[Tribune] Pôle emploi : inefficacité, désinformation et préférence à la « diversité »

Pôle emploi : inefficacité, désinformation et promotion de la « diversité »

Alors que le chômage progresse et que quatre rapports mettent en cause son fonctionnement, Pôle emploi, conformément aux directives gouvernementales, s’efforce de mettre en place la « diversité » au sein des entreprises. Mettant ainsi en application les orientations données par Nicolas Sarkozy.

Pas moins de quatre rapports viennent d’être publiés sur Pôle emploi, mettant en cause le fonctionnement de cet établissement public issu de la fusion entre l’ANPE et les Assedic. Le Sénat, l’Inspection générale des finances, le Conseil économique et social et le Centre d’analyse stratégique soulignent en effet que Pôle emploi assure mal sa fonction de service public, la montée du chômage n’expliquant pas tout et l’accompagnement des demandeurs d’emploi demeurant insuffisant ou inefficace.

Camoufler la réalité du chômage

Le rapport d’activité 2010 de Pôle emploi était pourtant très optimiste en constatant « une notable amélioration de l’activité » alors que celle-ci se traduisait par une augmentation du déficit et une hausse du nombre des demandeurs d’emploi indemnisés.

« Nous sommes dans une situation de croissance … le taux de chômage recule ». Pour tenter de faire croire que la situation s’améliore, Xavier Bertrand, ministre du Travail, annonce chaque mois des contre-vérités et travestit la réalité des chiffres. De son côté, Christian Charpy, directeur de Pôle emploi, affirme que « la stabilisation du chômage en 2011-2012 semble raisonnable » ajoutant « le chômage n’atteindra pas le niveau qui était le sien avant l’entrée en récession début 2008 ». Prudent il fait toutefois observer que « les inscriptions à Pôle emploi ne sont pas indépendantes de la conjoncture ».

Pour faire baisser artificiellement les chiffres du chômage – échéance présidentielle oblige – le Gouvernement est prêt à tout. Après avoir inventé la « convention de reclassement personnalisé » (CRP) puis le « contrat de transition professionnelle » (CTP), voici le « contrat de sécurisation professionnelle » (CSP) qui va transformer ses bénéficiaires – licenciés économiques ayant même une faible ancienneté – en « stagiaires de la formation professionnelle » qui eux aussi ne rentreront pas dans les statistiques… pendant un an, s’ils ne retrouvent pas de travail avant.

Recruter dans la « diversité »

Les efforts de placement de Pôle emploi sont avant tout ciblés vers des « publics » et des « clients » résidant en « zones urbaines sensibles » (ZUS) et « zones franches urbaines » (ZFU), en d’autres termes les fameux « quartiers sensibles ». Pour cela Pôle emploi mise systématiquement sur des « méthodes de recrutement par simulation » n’excluant personne, quasi imposées aux entreprises, sortant des critères habituels de sélectivité comme l’expérience et le diplôme mais jugées « non discriminatoires et équitables » ou le CV anonyme, particulièrement mis en avant par le Pôle emploi de Nantes, dont on vient de s’apercevoir qu’il avait des effets contraires à l’objectif recherché. Des méthodes agréées par la défunte HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité), qui avait signé dès février 2007 une convention de coopération avec l’ANPE.

Mais comme cela ne suffit pas, Pôle emploi, « engagé depuis longtemps dans la prévention des discriminations à l’embauche et la promotion de la diversité » met en œuvre d’autres outils pour atteindre ces objectifs.

Laurence Parisot : "Restons un pays ouvert, qui accueille de nouvelles cultures et profite du métissage "

Des conventions de partenariat ont ainsi été signées avec de grandes entreprises comme PSA, les grandes banques et les fédérations professionnelles adhérant au Medef, pour l’embauche prioritaire de publics « divers » comme les « jeunes » résidant en ZUS. Conformément au discours de Laurence Parisot, la patronne du Medef, (« Restons un pays ouvert, qui accueille de nouvelles cultures et profite du métissage »), les grandes entreprises sont ainsi incitées à signer la « charte de la diversité » pour démontrer leur « engagement responsable » et « augmenter leur performance économique » (sic). Trente d’entre elles l’ont fait dans la région administrative Bretagne, et cinq fois plus dans celle des Pays dela Loire.

C’est dans ce sens, par exemple, que le groupe Lucien Barrière, hôtellerie de grand luxe, implanté en Bretagne à La Baule et à Dinard, vient de signer un accord avec Pôle emploi. Les clients de ces palaces seront désormais servis par du personnel principalement « issu de la diversité ».

Chard - Ascenseur socialCette politique – qui constitue en réalité une discrimination négative à l’encontre des salariés d’origine européenne – est en tout point conforme à la volonté exprimée par Nicolas Sarkozy qui, le 17 décembre 2008 au colloque « Egalité des chances et diversité » à Palaiseau, déclarait (voir vidéo) sans ambages : « Nous devons relever le défi du métissage… C’est une obligation, c’est un impératif, on ne peut pas faire autrement… Nous devons changer partout en même temps, dans l’entreprise, dans les administrations, à l’éducation… et on va se mettre des obligations de résultat. Si ce volontarisme républicain ne fonctionnait pas, il faudra alors que la République passe à des méthodes plus contraignantes encore. » On y vient.

[box] Crédit photos : “Pole emploi Lyon”, Lulu97417, licence CC  – “Laurence Parisot at the MEDEF headquarter” Nicolas Vanbremeersch, licence CC. [/box]

Accusations d’antisémitisme contre les « indignés » new-yorkais

Accusations d'antisémitisme contre les « indignés » new-yorkais


18/10/11 – 08h00
NEW-YORk (NOVOpress)
– Peut-on contester le pouvoir excessif des banques sans être taxés d’antisémitisme ? C’est la question que vont bientôt pouvoir se poser les « indignés » qui occupent les abords de Wall Street au regard de la campagne qui commence à naître sur divers sites communautaires juifs pour dénoncer les « dérives » du mouvement de contestation anti-libéral.

