Entretien avec Fabrice Robert (Fraction) : « La vie est un combat, aussi bien dans la rue que dans l’octogone ! »

Le site Breizh-info.com a récemment publié un entretien avec Fabrice Robert qui relance différents projets autour de Fraction. Un groupe qui – de par son engagement sans concessions – a considérablement marqué de son empreinte la scène du rock enraciné. Un retour qui se produit quelques temps après la sortie d’une nouvelle production d’In Memoriam.

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S’il y a un retour musical sur lequel peu de gens auraient misé, c’est bien celui du groupe Fraction, groupe phare de la scène rock identitaire dans les années 90 et 2000. Derrière ce retour, un homme qui, après quelques années de retrait de la scène politique, fait donc son retour sur la scène musicale : Fabrice Robert.
Un nouveau site Internet vient de sortir, des nouveaux morceaux sont annoncés, et pourquoi pas une reformation en concert dans les prochains mois ? C’est ce que nous avons demandé à Fabrice Robert. Entretien avec le fondateur du mouvement identitaire, et vétéran du hardcore 100 % Nissa, 100 % Europa, qui nous a accordé une interview exclusive, lui qui ne s’était plus exprimé dans un média depuis de nombreuses années.

Breizh-info.com : On s’attendait à retrouver Fabrice Robert en politique, et c’est finalement sur la scène musicale qu’il refait parler de lui. Fraction est donc de retour ? Concrètement, par quoi va se traduire ce retour ?

Fabrice Robert (Fraction) : La scène musicale est une tribune politique et je pense que le message porté par des groupes a une influence plus durable que des discours politiciens court-termistes. Ceci étant dit, j’ai toujours été très impliqué dans le combat culturel à travers mon groupe de musique mais également les labels, les sites d’information et les revues que j’ai animés. J’ai toujours eu une approche gramsciste du combat politique. Pour moi, il est impossible d’envisager de prendre le pouvoir si l’on n’a pas auparavant réussi à conquérir les esprits. Cela passe par les canaux les plus divers : médias alternatifs, associations, formations musicales, etc.

Concernant Fraction, je tiens à rappeler qu’en 13 ans d’activité (1994-2007), le groupe a enregistré 3 albums, 2 mini-Cds tout en participant à un nombre important de compilations. Lors de ses prestations dans l’Europe entière, Fraction a aussi su se forger une solide réputation sur scène. Par son engagement sans concessions, Fraction a considérablement marqué de son empreinte la scène du rock radical. Et je pense pouvoir dire que de nombreux titres du groupe accompagnent encore aujourd’hui une jeunesse patriote, rebelle et enracinée.

Pourquoi donc ce retour de Fraction aujourd’hui ? En fait, dans nos milieux, on parle beaucoup de mémoire et de transmission. Mais il faut se rendre compte que rien n’a vraiment été fait pour mettre en avant tout le travail effectué par les groupes – et les labels – de la scène estampillée RIF. Quid de Vae Victis, d’IDF ou encore de Kaiserbund ? Très souvent, les Cds sont épuisés et il n’y a quasiment aucune trace officielle de ces formations sur le Net. Cela se résume souvent à des vidéos amateurs (avec un son médiocre) et des articles approximatifs signés par des journalistes hostiles… Pourtant, les productions sont souvent de qualité et les textes restent toujours d’actualité !

Partant de ce constat, j’ai souhaité mettre en ligne un site web pour rappeler le parcours de Fraction, à l’occasion des 25 ans du groupe. J’ai remis la main sur un nombre important d’archives (photos, vidéos, enregistrements inédits, article de presse, etc.) que je compte publier au fur et à mesure. Mais, dans le même temps, j’ai multiplié les démarches pour rendre disponible Fraction sur les principales plateformes de streaming. L’idée est toujours la même : utiliser tous les moyens pour diffuser son message auprès du public le plus large possible !

Actuellement, je travaille sur une compilation pour les 25 ans de Fraction qui devrait être disponible dans quelques semaines. Cette production réunira les titres les plus emblématiques du groupe tout en incluant des morceaux peu connus (dont un inédit !).

Enfin, après avoir revu et discuté avec certains membres historiques du groupe, nous avons constaté que l’envie restait intacte. Nous allons donc probablement travailler sur de nouveaux titres qui seront, bien évidemment, des appels au combat et à la résistance !

Breizh-info.com : Le fait qu’un grand nombre de groupes qui ont émergé dans les années 80-90, avant de faire une pause, reviennent aujourd’hui, n’est-ce pas finalement le signe d’une pauvreté musicale importante aujourd’hui ? Pourquoi tous ces « revivals » ?

Fabrice Robert (Fraction) : Faut-il voir dans ces retours le signe d’une pauvreté musicale de notre époque ? Je pense surtout que des groupes qui ont marqué leur époque avant de stopper toute activité peuvent avoir envie de reprendre les instruments quelques années plus tard. D’autant plus que certains titres ont traversé les époques et les générations. C’est d’ailleurs ce qu’écrit Komintern Sect dans son nouveau titre intitulé « D’une Même Voix » : « Comment aurions nous pu croire à 20 ans / Que des générations viendraient après / Pour reprendre en chœurs les mêmes chants / Comme si le temps n’était pas passé ».

