broutilles, pour les requins de Wall Street.

▪ Le vrai argent est produit autrement
Les entrepôts de Détroit génèrent des montagnes de cash en faisant de la rétention d’aluminium. Les règles du London Metal Exchange, la Bourse des métaux non précieux, permettent aux entrepôts de livrer une partie seulement de leurs stocks chaque jour, bien moins que ce qui entre dans ces bâtiments pour y être stocké. C’est un peu comme la combine des frères Hunt à la fin de l’année 1979, mais mise au goût du jour.

Entre janvier et fin juin de cette année, les entrepôts de Goldman (qui appartiennent à sa filiale Metro International Trade Service) ont fait rentrer 364 175 tonnes d’aluminium, alors que 171 350 en sont sorties, selon les statistiques du LME, révélées par Reuters.

Soit 42% des nouveaux stocks constitués dans le monde et 26% de l’aluminium livré sur la planète.

▪ Création d’un goulot d’étranglement artificiel = jackpot
En conservant plus longtemps le métal, Goldman Sachs crée un goulot d’étranglement. Les fabricants de canettes pour boissons et les constructeurs aéronautiques doivent attendre plus longtemps avant de recevoir leur aluminium. Conséquence : les prix sont artificiellement gonflés depuis des mois.

Manipulation des prix. Encore ! “Cela pousse les prix vers le haut pour les clients nord-américains. Et pas à cause d’une véritable pénurie sur le marché, mais pour un problème d’accès au métal… dans des entrepôts de Détroit”, déclare à Reuters Nick Madden, responsable de l’approvisionnement en aluminium chez Novelis, qui appartient à l’Indien Hindalco Industries Limited, l’un des plus importants consommateurs d’aluminium dans le monde.

Selon Madden, la dernière trouvaille de Goldman Sachs ajoute 20 $ à 40 $ au prix de l’aluminium, qui valait début septembre encore 2800 $ la tonne ; cela représente donc un surcoût de 120 à 240 millions de dollars par an pour l’industrie américaine, qui consomme plus de six millions de tonnes chaque année.

▪ Bien sûr, Goldman nage en plein conflit d’intérêts…
… en stockant d’énormes quantités de métal, tout en en faisant le commerce.

“C’est une honte, un simulacre de marché”, s’emporte Robin Bhar, analyste sur les métaux chez Crédit Agricole à Londres. “Cette situation avantage certaines entreprises et pénalise clairement les autres. C’est un souci important et je pense que les autorités de régulation devraient intervenir”.

Bien sûr, Goldman assure suivre scrupuleusement les règles du LME. Je leur fais confiance : leurs avocats sont les mieux payés du monde.

▪ Des intérêts bien compris
Quant à une intervention du régulateur, personne n’y a intérêt, et surtout pas le London Metal Exchange lui-même !

A partir d’avril 2012, le LME va doubler la quantité de métal qu’un opérateur devra livrer chaque jour, qui passera de 1 500 tonnes par jour et par ville à 3 000 tonnes ; cela ne changera rien, relèvent les analystes de Morgan Stanley dans une étude parue en juillet. Il suffira d’augmenter les quantités stockées à Détroit pour que le goulot d’étranglement se forme à nouveau.

Une solution efficace consisterait à interdire aux propriétaires de hangars de facturer des frais de location une fois que le métal a été vendu, peu importe le temps qu’ils mettent à le livrer. Mais le LME prélève 1% des coûts de location encaissés par les opérateurs comme Goldman Sachs. Plus important encore, le LME appartient aux grandes banques comme Goldman. Deux raisons qui expliquent son manque d’empressement à sévir.

▪ Zinc : même combat. Et devinez qui détient les hangars pleins de zinc ?
La même situation a déjà commencé à se reproduire sur le marché du zinc. Des entrepôts situés à La Nouvelle-Orléans abritent actuellement 61% des stocks mondiaux enregistrés par le LME.

Devinez qui possède ces hangars. Goldman Sachs bien sûr (ainsi que Glencore, l’un des principaux traders de matières premières au monde) !

En attendant, les métaux viennent de décrocher brutalement la semaine dernière. Mais cela ne changera pas la stratégie de Goldman, au contraire.

Progression de la consommation et de la production de produits issues de l’agriculture biologique

Progression de la consommation et de la production de produits issus de l’agriculture biologique

30/09/2011 – 10h00
PARIS (NOVOpress) – Malgré les tentatives de déstabilisation orchestrées par les géants de l’agro-alimentaire, la production et la consommation de produits bio ne cessent de se développer en France.

Comme le souligne Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence Bio, « le bio maintient le cap de la croissance », indiquant également l’absence « d’impact de la crise économique. Au contraire, car les consommateurs se tournent vers le qualitatif ».

