La sécession créatrice selon Yann Vallerie

Yann Vallerie

Loin de tenir un propos violent, l’auteur appelle des révoltés à se faire violence pour devenir des bâtisseurs. Beaucoup d’appelés et sans doute peu d’élus pour édifier la cité des hommes…

L’élection présidentielle est passée comme une vague sur la société médusée, laissant un goût amer chez de nombreux Français. Car le vrai raz-de-marée politique ne sera pas électoral, si on en croit Yann Vallerie, capitaine à bord du média Breizh-Info. Surtout si par « raz-de-marée » on entend, non une brutale et destructive inondation, mais une inexorable montée des eaux par laquelle la vitalité d’un grand peuple engloutit les stigmates dérisoires d’une époque basse et corrompue, la nôtre.

France et métropoles : la grande séparation

C’est tout le sens du pamphlet de Yann Vallerie, paru en début d’année et intitulé « Sécession ». Aux antipodes d’une démission, l’auteur en appelle à la sécession créatrice. L’ambition n’est pas de se réfugier dans des citadelles, mais de reléguer les métropoles actuelles au rang d’asiles subvertis et perdus d’avance. Et d’aller de l’avant. La métropole cumule des tares dénoncées comme irrémédiables : il ne s’agit plus de villes, l’assemblage civilisé et civilisateur ayant cédé à un agrégat industriel et confus. Il ne s’agit plus de cités, puisque la gouvernance gestionnaire et l’individualisme hédoniste suppriment tout accomplissement civique substantiel. Pour ne rien dire de l’éléphant dans le salon – le chambardement ethnoculturel.

La sécession passe par une inversion des pôles : la France périphérique devient le cœur du pays et les continuums urbains des trous noirs. Pour Yann Vallerie, cette prise de conscience engage le redéploiement de l’existence. Car tout reste à inventer et à bâtir dans les vastes et féconds territoires moins marqués par les forces du progrès.

Un pari bénédictin à l’usage du Tiers-État

Loin de tenir un propos violent, l’auteur appelle des révoltés à se faire violence pour devenir des bâtisseurs. Beaucoup d’appelés et sans doute peu d’élus pour édifier la cité des hommes… tant s’arracher à l’assistanat confortable et aliénant suscite peu de vocation. Le ton polémique tient d’ailleurs beaucoup à la généreuse ambition de retremper les cœurs ramollis.

Dans le sillage des analyses de Christophe Guilluy, Yann Vallerie relève que la sécession existe dans les métropoles au moyen d’une ségrégation par l’argent. Cette situation de rente au sommet d’une Babylone insalubre est l’exact inverse de l’esprit pionnier au service d’une « construction communautaire cohérente ».

La franchise si crue du livre donne l’impression qu’on tient dans ses mains « un fait mis en page ». C’est précisément pourquoi ce pamphlet est une œuvre inspirée. Il a l’aura du pub irlandais où s’accomplissait déjà, avant 1916, la promesse d’une patrie affranchie.

Thibaud Gibelin

Yann Vallerie, Sécession, préface de Piero San Giorgio, 97 pages, 10 €. En vente sur breizh-info.com

Tribune reprise de Institut-iliade.com

Comment en finir avec l’idéologie du même – Entretien avec Alain de Benoist

idéologie même

En 1977, Alain de Benoist commençait son livre-manifeste « Vu de Droite » par ces mots : « J’appelle ici de droite, par pure convention, l’attitude consistant à considérer la diversité du monde et, par suite, les inégalités relatives qui en sont nécessairement le produit, comme un bien, et l’homogénéisation progressive du monde, prônée et réalisée par le discours bimillénaire de l’idéologie égalitaire, comme un mal ». 40 ans après, 4 décennies d’homogénéisation plus tard, l’essayiste dresse le bilan et s’attaque désormais à la « mêmeté » dans un livre percutant paru dans la collection de l’Institut Iliade, « Longue mémoire » à la Nouvelle Librairie.

ÉLÉMENTS : Quelle différence entre l’égalité et ce que vous appelez dans ce livre la « mêmeté » ?

ALAIN DE BENOIST. C’est très simple : la mêmeté nie la différence, tandis que l’égalité s’en accommode fort bien. L’égalité absolue n’a pas de sens : on ne peut être égal ou inégal qu’en référence à un critère précis, à un domaine donné ou encore à un contexte déterminé. On n’est pas égaux ou inégaux dans l’abstrait. Vous courez certainement plus vite que moi, mais il y a peut-être des domaines dans lesquels c’est moi qui vous surclasserai. C’est seulement si vous décrétez qu’on peut affirmer une égalité abstraite dans l’absolu que vous aurez besoin de considérer que tous les individus sont les mêmes.