Aujourd’hui, dans ce monde aseptisé, bercé par les pseudo-modèles de la télé-réalité, la dépendance au monde virtuel des réseaux sociaux, la toute-puissance du rap et la dictature du superficiel, une certaine jeunesse peut vouloir rechercher autre chose. Ces groupes des années 80-90 voire 2000 incarnent aussi une certaine rage, l’esprit de la rue et une vraie authenticité. Le côté animal et viril de ces groupes ne peut que faire du bien à notre époque et susciter des vocations !

En tout cas, même lorsque des groupes plus anciens – comme Cock Sparrer ou Cockney Rejects – se produisent sur scène aujourd’hui, le public répond présent et les salles sont combles. Cela me fait un peu penser à certains ultras – artisans, avocats ou chefs d’entreprise – qui attendent avec impatience le match de foot du week-end. Dans les tribunes, ils mettent de côté – le temps d’un match avec leur clan – toute la bienséance liée au carcan professionnel. Ils se sentent à nouveau vivants !

Breizh-info.com : Quelles sont vos références musicales actuelles justement, vos coups de cœur ?

Fabrice Robert (Fraction) : J’ai des goûts assez éclectiques même si mes références principales proviennent plutôt des scènes metal, punk et hardcore. Je pourrais mentionner The Exploited, Terror, Hatebreed, Lionheart, The Rumjacks, Dropkick Murphys, Coldside, Madball et Agnostic Front. Leur dernier album Get loud ! montre que les légendes du New York Hardcore sont toujours là !

J’écoute aussi beaucoup d’électro – plutôt orientée trance et house – avec des DJs ou projets tels que W&W, Heatbeat, Mark Sixma, Armin van Buuren, Pal Van dyk, Super8 & Tab. J’apprécie aussi le travail de la violoniste Lindsey Stirling qui associe – dans sa musique –, du classique à des genres plus actuels tels que le rock ou l’électro. Au niveau pop, mes références actuelles sont plutôt du côté de Gloo, White Lies et du groupe de Brighton, Yonaka.

Enfin, sur la scène street-punk, j’aime beaucoup Lion’s Law qui multiplie d’ailleurs les concerts actuellement avec Komintern Sect.

Breizh-info.com : Sur le plan musical toujours, comment expliquez-vous que dans sa grande majorité, la scène punk rock, ou rock alternatif, contestataire dans les années 80, soit devenue si conformiste ? Plus globalement, on se dit qu’avant, certains artistes adulés crachaient à la figure du système, aujourd’hui, ils l’embrassent, chantent pour les migrants et contre le racisme. Que s’est-il passé ?

Fabrice Robert (Fraction) : Je pense surtout que cette scène contestataire a toujours brillé par son conformisme dès qu’il fallait parler d’identité, d’immigration et de défense des traditions. On peut évoquer Noir Désir qui a chanté « Un jour en France » et surtout Bérurier Noir avec son titre « Porcherie ». « La jeunesse emmerde le Front national » est un refrain qui est devenu très vite l’un des slogans phares des manifestations anti-patriotes.

D’ailleurs, en 2017, Loran, ex-guitariste des Bérurier Noir, qui joue désormais au sein du groupe Les Ramoneurs de Menhirs, appelle à voter Macron pour faire barrage à Marine Le Pen. « Je ne comprends pas comment des gens puissent se poser la question de savoir pour qui aller voter », dit-il. Un anarchiste, farouche opposant aux valeurs libérales, qui appelle à voter pour le candidat de la finance, c’est un peu pathétique…

Breizh-info.com : Du côté du rock identitaire, c’est un peu le néant également ces dernières années, hormis le retour d’In Memoriam. Comment expliquez-vous cela ? N’avez vous donc pas réussi à transmettre une forme de relève ?

Fabrice Robert (Fraction) : Nous avions réussi à susciter une véritable dynamique avec l’éclosion de plusieurs groupes aux styles très variés. Mais cela avait été rendu possible grâce au travail acharné de quelques acteurs. Les groupes pouvaient alors compter sur le soutien de labels, de revues, de sites web et d’organisateurs de concerts. Avec Bleu Blanc Rock puis Alternative-s, nous avions lancé un certain nombre d’opérations comme celle du « CD Antimondial – 16 groupes en rage contre la mondialisation » qui assurait la promotion d’une scène en plein essor.

Puis certains acteurs ont décidé de mettre des priorités ailleurs et ils n’ont pas été remplacés. Je pense aujourd’hui que le mouvement national porte aussi, un peu, une part de responsabilité dans ce coup d’arrêt, même s’il n’est pas trop tard pour bien faire. En effet, plutôt que de se focaliser uniquement sur les échéances électorales, celui-ci aurait du aussi mettre des moyens pour soutenir le développement d’une scène musicale patriote. Comment peut-on avoir un mouvement qui dépasse les 20 % en France et ne pas avoir des artistes et des groupes de musique qui diffusent un message patriote décomplexé ? Nous serions donc condamnés ad vitam æternam à subir la propagande d’artistes pro-migrants et de rappeurs véhiculant le message des banlieues ?

