Du passe sanitaire au passe vaccinal, par Maxime Tandonnet

pass sanitaire

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom),
[…] À ces mots, on cria haro sur le baudet.
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.

Le passe vaccinal n’a pas un objectif direct d’efficacité supplémentaire, par rapport au passe sanitaire, dans la lutte contre l’épidémie. Il n’a pas été conçu dans ce but. Le passe sanitaire avait pour objectif d’interdire à des personnes non vaccinées ou n’ayant pas subi un test de non contagiosité de fréquenter certains lieux de la vie sociale. L’explosion des contaminations (200 000 par jour en ce moment) mesure le succès de la démarche! Nous savons aujourd’hui que le vaccin n’empêche pas la contagiosité (même s’il est censé la limiter).

Dès lors, la garantie de non contagiosité à l’issue d’un test se prête davantage à la lutte contre l’épidémie. Dans la nouvelle formule de passe vaccinal, la possibilité de prouver que l’on n’est pas contagieux par un test disparaît. Seule désormais la vaccination – qui elle n’assure pas la non contagiosité – autorise à mener une vie normale. Car le but déclaré de cette réforme est d’obliger les 5 à 6 millions de Français réfractaires aux vaccins anti covid 19 à se faire vacciner. « Le passe vaccinal est une façon d’arriver à l’obligation vaccinale, mais moi je pense que c’est plus efficace que de mettre une amende ».

L’objectif déclaré est, sans décider l’obligation formelle de vaccination qui serait susceptible d’engager des responsabilités, d’exercer une pression sur les personnes non vaccinées en multipliant à leur encontre les interdits et les brimades dans la vie courante c’est-à-dire en les condamnant à la mort sociale – en effet pire qu’une amende. 66% des Français y sont favorables selon un sondage odoxa du 23 décembre dont 90% de sympathisants LAREM. Son avantage suprême est de montrer du doigt un groupe de parias (non ou mal vaccinés) auquel est attribué la responsabilité du mal, défaussant ainsi le pouvoir politique, scientifique et médical de ses responsabilités dans les erreurs commises depuis deux ans.

Le principe du bouc émissaire est aussi ancien que l’humanité… Seulement, il n’est pas interdit de s’interroger sur la conformité de cette condamnation à la mort sociale – curieusement encensée par la gauche morale et progressiste – aux principes les plus élémentaires de la civilisation ni même sur sa constitutionnalité. Article 5 de la DDHC : « nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle [la loi] n’ordonne pas. » On est en plein dedans…

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

“Consternant”, “quel mépris”… Les politiques réagissent aux propos d’Emmanuel Macron qui a “très envie d’emmerder” les non-vaccinés

macron

Dans une volonté d’aller au bout de sa stratégie vaccinale, en marge de la pandémie de Covid-19, Emmanuel Macron a accordé un long entretien au Parisien, mardi 4 janvier, dans lequel il fustige « la petite minorité » de Français qui est réfractaire à la vaccination. Ensuite, il a suggéré de la réduire « en l’emmerdant encore davantage ». Des propos qui ont fortement déplu à certaines personnalités politiques. Et les réactions ne se sont pas fait attendre sur les réseaux sociaux…

« On le vire en 2022 »

« Le Président maîtrise-t-il ce qu’il dit ? L’OMS dit « convaincre plutôt que contraindre ». Et lui ? « Emmerder davantage ». Consternant. » C’est en ces termes que Jean-Luc Mélenchon a dénoncé sur Twitter les propos tenus par Emmanuel Macron dans cette interview accordée au Parisien. De son côté, l’ex-ministre Nadine Morano a demandé au président de la République s’il comptait « l’emmerder », en l’obligeant à recevoir une nouvelle dose de vaccin, alors même que son taux d’anticorps « ne nécessite pas de nouvelles doses ».

« Un Président ne devrait pas dire ça »

Même son de cloche du côté de l’ancien député Luc Carvounas, qui a écrit ces quelques mots sur Twitter : « Quand un président de la République se délecte de vouloir « emmerder cinq millions de Français » – même si comme une majorité, je ne suis pas d’accord sur le fait qu’ils ne se vaccinent pas – on se dit qu’il a quitté la fonction présidentielle. » Et de conclure en ces termes : « On le vire en 2022. » Des prises de position visiblement partagées par le député Eric Coquerel, qui a pointé « le mépris » d’un « souverain envers le peuple ».

Quant à Gilbert Collard, il a simplement jugé, lui aussi sur Twitter, que ce n’était « pas le rôle du chef de l’Etat d’ostraciser une partie des Français non vaccinés ». Raison pour laquelle il a ensuite qualifié Emmanuel Macron de « fauteur de troubles ». Enfin, Marine Le Pen a estimé qu’« un Président ne devrait pas dire ça. Le garant de l’unité de la nation s’obstine à la diviser et assume vouloir faire des non-vaccinés des citoyens de seconde zone. Emmanuel Macron est indigne de sa fonction. En avril, je serai la Présidente de tous les Français ». « Président, j’arrêterai d’emmerder les Français, a promis de son côté Eric Zemmour. Le Président sortant, lui, parle ouvertement d’emmerder une catégorie de Français. »

Article repris de Valeurs Actuelles

[Interview] Jean-Yves Le Gallou (Polémia) : « La violence est inséparable de la politique, n’en déplaise aux bisounours »

Jean-Yves Le Gallou

Le site Breizh-info.com a demandé à Jean-Yves Le Gallou comment il voyait ou anticipait les évènements à venir, et notamment les élections 2022.

