1914, une tragédie européenne, par Yves-Marie Adeline

Yves-Marie Adeline présente son dernier ouvrage “1914, une tragédie européenne” [vidéo]

[box class= “info”]Source : relapolitik.tv[/box]

Yves-Marie Adeline présente son dernier ouvrage “1914 Une tragédie européenne”, paru chez Ellipses en mars 2011. Première partie.

Pour son éditeur, “ce livre raconte le déclenchement de la Grande Guerre de 1914 comme une tragédie, au sens que lui donnaient les Grecs anciens : dès le commencement de l’histoire, toutes les conditions sont réunies pour que les événements tournent au pire. Il n’y a donc rien à faire pour l’éviter. D’autant qu’aux tensions habituelles va s’ajouter un engrenage technique imprévu qui emporte tous les acteurs vers la catastrophe.”

Yves-Marie Adeline, docteur de l’Université de Paris I, auteur d’une vingtaine d’ouvrages philosophiques ou littéraires, a publié chez Ellipses une monumentale “Historie mondiale des idées politiques”, une “Pensée antique” et une “Pensée médiévale”.


1914 – Une tragédie européenne, par Yves-Marie… par realpolitiktv

« Les lumières du ciel », nouveau roman d’Olivier Maulin

“Les lumières du ciel”, nouveau roman d’Olivier Maulin

“Travailler devant un écran, se divertir devant un écran, mourir devant un écran ! Au secours !”

Paul-Emile Bramont n’est pas un foudre de guerre. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne voue pas au travail la vénération exigée par l’époque. Prince des ratés, il explore avec élégance et sérénité les bas-fonds de l’ambition, passant d’un hôtel miteux à un boulot minable et d’une combine louche à une tentative lamentable de braquage.

Accompagné de son copain Momo, DJ de patinoire de son état, et Bérangère, la femme d’un chirurgien plasticien – sa maîtresse du moment –, ils partent rejoindre un hameau dénommé Jérusalem, un lieu où la loi du marché n’existe pas. On y boit sous les étoiles, on y lance des grenades pour combattre des chimères et les nuits sont enchantées. Ils y croiseront un curé anarchiste, un clochard amoureux des armes à feu et un militant primitiviste radical, tous en guerre contre le monde moderne et toute forme de production.

Observateur fidèle de la déliquescence générale, Olivier Maulin nous livre un roman drôle et cruel et laisse entrevoir qu’un autre monde est possible, un monde auquel il faut d’ores et déjà se préparer. “Car qui sait s’il ne sera pas bientôt plus important de savoir traire une vache que de tracer des lignes de codes” ?

“Les lumières du ciel”, d’Olivier Maulin
Éditions Balland – 252 p – ISBN 9782353151295
20 euros

Bientôt, du vin « AC/DC » dans les rayons australiens !

Bientôt, du vin « AC/DC » dans les rayons australiens !

16/08/11 – 16h15
PARIS (NOVOpress)
– Le célèbre et inépuisable groupe de hard rock australien AC/DC va lancer toute une gamme de vins aux noms inspirés de ses tubes les plus célèbres.

Pour réaliser ce projet, Le groupe “culte” s’est associé avec l’entrperise vinicole australienne Warburn Estate qui proposera ainsi aux fans de hard-rock amateurs de vins du cabernet sauvignon “Highway to hell” (“autoroute vers l’enfer”), du sauvignon blanc “Hells Bells” (“les cloches des enfers”) ou encore du muscat “You shook me all night long” (“Tu m’as secoué toute la nuit”).

Enthousiaste, Steve Donohue, directeur général des achats chez Woolworths Liquor Group, dont les magasins proposeront ces boissons a déclaré : “C’est un phénomène mondial et une première sur le marché du vin !”

Napoléon Bonaparte vu par Charles Maurras

Napoléon Bonaparte vu par Charles Maurras

[box]Novopress n’a pas prévu d’éphéméride en ce 15 août, fête et date importantes dans l’histoire et l’imaginaire collectifs européens. En ce jour anniversaire de la naissance de Napoléon Bonaparte, il nous a toutefois paru instructif de présenter à nos lecteurs ce texte de Charles Maurras, extrait de l’Avenir de l’Intelligence, publié en 1905. Bien que l’on oppose encore le “royalisme de raison” d’Action française et l’Empire, le Martegal montre ici une certaine admiration envers Bonaparte, dont l’action militaire sonne comme un retour au réel après les rêveries utopiques du siècle précédent. De quoi toujours susciter un intérêt historique et littéraire pour Napoléon 1er et l’Empire.[/box]

Si l’on considère en Napoléon le législateur et le souverain, il faut saluer en lui un idéologue. Il figure l’homme de lettres couronné. Comme il s’en vante, lui qui disait : Rousseau et moi, ce membre de l’Institut continue la Révolution, et avec elle tout ce qu’a rêvé la littérature du XVIIIème siècle ; il le tourne en décrets, en articles de code. La Constitution de l’an VIII, le Concordat, l’Administration bureaucratique reflètent constamment les idées à la mode sur la fin de l’ancien régime. Mais, par un miracle de sens pratique dont il faut avouer le prix, Napoléon tira de ces rêveries sans solidité une forte apparence de réalités consistantes.