Mais la bonne nouvelle réside sûrement dans la hausse considérable d’exploitations agricoles qui ont mis leur savoir-faire au service de cette agriculture soucieuse de la bonne santé des écosystèmes et des populations. Près de 2.000 nouvelles exploitations agricoles se sont inscrites dans la filière bio au premier trimestre 2011, portant le total à 4,6% des exploitations françaises. Le chiffre d’affaires généré par le marché du bio s’oriente désormais vers les 4 milliards d’euros, contre 3,38 milliards l’année dernière.

Autre signe encourageant pour un retour au localisme et à une consommation identitaire, les importations de produits bio (35% en 2010) depuis l’UE ou de pays tiers ont été revues à la baisse. Une tendance observée en 2010, qui se confirme en 2011.

Allemagne : le Bundestag vote le plan de sauvetage de l'euro

Allemagne : le Bundestag vote le plan de sauvetage de l’euro

29/09/2011 – 20h00
BERLIN (NOVOpress) – Les députés de la CDU d’Angela Merkel, du SPD (sociaux-démocrates) et des Verts ont adopté aujourd’hui, par 523 voix pour sur 611 suffrages exprimés, le plan de sauvetage de l’euro.

Ce plan, mis en place en 2010, vise à venir en aide aux pays de la zone euro en difficulté. Notamment, par un élargissement des pouvoirs du Fonds de stabilité financière (FESF) et un accroissement de ses moyens, qui passent de 440 à 780 milliards d’euros.

En adoptant ce plan, Berlin devient le premier contributeur du FESF. C’est ce point qui avait créé beaucoup de tensions en Allemagne et au sien de la majorité d’Angela Merkel. En effet, la « fourmi » germanique ne comprenait pas pourquoi elle devait venir en aide aux « cigales » du sud de l’Europe. Si ce n’est l’impérative solidarité européenne…

Le Parlement autrichien, quant à lui, devrait logiquement suivre le Bundestag lors du vote du même plan demain, vendredi 30 septembre.

A noter que le Bundestage devra prochainement adpoter (ou non) un deuxième plan d’aide à la Grèce, et l’an prochain, un mécanisme de sauvetage permanent qui devrait succéder au FESF.

Le territoire de l’euro, môle de la résistance et de la reconquête européennes, par Gérard Dussouy [tribune libre]

“Le territoire de l’euro, môle de la résistance et de la reconquête européennes”, par Gérard Dussouy [tribune libre]

28/09/2011 – 17h00
PARIS (NOVOpress) – Gérard Dussouy, universitaire, professeur de géopolitique à Bordeaux IV fait autorité dans son domaine. Il a été l’un des conférenciers de l’Université de rentrée du Bloc Identitaire qui s’est tenue les 9, 10 et 11 septembre devant 150 personnes. Il livre en exclusivité pour Novopress son analyse sur la crise de la dette et en particulier sur l’actualité grecque : une bouffée bien nécessaire d’optimisme, notamment appuyée par les travaux du très important “Laboratoire européen d’anticipation économique” ( LEAP ) qui publie l’excellent bulletin mensuel appelé GEAB.

La banque centrale européenne

La banque centrale européenne©DR

La mondialisation, contrairement à ce qu’en disent les adeptes d’Adam Smith (ceux qui voient en elle l’émergence d’une société globale, démocratique et pacifiée par la prospérité du marché), est un état de guerre. Les principaux enjeux n’en sont plus militaires, pour combien de temps nul ne le sait, mais commerciaux, financiers et monétaires. Les assauts sont aujourd’hui dirigés contre le territoire de l’euro, le seul territoire européen authentique réalisé à ce jour puisqu’il réunit 17 Etats qui disposent des mêmes signes monétaires et qui sont dirigés depuis un centre unique (le Banque centrale européenne sise à Francfort/Main). C’est donc une situation inédite dans l’histoire, inhérente aux transformations du monde, qui veut qu’une construction politique, celle de l’Europe, se cristallise maintenant autour de sa défense monétaire.

Les ennemis sont désignés (GEAB n°57, 15/09/11), à savoir les opérateurs financiers de Wall Street et de la City qui sont devenus les grands féodaux d’une mondialisation qu’ils ont mise en coupe réglée et qui n’entendent pas voir s’organiser face à eux une puissance de type étatique, susceptible de conduire une politique économique contraire à leurs intérêts, et qui leur échapperait. Ils tirent parti, bien entendu, de l’insuffisante intégration de l’Union européenne, des disparités économiques qui la caractérisent, et des gestions approximatives de trop nombreux gouvernements. Les alliés potentiels existent aussi en la personne des BRICS (économies émergentes), parce qu’ils ont besoin des débouchés européens, mais à condition de régler certains différends commerciaux. Ce qui pourrait se faire grâce à la substitution du néomercantilisme régionalisé au multilatéralisme ultralibéral en vigueur.

