Entre plage et métissage, Eva Joly symbole de la bien-pensance mondialiste

Entre plage et métissage, Eva Joly symbole de la bien-pensance mondialiste

17/04/2012 – 13h00
BATZ SUR MER (NOVOpress Breizh) –
Eva Joly était en Loire-Atlantique dimanche dernier. Après Batz-sur-Mer, une commune de la presqu’île guérandaise gravement touchée en 1999 par la marée noire de l’Erika, la candidate d’Europe Écologie Les Verts est allée apporter son soutien à Nantes à deux agriculteurs qui ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur expropriation liée au futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Mais celle qui a intégré dans son discours tous les codes de la bien-pensance mondialiste – tendance bobo – a bien du mal à décoller dans les sondages.

Ceinte de son écharpe tricolore, la maire (UMP) de Batz-sur-Mer Danielle Rival avait tenu à accueillir en personne la candidate des Verts, histoire de bien lui faire comprendre que « l’environnement appartient à tout le monde ». Madame Joly avait choisi de faire ce déplacement pour dénoncer le pourvoi en cassation de Total dans l’affaire de la marée noire provoquée par le naufrage de l’Erika.

Suite à cette catastrophe écologique, l’une des plus grandes que la France ait connue – 400 kms de côtes avaient été pollués – quatre responsables avaient été condamnés au plan pénal par la cour d’appel de Paris le 30 mars 2010. La société de classification Rina, le gestionnaire Antonio Pollara et l’armateur Giuseppe Savarese avaient été condamnés respectivement à 375.000 euros et deux fois 75.000 euros d’amende. Contre le groupe Total, affréteur du pétrolier, les magistrats avaient estimé que celui-ci avait commis une imprudence quant au choix du navire et avait condamné Total à une amende de 375.000 euros.

Concernant le « préjudice écologique », reconnu pour la première fois par la justice, le montant des dommages et intérêts avait été fixé à 200,5 millions d’euros, une somme légèrement supérieure à celle fixée par le tribunal correctionnel de Paris (192 millions).

Suite au pourvoi en cassation fait par Total, l’avocat général a demandé il y a quelques jours l’annulation de toute la procédure judiciaire, estimant que la justice française n’était pas compétente dans cette affaire. La Cour doit rendre sa décision le 24 mai prochain.

Il convient de rendre cette justice à Eva Joly qu’elle se montre plus diligente que son amie Dominique Voynet qui, ministre de l’Environnement à l’époque de la catastrophe, avait de prime abord refusé d’abréger ses vacances à La Réunion, déclarant qu’il ne s’agissait « pas de la catastrophe écologique du siècle ». Une désinvolture que les Bretons n’ont pas oubliée.

« Nous ne voulons pas que nos plages soient souillées, ni par la marée noire, ni par les algues vertes. Plus jamais ça ! », a-t-elle proclamé lors d’une courte promenade sur la plage, estimant à propos du pourvoi effectué par Total que « l’impunité est dévastatrice, qu’elle concerne l’élite du pays ou les multinationales ».

La candidate d’EELV est allée ensuite à Nantes s’entretenir avec les deux agriculteurs qui ont entamé une grève de la faim pour protester contre la procédure d’expropriation diligentée contre eux dans le cadre de la construction du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Elle a rappelé sa demande de moratoire pour un projet qui, selon elle, n’a pas de justification économique.

Considéré officiellement comme « non négociable » par les Verts, l’« Ayraultport » n’a cependant pas empêché la signature d’un accord électoral entre ces derniers et le PS pour les prochaines législatives. Entre les grands principes et les places à prendre, les vrais patrons d’EELV, Cécile Duflot et Vincent Placé – surnommés par André Bercoff « Les Thénardier des Verts » ( ! ) – n’ont pas hésité une seconde.

Mais la candidate Eva Joly assume volontiers toutes les contradictions – politiques et idéologiques – des Verts. Ainsi, soucieuse de défendre la biodiversité tant que celle-ci concerne les plantes ou les animaux, elle n’hésite pas à affirmer, dans une tribune publiée récemment par le think tank socialiste Terra Nova, vouloir « mettre au cœur du débat politique la France d’aujourd’hui et de demain, la France métissée ». Défendre, comme elle le prétend, l’existence des langues, des cultures et des ethnies – elle demande la mise en place de statistiques ethniques – et prôner simultanément un « métissage » généralisé de la « diversité », apparait pour le moins incohérent.

Qualifiée aimablement par Yves Cochet d’« écologiste de la dernière pluie », l’ancienne juge d’instruction espère encore faire démentir les sondages. Créditée aujourd’hui entre 1 et 3%, elle voudrait bien atteindre les 5%. Il est permis de rêver.

Retrouvez la “chanson de campagne parodique” d’Eva Joly, revisitée par la maison de disques Olga Records (www.olga-records.com).


Chansons de Campagne Olga – Eva Joly par olgarecords

Crédit photo : Antony4 via Flickr (cc), Eva Joly sur la côte bretonne, novembre 2011

Présidentielles 2012 : le décryptage de Polémia

Présidentielles 2012 : le décryptage de Polémia

[box] Article reproduit avec l’aimable autorisation de la fondation Polémia. [/box]

[box class=”info”] L’élection présidentielle du 22 avril 2012 se joue désormais à quatre : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon proposent des alternatives aux politiques actuelles ; Nicolas Sarkozy et François Hollande s’inscrivent clairement dans la continuité du mondialisme libre-échangiste mais, avec l’aide des médias, ils simulent une opposition frontale.

Voici le décryptage de Polémia.[/box]

Sarkozy : Clivons, clivons !

Le président sortant fait campagne sur « La France forte », un slogan audacieux après un quinquennat marqué par 600 milliards d’endettement supplémentaire, la perte du triple A, l’abandon du terme identité nationale, la perte du leadership en Europe, la rentrée dans l’OTAN et l’alignement de la politique étrangère sur les Etats-Unis, Israël et le Qatar. L’objectif électoral est clair : rééditer l’exploit de 2007 en siphonnant les voix du Front national au premier tour et en mobilisant la « majorité silencieuse » au deuxième tour. Le pari est risqué puisque fondé sur l’idée que les électeurs ont la mémoire-tampon du poisson rouge. Mais la stratégie est claire : accentuer les clivages et, avec l’aide des médias, scénariser avant le premier tour un duel final avec le candidat socialiste.

Le vrai bilan de Sarkozy : fausse rupture avec le politiquement correct, vraie rupture avec le modèle français (1re partie)
« The Artist ! » : la nouvelle superproduction électorale
Au secours ! Sarkozy prétend « réinventer » la France !

Marine Le Pen: la révolution bleu marine

Marine Le Pen a, elle aussi, suivi une ligne stratégique claire : la dédiabolisation. Elle a adouci son discours sur l’immigration et multiplié les propositions sur le champ économique et social, dans le cadre d’une critique globale de la mondialisation et de l’euro. Son objectif : élargir son électorat, notamment sur la gauche, sans perdre sur ses « fondamentaux ». Devra-t-elle se contenter d’un score comparable à ceux de son père ou va-t-elle capitaliser sur la situation et réussir son pari stratégique en se qualifiant pour le deuxième tour ?

Madame Le Pen expliquée par un conservateur américain
Marine Le Pen entre diabolisation, normalisation et banalisation
Mohamed Merah n’aurait pas dû avoir la nationalité française !

Hollande : « Le changement, c’est maintenant »

Le changement : un slogan que s’échangent depuis quarante ans le PS et l’UMP dans le cadre d’une « alternance » qui a de moins en moins de contenu. Hollande parviendra-t-il à convaincre l’électorat de gauche sans affoler les adversaires de droite de Sarkozy ? Et sans endormir ses partisans ? Son atout ? Tenter de rassembler les adversaires et les déçus de Sarkozy. Bref gagner le match moins par adhésion que par rejet de l’adversaire.

Meeting du Bourget : beaucoup de bruit pour une simple page de publicité
Supprimer le mot « race » de la Constitution : une démarche parfaitement orwellienne
Sarkozy et Hollande, candidats officiels du CRIF
François Hollande, en clip sauce rap américain

Mélenchon : le trotskyste gouailleur

Le trotskyste lambertiste Mélenchon assume avec gouaille la terreur révolutionnaire et le goulag (100 millions de morts, excusez du peu !). Mélenchon s’apprête à faire le plein des voix de l’extrême gauche (13% en 2002). Sur fond de contestation anticapitaliste, à grands coups de menton et avec la bienveillance des médias, Mélenchon va-t-il dépasser ce score, voire parvenir à rattraper Marine Le Pen ou bien se dégonfler le jour du vote ? En tout cas il fournira l’un des axes de campagne du deuxième tour : « Au secours le communisme revient ! »

Présidentielles 2012 : Cliver ou pasteuriser ?
La politique en noir et blanc ou Pour qui roule Jean-Luc Mélenchon ?
Cher Jean-Luc Mélenchon, et si on parlait des travailleurs?
Les trotskystes : anatomie d’un phénomène

L’abstention : en embuscade

Les abstentionnistes seront peut-être les arbitres du scrutin. Car un nombre croissant d’électeurs nourrit des doutes sur la capacité des candidats à changer le réel, en dehors de sujets anecdotiques. Reste à savoir qui en sera la principale victime : Nicolas Sarkozy, qui a beaucoup déçu ses électeurs, François Hollande, qui n’enthousiasme guère les siens, voire Marine Le Pen, qui les perturbe parfois.

Les 3 facteurs clés de notre décadence ne sont pas clairement abordés par les candidats à la présidentielle
Présidentielles 2012 : élections, piège à cons ? (édito 04/2012)
Présidentielle 2012 : le vrai débat sur l’éducation n’a pas eu lieu
Elections présidentielles 2012 : on nous propose d’élire un directeur des impôts !
« L’inquiétant oubli du monde » — « Reconstruire notre politique étrangère »

[box class=”info”] Source : Polémia.
13/04/2012 [/box]

Image : Elections présidentielles 2012

Le petit-fils de Guillaume Seznec rejoint le comité de soutien de Marine Le Pen

Le petit-fils de Guillaume Seznec rejoint le comité de soutien de Marine Le Pen

15/04/2012 – 11h00
PLOMODIERN (NOVOpress Breizh) – Le petit-fils de Guillaume Seznec, qui s’est engagé depuis de nombreuses années pour obtenir la réhabilitation de son grand-père, a annoncé aujourd’hui qu’il rejoignait le comité de soutien de Marine Le Pen
.

« A mes yeux, seule Marine, finalement, défend des valeurs républicaines qui protègent encore le peuple. C’est pourquoi je prends la décision de la soutenir dans ce combat pour la démocratie, en rejoignant son Comité de soutien », a déclaré Denis Seznec (photo) à l’AFP.

