« Une découverte unique en son genre » à Carnuntum (Autriche)

« Une découverte unique en son genre » à Carnuntum (Autriche)

28/09/2011 – 16h00
CARNUNTUM (NOVOpress) — Selon une information parue début septembre sur le site du quotidien autrichien Der Kurier, des chercheurs ont trouvé enfouie à Carnuntum, ville romaine fortifiée édifiée par le futur empereur Tibère sur les bords du Danube au premier siècle de notre ère, une école de gladiateurs dont l’état de conservation serait exceptionnel. Cette découverte, réalisée il y a 3 semaines, est dores et déjà considérée comme une sensation archéologique.

Une équipe internationale de l‘institut Ludwig Boltzmann pour la prospection archéologique et l’archéologie virtuelle (Ludwig Boltzmann Institut für Archäologische Prospektion und Virtuelle Archäologie) a fait, en collaboration avec le parc archéologique de Carnuntum (Archäologischer Park Carnuntum, dans le district de Bruck sur la rivière Leitha), une découverte sensationnelle sur le site même du parc. Grâce aux appareils les plus modernes, les chercheurs ont pu découvrir enfouie sous terre une école de gladiateurs vieille de 1700 ans. Des experts affirment que seul le Colisée peut être comparé avec cette école, d’une superficie totale de 11 000 m².

« Cette découverte est unique au monde du fait de sa dimension et de son degré de conservation », selon Wolfgang Neubauer, de l’institut Boltzmann. Franz Humer, le directeur scientifique du parc archéologique, a indiqué au Kurier que « cela n’est certainement pas la dernière découverte que nous allons faire à Carnuntum au cours des prochains mois et années. »

Vue de Carnuntum en 3D. Crédit photo : arnuntum.co.at
Vue de Carnuntum en 3D. Crédit photo : arnuntum.co.at

Cet antique lieu de formation et de résidence hébergeait 40 à 60 gladiateurs. Les combattants victorieux pouvaient devenir de véritables célébrités. Neubauer pense cependant que « l’espérance de vie ne dépassait généralement pas quatre à cinq combats. » Pour beaucoup de gladiateurs, le combat était pourtant la seule manière de parvenir à la notoriété et aux honneurs : une grande partie d’entre eux avait un statut d’esclave, auquel la victoire donnait la perspective d’une vie libre. Wolfgang Neubauer compare le destin des combattants à « une espèce de loto antique prenant la forme d’un jeu avec la mort ».

Les recherches ont démontré que l’école était caractérisée par sa complexité : elle disposait de sa propre alimentation en eau avec raccordement à la canalisation, et ses tribunes et installations de bains témoignaient de dimensions gigantesques. L’arène de formation de Carnuntum avait un diamètre de 19 mètres, un bâtiment de formation ayant quant à lui une surface de 100 m².

Les prises réalisées en quelques heures seulement avec les appareils de radar au sol montrent des tracés et des murs de fondation qui ont permis ensuite de réaliser une simulation 3D animée. Même les sols recouverts d’un enduit ont été conservés, « quelque chose de tout à fait unique », aux dires de Neubauer.

Sollicité de répondre à la question de la date à laquelle les fouilles commenceront, Neubauer a répondu par une comparaison avec la médecine : « Il est judicieux, avant toute opération, de faire tous les examens tomographiques possibles avant de commencer à inciser ». En bref : l’école de gladiateurs restera ensevelie pendant quelque temps encore. Pour le patron de la Basse Autriche Erwin Pröll, cette découverte représente véritablement « un fait saillant dans le domaine de l‘archéologique ».

[box class=”info”]En savoir plus sur le complexe de Carnuntum : www.carnuntum.co.at[/box]
Crédit photo : Der Kurier

[Kiosque étranger] Odyssey Marine, compagnie “pirate”, touche le gros lot du gouvernement britannique

[Kiosque étranger] Odyssey Marine, compagnie "pirate", touche le gros lot du gouvernement britannique

27/09/2011 – 16h00
LONDRES (NOVOpress) – Odyssey Marine, une compagnie spécialisée dans la recherche et le sauvetage de trésors sous-marins, vient de conclure un accord avec le gouvernement britannique pour le partage des gains issus du trésor du SS Gairsoppa, un vieux cargo chargé avec 200 tonnes d’argent, coulé par les allemands en février 1941.

Retrouvée à près de 4000 mètres de profondeur, l’épave repose sur le fond, les panneaux de cale ouverts, ce qui va simplifier l’accès à la cargaison pour les robots qui seront envoyés depuis la surface pour explorer le site, où l’attend près de 150 millions d’euros sous la forme de pièces et de barres d’argent convoyée de Calcutta à Londres.

Cette compagnie américaine est connue pour ses méthodes proches de la piraterie, ne s’embarrassant jamais de considérations archéologiques dans sa recherche de métaux précieux.

Un procès retentissant l’oppose toujours au gouvernement espagnol sur la possession de 500.000 pièces d’argent volées dans une épave espagnole, coulée par les Anglais au large de Cadix en 1804. Il est dommage que cet article de Cahal Milmo, un des grands enquêteurs de l’Independent, n’en dise pas un mot.

Jeudi 29 septembre 2011 à Orange : “L’épée n’a jamais émoussé la plume, ni la plume l’épée”

Jeudi 29 septembre 2011 : "L'épée n'a jamais émoussé la plume, ni la plume l'épée"

Rencontre littéraire jeudi 29 septembre à partir de 19h30 autour de Bruno Favrit (essayiste) et Philippe Vardon (responsable identitaire) au théâtre municipal d’Orange (Vaucluse), organisée par l’association Lou Faro.

Bruno Favrit : “Vitalisme et vitalité”

Philippe Vardon : “Eléments pour une contre-culture identitaire”

Discussion – dédicace – Apéritif.

Paf : 5 €
Renseignements : loufaro@gmail.com

Soirée “Contre-Culture” à Paris : une belle soirée !

Soirée "Contre-Culture" à Paris : une belle soirée !

26/09/2011 – 10h00
PARIS (NOVOpress) – La Barricade (15ème arrondissement de Paris) affichait complet vendredi soir à l’occasion de la soirée “Contre-Culture” organisée par les jeunes identitaires parisiens du Projet Apache.

Une centaine de personnes s’était rassemblée pour assister à la présentation du livre de Philippe Vardon, “Eléments pour une contre-culture identitaire”.  Un sympathique concert en acoustique a ensuite eu lieu. Pendant que certains se faisaient dédicacer l’ouvrage du leader de Nissa Rebella, d’autres échangeaient autour d’un verre.