Assurément tous nos malheurs découlent de ces apparences menteuses : elles n’ont cessé de contrarier les profondes nécessités de l’ordre réel. Cependant nos phases de tranquillité provisoire n’eurent point d’autres causes que l’accord très réel des fictions administratives avec les fictions littéraires qui agitaient et dévoyaient tous les cerveaux. De la rencontre de ces deux fictions, et de ces deux littératures, l’une officielle, l’autre privée, naissait le sentiment, précaire mais réel, d’une harmonie ou d’une convenance relative.

Nos pères ont appelé ce sentiment celui de l’ordre. Ceux d’entre nous qui se sont demandés comme Lamartine : cet ordre est-il l’ordre ? et qui ont dû répondre : non, tiennent le rêveur prodigieux qui confectionna ce faux ordre pour le plus grand poète du romantisme français. Ils ajoutent : pour le dernier des hommes d’État nationaux. Ils placent Napoléon Ier vingt coudées au-dessus de Jean-Jacques et de Victor Hugo, mais plus de dix mille au-dessous de M. de Peyronnet.

II est vrai que Napoléon se présente sous un autre aspect, si, du génie civil, qui, en lui, fut tout poésie, on arrive à considérer le génie militaire. Rien de plus opposé à la mauvaise littérature politique et diplomatique que Napoléon chef d’armée : rien de plus réaliste ni de plus positif ; rien de plus national. Comme les généraux de 1792, il réveille, il stimule le fond guerrier de la nation ; il aspire les éléments du composé français, les assemble, heurte leur masse contre l’étranger ; ainsi il les éprouve, les unit et les fond. Les nouvelles ressources du sentiment patriotique se révèlent, elles se concentrent et, servies par l’autorité supérieure du maître, opposent à l’idéologie des lettrés un système imprévu de forces violentes. De ce côté, Napoléon personnifie la réponse ironique et dure des faits militaires du XIXème siècle aux songes littéraires du XVIIIème.

Charles Maurras, L’Avenir de l’Intelligence (1905)

Une pseudo histoire des services secrets espagnols

Une pseudo histoire des services secrets espagnols

Une pseudo histoire des services secrets espagnolsPeut-on écrire une histoire des services secrets alors que les archives sont fermées et que les protagonistes sont encore tenus au secret ? Tel est le dilemme auquel doivent s’affronter des auteurs assez téméraires pour vouloir écrire une histoire d’hommes sans histoire. Aux États-Unis, de nombreux auteurs ont néanmoins réussi cet exercice grâce à un très sérieux travail d’enquête, rendu plus facile par une ouverture plus grande des institutions du renseignements par une plus grande liberté de parole des acteurs des guerres de l’ombre.

En Europe, rien de tel. Écrire l’histoire d’un service d’espionnage revient donc à reconstruire une affaire criminelle trente ans après les faits grâce à des coupures de presse. Les exemples de livres publiés en France sur les affaires criminelles les plus emblématiques, songeons au calamiteux Pull-over rouge de Gilles Perrault, rappellent les limites de l’exercice.

Le journaliste espagnol Vicente Almenara démontre à nouveau la futilité de l’effort dans son livre Los Servicios de inteligencia en España, publié en 2010, dans lequel il retrace l’histoire des officines de Franco à nos jours.

Contrairement à ce qu’affirme l’éditeur, l’auteur n’a guère mouillé la chemise pour rechercher les témoignages d’anciens des services ou des politiques qui les ont contrôlés : synthèse de coupures de presse et d’ouvrages d’investigation publiés au cours des années antérieures, le livre de Vicente Almenara évoque un chien déguisé en loup. À base de coupures de presse contradictoires et d’ouvrages partiels et partiaux, comment écrire autre chose qu’une chronologie améliorée (les 1295 notes en bas de page révèlent davantage l’absence totale de sources originales à la disposition de l’auteur. Il semble que les deux seuls entretiens qu’il a réalisés sont ceux cités in extenso en fin d’opus) ?

D’autre part, son exploitation des sources est bien souvent étonnante. Prenons l’exemple du GRAPO, ce mouvement terroriste d’extrême gauche qui a sévi en Espagne, l’auteur s’appuie principalement sur des sources publiées à l’époque des événements dans un but clairement politique. Inexplicablement, il ne cite les souvenirs de Pio Moa, qui fut membre de cette organisation et qui l’a longuement décryptée, qu’en citant l’ouvrage d’un autre auteur. De toute évidence, il n’a pas cherché à s’entretenir avec lui ou avec d’autres rescapés de cette minable épopée.

Pour les visiteurs français, un décorticage plus détaillé de ce livre est peu utile. Qu’il suffise de dire qu’il présente de manière synthétique l’information publiée et disponible sur les différentes organisations qui composent au fil du temps le renseignement espagnol. Il rappelle les grandes affaires qui ont secoué ce petit monde, de la transition à la lutte contre l’ETA. En revanche, inutile de chercher une analyse et une mise en parallèle avec les organisations des autres pays. Qui plus est, la grave question du manque d’indépendance des espions espagnols vis à vis du pouvoir politique n’est même pas évoquée.

