Américanisation des modes de vie : comment les juges imposent l’ouverture d’un Mac Donalds sur l’île d’Oléron

25/09/2017 – ALLEMAGNE (NOVOpress)
Le maire de Dolus d’Oléron, Grégory Gendre se bat depuis 10 ans contre l’empire de la malbouffe afin d’empêcher l’implantation d’un Mac Donalds sur l’île d’Oléron.

« Oléron, c’est l’océan, les dunes, l’ostréiculture » argue-t-il. Et peu importe que les ¾ des habitants de cette commune de 3 000 âmes soient opposés à la venue du Mac Donalds, les juges en ont décidé autrement.

En effet, le tribunal administratif de Poitiers a tranché en faveur de la multinationale et donne un mois au maire de l’île pour délivrer le permis de construire, sous peine d’amendes de 300 € par jour de retard.

Le comble pour ce maire de gauche est qu’il soit accusé de « racisme commercial », par les propriétaires du terrain à vendre, qui ne conçoivent pas « que l’on puisse interdire aux gens de manger ce qu’ils veulent ».


Alain de Benoist : “L’idéologie du progrès véhicule avec elle le rejet méprisant du passé”

Pour faire pousser un arbre, il faut des décennies, et seulement dix minutes pour le couper. Pour faire périr une civilisation, il faut un peu plus de temps. Il faut surtout d’autres méthodes. La plus sûre ? Convaincre cette civilisation de se suicider. Concernant l’Europe, certains s’y emploient depuis longtemps, à un rythme toujours accéléré.

Ce sont les « déconstructeurs », c’est-à-dire ceux qui ont entrepris de déconstruire tout ce que cette culture avait bâti. Quand on veut faire une greffe, c’est bien connu, il faut d’abord détruire les défenses immunitaires. Dans le cas d’une culture, cela signifie : saper les bases des certitudes les plus élémentaires, casser la libre expression des instincts naturels, jeter le doute sur ce que l’on croyait assuré ou immuable, convaincre de ne plus voir ce que l’on voit, faire apparaître les anciennes évidences comme autant de conventions dépassées.

L’idéologie du progrès a joué de ce point de vue un rôle essentiel, car elle véhicule avec elle le rejet méprisant du passé : ce qui est d’hier est nécessairement de moindre valeur que ce qui sera demain. Il faut donc donner tort à ceux dont le souvenir fait injure à ce que nous croyons. Comme à l’époque soviétique quand on retouchait les photos officielles, on réécrit les œuvres du passé, on censure Molière et Shakespeare, on change les noms des rues, on déboulonne les statues (Américains) ou on les fait sauter (djihadistes).

« Du passé, faisons table rase » : toutes les idéologies totalitaires ont formulé le vœu que le monde (re)commence avec elles. Dans cette optique, le passé constitue un constant reproche, un poids dont il faut se libérer. Parallèlement, on incite à ne se souvenir que de ce dont il faudrait se repentir. Réduire l’histoire de l’Europe à l’esclavage, au colonialisme et aux camps de concentration est une bonne manière d’empêcher les racines de repousser.

En peu d’années, l’« antiracisme » s’est transformé en une sorte de bulldozer qui écrase tout sur son passage. Le contraire du racisme s’avère ainsi être un racisme en sens contraire. Quand on a compris cela, tout s’éclaire : un espace réservé aux Blancs est une manifestation de racisme, un espace réservé aux Noirs une légitime exigence « post-coloniale ». Au cinéma, donner le rôle de Nelson Mandela à un Européen ferait scandale ; faire jouer par un Africain le rôle d’Achille dans un film sur la guerre de Troie, donne lieu à des applaudissements.

Quand on regarde comme « sexiste » tout compliment fait à une femme, quand l’« islamophobie » commence avec les tirelires en forme de cochonnet, quand on menace de sanctions pénales ceux qui s’adressent aux « transgenres » au moyen de pronoms personnels les « assignant » à leur sexe biologique, quand on assimile Colbert et Christophe Colomb à Hitler, on quitte le politique pour entrer dans le psychiatrique.

Inculquer la haine et le mépris de soi au nom de l’« ouverture », faire disparaître tout sentiment d’identité au nom de la proscription des « phobies », faire croire qu’il faut détester les siens pour aimer l’humanité, c’est ce que fait l’idéologie libérale, le patronat, une certaine gauche extrême, mais aussi le pape François, pour qui « tout immigré qui frappe à notre porte est une occasion de rencontre avec Jésus Christ » (ajoutant, au mépris du bien commun, qu’il faut « toujours faire passer la sécurité personnelle avant la sécurité nationale »).

La morale aujourd’hui envahit tout au détriment de la vérité. Il n’y a plus que deux catégories : le royaume du Bien et les ténèbres du Mal. Le Bien, c’est la haine de soi ; le Mal, c’est le désir de racines. Et le terrorisme, qui pourrait amener à se demander pour quoi nous sommes encore prêts à mourir, ne stimule plus que la vente des cierges et l’industrie des ours en peluche.

Ainsi prospère le nihilisme contemporain, facteur de « décivilisation ». Une société qui ne veut plus savoir qui elle est, ni d’où elle vient, qui n’a ni fierté ni mémoire, qui bat sa coulpe et n’a plus de volonté de se battre, est mûre pour la conquête. Nous avons jusqu’ici eu la crise. Ensuite, ce sera le chaos.

