Entreprises et entrepreneurs enracinés – colloque de l’Institut Iliade [vidéo]

Colloque Iliade économie

11/06/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Samedi 29 mai 2021 au VIIIème colloque de l’Institut Iliade, deuxième table ronde autour du thème suivant : “Entreprises et entrepreneurs enracinés”.

Avec Charles Beigbeder, Véronique Monvoisin et Élisabeth Lefebvre. Animée par Romain Petitjean.


L’entrisme de l’islam en entreprise s’est considérablement accru, en 2020

islam entreprise

De septembre à fin décembre 2020, l’Institut Montaigne a réalisé une grande enquête sur le fait religieux dans l’entreprise, via un « questionnaire en ligne auprès d’un échantillon représentatif d’environ 25.000 cadres et managers exerçant leur activité en France, complété par des enquêtes de terrain ».

Sans grande surprise pour ceux qui regardent la réalité en face, il apparaît que les comportements rigoristes et les situations conflictuelles qui en découlent sont en forte hausse : +12 %, contre 8 % en 2019. Il apparaît surtout qu’ils sont très majoritairement le fait de salariés musulmans (à 73 %), généralement jeunes (moins de 40 ans) et peu qualifiés. Globalement, il s’agit du refus de travailler avec une femme, de la remise en cause de la hiérarchie, du refus d’effectuer certaines tâches ou bien encore la tentative d’imposer une pratique religieuse au travail (pauses pour la prière, ablutions, menus spéciaux, etc.).

Selon le « baromètre » issu de cette enquête, il ressort que « globalement, deux tiers des entreprises, soit 66,5 % des répondants (encadrants), disent rencontrer “régulièrement (31,3 %) ou occasionnellement (35,2 %)” le fait religieux au travail en 2020 ». Les entreprises de plus de 1.000 salariés sont les plus touchées (43 %) mais les comportements diffusent également dans les PME : 12 % dans celles de moins de 50 salariés. Quant aux secteurs les plus touchés, il s’agit d’abord du transport, suivi de la logistique, du BTP et de la grande distribution.

Le Figaro de ce jour est allé à la rencontre de dirigeants confrontés au problème : la plupart « tentent de prendre la main sur l’expression du fait religieux sur le lieu de travail », autrement dit de le contourner. Exemple significatif avec le patron d’une entreprise d’insertion spécialisée dans le recyclage et la propreté. « Il y a vingt ans, j’avais des positions très claires et radicales sur la laïcité. Maintenant, je prône l’accommodement raisonnable », dit-il. Ainsi, « face à des toilettes régulièrement inondées par des flaques d’eau, Éric Challan-Belval a dû dépasser sa surprise et comprendre que ces désagréments étaient liés aux ablutions pratiquées par des salariés. Le patron étant prêt aux concessions, il va installer des toilettes à la turque et des douchettes. »

Les forums musulmans en ligne sont très sollicités par les questions telles que « Quelle place donner à sa religion au travail ? Peut-on prier ? Porter le voile ? » Depuis l’affaire de la crèche Baby Loup, les entreprises ont commencé à se presser au cabinet de Michael Amado, avocat au barreau de Paris, nous dit-on. Elles sollicitent ses conseils car, depuis l’arrêt de la Cour de cassation, déclarant en 2013 que le licenciement de la salariée voilée était « discriminatoire » et, donc, « nul », « les demandes concernant la place du fait religieux en entreprise ont augmenté ».

Si des entreprises comme la RATP ou la SNCF ont édicté des chartes et guides de conduite pour leurs salariés, les entreprises privées n’ont pas, elles, les mêmes capacités de contrôle. Elles cherchent donc des solutions de contournement. De ce fait, « les interlocuteurs joints par Le Figaro reconnaissent que cette volonté de contrôle peut se traduire par de la discrimination à l’embauche envers les musulmans (ou candidats perçus comme tel), ce qui est illégal ». Pas de loup dans la bergerie…

Dans son livre Le Tabou de l’entrisme islamique en entreprise, Adel Paul Boulad estime qu’« il existe, chez quelque dix pour cent des salariés musulmans, une volonté manifeste d’adapter le lieu de travail aux pratiques religieuses ». « C’est un tabou global dans la société, mais aussi au niveau de l’entreprise pour les managers », dit-il.

Il serait peut-être temps, alors, d’affronter le réel ?

Marie Delarue

Texte repris du site Boulevard Voltaire

GAFAM, des entreprises privées plus puissantes que des États ?

GAFAM

Tout le monde n’a pas subi la pandémie de coronavirus aussi difficilement. Certaines sociétés privées s’en sont même très bien sorties avec un chiffre d’affaires et des profits explosant tous leurs précédents records. En tête : les fameux GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft).

Il est difficile de reprocher à une entreprise de faire du bénéfice. En revanche, on peut leur reprocher une optimisation fiscale à outrance qui les préserve de nombreux impôts. Cette optimisation devient scandaleuse et immorale en leur permettant d’exploiter les failles administratives et juridiques, nationales et internationales des lois fiscales. On se retrouve in fine avec des sociétés dégageant des bénéfices colossaux et ne payant pratiquement aucun impôt alors qu’en France et une bonne partie de l’Europe les plus petites entreprises sont souvent assommées fiscalement.

Une pandémie « favorable »

La pandémie est venue enfermer des millions de gens dans leur domicile mais a également enrichi considérablement les géants de la technologie. Ces derniers ont en effet été les premiers appelés à la rescousse morale et psychologique des détenus du XXIè siècle en leur apportant les réseaux sociaux, le commerce en ligne, tout ce qui permettait de survivre sans contact avec le réel. Les déclarations de Sundar Pichai, le directeur de Google (récemment renommé Alphabet) sont éclairantes à ce propos : « les investissements réalisés dans l’intelligence artificielle et les autres technologies, afin de fournir des services vers lesquels les gens se tournent en cas de besoin, au quotidien ou en période de crise sont la preuve de l’appréciation des différents utilisateurs. »

Des chiffres faramineux

Ainsi Google, le géant de la publicité en ligne, a augmenté ses ventes de 34% au premier trimestre 2021 (55 milliards de dollars) et triplé son bénéfice (18 milliards de dollars).

De son côté, Amazon a dépassé pour la première fois les 100 milliards de chiffre d’affaires trimestriel et vu son bénéfice doubler au quatrième trimestre 2020, atteignant 7,2 milliards de dollars.