Une épave gallo-romaine dans le port d'Arles [vidéo]

Une épave gallo-romaine dans le port d’Arles [vidéo]

L’épave d’une embarcation gallo-romaine d’environ 30 mètres de long a été retrouvée dans les eaux du port d’Arles. Reposant à 5 mètres de fond depuis près de 2000 ans, cette exceptionnelle pièce archéologique sera exposée au public après restauration. Vidéo BFMTV.

Bretagne : Vallée des Saints, sept nouvelles statues inaugurées dimanche

Bretagne : Vallée des Saints, sept nouvelles statues inaugurées dimanche

10/08/2011 – 10h00 CARNOËT (NOVOpress Breizh) – Dimanche prochain sept nouvelles statues seront inaugurées sur le site de la Vallée des saints à Carnoët dans les Côtes d’Armor. Pour marquer l’évènement une randonnée partira de Carhaix pour rejoindre le site de Sant Gweltaz.

Organisée par Philippe Abjean, président de la Vallée des saints, cette marche de 20 kilomètres, baptisée Kan ar Vein -le chant des pierres-, empruntera en partie l’une des anciennes voies romaines qui desservaient la cité gallo-romaine de Vorgium, à l’origine de Carhaix. Le départ est fixé à 7h30, au camping municipal, pour 5 heures de marche. Des parcours réduits sont possibles au départ de Sainte-Catherine, à Plounévézel (14km) et de Pont-ar-Gwin, à Carnoët (10km). Un grand pique-nique est prévu à l’arrivée, où un stand de dégustation de bières bretonnes accueillera les randonneurs.

Après l’inauguration des nouvelles statues (saint Tugdual, saint Hervé, saint Clair, saint Carantec, saint Idy, saint Thelo, et saint Kireg) en début d’après midi, l’historien Frédéric Morvan, spécialiste du Moyen Age, donnera une conférence sur le thème « Le Poher au XIIIe siècle : rupture ou évolution ? ». A 16h, Youenn Péron (bombarde-biniou) et Gwenola Larivain (flûte-violon) donneront un concert de musique traditionnelle bretonne.

La journée prendra fin par une balade historique commentée par Jean-Paul Rolland, avant de laisser place à la danse avec un fest-noz sur plancher, à la ferme du Cosquer. Une soirée animée par les Frères Morvan, Loened Fall, Pti Tom, Le Roux David, Merc’hed Kantonier Karnoed,Bour Bodros Quinted, Klev, Clec’h et Oges. De quoi conclure dignement une journée marquée du sceau de l’identité bretonne.

Championnat de Bretagne des Bagadoù : Kemper retrouve son titre

Championnat de Bretagne des Bagadoù : Kemper retrouve son titre

08/08/2011 – 17h00
LORIENT (NOVOpress Breizh) – 18 fois champion de Bretagne, le bagad Kemper a récupéré cette année son titre. Un titre qu’il avait perdu depuis 2005. Une belle victoire remportée par les Glaziks sur les Bigoudens de Cap Caval, détenteurs du titre depuis 2008
.

Samedi, le stade du Moustoir à Lorient, fief des Merlus, avait laissé la place, le temps d’une journée, aux meilleurs bagadoù en compétition pour le championnat de Bretagne. En lice quatorze formations de deuxième catégorie et quinze de la première. Commencé sous la pluie, le concours finira heureusement sous le soleil.

En tête après la première manche qui s’était tenue à Brest en février dernier (vidéo), le bagad Kemper n’aura laissé aucune chance à son rival le bagad de Cap Caval (Plomeur). Alors que 38 centièmes seulement séparaient les deux formations, les Glaziks ont terminé avec 70 centièmes d’avance. La qualité de leur prestation, indiscutable, aura su convaincre les douze membres du jury.

Tangi Sicard, le penn soner de Cap Caval, avait construit la prestation du bagad bigouden autour de différentes danses du pays Plinn, des pays Fisel et Pourlet. Avec en prime une superbe mélodie de Donatien Laurent, «Gwerz an ene reizh». Une très belle prestation, insuffisante toutefois pour l’emporter sur le bagad Kemper qui, avec une suite vannetaise parfaitement interprétée, un Hanter-dro au rythme endiablé précédant une mélodie plus calme, avant de conclure en apothéose par une succession de gavottes pourlet, emportait la décision. Une belle victoire, qui récompense le travail accompli par Steven Bodenes, penn soner de Kemper depuis deux ans, qui bénéficie d’une politique de formation interne tout à fait remarquable.

Hier matin, la traditionnelle Grande parade du Festival interceltique, réunissant dans les rues de Lorient 80 cercles et bagadoù, a attiré près 100 000 personnes venus de Bretagne et d’ailleurs. Authentique, vivante et enracinée, la culture celte fait décidément recette.

