Le Souvenir Chouan de Bretagne commémore les noyades de Nantes

Le Souvenir Chouan de Bretagne commémore les noyades de Nantes

12/11/2011 – 12h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – Pendant la Terreur, la ville de Nantes était devenue une vaste prison et un champ d’expérimentation pour l’élimination systématique des opposants à la politique conduite par Robespierre et ses amis de la Convention. Des milliers de personnes, hommes, femmes et enfants y perdirent la vie, fusillées, noyées ou victimes de mauvais traitements. Ces évènements – que la municipalité de J.M. Ayrault préfère ignorer, consacrant l’essentiel de ses investissements mémoriels à développer la culpabilisation des Nantais, en particulier avec le très coûteux « Mémorial de l’esclavage »* – seront commémorés par l’association du
Souvenir Chouan de Bretagne le 20 novembre prochain.

« Quel torrent révolutionnaire que la Loire ! » s’extasiait devant la Convention le représentant en mission Jean-Baptiste Carrier. Pendant cent jours, ce « technicien cyclothymique de l’extermination » (Yves Durand), porta à son paroxysme la terreur révolutionnaire dans la cité des Ducs. Cet amateur de belles cérémonies civiques en l’honneur de la Déclaration des Droits de l’Homme sera responsable de la mort de plusieurs milliers de prisonniers retenus dans les geôles nantaises, auxquels il faut ajouter 2000 à 5000 victimes mortes par noyade en Basse-Loire.

J.B. Carrier (lithographie de F.-S. Delpech d'après le portrait de J.-B. Belliard)

Dans un ouvrage qui fait autorité (Carrier et la Terreur nantaise, Perrin 1987) l’historien J.J. Brégeon rappelle qu’il y eut plusieurs formes d’extermination. La première, qui fut l’œuvre des commissions militaires comblèrent de fusillés les carrières de Gigant ; la seconde, par l’épidémie qui fit périr des milliers de détenus dans l’Entrepôt des Tabacs ; la dernière enfin par la noyade et le massacre sans jugement. « On commença par les prêtres réfractaires pour finir par les enfants », rappelle le professeur Yves Durand dans la préface de l’ouvrage précité.

Reprenant la thèse qu’il a développée dans son dernier ouvrage, Reynald Secher a magistralement traité cet aspect de l’histoire des Guerres de Vendée lors de la conférence qu’il a donnée mardi dernier à Nantes devant une salle comble.

L’association du Souvenir Chouan de Bretagne, qui agit depuis de nombreuses années contre le « mémoricide » – il suffit de voir la présentation qui est faite de cette période au Musée de l’histoire de Nantes (un « détail manifestement exagéré ») pour s’en convaincre – honore chaque année la mémoire des victimes de ce terrorisme d’Etat.

Cette année le rassemblement aura lieu à Nantes le dimanche 20 novembre. Le programme est disponible sur le site du Souvenir Chouan de Bretagne.

 

* L’inauguration du Mémorial de l’Abolition de l’esclavage, prévue le 1er décembre prochain, va encore être repoussée à une date indéterminée en raison de diverses malfaçons. Ce monument de la repentance – le seul en Europe – voulu par J.M. Ayrault pour complaire à sa clientèle aura coûté 6,9 millions d’euros. Un modèle de gabegie .

La grande guerre patriotique française [extrait]

La grande guerre patriotique française [extrait]

[box class=”warning”]Novopress reproduit le premier tiers du dernier éditorial de Realpolitik.tv, écrit par Xavier Moreau. Ce texte est disponible en intégralité sur le site www.realpolitik.tv[/box]

Les célébrations du 11 novembre 1918 perdent d’année en année de leur importance. La première guerre mondiale fut pourtant pour la France une grande épopée diplomatique et guerrière. Diplomatique, car elle a su compenser son infériorité démographique par un vaste réseau d’alliances. Guerrière parce qu’en 1918, l’armée française, par l’emploi massif de blindés et d’avions, est la première armée moderne de l’Histoire. Cette grande guerre patriotique française n’est pas sans rappeler sous bien des aspects, la grande guerre patriotique russe de 1941 à 1945, y compris dans certains de ses aspects les plus dramatiques.

Jusqu’en 1916 en France, comme en Union Soviétique jusqu’en 1943, l’aveuglement des chefs militaires et politiques est compensé par le sang des soldats. En France, Joffre, Foch et Nivelle ne réalisent pas les changements profonds que l’augmentation massive de la puissance de feu, imposent à la guerre moderne. En URSS, les commissaires politiques, à qui Staline a confié la conduite de la guerre, sont plus occupés à pourchasser les soi-disant traitres, qu’à manœuvrer contre les armées allemandes. Ils s’obstinent à lancer des vagues d’assaut sans perspectives et interdisent à leurs courageuses unités de se replier, permettant ainsi à la Wehrmacht de réussir de magnifiques encerclements et de capturer des centaines de milliers de prisonniers. Un Russe sur cinq reviendra vivant des camps de prisonniers allemands, et l’armée rouge manquera cruellement d’infanterie jusqu’à la fin de la guerre.

Pour la France, comme pour l’URSS, ce sont les échecs successifs et l’épuisement du réservoir humain qui obligent les dirigeants à faire monter de nouveaux chefs aux idées révolutionnaires. Ces nouveaux chefs apportent avec eux une nouvelle manière de faire la guerre et infligent aux armées allemandes leurs revers les plus cruels depuis Iéna. En France c’est à Villers-Cotterêts, en juillet 1918, que les Français inaugurent une série d’offensives appuyées par les blindés et l’aviation, que l’industrie française a réussi à produire en masse à partir de 1917. Renforcée par l’armée américaine du général Pershing, qu’elle a équipée et formée depuis le début de l’année 1918, l’armée française fait reculer l’armée allemande sur tous les fronts jusqu’en novembre de la même année. Seul l’armistice sauve l’armée allemande du gigantesque « Sedan » que les généraux Pétain et Castelnau lui préparent. En pleine guerre, la France s’est dotée, de la première armée moderne, motorisée, blindée et aérienne. L’État-major allemand, de son côté n’a rien vu. La supériorité stratégique et tactique française est totale. Les meilleurs généraux allemands et américains de la seconde guerre mondiale, dont Gudérian, Manstein, Rommel et Patton, ont été à l’école française en 1918.