Jimmie Åkesson, le chef des Démocrates Suédois, est monté sur scène avec le groupe de rock patriote Ultima Thulé. On imagine encore mal une telle scène en France…

In Memoriam a donc ressorti un mini-Cd. Fraction devrait composer de nouveaux titres. Ayant repris un certain nombre de contacts, je sais aussi qu’un autre groupe important travaille actuellement sur un nouvel album… Bref, il faut peut-être que nous revenions pour réveiller la nouvelle génération !

Breizh-info.com : Vos fans vont-ils pouvoir vous retrouver sur scène prochainement ? Avec de nouveaux morceaux ?

Fabrice Robert (Fraction) : Chaque chose en en son temps. Dans l’immédiat, l’objectif est déjà de remettre à disposition du public toutes les productions de Fraction sur les principales plateformes de streaming et nous allons sortir une compilation des 25 ans du groupe.

J’ai également mis la main sur certains enregistrements rares et des concerts que je compte numériser mais il faudra attendre un peu. Dans le même temps, nous avons également été approchés par certains labels pour des rééditions-collector.

Enfin, nous avons comme projet de composer de nouveaux titres. Je ne peux pas en dire trop pour le moment mais certains textes devraient être plus orientés vers les notions de sacrifice, de fidélité, de résistance, d’héroïsme, de courage, de dépassement de soi. Au sein de Fraction, nous avons certains membres qui sont très impliqués dans les arts martiaux et les sports de combat, depuis de nombreuses années. Contre l’avachissement de masse et face aux diverses compromissions et trahisons que l’on peut rencontrer – notamment en politique –, la pratique martiale rappelle certaines valeurs essentielles. Comme l’a rappelé Joël Dicker : « La boxe ne ment jamais, monter sur un ring est un moyen très fiable de savoir ce que l’on vaut : soit l’on terrasse, soit l’on est terrassé, mais on ne peut pas se mentir, ni à soi-même, ni aux autres. »

La vie est un combat, que ce soit dans la rue, le ring ou l’octogone !

Propos recueillis par YV

Entretien repris de Breizh-info.com

Il est possible de suivre l’actualité de Fraction sur les plateformes suivantes :

=== Site web ===
https://fraction-officiel.com/

=== Facebook Page ===
https://www.facebook.com/fractionofficiel/

=== Instagram ===
https://www.instagram.com/fractionofficiel/

=== Telegram ===
https://t.me/s/fraction_officiel

Enfin, il est possible d’écouter et/ou acheter des titres de Fraction sur la plateforme suivante :

=== Bandcamp ===
https://fraction-officiel.bandcamp.com/

Les Volontaires du Roi : un roman historique de Bernard Lugan et Arnaud de Lagrange

29/01/2020 – FRANCE (NOVOpress)
1789-1794, bien décidé à « torcher les félons », Septime de Saint-Mayeul, héritier spirituel du Connétable de Bourbon, entre en guerre contre la Révolution et ses partisans.
Sans illusion sur les destinées politiques du pays, conscient de vivre un crépuscule, avec quelques compagnons aussi déterminés que lui, il mène sa « petite guerre » au cri de « Vive le Roi quand même ! », qui pourrait être un « Vive le roi pourtant ».

Septime de Saint-Mayeul sait en effet que le royaume de France ne sera plus ce qu’il fût. La chaîne étant brisée, plus jamais un Roi ne guérira les écrouelles…
A travers la vie de ce personnage haut en couleur dont la devise « Plutôt le sang de mon ennemi sur mon sabre que mon sang sur le sien » sert de programme, le lecteur traversera un demi-siècle d’histoire tumultueuse qui le mènera des hautes futaies de la forêt de Tronçais aux intrigues de Versailles ; de l’épopée de la Nouvelle-France aux fracas de la Révolution et des gloires de l’Empire aux déceptions de la Restauration.

– Editions Balland, 364 pages.

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Le 18 janvier 2020 – Journée de la Fierté Parisienne

18/01/2020 – FRANCE (NOVOpress)
L’association Paris Fierté organise cette année la 15ème édition de la journée de la fierté parisienne.

Au programme : Bistrot guingette autour de nombreux stands de 13h à 16h sur une péniche puis rdv au pont de la Tournelle à 17h pour notre marche aux flambeaux en l’honneur de Sainte-Geneviève.

Venez nombreux pour fêter avec nous l’identité parisienne !


Obertone réfléchit à des « solutions concrètes » pour que la guérilla ne devienne pas notre réalité

Entretien avec Laurent Obertone, auteur à succès de Guérilla, le temps des barbares chez Ring. Avant la publication du troisième et dernier volet de sa saga apocalyptique, l’auteur révèle qu’il travaille sur un livre plus politique.

Le 26 septembre dernier, Laurent Obertone sortait la suite de Guérilla, roman dystopique fatalement prenant qui offrait au lecteur un aperçu de l’effondrement de la France en trois jours. Une guerre civile déclenchée seulement par une énième descente de policiers dans une cité est-elle possible ? L’auteur arrivait à nous convaincre que la guérilla est là, tapie au creux de l’actualité, attendant patiemment une rixe de trop pour s’embraser.

