500 euros

La région Bretagne n’est pas surendettée

10/09/2011 – 11h00
RENNES/ROAZHON (NOVOpress Breizh) –
La Bretagne est l’une des régions françaises qui maîtrisent le mieux leur endettement, selon le comparatif publié par une agence de notation. Les régions voisines font nettement moins bien.

Fitch, l’une des trois grandes agences mondiales de notation financière, a publié voici quelques jours son Observatoire financier des régions françaises 2011. Il compare la situation financière des régions françaises.

« Mise à mal par les réformes récentes, la situation financière des régions reste globalement saine »
indique l’agence de notation. La suppression de la taxe professionnelle a en effet rigidifié les recettes budgétaires. Les dépenses ne sont pas beaucoup plus flexibles. À l’instar des États, certaines régions ont tendance à laisser déraper leur endettement : à fin 2010, il avait augmenté de 8,4 % en un an.

Certaines régions se montrent plus laxistes que d’autres. La Bretagne fait partie des bons élèves. Sa capacité d’endettement, important indicateur de discipline financière, n’était que de 1,4 années à fin 2010. C’est moins bien qu’à fin 2009 (1,2 années) mais beaucoup mieux que dans des régions comme la Picardie (10,6 années) ou l’Alsace (7,2 années). Dix-huit des vingt-deux régions sont plus mal placées que la Bretagne.

Du côté des régions voisines, on note la tendance au dérapage des Pays de la Loire. Cette région se targue volontiers de la note AA, relativement bonne, qui lui a été décernée par Standard & Poor’s pour sa dette à long terme. Mais c’était en 2009 : en 2010, sa capacité de désendettement a reculé de 3,1 à 4 années. Si la dégradation est moins forte en Basse-Normandie (de 1,9 à 2,5 années), on note tout de même que Fitch a refusé en avril dernier de continuer à noter la dette de la région, qui ne lui fournissait pas d’informations suffisantes.

Crédit photo : Jorge Vincente via SxC (cc)

Des vignerons en lutte contre le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux

Des vignerons en lutte contre le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux

08/09/2011 – 13h30
BORDEAUX (via Info Bordeaux) –
Des viticulteurs bordelais, regroupés au sein du Comité d’Action des Vignerons de Bordeaux (CAVB), ont décidé de s’attaquer au Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux dont ils dénoncent l’inefficacité dans la crise que traverse actuellement leur filière. Certains refusent donc de payer leurs cotisations obligatoires.

Quatre vignerons assignés devant le tribunal d’instance de Libourne par le comité présidé par Georges Haushalter, ont déposé une question prioritaire de constitutionalité (QPC). « Le CIVB ne sert plus les gens, il y a un mécontentement fort (de la part des nombreux vignerons) et une disqualification de cette instance qui peut continuer à tourner pour elle-même », a déclaré Dominique Techer, président du Comité d’action des vignerons de Bordeaux.

Selon Me Georges, la question prioritaire de constitutionnalité s’appuie sur une décision de la Commission européenne de décembre 2008 qui estime que les cotisations volontaires obligatoires, exigées par le CIVB, sont des ressources publiques, avalisées dans le code rural français sans que leur constitutionalité n’ait été analysée.

Le combat continue pour de nombreux viticulteurs en situation financière très précaire.

[box class=”info”]Crédit photo : Sylvain Petit Jean (SO) [/box]

Portugal : « La plus grande vague d'émigration depuis les années 60»

Portugal : « La plus grande vague d’émigration depuis les années 60 »

Le Portugal est l’un des pays les plus pauvres en Europe et dans le passé a toujours été touché par l’émigration. De ce fait quelques trois millions de Portugais vivent à l’étranger. Il y a 50 ans, de nombreux jeunes partaient vers de grands pays européens. Les départs se poursuivent aujourd’hui mais maintenant des milliers cherchent fortune dans les ex-colonies en plein essor : le Mozambique, l’Angola et le Brésil. 

La forte émigration vers l’Afrique et l’Amérique du Sud est d’autant plus une nouveauté pour le Portugal, qu’il ne s’agit cette fois pas d’ouvriers et de paysans quittant le pays à la recherche d’un avenir meilleur, mais de gens dotés d’une formation universitaire. « C’est la plus grande vague d’émigration depuis les années 1960 », indique Filipa Pinho, spécialiste de l’immigration portugaise de la BBC. Bien qu’aucune donnée officielle ne soit disponible, les chiffres parlent d’eux-mêmes dans ces dernières années. En 2009 et 2010, selon F. Pinho, 60 000 Portugais ont quitté le pays pour le Brésil, et l’intérêt pour l’Angola est en énorme croissance.

Un avenir brillant en Angola

En 2006 ont été délivrés à peine 156 visas pour le pays en plein essor de la côte ouest africaine ; ce nombre est passé à 23 787 en 2010. Depuis, 3 000 entreprises de ce pays riche en pétrole et en diamants appartiennent à des entrepreneurs portugais.

Et aucune fin du boom n’est en vue. Après 41 ans de sanglante guerre civile, un traité de paix a été signé en 2002. Aujourd’hui, le pays va être entièrement reconstruit. De l’infrastructure de télécommunications au secteur bancaire, de nouvelles zones d’activités sont créées, et presque partout la langue de travail est le portugais. Ceux qui ont réussi vivent luxueusement dans la capitale Luanda. Les quartiers de luxe poussent comment des champignons, et la quantité de voitures haut de gamme est impressionnante.

 Un profond fossé entre riches et pauvres

Mais pour de nombreux nouveaux arrivants, le début est moins agréable. Actuellement, près de cinq millions de personnes s’entassent dans une ville qui a été créée pour seulement un million d’habitants, et il en arrive toujours plus. Rien qu’entre 2005 et 2010, la population de Luanda a augmenté de 1,2 millions de personnes. Et malgré la croissance économique à deux chiffres, les deux tiers de la population vivent encore dans une grande pauvreté. L’espérance de vie est d’à peine 38 ans. D’autre part, il y règne une corruption rampante. Dans les statistiques publiées par Transparency International, le pays est régulièrement classé parmi les trois premiers pays les plus corrompus du monde.

Le grand chantier du Brésil

En plus de l’Angola, la porte est aussi ouverte aux jeunes Portugais au Brésil. Pour la Coupe du Monde 2014 et les Jeux olympiques de 2016, on y construit dans tous les coins. Cela attire de nombreux architectes et ingénieurs en Amérique du Sud. « La plupart des architectes que je connais ont émigré depuis longtemps au Brésil. » explique l’architecte portugais Eduardo Souto de Moura à Deutschlandfunk. De plus, il n’a lui-même aucune commande en vue au Portugal pour les prochaines années, et doit donc lui aussi chercher du travail à l’étranger.