Wall Street

Wall Street©DR

La situation de la zone euro est certes difficile en raison du mauvais état des finances publiques de plusieurs Etats-partenaires. Mais cela justifie-t-il l’alarmisme qui règne à son encontre ?

Des économistes de divers horizons ont annoncé sa dislocation à brève échéance, suite à la défaillance de la Grèce (annoncée pour octobre ou novembre 2011) et à l’emballement consécutif des crises italienne, portugaise, espagnole et irlandaise… Certains chiffres, s’ils devaient se vérifier, sont impressionnants, puisque pour sauver la Grèce, il faudrait lui procurer de 340 à 380 milliards d’euros entre 2012 et 2019, tandis qu’ à plus court terme, de 390 à 440 milliards d’euros seraient nécessaires pour soutenir les autres pays en difficulté. A cela, on peut tout de même opposer les énormes capacités de l’Europe de l’euro (Ee) qui dispose du second PNB du monde avec un total de 8400 milliards d’euros en 2010 ; ce qui présuppose un pouvoir de négociation d’importance pour peu que l’on arrête une stratégie unitaire. Le PNB de la Grèce, quant à lui, en représente moins de 3%, ce qui relativise le pays à risque qu’elle peut être aux yeux de certains, et a fortiori l’impact de sa sortie éventuelle. L’Ee détient un fonds de solidarité, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) d’environs 500 milliards d’euros.

Et surtout, comme le souligne le LEAP/2020, grâce à la prise de conscience née de la crise, l’Ee est devenue un espace permanent de discussion en quête de solutions. Parmi celles-ci, la monétisation des dettes des pays les plus en difficulté (ce qui permet de réduire la pression des marchés sur ces Etats), sachant que dans ce domaine la BCE dispose d’une énorme capacité de rachat. D’autres procédés financiers et monétaires sont à l’étude, comme le renforcement du FESF, et comme la restructuration de la dette de la Grèce qui ne veut pas quitter le territoire monétaire européen, parce qu’elle n’y a aucun intérêt. A quoi bon se retrouver sur la scène internationale avec une monnaie dévaluée, qui ne vaut pas un kopek (surtout quand il faut emprunter à un taux alors usuraire), quand il faut importer toute son énergie, ses biens d’équipement, et que l’on a rien à exporter? Et cela vaut pour beaucoup d’autres en Europe, même pour ceux qui ont la prétention d’être encore une grande nation.

La situation actuelle est donc moins désespérée qu’elle n’y paraît ou que les grands médias anglo-saxons se plaisent à le dire et à l’écrire. Mieux encore, elle devrait permettre un pas en avant dans l’intégration européenne et un autre vers l’homogénéisation des systèmes sociaux et économiques des pays européens, dont plusieurs ne peuvent plus faire l’impasse sur leur rationalisation (voir leur modernisation). Techniquement parlant, le territoire de l’euro a les moyens de traverser la crise qu’il connaît. Beaucoup dépend de la clairvoyance, de la sérénité et de la volonté des dirigeants des Etats européens. Des échéances électorales s’annoncent dans plusieurs pays. En France, quel que soit l’élu (ou l’élue) parmi les candidats qui ont les meilleures chances, on peut craindre malheureusement, encore une fois, l’exercice d’un « quinquennat inutile ». Pourtant, l’Ee, malgré les défaillances des uns et des autres, devrait assumer son rôle de bouclier quand la crise américaine, annoncée comme inéluctable par beaucoup, va se transmettre au reste du monde.

Car la situation des Etats-Unis, comme celle de la Grande Bretagne, pays qui est le plus endetté du monde si l’on cumule la dette privée et la dette publique, est bien plus comprise et même inextricable que la nôtre (GEAB n°57). Le déficit public américain va encore s’accroître, tandis que les coupes budgétaires vont rendre le climat social insupportable. Il est donc peu probable que l’Administration Obama soit reconduite en 2012. Et en 2013, il est bien possible qu’une nouvelle présidence républicaine dure donne le signal du retour au protectionnisme (seul cadre dans lequel les Etats-Unis peuvent se ressourcer, et ils en ont les moyens), pour peu qu’elle trouve un compromis avec la Chine, son principal bailleur de fonds. Les gouvernants américains n’ont pas d’état d’âme quand il s’agit de l’intérêt économique des Etats-Unis : business is business. En 1934, Franklin Roosevelt n’a pas hésité à dévaluer le dollar de 40% pour essayer de surmonter, en vain, la Grande crise qu’ils n’ont vaincue que grâce à la Seconde guerre mondiale. Mais en déclenchant une cascade de dévaluations et en déstabilisant le commerce international. En 1971 puis en 1973, Richard Nixon a d’abord suspendu la convertibilité en or du dollar, puis l’a dévalué de près de 30%, ne tenant pas compte du fait que la monnaie américaine était le pilier principal des accords de Bretton Woods (1944) voulus par les Etats-Unis.

