Sans prise en compte de l’histoire, la guerre du Sahel ne pourra pas être gagnée, par Bernard Lugan

Bernard Lugan

Lundi 19 août 2019, une nouvelle et importante attaque des GAT (Groupes armés terroristes) menée dans le nord du Burkina Faso, a fait des dizaines de morts, de blessés et de disparus dans les rangs de l’armée burkinabé.
Pourquoi, six ans après la chevauchée de Serval, un conflit au départ localisé au seul nord-est du Mali, limité à une fraction touareg et dont la solution passait par la satisfaction de revendications politiques légitimes, s’est-il transformé en un embrasement régional paraissant échapper à tout contrôle ?

La réponse tient en deux points :

1) En 2013, pour obtenir une victoire totale, il eut fallu conditionner la progression de Serval et la reconquête des villes du nord du Mali à des concessions politiques du pouvoir de Bamako. Les décideurs français ne l’ont pas voulu.

2) Ceux qui ont défini la stratégie française dans la BSS (Bande sahélo saharienne) ont choisi les nuées contre le réel, à savoir l’illusion de la démocratie et le mirage du développement.
Or, en Afrique, comme démocratie = ethno-mathématique, les ethnies les plus nombreuses remportent automatiquement les élections. Conséquence, au lieu d’éteindre les foyers primaires des incendies, les scrutins les ravivent ou les maintiennent en activité.
Quant au développement, tout a déjà été tenté en la matière depuis les indépendances. En vain. D’ailleurs, comment les politiques, les médias et les « experts », peuvent-ils encore oser parler de développement, alors qu’ils savent que la suicidaire démographie africaine en vitrifie par avance toute éventualité ?

Dans l’état actuel de la situation sécuritaire dans la BSS, le retour au réel est plus que jamais une urgence afin d’identifier les causes profondes de la conflictualité à laquelle nos Forces sont confrontées. Elles ont en effet un besoin vital de cette lisibilité que seule la connaissance du passé permet d’obtenir.
L’histoire régionale nous apprend ainsi que les actuels conflits ne sont pas une nouveauté. Résurgences de ceux d’hier, ils s’inscrivent dans une longue chaîne d’évènements expliquant les antagonismes ou les solidarités d’aujourd’hui.
Quelques exemples :

1) A l’ouest du lac Tchad, à partir du Xe siècle et durant plus d’un demi-millénaire, se succédèrent royaumes et empires (Ghana, Mali et Songhay). Tous contrôlaient les voies méridionales d’un commerce transsaharien articulé et même ancré sur des villes-marchés mettant en contact le monde soudanien et le monde méditerranéen. Quand ils étaient forts, ils se faisaient respecter par les éleveurs nomades, leur interdisant de razzier les agriculteurs sédentaires.

2) Après la destruction de l’empire Songhay par le Maroc en 1591, à l’exception des Bambara au nord et des Mossi au sud, les peuples sédentaires de la région ne constituèrent plus de véritables États. Tant chez les Songhay que chez les Djerma, la vie en société ne fut plus dès-lors organisée qu’autour de villages ou de regroupements de villages incapables de se défendre contre la razzia nomade.

3) A la fin du XVIIIe siècle et durant le XIXe, les populations sédentaires de l’ouest du Sahel subirent l’expansion des nomades Peul, mouvement dévastateur qui se fit avec l’alibi de la religion. Trois jihad peul ou apparentés bouleversèrent alors la marqueterie ethno-politique régionale. Celui d’Ousmane (Othman) dan Fodio se fit en pays Haoussa, celui de Seku Ahmadou au Macina et celui d’El-Hadj Omar en pays bambara. Du haut Sénégal à la région tchado-nigeriane, ce ne fut alors que désolation, pillage, massacre et mise en esclavage.

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Pour une convergence LMPT-Gilets jaunes, par Philippe Suvigny

Gilets jaunes

Le printemps 2013 et l’automne 2018 resteront attachés au souvenir de deux mouvements populaires aux espoirs déçus. Chacun a pensé pouvoir faire reculer le gouvernement, voire l’abattre. Chaque fois le gouvernement a résisté.

Rêvons un instant et transportons-nous en octobre prochain. À ce moment-là, le débat sur la PMA battra son plein, tandis que les gilets jaunes n’auront pas désarmé. Imaginons alors une foule additionnant les deux manifestations. Imaginons Paris avec deux millions de Français très en colère face à un gouvernement aux abois. Tout serait alors possible.

Revenons sur terre : un tel rassemblement est-il seulement envisageable ? Qu’y a-t-il de commun entre une France « beauf » noyautée par une extrême gauche ultra-violente et une bourgeoisie catho BCBG aussi attachée à son portefeuille qu’aux bonnes mœurs ?

Le piège est justement de tomber dans ces caricatures, volontairement véhiculées par l’oligarchie politique et médiatique. Les gilets jaunes « authentiques » des premières manifestations n’ont rien à voir avec l’extrême gauche. Quant aux cathos qui ont préféré voter Macron au mépris de leurs propres principes, ils seront absents des mobilisations contre la PMA.

En fait, et en dépit des apparences, opposants à la loi Taubira et gilets jaunes « historiques » constituent deux populations très proches, trop proches pour que l’oligarchie ait intérêt à le montrer.

La classe moyenne est la composante essentielle de chacun de ces mouvements. Certes, elle est plus rurale chez les gilets jaunes, plus citadine dans la manif pour tous. Les premiers vivent plus modestement, les seconds plus confortablement (provisoirement !). Mais, dans les deux cas, c’est cette même France qui croule sous les charges et les prélèvements. C’est cette même France qui sert de vache à lait à des millions d’assistés qui n’ont aucune volonté de s’insérer et vivent d’allocations et de trafics en tous genres. Et c’est cette même France qui supporte de plus en plus mal de voir les plus riches et les élites se dérober à leurs devoirs.

Que faut-il pour que la convergence se fasse ?

Les deux partis doivent d’abord comprendre qu’isolés, la victoire leur restera inaccessible. L’extrême gauche, avec la complicité du gouvernement, continuera à faire peser sa dictature chez les gilets jaunes. Quant à la manif pour tous, elle ne peut espérer l’emporter en se basant sur les mêmes méthodes qu’il y a cinq ans.

Chaque camp doit intégrer, au moins partiellement, les revendications de l’autre.