Dans son tome 2, la France agonise, les survivants oscillent entre monstres et proies, alors que le pays en ruines se divise en une multitude de petits pouvoirs autonomes. Comment un pays à genou se relève-t-il ? Une renaissance de l’Etat est-elle possible ? Interview d’un auteur lucide, sorte de Cassandre moderne, précis et renseigné, mais loin d’être cru de tous.

Causeur. Dans la suite de Guerilla : le temps des barbares, vous présentez une France détruite où l’Etat disloqué laisse ses citoyens à la dérive. Vous évoquez à plusieurs reprises dans votre roman la notion de « très-bien-vivre-ensemble ». Serait-elle selon vous la cause majeure d’un effondrement ?

Laurent Obertone. Cette notion de « vivre ensemble » est une sorte de formule d’exorciste, qui apparaît pour conjurer l’effondrement du capital social. Face à une réalité de plus en plus pressante, cette croyance est devenue la valeur refuge de Big Brother, l’État et ses satellites médiatiques, universitaires, culturels, etc. En refusant d’admettre l’échec du multiculturalisme, Big Brother s’enferme dans son utopie, et semble préférer la mort de notre civilisation à celle de ses principes.

Vous assurez que votre travail se base sur les informations que vous avez acquises grâce à vos contacts aux services des renseignements français. L’actualité de ces dernières semaines montre que la colère citoyenne s’amplifie. Est-ce que nous pourrions éviter selon vous un destin aussi funeste que Guerilla pour la France ?

Ce destin tient à la toute-puissance de Big Brother, qui est une sorte de coup d’État démocratique permanent. Si les citoyens ne parviennent à se faire entendre, à reprendre en main leur destin, en réduisant ce monstre à leur service – sa raison d’être originelle –, le pire ne nous sera pas épargné. Or, pour l’instant, la colère citoyenne, qui est tout sauf pensée et structurée, semble surtout exiger encore plus de Big Brother. Hélas, la solution ne viendra pas d’un accroissement du problème.

Destructions, pillages, viols, tueries, il ne faut guère longtemps aux Français pour qu’ils ne se déshumanisent complètement, pour la plupart. Avez-vous choisi de cantonner l’intrigue dans un laps de temps très court pour maintenir la tension ou croyez-vous qu’il serait réellement possible qu’un pays comme la France puisse tomber en seulement trois jours ?

Avec cette temporalité réduite, j’ai voulu insister sur le fait que malgré sa solidité apparente, la structure étatique est très complexe et fragile, et que sa défaillance face au réel pourrait bien causer sa perte, à très court terme. Mais si cette perte est brutale, elle le sera tout autant pour des millions de Français, soudain privés de leur maître, totalement désarmés par lui, et confrontés à leur vertigineux état de dépendance.

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« No Society » : le constat implacable de Christophe Guilluy

L’édition en format poche de No Society – La fin de la classe moyenne occidentale, enrichie d’un avant-propos consacré au phénomène des Gilets jaunes, est l’une des lectures les plus indispensables du moment. Le géographe Christophe Guilluy y propose une forme de synthèse de ses analyses, bien moins manichéennes que ne le voudraient ses détracteurs.
Cet ouvrage constitue sans conteste l’un des livres de chevet de tout responsable « populiste » ayant à cœur d’offrir une perspective politique victorieuse au « Bloc populaire ».

Partant de la fameuse formule de Margaret Thatcher en octobre 1987, « There is no society », qui entendait ainsi justifier le bien fondé de ses réformes libérales, Christophe Guilluy déroule une analyse que l’on pourrait résumer en quelques points saillants :

– Ce message libéral donc par essence apolitique, porté par une vision mondialiste devenue idéologie, dont la portée s’est accélérée après la chute du Mur de Berlin et la disparition du bloc soviétique, a été entendu par l’ensemble des classes dominantes occidentales.
– Sa conséquence immédiate ? La « grande sécession du monde d’en haut »d’avec ses peuples et ses pays originels, qu’avait analysé dès 1995 Christopher Lasch dans La Révolte des élites et la trahison de la démocratie(Champs Flammarion, 2010) et que rappelle très bien le président de TV Libertés Philippe Milliau dans son message du nouvel an 2020.
– Les conséquences concrètes que nous subissons aujourd’hui, après trente ans de nouvelle « trahison des élites », sont l’abandon du bien commun et l’avènement du chaos de la « société relative » caractéristiques des pays occidentaux – « la réalité d’une société désormais travaillée par des tensions ethno-raciales qui rappellent en tout point celles de la société américaine ».
– « La rupture du lien, y compris conflictuel, entre le haut et le bas, nous a fait basculer dans l’a-société. No more society.» Le sacrifice volontaire, sur l’autel de la mondialisation, des classes moyennes autrefois matrices des sociétés occidentales, a débouché sur la prolétarisation, l’atomisation et finalement la désespérance du « bloc central » constitué du peuple au travail – l’échec du mouvement des Gilets jaunes ne pouvant qu’accentuer cette désespérance sociale, avec des risques évidents pour le maintien de toute « paix civile ».