Face à un contexte économique mondial qui risque fort de changer, d’être bousculé sinon bouleversé, les Etats de l’Ee ont tout intérêt à demeurer soudés autour de leur monnaie unique. Car le retour à des monnaies nationales sans aucun pouvoir d’achat n’ajouterait qu’au désarroi, et ferait le jeu d’un dollar en déshérence. En revanche, le territoire de l’euro, au delà de la résistance qu’il est en mesure d’offrir aux tourmentes de l’économie mondiale en récession, peut permettre à l’Europe de reconquérir toute sa souveraineté. Il faudra pour cela que les Européens se décident enfin, et le moment sera venu, à utiliser l’euro comme leur véritable monnaie internationale, monnaie de réserve mais aussi monnaie paiement, et à en faire l’instrument d’une véritable politique conjoncturelle européenne. Ce qui est une façon de poser la question de l’Etat européen…

La soumission par le crédit [tribune libre]

La soumission par le crédit [tribune libre]

[box class=”info”]Texte repris du site “Zentropa”[/box]

L’ensemble du système politique ainsi que l’intégralité du personnel qu’il emploie, d’un bout à l’autre de l’échiquier « idéologique », n’ont d’autre finalité que la défense et la prorogation du règne de la marchandise. Il ne s’agit nullement là d’une affirmation polémique mais d’un froid constat qu’il faut être aveugle et sourd pour encore contester. L’évidence de ce fait est d’ailleurs démontrée par la position centrale occupée par le dogme de la croissance dans la totalité des programmes proposés par les différentes composantes du spectre politique français et, plus largement, occidental. Vous pouvez chercher, parmi les groupements politiques « officiels », c’est-à-dire ayant accès à l’espace public et aux instances de représentation via les médias, il n’y a pas la moindre exception. Même les prétendus « radicaux » gauchistes et anti-capitalistes – dont on peut mesurer le degré de subversion à l’aune du nombre de leurs invitations télévisées et autres dimanches après-midi passés en compagnie du très transgressif Michel Drucker – ne parlent que de « réappropriation », de « meilleure distribution » et de « répartition plus juste » des fruits de la croissance, sans jamais remettre en cause le principe même de celle-ci..

Bref, au-delà de divergences cosmétiques à visées électoralistes, tout le monde est d’accord pour communier dans la vénération de la même Loi : point de salut, de bonheur ni d’avenir sans croissance, c’est-à-dire sans augmentation infinie de la production annuelle de biens et de services. Ce bel unanimisme se révèle d’ailleurs de manière particulièrement flagrante lorsqu’il s’agit de moquer ou de conspuer avec toute la morgue qui sied aux prétendus « réalistes » les tenants de la « décroissance », théorie « fumeuse » voire « fascisante », qui a l’improbable audace d’évoquer les limites physiques et écologiques de notre environnement et ose suggérer que l’accomplissement humain ne se réalise peut-être pas exclusivement au travers de l’entassement d’objets et de la fuite en avant techno-scientiste. Contre ces olibrius et leurs blasphèmes envers les divinités mercantiles, c’est la mobilisation générale, des Verts à l’UMP en passant par le PCF et le les « centristes ».

« Der Kauf macht frei ! »
Fermez le ban.

Pour garantir l’immuabilité de cette domination, le système politico-marchand (pléonasme) a trouvé un moyen autrement plus sûr et efficace que l’antique knout ou la police spéciale : le crédit.

Après avoir mis un terme définitif à la lutte des classes en transformant tous les travailleurs en apprentis bourgeois aux « potentialités » consommatrices infinies, le crédit a en effet progressivement métamorphosé l’ensemble de la population en un vaste conglomérat d’ilotes captifs et dépendants, terrorisés par les banques, les fins de mois, les échéances, les huissiers…

[box]Pour lire le texte dans son intégralité (le texte a le même titre)[/box]

Région Bretagne : le chômage progresse plus vite qu’en France métopolitaine

Région Bretagne : le chômage progresse plus vite qu’en France métropolitaine

27/09/2011 – 17h30
RENNES (NOVOpress Breizh) –
Le nombre de chômeurs enregistrés par Pôle Emploi pour la région administrative Bretagne a encore progressé au mois d’août. Plus rapidement que pour l’ensemble de la France métropolitaine, dont la situation n’apparait pourtant guère brillante.

