L’approvisionnement en gaz de l’Europe désormais assuré

L’approvisionnement en gaz de l’Europe désormais assuré

10/11/2011 – 18h30
MOSCOU (NOVOpress)  – Mardi 8 novembre, le chancelier allemand Angela Merkel, accompagné du président russe Medvedev et du Premier ministre français François Fillon, a inauguré le nouveau gazoduc Nord Stream. Ce gazoduc reliera désormais la ville russe de Vyborg à la ville allemande de Greifswald. Il permettra d’alimenter 26 millions de foyers européens, d’ici la fin 2012.

L’aboutissement de ce projet titanesque est une bonne nouvelle pour les pays occidentaux

Nord StreamL’itinéraire de Nord Stream passe par les eaux territoriales et les zones économiques exclusives du Danemark, de la Suède, de la Finlande, de la Russie et de l’Allemagne. L’acheminement du gaz russe vers les pays occidentaux se fait désormais directement, sans traverser des pays tiers, ce qui renforce la sécurité énergétique de l’Europe. Adieu donc aux chantages biélorusses qui, en 2009, avaient provoqué des coupures de chauffage et un arrêt de certaines usines dans une bonne partie de l’Europe.

Mais la Russie peut également se frotter les mains. L’opérateur du projet, Nord Stream AG, est détenu en majorité par le russe Gazprom (51 %). Les 49 % restants sont détenus par les allemands Wintershall Holding et E.ON Ruhrgas (15,5 % chacun), le néerlandais Gasunie et le français GDF Suez (9 % chacun). La Russie a donc désormais le contrôle de l’acheminement de son gaz vers ses clients. Elle a les mains libres pour négocier en position de force avec l’Ukraine et la Biélorussie. Jusqu’alors partenaires pour l’acheminement du gaz, ces deux pays ne seront plus, à moyen terme, que des clients dépendants du gaz russe.

Projet Pipeline South Stream et NabuccoLes Américains ne peuvent que constater les dégâts

Le projet de gazoduc américain Nabucco, en butte à de nombreuses difficultés diplomatiques et techniques, n’entrera pas en fonction avant 2017. Son objectif est d’approvisionner l’Europe en gaz non-russe via la Turquie, en contournant la Russie et l’Ukraine. Quant au gazoduc russo-italien South Stream en Méditerranée, il doit entrer en service d’ici 2015…

Pas sûr que les clients européens et les fournisseurs d’Asie centrale aient la patience d’attendre 2017 !

[box class=”info”]Crédits illustrations : chazelles.info/Wikipédia sous licence Creative Common – Boban Markovic/Wikipédia sous licence Creative Common[/box]

Les raisons de la dette, par Hervé Juvin

Les raisons de la dette, par Hervé Juvin

L’économiste Hervé Juvin revient dans cette vidéo sur les raisons de la dette, de la sortie du cadre de l’économie et de l’expérience néo-libérale telle que mise en place depuis 30 ans. Enregistrement du le 27/10/2011. Vidéo réalisée par Realpolitik.tv


Hervé Juvin : les raisons de la dette par realpolitiktv

Crise économique : quand les Américains n’assument pas leurs responsabilités

Crise économique : quand les Américains n'assument pas leurs responsabilités

[box class=”info”] Faire fonctionner l’Europe des 27 (Union européenne) ou celle des 17 (Eurogroupe, c’est-à-dire les pays membres de la zone euro) n’est pas chose aisée. Les sommets se suivent et montrent les limites d’une organisation dépourvue de colonne vertébrale. En effet l’Europe souffre de n’être pas d’abord politique ; c’est ce qu’avait compris le général de Gaulle en signant avec le chancelier Adenauer le traité d’ « amitié et de coopération franco-allemand » – plus communément appelé « Traité de l’Elysée » – le 22 janvier 1963. Ce texte prévoyait trois grands domaines d’action : la politique étrangère, la défense et les mesures concernant la culture, l’éducation et la jeunesse (avec la création d’un Office franco-allemand de la jeunesse). [/box]

De Gaulle et Adenauer : une volonté politique commune

Malheureusement Jean Monnet – l’homme des Américains – parvint à torpiller cette avancée politique en manœuvrant, lors de la ratification, pour que ses amis du Bundestag vident le préambule du traité de sa substance et en fassent une profession de foi atlantiste. Le rêve de l’Europe politique, tel que le voyait Charles de Gaulle, s’évanouissait donc. Le chancelier Adenauer démissionnait le 15 octobre 1963 et était remplacé par un ami des Etats-Unis, Ludwig Erhard.

L’Union européenne, entre replâtrages et expédients

En l’absence de cette colonne vertébrale politique, ça tire à hue et à dia. Difficile qu’il en soit autrement tellement les intérêts économiques et financiers apparaissent divergents. Quels points communs présente l’économie allemande – essentiellement industrielle et fortement exportatrice – avec celle de la Grèce– fort peu industrielle et axée principalement sur le tourisme ? Aucun. On fonctionne donc au jour le jour, les replâtrages succédant aux expédients.

Il est vrai que la partie ne semble pas facilitée par l’existence de trois catégories de pays qui ne jouent pas dans la même cour. Les « grands » (Allemagne, Royaume-Uni et France) qui affichent encore quelques prétentions – économiques et militaires – à exister dans le concert des nations et à jouer un rôle mondial. Ce qui n’est plus tout à fait le cas des « moyens » (Italie, Espagne, Pologne) qui se contentent de jouer les forces d’appoint au sein de l’Union. Quant aux « petits » (Portugal, Danemark, Belgique, Pays-Bas…) il y a bien longtemps qu’ils sont sortis de l’histoire, leur participation à la construction européenne s’expliquant uniquement par des considérations purement mercantiles. On sert de tête de pont aux entreprises américaines soucieuses de pénétrer le marché européen dans le cas de l’Irlande qui offre aux « envahisseurs » un impôt sur les sociétés particulièrement compétitif : 12,5%, alors que les taux allemands, français et britanniques dépassent en moyenne les 30%.

La production agricole danoise (élevage intensif de porcs) utilise le marché allemand comme débouché principal. En Flandre, Anvers offre un énorme quai de déchargement aux marchandises chinoises qui vont, ensuite, inonder l’Europe. Bref ces « petits » ne voient dans l’Union européenne qu’un simple marché qu’ils utilisent au mieux de leurs intérêts économiques. Ayant renoncé à toute ambition géopolitique, l’idée d’investir dans des dépenses de souveraineté (défense, affaires étrangères) leur est devenue complètement étrangère. Dans ce domaine – et dans d’autres – ils s’en remettent au bon vouloir de Washington et de l’OTAN.