En URSS, à partir de 1943, Staline a compris qu’il vaut mieux laisser la conduite de la guerre à ses généraux, quitte à s’attribuer par la suite, la gloire de leur succès. Vassilievski, Joukov, Koniev et Vatoutine mettent à profit la doctrine de l’emploi des blindés, mise au point en Union Soviétique dans les années 20. Les Japonais ont été les premiers en août 1939 à éprouver la supériorité des blindés de Joukov à Khalkin Gol. Pourtant, en 1941, les premiers combats contre l’armée allemande s’avèrent catastrophiques. La purge de 36000 membres de l’armée rouge par Staline en 1938, la prive de ses cadres expérimentés, que les commissaires politiques sont incapables de remplacer. Cette purge et le refus par Staline d’admettre la réalité de l’offensive allemande en juin 1941, font sans doute du dictateur géorgien, le meilleur allié d’Hitler pendant l’opération Barbarossa. Mais la Russie éternelle, comme la France en 14-18, possède en son sein, la ressource nécessaire à la victoire. A partir de la bataille de Koursk, en juillet 1943, c’est l’avènement de « l’art opératif » et de la frappe dans la profondeur. L’armée soviétique, commandée par Joukov, Koniev et Rokossovski, réalise des modèles d’offensives, comme en Biélorussie en 1944, ou entre la Vistule et l’Oder en 1945. Cette dernière offensive permet à l’armée rouge de progresser de 600 km en 17 jours, ce qui en fait la progression la plus profonde et la plus rapide de la seconde guerre mondiale.

[box class=”info”]Lire la suite : http://www.realpolitik.tv/2011/11/la-grande-guerre-patriotique-francaise/[/box]

Photo en Une : Douaumont. Crédits : Wikipedia Commons (cc)

Château de Versailles : nouvelles provocations « artistiques » en 2012 ?

Château de Versailles : nouvelles provocations « artistiques » en 2012 ?

Château de Versailles : nouvelles provocations « artistiques » en 2012 ? 10/11/2011 – 09h30
VERSAILLES (NOVOpress) –
Enfin ! Les arcs géants couleur rouille du sculpteur Bernar Venet  sont en cours de démontage à Versailles (Yvelines). Depuis le 1er juin, deux rangées de huit arcs (photo) de 22 mètres de hauteur défiguraient la Place d’armes, juste en face du Château de Versailles ! Monument qui attire annuellement plus de trois millions de visiteurs et sept millions dans le parc.

Six autres œuvres en acier, plus proches de la sidérurgie que de l’art, avaient été installées également dans les jardins du Domaine de Versailles et dans celui de Marly : de nouveaux arcs mais aussi des « lignes indéterminées » ou « verticales » et un « effondrement ». Coût de l’opération : 2,5 millions d’euros…

Ce mélange des genres malheureux, au cœur du classicisme français, avait d’ailleurs mobilisé l’association « Versailles mon amour », très remontée après les précédentes provocations de Koons en 2008 et de Murakami en 2010.

Le Château de Versailles risque encore de supporter les affres de l’art contemporain monumental, puisque l’année prochaine, c’est la plasticienne Joana Vasconcelos qui sera l’invitée des lieux. Un tour sur son site internet  fait craindre de nouveau un douteux mélange des genres : préparez-vous à découvrir un escarpin géant ou un cône de glace énorme au beau milieu de la Galerie des Glaces ?

Crédit photo : Ammar Abd Rabbo via Flickr (cc)

Les chevaliers teutoniques, sur Arte [vidéo]

Les chevaliers teutoniques, sur Arte [vidéo]

Voyage à la découverte de l’ordre Teutonique, qui construisit ses bastions depuis le Liban jusqu’à la mer Baltique.

C’est en 1190, en Terre sainte, que fut créé l’ordre Teutonique, confrérie hospitalière de marchands et d’artisans allemands destinée à soutenir les chrétiens au cours de la troisième croisade, partie reconquérir Jérusalem à la demande du pape Innocent III. C’est la première fois qu’une frange de la société autre que la noblesse accède à la chevalerie. Très vite, cependant, l’ordre quitte la Terre sainte et se consacre à la christianisation de l’Europe balte, plus précisément de la Prusse. Il deviendra bientôt une puissance respectée de ses voisins. Filmé avec des moyens dignes d’un film de fiction, ce docudrame historique allie reconstitutions et évocation documentaire pour retracer les grands moments de l’histoire des chevaliers Teutoniques au cours du Moyen-âge. Au centre du récit, la bataille de Tannenberg, en 1410, qui marque l’apogée de l’ordre et le début de son déclin.

(France, Pologne, 2011, 53mn) ARTE / TVP

“Serge de Beketch, le gentilhomme polémiste” sur Méridien Zéro ce soir 6 novembre

“Serge de Beketch, le gentilhomme polémiste” sur Méridien Zéro ce soir 6 novembre

Avec comme invités Emmanuel Ratier et le Marquis d’Olmetta, ce soir 6 novembre, de 23h00 à 0h30, l’émission de la webradio Méridien Zéro aura pour sujet Serge de Beketch, le gentilhomme polémiste. L’émission évoquera ce que fut Serge de Becketch (http://sdebeketch.com/).

[box class=”warning”]Méridien Zéro diffusera en direct de 23h à 0h30 via les sites Méridien Zéro, Radio Bandiera Nera et Europa Radio.[/box]

In memoriam : messe-anniversaire en mémoire de Jean Ferré

In memoriam : messe-anniversaire en mémoire de Jean Ferré

05/11/2011 – 19h15
PARIS (NOVOpress) — Une messe-anniversaire pour le décès de Jean Ferré, mort le 10 octobre 2006, a été dite ce matin en l’église Saint-Eugène, à Paris 9ème. La cérémonie, célébrée selon le rite traditionnel, a été suivie par une cinquantaine de participants, parmi lesquels l’actuel président de Radio Courtoisie Henry de Lesquen, l’animateur Daniel Hamiche et l’assistante d’émissions Jacqueline Loevenbruck, bien connus des auditeurs de la station.

Au cours de son sermon, l’abbé Eric Iborra a rendu hommage à Jean Ferré et à son courageux parcours. Jean Ferré a eu une longue carrière dans le journalisme et la presse. En 1987, il fonda avec Serge de Beketch Radio Courtoisie à laquelle il a consacré le reste de sa vie et dont il fut le président jusqu’à sa mort.