Facebook, numéro 2 de la publicité en ligne et malgré un boycott subi l’été 2020, s’en sort remarquablement en enregistrant une hausse du nombre d’utilisateurs (+ 14%), un chiffre d’affaires augmenté de 22% et quasi 10 milliards de dollars de profits au premier trimestre 2021.

D’après une étude recensant les entreprises les plus rentables au monde, datée du 11 janvier 2021 et en classant par capitalisation boursière, on obtient :

Facebook 757 milliards $ 8ème place soit le PIB de la Turquie
Alphabet (Google) 1 203 milliards $ 6ème place ; le PIB du Mexique
Amazon 1596 milliards $ 4ème place ; le PIB de la Corée
Microsoft 1653 milliards $ 3ème place ; le PIB de la Russie
Apple 2213 milliards $ 2ème place, plus que le PIB de l’Italie

(Source pour les PIB, Banque mondiale, 2019)

Toutes ces données ne sont pas véritablement encourageantes quand on sait la puissance de ces sociétés et leur capacité d’influence quand elles se mêlent de politique.

Plus puissantes que des États

Ces entreprises privées sont simplement plus puissantes que des États entiers malgré toutes leurs prérogatives. Elles font plus de bénéfices quand le monde entier est à l’arrêt, tout en payant très peu d’impôt. Thomas Mercey, avocat spécialisé en fiscalité internationale, déclare à ce sujet : « Toutes les entreprises agissent pour gagner de l’argent. Les GAFAM utilisent les leviers les plus efficaces, légalement. »

De son côté, l’ONG Global Justice Now veut mobiliser l’opinion publique sur un projet de traité international actuellement en chantier, visant à contraindre juridiquement les grandes entreprises à respecter les « droits de l’homme ». Touchante et naïve tentative d’humaniser ces entreprises qui se sont achetées une bonne conscience en militant pour BLM, les woke et autres combats pour les trans comme le notait le journaliste Glenn Greenwald que nous citions récemment. Le monde libéral et le monde libertaire, main dans la main.

Texte repris du site OJIM

Les vraies causes de la délocalisation, par Jean-Gilles Malliarakis

Dans sa chronique du Monde, en date du 12 avril, Philippe Escande éditorialiste économique du journal se trompe.[1] Ce n’est pas un “signal destructeur”, comme il le qualifie, mais au contraire une alerte parfaitement nécessaire et, à de nombreux égards, éclairante, quoique désagréable, que Stellantis adresse, sans doute sans le vouloir, au public français et à l’opinion européenne.

Créé officiellement en janvier 2021, le groupe Stellantis est en effet une réalité multinationale de droit néerlandais. Son siège est à Amsterdam. Ceci résulte de la décision, annoncée dès 2019, de fusionner les groupes PSA et Fiat Chrysler.

De sorte que Stellantis commercialise désormais les 14 marques suivantes : Citroën, ainsi que son ancienne série DS, et Peugeot, certes, que nous considérons traditionnellement comme françaises ; mais aussi Opel, Vauxhall, Barth, Alfa Romeo, Chrysler, Doge, Fiat, Jeep, Lancia, Maserati et RAM.

Pourquoi M. Escande imagine-t-il qu’une telle structure doive poursuive particulièrement l’objectif rassurant de gagner ce que notre éditorialiste du Mondeappelle “la bataille de la réindustrialisation française” ?

Quel que soit l’actionnariat, passé, présent ou futur du groupe actuel et de ses composantes, tout investisseur industriel est confronté aussi bien à une règle de concurrence, en même temps qu’à une situation internationale de libre circulation des capitaux et à un marché européen caractérisé par l’absence de droits de douanes.

Dans de telles conditions, il est parfaitement clair que la France empêtrée dans son “modèle social”, entre gréviculture, enfer fiscal et bureaucratie n’est pas un lieu concurrentiel du point de vue des industriels.

Sans doute, du point de vue européen, il vaudrait mieux que les investissements industriels restent dans notre Vieux Continent. Mais le manque d’imagination des décideurs au sein des grands groupes les a amenés, depuis quelque 30 ans, à choisir un pays comme la Chine plutôt que la Roumanie ou la Slovaquie.

La force des industriels et sous-traitants chinois résulte, évidemment aussi, de salaires particulièrement faibles et d’autres conditions sociales inacceptables. La concurrence est largement faussée avec ce pays : non seulement du fait de son “nouveau mode de production asiatique”, – pour reprendre une expression de Karl Marx… mode de production supposant une situation de quasi-esclavage, que permet la dictature du Parti communiste ; mais aussi du fait d’un déséquilibre monétaire contraire aux règles initiales de l’OMC, la monnaie chinoise étant sous-évaluée et non convertible, etc.

Dans un tel contexte, il est devenu clair que la délocalisation ou la sous-traitance mises en place par de grands groupes industriels méritent d’être dénoncées ne serait-ce qu’en informant correctement le consommateur des conditions de production et en obligeant les distributeurs à indiquer la provenance réelle, etc.

Mais on doit aussi se persuader que le déséquilibre commercial et le décrochage de la France ne sont pas seulement imputables à la concurrence chinoise et à la délocalisation : c’est plutôt le déclin d’une France de plus en plus étatisée, de plus en plus anesthésiée par le politiquement correct, de plus en plus tiers-mondisée qui entraîne la fuite des investissements.

[1] cf. son article du MondeEn décidant de produire sa future berline Citroën en Chine, Stellantis envoie un signal destructeur

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Corona-business – Un couple d’influence pour chasser le virus

coronavirus business

La disparition des écrans, mais aussi du gouvernement et du Conseil d’Etat, du couple Lévy-Buzyn a fait oublier très vite leur responsabilité écrasante dans la crise sanitaire, le mari ayant profité de sa position de directeur de l’Inserm pour mener une violente campagne contre les travaux du professeur Raoult afin de bénéficier des retombées financières des recherches de l’IHU marseillais en faisant changer, par son ministre d’épouse, les statuts de cette structure créée par Sarkozy en 2010, pendant que Madame niait la gravité du virus et enchaînait les contre-vérités jusqu’à être poussée à la démission. En 2018, après la nomination de Buzyn à la Santé et afin de contourner l’écueil du conflit d’intérêts, Yves Lévy était exfiltré vers le Conseil d’Etat avant d’en démissionner en juillet 2020 et de reprendre son caducée en bandoulière.