Jean Monnet, l'homme des Américains

Pour toutes ces raisons, il est impossible à cette mosaïque biscornue de tenir la dragée haute aux Etats-Unis ; la soumission constitue la règle et le renoncement la philosophie. Pourtant les chiffres de la zone euro sont « bien meilleurs » que ceux de l’Etat fédéral américain ; c’est ce qu’aimaient à rappeler Christine Lagarde, quand elle était ministre, et Jean-Claude Trichet, ardent défenseur de l’euro, il y a quelques mois. Pour le déficit public en pourcentage de budget, on note 4,4% pour la première et 10,8% pour le second. Pour la dette publique en pourcentage du PIB, en 2010, la première affiche 85.1%, le second 92.9%. Rien n’autorise donc les Etats-Unis à nous donner des leçons.

C’est pourtant ce qu’ils ont entrepris de faire le 16 septembre dernier à Wroclaw (Pologne) à l’occasion d’une rencontre des dix-sept membres de l’Eurogroupe (pays de la zone euro). S’étant invité à cette réunion, Timothy Geithner, secrétaire américain au Trésor, a indiqué que la « division » des Européens fait peser « un risque catastrophique » à l’économie mondiale.

Une Europe qui posséderait une certaine consistance politique aurait rappelé à Monsieur Geithner quelques vérités

Mercredi 3 août 2011

La dette publique américaine dépasse le seuil des 100% du PIB et atteint 14.580,7 milliards de dollars, après que le gouvernement Obama a emprunté 238 milliards sur une seule journée. Ce jour-là, la dette a dépassé le PIB de 2010 (14.526,5 milliards de dollars).

Vendredi 5 août 2011

Sans-abri à Los Angeles (USA)

L’agence de notation Standard & Poor’s retire aux Etats-Unis le prestigieux triple A qu’elle accordait à la dette fédérale ; l’Etat fédéral jouera désormais en « seconde division » avec la note inférieure AA+. Standard & Poor’s accompagne sa décision du maintien d’une « perspective négative » : elle n’exclut pas une dégradation supplémentaire dans les dix-huit prochains mois. Les raisons apparaissent indiscutables : « le plan de rééquilibrage du budget sur lequel le Congrès et l’administration se sont récemment mis d’accord, mardi 2 août, est insuffisant par rapport à ce qui serait nécessaire pour stabiliser la dynamique à moyen terme de la dette publique ». Notons au passage, qu’à fin 2010, l’exposition des banques européennes à la dette publique américaine s’élevait à 752 milliards de dollars (dont 25 pour BNP Paribas), d’aprèsla BRI(Banque des règlements internationaux).

Jamais autant de pauvres recensés aux USA

On pourrait également remettre les Américains à leur place dans d’autres secteurs où ils ne brillent pas particulièrement. C’est le cas pour le déficit commercial qui affiche 497,82 milliards de dollars en 2010 contre 374,9 en 2009.

« Depuis la crise financière de 2008 qui a détruit plus de huit millions d’emplois, quatorze millions de personnes sont sans travail aux Etats-Unis, dont six millions sont des chômeurs de longue durée (…) Le taux de chômage était de 9,1% au mois d’août. Mais si on prend en compte toute la population, y compris celle qui a renoncé à chercher un emploi, le taux de chômage s’établit en fait à 16,2%, selon le Labor Department. » (Les Echos, 19/09/11).

Nicolas Sarkozy : une habitude de soumission face aux USA

Comme cela fait plus de trois ans que ce chômage de masse perdure, il a un impact désastreux sur la pauvreté. « Le Census Bureau a dénombré ainsi 46,2 millions de pauvres en 2010, 2,6 millions de plus qu’en 2009. Un record depuis cinquante ans que cette statistique existe. Malgré la loi sur l’assurance santé adoptée fin 2009, le pourcentage des Américains non couverts s’est accru passant de 16,1% en 2009 à 16,3% en 2010. » (Alternatives économiques, octobre 2011).

Enfin, conséquence des fameux subprimes (prêts hypothécaires à risque) qui ont déclenché la crise de 2008, « près de onze millions de procédure de saisie ont été lancées par les organismes prêteurs depuis le début 2008. Plus de vingt millions de personnes sont concernées, dont 2,8 millions à ce jour ont perdu leur logis » (le Monde, 12 octobre 2010). Déjà 7,6 millions de familles ont été dessaisies de leurs logements, faute de pouvoir honorer leurs échéances bancaires, et 7,4 millions supplémentaires devraient être délogés d’ici à 2016, selon le consultant Housing Predictor. Un désastre qui incombe assurément aux établissements financiers qui ont fait miroiter à leurs clients des crédits hypothécaires devenus insupportables quand les taux d’intérêts se sont mis à grimper. Au troisième trimestre 2011, 610 000 propriétés ont encore été saisies par les banques auprès d’emprunteurs incapables d’honorer leurs échéances depuis des mois.

Les mauvaises habitudes ont la vie dure

Cette situation pour le moins peu brillante n’a pas empêché le président des Etats-Unis, lors d’une conférence de presse donnée à l’issue du sommet du G20 qui vient de se tenir à Cannes, de donner une nouvelle fois son avis sur la crise que traverse l’Union européenne : « En ce qui concerne l’Europe, nous sommes venus à Cannes pour discuter avec nos amis européens de la façon dont ils pouvaient partir du plan sur lequel ils se sont mis d’accord la semaine dernière pour résoudre cette crise, a-t-il déclaré avant de condescendre à donner un satisfecit : « Après avoir écouté nos partenaires européens ces deux derniers jours, je suis certain que l’Europe est à la hauteur de ces difficulté ».

Les dirigeants européens, au premier rang desquels Nicolas Sarkozy, se sont par contre bien gardés de demander à M. Obama quelles mesures il entend prendre pour tenter de résoudre la crise dans son propre pays. Les mauvaises habitudes – notamment de soumission face aux USA – ont décidément la vie dure.

Crédit photos : Ludwig Wegmann, licence CC ; Chris Sansenbach Flickr ; Pete Souza licence CC.

[Tribune libre] Les deux Grèce. Par Philippe Milliau

Les deux Grèce. Par Philippe Milliau

La première, dont ne parle pas ou plus assez, la Grèce antique, berceau des humanités, de la philosophie, des sciences, des rythmes culturels et religieux européens avec les récits d’Homère ; la mère, la bonne mère de notre magnifique et parfois contradictoire civilisation.
Quoi de plus beau qu’une prière sur l’Acropole, au centre de cet ensemble architectural et sacré inégalé, face au soleil invaincu ? Oui, il faudra de nouveau apprendre aux lycéens de chez nous le rôle fondateur de cette Grèce là pour ce qu’ils sont,ce que leurs pères étaient, et ce que leurs fils seront.

Et puis la seconde dont on parle trop, beaucoup trop au moment présent. Issue des périodes tragiques du second conflit mondial,prolongé par une guerre civile atroce (près d’un grec sur dix y périt), puis du régime dit« des colonels », son entrée dans la communauté européenne fut une récompense, un paquet cadeau ; était elle prête à recevoir le cadeau ?