Jean Ferré était né le 29 mai 1929 à Saint-Pierre-les-Églises, près de Poitiers, et est décédé le 10 octobre 2006 à Saint Germain-en-Laye des suites d’une longue maladie. Il avait 77 ans. Il est enterré dans le caveau familial à Saint-Martin-la-Rivière, dans la Vienne (86).

Crédit photo : Serge de Beketch (auteur), via Wikipedia Commons (cc)

Pierre de Soleil : incroyable découverte de chercheurs français

Pierre de Soleil : incroyable découverte de chercheurs français

05/11/2011 – 09h30
PARIS (NOVOpress) — Une découverte qui plonge dans notre plus longue mémoire et dans l’histoire profonde de notre Europe vient d’être réalisée par deux Français et leur équipe de l’Université Rennes-1.

Un travail acharné de plus de dix ans a permis de résoudre l’énigme de la “pierre de soleil” des Vikings qui est sans doute une réalité historique, et non une simple légende comme on l’a longtemps cru. Leur étude publiée le 2 novembre dans la prestigieuse revue scientifique britannique Proceedings of the Royal Society A vient en effet renforcer la thèse de l’utilisation des “pierres de soleil” par les Vikings.

Pierre de Soleil : incroyable découverte de chercheurs français
Les sagas scandinaves évoquent à plusieurs reprises une pierre mystérieuse qui les aurait guidés en mer... Crédits photo : Hans Splinter via Flickr (cc)
Les sagas scandinaves évoquent à plusieurs reprises une pierre mystérieuse qui les aurait guidés en mer. « On lit que l’un des rois se saisissait d’un cristal à l’avant du bateau, le pointait au zénith devant lui et trouvait ainsi la direction à suivre », déclare Albert Le Floch, l’un des chercheurs, de l’université Rennes-1 qui s’est penché sur la question.

Les capacités de ces derniers à naviguer sans boussole sur des distances impressionnantes (ils ont sans doute découvert l’Amérique du Nord vers l’an 1000) vers l’Islande et le Groenland, et dans des conditions extrêmement périlleuses ont suscité la curiosité de nombreux chercheurs. Ces “pierres de soleil” leur auraient servi à détecter la position exacte de l’astre diurne lorsqu’il est invisible et d’en déduire ainsi le cap des navires.

Le calcite serait la "pierre de soleil" des Vikings. Crédits photo : Didier Descouen (cc)
Le calcite serait la "pierre de soleil" des Vikings. Crédits photo : Didier Descouen (cc)

L’étude souligne « qu’une précision de quelques degrés peut être atteinte, même dans des conditions de luminosité crépusculaire ». Selon Guy Ropars, chercheur de l’université de Rennes-1, cette “pierre de soleil” serait un spath d’Islande, un cristal de calcite transparent courant en Scandinavie, et encore actuellement utilisé en optique.

Crédits photo en Une : Chris Wild via Flickr (cc)

Cornouailles : le bibliothécaire qui veut brûler la Bible – mais pas le Coran

Cornouailles : Le bibliothécaire qui veut brûler la Bible – mais pas le Coran


04/11/2011 – 16h00
BODMIN (NOVOpress) —
 « Choisissez les livres que vous voulez brûler : ceux que vous trouvez nuls, dont la couverture est horrible, ou dont la lecture vous a déprimés ». En lançant cet appel, Jesse Foot, directeur de la bibliothèque municipale de Bodmin, en Cornouailles, dit avoir voulu attirer l’attention sur la nécessité de garder les bibliothèques ouvertes en période de restriction budgétaire. « La seule chose, explique-t-il, qui soit pire que de brûler les livres, c’est de ne pas les lire [la formule est du grand poète russe, et prix Nobel de littérature, Joseph Brodsky, NdT]. Je veux faire passer le message que ne pas utiliser votre bibliothèque revient à y mettre le feu ».

Le problème, c’est que le bibliothécaire a commencé la pile en exposant ses propres choix, dont la Bible. Les lecteurs ont depuis rajouté Mein Kampf, l’Enfer de Dante et Oui-Oui, qui voisinent donc avec la Bible parmi les livres marqués pour l’autodafé.

L’initiative a suscité les protestations du recteur de la paroisse, le Révérend chanoine Graham Minors, qui a accusé M. Foot de chercher à se faire de la publicité. « Je pense qu’il veut être trop malin. Je vois bien ce qu’il essaie de faire, mais il n’a aucun égard pour les sentiments des gens qui se disent chrétiens. S’il s’agissait du Coran, il aurait de vrais ennuis ».

Photo en Une : deux poids, deux mesures : « Crime raciste » et « art contemporain » vus par le caricaturiste conservateur américain Glenn McCoy

Archéologie : des sépultures médiévales visitées pour de surprenantes raisons

Archéologie : des sépultures médiévales visitées pour de surprenantes raisons

04/11/2011 – 08h45
VIENNE (NOVOpress) — De récentes fouilles archéologiques ont démontré que de nombreuses sépultures de l’Europe médiévale, principalement datées d’entre le milieu du 5ème et le milieu du 8ème siècle, ont été systématiquement visitées, à de rares exceptions près. Jusqu’à présent, les archéologues s’accordaient pour accuser les pilleurs de tombes à la recherche des richesses enterrées avec leurs occupants. Pour Edeltraud Aspöck, chercheuse post-doctorante à l’académie autrichienne des sciences, il se pourrait qu’une toute autre raison, plus complexe, ait poussé des individus à “fouiller les tombes”. Explications.

Objets disparus, corps déplacés, crânes manquant… Des similarités existent d’un bout à l’autre de l’Europe dans les cimetières étudiés par Edeltraud Aspöck. Le premier d’entre eux est un cimetière autrichien du 6ème siècle, où il apparaît que seuls certains types d’objets ont été récupérés. Le second, un cimetière anglais un peu plus récent, où quelques corps furent découverts dans des postures étranges. La similarité qui existe dans la façon dont les corps ont été manipulés indiquerait qu’il s’agit plus qu’un simple pillage.

Comment reconnaître une tombe visitée après plus de 1000 ans ?