A noter qu’une vingtaine d’individus a tenté de gâcher la fête, en fin de soirée. Casquée et armée, la bande s’est aventurée au début de la rue de Cadix, mais son expédition a tourné court. Les militants identitaires sortis les plus rapidement (premiers sortis, premiers servis), pour certains le livre de Philippe Vardon à la main (la culture est bien la meilleure des armes !), ont repoussé les agresseurs venus attaquer une soirée où se trouvaient plusieurs femmes enceintes. Ces derniers ont couru très vite, rivalisant ainsi avec les exploits de l’athlète Christophe Lemaitre.

“Éléments pour une contre-culture identitaire” : Philippe Vardon sur Radio Courtoisie [audio]

“Éléments pour une contre-culture identitaire”

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25/09/2011 – 08h30
PARIS (NOVOpress) –
Ce samedi 24 septembre à midi, dans Le Libre journal des lycéens de Radio Courtoisie, Romain Lecap et Xavier Delaunay ont reçu Philippe Vardon-Raybaud pour analyser les éléments d’une contre-culture identitaire, sujet qui vient de faire l’objet d’un livre de ce responsable du mouvement identitaire et président de Nissa Rebela.

Georges Feltin-Tracol, animateur du site Europe Maxima et Pascal Lassalle participaient à l’émission.

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L’histoire de l’Afrique doit-elle être enseignée dans le secondaire aux dépens des fondamentaux de l’histoire de France ?

L’histoire de l’Afrique doit-elle être enseignée dans le secondaire aux dépens des fondamentaux de l’histoire de France ?

Par Bernard Lugan

[box] L’histoire des mondes non européens a toujours figuré dans les programmes scolaires, cependant, elle n’était pas enseignée aux dépens de l’histoire de France. De plus, cette nécessaire ouverture ne se faisait qu’à partir du moment où les fondamentaux de notre histoire étaient acquis par les élèves. Aujourd’hui, il en va tout autrement avec la réforme Darcos qui prépare le délitement de l’imaginaire historique national, ce précieux socle auquel les Français sont encore arrimés. [/box]

Les ravages commencent désormais dès la classe de 5° qui a subi des amputations insensées et même proprement « ubuesques » de son programme d’histoire. Or, ces amputations ont été rendues nécessaires afin de dégager autant de plages horaires destinées à l’étude des civilisations non européennes, qu’elles soient africaines, asiatiques ou autres. Pour ce qui concerne l’Afrique, seront ainsi étudiés plusieurs royaumes avec un point central, celui du Mali. Pour leur « faire de la place », Louis XIV a donc été relégué en toute fin de programme et il ne sera donc « survolé » que si le Monomotapa (!!!) a été vu. De même que les crédits de l’armée constituent la variable d’ajustement des déficits de l’État, l’histoire de France devient quant à elle la variable d’ajustement des apprentis sorciers du ministère de l’Éducation nationale.

Toute éducation supposant l’acquisition de fondamentaux et de connaissances de base sans lesquelles il est impossible ou vain de vouloir aller plus loin, il est donc insensé de vouloir faire apprendre l’histoire du Mali à des enfants qui ne savent pas si Napoléon a vécu avant ou après Louis XIV…Les « docteurs Folamour » du pédagogisme ne l’ignorent pas. Ils en sont même parfaitement conscients, mais ce sont d’abord des militants dont le but est de casser tous les enracinements européens considérés par eux comme susceptibles de déclencher des réactions identitaires.

Ne nous cachons pas derrière notre pouce et disons les choses clairement : le premier but de cette aberrante réforme de l’enseignement de l’histoire est de toucher le public de ces établissements mosaïques dans lesquels 30 à 40% d’élèves possédant moins de 350 mots de vocabulaire, ne sachant ni lire, ni écrire, ni même raisonner et encore moins comparer, pourrissent littéralement l’apprentissage de classes entières. Les assassins de notre mémoire espèrent, grâce à cette réforme, capter l’attention de ces auditoires « difficiles » et avant tout peu intéressés par l’histoire de France, en leur proposant une histoire sur mesure, une histoire à la carte, une histoire ethno sectorielle en quelque sorte.

Les élèves d’origine mandé-malinké de Tremblay en France seront peut-être attentifs à l’histoire de l’empire du Mali qui fut constitué par leurs ancêtres, mais il risque de ne pas en être de même avec les petits soninké de Garges les Gonesse, héritiers, eux, du royaume de Ghana qui fut détruit par les premiers… De plus, comment vont réagir les rejetons des nombreux autres peuples africains ? N’y a-t-il pas une forme de discrimination à leur égard ? En effet, pourquoi privilégier le Mali ou le Ghana et passer sous silence l’empire Luba et le royaume zulu ?

Un autre but de ce programme qui fait naturellement de continuelles références à la traite des esclaves vue comme une sorte de fil conducteur de la matière, est de tenter de faire croire aux élèves que l’histoire du monde est d’abord celle de la confrontation entre les méchants, lire les Européens, et les bons, lire les autres. L’ethno culpabilité est décidément sans limites !

De plus, et là est peut-être le plus important, l’histoire de l’Afrique a son propre temps long qui n’est pas celui de l’Europe. Elle s’appréhende avec une méthodologie particulière impliquant une maîtrise de la critique des sources orales, une connaissance approfondie de l’anthropologie, de l’archéologie, de la linguistique, etc., Or, les professeurs qui vont devoir enseigner cette histoire à leurs jeunes élèves n’ont pas été formés pour cela.

Un exemple : la connaissance que nous avons de Philippe le Bel repose sur des dizaines de milliers d’études, de thèses, de documents d’archives, de mémoires, de correspondances, de traités etc. Son contemporain, Abu Bakr II empereur du Mali (+- 1310-1312), dont l’existence n’est même pas certaine, n’est connu que par des traditions orales tronquées, des sources arabes de seconde ou même de troisième main et par une chronologie totalement erronée établie par Maurice Delafosse en 1912. L’histoire de son bref règne, s’il a véritablement eu lieu, est pourtant largement enseignée en Afrique où ce souverain est présenté comme une sorte d’explorateur conquistador parti à la tête de 2000 ou même 3000 pirogues pour découvrir les Amériques.

Les professeurs des classes de 5° qui vont devoir parler du Mali, cœur du nouveau programme, devront évidemment étudier cet empereur. Or, sont-ils formés pour expliquer à leurs élèves que l’histoire scientifique ne se construit pas sur des légendes? De plus, le seul fait, dans un cours, de consacrer le même temps d’étude à un personnage historique attesté d’une part, et à un autre, largement légendaire d’autre part, conduira automatiquement les élèves à prendre le virtuel pour la réalité, ce qu’ils sont déjà largement enclins à faire avec les jeux électroniques.