Les gilets jaunes doivent remonter à la cause la plus profonde des effets qu’ils déplorent, à savoir la décadence morale du pays. Les injustices matérielles qu’ils subissent ont leur source dans l’égoïsme et l’absence de principes moraux de l’oligarchie. Cette absence de principes est cause à la fois du système économique injuste de notre pays et des lois détruisant ses repères moraux et familiaux.

La bourgeoisie patriotique, fer de lance de la manif pour tous, doit être conséquente et prête à sacrifier ce qu’elle pense être ses intérêts matériels immédiats aux principes supérieurs qu’elle défend. Il est impossible de continuer à soutenir le modèle économique mondialiste et ultralibéral qui domine. En effet, ce modèle est cause d’injustices intolérables dont l’immoralité n’a rien à envier aux lois contre la famille.

Tous doivent comprendre que le remède fondamental est dans un retour aux racines chrétiennes et culturelles de notre pays.

L’oligarchie macronienne cherche délibérément à éloigner deux faces d’un même mouvement qui s’oppose à sa politique d’assassinat de la nation. Et pour cause : elle sait que leur union lui sera fatale !

À chacun d’agir en conséquence. Opposants à la PMA : tous en gilets jaunes les samedis ! Gilets jaunes : tous à Paris le 6 octobre !

Philippe Suvigny

Tribune reprise de les4verites.com

Aude Mirkovic : « Si nous ne voulons pas du business de la fabrication des bébés, il faut dire NON à ce projet. »

Boulevard Voltaire vient de publier un entretien intéressant avec Aude Mirkovic qui dénonce le projet de remboursement de la PMA – par la Sécurité sociale – à toutes les femmes.

1) Le ministre de la Santé Agnès Buzyn a confirmé, fin juin, que la PMA, qui sera ouverte à toutes les femmes, serait remboursée à toutes. Les députés Valérie Boyer et Pierre-Henri Dumont (LR) dénoncent un dévoiement des principes de la Sécurité sociale. Partagez-vous leur avis ?

Tout à fait. Le but de l’assurance maladie est de permettre aux assurés de faire face à des maladies, des pathologies. Déjà, parmi les soins pris en charge, il est nécessaire d’opérer une hiérarchisation des dépenses en raison de la croissance des dépenses et du déficit récurrent : on assiste à une baisse tous azimuts de l’offre de soins au fil des années. Demandez, par exemple, aux parents des enfants autistes s’ils ont de quoi payer l’ergothérapie dont leurs enfants ont besoin, aux personnes âgées qui n’ont pas de mutuelle complémentaire si elles peuvent remplacer leurs lunettes, et à de nombreuses personnes pourquoi elles ne remplacent pas les dents qui leur manquent. Autant de soins que l’assurance maladie ne prend pas ou peu en charge, faute de moyens. En dernier lieu, la fin du remboursement de l’homéopathie vient d’être décidée au motif que l’efficacité thérapeutique de l’homéopathie ne serait pas prouvée. Je ne me prononce pas sur le point de savoir si l’homéopathie est efficace ou pas, ce n’est pas de ma compétence. En revanche, chacun peut percevoir l’injustice qu’il y a à dérembourser des médicaments au motif que leur efficacité thérapeutique n’est pas prouvée, tout en prévoyant le remboursement total de PMA qui ne s’inscrivent dans aucune démarche thérapeutique, ni prouvée ni même alléguée, puisque les intéressés ne souffrent pas d’infertilité.

2) Le remboursement de la PMA à toutes les femmes susciterait-il d’autres problèmes que cette dérive de la fonction de la Sécurité sociale ?

Il y aurait, notamment, un détournement du rôle de la médecine, dénoncé par plus de 1.700 médecins dans une tribune en ce sens (https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Ethique/petition-contre-PMA-signee-1-700-medecins-2018-06-01-1200943665). Les médecins deviennent des prestataires de service, sans compter qu’inséminer une femme fertile par un donneur fertile ne requiert aucune compétence médicale : la blouse blanche ne suffit pas à donner un caractère médical à une prestation devenue un business. Et cela ne concerne pas seulement les femmes seules ou en couple de femmes : le projet de loi offre la PMA non seulement à toutes mais à tous, y compris les couples fertiles qui pourront recourir à la PMA et au don de gamètes dans une branche ou les deux si tel est leur choix. La PMA pour les femmes est l’arbre qui cache la forêt : le projet est celui de la « procréation sans sexe pour tous », comme le dit explicitement le rapport parlementaire du député Jean-Louis Touraine. Le but est d’organiser la production industrielle de l’humain avec, bien entendu, programmation et sélection des enfants pour réaliser le projet du ou des adultes en désir d’enfant. En effet, si un couple fertile recourt à la PMA, ce n’est pas pour avoir un enfant sans plus – ce qu’ils peuvent faire tout seuls. C’est pour avoir tel enfant qui correspond à tel projet. Si nous ne voulons pas du business de la fabrication des bébés, il faut dire NON à ce projet.

3) Une manifestation nationale unitaire contre le projet de loi bioéthique est prévue, le 6 octobre 2019, à Paris. Pensez-vous que cette mobilisation puisse contribuer à enrayer le mouvement « progressiste » qui nous entraîne aujourd’hui vers la PMA pour toutes remboursée par la Sécurité sociale, demain vers la GPA ?

Bien sûr qu’elle le peut ! Ce projet va à l’encontre de la justice en privant légalement certains enfants de père, et de la dignité humaine par la programmation et sélection des enfants en fonction du projet parental qu’ils sont sommés de satisfaire ou de telle ou telle préférence personnelle recherchée par les adultes. Il est encore possible de contribuer à une prise de conscience, encore faut-il que chacun s’y mette : il est possible, par exemple, de commander gratuitement un petit livret explicatif sur le site www.pmagpa.fr. À chacun de le lire et de le donner ensuite à quelqu’un. C’est à la portée de tous ! Et offrir ne serait-ce qu’un seul livret à une seule personne sera plus efficace que des heures de lamentations !

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Donald Trump souhaite que la détention des mineurs migrants soit illimitée dans le temps

Donald Trump Onu

22/08/2019 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Le président américain Donald Trump veut s’attaquer à une décision judiciaire dite “loi Flores” : les mineurs qui passent la frontière des États-Unis pourraient être mis en détention pour une durée illimitée.