Si je dis que les hommes et les femmes sont égaux, cela ne signifie pas qu’il n’y a de différences entre eux. Si dans la démocratie grecque on estimait que tous les citoyens devaient jouir de droits politiques égaux, ce n’est pas parce que l’on estimait qu’ils étaient tous pareils, mais seulement parce qu’ils étaient par définition tous également citoyens. L’erreur commence chaque fois que vous posez l’égalité comme synonyme de mêmeté. C’est ce péché contre l’esprit (et contre tout bon sens) qui fait croire, par exemple, que pour réaliser l’égalité des individus, des sexes ou des peuples, il suffit de supprimer tout ce qui les distingue.

ÉLÉMENTS : L’idéologie du Même tend à supprimer les différences entre les hommes, mais notre époque s’affirme aussi comme celle de l’individualisme. Comment se concilient ces deux phénomènes ?

ALAIN DE BENOIST. L’idéologie du Même est une idéologie universaliste, ce qui veut dire qu’au-delà des caractéristiques biologiques de l’espèce elle attribue à l’humanité un sens moral et politique. Cela implique de retirer ce rôle aux cultures et aux peuples en décrétant, contre toute évidence, que l’on appartient immédiatement à l’humanité, et non médiatement par le biais d’une culture singulière. Ce n’est possible qu’en concevant l’humanité comme une somme d’individus, que la théorie libérale perçoit comme fondamentalement les mêmes, car tous également déliés de leurs appartenances ou de leurs héritages, c’est-à-dire de ce qui est en amont d’eux-mêmes. C’est pourquoi l’on parle couramment d’individuo-universalisme. La société correspondant à cette façon de voir se définit comme une société d’individus. Chacun peut bien s’y estimer « libre » de se définir à sa guise, comme il n’y a rien au-delà de l’individu, les hommes sont considérés comme fondamentalement les mêmes, ce qui les rend interchangeables.

ÉLÉMENTS : Quelle place pour ceux qui veulent vivre selon leurs lois, leurs coutumes, ceux qui réclament leur droit à la dissemblance dans un monde indifférencié ?

ALAIN DE BENOIST. La place dont ils seront capables de s’emparer, d’instaurer ou de restaurer. De Gaulle : « L’action, ce sont des hommes au milieu des circonstances. » Des hommes résolus et des circonstances favorables. Sans oublier l’essentiel, à savoir qu’il n’y a de perspective de véritable changement que lorsqu’une reconstruction idéologique radicale rencontre un mouvement social réel.

Propos recueillis par Eyquem Pons et l’Institut Iliade.

Tribune reprise de Revue-elements.com

En FINIR avec le MIRAGE démocratique ? Avec Laurent Obertone

02/05/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Laurent Obertone, célèbre auteur de Guérilla, de « La France interdite », de « La France Orange mécanique » revient cette année avec « Game Over », un essai « antipolitique » qui lève le voile sur « l’arnaque républicaine » et le mensonge démocratique.

Pour Laurent Obertone, d’élections en élections, le militant, le votant, béat devant le spectacle électorale, remet son pouvoir entre les mains d’une élite moralisante et technocratique qui conduit le pays à l’abîme.


Etymologie de la langue française : 998 mots d’origine gauloise et celte !

celte gaulois

998, ce chiffre étonnant est établi à partir de la liste ci-dessous, vraisemblablement la plus complète disponible sur la Toile. Réalisée en recoupant diverses sources vérifiables dont le détail est donné en fin d’article, elle peut surprendre à plus d’un titre.

Elle va en effet à l’encontre d’un certain discours médiatique qui a tendance à tenir nos ancêtres celtes pour quantité négligeable. Récemment encore, venu vendre « Les mots immigrés », son dernier opuscule, Erik Orsenna affirmait sur le plateau de « C’est à vous » que la langue française ne comptait que « 60 mots d’origine vraiment gauloise« . Devant des journalistes aux anges, ce soutien d’Emmanuel Macron appliquait à la langue ce que le président avait dit auparavant de l’identité du pays en général : « il n’y pas de culture française« , les « Gaulois réfractaires » et autres « déplorables » Gilets jaunes n’ont aucun mérite propre, sinon celui de se laisser enrichir de l’extérieur…

Le chiffre de 60 est pourtant singulièrement minimaliste. Une spécialiste reconnue comme Henriette Walter avance l’estimation (prudente) de 158 mots celtiques sur les 35 000 du français courant. A quoi la lexicologue ajoute 481 mots gallo-romans, dont une part importante est vraisemblablement du même tonneau.