Suite à la disparition de son ami Pierre Quéméneur, conseiller général du Finistère, dont le corps n’a jamais été retrouvé, Guillaume Seznec avait été condamné en 1924 aux travaux forcés à perpétuité par la cour d’assises du Finistère pour le meurtre de ce dernier. Guillaume Seznec a toujours farouchement nié ce crime et n’a cessé, jusqu’à son décès, en 1954, de proclamer son innocence. L’affaire avait eu à l’époque un très grand retentissement en Bretagne et en France. Déporté dans les bagnes de Guyane, Guillaume Seznec bénéficia finalement d’une remise de peine en mai 1946 et rentra en France l’année suivante. Il mourut en 1954 des suites d’un accident automobile.

Depuis, ses descendants, et en particulier son petit-fils Denis Seznec, se sont toujours battus pour obtenir la réhabilitation du condamné. Ce dernier est à l’origine de la création de France Justice, association reconnue comme ONG par l’ONU. France Justice est à l’origine de la loi du 23 juin 1989 dite « loi Seznec », votée à l’unanimité par le Parlement, modifiant la procédure de révision des cas jugés par une cour d’assises. En 2006 la Cour de révision a une nouvelle fois refusé de réhabiliter Guillaume Seznec.

Proche de Gilbert Collard, Denis Seznec affirme qu’il « reste et demeure gaulliste ». Déclarant agir « à titre purement personnel » il estime que « la vraie fracture dans notre pays n’est plus, désormais, entre la droite et la gauche » mais qu’ « il y a simplement ceux qui croient en la France et ceux qui n’y croient pas ».

Crédit photo : Esby, via Wikimédia, licence CC
Les islamistes de Forsane Alizza visaient le Bloc Identitaire et Libération

Les islamistes de Forsane Alizza visaient le Bloc Identitaire et Libération

13/04/2012 – 15h00
PARIS (NOVOpress) —
Des sources policières ont révélé à Le Parisien/Aujourd’hui en France et au Figaro que les islamistes du groupe Forsane Alizza visaient les locaux du Bloc Identitaire et du journal Libération (ce dernier avait hébergé la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo après l’incendie criminel ayant détruit ses locaux en novembre dernier avant la sortie de son numéro spécial Charia Hebdo).

Rappelons que dans les jours suivants les attentats de Mohamed Merah, treize membres présumés de Forsane Alizza ont été mis en examen, et neuf d’entre eux écroués, pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste et acquisition, détention et transport d’armes. Le procureur de Paris, François Molins a indiqué que des armes dont des fusils d’assaut de type kalachnikov on été saisies lors des perquisitions.

Dans un communiqué le Bloc Identitaire fait remarquer qu’il est le seul parti politique français ciblé par cette organisation. Et en conclut que “Hommage du vice à la vertu, ces projets terroristes ont au moins le mérite d’indiquer clairement que pour les islamistes, le rempart principal à leur développement est d’abord et avant tout le mouvement identitaire.”

Image : manifestation de Forsane Alizza à Paris. Copie d’écran d’une vidéo publiée par Forsane Alizza sur le web.
Pau : Des islamistes radicaux présumés, invités au meeting de Jean-Luc Mélenchon !

Pau : Des islamistes radicaux présumés, invités au meeting de Jean-Luc Mélenchon !

12/04/12 – 18h00
PAU (NOVOpress via Infos Bordeaux) –
Dimanche prochain 15 avril, Jean-Luc Mélenchon, candidat d’extrême-gauche soutenu par le parti Communiste, effectuera à Pau l’un de ses derniers meetings précédent le premier tour de l’élection présidentielle, le 22 avril.

Le codirecteur de la campagne de l’ancien sénateur socialiste, et régional de l’étape, a décidé d’inviter pour l’occasion, Saad et Farid, les deux frères « islamistes radicaux » (selon le ministère de l’intérieur) interpellés la semaine dernière. Pour Olivier Dartigolles, leur interpellation était illégitime : « Il ne s’agit pas que d’une bavure policière mais d’une atteinte aux valeurs républicaines et d’un manquement grave à la loi ».

Le natif de Bordeaux et conseiller municipal communiste de Pau veut que l’évènement soit « festif, avec un programme métissé et surtout de la diversité » !
Tout simplement !

Crédit photo : Marie-Lan Nguyen via Wikipédia, licence CC.

Opération psychologique contre la Syrie : Quand le « shopping » de Mme Assad devient un « crime contre l'humanité »

Opération psychologique contre la Syrie : Quand le « shopping » de Mme Assad devient un « crime contre l’humanité »

[box class=”info”] Bobard, fausse nouvelle, canard, ragot, boniment, canular… tout est bon pour alimenter une guerre psychologique contre son adversaire et le dénigrer, en accompagnement de la guerre des armes. La presse a fait récemment état des mesures de rétorsion prises contre la Syrie. Ayant épuisé toutes les ressources de la guerre économique, les élites européennes s’en sont prises à l’épouse du président de la Syrie en gelant ses avoirs en Europe. Le journaliste irlandais, Finian Cunningham, correspondant du Centre de recherche sur la Mondialisation au Moyen-Orient traite ici avec humour un aspect très particulier de cette guerre psychologique menée en Syrie. On appréciera l’attitude toute digne de notre ministre des Affaires étrangères et de son homologue britannique.

Polémia [/box]

Les membres de l’Organisation de coopération de Shanghai, incluant la Russie, la Chine et l’Iran, Etat observateur, imposeront à Michelle Obama, femme du président Obama et icône de la mode, des restrictions en matière de déplacements.

Le budget annuel dans les six chiffres de Mme Obama alloué aux vêtements et accessoires de designer est perçu comme un affront à la moralité, au moment où son mari supervise des guerres d’agression à l’étranger, des meurtres de masse dans plusieurs territoires à l’aide de drones et qu’il ordonne l’assassinat d’individus tels que des scientifiques iraniens spécialisés dans le nucléaire.

Également victimes de la mode, les femmes des premiers ministres britannique et français, David Cameron et Nicolas Sarkozy, seraient elles aussi touchées par des sanctions dans plusieurs pays du Moyen-Orient et de l’Asie centrale en raison de l’appui donné par ces chefs d’État à la campagne de bombardement illégale et meurtrière menée par les États-Unis et l’OTAN en Libye.

:: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: ::

Le lecteur aura sans doute réalisé que le « reportage » ci-dessus est une parodie.

Cependant, en réalité l’Union européenne applique de telles mesures sans précédent à la femme du président syrien Bachar Al-Assad.

« L’UE flanque des sanctions à la femme d’Assad », pouvait-on lire à la une de plusieurs journaux après que le ministre européen des affaires étrangères eut interdit à Asma Assad, née en Grande-Bretagne, de voyager dans les États de l’Union. Il a par ailleurs ordonné le gel de ses avoirs personnels.

Le portrait sensationnel de la première dame syrienne de 36 ans, décrite comme, chic, glamour, voire sexy, avait pour but de présenter Mme Assad comme une ravissante idiote, insensible à la misère et à la violence incessante dans son pays.

Le Washington Post l’a surnommée la Marie-Antoinette de Syrie, affirmant qu’« alors que le bain de sang se poursuit, elle fait du shopping pour s’acheter des souliers de cristal ».

Les médias dominants ont employé les termes diffamatoires comme s’ils étaient d’ordre factuel. Or, il s’avère que le battage médiatique à propos de Mme Assad est basé sur de « précieux » courriels obtenus par le journal britannique The Guardian, révélant une prétendue correspondance privée de la famille Assad. Même le Guardian émet un avis de non-responsabilité quant à la véracité des courriels, transmis selon eux par les « opposants syriens ». Il y a de fortes chances que ces messages soient faux et aient été forgés par des groupes de services de renseignement, experts, à l’instar du MI6, dans la science occulte de la calomnie.

Le fait que des affaires aussi personnelles et banales que les présumées habitudes de shopping en ligne d’une femme deviennent un sujet ministériel de politique étrangère nourrit davantage les suspicions.

Née en Grande-Bretagne, Mme Assad aurait dilapidé plus de 40,000 euros sur des articles ménagers et de mode. A la suite des sanctions de l’UE, entrées en vigueur au cours de la fin de semaine, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a déclaré : « C’est un signe de détermination de l’Union européenne dans son ensemble, afin d’accentuer la pression, la mainmise économique et diplomatique sur ce régime. »

Entre-temps, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a commenté : « Nous avions un certain nombre d’indications – je suis certain que cela ne vous a pas échappé – de la façon dont Mme Assad utilise son argent. C’est sans doute ce qui nous a poussés à durcir les sanctions. » Les inquiétudes de M. Juppé quant à la probité financière sont particulièrement significatives, puisqu’en 2004 il a été condamné par un tribunal français à 18 mois d’emprisonnement avec sursis pour avoir « abusé des fonds publics ».

Lorsqu’un quotidien met l’accent sur un dossier louche de courriels, régurgité ensuite par tous et chacun dans les médias mainstream, incluant ceux dits de qualité, et que ce dossier suspect constitue le fondement de sanctions ministérielles de l’UE, alors il dégage l’odeur typique d’une opération psychologique (« psyops »).

Cela est d’autant plus perceptible si l’on considère que les gouvernements occidentaux et leurs médias serviles ont, pendant près d’un an, grossièrement déformé la réalité des violences et du conflit en Syrie, dans le but de déstabiliser l’alliance entre Damas et Téhéran. Le président Bachar Al-Assad a été continuellement accusé de « massacrer » son propre peuple. Pourtant, les preuves qui s’accumulent indiquent que les actions des forces de son gouvernement visent davantage à protéger la population civile de groupes terroristes armés et dirigés par les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, Israël, la Turquie et les monarchies du Golfe affiliées à Al-Qaïda.

La campagne de diabolisation du gouvernement syrien atteint désormais des sommets plutôt risibles, présentant Mme Assad comme une « insensible accro du shopping » qui doit être bannie des grandes rues de toutes les civilisations décentes et respectueuses des lois.

L’ironie de l’affaire est que ce geste dérisoire et cynique de l’Union européenne devrait en réalité s’appliquer à des criminels de guerre avérés. Il existe suffisamment de preuves pour condamner d’anciens et actuels leaders étasuniens et européens pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité relativement aux agressions militaires en Afghanistan, en Irak, en Libye et visant dorénavant l’Iran.

Des sanctions contre Michelle Obama, Samantha Cameron et Carla Bruni, basées sur des actes illégaux et criminels, ont beaucoup plus de sens.