Breizh-info.com : L’année 2022 s’annonce particulièrement tendue, entre tyrannie sanitaire et échéances électorales majeures. Que pensez-vous que nous réservent les prochains mois ?

« L’histoire est le lieu de l’imprévu » aimait à répéter Dominique Venner. Difficile de vos répondre donc… . Peut-être que si le variant Omicron se confirme bénin la banalisation du COVID sera la bonne surprise ?

Breizh-info.com : Et pour la présidentielle, quels seront les finalistes ?

Zemmour /Macron ? Macron /Le Pen ? Ou bien Pécresse face à Zemmour ou Le Pen ? Ou alors un duel intra système entre Pécresse et Macron, le rêve des éditorialistes du « cercle de raison », de déraison plutôt quand on observe le résultat des Quarante Piteuses… Voire, le cauchemar de Davos et du Bilderberg, un duel Le Pen /Zemmour. Très disruptif mais pas impossible. Reste que les gnomes du Conseil constitutionnel (Fabius, Juppé) pourraient dans ce cas décider d’annuler l’élection… .

Breizh-info.com : Faut-il croire les sondages ?

A quatre mois d’une élection ils n’ont aucun caractère prédictif. D’autant que les sondeurs n’ont aucun moyen objectif – faute de référence antérieure – d’apprécier voire de corriger les résultats de Zemmour. Les campagnes de diabolisation qu’il subit peuvent contribuer à minorer ses scores. Ce qui est sûr c’est que Zemmour fait la course en tête par la puissance de ses meetings, son omniprésence dans les réseaux sociaux et son audience lorsqu’il est invité sur les chaines de télévision. Lui ne cause pas, lui ne minaude pas, il imprime.

Breizh-info.com : Comment jugez-vous la campagne de Marine Le Pen ?

Ses partisans devraient remercier Zemmour, matin, midi et soir. Il a réveillé leur championne. Il l’a conduit à revenir sur les fondamentaux du Front National et à se bouger.

Breizh-info.com : Il a beaucoup été question du retour de la violence en politique. Vous qui avez vécu notamment l’ascension du FN, mais également l’après Mai 68, êtes-vous d’accord avec cette analyse ?

La violence est inséparable de la politique, n’en déplaise aux bisounours. Encore faut-il distinguer les différentes formes de violence.

Il y a une violence de haute intensité islamiste : les assassinats de masse (Bataclan) ou ciblés (Samuel Paty) qui terrorisent les acteurs politiques, médiatiques économiques et administratifs.

Il y a la violence de moyenne intensité des racailles dans les banlieues qui débouche sur le « white flight » et la prise de contrôle des territoires perdus de la France.

Il y a la violence de basse intensité des milices d’extrême gauche qui imposent leurs lois dans la rue et les universités. D’autant plus que leurs adversaires – les groupes gaullistes (SAC, UNI) ou plus radicaux (Ordre nouveau, GUD) ont fait l’objet de répressions aussi sélectives que ciblées. D’où l’impression juste que l’extrême gauche tient la rue : à cause des gouvernements qui l’ont protégée tout en réprimant sélectivement ceux qui pouvaient la combattre. Les prétendus « Antifas » sont les idiots utiles de Davos et du Bilderberg.

Breizh-info.com : Zemmour en est-il aujourd’hui la victime ?

Oui, un peu comme Le Pen dans les années 1980 et le Front National dans les années 1990.

L’extrême gauche attaque. Ses adversaires se défendent. Et ce sont eux qui sont accusés de violences. C’est la tenaille antifas/médias.

Breizh-info.com : Quelle réponse ?

Je vous renvoie au Manuel de lutte contre la diabolisation : ne pas plier, ne pas s’excuser, résister, continuer à transgresser, renverser l’accusation, accuser les diabolisateurs.

Breizh-info.com : Sur la question de la tyrannie sanitaire, il semblerait qu’une large partie des masses, ou bien adhèrent, ou bien acceptent de suivre les injonctions gouvernementales qui se succèdent à un rythme fou, non sans brimades et contraintes délirantes. Là encore, quelle analyse faites-vous de ce phénomène de soumission généralisée ?

J’ai tendance à comprendre les masses quand je vois la puissance de la propagande qu’elles subissent : des centaines de messages alarmistes par jour, à la télévision, sur les réseaux sociaux et dès qu’on sort : dans les rues, dans les transports, dans les restaurants. Partout, c’est fou. Les « boomers » hypocondriaques en rajoutent. Et les « millenials » n’ont pas été formés à l’esprit critique à l’école.

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Adoption du passe vaccinal : des élus LREM menacés

passe vaccinal

Alors que le projet de loi visant notamment à transformer le passe sanitaire en passe vaccinal – qui renforce donc de fait l’obligation vaccinale – est en cours de discussion, les élus de la majorité présidentielle se plaignent de menaces et redoutent même des attaques.