Sous les pavés, le sexe

Sous les pavés, le sexe

En 1969, Clément Rosset a tout juste trente ans. Mais il est déjà un philosophe en vue, grand connaisseur de Schopenhauer, analyste de la philosophie tragique et auteur d’une très étonnante « Lettre sur les chimpanzés » (Gallimard, 1965) qui n’a pas pris une ride.

Clement RossetAujourd’hui, Clément Rosset (photo), longtemps boudé par les mandarins de la philosophie, est reconnu comme un auteur capital. Il doit cette réputation à la clarté de ses exposés et à la légèreté, l’élégance de son écriture. Ce qui est plutôt rare dans la corporation. Pour dix petits euros, offrez-vous : « Logique du pire : Eléments pour une philosophie tragique » et vous m’en reparlerez !

En 1969, Maurice Clavel demande à Rosset de collaborer aux pages « Lettres » du Nouvel Observateur. Une drôle d’idée. Voilà le loup dans la bergerie et le carnage est tel que la contribution de Rosset se borne à dix chroniques en tout et pour tout, avant qu’il soit prié d’aller chasser d’ailleurs.  Ce sont ces chroniques que les Presses Universitaires de France ont republiées, quarante ans après leur première parution, sous le titre “Une passion homicide” (1)

Le plus drôle de ces articles est sans conteste la recension de « La Révolution sexuelle » de Wilhelm Reich (1897-1957) [image en haut de l’article, cliquer sur l’image pour la voir entièrement]. Autour de 1968, ce livre, paru à Vienne en 1930, devient la référence absolue en matière de gaucho-sexualité. Et comme sous les pavés gîte le sexe, Nanterre et Censier se couvrent de références à l’éminent freudo-marxiste.

Le travail de démolition est sans appel. Rosset commence par citer Freud qui, jaugeant la démarche de Reich, estime qu’elle « culminait dans la déclaration absurde selon laquelle l’instinct de mort est un produit du régime capitaliste ». Puis il rappelle la « découverte capitale » du Dr. Reich : « Si vous empêchez un enfant de s’adonner à la masturbation (c’est Rosset qui paraphrase) il virera, politiquement à droite ! En revanche, si vous le laissez sans contrainte, le développement harmonieux de ses facultés sexuelles l’inclinera spontanément vers la gauche. »

La révolution sexuelle de Reich a toutes les allures d’une contre-révolution. Reich, c’est Orwell sur l’oreiller. Ce qu’il propose ? Une « saine sexualité » pratique entre une jeune fille « convenable » et un homme « bien », dans une « bonne chambre, avec des contraceptifs  ‘convenables’ »… Et, forcément, à l’arrivée une reproduction de garçons et de filles clonés, sexuellement performants, sans la moindre déviance !

Sous les pavés, le sexeHeureusement pour lui, Rosset signe d’un pseudonyme (Roger Crémant) car le magazine reçoit des centaines de lettres furibondes. Une romancière très en vue veut l’émasculer et le sieur Daniel Guérin – penseur immense du trotskysme français – se déclare écœuré  par ce « libelle aussi scandaleux et grossier ».

A y revenir, 40 ans après, on voit bien que mai 68 fut aussi la fête de l’intelligence…

Armand Giraud Pour Novopress France

(1) Une passion homicide. Par Clément Rosset. P.U.F., 107 p., 10 euros

Le nouveau Spider-Man sera métis

Le nouveau Spider-Man sera métis [vidéo]

La maison de bande-dessinées américaine, Marvel, a présenté cette semaine le visage du nouveau Spider-Man, Miles Morales, un métis afro-latino. Un moyen pour attirer un nouveau type de lecteur ?

L’Épée : usages, mythes et symboles - Exposition au Musée de Cluny, Paris

L’Épée : usages, mythes et symboles – Exposition au Musée de Cluny, Paris

L’épée est sans doute l’objet le plus emblématique du Moyen Âge, d’une singularité sans pareille. L’extrême simplicité de sa forme en fait un véritable concentré de technique et de technologie, poussées à un rare degré d’excellence. Ses usages et ses fonctions relèvent en revanche d’une infinie complexité. Arme bien connue de l’affrontement et de la chasse, elle peut également être un objet d’apparat ou un signe de pouvoir.

La charge symbolique très forte dont elle est investie dès ses origines, a nourri l’imaginaire collectif et a fait accéder l’épée à la dimension de la légende et du mythe, dont notre époque connaît encore les échos.

De Durandal à Excalibur en passant par Joyeuse, le nom des épées mythiques résonne encore et toujours dans notre imaginaire. L’exposition, à travers une centaine d’objets parmi lesquels de très prestigieux, met en lumière les usages et les sens de l’épée mais aussi sa place dans l’imaginaire médiéval.