Le G7 de Biarritz s’annonce caniculaire

Le G7 se réunira à Biarritz, du 24 au 26 août, sous la présidence de la France. Le G7, c’est la grand’messe de sept des principaux pays industrialisés de la planète (Etats-Unis, Grande Bretagne, Canada, France, Allemagne, Italie et Japon), un moment de concertation dont l’intérêt pratique est loin d’être évident. Qui plus est, cette réunion de chefs d’Etats se double désormais d’un rendez-vous avec des casseurs venus eux aussi du monde entier : pugilat géant orchestré par des mouvements d’extrême gauche, comme Attac, happening anticapitaliste, véritables jeux olympiques de la castagne.

Tout le monde le sait : on ne travaille pas bien, on ne négocie pas bien, sous la contrainte. De ce point de vue, le G7, avec ses manifestants armés assiégeant la réunion, ne saurait être autre chose qu’une réunion symbolique, « pour la photo ». L’occasion, aussi pour Macron, si les choses ne se passent pas trop mal, d’affirmer sa stature d’homme d’Etat de dimension européenne, voire mondiale.

Les vraies décisions sont prises avant ou après, mais certainement pas pendant. Par exemple le projet de réintégrer la Russie dans le club. Elle en avait été écartée après les évènements de Crimée. Mais Trump pousse à la normalisation, et de ce point de vue, la rencontre Poutine-Macron de Brégançon prépare aussi cette évolution.

L’extrême gauche, combien de divisions ?

Chacun sait aussi qu’au-delà de huit à dix personnes autour d’une table, on ne travaille pas sérieusement. Sept chefs d’Etat réunis à huis clos, cela aurait du sens. Mais 3000 personnes ! On attend en effet 3000 personnes constituant les délégations des sept pays, et divers observateurs internationaux. Ces délégations seront protégées par 12 000 policiers. Et des centaines de journalistes joueront les paparazzi. Parmi eux, un envoyé de Présent, certes non officiellement accrédité, mais suffisamment débrouillard et « gonflé » pour être aux bons endroits aux bons moments, y compris au sein des manifestations de l’extrême gauche.

Et cette extrême gauche, combien de divisions ? Ils viendront pour se compter, justement, en vue du Grand Soir. Leur grande réussite avait été le sommet de Gênes, en 2001 : 100 000 casseurs face à 15 000 policiers, un mort, 1000 blessés, 200 voitures incendiées, des centaines de magasins saccagés et pillés. Les altermondialistes d’Attac et des autres groupuscules « altermondialistes » rêvent d’un autre « Gênes ». Si Biarritz est trop bien protégé, les bastonneurs ont prévu de saccager Hendaye, une commune située à 30 kilomètres plus au sud.

Lundi, cinq « altermondialistes » ont été interpellés. Ils indiquaient sur les réseaux sociaux où sont logées les forces de l’ordre, et lançaient des appels à incendier leurs hôtels et garnisons.

La date du sommet, 24-26 août, est une catastrophe pour les vacanciers. Elle correspond exactement au grand retour vers la région parisienne et vers les métropoles européennes. On sait déjà que, pendant ces quelques jours, la gare SNCF sera fermée, la circulation automobile sera très difficile, voire interdite, de même que la navigation à proximité des côtes.

Dans le passé, certains sommets des G7 ou G8 s’étaient passés dans le calme, comme celui de 2002, qui s’était déroulé au Canada, dans un village perdu entre lacs et forêts, celui de 2013, en Irlande du Nord, en pleine campagne, ou celui de 2015, dans les Alpes bavaroises. La France ne manque pas de campagnes profondes et de montagnes peu propices à la guérilla urbaine. Macron a fait le pari de choisir un lieu considéré comme plus prestigieux. Pour le meilleur ou pour le pire.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 21 août 2019

Grand remplacement en Europe : l’Italie de Salvini, dernier rempart ?

Polémia continue son tour d’Europe du Grand Remplacement. C’est au tour de l’Italie d’être étudiée par Paul Tormenen. Face à l’afflux de migrants sur ses côtes, le pays peut compter sur Matteo Salvini pour tenter d’éviter le pire !

Avant d’être un pays d’immigration, l’Italie a été un important pays d’émigration. C’est surtout à partir des années 60 que l’immigration a commencé à y être importante. La déstabilisation de la Libye en 2011 par une coalition de pays occidentaux et les convictions pro-immigration du précédent gouvernement ont rendu possible des flux migratoires considérables dans les années 2010, qui ont affecté toute l’Europe.

Le nouveau gouvernement en place depuis 2018 a pris plusieurs mesures visant à endiguer les arrivées illégales sur les côtes italiennes. L’Italie est apparu comme un rempart à la transformation accélérée de la population européenne. Le récent accord conclu par quelques pays européens visant à répartir automatiquement les clandestins arrivant sur les côtes européennes pourrait de nouveau changer la donne.

L’immigration en Italie

Alors que pendant des décennies, le chômage et la pauvreté ont poussé de nombreux italiens à émigrer, l’immigration en Italie a commencé à prendre une importance significative dans les années 1970. Les secteurs de l’aide à domicile, de l’hôtellerie et du bâtiment ont recruté en nombre des travailleurs étrangers depuis cette période.

Dans les années 90, l’immigration issue d’Afrique sub-saharienne et du moyen Orient a pris de l’importance (1).La chute du régime communiste en Albanie en 1990 a marqué le début d’une importante vague migratoire en provenance de ce pays, dont les ressortissants sont très nombreux en Italie (2).

Durant les années 2010, des arrivées massives de clandestins venant des côtes libyennes ont été organisées par des passeurs. Dans le périple migratoire sur la méditerranée, certaines organisations non gouvernementales sont parfois un rouage essentiel (3). Plusieurs explications peuvent être données à cette immigration incontrôlée :

la proximité géographique de l’Italie des côtes libyennes,
la déstabilisation du régime libyen en 2011 par une intervention militaire de pays occidentaux,
et surtout l’absence de volonté politique du gouvernement de l’époque de mettre un terme à l’immigration clandestine.

Les chiffres des arrivées par la mer de clandestins en Italie sont impressionnants : 62 692 en 2011, 170 100 en 2014, 181 436 en 2016, 119 369 en 2017 (4). Soit 743 600 personnes – très majoritairement musulmanes (5) – dans la seule période 2011-2017. Et on ne parle ici que des clandestins ayant fait l’objet d’un recensement, ce qui par nature en minore très certainement le nombre réel. Ce n’est qu’à partir de 2018 avec l’accession au pouvoir d’une coalition composée du parti 5 Etoiles et de la Lega que ces arrivées par la mer ont baissé de manière significative pour atteindre 23 000 personnes (6).