Ainsi, le 29 décembre dernier, la voiture d’un député LREM, Pascal Blois, a été en partie brûlée dans un incendie allumé dans son garage. Présidente de la commission des lois de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet a même lu devant ses collègues un message menaçant. Traitée de « collaborateur-marionnette », elle a été sommée de voter « non » au texte en cours de discussion sous peine de faire de l’Assemblée nationale « un gigantesque bain de sang où giseront les corps qui pensaient nous gouverner ».

Des députés LREM de l’Isère ont même reçu des menaces de mort au mois de novembre dernier. Pour ces différentes raisons, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a même demandé de prendre en compte les domiciles et les permanences des élus dans les patrouilles de police et de gendarmerie. En effet, dans un message destiné aux préfets, le patron de Beauvau estime que l’actuel débat parlementaire sur le passe vaccinal est « susceptible de susciter des menaces voire des passages à l’acte contre les élus ».

Ces intimidations ne sont pas nouvelles ; elles avaient même fait leur apparition lors de la crise des Gilets jaunes. Elles ont néanmoins pris une tournure supplémentaire avec la volonté d’accentuer les contraintes sanitaires. Il y a déjà quelques mois, l’institution du passe sanitaire avait créé des tensions qui se sont avivées au fur et à mesure des différents textes législatifs successifs. Il faut donc s’interroger sur les raisons de ces tensions.

La mise en cause des non-vaccinés, traduite parfois par un appel à ne pas les accueillir en cas d’hospitalisation ou même à les confiner, a mis de l’huile sur le feu.

Le 27 décembre dernier, Emmanuel Macron n’avait-il pas déclaré, au nom de « mesures proportionnées », qu’il fallait « faire peser les contraintes sur les non-vaccinés » ? Ces propos, cités par Le Canard enchaîné et prononcés juste avant la réunion du Conseil de défense sanitaire, démontrent que les Français qui n’ont pas reçu de doses sont bel et bien dans le collimateur du discours officiel. Un discours qui prétend pourtant ne pas vouloir imposer de règles restrictives et refuser de céder aux injonctions des « enfermistes » qui demandent des contraintes plus élevées.

Le récent renforcement des contraintes existantes, comme l’intensification de la lutte contre la fraude ou le retour du masque obligatoire dans certaines villes, a certainement eu sa part.

Dernière mesure annoncée : celle du ministre du Travail, Elisabeth Borne, qui envisage une amende de 1 000 euros par salarié pour les entreprises qui refuseraient de recourir au télétravail. Cette amende s’inscrit dans les sanctions qui pourraient être infligées par l’Inspection du travail.

François Hoffman

Article paru dans Présent daté du 31 décembre 2021

Les provocations anti-Zemmour se multiplient – « Menaces de mort », « insultes racistes »…

zemmour

Aussi grossière qu’ancienne, la méthode stalinienne consistant à monter en épingle des faits divers totalement isolés, et souvent même à les provoquer, pour discréditer les adversaires du système, n’en continue pas moins de faire florès auprès des grands médias. C’est ainsi que, espérant plomber la candidature d’Eric Zemmour à la présidentielle, ceux-ci ne cessent depuis des semaines de faire leur miel du moindre incident survenu en France au cours duquel le nom du président de Reconquête a été… simplement cité !

Une affaire anecdotique montée en épingle

Mercredi encore, certains grands médias n’hésitaient pas à consacrer des pages entières au procès (finalement renvoyé au 2 février) de ces deux individus qui s’étaient filmés en train de s’exercer au tir sur des photos de Macron et des Insoumis Garrido et Corbière. Une affaire révélée (comme par hasard…) par les antifas de la Jeune Garde et immédiatement gonflée par Mediapart, mais qui, en réalité, n’aurait jamais dû quitter le stade de l’anecdote. Sauf que, pour la plus grande joie des médias, l’un des deux crétins arborait une casquette « Ben voyons », un tic de langage de l’essayiste érigé en slogan par ses fans. Il n’en a pas fallu davantage pour que les deux prévenus soient aussitôt propulsés au rang de « militants de Zemmour » proférant des « menaces de mort à l’encontre du président et de personnalités des Insoumis », déclenchant du même coup un incroyable tollé au sein de la classe politique. Et cela, bien que le candidat de Reconquête ait immédiatement condamné ces actes sur Twitter : en effet, avait écrit Zemmour, « vous ne faites partie ni de mes sympathisants, ni de mes militants, et encore moins de mes amis. Je ne veux ni de votre soutien, ni de votre aide », et « je condamne par avance tout ce que vous ferez en mon nom pendant ma campagne ».

Rien à voir avec Zemmour !

On ne peut être plus clair. Et cependant, la grande manipulation politico-médiatique continue tranquillement. Mardi, c’était ainsi « l’affaire », elle aussi anecdotique, de l’obscure actrice Annabelle Lengronne qui défrayait la chronique : se disant victime lundi soir d’un « sympathisant de Zemmour » dans les rues de Dax, l’« illustre inconnue » postait sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle on pouvait entendre un individu l’insulter et lui déclarer : « Zemmour, il te ramène dans ton pays. » Cependant, en étudiant d’un peu plus près cette histoire, on apprenait que l’actrice avait passé la soirée en compagnie d’un groupe d’amis parmi lesquels figurait cet homme. Ou encore que celui-ci s’était mis à l’insulter après qu’elle eut refusé à plusieurs reprises qu’il la raccompagne… Mieux : interrogé par France Bleu, son avocat Me Maati devait lui-même admettre que ce déferlement de violence à l’encontre de sa cliente avait surtout été « provoqué par un ego piqué » et que les insultes proférées avaient « pour but de l’humilier ». Bref, encore une fois, rien à voir avec Zemmour !