Finian Cunningham
29/03/2012

[box class=”info”] Source : Mondialisation.ca [/box]


Article original en anglais : WESTERN PSY-OPS AGAINST SYRIA: When Mrs Assad’s « Shopping » Becomes a « Crime Against Humanity »
Traduction: Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

Photo : Le président syrien Bachar al-Assad accompagné de sa femme Asma, arrivant à Orly avant d’être reçu par le président français Nicolas Sarkozy le 12 juillet 2008. Crédit image : Ammar Abd Rabbo via Flickr, licence CC.

Election présidentielle : les jeunes votent Marine Le Pen

10/04/12 – 18h00
PARIS (NOVOpress)
– Voilà un sondage qui bouscule les idées reçues concernant le vote « nationaliste » en France ! A rebours des clichés sur la « nostalgie » et le « passéisme », c’est chez les jeunes que Marine Le Pen trouve le plus large soutien et le plus fort taux d’intentions de votes aux prochaines élections présidentielles.

Dans une France vieillissante, frileuse, encore empêtrée dans l’héritage soixanthuitard, la présidente du Front national recueille 26 % des suffrages chez les 18-24 ans et devance d’un point François Hollande (25 %). La candidate nationale gagne ainsi près de 13 points depuis la précédente étude CSA faite sur les jeunes en décembre 2011.

Un sondage somme toute logique à l’heure où les retraités et les « post-soixanthuitards » bénéficient encore d’un certain confort social et financier et se maintiennent coûte que coûte aux postes de pouvoir, alors que les jeunes générations sont confrontées de plein fouet à la violence des bandes ethniques et à la précarité économique issue du capitalisme libéral incontrôlé.

Crédit Photo : RemiJDN via Flickr (CC)

Présidentielle : Philippe Poutou, où la nostalgie du Grand Soir impossible

Présidentielle : Philippe Poutou, où la nostalgie du Grand Soir impossible

10/04/2012 – 16h15
NANTES (NOVOpress Breizh) –
Philippe Poutou, le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) était de passage à Nantes le 29 mars dernier pour présenter son programme. Seul authentique ouvrier dans cette campagne présidentielle, le successeur du très médiatique O. Besancenot a manifestement du mal à s’imposer dans la compétition, écrasé par la personnalité et les talents oratoires de celui que Marine le Pen qualifie de « triple idiot utile du système », J.L.Mélenchon.

Devant un public d’environ 200 personnes majoritairement jeunes et masculines et une présence importante de journalistes, « Thierry », représentant le MOC (Mouvement des objecteurs de croissance), ouvrit la séance en s’efforçant de démontrer « comment les riches détruisent la planète. » Le MOC s’affirme d’abord  « anticapitaliste », idée centrale de tous les intervenants de la soirée. Il préconise la décroissance avec des mesures comme la réduction du temps de travail, l’anti – productivisme,  l’arrêt total de la production d’énergie nucléaire, un revenu maximum autorisé et un revenu d’existence pour tous. Se voulant l’héritier tant du socialisme utopique que du socialisme «  scientifique », il s’affirme héritier de Gandhi et antimilitariste – il demande en particulier l’arrêt des productions d’armement comme les avions Dassault. Quelques maigres applaudissements de pure politesse concluront l’intervention.

« Claudine », pour le NPA, prendra ensuite la parole pour mettre en lumière le lien étroit existant entre le combat anticapitaliste et la lutte écologique. Selon elle, les vrais responsables des problèmes climatiques, ce sont les capitalistes et leur course au profit, illustrant son propos par un inventaire àla Prévert: la spoliation des ressources en eau et des terres, les logements tout électrique et mal isolés, l’urbanisation périphérique, les OGM, la malbouffe, les pesticides, les médicaments inutiles voire nocifs, le pétrole, le tri des déchets, le pillage des pays du sud, la publicité pour des produits inutiles …

Par opposition à cette économie, la représentante du NPA affirmera que « l’écologie, c’est le droit de décider de sa vie. » Elle exige donc  « la sortie du nucléaire en 10 ans et l’arrêt des nouveaux projets, un service public de l’énergie sous contrôle de la population et avec une gestion locale, le développement des transports en commun gratuits, l’arrêt des engrais, des pesticides, des OGM » . De façon plus concrète, elle appelle au soutien des AMAP, du micro-crédit, des échanges sans argent, avant de conclure par un « face au capitalisme, ne lâchons rien »,  qui lui vaudra des applaudissements un peu plus soutenus.

« Sandra », également pour le NPA, lui succède pour montrer les conséquences désastreuses du capitalisme en crise avec l’exemple de la Grèce. Selonelle, les mesures en cours se résument à « comment on vide les poches des travailleurs pour remplir celles des riches ». Elle dénonce le « gouvernement non élu de techniciens d’union nationale (…) qui bafoue les droits démocratiques ». Exaltant « le peuple grec qui organise la résistance, occupe les entreprises fermées », elle termine par un « vive la lutte des travailleurs grecs ! » qui déclenche un soutien plus affirmé d’une partie de la salle.

Enfin Philippe Poutou prend la parole. Commençant d’abord par rappeler avec un certain humour décalé « qu’il est candidat, que ce n’est pas un mythe » il précise que « la politique, c’est l’affaire de tous, des solidarités, de la chaleur humaine, c’est s’organiser pour changer le monde, pour la dignité populaire ». Sortant de sa torpeur, la salle applaudit cette entrée en matière.

Le successeur de Besancenot va ensuite recadrer le combat anticapitaliste du NPA  pour le féminisme avec une loi cadre sur l’égalité homme – femme et contre la violence qui leur est faite partout en citant l’exemple de DSK, pour l’écologie avec la socialisation des groupes industriels comme AREVA, EDF, TOTAL, contre le racisme et pour soutenir l’immigration -cela fera plaisir au Medef – contre l’impérialisme et l’intervention en Afghanistan et pour l’internationalisme, le soutien aux peuples du monde entier, le droit à l’autonomie y compris des DOM/TOM, des Basques, des Corses et des Bretons, contre l’urbanisation et pour protéger la campagne. Vaste programme.

Il explique que la crise, qui dure depuis 30 ans, a considérablement appauvri les travailleurs. Huit millions de personnes, dont beaucoup de jeunes et  de femmes, vivent en dessous du seuil de pauvreté. Quatre millions ont des difficultés pour se loger. Au même moment, « les riches, comme le PDG de PUBLICIS, reçoivent des salaires en hausse de 35% entre 2011 et 2010. Ils bossent sacrément dur ces gars-là, souligne P. Poutou, pour toucher autant ». Applaudissements nourris du public, qui n’apprécie manifestement pas la rémunération record que vient de percevoir Maurice Lévy.

Le candidat du NPA estime que les mesures prises par N. Sarkozy, « à la solde des capitalistes »,  sont inopérantes. Marine Le Pen, ce n’est pas une surprise, n’est pas très appréciée non plus : « politicienne professionnelle, avec ses millions, qui ose se  faire passer pour une anti-système,  qui a le culot de se dire la candidate des ouvriers ». Ennemi du protectionnisme pour la France,  P. POUTOU déclare qu’il est « pour le protectionnisme des salariés, de tous les peuples à l’échelle européenne, pour un statut unique, une Europe des peuples, une Europe sociale, contre celle des capitalistes et des banquiers« . Mais pourquoi se limiter aux frontières de l’Europe, quand on est un internationaliste convaincu ? L’orateur ne le précisera pas.

Philippe Poutou est bien entendu conscient qu’il  a peu de chances d’être élu mais, affirme-t-il,  « ce combat comprend deux manches : dégager Sarkozy et toute sa bande(…) Comme Hollande et le PS ont un programme dans la logique libérale, une austérité de gauche, la deuxième manche, dès le 7 mai, sera de reconstruire les réseaux militants , des gens qui se battent …pour nous, l’avenir c’est préparer les luttes sociales à l’image de mai 68, de l’été 36 ». Nostalgie, quand tu nous tiens…

Il terminera en réaffirmant que « les peuples de la planète ont un seul ennemi le capitalisme mondial ». Pas convaincu,  un militant lui répondra « qu’au deuxième tour il votera blanc car il en a assez de se faire avoir par les socialistes. » un avis partagé par une large partie de la salle qui applaudit le contradicteur.

Enfermé dans une thématique stérile, prisonnier d’une grille d’analyse marxiste largement obsolète, acquis à l’idéologie sommaire des ligues de vertu antiracistes, islamophile au point d’avoir présenté aux dernières régionales une femme voilée,  incapable d’analyser de façon cohérente les enjeux du siècle qui commence, le NPA apparait aujourd’hui comme le conservatoire de la nostalgie d’un Grand Soir impossible. Philippe Poutou, ou la figure de cire du musée Grévin du marxisme, tendance trotskiste.

Crédit photo : Minamonoch, licence cc

Présidentielle 2012 : le vrai débat sur l'éducation n'a pas eu lieu

Présidentielle 2012 : le vrai débat sur l’éducation n’a pas eu lieu

[box] Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia. [/box]

[box class=”info”] Sept à huit pour cent de la richesse française sont consacrés à l’éducation. Mais là n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est le rôle de l’éducation dans la transmission de la culture et donc dans la permanence de l’identité. Pourtant le débat sur l’éducation ne porte que sur les moyens – en donner davantage et/ou les rendre plus « performants » – non sur les fins ni sur ce qui est essentiel, à savoir le contenu de l’instruction et les méthodes pédagogiques. En fait, parmi les candidats à la présidentielle, tout le monde ou presque semble d’accord pour parachever l’évolution des quarante dernières années et poursuivre le remplacement de cours structurés par des activités plus ou moins ludiques. Animatrice d’un blog de réinformation scolaire, Claude Meunier-Berthelot a passé les programmes des candidats au scanner. Voici son diagnostic.

Polémia. [/box]
La « refondation » de l’institution scolaire dont Nicolas Sarkozy se fait le chantre est reprise quasiment par tous les candidats. Or, cette « refondation » s’inscrit dans la poursuite de la subversion de l’institution scolaire entamée pour l’essentiel après la Deuxième Guerre mondiale sur la base du plan Langevin-Wallon, estampillé communiste.

La fin programmée de l’école

Elle signe la fin programmée de l’école, en ce qu’elle repose sur la suppression de la transmission des savoirs par des cours – « Du passé faisons table rase ! » – pour les remplacer par des activités au cours desquelles l’enfant est censé construire son savoir, accompagné dans son projet, quel qu’il soit, par un enseignant qui n’enseigne plus. C’est ce qui est appelé « accompagnement personnalisé », « tutorat », « aide aux devoirs »… laissant ainsi supposer au public que ces dispositifs viennent dans le prolongement des cours pour en faciliter l’assimilation – ainsi que les intitulés le laissent à penser pour les besoins de la désinformation qui occulte la triste réalité – alors qu’ils sont instaurés en remplacement des cours, sans obligation de résultat. Nous ne nous trouvons donc plus dans une logique d’école mais dans une logique de lieu de vie.