Mais allons encore au-delà et abordons l’essence même de la question. Face à ces élèves « en difficulté» (traduction en langage politiquement incorrect : enfants dont la langue maternelle n’est pas le français), les enseignants oseront-ils, sans risquer un hourvari, expliquer qu’un tel voyage n’a jamais eu lieu ? En effet, si tout est faux dans cette légende c’est parce que les Africains de l’Ouest -à la différence de ceux de l’Est-, ne pouvaient affronter la haute mer car ils ignoraient l’usage de la voile ainsi que celui de la rame et parce que leurs pirogues étaient sans quille.

Les mêmes enseignants sont-ils armés pour faire comprendre à leurs classes que pour atteindre l’Amérique, les hommes d’Abu Bakr II auraient été contraints de pagayer durant plus de mille kilomètres à travers l’océan atlantique avant de rencontrer enfin le courant des Canaries, seul susceptible de leur permettre de dériver ensuite vers l’Ouest… et cela sur 6000 km ? Enfin, seront-ils en mesure de mettre en évidence l’incohérence majeure de cette légende que certains considèrent comme une histoire vraie, à travers un exemple clair : comment l’expédition de l’empereur malien aurait-elle pu atteindre l’Amérique alors que les Africains ignoraient l’existence de l’archipel du Cap-Vert situé à 500 km « à peine » de la péninsule du Cap-Vert, point le plus occidental du littoral ouest africain contrôlé par l’Empire du Mali et qui leur barrait la voie du grand large ? En effet, cet archipel était vierge et vide d’habitants en 1450, au moment de sa découverte par le Génois Antonio Noli qui était au service du Portugal… [1]

L’enseignement de l’histoire africaine ne s’improvise pas !

Hier la méthode d’apprentissage de la lecture dite « globale » fabriqua des générations d’illettrés et de dyslexiques; la réforme des programmes d’histoire donnera quant à elle naissance à des générations de zombies incapables de rattacher des évènements ou des personnages à une chronologie et ayant pour toute culture historique celle du volapük mondialisé.

Bernard Lugan – 23/09/2011

[box class=”info”] Sources :
Le blog officiel de Bernard Lugan
– et Realpolitik.tv [/box]

Photo : Fresque de Tiepolo, Allégorie des planètes et des continents (L’Afrique), 1752-1753, Würzburg

« Manuel d’Histoire de France » d’Anne de Mézeray. Par Philippe Conrad

« Manuel d’Histoire de France » d’Anne de Mézeray. Par Philippe Conrad

[box class=”info”] Article publié initialement sur Polémia. [/box]

L’école continue de se disloquer. L’enseignement de l’histoire y est de plus en plus malmené. Mais il ne sert à rien de se lamenter. Il faut prendre les choses en main. C’est dans cet esprit qu’Anne de Mézeray a publié un remarquable manuel d’histoire de France pour cours moyen. Sur le fond ce manuel est clair, mais pas simpliste. Il est solidement documenté, il respecte les faits et évite les à-peu-près. Sur la forme le manuel est remarquablement illustré. Bref, ce manuel est un petit chef d’œuvre. C’est aussi un outil indispensable aux parents ou grands-parents qui veulent pallier les carences de l’éducation dite nationale. Un livre de fond utile à la lecture du soir ou pour compléter la visite d’une province française ou d’un musée avec des enfants. Nous donnons ici la préface qu’en a faite l’historien Philippe Conrad sous forme d’une adresse « aux parents de nos jeunes élèves ».

Polémia

« J’ai eu la chance, étant enfant, de bénéficier dès mon plus jeune âge d’une initiation à l’Histoire qui a largement déterminé mon parcours ultérieur et je mesure le privilège précieux que fut pour moi la présence d’instituteurs, puis de professeurs en mesure de satisfaire ma curiosité et de parler à mon imagination pour me permettre de découvrir les grands moments et les figures marquantes de notre passé commun. Pour certains, il est de bon ton aujourd’hui d’ironiser à propos de «l’Histoire-batailles» et de caricaturer, en la présentant comme une construction purement idéologique, la trame événementielle qui, au fil des siècles, a produit cette aventure particulière qui fut celle de la France ; mais les champions des «thèmes transversaux», de l’histoire déterritorialisée et du refus des «grands hommes» ont abouti à un cinglant échec, à la confusion générale et au rejet d’une matière qui faisait, il y a quelques décennies, rêver les enfants, sensibles au récit des gloires ou des malheurs de leur pays, quand Roland, Bayard, Turenne, Napoléon ou Pasteur faisaient figures de modèles, au même titre que, quelques siècles plus tôt, les «hommes illustres» de Plutarque… Le besoin demeure cependant de s’inscrire dans la suite des générations, de savoir comment s’est bâtie cette France qui constitue le cadre «naturel» dans lequel évolue notre société, d’évaluer ce qui fait sa particularité, qui n’a rien d’incompatible avec une identité civilisationnelle dont on mesure mieux aujourd’hui, face aux bouleversements en cours, qu’elle se confond avec celle de la vieille Europe, laminée par les deux guerres mondiales et provisoirement sortie de la grande Histoire.

Ce passé qui fait ce que nous sommes

« Manuel d’Histoire de France » d’Anne de Mézeray. Par Philippe ConradDécouvrir ce passé qui nous a, dans une large mesure, faits ce que nous sommes, apparaît d’autant plus nécessaire que –en dehors de l’école, à travers l’intérêt porté au patrimoine ou à tout ce qui renvoie à notre héritage et à nos racines– notre époque aspire à renouer le fil du temps, seul moyen de savoir qui nous sommes et ce que nous voulons. La qualité de l’enseignement historique dispensé aux enfants dès le cycle primaire prend donc, dans cette perspective, une importance majeure et il faut remercier Anne de Mézeray –jeune agrégée d’Histoire, spécialiste de l’époque médiévale– d’avoir pris le temps et consenti les efforts nécessaires pour réaliser ce manuel plus que jamais indispensable en notre temps d’amnésie organisée et de «repentance» débilitante. Par la densité et la clarté des informations fournies, par la cohérence de la vision d’ensemble qui a animé le travail de l’auteur, cet ouvrage va constituer un outil indispensable pour tous les enseignants qui résistent au nivellement par le bas, et ont choisi de ne pas renoncer, refusant La Fabrique du crétin brillamment décrite par Jean-Paul Brighelli (*).