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Lampedusa : les migrants du navire Open Arms ont débarqué

21/08/2019 – EUROPE (NOVOpress)
La justice italienne a finalement ordonné, mardi soir, le débarquement à Lampedusa, en Sicile, des migrants recueillis par l’Open Arms et la mise sous séquestre de ce navire espagnol. Et de trancher ainsi le différend qui opposait Madrid à Rome depuis plusieurs jours.

Dans la nuit du 21 août, les migrants recueillis en Méditerranée par le navire pro-immigration Open Arms ont donc débarqué sur l’île de Lampedusa.

L’annonce du débarquement ordonné par le procureur italien a suscité des explosions de joie parmi les migrants. Un peu moins du côté du peuple italien…

Critiqué pour sa fermeté par Madrid, Matteo Salvini a notamment déclaré : “Je n’ai pas peur, fier de défendre les frontières et la sécurité de mon pays.



Matteo Salvini : « On me reproche d’être obsédé par l’immigration (…) Oui, je plaide coupable d’être obsédé par la sécurité des Italiens »

Emmanuel Macron et l’inversion accusatoire, par Guillaume de Thieulloy

À L’occasion de l’anniversaire du débarquement en Provence, Emmanuel Macron a notamment déclaré : « Je crois très profondément que ce que notre pays, notre continent sans doute, et le monde occidental traversent aujourd’hui, est une crise profonde de doute, mais réside aussi parfois dans l’oubli du courage, dans l’esprit de résignation, dans les petits abandons. Ce qui porte notre pays ce sont ces siècles de bravoure, c’est cette force d’âme, c’est cet esprit de résistance. C’est ce fait qu’il n’y a rien en France au-dessus de la liberté et de la dignité de chacun, cet amour de la France, c’est ce qui doit nous réconcilier. »

Nous serions tentés d’applaudir si M. Macron avait une légitimité quelconque à tenir un tel discours. Hélas, il n’en est rien.

L’amour de la France, l’actuel chef de l’État l’a piétiné à maintes reprises, accusant notamment son propre pays – et à l’étranger ! – de crimes contre l’humanité en Algérie.
Les malheureux Algériens qui, voici quelques mois, manifestaient contre le régime corrompu de Bouteflika au cri d’« Algérie française », avant de rejoindre les geôles sordides du FLN, ont dû apprécier !

De façon générale, ni l’histoire de notre pays, ni la beauté de ses paysages ne semblent émouvoir notre président.

Technocrate déraciné, il pense que la France n’a pas d’avenir et que l’heure est venue pour la « gouvernance » (pour employer le sabir en vigueur) européenne, en attendant sans doute la « gouvernance » mondiale.

Comment donc pourrait-il sortir notre France du doute ?

Il semble n’avoir aucune idée de ce qui a forgé l’identité de notre peuple – et, d’ailleurs, le mot même d’identité semble un gros mot pour ses soutiens.

Quant à l’esprit de résignation et d’abandon, c’est se moquer du monde que d’oser l’évoquer quand on est comptable du double bilan du quinquennat précédent et du quinquennat actuel !

Qu’est-ce que la loi Avia contre la « cyberhaine », sinon une façon particulièrement perverse d’acheter la « paix sociale » avec les banlieues de l’islam au prix de la liberté de tous les Français ? Cet aveuglement volontaire sur la réalité islamique n’est-il pas l’archétype de l’oubli du courage ?

Mais, surtout, il est ahurissant d’entendre l’homme d’État qui, en 70 ans, a le plus fait contre les libertés des Français et qui a le plus insulté les plus modestes affirmer tranquillement qu’« il n’y a rien en France au-dessus de la liberté et de la dignité de chacun ».

C’est d’autant plus ahurissant que, dans le même discours, Emmanuel Macron a implicitement accusé les gilets jaunes d’avoir divisé le pays par la violence.

Chacun sait que ces violences avaient tout à voir avec l’extrême gauche, choyée par les gouvernements successifs, et rien avec les gilets jaunes.

Chacun sait surtout que la révolte des gilets jaunes est une révolte pour la liberté et pour la dignité des Français.

Même dans la torpeur estivale, une telle inversion accusatoire aurait dû susciter des réactions indignées. Mais l’opposition reste aux abonnés absents.

J’avoue qu’entendre un tel discours dans la bouche d’un tel homme et n’entendre aucune réplique médiatique ou politique, ne me rassure pas sur la santé de notre pauvre pays.

Il est vrai qu’elle était en plus mauvais état en 1944, quand les troupes de de Lattre ont débarqué en Provence. Mais l’esprit de résistance était plus fort, alors. Aujourd’hui, ne semble subsister que le mensonge et l’esprit de soumission – soumission à l’islam comme au nihilisme.

Comme le rappelait Soljénitsyne à Harvard, seul le courage permet de s’opposer au totalitarisme – et le courage manque cruellement aujourd’hui.

Guillaume de Thieulloy

Tribune reprise de les4verites.com

Notre renaissance passe par la remigration

Forts du constat que les sociétés multiculturelles sont un échec retentissant, les identitaires proposent depuis plusieurs années une audacieuse politique de remigration. Le retour dans leur pays d’origine d’une majorité d’immigrés non Européens est une priorité absolue.

L’invasion migratoire n’est évidemment pas le seul malheur qui frappe les Européens : chômage de masse, explosion de la cellule familiale, progression constante de la dépression et des comportements addictifs, atomisation sociale, etc. La liste est longue.

Pour autant, c’est bien la remigration qui doit être la première étape de la reconstruction identitaire, sociale, économique et politique de la civilisation européenne.

Le multiculturalisme source du malaise européen

L’invasion migratoire et le matraquage médiatique destiné à la faire accepter constituent sans doute la cause principale du mal-être des Européens. Les autochtones subissent un exil dans leur propre pays, ils ont été chassés des banlieues par de nouveaux venus qui se comportent en conquérants arrogants, ainsi que par l’insécurité endémique et la dépossession culturelle qui les accompagne. À cela s’ajoute la peur de l’exclusion sociale pour qui oserait critiquer le dogme multiculturaliste. Vivre dans la France du XXIe siècle, c’est subir un politiquement correct étouffant et démoralisant.