Ainsi, le comité “Urgence pour Israël” a récemment publié la vidéo ci-dessous, rassemblant des images sur lesquelles on peut voir des passants juifs pris à partie par des « indignés » qui leur reprochent notamment la crise financière et le montant de l’aide américaine à Israël.

Dans cette vidéo, on peut par exemple voir un jeune manifestant pointant du doigt un vieux juif New yorkais portant une Kippa et lui hurlant: ” Je travaille, je gagne sept dollars de l’heure. Vous avez l’argent ! Tu ne comprends pas l’anglais? Retourne en Israël“.
Intervient également un afro-américain mettant en cause le pouvoir excessif, selon lui, de la minorité juive aux Etats-Unis.

Le comité « Urgence pour Israël » souligne également la présence parmi les pancartes brandies par les manifestants, de certaines affirmant “Gaza soutient l’occupation de Wall street” ainsi que « Rue des juifs de Wall street » ou « Rue des juifs milliardaires »

Alors, véritable tendance au sein du mouvement des « indignés » ou incidents isolés montés en épingle pour tenter de décrédibiliser et de diviser la contestation ?

Difficile de le dire à l’heure actuelle, mais rappelons toutefois que le comité “Urgence pour Israël” est un groupe activiste conservateur, animé par l’éditeur du magazine “Weekly standard”, dont le but avoué est de capter les voix de l’électorat juif en faveur des républicains aux prochaines présidentielles.

Crédit photo : Julien Lagarde via Flickr (image sous licence cc)

Hervé Juvin : l’organisation des marchés, au service de la société et de l’économie [vidéo]

Hervé Juvin : l’organisation des marchés, au service de la société et de l’économie

Hervé Juvin revient sur la crise des institutions et sur la nécessité urgente d’une subordination des marchés à la société et à l’économie.

Avec certains navigateurs il peut arriver que la lecture de la vidéo s’arrête. Dans ce cas faire un peu avancer manuellement le curseur en bas de la fenêtre de la vidéo.

Hervé Juvin est écrivain et conférencier. Auteur d’essais sur l’économie, la société et la mondialisation, il est spécialiste de la banque et des marchés financiers. Grand arpenteur du monde, il a publié plusieurs centaines d’articles, notamment dans Le Débat ( Gallimard), L’Expansion, Agir, et préside par ailleurs une société de conseil aux gouvernements, aux institutions et aux entreprises.

[box class=”info”] Source : Realpolitik.tv. [/box]

Crédit mutuel de Bretagne : les deux principaux dirigeants ont la belle vie

Crédit mutuel de Bretagne : les deux principaux dirigeants ont la belle vie

Il y a belle lurette que le Crédit mutuel de Bretagne n’a plus de « mutualiste » que le nom. Il suffit d’assister à une assemblée générale –devenue une simple chambre d’enregistrement– pour s’en convaincre. Les sociétaires – porteurs de voix sociales – n’ont plus voix au chapitre. D’ailleurs on ne dit plus « sociétaire », c’est passé de mode, mais « client » – comme à la BNP.

Une certitude, les sociétaires – propriétaires ne sont plus les patrons. Quant aux présidents des conseils d’administration des caisses locales, ils ressemblent le plus souvent à des potiches choisies et pilotées par le directeur de l’agence.

Au Relecq-Kerhuon, près de Brest, la direction de la fédération est assurée par une technostructure qui bénéficie de l’immense privilège de n’être, dans les faits, responsable devant personne – surtout pas devant les sociétaires-propriétaires. L’esprit catholique et mutualiste qui préside à la création du CMB n’est plus qu’un lointain souvenir ; elle est bien loin l’époque où les bénévoles faisaient fonctionner les caisses locales – une paroisse. Et où le président venait chaque soir, après son travail à l’extérieur, étudier les dossiers présentés par les sociétaires. Trois mots pouvaient alors résumer la maison : simplicité, humilité, proximité.

Un grand tournant à été pris il y a trois ans, lorsque Jean-Pierre Denis a été bombardé président du CMB. Denis était certes breton mais complètement étranger au sérail ; il était issu du monde de la finance parisienne. Bref, du jour au lendemain, un inconnu devient le patron ; ce qui était tout à fait révolutionnaire car, traditionnellement, on devenait président de la fédération après avoir gravi tous les échelons – en démarrant au plus bas de l’échelle comme membre du conseil d’administration d’une caisse locale. Jean-Pierre Denis à donc bénéficié d’un coup de baguette magique.

Le nouveau venu a bousculé les habitudes de l’établissement bancaire breton, en multipliant les filiales de diversification et les nouveaux produits. Cette stratégie commerciale, souvent étrangère à l’esprit mutualiste, a déstabilisé les collaborateurs.

Mais les résultats sont là puisque le groupe Crédit mutuel Arkéa (Fédération de Bretagne, du Sud-ouest et du Massif central) a dégagé un bénéfice net de 273 millions d’euros en 2010, un chiffre jamais atteint par la banque.

Tout allait bien jusqu’à ce que le rapport annuel de gestion 2010 présenté au comité d’entreprise au printemps ne fasse état des salaires des principaux dirigeants. Leur enveloppe totale de rémunération a augmenté de 80% de 2009 à 2010. Si les six plus importants salaires du groupe crédit mutuel Arkea oscillent (part variable incluse) en 2010 entre 614.886 euros et 292.400 euros, le revenu annuel moyen des salariés de la banque est de 37.000 euros brut. Le record étant obtenu par le président Jean-Pierre Denis et par le directeur général Ronan Le Moal, qui ont vu, toujours en 2010, leurs rémunérations augmenter respectivement de 51% et de 53%.