Mais par quel tour de magie passe-t-on de ces quelques centaines de mots celtes au chiffre de 998 – 2 à 3 fois plus grand ? Le choix qui préside à cette liste a été de ratisser large. Nous avons pris tous les mots rencontrés susceptibles d’être celtes, du moment que l’argumentation est sérieuse et sourcée. Nous y avons aussi intégré tous les mots qui ont fructifié à partir d’une racine celte, même de façon très lointaine, même si Vercingétorix ne les a jamais prononcés lui-même. Pour faire bonne mesure, nous avons semé dans la liste quelques mots gaulois jumeaux du latin, issus de la langue mère indo-européenne, mais sans les comptabiliser dans notre statistique (dans la liste, ils ne sont pas en gras).

Au final, l’image que cette liste renvoie des anciens Celtes est cohérente avec ce que les archéologues ont établi (et qu’Erik Orsenna semble totalement ignorer). Leur civilisation n’était ni risible, ni négligeable ; elle a prospéré sur une bonne partie du continent et exercé une influence mesurable sur les voisins latins et germains. Comme en attestent de nombreux mots, les Celtes les surclassaient en céréaliculture, en élevage, dans le travail du bois et dans celui du métal, au point de conquérir la première place dans l’industrie antique du transport.

Il n’en reste pas moins qu’ils ont fini par être conquis par César. Les légions ont redéfini l’identité linguistique de la France : au bas mot, 87 % du lexique français moderne est latin (et c’est un minimum). Selon nos calculs, plutôt larges, la part du celte est seulement de 1 à 3 %.

Orsenna peut donc se frotter les mains : en 52 avant JC, nos ancêtres ont bénéficié d’un grand enrichissement de leur vocabulaire…

Alouette, aloyau / alauda, alouette, mot gaulois cité par Pline, nom d’une légion romaine recrutant des Gaulois ralliés.

Alpe, alpage, alpestre, alpin, alpinisme, alpiniste / du nom de la chaîne de montagne / d’une racine gauloise albos, monde lumineux ou blanc / à rapprocher d’Albion, un des noms de la Grande-Bretagne

Ambassade, ambassadeur / gaulois ambactos, vassal, membre de l’entourage d’un prince. A donné aussi l’allemand Amt, bureau

Ambiance / du latin ambi, autour / racine gauloise jumelle ambi, autour / indo-européen ambhi, autour

Pour lire la suite, c’est ici !

Cancel Culture, wokisme, puérilité des séries américaines : l‘actrice franco-américaine Beatrice Rosen nous en parle…

Jean-Paul Brighelli : « L’école fabrique des consommateurs semi-illettrés »

Jean-Paul Brighelli

25/04/2022 – FRANCE (NOVOpress)
L’École de la transmission des savoirs et de la formation des citoyens est à l’agonie. Elle accomplit aujourd’hui ce pour quoi on l’a programmée voici un demi-siècle : adaptée aux nécessités du marché, elle fabrique à la chaîne une masse de consommateurs semi-illettrés et satisfaits d’eux-mêmes. Soucieuse d’élaborer enfin l’égalité promise par la République en nivelant par le bas, elle a réussi à détruire ce que la France avait mis deux cents ans à élaborer.

Pourquoi l’Éducation nationale a-t-elle autorisé les dérives successives qui ont amené à l’apocalypse scolaire ? Jean-Paul Brighelli, agrégé de Lettres, qui a enseigné pendant 45 ans, répond à cette question dans son dernier ouvrage « La fabrique du crétin – Vers l’apocalypse scolaire« , le tome 2 de son succès d’édition, déjà vendu à 150 000 exemplaires.


Renaud Camus – L’entretien qu’a choisi de ne pas montrer La Chaîne Parlementaire

12/04/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Le 31 janvier 2022, un journaliste de Nova Productions est venu interroger pendant une heure et demie Renaud Camus dans le cadre d’un reportage sur le Grand Remplacement.

Le reportage, entièrement à charge, ne dit pas un mot des écrits de Camus. Pas un mot non plus n’est prononcé sur le contenu du livre « Le Grand Remplacement ». L’interview de Camus elle-même est passée à la trappe, à part quelques maigres extraits, au début et à la fin du « documentaire ».

Le reportage est construit de la façon suivante :
– remplacer « Le Grand Remplacement » de Renaud Camus par une théorie complotiste antisémite ;
– demander à Hervé Le Bras de nier le changement de peuple ;
– interroger des victimes d’épouvantables attentats d’extrême-droite ;
– insinuer que Camus pousse au massacre.

C’est pourquoi nous diffusons maintenant l’intégralité de cette interview. Nous vous prions de bien vouloir nous excuser de la qualité sonore très minimale de l’enregistrement (nous ne disposions que d’un simple téléphone portable, posé sur une table).


