Esther Benbassa, icône de la gauche bienpensante, au cœur d’accusations de harcèlement par ses collaborateurs

Thaïs d’Escufon – Stop aux héros-victimes ! [vidéo]

Thaïs d’Escufon

08/07/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Ceux qu’on qualifie de « héros », à savoir les hommes que notre société établit comme des figures de référence universelles ont considérablement changé de profil au fur et à mesure du temps.

Si ces individus sont supposés incarner des modèles quasi indépassables, alors on peut se demander légitimement si l’analyse de ceux-ci ne serait pas une grille de lecture pertinente de l’époque dans laquelle nous vivons.

Et c’est ce à quoi Thaïs d’Escufon souhaite vous faire réfléchir dans cette vidéo : Qu’est-ce que le choix de ces héros traduit de notre société et de ce qu’elle souhaite exalter.


Xavier Bertrand réclame l’extension du Pass Sanitaire partout. Plus de « restaurants, cafés, cinémas, etc. » pour les non-vaccinés covid !

La candidature Zemmour au cœur de la bataille des droites

Éric Zemmour

La perspective d’une candidature présidentielle d’Éric Zemmour que nous évoquions dans un précédent article, est aujourd’hui une quasi-certitude, du moins dans l’intention. Cette candidature et ses conséquences doivent être prises au sérieux, surtout au regard des résultats des Régionales, qui esquissent les possibles recompositions à venir. Il serait cependant prématuré de tirer des leçons définitives de la dernière séquence électorale. Le paysage bouge, mais il est loin d’être stabilisé sur des bases bien délimitées.

La présidentielle n’est pas jouée

La lourde défaite de LREM et la sévère contreperformance du RN n’ont pas anéanti le scénario d’un deuxième tour Macron/Le Pen, même si la droite retrouve une certaine vigueur pour pouvoir rêver à nouveau à une qualification. À droite, Xavier Bertrand a pris une longueur d’avance comme candidat naturel de sa famille politique, mais il est encore loin d’avoir assuré sa place pour un deuxième tour, et sa déclaration intempestive au soir du premier tour des Régionales sur le fait qu’il n’avait « qu’un seul ennemi, le FN » peut lui couter ses chances de qualification en finale ! Le grand écart idéologique de la droite qui se dit « républicaine », n’est plus durable, et, par cette phrase, Xavier Bertrand a clairement signifié sa compatibilité idéologique avec le système Macron, alors qu’une part significative de l’électorat de droite rejette la Macronie.
Un sondage récent Harris Interactive montre que de nombreux électeurs de Fillon en 2017 se disent prêt à voter Le Pen. Par ailleurs, constate Jean-Daniel Lévy, directeur délégué d’Harris Interactive, 28% des électeurs de LR disent pouvoir voter pour Éric Zemmour. Autrement dit, une nouvelle offre de droite, forte et assumée, pourrait bien réduire le réservoir électoral de la droite « classique » ; ses palinodies idéologiques laissant ouvert un espace béant sur son flanc droit. C’est là que la candidature d’Éric Zemmour prend toute sa dimension.

La tentation Zemmour touche d’abord la droite LR

Comme nous l’avions écrit, le premier effet de la candidature Zemmour impacte prioritairement l’électorat de LR, ce que confirmait un sondage du média Livre Noir : en l’état, c’est l’électorat de droite pour 14%, et non celui du RN (6%) qui se dit prêt à voter pour Éric Zemmour. Toutefois, comme nous l’avons signalé plus haut, rien n’est acquis dans un paysage instable, puisque, toujours selon l’enquête de Livre Noir, 48% des sympathisants du RN déclarent qu’ils pourraient voter Zemmour, contre 21% pour ceux de la droite. En clair, a court terme, la candidature de Zemmour affaiblit plus la droite que le RN, mais, potentiellement, l’espace de Marine Le Pen apparait plus fragile. Cette dernière va être placée sous la pression de la concurrence des programmes et de l’évaluation comparée des performances des candidats. La candidature d’Éric Zemmour remet en cause le statut de Marine Le Pen de candidat naturel de la droite contestatrice.

Toutefois, même si la droite acquise au système tente de se rassurer à bon compte sur sa victoire très relative des Régionales, elle va également être soumise à la menace d’une candidature concurrente. Programme contre programme, Éric Zemmour, dont les talents de polémiste sont connus et reconnus dans les débats sociétaux, peut surprendre l’opinion publique par la qualité d’un programme économique porté par des personnalités indiscutables. Un électorat conservateur de droite, déjà séduit par son discours politique, peut basculer s’il est rassuré par la qualité « raisonnable » d’un programme économique soutenu par des autorités « qualifiées » ; ce que Marine Le Pen n’a jamais réussi à réaliser. L’électorat conservateur de droite potentiellement mobile, qui jusque-là s’est toujours tenu à distance du vote FN, se présente comme la clé essentielle du scrutin de 2022. Les 5 à 10% du corps électoral que représente cette famille sociologique détermineront le choix du candidat de droite qui se qualifiera pour le second tour. La bataille de la droite s’annonce comme l’enjeu capital de l’élection, et la candidature d’Éric Zemmour devient, n’en doutons pas, un élément déterminant de cette confrontation historique !