Musée de Cluny jusqu’au 26/09/2011

En lien avec l’exposition « L’épée », le musée de Cluny organise des démonstrations d’escrime médiévale dans sa cour d’honneur le samedi et le dimanche après-midi. Elles sont ouvertes à tous gratuitement.
Renseignements au 01 53 73 78 00 (standard et serveur vocal) et au 01 53 73 78 16 (accueil)

[box class=”info”]Crédit photo : licence creative commons / auteur : straightfromthecask[/box]

Avec Pêr Denez disparait une figure exemplaire du renouveau culturel breton

03/08/2011 – 18h00 RENNES (NOVOpress Breizh) – Universitaire breton et écrivain de langue bretonne renommé, Pêr Denez est mort samedi dernier à Romillé, près de Rennes. Ses obsèques ont été célébrées aujourd’hui à Rennes en l’église Notre-Dame-en-Saint-Melaine.
Avec Pêr Denez disparait une figure exemplaire du  renouveau culturel breton Né à Rennes le 3 février 1921, il apprit le breton par lui-même dès son adolescence. Etudiant à Rennes sous l’occupation allemande, il fera la connaissance de Roparz Hemon, le rénovateur de la langue bretonne. Après la guerre il enseignera l’anglais à Quimper et à Périgueux avant de revenir Bretagne. Une thèse sur le breton de Douarnenez lui ouvrira les portes de l’université Rennes 2 Haute Bretagne, où il occupera un poste de maître de conférences à la Section Breton et langues celtiques pendant vingt-et-un ans et dont il prendra la direction.

Militant infatigable de la langue bretonne, Pêr Denez sera de tous les combats en faveur du développement de l’enseignement du breton dans les écoles. Grâce à son action, une licence de breton est créée en 1981 par François Mitterrand. Un CAPES de breton sera mis en place deux ans plus tard et un Deug de langue bretonne verra le jour en 1989. En 1972, il publie Brezhoneg Buan hag aes, une méthode d’apprentissage du breton qui remportera un vif succès auprès de toute une génération d’étudiants et de militants bretons.

Auteur de plusieurs romans et nouvelles en breton, il exercera de nombreuses responsabilités dans l’édition de revues et d’ouvrages en langue bretonne. De la revue Ar Vro qui, sous son influence deviendra dans les années 70 une revue d’études qui jouera un rôle majeur dans la théorisation des luttes politiques pour la Bretagne à Kened en passant par la revue de linguistique bretonne Hor Yezh, la maison d’édition Mouladurioù Hor Yezh et la revue Skrid, Pêr Denez aura permis à de très nombreux jeunes écrivains de publier leurs œuvres en breton.

Avec Pêr Denez disparait une figure exemplaire du  renouveau culturel breton Son engagement pour la langue bretonne était chez lui indissociable du combat pour la cause de la Bretagne. Membre du Mouvement pour l’organisation de la Bretagne (MOB) dès 1959, Pêr Denez fera partie des jeunes du mouvement qui chercheront à contribuer à une meilleure formation politique, historique et économique sur la Bretagne. En compagnie d’Yvonig Gicquel et de Polig Monjarret, il obtiendra du président Giscard d’Estaing le cofinancement des associations culturelles bretonnes par l’État. Son engagement sans concession au service de la cause bretonne lui vaudra, comme à d’autres, quelques attaques de la part de plumitifs de la police de la pensée.

Pêr Denez, qui a présidé la fédération des associations de langue bretonne, Kuzul ar brezhoneg, le Conseil Culturel de Bretagne et le Conseil scientifique et d’animation de l’Institut Culturel de Bretagne, avait été désigné « Breton de l’année » pour l’année 1980 par Armor magazine. Docteur honoris causa de l’Université nationale d’Irlande, il avait reçu le collier de l’Ordre de l’Hermine en 1989 à Nantes. En 1993 il a été décoré de la Creu de Sant Jordi, distinction décernée par la Generalitat de Catalogne. Avec lui disparait un grand militant de la langue bretonne et une figure exemplaire du renouveau culturel breton.

Guerre contre l’Europe

Guerre contre l’Europe

[box class=”info”] Alors que les négociations avec l’Union européenne sont entrées dans une phase de doute, un puissant courant eurosceptique est en train d’émerger en Turquie. L’un des succès de librairie les plus significatifs de ces derniers mois : « La troisième guerre mondiale » (1), décrit dans un futur proche l’invasion de l’Europe par l’armée turque. [/box]
Avec la « Troisième guerre mondiale », (Üçüncü dünya Savasi), Burak Turna récidive le succès de son précédent roman de politique fiction : « Tempête de métal » (500 000 exemplaires vendus). Il ne s’agit plus cette fois pour l’auteur d’imaginer l’attaque de la Turquie par les États-Unis, mais de mettre en scène une vaste confrontation à l’échelle planétaire entre l’Orient et l’Occident. Dans le climat d’incertitude et de méfiance qui prévaut aujourd’hui dans les relations entre la Turquie et l’Union Européenne et, plus globalement, de l’Occident avec le monde musulman, le livre de Burak Turna apparaît comme un véritable miroir de l’image que les Turcs se font et de l’Europe, et d’eux-mêmes. C’est cette vision tendue, pleine de contradictions, oscillant entre désir et rejet, que cette œuvre de fiction, bien que confuse et manichéenne, permet d’appréhender.