En prenant connaissance de ces chiffes, on comprend pourquoi la récente grève a duré dix jours. Les petits, les obscurs, les sans-grades réclamaient une part du gâteau.

Confrontée au chômage des Français, la Préfecture de l’Isère refuse le renouvellement d’autorisation de travail d’un ingénieur libanais

Confrontée au chômage des Français, la Préfecture de l’Isère refuse le renouvellement d’autorisation de travail d’un ingénieur libanais

14/10/11 – 18h00
GRENOBLE (NOVOpress)
– Coup médiatique à visée électoraliste sarkozyste ou début de prise conscience de la nécessité d’une « préférence nationale » en matière d’emploi ?
Le cas est trop neuf et trop isolé pour répondre à cette question, mais il n’en reste pas moins que la préfecture de l’Isère a refusé le renouvellement de l’autorisation de travail d’un ingénieur libanais, au motif qu’il y a actuellement 58 ingénieurs français au chômage dans le bassin grenoblois.

Les compétences d’Amro Al Khatib, Libanais de 25 ans et diplômé de l’Université de technologie de Compiègne (UTC), ne sont nullement remises en cause et devraient d’ailleurs trouver pleinement à s’employer dans un pays à reconstruire comme le Liban.

Mais le 3 octobre, Air Liquide, l’employeur de l’ingénieur Libanais, a néanmoins reçu de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail, de l’emploi une lettre l’informant du rejet de la demande d’autorisation de travail d’Amro Al Khatib. Motif ? Près de 60 ingénieurs français sont actuellement au chômage dans la région.

Apparemment insensible aux intérêts du « localisme », le groupe industriel, qui reconnaît lui-même n’avoir pas fait de recherche particulière sur le bassin d’emplois grenoblois, regrette la décision de la préfecture et a soutenu la pétition lancée par les syndicats pour dénoncer cette décision.

[box class=”info”]Crédit photo : Instituts de recherche en santé du Canada sous licence Creative Common[/box]

La Hongrie veut faire plier les banques

La Hongrie veut faire plier les banques

13/10/2011 – 17h30
BUDAPEST (NOVOpress) – Une information que la grande presse aux mains des groupes financiers ne risque pas de diffuser. Le gouvernement hongrois a décidé de faire plier les établissements bancaires !

En effet, une loi très importante a été adoptée par le parlement hongrois en septembre dernier. Comme le rapporte le journal Minute, cette loi permet désormais aux Hongrois ayant souscrit des crédits en francs suisses, euros ou yens, via des produits financiers complexes de banques étrangères, à effectuer leur remboursement en forints, la monnaie nationale ! Les ménages pourront donc rembourser à un taux de change fixe préférentiel. Les Hongrois ont donc jusqu’au 30 décembre prochain pour déposer leur demande auprès des banques et disposeront ensuite de 60 jours pour effectuer leur remboursement. Les endettés pourraient avoir accès à des crédits en forints pour financer leurs transactions, ce qui reviendra à reconvertir ces crédits dans la monnaie hongroise. Ce sont donc les établissements de crédits qui devront éponger la différence.

Taxe exceptionnelle sur les banques

Depuis sa nomination, le Premier ministre hongrois, Viktor Orban (photo ci-dessus) a décidé de « mettre fin à l’ère des banquiers » afin de « protéger les gens dupés par une pratique qui leur fait porter tous les risques et toutes les pertes ». Comme l’indique le journal Minute, depuis mai 2010, le gouvernement Orban a imposé une taxe exceptionnelle aux banques et aux multinationales étrangères. Le gouvernement hongrois a même réussi a rapatrié 11 milliards d’euros accumulés dans les fonds de pensions étrangers vers les caisses de l’Etat.

Des décisions qui déclenchent la fureur des banques

Cette loi a suscité une vive réaction de la part des banques autrichiennes très impliquées en Hongrie. Et évidemment ce que le système bancaire veut, l’Union européenne (UE) obtempère. L’UE a prévenu que ce projet de loi pourrait être illégal, déséquilibrer le marché du crédit et freiner la faible croissance économique de la Hongrie. Pour l’instant aucune mesure de rétorsion n’a été annoncée par l’UE, mais il y a fort à parier qu’elle devrait arriver dans un deuxième temps.

L’Union européenne et les banques ne veulent pas que cette loi fasse tâche d’huile en Europe

L’UE et les banques n’ont qu’une peur : que les peuples européens prennent conscience que de simples mesures sont en capacité de changer les choses. Avec cette question : qui doit gouverner la destinée d’un Etat, les banques ou le peuple ? Les Hongrois ont choisi de prendre leur destin en mains.

[box class=”info”]Photo : Viktor Orban, Premier ministre hongrois. Crédit : OCDE/Flickr sous licence creative common[/box]

Les dessous de Laurence Parisot [tribune libre] [vidéo]

Les dessous de Laurence Parisot

Ne paraissant se soucier ni de la crise économique et financière, ni de la sortie du volume programmatique du Medef pour 2012, Besoin d’air 2, la présidente du Medef Laurence Parisot (par ailleurs propriétaire de l’institut de sondages Ifop)  a pris officiellement parti dans la campagne présidentielle en cosignant un ouvrage lamentable, Un piège bleu Marine (Calmann-Lévy) et en prenant donc position dès à présent contre le Front national. L’argumentaire insigne, façon « Marie Chantal chez les prolos », explique doctement aux ouvriers français que « voter Marine, ce n’est pas bien ». Pour cette tenante du libéralisme mondialisé le plus échevelé (adepte d’une France « ouverte » et « métissée »), évidemment membre du Siècle, l’élection de Marine Le Pen entraînerait « l’effondrement immédiat de l’économie » et « une cascade très rapide de catastrophes ».