Aboutissement d’un long processus

Présidentielle 2012 : le vrai débat sur l'éducation n'a pas eu lieuMais cette « refondation » n’est pas une « soucoupe volante » qui viendrait se poser de façon fortuite sur l’école et dont on ne saurait pas très bien d’où elle vient ! Elle est l’aboutissement de ce plan Langevin-Wallon dont le fil rouge s’est déroulé implacablement depuis 60 ans, bien que les dérèglements qui en ont résulté aient donné lieu à un sentiment de confusion que les syndicats ont largement contribué à susciter pour masquer les tenants et aboutissants de cette déliquescence organisée.

En effet, l’objectif clairement défini de ce plan était, en réalité, de faire disparaître l’institution scolaire en créant un corps dit « professoral » unique de la maternelle à l’université incluse et en assurant leur formation, dans la même structure, à la « pédagogie active » afin de faire réaliser des activités aux enfants de 6 à 18 ans en remplacement des cours : c’est précisément l’objet de la « refondation » actuelle de l’école mise en œuvre par Nicolas Sarkozy, dernière étape – à la suite d’une longue série – du plan Langevin-Wallon.

Alléger le programme des humanités et changer les méthodes pédagogiques

La première étape a consisté à alléger les programmes des « humanités » après la Deuxième Guerre mondiale, sans attenter cependant à l’essence même de l’institution scolaire à ce moment-là.

La subversion a réellement démarré dans les années 1950/1960, à partir du moment où a commencé à se généraliser l’usage de méthodes pédagogiques ineptes dans l’enseignement primaire, des méthodes qui ont rendu volontairement impossible d’obtenir les résultats obtenus antérieurement avec les pédagogies traditionnelles. Puis, pour masquer les dégâts causés, toutes les « barrières » ont sauté et l’institution scolaire a été bouleversée pour parvenir à entériner l’allégement des programmes induit par la baisse de niveau générée par ce chamboulement des méthodes. D’où la délivrance, de façon surmultipliée et abusive, de diplômes requérant des exigences suffisamment amoindries pour qu’elles puissent être satisfaites par des élèves rendus incapables d’un développement intellectuel aussi performant qu’avec les méthodes traditionnelles d’apprentissage.

Le camouflage méthodique de la baisse de niveau

Cette chute de niveaux a d’abord été masquée au regard des parents par le « Plus de devoirs à la maison ! » instauré en 1956, puis en faisant sauter la première barrière de l’examen d’entrée en sixième en 1960, et en instaurant les CES en 1963 en remplacement des classes de 1er cycle des lycées – fusionnés avec les CEG en 1975 pour former le « collège unique » – dans lesquels l’enseignement devenu forcément allégé – amputé d’une bonne partie des « humanités » – a été assuré par un personnel moins bien formé (instituteurs reconvertis en PEGC) d’où ont été systématiquement rejetés les professeurs titulaires d’une maîtrise avec pour motif avoué ouvertement « d’avoir trop de diplômes » : trop critiques, donc trop dangereux pour le système en décomposition !

A partir de cette période sont arrivés dans les lycées des élèves aux lacunes considérables mais… la situation était masquée par des exigences au baccalauréat de plus en plus réduites pour aboutir à l’obtention surmultipliée de « pseudo-bacs » avec des niveaux affligeants mais servant de paravents à l’effondrement des niveaux, effondrement induit dès l’école primaire par la mise en pratique de ces méthodes pédagogiques ineptes.

L’école « lieu de vie », non lieu d’instruction

Face à ce désastre éducatif, Claude Allègre, devenu alors ministre de l’Education, a affirmé de façon péremptoire : « Tout ce qui est demandé aux élèves est trop difficile », pour promouvoir, en 1999, une réforme révolutionnaire et fondamentale qui, au lieu de s’attaquer aux causes de ce désastre en revenant aux méthodes traditionnelles qui ont largement fait leurs preuves, a bouleversé totalement l’institution scolaire en la métamorphosant en lieu de vie : par le remplacement progressif de la transmission des savoirs à l’aide de cours, au profit d’activités sans obligation de résultat. C’est ce qui était prévu dès le départ dans le plan Langevin-Wallon et c’est l’objet de la « refondation » de l’école mise en œuvre au pas de charge par Nicolas Sarkozy et qu’aucun candidat – sauf Marine Le Pen – ne remet en cause.

Y a-t-il un candidat pour sauver l’école ?

Après avoir procédé à l’analyse des programmes des différents candidats à la présidence de la République, nous sommes navrés de constater que, sous des vocables différents, tous les candidats, à l’exception de Marine Le Pen, cautionnent la « refondation »-destruction en cours du système éducatif… dont l’objectif est d’en faire un lieu de vie par le remplacement des cours par des activités ; le tout masqué par des intentions et des appellations qui laissent à penser, au contraire, à une restructuration du système scolaire destinée à faire réussir tous les élèves.

Nicolas Sarkozy va donc poursuivre sa brillante carrière d’illusionniste avec des déclarations diamétralement opposées aux réalités qu’il nous a imposées et, sous couvert de faire de l’école « l’école du savoir, l’école de l’exigence, l’école du respect », il poursuivra la « refondation »-destruction de l’institution scolaire.

François Hollande, qui prétend proposer une « réforme globale du système éducatif », compte bien, en réalité, entériner les réformes en cours mais, du fait que c’est à cette ultime étape du plan Langevin-Wallon que le système éducatif « bascule » d’école en lieu de vie, il cherche à faire illusion en prétendant vouloir entreprendre une « réforme globale du système éducatif ».

Quant à François Bayrou, tout son discours traduit sa volonté de ne surtout rien bousculer de la « refondation » en cours du système éducatif tout en ayant l’air de s’en démarquer, parodiant en mineur les dispositions déjà en cours pour assurer la « refondation-révolution-destruction » de l’institution scolaire sans que cela en ait l’air…

Les candidats « périphériques » de gauche (verts ou rouges) ou de « droite-de-gauche » s’inscrivent également dans cette perspective : il y a donc concordance manifeste de politique éducative entre la gauche et la « droite-de-gauche ».

Quant au « programme » de Marine le Pen sur l’école, il peut sembler en réaction à la déliquescence profonde du système éducatif et marquer la volonté de redresser la situation catastrophique dans laquelle il s’enfonce ; mais son discours marque une connaissance insuffisante du sujet qui ne lui permet pas de déterminer et d’appliquer des moyens précis pour obtenir ce redressement.

Conjointement, tous les candidats, à l’exception de Marine Le Pen, apportent leur caution, avec utilisation de formulations plus ou moins directes, au développement des « internats d’excellence » réservés aux enfants des « banlieues » où est dispensé un enseignement de qualité avec des enseignants « triés sur le volet », enseignement refusé à nos propres enfants : tous les candidats sauf une cautionnent donc la mort de l’école pour nos enfants, et l’excellence pour les enfants des « banlieues ».

Néanmoins, Marine Le Pen ne donne pas réellement les solutions car elle ne paraît pas bien maîtriser le problème ; par contre, nous pouvons supposer que, bien conseillée, elle pourrait envisager des solutions de redressement de l’institution scolaire qui consisteraient à instaurer le principe de la liberté scolaire et l’attribution des moyens de cette liberté pour tous les enfants par un financement personnalisé assuré par l’Etat ou les collectivités locales. C’est la seule chance de restauration d’un enseignement de qualité et d’une renaissance de la France. Des écoles indépendantes ont déjà fait leurs preuves et doivent s’étendre.

Quant à nous, nous sommes atterrés que cette destruction de l’école, qui signe la destruction de la France, soit cautionnée par autant de candidats – gauche et droite confondues – qui se présentent à la magistrature suprême, parce que assassiner l’école, c’est assassiner la France.

Claude Meunier-Berthelot

[box class=”info”] Source :  Polémia – 7/04/2012 [/box]

A Nantes, Eva Joly plaide pour « l’écologie, l’Europe et la République exemplaire »

A Nantes, Eva Joly plaide pour « l’écologie, l’Europe et la République exemplaire »

07/04/2012 – 09h30
NANTES (NOVOpress Breizh) – Eva Joly était à Nantes mercredi dans le cadre de la campagne présidentielle. Plutôt bien remise de sa chute dans un escalier – mais beaucoup moins de celle dans les sondages – la candidate d’Europe Ecologie Les Verts a présenté son programme à Saint-Herblain devant un bon millier de personnes venues pour la soutenir. Un discours décalé par rapport aux ambitions très politiciennes de l’appareil de son parti, qui se veut dénué de toute démagogie, traitant intelligemment de questions essentielles, mais manifestement « hors sol », souvent contradictoire et oublieux de la diversité du monde.

Mercredi soir, aux abords de « La carrière » à Saint-Herblain, où se tenait le meeting, le parking était complet – les adeptes des déplacements en vélo ou en transport en commun étant manifestement très minoritaires – et les conducteurs des voitures en attente furent invités à se garer sur les pelouses…

Venus pour l’occasion, de nombreux responsables nationaux – Cécile Duflot, Dominique Voynet, Yves Jadot – et régionaux – R. Dantec, C. Bouchoux, François de Rugy, J.P. Magnen, M. Orphelin – occupaient les premiers rangs de la salle surchauffée – les économies d’énergie attendront – malgré une température plutôt printanière.

Chargés – si l’on ose dire – de « chauffer » la salle, ceux-ci se relayèrent pour décliner divers aspects thématiques de leurs combats : refus du centralisme et du jacobinisme, défense des droits des femmes, promotion d’une agriculture sans pesticides, mesures contre le réchauffement climatique ou encore développement de l’économie sociale à travers l’exemple de la société « Le Relais Atlantique ».

Certains voulurent marquer leur spécificité. Ainsi, Mona Bras (UDB) entama son intervention en breton – ce qui étonnement ne souleva pas l’enthousiasme de l’assistance – avant de rappeler le succès de la mobilisation du 31 mars en faveur des cultures et langues régionales. De longs applaudissements saluèrent par contre l’intervention du leader des opposants à la construction de l’aéroport de N.D. des Landes. Rappelant les trois modalités d’action de l’ACIPA – mobilisation citoyenne, action juridique, engagement politique – Julien Durand ne cacha pas la détermination de ses troupes pour obtenir satisfaction par l’action de rue et ce quel que soit le prochain Président dela République.

Célèbre dans la région pour avoir refusé d’écourter ses vacances lors de la marée noire de l’Erika (« ce n’était pas la catastrophe du siècle») alors qu’elle était ministre de l’Environnement dans le Gouvernement Jospin, Dominique Voinet affirma d’emblée que « les petits candidats avaient de grandes idées et de nobles intentions ». Se félicitant de la conversion de J.L. Mélenchon à l’écologie (?), cette politicienne avertie – elle fut deux fois candidates à la présidentielle – rappela que pour elle l’essentiel est de battre Nicolas Sarkozy.