Le combat pour l’histoire , condition du maintien de l’identité française

Plus que jamais, le «combat pour l’Histoire», qui doit commencer très tôt, apparaît comme la condition du maintien d’une identité française dont, reprenant la formule fameuse de Paul Valéry, nous savons maintenant qu’elle pourrait bien être mortelle. C’est un auteur du siècle dernier qui résumait le mieux le défi ainsi lancé à notre temps, quand il écrivait que «de toutes les choses qu’on enseigne aux enfants, il n’en est aucune qui leur soit plus nécessaire que l’histoire de leur pays. On a d’autant moins droit à la leur cacher qu’ils y trouvent la révélation de leur propre noblesse. De petits Français issus de tous les milieux, qu’on n’a pas instruits de la grandeur de leurs origines, ressemblent à ces petits princes qui ont été volés par des bohémiens et qui, loin du palais paternel, vivent dans un désordre sordide sans savoir qu’ils sont fils de rois. On comprend aisément que les démagogues veulent supprimer l’enseignement de l’Histoire. Ils ont besoin de réduire les hommes à un état d’impersonnalité et d’abêtissement où ils ne se distinguent plus les uns des autres, pour les embrigaer dans leurs sombres partis, pour les enrôler dans les armées de la sottise (…)». On sait la fonction que le Big Brother de George Orwell attribuait à l’Histoire, revue et corrigée à sa façon, dans la grande entreprise de lobotomisation visant à fabriquer des sujets dociles…

Sachant que l’avenir n’est écrit nulle part, il ne tient qu’aux jeunes générations de parents et d’enseignants conscients des menaces qui pèsent sur notre jeunesse de relever le défi que constitue la transmission régulièrement renouvelée d’une mémoire qui ne se confond certes pas avec l’Histoire savante mais qui prépare à sa découverte en même temps qu’elle contribue à la construction d’une citoyenneté authentique. L’ouvrage d’Anne de Mézeray ne peut que contribuer à la mise en œuvre de cette entreprise aussi ambitieuse que nécessaire. »

Philippe Conrad
Historien

(*) NDLR : Voir La fabrique du crétin : la mort programmée de l’école

Source : Correspondance Polémia, 20/09/2011

Anne de Mézeray, Manuel d’Histoire de France, préfacé par Jacques Heers et Philippe Conrad, ed. L’Œuvre scolaire Saint-Nicolas, 332 pages, plus de 200 illustrations en couleur, 29 euros (port compris).
Commande et chèque à adresser à l’Œuvre scolaire Saint-Nicolas 89 rue Pierre-Brossolette 92130 Issy-les-Moulineaux.
Ou par internet par exemple ici.

“Éléments pour une contre-culture identitaire” sur Radio Courtoisie samedi 24 septembre

Eléments pour une contre-culture identitaire - Radio Courtoisie samedi 24

Le samedi 24 septembre à midi, dans Le Libre journal des lycéens, Romain Lecap et Xavier Delaunay recevront Philippe Vardon-Raybaud avec qui ils évoqueront ce que peuvent être les éléments d’une contre-culture identitaire. Un vaste programme, qui tient à cœur à beaucoup d’entre nous, soucieux de cultiver des auteurs, références ou héros nettement plus élevés que ceux proposés par une époque à bout de souffle…Georges Feltin-Tracol, animateur du site Europe Maxima participera à l’émission.

A partir de cette émission, les auditeurs pourront également retrouver chaque mois 4 rubriques radiophoniques :

• Les chroniques culturelles de Pascal Lassalles
• Les chroniques de la vie ordinaire de Xavier Delaunay
• La Nietzsche Académie (décryptage d’un évènement marquant par le regard nietzschéen)
• Les rendez-vous de Paris by Right.

Eléments pour une contre-culture identitaire - Radio Courtoisie, samedi 24

Pour écouter Radio Courtoisie :
Paris 95,6 MHz Caen 100,6 MHz Chartres 104,5 MHz
Cherbourg 87,8 MHz Le Havre 101,1 MHz Le Mans 98,8 MHz ;
Pour toute la France, en clair, sur les bouquets satellite Canalsat (canal 179 ou 496) et TNTSAT
pour le monde entier sur www.radiocourtoisie.fr.

Retrouvez Philippe Vardon et “Eléments pour une contre-culture identitaire” à Paris et à Bourges

Retrouvez Philippe Vardon et "Eléments pour une contre-culture identitaire" à Paris et à Bourges

21/09/2011 – 21h00
PARIS (NOVOpress) – Philippe Vardon sera à Paris vendredi 23 septembre à la Barricade (8 rue de Cadix dans le 15ème) à partir de 20 heures pour tenir une conférence sur son abécédaire “Eléments pour une contre-culture identitaire”. La conférence sera suivie d’un concert accoutisque avec Philippe Vardon et “Le Lapin” du groupe Insurrection. Après le concert, impro, poésie utbaine et DJ set. Renseignements : contact@projet-apache.com

Philippe Vardon à Bourges

 

Le lendemain, samedi 24 septembre, Philippe Vardon sera à Bourges toujours pour une conférence sur “Eléments pour une contre-culture identitaire”. Là encore, un concert avec Philippe Vardon et “Le Lapin” du groupe Insurrection. Participations aux frais : 5 euros. Pour toute demande : identitaireberry@yahoo.fr

Philippe Vardon sera également l’invité du Libre Journal des lycéens sur Radio Courtoisie samedi 24 septembre de  midi à 13h30.

Miossec chante contre “ce putain de système bancaire de merde”

Miossec chante contre "ce putain de système bancaire de merde"

Christophe Miossec : “Chansons ordinaires”21/09/2011 – 12h00
BREST (NOVOpress) – Après Finistériens, un album magnifique qui aimait bien vitrioler la société consumériste, Miossec revient avec un nouvel opus, baptisé Chansons ordinaires. Un disque court, d’une trentaine de minutes, dont tous les titres commencent par « chanson » : Chanson que personne n’écoute, Chanson qui laisse des traces, etc. L’ami de Nolwenn Leroy continue dans l’autodérision, l’ironie et l’humour noir, mais sur un ton plus léger et surtout plus rock.

Sur le morceau Chanson protestataire, Miossec ne fait pas dans le politiquement correct en chantant « Y a pas que des saints chez les tibétains ». Ou encore, « Ya pas que des fachos sous les drapeaux » et « Ya pas que des scélérats dans les commissariats ». Les rappeurs de l’Hexagone riront jaune… Mais à l’extrême fin de cette chanson, il faut tendre l’oreille car Miossec murmure une dernière confession protestataire : « C’est quoi ce putain de système bancaire de merde ? » Le Brestois a encore mis les voiles, bien loin des places boursières.