 

Se présentant en parangon de vertu et en impartiale donneuse de leçons, Parisot s’est associée dans l’affaire avec une certaine Rose Lapresle, qui a sans doute collationné et rédigé l’essentiel de ce mince volume de 144 pages en gros caractères. Sur cette « Rose Lapresle », pratiquement rien, sur Google. En revanche, il est relativement aisé de découvrir qu’il s’agit en réalité de Rosine Lapresle-Tavera, le « coach » très personnel – et plus que discret – de la patronne du Medef, que d’aucuns comparent à un véritable « gourou ». Pourquoi ce changement de prénom ? Peut-être parce que son nom avait défrayé la chronique en janvier 2009 lorsqu’il était apparu qu’elle était, via sa société de conseil Elzévir, l’employée la mieux payée du Medef, avec des versements de 25 000 euros par mois pour un mi-temps (soit 272 400 euros H.T. rien que pour 2008). Ancien professeur de philosophie, cette femme élégante, qui s’est reconvertie dans la graphologie et le conseil aux entreprises, émargeait déjà au conseil d’administration d’Optimum, une société de Parisot, avant qu’elles n’entrent de concert au Medef.

 

Dans Enquête sur le patronat – dans les coulisses du scandale Medef/UIMM (Plon) (voir la vidéo “Scandale UIMM : la vérité”   et l’article du Figaro “Parisot face au nouveau scandale de l’UIMM” ) de Guillaume Delacroix , on apprend que nombre de hauts salariés du Medef connurent des déboires, voire furent licenciés, pour s’être intéressés de trop près à ce contrat et à cette relation fusionnelle : « C’est elle qui souffle à l’oreille de la patronne de l’Ifop de devenir un jour présidente du Medef […] Dans la vie compartimentée de Laurence, Rosine devient la pièce centrale, le PC de Rosny-sous-Bois. » On découvre aussi que Lapresle-Tavera est à l’origine de l’embauche des principaux collaborateurs de Parisot. Dans sa biographie non autorisée, de Laurence Parisot, Une femme en guerre (L’Archipel), Fanny Guinochet raconte aussi par le menu les multiples rendez-vous discrets de la patronne des patrons dans l’appartement personnel de sa coach (qui abrite aussi ses bureaux), où elle reçoit en « maîtresse de maison » les leaders syndicaux ou les patrons des principales fédérations. Comme l’indique L’Express (22 janvier 2009), « quand la présidente du Medef s’emporte trop fort, c’est Rosine Lapresle et ses vertus apaisantes que l’on appelle à la rescousse »…

 

[box class=”info”] Source : Faits & Documents  n°322, 1er-15 octobre 2011. Avec leur aimable autorisation. [/box]

[box]Crédit photo : MEDEF sur Flickr. Licence CC. Laurence Parisot, Nicolas Sarkozy.[/box]

Cynisme marchand : même étiquette mais qualité moindre pour les pauvres !

Cynisme marchand : même étiquette mais qualité moindre pour les pauvres !

12/10/11 – 12h30
PARIS (NOVOpress)
– L’amoralité et le cynisme de la logique marchande semblent désormais sans limites. En effet, de récents rapports démontrent que l’industrie agro-alimentaire utilise des ingrédients meilleur marché et de moindre qualité pour leurs produits destinés aux populations les moins favorisées, tout en conservant un étiquetage identique.

Ainsi, en Europe, les fleurons de l’industrie agro-alimentaire utilisent des produits bas de gamme pour leurs exportations vers les pays de l’Est et, en France, par exemple, les taux de sucre des sodas sont plus élevés en Outre-Mer qu’en métropole. En Guadeloupe ou en Martinique, un Fanta Orange contient ainsi 40% de sucre de plus que la même boisson achetée à Paris, sans pour autant que le consommateur en soit informé.

Une situation si généralisée, et pour une fois véritablement discriminatoire, qui a conduit le député de Guadeloupe Victorin Lurel à déposer une proposition de loi visant à lutter contre ces scandaleuses pratiques de l’industrie agro-alimentaire.

Au niveau européen, c’est la députée roumaine Elena Oana Antonescu qui s’est élevée contre ces pratiques, en s’appuyant sur une enquête menée en avril dans divers pays européens et démontrant que des grandes marques telles que Coca-Cola ou Nescafé proposaient, sous le même emballage, des produits de qualité extrêmement variable en fonction du pays d’Europe dans lequel ils sont vendus.

L’hypocrite défense des géants de l’agro-alimentaire consiste certes à admettre que les recettes varient, mais surtout à arguer qu’il s’agit là d’une simple « adaptation aux goûts locaux ». C’est en effet bien connu, les pauvres préfèrent les produits médiocres et riches en sucre favorisant leur obésité…

[box class=”info”]Crédit photo : Fimoculous sous licence Creative Common[/box]

Relocalisation industrielle : le futur Trafic Renault sera fabriqué en Normandie

Relocalisation industrielle : le futur Trafic Renault sera fabriqué en Normandie

11/10/2011 – 15h00
SANDOUVILLE (NOVOPress) – C’est Carlos Tavares, numéro 2 du groupe Renault, qui l’a annoncé. Le futur Trafic Renault (le véhicule utilitaire de la marque française) sera désormais fabriqué dans l’usine normande de Sandouville. L’usine fabrique déjà les véhicules Espace et Laguna de la marque au losange.

Et ce à partir de 2014, le montant de l’opération est de 230 millions d’euros. Auparavant, le Trafic Renault était conçu dans les usines espagnoles et britanniques du groupe. Avec ce projet, Renault fera fabriquer 100% de ces véhicules utilitaires dans l’Hexagone.