Selon les chiffres communiqués par le ministère du Travail, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A – c’est-à-dire sans aucun emploi – s’établit à 115 220 pour les quatre départements de la région Bretagne. Ce nombre augmente de 1 530 par rapport à la fin juillet 2011, soit une progression de 1,3%. Sur un an, la variation est de +3 490 personnes, soit 3,1% contre 2,3% en France métropolitaine.

Dans le détail, pour le mois d’août, c’est le département d’Ille-et-Vilaine qui progresse le plus (+1,7%), suivi du Morbihan (+1,5%), des Côtes-d’Armor (+1,2%) et du Finistère (+1%). Sur un an, c’est le département des Côtes-d’Armor qui est le plus touché avec une augmentation de 5,2%, devant l’Ille-et-Vilaine (+3%), le Morbihan (2,6%) et le Finistère (+2,4%).

Le nombre des demandeurs d’emploi des catégories B et C était de 69 990 il y a un an, de 75 210 fin juillet 2011 et de 75 330 fin août, soit une progression de 0,2% sur un mois et de 7,6% sur un an. Pour mémoire, la catégorie B concerne les demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (de 78 heures ou moins au cours du mois) ; la catégorie C concerne elle les demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue (de plus de 78 heures au cours du mois). L’augmentation du nombre des demandeurs d’emploi de ces deux catégories témoigne de la part croissante des petits boulots à temps partiel sur le marché de l’emploi.

Pour l’ensemble des catégories A, B et C les chiffres pour la région Bretagne sont également à la hausse : 190.550 personnes soit +0,9% en août par rapport à juillet. Et sur un an la progression est de 4,9%. En comparaison, pour la France métropolitaine le nombre de demandeurs d’emploi en catégories A, B, C s’établit à 4.148.200 fin août. Soit une hausse de 0,5 % (+20.200) par rapport à fin juillet et une augmentation de 4,3 % sur un an.

Sur le plan national, l’Unedic vient de réviser ses prévisions financières et d’emploi pour 2011 et pour l’an prochain. Alors que le régime d’assurance-chômage prévoyait fin mai une faible hausse du nombre de chômeurs cette année (+12.000), il estime désormais que le nombre des nouveaux demandeurs d’emploi sera de 144.000, soit 132.000 de plus que prévu. Et l’année 2012 ne s’annonce pas meilleure : alors que les prévisions effectuées avant l’été tablaient sur une baisse de 91.000 chômeurs en 2012, le nombre de ceux-ci devrait finalement croître de 123.100.

Le Carrefour Market de Loudéac (22) veut mettre fin au repos dominical

Le Carrefour Market de Loudéac (22) veut mettre fin au repos dominical

27/09/2011 – 08h30
LOUDÉAC (NOVOpress Breizh) – Depuis le 18 septembre, l’enseigne Carrefour Market de Loudéac est ouverte le dimanche matin. Une décision qui remet en cause le repos dominical des salariés et l’existence des commerces alimentaires de la ville, et qui a soulevé un tollé dans cette cité des Côtes d’Armor.

Dimanche, pour la deuxième fois, une partie du personnel, auquel s’étaient joints, comme le dimanche précédent, des consommateurs, des commerçants de proximité, des militants associatifs et des élus, avait mis en place des barrages filtrants pour informer la clientèle des conséquences de cette ouverture dominicale.

« Ne pas réagir maintenant, c’est risquer l’effet boule-de-neige. Concurrence oblige, ce sont toutes les grandes surfaces de Loudéac et des villes environnantes qui vont s’y mettre. Avec des répercussions directes sur le personnel de Carrefour mais aussi sur les autres secteurs d’activités (transporteurs, vigiles, maintenance, etc.) », affirme dans une déclaration au Télégramme Sébastien Vivier, délégué régional CFDT de Carrefour Market.

S’appuyant sur des salariés « volontaires » rémunérés 2,93€ de plus par dimanche (!) et des étudiants embauchés pour l’occasion, la direction de Carrefour Market a semble-t-il rencontré un succès modeste, le chiffre d’affaires réalisé couvrant à peine les frais engagés.

Ronan Kerdraon, sénateur (PS) a annoncé qu’il allait déposer une question orale au gouvernement « sur l’impact de l’ouverture des grandes surfaces à prédominance alimentaire le dimanche matin, en prenant l’exemple de Loudéac». Conjointement avec le maire de Loudéac, Gérard Huet (SE), Ronan Kerdraon doit également adresser un courrier au préfet de Région afin de trouver une solution à cette affaire.

Lors de la création de l’enseigne, en octobre 2007, le PDG de Carrefour de l’époque, José Luis Duran, avait déclaré qu’il s’agissait là « d’abord un projet commercial pour attirer le client, gagner en notoriété, améliorer notre performance commerciale et augmenter le chiffre d’affaires au mètre carré. » Un projet commercial dans lequel le repos dominical et la vie familiale des salariés n’entrent manifestement pas en ligne de compte.