Didier Beauregard

Tribune reprise de Polémia

Greenpeace ou Génération identitaire : les deux justices, par Francis Bergeron

justice generation identitaire

En février 2020, 26 militants de Greenpeace avaient envahi la centrale nucléaire de Tricastin. C’était une violation de propriété et un risque pour les installations et le personnel de la centrale. L’affaire est jugée en ce moment et le procureur réclame… la clémence des juges. Pour les identitaires qui avaient déployé une banderole dans les Pyrénées et les Alpes, le procureur avait réclamé la plus extrême rigueur. Deux procureurs ou deux justices ?

Le 21 février 2020 un commando composé de 34 militants d’extrême gauche avait attaqué la centrale de Tricastin, située dans la Drôme. Vingt-six d’entre eux avaient réussi à y pénétrer : ils avaient découpé la grille d’enceinte, tandis que huit autres manifestaient devant l’entrée pour détourner l’attention des gardes. Leur procès avait lieu cette semaine. Une telle opération pose de graves questions : d’abord celle de la sécurité de ces centrales. Les militants de Greenpeace auraient pu être des terroristes islamistes. On imagine sans peine ce qui aurait pu alors advenir.

Un jugement sévère, pour l’exemple, était attendu car il y avait eu violation de propriété, destruction de biens, menaces sur le personnel. Un jugement indulgent risquait au contraire de favoriser la multiplication de ce genre d’opérations. Greenpeace s’en est d’ailleurs fait une spécialité. Ses militants s’étaient précédemment attaqués (octobre 2017) à la centrale de Cattenom en Moselle. Avec des actions à répétition de ce type, c’en serait fini, de fait, de l’exploitation de notre parc nucléaire, le personnel étant littéralement empêché de travailler du fait de ces activistes. Pire que cela, on peut imaginer que des groupes terroristes se faisant passer pour des militants de Greenpeace s’introduisent de la même façon dans des centrales.

Pour toutes ces considérations, quand le procureur Michel Coste a pris la parole, et annoncé que ses propos risquaient d’être déplaisants, tout le monde a pensé qu’il allait réclamer de la prison ferme à l’égard des membres du commando.

A la surprise générale, le procureur s’est lancé dans un virulent discours militant… contre la victime, en l’occurrence EDF. Incroyable retournement de situation !

Son intervention a consisté à stigmatiser l’industrie nucléaire. Il a évoqué l’échec industriel de Flamanville, les catastrophes nucléaires du passé (Tchernobyl, etc.). Pour lui, les sites nucléaires « représentent tous un danger ». Ce discours politique, ce discours militant, est une première, émanant du procureur, censé faire appliquer les lois en vigueur, non le programme politique d’une fraction de l’extrême gauche.

Le représentant de l’Etat a donc officiellement demandé l’indulgence pour les accusés, tandis que la défense de ces mêmes accusés demandait une relaxe générale du commando.

Au même moment, le parquet de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) réclamait quatre mois de prison avec sursis contre la militante identitaire Thaïs d’Escufon, pour avoir critiqué l’immigration clandestine (qui est toujours interdite par la loi, même si la loi n’est plus appliquée) dans une vidéo. La décision est attendue au 9 septembre.

Le procureur est en principe la voix de la puissance publique, et nous en avons là une démonstration remarquable, avec cette pratique du « en même temps ». Il aurait été plus simple de citer La Fontaine : « Selon que vous serez puissant ou misérable… » disait-il déjà au XVIIe siècle.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 2 juillet 2021

Congrès du Rassemblement national : Marine Le Pen rêve de transformer ce qu’elle perçoit comme une «victoire idéologique en victoire politique»

L’arrêt du Conseil d’État concernant la dissolution de Génération Identitaire est tombé !

03/07/2021 – FRANCE (NOVOpress)
L’arrêt du Conseil d’État concernant la dissolution de Génération Identitaire est tombé.

Voici la réaction de Thaïs d’Escufon :

La décision prise en Conseil des Ministres au mois de mars 2021 est confirmée et DÉFINITIVE.

La dimension purement politique est d’ailleurs évidente : dans son arrêt, le Conseil d’État abandonne l’accusation ridicule de “constitution de milice” (qui s’appuyait sur… des cours de boxe lors de notre Université d’Été). Il ne reste donc plus que le motif “d’appel à la haine”, notion volontairement floue et permettant tous les abus de pouvoir.

Cette volonté évidente de bâillonner notre jeunesse est scandaleuse, alors même que le XXIe siècle va être celui de tous les périls pour les Européens.

Mais vous savez que pouvez compter sur moi. La répression ne me fera jamais taire.

L’enjeu est trop immense, puisqu’il ne s’agit ni plus ni moins que de la survie de notre peuple.

Le combat continue dès maintenant.