Les archéologues fouillant les sites savent reconnaître une tombe rouverte lorsqu’ils la comparent avec les contours d’un autre trou, dont la terre est souvent plus foncée, aux alentours de la tombe originale. Ils trouvent parfois d’autres indices dans les couches supérieures de la terre, comme des bouts d’os, de la céramique ou des coquilles d’escargots. Les sédiments fins accumulés au fond de la tombe indiquent que celle-ci est restée ouverte, permettant aux éléments de remplir le trou au fur-et-à-mesure.

Les corps peuvent aussi fournir des indices, mais ceux-ci ne sont pas évidents à interpréter. La position des os, par exemple, peut indiquer la progression de la décomposition lorsque la tombe fut rouverte. Peu de temps après l’enterrement, alors que les os sont encore reliés entre eux par les tendons, les tissus et les vêtements, le corps peut être changé de place sans tomber en morceaux. Mais à mesure que la décomposition avance et que ces connexions se désintègrent, les différentes parties du corps se désolidarisent si le corps est manipulé et certains os s’éparpillent, explique Edeltraud Aspöck dans un article du Oxford Journal of Archaeology.

C’est la raison pour laquelle il est si important d’être précautionneux lorsque l’on recherche des signes d’intervention humaine car, selon notre archéologue, les processus naturels (tels que la libération de gaz, la pression de la terre, l’effondrement du corps et l’action de petits animaux) peuvent aussi déplacer les os.

Le cimetière du haut moyen-âge, théâtre des luttes de pouvoir ?

Brunn-am-Gebirge est un cimetière situé en Autriche datant du 6ème siècle, qui a été laissé par une tribu germanique, les Langobards (ou Lombards). Il contient 42 tombes dont toutes, sauf une, ont été visitées. Selon les relevés et constatations réalisés sur place, la plupart des tombes auraient été retournées avec un outil, remuant les os dans les cercueils. Plutôt que des pilleurs, Edeltraud Aspöck soupçonne les Langobards eux mêmes. “Certains chercheurs pensent qu’au haut Moyen-Âge, les cimetières étaient les théâtres de jeux de pouvoir, servant à faire apparaître les morts avec de riches objets. Ce pouvait être un facteur important entre familles ou clans rivaux” explique-t-elle.

À Brunn-am-Gebirge, les archéologues ont trouvé des grenats, éléments faisant partie des broches laissées dans les tombes, des anneaux de bronze et d’argent, et divers éléments de pendentifs et de ceintures. En se basant sur les restes découverts, il fut rapidement possible d’identifier les tombes féminines (broches, pendentifs et colliers) des tombes masculines (armes et ceintures). Dans les deux cas, de la vaisselle ainsi que des peignes ont aussi été retrouvés. “Je pense que les objets dans les tombes n’avaient pas seulement une valeur matérielle mais aussi une valeur symbolique élevée et qu’ils faisaient partie de l’identité de ce peuple”, explique notre chercheuse, avançant même que les Langobards auraient pu emporter ces objets avec eux comme souvenirs des individus décédés, lorsqu’ils ont quitté la région au milieu du 6ème siècle.

La façon dont les corps ont été manipulés est aussi révélateur. Le cas des crânes est particulièrement notable puisque c’est la partie du corps qui manque le plus souvent dans les tombes. Dans plus d’un tiers des tombes rouvertes après la décomposition du corps, il manque le crâne. De plus, deux tombes dans lesquelles les corps n’étaient certainement pas entièrement décomposés lors de leur réouverture, contiennent deux crânes chacune. Ces crânes supplémentaires semblent avoir été déposés là après la réouverture de la tombe.

“Les fouilleurs de tombe ont peut-être séparé les crânes des corps décomposés afin d’empêcher les morts de revenir ou de se mettre en colère. Il est probable que les crânes aient été conservés en tant que reliques par les Longobards lors de leur départ de la région”, écrit Edeltraud Aspöck. La raison pour laquelle une seconde tête a été placée dans deux des tombes reste toutefois un mystère.

Des postures étranges

Un second cimetière, Winnall II, dans le sud de l’Angleterre, daté du milieu du 7ème siècle, contient 45 tombes. Aucun indice ne laissait penser aux chercheurs que les tombes avaient été visitées d’autant plus que les squelettes (à part 2) avaient été retrouvés avec leurs os “en place”.

Mais en analysant les résultats des fouilles, Edeltraud Aspöck a repéré des similarités avec les tombes de Brunn-am-Gebirge, notamment la présence de coquilles d’escargots ou d’os étrangers aux corps enterrés.

Certains corps du cimetière de Winnall II furent découverts dans des positions étranges : leurs jambes pliées ou tordues, leurs pieds liés, les têtes décapitées ou leurs bras placés sur leur tête. Au départ, les archéologues pensèrent qu’ils avaient été enterrés de cette façon. Cependant, Edeltraud Aspöck a trouvé de nombreux indices laissant à penser que les tombes furent rouvertes afin de manipuler les corps.
Étant donné qu’à cette époque ces peuples n’enterraient pas de biens matériels avec leurs morts, il est peu probable que les fouilleurs de tombes cherchaient des richesses à voler. D’après elle, certains évènements ont pu poussé les vivants à croire que les morts les hantaient (en provoquant de la malchance). En bougeant les corps, ils espéraient probablement confiner les morts dans leur tombe.

Le travail d’Edeltraud Aspöck éclaire d’un nouveau jour l’étude des tombes médiévales et donne quelques éléments clés quant aux traditions funéraires méconnues des vieux peuples européens.

Photo en Une : Desiderius, dernier roi des Lombards (8ème siècle). Crédit : historyfiles.co.uk

Voyage au bout de la Russie : un regard Identitaire – Par Catherine Blein

Voyage au bout de la Russie : un regard Identitaire - Par Catherine Blein

Ils sont deux et partent pour un long périple qui les conduira, après un Brest- Moscou par vol régulier, de Moscou à Vladivostok par le mythique Transsibérien (ci-dessus, son trajet).
Lui c’est Dominique Lescure, membre du Bureau exécutif du Bloc Identitaire, elle c’est Myriam Marchand, la candidate Identitaire de Nissa Rebela aux dernières cantonales, qui a frôlé les 15%.