[box class=”info”]Photo : usine Renault de Sandouville/Tour2Piste News.[/box]

Comprendre la dette publique [vidéo]

Comprendre la dette publique [vidéo]

10/10/2011 – 14h30
PARIS (NOVOpress) – Utilisez cette vidéo comme outil pédagogique pour comprendre comment les dettes publiques et privées sont devenues l’un des problèmes économiques majeurs. Et pour comprendre pourquoi la crise des dettes souveraines risque de devenir une crise systémique aux répercussions tragiques

Le FPÖ contre la participation de l’Autriche au fond de sauvetage de la zone euro

Le FPÖ contre la participation de l’Autriche au fond de sauvetage de la zone euro

09/10/2011 – 17h45
VIENNE (NOVOpress) —
Le Parti Autrichien de la Liberté (FPÖ) a déposé une plainte auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme contre la participation de l’Autriche au fond de sauvetage de la zone euro.

Un communiqué du FPÖ datant de jeudi déclare que la cour a enregistré la plainte et qu’elle s’occuperait d’étudier le cas sur la base des documents et des informations qu’elle a reçu.

“Le FPÖ essaiera tous les recours possibles pour éviter que l’Autriche ne participe à ce véritable jeu de hasard” a déclaré Heinz-Christian Strache (photo), le chef du parti.

Une porte-parole de la cour, basée à Strasbourg, confirme que celle-ci a bien reçu la plainte le mois dernier mais refuse pour l’instant de s’exprimer sur sa recevabilité. Elle a ajouté que ce genre de procédures prenait généralement plusieurs années avant que la cour ne l’accepte, avant de délibérer sur le contentieux.

Elle peut aussi demander aux pays concernés de stopper les projets à l’origine du conflit avant qu’elle ne se penche sur le sujet. Mais selon la porte-parole, ce genre de mesure n’est prise que dans des cas comme l’extradition de détenus.

Heinz-Christian Strache et ses alliés de droite ont échoué à empêcher l’extension de 440 milliards d’euros en faveur du FESF et des pays de la zone euro en difficulté, extension qui a été votée au parlement autrichien la semaine dernière. Trois des dix-sept pays de la zone euro doivent encore approuver ce plan.

Le FPÖ contre la participation de l’Autriche au fond de sauvetage de la zone euroLa cour européenne (photo) est compétente pour toute violation, individuelle ou étatique, de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Normalement, elle n’intervient seulement qu’après que toutes les voies légales dans le pays d’origine aient été épuisées.

Crédit photo : bundespraesident.in pour la photo en une, et J-N Strasbourg pour la deuxième (Flickr). Images sous licence CC.

Le président du parlement slovaque refuse d’aider la Grèce

Le président du parlement slovaque s'oppose à l'aide à la Grèce

07/10/2011 – 08h30
BRATISLAVA (NOVOpress) –
Président du parti libéral “Liberté et solidarité” (SaS), président du parlement slovaque, et ancien fonctionnaire du ministère des Finances, Richard Sulík (photo ci-dessus) pourrait paraître comme un modéré. Or, ce n’est pas le cas. Dans un entretien accordé au journal autrichien Der Standard, il indique son refus d’aider la Grèce.

En effet, la Slovaquie est membre de la zone euro, et de ce fait son parlement est tenu de voter (ou non) les plans d’aide à la Grèce (ce qu’a fait le Bundestag allemand).

Pour Richard Sulík, « Le concept de base du sauvetage de l’euro est faux. On essaye de résoudre la crise de la dette avec encore plus de dettes. C’est comme quand quelqu’un essaye d’éteindre un incendie avec un ventilateur. (…) Nous ne ferions que sauver les créanciers de la Grèce, c’est-à-dire les banques. »

Pour le président du parlement slovaque, son pays a pu bénéficier de l’aide de l’Union européenne, car « nous avons prévu des réformes difficiles pour notre population. Nous avons rénové notre maison. Pourquoi la Grèce ne l’a pas fait depuis longtemps et n’a pas créé un système fiscal qui fonctionne ? Pourquoi devrions-nous être solidaires des Grecs ? »

Mais surtout pour Richard Sulík, « il est certainement impossible d’expliquer à un retraité slovaque qu’il devrait payer plus d’impôts, afin que l’argent des actionnaires des banques soit protégé. »

De plus selon lui, « ce sont les 16 autres États [de la zone euro, note de Novopress] qui devraient expliquer pourquoi ils violent les règles », en aidant la Grèce.

Les nationalistes du SNS et le parti de la minorité hongroise soutiennent ce refus d’aider la Grèce.

[box class=”info”]Crédit photo : Pavol Frešo/Wikipédia, sous licence Creative Common[/box]

Les Grecs s’attendent à la faillite, mais restent attachés à l’euro

Geórgios Andréas Papandréou, premier ministre grec

06/10/2011 – 15h30
ATHÈNES (NOVOpress) — La Grèce est en proie au désespoir. La grande majorité de ses habitants s’attendent à la faillite. Les mêmes, pourtant, ne veulent pas retourner à la drachme.

La plupart des Grecs estiment, selon une enquête récente, que la faillite de leur État est inévitable. C’est ainsi que 67,3 % des personnes interrogées s’attendent à un défaut de paiement de leur pays, comme l’a montré une enquête représentative de l’institut de sondage Kapa Research dans le journal athénien paraissant le dimanche, To Vima.

Et pourtant : 70 % d’entre eux ne veulent pas quitter la zone euro dans ces conditions. A peine un Grec sur cinq est en faveur d’un retour à la drachme. Les citoyens sont, selon l’enquête, majoritairement favorables à des licenciements dans le secteur public. 58,9 % s’y sont déclarés favorables. 40 % se sont prononcés contre. Neuf personnes interrogées sur dix sont favorables à une cure d’amaigrissement de l’État par fusion de différentes administrations.