L’effarante bêtise d’un système, par Maxime Tandonnet

Macron anarcho-tyrannie

La France politique, sauf imprévu, semble se diriger en toute normalité vers la réélection de l’occupant de l’Elysée puis sans doute de sa majorité En Marche – ou quelque chose d’équivalent. C’est ce que disent les sondages en tout cas.
Plus rien d’autre n’existe. Le bilan d’un quinquennat, le pire de l’histoire de la Ve République, a disparu des écrans radars: dette publique à 120%, chômage monstrueux (4 à 6 millions), pauvreté, vertigineux effondrement scolaire, explosion de l’insécurité, crise migratoire, suspension des libertés publiques, Gilets jaunes, un an de gestion chaotique de l’épidémie, etc. Peu importe désormais.

Tout s’efface derrière le Grand-Guignol médiatique et l’enfumage quotidien. L’unanimisme des grands médias radio-télé qui façonnent l’opinion fait froid dans le dos. L’aveuglement et la bêtise ambiante triomphent. Le débat d’idées ou de projet est mort étranglé par le conformisme. Un grand bêlement médiatique national couvre les voix discordantes. Le culte d’un gourou national ou sauveur providentiel permanent – digne des heures les plus sombres – efface toute velléité d’esprit critique et de réflexion.

Dans n’importe quelle démocratie, le besoin d’alternance (qui s’est exprimé lors des municipales et des régionales) se traduirait par l’élection d’une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale et la désignation d’un gouvernement d’alternance. Chez nous, c’est impossible. Le verrouillage par le système élyséen, le conformisme des médias radio-télé et l’extension de la crétinerie touche à son paroxysme.

Dans un climat largement consensuel, conjuguant l’indifférence, la soumission et l’abêtissement général, le pays servile, décervelé et soumis se prépare à reconduire son gourou élyséen dans une logique de néant destructeur. Rien de plus, rien de moins.

Peut-on espérer dans les dix mois un réveil, un mouvement d’humeur ou de révolte, un éclair de lucidité collectif, un sursaut d’intelligence? Possible. Mais pas sûr du tout.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Algérie : le « Système » touché en plein cœur de sa pseudo « légitimité » historique, par Bernard Lugan

Nouredine Aït Hamouda

Une furieuse polémique divise actuellement l’Algérie. Elle est d’autant plus vive qu’elle a fait remonter à la surface l’artificialité de la nation algérienne et l’opposition entre la berbérité et l’arabo-islamisme. Et cela, à travers la mise en lumière du coup d’Etat par lequel, en 1962 les « planqués »[1] de l’ALN (Armée de libération nationale) ont évincé les combattants de l’intérieur.

Tout est parti des déclarations de Noureddine Aït Hamouda à une chaîne de télévision privée au sujet d’Abd el-Kader, de Messali Hadj, de Ben Bella, ainsi que des présidents Boumediene et Bouteflika qu’il qualifia de « traîtres ». Ce faisant, Amrane (dit Nouredine) Aït Hamouda, ancien député du parti kabyle RCD (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie), fils du colonel Amirouche Aït Hamouda, chef emblématique du maquis kabyle de la willaya III, tué au combat le 29 mars 1959, visait le cœur même du « Système » algérien à travers son histoire fabriquée. La réaction de ce dernier a été immédiate : Noureddine Aït Hamouda a été jeté en prison…

En 2008, Nouredine Aït Hamouda avait déjà provoqué un tumulte quand il avait dénoncé les faux moudjahidine légitimés par l’ONM (Office national des Moujahidine, le Ministère des anciens combattants), socle du « Système » algérien dont la « légitimité » repose sur le mythe de 1,5 million de morts de la guerre d’indépendance, chiffre surréaliste permettant de justifier ces deux millions de porteurs de la carte de moudjahidine et d’ayants-droit qui forment sa clientèle. Pour le « Système », la dénonciation des faux moudjahidine représentait donc déjà un danger mortel. Or, l’actuelle polémique est encore plus dangereuse pour ceux qui dirigent et qui pillent l’Algérie depuis 1962 car, ceux que Noureddine Aït Hamouda accuse de « traitrise » sont les chefs de la tendance arabo-islamiste du courant nationaliste algérien actuellement au pouvoir.
Je laisse de côté le cas historique de l’émir Abd el-Kader qui sera traité dans le numéro de juillet de l’Afrique Réelle, pour m’en tenir aux accusations portées par Nouredine Aït Hamouda contre des personnages contemporains.

Un retour en arrière s’impose. Dès le lendemain du second conflit mondial, la question berbère divisa le courant nationaliste algérien. En 1948, dans son appel à l’ONU, le PPA/MTLD (Parti du peuple algérien-Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) dirigé par Messali Hadj, inscrivit la phrase suivante : « La nation algérienne, arabe et musulmane existe depuis le VIIe siècle », ce qui provoqua la fureur de la composante kabyle du mouvement.
Puis, en 1949, au sein du PPA-MTLD, éclata la « crise berbériste » qui opposa les Kabyles voulant faire reconnaître la « berbérité » comme partie intégrante du nationalisme algérien, à la direction arabo-islamique du mouvement laquelle s’y opposait farouchement. Ce fut alors que fut posée la question de l’identité algérienne : est-elle exclusivement arabo-islamique ou berbère et arabo-islamique ? (Voir à ce sujet mon livre Algérie l’histoire à l’endroit).
Pour la direction du mouvement et pour Messali Hadj, arabisme et islamisme étaient les éléments constitutifs sans lesquels l’Algérie algérienne ne pourrait pas faire « coaguler » des populations qui n’avaient jamais formé un tout commun. Tout était donc clair : l’Algérie était une composante de la nation arabe, sa religion était l’islam et le berbérisme un moyen pour le colonisateur de diviser les Algériens.