Bien sûr que non ; instrumentalisée par les Anglo Saxons depuis 1941, c’est comme par un extraordinaire hasard sans doute que ses comptes macro économiques furent maquillés avec la complicité de la trop célèbre banque Goldman Sachs ; c’est cette consciente tricherie qui lui permit d’intégrer la monnaie unique.
Ce furent aussi plus de 100 milliards de fonds communautaires dilapidés en quelques années, une classe politique en dessous de tout, une évasion hors du pays de toutes les vraies fortunes, une administration fiscale incapable de percevoir l’impôt sur les particuliers comme sur les entreprises. Une montée en flèche des déficits publics, de la dette publique alors même que l’Euro apportait au pays d’incroyables facilités (trop sans doute).

L’on sait la suite : ce pays tiers mondisé renoue avec l’anarchie politique et sociale.

Parlons vrai

Qui gagne dans l’affaire en cours ? Les U S A qui, focalisant l’attention sur la Grèce font oublier leurs collectivités locales en banqueroute les unes à la suite des autres, ainsi que leur situation globale, bien plus périlleuse encore que celle de l’Europe. Les grandes fortunes qui ont quitté un pays « dangereux » pour elles pour s’abriter dans des paradis fiscaux qu’il faudra bien reconquérir. Les spéculateurs qui en profitent pour prêter à des taux pharaoniques (un comble pour des grecs !) tout en se couvrant par des assurances ad hoc. Politiquement la Grèce parait donner raison aux tenants du souverainisme étriqué, celui de l’impossible recours aux états nations alors que nous sommes à l’ère des nations continents.

Qui va perdre ? Le peuple grec, c’est certain, quelle que soit l’issue ; l’Europe entière qui va devoir payer, contribuables en tête.

Quel est le risque majeur ? La spirale de la fin de l’Euro, de l’éclatement de l’Europe, un nouveau champ de ruines économiques, morales, politiques, sociales et pourquoi pas un jour militaire sur notre terre d’Europe.

Deux choix sont cohérents, mais chacun comporte des conditions amères :

Choix No 1 : nous, européens divorçons avec la Grèce. Retour à la drachme, fin aussi de la présence dans l’Union. Une certitude de perte de la quasi-totalité de nos créances, mais la fin du fardeau. Pour les Grecs, une faillite complète, un redémarrage à quasi zéro, avec la « chance » du tourisme : la Thaïlande au mieux, Cuba au pire…. Et une misère considérable pendant des décennies. Et qu’on ne vienne pas nous parler d’Argentine et de son redressement comme modèle : c’est confondre la crise de la dette et celle de la monnaie. L’Argentine avait un problème : sa dollarisation, pas sa dette, pas sa croissance.

Choix No 2 : plan de sauvetage sur plan de sauvetage. Peut être une chance ; deux conditions nécessaires, la mise sous tutelle du pays avec une européanisation des systèmes fiscaux et sociaux, mais aussi une taxation de la spéculation, un rapatriement des capitaux. Le peuple grec paiera dans la douleur ; on ne peut pas lui demander d’accepter que les gros capitaux ne participent pas au redressement. Sinon, on va vers la guerre civile, et une nouvelle situation sans issue.

Souveraineté

On le sent bien dans tous les cas, c’est un problème de souveraineté. Ou retour à des souverainetés de petites nations, vulnérables, et qui n’auront que les faux attributs d’une autonomie que les démagogues leur font miroiter. Et en tout cas aucune puissance.
Ou une vraie souveraineté Européenne, capable de protéger, de taxer les mouvements de capitaux et d’en bloquer la fuite ; capable aussi de s’approprier les deux instruments clef du pouvoir moderne : la monnaie et le réseau de satellites.

Ne disposant plus des souverainetés nationales et pas encore de la souveraineté Européenne, nous voyons, impuissants, le chaos se développer sous nos yeux.

Un mot sur l’affaire du référendum ; aussitôt proposé, aussitôt retiré : certains populistes ont cru bon crier « ils craignent le verdict du peuple ». C’est une erreur de perspective, me semble-t-il ; Papandréou a tenté un coup de bluff à fort relents démagogiques. Pour faire simple : il crie au secours, demande aux autres de payer bien vite, et lui voulait se couvrir par un référendum un peu plus tard, ce qui lui aurait permis de ne pas engager ni assumer politiquement les nécessaires efforts collectifs des grecs ! Les dirigeants actuels de l’Europe ont réagi, fixant une condition : voir la question posée et donner leur accord. Y a-t-il un seul peuple au monde qui voterait pour plus de travail, de charges, d’impôts et moins de prestations ? Autant solliciter un vote sur la suppression des catastrophes climatiques et des maladies en tous genres ! La réponse des instances européennes apparait donc plutôt légitime. On notera que cette réponse vaut reconnaissance des limites que le savoir faire manipulateur assigne à une supposée souveraineté populaire en fait bien conditionnée par la propagande et la publicité… Répétons le : dans tous les cas, le peuple grec paiera. Ce qui est honteux, scandaleux, c’est que ceux qui ont le plus profité, le plus spéculé, eux se soient mis à l’abri dans des paradis fiscaux qu’il faudra bien arraisonner un jour !

Et pour conclure, observons ce consensus extraordinaire sur « l’effet domino ». Si la Grèce quitte l’Euro alors ce sera un autre pays européen en péril puis un autre : c’est la fin ! Qu’est ce que cet effet domino, si ce n’est la contagion ? Qui est victime de la contagion ? Le faible ! Exactement la tactique des USA qui adore l’échelonnement des difficultés dans « la vieille Europe » tout en redoutant que tout s’effondre simultanément, les entraînant ainsi dans la chute. Des européens faibles, coupées en tranches et pour partie dollarisés, pour partie anéantis ! La dette est là, dans tous les pays, ou presque ; ce qui change, c’est le regard qui est porté sur la situation. Qui porte le regard ? Les grands médias financiers ; qui les dirige ? Pas la Grèce, ni la Russie, ni même l’Allemagne ou la France, assurément !

Dotés d’un puissant état fédéral Européen, nous serions libres, libres de porter le regard… sur la situation de quasi-faillite Californienne par exemple.

Philippe Milliau pour Novopress France

Philippe Milliau est diplômé de l’école des Hautes Études Commerciales. Il a dirigé plusieurs entreprises à taille humaine; il a également présidé la commission “développement économique” à la région Ile de France. Très engagé depuis longtemps dans des actions de réflexion et d’influence, il est aujourd’hui l’un des dirigeants du courant identitaire.

Photo en Une : Le Parthénon et Manifestation place Syntagma à Athènes le 19 octobre 2011. Crédits : Steve Swayne, licence CC. Et Chris Monaghan, licence CC.