Dès lors, comment « refaire société » – c’est-à-dire en réalité refaire un peuple, avec un territoire, des coutumes et des lois qu’il aurait en propre ? C’est à cette réhabilitation du politique qu’appelle Guilluy, avec la pertinence qu’impose la tournure des événements, légitimant en grande partie ses analyses antérieures (notamment dans La France périphérique en 2014 et Le Crépuscule de la France d’en haut en 2016), malgré les limites de quelques-unes de ses références par trop crypto-chevènementistes.

Phénoménologie de la « société ouverte »

La partie principale de l’ouvrage de Christophe Guilluy est relative au constat de la société produite par l’avènement de l’idéologie multiculturaliste et « diversitaire » (cf. Mathieu-Bock Côté, Le multiculturalisme comme religion politique, Les éditions du Cerf, 2016). Idéologiquement progressiste, multiculturelle et techno-marchande, la « France d’en haut » a promu cette forme de post-démocratie (car réalisée sans le consentement du peuple souverain, et en lui retirant l’essentiel de ses prérogatives politiques, avant de le faire disparaître économiquement puis socialement), avec d’autant plus d’entrain qu’elle a su se préserver des externalités négatives d’un tel « modèle » (ghettos ethniques, effondrement du système éducatif, chômage structurel et massif, explosion de la criminalité de rue, etc.). Et ce, en utilisant cyniquement le lumpenprolétariat immigré à son profit :

– pour répondre à ses besoins de services dans les métropoles constituant ses lieux de vie privilégiés (ménage, cuisine, garde d’enfants, transports, traitement et recyclage des déchets, etc.) ;
– mais aussi pour contenir voire délégitimer les revendications salariales ou simplement sociales de l’ancienne « working class » autochtone, accusée au moindre prétexte de racisme, pour ne pas dire de bêtise crasse (les « déplorables » dénoncés par Hillary Clinton en visant les électeurs de son opposant républicain en 2016) – technique permettant « le verrouillage du débat public » afin d’écraser dans l’œuf toute velléité de révolte.

Ce que décrit Guilluy, c’est « le repli d’une bourgeoisie asociale » : « En réalité, la société ouverte et mondialisée est bien celle du repli du monde d’en haut sur ses bastions, ses emplois, ses richesses. Abritée dans ses citadelles, la bourgeoisie ‘progressiste’ du XXIe siècle a mis le peuple à distance et n’entend plus prendre en charge ses besoins. L’objectif est désormais de jouir des bienfaits de la mondialisation sans contraintes nationales, sociales, fiscales, culturelles…. Et peut-être, demain, biologiques » [en pariant sur la révolution de l’intelligence artificielle et le transhumanisme].

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Bienvenue au Kosovo – Un périple à travers l’ex-Yougoslavie ou l’enfer balkanique d’après-guerre

Bienvenue au Kosovo est un titre à prendre au douzième degré. Sur la très belle couverture de l’album, Kosovo est écrit selon la typographie publicitaire d’une marque de soda symbole de l’Empire. Cette couleur rouge, c’est celle du mondialisme américain – particulièrement actif dans le démembrement balkanique – et celle du sang versé dans un conflit pluriethnique. Bienvenue au Kosovo nous raconte le retour au pays de Dimitri, Serbe ayant fui la guerre yougoslave pour l’Italie, pendant son adolescence. Les années ont passé, il doit se rendre sur la tombe de son père en pleine zone kosovare. Pendant le trajet en train, Dimitri fait la connaissance de Milan, un vieux Serbe truculent de Sarajevo.

De leur rencontre s’ensuivra toute une série de retours en arrière dans les souvenirs douloureux de l’enfance, de la guerre où chacun porte son lot de regrets, de failles et de souffrances. Dimitri porte le poids d’une culpabilité vis-à-vis de son père et de sa sœur ; quant à Milan, c’est sa situation personnelle (Serbe de Bosnie ayant une femme musulmane) qui révèle toute la complexité de cette zone de l’Europe où coexistait dans un fragile équilibre une mosaïque communautaire.

L’une des qualités premières de cette bande dessinée est d’avoir su subtilement mettre en forme les problématiques historiques de cette région sans en alourdir le propos ou la narration. Un pari réussi, un graphisme soigné, des couleurs sombres qui cadrent bien avec la tonalité de l’histoire. Le personnage de Milan est à lui tout seul un concentré de tout ce qui déchirera la Yougoslavie post-Tito. Personnage réellement touchant, désabusé, il n’omet pas de nommer les responsables dans un dernier laïus : l’OTAN et, à travers elle, les USA.

Car, oui, la Yougoslavie a bel et bien été un laboratoire pour l’oligarchie en matière de démantèlement territorial, avec le scandale de la création du Kosovo en tant qu’Etat fantoche et mafieux aux relents islamistes ; le tout supervisé par les USA et l’installation de leur base militaire Bondsteel, que du lourd ! Le Kosovo, rappelons-le, est le foyer historique de la civilisation serbe après la bataille de Kosovo Polje en 1389, où les Serbes furent opposés aux troupes ottomanes. Aujourd’hui, le Kosovo est peuplé majoritairement d’Albanais, la population serbe ayant dû, dans son ensemble, fuir.