Disparition du chef d’orchestre Kurt Sanderling

Disparition du chef d’orchestre Kurt Sanderling

[box class=”info”]Kurt Sanderling, à droite sur la photo, est félicité par le chef de la RDA de l’époque, Erich Honecker. Photo : Rainer Mittelstädt, archives fédérales allemandes[/box]

20/09/2011 – 19h00
BERLIN (NOVOpress) – Le chef d’orchestre allemand Kurt Sanderling s’est éteint dimanche 18 septembre dernier. Né le 19 septembre 1912 à Arys, en Prusse-Orientale (aujourd’hui Orzysz, Pologne), il fut le témoin discret d’un siècle divisé.

On sait qu’il étudia le piano à Königsberg, puis à Berlin, avant d’être nommé répétiteur au Berlin Städtische Oper de 1931 à 1933. L’accession au pouvoir des nationaux-socialistes d’Adolf Hitler met un terme à sa carrière : il perd son poste en raison de ses origines juives.

Kurt Sanderling envisage alors de quitter son pays natal. L’occasion se présente en 1936 : si une candidature au Metropolitan Opera de New York tourne court en raison de l’impossibilité pour lui d’obtenir un certificat, il parvient à mettre à profit l’invitation de parents pour se rendre en Union Soviétique. Le contexte est fort peu accueillant tandis que commencent les purges staliniennes ou que s’affermit l’emprise de la tristement célèbre Union des Compositeurs à laquelle auront maille à partir Dimitri Chostakovitch, Sergueï Prokofiev, Alfred Schnittke et tant d’autres. Kurt Sanderling parvient cependant à décrocher en 1937 un poste à la tête de l’Orchestre symphonique de la Radio de Moscou. En 1939, il part travailler à Karkhov en Ukraine, où il passera près de deux ans. C’est pendant cette période qu’il se familiarise avec la musique de Chostakovitch, dont il deviendra en 1943 l’ami et interprète privilégié.

1941 sera pour Sanderling l’année décisive : le jeune chef se produit à l’Orchestre philharmonique de Leningrad, une formation prestigieuse où sa prestation est remarquée. Kurt Sanderling accompagne l’orchestre que le régime envoie à Novossibirsk, en Sibérie, pour le mettre à l’abri de l’offensive allemande. Ce sera pour lui l’occasion de travailler avec le célèbre Ievgeni Mravinsky, directeur artistique de l’orchestre.

Pendant ses années soviétiques, Kurt Sanderling se fera un fervent défenseur de l’œuvre de Chostakovitch, malgré l’hostilité et les menaces que le régime fait peser sur les contestataires. Il ne regagnera l’Allemagne de l’Est qu’en 1960, un an à peine avant l’édification du Mur de Berlin. A cette date en effet, Kurt Sanderling est nommé à la tête de l’Orchestre symphonique de Berlin, formation qu’il dirigera jusqu’en 1977. Les autorités de la RDA de l’époque désiraient faire de cette phalange un concurrent du Philharmonique de Berlin (Berlin-Ouest, RFA) qui brillait alors de tous ses feux sous la baguette inspirée d’Herbert von Karajan. Si les résultats de l’opération de propagande ne furent pas à la hauteur de leurs espérances, Kurt Sanderling n’en donna pas moins à son orchestre une impulsion durable en le hissant à un trés bon niveau.

Sanderling dirigea également la Staatskapelle de Dresde de 1964 à 1967. Dans les années 70, sa renommée a passé le « rideau de fer » et il se produit ponctuellement à l’Ouest. Il entre de plain-pied dans le cercle fermé des très grands chefs au début des années 1980 avec un enregistrement des symphonies de Beethoven qui fera sensation. Il travaillera par la suite avec de nombre des grandes formations internationales dont le Gewandhaus de Leipzig, le Philharmonique de Los Angeles, le Symphonique de Tokyo ou l’Orchestre symphonique de la BBC.

Kurt Sanderling prend sa retraite en 2002. Il nous lègue un riche fonds d’enregistrements musicaux, même si son répertoire, au regard des critères d’aujourd’hui, reste assez limité. Ses interprétations de Mozart, Beethoven, Bruckner, Brahms, Schumann, Rachmaninov, Mahler ont constamment eu les louanges de la critique. Son style est dénué d’emphase, précis et énergique, ses « tempi » souvent plus lents que la moyenne lui permettent de donner profondeur et gravité aux œuvres qu’il visite. Il donne souvent à ses interprétations une tonalité assez sombre en phase avec l’époque troublée qui a formé sa jeunesse, bien qu’il ait toujours souhaité se tenir à l’écart des remous et soubresauts de l’histoire. « D’autres font de la politique, moi je fais de la musique », confiera-t-il à un journaliste. Les interprétations qu’il nous laisse des œuvres de son ami Chostakovitch ou du grand compositeur finlandais Jean Sibelius – qu’il eut le privilège de rencontrer – font aujourd’hui partie des références.

Le nouveau groupe de Mick Jagger est… super lourd !

Le nouveau groupe de Mick Jagger est… super lourd !

20/09/2011 – 11h00
PARIS (NOVOpress) –
Comment tuer le temps entre deux tournées planétaires ? Mick Jagger a trouvé la solution : monter un groupe aussi éphémère que la musique qu’il produit. Le leader des Rolling Stones s’est associé avec Dave Stewart, d’Eurythmics, la chanteuses soul Joss Stone, l’Indien Allah Rakha Rahman, auteur de la bande originale du film Slumdog Millionaire, et Damian Marley, fils de Bob, le défunt pape du reggae. Bilan de ce bouillon de cultures ? SuperHeavy, un groupe super lourd !

Voire carrément indigeste. L’album mélange les parlers dans un opus sans identité. Du sanskrit, de l’anglais, des phrasés hip hop ou à la sauce bollywoodienne façon Slumdog Millionaire… Un calvaire pour les oreilles. Même cacophonie côté musique avec une bouillie où surnagent rock, reggae, techno, rap et sonorités électroniques.

Dans une interview accordée à Emmanuel Marolle et publiée dans Aujourd’hui en France du 19 septembre, Dave Steward revient sur la genèse de SuperHeavy avec Mick Jagger : « Nous discutions des musiques que nous aimions et des possibilités de les mélanger. On a essayé pour voir si cela pouvait fonctionner ». Le chanteur des Rolling Stones pourrait lui répondre en chanson :  « I can’t get no satisfaction »…

Martin Luther King ? « Un imposteur » selon Jackie Kennedy

Martin Luther King ? « Un imposteur » selon Jackie Kennedy

20/09/2011 – 08h00
DALLAS (NOVOpress) –
En 1964, Jackie Kennedy se confiait à l’historien Arthur Schlesinger. Un an après l’assassinat de son époux à Dallas, la jeune veuve de John F. Kennedy parle durant plus de huit heures de leur mariage, de la vie à la Maison Blanche et des grands de ce monde qu’elle a côtoyés. Des confessions publiées le 21 septembre prochain en français chez Flammarion, sous le titre : « Avec John F. Kennedy, conversations inédites avec Arthur M. Schlesinger ».