Cécile Duflot avec Martine Aubry : dans le même train que le PS, malgré le nucléaire et N.D. des Landes

Avant de laisser la parole à la vedette de la soirée, Cécile Duflot recentra le message sur la crise qui devrait être au cœur du débat. Passant allègrement sur les accords passés avec le PS pour les prochaines législatives, la Secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts jura la main sur le cœur qu’il n’y aurait aucun compromis avec les « partenaires socialistes » sur la réalisation de l’aéroport de N.D. des Landes ou sur n’importe lequel de ce qu’elle appelle « les éléphants blancs », c’est-à-dire les investissements coûteux qu’elle juge inutiles. Est-ce cette affirmation, à la crédibilité quelque peu incertaine, qui la troubla ? Toujours est-il que la patronne des Verts se mit soudainement à bafouiller et dû mettre plus tôt que prévu un terme à son intervention.

Vint enfin l’heure d’Eva Joly. Présentée par Cécile Duflot qui usa pour l’occasion d’un bel aphorisme – « Il n’y a que deux façons de faire avec la vie, soit on la rêve, soit on l’accomplit » – la candidate 2012 des Verts fut ovationnée par un public tout acquis à sa cause.

« Qu’est ce qu’elle a ma gueule? » Rappelant avec un humour certain la question pour le moins inélégante la concernant posée dans un ancien numéro des Inrockuptibles – devenue d’actualité après sa chute – et s’appliquant pour elle-même une remarque de F. Mitterrand : « Être en accord avec soi-même, je ne connais pas meilleur bulletin de santé », la candidate attaque d’emblée, abritée derrière des lunettes noires, le « bonimenteur Nicolas Sarkozy » à qui elle n’entend pas laisser un seul jour de repos.

Avec ses trois piliers : « l’écologie, l’Europe et la République exemplaire », son projet est, selon elle, « le seul qui ne regarde pas dans le rétroviseur avec les lunettes des années 70. Il ne s’agit pas d’une simple alternance mais d’un autre chemin ». Un chemin qui entend rompre avec le modèle actuel de société à risque illimité, avec ses inégalités et sa pauvreté de masse. Eva Joly annonce que, si elle est élue, elle prendra immédiatement trois décisions à caractère écologique, ce qu’elle appelle les « trois zéros » : 0 OGM, 0 forages de gaz de schiste, 0 chantiers de nouvelles autoroutes. Concernant l’Europe, elle entend aussi négocier un nouveau traité, qu’elle baptise symboliquement « d’Athènes », pour substituer la solidarité à l’austérité.

Mélange inédit d’une conception très américaine de la politique et d’idées « hors sol » favorables à la « diversité », Eva Joly annonce qu’elle mettra enfin en route «la République exemplaire » en limitant tous les mandats à deux de 5 ans, en instaurant la proportionnelle, en supprimant le statut pénal d’exception du chef de l’Etat et en donnant le droit de vote aux immigrés non communautaires. Elle n’a par contre pas évoqué sa proposition de faire de la fête de l’Aïd-el Kébir un nouveau jour férié, ni son projet de supprimer le défilé militaire du 14 juillet.

Barrack Obama : pour Eva Joly, un modèle de lutte contre la financiarisation du monde

En martelant son leitmotiv, « quand on veut, on peut », elle affirme qu’elle s’attaquera à la domination financière en imitant l’exemple d’Obama qui a supprimé les licences des banques qui ne déclareraient pas les placements dans les paradis fiscaux des citoyens américains. L’exemple peut paraître mal choisi, quand on sait que le Président américain s’est entouré d’éminents spécialistes de la finance, pour la plupart anciens de Goldman Sachs.

Selon Eva Joly, l’écologie sera « la nouvelle frontière de l’égalité, le nouveau nom du progrès social ». Cela se traduira, entre autre, par « un droit à l’eau, un droit à un coin de nature, un droit à vivre dans un quartier tranquille. » Toutefois la candidate des Verts ne s’interroge pas sur ce qui a fait que les quartiers tranquilles d’autrefois sont devenus aujourd’hui des quartiers dits « sensibles »…

Elevant sa réflexion, elle dénonce la crise des valeurs que traduit la crise de notre société, obsédée par le « combien ça coûte? », par l’obsession de l’argent, qui a fini par la posséder, par le sacrifice de l’avenir. Eva Joly se demande ce que sera le legs fait à nos enfants. « On me reproche de dire la vérité » dit-elle, ajoutant en guise de conclusion : « je suis la candidate de l’urgence, je ne fais pas de promesses, je parle d’efforts à faire, … la démagogie est et restera pour moi une langue étrangère ».

Joli programme par certains aspects, énoncé de plus dans une langue parfaite et par une Européenne qui ne manque pas de caractère. « Madame Joly n’a qu’un seul tort, fera remarquer un auditeur, rédhibitoire pour quelqu’un qui entend protéger la nature et œuvrer pour l’avenir du monde : c’est d’ignorer – ou de feindre d’ignorer – la richesse née de la diversité des hommes et des cultures. L’humanité est plurielle et ne saurait se réduire à l’unique sans s’appauvrir dangereusement. Or le système marchand actuellement dominant, dont elle dénonce à juste titre les méfaits sur l’environnement, fait courir également – notamment par les multiples déracinements de tous ordres qu’il provoque – un danger sans précédent à l’homme, qui est avant tout un être social enraciné dans une terre, un peuple et une culture. Comment prétendre défendre l’avenir de la planète en éludant cette réalité La question est posée.

Crédit photos : European parliament, via Flickr, licence cc ; Parti socialiste,via Flickr, licence cc ; EN2008, via Flickr Licence cc
François Hollande dit non à la réunification de la Bretagne

François Hollande dit non à la réunification de la Bretagne

06/04/2012 – 19h00
RENNES (NOVOpress Breizh) –
En meeting à Rennes mercredi dernier, François Hollande avait conclu son discours par un vibrant « vive la Bretagne, vive la République, vive la France ! » Mais de quelle Bretagne parlait-il ? La réponse est donnée par le Mensuel de Rennes qui a interrogé le candidat socialiste. Le président du conseil général de la Corrèze  est partisan du statu quo.

« Je ne suis pas partisan de modifier les frontières. » a-t-il déclaré, avant d’enfoncer le clou : « Il faudrait vraiment une demande unanime de tous les élus pour essayer une procédure (sic). » Cette prise de position conservatrice semble donner raison à Ségolène Royal qui avait dit un jour à propos de son ex-compagnon : « François Hollande est un notable. Si on l’écoute c’est ‘dormez braves gens, on ne va pas changer grand-chose’ ».

Le lobby socialiste « ligérien » doit boire du petit lait. Le « Conseiller spécial » du candidat PS Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes (au premier paln sur la photo ci-dessus), Jacques Auxiette, président de la région des Pays de la Loire et Philippe Grosvalet, président du conseil général de Loire-Atlantique se sont en effet toujours déclarés résolument hostiles à la réunification. De même d’ailleurs que le maire de Rennes, Daniel Delaveau.

Cette prise de position va sans doute créer un certain malaise chez les socialistes bretons qui, comme J.-J. Urvoas, député du Finistère ou J.-Y. Le Drian, président de la région administrative Bretagne, se sont déclarés partisans du retour aux frontières de la Bretagne historique. Si l’on ajoute les déclarations tonitruantes de Jean-Luc Mélenchon à l’égard de la Bretagne et de la langue bretonne, les Bretons qui ont le cœur à gauche peuvent s’attendre à devoir avaler quelques couleuvres. Il y a des lendemains électoraux qui  risquent de s’annoncer difficiles pour certains.

Crédit photo : JMAYRAULT, via Flickr, licence cc

Les européistes veulent interdire le financement européen des eurosceptiques

Les européistes veulent interdire le financement européen des eurosceptiques

06/04/2012 – 15h30
BRUXELLES (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) – Le 29 mars, le Parlement européen a voté un texte par lequel, « il se dit inquiet du fait que les principes sur lesquels l’Union européenne est fondée, à savoir les principes de la liberté, de la démocratie, du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ainsi que de l’État de droit ne sont pas totalement respectés ».

Il est également souligné qu’une subvention du Parlement ne devrait être octroyée qu’aux partis qui respectent scrupuleusement les principes fondateurs de l’Union ainsi que la charte des droits fondamentaux. « De fait le Parlement demande par conséquent que ce règlement soit révisé en conséquence ».

Tout esprit curieux aura compris que la modification des règles conduira à la non reconnaissance de l’Alliance européenne des mouvements nationaux, regroupant neuf partis dont le Front national afin qu’elle ne puisse plus bénéficier d’un financement. Cela sur un critère idéologique.

Crédit photo : JFLogan/Wikipédia sous licence CC

Présidentielle : à Rennes Ségolène et François ont fait estrade commune

Présidentielle : à Rennes Ségolène et François ont fait estrade commune

06/04/2012 – 12h30
RENNES (NOVOpress Breizh) – Ségolène Royal était présente avant-hier soir à Rennes au meeting que tenait son ex-compagnon François Hollande. Une première depuis leur séparation. « C’est la manifestation de l’unité des socialistes », a tenu à préciser – sans rire – Pierre Moscovici, directeur de campagne du candidat du PS, en parlant de cet épisode breton digne de figurer dans la célèbre collection Arlequin. Arrêt sur une représentation (presque) parfaite de la politique-spectacle donnée mercredi soir dans la capitale bretonne par des membres éminents de l’oligarchie mondialiste.

C’était à quelques semaines du premier tour de la présidentielle de 2007. François était venu « soutenir » la candidate Ségolène à Limoges. Un soutien bien timide et plutôt du genre critique. « J’étais la cible non seulement des attaques de la droite, mais aussi de celles de mon propre camp. » Dans un entretien accordé à VSD, Ségolène Royal rappelle que, chaque fois qu’elle faisait une proposition, « deux ou trois responsables du PS prenaient la parole pour la critiquer. »

Le soir du 17 juin 2007, la rupture du couple sera officialisée. Par un communiqué laconique publié à 22 heures, qui tombera comme un couperet, Ségolène Royal annonçait : « J’ai demandé à François Hollande de quitter le domicile conjugal. » Depuis, entre les deux, les rapports sont restés plutôt distants, l’un et l’autre n’hésitant pas à se tacler au gré des évènements et des soubresauts du PS. Au choix, cela a donné : « François Hollande est un notable. Si on l’écoute c’est ‘dormez braves gens, on ne va pas changer grand-chose’ ». Ou mieux, en octobre 2011, à l’occasion des primaires socialistes : «est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu’il (François Hollande) aurait réalisée en trente ans de vie politique? Une seule? ».