Ils partent là bas afin de rencontrer la nouvelle Russie, celle d’après les monstruosités du communisme, mais aussi la Russie éternelle, la Sainte Russie, qui est en train de renaitre.
Ils partent pour « sentir le vent » dans ce pays si vaste de notre Europe, et pour y faire la connaissance de nos camarades Identitaires Russes.

C’est Alexandre Latsa, journaliste franco-russe vivant à Moscou qui les guidera.
Yann Vallerie les interviewera pour Novopress à leur retour, sur les différentes étapes de leur voyage.

Leur voyage commence à Moscou, la capitale et plus grande ville d’Europe.

Leur deuxième étape sera Kazan, étape particulièrement intéressante car cette ville compte 50% de population musulmane, ce qui est colossal, mais cette population semble toutefois très encadrée par le régime Poutine-Medvedev.

Puis ils feront halte à Ekaterinenbourg, ville au nom tragique depuis qu’y fut massacrée toute la famille Impériale le 17 Juillet 1918.

Troisième étape : Blogovenchek, une cité composée à 75% de Chinois, puis le Lac Baikal, la plus importante réserve en eau douce de la planète, puis l’ile d’Olkon, berceau du Chamanisme où Dominique et Myriam doivent rencontrer le Chaman de Russie.

Une halte ensuite à Birobidzhan, ville cent pour cent juive, qui à la chute du mur de Berlin, s’est vidée de l’immense majorité de sa population, partie pour Israël.

Enfin, ils arriveront à Vladivostok, ultime étape de leur voyage, aux confins de l’Asie. Et c’est bien de collaboration avec l’Asie qu’il s’agira lors du sommet 2012 de l’A.P.E.C (Asia Pacific Economic Cooperation) qui se tiendra sur la presqu’ile de Rusky Island, près de Vladivostok, et qui réunira Russie, Chine, Japon, Corée du Sud et Corée du Nord.

Ce long voyage de Dominique Lescure et Myriam Marchand s’annonce riche d’enseignements pour nous. Ils nous diront ce qui reste de l’héritage soviétique, comment les Russes gèrent les villes à forte densité musulmane, quel est le rôle de l’état dans l’économie, où en est la classe moyenne, l’évolution de l’agriculture depuis la fin des kolkhozes et la privatisation des terres, ce que pèse les Identitaires et si, comme ceux-ci le souhaitent et comme nous le souhaitons aussi, l’avenir de la Russie est d’adhérer à l’U.E…

Catherine Blein

[box]Photo en Une : trajet du transsibérien. Crédit : Stefan Kühn (cc)[/box]

Prix Goncourt 2011 : Alexis Jenni pour L’art français de la guerre

[box class=”info”] Ce roman quelque peu historique était le favori de Dominique Venner qui lui a consacré un article dans le nouveau numéro de La Nouvelle Revue d’Histoire (n° 57, novembre-décembre 2011), pages livres. En voici le texte : [/box]

Sous un titre énigmatique, Alexis Jenni a écrit avec grand talent un roman ambigu qui s’immerge dans l’histoire française de notre temps.

Tout commence en 1944 et se prolonge jusqu’à ce jour. L’intrigue couvre une période brûlante, celle de toutes nos guerres perdues, en attendant une sorte de guerre ethnique que le narrateur voit se profiler à l’horizon.

Pour un premier roman, c’est du grand art ! L’auteur fait se croiser deux récits, celui de la vie du personnage prétexte, ancien officier des paras coloniaux, le capitaine Victorien Salagnon, un reître au cœur noble. Sa vie commence dans les maquis de 1944, se poursuit en Indochine, puis en en Algérie jusqu’à la défaite politique de 1962 et l’exode affreux des Européens abandonnés. Sur cet épisode, on a rarement écrit dans un roman des pages aussi saisissantes. L’autre récit, habilement entrecroisé, est formé des réflexions du narrateur (qui n’est pas l’auteur). Précisons qu’à la ville, Alexis Jenni est professeur de biologie, alors que le narrateur inventé par ses soins est une sorte de chômeur professionnel dans le genre « indignez-vous ! », qui passe beaucoup de temps à caresser les jambes des filles.

Surviennent bien d’autres personnages, notamment un deuxième officier béret rouge, un méchant, celui-là, pour qui Victorien Salagnon a cependant toutes les indulgences. Il faut dire que l’autre l’a sauvé de la mort, en Indochine, dans des circonstances qui rappellent un peu ce qu’a vécu le commandant Faulques à Cao-Bang. Intervient ensuite une description artificielle et outrée de la Bataille d’Alger (1957), avec tortures et autres gracieusetés qui chargent la barque à l’excès. Bien que les options « antiracistes » et « antifascistes » du narrateur soient longuement développées (sur le mode romanesque bien entendu), ce curieux et foisonnant roman n’est pas manichéen. Surgit toujours en effet un contrepoint aux options véhémentes des uns et des autres. L’un des épisodes les plus intenses évoque les massacres d’Européens à Sétif et Guelma, le 8 mais 1945. Le souvenir atroce en est rapporté par un ancien médecin militaire d’origine juive, père d’une des deux femmes qui comptent dans ce roman. On en reste saisi.

Dominique Venner

[box] Alexis Jenni. L’art français de la guerre (Gallimard, 634 p, aout 2011.) [/box]

Robert Lamoureux nous a faussé compagnie

Robert Lamoureux nous a faussé compagnie

Robert Lamoureux est entré de son vivant au panthéon de la culture populaire française. A 91 ans, il nous a quittés. Avec lui, c’est bien plus qu’un auteur de pochades qui s’en va.  L’Elysée a même reconnu – sans le faire exprès – que sa mort marque une rupture historique.

Le rédacteur du communiqué déplorant, au nom du président de la République, la mort de Robert Lamoureux n’a pas dû se rendre compte de ce qu’il faisait dire, et penser, à Sarkozy, ni du message doublement funèbre qu’il envoyait aux Français: « La disparition de Robert Lamoureux, qui portait un regard sur le monde aussi léger et désinvolte que désabusé et lucide, mais toujours bienveillant, prive tous les Français d’un des derniers représentants de l’esprit parisien. » « Un des derniers » En effet.