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 30 décembre 2021

Déjà une quatrième dose ? – Vaccination forcée

vaccin obligatoire

Les Français n’ont pas encore « digéré » – ni même reçu, pour la plupart d’entre eux – leur troisième dose de vaccin anti-Covid que déjà l’exécutif envisage sérieusement de leur en imposer une quatrième, sous prétexte d’adaptation au variant Omicron ! En effet, interrogé lundi sur cette possibilité, le ministre de la Santé Olivier Véran n’a pas caché que le gouvernement était « totalement ouvert à cette perspective ». Une quatrième injection qui, certes, ferait les affaires financières des grands laboratoires pharmaceutiques, mais dont l’utilité est cependant aujourd’hui très contestée par de nombreux spécialistes du monde entier.

Des vaccins d’une efficacité plus que limitée

On observera d’abord que ces vaccins, présentés depuis un an par Macron et son gouvernement comme une espèce de remède miraculeux, n’ont en vérité fait preuve jusque-là que d’une efficacité pour le moins limitée : n’empêchant ceux qui se les sont vu administrer ni d’être contaminés ni de contaminer leur entourage, ils éviteraient seulement – et encore… – de développer une forme grave du Covid. Aussi se demande-t-on naturellement en quoi l’injection d’une quatrième dose changerait foncièrement la donne. Réponse des autorités : face au variant Omicron, qui se propage très rapidement dans le monde, une dose de rappel des vaccins Pfizer, Moderna, et AstraZeneca « relancerait considérablement l’immunité ». Une affirmation contestée par un certain nombre de spécialistes, qui soulignent par ailleurs, tout en restant prudents, que ce nouveau variant, s’il est plus contagieux, serait beaucoup moins dangereux que les précédents.

L’utilité d’une quatrième dose très contestée

Quoi qu’il en soit, l’intérêt d’une quatrième dose de vaccin reste aujourd’hui très contesté. Surtout depuis la décision du gouvernement israélien, qui a été le premier à envisager une quatrième injection, de n’administrer finalement celle-ci qu’à des cas limités, et seulement dans le cadre d’essais cliniques. Une prudence également observée par les Etats-Unis qui, bien qu’enregistrant maintenant des contaminations majoritairement dues au variant Omicron, s’efforcent au maximum d’éviter tout emballement. C’est ainsi que, interrogé récemment par les journalistes d’une radio américaine, le principal conseiller de la Maison-Blanche dans la lutte contre la pandémie, Anthony Fauci, affirmait qu’« il est trop tôt pour parler d’une quatrième dose », et estimait d’abord essentiel de savoir combien de temps les rappels actuels resteront efficaces contre Omicron. En effet, expliquait-il, « si leur protection dure bien plus longtemps que chez ceux qui n’ont reçu que deux doses, il pourrait se passer un bon moment sans avoir besoin d’une quatrième ». En attendant, cette possibilité d’une quatrième injection inquiète aujourd’hui nombre de Français, qui en viennent à se demander – avec raison – s’ils ne vont pas devoir, comme pour la grippe, se faire vacciner tous les ans…

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 29 décembre 2021

Jean-Marie Le Pen : Le diable de la République

Jean-Marie Le Pen

30/12/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Livre Noir a publié cet entretien avec Jean-Marie Le Pen.

Pour rappel, Livre Noir, c’est le nouveau média qui s’attaque au cœur des principales problématiques qui agitent notre société. A travers des entretiens-portraits denses et profonds, et demain des enquêtes et reportages sur le terrain, ou encore de grandes émissions, Livre Noir se veut crédible, authentique et enraciné.


Mathieu Slama: «Un état d’exception qui dure depuis deux ans n’est plus un état d’exception»

castex veran

Face à la propagation du variant Omicron, le gouvernement a annoncé lundi de nouvelles restrictions et la mise en place du passe vaccinal. L’état d’exception est devenu la norme, fragilisant ainsi les principes démocratiques de la République, s’inquiète Mathieu Slama.

«Tout cela semble être un film qui ne finit pas». Pour une fois, on ne peut qu’être d’accord avec cette formule du Premier ministre Jean Castex lors de son allocution lundi soir pour annoncer les nouvelles mesures de restriction pour faire face au rebond épidémique actuel. Un film qui ne finit pas, et qui, à mesure qu’il avance, devient de plus en plus oppressant et anxiogène.

Il y aurait beaucoup à dire sur le retour des mesures absurdes et ubuesques comme le fait de ne plus pouvoir manger debout dans un restaurant ou encore d’interdire de consommer dans les trains, illustrations tragicomiques de la biopolitique intrusive et infantilisante que l’on subit depuis maintenant deux ans. Il y aurait également beaucoup à dire sur le retour du masque en extérieur, mesure à la fois inutile et aussi problématique du point de vue juridique, puisque la loi française indique que «la République se vit à visage découvert». Il y aurait enfin beaucoup à dire sur la malheureuse formule de Jean Castex – «ne faire peser les restrictions que sur les non-vaccinés» – qui n’a pas sa place dans une démocratie normale.