Campagne 2012 oblige, tout cela est oublié. Ségolène milite aujourd’hui activement pour François. Pas gratuitement, on s’en doute. Madame Royal aimerait bien se retrouver, parait-il, au perchoir de l’Assemblée nationale. L’Hôtel de Lassay vaut bien un meeting.

Donc, avant-hier, la présidente de Poitou-Charentes avait pour mission, l’abstentionnisme semblant prospérer, d’appeler les électeurs à se rendre aux urnes le 22 avril prochain. « Aux urnes citoyens ! » a-t-elle lancé, affirmant le plus sérieusement du monde: « Il faut que ceux qui doutent, qui sont désespérés, qui sont déçus, se disent qu’ils auront la garantie d’être associés à la définition et la réalisation de la transformation de notre pays », avant de passer le relais au député de Corrèze : « Je suis l’ancienne candidate et donc je vais passer le flambeau à celui qui peut aujourd’hui l’emporter ».

Mise en scène parfaite, on a alors assisté à l’arrivée du nouveau candidat, qui a rejoint la candidate de 2007. Les photographes ont pu s’en donner – si l’on ose dire – à cœur joie. Leur mission accomplie, François s’empressera de diriger Ségolène vers la coulisse. Du people, ma non troppo. « C’est une belle réunion car Ségolène Royal est là, qui a mené une campagne courageuse et imaginative », dira-il. « Ségolène Royal est là comme symbole de l’unité qui avait manqué en 2007 mais qui est là maintenant, puissante, irréversible » ajoutera le favori des sondages. Des militantes essuient une larme.

Valérie ne quitte pas François d'une semelle...

Après la séquence people vint enfin la séquence politique. Après tout le public était venu aussi pour ça. Rien de bien nouveau. Le bilan de Sarkozy est catastrophique, rappellera Hollande. Mais ça tout le monde le sait. Par contre, si lui est élu, « celui qui n’a rien fait en trente ans » (S.R.) fera, entre autre, une réforme fiscale (« plus juste » bien sûr), renégociera le traité européen (ça risque d’être plus difficile), augmentera diverses allocations et réduira la rémunération des ministres (mesures « populistes » diront les mauvaises langues).

En politique étrangère, François Hollande annonce le retrait des troupes françaises d’Afghanistan, mais n’envisage pas une seconde que la France puisse quitter l’Otan. « Je réaffirmerai ma fermeté à l’égard de l’Iran, dont la course à l’arme atomique doit être arrêtée comme la prolifération nucléaire » précise-t-il également. Apparemment l’élève de Jacques Delors ne saurait envisager une grande politique étrangère fondée sur les seuls intérêts géopolitiques du pays. Hollande à l’Elysée, Hubert Védrine a peu de chance de retrouver le Quai d’Orsay.

Le favori des sondages n’oublie pas les mesures sociétales (pour la plus grande satisfaction des « communautés ») et les mesures politiques en faveur des étrangers (les ligues de vertu antiracistes seront comblées). Bien entendu, pas un mot sur les sujets qui fâchent : protectionnisme, insécurité, immigration, délinquance, terrorisme sont des questions exclues du champ politique socialiste, définitivement acquis à la doxa mondialiste.

Le candidat terminera son intervention par un vibrant « vive la Bretagne*, vive la République et vive la France! » avant que ne résonne la Marseillaise. Au premier rang Madame Royal et madame Trierweiler – qui ne lâche pas son François d’une semelle – se sont aimablement saluées. Même Laurent Fabius, hollandiste fraîchement converti (« Franchement, vous imaginez Hollande Président de la République? On rêve ! »), était là, sérieux comme un pape. Une bien belle réunion, on vous dit.

* On ignore quelle Bretagne a voulu saluer F. Hollande : celle de son ami Le Drian à cinq départements ou celle de son ami Ayrault à quatre départements ?

Crédit photos : Parti socialiste via Flickr Licence cc.
Présidentielles 2012 : Cliver ou pasteuriser ? Par Yvan Blot

Présidentielles 2012 : Cliver ou pasteuriser ? Par Yvan Blot

[box] Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia.[/box]

[box class=”info”] Cliver ou pasteuriser ? Rassurer ses adversaires ou mobiliser ses partisans ? Adopter une stratégie de confrontation ou préférer le compromis ? Telles sont les clés d’analyse d’Yvan Blot, à trois semaines de l’élection présidentielle du 22 avril 2012. Sarkozy et Mélenchon, qui remontent dans les sondages, bénéficieraient d’une prime au « clivage », d’autant qu’ils bénéficient de médias très complaisants. Polémia livre ce texte à la réflexion critique de ses lecteurs. Affaire à suivre…

Polémia, 30/3/2012. [/box]

La stratégie diagonale : penser aux adversaires

L’évolution des sondages montre une fois de plus que la stratégie de polarisation l’emporte sur la stratégie diagonale pour gagner une élection. La stratégie diagonale postule que pour gagner une élection un candidat doit mobiliser ses électeurs mais aussi essayer d’étendre son électorat aux dépens de l’adversaire : un candidat de droite, comme Marine Le Pen (et avant elle Chirac ou Giscard) va donc vouloir se recentrer et emprunter des thèmes à la gauch: étatisme économique ou au moins social-démocratie, laïcité militante, critique du libéralisme économique, etc.)

A gauche, il s’agit, de façon symétrique, de récupérer des électeurs du centre ou de la droite. C’est ce qu’ont fait pendant longtemps les socialistes français tant ils étaient anticommunistes. Hollande a repris cette stratégie perdante : comme il pense que le socialisme mènera la France à l’échec économique (ce qui est vrai) il prend une position centriste agrémentée de quelques réformes symboliques dites sociétales, qui ne coûtent rien aux finances publiques, comme le mariage des homosexuels ou le vote des étrangers.

La stratégie de polarisation : penser aux abstentionnistes

La stratégie de polarisation tient compte de la dynamique électorale. Il faut mobiliser ses électeurs par un discours offensif sans concession, et ce discours entraînant permet de mobiliser les abstentionnistes, d’où un élargissement réel de l’électorat.

C’est ce qu’avait su faire François Mitterrand qui avait compris qu’il fallait mobiliser toute la gauche et c’est lui qui a réussi à prendre le pouvoir. Mélenchon, sur une position très dure, proche de celle des anciens communistes, est son héritier quant à la stratégie.

A droite, Sarkozy utilisa cette stratégie « dure » lors des précédentes élections présidentielles avec succès. Aujourd’hui, il tente de refaire la même opération, mais c’est plus difficile car, pendant cinq ans au pouvoir, il a en partie succombé aux sirènes de la stratégie diagonale en voulant mordre sur la gauche (reprise de la théorie absurde de la double peine pour le renvoi des étrangers illégaux, nominations de ministres venant de la gauche comme Besson ou Kouchner, etc.)

Les résultats indiqués par les sondages ne sont nullement surprenants. Sarkozy par sa politique gouvernementale considérée, à tort ou à raison, comme trop « centriste » par ses électeurs a démarré la campagne avec de mauvais sondages. Il remonte à présent et double Hollande au premier tour (29,5% pour Sarkozy contre 28% pour Hollande – Source BVA, baromètre du 22 mars). Sarkozy reprend des points, un peu sur Bayrou et nettement sur Marine Le Pen.

Mélenchon et la lutte des classes

Mélenchon, avec son retour à la lutte des classes sans concession, fait une percée à gauche au détriment de Hollande. Ainsi, il peut espérer doubler Marine Le Pen en intention de votes (plus 5 points en un mois alors que Marine Le Pen perd deux points – Source BVA). Selon BVA (baromètre du 22 mars), Mélenchon fait 15 points, contre 13% pour Marine Le Pen et 12% pour François Bayrou. [Ces chiffres sont à interpréter avec prudence. D’autres sondages sont nettement plus favorables à Marine Le Pen qui semble avoir bénéficié de la remise au cœur du débat des questions d’immigration à la suite des attentats de Montauban et de Toulouse – Note de la rédaction.]

La tendance des courbes depuis un mois est indiscutable [au moins jusqu’à l’affaire Mohamed Merah – NDLR] : Sarkozy et Mélenchon montent, Hollande et Marine Le Pen baissent. Une fois de plus, les stratégies de « recentrage » plombent ceux qui les mettent en œuvre. Hollande n’est pas assez à gauche pour reprendre des voix à Mélenchon. Son discours n’est guère audible car il veut donner des gages à l’Union européenne et au grand tuteur américain (défense de l’Europe et du libre-échangisme).

Mélenchon joue, comme la gauche depuis toujours, sur la jalousie sociale, la haine des « riches », et donc sur la lutte des classes, et c’est payant, surtout dans le contexte culturel français marqué durablement par la Révolution française. Il peut mettre en avant la République et la laïcité : à gauche, c’est mobilisant de façon non équivoque.

Marine Le Pen et la dédiabolisation

A droite, Marine Le Pen, soucieuse de se dédiaboliser, a pris un état-major venu de la gauche (Collard, Philippot) voire du communisme (Dutheil de la Rochère). Elle a publié un livre centré sur la lutte des classes mondiales et sur la solution étatiste pour la France. Elle ne gagne rien, ce faisant, et risque de perdre lentement mais sûrement des points. La fraction plus dure de son électorat (catholiques, monarchistes, conservateurs en matière de mœurs, libéraux à la Thatcher, identitaires) peut se détourner d’elle et devenir perplexe. Elle peut essayer de se recentrer sur ses fondamentaux (insécurité, immigration) mais n’est-ce pas déjà fort tard ?

Sarkozy et l’audace verbale

Nicolas Sarkozy a repris la recette de ses précédentes présidentielles et gagne des points peu à peu par rapport à Hollande, lequel en perd au profit de Mélenchon. Cela ne suffit pas toutefois à vaincre au deuxième tour. Sarkozy, qui fut surnommé par certains (à juste titre, semble-t-il), « l’Américain » (il a fait rentrer la France dans l’OTAN), n’hésite pas à aborder des sujets qui fâchent (notamment Mme Merkel) en disant qu’il reverra les Accords de Schengen pour mieux lutter contre l’immigration : cette audace (verbale ?) est payante. Il tente de prendre des points sur Marine Le Pen sur l’insécurité et l’immigration (et aussi sur l’utilisation du référendum, très populaire chez les Français) et il est mieux positionné qu’elle (plus crédible) sur les sujets économiques et sociaux. Sortir de l’euro, cheval de bataille de Marine Le Pen, n’est absolument pas un bon thème électoral. On n’a jamais vu De Gaulle en 1958 faire campagne sur la dévaluation du franc ! Une fois au pouvoir, il l’a fait mais ce n’était pas ce thème débilitant qu’il avait choisi pour mobiliser ses électeurs.