Robert Lamoureux, c’était un mélange de gouaille parisienne et d’élégance française, un cocktail qui fut aussi celui de sa vie – lui, fils de poinçonneuse du métro parisien et de père de passage, enchaînant les petits boulots jusqu’à atterrir à Colomb-Béchar, porte d’entrée algérienne sur le Sahara, et qui épousera en secondes noces une pensionnaire de la Comédie-Française du nom complet de Magali Uramie Lucinde Pichon de Vendeuil, patronyme fleurant bon l’aristocratie charentaise – même si elle était née dans le Gard –; tout comme celui de Lamoureux – son véritable nom – sentait bon la France que l’on ne disait pas encore « d’en bas », puisqu’elle était la France tout court.

L’an dernier, alors qu’à 90 ans il versifiait toujours, il avait composé un court poème qui révèle que s’il fut fier et heureux de ce qu’il a fait, il n’avait pas conscience de faire partie du patrimoine culturel de la France: « J’ai connu dans ma vie quelques années de gloire / Des applaudissements, des amours, de l’argent / Mon nom n’a plus d’écho que dans quelques mémoires / Voyez, je n’suis pas malheureux pour autant. »

« Monsieur » Robert Lamoureux

A son décès, Jean-Marie Bigard, le plus couru des humoristes français, l’a contredit, rendant hommage à celui qui fut son « deuxième papa » et auquel il disait: « Robert, je t’ai tout pris, tout piqué: les gags à tiroir, l’intonation, la musique, les ruptures, absolument tout. » « Dans un de mes premiers spectacles, raconte l’humoriste, je faisais une compilation de sept minutes des sketches de Robert Lamoureux. Les gens étaient dépouillés de rire, et à la fin, je disais: “Voilà, mesdames et messieurs, ce que je viens de vous faire là, ça a quarante-cinq ans et c’est de Monsieur Robert Lamoureux.” »

Non seulement Robert n’était pas oublié, mais sa descendance est riche – la légèreté en moins, hélas. Si Bigard et beaucoup d’autres ont copié sa technique, son humour, fut-il boulevardier, ne versait jamais dans le « lâcher de salopes » (et ce n’est pas seulement une histoire d’époque), restant toujours empreint de bienveillance – là où règne désormais la férocité – et d’une recherche poétique bien éloignée de la caricature qui a si souvent été faite de ses œuvres.

Témoin ce poème – encore! – baptisé « La sexualité racontée aux enfants », qui vaut mieux, à lui seul, que tous les cours d’éducation sexuelle dispensés de nos jours dans les écoles et restitué ici tel que Robert le déclama en 1958 dans la célèbre émission de Jean Nohain, « Trente-six chandelles »: « Le rosier ne sait pas comment se font les roses / La lionne a des lionceaux sans avoir rien appris / Aimer, se reproduire est dans l’ordre des choses / Moi-même je l’ai su sans qu’on m’en ait rien dit / Laissez donc la nature expliquer ces mystères / Laissez vos enfants croire aux enfants dans les choux / Ils sauront en leur temps ce qu’il convient de faire / Et ce qu’ils devront faire, ils le feront / Sans vous. »

Auteur prolifique de chansons (dont certaines reprises par Patachou ou Yves Montand – lequel avait pourtant refusé, à la fin des années 1940, des textes que Robert Lamoureux avait écrits pour lui) et de pièces de théâtre ayant, pour certaines, dépassé le millier de représentations, Robert Lamoureux restera, bien sûr, comme le réalisateur de la trilogie devenue « culte »: Mais où est donc passée la 7e Compagnie? (1973), On a retrouvé la 7e Compagnie (1975), La 7e Compagnie au clair de lune (1977).

Là encore, au-delà des répliques et des scènes irrésistibles qui se sont transmises de génération en génération, les trois opus sont marqués par une exquise bienveillance à l’égard de tous les protagonistes de la débâcle de 1940. Certains sont plus raillés que d’autres, certes, mais dans un esprit qui n’a plus cours aujourd’hui et qui fait que l’Allemand est moqué en tant qu’Allemand et non en tant que représentant de l’idéologie national-socialiste; mais aussi pour sa bêtise et non pour sa barbarie.

La genèse de la 7e Compagnie reste d’ailleurs une énigme. Tantôt Robert Lamoureux, né en 1920, a dit s’être inspiré de ses souvenirs personnels et expliqué qu’à 20 ans, si on n’est pas mort, on rit de ses mésaventures; tantôt il a confié avoir puisé son inspiration dans des lectures, tel un texte publié par le cinéaste Bernard Toublanc-Michel (qui fut son assistant) dans le quotidien « L’Aurore ». Il y a sans doute un peu des deux, ainsi qu’une rare aptitude à sentir et perpétuer l’esprit français. Sorti la même année que Les Aventures de Rabbi Jacob, de Gérard Oury, qui dépassa les sept millions d’entrées, Mais où est donc passée la 7e Compagnie? frisa avec les quatre millions de spectateurs.

Dans Saint-Mandé, chanson consacrée à sa ville natale (alors dans le département de la Seine), Robert Lamoureux avait écrit: « Saint-Mandé pour moi, c’est un petit village / Je croise dans la rue des gens que je connais / Je pourrais mettre un nom sur tous les visages / Et si le bon Dieu veut, c’est là que je mourrais. » Le rédacteur du communiqué de l’Elysée, dans son étourderie, a décidément vu juste.

Antoine Vouillazère

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 3 novembre. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Robert Lamoureux nous a faussé compagnie

« Vendée, du génocide au mémoricide » : un livre de Reynald Secher

« Vendée, du génocide au mémoricide » : un livre de Reynald Secher

02/11/2011 – 12h30
NANTES (NOVOpress Breizh) – L’historien Reynald Secher, spécialiste des guerres de Vendée, sera à Nantes le mardi 8 novembre (1) pour présenter son dernier ouvrage « Vendée, du génocide au mémoricide », qui vient de sortir aux éditions du Cerf.

La parution de « La Vendée-Vengé » en 1986, inspiré de sa thèse d’État, avait eu à l’époque un grand retentissement et déclenché une vive polémique dans le monde des historiens. Dans cet ouvrage, préfacé par Jean Meyer, Reynald Secher faisait part de sa réflexion sur la nature de la répression en Vendée. Selon lui on se trouve en effet en présence d’un génocide légal.