ParuVendu : les 68 salariés de l’imprimerie d’Iffendic (35) au chômage

ParuVendu : les 68 salariés de l’imprimerie d’Iffendic (35) au chômage


05/11/2011 – 12h30
RENNES/ROAZHON (NOVOpress Breizh) — « Jetés comme des Kleenex ! » L’amertume est grande chez les 68 salariés de l’imprimerie Hebdoprint, basée à Iffendic en Ille-et-Vilaine (35), qui ont appris hier la mise en liquidation judiciaire du pôle de presse gratuite du Groupe Hersant Média (GHM). Dans deux semaines, 1 650 salariés seront licenciés.

Le Tribunal de commerce de Lyon a assorti sa décision d’une poursuite d’activité durant quinze jours, le temps de mettre en œuvre le plan social, le plus important depuis celui intervenu dans l’industrie automobile l’an passé. Les 1 150 employés de la Comareg, l’éditeur, et les 500 d’Hebdoprint, l’imprimeur, vont pouvoir s’inscrire à Pôle emploi.

Dépassé par leboncoin.fr et autres seloger.com, ParuVendu « ne répondait plus aux défis technologiques actuels » selon l’administratrice judiciaire Laurence Lessertois. La crise économique, qui a réduit les investissements publicitaires, a fait le reste. Hersant Média, qui contrôle actuellement quelque 27 titres de presse, sept stations de radio et deux chaînes de télévision locales, serait endetté à hauteur de 200 millions d’euros.

Le chiffre d’affaires du groupe était passé de 348 millions d’euros en 2008 à 227 millions en 2010. En 2009, l’entreprise avait enregistré une perte nette de 30,9 millions d’euros, et les résultats de 2010 ne devraient pas être meilleurs. Hebdoprint imprimait  chaque semaine à Iffendic 1,7 million d’exemplaires de ParuVendu.

De nombreux salariés travaillaient depuis plus de vingt ans dans l’entreprise. Quinquagénaires, ayant appris leur travail sur le tas, n’ayant aucune autre expérience professionnelle, ils s’interrogent aujourd’hui sur leur avenir. Qui s’annonce plutôt sombre.

“Tension sur l’euro : les USA responsables” – Jean-Paul Betbèze lui aussi le dit

“Tension sur l’euro : les USA responsables” – Jean-Paul Betbèze – Lui aussi le dit

[box class=”info”]Extrait d’un entretien avec Jean-Paul Betbèze paru sur le site de la Fondation Robert Schuman. Jean-Paul Betbèze est  professeur d’économie à l’Université de Paris II – Panthéon-Assas.[/box]

Question : Les prises de position des États-Unis sur la conduite de la zone euro et l’appel à une réaction rapide, ont irrité. Les déclarations de Timothy Geithner, Secrétaire d’État au Trésor américain, ont été ressenties comme une forme d’ingérence assez injuste. Que faut-il penser de la situation américaine ?

Jean-Paul Betbèze : Il faut se dire quelques vérités. Les États-Unis ont été surpris par la rechute de leur activité au deuxième trimestre, par l’idée que la crise avait été, chez eux, plus sévère que ce qui avait été envisagé et que la reprise était également plus modeste que prévu, avec le risque de tomber en récession, ce qu’ils veulent éviter à tout prix.

En même temps, politiquement, la politique budgétaire s’est trouvée bloquée par les tensions entre Républicains et Démocrates. Reste donc la politique monétaire : action sur la baisse des taux longs d’abord (maintien de l’engagement sur le financement de l’immobilier et twist pour faire baisser les rendements de l’emprunt à dix ans américain), action plus politique alors sur la montée du yuan qui se heurte au refus chinois, action politique aussi sur la liquidité américaine, avec l’accent mis sur les risques de financement des banques européennes qui en sont tributaires. Ce dernier point, aussi nouveau que politique, a attiré les regards des marchés financiers sur les banques européennes au moment où les problèmes européens étaient déjà aigus ce qui n’a pas aidé.

On peut penser que les États-Unis ont ainsi mené une action de diversion vers la zone euro, au risque d’y détériorer une situation déjà fragile. Elle a permis ensuite l’ingérence.

[box class=”info”]Source : Fondation Robert Schuman.[/box]

Crise : cas pratique de remigration entre la Grèce et l’Albanie

Grèce : même les Albanais s’en vont...

04/11/2011 – 17h30
ATHENES (NOVOpress via SETimes) — Contrecoup inattendu de la crise économique qui secoue l’Europe, un phénomène de “remigration” est en train de voir le jour en Grèce, qui se vide de ses immigrés albanais. Le Courrier International de novembre 2011 a repris cette information, en y ajoutant quelques chiffres : environ 500 000 Albanais vivent en Grèce (ces chiffres ne prennent pas en compte les clandestins), et la Grèce se serait vidée de près de 15% de ses immigrés albanais depuis juin, partis par vagues successives.

Tola, professeur d’albanais, et son mari Gramoz, policier, ont émigré en Grèce en 1999, avec l’espoir d’y bâtir une vie meilleure. « Nous savions bien qu’il était difficile d’acheter une maison là-bas et que nous aurions à rembourser le prêt toute notre vie», a indiqué Tola au SETimes.

Ils n’étaient pas seuls à penser cela. Statistiquement, ce sont la Grèce et l’Italie qui accueillent les plus fortes populations d’expatriés albanais.

La jeune femme dit que la vie en Grèce n’a pas été facile, mais qu’ils ont travaillé dur et ont réussi à économiser et à acheter un appartement. Tola a donné naissance à ses deux enfants en Grèce, et les a mis dans des garderies privées, tandis qu’elle et son mari travaillaient jour et nuit pour mettre de l’argent de côté. « Nous nous sommes habitués à ce genre de vie, et rien ne nous a fait dévier de cet objectif. Tout ce que nous voulions était de sauver de l’argent », dit Tola.

Le couple et leurs deux enfants sont revenus à Tirana en 2005 et y ont acheté un appartement. « Nous avons essayé de trouver un emploi ici, mais les choses à Tirana avait tellement changé que nous nous sentions comme des étrangers. Nous sommes retournés en Grèce pour y travailler encore et économiser davantage d’argent pour pouvoir acheter un magasin et faire marcher une petite entreprise. Nous avons compris que c’était la seule façon d’avoir un avenir en Albanie », explique Gramoz au SETimes.

Ils ont repris le même rythme de vie et ont mis de l’argent à la banque, jusqu’à ce qu’un jour les gens commencent à parler d’une  « grosse crise qui arrivait ». «J’ai été bouleversé quand j’ai entendu ces rumeurs. Les signes de la crise se sont vite manifestés. Gramoz ne recevait plus son salaire et de nombreux travailleurs se sont retrouvés sans emploi. Tout ce que nous recevions, c’était 70 euros de mon salaire par semaine. Nous avons commencé à utiliser l’argent de nos économies, ce qui n’était jamais arrivé auparavant. Nous avons discuté, et nous avons décidé de repartir en Albanie. La vie en Grèce était devenue difficile. Nous sommes revenus en Albanie en juillet 2009, sans l’argent que nous nous étions efforcés de rassembler pour acheter une boutique ici. »

Son mari a fini par retourner en Grèce. « Nous nous sommes enregistrés dans les bureaux de travail comme émigrés de retour, mais ça n’a apporté aucun changement. Nos économies fondaient », explique Gramoz.