Mais l’essentiel n’est pas là. L’essentiel est dans le nouveau paradigme de gouvernement qui s’installe depuis deux ans et qui fait du régime démocratique l’exception et le régime d’exception la norme. Il est dans la banalisation d’une méthode de gouvernement non démocratique, autoritaire, verticale, et dans la normalisation d’un état d’exception devenu permanent.

Les mesures annoncées par Jean Castex ne sont pas des propositions mais des décisions prises dans le cadre d’un Conseil de défense, qui est l’organe de décision privilégié par le gouvernement depuis le début de la pandémie. C’est donc un organe opaque, centré sur la personne du chef de l’État, qui prend toutes les décisions, charge au reste des institutions démocratiques de les valider (nous y reviendrons). Le Conseil de défense ne consulte qu’un seul organisme avant de se réunir : le Conseil scientifique, organisme non élu réunissant des médecins et experts qui n’ont aucune légitimité démocratique – et, disons-le, aucun souci de la chose publique. Aucun compte-rendu n’est fait de ces réunions, évidemment.

C’est donc dans l’opacité la plus totale que sont prises les décisions les plus cruciales et les plus attentatoires à nos libertés depuis plus d’un demi-siècle. L’Assemblée nationale, dont la majorité est peuplée de députés dociles et totalement acquis à la cause du gouvernement, ne joue plus son rôle de co-fabricant de la loi : il se contente de parapher les décisions prises sans changer quoi que ce soit de substantiel aux textes discutés. Le Parlement (Assemblée et Sénat) n’est absolument pas associé à la prise de décision en amont. Quant au Sénat, dominé par Les Républicains, il ose parfois apporter quelques modifications mais celles-ci sont immanquablement rejetées par l’Assemblée, comme ce fut le cas lors de la discussion autour du dernier projet de loi sanitaire. Il en sera certainement de même pour le projet de loi qui sera discuté dans quelques jours. Ajoutons à cela que les discussions parlementaires sont menées dans le cadre d’une procédure accélérée qui contraint considérablement les oppositions et empêche, par la force des choses, la tenue de vraies discussions de fond.

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Gouvernement : les mauvaises résolutions – Énième tour de vis

dictature sanitaire

En 2022, on ne pourra plus boire son café au zinc ni manger un sandwich dans le train ou du pop-corn au cinéma. Si avec ça le Covid ne recule pas… c’est à se faire vacciner ! Hélas, cette quasi-obligation ne sert à rien non plus. Bonne année !

Intervenant lundi soir après un nouveau conseil de défense sanitaire suivi d’un Conseil des ministres exceptionnel au cours duquel a été validé le projet de loi liberticide transformant le passe sanitaire en passe vaccinal, Jean Castex et Olivier Véran n’ont guère surpris les Français en annonçant, sous prétexte une fois de plus de lutte contre le Covid, l’adoption par l’exécutif de nouvelles mesures restreignant fortement leurs libertés. Un tour de vis supplémentaire qui a de quoi inquiéter à quelques mois d’une élection présidentielle décisive, dont le président Macron et son gouvernement ont déjà quasiment réussi à éclipser la campagne, en focalisant l’attention de nos compatriotes sur la pandémie et en saturant l’espace médiatique de leurs discours alarmistes.

Jauges et consommations assises

Bien sûr, certains feront observer que, contrairement à l’an dernier, l’exécutif n’est pas allé cette fois-ci jusqu’à imposer aux Français un couvre-feu pour la soirée de la Saint-Sylvestre, ni à reporter de quelques jours la rentrée des classes prévue le 3 janvier. Mais on objectera que c’est là une vieille ficelle de ce gouvernement que d’agiter ces deux menaces pour mieux faire avaler à nos compatriotes une foule d’autres restrictions. C’est ainsi que, au nombre de celles annoncées lundi soir, figure tout d’abord le retour des jauges pour les grands rassemblements à partir du 3 janvier, et ce pour au moins trois semaines. En intérieur, ceux-ci seront en effet limités à 2 000 personnes, et, en extérieur, à 5 000 personnes au maximum. Des mesures qui s’appliqueront dans les enceintes sportives, mais ne concerneront pas – du moins, pas pour le moment… – les meetings politiques et l’exercice du culte.

D’autre part, et toujours à compter du 3 janvier, les concerts debout seront interdits et la consommation sera obligatoirement assise dans les bars et les cafés. Une mesure qui, malgré les promesses d’indemnisation faites par Castex, a immédiatement – et à juste titre – déclenché la colère des professionnels du secteur, qui ne se sont pas encore remis économiquement des confinements successifs. Réagissant lundi soir à cette annonce, Didier Chenet, président du Groupement national des indépendants, a fustigé « une catastrophe pour les bars et les cafés », bref « une fermeture déguisée ». Autre mesure qui confine à l’absurde et au ridicule : l’interdiction, à compter de lundi prochain, de consommer des boissons et des aliments dans les cinémas, les théâtres et les transports collectifs, « y compris longue distance ».