Alain de Benoist

Texte repris du site Blog Éléments

Etrange Jean Monnet

Mais qui était donc « cet étrange Jean Monnet », à l’origine de l’UE ?

21/09/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Professeur d’histoire dans un lycée parisien, Bruno Riondel présente, pour TV Libertés, Cet étrange Monsieur Monnet (éd. du Toucan), l’ouvrage qu’il vient de consacrer à celui qui est l’un des concepteurs de l’Union européenne. Dans cette biographie, il revient sur les racines du projet Monnet de gouvernance globale et sur les moyens mis en place pour l’imposer.

Peuple Souveraineté

L’avenir d’une nation appartient au peuple des citoyens

Les Français, qui attendent un éclairage sur la direction de l’avenir de leur pays, ont enregistré, lors d’un discours présidentiel, peu explicite, proclamé à Athènes, la confirmation que « la reconquête de notre souveraineté, c’est une nécessité première ». Mais (« en même temps » !), ils ont été surpris d’apprendre que « la souveraineté véritable […] doit se construire dans et par l’Europe […] » en vue de « bâtir une puissance européenne », alors qu’aucune allusion n’était faite à la désagrégation de notre pays.

Une telle affirmation rhétorique, en contradiction avec l’esprit de Périclès au service exclusif de sa cité d’Athènes, appelle quelque correction. L’Union européenne, dans l’état actuel d’une structure hétéroclite, sans âme, privée de vision d’avenir, ne peut prétendre à la souveraineté tant qu’elle n’a pas la capacité de prendre les décisions dans l’intérêt des nations qui la composent, notamment pour le phénomène migratoire, le développement économique de l’Afrique, la lutte contre la fraude fiscale. Par contre, la souveraineté est le propre de toute nation, notamment de la France de 2 000 ans d’existence. C’est l’affaire des citoyens, héritiers d’une trajectoire historique et respectueux des générations qui les ont précédés. Notre vision d’avenir demeure liée au rapport des Français à leur histoire, aussi respectable que l’histoire des familles.

De telles affirmations péremptoires signifient-elles que la réforme nécessaire pour consolider l’organisme vivant de la nation devrait laisser la place à la transformation consistant à vider la France de sa substance multiséculaire afin de la diluer dans un magma européen ou une nébuleuse mondialiste ?

Cette crainte serait-elle confirmée par le deuxième danger menaçant, à notre insu, l’essence même de notre personnalité, celui d’une France métissée obtenue par l’accueil forcé de populations immigrées que l’Europe nous imposerait, alors qu’elle n’est capable que de répartir les migrants manipulés entre les Etats comme des germes de transformation de la société ?

Nous devons refuser à la fois la dilution de la France dans une fondue européenne et la trahison du communautarisme à l’opposé de notre traditionnel creuset fédérateur. Nous avons le choix entre une pseudo-modernité d’ouverture et la fidélité à l’âme de la nation. Il ne faut pas confondre cette attitude avec le repli sur soi. En revanche, il faut dire la vérité au pays et le consulter par référendum, et non pas recourir à des manœuvres machiavéliques pour conduire les Français là où ils ne veulent pas aller. En effet, nous serons d’autant plus européens que nous serons français, décidés à refonder une Europe protectrice des nations. Nous ne pourrons y parvenir qu’en conservant le potentiel de notre génie national et la flamme d’un idéal de civilisation universelle.

De même, le gouvernement français doit prendre l’initiative d’un traitement du phénomène migratoire, en engageant une action internationale, en amont des migrations, en faveur du maintien sur leur sol des populations africaines. En étant prêts à apporter à cette œuvre de paix une large participation française, notamment de la jeunesse, nos dirigeants ne doivent pas hésiter à mettre en demeure les responsables de l’Union européenne ainsi que de l’ONU d’agir concrètement en faveur d’une conception réaliste des droits universels de l’homme.

Quoi qu’il en soit, les dirigeants politiques doivent être contraints de choisir entre leur pouvoir personnel ou la France. Quant aux citoyens, à défaut des partis politiques en phase terminale, il leur appartient, au nom de la France en danger, de faire revenir le gouvernement sur la ligne de départ de la nation au lieu de pérorer sur les scènes européennes et mondiales.

« Vingt siècles d’Histoire sont là pour attester qu’on a toujours raison d’avoir foi en la France » (Général De Gaulle, Alger, 3 novembre 1943).

Paul Bernard
préfet de région honoraire
docteur en droit

Texte repris du site de la fondation Polémia

 

Dans les nouveaux manuels Nathan, « les Français arrivés en Gaule sont des migrants »

19/09/2017 – FRANCE (NOVOpress)
« Les Français arrivés en Gaule sont des migrants ». C’est ce qu’apprennent aujourd’hui les petits Français de CE2 dans les nouveaux manuels Nathan.

Ainsi, les établissements scolaires l’ayant choisi cette année, comme c’est le cas de l’établissement parisien Fénelon, apprennent que leur peuple n’est qu’un agrégat de diverses migrations, et un peu plus loin que la femme était considérée comme inférieure et mise à l’écart…

Nul doute que les études profondes et sérieuses comme celle de Régine Pernoud n’ont pas inspiré la création de ce manuel.