60 % sont également prêts à payer le nouvel impôt immobilier exceptionnel de quatre euros par mètre carré en moyenne pour leurs appartements – en dépit du fait que 75 pour cent des personnes interrogées considèrent que ce prélèvement est injuste. Dans une autre enquête publiée par le tabloïde Ethnos dimanche dernier, 56,4 % des personnes interrogées craignent que le pays ne puisse éviter un écroulement complet de son économie.

Quelques 50 pour cent des personnes interrogées se sont par conséquent exprimées en faveur d’une coalition des deux grands partis, les socialistes derrière le Premier ministre Giorgos Papandreou et l’opposition de droite Nea Dimokratia dirigée par Antonis Samaras. Ce gouvernement d’état d‘urgence serait éventuellement mieux à même de tirer le pays hors de la crise.

Les Grecs considèrent qu’une des causes de leurs malheurs – en dépit de l’aide provenant des autres pays européens – réside dans le « manque de courage » du gouvernement Papandreou. En outre, 57 % des personnes interrogées appellent les syndicats à préserver la paix sociale afin que le pays puisse éviter la faillite.

Les actifs fournissent plus de 60 % de l’effort

Ce sont les actifs les plus âgés qui supporteront l’essentiel des sacrifices en termes de suppressions de postes dans le service public en Grèce. Un point sur lequel le gouvernement d’Athènes et les experts financiers de la troïka se sont mis d‘accord, a rapporté la chaîne de télévision privée Mega en se référant à des sources gouvernementales.

Les représentants de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI) auraient donné leur accord sur le fait que l’essentiel des baisses devaient toucher les anciens serviteurs de l’État proches de la retraite.

Le cabinet doit encore y donner son accord, une session étant prévue à cet effet ce dimanche soir. La proposition a été élaborée par le ministre des Finances Evangelos Venizelos et le ministre des Réformes du secteur public, Dimitris Reppas.

30.000 postes doivent être supprimés dans le service public grec d’ici la fin de l‘année. Jusqu’à 23.000 fonctionnaires âgés et proches de la retraite seraient transférés dans une espèce de position de réserve avec une rémunération réduite, 7.000 autres réductions de postes résulteraient de leur suppression ou de la fusion d’environ 150 administrations.

Les fusions ont déjà été décidées l’an dernier, mais rarement mises en œuvre jusqu’à présent. Personne n’a été licencié dans les rares cas où des fusions se sont effectivement produites.

Photo : Geórgios Andréas Papandréou lors de la conférence de presse du 24 juin dernier à Bruxelles, qui a suivi la réunion du Conseil de l’Europe. Crédit : Service de communication du Premier Ministre de Grèce, via Flickr (cc)

[Billet] Traders : Jérôme Kerviel fait la course en tête

[Billet] Traders : Jérôme Kerviel fait la course en tête


Quand ils le veulent, les Bretons savent y faire. Récemment la presse nous a entretenu de l’affaire Kweku Adoboli, ce trader ghanéen qui vient de faire perdre 2,3 milliards de dollars (1,62 milliards d’euros) à la banque helvète USB en pratiquant des transactions non autorisées. C’était la vedette de la semaine… Un homme combinant assiduité à la tâche, flair, âpreté au gain et infernale baraka. Jusqu’au jour où le vent à tourné.

A la vérité, les traders qui ont dérapé pourraient constituer un  petit club. En 1995, Nick Leeson fait perdre 0,7 milliard de livres sterling à la Barings. En1995, Toshihide Iguchi fait perdre 1,1 milliard de dollars à Daiwa Banks. En 1996 Yasuo Hamanaka fait perdre 2,6 milliards de dollars à Sumimoto. En 2002, John Rusnak fait perdre 0,7 milliard de dollars à AIB. En 2005 Philippe Bennet fait perdre  0,4 milliard de dollars à Refco.

Mais le champion toutes catégories demeure notre Breton de Pont-l’Abbé, Jérôme Kerviel qui a réussi à provoquer l’évaporation de 4,9 milliards d’euros des comptes de la Société Générale. Il est vrai que, dans le même temps,la Société Générale perdait 2 milliards d’euros avec les subprimes…

Dans une Bretagne « autonome », Jérôme Kerviel deviendrait tout naturellement  ministre de l’Economie et des Finances. Il saurait comment s’y prendre pour équilibrer le budget… au besoin en faisant les poches du FMI, de la Banque mondiale, de la BCE, de Bank of America, de la Deutsche Bank…

Crédit photo : Andy Hill. Licence CC.

La banque Dexia au bord du gouffre, par le Vlaams Belang [tribune libre]

La banque Dexia au bord du gouffre, par le Vlaams Belang

Belgique. Le déclin du groupe belgo-français Dexia fait de nouvelles victimes. Après le Holding des municipalités, le pot d’épargne des municipalités, c’est au tour de ses actionnaires d’être fortement atteint. Le Conseil d’administration spécial d’hier soulève de nouvelles questions pendant que le dernier reste de confiance fond.

L’annonce de « solutionner les problèmes structurels » et « d’offrir de nouvelles prévisions de croissance » fait plus de bien que de mal : lors de l’ouverture de la bourse, l’action a chuté de 30 % et se situe à environ 1 euro.

Lors du sauvetage de Dexia en 2008, les différentes autorités belges ont acheté ensemble pour 4 milliards d’euros d’actions à 9,9 euros par action. La Flandre a investi 500 millions d’euros du Fonds d’avenir, les autorités fédérales ont contribué à hauteur d’1 milliard d’euros ***. Au cours actuel, il reste 10% du montant : l’État fédéral perd virtuellement 900 millions d’argent du contribuable et la Flandre 450 millions.[…]

*** Note de Novopress : Pour leur part la même année les contribuables français ont amené 3 milliards d’euros en soutien à Dexia.

