Docteur Bernard Kron – Obligation vaccinale: la «colère noire» des «blouses blanches» [vidéo]

docteur Bernard Kron

17/09/2021 – FRANCE (NOVOpress)
À compter de ce mercredi 15 septembre, l’obligation vaccinale s’impose en France à différents corps de métiers. Notamment au personnel de santé. Or certains soignants n’entendent pas se plier à la loi et envisagent de rendre leurs blouses. Même marginal, le manque d’effectifs qui en découlerait pourrait handicaper un système hospitalier déjà fragilisé par la crise du Covid-19. La coupe est-elle pleine pour l’hôpital? Ou est-il encore assez solide pour encaisser ce nouveau coup dur? Enfin, es manifestations et les grèves entamées en 2019 contre la politique de santé du gouvernement vont-elles repartir de plus belle?

Pour en parler, Sputnik donne la parole au docteur Bernard Kron, membre de l’Académie nationale de chirurgie et auteur de l’ouvrage Blouses blanches, colère noire (éditions Max Milo).


“Et les Blancs sont partis” – Reportage au coeur de la fracture ethnique

[Interview] Georges Guiscard (Le Privilège Blanc) : « Les Blancs vont assez vite reprendre conscience de leur appartenance raciale »

privilège blanc

Privilège blanc, racisme systémique, appropriation culturelle, micro-agressions… Voilà quelques-uns des concepts à la mode qui submergent les États-Unis et l’Europe depuis plusieurs mois.
Que cachent-ils ? Un projet d’effacement de nos peuples et de nos cultures, avec une « chasse au Blanc » désormais ouvertement revendiquée.

Pour le comprendre, il faut se plonger dans cette pensée « décoloniale ». C’est à cela que s’attelle avec une grande clarté un nouveau livre signé Georges Guiscard, étudiant en sciences politiques et auditeur de l’Institut Iliade dont il a complété le cycle de formation en 2016. Un livre intitulé Le privilège blanc. Qui veut faire la peau aux Européens ?, édité par la Nouvelle librairie dans la collection de l’Institut Iliade qui frappe fort : Outre de multiples contre-vérités, ce qui est démasqué est une idéologie de nature religieuse, le « wokisme » et ses prophètes, ses martyrs – saint George Floyd –, ses dogmes, ses excommunications.

Une idéologie pleine de ressentiment qu’appuie, pour diverses raisons, une partie croissante de l’élite occidentale. Face à l’offensive dont ils sont la cible, aux Européens de réaffirmer avec fierté leur héritage nous indique l’auteur qui se définit lui même comme « Normand, Français et Européen, donc un Blanc » alors que nous débutons une interview au sujet d’un livre passionnant, qui s’attaque, en profondeur, à l’une des menaces idéologiques qui pèse sérieusement sur les Européens, les Blancs, aujourd’hui.

Breizh-info.com : D’où vient la théorie du Privilège Blanc ?

Georges Guiscard : Le premier à employer l’expression fut un militant communiste américain, Theodore W. Allen, en 1975. Selon lui, la race blanche aurait été « inventée » dans les plantations coloniales américaines dans le but de diviser les travailleurs : un sentiment de « privilège de la peau blanche » aurait permis aux travailleurs d’origine européenne de se sentir intrinsèquement supérieurs aux esclaves Noirs.

Le concept va plus loin : il postule que cette histoire esclavagiste et cette hiérarchisation raciale sont fondateurs des États-Unis, que ces derniers seraient érigés sur un racisme devenu consubstantiel à la société américaine. Ce racisme s’exprimerait de mille manières, il serait « structurel » ou « systémique » et engendrerait des discriminations quotidiennes, invisibles aux Blancs qui n’en souffrent pas. Un bon exemple est la couleur des pansements, qui rappellerait subtilement aux Africains que leur couleur de peau n’est pas dans les canons de la « norme blanche ». L’analyse a par la suite été étendue à l’Europe entière, coupable de la colonisation qui aurait eu les mêmes effets.

Breizh-info.com : Vous écrivez qu’il s’agit d’une idéologie dérivée du marxisme. Mais n’est-ce pas finalement l’effondrement communiste qui a obligé ses penseurs, ou plutôt les successeurs des penseurs communistes, à revoir leurs copies pour à nouveau s’assurer le contrôle idéologique des masses ? Après la lutte des classes, la lutte des races et des genres ?

Georges Guiscard : L’échec patent du communisme les a effectivement poussés à repenser leurs analyses. Mais le privilège blanc a une généalogie clairement marxiste : le schéma général tout d’abord, de dominants et de dominés, d’oppresseurs et d’oppressés, reprend les axiomes du marxisme classique. Ceux-ci ont été repensés d’abord par l’École de Francfort et sa « théorie critique », puis par les les intellectuels de la French Theory, les postmodernes et postructuralistes qui prétendirent mettre en lumière des « structures d’oppression » économiques, politiques ou symboliques.

À partir des années 80, ces thèses se sont mêlées à la réalité multiraciale des campus américains pour donner ce que l’on appelle la « théorie critique de la race ». C’est donc bien un dérivé du marxisme, dans lequel les non-Blancs ont été substitués aux prolétaires tandis que les Blancs jouent le rôle des bourgeois possédants. Et cette lutte des races s’accompagne, comme vous le dites, d’une lutte des sexes et des sexualités, toujours au nom du combat contre les structures d’oppression, en l’occurrence l’hétéro-patriarcat.

Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il y a là un plan longuement mûri. C’est, je pense, une évolution naturelle de la gauche. Confrontée à son échec, elle ne s’interroge pas sur la validité des fondamentaux théoriques. La gauche estimera toujours que ce qui ne fonctionne pas n’est tout bonnement pas allé assez loin. Elle a simplement fini par trouver plus opprimé que les prolétaires blancs, qui ont le tort de ne pas avoir mené à son terme la révolution communiste. Éric Zemmour dit que « l’idéologie révolutionnaire » de la gauche a trouvé un « peuple révolutionnaire » : les immigrés victimes de la domination des Blancs.

Pour lire la suite, c’est ici !

Une « fachosphère de gauche » ? Michel Onfray dénonce le règne des nouveaux censeurs [vidéo]

Michel Onfray

15/09/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Fille des Lumières et du débat rationnel, la France serait aujourd’hui sous la coupe de nouveaux censeurs. Un pouvoir intellectuel qui ferait régner sa loi par l’omerta, la chasse aux sorcières ou la diffamation des pensées dissidentes. C’est du moins la thèse défendue par Michel Onfray, pour qui une certaine gauche n’a pas rompu avec ses penchants pour les autodafés.