En résumé, les bons choix stratégiques ont été faits par Sarkozy et Mélenchon et ils engrangent les résultats correspondants. Les mauvais choix qui troublent leurs électeurs ont été fait par François Hollande (qui reste économiquement correct par rapport à l’Union européenne et à la tutelle américaine) et Marine Le Pen (ultra-laïcisme, références historiques de gauche, jusqu’à Danton et Robespierre, sortie de l’euro).

Mélenchon rêve de passer devant Marine Le Pen qui avait refusé de débattre avec lui parce qu’il était un « petit » candidat ! En matière de laïcité ou d’anticapitalisme, il sera toujours plus crédible qu’elle ! Sarkozy lui, a déjà, semble-t-il, doublé Hollande au premier tour. Le deuxième tour sera serré !

Yvan Blot

[box class=”info”] Source : Polémia – 30/03/2012 [/box]

Image : Les candidats à la présidentielle François Hollande, Nicolas Dupont-Aignan, François Bayrou et Marine Le Pen assistent, le 21 mars 2012, à Montauban, à la cérémonie en hommage aux trois parachutistes tués le jeudi 15 mars.

Le maire de Toulouse et les banlieues de l’immigration : toujours plus de victimisation

Le maire de Toulouse et les banlieues de l’immigration : toujours plus de victimisation

04/03/2012 – 08h00
TOULOUSE (NOVOpress) –
Le maire de Toulouse, Pierre Cohen (Parti socialiste), a présenté le 3 avril un « manifeste pour une nouvelle politique de la Ville » afin de réduire les inégalités dans les cités multiethniques et souligner « la façon dont un certain nombre de jeunes sont exclus de la République ». Pour le maire de Toulouse (photo), dont la ville rose a été le théâtre de six des sept meurtres de Mohamed Merah, le cas de cet islamiste aux racines algériennes, « présente tous les symptômes de ce qui ne va pas dans les banlieues ».

Ainsi, selon Pierre Cohen, « il est nécessaire d’accompagner ces jeunes par tout ce qui permet l’intégration, en ce qui concerne les loisirs, la culture, le sport, et retirer tout ce qui peut les exclure ». Une approche classique du problème : toujours plus d’argent pour les banlieues de l’immigration, victimes « d’exclusion » et « d’inégalités ». Sans remettre en question l’échec du modèle multiculturel,  le lien entre immigration massive et délinquance, l’influence de l’islam dans la radicalisation de musulmans, assassins de citoyens français : Khaled Kelkal en 1995, Mohamed Merah en 2012.

Plutôt que de prendre à bras le corps ces sujets qui fâchent dans la ville martyre de l’islamisme, Pierre Cohen préfère s’attaquer à « tout ce qui est nationaliste, Front National ou autre. Je considère que réduire leur présence voire l’éradiquer, c’est important. Il y a deux moyens : par la loi et le rapport de force physique ». Une détermination à géométrie variable…

Crédit photo : Parti socialiste/Flickr sous licence CC

Jean-Luc Mélenchon : « Les pays qui vivent entre vieilles souches se rabougrissent »

03/04/2012 – 17h00
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) – Interrogé sur l’identité, le candidat du parti de gauche a t estimé que Nicolas Sarkozy ne pourrait pas être Français avec les lois qu’il a fait voter.

« Pour moi, a‑t‑il déclaré, c’est très simple, est Français celui qui a une carte d’identité française ». Et d’ajouter : « Je suis pour qu’on fasse France de tout bois. Tout gosse qui est là, élevé par nous, est le bienvenu. Les pays qui vivent entre vieilles souches se rabougrissent (sic) ».

Crédit photo : DR

Une députée autrichienne l'affirme : Mohamed Merah avait des contacts avec le milieu salafiste allemand

Une députée autrichienne l’affirme : Mohamed Merah avait des contacts avec le milieu salafiste allemand

03/04/2012 – 08h00
VIENNE (NOVOpress via OTS) — Si l’on en croit le quotidien serbe Kurir, Mohamed Merah ne se serait pas seulement radicalisé dans la zone frontalière entre Afghanistan et Pakistan par l’intermédiaire l’Al Qaïda, mais aussi en Bosnie. Selon des informations transmises par les services de renseignement d’outre-Rhin, il aurait aussi assisté des mois avant ses attentats sanglants, à des conférences islamistes organisées par la branche bosniaque de l’association salafiste allemande maintenant dissoute « Invitation au paradis » (Einladung zum Paradies).

Mohamed Merah aurait été endoctriné en Bosnie par l’association « Invitation au paradis »

Merah se serait ainsi rendu le mois dernier à Zavidovići à un exposé du prédicateur extrémiste de Brunswick Muhamed Seyfudin Ciftci. Connu également sous le nom de Abu Anes, ce dernier présidait à Mönchengladbach (Ruhr) jusqu’en mars 2011 l’association salafiste « Invitation au Paradis » surveillée de près par la Cour constitutionnelle allemande et fréquentée également par d’autres prédicateurs haineux, comme l’ancien boxeur professionnel converti à l’islam Pierre Vogel. Ciftci, ex travailleur social dans les zones de combat bosniaques, considère que la lapidation est une sanction justifiée en cas d’adultère, mais est aussi soupçonné de faire le lit du terrorisme dans son école coranique salafiste de Brunswick.

Selon la députée FPÖ Dr. Susanne Winter, cette proximité entre terrorisme algérien et salafisme n’est pas un cas isolé. « Le courant le plus dynamique de l’islam est considéré comme étant une couveuse pour terroristes potentiels. Les réseaux salafistes endoctrinent de jeunes gens sans perspectives avec une idéologie extrémiste qui débouche souvent sur la violence ». Le courant djihadiste au sein du salafisme a déjà servi il y a vingt ans de fondement idéologique à la fondation d’Al Qaïda, et il n’est pas sans raisons présenté par nos services de protection de la constitution comme « le plus grand danger menaçant l’Union européenne et l’Autriche ».

Le spécialiste allemand du proche-Orient Asian El Difraoui l’exprime pour sa part on ne peut plus clairement : « chaque salafiste n’est certes pas un terroriste », mais « la plupart de terroristes islamistes ont eu des contacts avec les salafistes ». Mohamed Merah aussi avait des contacts fréquents en Bosnie avec un groupe d’Algériens dont on pensait pourtant qu’ils avaient pour la plupart quitté le pays. Parmi eux se trouvait l’ex-commandant de la brigade bosniaque « El Mudschaheddin », Abu al’Me’alij. Les volontaires étrangers ayant pour la plupart servi dans les guerres afghanes combattaient avec le soutien d’organisations caritatives saoudiennes aux côté des troupes musulmanes bosniaques depuis 1992. Après la guerre, ils s’employèrent à faire progresser le fondamentalisme musulman dans le pays.

Les réseaux salafistes en expansion sur le territoire européen préoccupent sérieusement S. Winter : « en Autriche, on observe toujours à nouveau des efforts de recrutement de la part de salafistes ultra conservateurs, comme récemment encore à Linz et Graz. Le Ministère de l’intérieur de Johanna Mikl-Leitner [ÖVP, parti chrétien démocrate conservateur] laisse les prédicateurs haineux faire leur œuvre ne toute quiétude. Les germes du terrorisme peuvent se répandre avec succès. C’est pour cette raison que je demande une fois de plus une interdiction d’entrée sur le territoire pour des provocateurs ou des prédicateurs haineux venant de l’étranger » conclue S. Winter.

Plan national d'action contre le racisme et l'antisémitisme : un totalitarisme poisseux

Plan national d’action contre le racisme et l’antisémitisme : un totalitarisme poisseux

[box] Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia. [/box]

[box class=”info”] Les tueries (islamistes) de Toulouse et Montauban ont débouché sur un festival de bobards et d’intoxication « antiraciste », dans l’esprit de ce qui s’était passé à la suite des attentats contre la synagogue de la rue Copernic et de la rue des Rosiers : un phénomène sans surprise, quelques jours après la publication par le gouvernement de son plan d’action contre le racisme et l’antisémitisme pour les années 2012-2014.
Pierre Milloz analyse ce plan pour Polémia. [/box]

Le gouvernement vient de publier son Plan d’action contre le racisme et l’antisémitisme pour les années 2012-2014.

Comme on pouvait s’y attendre, il expose l’idéologie dominante, celle dans laquelle baignent les médias de l’oligarchie, celle des gouvernements et de la plupart des partis politiques.

Limiter la liberté d’expression au nom de l’antiracisme

Alors que l’opinion publique conteste de plus en plus la passivité des gouvernements face à un courant migratoire qui menace de submerger la nation, le Plan a pour objet de combattre cette contestation en invoquant les principes universalistes et en la qualifiant de « raciste ». Pour autant, il prétend en l’espèce n’avoir nulle intention de limiter la liberté d’expression. Il fait seulement valoir que celle-ci n’est garantie par la loi de 1881 que dans le respect de l’ordre public. Or, dit-il (page 9), l’extériorisation du racisme est attentatoire à l’ordre public, donc la liberté d’expression n’est pas menacée. (Il suffisait d’y penser.) Merci Orwell !

Orienter la répression vers la population majoritaire

Le Plan porte donc évidemment un jugement extrêmement favorable sur cette immigration : « L’apport des populations étrangères a constitué une chance pour la France », dit-il (p. 91), et, comme dans tous les régimes totalitaires à pensée unique, il entend en persuader les enfants : « Les programmes d’histoire doivent permettre aux enfants de le comprendre. » Cette chance pour la France se manifeste de diverses manières.

D’abord, les immigrés ne sont pas racistes (ce qui implicitement oriente la répression vers ce que le Plan appelle la population majoritaire – 76% du total) : « Il faut noter l’émergence récente de quelques cas de racisme dirigés contre des Blancs, mais cela reste pour l’instant relativement rare » (p. 53). Apparemment le ministre de l’Intérieur n’a pas eu connaissance de cet incident que son collègue chargé de l’immigration dénonçait en mars 2011 : « Quand, après le match de football Algérie-Egypte où la France n’est même pas concernée, 20.000 jeunes Marseillais, étrangers, français d’origine étrangère vont sur la Canebière brûler les drapeaux français, n’est-ce pas l’indice d’une difficulté ? » Mais le ministre de l’Intérieur est pardonnable, tant il est vrai que cet incident est passé relativement inaperçu, les médias n’ayant pas jugé bon de s’appesantir sur lui. Mais rien n’interdit d’imaginer le retentissement qu’aurait eu un incident au cours duquel 20.000 jeunes Français, d’origine française, seraient allés sur les Champs-Elysées brûler les drapeaux algériens…

Promouvoir la diversité à l’école : une démarche totalitaire ?