Pour ceux qui restent se profile un long passage difficile. Le pays souffre d’importants problèmes structurels, a déclaré l’économiste Andreas Scheuerle à Exchange Online. À la fin des années 80, quand le rideau de fer a disparu, le Portugal a rapidement perdu du terrain par rapport aux pays de l’Est ; ses salaires, quoique bas, étaient tout de même environ un tiers plus élevés qu’en République tchèque. « Le Portugal doit élaborer à long terme un nouveau modèle d’affaires», précise M. Scheuerle.

Une lueur d’espoir à l’horizon

Cependant il y a du potentiel, nuance M. Scheuerle. D’une part, le tourisme peut être développé davantage, et d’autre part, la coopération avec le Brésil et l’Angola pourrait être renforcée. Par ailleurs la production a connu une légère reprise. Ainsi, les exportations de chaussures ont progressé de 27% par rapport à l’an dernier. De plus en plus de produits correspondent aux secteurs à haute valeur ajoutée, tels que la construction mécanique et électrique, indique à Exchange Online Francisco Veiga, expert en économie à l’Université de Braga. Il est convaincu que cette tendance va se poursuivre, mais cela exigera du temps et beaucoup d’argent.

[box class=”info”] Source : ORF.at [/box]
[box]Photo : Luanda, capitale de l’Angola.[/box]

La faillite annoncée de nombreuses collectivités locales

La faillite annoncée de nombreuses collectivités locales

06/09/2011 – 16h30
PARIS (NOVOpress) —
La crise est entrain de jouer un mauvais tour à de nombreuses municipalités françaises. Environ une centaine de communes et pas des moindres (Saint-Etienne, Saint-Tropez mais aussi des villes de Seine-Saint-Denis) seraient au bord de la faillite. Une situation dramatique qui tire son origine des emprunts souscrits sous la forme de produits financiers indexés sur le franc suisse. Malheureusement, le bond en avant de la devise helvète (+25% depuis le 1er janvier) est venu plomber les finances locales. Pire, des départements, des hôpitaux et des établissements publics ont également succombé aux sirènes de taux d’intérêt relativement attractifs. Des collectivités locales littéralement séduites par le discours rassurant de banques peu scrupuleuses vantant les mérites et la sureté de leurs placements…

Ce type d’emprunt reposant sur des taux d’intérêt «bonifiés» (3 ou 4%) au début du contrat est censé évoluer en fonction de certaines conditions. Une évolution qui n’a pas du tout été celle escomptée, puisque ces taux ont grimpé jusqu’à 15% voire 20%. Constat amer pour les emprunteurs, puisque les pénalités de remboursement anticipé dépassent souvent le montant même du prêt. Les propos de la mairie d’Argenteuil rapportés par Le Parisien – Aujourd’hui en France illustrent la gabegie de cette politique financière. La commune du Val-d’Oise a réduit dans un premier temps ses charges financières de 44,4%. Mais ces débuts prometteurs se sont vite envolés face à la toxicité des emprunts et des intérêts colossaux qui ont couté à la municipalité 33 millions d’euros d’intérêt pour 40 millions d’emprunts… Cherchez l’erreur ! De même, Saint-Tropez, commune prisée de la jet-set internationale, a vu son taux d’emprunt passé de 3,94% au moment de la souscription, en 2007, à 30% aujourd’hui.

Interdits en France depuis l’an dernier, ces prêts avoisineraient « entre 12 et 20 milliards d’euros d’encours de prêts toxiques ». Actuellement, les municipalités endettées contestent devant les tribunaux la légalité de ces prêts arguant du manque de transparence des banques puisque « le taux d’intérêt et le calcul des pénalités de remboursement anticipé ne sont pas clairement stipulés ». Une situation désastreuse d’autant plus que des emprunts toxiques indexés sur le change dollar/yen auraient été également contractés.

[box] Photo : Saint-Étienne. [/box]

Racailles d'en haut : les diamantaires d'Anvers pris la main dans le sac

Racailles d’en haut : les diamantaires d’Anvers pris la main dans le sac

03/09/11 14h30
BRUXELLES (NOVOpress)
– Prèsde 800 Belges, dont 170 acteurs du très important secteur diamantaire anversois, sont soupçonnés par le fisc d’avoir dissimulé plus d’un milliard de dollars en Suisse.

C’est le journal économique belge De Tijd qui fait ses révélations et qui affirme que des diamantaires de premier plan figurent sur une liste de contribuables résidant en Belgique, volée par un ancien employé de la banque britannique HSBC dans une de ses filiales suisses et transmise à Bruxelles par les autorités françaises en 2010.

Parmi ces délinquants économiques, 3 dirigeants de l’Antwerp Diamond Bourse, la bourse diamantaire la plus importante d’Anvers, sont plus principalement ciblés par le fisc belge.

Plusieurs des personnes mises en cause ont réagi en lançant des procédures devant le Conseil d’Etat, le plus haut tribunal administratif du pays, pour obliger le fisc à dévoiler ses sources et ses preuves.

La presse belge avait également rapporté l’an dernier que des Français résidant en Belgique faisaient parties des détenteurs de comptes en Suisse, mais l’information n’avait pas été confirmée officiellement.

Crise des subprimes : des banques devant les tribunaux fédéraux américains

Crise des subprimes : les banques devant les tribunaux fédéraux américains

02/09/2011 – 19h30
NEW YORK (NOVOpress) –
C’est ce que révèle le New York Times sur son site en ligne. Une douzaine de banques seraient dans le viseur des autorités fédérales américaines parmi lesquelles Bank of America, JP Morgan Chase, Goldman Sachs ou Deutsche Bank. Leur rôle joué dans les crédits subprimes à l’origine de la crise de 2008 en serait la cause. Des poursuites qui devraient débuter avant mercredi prochain, date de prescription des faits incriminés…

Les instigateurs de ces poursuites reprochent aux banques la « titrisation de crédits hypothécaires pourris puis la mise sur le marché de ces titres ». Ces crédits subprimes ont engendré la crise financière de 2008-2009 et participé activement à l’effondrement du système financier, les banques ne remboursant pas les emprunts colossaux contractés, générant alors une chute importante des titres émis.