Le cœur plus que jamais rebelle de Dominique Venner

Venner

Dominique Venner, plus vivant que jamais ? Roland Rochefort, qui dirige la publication des « Carnets rebelles » de Dominique Venner aux éditions de La Nouvelle Librairie et qui vient de signer l’introduction du second volume, nous explique pourquoi.

ÉLÉMENTS : Vous êtes le responsable de l’édition des Carnets rebelles de Dominique Venner ? Quel chantier avez-vous encore devant vous ?

ROLAND ROCHEFORT. Pour l’heure, nous sommes en train de travailler sur le troisième volume : la retranscription des manuscrits touche à sa fin, nous sommes sur le point de les faire passer à la phase de correction. Ensuite, une fois cette étape achevée, il nous faudra les mettre en page, rédiger une introduction, une préface et une quatrième de couverture que nous adjoindrons aux carnets, avec un beau portrait de Jacques Terpant, Dominique Venner à chacune des grandes périodes de sa vie, et le choix d’un préfacier. Sur l’ensemble du projet, nous prévoyons que l’ensemble des Carnets rebelles comptera une dizaine de volumes. Le contenu des carnets étant très hétérogène (notamment en termes de longueur), il est difficile pour l’heure d’établir le nombre exact de volumes à paraître.

ÉLÉMENTS : Comment en êtes-vous venu à travailler sur les Carnets ?

ROLAND ROCHEFORT. J’ai milité pendant plusieurs années dans les rangs identitaires, jusqu’à la dissolution de Génération identitaire en mars 2021. C’est dans le cadre de mon engagement politique que j’ai fait la connaissance des Éditions de la Nouvelle Librairie qui m’ont approché en mars 2020 pour travailler sur ce projet. Une telle proposition n’était pas seulement une opportunité professionnelle, mais surtout une véritable consécration militante, puisque Dominique Venner compte parmi les parrains intellectuels de notre mouvement : Histoire et traditions des Européens et Pour une critique positive faisaient partie des lectures obligatoires pour tout militant identitaire qui se respecte. Logiquement, être sollicité pour œuvrer à la publication des écrits posthumes de Dominique Venner est un grand honneur et un privilège autant qu’un devoir militant. La Nouvelle Librairie m’a également confié le soin de rédiger des introductions pour chaque volume des Carnets rebelles, exercice certes difficile mais très enrichissant, puisque c’est l’occasion de porter un regard neuf et synthétique sur l’œuvre et sur l’existence d’une des figures majeures de la pensée identitaire européenne.

ÉLÉMENTS : On sait combien Dominique Venner était pudique. Lève-t-il un peu le voile sur sa personnalité ?

ROLAND ROCHEFORT. Oui, il ne fait aucun doute que les Carnets permettent d’accéder à la vie intime et aux réflexions personnelles de Dominique Venner, et donc de mieux saisir sa personnalité. Cela dit, la pudicité de Venner n’était pas qu’une façade, mais bien un trait de caractère profondément ancré chez lui, ce qui signifie qu’à aucun moment il ne se livre à des épanchements émotionnels. Les Carnets confirment la grande cohérence de sa personnalité et la droiture de son caractère : il ne sombre jamais dans l’obscénité ou dans le sentimentalisme et s’astreint à la « tenue » et à la sobriété, même dans l’intimité de l’écriture personnelle. Il y révèle cependant plusieurs traits de caractère qui n’apparaissaient pas dans son œuvre : un goût certain pour le jeu de la séduction, la fascination pour l’insouciance aventureuse de l’enfance et une estime des personnalités originales, voire fantasques, pour autant que cette excentricité ne serve pas de paravent à la médiocrité. Il est la preuve que la discipline la plus haute n’est pas synonyme de morosité, bien au contraire.

ÉLÉMENTS : Quelle place ces Carnets posthumes occuperont-ils dans l’œuvre de Dominique Venner ?

ROLAND ROCHEFORT. Les Carnets permettent de compléter l’œuvre magistrale de Dominique Venner : ils en constituent la pierre manquante. On connaît le Venner engagé volontaire en Algérie, le Venner militant politique, le Venner chasseur et le Venner historien, mais il était difficile de reconstituer l’entièreté et la cohérence du personnage tant que l’on n’avait pas accès aux détails biographiques et aux réflexions personnelles qui étaient jusque-là invisibles pour le lecteur moyen. Grâce aux Carnets, nous sommes désormais capables de reconstituer l’itinéraire complet de leur auteur.