L’Orient contre l’Occident

En 2010, une crise économique d’ampleur mondiale provoque l’effondrement des principales places financières de la planète, les unes après les autres. Profitant du chaos ainsi généré, une société secrète, « la fraternité des chevaliers de la mort » alliée au Vatican, déclenche une guerre à l’échelle planétaire. Le but final de la mystérieuse confrérie étant l’instauration d’ « un État mondial » (2) blanc et chrétien. Pour ce faire, cette société encourage la dialectique du choc des civilisations à travers le monde, en manipulant les mouvements identitaires et populistes en Europe, ainsi que des sectes comme la Falong en Chine. L’Allemagne, l’Autriche, la Hollande, la France sont en proie à une vague de pogroms contre les musulmans, et plus particulièrement contre les Turcs. Ce déchaînement de violence, touche aussi les ressortissants russes des pays baltes, ce qui force Moscou à intervenir. De même, la tension entre la Chine et les États-Unis pour le contrôle du Pacifique, débouche sur une opération aéronavale à Taiwan. L’Inde, alliée à la Chine, profite de la confusion générale pour anéantir la flotte américaine dans sa base de Diego Garcia et s’emparer des possessions françaises dans l’Océan Indien.
Décidés à mettre fin aux exactions contre leurs ressortissants, Ankara et Moscou alliées au tandem Pékin-New-Dehli unissent leurs efforts militaires. Une spectaculaire opération aéroportée est menée contre l’Allemagne. Les parachutistes turcs, largués par des Antonovs, hissent l’étendard écarlate frappé du croissant sur le Reichstag. Les Américains, trop occupés à faire face aux Chinois dans le Pacifique, abandonnent leurs alliés européens. Un nouvel ordre continental émerge des décombres de l’ancienne Europe dont la capitale est transférée à Istanbul.

Tout au long du récit l’auteur prend bien soin de ne pas isoler l’Islam des autres civilisations non-occidentales. Aussi, l’axe islamo-orthodoxo-hindou-confucéen créé pour la circonstance, valide davantage la thèse du choc entre l’Orient et l’Occident, qu’entre ce dernier et l’Islam. Comme Samuel Huntington avant lui, Burak Turna fait de la Russie un corps étranger à l’Europe en la plaçant dans le camp de l’Orient. En dépit de cette volonté de faire passer au second plan le facteur religieux et les divergences propres à chacune des civilisations de « l’axe oriental », l’auteur à quelque peine à expliquer la disparition des conflits entre musulmans et chrétiens dans le Caucase, l’apaisement subit des tensions dans le Cachemire et au Singkiang (Kirghizstan chinois). Finalement, le grand paradoxe de cet ouvrage réside dans cette volonté des Turcs à vouloir se faire accepter comme Européens en se comportant en conquérants, tout en rejetant l’identité occidentale.

L’Europe une terre de conquête ?

Ultime cap de l’Asie, point d’aboutissement des invasions, marche occidentale de l’Empire ottoman et extrémité nord-occidentale de l’avancée arabe, l’Europe demeure dans l’imaginaire turc un espace d’expansion. Dans une certaine mesure, le processus d’adhésion à l’UE est vécu comme une revanche sur l’Histoire, et la continuation des guerres ottomanes par d’autres moyens. Il est significatif qu’au lendemain de la validation de la candidature d’Ankara par le conseil des ministres des Vingt-Cinq, dans la capitale autrichienne, en décembre 2004, un grand quotidien turc ait titré « Vienne est tombée ! ». Au retour de son périple européen, Erdogan était accueilli triomphalement à Istanbul et surnommé : le « conquérant de l’Europe ».

Malgré son appartenance à un milieu laïc et occidentalisé, Burak Turna reste lui-même marqué par cette rhétorique belliciste. Dans son livre, sa représentation de l’ennemi européen emprunte beaucoup au registre religieux. Les soldats européens y sont décrits comme un ramassis de soudards dépravés et criminels, à l’instar des « croisés avant eux » (3). Le Vatican incarne le danger spirituel qui guette la Turquie et le monde non-occidental. La conspiration qui en émane, a pour but « d’effacer les cultures traditionnelles partout dans le monde et de créer une société d’esclaves » (4) . Nous serons les « propriétaires de la planète » (5), fait s’exclamer Burak Turna à un cardinal, porte-parole de Benoît XVI.

Ici, la figure de l’ennemi alimente l’imaginaire du complot. L’idée que l’action du Vatican puisse faire peser une menace sur l’existence de la Turquie prend sa racine dans le projet du pape Clément VIII (1592-1605) de reconquérir Istanbul et de convertir l’Empire ottoman. Plus récemment, les propos de Jean-Paul II dans son message pascal de 1995, ont été relevés avec suspicion. Le saint Père appelait les organisations armées, et spécialement les Kurdes, à s’asseoir autour de la table de négociations. Le Vatican conviait aussi Ankara à s’associer à cette initiative. Peu après, une campagne de presse relayée par le Catholic World Report aux États-Unis, s’en prenait violemment à la Turquie en l’accusant de « génocide » à l’égard des populations Kurdes. En 1998, la nomination par Jean-Paul II de deux cardinaux, dont l’identité n’a pas été dévoilée, a suscité des interrogations dans les milieux nationalistes turcs (6).