Les collectivités locales plombées par des emprunts toxiques, l’exemple des Côtes d’Armor

Les collectivités locales plombées par des emprunts toxiques, l’exemple des Côtes d’Armor

23/09/2011 – 18h30
SAINT-BRIEUC(NOVOpress Breizh) –
« On n’a pas fait attention ». C’est la seule explication donnée hier par le président du conseil général du département des Côtes d’Armor, Claudy Lebreton (PS), suite à la révélation par le quotidien Libération de la liste considérable des collectivités locales ayant souscrit auprès de diverses banques – dont la banque Dexia – des emprunts « toxiques ». Les Côtes d’Armor fournissent un exemple emblématique : en effet c’était une explication un peu courte pour quelqu’un qui a été membre du conseil de surveillance de la banque Dexia.

Ce Département a emprunté la somme de 34 millions d’euros (moitié à taux fixe et moitié à taux variable) auprès de plusieurs banques, dont Dexia. Selon le mécanisme prévu par l’emprunt à taux variable, lorsque la parité est de 1,40 franc suisse (CHF) pour un euro, le taux d’intérêt est de 3,40 % soit une charge (capital + intérêts) de 800.000 € par an pour les contribuables costarmoricains. Ce qui est raisonnable. Le hic c’est que cette charge a quasiment atteint les quatre millions d’euros quand la parité est descendue à 1,10 CHF pour un euro. Soit cinq fois plus que prévu. Et il reste encore neuf annuités à rembourser.

Hier, lors de la session de rentrée du conseil général, le député Marc Le Fur (UMP), n’a pas manqué d’enfoncer le clou : « Ces emprunts sont non seulement immoraux, car basés sur la spéculation, mais également très dangereux pour les collectivités qui les souscrivent. », précisant que « la Chambre régionale des comptes considère que ces emprunts sont classés sur l’échelle des risques à la note maximale : la note 6F. » Et le conseiller général de Quintin de rappeler au passage que Claudy Lebreton a été dans le passé membre du conseil de surveillance de Dexia.

Si ce dernier a reconnu qu’il a bien été membre du conseil de surveillance de Dexia de janvier 2000 à avril 2004, il a expliqué qu’il s’agissait d’un « conseil de surveillance qui n’avait rien à voir avec le directoire de la banque. Il avait juste pour vocation d’associer les élus, mais pas au choix stratégique de la banque (sic) ». Une simple potiche ?

Le président du conseil général a essayé en outre de dégager sa responsabilité en signalant que l’État, qui assure le contrôle de la légalité, « n’a pas alerté les élus sur les dangers d’un tel emprunt (!). » Responsable donc, Claudy Lebreton, mais pas coupable. Pourtant le certificat d’études devrait suffire à réaliser que si le taux d’intérêt d’un emprunt est indexé sur le cours du franc suisse, ce taux augmente si le franc suisse augmente. Les contribuables des Côtes d’Armor devront, quant à eux, payer 4 millions d’euros supplémentaires.

Face à la spéculation immobilière, les Français favorables à l’intervention de l’Etat

Face à la spéculation immobilière, les Français favorables à l’intervention de l’Etat

21/09/11 – 15h00
PARIS (NOVOpress)
– L’envolée des prix de l’immobilier, notamment parisien, à l’achat comme à la location, entraîne aujourd’hui de véritables difficultés pour se loger correctement et dignement. Les familles des classes moyennes sont notamment particulièrement concernées par ce problème.

Face à cette situation, un sondage Ipsos réalisé pour le compte du promoteur Nexity, montre qu’une très large majorité de Français se déclare favorable à l’intervention de l’Etat pour encadrer le marché et limiter les loyers.

Ainsi, plus de huit Français sur dix sont pour que l’Etat régule les prix de vente des biens immobiliers, 59% souhaitent une limitation de la hausse des loyers, 83% des personnes interrogées veulent que l’Etat « régule les prix de ventes », 87% pensent qu’il doit « renforcer le prêt à taux zéro » et 88% réclament un « encadrement des prix des terrains publics pour développer des constructions à prix accessibles ».

L’enquête, parue dans le journal Le Parisien, a été réalisée selon les critères classiques de l’exercice, auprès de 1.000 personnes constituant « un échantillon représentatif de la population française ».

Hervé Juvin : “Valse du prix des actifs, vers une redistribution du pouvoir ?”