Echappant donc au reproche éventuel de racisme, les immigrés confirment qu’ils sont une chance culturelle pour la France. Cet atout offert à notre pays résulte aussi de leur effort incessant et inlassable pour la France : « les artistes, les écrivains, mais aussi les citoyens venus d’ailleurs ne cessent d’enrichir le patrimoine culturel de la France » (p. 99). N’est-il pas indiqué dès lors que l’on se tourne à nouveau vers les enfants pour les en persuader et seuls les esprits pervers feront à nouveau le rapprochement avec la propagande des régimes totalitaires dans les établissements scolaires : « la diversité à l’école » figure au programme national de pilotage qui « permettra de mieux prendre en compte la diversité » (p. 28).

Aider les étrangers même en situation irrégulière

En conséquence, les immigrés doivent être accueillis et aidés et, indépendamment des mesures nationales en leur faveur, on peut noter que le Plan rappelle (p. 85) que les étrangers même en situation irrégulière ont un droit à l’hébergement, qu’apparemment ils peuvent faire valoir en saisissant une commission de médiation (mais dans ce cas on distingue mal les conséquences sur leur présence en France. Peut-être l’obtention d’un hébergement vaut-elle titre de séjour ?).

La « diversité » contre l’assimilation

Les notations qui précèdent ont présenté l’attitude générale de bienveillance du ministre de l’Intérieur dans ce Plan. Cette attitude conduit à un paradoxe évident : d’une part, conformément à la doctrine officielle, le document insiste sur l’unicité du peuple français et le refus des communautés intermédiaires et, d’autre part, ne préconisant pas l’assimilation des étrangers, il entend « promouvoir la diversité ». Et de fait la défense et la promotion des diversités au sein de la nation française forment le leitmotiv du Plan, en réponse aux contempteurs de celles-ci, accusés de racisme.

Les caractéristiques de la population autochtone n’intéressent personne

En contrepoint on ne trouvera pas dans tout le document les mots : traditions françaises, population française, ethnie française, Français d’origine ou de souche. Bien sûr, on peut objecter que là n’est pas le sujet du Plan : pourtant, puisqu’il s’agit de populations étrangères dont il faut protéger les caractéristiques, ne serait-il pas normal que le document se préoccupât en même temps des caractéristiques des populations autochtones, celles qui reçoivent ? Il n’en fait rien, bien sûr.

Le défenseur des droits : des pouvoirs accrus par rapport à la HALDE

Telle est la tonalité du Plan. Si on en vient maintenant aux mesures, on notera que le document fait un rappel de toutes les décisions déjà prises dans le passé et propose pour les trois années à venir diverses mesures nouvelles dont la principale est la nomination d’un défenseur des droits. Ce haut fonctionnaire aura la charge d’ensemble du dossier et sera donc appelé, d’une part, à revigorer certaines des mesures existantes et, d’autre part, à mettre en œuvre quelques autres, qui intéressent surtout les domaines de l’interdiction et de la répression, sujets auxquels on va venir maintenant.

En la matière, les pouvoirs publics s’autorisent toutes sortes de facilités et d’approximations, dont la description suscitera nombre d’observations critiques.

La Constitution en son article 1 est invoquée à l’appui de l’idée selon laquelle les habitants du territoire français ne peuvent faire l’objet que d’un traitement uniforme. C’est à tort : il est exact que la Constitution « assure l’égalité devant la loi sans distinction d’origine, de race ou de religion », mais elle réserve cette prescription aux seuls citoyens, c’est-à-dire aux nationaux, et, contrairement à ce que prétend abusivement le Plan (p. 7), elle n’interdit nullement un traitement différencié des étrangers. Elle l’autorise même par sa rédaction.

Les pouvoirs exorbitants et liberticides du… défenseur des droits

Des pouvoirs exorbitants sont conférés à une nouvelle institution : le défenseur des droits. Ce haut fonctionnaire peut procéder à des vérifications sur place (le document ne prononce pas le mot de perquisition…) et à des visites inopinées, sous le contrôle du juge des libertés, il est vrai (p. 32). Il a le pouvoir d’enjoindre à une administration ou à « l’organisme en cause » (sa compétence s’étend donc au-delà de la sphère publique, tout comme celle d’un service de police) de réformer une décision (mais aucun service de police ne dispose d’un tel pouvoir !) (p. 33).

Si le cas dont le défenseur des droits saisit « l’organisme en cause » est de nature à justifier des poursuites disciplinaires et si celles-ci ne sont pas engagées, ledit organisme doit justifier son abstention auprès du défenseur. Là encore on rencontre une disposition extraordinaire qui limite de fait la liberté d’une autorité privée d’exercer ou de ne pas exercer son pouvoir disciplinaire (p. 33).

Une nouvelle dialectique de la preuve : à l’innocent de prouver qu’il l’est !

D’autres règles juridiques habituelles sont « adaptées » à la matière. Sauf en matière pénale, lorsque des faits laissent supposer qu’un acte discriminatoire (et pas seulement de nature raciste) a été commis, l’autorité qui s’en inquiète n’a pas à faire la preuve de l’infraction : c’est au suspect qu’il appartient de prouver son innocence ! Le Plan qualifie pudiquement cette innovation de « nouvelle dialectique de la preuve » (p. 8) !!!

La répression de ce genre de délit mérite une attention toute spéciale. Elle doit s’exercer dans la presse, les films, les objets et insignes. Les préfets doivent renforcer leur collaboration avec les « associations engagées », avec les directeurs d’école (« pour prévenir et sanctionner dans les établissements et leurs abords »). Des magistrats « référents » en la matière sont institués au sein du parquet, comme une centaine de « référents sûreté » sont formés au sein de la police et de la gendarmerie.

Favoriser la dénonciation : « La République récompense les dénonciateurs » (1793)

Le Plan, en effet, regrette la « difficulté récurrente de faire émerger des plaintes » et en conséquence il consacre un paragraphe entier (4.2.2) à « Favoriser l’émergence des plaintes ». Dans cet esprit, des conventions ont été passées (on n’en connaît pas le coût) avec des associations comme la LICRA et SOS-Racisme dont le rôle est notamment de « contribuer à la dénonciation des faits les plus graves ». Par ailleurs, « des cellules de veille ont été mises en place destinées à trouver les moyens de permettre aux victimes de discrimination de porter plainte ». Autrement dit, la dénonciation devient l’un des moteurs de la répression et l’appel aux associations engagées et à la délation pourrait ouvrir une période la plus sombre de notre histoire.

LICRA, SOS-Racisme : un soutien financier justifié !

De façon générale, la contribution des associations « justifie », selon le Plan, « le soutien financier qui leur est apporté par l’Etat et les collectivités territoriales ». Le contribuable, toujours inquiet, aimerait connaître le coût de ce soutien, et il est d’autant plus inquiet que le Plan parle du « foisonnement des initiatives associatives »… (p. 36). Mais on ne le lui dira point.

Il s’inquiétera aussi, mais cette fois en tant que citoyen, de voir ces associations, de droit purement privé, chargées de mission de service public qu’à première vue on verrait plutôt assurées par l’administration. Il n’est pas normal, par exemple, que la LICRA soit chargée de contribuer à la formation des gendarmes et des policiers (!) (p. 38) ou qu’un établissement public comme l’ACSE (Agence pour la cohésion sociale et l’égalité des chances) « soutienne les services juridiques des associations LICRA, SOS-Racisme, MRAP, LDH » (p. 35) dont le plan donne une liste impressionnante des activités, y incluse la « capitalisation » (?).

La lutte dite « antiraciste » n’a pas à souffrir des restrictions budgétaires

La lutte dite antiraciste n’a pas à souffrir des restrictions budgétaires. Y participent, pour le seul échelon central, sept comités, un haut conseil, un défenseur des droits, deux délégués interministériels, un délégué ministériel, un secrétariat général, une agence, deux offices et quatre observatoires. Cette énumération à la Prévert pourrait passer pour bouffonne. Pourtant elle ne fait que récapituler l’effort du gouvernement pour résoudre ce qu’il semble considérer comme le problème majeur de la France dans la compétition internationale actuelle : dans un tel cas, pour lui l’argent ne compte pas.

Il faut ajouter à l’énumération ci-dessus un nombre indéterminé d’observatoires régionaux de la jeunesse et des sports et les COPEC. Les COPEC sont des commissions départementales pour la promotion de l’égalité des chances et la citoyenneté. Elles bénéficient de soins particuliers puisqu’elles ont non pas un mais trois présidents : le préfet, l’inspecteur d’académie et le procureur. Dans chaque département elles coordonnent l’action de la lutte antiraciste. Il convient aussi de mentionner que l’un des offices cités plus haut dispose de 29 directions territoriales et de 12 délégations (p. 25).

Les statistiques sur le racisme mobilisent 800 policiers

Enfin, il n’est pas possible de passer sous silence l’effort financier qu’a consenti l’administration de la police pour avoir une connaissance statistique précise des discriminations. Il est apparu en effet que dans de nombreuses affaires pénales le motif raciste pouvait exister et n’avoir pas été pris en compte. Aussi a-t-il paru nécessaire de reprendre toutes ces procédures une à une par un traitement manuel, pour mieux qualifier les faits : à cette tâche, ce sont « environ 800 fonctionnaires de police qui ont été formés dans les services statistiques de terrain » (p. 40). Il y aura comme toujours (mais comment l’éviter ?) des malveillants pour avancer que tous ces policiers auraient mieux été utilisés pour le maintien de l’ordre dans certaines banlieues.

Toutes ces notations auront à plusieurs reprises inquiété le lecteur, curieux de connaître le coût de toutes les opérations dont le présent compte rendu n’évoque que les parties les plus caractéristiques. Sa curiosité malheureusement ne sera pas satisfaite car, arrivé à la dernière page du Plan, il apprend – hélas ! – que « l’Etat ne dispose pas des outils lui permettant d’évaluer l’ampleur de son engagement financier dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme ».

Une vision totalitaire

C’est là une constatation extrêmement regrettable dans les circonstances actuelles. Pourtant, l’impression générale qu’on tire de la lecture du document conduit à une conclusion encore plus regrettable : celle qu’on a affaire à une vision totalitaire : une vision où la surveillance de la population par une multitude d’organes et l’érection de la délation comme un moyen de gouvernement sont caractéristiques d’un totalitarisme poisseux.

Pierre Milloz

 

L’intégralité du Plan en PDF cliquer ici
et
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_la_une/toute_l_actualite/ministere/plan-national-d-action-contre-racisme

Voir aussi les articles de Polémia :

« Le cosmopolitisme ou la France » de Pierre Milloz
Silence ! En France on étouffe les libertés (édito 02/2012)
Evolution des libertés en France : Cent restrictions en quarante ans (reprise de l’article paru le 01/12/07)
Rompre avec l’antiracisme, « communisme du XXIe siècle

[box class=”info”] Source : Polémia – 28/03/2012[/box]

Image : placard du Plan