Pour revenir à notre ouvrage, je ne peux que vous conseiller cette BD qui captivera aussi bien les bédéphiles que les plus réfractaires au genre car c’est un récit poignant sur une période occultée de notre histoire européenne.

Jérôme Régnault

Article paru dans Présent daté du 20 décembre 2019

N. Mirkovic, S. Mogavino et G. Quattrocchi, Bienvenue au Kosovo, Editions du Rocher, 2019, 58 pages, 14,90 euros.

Une boutique éphémère pour soutenir l’artisanat enraciné à Paris

A l’occasion des fêtes de Noël, une boutique éphémère va ouvrir ses portes boulevard Edgar Quinet, dans le 14e arrondissement de Paris, afin de permettre à chacun de faire des cadeaux de qualité et porteurs de sens, tout en soutenant l’artisanat enraciné.

C’est Gabriel-Henri Charpentier, jeune artisan, qui est l’initiateur de ce projet. A 34 ans, il gère le site Art Terre Europa (https://www.art-terre-europa.com) qui regroupe des objets confectionnés dans différentes matières qu’il travaille, comme la céramique, le verre ou le cuir.

Pour lui, l’initiative de cette « boutique éphémère » s’est imposée comme une évidence. En effet, après avoir fait différents salons d’artisanat et constaté que, malheureusement, souvent, on y trouvait des « revendeurs » et non de véritables artisans, il a décidé de se lancer dans cette aventure en sélectionnant lui-même des artisans et en vérifiant personnellement que ce qu’ils proposent est bien entièrement réalisé par eux.

Dans cette boutique, les visiteurs pourront donc trouver tout un choix d’objets utiles et décoratifs, accessibles à toutes les bourses, comme, par exemple, des sculptures réalisées en bois anciens, de magnifiques illustrations, des aquarelles, des linogravures ou bien encore des céramiques, des CD musicaux, des savons, des moulages, des objets en cuir, ainsi qu’un coin gourmand dédié aux produits du terroir, sans oublier un espace consacré à la littérature et aux bandes dessinées.

A l’heure où, malgré un regain d’intérêt de la part d’un grand public lassé des produits uniformisés et sans âme des multinationales, beaucoup d’artisans continuent à avoir de grandes difficultés à vivre convenablement de leur métier, cette heureuse initiative est à soutenir inconditionnellement !

La boutique éphémère des artisans enracinés, du jeudi 19 décembre (15 heures) au dimanche 22 décembre (20 heures), 5, boulevard Edgar-Quinet, 75014 Paris. Contact : artisansenracines@gmail.com

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 17 décembre 2019

Attaques antifas : Les hyènes dans la crèche, par Etienne Defay

La bêtise et la violence de l’extrême gauche n’ont décidément plus de limites. Ce dimanche, une meute de décérébrés a attaqué la crèche vivante des enfants à Toulouse. Ce sont nos confrères de La Dépêche et d’Info Toulouse qui rapportent l’événement. En marge des manifestations contre la réforme des retraites ou des Gilets jaunes, ou des deux ensemble après tout, la place Saint-Georges accueillait comme tous les ans un spectacle de Noël joué par des enfants et des associations locales. Mais c’était compter sans la violence et la bêtise d’une soixantaine d’individus qui ont déboulé sur la place aux cris de « Nous on est anticapitalistes » ou encore « Stop aux fachos ».

Certains ont même fait irruption sur scène devant les yeux des petits dont certains se sont mis à pleurer, abasourdis par cette violence inexplicable. Heureusement la scène, si elle avait de quoi scandaliser toute personne douée de raison, n’a pas fait de blessés.

En témoigne le ton de notre confrère de La Dépêche : « Affligeant. C’est aux cris de “Stop aux fachos”, sans même se rendre compte que c’est ce qu’ils sont eux-mêmes. »

Le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc a pour sa part déclaré : « Je déplore et condamne fermement le comportement irresponsable de manifestants hier, qui a provoqué l’interruption de la crèche vivante, au détriment des Toulousains. Un événement organisé par l’association Vivre Noël autrement, que j’avais autorisé comme chaque année. »

Mgr Le Gall a également réagi : « En tant qu’archevêque de Toulouse, je déplore que le simple rappel de la naissance de Jésus et des valeurs qu’elle véhicule (accueil de l’étranger, annonce de la Paix et signe d’une tendresse dont nous avons tous besoin) ne soit plus respecté dans notre pays et suscite même des actes de violences verbales et physiques de ceux qui s’érigent comme défenseurs de la liberté. »

Hasard du calendrier, les enfants de la ville de Groningue aux Pays-Bas ont dû célébrer la Saint-Nicolas sous escorte policière : quelques centaines d’individus vêtus de noir ont manifesté contre la venue du célèbre saint et de ses pères Fouettard dont les visages sont noircis. Il n’en fallait pas plus pour choquer ces militants sans cerveau : « Blackface », hurlent-ils ! En effet, selon les tenants de cette « idéologie » (écoutez notre ricanement), un Blanc ne peut se déguiser en Noir, cela s’appelle de l’appropriation culturelle donc du racisme… Comble de la bêtise : les Fouettards sont grimés en noir pour simuler la suie qu’ils attrapent en passant par les cheminées.