Le philosophe est l’invité de Sputnik qui lui donne la parole pour évoquer son dernier ouvrage, Autodafés–L’art de détruire les livres (Éd. Les Presses de la cité).


Nouvelle Vague #2 avec Laurent Obertone [vidéo]

14/09/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Censuré sur YouTube, voici le deuxième épisode de l’émission “Nouvelle Vague”, avec Laurent Obertone et Romain Petitjean (Institut Iliade).

Voici un extrait du sommaire de l’émission :

04:32 Présentation de Laurent Obertone

08:44 Cahier de vacances

– Souvenirs d’enfance
– Les vacances de Laurent Obertone
– Les projets de rentrée

17:29 L’actu au shaker – Passe sanitaire, la tentation totalitaire ?
32:12 L’actu au shaker – Éric Zemmour, le feuilleton de l’été
42:35 L’actu au shaker – Grand Remplacement, réalité enfin admise ?
53:40 L’actu au shaker – Quotidien en plein déni


Privilège blanc, déconstruction d’une imposture

privilège blanc

Qui avait entendu parler du privilège blanc avant que le mouvement Black Lives Matter, à la suite de la mort de George Floyd, en 2020, ne lui donne une audience internationale ? Pas grand monde en vérité. Un mort plus tard (et des centaines de manifestations), tout le monde en parle et ne parle même plus que de cela. Comment en sommes-nous arrivés là ? C’est l’objet même du livre de Georges Guiscard : « Le privilège blanc. Qui veut faire la peau aux Européens ? », paru à la Nouvelle Librairie sous le parrainage de l’Institut Iliade. Une enquête fouillée, première du genre, qui sort à point nommé.

ÉLEMENTS : On n’a jamais autant parlé de privilège blanc. Or, on en connaît mal la généalogie et la nature. Quels en sont les penseurs, les militants, les soutiens, les idiots utiles ?

GEORGES GUISCARD : Le premier à employer l’expression est le militant communiste américain Theodore W. Allen. Dans un ouvrage publié en 1975, il affirme que le concept de race blanche est une « invention » visant à diviser les travailleurs dans les plantations coloniales : un sentiment de « privilège de la peau blanche » aurait permis de créer une hiérarchie.

En 1988, la féministe antiraciste Peggy McIntosh popularisa l’expression en la reprenant dans son essai « White Privilege: Unpacking the Invisible Knapsack ». Elle y liste une série d’avantages liés à sa peau blanche, invisibles à ceux qui en bénéficient – Allen parlait déjà « d’angle mort blanc » –, comme la couleur des pansements qui rappelle que la norme, en Occident, est d’avoir la peau blanche.

McIntosh explique qu’elle pensait naïvement que « le racisme ne pouvait exister que par des actes individuels de méchanceté » avant de comprendre que le racisme est en fait un « système invisible » dont on jouit « de par sa naissance ». C’est l’idée centrale de cette théorie : l’Occident tout entier se serait construit sur le racisme au bénéfice des Blancs, par l’esclavage en Amérique et par la colonisation en Europe. Ce racisme, consubstantiel à nos sociétés, est présent partout quoique souvent diffus, prenant la forme de discriminations systémiques désavantageant en permanence les non-Blancs.

Au-delà de ces deux pionniers, le concept du privilège blanc prend sa source dans des axiomes typiquement marxistes de relations entre dominants et dominés, nourris par la théorie critique de l’École de Francfort et les postmodernistes de la French Theory. Ces intellectuels ont élaboré le cadre de référence, celui des « structures d’oppression » qui seraient constitutives de nos sociétés. L’expression actuelle de ces idées, conséquence de nos sociétés multiraciales, est la « théorie critique de la race » dans laquelle les Blancs se substituent schématiquement à la bourgeoisie et les non-Blancs au prolétariat.

Dans ce courant plus spécifique, on trouve notamment Kimberlé Crenshaw, féministe afro-américaine qui théorisa l’intersectionnalité – c’est-à-dire le cumul des discriminations – pour rappeler aux féministes blanches qu’elles restent des privilégiées. Plus récemment ont émergé des figures comme Ibrahim X. Kendi ou Robin DiAngelo, l’auteur de White fragility, dont le postulat est qu’un Blanc qui n’accepte pas d’être qualifié de raciste démontre par-là son racisme. Ce dernier exemple illustre bien l’une des caractéristiques du concept de privilège blanc, qui n’est fait que de raisonnement circulaire et de biais de confirmation.

Les militants appartiennent la plupart du temps à une minorité raciale et sont souvent issus des minorités. D’une part les convaincus, les politiques, les décoloniaux motivés par une forme de ressentiment, mêlant haine, jalousie et culture de l’excuse. Rohkaya Diallo et Houria Bouteldja sont, en France assez représentatives de ce phénomène. À leurs côtés se trouvent des personnes plus cyniques, qui manient ces idées à des fins plus personnelles : notoriété, argent… On pense à Assa Traoré, dont la position de victime fonctionne comme un statut social qui lui donne accès à la une du Time et à une paire de Louboutin, mais aussi plus largement à n’importe quel Afro-Maghrébin qui criera vite au racisme pour prendre l’avantage sur un adversaire ou attirer la sympathie.

Les soutiens sont plus blancs. Le capitalisme woke, qui joue sur les codes du privilège blanc mais aussi sur les thèmes du lobby LGBT pour des motivations à la fois idéologiques et commerciales. La haute bourgeoisie qui cherche à signaler sa vertu morale, tel Emmanuel Macron assurant dans les colonnes de L’Express qu’ « être un homme blanc peut être vécu comme un privilège ». Et bien sûr la cohorte de sociologues stipendiés – tel Éric Fassin –, artistes et journalistes qui prêchent la bonne parole de l’idéologie dominante.

Quant aux idiots utiles, ce sont tous les Blancs woke, « éveillés », qui acquiescent à leur expropriation au nom d’un antiracisme ethnomasochiste. Ils sont convaincus que la « blanchité » est un fléau à éradiquer, même si cela doit passer par leur contrition et, à terme, leur soumission. Il y a là une forme de néo-protestantisme, idée que je développe dans l’ouvrage.

ÉLEMENTS : La notion de privilège blanc a trouvé en Joe Biden un allié de poids. Comment expliquez-vous le ralliement de la bourgeoisie progressiste à cette thèse ? Serait-ce parce que la gauche Terra Nova US – les démocrates – a trouvé une majorité électorale composite à base de minorités (mais pas la gauche française) ?