Blanquer

Connaissez-vous Monsieur Blanquer ?, par Mathieu Bock-Côté

Mathieu Bock-Côté

Mathieu Bock-Côté

19/09/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Le texte que nous publions ci-dessous a été publié samedi dernier dans Le Journal de Montréal. Mathieu Bock-Côté, docteur en sociologie, chargé de cours aux HEC à Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada, expose très favorablement aux Québécois ce que dit et ce que fait Jean-Michel Blanquer, le ministre français de l’Education nationale.

« Il se passe quelque chose de très intéressant en France depuis quelques mois. Un nouveau ministre de l’éducation, Jean-Michel­­­ Blanquer, est en train de réformer l’école en profondeur, pour la délivrer d’un certain carcan pédagogique et l’amener à renouer avec sa véritable mission.

Son objectif ? La recentrer sur les savoirs. Faire en sorte que les enfants qui sortent de l’école sachent lire, écrire et compter. Blanquer ajoute aussi : les jeunes doivent apprendre à respecter autrui.

Il veut que l’école leur transmette le goût de la lecture, de la culture et des arts.

Excellence

C’est dans cet esprit, d’ailleurs, qu’il a décidé, de remettre 150 000 exemplaires des Fables de La Fontaine aux élèves, à la manière d’un cadeau. II s’en est expliqué ainsi : « Elles nous disent quelque chose de la vie et sont éternelles ».

Autrement dit, les classiques ne sont pas un luxe. C’est en se tournant vers les grandes œuvres qu’on peut vraiment éduquer la jeunesse.

Blanquer croit aussi à l’amour de la beauté et veut pour cela redonner sa place à la musique à l’école.

Le maître mot de la philosophie scolaire de Jean-Michel Blanquer, c’est l’excellence. C’est en partie dans cet esprit qu’il a décidé de restaurer la place du grec et du latin à l’école. Le détour par les langues anciennes permettrait de mieux comprendre le français.

Mais Jean-Michel Blanquer va plus loin. S’il est ouvert à la technologie en classe, il l’est modérément.

Il croit aussi aux vertus de vieilles méthodes toujours valables, comme la mémorisation. Dans un entretien accordé à un hebdomadaire français, tout récemment, il expliquait qu’un élève tirera un avantage certain à apprendre un poème par cœur, car il cultivera ainsi sa mémoire.

Ce propos est quasiment trans­gressif dans une époque qui présente le par cœur comme une forme d’aliénation, et qui croit que Google peut se substituer à notre mémoire. Vive l’effort !

Par ailleurs, Jean-Michel Blanquer ne croit pas à ce qu’on pourrait appeler la réussite obligatoire et gratuite : il a décidé d’autoriser à nouveau le redoublement.

Mais le ministre ne s’arrête pas là : il entend aussi cultiver les vertus civiques. Et c’est ainsi qu’il a soutenu qu’il faut aimer son pays.

Vertus

C’est à la lumière de cette vertu qu’on doit enseigner l’histoire, a-t-il soutenu il y a quelques mois, et on doit l’enseigner avec un sens certain de la chronologie. Elle apparaîtra ainsi­­­ aux jeunes générations comme une aventure collective à laquelle elles sont invitées à se joindre.

Jean-Michel Blanquer n’est pas un nostalgique du monde d’hier, quoi qu’en disent ses adversaires.

Il croit plutôt à certaines permanences, à des idées qui traversent le temps, à des vertus indémodables.

Depuis quelques décennies, un peu partout Occident, l’école a été soumise à des idéologues qui ont traité les enfants comme des cobayes sur qui il fallait mener une expérimentation sociale à grande échelle. Ils ont fait des ravages.

Il est temps de redécouvrir ce qui n’aurait jamais dû être oublié.

À quand un Jean-Michel Blanquer québécois ? »

Mathieu Bock-Côté

Aude Mirkovic

Aude Mirkovic : de la PMA à la traite des femmes

15/09/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Un maître de conférence en droit privé, spécialiste du droit de la famille, Aude Mirkovic est une battante et une combattante contre la PMA et la GPA. Elle vient de publier un roman d’une actualité brûlante, En rouge et noir (éd. Scholæ). Les deux héroïnes du livre affrontent ensemble une société américaine venue monnayer en France des gestations pour autrui réalisées aux Etats-Unis. On suit avec intérêt le combat de ces deux femmes contre les commerçants d’enfants. Au-delà de l’ouvrage, Aude Mirkovic veut mettre en garde les Français pour le respect des droits de l’enfant. Martial Bild la reçoit sur le plateau de TV Libertés.

De Gaulle Jeanne d'Arc

De Gaulle et Maurras : la leçon de Paul-Marie Coûteaux à Valérie Pécresse

13/09/2017 – FRANCE (NOVOpress) : « Ce qui fait la force d’âme de la droite, c’est d’avoir toujours préféré Charles de Gaulle à Charles Maurras », a déclaré dimanche Valérie Pécresse. Mais quelle gourde ! Dans le numéro de Minute paru ce matin, l’ancien député Paul-Marie Coûteaux, membre de la Fondation Charles-de-Gaulle et directeur des Cahiers de l’indépendance, lui répond. Sous forme de cours magistral d’histoire politique. Extrait.