« Nous avons décidé de monter une petite entreprise, un cybercafé, tout en cherchant un emploi. Nous avons trouvé un endroit, et nous avons commencé à travailler de huit heures du matin jusqu’après minuit. Mais ça suffisait juste à nourrir les enfants », ajoute Tola.

Le gouvernement albanais admet que les envois de fonds des émigrés albanais travaillant en Grèce ont baissé, mais sans que l’Albanie ai subi l’impact qu’on craignait. « Au contraire, des milliers d’Albanais sont revenus. Ils ont apporté de l’argent économisé en Grèce et ont commencé à investir dans les petites entreprises. C’est une grande victoire pour l’Albanie. Des gens qui ont beaucoup appris à l’étranger reviennent et construisent quelque chose de nouveau ici », a déclaré le Premier ministre Sali Berisha au journal autrichien Kurir en juin.

Mais l’opposition albanaise n’est pas d’accord. Le député socialiste Ervin Koci a déclaré au quotidien albanais Mapo le 20 juin que la crise grecque a impacté l’économie albanaise. « L’idée que les émigrés albanais vont rentrer et monter des petites entreprises et que cela va profiter à l’économie albanaise est trop belle pour être vraie. Aucun économiste ne peut affirmer cela, vu l’état du marché intérieur ».

Une chose est sûre : malgré les opinions contradictoires des politiciens, les émigrés albanais continuent à revenir, certains définitivement, d’autres en attendant des jours meilleurs pour retourner en Grèce.

[box class=warning]Article original de Linda Karadaku pour le Southeast European Times. Traduction de Novopress.[/box]
Photo en Une : Athène, vue depuis l’acropole. Crédits : tilo 2005 via Flickr (cc)

La désindustrialisation fait disparaître emplois qualifiés et revenus moyens

La désindustrialisation fait disparaître emplois qualifiés et revenus moyens

04/11/11 – 14h00
PARIS (NOVOpress)
– La disparition progressive de l’industrie dans les pays occidentaux entraîne une polarisation de ces sociétés entre très haut et très bas revenus.

Ce déséquilibre devient de plus en plus frappant, le marché du travail des pays dits « riches » s’organisant désormais entre les emplois peu qualifiés et mal payés des secteurs domestiques, et les emplois bien payés, mais peu nombreux, des services aux entreprises (informatiques, juridiques…), des multinationales et de la finance.

On assiste donc à une éradication des emplois qualifiés intermédiaires et des rémunérations correspondantes.

Ce phénomène de baisse de la qualification moyenne des emplois et donc corrélativement du niveau moyen des salaires, joue à la baisse sur la croissance et favorise donc la crise qui se révèle être autant une crise de la désindustrialisation qu’une crise purement financière.

Photo en Une : crédit Robert Steinhoefel (cc)

La crise : petit résumé – Par Bill Bonner

La crise : petit résumé – Par Bill Bonner

[box class=”info”] En cette veille du jour consacré aux morts, Bill Bonner, rédacteur à “ La chronique Agora” se livre à une analyse discursive de la crise durable que nous traversons. Un arrêt de mort du système de la finance et de l’argent ? [/box]

▪ Voilà comment nous voyons la situation actuelle. Après la Deuxième guerre mondiale, l’Europe a pu renaître de ses cendres pendant que les Etats-Unis volaient de record en record. Le monde développé non-communiste — Japon compris — profitait de ses “30 Glorieuses” de croissance.

Ensuite, quelque chose a mal tourné. Les zombies ont augmenté leur pouvoir… et ont fait passer de plus en plus de ressources vers des secteurs improductifs. Parallèlement, l’aubaine générée par l’utilisation croissante de carburants fossiles (la cause réelle de la croissance au-dessus de la normale enregistrée depuis l’avènement de la Révolution industrielle) atteignait le point de déclin d’utilité marginale. Les prix de l’énergie ont grimpé, et il a été de plus en plus difficile de trouver des applications qui rapporteraient gros.

Pris ensemble, ces phénomènes ont provoqué une baisse des taux de croissance réels. Depuis, les salaires réels n’ont marqué aucune amélioration significative — pas plus en France qu’aux Etats-Unis. C’est-à-dire que depuis 40 ans, les revenus du travailleur moyen ont à peine augmenté.

Comment réagir à ce défi ?

Aux États-Unis, les ménages ont ruiné leurs finances personnelles. Ils ont compensé le manque de croissance des revenus par une croissance des dettes. Cela leur a permis de continuer à améliorer leur niveau de vie jusqu’au 21ème siècle.

En Europe, ce sont les gouvernements qui ont ruiné leurs finances. Ils ont compensé le manque de croissance des revenus par une augmentation des services publics financés par la dette. Ce qui a permis aux gens d’améliorer leur niveau de vie même s’ils ne gagnaient pas plus d’argent.

En termes de dette totale, il n’y a pas beaucoup de différence entre les pays d’Europe et les États-Unis. Tous ont un ratio dette totale/PIB de 250% à 300%. Un peu plus pour certains, un peu moins pour d’autres. En Europe et au Japon, la dette se concentre dans le secteur public. Aux États-Unis, elle est en majeure partie dans le secteur privé… mais le secteur public gagne rapidement du terrain.

Évidemment, les gens qui vendent de la dette — c’est-à-dire Wall Street, la City de Londres et le reste de l’industrie financière — s’en sont merveilleusement bien sortis. Aux États-Unis, par exemple, le pourcentage des profits provenant des entreprises du secteur financier a grimpé de 300% au cours des trois dernières décennies.

Voilà pourquoi les gens pensent que les banques étaient la cause du problème. En réalité, ces dernières étaient en grande partie au bon endroit au bon moment, ce qui leur a permis de profiter d’une tendance qu’elles n’ont pas causée et qu’elles ne pouvaient absolument pas contrôler.

▪ Puis, en 2007, on a commencé à faire les comptes. Tout à coup, le secteur privé américain a cédé sous le poids de la dette. Les gens ne pouvaient plus payer leurs prêts… et les génies de l’industrie financière ont réalisé qu’ils étaient ruinés. Leur dette hypothécaire découpée et réarrangée n’était de loin pas aussi solide qu’ils le pensaient.

Les gouvernements se sont précipités pour secourir les banques, qui se trouvaient être, comme par hasard, d’importants contributeurs lors des campagnes électorales. Les autorités se sont mises dans le pétrin par la même occasion. L’Islande et l’Irlande ont été les premières à couler. Puis toute la périphérie de l’Europe s’est mise à prendre l’eau.

Aux États-Unis, des villes entières n’ont pas tardé à se retrouver sous l’eau… comme Las Vegas et Orlando. En Europe, des pays entiers ont été submergés, comme la Grèce.

Et qu’ont fait les autorités ? Quelle a été leur solution ?