L’auteur fonde sa thèse sur les trois lois spécifiques à la Vendée qui furent votées par la Convention : la première en date du 1er août 1793 prescrivant l’extermination des hommes, la déportation des femmes et des enfants et la destruction du territoire ; la seconde le 1er octobre qui prescrivit l’extermination de tous les Vendéens dénommés « brigands » ; la troisième le 7 novembre qui ordonna le retrait du nom de « Vendée » pour un nouveau nom « Vengé ».

Se fondant sur ces lois, l’armée républicaine, sous les ordres du général Turreau, entreprit de mettre en œuvre ce plan d’anéantissement et d’extermination. Dans une correspondance officielle datée du 24 janvier 1794, Turreau explique que grâce à son action il n’y aura plus d’habitants, d’habitats et d’économie en Vendée. Le 8 février 1794, son plan reçut l’aval du Comité de salut public par l’intermédiaire de Lazare Carnot.

Arc de triomphe : le général Turreau y figure en bonne place
Arc de triomphe : le général Turreau y figure en bonne place. Source : guerredevendee.canalblog.com

25 ans après, le nouveau livre de Secher revient donc sur un des épisodes les plus noirs de l’histoire de la Révolution. Reprenant dans une première partie la question du génocide commis contre la Vendée et une partie de l’Ouest de la France par la Convention et le Comité de salut public en 1793-1794, il aborde dans sa seconde partie une question encore largement ignorée des historiens : le mémoricide.

Citant de nombreux exemples, l’auteur souligne combien les bourreaux, leurs descendants et leurs « ayant droit » politiques républicains ont tout fait depuis 1794 non seulement pour effacer les traces de leurs crimes, mais pour contraindre les descendants des victimes à refouler le souvenir du traumatisme individuel et collectif. Les commentaires sur la période révolutionnaire et l’action de Carrier du musée de l’histoire de NANTES au château des Ducs de Bretagne, conçu par J. C. Martin, l’historien officiel de J.M. Ayrault, sont une bonne illustration de ce phénomène.

Avec la question du mémoricide, Reynald Sécher n’hésite pas à soulever une question historique qui ne manquera pas de faire débat. Il s’en était expliqué dans un entretien accordé à NOVOpress le 14 juillet dernier.
[box class=warning](1) Conférence de Reynald Secher le mardi 8 novembre 2011 à 20h30 salle Bretagne, 23 rue Villebois-Mareuil, Nantes. Entrée : 5 euros (gratuit pour les étudiants).[/box]

Francophonie : 4 soirées d’hommage à Louis-Ferdinand Céline à Montréal

Céline vivant - Théâtre de Fortune, à Montréal

02/11/2011 – 11h00
MONTRÉAL (NOVOpress Québec) —
À l’occasion du cinquantième anniversaire de la mort de Louis-Ferdinand Céline, le Théâtre de Fortune de Montréal organise, en partenariat avec les maisons de la culture de Notre-Dame-de-Grâce, Rosemont-Petite-Patrie, Plateau-Mont-Royal et l’Auditorium Le Prévost, 4 soirées “Céline Vivant”, en hommage à l’écrivain et à son œuvre, du 1er au 10 novembre. Une œuvre qui lui survit, parmi les plus fécondes et les plus audacieuses du siècle passé, « et ce, en dépit d’inlassables controverses qui se perpétuent encore de nos jours puisque le gouvernement français actuel a biffé son nom de la liste des personnalités que la France devait commémorer en 2011 », précise le metteur-en-scène Jean-Marie Papapietro.

Présentée et animée par Stéphane Lépine, ces soirées permettront d’entendre et de voir plusieurs documents d’archives dont la fameuse lecture des premiers chapitres du Voyage au bout de la nuit par Michel Simon, et d’assister à l’interprétation d’un extrait des Entretiens avec le Professeur Y par Roch Aubert et Jean-Charles Fonti.

[box class=info]Prochaine date : ce soir mercredi 2 novembre 2011 à 20 heures. / Où : Maison de la culture Rosemont-Petite-Patrie 6707 Avenue De Lorimier – Montréal QC.  / Téléphone : 514-872-1730 / L’entrée est gratuite, contactez les Maisons de la culture pour obtenir un laissez-passer. En savoir plus : www.arrondissement.com[/box]

Image en Une : Portrait de Céline – dessin de José Corréa. Source : Théâtre de Fortune

[Tribune libre] Histoire du suicide occidental – Vu du Québec, par Mathieu Bock-Côté

Histoire du suicide occidental - Vu du Québec, par Mathieu Bock-Côté

Vingt ans après la chute de l’URSS, le communisme nous indiffère. Qu’en reste-t-il sinon la caserne stalinienne nord-coréenne, le socialisme tropicalo-touristique cubain ou le capitalisme-sauvage-autoritaire-à-parti-unique chinois ? Peu de choses. Pourtant, la question mérite d’être posée : le communisme a-t-il laissé un héritage ? Il faut éviter d’y répondre trop directement pour bien y répondre.

Un peu d’histoire. De 1917 à 1956, environ, le communisme était « l’opium des intellectuels ». Il aura fallu bien des révélations pour qu’ils comprennent sa vraie nature. Une fois au pouvoir, les communistes ouvraient des camps de concentration à la chaîne. Ceux qui s’y étaient convertis par humanisme (il y en avait) ont vite déchanté et se sont ralliés peu à peu à la démocratie occidentale.

Mais il y avait les autres. Ceux qui s’y étaient investis par radicalisme. Dès les années 1960, et plus encore à partir des années 1970, ceux-là ont commencé à bouder le communisme soviétique. Trop sévère. Trop pépère. Il leur fallait trouver un substitut révolutionnaire, une drogue idéologique plus dure.

Le gauchisme culturel a pris le relais. Mai 68 représente son « moment fondateur ». La critique de la civilisation occidentale a remplacé celle du capitalisme. Celle de « l’homme blanc hétérosexuel » a remplacé celle du « bourgeois ». Hier, on défendait le prolétaire. Il n’a pas voulu de la Révolution ? On l’a sacrifié pour le remplacer par « l’exclu ».

Par exemple, on a pris l’école pour cible. Il ne fallait plus introduire les enfants à la société mais miser sur eux pour la renverser en repartant la société à zéro. C’est de là, notamment que viennent les initiatives comme la réforme scolaire qui misent sur la « créativité de l’enfant » pour mieux disqualifier la transmission du savoir.