Paul-Marie Couteaux 3

Paul-Marie Couteaux

« Que dire devant une telle ineptie ? D’abord que la droite française n’a pas « toujours » préféré de Gaulle à Maurras, notamment à l’époque où l’école d’Action française, que Maurras a fondée et inspirée pendant des décennies, a dominé la jeunesse intellectuelle française, la droite bien sûr mais au delà – l’AF soutint d’ailleurs tous les gouvernements de la Grande Guerre. Parmi tant d‘autres, le jeune Charles de Gaulle dont les parents ont lu et financé l’Action française, journal que, selon le témoignage qu’en a donné sa sœur Agnès, le jeune Charles, puis l’encombrant officier contestataire a constamment lu jusqu’à la seconde guerre.

« Entre autres choses, il en empruntera les conceptions de défense nationale, notamment « l’Armée de métier », et bien sûr sa politique étrangère, « capétienne », de même son obsession d’un exécutif fort et son choix « du pouvoir personnel plutôt que de l’impuissance impersonnelle » comme il le dira à Peyrefitte – c’est d’ailleurs à bon droit que l’on souligne le caractère monarchique de la Ve République, monarchie certes imparfaite comme son fondateur l’a plusieurs fois éprouvé et avoué, tentant des années durant de pousser le Comte de Paris à se présenter à l’élection présidentielle dont il jugeait l’onction indispensable après « une si longue interruption »…

« Sur l’inspiration politique, notamment diplomatique et institutionnelle du Général (qui fut souvent décrit comme royaliste, y compris à l’étranger, de Staline à Roosevelt qui en prirent prétexte pour tenter cent fois de l’écarter), les faits et témoignages sont si multiples qu’il est impossible de tous les reprendre ici : rappelons que, dans les années 1920, de Gaulle donna ses premières conférences au Cercle Fustel de Coulanges, furieusement royaliste, qu’il entretint une longue correspondance avec le Comte de Paris dans laquelle il témoigna envers Lui (il mettait toujours la majuscule !), d’une déférence sans équivoque, et que, quand, un jour, à l’Elysée, Philippe de Saint Robert évoqua son monarchisme, il rectifia de lui-même : non, royalisme ! (cf. Philippe de Saint Robert, Le Secret des jours, Lattès, 1996).

Envoi De-Gaulle-Maurras« Pour ce qui est de Maurras, on sait (mais apparemment Mme Pécresse ne sait pas) que de Gaulle dédicaça la plupart de ses ouvrages au « maître de Martigues », qu’il reprit souvent son fameux, et très profond « politique d’abord » et s’entendit plus tard avec Malraux sur cette formule qui va loin : « Marras eut tellement raison qu’il en est devenu fou. » Des divergences, certes, mais entre qui n’y en a-t-il pas (comme avec Péguy ou Barrès, leurs grands mécontemporains) ? Surtout, que de points communs, y compris, comme le montre Stéphane Blanchonnet dans son récent « petit dictionnaire maurassien » sur la République elle-même, que l’un et l’autre entendaient comme Res-Publica, ce que Péguy nommait « Notre Royaume de France » en un beau souci de syncrétisme.

« Et que de détestations communes […] »

Extrait de « Pour instruire Mme Pécresse sur Maurras et sur De Gaulle » par Paul-Marie Coûteaux paru dans Minute n° 2838 daté du 13 septembre 2017

Second Empire

La débâcle de 1870 et la chute du Second Empire enseignées à Macron

19/07/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Puisque Macron sait mieux que quiconque – et mieux que le chef d’état-major des armées – comment on doit se préparer pour faire la guerre, et que son tempérament comme sa politique économique ne sont pas sans rappeler Napoléon III, voici un petit cours d’histoire qui pourrait l’intéresser. Car, hasard du calendrier, le dernier numéro de La Petite Histoire, sur TVLibertés, porte sur la débâcle de 1870 et la chute du Second Empire.

Nous sommes en 1870, la France se prépare à entrer en guerre contre la Prusse. Une guerre qui, dit-on à Napoléon III, sera facile et rapide. Oui mais voilà… La France n’est absolument pas prête à combattre. La sentence sera immédiate : de revers en revers, l’armée française ira succomber à Sedan, où tout finira. Dès le lendemain de la capitulation, le Second Empire est renversé, et la République proclamée. Retour sur ce désastre qui en appellera d’autres…

Tuer et mourir pour dieu, par Philippe Conrad

Philippe-Conrad guerres religion

Philippe Conrad

Les Occidentaux pensaient en avoir fini avec les guerres de religion, vestiges d’un passé révolu que la sécularisation de nos sociétés et l’hédonisme dominant semblaient devoir rejeter dans les ténèbres d’une histoire désormais très lointaine. C’était méconnaître grandement les sociétés humaines et les héritages spirituels dans lesquels elles plongent leurs racines.

La puissance du réveil islamique engagé depuis quatre décennies a surpris avant d’inquiéter. L’offensive djihadiste à l’œuvre aujourd’hui semble confirmer la perspective du choc des civilisations prophétisé par Samuel Huntington à l’issue de la confrontation entre les blocs occidental et soviétique. Les nationalistes hindous ont le vent en poupe et s’en prennent aux minorités religieuses. Les coptes d’Égypte ou les chrétiens assyriens d’Irak sont la cible des tueurs d’Al-Qaïda et de Daech, alors que Boko Haram et les djihadistes sahéliens terrorisent une partie de l’Afrique occidentale. Les Philippines doivent faire face à la dissidence musulmane de l’île de Mindanao.