Les berbéristes furent donc écartés de la direction du PPA/MTLD, et ce fut alors que le Kabyle Hocine Aït-Ahmed perdit la direction de l’OS (Organisation Spéciale) au profit de l’Arabe Ben Bella.
L’opposition entre berbéristes et arabo-islamistes se prolongea durant toute la guerre d’indépendance algérienne qui, sur le terrain, fut essentiellement menée par des Berbères dont les chefs étaient Abane Ramdane, Amirouche Aït Hamouda, Krim Belkacem ou Hocine Aït Hamed, etc. Or, les dirigeants du FLN, notamment Ben Bella, Boussouf, Bentobbal, Boumediene et Bouteflika, qui se réclamaient de la ligne arabo-islamique, même quand à l’image de Boumediene, ils n’étaient pas Arabes, firent tout pour marginaliser les chefs politiques et militaires kabyles à leurs yeux suspects de berbérisme. La liquidation physique d’Abane Ramdane et la mort d’Amirouche, illustrent cette lutte à mort.

Durant plusieurs années après l’indépendance, les souvenirs de l’éviction des Berbères par les tenants de la ligne de l’arabo-islamisme furent enfouis sous forme de non-dit. Mais, en 2010, ils resurgirent avec une grande intensité avec la parution du livre « Amirouche, une vie, deux morts, un testament », que Saïd Sadi consacra à Amirouche Aït Hamouda, le père de Nouredine Aït Hamouda.
La thèse du livre qui est au cœur du contentieux qui divise actuellement l’Algérie, est que le colonel Amirouche Aït Hamouda, chef du maquis kabyle et de la willaya III, tué dans une embuscade, aurait été donné aux Français par ses rivaux arabo-islamistes du MALG (Ministère de l’Armement et des Liaisons Générales, le service de renseignement de l’ALN), notamment par Abdelhafid Boussouf et Houari Boumediene, afin d’éliminer un dangereux rival, ce qui a permis de coup d’Etat de l’ALN durant l’été 1962.

Or, les héritiers de ceux qui livrèrent Amirouche forment aujourd’hui le « Système » algérien…

Bernard Lugan

[1] Planqués parce que, réfugiés au Maroc et en Tunisie, ils n’ont pas véritablement combattu l’armée française et cela, à différence des maquisards de l’intérieur auxquels ils volèrent l’indépendance.

Bernard Lugan

Texte repris du Blog de Bernard Lugan

La justice contre les lanceurs d’alerte identitaires

justice identitaires

Le 18 juin, deux anciens militants de Génération identitaire (mouvement dissous par Darmanin en mars dernier) d’Aix-en-Provence ont été condamnés par le tribunal correctionnel de leur ville. Leur tort ? Ils avaient collé des affiches dénonçant l’immigration et l’islamisation, et appelant à la reconquête.

Les deux jeunes hommes ont écopé chacun d’une amende certes relativement symbolique à ce stade (1 500 euros dont 1 000 avec sursis pour l’un, 1 000 euros dont 500 avec sursis pour l’autre), mais ils devront également verser un euro aux ayatollahs de l’immigration massive qui s’étaient portés partie civile, c’est-à-dire SOS Racisme, la Ligue des droits de l’homme et la Coordination contre le racisme et l’islamophobie, comme une marque de soumission morale. Le procureur avait même requis cinq mois de prison avec sursis.

Les deux militants font appel et sont appuyés entre autres par l’« Association de soutien aux lanceurs d’alerte » (ASLA). Il s’agit d’une association fondée en avril 2021, peu après la dissolution de Génération identitaire, et dont l’objectif est de dénoncer les procédures judiciaires injustes envers les lanceurs d’alerte. Dans ce domaine, il y a du travail.

La première intervention de l’ASLA concernait deux autres anciens membres de Génération identitaire qui avaient – tout comme l’hebdomadaire L’Express – accusé le maire de Goussainville (Val-d’Oise), Abdelaziz Hamida, d’avoir été fiché S pour islamisme radical. L’information était exacte mais les militants identitaires et L’Express ont été condamnés au motif que l’élu avait été fiché S non pour ses propres actes mais en raison de sa proximité avec certains islamistes dangereux. Sans surprise, l’homme avait joué la carte de la victimisation et s’était présenté en défenseur des valeurs de la République. Le tribunal lui a donné raison en condamnant les lanceurs d’alerte, y compris en l’occurrence L’Express.