GEORGES GUISCARD : Joe Biden, qui a parlé en juin du racisme systémique comme d’une « tache sur l’âme de la nation » – vocabulaire renvoyant au néo-protestantisme que j’évoquais –, est effectivement emblématique. Biden a été choisi par le parti démocrate car il incarnait une forme de pondération, d’équilibre, qui paraissait tactiquement opportune. Il a toujours été considéré comme un modéré et un centriste, de quoi rassurer les électeurs de droite rétifs au style tumultueux de Trump.

Biden, qui a pourtant très vite donné des gages à la gauche woke, a admis son propre privilège blanc et s’est même agenouillé devant des manifestants de Black Lives Matter. Il y a là un mélange de stratégie politique et d’idéologie. Stratégie d’abord, que le journaliste américain Steve Sailer a nommée la « coalition des marges ». Il s’agit d’unir toutes les minorités – non-Blancs, LGBT, musulmans… – ainsi que les femmes, entretenues dans un sentiment d’infériorité ou de désavantage structurel et partiarcalo-raciste, contre un adversaire oppresseur commun : l’homme blanc hétérosexuel et chrétien. D’après Sailer, cette approche a permis l’élection d’Obama en 2008.

En France, la stratégie « Terra Nova » dont vous parlez suit ce modèle. L’abandon des classes populaires pour la coalition des marges est explicite dans la « contribution n° 1 » du think tank au programme du PS en 2012, qui précise que, chez les Français immigrés et leurs enfants, « le rapport de force droite-gauche y est extrême, de l’ordre de 80-20 voire 90-10 ». L’avantage de cette approche électorale est que la part des minorités dans la population ne peut que croître par le jeu démographique, basculement accentué lorsque la gauche parvient au pouvoir.

Mais il ne faut pas y voir qu’un froid plan pour la prise du pouvoir : l’idéologie joue un rôle majeur dans cette mutation. Ce sont toujours les minorités fanatiques et intolérantes qui parviennent à vaincre, car elles refusent la tiédeur, les compromis. Elles sont capables de plus de violence, de plus d’intransigeance. C’est très visible avec le wokisme, de plus en plus exigeant, prêt à excommunier les lâches qui doutent. Plus dynamiques, plus convaincues, ces avant-gardes entraînent les autres à leur suite… ou bien les purgent, ce que l’on voit avec la cancel culture qui frappe volontiers les anciens alliés.

L’évolution de Mélenchon illustre parfaitement ce mécanisme, cette « spirale de la pureté » analysée par les sociologues Bradley Campbell et Jason Manning dans leur ouvrage The Rise of Victimhood culture. Vieux laïcard communisant qui défendait « l’idée qu’on a le droit de ne pas aimer l’islam » en 2015, Mélenchon marchait quatre ans après « contre l’islamophobie » avec les islamistes du CCIF. Il a été comme happé par sa jeune garde radicale et woke, dont Danièle Obono. À sa décharge, Mélenchon se refuse encore à parler de privilège blanc. Finira-t-il, comme Biden, à mettre le doigt dans l’engrenage par stratégie pour finir presque plus radical que ceux qu’il veut séduire ?

Pour lire la suite, c’est ici !

Dans son nouveau livre, Zemmour qualifie la Seine-Saint-Denis d’”enclave étrangère” victime d’”une colonisation”

Parution : Le Privilège blanc. Qui veut faire la peau aux Européens ?

Privilège blanc

Trop blancs les pansements, le ballet et la ponctualité ? Racistes les statues, la randonnée et les mathématiques ? De Black lives matter à Emmanuel Macron en passant par l’afroféministe Rokhaya Diallo, ils sont nombreux à l’affirmer : la civilisation européenne est insupportablement blanche. Il faut la déconstruire.

La notion de privilège blanc est un élément central de la mutation socio-politique en cours. Dans son essai, Georges Guiscard décortique la genèse du concept, dogme principal de la nouvelle religion woke. Il en présente ensuite les multiples facettes – « intersectionnalité », signal de vertu de la bourgeoisie blanche, capitalisme woke, stratégie sociale des minorités… – pour mieux réfuter les arguments de ses zélateurs.

L’ouvrage a par ailleurs la fraîcheur d’aborder le tout sous un angle novateur à droite. Le phénomène woke sonne le glas de l’universalisme, dénoncé comme une conception typiquement européenne ; un « truc de Blancs ». Impossible de l’affronter sans fourbir de nouvelles armes. Puisque « c’est l’ennemi qui vous désigne » (Freund), Guiscard a pris le parti d’accepter la lecture raciale imposée par la gauche woke afin de pouvoir correctement la cerner.

Les partisans du concept de privilège blanc ne s’en cachent même plus : leur objectif est d’abolir la civilisation occidentale et de soumettre les Européens, les Blancs. Préfacé par François Bousquet, directeur de La Nouvelle Librairie et rédacteur en chef de la revue Éléments, Le Privilège blanc. Qui veut faire la peau aux Européens ? est une lecture indispensable à ceux qui veulent les protéger.

Georges Guiscard est étudiant en sciences politiques et est auditeur de l’Institut Iliade, promotion Don Juan d’Autriche (2015-2016).

Le Privilège blanc. Qui veut faire la peau aux Européens ? Georges Guiscard, La Nouvelle Librairie éditions, 2021, 222 pages.
ISBN : 978-2-491446-63-5
Prix : 16,00 €

Texte repris du site Valeurs Actuelles

Itinéraire d’un enfant français – Adieu Bébel

Jean-Paul Belmondo

Jean-Paul Belmondo est mort lundi à l’âge de 88 ans. Avec lui disparaît une certaine idée de la France, avec lui s’éteint un pan de l’histoire du cinéma…

Certains hommes paraissent immortels et Jean-Paul Belmondo était l’un d’entre eux. Né le 9 avril 1933 à Neuilly-sur-Seine, il se mit à rêver de théâtre et de cinéma à l’adolescence.

Hélas, son expérience au conservatoire de 1952 à 1956 n’est pas une totale réussite puisqu’il en sort sans le prix du jury.

Sa rencontre avec Jean-Luc Godard bouleversera sa vie. Le cinéaste lui offre le premier rôle dans un film qui, malgré un tournage parfois à la limite du professionnalisme, aboutira à un grand succès. Il s’agit bien sûr d’A bout de souffle (1960), symbole de la Nouvelle Vague et toujours pris en exemple dans les écoles de cinéma.

En 1962, Belmondo fait équipe avec le patriarche du cinéma français, Jean Gabin, pour Un singe en hiver. Jean Gabin dira de lui qu’il est « comme son fils », que ce garçon est à la fois « son passé » et « sa jeunesse ». Quand on lui dit qu’il est le nouveau Gabin, le jeune homme est flatté mais préfère « devenir lui-même ». Il y parvient parfaitement avec L’Homme de Rio et Cent mille dollars au soleil, qui sortent tous deux en 1964.