Puis, on a ciblé la famille. Au nom de l’émancipation des uns et des autres, il fallait transformer l’espace domestique en champ de bataille fondé sur la politisation systématique du quotidien. La famille devait apparemment se démocratiser : on a ainsi sacrifié bêtement l’autorité parentale.

Même la prison a été mise en joue, les voyous étant apparemment les premières victimes de la logique carcérale qui déterminerait la société bourgeoise. Certains ont même été jusqu’à faire des voyous les porteurs d’une contestation révolutionnaire fondamentale. Ce discours, on l’a entendu récemment avec les émeutes de Londres.

On a enfin ciblé la nation pour l’assimiler au racisme, à l’exclusion, à la discrimination. On cherchera à la remplacer par la société multiculturelle. L’immigré, considéré comme un « marginal d’exception », sera désormais investi d’une mission sacrée : transformer la société au nom de son droit à la différence. Nul besoin de préciser qu’on ne lui avait aucunement demandé son avis avant de lui assigner une telle mission.

Résumons : vu de gauche, la révolution passait désormais par la survalorisation des marges culturelles. Mais l’histoire connaît d’étranges mutations. À partir des années 1980, le gauchisme culturel s’est affranchi définitivement du marxisme classique. En l’espace d’une décennie, un mariage étonnant allait alors se nouer entre le gauchisme culturel et l’individualisme libertaire. Le capitalisme récoltera la mise. La chute du mur de Berlin et l’avènement de la mondialisation allaient permettre le déploiement de cette nouvelle idéologie.

Le capitalisme s’est réapproprié l’imaginaire de la Révolution. Les révolutionnaires d’hier sont devenus les publicitaires d’aujourd’hui. Pour défaire les vieilles valeurs, mieux valait miser sur un individualisme radicalisé qui, à travers sa revendication d’un droit à l’authenticité, se donnait le droit de se désaffilier de toutes les institutions sociales. Les normes sociales devaient s’adapter désormais aux revendications de chacun. Autrement dit, il n’y avait plus de société. Le marché laissé à lui-même est un remarquable dissolvant social.

Le vingtième siècle a fait beaucoup de mal aux sociétés occidentales. La vision utopique du politique, qui nous a fait oublier l’histoire, la nature humaine et certaines permanences de culture, a appauvri existentiellement nos sociétés. Elle les a déréalisés plus profondément. En d’autres mots, au vingtième siècle, les sociétés occidentales ont essayé de se suicider. Au vingt-et-unième, on constatera probablement qu’elles ont réussi.

Mathieu Bock-Côté

[box class=”info”]Source : libre reprise du site Internet de Mathieu Bock-Côté. Mathieu Bock-Côté est chargé de cours et candidat au doctorat au département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal. Il est l’auteur de La dénationalisation tranquille (Boréal, 2007) et en collaboration avec Jacques Beauchemin, de La cité identitaire (Athéna, 2007). Ses travaux relèvent de la sociologie politique, de la sociologie des idéologies et de l’histoire intellectuelle. Il est par ailleurs chroniqueur au quotidien 24h, au mensuel Échos Montréal ainsi qu’à l’émission Isabelle le matin, au 98,5 fm.[/box]

[vidéo] Yves-Marie Adeline : 1914, une tragédie européenne (dernière partie)

[vidéo] Yves-Marie Adeline : 1914, une tragédie européenne (dernière partie)

31/10/2011 – 09h20
PARIS (NOVOpress) — L’écrivain Yves-Marie Adeline présente son dernier ouvrage “1914 Une tragédie européenne”, publié en 2011 aux éditions Ellipses. Quatrième et dernière partie d’une série de 4 vidéos, réalisées par Realpolitik.tv, le site animé par le géopolitologue Aymeric Chauprade.

Yves-Marie Adeline, docteur de l’Université de Paris I, auteur d’une vingtaine d’ouvrages philosophiques ou littéraires, a publié chez Ellipses une Histoire mondiale des idées politiques, une Pensée antique et une Pensée médiévale.

Vidéo


1914 – Une tragédie européenne, par Yves-Marie… par realpolitiktv

Voir ou revoir les parties 1 à 3

Partie 1


1914 – Une tragédie européenne, par Yves-Marie… par realpolitiktv

Partie 2


1914 – Une tragédie européenne, par Yves-Marie… par realpolitiktv

Partie 3


1914 – Une tragédie européenne, par Yves-Marie… par realpolitiktv

Pompéi s’invite au Musée Maillol jusqu’au 12 février

Pompéi s'invite au Musée Maillol jusqu'au 12 février

31/10/11 – 8h00
PARIS (NOVOpress)
— C’est à une exposition unique que nous convie le Musée Maillol depuis le 21 septembre dernier et jusqu’au 12 février 2012. En effet les pièces exceptionnelles présentées dans cette exposition recréant le faste de Pompéi sont habituellement conservées dans les réserves du musée de Naples et n’étaient jusqu’à présent jamais sorties du territoire italien.

L’exposition nous convie à une découverte de la cité antique, connue pour son art de vivre et sa gastronomie, et tragiquement engloutie par une éruption du Vésuve le 24 août 79 malgré la protection des dieux lares dont le Musée nous propose plusieurs représentations finement ouvragées. Il aura fallu, paradoxalement, sa destruction complète pour que parviennent jusqu’à nous ces objets merveilleusement bien conservés.

Pompéi s'invite au Musée Maillol jusqu'au 12 février
La grande salle. Crédit photo : © Antoine Manichon, pour le musée Maillol
La simplicité didactique de la scénographie promène le visiteur des cuisines au triclinium (salle à manger) en passant par l’atrium dans un enchantement d’objets, mobilier et de statues qui témoignent du degré d’extrême raffinement atteint par cette civilisation.

Il faut bien compter deux heures et l’assistance de l’audioguide pour apprécier toute la richesse de cette remarquable exposition célébrant avec brio la grandeur du génie européen.
[box class=info]Exposition Pompéi, un art de vivre, du 21 septembre 2011 au 12 février 2012. Musée Maillol – 61, rue de Grenelle – 75007 Paris. Ouvert tous les jours de 10h30 à 19h00. Plus d’informations : www.museemaillol.com[/box]