Enfin, outre le retour au port du masque obligatoire dans certains centres-villes (laissé à l’appréciation des préfets et des maires), Castex et Véran ont également annoncé que le recours au télétravail « sera rendu obligatoire » à partir de la rentrée « pour tous les salariés pour lesquels il est possible », à raison de « trois jours minimum par semaine et quatre jours quand cela est possible ». Une mesure qui prendra effet « pour une durée de trois semaines », et s’appliquera aussi bien au privé qu’à la fonction publique.

Vaccination forcée

La vaccination forcée des Français – bien qu’ayant prouvé son inefficacité – étant, comme l’a rappelé Castex, « au cœur de la stratégie du gouvernement », on n’aura pas été surpris de voir le Premier ministre et son ministre de la Santé insister à nouveau lourdement lundi soir sur ce sujet. Outre l’annonce de la réduction à trois mois du délai entre la deuxième injection de vaccin et son rappel, Castex a invité nos compatriotes à faire le nécessaire pour disposer au plus vite du nouveau passe vaccinal. Appel totalement ridicule puisque ledit passe rend obligatoire, de fait, la vaccination… Et gare à ceux qui se laisseraient tenter par un faux passe : se déclarant « scandalisé » par cet « acte délibéré de mise en danger d’autrui », le Premier ministre a en effet redit sa volonté de renforcer les sanctions à l’encontre des utilisateurs de « faux passes sanitaires », dans le cadre de son projet de loi consacré au passe vaccinal. Car, a estimé Castex, « aucune conviction personnelle ne saurait le justifier ». Une fermeté que l’on aimerait voir également appliquée aux criminels et autres bandes de voyous ethniques qui sèment régulièrement la terreur dans notre pays.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 28 décembre 2021

Prisca Thevenot : évoquer les racines chrétiennes de la France, c’est diviser les Français !

Prisca Thevenot

Pour Éric Zemmour, Macron incarne « le grand vide », « quelqu’un qui n’a les idées claires sur rien ». Incarner le vide, d’accord ; le défendre, bec et faux ongles, à longueur de plateaux télé requiert vraisemblablement des facultés cognitives qui ne sont, de toute évidence, pas à la portée du premier quidam venu, ou parvenu. Pour remplir ce profil de fonction, somme toute assez éclectique, à La République en marche, on a trouvé la voix de son maître.

Cette voix se prénomme Prisca Thevenot, officiant en tant que porte-parole de la majorité présidentielle et dont le don d’ubiquité lui assure une présence à la fois sur les plateaux et les réseaux dits sociaux. Prisca, le sourire narquois, trouve le temps et est de tous les débats, sur tous les fronts. Défendre le macronisme relève du sacerdoce. Un seul mot d’ordre, pourtant : pas d’amalgame entre cathodique et catholique, ce padamalgam qui serait selon elle la pierre angulaire du vivre ensemble. Sur cette pierre, Prisca espère bien bâtir sa start-up nation diversitaire. La preuve par Éric Ciotti, caution zemmouriste modérée de l’extrême centrisme pécressien, qui s’est hasardé, en ce solstice d’hiver, à un « Joyeux Noël » en évoquant – horreur ! – les racines historiques de la France qui se trouvent être, par le plus pur des hasards (foi de 45.000 églises et de 86 cathédrales), d’origine chrétienne.

Réponse de la bergère En Marche ! au santon des Républicains : « Très joyeux Noël à vous aussi. En ce jour de Noël il serait peut-être bon d’arrêter de diviser les français (sic) ;) Je n’ai pas de « racines chrétiennes » et je suis pourtant une française bel et bien ancrée à son pays », le tout décoré d’un petit cœur rouge et d’un joli drapeau tricolore.

Résumons : pour Thevenot, le jour de Noël, évoquer nos racines chrétiennes serait un facteur de division, de séparatisme. Après les Gaulois, sus au Noël réfractaire, ce miracle récurrent du 24 décembre qui vient, pour Thevenot, mettre en péril l’illusion d’une union nationale au sein d’une république culturellement et cultuellement métissée, fantasmée par une élite aculturée, hors-sol, totalement déconnectée du réel et de l’Histoire et, comble du désastre, qui s’obstine à nous en sortir.

Rappelez-vous, « il n’y a pas de culture française » ; alors, une transcendance ? N’en parlons même pas. Comment défendre ce « grand vide » incarné par Macron, si ce n’est par autant de vacuité idéologique. Qui se ressemble s’assemble, somme toute. En cette période de réelle angoisse existentielle, de messe de minuit sous Vigipirate, face à une islamisation de fait, le laïcisme républicain, de consort avec le nihilisme progressiste, fait le lit de cet islam, et toutes les lois contre le séparatisme n’y feront rien. Mais encore, la porte-parole d’un régime qui a organisé la ségrégation avec les « gens qui ne sont rien », les « fainéants et les cyniques », instauré une sorte d’apartheid hygiéniste, demande à ne pas diviser. Peut-être faudrait-il rappeler à Prisca qu’« un peuple qui oublie son passé n’a pas d’avenir », lui faire écouter la magnifique tirade de François-Xavier Bellamy sur Noël au Parlement européen ou, pis, les vœux d’Éric Zemmour. Hélas, peine perdue, Prisca ne peut comprendre, obnubilée par la nouvelle religion jupitérienne du Grand Rien.