Aux yeux du public, Belmondo devient Bébel. Il séduit par sa gueule, sa jeunesse et son courage. L’acteur effectue en effet toutes ses cascades et repousse les limites à chaque film. Dans Peur sur la ville (1975), il voyage sur le toit d’un métro aérien de Paris lancé à 70 kilomètres heure. Dans L’Animal (1977), il passe d’une échelle d’un hélicoptère à l’aile d’un avion, en plein vol, bien entendu. Nul doute que, de nos jours, un tel exploit serait impossible, car interdit !

L’autre exploit de Jean-Paul Belmondo est d’avoir gagné le cœur des Français. Sa mort, survenue paisiblement selon son avocat, a ainsi touché les anciens, la génération de Bébel, mais aussi les plus jeunes. Certains ont d’ailleurs des histoires amusantes liées à l’acteur, comme Mathieu, 27 ans, marqué par La Chasse à l’homme (1964) pour une raison un peu particulière. « J’ai vu le film lors d’un premier rendez-vous. Belmondo m’a indirectement permis de conclure ! » Le charme de Bébel, qui l’a autant symbolisé que sa fougue, semble avoir fait des émules.

Aux yeux de Justin, 25 ans, Belmondo était « un acteur bien plus complet qu’il n’y paraît, capable de jouer des personnages poétiques et mélancoliques comme dans Un singe en hiver ». On ne le contredira pas !

A partir de 1987, la carrière de Jean-Paul Belmondo oscilla entre de longues périodes au théâtre et quelques tournages, notamment celui d’Itinéraire d’un enfant gâté (1988), qui lui vaudra son premier césar de meilleur comédien. Jusque-là, son travail était boudé, snobé par les élites bobos et méprisantes du cinéma français. On reprochait beaucoup à Bébel, mais surtout sa popularité.

Il avait toutefois fini par convaincre tout le monde, et, en apprenant sa mort, chacun le salua à sa façon, des personnalités du 7e art aux hommes de la Légion étrangère, en passant par les journalistes de L’Equipe – qu’il lisait assidûment entre deux bouquins de Céline –, sans oublier, évidemment, le peuple de France qui n’oubliera jamais son Bébel, son « as des as » magnifique et professionnel.

p class=”relecture” style=”text-align: right;”>Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 7 septembre 2021

Un dîner presque parfait – Zemmour à la croisée des chemins

diner zemmour

Eric Zemmour a lancé ce samedi son site Croisée des chemins, destiné à promouvoir son livre à paraître le 16 septembre : La France n’a pas dit son dernier mot, dans lequel il poursuit « le récit des choses vues, des choses tues, trop longtemps tues. Pour que la France ne se contente pas d’avoir un futur mais trace aussi les voies d’un avenir ». Le site permet de s’inscrire pour rencontrer Zemmour à Toulon le 17, à Nice le 18, et ainsi de suite, l’auteur s’étant mis en congé du Figaro pour assurer cette tournée promotionnelle, tout en continuant ses brillantes interventions sur CNews.

Cela ressemble à un test auprès du public pour mesurer les possibilités d’une candidature à la présidentielle d’avril 2022 à laquelle il n’est pour l’heure toujours pas candidat. A la croisée des chemins, la France ? Elle semble être engagée dans de boueuses ornières depuis des décennies. C’est davantage Eric Zemmour qui l’est. Auteur, éditorialiste, prendra-t-il la voie susceptible de le mener à l’Elysée ? La décision sera lourde de conséquences, comme dans ces contes où le héros a à choisir entre deux chemins, non sans qu’un mauvais génie n’essaye de l’influencer.

Son indécision ne pourra se prolonger indéfiniment, pour la clarté du débat et la sérénité des électeurs de la droite nationale. Eric Zemmour ayant proposé un débat public à Marine Le Pen, celle-ci a argué du fait qu’il n’est pas candidat pour repousser l’idée. En revanche, elle l’inviterait volontiers à dîner en privé, en compagnie de Robert Ménard – rencontre sans caméras, qui n’intéresserait pas Zemmour. Au fond, la seule vraie rencontre intéressante, ne serait-ce pas un débat d’entre deux tours entre Marine Le Pen et Eric Zemmour ? Bien sûr, d’un point de vue comptable et sondagier, c’est impossible.

La droite molle ne croit guère à une victoire de Zemmour, en témoigne Eric Ciotti dimanche dans l’émission « Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro » : « Le seul candidat qui peut gagner cette élection, qui peut troubler le duel entre M. Macron et Mme Le Pen, […] c’est le candidat de la droite républicaine. Je ne pense pas qu’Eric Zemmour pourrait gagner ce match ». Cependant, Zemmour présent au second tour, Ciotti voterait pour lui contre Macron ; alors qu’il mettrait un bulletin blanc en cas de duel Marine-Macron. Si des planches plus ou moins pourries comme Ciotti préfèrent Zemmour, notoirement plus tranché que Marine sur l’islam par exemple, à Marine elle-même parce qu’elle aurait des idées trop extrêmes, c’est à n’y plus rien comprendre. Comme l’écrivait dans nos colonnes la Sardine samedi dernier : « En démocratie la politique serait-elle irrationnelle ? »

Dans une étude intitulée « Sur Charles Maurras », Jules Monnerot a mis en lumière un point qu’il s’agit d’avoir à l’esprit au long de toute campagne présidentielle : « Le suffrage universel, à son avènement, opère une dissociation radicale et définitive entre les idées politiques et la politique. […] On doit dater de l’avènement du suffrage universel l’époque où les idées politiques sont pratiquement frappées d’impuissance en politique. […] Il faut leur dire [aux électeurs] que tout ira bien. » Un constat qui n’est encourageant ni pour Marine Le Pen, ni pour Eric Zemmour. L’un comme l’autre ont des idées politiques affirmées qui ne les inclinent pas à professer un optimisme béat. Macron, lui, saura s’adapter à l’électorat.

p class=”relecture” style=”text-align: right;”>Guy Denaere

Article paru dans Présent daté du 6 septembre 2021

L’idéologie woke décryptée

woke

Depuis quelques semaines circule sur internet un long texte analysant les mécanismes de l’idéologie woke qui, sous l’influence des campus américains, progresse dangereusement dans les universités françaises. L’auteur de cet article de fond, Pierre Valentin, est étudiant en master sciences politiques à Paris-2 Panthéon-Assas et diplômé en philosophie. Le texte étant assez long (c’est d’ailleurs son intérêt : il fallait de l’espace pour décrypter ce phénomène aussi insidieux qu’invasif), nous vous en proposant ici « les bonnes feuilles ». N’hésitez pas, si le sujet vous intéresse, à vous reporter à la source de l’article, le très intéressant site de la Fondation pour l’innovation politique (1)