Si ces inquiétudes peuvent apparaître très exagérées, pour ne pas dire dénuées de fondement sérieux, elles n’en recoupent pas moins des « pensées réflexes » ancrées dans le psychisme turc.

En-dehors de Burak Turna, ces théories conspirationistes sont, ces derniers temps, largement reprises dans les médias. Le chroniqueur vedette de télévision, Eröl Mütercimler, s’est fait une spécialité de la dénonciation de ces forces occultes qui dirigent le monde. Pour Mütercimler, l’Europe ne voudra jamais de la Turquie car elle est intrinsèquement un club chrétien (hiristiyan kulübü). Les « architectes du nouvel ordre mondial » auraient selon lui, abouti à une forme de syncrétisme entre leur déisme maçonnique et les valeurs chrétiennes des pères fondateurs de l’Europe. Cette synthèse humanitaro-chrétienne exclurait de fait la Turquie musulmane. Pour appuyer ses propos, Mütercimler prend l’exemple du drapeau européen dont les 12 étoiles sur fond bleu représenteraient la robe de la Sainte Vierge… (7)

Ce regard turc sur l’Europe, si ambigu, si paradoxal, qu’offre le livre de Turna, est à l’image d’un pays prisonnier entre son enracinement oriental et sa marche vers l’Occident. Une Europe perçue à la fois comme une terre de conquête, comme un lieu d’affrontement, mais aussi comme la dispensatrice d’une manne précieuse, un club de riches, un Occident chrétien qui, même pour des musulmans, demeure un idéal de civilisation.

T. J.

[box class=”info”]Source : Realpolitik.tv[/box]


1) Burak Turna, Üçüncü dünya savasi, Timas Edition, Istanbul, 2005
2) Idem. p 271
3) Idem. p 348
4) Idem. p 130
5) Idem. p 271
6) Erol Mütercimler, Komplo teorileri, Alfa, Istanbul, 2006: “AB’hiristiyan kulübü’dür“ [L’Union Européenne est un club chrétien], p176-180
7) Idem. “Vatikan’in gizli ilisskileri“ [Les relations secrètes du Vatican], p 293-300

Méridien Zéro : dernière émission de la saison, c'est ce soir

Méridien Zéro : dernière émission de la saison, 31 juillet à 23h

Méridien Zéro, la web radio libre dont nous faisons régulièrement l’écho des émissions chaque dimanche soir, vous donne rendez-vous ce soir à 23 heures pour sa dernière émission de la saison. Une revue des événements marquants des dernières semaines vous sera proposée en compagnie de l’ensemble des animateurs, avant de les retrouver à la rentrée.

[box class=”info”]Diffusion de 23h00 à 1h30 en direct, depuis les sites internet meridienzero.hautetfort.com, europaradio.hautetfort.com et www.radiobandieranera.org[/box]

Méridien Zéro : dernière émission de la saison, c'est ce soir

Méridien Zéro : dernière émission de la saison, c'est ce soir

Critique ciné : Le sang des Templiers

Critique ciné : Le sang des Templiers

28/07/2011 – 15h45
PARIS (NOVOpress) — A l’affiche depuis le 20 juillet dernier, Le Sang des Templiers raconte la révolte des barons d’Angleterre contre le roi Jean Sans Terre, qui a renié la “Grande charte” limitant ses pouvoirs. Thomas Marshall, chevalier templier de retour de croisade, se retrouve rapidement confronté à la cruauté du roi Jean Sans Terre. Retrouvant au fil des jours d’anciens compagnons d’armes, ils prennent le chemin de la révolte. S’en suit une course pour rallier le château de Rochester dans lequel il se réfugient et résistent aux assauts des mercenaires du roi, dans l’attente des troupes françaises qui doivent les délivrer.

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Critique ciné : Le sang des Templiers

Critique ciné : Le sang des Templiers

Bien filmé avec de belles prises de vue et panoramas, un choix de très beaux costumes, de beaux décors, l’ambiance est à première vue fidèle à la représentation que l’on peut se faire de l’Angleterre du XIIIème siècle, sans verser dans la caricature. Une distribution de choix permet de retrouver quelques visages familiers du cinéma anglo-saxon : Jason Flemyng, grand habitué des films de Guy Ritchie ; Mackenzie Crook, vu dans Pirates des Caraïbes ; le remarquable Paul Giamatti que l’on a bien aimé dans l’Illusionniste ou Shoot them up aux côtés de Clive Owen et Monica Belluci ; Brian Cox, qui reprend l’épée qu’il avait quittée dans Braveheart ; Derek Jacobi qui n’a pas pris une ride depuis Gladiator; la jolie Kate Mara, probablement plus à l’aise dans une série télé et qui hélas enchaîne les rôles de potiches sur le grand écran ; et enfin James Purefoy, grand habitué des films d’époque et des armures.