Famille et lobbying

On aurait pu croire que cet épisode peu glorieux du macronisme aurait guéri le pouvoir élyséen et lui aurait mis du plomb dans la tête. Hélas, il n’en est rien quand on examine le cas de l’ancienne conseillère Santé d’Emmanuel Macron et de Jean Castex, Marguerite Cazeneuve, épouse du directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France, le communiste Aurélien Rousseau, et promue récemment directrice déléguée à l’organisation des soins à la CNAM afin de couper court à des rumeurs de conflits d’intérêts (encore !), la donzelle étant la fille de la représentante française d’un laboratoire américain qui vient de recevoir l’adoubement de la France pour un anticorps censé être efficace dans le traitement contre la Covid-19.

Repérée par l’ancien patron de la Sécurité sociale Thomas Fatome – nouveau patron de la CNAM après avoir été directeur de cabinet adjoint d’Edouard Philippe à Matignon – alors qu’elle effectuait une mission à la SS comme consultante chez McKinsey, le cabinet de conseil en stratégie qui a préparé la campagne de Macron avant de se voir confier la stratégie de la campagne de vaccination, Marguerite Cazeneuve, passée par HEC, a très vite gravi les échelons du pouvoir. Elle a notamment participé à la préparation de la réforme des retraites avant de devenir chef du pôle santé, solidarité et protection sociale auprès d’Edouard Philippe, à vingt-neuf ans seulement, puis de Jean Castex, tout en conservant un bureau à l’Elysée près d’Alexis Kohler, tout-puissant secrétaire général de la présidence depuis mai 2017.

Certes la valeur n’attend pas le nombre des années, mais on est en droit de se demander si le profil professionnel des parents n’explique pas une telle ascension. En effet, sa mère Béatrice Cazeneuve est chargée au sein du comité de direction du laboratoire américain Lilly France de « l’accès national et régional des nouveaux produits ». Son père, Jean-René, a été élu en 2017 député LREM du Gers après une longue carrière à la direction de Bouygues Télécom. Quant à Pierre, un de ses deux frères, il occupe la fonction de conseiller technique adjoint auprès du chef de cabinet d’Emmanuel Macron et dirige le parti Allons Enfants, censé regrouper les jeunes de 18 à 25 ans attirés aussi bien par Mélenchon que par Macron ou Xavier Bertrand ! Bref, une famille en or, omniprésente dans les sphères du pouvoir.

Le Bamlanivibam fait son entrée

Au moment où le monde médical recherche un traitement capable de traiter le coronavirus, l’Agence nationale de sécurité du médicament délivrait précocement, le 12 février dernier, une validation thérapeutique d’utilisation pour le Bamlanivibam, un anticorps monoclonal contre la Covid-19. Quinze jours plus tard, des milliers de doses de ce médicament étaient envoyées dans plus de 83 centres hospitaliers, pour la plus grande satisfaction d’Olivier Véran alors même que les bases scientifiques concernant ce nouveau médicament demeurent fragiles et que la Société française de pharmacologie souligne le « risque de recommander à tort un tel traitement ». Les commandes de ce médicament ont été précédées, selon des informations parues dans Le Monde, par « des réunions présidées par Emmanuel Macron ». Les enfants Cazeneuve auraient-ils joué un rôle dans la promotion rapide de ce produit américain ? Toujours est-il que le pouvoir a rapidement publié un communiqué assurant que la mère de Marguerite Cazeneuve n’avait pas été impliquée dans les discussions relatives à l’autorisation de la mise à disposition de ce médicament. Quant à Matignon, les équipes de Castex ont aussitôt ouvert le parapluie en réfutant tout conflit d’intérêts de la part de leur collaboratrice qui, en juillet dernier, aurait « proactivement déclaré les activités de sa mère et un déport de tous les sujets ayant trait aux traitements pharmaceutiques ». C’est la ligne de défense même qu’avait adoptée le couple Lévy-Buzyn avant l’expatriation de ce dernier vers la place du Palais-Royal.

Au début du mois de mars dernier, la conseillère santé de Castex trouvait refuge à la CNAM où elle retrouvait son mentor Thomas Fatome, mais aussi le prestataire McKinsey qui pilote la rénovation de la politique de gestion du risque de l’Assurance maladie. Pour l’anecdote, le cabinet américain vient de s’engager à rembourser 573 millions de dollars pour clore les procédures engagées par 49 Etats américains qui l’accusent d’avoir contribué à la crise des opioïdes en conseillant des laboratoires afin qu’ils accélèrent leurs techniques de vente.

Un héros d’Aragon au secours des migrants

« Le Komintern m’avait envoyé détruire la social-démocratie. Je ne pensais pas réussir aussi vite et bien. » C’est par ces mots qu’Aurélien Rousseau, directeur de l’ARS d’Ile-de-France accueillait ses amis et collègues de travail, lors de son pot de départ en 2017 et alors qu’il était directeur de cabinet adjoint auprès de Bernard Cazeneuve et conseiller social. Agrégé d’histoire, ancien élève de l’ENA, Rousseau est un pur produit du communisme, qui doit son prénom au héros d’Aragon et a été élevé par une famille huguenote de culture marxiste. Il fait ses premières armes auprès du communiste Pierre Mansat à la mairie de Paris et, après sa réussite au concours de l’ENA, rejoint le Conseil d’Etat où il planche sur les libertés publiques, travaille avec Delanoë, puis rejoint Manuel Valls Place Beauvau. On connaît la suite. Un passage à la Monnaie de Paris et le voilà en mars 2018 appelé par Buzyn à conduire une mission de pilotage sur l’enjeu des ressources humaines à l’hôpital, mission qui a visiblement foiré mais qui lui permet, quelques mois plus tard, de se retrouver à la tête de l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France et de gérer, avec le succès que l’on sait, le mouvement de grève dans les services d’urgence. Dans un récent entretien à L’Humanité, il affirme « protéger les personnes vulnérables et en particulier les migrants » et « lutter contre les inégalités sociales de santé », et passe la brosse à reluire s’agissant d’Olivier Véran. Il oublie simplement de reconnaître que la crise de l’hôpital est d’abord et avant tout une conséquence de l’invasion migratoire qui nous submerge. Mais il ne peut décemment pas mettre en cause l’existence même des ARS, portées sur les fonts baptismaux par Bachelot et Castex et qui sont un véritable obstacle à une politique sanitaire d’envergure dans notre pays, tant leur lourdeur administrative est contraignante.