Sans remigration, point de salut !

L’immigration n’est pas un problème particulier que l’on pourrait considérer isolément des autres grandes questions sociales et sociétales. C’est un phénomène majeur dont les ramifications sont multiples et durables. La présence massive de populations exotiques dans notre pays fausse tous les débats, tous les indicateurs, et paralyse tous les moyens mobilisables pour sortir du marasme ambiant.

Comment les syndicats pourraient-ils protéger les salariés quand l’essentiel de leur activité consiste aujourd’hui à défendre les immigrés dont l’arrivée a détruit la solidarité des travailleurs ? Au-delà des dysfonctionnements de l’Éducation nationale, la baisse généralisée du niveau scolaire n’est-elle pas due au poids écrasant de l’immigration ? Les systèmes sociaux sont-ils intrinsèquement trop coûteux ou sont-ils simplement inadaptés aux peuples de substitution qui se sont installés ici en moins d’un demi-siècle ?

Aucune réforme sociale fondée sur une augmentation de la dépense n’est envisageable lorsque des dizaines de milliards d’euros sont confisqués chaque année par le clientélisme gouvernemental envers les immigrés. Et dans le même temps, aucune réduction de ces dépenses n’est concevable sans mettre en péril la fameuse « paix sociale républicaine », qui n’est qu’une paix ethnique qui ne dit pas son nom. L’arrêt de la politique de la ville, c’est à coup sûr les banlieues qui s’embrasent et les émeutes de 2005 en pire. Prises entre le marteau et l’enclume, le seul horizon des classes populaires et moyennes françaises est la saignée fiscale.

De la nécessité de réapprendre à combattre

Si les raisons précédemment évoquées justifient à elles seules la remigration, ce combat pour la Reconquête permettra aussi aux peuples européens de retrouver les qualités intérieures, instinctives et spirituelles nécessaires à la rénovation de notre civilisation.

Le combat identitaire revêt un caractère à la fois urgent et existentiel. Urgent car l’immigration progresse massivement et continuellement. Existentiel car il répond à une question de survie ainsi que de développement spirituel et social en préservant une culture qui nous donne une raison d’être autre chose que des consommateurs.

Ce combat pour notre préservation n’est ni incompréhensiblement technique ni désespérément vague comme peuvent l’être les questions économiques. Chacun est concerné et les solutions de bon sens s’imposent progressivement dans le débat politique européen : les bonnes frontières font les bons voisins.

Ce combat est non seulement nécessaire mais il est aussi gagnable. En effet, la contestation populaire contre l’invasion migratoire ne cesse de s’amplifier : le mouvement des gilets jaunes n’hésitait pas au départ à dénoncer les clandestins et le Pacte de Marrakech, les sondages placent régulièrement l’immigration comme première préoccupation des Français. Dans le même temps, les digues médiatiques et politiques s’effritent.

Depuis plusieurs décennies, la droite a mené des combats parfois stériles ou d’arrière-garde, tout en vivant sous l’hégémonie culturelle de la gauche. Son muscle politique s’est atrophié par manque d’exercice sérieux. C’est en menant l’authentique lutte du XXIe siècle, celle de la démographie, que la droite retrouvera le sens du combat et de la victoire politique, faite de conquêtes concrètes et vitales. Lorsque la remigration sera mise en place, la droite aura renoué avec le succès. Alors seulement, la domination métapolitique « progressiste » sera brisée.

Aucune conquête politique future ne se fera sans redécouvrir une éthique de la volonté. Car, comme le disait Dominique Venner, « Tout montre selon moi que [les Européens] seront contraints d’affronter à l’avenir des défis immenses et des catastrophes redoutables qui ne sont pas seulement celles de l’immigration. Dans ces épreuves, l’occasion leur sera donnée de renaître et de se retrouver eux-mêmes ».

Corentin Rochefort

Texte repris du site de : Les Identitaires

Stéphane Ravier censuré – La Provence est devenue La Pravda de Marseille

Du temps de l’URSS, la pratique était courante, pour ne pas dire systématique : les photos étaient retouchées pour éliminer les visages des ennemis du peuple. Comme la définition d’ennemi du peuple était évolutive, les photos anciennes devaient être constamment retouchées.

Dieu soit loué, la Pravda d’aujourd’hui n’est plus la Pravda d’hier. Mais c’est la France qui se soviétise, et c’est le quotidien monopolistique de Marseille La Provence qui se transforme en une nouvelle Pravda. Le site Boulevard Voltaire nous le raconte sous la plume de Thomas Bertin.

A l’occasion des cérémonies du 15 août, les fidèles s’étaient rassemblés, comme chaque année, dans la cathédrale de la Major. La Provence avait réalisé le reportage habituel, avec une photo montrant la foule rassemblée dans la cathédrale, pour prier et chanter. Mais là, horreur, scandale, au milieu de la foule, les agents de la censure interne de La Provence reconnaissent… le sénateur RN des Bouches-du-Rhône, Stéphane Ravier. Il faut avoir de bons yeux et être physionomiste pour l’identifier dans cette foule très dense de plusieurs centaines de personnes. Sans doute muni d’une loupe, le préposé à la censure a réussi à l’identifier, et il s’est apparemment dit que si lui avait réussi à la reconnaître, des lecteurs de La Provence risquaient d’en faire autant. Du même coup, cette image d’un sénateur RN qui prie et qui chante au milieu d’une foule de chrétiens va à l’encontre des pratiques habituelles de diabolisation des élus et militants de ce courant.

Ni une ni deux, la censure a flouté le visage de Stéphane Ravier. « Miracle de la technologie, commente Thomas Bertin, non pas une apparition, mais une disparition : celle du sénateur RN des Bouches-du-Rhône. »

A notre connaissance, ce cas est unique en France. Il y avait bien eu, en 1971, après les affrontements du palais des Sports entre militants d’Ordre nouveau et maoïstes et trotskystes (c’étaient les courants gauchistes à la mode à l’époque), la circulation et la publication d’une photo retouchée (par l’AFP ? par Le Républicain lorrain qui l’avait publiée en une ?) où les visages des jeunes nationalistes avaient été grossièrement affublés de dents de vampires et d’yeux à la Belphégor.