De Toulouse à Groningue, nos villes sont peuplées de crétins politisés qui ont appris à prononcer anticapitaliste avant d’apprendre à réfléchir. Voici le brillant résultat de nos sociétés multiculturelles émancipées de culture chrétienne : des enfants sous escorte policière, des crèches vivantes détruites et des églises en flammes. Seule lumière dans ces ténèbres, la conclusion d’une bénévole toulousaine au journaliste de La Dépêche : « Tous ceux qui crient ne savent pas que Jésus n’était pas un bourgeois, mais un pauvre, un démuni. Je les plains. » Si la royauté du Christ commencée dans une mangeoire nous incite à tendre l’autre joue, le néant qu’incarnent ces gens ne peut que nous révolter.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 16 décembre 2019

Exposition Tolkien à la Bnf : Voyage en Terre du Milieu

13/12/2019 – FRANCE (NOVOpress)
À l’occasion de l’exposition de la BnF Tolkien, voyage en Terre du Milieu, du 21 octobre 2019 au 16 février 2020, des spécialistes et un descendant de J.R.R. Tolkien reviennent sur la genèse et la postérité de son œuvre protéiforme et inachevée.

Inventeur de mondes, Tolkien ne pouvait pas ne pas être le créateur de leurs géographies. Passionné de cartes anciennes et modernes, féru des univers légendaires médiévaux, il se devait de donner à ses personnages, à ses peuples, à leurs luttes une cartographie précise. De même que ces communautés ont des langues, elles ont aussi un cadre physique, une cartographie, un environnement, des climats. Isabelle Pantin est allée puiser aux sources pour nous expliquer la genèse de cette géographie unique.

« Tolkien géographe » est le thème de la conférence d’Isabelle Pantin, professeur émérite au département Littérature et Langages de l’École Normale Supérieure qui se déroulera le jeudi 19 décembre 2019 (18h30 – 20h00).

Le christianisme est la religion la plus persécutée au monde

10/12/2019 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Dans son rapport intitulé Persécutés et oubliés, l’association d’Aide à l’Église en Détresse (AED) présente les innombrables violences et persécutions qu’ont subit les chrétiens dans le monde entre 2017 et 2019.

Le rapport fait part des types de violences, des pays persécuteurs et des initiatives de la communauté internationale pour lutter contre cela. Malheureusement ces initiatives se révèlent bien mince. En effet la situation ne voit aucune amélioration : en Irak, les chrétiens d’Orient continuent de se faire persécuter par les milices chiites malgré la chute de Daech.

La Corée du Nord fait emprisonner les chrétiens et en Inde ce sont cent églises qui ont fermé. Rappelons qu’en France ce sont plus de mille actes antichrétiens qui ont été recensés l’année dernière contre 540 actes anti Juifs et seulement cent actes anti musulmans. En parallèle le gouvernement n’omet pas de nous rappeler quotidiennement la montée de l’islamophobie en France.

Dans son introduction, l’archevêque de Karachi écrit notamment ceci :

C’est un fait bien établi que la religion la plus persécutée au monde est aujourd’hui le christianisme, même si beaucoup de gens n’en sont pas conscients. Depuis de nombreuses années, l’AED, qui a des bureaux dans de nombreux pays, s’efforce de faire entendre la voix de ces chrétiens sans voix. Tout aussi importante est la campagne de prière et de soutien de l’AED pour les chrétiens qui souffrent à travers le monde.
(…)
La persécution d’une religion peut prendre de multiples formes. Il peut s’agir d’attaques directes et brutales, comme celles menées par l’État islamique (Daech) en Irak et en Syrie contre les chrétiens et les yazidis, mais aussi de formes plus subtiles telles que : discriminations, menaces, extorsions, enlèvements, conversions forcées, déni de droits ou restrictions à la liberté.

Pour consulter ce rapport : https://www.aed-france.org/wp-content/uploads/2019/11/Rapport-Persecutes-et-oublies-version-finale-BD.pdf

Italie – La région du Piémont dirigée par la Ligue demande à toutes les écoles d’installer une crèche de Noël

09/12/2019 – FRANCE (NOVOpress)
C’est dans une lettre adressée à toutes les écoles du Piémont, que la conseillère à l’Éducation de la région piémontaise Elena Chiorino fait cette demande. Cette initiative vise à favoriser la transmission des traditions culturelles et à renforcer l’identité piémontaise et européenne chez les élèves.

Mme Chiorino écrit :

Je crois que les fêtes de Noël et les traditions qui en découlent, telles que la crèche, le sapin de Noël et les représentations de la Nativité, sont des éléments fondamentaux de notre de notre identité… Nous ne pouvons et ne devons pas priver nos jeunes, en particulier nos enfants, de l’atmosphère et de la magie de Noël.


La plateforme Disney+ diffuse un avertissement avant ses films potentiellement « racistes » et « sexistes »

25/11/2019 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Sur la plateforme Disney+, lancée cette semaine aux États-Unis, plusieurs dessins animés « culturellement datés » du catalogue de la plateforme sont précédés d’un message préventif afin de ne pas heurter la sensibilité de certains utilisateurs.
Dumbo, Fantasia, La Belle et le Clochard sont par exemple visés. Selon le géant américain du divertissement, ils pourraient véhiculer des « messages racistes ou sexistes ». C’est en tout cas de ce que craint la firme. En effet, pour se défendre d’éventuelles accusations, on peut lire sur le site au début des films concernés : « ce programme est présenté tel qu’il a été créé. Il peut contenir des représentations culturelles datées ».