Mais, en bon communiste revendiqué, il est un adepte du centralisme démocratique.

Francoise Monestier

Article paru dans Présent daté du 22 avril 2021

Ramadan – Les désaccords d’Evian

Evian Ramadan

C’est l’histoire d’un vendeur d’eau qui avait oublié que les musulmans de France étaient en plein ramadan. Ce mardi, la personne chargée du compte Twitter de la marque Evian postait un message demandant si tout le monde avait bien bu un litre d’eau aujourd’hui. Il n’en fallait pas plus pour déchaîner les musulmans du réseau social accusant la marque d’islamophobie manifeste. Comment peut-il oser demander si tout le monde a bu aujourd’hui alors que les croyants n’avaient pas le droit de boire ? Devant le torrent d’insultes et de menaces, et plutôt que d’assumer sa question, la marque a présenté ses excuses. On serait presque tenté de penser que Pilate s’était lavé les mains avec de l’eau d’Evian spécialement importée par galère.

Cette affaire est anodine mais elle révèle deux choses : premièrement, la France tout entière est censée se mettre au pas du ramadan. Les entreprises et les citoyens sont priés de s’abstenir de parler de nourriture ou d’eau en public de peur d’exciter la susceptibilité de ses habitants musulmans. Deuxièmement, elle démontre la force de frappe de ces mêmes musulmans capables de faire faire demi-tour à n’importe qui. Elle est révélatrice de la peur qui paralyse l’opinion dès qu’il s’agit de cette frange de la population. Un tag sur une mosquée ? Le ministre de l’Intérieur se déplace. Pour les catholiques, il faut au minimum une église qui brûle pour espérer voir un ministre arriver.

A vrai dire, depuis plusieurs mois, le climat est irrespirable. Pas à cause d’une supposée et délirante islamophobie d’Etat comme aime à le prétendre la France Insoumise pour raisons électorales évidentes, mais bien à cause de cette montée en puissance d’un islamisme grimpant maquillé en indigénisme. Ne serait-ce que l’annonce de la sortie d’un album de slam interprété par Tariq Ramadan. Un exercice artistique douteux qui voit l’ex-meilleur ami musulman de la gauche parisienne déclarer « Vous allez perdre vos privilèges et votre identité. Vous serez sauvagement remplacés ». Tout un programme. Dans ce climat irrespirable ponctué de violences gratuites (qui a parlé de Christophe, 45 ans, égorgé au bas de son immeuble dans le Nord ?), de séparatisme avéré et d’attaques terroristes, la France parvient encore à être prise en otage par une supposée islamophobie. Qui parmi les musulmans dénonce cette supercherie ? Dans le concert de pleureuses, heureusement certaines réactions de bon sens comme Chems-Eddine Hafiz, le recteur de la Grande mosquée de Paris qui a estime sur RTL qu’il n’y a « pas du tout » un climat anti-musulmans en France.

Il y a quelque chose de fascinant d’ailleurs à voir les journalistes chercher frénétiquement des figures médiatiques de l’islam affirmer la paix et la modération sur une antenne ou une chaîne de télévision. Une fois que vous avez invité plusieurs fois l’imam Chalghoumi, vous tournez vite en rond. Le débat sur le séparatisme a montré un sursaut français léger, l’affaire des mosquées de Strasbourg a fait tweeter tout le monde, mais derrière, rien. La conquête se poursuit. La seule chose que demande la France, c’est qu’elle se fasse en douceur.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 14 avril 2021

Restos clandestins – La police mobilisée

Restos clandestins

En France des « groupes hostiles » peuvent caillasser les forces de l’ordre (comme à Lyon le 5 avril), leur tirer dessus des mortiers d’artifice (comme au Petit-Quevilly le 6, comme aux Mureaux le 10), sans qu’on n’appréhende guère plus qu’un « jeune », éventuellement mis en garde à vue, ce qui ne l’empêchera pas de recommencer. Organiser des dîners clandestins est beaucoup plus risqué. Pierre-Jean Chalençon, le chef cuisinier Christophe Leroy et son épouse ont ainsi passé leur journée de vendredi en garde à vue, interrogés par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne ! Les jours précédents, leurs domiciles avaient été perquisitionnés, on a bien dû trouver un coupe-papier orné d’une tête de Napoléon ou un couteau d’office ?

En cause, ces fameux dîners qui défrayent la chronique depuis une semaine (voir Présent du 8 avril), où l’on consomme du caviar et du champagne sans masque. Après audition de Chalençon et Leroy, le parquet respire : « A ce stade des investigations, aucun élément ne permet de mettre au jour la participation d’un membre du gouvernement aux repas qui font l’objet de cette enquête », à savoir ceux du Palais Vivienne (Paris IIe). Mais plusieurs personnalités ont reconnu s’être mis les pieds sous la table dans le clandé de Christophe Leroy (Paris VIIIe), Brice Hortefeux et Alain Duhamel par exemple, pour un « déjeuner de travail » le 30 mars.

Il n’y a pas que des repas people ou select qui se déroulent alors que les restaurants sont fermés en raison de l’épidémie. Vendredi, à Saint-Ouen, 62 personnes ont été verbalisées dans un restaurant clandestin et le gérant interpellé. Dans la nuit de vendredi à samedi, la police est intervenue dans le XIXe arrondissement dans un autre restaurant clandestin : 110 personnes verbalisées, l’organisateur et le gérant placés en garde à vue pour « mise en danger de la vie d’autrui et travail dissimulé ».

L’ampleur des forces de police déployées pour traquer des gens qui s’attablent est tellement représentative de la dictature sanitaire que les Français ne sont pas dupes. Il y a clandestins et clandestins. Si Génération identitaire avait protesté contre les dîners illicites dans Paris, et non contre les migrants illégaux aux frontières, elle n’aurait pas été dissoute.