Extrait de la partie 1 : Anatomie du wokisme

L’émergence de cette nouvelle culture morale, dans laquelle le statut de victime devient une ressource sociale, requiert certaines conditions, parmi lesquelles on trouve, notamment, une atomisation sociale et un niveau de diversité ethnique et sexuelle élevé. La bureaucratisation et la juridisation de la société jouent également comme des facteurs essentiels, assurant la reconnaissance de ce statut de victime par des tiers détenteurs de l’autorité et permettant d’imposer un véritable « ordre woke ». […]

Le plus souvent, les militants sont issus de familles aisées. Enfants, ils ont connu de trop brefs moments de jeu libre et sans surveillance. Adultes, ils peinent à se débarrasser de l’habitude prise consistant à rechercher une autorité instituée en cas de conflit avec une autre personne au lieu de le régler directement eux-mêmes. L’une des conséquences est la croissance d’une bureaucratie universitaire chargée de poursuivre et de prolonger cet état de surprotection. […] Le dernier critère sociologique nécessaire pour l’émergence de la culture de la victimisation est un haut niveau d’égalité, illustrant à nouveau ce paradoxe tocquevillien : moins il y a de discriminations réelles, plus les protestations contre les discriminations résiduelles ou illusoires se multiplient. […]

C’est ainsi que, par exemple, la théorie critique de la race (critical race theory, ou CRT), l’une des branches les plus populaires du wokisme, ne se demande plus si du racisme existe dans une certaine interaction sociale (une évidence, à leurs yeux), mais bien comment celui-ci se manifeste. Une fois plongés dans ce paradigme, leur survie académique dépendant de leur capacité à dénicher des injustices raciales invisibles au commun des mortels, ces théoriciens sont contraints d’en « découvrir » de multiples autres. C’est la dernière étape du postmodernisme. Elle marque le moment où ces idées franchissent le mur des départements de sciences sociales en progressant dans le monde des médias, des entreprises et, plus globalement, dans l’espace public américain puis occidental. […] Dans ces différentes « disciplines », la mouvance woke opère toujours de la même façon, en rejetant la validité d’une norme sociale, morale ou scientifique par la mise en avant de l’exception à celle-ci, dans le prolongement du relativisme culturel. La mouvance queer est la plus explicite dans cet objectif, la fluidité permettant de récuser toutes les catégories et normes, « oppressives » par nature. C’est d’ailleurs à ce titre que Judith Butler encourage le fait de ne pas définir le postmodernisme, afin de le préserver du piège de la catégorisation.

Ce refus de toute norme est plus évident encore chez les partisans des fat studies, qui réduisent l’injonction à soigner les formes d’obésité dite sévère ou morbide à une pure construction sociale – la preuve d’un nutritionnisme omniprésent – au service des dominants. La médecine étant formelle sur les liens entre le surpoids et les risques pour la santé, celle-ci est dépeinte comme une stratégie pour opprimer des marginalisés. Le schéma est identique, quel que soit le sujet : commencer par repérer une norme ou un idéal mis en avant – dans le cas des fat studies, celui d’essayer de ne pas être en surpoids – puis mettre en avant des personnes en surpoids, en insistant sur leur statut de personnes marginalisées. La norme apparaît alors progressivement indéfendable moralement, surtout lorsque l’on impute à ceux qui s’y conforment le statut d’oppresseurs. Le relativisme de ces intellectuels militants leur permet ensuite de balayer tous les contre-arguments moraux ou scientifiques, réduits à des complots à l’encontre de la « communauté marginalisée » – les termes « systémique » ou « structures de pouvoir » ne les obligeant pas nécessairement à identifier nommément des comploteurs. […]

L’affaiblissement (voire la disparition) des personnes considérées « dominantes », c’est-à-dire l’ensemble des Occidentaux blancs, est donc la finalité réelle, et la défense apparente de la diversité en tant que principe n’est qu’une stratégie en vue de cette fin. […]

La culture de l’honneur valorise le fait de défendre vigoureusement son honneur, souvent en provoquant en duel son adversaire ; elle répugne à recourir à la loi et à des tierces personnes pour régler ses différends. La culture de la dignité, elle, pousse à ne pas s’offenser pour des vétilles et à régler ses désaccords par le truchement de la justice dans les seuls cas où ils le méritent. À l’opposé, la culture de la victimisation encourage la capacité à se sentir offensé, à régler ses griefs à travers les interventions de tiers. Le statut de victime fait l’objet d’une sacralisation. […]

Le fait de masquer des revendications en utilisant une justification perçue comme objective, souvent issue du domaine de la psychologie, semble être une approche particulièrement performante. Comme le soulignent Campbell et Manning, « lorsqu’un groupe d’étudiants de Yale a exigé que les poètes blancs soient retirés du programme, ils n’ont pas formulé leur demande sous la forme d’une préférence (“Nous préférons lire des poètes non blancs”) ni même sous la forme d’une question de vertu (“La diversité ethnique est une bonne chose”), mais plutôt en insistant sur le fait que les étudiants allaient en souffrir ». De plus, lorsque l’on souhaite faire annuler la venue d’un conférencier, la méthode la plus efficace consiste à soutenir que son discours est une « mise en danger » des étudiants. C’est ici que l’intervention d’instances administratives vient tout naturellement se justifier par la volonté simple de protéger des élèves. […]

Les étudiants qui prêchent cette culture de la victimisation sont presque toujours issus des classes sociales les plus aisées, et c’est un critère supplémentaire à prendre en compte. La corrélation entre revenus élevés des parents et comportements woke est indéniable. Par exemple, une analyse de quatre-vingt-dix cas d’intervenants « désinvités » révèle que « l’étudiant moyen inscrit dans une université où les étudiants ont tenté de restreindre la liberté d’expression est issu d’une famille dont le revenu annuel est supérieur de 32.000 dollars à celui de l’étudiant moyen en Amérique ». Et comme la culture des « élites » a tendance à être imitée par ceux qui souhaiteraient en faire partie, celle-ci peut s’étendre progressivement à l’ensemble des classes sociales. […]