Cette crise a occasionné 30 milliards de dollars de perte pour Fannie Mae et Freddie Mac, deux organismes parapublics de refinancement hypothécaire qui ne doivent leur salut qu’aux contribuables américains selon le quotidien New-Yorkais.

L’Agence fédérale du financement de l’immobilier requiert des banques qu’elles remboursent les pertes subies par les deux organismes sur ces titres.

De leur coté, les banques estiment qu’il n’y a pas eu « tromperie sur la qualité des titres liés à ces crédits immobiliers » et que « Fannie Mae et Freddie Mac étaient des investisseurs avisés qui savaient que ces titres comportaient une part de risque ».

Les Français attendent surement avec impatience une enquête similaire sur le rôle des banques françaises lors de cette crise qui perdure actuellement…

Les profits des actionnaires des entreprises du CAC 40 ne cessent de grimper

Les profits des actionnaires des entreprises du CAC 40 ne cessent de grimper

01/09/2011 17h30
PARIS (NOVOpress) –
En période de crise des marchés boursiers, les entreprises du CAC 40 tirent largement leur épingle du jeu. De quoi ravir leurs actionnaires puisque les entreprises du CAC ont engrangé un bénéfice de 46,2 milliards d’euros. Parallèlement leur chiffre d’affaires atteint 650 milliards d’euros sur cette période.

Axa et Total sont les grands gagnants avec respectivement 4 et 6,7 milliards d’euros, Total affichant une nouvelle fois les plus gros profits.

Face à de tels bénéfices, les entreprises se veulent moins alarmistes. Il serait toutefois intéressant de savoir de quelle manière ces bénéfices colossaux seront partagés. Car là encore, le salarié de base risque de n’obtenir que de maigres subsides voire aucun, faisant dire à Alexandre Baradez analyste de marché chez Saxo Banque que «la confiance des consommateurs (…) constitue le principal problème pour le reste de l’année, car cela signifie que les dépenses des consommateurs risquent de diminuer… ».
[box class=”info”]Photo : Bourse de Paris[/box]

« L’Amérique qui tombe » d’Arianna Huffington

« L’Amérique qui tombe » d’Arianna Huffington

Le titre original de l’ouvrage d’Arianna Huffington, paru en 2010, était Third World America : L’Amérique du tiers-monde ou L’Amérique tiers-mondisée.

Le titre retenu pour sa traduction française se veut sans doute un clin d’œil au livre de Nicolas Baverez La France qui tombe mais c’est un peu dommage car la référence au tiers-monde était éclairante. L’approche de Baverez était, en outre, bien différente, car très libérale.

Pourquoi l’Amérique tiers-mondisée ? Parce que, pour l’auteur, la société américaine présente de plus en plus les caractéristiques des sociétés du tiers-monde : d’un côté, une petite minorité de privilégiés, de l’autre, une majorité de la population appelée à vivre dans la pauvreté, la précarité et la peur de perdre son emploi. Comme dans les pays du tiers-monde, les inégalités sociales sont croissantes, les infrastructures médiocres ou dégradées et les dépenses militaires élevées. Enfin, comme dans les républiques bananières, aux Etats-Unis la corruption politique et l’interpénétration entre pouvoir politique et intérêts économiques sont profondes et la démocratie, formelle : les lobbies –économiques – ont désormais bien plus de pouvoir que les électeurs.

« L’Amérique qui tombe » d’Arianna Huffington La première partie de l’ouvrage se consacre au diagnostic principal, c’est-à-dire, selon l’auteur, la remise en cause progressive du pacte social sur lequel se fondait la société américaine et qui conduit à la destruction programmée de la classe moyenne.

Pour A. Huffington ce pacte reposait sur l’idée qu’en travaillant dur chacun pouvait espérer améliorer sa situation, celle de ses enfants et progresser dans l’échelle sociale. Mais cet espoir est aujourd’hui brisé. Pour une partie croissante de la population, avoir un emploi stable, une certaine sécurité financière, une retraite décente et une maison à soi constituent désormais un rêve inaccessible.

A. Huffington illustre la précarité de cette classe moyenne, qui était la classe centrale aux Etats-Unis, chiffres et témoignages à l’appui. L’ouvrage fourmille sur ce plan de données et de références, qui dressent le portrait, souvent poignant, d’une autre Amérique : celle qu’on ne voit pas, jamais, à la télévision, c’est-à-dire une Amérique de pauvres, qui vivent d’expédients et qui voient l’avenir avec inquiétude. Une Amérique où 26 millions de personnes sont au chômage ou sous-employées, où une personne sur huit vit de bons alimentaires, où 30% des lycéens quittent l’école sans diplôme ; mais aussi une Amérique qui s’indigne de voir le contribuable appelé au secours des banques qui continuent de distribuer à leurs dirigeants de grasses rémunérations, tout en se montrant impitoyables vis-à-vis des surendettés.

L’auteur s’efforce aussi d’analyser les causes de cette évolution. Elle désigne principalement l’avènement de la financiarisation de l’économie et de la dérégulation « libérale » introduite à partir des années Reagan. Elle désigne aussi l’effet des politiques budgétaires, qui ont avant tout porté sur la réduction des dépenses d’éducation et à caractère social. Elle nous dépeint aussi une société politiquement bloquée, les lobbies industriels et financiers parvenant à empêcher toute réforme contraire à leurs intérêts.

Dans la dernière partie de l’ouvrage, l’auteur, de sensibilité démocrate, esquisse des propositions pour rendre l’espoir à cette Amérique qui tombe : au premier chef, une réforme politique pour libérer l’Etat de la tutelle des intérêts particuliers ; mais aussi tout un ensemble de mesures économiques, dont certaines sont, bien sûr, très liées au contexte américain et dont beaucoup relèvent aussi de l’attirail intellectuel de la gauche.

Mais A. Huffington ne se borne pas à envisager des réponses politiques globales, remake d’un « grand soir » qui risque de tarder à se produire.

L’intérêt de sa réflexion est aussi d’ouvrir des pistes pour une action immédiate des citoyens. C’est ce qu’elle nomme le « populisme productif ». Comme elle l’écrit, en effet, « nous devons impérativement passer à la version suivante : admettre que notre système est trop profondément détraqué pour pouvoir être réparé par les hommes politiques qui ne remettent pas en cause le statu quo, quelles que soient leurs intentions ». Il faut donc que l’initiative vienne d’ailleurs : de la société elle-même. Exemple : vous en avez assez de vous faire arnaquer par les grandes banques ? Déposez donc vos avoirs dans les banques coopératives : vous aurez les mêmes garanties de dépôt et, en outre, elles ne cherchent pas à faire des bénéfices sur votre dos. Vous en avez assez du discours convenu des médias ? Réinformez-vous sur Internet et utilisez les réseaux sociaux. Vous avez perdu votre emploi ? Aidez ceux qui sont encore plus en difficulté que vous. Car l’action est le meilleur remède contre la déprime.