Martin Luther King ? « Un imposteur » selon Jackie KennedyDans ce volumineux ouvrage, l’ancienne First Lady n’est pas tendre avec certaines icônes internationales de la « tolérance » et du « vivre ensemble » du siècle dernier. Dans ce livre, Jackie Kennedy traite ainsi Martin Luther King d’ « imposteur », qui trompait sa femme « avec des filles », et avait osé « ricaner lors des funérailles » du président américain. Dans ce recueil, elle traite aussi le pasteur afro américain d’homme « bidon ».

Jackie Kennedy n’est pas tendre non plus avec Indira Ghandi, première femme Premier ministre en Inde, qualifiée de « cruche », de politicienne « amère, arriviste et affreuse ». Un témoignage vérité ayant ses limites : Jackie Kennedy ne pipe mot des frasques sexuelles de son mari, lié à la mafia et dopé aux amphétamines… L’image moins glamour d’un couple censé incarner la beauté, le bonheur, la puissance et la gloire de l’Amérique des années 1960.

Jacqueline Kennedy : Historic Conversations on Life with John F. Kennedy

“This is England 86” au festival du film britannique de Dinard [vidéo]

"This is England 86” au festival du film britannique de Dinard [vidéo]

19/09/2011 – 14h00
DINARD (NOVOpress) –
Fort du succès du drame social “This is England”, décrivant l’adolescence de Shaun, jeune orphelin (son père fut tué lors de la Guerre des Malouines) qui trouvera dans le mouvement skinhead en pleine ascension (nous sommes dans les années 80) une famille et un exutoire à la misère sociale des années de fer (Margaret Tatcher était alors Premier ministre…), Shane Meadows, le “Ken Loach” des années 2000, a tourné une suite à son immersion dans la working class anglaise.

Sortie tout d’abord en format “télévision” de 4 épisodes pour Channel 4, “This is England 86”, qui suit Shaun et sa bande trois ans après les évènements de “This is England”, a été depuis adapté pour le grand écran.

Il sera présenté en exclusivité au festival du film britannique de Dinard, début octobre. Festival, qui de Ken Loach à Meadows justement, est réputé pour sa propension à détecter les chefs d’œuvre britanniques.

« Le choc de l’histoire » de Dominique Venner : un livre lumineux. Par Jean-Yves Le Gallou

« Le choc de l’histoire » de Dominique Venner : un livre lumineux. Par Jean-Yves Le Gallou

[box] Article publié avec l’aimable autorisation de Polémia. [/box]

Après Histoire et tradition des Européens, 30.000 ans d’identité et Le siècle de 1914, Utopie, guerres et révolutions en Europe au XXe siècle, Dominique Venner publie un nouveau livre majeur : Le choc de l’histoire : religion, mémoire, identité.

« Français d’Europe, Européen de langue française d’ascendance celtique et germanique », Dominique Venner y fait preuve « d’optimisme historique ». Aujourd’hui en « dormition », les nations de civilisation européenne se réveilleront. Fruit d’une profonde méditation en forme de testament intellectuel, Le choc de l’histoire est un livre lumineux que Jean-Yves Le Gallou présente ici aux lecteurs de Polémia.

Polémia

 

1- L’Europe en dormition

« Le choc de l'histoire » de Dominique Venner : un livre lumineuxA la suite de la catastrophe européenne des deux grandes guerres, l’Europe est entrée en dormition en 1945. Elle recule sur tous les plans. Elle est soumise à la puissance américaine. Elle est culpabilisée sous les prétextes de la « Shoah », de la colonisation et de l’esclavage. « Le monde blanc est en recul général ». Les nations européennes se sont vues imposées « la domination sans partage de puissances et d’idéologies étrangères, dont la pseudo-Union européenne est le produit. » Sous couvert de libéralisme le pouvoir est aux mains « d’oligarchies prédatrices associées aux médias ». De plus – et à la différence de l’Inde, du Japon ou de la Chine – « l’Europe n’a pas de religion identitaire ». Car pour l’auteur, si le christianisme porte une part de l’héritage européen, il est universel : et l’universalisme qui fut un atout de l’Europe au temps de sa puissance se retourne contre elle au moment où notre continent subit une immigration de masse.

2- Le cycle historique commencé en 1914 touche à son terme

Comment dans ces conditions être optimiste ? D’abord parce que le cycle historique commencé en 1914 arrive à son terme. En 1917, sur les ruines de l’ordre ancien aristocratique, quatre idéologies sont nées et ont prospéré : le fascisme, le national-socialisme, le communisme et le mondialisme anglo-saxon. Le fascisme et le national socialisme ont disparu en 1945. Le communisme en 1989. Dans Le siècle de 1914 paru en 2006, Dominique Venner prédisait la chute du mondialisme anglo-saxon. Les crises financières à répétition et le désastre budgétaire américain ont confirmé depuis ce point de vue. On peut d’ailleurs se demander si Dominique Venner n’a pas eu tort de dater de 1989 (la chute du communisme) la fin du XXe siècle ; la date à retenir ne serait-ce pas plutôt 2007, le début de la fin de l’empire américain ?

3- La chute de l’Amérique va libérer les nations européennes

Quoiqu’il en soit, la chute de la domination américaine va libérer les nations européennes. Elle va affaiblir leurs oligarchies dominantes (économiques, médiatiques, politiques, culturelles) qui ne sont que le reflet des intérêts de Wall street, du Pentagone et de leurs alliés. Comme les dépêches de Wikileaks le révèlent, elle va permettre de s’affranchir d’un modèle économique technomorphe et marchand, trop réducteur pour être conforme à la mentalité européenne.

4-  Face à l’immigration de masse, un réveil civilisationnel

Face à l’immigration de masse les réactions se font aussi jour : « des signes de réveil populaires apparaissent dans toute l’Europe occidentale montrant que les Européens commencent à retrouver une conscience de soi ». La vitalité des partis populistes, partout en Europe, en témoigne. Mais au-delà de cette analyse politique, Dominique Venner souligne à juste titre que l’opposition entre l’Europe et les masses musulmanes présentes sur son sol se cristallise sur le statut et l’image de la femme : pour une raison majeure, ce sont deux civilisations, deux représentations du monde qui s’affrontent. Or « Les grandes civilisations ne sont pas des régions sur une planète, ce sont des planètes différentes » (René Marchand, cité par l’auteur). La réaction à l’immigration ne relève pas d’une vulgaire xénophobie mais d’un réveil civilisationnel.