« Honte à vous ! »

Mais même de Gaulle, qui pratiqua la censure à haute dose contre les résistants à l’abandon de l’Algérie, n’a pas fait flouter le visage de Georges Bidault, descendant les Champs-Elysées à ses côtés, en août 1944, malgré son soutien ultérieur à l’OAS.

Le sénateur Ravier a aussitôt envoyé un message à La Provence : « Bonjour, La Provence, dans votre page sur la procession de la Major pour célébrer la Madone, vous avez flouté mon visage ! Ça vous prend souvent d’agir comme la Pravda de Staline ? Honte à vous ! » Ravier a demandé des excuses publiques, qu’il n’a toujours pas obtenues à l’heure où paraissent ces lignes.

France Info s’est fait l’écho de ce floutage, évoquant des raisons « obscures ». Non, les raisons ne sont pas obscures du tout. La Provence, qui bénéficie d’un monopole de fait de l’information locale écrite, se veut au service du parti de Macron, et entend bien peser localement, dans la perspective des élections municipales de mars prochain. Dans ce cadre, il est probable – comme cela s’est toujours pratiqué dans la « grande » presse – que Stéphane Ravier figure sur la liste noire de La Provence, liste qui identifie les personnes qu’il ne faut jamais citer positivement. C’est ça, la censure. •

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 19 août 2019

Le Kosovo : « un État mafieux non viable économiquement, politiquement, en plein cœur de l’Europe »

19/08/2019 – EUROPE (NOVOpress)
20 ans après la fin des combats, les relations sont exécrables entre Belgrade et Pristina ainsi qu’entre Serbes et Albanais.

Xavier Moreau, fondateur du think tank Stratpol, spécialiste des relations soviéto-yougoslaves pendant la guerre froide, revient sur la situation explosive du Kosovo.


Et Angela Merkel continue de défendre sa politique migratoire…

Lors d’une discussion avec des citoyens, Angela Merkel a une nouvelle fois défendu sa politique migratoire, alors que des crimes en tous genres commis par des migrants ont lieu un peu partout en Allemagne.

De retour de vacances d’été, la chancelière démocrate-chrétienne Angela Merkel s’est rendue, ce mardi 13 août 2019, au sein de sa circonscription électorale, située dans le nord-est de l’Allemagne, sur la mer Baltique, et y a visité une école à Greifswald, puis a pris part à une rencontre à Stralsund avec 200 lecteurs du quotidien Ostsee Zeitung.

Elle a, à cette occasion, défendu sa politique migratoire, tout en déclarant devoir vivre avec la controverse qui porte sur celle-ci, avant d’ajouter que ce choix, en 2015, d’ouvrir les frontières a aidé lors d’une crise humanitaire exceptionnelle et urgente.

Selon Angela Merkel, l’Allemagne ne peut pas seulement prendre soin de sa propre prospérité, mais doit assumer sa part du monde : « Nous ne pouvons pas penser seulement à nous. » Elle a qualifié les « sauvetages » en mer Méditerranée de « devoir humanitaire », tout en critiquant les contrebandiers et passeurs.

Accusée par un élu local patriote, présent parmi les intervenants, de diviser, par sa politique migratoire, la société allemande, la chancelière a nié ce fait. Pourtant, il est évident qu’une partie du peuple vit très mal l’arrivée massive de gens venus d’autres continents et la criminalité engendrée par ceux-ci. Les sondages en vue des élections pour les Parlements de trois États allemands de l’Est prévues le 1er septembre – Saxe et Brandebourg – et le 27 octobre – Thuringe – donnent de très bons scores au parti patriotique Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Alors qu’Angela Merkel chante les louanges de sa propre politique d’accueil de migrants, quotidiennement, divers faits sordides se déroulent à travers le pays.

Ainsi, le dimanche 11 août, à 5 heures du matin, à Neuötting, en Bavière, une dame de 52 ans a été suivie, agressée en rue, tirée dans un pré et violée par deux hommes au teint sombre.

La même nuit, à 0 h 45, à Hanovre, en Basse-Saxe, une dame de 38 ans a été harcelée sexuellement en rue par deux hommes ayant un « physique du Sud », puis poussée contre un grillage et violée par un des deux individus.

Toujours le 11, cette fois vers 22 h 50, à Leipzig, en Saxe, une jeune femme de 21 ans a été victime en rue de propos sexistes d’un « homme du Sud », puis frappée par celui-ci avant de tomber au sol.

Les plus jeunes représentantes de la gent féminine ne sont pas épargnées. Le vendredi 9 au soir, à Straubing, en Bavière, deux adolescentes de 15 et 16 ans ont été harcelées et poursuivies par un homme « du Sud » parlant un allemand saccadé, alors que le jeudi 8 août, à Altenbeken, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, un homme à la peau foncée a abordé, sur une plaine de jeux, deux filles de 11 ans, en a embrassé une et a touché l’autre aux parties intimes.

Lionel Baland

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Ni France des homards, ni France des kebabs… on a le droit ?

Ce n’est pas rien, d’être porte-parole du gouvernement. On en est à la fois le miroir, l’émissaire, le traducteur, l’intermédiaire, l’avocat, l’identité. On porte cette parole du gouvernement respectueusement comme le Saint-Sacrement et sans la travestir.

Si Sibeth N’Diaye est ce fidèle reflet, il y a de quoi s’interroger.

Le premier langage, celui que l’interlocuteur perçoit tout d’abord, est celui du corps. Passons sur le piercing lingual, qu’elle « tient à conserver malgré ses fonctions de porte-parole du gouvernement », explique Gala (11 juillet 2019), parce qu’il « lui rappelle son engagement passé et le travail de terrain qu’elle effectuait pour convaincre les jeunes de se mobiliser, notamment après le coup de tonnerre du 21 avril 2002 », et qu’elle « avait entamé un tour de France avec l’UNEF entre les deux tours de la présidentielle, pour convaincre la jeunesse étudiante de se mobiliser contre le FN ». Quel rapport ? Mais admettons. Après tout, s’il ne l’empêche pas de s’exprimer – l’organe sur lequel il est posé étant quand même son outil de travail -, cela ne nous regarde pas.

Passons sur ses tenues bigarrées diverses et variées. Les goûts et les couleurs, ma foi… et convenons que les costumes ajustés d’Emmanuel Macron ont remplacé les tenues tirebouchonnées de François Hollande sans que cela ne change d’un iota le mal-être des Français.