Le livre d’A. Huffington nous parle d’une Amérique interdite d’antenne. Il est sans doute schématique par certains côtés et il traduit aussi parfois une certaine naïveté.

Mais au fil des pages on se rend compte que ce qu’elle décrit nous est, hélas, bien familier.

Car la précarisation de la classe moyenne est un phénomène occidental et non pas seulement américain. Même si les amortisseurs sociaux sont différents selon les pays et sans doute plus forts en Europe occidentale qu’aux Etats-Unis, la situation qu’elle décrit se retrouve aussi chez nous, car les mêmes causes produisent les mêmes effets : désindustrialisation, développement des activités de services – notamment financiers – parasites, chômage, précarité, surendettement général, crise des systèmes sociaux, crise de l’enseignement, inégalités sociales flagrantes, pouvoir et arrogance des lobbies économiques. L’Europe est, en outre, confrontée aux effets de l’immigration de peuplement, problématique qui n’est pas abordée dans l’ouvrage d’A. Huffington.

Third World America nous permet ainsi de comprendre que l’Europe est en train de devenir encore plus « third world ».

Michel Geoffroy

Arianna Huffington, L’Amérique qui tombe: Comment les politiques ont trahi le rêve américain et abandonné la classe moyenne, Editeur : Fayard, avril 2011, 384 pages

Voir aussi : Encore un effort, Nicolas Baverrez (édito 23/10/03) – Note de lecture de La France qui tombe.

[box class=”info”] Source : Correspondance Polémia – 1/09/2011 [/box]

La droite incapable d’endiguer la pauvreté en France

La droite incapable d’endiguer la pauvreté en France

31/08/2011 15h30
PARIS (NOVOpress) – Le phénomène de paupérisation gagne du terrain en France sous les effets conjugués d’une crise économique structurelle, d’une construction européenne économiquement chaotique et d’une immigration massive,  et ce alors que le chômage n’a jamais été aussi haut.

Tandis que les revenus de l’élite ne cessent de s’accroître, une grande majorité de Français connaît le phénomène inverse. Ce constat est une nouvelle fois renforcé par une étude conduite par l’Insee dont les conclusions dévoilent que 8,2 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté (60% du niveau de vie médian soit 954 euros mensuels ou 11 450 euros par an) en 2009. C’est 0,5 point de plus qu’en 2008, soit pour cette année-là 7,84 millions de personnes touchées par la pauvreté.

La hausse massive du chômage, engendrée par une crise économique et financière importante, favorise l’augmentation du nombre de pauvres en France. Malgré toute une batterie de mesures (RMI puis RSA) et autant de contributions pénalisantes, destinées à lutter contre la pauvreté, pour les travailleurs les moins bien lotis, le phénomène n’a pu être complètement enrayé puisqu’en « 2009, 10,1% des actifs de plus de 18 ans sont pauvres », selon cette étude.

Mais c’est surtout la persistance des inégalités qui marque le paysage économique et social français. En effet, les écarts de niveau de vie entre les Français les plus fragiles et les plus riches ne cessent de s’aggraver depuis 2004. Ainsi, « en 2009, les 10% de Français les plus modestes vivaient avec moins de 10 410 euros par an (un chiffre calculé par unité de consommation, qui tient compte des économies d’échelle quand plusieurs personnes composent le foyer), en baisse de 1,1% par rapport à 2008 ».

Mais les chiffres avancés par l’Insee font l’objet d’une controverse, notamment de la part de personnes occupant le terrain social. Le président du Secours populaire, Julien Lauprêtre, affirme ainsi que le taux de 13,5 % de pauvres en France métropolitaine en 2009 est minimisé et qu’il ne correspond aucunement à la réalité de la France en 2011. Les 1 400 permanences disséminées sur l’ensemble du territoire ne possèdent pas la même lecture que l’Insee. Le président de l’association déclare ainsi : « Quand toutes nos fédérations disent : “Ça augmente sans cesse”, il y a une réalité. Les chiffres de l’Insee sont malheureusement en dessous de la gravité de la situation aujourd’hui en 2011 ». Autre source d’inquiétude : les pauvres « deviennent de plus en plus pauvres mais il y a aussi des personnes qui ne s’attendaient pas à ce qui leur arrive : cadres, petits commerçants, petits artisans. Ce phénomène, j’insiste beaucoup là-dessus, grandit ».

Et au président du Secours populaire de conclure : « La question des revenus n’est pas le seul problème. Les postes de première nécessité (logement, alimentation, santé…) n’ont de cesse de flamber. Et on ne vous parle pas de l’essence ! ».

Un constat qui montre que le président du pouvoir d’achat n’a pas tenu sa promesse. Un autre pari raté de la présidence de Nicolas Sarközy.

Crise de l’euro : Laurence Parisot accuse les Etats-Unis de tentative de « déstabilisation »

Crise de l’euro : Laurence Parisot accuse les Etats-Unis de tentative de « déstabilisation »

29/08/11 – 13h00
PARIS (NOVOpress)
– Et si les Etats-Unis avaient cherché à manipuler opinions et médias pour fragiliser l’euro et ainsi détourner l’attention de la crise du dollar et de l’endettement record de leur économie ?

C’est en tout cas la théorie avancée par le patron du Medef, Laurence Parisot, dans une entrevue accordée au Figaro.

« La situation s’est tendue quand la Chine a commencé à faire la leçon aux États-Unis sur leur dette. Les Américains ont sans doute voulu alors repasser le mistigri à l’Europe. On a assisté à une sorte de guerre psychologique et à une tentative de déstabilisation de la zone euro », a notamment déclaré Laurence Parisot.