Hélas, elles ne connaissent qu’un remède — ajouter de la dette –, qui ne fonctionne pas. Mais elles s’entêtent… baissant les taux d’intérêt, offrant plus de crédit facile à tout le monde. On pousse les gens à dépenser de l’argent qu’ils n’ont pas pour acheter des produits dont ils n’ont pas besoin de manière à ce que l’économie puisse aller là où elle ne devrait pas aller — plus loin dans la dette !

Mais même si les autorités réussissent à contraindre les ménages à répéter leurs erreurs… ils ne pourront pas tenir le rythme : ils sont en train de se retrouver à court d’argent.

La dette est désormais une entrave à la croissance, plutôt qu’un facilitateur. Comme l’énergie, elle a atteint son point de déclin d’utilité marginale il y a des années de ça. Les autorités peuvent encore ajouter de la dette — du moins aux États-Unis — mais ça n’aide pas la croissance. Au contraire, ça l’écrase.

Lorsque les investisseurs le comprendront enfin, ils vendront leurs actions… et les marchés seront libres de se rendre à leur rendez-vous avec leurs plus bas.

Bill Bonner

[box]Image en haut d’article : la dette des États-Unis, aujourd’hui sur l’horloge de la US Debt Clock.[/box]

[Kiosque étranger] S’acheter un (petit) château en Espagne

[Kiosque étranger] S'acheter un (petit) château en Espagne

31/10/2011 – 11h00
MADRID (NOVOpress) — La crise financière en Espagne ne résulte pas de l’endettement de l’état mais plutôt d’une gigantesque bulle immobilière qui a eu pour résultat que le pays compte des dizaines de milliers d’appartements ou de villas qui sont désormais la propriété des banques. Pour se renflouer, les établissements bancaires ne rêvent que d’une seule chose : s’en débarrasser à vil prix.

Le journal libéral La Gaceta a repéré un site spécialisé qui a listé les propositions les plus intéressantes. Par exemple, un petit chalet mitoyen (image) de deux chambres à coucher situé sur l’île de Las Palmas, dans les Canaries, peut être acheté pour seulement 61 500 euros. De quoi vous donner des idées de voyage.

Pour satisfaire tous ceux qui ont des envies de s’acheter un (petit) château en Espagne.

Crédit photo : capture d’écran du site idealista.com, portail immobilier.

Bretagne : Aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une étude remet en cause son opportunité économique

Bretagne : Aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une étude remet en cause son opportunité économique

29/10/2011 – 10h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – Nouvel épisode dans le feuilleton de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Commandé par des élus opposés à celui-ci, un rapport a été rendu public mercredi, mettant en cause l’opportunité économique du projet. De quoi relancer la polémique entre l’oligarchie socialiste locale et ses alliés d’Europe Écologie Les Verts (EELV).

Commandée par le CéDpa (Collectif des élu-e-s qui Doutent de la pertinence de l’aéroport) l’étude, réalisée par le cabinet néerlandais CE-Delft – auteur il y a quelques années d’un rapport ayant contribué à l’abandon de l’extension de l’aéroport d’Heathrow à Londres – reprend « point par point » le travail effectué il y a 5 ans par l’État pour le dossier d’enquête publique. Mais ses conclusions ne sont pas les mêmes.

Alors que les prévisions de l’Etat mettaient en avant, à un horizon de 25 ans, des bénéfices globaux pour la société d’environ 500 millions d’euros, le rapport établi par CE-Delft prévoit lui des pertes estimées entre 100 millions et 600 millions d’euros. « Un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes a été proposé parce que l’aéroport de Nantes Atlantique aurait été près d’atteindre sa capacité maximum (…) et nous avons trouvé qu’il pourrait se passer beaucoup de temps avant que la capacité maximum soit atteinte » affirme Jasper Faber, expert du cabinet hollandais.

Selon le cabinet hollandais, l’étude réalisée par l’État s’était en outre appuyée sur des prévisions de prix du pétrole très inférieures à la réalité actuelle ainsi que des évaluations de croissance économique très optimistes. Elle a aussi ignoré les éventuels dépassements des coûts de construction, le prix de la liaison tram-train et la prise en compte du problème de l’eau dans un secteur exposé au risque d’inondations. L’Etat n’a pas évoqué non plus la question de la démolition de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique.

« Le rapport de l’État était pipeauté, il faut se remettre autour d’une table et abroger la déclaration d’utilité publique du projet », a estimé le nouveau sénateur de Loire-Atlantique Ronan Dantec (EELV). Une prise de position qui n’a pas été appréciée par le patron des socialistes de la région.

Le sénateur Dantec : un "hypocrite", selon Jean-Marc Ayrault

Dans un entretien accordé à l’AFP, Jean-Marc Ayrault fait remarquer que « Ronan Dantec était très silencieux sur son opposition à l’aéroport jusqu’à son élection ». Dénonçant « l’hypocrisie des écologistes », le maire de Nantes ajoute : « Quand ils négocient des places sur les listes, ils n’ont pas d’état d’âme ». Ambiance.

Piqué au vif, le sénateur Dantec a répondu hier que la liste d’union des socialistes et des écologistes aux sénatoriales n’avait pas de position sur l’aéroport. « Yannick Vaugrenard, tête de liste, expliquait aux réunions publiques qu’au lendemain des élections les pro et anti aéroports continueraient à défendre leurs convictions » précise-t-il.

Il est vrai que depuis toujours socialistes et « écologistes » ont su taire leurs divergences à la veille des échéances électorales. L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est certes une question importante, mais pas au point d’envisager un divorce électoral. « Si Jean-Marc Ayrault avait préféré au moment des sénatoriales qu’il n’y ait pas d’accord entre les socialistes et les écologistes, le président du Sénat serait toujours Gérard Larcher, a rappelé Ronan Dantec, heureusement pour nous, Europe Écologie-Les Verts ont fait de la défaite de Sarkozy une priorité. » Tout est dit.

[box]Photo : Aéroport Nantes Atlantique. Crédit : Deepakp7 via Wikipedia. Domaine public.[/box]

États-Unis : des riches de plus en plus riches

États-Unis : des riches de plus en plus riches

28/10/11 – 15h15
WASHINGTON (NOVOpress)
— Les inégalités se creusent chaque jour davantage aux États-Unis. Face à la paupérisation d’une part croissante de la population, l’infime minorité (1%) de « très riches », elle, ne cesse de voir ses revenus augmenter.

En effet, dans un rapport du bureau du budget du Congrès, on apprend que ce 1% des plus riches Américains a presque triplé ses revenus sur les trente dernières années.

Le document officiel se penche sur la période entre 1979 et 2007 et montre que les revenus des plus riches ont augmenté de 275% durant ces trois décennies tandis que ceux des plus pauvres n’ont augmenté que de 18%.