L’immigration massive qui affecte l’Europe laisse craindre de futures explosions de violence, dont les attentats survenus en France, en Allemagne, en Belgique ou en Angleterre ne seraient que de modestes signes avant-coureurs.

Une telle situation conduit naturellement à se tourner vers les périodes de l’histoire qui, bien avant le choc suicidaire des nationalismes nés de la Révolution française, ont vu les Européens s’affronter au nom de la foi.

L’Église médiévale s’était bien dressée contre l’hérésie, mais l’unité de la Chrétienté latine avait été préservée malgré les difficultés qu’elle avait connues à la fin du Moyen Âge : des effets de la Grande Peste aux attentes de réformes, du grand schisme d’Occident qui avait opposé Avignon à Rome, à l’éveil de nouvelles aspirations spirituelles.

NRH-HS-14 guerres religion 2L’éveil de la modernité, qui va de pair avec la découverte des nouveaux mondes, l’essor de l’humanisme et la diffusion de l’imprimerie créait un terrain favorable à l’apparition de la Réforme. Les Allemands la célèbrent aujourd’hui, à l’occasion du cinquième centenaire de la publication par Luther, en octobre 1517 à Wittenberg, de ses 95 thèses contre les indulgences pontificales. L’écho qu’elles rencontrèrent et la rupture avec Rome qui suivit sont à l’origine du protestantisme, qui a bouleversé, en quelques décennies, la carte politique et religieuse de l’Europe.

D’abord celle de l’Allemagne où un compromis politique sera trouvé entre le pouvoir impérial et la dissidence réformée. La Suisse, la Scandinavie, les Pays-Bas et les îles Britanniques vont ensuite rallier à leur tour la nouvelle confession. Le luthéranisme ne rencontre initialement en France qu’un succès limité. Puis, Jean Calvin, inspirateur de la théocratie genevoise, va s’imposer comme le maître spirituel des réformés dans le royaume des Valois, si profondément divisé qu’il va connaître, dans la seconde moitié du XVIe siècle, une longue litanie de « guerres de Religion ».

Identifiée jadis comme « le temps des troubles », Michelet et ses héritiers ont, au XIXe siècle, donné à cette époque le nom qu’elle a conservé depuis : guerre de religion. Censé rendre compte de l’affrontement entre catholiques et protestants, le terme n’est pas neutre. Les historiens qui l’ont utilisé ont en effet clairement choisi leur camp, celui des « réformés » présentés comme des victimes du « fanatisme » catholique.

L’image des derniers Valois – du faible Charles IX à Henri III et à ses « mignons », sans oublier Catherine de Médicis, la mégère florentine responsable de la Saint-Barthélemy – a été aussi lourdement chargée. Puis intervient le règne réparateur du « bon roi Henri », magnifié par la tradition monarchiste comme le souverain rassembleur et restaurateur de la paix, mais aussi par l’histoire républicaine faisant de lui, au prix d’un lourd anachronisme, le champion d’une « tolérance » dont on cherche en vain la trace à la fin du XVIe siècle. Un manichéisme assez élémentaire tend à opposer les catholiques majoritaires à leurs « victimes » protestantes. Mais notre époque entend aussi valoriser les « justes », tel Michel de L’Hospital, tenant d’un tiers parti favorable au compromis.

Trop souvent confisquée par « l’historiquement correct », la mémoire des guerres de Religion n’en a pas moins été revisitée au cours des dernières décennies par les meilleurs historiens de la période. Parmi eux, Bernard Cottret à propos de l’édit de Nantes ; Arlette Jouanna, qui mis en lumière le jeu des factions nobiliaires ; Ivan Cloulas, le biographe de Catherine de Médicis ; Jean-Marie Constant, qui a revisité l’histoire de la Ligue ; ou Denis Crouzet dont les remarquables travaux ont permis de réaliser une véritable anthropologie culturelle des camps en présence.

Une relecture riche d’enseignements qui peuvent fournir matière à réflexion à propos des défis d’aujourd’hui. Derrière les vecteurs d’illusions que sont « l’ouverture à l’autre », le « vivre ensemble » et autres niaiseries de même nature, c’est la question de la coexistence de communautés religieuses, ethniques ou culturelles aux croyances incompatibles qu’il faudra bien aborder.

Au risque de remettre en cause certains des tabous de la bien-pensance aujourd’hui dominante.