L’immense majorité des étudiants engagés dans le wokisme ont des parents nettement plus aisés que la moyenne américaine. Lukianoff et Haidt se sont penchés sur l’éducation qu’ont reçue ces jeunes. Les parents des classes aisées ont tendance à surveiller leurs enfants bien plus que les parents des classes populaires. Dans les classes populaires, les parents laissent leurs enfants passer plus de temps avec leurs camarades, sans adultes. Ces enfants s’habituent donc à régler leurs différends tout seuls. Chez les enfants des classes aisées, l’érosion progressive du temps moyen de leurs instants de jeu libre empêcherait le bon développement de l’enfant, un fait montré notamment dans les travaux du psychologue Jean Piaget. Adolescent puis jeune adulte, l’individu garderait le besoin de régler ses griefs avec ses semblables en recourant à une intervention extérieure, souvent issue d’une autorité formelle. L’économiste Steven Horwitz en tire les conclusions suivantes : « Les approches parentales et les lois qui font qu’il est plus difficile pour les enfants de jouer seuls constituent une menace sérieuse pour les sociétés libérales, car elles modifient notre disposition normale à “trouver une solution à un conflit par soi-même” en une disposition à “faire appel à la force et/ou à des tiers dès qu’un conflit survient”. » Sous cet angle, la bureaucratie universitaire omniprésente vient remplacer l’attention excessive des parents des enfants issus des classes aisées. En d’autres termes, les helicopter parents, ces parents qui surveillent en permanence leurs enfants, génèrent des helicopter bureaucracies, et la surprotection de l’enfant devient la surprotection de l’étudiant dans le monde universitaire. Cette surprotection a ainsi généré une fragilité, et cette fragilité entraîne une demande de surprotection. La surprotection est donc un processus qui s’autoalimente. Sans surprise, la culture forgée par ces jeunes sacralise la protection, et se voit qualifiée par ces deux psychologues de safetyism, terme que l’on pourrait traduire par « protectionnite ». Lukianoff et Haidt rapportent qu’en 2017 « 58% des étudiants universitaires ont déclaré qu’il était “important de faire partie d’une communauté universitaire où [ils ne sont pas exposés] à des idées contrariantes et offensantes” ». Cette culture de la protection pousse paradoxalement à accepter l’usage de la violence contre ceux qui ne la respectent pas. […]

Ce serait cependant faire fausse route que de réduire l’utilisation de concepts psychologiques à une simple stratégie qui chercherait à favoriser l’intervention de la bureaucratie universitaire. Tout porte à croire en effet que les liens entre troubles psychologiques et wokisme sont nombreux. Lukianoff et Haidt notent que le début de la banalisation des comportements woke sur les campus, en 2013, coïncide avec l’année où la iGen (1995+) arrive dans les universités. Cette génération se définit par le fait d’être la première à grandir dans le monde des réseaux sociaux et des écrans omniprésents. Ce bouleversement a eu un impact négatif disproportionné sur les jeunes filles, qui tombent beaucoup plus facilement en dépression depuis l’arrivée des réseaux sociaux (en 2018, une femme sur sept sur les campus américains pensait souffrir d’un désordre psychologique). De plus, « par rapport au début des années 2000, près de deux fois plus d’adolescentes mettent fin à leurs jours ». […]

Comme dans toute théorie aux raisonnements complotistes, le wokisme s’avère souvent infalsifiable. Par exemple, lorsqu’un blanc se voit accusé de « fragilité blanche » – concept promu par Robin DiAngelo – et réagit en conséquence avec « une manifestation extérieure d’émotions telles que la colère, la peur et la culpabilité, et des comportements tels que le fait d’argumenter, de rester silencieux, et le fait de quitter la situation stressante », c’est qu’il en souffre bel et bien. Qu’il parle ou se taise, il est donc impossible pour un blanc d’échapper à l’accusation. De manière similaire, la militante racialiste Ally Henny proposait sur Facebook un test de dépistage pour que chacun puisse sonder sa propre « fragilité blanche » à travers seize questions, parmi lesquelles : « Est-ce que j’attends des excuses lorsque je trouve que j’ai été accusée injustement de racisme ? », ou encore : « Ai-je besoin de prouver que je ne suis pas raciste ? ». Selon elle, « si vous avez répondu oui à n’importe laquelle des questions précédentes, vous présentez des traces de fragilité blanche ». Comme le font remarquer Pluckrose et Lindsay, « tout sentiment négatif à l’égard d’un profilage racial et le fait d’être tenu pour responsable d’une société raciste est considéré comme un signe de “fragilité” et comme une preuve de complicité – voire de collusion – avec le racisme ». En d’autres termes, le fait de réagir négativement à une catégorisation insultante serait en soi une preuve que la catégorisation visait juste.

Extrait de la partie 2 : face au wokisme

Le portrait-robot du militant woke prend forme dans les grandes lignes : une femme entre 18 et 35 ans, diplômée (ou bientôt diplômée), issue d’une famille aisée, qui a voté pour Benoît Hamon ou Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle de 2017 et qui déclare aujourd’hui une proximité politique avec LFI ou EELV. […]

Des associations comme les Sleeping Giants (dont le compte Twitter comporte la description suivante : A campaign to make bigotry and sexism less profitable) traquent les entreprises qui font leurs publicités dans des médias jugés trop sexistes ou racistes à leur goût. Une fois identifiées, ces firmes subissent une campagne de pression sur les réseaux sociaux jusqu’à ce qu’elles coupent publiquement tout lien avec les dits médias, ce procédé ayant pour but affiché d’assécher les revenus publicitaires de ces derniers. Tout ceci pousse à un unanimisme entrepreneurial en faveur de cette mouvance, parfois qualifié de woke washing. […]

Pour lire la suite, c’est ici !

Comment se réapproprier notre identité européenne ? Avec Romain Petitjean de l’institut Illiade [vidéo]

Romain Petitjean

02/09/2021 – FRANCE (NOVOpress)
L’Institut ILIADE refuse le Grand Remplacement et appelle à la défense de notre civilisation.

Quand l’esprit se souvient, le peuple se maintient ! Comment se réapproprier notre identité européenne ? Avec Romain Petitjean de l’institut Illiade


Crise sanitaire – Michel Maffesoli: «la peur de la mort n’empêche pas de mourir, mais de vivre»

Michel Maffesoli

Entretien avec le sociologue sur son livre, L’ère des soulèvements (Le Cerf, 2021). Propos recueillis par Jérôme Blanchet-Gravel pour Causeur.

La plupart des opposants au tout-sanitaire estiment que le Covid-19 signe l’entrée dans un monde du contrôle aseptisant, alors que vous annoncez plutôt la fin de ce monde, après une série de révoltes. C’est une différence notoire. À l’heure du passeport sanitaire, comment justifiez-vous ce constat?

Michel Maffesoli. Voilà de nombreuses années que j’analyse la césure existant entre l’opinion publique et l’opinion publiée, entre le peuple et les élites, ceux qui ont le pouvoir de dire et de faire. Très clairement, la crise du Covid est utilisée comme une tentative d’imposer une tyrannie sanitaire, mais on peut constater, au-delà ou en deçà de la servitude volontaire imposée par la peur, un grand nombre de révoltes. Non pas une révolution, mais de multiples soulèvements aux formes variées.