Personnellement, je considère les Carnets comme un approfondissement de la démarche commencée dans Le Cœur rebelle et poursuivie dans Un Samouraï d’Occident : ils sont à la fois une œuvre autobiographique, un recueil de méditations, une mosaïque historique du xxe siècle français et européen ainsi qu’un manuel d’éthique pour les dissidents de notre temps. Les Carnets rebelles ne sauraient remplacer le reste de son œuvre. Ils constituent son parachèvement. C’est pourquoi je conseillerais aux lecteurs qui souhaiteraient se familiariser avec le travail de Dominique Venner de commencer par lire ses livres d’histoire et ses écrits plus politiques, tels que Pour une critique positive ou Le Cœur rebelle, et de compléter cette démarche par la lecture des Carnets dans un second temps.

Pour lire la suite, c’est ici !

Hubert Védrine, le briseur d’idoles ou la géopolitique à coups de marteau

Hubert Védrine

Une politique étrangère digne de ce nom est pragmatique. Elle ne se pique pas de changer l’homme, de régénérer ou de corriger le monde. Depuis 30 ans, Hubert Védrine tente de l’expliquer à une intelligentsia de gauche dont l’humanisme velléitaire est aujourd’hui complètement dépassé par le réel ukrainien.

« Il est triste quand on s’endort dans une bergerie de trouver à son réveil les moutons changés en loups ». Ces mots de l’historien Hippolyte Taine auraient pu figurer en exergue du livre d’Hubert Védrine. L’ancien conseiller diplomatique de Mitterrand et ministre des Affaires étrangères de Jospin diagnostique le mal qui nous affecte, nous, Européens, et qui nous a condamnés, jusqu’à présent, à l’impuissance : un redoutable et funeste désarmement intellectuel (« Les Européens n’ont plus les outils mentaux pour penser le fait que l’histoire est une compétition de puissances »), un « vide de la pensée stratégique » dans lequel « le droit-de-l’hommisme et l’européisme se sont engouffrés ».

Ce mal n’est toutefois pas sans remède. Et lire, et méditer Une vision du monde (Bouquins, 2022), c’est commencer de se réarmer intellectuellement.

Le président ukrainien Zelensky ne nous facilite guère la tâche ! En exhortant le peuple français, lors de son intervention du 23 mars devant la représentation nationale, à se mobiliser toujours plus ardemment contre « une guerre faite à la liberté, l’égalité et la fraternité », il ne flattait que trop notre propension à fuir la politique dans la morale. Or, si ce conflit doit avoir quelque vertu, c’est bien de nous rappeler à l’urgence de renouer avec une vision stratégique des relations internationales, avec une conception géopolitique du monde.
Une réflexion longue de trente ans

« Moment historique », « retour du tragique », « retour de l’histoire » nous promet-on. Ou, plus rigoureusement retour des Européens et des Français dans l’histoire, car ni l’histoire, ni le tragique ne s’étaient exilés, nous les avions simplement écartés de notre horizon pour cause de non-conformité avec le grand récit progressiste. C’en serait fini du déni. Puissance, intérêts nationaux, rapports de force, étoffe dans laquelle le réel est taillé avec laquelle désormais nous composerions. Cette fois-ci serait donc la bonne.

Nous voudrions y croire. Certes, l’Union européenne (U.E.) marche comme un seul homme, Poutine aura cimenté une communauté réputée pour ses divisions. L’Occident (Europe et Etats-Unis) s’avance sur la scène du monde autrement que la corde au cou et le genou à terre. L’OTAN, diagnostiquée en état de mort cérébrale, est en voie de résurrection. Toutefois, qu’on nous permette de faire montre de scepticisme. Le traitement médiatique réservé au conflit ukrainien, outrageusement sentimental, augure mal de la suite. Ce que Hubert Védrine appelle « l’humanitarisme médiatisé » et qu’il analyse comme un des obstacles majeurs à toute politique étrangère digne de ce nom est à son comble. Le mal cristallise dans la figure de Poutine, manifestement plus aisé à jeter aux gémonies que l’islamisme (paralysie du pas d’amalgame). Pour le reste, on se rassure : solidarité et générosité exceptionnelles, chants – ah, cette petite Ukrainienne âgée de sept ans, qui chantait dans un bunker et, exilée en Pologne, loin de ses parents, se voit propulsée sur la scène du monde au travers des réseaux sociaux, interprétant l’hymne national de son pays lors d’un concert caritatif devant un auditoire impressionnant ! Bref, l’humanité est une et tout le monde s’aime.