Joseph de Maistre a dit : « Toute nation a le gouvernement qu’elle mérite. ». La République a engendré le macronisne, on prie l’enfant Jésus dans sa crèche pour que la France ne l’hérite pas pour cinq ans de plus.

Pierre Mylestin

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Comment les “Corsaires” veulent faire barrage au cyber-activisme des sleeping giants

Immersion avec Eric Zemmour à la campagne [ + Entretien ]

zemmour campagne

28/12/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Zemmour est dans le pré ! Plus précisément dans une cressonnière, cultivée de père en fils par une famille de maraîchers. Visite sous les serres par Jean-Yves Simian qui dirige l’exploitation, échanges sans concession avec d’autres agriculteurs au sujet de la pénibilité de leur métier, de la difficulté de transmettre, mais aussi de la fierté de nourrir les hommes.

Enfin, Éric Zemmour a accordé un entretien exclusif et apaisé, au coin d’un feu de cheminée, autour de la ruralité, de ses souvenirs de Noël, de la rudesse et de l’intensité de ses premières semaines en tant que candidat. Plongez avec nous au coeur de la campagne présidentielle, auprès d’un de ses candidats les plus emblématiques !

Reportage réalisé le mardi 21 décembre 2021.


“Des mesures punitives” : l’opposition s’insurge des nouvelles restrictions contre le Covid-19

Des anciens de Sciences-Po Grenoble dénoncent le “combat idéologique” d’“étudiants militants”

Boulevard Voltaire a suivi la visite surprise d’Éric Zemmour en Côte d’Ivoire

Éric Zemmour

Ce 23 décembre, Éric Zemmour, accompagné de son directeur de campagne et de sa directrice de la stratégie, a effectué une visite brève mais dense à Abidjan. Sans protocole officiel ni effet d’annonce médiatique, car le terrain de cette opération n’était pas celui d’une communication publique. Il s’agissait, pour le candidat Zemmour, davantage familier des cultures maghrébines que de celles d’Afrique noire, de s’imprégner des réalités des terrains socio-politiques et économiques en Afrique francophone.

Le double objectif de sa visite était, d’une part, d’élaborer une nouvelle politique africaine volontariste et décomplexée de la France en se préparant résolument à une possible fonction présidentielle, futur chef des armées et défenseur des intérêts nationaux. D’autre part, de prendre en compte la situation concrète des Français à l’étranger (plutôt que « de l’étranger »), soit environ 2,5 millions d’électeurs contribuables.

Les deux points forts de cette tournée de campagne ont été la visite aux Forces françaises en Côte d’Ivoire (FFCI) puis une causerie informelle avec des Français de l’étranger, de 15h à 17h. L’équipe de campagne est repartie en soirée par le dernier vol Air France.

Le contexte de cette visite impromptue est révélateur à plus d’un titre du fait qu’Éric Zemmour ne laisse décidément personne indifférent.

Les jours précédant cette visite et jusqu’à son arrivée la veille au soir, les rumeurs les plus spéculatives ont vite enflé dans les rédactions de médias français à l’affut d’un scoop, avides du moindre détail spectaculaire ou insignifiant et relayant sans recul ni confirmation les informations les plus fantaisistes. Le parcours du combattant Zemmour était semé d’obstacles, prévisibles ou imprévus. Coup de pied de l’âne peu éthique, des consignes ministérielles inopinées ont tenté de gêner sa visite en annulant au dernier moment une autorisation écrite de réaliser des images sur le site des FFCI, ainsi que de circuler librement parmi les tables lors du déjeuner ponctuant une visite d’ateliers de présentation.

Avant même l’arrivée d’Éric Zemmour, une personne de la fonction publique avait tenté en vain d’alerter les autorités ivoiriennes d’un risque sécuritaire, avec de supposés troubles sociaux à l’arrivée à Abidjan. Scenario surréaliste contredit par les faits, quand on sait combien sont populaires en Afrique les valeurs d’un dirigeant fort, attaché à défendre en priorité l’identité et la culture de son peuple et les intérêts de son pays. Finalement, le parcours a pu être déminé et tout s’est bien passé.

Lors des échanges avec les militaires français, sous haute surveillance et forte pression ministérielle, le courant est très bien passé avec un homme accessible, spontané et chaleureux, attaché à replacer l’outil de défense, « l’un des derniers remparts et fer de lance de notre civilisation », à une place crédible et indépendante pour préserver notre souveraineté nationale. Avec la profondeur historique qu’on lui connaît, il a rappelé que c’est la première fois depuis la guerre de Cent ans (il y a six cents ans) que la France n’est plus autonome pour équiper et armer ses troupes. La spontanéité des échanges a été inversement proportionnelle au grade de ses interlocuteurs et Éric Zemmour a pu constater que les légionnaires et les parachutistes de tous grades qui constituent actuellement le pilier opérationnel des FFCI, y compris non naturalisés, sont prêts à intervenir dans tous les scenarii sans état d’âme ni exception pour défendre la France.