Hervé Juvin : “Valse du prix des actifs, vers une redistribution du pouvoir ?” [vidéo]

Le monde en cet été, que l’on croyait propice à la trêve estivale, est en fait un été de valse des étiquettes. La valse des étiquettes, c’est la valse du prix des actifs, telle qu’elle pourrait bien commander de gigantesques redistributions de la propriété et du pouvoir à travers le monde.
Enregistré le 3 août 2011, mais depuis cette date les phénomènes que décrit l’auteur, loin de diminuer, se sont accentués.

Hervé Juvin est écrivain et conférencier. Auteur d’essais sur l’économie, la société et la mondialisation, il est spécialiste de la banque et des marchés financiers. Grand arpenteur du monde, il a publié plusieurs centaines d’articles, notamment dans Le Débat ( Gallimard), L’Expansion, Agir, et préside par ailleurs une société de conseil aux gouvernements, aux institutions et aux entreprises.

Source : Realpolitik.tv.

Frédéric Nihous : « La Grèce doit sortir de la zone euro »

Frédéric Nihous : « La Grèce doit sortir de la zone euro »

18/09/11 – 14h30
BORDEAUX  (via Info Bordeaux Le candidat CPNT (Chasse Pêche Nature Traditions) à l’élection présidentielle de 2012 a posé, dans un communiqué de presse, la question d’une éventuelle sortie de la zone euro pour la Grèce. Ce sujet, encore tabou il y a quelques mois commence pourtant à prendre de l’ampleur.

Pour le conseiller régional d’Aquitaine, « pour sauver la zone euro, ne faut-il pas sortir la Grèce de la zone euro comme on expulse un copropriétaire qui n’a pas tenu ses engagements et qui a trompé la confiance de ses voisins ? ». En effet, pour Frédéric Nihous, « la Grèce n’a cessé de mentir sur son déficit public, de fournir des chiffres frauduleux dans tous les domaines à ses partenaires et bailleurs européens, et s’est notamment montrée incapable d’assurer le simple prélèvement de l’impôt ! ».

De nombreux responsables politiques posent désormais ouvertement la question d’une sortie de l’euro pour les Grecs, afin de sauver la monnaie unique en proie à de graves difficultés sur les marchés financiers. Pourtant, du côté de la commission européenne, la réponse est catégorique. Celle-ci a exclu jeudi une sortie de la Grèce de la zone euro : « Aucune sortie, ni expulsion de la zone euro n’est possible d’après le traité de Lisbonne. La participation à la zone euro est irrévocable. Il n’y a aucune discussion à ce sujet », a affirmé le porte-parole du commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn.

Un cas d'école : deux emprunts toxiques dans les comptes d'une collectivité à Saint-Nazaire

Un cas d’école : deux emprunts toxiques dans les comptes d’une collectivité à Saint-Nazaire

18/09/2011 – 10h00
SAINT NAZAIRE (NOVOpress Breizh) – La communauté d’agglomération CARENE à Saint-Nazaire a souscrit deux emprunts « structurés » qui auront coûté fort cher à ses habitants, révèle la Chambre régionale des comptes. Des financements hasardeux dont il est difficile de rejeter la responsabilité sur les seuls banquiers tant leur mécanique était évidente. Un exemple intéressant à analyser car la communauté d’agglomération CARENE est loin d’être la seule collectivité dans ce cas.

La Chambre régionale des comptes des Pays de la Loire vient de publier ses observations définitives concernant la gestion de la CARENE pour les années 2005 et suivantes. Cette communauté d’agglomération regroupe dix communes de la région nazairienne : Besné, La Chapelle-des-Marais, Donges, Montoir-de-Bretagne, Pornichet, Saint-André-des-Eaux, Saint-Joachim, Saint-Malo-de-Guersac, Saint-Nazaire et Trignac. Elle bénéficie de ressources fiscales « plus élevées que la moyenne » grâce à la présence de nombreuses entreprises. Et pourtant, note la CRC, « l’encours de dette a plus que doublé de 2005 à 2008 », passant de 32 millions d’euros à 70,4 millions d’euros en fin d’année.

En 2009, la CARENE a soudain cessé d’emprunter. Pourquoi ? Son rapport annuel n’en dit rien. Mais on se souvient que la crise financière de 2007-2008 venait de révéler le caractère potentiellement toxique des emprunts « structurés » souscrits par certaines collectivités locales. Or la CARENE s’était lancée dans ce genre d’aventure.