5-La mémoire identitaire : Homère et les humanités

Cet exemple aide à percevoir le rôle de la mémoire identitaire. La mémoire identitaire qui vient du fond des âges. Dominique Venner donne ici une très belle définition de la tradition. Ce n’est pas la nostalgie, « c’est tout le contraire, ce n’est pas le passé, c’est même ce qui ne passe pas. Elle nous vient du plus loin mais elle est toujours actuelle. Elle est notre boussole intérieure, l’étalon des normes qui nous conviennent et qui ont survécu à tout ce qui a été fait pour nous changer » (…) « L’histoire européenne des comportements pourrait être décrite comme le cours d’une rivière souterraine invisible et pourtant réelle. La rivière souterraine de la tradition ». Et Dominique Venner de revenir sur un de ses sujets de préoccupation : « l’Europe n’a pas de religion identitaire » [puisque le christianisme est universel] mais elle possède une « riche mémoire identitaire ». Pour Dominique Venner la cité grecque et Homère en sont le cœur : Homère qui « nous a légués nos principes de vie : la nature comme socle, l’excellence comme but, la beauté comme horizon ». Sans doute certains pourront-ils être tentés d’élargir ce point de vue à ce que furent les humanités classiques, modèle de l’honnête homme européen de 1500 à 1960.

6- Revisiter l’héritage : monde prométhéen, monde apollinien

Dominique Venner ne nie pas la part de responsabilité de l’Occident dans la domination arrogante du machinisme, de la technique, du commerce ; dans le triomphe de ce que Heidegger appelle le « Gestell », la raison utilitaire. Ce qu’un autre philosophe de l’histoire Spengler appelait la part prométhéenne, la part faustienne de la civilisation européenne. Dominique Venner appelle lui à réhabiliter la part apollinienne de la civilisation européenne qui est caractérisée par l’ordre, la mesure, la maîtrise de soi. Il est aussi permis de penser à Orphée à qui précisément Apollon donna des dons de communion avec la nature. Communion avec la nature que l’auteur évoque en se définissant ainsi : « Je suis du pays de l’arbre et de la Forêt, du chêne et des sangliers, de la vigne et des toits pentus, des chansons de geste et des contes de fée, du solstice d’hiver et de la Saint Jean d’été ».

7- Le cœur rebelle et la bataille des mots

Loin de ces perspectives bucoliques, Dominique Venner n’oublie pas ses engagements de jeunesse dans le combat français sur l’Algérie ; engagement qui lui coûta dix-huit mois de prison en échange… d’une formation historique vécue. Cela vaut au lecteur de beaux passages sur Le cœur rebelle, titre d’un ouvrage paru en 1994. Car le cœur doit être « aventureux » pour se libérer du conformisme du politiquement correct et de la persuasion clandestine de la pub : « Le cœur aventureux se reconnaît à ce qu’il tire son plaisir de ce qui pour les autres serait un enfer ». Comment ne pas penser à la diabolisation et à son parfum capiteux. Autre définition, celle qu’on trouve dans Le Hussard sur le toit de Giono ; « Sois toujours très imprudent, mon petit, c’est la seule façon d’avoir un peu de plaisir à vivre dans notre époque de manufacture. » Dominique Venner souligne ici l’importance du courage moral (très différent du courage physique comme le comportement des militaires en est souvent l’illustration). Un courage moral qui doit être utilisé pour « se libérer de la peur ou de la fascination des mots ». Car le retour sur le devant de l’histoire des nations européennes passe aussi par la bataille du vocabulaire.

8- Le réveil européen : l’inattendu qui vient

Il n’y a pas de nécessité ni de déterminisme historiques. Les uchronies auraient pu survenir. L’effet papillon existe aussi en histoire. Celle-ci est le domaine de « l’inattendu ». Telle est la conviction de Dominique Venner : « Le monde est entré dans une nouvelle histoire où l’imprévu historique retrouve ses droits. Ce qui bouge ne peut-être que favorable à un réveil européen par ébranlement de la puissance suzeraine que sont les Etats-Unis.” (…) « Je crois aux qualités spécifiques des Européens qui sont provisoirement en dormition. Je crois à leur individualité agissante, à leur inventivité et au réveil de leur énergie. Le réveil viendra. Quand ? Je l’ignore. Mais de ce réveil je ne doute pas. » N’oublions pas que « les réveils historiques sont toujours très lents, mais une fois commencés, on ne les arrête plus ».

9-Le sang et l’esprit

Et en attendant que faut-il faire ? Transmette ! Transmette la vie, transmettre la culture. Génétique et mémétique. Le sang et l’esprit. L’avenir appartient à ceux qui ont la mémoire la plus longue !

Jean-Yves Le Gallou

Source : Polémia.

– Dominique Venner, (entretien avec Pauline Lecomte) Le choc de l’histoire : Religion, mémoire, identité, Editions Via Romana, 185 pages.

Voir aussi : Le Siècle de 1914 / Utopies, guerres et révolutions en Europe au XXe siècle par Dominique Venner

[Kiosque étranger] décès de Michael “Gutenberg” Hart, pionnier de la mise en ligne gratuite d’ouvrages libres de droits

[Kiosque étranger] décès de Michael “Gutenberg” Hart, pionnier de la mise en ligne gratuite d'ouvrages libres de droits

16/09/2011 – 14h15
URBANA (NOVOpress) – Dans une intéressante nécrologie publiée dans les colonnes de l’Independent, le journaliste Martin Childs retrace la vie et l’œuvre de Michael Hart (photo ci-dessus), un des pionniers de la mise en ligne gratuite d’ouvrages libres de droits.

En créant en 1971 son Projet Gutenberg, Michael Hart ne se doutait pas de ce que la puissance des réseaux informatiques interconnectés allait rendre possible quelques décennies plus tard. Cet « hippie numérique » voulait combattre l’ignorance en diffusant de la manière la plus large possible la connaissance de la parole imprimée.

Il a depuis été rejoint dans cette quête par des organisations plus puissantes comme Internet Archive et, surtout, Google Books, mais la qualité humaine de Michael Hart fait de lui un précurseur au grand cœur. Ci-dessous, une vidéo en anglais rend hommage à l’œuvre de Michael Hart.

Nantes : Bertrand Cantat à l’affiche d’un spectacle sur les violences faites aux femmes

14/09/2011 – 17h30
NANTES (NOVOpress Breizh) –
« Le cycle des femmes : 3 histoires de Sophocle », le spectacle de Wadji Mouawad, va être joué au Grand T – la scène du conseil général de Loire-Atlantique – à Nantes du 17 au 25 septembre. Avec à l’affiche Bertrand Cantat, l’ex-chanteur du groupe Noir Désir. Une présence jugée pour le moins inopportune dans un spectacle qui prétend dénoncer la violence faite aux femmes.