Ses atours « très décontractés » – comme les décrit (toujours) Gala – du 14 juillet ont fait, en revanche, légitimement tousser. Son tee-shirt imprimé « Tous les garçons et les filles », refrain de Françoise Hardy, sera sans doute du meilleur effet sur la plage, mais aucun ministre n’aurait eu l’idée d’arriver accoutré de son pendant masculin, version Jacques Dutronc « Je suis un opportuniste, je retourne ma veste », même si c’est souvent vrai.

Emmanuel Macron n’arborait ni tongs ni bermuda, les forces armées qui défilaient devant la tribune officielle dans leur costume chamarré auraient assez peu apprécié. La moindre des choses, pour un porte-parole, serait de se mettre modestement au diapason. Mais casser les codes est devenu le nouveau code. Et ses origines, qu’elle convoque à l’envi pour tétaniser ses détracteurs, ne sont pas le sujet. J’ai fait ma première communion au Sénégal, pays natal de Sibeth N’Diaye, et me différenciais, ce matin-là, à mon grand dam, des autres enfants par deux caractéristiques, les photos peuvent en témoigner : ma couleur de peau, à laquelle nul ne pouvait rien, et ma tenue que je reprochais in petto à ma mère… je portais robe à bretelles et sandales quand toutes les fillettes avaient les épaules couvertes et des socquettes bien tirées dans des chaussures fermées, ce qui, trouvais-je, me faisait ressembler par comparaison à une va-nu-pieds.

Mais ce sont surtout ses mots du 17 juillet, pour commenter la démission du ministre de l’Écologie, qui ont déchaîné les passions sur les réseaux sociaux : « Tout le monde ne mange pas du homard, on mange plutôt du kebab. » Pour la porte-parole de l’Élysée, exit le jambon-beurre, la quiche lorraine, la salade parisienne, le petit salé, la galette bretonne, le gratin dauphinois et tutti quanti… le plat populaire français symbolique est désormais le kebab.

En février 2017, Emmanuel Macron ironisait sur « les petits bourgeois », « les immobiles », ces empêcheurs de consommer en rond qui s’opposaient aux ouvertures le dimanche parce que, ce jour-là, « on reste chez soi à manger la blanquette de veau en famille ». Ce dont Emmanuel Macron rêvait, sa porte-parole Sibeth N’Diaye l’a fait : la France blanquette de veau n’est plus, écrasée entre la France des hauts lieux, celle des homards, et la France des banlieues, celle des kebabs. Avec le néant au milieu.

Son piercing, suggère Gala, serait un porte-bonheur dans sa lutte contre l’extrême droite ? Si elle multiplie ce genre de déclarations, au vu des tombereaux d’indignation, c’est tout un champ de clous en rangs serrés qu’il va falloir planter avant les prochaines élections.

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Vladimir Poutine attaque l’accueil des migrants : « Où sont les intérêts de la population autochtone ? »

Vladimir Poutine, président de la Russie, accordait récemment au Financial Times un entretien très commenté dans lequel il attaquait frontalement le libéralisme menant à l’accueil des migrants par de nombreux pays européens. Voici la traduction d’extraits de cet entretien par les soins de Polémia.

Financial Times : Une question générale maintenant. J’ai parlé au début de notre entretien d’une fragmentation. Un autre phénomène aujourd’hui est la vive réaction populaire contre les élites et l’establishment et vous avec vu cela avec le Brexit. Peut-être parlerez-vous de l’Amérique de Trump. Vous avez vu cela avec l’AFD en Allemagne, en Turquie et dans le monde arabe. Combien de temps pensez-vous que la Russie pourra rester immunisée contre ce mouvement global de réaction contre l’establishment ?

Vladimir Poutine : Vous devez examiner les réalités dans chaque cas particulier. Bien sûr il y a des tendances, mais elles sont seulement générales. Dans chaque cas particulier, lorsque l’on regarde la situation, et la manière dont elle se déroule, vous devez prendre en compte l’histoire du pays donné, sa tradition et ses réalités. Combien de temps la Russie restera-t-elle stable ? Le plus longtemps sera le mieux. Parce que de nombreuses choses, et sa position dans le monde, dépendent de sa stabilité, de sa stabilité intérieure.

Ultimement, le bien-être du peuple dépend tout d’abord de sa stabilité. Une des raisons, la raison interne, pour laquelle pour laquelle l’URSS s’est effondrée, est que la vie quotidienne était difficile pour le peuple, dont les salaires nets étaient très bas. Les magasins étaient vides et le peuple perdait le désir intrinsèque de préserver l’Etat. Les gens pensaient que les choses ne pouvaient pas empirer, quoi qu’il arrive. Or il advint que la vie devint pire pour de nombreuses personnes, spécialement au début des année 1990, lorsque la protection sociale et le système de santé s’effondrèrent et que le système industriel s’émiettait. Le régime soviétique était probablement inefficace mais au moins les gens avaient un travail. Après l’effondrement ils l’ont perdu. Donc vous devez étudier chaque cas particulier de manière séparée.

Que se passe-t-il en occident ? Quelle est la raison du « phénomène Trump », comme vous l’avez dit, aux Etats-Unis ? Que se passe-t-il aussi en Europe ? Les élites au pouvoir se sont détachées du peuple. Le problème évident est le fossé entre les intérêts des élites et ceux de l’écrasante majorité du peuple. Nous ne devons pas négliger cette possibilité. Une des choses que nous devons faire en Russie est de ne jamais oublier que le but de l’exercice et de l’existence de tout gouvernement est de créer une vie stable, normale et sûre pour le peuple, et d’œuvrer pour un avenir meilleur.

Il y a aussi la prétendue idéologie libérale qui a survécu à son objectif initial. Nos partenaires occidentaux ont admis que de nombreux éléments de l’idéologie libérale, comme le multiculturalisme, ne sont plus tenables. Quand le problème des migrations est devenu une préoccupation majeure, de nombreuses personnes ont admis que la politique multiculturaliste n’était pas efficace, et que les intérêts de la population nationale devaient être placés en premier. Il est vrai que ceux qui font face à des difficultés dans leur propre pays, pour des motifs politiques, ont aussi besoin de notre aide. C’est un bel idéal, mais où sont les intérêts de la population autochtone quand le nombre de migrants se dirigeant vers l’Europe de l’ouest n’est pas une simple poignée, mais des milliers ou des centaines de milliers de personnes ?