Et en matière de contrôle, les paradoxes ne manquent pas. Un parmi d’autres : la France maintient ses vols en provenance du Brésil alors que s’y développe un virulent variant qu’on aurait tout intérêt à ne pas importer en Europe. Ce n’est pas pour rien que le Portugal a suspendu les vols venant du Brésil, que la Grande-Bretagne a placé le pays sur liste rouge. La réponse du ministère des Affaires étrangères ? Les déplacements « ne sont pas formellement interdits, restent strictement déconseillés ». On se fie au test PCR négatif que les voyageurs doivent présenter et aux sept jours de quarantaine qu’ils s’engagent sur l’honneur à respecter. Quand on sait qu’il existe un véritable business permettant d’acheter un faux test négatif et que personne ne respecte aucune quarantaine (sinon pourquoi voyager ?), on se dit que le ministère des Affaires étrangères est bien naïf. Fermer les restaurants, oui, mais les frontières, nos idéologues du transfrontiérisme ne s’y résolvent toujours pas.

Guy Denaere

Article paru dans Présent daté du 12 avril 2021

Canal de Suez bloqué – Les limites de la mondialisation, par Arnaud Raffard de Brienne

Canal de Suez

L’échouage impromptu, mardi 23 mars, du porte-conteneurs géant l’Ever Given, bloquant tout trafic dans le canal de Suez et provoquant un spectaculaire embouteillage de plusieurs centaines de cargos, pétroliers et porte-conteneurs, vient rappeler l’importance de cet accès difficilement contournable par lequel transitent plus de 12 % de l’ensemble des échanges commerciaux internationaux par voie maritime. En moyenne, ce sont cinquante navires et environ cinq milliards de dollars de marchandises qui empruntent quotidiennement ce raccourci permettant d’éviter le contour de l’Afrique, un raccourci devenu essentiel à la navigation marchande. Par ce canal transitent notamment l’ensemble de la production chinoise à destination de l’Europe mais aussi l’essentiel de ses importations de pétrole.

Défaillance technique ou plus vraisemblablement humaine, selon le chef de l’Autorité égyptienne du canal, une enquête ouverte par la compagnie de navigation Bernhard Schulte Shipmanagement basée à Singapour et par les assureurs devrait permettre d’en savoir davantage. Mais il est difficile de ne pas incriminer en même temps la course au gigantisme des compagnies maritimes multipliant les mises en chantier de ces porte-conteneurs titanesques – l’Ever Given mesure 400 mètres de long… – en réponse aux besoins d’une population toujours plus nombreuse, à l’esprit consumériste de l’époque, au libre-échange et aux délocalisations. Impossible et illogique de pester contre ces ténors de la pollution – un tel navire consomme chaque jour à entre 150 et 250 tonnes de fuel lourd, le plus polluant et le plus soufré qui soit – sans commencer par s’en prendre à ces quelques causes premières.

D’inévitables conséquences économiques

C’est un mauvais coup pour l’Egypte : les droits de péage du canal évalués à environ 14 millions de dollars par jour représentent la quatrième source de revenus du pays dont l’économie repose sur quatre rentes de situation. En premier lieu, les transferts de la diaspora, à hauteur de 22 milliards de dollars par an, puis, à peu près à égalité, le tourisme et la vente d’hydrocarbures, pour 9 à 12 milliards chacun selon les années, et enfin le canal de Suez pour 5,8 milliards. Quant aux impacts sur l’économie en général et européenne en particulier, il est évidemment un peu prématuré d’en conjecturer l’ampleur mais un renchérissement des tarifs du fret maritime, du prix du pétrole et certaines pénuries paraissent inévitables. D’ores et déjà, ce sont des arrêts de production chez les équipementiers de l’industrie automobile, de graves pénuries de matières premières générant des retards de production dans l’ensemble des secteurs d’activité et des ruptures de stock dans à peu près tous les domaines puisque l’essentiel des productions industrielles provient aujourd’hui d’Asie. Un an après le début de la crise du Covid, l’échouage de l’Ever Given fournit une seconde preuve éclatante des méfaits et dangers de la mondialisation sauvage et de l’extrême dépendance de nos économies.

Ces conséquences économiques sur le court terme pourraient bien en dissimuler d’autres, sur fond géopolitique, si l’on se réfère aux déclarations de Nikolaï Korchounov, responsable de la diplomatie russe, profitant de l’incident pour affirmer la nécessité de persévérer dans le projet de développement de la route maritime du Nord dans un Arctique russe de plus en plus praticable à mesure des effets tangibles du réchauffement climatique. Voilà donc un coup de barre de trop à droite ou à gauche, dont les répercussions en chaîne n’ont pas fini de se faire sentir.

Par Arnaud Raffard de Brienne

Article paru dans Présent daté du 30 mars 2021

Paysans en colère : « Deux agriculteurs par jour se donnent la mort et on n’en parle pas ! »

paysans

En raison de la pandémie de Covid-19, le Salon de l’agriculture 2021 est annulé pour la première fois depuis sa création en 1964. Cette date a été choisie symboliquement par les agriculteurs de la Coordination rurale (deuxième syndicat agricole en France) pour mener une action de mobilisation afin de dénoncer le malaise du monde paysan. Une centaine d’agriculteurs en détresse se sont réunis à Paris sur la place des Invalides.



Nous sommes dans une situation de hors-la-loi parce qu’on nous impose de vendre en dessous de notre coût de production. Que ce soit dans l’agriculture ou dans n’importe quelle production, une entreprise qui vend à perte ne peut pas aller loin. Le manque d’argent et la pression de certaines personnes font que des gens sont plus sensibles et craquent. Aujourd’hui, deux agriculteurs par jour se donnent la mort.

En mettant en place des mannequins pendus aux arbres, avez-vous représenté ces agriculteurs qui se suicident ?

Nous avons fait cela pour choquer les gens. Lorsqu’on a un accident de car ou d’avion, on fait la une des journaux pendant une semaine. En revanche, un agriculteur s’est peut-être suicidé ce matin dans les Pyrénées et un autre ce soir en Alsace, il y aura trois lignes dans le journal local et on n’en parle plus. À la fin de l’année, plus de 600 personnes se sont donné la mort. Imaginez ce que vit la famille. Des dégâts collatéraux importants sont causés.

Vous êtes venu avec une fourche et une pancarte « exploité agricole ». Quel est le symbole de la fourche ?

Notre syndicat n’a pas pour politique de déverser du fumier et de tout casser. Cela ne sert à rien. Personnellement, j’ai toujours parlé, mais je n’ai jamais enfoncé une punaise sur un tronc d’arbre pour mettre une affiche. À ceux qui veulent me poser des questions, je m’exprime.

J’ai 65 ans et je n’ai jamais emmené un tracteur avec du fumier pour déverser quelque part. Ce n’est pas mon choix.