Détail affligeant, il a ainsi appris, navré, que les procédures de naturalisation de légionnaires étrangers blessés en mission pour la France, sont plus incertaines et longues que celles accordées sans condition à des immigrés clandestins indifférents voire hostiles à la France.

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En 2022 tout peut arriver : quel embarras !, par Philippe Bilger

marine le pen macron

Dire que certains, des spécialistes la plupart du temps, nous annonçaient doctement que la campagne présidentielle de 2022 serait insipide puisque tout était joué quasiment !

L’incertitude est venue faire exploser ces convictions qui résumaient l’opinion autant qu’ils la fabriquaient.

La droitisation, un constat dont on fait une tare, monte ; mais quel scandale que cette société qui ose s’affranchir d’idéologies « progressistes » à ne jamais remettre en cause !

Dans le désordre et l’effervescence, plus créateurs que tous les pronostics, un incroyable mélange qui fait fi des conventions, des habitudes et des conformismes. Le citoyen est bousculé comme le pouvoir.

Le dynamiteur en chef Eric Zemmour, qui ne s’est plus contenté des pensées radicales qu’avec d’autres il partageait, mais qui a changé la donne en les exprimant aussi brutalement que sincèrement.

L’irruption, sans l’ombre d’une mauvaise conscience, de partialités médiatiques heureuses de jeter par-dessus bord des années d’honnêteté, parfois il est vrai à peine respectée.

Une inimaginable grossièreté, fond et forme, dans beaucoup de débats et dans les coulisses de ceux-ci. Je n’aurais jamais cru possibles les débordements du couple Corbière-Garrido. Comme si soudain ce qui retenait tant bien que mal avait lâché prise. Une sorte de lassitude face à ce que la décence avait trop longtemps imposé.

À cause d’Eric Zemmour, un RN dépassé dans sa volonté de normalité et son aspiration à un recentrage, Marine Le Pen apparaissant paradoxalement comme une incarnation de la mesure et un exemple de pragmatisme.

Une gauche dont on aurait besoin en démocratie mais qui ne sait plus de quoi elle est composée, entre la désuétude de ses valeurs historiques et le formidable narcissisme de certains de ses représentants persuadés d’être, chacun, le recours pour une unité impossible.

Jean-Luc Mélenchon se débattant, toutes tempêtes confondues, pour rejoindre son niveau d’avant-hier mais se perdant à proportion.

Le coup de grâce, le comble du ridicule, relevant de Christiane Taubira s’offrant, avec tous ses passifs, telle une ultime chance qui serait attendue par tous les socialistes.

Et, miraculeusement, une voix trop rare, sans ambition personnelle, venant rappeler certaines évidences de gauche de telle manière que la contradiction démocratique en serait enrichie si on l’écoutait: Stéphane Le Foll dont la constance, la fidélité et la répugnance au wokisme et à ces modes détruisant l’universel sous la frime lui sont aujourd’hui imputées à charge (Le Point).

Des intentions de vote fluctuant chaque jour, pour accabler ou faire espérer, c’est selon.

La stabilité relative d’un socle pour le président de la République, donnant l’impression qu’il sera automatiquement qualifié pour le second tour. Il fait tout ce qu’il peut pour nous convaincre, à force de feindre l’hésitation, de son ambition d’être réélu (Gala, RTL).

Avec des soutiens inconditionnels à hauteur de l’inquiétude que leur inspire le changement des règles du jeu. Ce n’est pas fair-play : le second tour était déjà programmé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen et évidemment le premier allait gagner avec les légitimistes, la droite transfuge et une part de la gauche pas encore lassée de ne servir qu’à cela…

Le paradoxe est qu’on ne sent pas en France un vrai désir de prolonger la présidence d’Emmanuel Macron, candidat à plein temps, président pour l’image, cultivant l’émotion et n’hésitant pas à s’intenter des procès pour ses propos ou ses comportements déjà si souvent regrettés. Le pire serait à nouveau un second tour pour rien, donc pour lui.

Ainsi le nouveau monde de 2017 a abouti à ce terrible désenchantement de 2021.

Mais une droite de gouvernement, n’ayant pas besoin comme horizon de « Horizons » d’Edouard Philippe, a surgi. Et cela n’a étonné que ceux qui la rêvaient sinon morte du moins assoupie pour l’éternité. Dans un monde et une France sans repères, où il y a chaque jour quelque chose de nouveau sous le soleil, elle représente tradition, stabilité, pragmatisme et je l’espère, courage. C’est une chance historique pour cette droite d’action, si elle se retrouve au second tour, de n’avoir pas d’autre choix que de surprendre. Elle n’a pas tenu ses engagements hier, elle sera, le dos au mur, comptable de réaliser l’impossible : remettre de l’espoir, du rassemblement et du progrès dans un pays qui ne croit plus à rien.

Dans les premiers mois de 2022, ce billet apparaîtra peut-être vain et faux sur toute la ligne. Mais peu importe : on n’est plus à l’époque où la politique ressemblait à peu près à une science exacte. Où elle était maîtrisable. C’est fini.

Maintenant, et pour longtemps, le citoyen ne pourra plus se fier qu’à lui, sans recours extérieurs, pour trouver son chemin dans l’imprévisibilité angoissante du futur et les surprises en tous genres de la République.

Philippe Bilger

Tribune reprise de Philippebilger.com