Prudente sur la terminologie de « complot » contre l’euro et l’Europe, Laurence Parisot n’en évoque pas moins « une orchestration » des rumeurs sur les difficultés européennes depuis Washington et New York, en rappelant notamment : « Voyez les rumeurs sur les banques françaises, qui se sont diffusées immédiatement alors qu’elles étaient absolument infondées, faisant allusion notamment aux difficultés de la Société Générale. Nos banques sont parmi les plus solides au monde. Des unes de médias américains annonçaient pourtant la mort de telle ou telle, et même la fin de la zone euro. Nous sommes passés d’attaques sur l’Espagne à des attaques sur l’Italie, puis sur la France, jusqu’à des rumeurs de dégradation de l’Allemagne la semaine dernière ! »

[box class=”info”] Image : Medef (cc)[/box]

« Le Capitalisme à l’agonie » de Paul Jorion

« Le Capitalisme à l’agonie » de Paul Jorion

[box] Paul Jorion au chevet du « capitalisme à l’agonie »

Paul Jorion fait partie des intellectuels qui ont anticipé la crise financière de 2008. Il récidive avec un nouveau livre sur “Le capitalisme à l’agonie“. Marx imaginait que la crise du capitalisme viendrait de la baisse tendancielle du taux de profit. Jorion croit le contraire. Pour lui la crise résulte des méfaits de la concentration du capital dans un petit nombre de mains : baisse de la consommation et donc des débouchés, explosion de l’endettement, investissements spéculatifs. La multiplication des produits spéculatifs a ouvert la voie à une économie casino déstabilisant les prix de manière erratique, nuisant aux choix rationnels des acteurs économiques et déplaçant les revenus vers les spéculateurs au détriment des producteurs (en cas de baisse des prix) et des consommateurs (en cas de hausses des prix). Le tout en multipliant les bulles. Un livre riche et touffu. Bien analysé par « La droite strasbourgeoise » dont nous publions la recension.

Polémia[/box]

« Le Capitalisme à l’agonie » de Paul Jorion Dans son dernier livre,  Le capitalisme à l’agonie  (Fayard), Paul Jorion commence illico par distinguer les trois notions que sont le capitalisme, l’économie de marché et le libéralisme. Distinguo quelque peu utile qui permet de démêler une imbrication qui nous pousse trop souvent à les mélanger.

Pour commencer, nous ferons tout d’abord une seul reproche : celui d’être un peu touche-à-tout et, au-delà du sujet économique, de s’aventurer sur des voies politique et anthropologique sans cadre directeur clair et structuré. L’argumentation se disperse un peu dans tous les sens. En l’absence d’une réelle cohérence, le lecteur finit par perdre le fil de ce que Paul Jorion cherche précisément à démontrer. Trop de pistes sont ouvertes qui finissent par noyer celle qui présente justement le plus d’intérêt. C’est donc seulement au prix d’un certain effort qu’on parvient à extraire la substance active de son argumentation, qui révèle alors toute sa pertinence.

Parier à court terme, le défaut fatal du capitalisme…

La thèse principale du livre repose sur l’idée que le capitalisme – entendu comme le mécanisme qui permet au capital de circuler pour s’investir là où il manque… mais aussi de revenir s’accumuler là d’où il est venu – repose essentiellement sur le principe du jeu et du pari.

C’est derrière ce principe fondateur que vient se cacher le vice de forme du capitalisme, un vice dont personne n’a su voir les effets explosifs une fois atteint une certaine maturité. Ni Marx, ni Keynes. D’où la nécessité de repenser de zéro les alternatives économiques. En somme, plus le capitalisme murit, plus la faille sur laquelle il repose se dévoile et le fragilise. La crise actuelle sanctionne une fin de cycle historique qui nous oblige à imaginer de nouveaux paradigmes économiques. Car le principe du jeu et du pari se retrouve partout et à tous les niveaux du dispositif capitaliste.

Jorion fait dater la bifurcation pour la France à l’année 1885, lorsque les lois qui entravaient les paris sur la fluctuation des prix furent levées. En effet, pour se protéger contre les menaces constantes de surproduction, le capital préfère instinctivement se consacrer à des paris sur les fluctuations des prix, bien plus prévisibles et offrant un rapide retour sur investissement.

Et ce malgré le fait que ces paris ponctionnent des sommes astronomiques sur l’activité de l’économie réelle. Lorsque ces paris portent sur des denrées alimentaires, ils prennent alors un tour criminel.

Parier sur tout… sans scrupule et dans la démesure !

« Le Capitalisme à l’agonie » de Paul Jorion Avant de poser ce constat implacable, Jorion (photo) nous aura préalablement guidés le long d’une stupéfiante descente dans le monde opaque de la finance informatisée. Un monde démentiel où l’hybris des banques ne reconnait plus aucune limite. Après avoir dissimulé les subprimes en les découpant en tranche dans des instruments de dette opaques dits les « CDO » – ce qui leur permettaient notamment de faire endosser le risque à d’autres – les banques mirent au point un nouvel instrument encore plus démoniaque, capable de démultiplier les gains que la dépréciation prévue de ces CDO était susceptible d’occasionner : le « CDO synthétique ».

Il s’agit en fait d’une assurance dont le détenteur n’est pas nécessairement propriétaire du CDO qu’elle assure. Ce qui revient à s’assurer contre le vol de la voiture du voisin. L’aléa moral d’une situation aussi ubuesque se caractérise par une réelle incitation à l’abus. Le CDO synthétique se révèle donc un pur et simple pari… en espérant que la voiture du voisin finisse par être volée ou encore que le CDO pourri qu’on vient de revendre se dévalorisera bel et bien. Les banques, en se portant vendeuses (le vendeur étant en fait celui qui s’assure) de « CDO synthétiques » sur les CDO pourris qu’elles avaient elles-mêmes refilés, ont ainsi tenté de se refaire une santé sans le moindre scrupule, aggravant du même coup la crise. En bout de chaine, ce sont les populations qui payeront l’addition…

Ici encore, il ne s’agit que de pari, ce qui veut dire qu’aucune limite n’existe, ni au nombre des parieurs, ni au montant des enjeux. A titre d’indication, une simple tranche de CDO s’est retrouvée ainsi « objet de pari » au sein de plus de 30 « CDO synthétiques » distincts. Le délire démultiplicateur de l’informatique joint à l’imagination humaine débordante aura définitivement propulsé les bourses en orbite stratosphérique haute ! A titre d’exemple, il évoque également le « high frequency trading » qui permet par des opérations ultra-rapides très nombreuses de pousser le prix dans la direction souhaitée par le manipulateur.

La particularité de ces opérations réside dans le fait que la quasi-totalité des offres d’achat ou de vente est annulée avant même de se matérialiser. Cette pratique a été rendue possible uniquement grâce à l’informatique.

L’objectif final étant de dégager de manière certaine des marges minuscules mais en masse. Pire encore, cette pratique serait sans doute utilisée par les institutions publiques pour réorienter les mauvaises tendances des marchés.