Le rapport établit également que les 1% des plus riches détiennent plus de 50% des actions en bourse du pays et que les patrons des plus grandes entreprises touchent des salaires en moyenne 90 fois supérieurs à ceux de l’Américain moyen.

Une situation qui nourrit le mouvement de contestation anti-libéral « Occupy Wall Street » qui occupe les rues américaines depuis maintenant plusieurs mois pour dénoncer les dérives d’un système capitaliste ne profitant plus qu’à l’hyper-classe.

Photo en Une : crédits Images_of_Money via Flickr (cc)

Paupérisation des Etats-Unis : 1/3 des jeunes ménages avec enfant vivent dans la pauvreté

Paupérisation des Etats-Unis : 1/3 des jeunes ménages avec enfant vivent dans la pauvreté

27/10/11 – 18h00
WASHINGTON (NOVOpress) –
Les signes d’une paupérisation croissante de la population américaine ne cessent de se multiplier.

Ainsi, au sein des jeunes familles dont les parents ont moins de 30 ans, le taux de pauvreté a augmenté de 6 points en 5 ans, atteignant le pourcentage record de 37.3 % en 2010.

C’est le Bureau de Recensement américain qui a révélé ses chiffres particulièrement inquiétants dans son rapport annuel sur la pauvreté aux Etats-Unis.

Plus globalement, le nombre de personnes de tous âges vivant dans la pauvreté est aujourd’hui de 46.2 millions, soit plus de 15 % de la population nationale.

Le retour de l’Histoire [tribune libre]

Le retour de l’Histoire [tribune libre]

[box class=”info”] Une chronique lumineuse, simple à comprendre pour le profane en économie, publiée par Agora, et signée Bill BONNER ; oui c’est bien le remplacement de l’étalon or par l’étalon dollar effectué en 1971 sous l’exclusive responsabilité du pouvoir des USA qui a généré les désordres de plus en plus importants qui mènent le système financier international de la crise systémique à la ruine.
Philippe Millau

Crédit photo : Swiss Banker. Domaine public.[/box]

L’être humain présente deux aspects, selon les Grecs anciens. Il y a “l’appétit” — l’esprit rationnel cherchant comment obtenir ce qu’il souhaite. Et il y a “l’esprit” — qui s’occupe de choses intangibles comme l’honneur, le statut, la religion et ainsi de suite.

C’est peut-être l’appétit qui construit la richesse… mais c’est l’esprit qui nourrit les révolutions. Les gens ont un sens inné de ce qui est bon ou pas… de ce qui est juste et injuste. Lorsqu’ils se sentent floués, ils font la révolution.

La presse explique comment les riches sont devenus plus riches aux Etats-Unis. Dans le Washington Post :

“Entre 1973 et 1985, comme le démontrait en 2009 Simon Johnson, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international, les banques américaines ne gagnaient jamais plus de 16% sur l’ensemble des profits des entreprises nationales. Au milieu des années 2000, ce chiffre était passé à 41%. Il en est allé de même pour les salaires : durant plus de trois décennies, de 1948 à 1982, les niveaux de salaire dans la finance atteignaient en moyenne entre 99 et 108% de la moyenne du secteur privé. En 2007, ils étaient à 181%”.

Mais pourquoi ? Comment ?

“A cause de l’avidité des banquiers”, répondent à la fois les indignés et la presse. Attendez une minute. Les banquiers étaient tout aussi avides lorsqu’ils représentaient 10% des profits des entreprises. Les banquiers sont toujours avides — comme tout le monde.

Ce n’est pas l’avidité financière qui a fait basculer le monde en faveur des riches. Non : ce sont les autorités.

Le système monétaire post-1971 basé sur le dollar a permis une explosion du crédit — ce qui a naturellement profité directement au secteur du crédit, et indirectement à l’ensemble de l’investoriat détenant des actifs financiers. Aux dépens des classes basses et moyennes. En d’autres termes, l’expansion de crédit causée par un régime monétaire flexible et extensible a mis le feu à l’économie toute entière. Les classes moyennes et plus pauvres se sont lourdement endettées pour acheter des choses.

Les “riches” — du moins ceux qui possédaient des actions et des obligations — sont devenus plus riches, à mesure que les dépenses de consommation illuminaient le monde économique, en particulier le secteur financier lui-même. Les profits de ce secteur ne représentaient que 10% environ du total des profits à Wall Street en 1970. Lorsque la bulle du crédit a éclaté en 2007, ils étaient passés à 40%.

Les salaires pour le travailleur moyen ont stagné pendant 40 ans. Mais les salaires à Wall Street ont grimpé en flèche. En 1970, le salaire moyen dans le secteur financier était à peu près égal à ceux de postes équivalents dans le reste de l’économie. Une fois le 21e siècle arrivé, les salaires de Wall Street étaient presque deux fois plus élevés.

Ceux qui se plaignent des dirigeants “avides” et des riches sont à côté de la plaque. Les gens — riches ou pauvres — sont tous avides. Mais ils n’ont pas toujours un système monétaire qui encourage la dette et favorise les investisseurs aux dépens des travailleurs. Ce système monétaire a été créé en 1971 par l’administration Nixon, qui ne savait probablement pas ce qu’elle faisait… et a ensuite été perfectionné par les présidents de la Fed qui lui ont succédé.

▪ En plus de creuser le fossé entre les riches et les pauvres, le système monétaire non-appuyé à l’or a eu une autre conséquence notable. Il a sapé la capacité des travailleurs à faire concurrence dans le monde moderne. Il y est parvenu en faisant passer une part de plus en plus grande de la production vers les marchés émergents.

Durant l’ère pré-1971, les pays devaient solder leur balance commerciale. C’est-à-dire que lorsqu’un pays vendait plus à son voisin qu’il n’y dépensait, le pays en surplus terminait avec un excès de devises de son voisin. La facture était réglée en transférant de l’or — la devise réserve à l’époque — du pays en déficit vers le pays en surplus.

Ce transfert d’or avait un effet effroyable sur l’économie du pays déficitaire — soit parce que les investisseurs faisaient grimper les taux d’intérêt, soit parce que la Banque centrale s’en chargeait. Cela causait un ralentissement de la croissance économique et une baisse des dépenses, corrigeant ainsi la fuite de fonds vers le voisin.

C’est précisément ce mécanisme d’auto-correction que les autorités étaient décidées à supprimer lorsque l’administration Nixon a “fermé la fenêtre de l’or” au département du Trésor US en août 1971. Les Etats-Unis avaient trop dépensé pour la guerre du Vietnam. Les banques françaises, encore très actives au Vietnam, étaient généralement destinataires de l’argent… qui allait ensuite à la Banque de France. Les Français, anticipant un problème avec le dollar, voulurent échanger leurs billets verts contre de l’or. C’était là la cause immédiate de la réaction de l’administration Nixon — un véritable défaut sur ses obligations financières. C’était également la cause de la hausse du prix de l’ or qui s’ensuivit… après quoi arriva par un krach du métal jaune… puis par un gigantesque boom durant lequel les Américains ordinaires furent poussés à s’endetter et attirés dans la pauvreté.