Si la figure de Jean Sans Terre (Paul Giamatti) fait inévitablement penser au tyran anarchiste Créon d’Antigone, vierge mère de l’ordre, viennent hélas se superposer quelques anachronismes regrettables qui affaiblissent de fait le scénario : le propos de soixante-huitarde individualiste et pacifiste d’une baronne qui a le feu aux fesses (Kate Mara, considérablement desservie par son rôle) et dont la seule occupation sera de vouloir coucher avec le héros (James Purefoy) ou le discours pseudo-communisant d’un des protagonistes, tranchent avec l’époque. La récupération idéologique à la sauce moderne gâte un peu le tout.

Ce film, riche de belles images, n’en reste pas moins un témoignage intéressant sur un pan de l’histoire anglaise et européenne.

Note de la rédaction : 3/5

[box]Réalisation : Jonathan English / Scénario : Jonathan English, Erick Kastel et Stephen McDool / Durée : 2h01[/box]

Musique : pour la première fois, un orchestre israélien va jouer Wagner

Musique : pour la première fois, un orchestre israélien va jouer Wagner

Musique : pour la première fois, un orchestre israélien va jouer Wagner

Musique : pour la première fois, un orchestre israélien va jouer Wagner

26/07/11 – 14h30
BAYREUTH (NOVOpress)
– C’est un “tabou” musical et historique qui est sur le point de tomber. En effet, un orchestre israélien va interpréter une oeuvre du compositeur préféré d’Adolf Hitler, Richard Wagner, lors d’un concert à Bayreuth, dans le sud de l’Allemagne.

Ce concert sera donné par l’Orchestre de chambre d’Israël (OCI) dans la ville natale de Richard Wagner, dans le cadre du festival d’opéra de Bayreuth. L’orchestre n’a d’ailleurs commencé à répéter l’oeuvre, “Siegfried-Idyll”, qu’après son arrivée en Allemagne, en raison de la sensibilité du sujet en Israël.

Afin de tenter d’apaiser la polémique déjà naissante et d’atténuer les critiques venues des plus radicaux “anti-wagnériens”, le concert doit débuter par l’hymne national d’Israël, “Hatikva”, et inclura aussi des oeuvres de compositeurs interdits par le Troisième Reich, dont celles de Gustav Mahler et de Felix Mendelssohn.

Depuis sa création en 1948, Israël a observé une interdiction officieuse de la musique de Wagner à cause de son utilisation dans la propagande nazie avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.

Pour l’histoire

Pour l’histoire

[box class=”warning”]Vu depuis le Québec par Mathieu Bock-Côté.[/box]

C’est une des caractéristiques majeures de notre époque : le présentisme. Comment le définir ? Le présentisme consiste à croire que le présent se suffit à lui-même. Il repose sur l’oubli de l’histoire, comme si le passé n’avait rien à nous apprendre, comme si nous n’avions pas reçu de nos ancêtres un héritage à préserver, à faire fructifier. Pourtant, le culte exclusif du présent ne manque pas de failles. J’en examine ici certaines.

Première faille du présentisme : à cause de lui, nous ne comprenons tout simplement plus le monde dans lequel nous vivons. Prenez le conflit israélo-arabe. Si vous évacuez l’histoire de votre explication, vous vous contenterez d’y voir un tourbillon irrationnel et meurtrier. Deux peuples en guerre, sans raisons véritables, alors qu’ils devraient vivre en paix. Non ? Certes. Mais pour faire la paix, encore faut-il connaître les causes de la guerre. L’ignorance historique mène à l’angélisme. Et ici, comme dit le proverbe, qui fait l’ange fait la bête.

Deuxième faille : sans conscience historique, plusieurs ont le sentiment que tous les problèmes sont techniques, sans dimension philosophique. Prenez le problème de l’éducation au Québec. Si on ne comprend pas comment le système d’éducation a connu une longue dérive depuis les quarante dernières années, on ne comprendra jamais l’ampleur des réformes nécessaires pour le réparer et le refonder. Pire encore : on se contentera de pelleter de l’argent supplémentaire dans le système sans apercevoir que son problème est moins budgétaire que philosophique.

Troisième faille : nous oublions les vertus de l’enracinement. Combien sont-ils à vouloir comme seul passeport celui de « citoyen du monde ». Dans l’angle mort de cette vision, toutefois, on trouve une terrifiante superficialité : celui qui aime toutes les cultures n’entretient-il pas finalement un rapport de consommateur avec chacune d’entre elles en se contentant de les explorer en surface ? Ce n’est pas parce qu’on est allé un jour à Zaghreb qu’on est familier avec la culture croate. Ce n’est pas parce qu’on aime les mets brésiliens que l’Amérique du Sud n’a plus de secrets pour nous.

Évidemment, il ne faut pas se cloîtrer dans le passé. C’est le privilège des vivants d’être maîtres de leur destin, de se délivrer de ce qui peut être mort dans l’héritage qu’on leur laisse. Nous ne devons pas considérer cet héritage avec l’œil sévère d’un notaire scrupuleux. Maître de notre avenir parce que maître de notre passé ? Oui. Encore faut-il le connaître pour savoir qu’en faire.

[box class=”info”] Source : bock-cote.net[/box]