Les journalistes – à commencer par la revue de presse de Claude Askolovitch expert ès lyrisme kitsch sur France Inter – semblent toujours et d’abord préoccupés à former des claviers qui vibrent, qui pleurent et qui s’émerveillent plutôt que des collaborateurs conscients des dirigeants qu’ils se sont donnés, comme eût dit Marc Bloch. Quant aux pressions qui s’exercent sur les entreprises françaises afin qu’elles se retirent de Russie, elles s’élèvent dans l’oubli et/ou le mépris de ce que « chaque fois que l’Occident ostracise un pays en le décrétant ‟voyou”, les Chinois se précipitent pour établir des accords privilégiés », ainsi qu’en avertit encore, et depuis des années, Hubert Védrine. Les Chinois, mais aussi d’autres puissances émergentes. On sait ainsi, dans le cas de Renault en Russie, que les Indiens sont aux aguets. Ces pressions, ces sommations prouvent que les intérêts nationaux sont loin d’avoir recouvré toute leur légitimité.

Pour lire la suite, c’est ici !

Laurent Obertone : « L’effondrement qui vient fera mal »

05/04/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Dans son dernier essai, Game Over, publié aux éditions Magnus, maison d’édition qu’il a cofondée avec Laura Magné, Laurent Obertone complète les constats dressés dans ses précédents ouvrages et propose une série de solutions concrètes et radicales pour permettre aux Français de reprendre leur destin en main et de retrouver leur âme.

À quelques jours de l’élection présidentielle, Laurent Obertone explique notamment pourquoi il ne faut, selon lui, rien attendre de la grand-messe électorale et pourquoi les Français doivent désormais sortir du jeu, se prendre en main et ne compter que sur eux-mêmes afin d’être prêt à faire face à l’effondrement qui vient.

Il a accordé cet interview à Epoch Times.


Amazon et le Seigneur des anneaux : l’Europe face au Mordor, par Clément Martin (Les Identitaires)

seigneur anneaux

Le 4 février dernier, Amazon Prime Video lançait une grande campagne promotionnelle pour annoncer la sortie en septembre 2022 d’une série basée sur l’univers du Seigneur des anneaux, intitulée Les Anneaux de pouvoir. Rapidement, de nombreux fans de l’univers épique imaginé par J.R.R. Tolkien ont protesté contre la présence massive et injustifiée d’acteurs noirs dans la série. Sans surprise, les gardiens de la bien-pensance ont redoublé d’indignation pour dénoncer le racisme et le passéisme d’une société européenne pas encore suffisamment rééduquée. Mais d’où vient cette ardeur progressiste à vouloir se débarrasser des personnages blancs de la culture populaire européenne ?

Le Seigneur des Anneaux, testament pagano-chrétien

Conçue dans les années 50 par le philologue et poète britannique John Ronald Reuel Tolkien, la trilogie du Seigneur des Anneaux constitue une œuvre majeure dans la culture populaire européenne – non seulement par ses personnages profondément humains (qu’ils soient Hommes, Elfes, Hobbits ou Nains, par ailleurs), ses dialogues mémorables ou la richesse de son univers, mais parce qu’elle constitue un testament littéraire profondément enraciné dans la mémoire européenne. Les légendes de la Terre du Milieu sont à la fois une reformulation de la vision du monde chrétienne (Tolkien était un catholique convaincu) mais elles sont également inspirées par les héritages germaniques, scandinaves ou celtes de la vieille Europe. À la croisée des légendes arthuriennes, de la chevalerie homérique et de Beowulf, la mythologie du Seigneur des Anneaux fait désormais partie intégrante de l’inconscient collectif des Européens. Elle est aussi la preuve que, tant que nous serons capables de retourner aux sources de notre identité, nous serons toujours capables de concevoir des mythes capables de nous inspirer et de nous guider.

La diversité à marche forcée

La multiplication des personnages non-Blancs (et bien souvent LGBT) dans les œuvres classiques et populaires de l’Europe n’est pas une simple coïncidence : il s’agit d’une volonté délibérée de procéder à un coup d’État de l’imaginaire européen et d’y substituer le culte du métissage, de la culpabilisation et du remplacement ethnique.

Certains (comme Gabriel Robin, journaliste à L’Incorrect), se demandent pourquoi les studios ne préfèrent pas raconter les histoires et les mythes de l’Afrique, plutôt que d’insérer des Africains dans les histoires européennes. La réponse est que personne ne souhaite que cela se produise. Pour les producteurs, le plus souvent animés par un ethnomasochisme délirant et totalement acquis à l’immigrationnisme, intégrer au forceps des extra-Européens dans les œuvres classiques de l’Europe a pour fonction d’habituer les Européens à cohabiter (même dans leur imaginaire) avec les immigrés et leurs descendants. Le message est clair : il n’y a nulle part où se cacher. L’idée même de l’existence d’un endroit (concret ou imaginé) dans lequel on ne rencontrerait pas d’Africains ou de Maghrébins est insupportable : inévitablement, la comparaison avec les lieux de « cohabitation » multiculturelle rendrait les sanctuaires non-remplacés ardemment désirables. L’adaptation cinématographique de Peter Jackson de 2001 avait laissé une marque profonde et durable dans l’imaginaire des Européens de l’époque. À ce titre, il était évidemment inacceptable qu’elle continue à valider l’idée chez les jeunes générations que les mythes européens ont été conçus par eux et pour eux.