Philippe Conrad

Editorial du Hors Série n° 14 de la Nouvelle Revue d’Histoire
« Les guerres de religion – Tuer et mourir pour dieu »

Tarek, une chance pour la France ?, de Jean-François Chemain

tarek-une-chance-pour-la-france-jean-francois-chemainJean-François Chemain, une décennie durant consultant dans des cabinets anglo-saxons, a choisi de passer l’agrégation d’histoire et d’enseigner dans un collège situé en zone d’éducation prioritaire. Dans cette ZEP il a eu tôt fait de constater que « l’islam, en banlieue, est une “culture de classe”, celle des “pauvres”, des “dominés”, que les “riches”, les “Français”, les gens du centre-ville piétineraient à loisir, et à laquelle chacun s’identifie peu ou prou. Un avatar de la lutte des classes, en somme » :

« On ne peut pas y échapper, ajoute-t-il, la pression exercée sur tous – même les non-musulmans, regardés avec incompréhension et impatience – par le groupe musulman est permanente. Pas forcément violente, mais implacable […] l’immense majorité des prénoms des élèves du collège est musulmane, y compris quand ils ont un patronyme d’origine européenne. Pas besoin de tenir des statistiques interdites pour constater que la domination de cette religion [l’islam] y est, non pas relative, mais écrasante, définitive, sans appel. »

Comme la pression que fait peser sur la classe, le jeune Tarek, élève emblématique car combinant au superlatif arrogance et victimisation, attitude dans laquelle son professeur voit « la clef de voûte du mystère de la radicalisation » car elle justifierait « une violence perçue alors comme légitime défense ». Ce qu’exprime une autre élève, Sonia, quand elle lance : « Tout le monde dit que l’islam est violent, alors que c’est une religion de paix… Moi, ça me dégoûte… Alors je vais finir par partir le faire, le djihâd ! » A quoi répond en écho un certain Benjamin quand est évoquée l’exécution de Danton : « Ce n’est pas un vrai martyr ! Le vrai martyr, c’est celui qui meurt en faisant le djihâd ! »

Et voici comment Tarek, encore lui, commente la décapitation de notre compatriote Hervé Gourdel en Algérie en septembre 2014 :

« J’ai regardé la vidéo du pélo qu’ils ont égorgé au bled […] Le gars il chialait, il suppliait qu’on ne le tue pas ! Ils lui ont d’abord mis quelques coups de couteau dans le ventre pour le calmer… Putain, ma parole, il n’y a qu’un Français pour mourir aussi lâchement ! »

Ce disant, il rejoint bien involontairement Albert Camus qui avait prédit dès 1957 :

« A longue échéance, tous les continents (jaune, noir et bistre) basculeront sur la vieille Europe. Ils sont des centaines et des centaines de millions. Ils ont faim et ils n’ont pas peur de mourir. Nous, nous ne savons plus ni mourir, ni tuer. »

Comme ses camarades, Tarek est incapable de faire une division par dix et ignore le sens des terme « distraction », « bétail », « exode », « fonction » ou « charrue ». En revanche, on lui impose la présence de militantes associatives venues « informer garçons et filles des différentes possibilités de contraception et de l’IVG » et le rectorat exige des débats sur le sujet. Ce qui favorise encore un peu plus le retour à l’islam.

« Nous ne pourrons pas transmettre nos valeurs républicaines et laïques si nous n’avons pas le courage de les affirmer au risque de “blesser” ou de “choquer”, écrit Jean-François Chemain. Il est étrange que notre audace se limite à parler de masturbation, de capote et de bisexualité à des enfants que cela choque profondément. La République en dessous de la ceinture… » alors que, selon lui « les élèves de banlieue ont soif de parler de religion, notamment du christianisme, qui les interpelle, ils apprécient d’avoir affaire à des enseignants qui puissent en parler, plutôt que se réfugier dans une ignorance convenue et fièrement assumée, ou dans un rejet proclamé… La France ne croit plus en son avenir, rongée qu’elle est par le désespoir, le relativisme, la honte d’elle-même […] Il y a du religieux dans cette autodétestation imposée à notre nation par ses clercs…

« Quelle autorité veut-on avoir sur des jeunes qui ont leur vie à construire, et des rêves plein la tête, et à qui on est payé pour expliquer qu’ils vivent dans un pays d’anciens esclavagistes, colonialistes et collabos, et d’actuels racistes, qui a tant contribué à polluer la planète que la catastrophe écologiste est imminente, et qui n’est plus qu’une goutte d’eau dans l’océan de la mondialisation ? »

Et pourtant, tout n’est peut-être pas irrémédiablement perdu :

L’auteur raconte avoir, « au mépris du programme », diffusé des extraits de films sur les batailles napoléoniennes pour montrer aux élèves « toute cette gloire française qu’on a aujourd’hui passée aux oubliettes ». Or, « beaucoup étaient émus aux larmes devant l’héroïsme, le panache de leurs ancêtres d’adoption » ;

Autre explosion d’émotion lors de la projection, pour calmer une classe en ébullition, d’un téléfilm canadien sur Jeanne d’Arc :

« Miracle : la fureur retombe aussitôt. Domrémy, la petite bergère, les voix, Vaucouleurs, Chinon… Au moment où retentit la sonnerie de fin de cours, la sainte est devant la porte de la cité d’Orléans. Faisant cabrer son cheval blanc, elle s’écrie, brandissant son oriflamme : “En avant, mes frères, pour Dieu et pour la France !” D’habitude, à la sonnerie, toute la classe est déjà debout comme un seul homme. Mais là, personne ne bouge […] Par la suite, tout au long de l’année, et même l’année suivante, on m’a redemandé le film sur Jeanne d’Arc. C’est devenu un rituel. Soif de Jeanne dans les banlieues… »

Et soif de transcendance, sans doute, que la religion républicaine ne saurait offrir. Dans ce petit livre allégrement écrit, où alternent portraits, choses vues et observations souvent profondes, Jean-François Chemain montre le… chemin à suivre pour tenter d’éviter, s’il n’est pas trop tard, que les adolescents allogènes d’aujourd’hui ne deviennent obligatoirement l’ennemi intérieur de demain.