Bien sûr, ces mouvements s’inscrivent dans des formes tout à fait nouvelles de rassemblement. Ce ne sont plus des contestations du pouvoir, mais plutôt un pas de côté, une manière d’être ensemble sans finalité, une communion émotionnelle qui s’épuise dans l’instant même. Les flash mob « Nous voulons continuer à danser ensemble » en étaient une illustration joyeuse et revigorante, comme les nombreuses fêtes « sauvages » qui traduisent un besoin profondément humain de relations sociales, de contacts physiques, de rites de retrouvailles. Il ne s’agissait pas d’un divertissement égoïste comme on a voulu le faire croire, mais de l’expression anthropologique de ce qui fonde l’humain, l’humanisme. La manifestation physique, sensorielle, sensible de l’essence de l’homme : un animal social.

L’une des originalités de votre thèse est d’affirmer que le confinisme repose sur un individualisme exacerbé, alors que le discours médiatique insiste sur le caractère altruiste et collectif des mesures. Doit-on parler d’une novlangue sanitaire?

L’idéologie du « service public » est depuis longtemps le fait pour les gouvernants de faire le bien des gens contre leur gré, ou en tout cas, sans qu’ils puissent définir ce bien. J’ai analysé ce « totalitarisme doux » dans un de mes premiers ouvrages, en 1979, La Violence totalitaire. Toutes les tactiques déployées durant cette crise visaient à empêcher les rassemblements, les relations sociales, les rapprochements. Au profit d’un bien commun défini par l’État, de manière abstraite. Les conséquences de la gestion de la crise ont été l’isolement des personnes, parfois jusqu’à leur mort, et le développement de comportements antisociaux : distance, repliement et mise à mal des solidarités de proximité, voire agressivité et délation. Le discours dit altruiste prétendant justifier la vaccination de masse, outre le fait qu’il est « scientifiquement » non prouvé, se fonde sur une conception étatiste et collectiviste du bien commun : une solidarité abstraite. Cela est d’autant plus infondé que les gouvernants nous avertissent que la vaccination ne fera pas disparaître les gestes barrières, c’est-à-dire l’empêchement de se toucher, de s’embrasser, de manifester corporellement ses sentiments, pas plus d’ailleurs qu’elle n’a mis fin à l’isolement barbare et cruel que nous faisons vivre aux personnes âgées, acculées à mourir seules.

Vous parlez à la fois d’une « domestication stricte des masses » et de rébellions imminentes. N’y a-t-il pas une tension ?

Oui bien sûr, vous avez raison : on assiste à un asservissement parfois volontaire et la majorité des citoyens paraît se conformer aux injonctions gouvernementales et jouer le jeu de la guerre contre le virus. Mais le pouvoir aurait tort de penser qu’il a dompté le peuple. Trop d’imposition finira par pousser à la révolte même les plus dociles, et d’ores et déjà on voit se multiplier les points de révolte. Non pas un grand mouvement révolutionnaire, mais des séquences de soulèvements, dans lesquels les personnes tentent de retrouver un plaisir d’être ensemble. Les diverses manifestations qui se tiennent maintenant de manière récurrente à Paris, à Londres, à Sao Paolo, à Montréal, mais également dans nombre de petites villes de France, voire des villages, témoignent de ces rébellions pour l’heure non violentes, mais qui risquent de se durcir si elles sont empêchées trop violemment. On n’agite pas le spectre et les mots de la guerre impunément. À force de jouer au chef de guerre au nom d’un rationalisme insensible et d’une science scientiste, le pouvoir met en marche des forces souterraines qu’il peinera à terme à maîtriser.

Pour lire la suite, c’est ici !

Passé-Présent : Témoignage d’un Gaulois d’Europe [vidéo]

Philippe-Conrad guerres religion

18/08/2021 – FRANCE (NOVOpress)
L’ouvrage « 7 décennies qui ont changé la gueule du monde » donne lieu à un passionnant dialogue entre Philippe Conrad et l’auteur Jacques Georges qui nous livre un témoignage biographique et sociologique d’un monde désormais révolu, et un présent devenu conflictuel, bien oublieux du tragique de l’Histoire.

« 7 décennies qui ont changé la gueule du monde » par Jacques Georges. Préface de Philippe Conrad – Ed. IBAcom – 374 p. – 20 €.


Livre : Hurrah Raspail ! Hommages, témoignages & études, sous la direction d’Adrien Renouard et Anne Letty

Jean Raspail

Il y a un peu plus d’un an, le 13 juin 2020, s’en allait, au Septentrion éternel, par-delà les mers, Jean Raspail, consul général de Patagonie, autoproclamé dans cette dignité par décision souveraine de Sa Majesté Orélie-Antoine de Tounens, roi d’Araucanie et de Patagonie.

Nombre de Patagons à travers le monde se trouvèrent endeuillés, pour certains, inconsolables, pour d’autres, l’âme pesamment chagrinée et mélancolique. C’est que beaucoup le pensaient immortel, indestructible. Mais si l’éternité est le royaume des dieux, l’immortalité reste l’apanage des hommes.

Alors, oui ! Raspail demeure, pour tout Patagon d’ici et des antipodes, l’immortel et altier seigneur, dans la tenue comme dans la fidélité, des hommes oubliés, Alakalufs de Terre de Feu, Peaux-Rouges d’Amérique du Nord, Guanaquis du Pérou, Aïnous du Japon, Ghiliaks des confins de l’Asie, Kalliganos des Caraïbes, Arawaks Taïnos esclavagisés d’Haïti, peuples kaléidoscopiques d’un camaïeu de peuplades, impitoyablement broyés par la modernité et perdus à jamais dans les obscures cimetières monographiques d’ethnographies poussiéreuses…

Hurrah Raspail ! aurait-on envie de hurler à la face atalienne de ce monde hideux qu’est devenu le nôtre. D’autres l’ont poussé, ce cri. Et cela a donné, sous la direction d’Adrien Renouard – assisté d’Anne Letty –, ce vibrant recueil en hommage à l’un des derniers aventuriers du XXe siècle, après Monfreid, Saint-Loup ou Malraux. D’authentiques Patagons ont mêlé leurs plumes pour témoigner de leur affection, de leur peine, de leur admiration, de leur joie même – celle d’avoir croisé la destinée d’un écrivain-explorateur exceptionnel. De Philippe de Villiers à Jean Sévillia, de Jacques Terpant – « Raspail bis », selon le propre adoubement ubiquitaire de l’auteur des Yeux d’Irène – à Alain Sanders, d’Olivier Maulin à Renaud Camus, de François Bousquet – dynamique patron des Éditions de La Nouvelle Librairie qui offrent à ce livre son plus bel écrin – à Anne Brassié, de Jean des Cars à François Tully – vice-consul chancelier de Patagonie et rédacteur en chef du Moniteur de Port-Tounens, substantiel et incontournable Bulletin de liaison des amitiés patagones – de Jacques de Guillebon à Ivan Rioufol, etc.