Au lieu d’emmener un gros tracteur, j’ai apporté cette fourche qui me suit depuis des années. Elle a pour symbole la révolte paysanne. Ce n’est pas un appel à la révolte. Lorsque vous allez au bord de la mer et que le drapeau est rouge, le maître-nageur n’y est pour rien, mais il annonce la tempête. Ma fourche, c’est mon drapeau rouge. Je dis à nos élus : « Attention, la tempête risque d’arriver ! »

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Traque fiscale – Bercy renforce sa surveillance des réseaux sociaux

Bercy ministère

S’il est un domaine dans lequel l’Etat ne se laisse pas démonter par la crise sanitaire et déploie même aujourd’hui des trésors d’imagination, c’est bien celui de la traque des contribuables. Ainsi, après la publication fin janvier au Journal officiel d’un décret technique légalisant le renforcement du dispositif de rémunération par Bercy de ses « indics » et autres délateurs, ou bien encore l’extension imminente aux particuliers de la pratique dite du « name and shame » (publication des noms des fraudeurs) jusque-là réservée aux seules personnes morales, Bercy entend maintenant renforcer son dispositif de surveillance fiscale sur Internet, déjà orwellien, en ayant recours à une intelligence artificielle auto-apprenante chargée d’examiner toutes nos transactions sur les réseaux sociaux.

Un « algorithme auto-apprenant » pour aspirer les données

Rappelons que si l’administration fiscale avait déjà la possibilité de collecter sur Internet de nombreuses données pour comparer le train de vie affiché par les contribuables à celui qu’ils déclaraient dans les documents officiels, les informations ainsi récupérées avaient une durée limitée de conservation, et seules les données volontairement révélées par les contribuables pouvaient être utilisées. Or, le 13 février dernier, un décret relatif à la mise en œuvre de la surveillance des réseaux sociaux par le fisc est venu préciser (et renforcer) les modalités d’application de l’article 154 de la loi de finances pour 2020. C’est ainsi que l’administration fiscale pourra non seulement utiliser les plates-formes numériques pour vérifier que les contribuables n’y publient rien de contraire à la loi ou qui contredise leurs déclarations fiscales, mais aura également la possibilité de systématiser la collecte d’informations en faisant appel à un « algorithme auto-apprenant » qui pourra identifier des mots clefs, des ratios ou encore des indications de dates, d’heures et de lieux !

Les réserves de la CNIL

Un dispositif redoutable qui, selon la Direction générale des finances publiques, devrait être mis en œuvre « dans les semaines à venir » et concernera aussi bien les réseaux sociaux que les plates-formes de mises en relation entre particuliers, telles que Airbnb, Facebook, YouTube, BlaBlaCar, ou bien encore Le Bon Coin. Quant au délai de conservation des données, le décret précise qu’il sera d’une durée maximale de 30 jours lorsqu’elles ne sont pas de nature à concourir à la constatation d’un manquement fiscal. Mais, dans le cas contraire, il pourra s’étendre jusqu’à un an maximum. Et jusqu’à la fin d’un contentieux si une procédure est ouverte à la suite d’une omission. Bref, avec ce décret, la surveillance et la traque fiscales des contribuables sur Internet devraient très rapidement prendre une ampleur effrayante, et peut-être même donner lieu à un certain nombre de dérives. C’était d’ailleurs l’une des inquiétudes de la CNIL qui, en septembre 2019, avait rendu un avis particulièrement critique lors de la présentation de ce dispositif devant le Parlement, en reprochant notamment au fisc d’« aspirer une très grande quantité de données pour y détecter des irrégularités sans avoir de doute précis sur un comportement ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 18 février 2021

Des internautes américains mettent à genoux un fonds d’investissement

fonds investissements bourse

L’affaire ne manque pas d’un certain panache. Ou d’une insolence de cancre, de ce genre de cancre brillant qui est relégué à côté du radiateur non point par manque d’intelligence, mais par manque d’intérêt pour l’aridité des déclinaisons latines. Après des siècles passés à séduire leurs voisines avec des sonnets pastichant Rimbaud pour les plus romantiques, ou en construisant des avions en papier pour les plus ingénieux, ce spécimen attachant qu’est le cancre brillant a trouvé une échappatoire particulièrement subversive, car puissant et opaque : le codage.

C’est ainsi que les meilleurs codeurs, ces Mozart de l’informatique, se retrouvent dans des « salons » virtuels, appelés « forums », pour discuter. Pas grand-chose à voir avec l’agora de Thèbes ou le forum romain au pied du Capitole : il s’agit de lieux virtuels où les échanges se font par messages, partage d’images ou de vidéos. A ce petit jeu, le forum américain et anglophone Reddit est la plate-forme la plus connue. Ce forum où l’on discute de tout, et surtout de n’importe quoi, est divisé en sous-sections, en fonction des thèmes. On y trouve des salons pour discuter de sport, de mode, de politique, de société, comme dans un bon vieux PMU où l’on commente entre amis une étape alpine du tour de France. Bien caché, se trouve même un salon pour parler boursicotage. Et c’est là que tout s’est joué.

Quelques amateurs, connectés sur des applications permettant d’acheter des actions en direct, se partageaient leurs tuyaux pour se faire un peu d’argent. Rien de très politique ni même de véritablement financier d’ailleurs, simplement une petite occupation du dimanche soir. Vous regardez un bon vieux Melville ? Eux passent une petite heure les yeux rivés sur des courbes de la Bourse pour surveiller leur portefeuille. C’est ainsi que l’un d’entre eux s’est aperçu qu’un fonds d’investissement, connu pour sa grande malveillance, s’attaquait à GameStop. GameStop est une enseigne américaine qui vend des jeux vidéo et des objets de collection depuis des petites boutiques qui ont pignon sur rue. Cette enseigne est certes en déclin, mangée par la dématérialisation, mais n’est cependant pas totalement dénuée d’atouts pour son avenir. Parmi eux, un fort capital affectif chez ses clients, et un patrimoine immobilier costaud. L’aventure est donc loin d’être terminée. Sauf si un rapace de la finance tombe dessus à bras raccourcis pour le plumer, laissant l’entreprise exsangue et quasi morte. Le but du fonds Melvin Capital était le suivant : parier sur la baisse, vendre toutes ses actions GameStop pour faire croire que le titre s’effondre, le faire s’effondrer par effet mimétique (les autres épargnants vendant aussi dans la panique pour limiter leur perte), et programmer des offres d’achat pour racheter ces actions pour une bouchée de pain juste après.