Transparence, où es-tu ?

La transparence est de facto impossible, voire même parfois nuisible. Aussi l’argument invoqué par tous les réformateurs bons teints tombe-t-il de lui-même. En effet, les marchés sont désormais complètement manipulés et évoluent dans l’opacité la plus totale.

Une opacité sciemment organisée et, comme le démontre Jorion, inhérente au bon fonctionnement du capitalisme. Pour étayer son argument, il nous décrit la pratique pernicieuse du « day-trading ». Ce terme désigne l’action cumulée d’un très grand nombre d’intervenants qui guettent les mouvements des gros spéculateurs pour se placer illico dans leur sillage, transformant une simple transaction quelque peu importante en une immense lame de fond qui fausse complètement la valorisation des titres. Parfois même, ce sont les intermédiaires, censés exécuter l’ordre majeur d’un de leurs gros clients, qui précédent son exécution par des opérations personnelles pour leur compte propre, devançant ainsi la hausse ou la baisse prévisible.

Cette pratique, qu’on nomme le « front running », garantit ainsi au courtier une opportunité de gain quasiment assurée. De fait et à cause des effets pervers qu’elle induit, la transparence est donc techniquement impossible. Ce qui appelle en retour une opacité des transactions. Pour se protéger du « front running » et autres « day-trading », les gros acteurs du marché en sont alors venus à créer les « dark-pools ».

A l’intérieur de ces espaces secrets de transaction, les opérations s’exécutent de gré à gré entre acheteurs et vendeurs sans aucune indication des volumes. Seuls les prix de vente et d’achat sont rendus publics. A l’intérieur d’un « dark-pool », les transactions sont donc réalisées dans la plus noire opacité, hors de toute surveillance ou arbitrage…

Tant pis pour la sacro-sainte transparence, sans cesse invoquée et placée au centre des postulats d’un capitaliste passé définitivement hors contrôle et qui accouche, in fine, de tous les démons que renfermaient ses axiomes fondateurs.

Dernière crise avant fermeture définitive

De tout cela, découle le phénomène des bulles spéculatives suivies de krachs en série. Plus la bulle est grosse, plus le krach provoque des dégâts sociaux et sociétaux tragiques. Selon Jorion, la bulle originelle du capitalisme – celle qui depuis plus d’un siècle ne cesse de compliquer les possibilités de spéculer et d’en repousser les limites – est désormais en train d’exploser sous nos yeux.

La machine est devenue un empilement à la fois bien trop instable et complexe pour pouvoir être sauvée. C’est un fait : le capitalisme se nourrit des paris, eux-mêmes bâtis sur des montages pyramidaux déments. Il démontre donc que le capitalisme, suivant son inclination naturelle, repose uniquement sur la logique du jeu qui privilégie immanquablement le court terme et les assemblages hasardeux. Une logique qui finit inévitablement par asphyxier l’économie réelle en la niant. Ce qui alors apparaissait comme un modèle parfaitement huilé et imparablement pragmatique, se révèle de facto frappé d’un vice d’inefficacité, inscrit dans les postulats mêmes qui le fondent.

Dans un tel contexte, un surcroit de régulation ne peut guère être une réponse en soi puisque le problème réside essentiellement dans la logique intrinsèque qui agite toutes les fibres du capitalisme. D’autant plus que la régulation exigerait une transparence qui se révèle techniquement irréalisable.

L’heure de vérité du capitalisme a sonné

Les soubresauts boursiers que nous observons actuellement ne reflèteraient, selon Jorion, que les ultimes malversations afin de « vider la caisse avant fermeture définitive ». Dés lors que les paris ont été légalisés, la spéculation sur les prix, et toutes les manipulations boursières qu’elle a permises, a donné libre cours à un dévoiement orgiaque de la circulation capitalistique dont la démesure est en train de « tuer la bête ».

En guise d’issue, Jorion propose d’interdire les marchés à terme aux spéculateurs afin de ne les réserver qu’aux négociants en marchandise des professions concernées. En s’appuyant sur les antécédents historiques, Jorion démontre qu’une telle mesure est non seulement réaliste mais que c’est même l’inverse, c’est-à-dire le principe de légaliser les gains de jeu, qui à une autre époque avait suscité la controverse.

Cette interdiction, il l’envisage comme une première étape qui, pour autant anodine qu’elle parait, amorcerait une révolution majeure de nos modèles économiques, celle-là même qu’il appelle de ses vœux.

Olrik
La Droite Strasbourgeoise

Paul Jorion, Le Capitalisme à l’agonie, Fayard, mars 2011, 360p.

Source : correspondance Polémia

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Libéralisme mondialiste : un antihumanisme radical
Le néolibéralisme face au mur des réalités

Pour le troisième mois consécutif, forte progression du chômage en France

Pour le troisième mois consécutif, forte progression du chômage en France

26/08/2011 – 19h10
PARIS(NOVOpress) – Confirmant la tendance observée depuis mai, le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté en France de 1,3 % en juillet. On compte désormais 2.756.500 chômeurs de catégorie A, du jamais-vu depuis janvier 2000.

Selon les statistiques du ministère du Travail le pays a enregistré en juillet 36 100 demandeurs d’emploi de catégorie A supplémentaires. Il faut remonter à octobre 2009 pour retrouver une telle augmentation sur un mois. Une hausse d’autant plus inquiétante que c’est le troisième mois d’affilée de hausse et que les résultats de juillet ont été encore plus mauvais que pour le mois de juin.

Pour le troisième mois consécutif, forte progression du chômage en France Toutes les classes d’âge sont touchées, en particulier les plus jeunes dont le nombre d’inscrits a progressé de 1,4 % en catégorie A pour le 3ème mois consécutif, et ce malgré les dispositifs mis en place par le gouvernement comme le développement de l’apprentissage ou le renforcement des contrats aidés. Le chômage touchant les seniors progresse quant à lui de 15 % sur un an.

La part du nombre des demandeurs d’emplois depuis plus d’un an par rapport au nombre total d’inscrits, ne cesse elle aussi d’augmenter pour atteindre 38,1 %, contre moins de 30 % il y a encore deux ans. Sur cette même période l’ancienneté moyenne au chômage a bondi de 60 jours pour atteindre désormais 453 jours.