Disney+ n’est pas la seule plateforme à subir le courroux d’internautes indignés par des représentations de certains stéréotypes. Depuis quelques jours, des internautes français demandent le retrait d’Ace Ventura du catalogue Netflix, au motif que la comédie serait « transphobe ».

Charlemagne : quand Marek Halter dit (encore une fois) n’importe quoi, par Jean-David Cattin (Les Identitaires)

Le 22 octobre sur CNews, Marek Halter dans l’émission Face-à-face avec Éric Zemmour a, entre autres élucubrations, réinterprété de manière très créative l’épisode historique de l’« alliance » abbasido-carolingienne : « Charlemagne, grand Charlemagne, qu’est-ce qu’il fait en premier ? Il envoie une ambassade auprès de Hâroun ar-Rachîd, le chef de l’islam, pour lui proposer un pacte de paix et de non-agression. […] Et il revient cinq ans plus tard avec le pacte signé et un cadeau pour l’empereur, un éléphant blanc. Et si vous allez aujourd’hui à Aix-la-Chapelle, vous avez dans le musée le squelette de cet éléphant qui est le symbole de la coopération et de la cohabitation entre les hommes de différentes religions. »

En très peu de mots, Marek Halter réalise le tour de force d’asséner plusieurs contre-vérités.

Est-ce vraiment ce que Charlemagne a fait en premier ?

Au moment de sa première ambassade auprès du calife abbasside en 797, Charlemagne régnait depuis 31 ans. Ce n’était donc de loin pas sa première initiative politique.

Le chef de l’islam ? De tout l’islam ?

Hâroun ar-Rachîd n’était pas le chef de tout l’islam puisque qu’il n’était le chef que du lointain califat abbasside, certes le plus puissant. Mais depuis plusieurs décennies, il était en guerre totale avec l’Émirat de Cordoue, un voisin immédiat du Royaume franc. Et cela change tout.

Une coopération ?

La principale coopération recherchée était d’ordre militaire pour réduire la menace que faisait peser l’Émirat de Cordoue à la frontière sud du Royaume franc. Charlemagne cherchait à jouer sur les dissensions de l’islam d’alors pour affaiblir son ennemi le plus immédiat. On a affaire ici à de la realpolitik pure et dure et non pas à un vivre-ensemble avant la lettre comme souhaite le laisser entendre Marek Halter.

En réalité, outre des échanges de cadeaux et d’amabilités, cette ambassade et les suivantes ne donneront pas beaucoup de résultats tangibles. C’est pour cela que l’on parle d’une tentative d’alliance pour décrire la relation entre les Francs carolingiens et les Abbassides.

Qu’en est-il de la cohabitation ?

Charlemagne avait son palais à Aix-la-Chapelle, Hâroun ar-Rachîd avait le sien à Bagdad, soit à peu près 4 500 kilomètres de distance. La Méditerranée et l’Empire byzantin les séparaient. À cette époque, il fallait plus d’une année pour faire l’aller-retour. On a connu des « cohabitations » plus rapprochées.

En réalité, la vraie « cohabitation », c’était celle des habitants de la Septimanie qui vivaient sous la menace permanente des razzias sarrasines. Elles ont été si brutales et les populations civiles emmenées en esclavage si nombreuses qu’elles ont laissé la Provence et le Roussillon exsangues. À tel point que la plupart des vallées côtières, surtout en Bas Languedoc, sont totalement dépeuplées, leurs populations ayant été razziées par les Arabes ou s’étant réfugiées dans les zones montagneuses de l’arrière-pays. Toutes les plaines entre Barcelone et Agde sont retournées en friche. (1)

La « cohabitation », c’était aussi celle des chrétiens vivant en Espagne sous la domination des Arabes et des Berbères. Le successeur et fils de Charlemagne, Louis le Pieux, appelle tous les Espagnols fuyant « l’oppression inique et le joug cruel des Sarrasins » à s’installer « en Septimanie ainsi que dans la marche d’Espagne ». (2) Voilà ce que pensait l’empereur d’Occident de cette « cohabitation » en Espagne occupée. Suite à son appel, ils seront nombreux à faire le voyage dans ce sens malgré les prétendues lumières d’Al-Andalus.

Charlemagne, rempart de l’Europe chrétienne

L’histoire de Charlemagne, de son grand-père Charles Martel, de son père Pépin le Bref et de son fils Louis le Pieux, c’est celle de la résistance du Royaume franc, rempart de l’Europe chrétienne. La libération puis la sécurisation de la Septimanie et la constitution de la marche d’Espagne seront les bases de la Reconquista. Sans la combativité et la puissance des Carolingiens, elle n’aurait sans doute pas été possible. On est ici bien loin des escobarderies de Marek Halter.

(1) et (2) René de Baumont – Les croisades franques en Espagne

Jean-David Cattin

Texte repris du site de : Les Identitaires