La porte-parole de l’ASLA n’est autre que Thaïs d’Escufon, l’ancienne porte-parole de Génération identitaire. La jeune femme est bien placée pour évoquer les persécutions judiciaires puisqu’elle fait elle-même l’objet d’attaques acharnées. Le 16 juin, quatre mois de prison avec sursis ont en effet été requis contre elle par le procureur du tribunal correctionnel de Toulouse, pour avoir déclaré en janvier 2021 dans une vidéo qu’il était « scandaleux qu’un migrant puisse traverser la frontière ». Ce qui n’est rien d’autre qu’une opinion mais en rien un acte répréhensible. C’est donc bien la liberté d’expression qui est ici visée, une fois de plus.

Ces affaires font suite à la dissolution de Génération identitaire prononcée le 3 mars dernier après un travail de sape mené par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

Les persécutions à l’encontre de Génération identitaire ne datent toutefois pas d’hier. On se souvient notamment des attaques à l’encontre de Romain Espino, à la suite de l’opération « Defend Europe » menée dans les Alpes en avril 2018. Sous la pression de l’hystérique « Ligue de défense noire africaine », dont l’un des membres s’était présenté sur le lieu de travail de Romain Espino, ce dernier avait fini par perdre son emploi au sein du Crédit agricole.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 1er juillet 2021

Zemmour à l’offensive, par Etienne Defay

zemmour

La question n’est pas de savoir s’il sera candidat mais quand est-ce qu’il se présentera. Le polémiste, journaliste et essayiste le plus détesté et admiré de France semble être sur le point de se lancer dans la plus grande bataille de sa vie. Tandis que le RN se rassemble ce week-end à Perpignan autour de sa candidate déclarée, l’entourage du journaliste a senti un vent favorable au lendemain des régionales, un vent certes chargé des relents de défaite et d’indifférence, mais un vent qui semble avoir soufflé assez fort pour ouvrir un créneau.

Zemmour président… Ces deux mots tiennent en un seul : fantasme. Fantasme de la droite orpheline, fantasme de ceux qui voient la France s’effondrer et qui se refusent à voir en Marine Le Pen un chef naturel et dans le RN une fusée suffisamment puissante pour percer le plafond de verre qui étouffe les initiatives patriotes. Zemmour, ce fut une voix sur le service public qui commença tranquillement à faire voler en éclat les certitudes toutes-puissantes de la gauche. Zemmour, ce fut un livre édité chez Ring et écrit par Geoffroy Lejeune qui imaginait comment le polémiste pourrait accéder à la fonction suprême. Zemmour, c’est la promesse d’une campagne relancée, brisant le duel Macron-Le Pen qui ne fait rêver personne. Zemmour, c’est la promesse pour ses troupes d’une campagne glorieuse et fulgurante. Dusse-t-elle mener à la défaite.

Au RN, on fait mine de ne pas y faire attention mais tous les regards sont braqués vers le moindre geste de cet adorateur de Jacques Bainville qui semble refuser de finir sa vie, à l’instar de l’historien, dévoré par le remords de ne pas avoir pris part à la bataille politique. Ou de se cantonner à un rôle métapolitique, autre sophisme pour rester à quelques encablures du champ de bataille à surveiller le stock de flèches. Zemmour entretient donc savamment l’ambiguïté pour garder sa tribune quotidienne à CNews et s’inviter chaque soir dans le salon des Français pour y distiller sa pensée. Pour autant, l’heure de la clarté approche à grand pas. Déjà le grand public, au moins les journalistes, découvrent quelques nouvelles têtes incarnant l’entourage d’Eric Zemmour. On peut citer l’énarque Sarah Knafo, le directeur de cabinet LR Antoine Diers, le jeune Stanislas Rigaut, cofondateur de l’Etudiant Libre ou encore le lyonnais Jean Fondain. De manière plus périphérique, citons aussi le militant et restaurateur aixois Morgan Trintignant ou encore le maire d’Orange Jacques Bompard. C’est d’ailleurs le principal écueil de l’entourage de Zemmour : s’assurer de ne pas être représenté par des déçus, recalés, exclus du RN afin de ne pas créer cette dynamique sur des rancœurs recuites et mijotées depuis plusieurs années.

Quand annoncera-t-il sa candidature donc ? On sait qu’il doit sortir un nouveau livre à la rentrée. Gageons qu’il sera programmatique ou tout du moins porté vers l’avenir. Son éditeur historique Albin Michel a par ailleurs fait savoir qu’il se séparait du journaliste. Un moyen pour lui de clarifier l’intention puisque Gilles Haéri, président d’Albin Michel a déclaré ce mardi à l’AFP que « Zemmour a récemment confirmé son intention de s’engager dans la présidentielle et de faire de son prochain livre un élément clef de sa candidature ». On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment. Voilà l’occasion inespérée de faire mentir l’adage.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 30 juin 2021

Thaïs d’Escufon : La femme est-elle l’avenir de la droite ? [vidéo]

Thaïs d'Escufon

29/06/2021 – FRANCE (NOVOpress)
On observe depuis maintenant plusieurs années une émergence exponentielle de figures médiatiques féminines à droite aux profils très variés. De l’autre côté, on assiste à un désintéressement croissant de la gent masculine pour l’engagement politicien.