Quant au public européen (même de gauche), son intérêt ne se porte tout simplement pas sur la culture africaine, qui aura bien du mal à le faire rêver. Et les Africains vivant en Europe, malgré l’exaltation bruyantes de leurs racines, ne sont pas plus intéressés par la mémoire de leurs ancêtres, mais bien par la vengeance sur le colonisateur européen.

Pour que cesse la défiguration de notre culture sous les coups de la diversité, il est temps de prendre conscience qu’elle constitue un enjeu politique majeur, pour nos ennemis bien entendu, mais surtout pour nous. Car c’est ce patrimoine qui nous définit, il nous incombe de le défendre.

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Colloque de l’Iliade « Restaurer le politique » : Entretien avec Romain Petitjean

colloque iliade

Paris Vox a publié cet entretien avec Romain Petitjean en charge de la coordination et du développement de l’Institut Iliade avant l’organisation de leur prochain colloque annuel.

Que peut-on attendre de ce neuvième colloque ?

Du foisonnement et de la vie !

Foisonnement intellectuel tout d’abord grâce au thème exigeant du politique qui sera traité une semaine avant le premier tour de l’élection présidentielle. Où se trouve vraiment le pouvoir ? Qui est l’ami ? Qui est l’ennemi ? Quels sont les alliés et les adversaires ? Les élections sont-elles notre seul horizon ? Comment imposer et diffuser nos thèmes dans le champ électoral mais aussi dans les autres champs de pouvoir ?

Foisonnement communautaire ensuite, le colloque annuel de l’Institut Iliade qui réunit plus d’un millier de personnes étant LE rendez-vous le plus important des identitaires en France. La Vie pleine et entière comme nous la revendiquons s’exprime et s’épanouit dans l’environnement esthétique que nous nous attachons toujours à soigner, et à travers les dizaines de stands d’exposants. Sans oublier la garderie qui permet d’accueillir les enfants et les familles (première unité politique attaquée frontalement par le système marchand déconstructeur) ni la buvette qui reprend, après la parenthèse malheureusement pas totalement refermée de la coronafolie, enfin ses droits !

Quel sens ont la politique et le citoyen à l’heure d’un monde ultra connecté ?

La connexion à outrance, l’horizontalité de la transmission des savoirs, la fluidité des échanges peuvent donner la fausse impression d’un lien entre les citoyens et la vie de la Cité. Il n’en est malheureusement rien, surtout dans un monde de consommateurs indifférenciés qui s’ébattent dans des sociétés ethniquement et culturellement hétérogènes.

Seuls une certaine verticalité, des corps intermédiaires solides, une subsidiarité naturelle, une dimension sacrée indispensable à nos vies et surtout le lien intime entre substrat ethnique et territoire, permettent une réelle démarche politique. C’est tout le sens de notre engagement.

Le premier tour de l’élection présidentielle se tient le 10 avril. L’Iliade réunit son colloque annuel une semaine plus tôt. L’identité sera-t-elle l’enjeu majeur de cette élection ?

Nous le souhaitons ardemment.

Les lubies assimilationnistes des républicains hors-sols, mais aussi d’une partie de la dissidence nous ont fait perdre énormément de temps alors même que les Européens, et le peuple Français, attendent de retrouver le souffle de l’histoire, le génie et la grandeur qui est la leur. Ça ne peut se faire qu’après avoir reconcilié ethnos et polis.

La justice sociale, la protection de notre environnement, notre génie créateur et explorateur sont autant d’objectifs qui sont aujourd’hui freinés à la fois par le système de la marchandise, le Grand Remplacement de nos peuples et le Grand Effacement de notre mémoire. Il faut s’attaquer de front à ces périls et le reste suivra !

L’Institut Iliade s’exporte bien, son manifeste est aujourd’hui traduit en Italien, un colloque a été tenu récemment en Espagne. L’avenir de l’Iliade s’écrit-il désormais en Europe ?

L’ensemble de nos livres est désormais traduit, ou en cours de traduction en anglais, en italien, en allemand et en espagnol. C’est évidemment par ce biais-là, celui de la doctrine et du corpus idéologique, que nous entretenons des liens avec les intellectuels et les militants de toute l’Europe.

Nous avons des correspondants dans de nombreux pays et mois après mois, nous activons ce réseau.

L’Institut Iliade a choisi un développement stratégique pérenne. Après huit années d’existence, l’Iliade possède une maturité suffisante pour accélérer son rayonnement international. Nous sommes lus et attendus.