Les riches devinrent plus riches, les pauvres devinrent plus pauvres. Les classes moyennes aussi devinrent plus pauvres. Entre 1975 et 1992, le patrimoine des 1% les plus riches des Etats-Unis passa de 22% du total de la richesse des ménages à 42%. Pourquoi ? Les plus riches étaient-ils plus productifs ? Etaient-ils devenus plus intelligents ? Bien sûr que non… La partie avait été truquée en leur faveur.

▪ Les Ciompi se sont révoltés au 14e siècle. Il s’agit des cardeurs de laine de Florence… le poppolo minuto — le petit peuple — sans pouvoir ni argent. Ils se sont soulevés en juin 1378, attaquant les bâtiments gouvernementaux ; en juillet, ils étaient aux commandes du gouvernement.

D’autres corporations devinrent jalouses. En août, les bouchers les attaquèrent sur la Piazza della Signoria. Le pouvoir des Ciompi déclina… jusqu’à ce que les choses reviennent à la normale.

Ce n’est là qu’un exemple parmi les nombreux soulèvements qui se sont produits en Europe parmi les basses classes. En France, un paysan appelé Jacques a mené une révolte contre les autorités au 14e siècle — la Grande Jacquerie. C’était le début d’une longue liste d’émeutes qui n’ont pas pris fin avant le 18e siècle.

L’une des idées les plus fallacieuses de tout le 20e siècle nous vient de Francis Fukuyama, qui a demandé — apparemment avec le plus grand sérieux — si nous étions à “la Fin de l’Histoire”. Selon lui, la démocratie et le capitalisme modernes avaient atteint une telle perfection après la chute du Mur de Berlin qu’aucune amélioration n’était possible. L’histoire avait pris fin.

Les Jacqueries, pensait-il, n’étaient plus nécessaires. Parce que la démocratie moderne s’adaptait naturellement aux défis qu’elle rencontrait. Si les gens avaient des griefs, il leur suffisait de faire signe à leurs élus. Les politiciens discuteraient du sujet et trouveraient une solution, n’est-ce pas ?

Ha ha ha… Fukuyama a mal compris l’ensemble de la situation. La démocratie. Le capitalisme. L’histoire. La politique. Tout. A mesure qu’une institution mûrit, petit à petit, elle perd de vue son but d’origine et commence à servir les desseins de ceux qui la contrôlent. Elle devient rigide — s’obstinant à résister à tout changement qui diminuerait le pouvoir et la richesse des groupes qui la dirigent. Plus l’institution reste immobile, plus elle devient parasite et arthritique. Elle monopolise les ressources de la production honnête, les redirigeant vers les sangsues privilégiées.

Ensuite… l’histoire fait son retour. Puis la révolution arrive.

Bill Bonner

Bel exemple de mondialisation industrielle !

Bel exemple de mondialisation industrielle !

25/10/2011 – 12h00
SEOUL (NOVOpress) –
Les Européens ont transféré leur technologie de construction à la Corée du Sud pour ce modèle (photo) de sous-marin d’attaque de la classe Type 209, de conception allemande.

Maintenant capables de produire ces sous-marins, les Coréens sont en discussion pour obtenir le marché indonésien pour trois unités et en livrer ainsi au premier pays musulman en termes de population.

Crédit photo : Corwin Colbert. Domaine public.

“Survivre à l’effondrement économique”, sur Méridien Zéro dimanche 23 octobre au soir

“Survivre à l’effondrement économique”, sur Méridien Zéro dimanche 23 octobre au soir

“Survivre à l’effondrement économique”, sur Méridien Zéro dimanche 23 octobre au soir Dimanche 23 octobre de 23h00 à 0h30, c’est en compagnie de Michel Drac et Piero San Giorgio que la webradio Méridien Zéro abordera les raisons pour lesquelles il faut se préparer d’après elle à un véritable effondrement des bases matérielles de notre monde contemporain.

Les invités évoqueront bien entendu le manuel (couverture ci-contre) publié par l’un et écrit par l’autre intitulé Survivre à l’effondrement économique.
En 400 pages extrêmement bien documentées, Piero San Giorgio expose les scénarios possibles de cet effondrement, et surtout comment s’y préparer. Reprenant le concept de Base Autonome Durable, l’auteur propose un récapitulatif de ce qu’il faut faire pour être réellement autonome, et de manière durable.
Une lecture indispensable, pense Méridien Zéro.

[box class=”warning”]Méridien Zéro diffusera en direct de 23h à 0h30 via les sites Méridien Zéro, Radio Bandiera Nera et Europa Radio.[/box]

“Survivre à l’effondrement économique”, sur Méridien Zéro dimanche 23 octobre au soir

Une large majorité d’américains soutient les « indignés » de Wall Street

Une large majorité d’américains soutient les « indignés » de Wall Street

22/10/11 – 15h00
NEW-YORK (NOVOpress)
– Même dans la patrie phare du capitalisme, le règne irresponsable de la finance spéculative et la toute puissance des banques ne sont plus au goût du jour.

En effet, plus de 60% des Américains soutiennent le mouvement “Occupy Wall Street”, selon un sondage réalisé par le grand quotidien américain USA Today.

Face aux difficultés économiques croissante et à une sensible paupérisation, la population américaine estime même à près de 78% que les représentants des grandes institutions financières sont totalement ou largement responsables de la situation actuelle.

Le mouvement “Occupy Wall Street” occupe depuis le 17 septembre le quartier des affaires de New York ou il a déjà subit de nombreuses arrestations et diverses violences policières.

Crédit photo : Atomische • Tom Giebe. Licence CC.

Multiculturalisme économique : des CV vidéo pour promouvoir l’immigration

Multiculturalisme économique : des CV vidéo pour promouvoir l’immigration

22/10/2011 – 10h00
PARIS (NOVOpress) –
Nouvelle innovation dans la promotion de l’immigration : le cabinet Mozaïk RH, situé au 3 Boulevard Saint-Martin à Paris et spécialisé dans « la promotion de la diversité et de l’égalité des chances », va mettre en ligne sur son site internet des centaine de CV vidéo de diplômés des « quartiers populaires ». Traduction non politiquement correcte : ces candidatures proviennent du vivier de l’immigration extra-européenne qui concurrence un peu plus la main d’œuvre française et européenne.

Multiculturalisme économique : des CV vidéo pour promouvoir l’immigration Cette initiative s’accompagne d’une campagne de communication classique en faveur de « l’égalité des chances et de la diversité », contre les « discriminations ». Elle vise à valoriser le multiculturalisme économique, véhiculé également à grande échelle dans le sport, la publicité, les médias ou la politique. Une inversion des valeurs où l’identité du pays arrive au dernier rang. Dommage pour les très nombreux chômeurs de souche, qui, eux, n’ont pas le droit à tant d’égards chez eux pour retrouver un travail…