Comment expliquer ce phénomène ? Doit-on le déplorer ou s’en réjouir ? Et surtout, comment réagir ?

Thaïs d’Escufon présente ici son analyse.


Robert Ménard : « Gagner une élection, c’est réunir une majorité »

Robert Ménard

Au lendemain du second tour des élections départementales et régionales, le maire de Béziers revient sur ce « vrai rejet des partis politiques ». Concernant les mauvais scores du Rassemblement national, Robert Ménard pense que l’abstention n’est pas la seule explication à chercher.

Le second tour des élections régionales et départementales a eu lieu hier. L’abstention a progressé dans certaines régions. Est-ce préoccupant ?

C’est plus que préoccupant, c’est un poison pour la démocratie. Je parie que l’ensemble de la classe politique l’aura oublié dans trois semaines et on repartira comme si de rien n’était. Il y a un désaveu, une scission, un apartheid qui s’est mis en place entre la classe politico médiatique et les petites gens. On n’arrive pas à combler ce gouffre qui touche tous les partis. On pouvait espérer que le Rassemblement national était à l’abri de cette critique de tous les partis parce qu’il n’a pas été au pouvoir. Il y a un vrai rejet des partis politiques.

16 % des Français font confiance aux partis politiques. Derrière un certain nombre d’autres raisons comme le Covid, il y a aussi le désaveu profond d’une classe politique.

Le Rassemblement national espérait beaucoup mieux de ces élections. Ce parti compte surtout sur le vote des abstentionnistes et des contestataires. Les abstentionnistes, les contestataires, les anti système n’ont pas trouvé dans le Rassemblement national, un moyen de l’exprimer dans les urnes.

Il y a plusieurs points dans votre question. L’abstention frappe particulièrement son électorat et en particulier les classes populaires. Que l’on puisse réduire les mauvais scores du Rassemblement national à l’abstention et s’en prendre aux abstentionnistes pour expliquer une faiblesse terrible au second tour encore pire que le premier, je crois qu’il y a d’autres explications. Il y a aussi un problème d’identification, d’incarnation des idées du Rassemblement national. Les gens sont prêts à voter pour des idées, mais ils votent aussi pour les gens qui portent les idées. Le manque de cadre et de leaders du Rassemblement national est un vrai problème. Certaines personnes ont du talent, mais pour emporter l’adhésion, il faut avoir une capacité à dire un certain nombre d’idées que les candidats nationaux n’ont pas, n’ont plus ou n’ont jamais eues.

Marine Le Pen ne s’exprimera pas dans les médias jusqu’au congrès de Perpignan parce qu’elle est sous le feu des critiques. Les partisans de la candidature d’Eric Zemmour à la présidentielle masquaient difficilement le fait qu’ils se frottaient les mains suite à ce résultat.
Marine Le Pen est-elle la bonne candidate ? Est-ce qu’une candidature alternative doit émerger ?

Je ne me frotte pas les mains des déboires du Rassemblement national. Cette droite nationale est mangée de l’intérieur par les rivalités, les guerres d’égo, les histoires d’il y a quarante ans et les rancunes. Je suis étranger à toutes ces histoires-là et j’ai la ferme intention de rester à distance de cela.

Je pense que Marine Le Pen a mis en œuvre une certaine normalisation qui me semble aller dans le bon sens. Normalisation ne veut pas dire alignement sur le reste de la droite. Cela veut dire essayer de répondre à cette interrogation terrible dont personne n’est capable d’y répondre. Comment se fait-il que les idées que l’on défend trouvent souvent un écho majoritaire en France, alors qu’en même temps le reste des partis appelle à un front républicain, les gens répondent à ce front républicain ? On continue à faire peur à une partie de la population. Pardon de le dire, ce ne serait pas une candidature encore plus clivante que celle de Marine Le Pen, bien plus à droite et bien plus radicale, qui va répondre à cette interrogation-là et qui va permettre de gagner l’élection. Je rappelle que gagner l’élection n’est pas se faire plaisir en allant toujours plus loin dans la radicalité. Gagner une élection c’est réunir une majorité des Français et réussir une alchimie entre le vote populaire qui dépasse le vote de droite et un vote conservatoire plus libéral économiquement. Monsieur Sarkozy l’avait fait en 2007.

Sommes-nous capables de le faire ? Y a-t-il quelqu’un d’autre que Marine Le Pen ?

Les sondages sont cuisants pour les autres candidats qui penseraient s’imposer.

La question ne se pose pas. Vous soutenez Marine Le Pen en 2022.

Cela fait quatre ans que j’essaie de trouver une alternative. Cette alternative n’est pas là. Je vous rappelle que l’on vote dans moins d’un an et je ne veux pas faire le lit de monsieur Macron.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Grand débat – Marion Maréchal, une voix de résistance [vidéo]

29/06/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Dans ce nouveau numéro de Bistro Libertés, Martial Bild reçoit la directrice de l’ISSEP, l’Institut de Sciences sociales, économiques et politique, Marion Maréchal.