Cette importante augmentation serait due en partie, selon le ministère du Travail, à un surcroît inexpliqué de jeunes qui entrent sur le marché du travail. Selon les dernières prévisions de l’Insee, le nombre d’actifs augmentera en effet de 153 000 en 2011, contre 100 000 escomptés. Selon une source gouvernementale que rapporte le Figaro « on recoupe les données pour comprendre d’où ils viennent » (sic).

Après avoir reconnu que les chiffres étaient « mauvais », Xavier Bertrand (photo), le ministre du Travail, s’est déclaré « optimiste pour la suite, parce qu’on s’aperçoit aujourd’hui qu’il y a des créations d’emploi ». Alors que le gouvernement est incapable d’expliquer l’origine des 53 000 actifs supplémentaires arrivant sur le marché du travail en 2011, on ne peut qu’être très réservé quant à l’optimisme de façade affiché par ce fidèle de Nicolas Sarkozy.

Tchéquie : c'est le moment d'adopter l'euro !

Tchéquie : c’est le moment d’adopter l’euro !

Dans cette période troublée, où l’euro est fortement menacé, il nous vient de Tchéquie une sorte de divertissement économique : une journaliste tchèque, rédactrice au Respekt, – titre qui se considère comme un des meilleurs hebdomadaires indépendants du pays, consacré à l’analyse politique, économique et sociale – estime que c’est le bon moment pour Prague d’entrer dans la zone euro. Cette idée peut paraître pour le moins farfelue ; pourtant, selon Kateřina Šafaříková, elle relève du pur bon sens. L’avenir se fera juge.

Polémia

Tchéquie : C'est le moment d'adopter l'euro !A première vue, se lever et manifester son souhait d’entrer dans le club des pays de la monnaie unique, au moment où l’euro tremble et où les incertitudes planent sur le futur de la zone euro, est une idée totalement saugrenue. En particulier en République tchèque, où la couronne est relativement stable et ne cesse de se renforcer. C’est pourtant aujourd’hui le moment idéal pour franchir le pas. Les deux parties y gagneraient.

Le 21 juillet, lors du sommet de crise de la zone euro, les fondements d’une plus grande intégration économique entre les 17 pays utilisant la monnaie unique ont été posés. Ceux qui sont allergiques au mot intégration peuvent le remplacer par « règles du jeu ».

Elles sont en train de changer, qu’il s’agisse de la physionomie du Fonds européen de stabilisation financière (FESF), des futures obligations européennes émises par la BCE ou encore des institutions de surveillance (d’une sorte de ministère des Finances européen). Pour dire les choses plus simplement, les pays de l’euro sont en train de devenir des « actionnaires » beaucoup plus importants des succès ou des faillites économiques. Ils auront donc tendance à vouloir davantage contrôler leurs intérêts à travers des institutions communes.

L’Allemagne insiste, par souci d’auto préservation

La République tchèque pourrait se sentir peu concernée par toutes ces problématiques, si elle ne se trouvait dans un état de « dépendance vitale » – ce sont les mots du premier ministre tchèque – à l’égard de la zone euro. L’intérêt d’être assis à la table des négociations est ici évident.

Selon des sources diplomatiques fiables, les responsables politiques allemands auraient commencé à envoyer des messages insistants à la Pologne et à la République tchèque les invitant à réserver leur place de membre décisionnaire à la table de l’euro et à annoncer leur décision d’adopter l’euro dans un futur proche. S’ils agissent ainsi, ce n’est pas pour les beaux yeux du Premier ministre polonais Donald Tusk ni pour ceux de son homologue tchèque Petr Nečas. Dire qu’ils sont extrêmement préoccupés par les intérêts économiques polonais et tchèque au sein de l’UE n’est pas non plus la bonne explication. Leurs motivations ont à voir avec une attitude d’auto préservation.

Premièrement, l’annonce de la décision d’adopter l’euro dans une période troublée renforcera la confiance des marchés dans la monnaie unique. Deuxièmement, l’adoption de l’euro par les deux plus importantes économies centre-européennes, qui sont de plus des économies ouvertes et contrairement à d’autres disciplinées, aura pour effet de contrebalancer le poids qu’exerce la France pour plier les nouvelles règles de la zone euro à ses intérêts.

Un véritable partenaire de la zone euro

Troisièmement, les investisseurs allemands auront une plus grande marge de manœuvre en Pologne et en République tchèque. Il faut savoir enfin que la Pologne et la République tchèque voudront d’une zone euro plus intégrée qu’elle soit plus proche d’une Allemagne prudente et vertueuse, que d’une France gaspilleuse et capricieuse.

La proposition d’annoncer maintenant la décision d’adopter l’euro ne devrait pas trop choquer. Que l’on pense seulement aux appels récurrents en ce sens des exportateurs tchèques, qui subissent aujourd’hui des pertes de change et qui pourraient voir ainsi leurs possibilités de planification à long terme facilitées.

Mais cette annonce ne signifie pas que les Tchèques entreront demain dans la zone euro. Entre le « nous voulons » et le « nous y sommes », il s’écoule au minimum trois ans, cinq ans ou plus en général. Cette période pourrait permettre au gouvernement tchèque de négocier les conditions d’adhésion à la zone euro, notamment la question du cours ainsi que son éventuelle participation au plan de sauvetage des pays endettés. Mais surtout, nous pourrions, au moment où se décident les nouvelles règles de la zone euro, être considérés comme un véritable partenaire. Le poids de la République tchèque pourrait alors changer radicalement par rapport à aujourd’hui, où, formellement, nous nous trouvons totalement en dehors de la zone euro.

Kateřina Šafaříková / RESPEKT (Prague) / Source : Correspondance Polémia

Traduit et publié par Pressuro.eu

Crise financière : les Américains jouent à se faire peur [vidéo]

Crise financière : les Américains jouent à se faire peur [vidéo]

24/08/2011 08h30
Washington (NOVOpress) –
Tout le monde se souvient du docu-fiction de la RTBF (Belgique) qui montrait les conséquences d’une décision unilatérale de la Flandre de déclarer son indépendance. Dans le même état d’esprit, un site financier américain, stansberryresearch.com, a mis en ligne une vidéo montrant les conséquences sur douze mois de la cessation d’achat de bons du trésor américain par la Chine et le Japon. En effet, ces deux pays sont les principaux créanciers des Etats-Unis, qui rappelons le, vivent largement à crédit. Or la Chine et le Japon ont également besoin de liquidités…

[box class=”warning”]Attention : vidéo en anglais[/box]

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Et si Carrefour ou Lidl détrônaient iTunes ?

Et si Carrefour ou Lidl détrônaient iTunes ?