Camille Galic

Jean-François Chemain, Tarek, une chance pour la France ?, préface d’André Gerin (maire honoraire [PCF] de Vénissieux), Ed. Via Romana, 94 pages.

Texte repris du site de la fondation Polémia

Peste noire

Comment la peste noire, venue d’Asie, a décimé la population européenne…

12/07/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Venue d’Asie, débarquée en Sicile, la peste noire frappa aux portes de l’Europe au milieu du XIVe siècle. Quelques années suffirent à décimer une grande partie de la population du continent : 30 à 50 %, disent les historiens, soit près de 25 millions de personnes, en moururent. Des années de désolation, d’horreur, qui transformèrent profondément les mentalités, les croyances, les systèmes politiques et religieux. Malgré tout, et c’est bien la grande leçon de cet épisode tragique : l’Europe s’est relevée, renforcée. Retour, avec Christopher Lannes, sur le plus grand fléau de notre histoire.

Jon Voight Transformers

Hollywood ou le cinéma au service des barbouzes de l’hyperpuissance

Quel rapport entre la série des Transformers, les block-busters de James Bond et des centaines d’autres films et téléfilms de grand public ? Rien en apparence, sinon que leurs scénarios portent tous l’empreinte des « agences » du renseignement américain !

National Security CinemaC’est ce qui ressort de l’enquête menée par Tom Secker et Matthew Alford, de la plateforme d’investigation civique Insurge Intelligence. L’épluchage de plus de 4 000 pages de documents obtenus en invoquant le Freedom of Information Act a débouché sur la découverte d’une manipulation si massive de la narration cinématographique et télévisuelle qu’elle a donné lieu à un livre au titre évocateur : National Security Cinema.

Inflexions patriotiques et sécuritaires, désignation implicite d’ennemis opportuns, déformation orientée de faits historiques par leur contrepartie frictionnelle : tout y passe, à une échelle dont Goebbels et Jdanov pouvaient seulement rêver !

« Ces documents révèlent pour la première fois l’ampleur de l’immixtion gouvernementale à Hollywood, comprenant la faculté de manipuler les scénarios voire de prévenir la production de films trop critiques du Pentagone… Cela soulève de nouvelles questions non seulement sur la manière dont la censure fonctionne dans l’industrie du divertissement moderne, mais également sur le rôle méconnu de Hollywood en tant que machine de propagande au service de l’appareil de sécurité national. »

Ci-dessus, Jon Voight dans Transformers. Dans cette scène, au moment où les troupes américaines sont attaquées par un robot Decepticon, l’agent de liaison hollywoodien du Pentagone, Phil Strub, a inséré la réplique : « Ramenez-les à la maison », conférant aux militaires des vertus protectrices et paternelles. On sait qu’en réalité le Département de la Défense fait tout le contraire.

Texte repris d’Antipresse

Ve République Figaro Histoire

1958 : le coup d’Etat de velours ou comment est née la Ve République

07/07/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Le « coup d’Etat de velours », c’est celui qui a mis fin à la IVe République et permis au général de Gaulle de revenir au pouvoir et de fonder la Ve République. Ce coup d’Etat du 13 mai 1958, mené sur fond de guerre d’Algérie, mit fin à « une si lente agonie » de la IVe République, pour reprendre le titre du bel article de l’historien Olivier Dard qui ouvre le riche dossier du n° 32 du Figaro Histoire, daté de juin-juillet 2017, consacré aux « actions juxtaposées » de la « machine gaulliste » pour parvenir à ses fins.

En une nouvelle période de recomposition de la vie politique française, ce dossier d’une soixantaine de pages (dans un numéro qui en compte 132), avec les contributions de Rémi Kauffer, François d’Orcival, Guillaume Perrault et Henri-Christian Giraud, constitue une lecture indispensable pour comprendre comment une République peut mourir et comment une autre peut être instaurée.

Palatinat

La Petite Histoire – Le ravage du Palatinat par Louis XIV, un crime de guerre ?

On a déjà parlé, dans La Petite Histoire, de l’oeuvre de Colbert. Et quand on évoque le Grand Siècle, c’est ce qui nous vient à l’esprit, avec le faste de Versailles, les fortifications de Vauban et l’éclat du Roi Soleil. Cependant, ce dernier présente aussi des aspects moins reluisants, propres à toute guerre. C’est le cas du ravage du Palatinat, en 1688, lorsque l’armée royale décida d’anéantir une région entière pour protéger ses frontières et intimider les princes allemands. Que s’est-il vraiment passé ?

Fête de la courtoisie : le prix Grand Duc a été remis au meilleur bulletin de réinformation de l’année

26/06/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Ce dimanche se déroulait porte de Champerret à Paris la 29e édition de la fête de la Courtoisie. Il s’agit évidemment de la fête annuelle organisée par Radio Courtoisie : une cinquantaine de patrons d’émissions ont tenu comptoir, pour échanger avec les auditeurs. Des centaines d’auteurs étaient présents pour dédicacer leurs ouvrages. Des milliers d’auditeurs étaient présents.