[box class=”info”] Source et l’article complet en néerlandais : Le Vlaams Belang, le deuxième plus important parti flamand.
Source de la traduction en français : Le Blog de Lionel Baland. [/box]

En Lorraine comme en Bretagne, Arcelor-Mittal réduit fortement son activité

En Lorraine comme en Bretagne, Arcelor-Mittal réduit fortement son activité

01/10/2011 – 08h30
NANTES (NOVOpress Breizh) – L’inquiétude règne parmi les 600 salariés du site d’Arcelor-Mittal de Basse-Indre, une commune de l’agglomération nantaise. La direction de l’entreprise a en effet annoncé hier, lors d’un CE extraordinaire, sa décision de recourir au chômage partiel pour le dernier trimestre 2011. Une situation qu’on retrouve en Lorraine où le groupe indien a décidé l’arrêt temporaire de la filière liquide Lorraine qui intervient dès le 1er octobre
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Selon les déclarations d’un militant CGT à Ouest-France, l’entreprise « est confrontée, depuis juin, à une baisse progressive des commandes, ce qui affecte la production… Alors qu’on tournait en 5X8 et à plein pot jusqu’en juin, on est tombés à un rythme en 3X8, 4 jours par semaine au lieu de 7 jours sur 7 (2) et à 12 postes au lieu de 21. » Toujours selon celui-ci « La perte financière pour les salariés (indemnisés à hauteur de 75 % du salaire brut, soit environ 90 % du salaire net), représente entre 20 et 30 % si l’on inclut la perte de l’indemnité d’astreinte pour le travail en 5X8... ».

En lorraine, ce sont 1511 salariés dont 595 des sites de Florange (CDI, intérimaires et apprentis) et 390 sous-traitants qui vont être touchés par cette fermeture. Pour justifier celle-ci, le magnat indien de l’acier invoque une baisse des commandes, due notamment « aux conséquences de la sécheresse » sur le marché de l’acier.

Après l’arrêt du haut-fourneau P3 le 6 juin dernier, c’est le P6, second haut-fourneau dela Fensch, qui va à sont son tour être arrêté dès demain, de même que la totalité du train à chaud et ce pour une période indéterminée. Une décision qui pourrait être lourde de conséquence, car rallumer un haut-fourneau est une opération délicate et aucune date n’a été annoncée pour la reprise de l’activité.

Pour certains cette fermeture s’explique surtout par une stratégie purement spéculative du groupe visant à réduire l’activité des sites de Lorraine pour maintenir le prix de l’acier à un haut niveau, ce qui lui procure des marges confortables. Alors que le site de Dunkerque tourne à plein régime et que Fos-sur-Mer achève sa rénovation, Arcelor Mittal n’a procédé, depuis de nombreuses années à aucun investissement en Lorraine. N° 1 mondial de la sidérurgie, le groupe a réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de près de 59 milliards d’euros pour un résultat net de 2.200 millions d’euros.

Interrogé sur ce dossier, Eric Besson, ministre chargé de l’Industrie, s’est borné à dire en réponse à une question de Michel Liebgott (PS, Moselle) qu’il « espérait pour le début de l’année prochaine » le redémarrage du haut fourneau mis en veille par Arcelor-Mittal à Florange. « Le groupe Arcelor (…) continue à présenter un programme précis et chiffré de maintenance, qui permettra de maintenir l’outil de production dans de bonnes conditions et le redémarrage que nous espérons – je dis bien nous espérons – pour le début de l’année prochaine ». Une phrase qui en dit long sur le pouvoir, en 2011, d’un ministre de l’Industrie face à une multinationale indienne, dans un secteur aussi stratégique que la production d’acier.

Manipulations de Goldman Sachs : encore et toujours [tribune libre]

Manipulations de Goldman Sachs : encore et toujours [tribune libre]

30/09/2011 – 18h45
WASHINGTON (NOVOpress) – Oui, la combinaison de la folle croissance démographique mondiale avec le modèle consumériste américain étendu au monde entier va générer d’effroyables pénuries et les spéculations et les conflits qui vont avec. Non, l’ère des pénuries n’est pas encore tout à fait venue… et en attendant certains se chargent de l’organiser, sans doute par esprit humanitaire bien compris en faisant des tests préalables ! L’un des éditorialistes de la “Chronique Agora”, Marc Mayor, nous livre le secret de certaines techniques employées par les prédateurs financiers de Wall Street dans un article en date du 29 septembre. (Philippe Millau)

[box class=”info”]Crédit photo  : DR [/box]

L’aluminium posait un sacré problème aux banksters de Wall Street. Il n’était pas en situation de pénurie. Les cours ne flambaient pas et Goldman Sachs ne pouvait pas s’en mettre plein les poches en spéculant ! Qu’à cela ne tienne ! L’abondance n’étant pas bien vue dans le monde du trading des matières premières, Goldman Sachs a trouvé un moyen de créer une pénurie sur l’aluminium : en le stockant longtemps. Avec la complicité du London Metal Exchange, la plus grande Bourse des métaux au monde.

▪ Combine en catimini
Pour une fois, c’est loin de la frénésie de Wall Street que Goldman a monté sa dernière combine. A Détroit, l’ancienne Mecque de la bagnole made in Etats-Unis, devenue une quasi-ville fantôme, la banque d’affaires a transformé des entrepôts en véritables usines à fric. Comment ?

En y entassant plus d’un million de tonnes d’aluminium industriel, soit près du quart des stocks mondiaux, qui ont atteint un record à cinq millions de tonnes en mai.

▪ Les loyers tombent tranquillement
Goldman encaisse donc des revenus de location, comme tout propriétaire immobilier ; à 41 cents par tonne et par jour, c’est toujours près d’un demi-million de dollars par jour ou 165 millions par année dans la poche.