Les collectivités qui ont souscrit des emprunts toxiques accusent en général les banques de les avoir trompées en leur vendant des produits apparemment avantageux dont elles ne pouvaient comprendre les risques. « Cela s’est sûrement produit, mais il ne faudrait pas non plus exagérer l’incompétence des élus et des fonctionnaires locaux, tempère un financier breton. Souvent, la mécanique des montages était très claire. »

C’était le cas du prêt indexé sur le franc suisse souscrit par la CARENE. La Chambre régionale des comptes décrit ainsi son principe : « Lorsque l’euro est supérieur à 1,45 franc suisse, la collectivité bénéficie d’un taux favorable. À l’inverse, lorsque la devise européenne bascule sous ce niveau, le taux progresse en parallèle de la baisse de l’euro. » Il n’est pas nécessaire d’avoir fait un doctorat en finance pour comprendre qu’un tel prêt devient toxique si l’euro chute par rapport au franc suisse. Ce qui a été le cas : au lieu du cours fatidique de 1,45 franc suisse, il en vaut à peine plus de 1,20 aujourd’hui. Résultat : le taux du prêt a atteint 8,71 % en 2010, soit près de trois fois le taux couramment pratiqué, or la CARENE est engagée jusqu’en 2021.

La CARENE ne s’en est pas tenue là : elle a aussi souscrit un emprunt indexé sur la différence entre les taux à court terme et les taux à long terme. Là encore, la mécanique était claire, le risque était évident… et la communauté a pris le mauvais pari. Elle a cependant pu renégocier cet emprunt en juin dernier. Mais l’indemnité versée à la banque a quand même coûté 530.000 euros au contribuable.

Ces opérations n’ont pas été montées frauduleusement par un Jérôme Kerviel local : elles ont reçu l’aval de la commission des finances, où siègent les maires des dix communes membres de la CARENE. Le responsable des affaires financières de celle-ci à l’époque (un poste d’administrateur hors classe hors échelle A) n’était pas un incompétent notoire : Vincent Estable était secrétaire national adjoint de l’Association Finance gestion évaluation des collectivités locales (AFIGESE-CT) au sein de laquelle il intervenait comme conférencier et formateur. Il a discrètement quitté ses fonctions en 2010. La CARENE a eu du mal à le remplacer puisqu’il lui a fallu près d’un an pour accueillir Michèle Combelles. Le poste est-il donc si peu enviable ?

[Kiosque étranger] Le prix de la diversité pour l'UBS : une escroquerie de près d'1,5 milliard d'euros

[Kiosque étranger] Le prix de la diversité pour l’UBS : une escroquerie de près d’1,5 milliard d’euros

16/09/2011 – 15h00
LONDRES (NOVOpress) –
Dans un papier très bref paru dans The Telegraph, les journalistes Gordon Rayner, Andrew Hough et Victoria Ward publient un compte-rendu de la fraude dont vient d’être victime la branche londonienne de la banque suisse UBS. Soit près d’1,5 milliards d’euros

A l’inverse des journaux français comme Libération  – à l’exception notale du Parisien ou du Figaro –, les Britanniques n’hésitent pas à publier très rapidement la photo et le nom du trader incriminé. Ce trader d’origine africaine s’appelle Kweku Adoboli.

Mondialisation : la Ville de Nantes achète des pavés chinois

Mondialisation : la Ville de Nantes achète des pavés chinois

16/09/2011 – 11h00 NANTES (NOVOpress Breizh) – Les passants qui longent le chantier de la place Royale à Nantes n’en savent rien, mais les pavés en cours de pose ont parcouru la moitié du monde pour arriver sous leurs pieds.

La Ville de Nantes remplace actuellement une partie des pavés de sa place Royale. Qui fournit les pavés de granit ? Rien ne l’indique sur le chantier. Mais l’étiquetage des palettes parle (cliquer sur l’image ci-dessus pour la voir en entier).

Décryptage : G682 est le code d’un type de granit jaune exclusivement extrait en Chine. XMSXD est l’acronyme de Xiamen San Xiang Da, l’un des principaux fournisseurs de pavés chinois. Il fournit de nombreux donneurs d’ordres publics en France (Albi, Bordeaux, Colmar, Lyon, Poitiers…), au point qu’il a même créé une version française de son site web.

En se fournissant à l’étranger, la Ville de Nantes participe à la disparition de l’industrie granitière bretonne et française. On se rappelle aussi que la commune de Saint-Anne-sur-Brivet, à une quarantaine de kilomètres de Nantes, a dû faire face ces dernières années à une invasion de dangereux parasites xylophages originaires de Chine et arrivés en Bretagne dans des palettes de granit chinois. Par ailleurs, le coût environnemental du transport de pavés depuis la Chine est sûrement élevé : cet achat n’est pas exemplaire pour une ville où les Verts participent à la majorité municipale.

Il faut dire que Nantes n’avait pas le choix : au nom de la libre concurrence, la législation européenne et française lui interdit d’écarter des fournisseurs en raison de leur nationalité. On note pourtant que le législateur a été très capable de créer un régime de marchés réservés au profit d’entreprises employant des handicapés. Mais être Breton ou Français n’est pas encore considéré comme un handicap…