Keith Gill est boursicoteur et traîne sur Reddit. Il appelle à la rescousse ses camarades : cette entreprise qu’ils aiment tant va se faire exploser. Alors ils font ce que le marché ne pouvait absolument pas prévoir : acheter en masse des actions GameStop à cadence soutenue. Très soutenue. Juste au moment où Melvin Capital vend. Résultat, la valeur de l’action a été multipliée par 54. Et, Melvin Capital devant honorer ses engagements, le fonds a dû acheter 54 fois plus cher des actions qui lui appartenaient quelques instants plus tôt. Un délire. Le fonds perd la moitié de ses capitaux dans l’action, et doit être renfloué à hauteur de 2,75 milliards de dollars. Une raclée, infligée par des boursicoteurs bien coordonnés. C’est l’application qu’ils utilisaient pour acheter les actions, nommée Robinhood en référence au héros de Walter Scott, qui a stoppé le match en interrompant la possibilité de faire des transactions avec ce titre. Pourquoi ? Ce courtier désirait faire son entrée en Bourse, et les acteurs traditionnels lui ont assuré que s’il ne stoppait pas cette révolution sur-le-champ, il ne rentrerait jamais dans leur cénacle. Dont acte. La gauche sociale américaine et la droite trumpiste ont protesté énergiquement, au nom de la démocratie. D’ailleurs, le président de l’entreprise devra s’expliquer devant le Sénat.

Parmi les choses reprochées à cette application et à ce forum par les grands médias, la présence massive de militants pro-Trump. Sympathique, donc. Bien coordonnés, ils ont donné un sévère avertissement à la Bourse : bien coordonnés, ils peuvent mettre à genoux n’importe qui, comme une ruche fait reculer un frelon.

Benoît Busonier

Article paru dans Présent daté du 4 février 2021

Restrictions sanitaires et saccage de notre économie – Bars et restaurants resteront-ils fermés jusqu’à Pâques ?

restaurants covid

Depuis mercredi, la quasi-totalité des journalistes des grands médias annoncent que le gouvernement, en raison de l’actuel rebond de l’épidémie de Covid-19, aurait finalement pris la décision de reporter au 6 avril, voire au mois de juin, la réouverture tant attendue par leurs propriétaires aux abois des cafés, bars et restaurants, initialement prévue pour la mi-février. Une information aussitôt démentie par Matignon qui, en précisant au passage ne pas vouloir s’« enfermer à nouveau dans un système de date qui créerait forcément de la déception si elle ne pouvait pas être tenue », n’a guère convaincu les professionnels du secteur. Il est vrai que, depuis le début de cette crise sanitaire, les autorités nous ont non seulement prouvé qu’elles étaient capables de changer d’avis comme de chemise en quelques heures, mais qu’en outre beaucoup d’annonces journalistiques présentées comme des « rumeurs » servaient souvent à « préparer le terrain ».

Matignon dément, mais…

A l’origine de cette nouvelle qui a bien sûr immédiatement plongé les professionnels de la restauration dans le désespoir le plus total, un article paru mercredi dans Le Point, qui révélait que, face à la progression des contaminations au Covid observée depuis plusieurs semaines par les autorités sanitaires, et notamment de l’importante propagation des variants anglais et sud-africain, l’exécutif envisageait de prolonger la fermeture des bars et établissements de restauration jusqu’au 6 avril, et peut-être même, pour les bars et autres cafés, jusqu’au mois de juin. Une décision qui, si elle venait à être réellement mise en œuvre, équivaudrait à un véritable coup de grâce porté par l’Etat à des milliers d’entreprises du secteur, aujourd’hui menacées de faillite.

Des restaurateurs pas convaincus

Aussi, devant l’immense colère et la très vive inquiétude suscitées par cette très mauvaise nouvelle, les services de Matignon se sont-ils efforcés mercredi d’éteindre au plus vite l’incendie, en démentant d’abord l’information, puis en expliquant que, pour l’heure, deux hypothèses étaient sur la table : la première consistant à décider d’une date butoir ; la seconde, à rouvrir en fonction de l’évolution de l’épidémie, avec la mise en place de « seuils de référence ». Une seconde hypothèse qui, selon l’entourage du Premier ministre, aurait la préférence de Castex, mais qui, cependant, n’est guère de nature à rassurer les professionnels. Car, si du côté de Matignon on explique que cette solution leur permettrait de rouvrir leurs établissements à partir du moment où les courbes auront durablement fléchi, les restaurateurs, eux, ont bien compris qu’ils pourraient tout aussi bien garder leurs rideaux baissés pendant encore de longs mois ! Surtout quand on sait avec quelle efficacité le gouvernement lutte contre la pandémie depuis maintenant un an…

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 21 janvier 2021

[vidéo] Restaurants fermés : « Je peux encore tenir un mois et demi, pas plus»

restaurants covid

05/01/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Les restaurateurs n’avaient que très peu d’espoir et les dernières lueurs semblent bel et bien s’envoler. Le gouvernement, qui doit se prononcer le 7 janvier sur une éventuelle réouverture des bars et restaurants à partir du 20, devrait reporter cette échéance. Un nouveau coup dur pour la profession, qui tentent de survivre avec un peu de vente à emporter et les aides de l’Etat.

Romain Rozier, qui tient un restaurant dans le 19e arrondissement de Paris, MYL (Make Your Lunch), estime qu’il peut « encore tenir un mois et demi, deux mois, pas plus… avant de fermer ». Pourtant, en temps normal, son activité repose en grande partie sur la vente à emporter. Une particularité complètement plombée par le télétravail et la désertification des bureaux situés à côté de son restaurant.


Les commerçants ruinés n’ont que ce qu’ils méritent, selon un joyeux chroniqueur de France Inter

Guillaume Meurice

Sa carte de visite impressionne. Ricaneur sur France Inter, boutiquier en ligne d’articles pro-migrants, Français malgré lui. Guillaume Meurice cumule les titres de noblesse. Bouffon du roi bobo, pilier du conformisme ambiant, le personnage ne sait plus où donner de la tête, tant il croule sous les missions dont il a été investi par sa bien-aimée direction.