Trois événements ont ponctué cette riche journée

Deux causeries ont eu lieu. La première avec Jean Paul Gourévitch, pour faire un état des lieux sur l’immigration. La seconde avec Jacques Trémolet de Villers, sur le thème “Sainte Jeanne d’Arc porteuse d’espérance”.

Mais le clou de la journée était évidemment la 3e édition du prix Grand Duc du meilleur bulletin de réinformation de l’année !

Sous le patronage d’Henry de Lesquen, un jury composé de Carl Hubert, Dominique Paoli et Henri Dubost a décerné ce prix à notre équipe. C’est le bulletin du lundi 22 mai 2017 qui a été récompensé, pour le travail de réinformation effectué, l’usage d’un vocabulaire adapté et la qualité de la présentation.

Le jury a ensuite décerné deux prix spéciaux

D’abord, le prix de la réinformation numérique. Il a été remis à Marc Rocher, qui anime le compte twitter @ReinformationRC. Ce compte, désormais associé à un blogue, relaye le bulletin à près de 10 000 abonnés. Ensuite, le prix du jeune espoir à Joséphine Rivière, ici présente, que vous entendez depuis quelques mois à la fois le lundi et le mercredi. En conclusion de la cérémonie, Carl Hubert a rappelé que les volontaires étaient les bienvenus pour œuvrer à la réinformation sur Radio Courtoisie à nos côtés.

regis-debray

Etonnant Régis Debray, par Eric Werner

Régis Debray américainsÉtonnant personnage que Régis Debray ! […] Gallimard avait publié en 2010 son étonnant Éloge des frontières («Folio», 2013). Étonnant, parce que son « profil politique » aurait pu faire penser qu’il était un adepte du «sans-frontiérisme», un mal qui accable en particulier la gauche. Dans ce manifeste, il en prenait pourtant le contrepied, choisissant de « célébrer […] la frontière comme vaccin contre l’épidémie des murs, remède à l’indifférence et sauvegarde du vivant ».

Et avec son dernier livre, Civilisation : comment nous sommes devenus américains (Gallimard, 2017), il surprend une fois de plus : lui, connu pour son antiaméricanisme chevronné, nous donne un livre équilibré, qui étonnera pro- comme antiaméricains.

Après avoir défini le terme de « civilisations », en particulier ce qui les caractérise par rapport aux « cultures » (« pas de culture sans agriculture, pas de civilisation sans cité », « une culture construit des lieux, une civilisation des routes »), il s’attache à montrer comment elles se développent, comment elles s’opposent entre elles. Il s’interroge ensuite : « Quand l’Europe a-t-elle cessé de faire civilisation? », en s’inspirant de deux lettres de Paul Valéry, publiées en 1919 dans la Nouvelle Revue française : « L’Europe deviendra-t-elle ce qu’elle est en réalité, c’est-à-dire un petit cap du continent asiatique ? Ou bien l’Europe restera-t-elle ce qu’elle paraît, c’est-à-dire la partie précieuse de l’univers terrestre, la perle de la sphère, le cerveau d’un vaste corps ? », pour aboutir à Samuel Huntington et à son Choc des civilisations, publié initialement en 1993 dans la revue américaine Foreign Affairs.

« Quand la France s’est-elle faite culture ? » poursuit la réflexion : « Si une civilisation dominante peut se comparer à une langue à flexion, une culture dominée peut se comparer à une langue infléchie. Le français n’habite plus la France parce que Homo œconomicus, qui habite l’anglais, règne en France, avec désormais une ligne directe, et rapide, du capital au Capitole. Ce qui change à la fois la forme des villes et l’esprit des mortels. » Ce chapitre est sans doute le plus hilarant (si, si: ce livre est aussi très drôle !) : un petit olibrius, Hibernatus, quitte la France en 1960 et y revient en 2010. Le récit de son périple dans ce Paris qui a pris cinquante ans et s’est américanisé est très réussi.

Les chapitres suivants s’articulent autour de la nouvelle civilisation dominante, l’Amérique (« nouvelle Rome »), et, contrairement à ce qu’on aurait pu attendre de Régis Debray, il ne débouche pas sur une critique à outrance de la civilisation américaine, mais sur un constat de substitution d’une civilisation finissante (l’Europe) à une nouvelle dominante (l’Amérique), et conclut par une apologie des « décadences » de civilisation :

« Parce que ces moments ne sont pas seulement les plus exquis mais les plus féconds. Parvenue au meilleur de sa fermentation, une civilisation peut alors en inséminer d’autres auxquelles elle léguera tout ou partie de ses caractères originaux. Civilisation, c’est propagation. Décadence, c’est transmission, donc rebond, donc survie. Habit de deuil déconseillé. »

Ce livre a toutes les qualités d’un essai réussi : bien documenté, bien argumenté (que l’on adhère ou pas aux conclusions de l’auteur, elles ont le mérite de faire réfléchir…), il est aussi écrit avec brio, humour et légèreté. Loin des essais ennuyeux en général, et sur ce sujet en particulier, outre qu’il remet les civilisations en perspective quitte à secouer le cocotier, celui-ci est par moments quasi jubilatoire.

Eric Werner

Extraits d’une chronique publiée par Antipresse
sous le titre « D’une civilisation à l’autre »