Nous sommes aussi à l’affût des auteurs émergents dans les pays européens.

Découvrir le programme : https://institut-iliade.com/iliade/colloque-iliade-2022/

Tribune reprise de Paris Vox

Paris – Conférence-dédicace Renaud Camus à Paris le 18 mars 2022

Laurent Obertone : « Game Over », la révolution sera anti-politique ou ne sera pas ?

Obertone

17/03/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Y-a-t-il trop de politique en France ? Quelques jours avant l’élection présidentielle, focus sur la mainmise de l’État dans nos vies. Pour en parler, le journaliste Laurent Obertone était l’invité de “Bercoff dans tous ses états » pour son livre « Game Over – La révolution antipolitique » aux éditions Magnus.

Et si les Français n’en pouvaient plus de la politique ? Et si l’avenir du pays, la solution aux nombreux problèmes qui se posent, se situaient hors du champ politique, hors du jeu électoral, hors du « système » ? Quelques semaines avant l’élection présidentielle, le journaliste Laurent Obertone jette un nouveau pavé dans la marre, et appelle à une nouvelle voie, particulièrement contestataire.

Ce n’est plus une surprise pour personne. Laurent Obertone n’aime pas le « système ». Le journaliste contestataire, auteur du titre à succès Guerilla, s’interroge dans son dernier livre, Game Over – La Révolution antipolitique (éd. Magnus) sur notre capacité à sortir du schéma politique qui prévaut en France depuis des années. Une question particulièrement piquante à quelques jours de l’élection présidentielle.

Pour Laurent Obertone, l’État « régule tout »

Dans ce dernier livre, particulièrement anti-démocratique, le journaliste pointe du doigt un par un les gros problèmes qui secouent le pays. On passe de l’immigration de masse à la violence dans les rues, sans oublier les médias, la privation de libertés, la crise économique, la fiscalité, la morale, l’idéologie dominante. Laurent Obertone tente ainsi d’apporter des solutions à chaque thème, mais d’une manière particulière : des solutions qui n’imposent aucun parti, aucun État, aucune élection. Des solutions venues du peuple, par le peuple, pour le peuple. Mais sans ses élus.

« L’État s’est arrogé des compétences massives dans tous les domaines. Aujourd’hui, il régule tout. L’industrie, la façon dont on mange, dont on s’habille, dont on circule, dont on pense, dont on éduque nos enfants, etc. Dans tous ces domaines, il a pris une importance incontournable. C’est l’arbitre des élégances et des âmes. J’ai constaté une relation assez nette entre la prise de pouvoir de l’État sur des domaines, et leur effondrement. Plus l’État s’en mêle, moins ça va. Plus ça coute cher, et plus nous sommes dans une situation critique, explique Laurent Obertone sur Sud Radio.

Un état d’abrutissement généralisé

Moralité, pour Laurent Obertone, le citoyen a délégué beaucoup trop de ses propres compétences aujourd’hui. « Quand on s’habitude à une telle situation, l’État devient le cerveau principal. On oublie de réfléchir par nous-même. Et je pense que c’est aussi pour cela qu’il y a cet état d’attentisme et d’abrutissement généralisé. On nous parle comme à des débiles congénitaux. Cette prise en charge de l’État dans à peu près tout dans notre quotidien nous dépossède complètement de nos responsabilités élémentaires, et donc de notre existence« , ajoute le journaliste.

Moins de politique

Sur l’exemple de l’immigration, mais également à partir d’autres sujets, le journaliste pose aujourd’hui un constat sans appel : la France a besoin de moins de politique. « L’État n’est pas dans l’état d’esprit de faire appliquer les lois les plus élémentaires. Le problème de la politique, on le voit avec les élections. On est dans une campagne de rut démocratique. Après cela, tout va s’arrêter et il faudra attendre cinq ans pour que tout s’emballe de nouveau. Cela dévie l’attention. On remet notre destin dans les mains du grand spectacle politique. On oublie que pour reconquérir le pays, il faut commencer par les esprits« , estime Laurent Obertone.

Ce dernier croit à la puissance des masses. « Si on arrive à convaincre une masse critique de mettre les pieds dans le plat, de ne pas attendre un messie sorti des urnes, alors elle pourra initier ce changement profond des esprits, qui emportera tout dans son passage« , lance le journaliste, qui ne croit pas également aux outsiders de la politique, à l’image d’Éric Zemmour, qui quand bien même il arrivait au pouvoir, serait pieds et poings liés par une administration vent debout contre lui, avant de se faire remplacer cinq ans après. Face à cela, Laurent Obertone propose une autre voie : l’éveil des esprits, et l’action anti-politique. Tout un programme…