L’ouvrage devrait ravir les inconditionnels du dernier des hussards. Entre autres pépites, on y trouvera deux entretiens inédits, l’un conduit par Philippe Hemsen, précieux animateur d’un site Internet – qui ne l’est pas moins – consacré à l’écrivain, l’autre par Marie de Dieuleveult, chroniqueuse à La Nef mais surtout auteur, en France, du seul travail universitaire – qui plus est de belle qualité – portant sur « les causes perdues » de l’écrivain.

Au sein de ce mélange commémoratif, Marie de Dieuleveult creuse davantage cette thématique des « causes perdues » et nous gratifie d’une remarquable étude sur « les jeux d’un roi ». Les récifs de l’imaginaire sont les seuls accostages où peuvent, désormais, s’amarrer le sacré et la beauté. Raspail, explique-t-elle, était perpétuellement en « quête » d’« ailleurs mythiques » et de « fidélités nouvelles ». C’est, à notre sens, ce qui le rend si passionnément attachant, bien loin des stupides caricatures journalistiques dans lesquelles s’acharnent à l’encaserner tant de mollusques polygraphes qui ne l’ont jamais lu. En outre, citant La Miséricorde, ultime livre de Raspail, paru en 2015, aussi bernanosien que bloyen, Dieuleveult livre la clé de compréhension d’une œuvre uniment traversée par « une profonde dimension sacrée dans un monde qui en a perdu le sens ». « Sans ce dernier roman, conclut-elle, on ne peut comprendre Jean Raspail tout comme on ne peut comprendre ce dernier roman si on le détache du reste de son œuvre

Nous ajouterons que ce livre, par la richesse de ses contributions, permet précisément de mieux comprendre et l’homme et l’œuvre. C’est dire que tout bon Patagon se doit de posséder ce monument.

Aristide Leucate

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Don Juan d’Autriche, l’homme de Lépante (1547-1578)

Don Juan d’Autriche

C’est un des grands personnages de l’histoire européenne. Son nom est associé à tout jamais à sa victoire navale de Lépante, en 1571, contre les Ottomans. Il avait 24 ans !

« Valeureux comme Scipion, héroïque comme Pompée, fortuné comme Auguste, un nouveau Moïse, Gédéon, Samson et David, mais sans aucun de leurs défauts »… C’est ainsi que le pape Pie V dépeint Don Juan d’Autriche, le héros du Grand siècle espagnol qui vit la couronne de Castille s’assurer la suprématie en Europe. Acteur incontournable du dernier combat de la Reconquista, figure emblématique de la retentissante victoire de Lépante, il apparaît en ces temps de crispations religieuses comme l’épée et le bouclier du catholicisme. Ce paladin, « à la beauté d’Apollon et au visage d’Archange » se distingue d’autant plus qu’il offre un contraste saisissant avec son frère, Philippe II. à la prudence excessive du roi catholique, Don Juan oppose l’image du prince impétueux qui a pour principe que celui qui « ne va pas en avant retourne en arrière ». Mais le jeune homme, « ami des armes et désireux d’honneur », se trouvera souvent bridé par son loyalisme sans faille et sa soumission aux ordres de la Couronne.

C’est à Ratisbonne que Barbara Blomberg donne naissance, le 24 février 1547, à un garçon, Geronimo. Son père n’est autre que l’homme le plus puissant de ce milieu du XVIe siècle : Charles Quint. En remportant la même année la fameuse bataille de Mühlberg contre les princes réformés de la ligue de Smalkalde, l’empereur est alors au faîte de sa gloire.

Il fait rapidement enlever l’enfant à sa mère qu’il ne reverra d’ailleurs jamais. Envoyé dans le plus grand secret en Espagne, auprès d’une première tutrice, il grandit en jouant avec les petits paysans castillans. Il est par la suite confié à Don Luis Mendez de Quijada qui lui apporte avec sa femme une éducation soignée et une affection qu’il ne manquera pas de leur rendre par la suite. Mais il faut attendre l’ouverture du testament de Charles Quint, à l’automne 1558, pour que son existence soit révélée au grand jour.

Le bâtard impétueux

Il a 12 ans lorsque Philippe II, son demi-frère de 20 ans son aîné, vient lui révéler le secret de sa naissance : « L’empereur Charles Quint est votre père », un père curieux de le rencontrer et qu’il avait vu sans le savoir au monastère de Yuste quelques mois auparavant. C’est sous le nom de Don Juan d’Autriche que le jeune garçon va alors entrer de plain-pied sur la scène espagnole, sans que sa bâtardise ne lui porte préjudice car les enfants illégitimes étaient alors chose fréquente. Il part vivre à la cour avec le rang d’infant, mais en étant toutefois écarté de la succession.

Il y fréquente ses deux neveux qui ont à peu près le même âge que lui : le fils de Philippe II, Don Carlos, un être mal formé et tordu, et le brillant Alexandre Farnèse, dont la mère, Marguerite de Parme, est aussi une enfant illégitime de l’empereur. C’est ensemble que les trois jeunes gens sont envoyés en 1561 parfaire leur éducation dans la prestigieuse université d’Alcala de Henares, où Don Juan doit notamment se préparer à la carrière ecclésiastique que l’on a choisie pour lui. Fort heureusement, une querelle diplomatique avec le pape Pie IV retarde suffisamment l’envoi du chapeau de cardinal qui lui est destiné, le temps pour lui de montrer à son frère que son cœur penche irrévocablement vers le métier des armes.

Ainsi en 1565, lorsque Malte est menacée par les Turcs de Sinan Pacha, le bouillonnant jeune homme tente de rejoindre la flotte qui doit quitter Barcelone pour leur porter secours. L’aventure tourne court. Il arrive trop tard et Philippe II met un terme à sa soif de batailles en lui rappelant l’importance de sa personne. Trois ans plus tard le roi accède néanmoins à ses vœux en le nommant general del mar, c’est-à-dire amiral, et c’est aux côtés de don Luis de Requesens qu’il fait ses premières armes sur mer lors d’une expédition menée de Cadix aux Baléares.

Pour lire la suite, c’est ici !