Surtout que le loyer est encaissé même une fois que l’aluminium est vendu, donc plus la livraison prend du temps, plus Goldman encaisse de loyer. N’empêche que ces sommes demeurent des broutilles, pour les requins de Wall Street.

▪ Le vrai argent est produit autrement
Les entrepôts de Détroit génèrent des montagnes de cash en faisant de la rétention d’aluminium. Les règles du London Metal Exchange, la Bourse des métaux non précieux, permettent aux entrepôts de livrer une partie seulement de leurs stocks chaque jour, bien moins que ce qui entre dans ces bâtiments pour y être stocké. C’est un peu comme la combine des frères Hunt à la fin de l’année 1979, mais mise au goût du jour.

Entre janvier et fin juin de cette année, les entrepôts de Goldman (qui appartiennent à sa filiale Metro International Trade Service) ont fait rentrer 364 175 tonnes d’aluminium, alors que 171 350 en sont sorties, selon les statistiques du LME, révélées par Reuters.

Soit 42% des nouveaux stocks constitués dans le monde et 26% de l’aluminium livré sur la planète.

▪ Création d’un goulot d’étranglement artificiel = jackpot
En conservant plus longtemps le métal, Goldman Sachs crée un goulot d’étranglement. Les fabricants de canettes pour boissons et les constructeurs aéronautiques doivent attendre plus longtemps avant de recevoir leur aluminium. Conséquence : les prix sont artificiellement gonflés depuis des mois.

Manipulation des prix. Encore ! “Cela pousse les prix vers le haut pour les clients nord-américains. Et pas à cause d’une véritable pénurie sur le marché, mais pour un problème d’accès au métal… dans des entrepôts de Détroit”, déclare à Reuters Nick Madden, responsable de l’approvisionnement en aluminium chez Novelis, qui appartient à l’Indien Hindalco Industries Limited, l’un des plus importants consommateurs d’aluminium dans le monde.

Selon Madden, la dernière trouvaille de Goldman Sachs ajoute 20 $ à 40 $ au prix de l’aluminium, qui valait début septembre encore 2800 $ la tonne ; cela représente donc un surcoût de 120 à 240 millions de dollars par an pour l’industrie américaine, qui consomme plus de six millions de tonnes chaque année.

▪ Bien sûr, Goldman nage en plein conflit d’intérêts…
… en stockant d’énormes quantités de métal, tout en en faisant le commerce.

“C’est une honte, un simulacre de marché”, s’emporte Robin Bhar, analyste sur les métaux chez Crédit Agricole à Londres. “Cette situation avantage certaines entreprises et pénalise clairement les autres. C’est un souci important et je pense que les autorités de régulation devraient intervenir”.

Bien sûr, Goldman assure suivre scrupuleusement les règles du LME. Je leur fais confiance : leurs avocats sont les mieux payés du monde.

▪ Des intérêts bien compris
Quant à une intervention du régulateur, personne n’y a intérêt, et surtout pas le London Metal Exchange lui-même !

A partir d’avril 2012, le LME va doubler la quantité de métal qu’un opérateur devra livrer chaque jour, qui passera de 1 500 tonnes par jour et par ville à 3 000 tonnes ; cela ne changera rien, relèvent les analystes de Morgan Stanley dans une étude parue en juillet. Il suffira d’augmenter les quantités stockées à Détroit pour que le goulot d’étranglement se forme à nouveau.

Une solution efficace consisterait à interdire aux propriétaires de hangars de facturer des frais de location une fois que le métal a été vendu, peu importe le temps qu’ils mettent à le livrer. Mais le LME prélève 1% des coûts de location encaissés par les opérateurs comme Goldman Sachs. Plus important encore, le LME appartient aux grandes banques comme Goldman. Deux raisons qui expliquent son manque d’empressement à sévir.

▪ Zinc : même combat. Et devinez qui détient les hangars pleins de zinc ?
La même situation a déjà commencé à se reproduire sur le marché du zinc. Des entrepôts situés à La Nouvelle-Orléans abritent actuellement 61% des stocks mondiaux enregistrés par le LME.

Devinez qui possède ces hangars. Goldman Sachs bien sûr (ainsi que Glencore, l’un des principaux traders de matières premières au monde) !

En attendant, les métaux viennent de décrocher brutalement la semaine dernière. Mais cela ne changera pas la stratégie de Goldman, au contraire.

Progression de la consommation et de la production de produits issus de l’agriculture biologique

Progression de la consommation et de la production de produits issues de l’agriculture biologique

30/09/2011 – 10h00
PARIS (NOVOpress) – Malgré les tentatives de déstabilisation orchestrées par les géants de l’agro-alimentaire, la production et la consommation de produits bio ne cessent de se développer en France.

Comme le souligne Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence Bio, « le bio maintient le cap de la croissance », indiquant également l’absence « d’impact de la crise économique. Au contraire, car les consommateurs se tournent vers le qualitatif ».

Mais la bonne nouvelle réside sûrement dans la hausse considérable d’exploitations agricoles qui ont mis leur savoir-faire au service de cette agriculture soucieuse de la bonne santé des écosystèmes et des populations. Près de 2.000 nouvelles exploitations agricoles se sont inscrites dans la filière bio au premier trimestre 2011, portant le total à 4,6% des exploitations françaises. Le chiffre d’affaires généré par le marché du bio s’oriente désormais vers les 4 milliards d’euros, contre 3,38 milliards l’année dernière.

Autre signe encourageant pour un retour au localisme et à une consommation identitaire, les importations de produits bio (35% en 2010) depuis l’UE ou de pays tiers ont été revues à la baisse. Une tendance observée en 2010, qui se confirme en 2011.