L’ancien député du Vaucluse, confrontée aux sociétaires de l’émission (Marie Pinsard, Alice Cordier de l’association Nemesis, Francis Bergeron de Présent et Pierre Gentillet) évoque avec un regard vif et complet des thèmes majeurs comme la culture « woke », l’enseignement, l’insécurité, l’immigration, l’Union Européenne.

A travers la rubrique Confessions , on cerne encore mieux la personnalité de les centres d’intérêt de cette femme entrepreneur qui n’a pas fini de faire parler d’elle.


Élections régionales – Front républicain ? Même pas mort !

Front républicain

Il y aura bien sûr de nombreux enseignements à tirer des scrutins départementaux et régionaux des 20 et 27 juin 2021. Il y a amplement matière à réfléchir. Au sujet de la démocratie, en premier lieu. Que signifie un scrutin auquel participent moins de 35 % des inscrits ? Comment les élus le sont-ils ? Leur élection est-elle légitime ? Qui représentent-ils, sinon une minorité, de plus en plus ténue, dont la spécificité est de posséder, qu’ils soient de droite ou de gauche, les grands traits d’une idéologie en commun : le mode de vie et de pensée libéral-libertaire, une manière d’être au monde qui sévit principalement dans les métropoles. C’est un des enseignements de ces scrutins, en particulier des résultats des régionales.

Ainsi, le front républicain que l’on disait parfois mort et enterré n’est pas mort, le second tour des régionales et des municipales est venu le rappeler. De même qu’est rappelée la persistance du clivage droite-gauche qu’on croyait lui aussi enterré, du moins à l’échelle d’élections où chacun a essayé de donner des repères à ses électeurs. Une nécessité. LREM paie autant l’absence de repères clairs que son déficit d’implantation. La gauche, la droite et le front républicain, cela existe toujours. A droite, il y a ce que le Système appelle l’« extrême droite », essentiellement le Rassemblement national. Il y a aussi de fausses droites, telles que Les Républicains, dont l’immense majorité des élus et des responsables pensent à gauche, ayant entièrement intégré l’idéologie du progrès et les modes de pensée libéraux libertaires. C’est pour cela que des candidats LR, LREM, PS, EELV et même parfois LFI peuvent se retrouver à l’occasion d’un scrutin et appeler « solidairement » à battre l’« extrême droite », autrement dit le Rassemblement national.

Globalement, cela ne consiste plus en une fusion des listes. C’est plus sournois. Le front républicain passe soit par le retrait de listes, comme avec la liste PS en PACA, soit par un maintien ayant comme but de « battre le RN ». L’existence et même l’ancrage de ce front républicain, réflexe pavlovien de nombre d’électeurs, du moins parmi ceux qui n’ont pas encore compris que ces élections sont une farce, furent évidents en PACA. Dans cette région, la liste conduite par Renaud Muselier, destinée à « vaincre le RN », obtient 25 points de plus au deuxième tour.

C’est d’un état d’esprit qu’il s’agit, un état d’esprit du type « Mieux vaut n’importe quel libéral libertaire d’entre nous que le RN ! ». Cet état d’esprit s’est retrouvé dimanche dans les Pays de la Loire, dans le Grand Est, en Bourgogne-Franche-Comté, en Normandie, en Bretagne, en Nouvelle-Aquitaine, en Occitanie et dans les Hauts-de-France. Les principaux hommes politiques pourront dire ce qu’ils veulent, c’est ce « théâtre » – le mot est de Jospin – de la mise en scène anti-RN qui explique l’extraordinaire désaveu que les Français ont infligé à la classe politique et à cette « démocratie ». Les Français ne veulent plus être les dindons de la farce du front républicain, alors ils restent chez eux. Ils ont mieux à faire que de participer à des élections qui n’ont de libres que le nom.

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 28 juin 2021

Élections régionales – AUCUNE RÉGION de se réjouir, par Francis Bergeron

élections échec

Sur fond de victoire de l’abstention, ce fut la victoire des sortants et l’échec symétrique du RN et de LREM, qui n’avaient pas de sortants.

Comme au premier tour, le taux d’abstention a démenti une fois de plus les pronostics. Les votants ont représenté environ 34,3 % des inscrits, soit une amélioration d’1 % par rapport au premier tour. En 2010, ils étaient 58,4 % à avoir voté et encore 51,1 % en 2015. A ce train-là, il n’y aura plus de votants du tout dans dix ans.

Les résultats de dimanche sont certes contestables et difficiles à interpréter, d’autant que l’organisation des élections a été très défaillante. L’abstention est-elle devenue la forme de vote des Gilets jaunes ? Beaucoup de commentateurs l’ont interprété ainsi, mais peut-on exclure l’idée que la crise du Covid ait bouleversé la hiérarchie des valeurs, renforcé l’individualisme au point que le primum vivere passe dorénavant avant tout, et que les aventures collectives – comme l’est l’aventure politique – ne tentent plus guère nos concitoyens ?