22/08/2011 14h30
PARIS (NOVOpress) – Ne rêvons, pas. Pour le moment, la grande distribution en France est loin de disposer sur la Toile des parts de marché dont elle dispose dans le monde réel.

Toutefois, leurs équipes de direction suivent avec attention les efforts de Walmart, aux Etats-Unis, qui vient de devenir un des principaux fournisseurs de films en ligne, dépassant Sony et Amazon et taillant des croupières à iTunes.

Selon le cabinet IHS Screen Digest, le grand distributeur américain est déjà le principal vendeur de DVDs et, à lui seul, a fourni 3,5 milliards de dollars de recettes aux studios d’Hollywood.

Toutefois, alerté par la baisse constante de la vente de supports physiques pour les films, Walmart a lancé une offensive commerciale sans précédent pour prendre des parts de marché dans la fourniture de films en ligne.

Walmart a choisi de le faire en achetant le magasin en ligne Vudu et en déclenchant une guerre des prix qui lui a permis de multiplier sa part de marché par cinq en moins d’un an.

Mais il lui reste beaucoup de chemin à faire pour détrôner iTunes, l’acteur dominant avec 65,8% du marché.

Amazon ne reste pas les deux pieds dans le même sabot face aux attaques de Walmart. Après un accord avec les chaînes américaines CBS et NBC, près de 100 000 titres de feuilletons et de programmes de télévision sont désormais disponibles en ligne.

Pour l’instant en France, le secteur reste calme même si certains opérateurs fourbissent leurs armes en attendant la décision des opérateurs qui envisagent de taxer les usagers en fonction de leur volume de connexion. Une décision qui aurait un impact négatif sur le marché de la diffusion en ligne.

Alimentation : 1/3 de la production mondiale gaspillée

Alimentation : 1/3 de la production mondiale gaspillée

21/08/11 – 13h30
PARIS (NOVOpress)
– Alors que les prix des denrées alimentaires ne cessent de flamber et que se multiplient les famines meurtrières, 1 un sondage de la FAO (Food and Agriculture Organization) révèle que jamais le gaspillage alimentaire n’a été si important.

Selon l’organisme international, ce gaspillage fait perdre 1,3 milliard de tonnes de produits alimentaires, soit 1/3 de la production alimentaire mondiale.

Face à ce terrible constat et contrairement aux multinationales de l’agro-alimentaire qui militent en faveur d’une agriculture toujours plus intensive et plus chimique avec un recours croissant aux OGM pour augmenter la productivité, la conclusion de la FAO est sans appel : « Il est aujourd’hui plus rentable de réduire le gaspillage de nourriture que d’accroître la production agricole pour nourrir une population mondiale croissante. »

Pour qui sonne le coucou helvétique ?

Pour qui sonne le coucou helvétique ?

20/08/2011 16h40
PARIS (NOVOpress) – La hausse continue du franc suisse, à peine ralentie par les interventions frénétiques de la Banque nationale helvétique, produit des effets bien au-delà des frontières de la Confédération.

Un rapport de la Cour des comptes a récemment révélé que des villes comme Saint-Tropez ont des emprunts dont l’intérêt annuel est indexé sur le franc suisse. À ce jour, le taux est de 3,94%. Toutefois, si rien ne change, en mai 2012 le taux cesse d’être fixe et suit les fluctuations de la monnaie suisse.

Comme le remarque avec ironie le Wall Street Journal, à moins d’une forte baisse du franc, le taux d’intérêt que vont payer les contribuables tropéziens atteindra près de 30% et mettra à mal les finances de la ville.

Saint-Tropez n’est pas la seule ville à avoir cédé aux sirènes des banques. Les trois quarts de la dette de Saint-Étienne sont composés d’emprunts exotiques, parfois indexés sur des variables aussi farfelues que le taux de change entre la livre sterling et le franc suisse.

Selon la Cour des comptes, les municipalités françaises ont un total de 10 milliards d’euros d’emprunts à hauts risques dans leurs livres de comptes et vont devoir payer le prix fort pour leur naïveté.

Dette grecque : les compagnies d'assurances s'en sortent bien

Dette grecque : les compagnies d’assurances s’en sortent bien

18/08/2011  17h30
PARIS (NOVOpress ) –
Les compagnies d’assurances sont également exposées à la dette souveraine grecque. Il était en effet tentant de se goinfrer avec les obligations émises par l’État grec lorsque les taux s’avéraient très rémunérateurs ; par exemple près de 18% le lundi 18 juilllet 2011 pour les obligations à 10 ans.

Ces établissements investissaient donc dans les titres de la Grèce et des autres pays malades (Portugal, Irlande, Espagne, Italie)  parce que ces États procuraient un rendement supérieur aux emprunts d’Etat français (3,34% le lundi 18 juillet 2011 pour les obligations à 10 ans) ou allemands. D’autant plus que, pendant longtemps, la dette grecque a bénéficié d’une bonne note – A+ jusqu’en 2003 – de la part des agences. Mais en 2004 le vent tourne et la note de la Grèce est régulièrement dégradée pour tomber à CCC en juin 2011, ce qui explique la montée des taux.

L’exposition nette à la Grèce de Groupama est de 540 millions d’euros ; sa participation au nouveau plan de soutien lui a valu de passer une provision de 88 millions d’euros, en appliquant une dépréciation de 21% sur les titres arrivant à maturité en 2020 et avant. Malgré cela l’assureur mutualiste réalise un bénéfice net de 147 millions d’euros au premier semestre 2011 soit une hausse de 16% par rapport à 2010.

CNP assurances a absorbé également une dépréciation de 21% sur la valeur de ses titres  d’Etat grecs.  Coût : 353 millions d’euros ; le groupe a pioché dans ses réserves pour éponger la facture. Donc pas d’effet sur le résultat net. Chez Axa, le montant de l’exposition à la dette grecque est estimé à 1,1 milliard d’euros, représentant moins de 0,3% des actifs placés. Axa termine en fanfare ce premier trimestre, avec un bénéfice net plus que quadruplé, à 3,99 milliards d’euros.

Comme les banquiers, les assureurs peuvent remercier les gouvernements de la zone euro d’appliquer une décote de 21% à des titres qui, à la veille du 21 juillet, s’échangeaient sur le marché de la revente, dit « secondaire », avec une diminution de 50% sur le prix initial. Une générosité pareille mériterait de bénéficier d’un sérieux renvoi d’ascenseur en 2012, année électorale comme chacun sait.