La radio ne suffisant plus à exprimer son total mépris des classes laborieuses, le planton de l’entre-soi rigolard a eu recours au magazine Siné Mensuel pour déverser son trop-plein de hargne contre une catégorie honnie : les petits commerçants. Dans la mouise, et bien fait pour eux ! Ils ont voté Fillon ou Macron au premier tour, démontrant ainsi leur adhésion à un libéralisme sauvage. Qu’ils crèvent. Enfin… qu’ils ne viennent pas se plaindre d’un système dont ils se sont montrés partisans au travers de leur choix électoral. La méchanceté a ses raisons que la raison ignore. Démonstration en est faite avec le développement bancal du réparateur de torts label rouge.

Petit extrait pour les gourmets amateurs de restauration rapide de la pensée : « Mais si, rappelle-toi : t’as voté Fillon ou Macron au premier tour en 2017 contre l’État-providence que tu conchiais. T’as changé ? D’un coup tu serais devenu le défenseur de la solidarité nationale ? » Notons, au passage, que le citoyen exemplaire ne vote Macron qu’au deuxième tour. Avant, il doit laisser libre cours à son inspiration, à sa folie, gambader parmi les candidats, si possible d’extrême gauche, faire la bise aux écolos et puis, reprenant ses esprits, retrouver le bulletin Macron qu’il avait placé en lieu sûr pour aller l’introduire dans l’urne magique du second tour (notice sur simple appel au standard de Radio France).

« Alors ? Je rêve ou tu chouines ? T’es en train de couler et tu demandes de l’aide à l’État ? » écrit, en introduction, le comique patenté. Perdu dans son brouillard gauchiste, Meurice n’a pas perçu que le commerçant demandait à l’État de réparer les dommages qu’il lui avait causés par sa gestion abracadabrante de la crise sanitaire. Faut-il lui faire un dessin ? Parler plus simplement ? Commerçant pas victime mauvaise gestion personnelle. Commerçant être victime de État. Comprendo ? Donc lui demander réparation à État. Voilà, voilà (un croquis a été envoyé à l’intéressé).

Pour l’occasion, le gaillard sort de sa boîte un de ces clichés usés jusqu’à la corde mais qui peut encore servir : « Quoi ? Les huissiers sonnent à ta porte ? Et cette fois-ci c’est pas toi qui les a appelés pour déloger tes locataires au RSA qui n’avaient plus de quoi payer ton loyer ou pour ta secondaire squattée… » Des larmes coulent sur les joues du lecteur de Siné Mensuel. Snif… Salauds de commerçants ! Tortionnaires de pauvres ! De la graine de Thénardier à tous les coins de rue ! Et si on les pendait ? Que d’économies réalisées ! Enfin des multinationales solides, des magasins de chaîne qui savent résister à des fermetures de plusieurs mois. Un vrai paradis. D’ici là, combien de malheureux à humilier, de fidèles à dénoncer à la police parce qu’ils prient sur le parvis d’une église, combien de victimes à enfoncer ? Un boulot « Inter »… Minable.

Jany Leroy

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

EELV/Decathlon contre CNews : une même haine de la liberté d’expression

Les très bonnes audiences de Zemmour sur CNews donnent des sueurs froides à de nombreuses personnes, le collectif Sleeping Giants, adepte du “name and shame”, appelle les marques à boycotter le média depuis plusieurs mois.
Télérama l’a dit, “CNews est devenue la Fox News française”, mais pour ne pas laisser prospérer une telle alternative aux médias de grand chemin, l’offensive s’organise. Decathlon de la famille Mulliez, vient de confirmer avoir cédé à la pression des Sleeping Giants, et le parti EELV en a profité pour réaffirmer leur soutien aux attaques faites contre la chaîne.

Decathlon cède aux pressions des Sleeping Giants

Annoncé par les Sleeping Giants sur Twitter (devenu le lieu favori des affrontement numériques), Décathlon va retirer ses pubs de CNews pour Noël et “songe à le faire aussi pour tout 2021”.

De manière très calme, Decathlon n’a pas hésité à confirmer ses choix suite à l’interpellation d’un utilisateur sur le réseau social.

Ce qui a d’ailleurs enflammé Twitter, en scandalisant de nombreux utilisateurs et galvanisant les apprentis censeurs.

EELV fait un rappel de son statut de bon élève en la matière

Quelques jours plus tard, le jeudi 26 novembre, c’est Europe Écologie — Les Verts qui a voulu rappeler le bon élève qu’il était en matière de lutte contre CNews, en publiant un communiqué de presse pour rappeler leur boycott de la chaîne depuis plusieurs semaines. Communiqué dont la lecture vaut le détour.

“EELV avait déjà alerté sur la dérive de la ligne éditoriale choisie par la chaîne, qui a notamment choisi Eric Zemmour comme chroniqueur régulier, alors même que celui-ci a été condamné pour injure et provocation à la haine.”
“Nous défendons la liberté de la presse, la liberté pour les journalistes d’exercer leur métier, notamment quand celle-ci est menacée par le vote de l’article 24 de la loi sur la Sécurité globale.”
“Nous continuerons donc à refuser toutes les invitations et encourageons celles et ceux qui se reconnaissent dans les valeurs d’un débat républicain à en faire de même, ainsi que les annonceurs à retirer leur soutien financier à l’instar de l’enseigne Décathlon.”

Chez les écologistes de gauche, dès qu’il s’agit de moraline, la liberté de la presse et la lutte contre le diktat des grandes entreprises sont vite mises au placard. Le monde libéral (des grands capitaux) et le monde libertaire (des écolos gauchistes) s’entendent plutôt bien. Surpris ?

Texte repris du site OJIM

Covid-19 – Fermeture des commerces «non essentiels» : sacrifiés pour un «effet choc»?

03/12/2020 – FRANCE (NOVOpress)
La réouverture des magasins dits «non essentiels» n’a pas calmé l’inquiétude des commerçants qui n’ont que quatre semaines pour rattraper le retard accumulé pendant le deuxième confinement.

Le nouveau protocole sanitaire est jugé contraignant, la concurrence avec le commerce en ligne est critiquée car déloyale, et les surplus de stock demeurent. Bien que le gouvernement tente d’apporter des solutions, beaucoup s’interrogent encore sur les causes qui ont poussé à la fermeture des magasins. Mais il semblerait qu’un ministre belge ait donné la véritable raison… et elle n’a rien de sanitaire.