Mais une élection, c’est comme le bac : il y a des années où sa valeur est galvaudée et, sur le coup, chacun y va de sa critique sur la crédibilité du parchemin attribué ces années-là. Mais très vite on oublie qu’il y a eu des années où le bac a été donné. Le temps en efface la mémoire, et ce qui reste, c’est le bac réussi. Il en sera de même pour ces élections du 27 juin. Xavier Bertrand, dimanche soir, n’entendait pas que sa victoire dans les Hauts-de-France soit minimisée, d’autant que celle-ci doit constituer le tremplin de ses ambitions présidentielles.

Pour LREM c’est un désastre

L’abstention est la même pour tous : s’il y a des gagnants et des perdants, il faut bien tenir compte des résultats. Les gagnants sont donc les sortants ou leurs dauphins dans chacune des régions. Et comme ces douze régions ne comptaient que des sortants socialistes ou LR (ou proches), la coloration des douze régions reste strictement identique : cinq régions pour la gauche et sept pour la droite.

Pour LREM c’est un désastre : les listes macronistes n’auront pesé que 7 % au second tour. Certes, beaucoup d’élus de droite et de gauche sont macron-compatibles, mais le rêve d’une grande force centrale, qui aurait absorbé à la fois la mouvance socialiste et la mouvance ex-UMP, s’estompe.

Par ailleurs, un second mandat présidentiel pour Macron est une perspective qui a dorénavant du plomb dans l’aile, d’autant que ceux de ses ministres qui sont montés au front ont subi de cuisants revers.

Quant au RN, sa situation est difficile aussi. Dans sa courte intervention au siège du parti, dimanche soir, Marine Le Pen a « donné rendez-vous aux Français pour construire l’alternance dont la France a besoin ». Mais les Français seront-ils à ce rendez-vous ? L’abstention des 20 et 27 juin semble avoir pénalisé davantage le RN que les autres partis, quand on compare les résultats aux sondages, ce qui fait craindre une persistance du phénomène et, dans ces conditions, c’est la légitimité même de la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle qui risque d’être remise en cause. Ce sera le problème du RN, lors du congrès de Perpignan, début juillet.

Le parti de Marine Le Pen a certes marqué quelques points à l’occasion de cette campagne : il a démontré sa capacité à mettre en place au niveau du pays tout entier une organisation à même de présenter des candidats pratiquement partout, dans toutes les régions, dans tous les cantons ou presque. Il a réussi à relancer la machine militante, une machine plutôt efficace sur le terrain, avec beaucoup de gens de qualité. Cette campagne a d’ailleurs fait émerger des talents nouveaux comme Aleksandar Nikolic en Centre-Val de Loire ou Edwige Diaz en Nouvelle-Aquitaine.

Bertrand préfère les communistes aux identitaires

Mais ne nous voilons pas la face : au-delà de la démoralisation et de la démobilisation bien légitimes, les effets négatifs de cette défaite électorale font émerger plusieurs problèmes : la stratégie de la dédiabolisation a échoué, puisque le front républicain s’est reconstitué partout où le RN risquait de l’emporter. Et ce front républicain, pour moins spectaculaire qu’il ait été, est désormais enraciné dans la culture de la droite dite de gouvernement. Les propos extrémistes de Xavier Bertrand, comme ceux de Darmanin ou de Dupond-Moretti, ont montré la détermination du « camp du bien » à ne jamais « pactiser » avec le RN. Quand Bertrand explique qu’il préfère les « communistes » aux « identitaires », quand il refuse de parler du RN mais martèle le sigle FN, il y a la volonté d’ancrer toujours plus le principe d’une exclusion à jamais du RN du jeu politique.

La défaite va faire naître d’autres difficultés pour le parti de Marine Le Pen : des tensions sur son flanc droit, susceptibles d’encourager les ambitions d’Eric Zemmour, par exemple. Un nombre plus réduit qu’en 2015 d’élus, ce qui va compliquer la chasse aux 500 signatures, un peu comme en 2012. Mais surtout c’est la dynamique de la campagne présidentielle qui est affectée, à dix mois exactement de l’échéance.

Les délais sont courts pour renverser la tendance, et plus courts encore pour démontrer aux Français que le RN est capable de constituer, au printemps prochain, une majorité nouvelle, dans un système d’alliances politiques portant un projet de société global. C’est un pari difficile, peut-être pas impossible, mais qui va nécessiter de l’élasticité et un grand sens du dialogue avec toutes les parties prenantes de la droite nationale, au-delà des fâcheries d’hier. Jordan Bardella disait que la politique est une école d’humilité. C’est plus que jamais le moment de mettre en pratique cette vertu d’humilité.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 28 juin 2021

Décryptage – Aux origines de l’antiracisme [vidéo]

antiracisme VA plus

28/06/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Dans les années 1980, l’immigration et l’intégration n’étaient alors qu’un instrument politique. François Mitterrand décida, avec l’aide de complices, de créer un mouvement anti-raciste en France afin de lutter contre le jeune Front National.

À l’époque, Jean-Marie Le Pen est loin de se douter qu’il au centre de l’une des plus grandes manipulations mitterrandiennes.