Écrivain québécois d’origine libanaise, Wadji Mouawad  a créé ce spectacle au Canada en avril dernier, faisant appel à Bertrand Cantat et Pascal Humbert pour la composition musicale. Il avait également demandé à Bertrand Cantat de tenir un rôle dans le chœur. Une vive polémique s’était développée à cette occasion, reprise en France en juillet lors du festival d’Avignon, Jean-Louis Trintignant annonçant qu’il refuserait de venir jouer au festival si le meurtrier de sa fille s’y trouvait. Ce dernier avait finalement renoncé à sa participation.

Programmation du Grand T
Programmation du Grand T

Cette affaire n’a manifestement pas découragé la directrice du Grand T, ni les élus socialistes et verts du Conseil général. Il est vrai que le frère de Bertrand Cantat, Xavier, est un membre reconnu d’EELV. Mettre en scène Cantat dans un spectacle basé sur trois pièces de Sophocle, trois histoires dans lesquelles la femme conteste la violence des hommes (Antigone, Électre et Les Trachiniennes), il fallait oser. Certains diront qu’il trouve là un rôle sur mesure, qui lui va, si l’on ose dire, comme un gant.

Le spectacle, avec un humour (?) que les féministes apprécieront, est en outre illustré par une affiche (ci-contre) qui représente des femmes défigurées – comme le sont celles qui ont reçu des coups. Choquer à tout prix : tel semble être la volonté de Madame Blondeau qui a pris cette année ses fonctions à la tête du Grant T. Un petit scandale, une bonne polémique, rien de tel pour faire parler de soi. À tout prix. Même à celui de la mémoire de Marie Trintignant.

Célèbre, du temps de Noir Désir, pour ses prises de position en faveur de l’immigration, Bertrand Cantat aura trouvé les limites de son engagement en faveur des droits de l’Homme un soir de juillet 2003, à Vilnius, sur les bords de la Baltique. « Il ne faut pas déshonorer la loi qu’imposent les dieux ». Cette leçon de l’Antigone de Sophocle, Catherine Blondeau, directrice du Grand T, agrégée de lettres modernes et docteur en littérature, serait bien inspirée de la méditer.

[Tribune libre] Le rouge et le brun selon Limonov

Le rouge et le brun selon Limonov

Les plus anciens lecteurs de « Minute » se souviennent peut-être d’Edouard Limonov, qui a eu son heure de gloire dans les années quatre-vingt. Il débarquait en France précédé d’une réputation sulfureuse, avec dans ses bagages un livre, Le poète russe préfère les grands nègres, où il retraçait sa vie de clochard à New York, après s’être fait expulser d’URSS. En quelques mois, le Paris branché adopta cet enfant terrible du brejnévisme qui se présentait comme le premier punk de l’Union soviétique, le « Johnny Rotten de la littérature », du nom du chanteur déjanté des Sex Pistols.

Rapidement, Jean-Edern Hallier le repéra. C’était une créature selon son goût. Il engloutissait des quantités phénoménales de vodka, en portant des toasts au Petit Père des peuples, tout en célébrant la beauté de l’esthétique nazie. Ça jetait un froid dans la conversation. Mais pas dans le cerveau en ébullition de Jean-Edern, qui échafaudait d’invraisemblables scénarios dignes des Pieds Nickelés, se voyant marcher sur Rome et prendre d’assaut le Palais d’Hiver, avec Henri Krasucki et Jean- Marie Le Pen qui étaient alors ses deux modèles. Des putschs, des punchs et des punks. Il n’en fallait pas plus pour enflammer Jean-Edern.

Limonov et lui, c’était un peu les Bonnie and Clyde de la polémique, sensibles seulement aux extrêmes et aux mélanges nitroglycérinés. Limonov signait des papiers retentissants aussi bien dans « L’Idiot international » que dans le premier « Choc du mois ». C’était le temps béni des alliances transversales et des fronts renversés.

On était en 1993, entre les derniers jours de Bérégovoy et l’interrègne balladurien. Didier Daeninckx, rebaptisé Didier dénonce par Patrick Besson, ressortit un vieux serpent de mer, le complot rouge-brun, destiné à faire taire tous les irréguliers et tous les dissidents. La presse s’empara de l’affaire. « L’Idiot » cessa de paraître, « Le Choc » aussi. Limonov regagna la Russie. C’est là qu’Emmanuel Carrère, le fils de l’historienne et académicienne Hélène Carrère d’Encausse, le retrouva, pour lui consacrer d’abord un reportage, puis une biographie magistrale, sobrement intitulée Limonov.

De retour au pays, Limonov s’empressa de lancer avec Alexandre Douguine, le pape de l’eurasisme, le Parti national-bolchevique, une organisation tenant plus de la milice privée que de l’organisation de masse. Rouge-brun, mais sous le pavillon noir de la piraterie. Tout était alors possible dans cette Russie eltsinienne – « Eastern » livré aux prédateurs de toutes sortes. C’est dans ce chaos que se dressa Limonov, mélange de Barbe Noire, de Mad Max et du dieu Mars, le dieu de la guerre. Un peu Raspoutine et un peu Netchaïev, le père des nihilistes russes, alliant le « No Future » punk à La technique du coup d’Etat de Malaparte.

Limonov rêvait de prendre le Kremlin. C’est le Kremlin, finalement, qui lui a tout pris, le jetant en prison en 2001, sous l’inculpation de trafic d’armes et de tentative de coup d’Etat. Condamné à quatorze ans de prison, il sera finalement relâché au bout de deux ans. De là, il rejoindra le camp des opposants à Poutine. Les deux hommes étaient pourtant faits pour s’entendre. Mais voilà, c’est Poutine qui a mis en œuvre le programme que Limonov consigna dans son « Manifeste du nationalisme russe », pas lui. Il semble dire au tsar Poutine, dans un mélange de dédain, de dépit et d’envie: « Ote-toi de mon soleil! » C’est ce Diogène futuriste que nous restitue Carrère dans un livre aussi touffu que la Russie. A lire toutes affaires cessantes.

François-Laurent Balssa

[box]Emmanuel Carrère, Limonov. P.O.L éditeur, collection “Fiction”, 506 pp. ISBN : 978-2818014059 / prix : 20 €.[/box]

[box class=”warning”]Article paru ce mercredi dans l’hebdomadaire “Minute” du 14 septembre. En kiosque ou sur Internet.[/box]