Financial Times : Angela Merkel a-t-elle commis une faute ?

Vladimir Poutine : Une faute cardinale. On peut critiquer Trump pour son intention de construire un mur entre le Mexique et les Etats-Unis. Peut-être cela va-t-il trop loin. Je ne veux pas discuter cela. Mais il devait faire quelque chose contre l’énorme flux entrant de migrants et de narcotiques. Personne ne fait rien. On dit à l’envi que ce n’est pas bien. Mais qu’est-ce qui n’est pas bien ? Que faut-il faire ? Personne n’a rien proposé. Je ne dis pas qu’un mur doit être construit, ou les droits de douane relevés de 5 % par an avec le Mexique. Ce n’est pas ce que je dis, cependant quelque chose doit être fait. Trump cherche au moins une solution.

A quoi je veux en venir ? Ceux qui sont concernés à propos de cela, les Américains ordinaires, regardent cela et disent : « C’est bien, au moins il fait quelque chose, en proposant des idées et en cherchant une solution ». Les tenants de l’idéologie libérale ne font rien. Ils disent que tout va bien et que tout est comme cela devrait être. Ils sont installés dans leurs bureaux confortables tandis que ceux qui sont confrontés aux problèmes chaque jour, au Texas ou en Floride, ne sont pas heureux, et ils devront bientôt gérer leurs problèmes eux-mêmes. La même chose est en train de se passer en Europe. J’ai discuté de ce problème avec mes collègues mais personne n’a la réponse. Ils disent qu’ils ne peuvent pas mener une politique dure contre l’immigration pour de multiples raisons. Pourquoi exactement ? Juste parce que. « Nous avons des lois » disent-ils. Et bien alors, changez les lois ! Nous aussi avons des problèmes dans notre propre sphère. Nous avons ouvert les frontières avec les anciennes républiques soviétiques, mais au moins ces gens là parlent russe. Vous voyez ce que je veux dire ? Et en outre nous avons pris des mesures pour rationaliser les choses dans ce domaine. Nous travaillons avec les pays d’origine de ces migrants, on leur apprend le russe à l’école, et nous travaillons aussi avec eux ici. Nous avons durci la législation afin de montrer que ces migrants doivent respecter les lois, les coutumes et la culture de notre pays.

En d’autres mots, la situation n’est pas si simple en Russie non plus, mais nous avons commencé à travailler à l’améliorer. Alors que l’idéologie libérale présuppose que rien n’a besoin d’être fait. Les migrants peuvent tuer, piller et violer avec impunité car leurs droits en tant que migrants doivent être protégés. De quels droits s’agit-il ? Chaque crime doit être assorti d’une peine. Donc l’idéologie libérale est devenue obsolète. Elle est venue en conflit avec les intérêts de l’écrasante majorité de la population.

Article repris du site Polémia

Militaires et gendarmes de plus en plus tentés par le Rassemblement National ?, par Franck Deletraz

Nos soldats auraient-ils de plus en plus tendance à glisser un bulletin RN dans l’urne lors des élections ? C’est en tout cas la conclusion à laquelle est arrivée une étude récemment réalisée par l’IFOP pour la Fondation Jean Jaurès, après avoir longuement analysé les votes dans plusieurs communes où l’implantation des militaires et gendarmes mobiles est significative. Une conclusion qui semble on ne peut plus logique quand on se sait que le parti de Marine Le Pen est aujourd’hui le seul en position éligible à promouvoir les valeurs patriotiques et à défendre réellement les intérêts de l’armée comme ceux de la police.

Une rupture avec un certain conformisme

Logique mais, contrairement à ce que l’on pourrait penser, pas forcément acquise d’avance. Car, pendant longtemps, et aujourd’hui encore, on a pu reprocher aux militaires, surtout au sommet de la hiérarchie, une grande naïveté politique et un conformisme frileux. Voire, pour certains d’entre eux, un carriérisme excluant tout propos ou démarche susceptible de se heurter au politiquement correct. Il faut dire que ceux qui s’y risquent voient rapidement leur plan de carrière en prendre un coup et se trouvent vite relégués à des postes secondaires où ils végéteront pendant des années. Aussi, face à ces hommes soumis au devoir de réserve, et dont ils tiennent l’avenir entre leurs mains, les politiciens au pouvoir ont-ils souvent beau jeu. Cependant, la dérive de plus en plus inquiétante à laquelle est soumis notre pays, l’impunité croissante et inadmissible dont bénéficient les milices ethniques et anarcho-trotskistes, ainsi que les innombrables promesses non tenues et la dégradation générale des conditions de travail tendent de plus en plus à changer la donne.

Une progression aux dépens de la fausse droite

Une évolution relevée par l’IFOP, notamment dans des communes « où le poids des militaires et de leurs familles pèse significativement ». Parmi celles-ci, l’étude cite notamment l’exemple de Mailly-le-Camp, où le RN a recueilli 50,4 % des votes aux dernières européennes, soit 17 points de plus que sur l’ensemble du département de l’Aube. Mais aussi celui de Suippes, où le parti de Marine Le Pen a obtenu 45,5 % des suffrages (15 points au-dessus de la moyenne enregistrée dans la Marne).

Une forte progression qui se fait la plupart du temps (et c’est logique aussi) aux dépens de la fausse droite LR. Ainsi, souligne l’IFOP, alors que dans les communes retenues pour l’étude, le vote pour le RN a largement progressé entre le premier tour de la présidentielle de 2002 et les dernières élections européennes, celui en faveur des Républicains s’est littéralement effondré (moins 15,5 % à Mailly-le-Camp, moins 10,9 % à Sissonne). Enfin, cette tendance est loin de se limiter aux villes de garnison françaises. Car, observe l’IFOP, nos bases militaires implantées à l’étranger ont également une influence sur les résultats électoraux. Ainsi, à Abu Dhabi, Marine Le Pen a-t-elle recueilli 12,6 % des voix au premier tour de l’élection présidentielle de 2017, contre 4,9 % en moyenne dans les bureaux de vote de Dubaï…

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 18 juillet 2019

Maître Louis Heraud « La loi Avia est incontestablement une menace pour les libertés individuelles »

La proposition de loi contre les contenus haineux sur internet (dite loi Avia ) a été adoptée par L’Assemblée Nationale le 9 Juillet 2019. Elle devrait être soumise au vote du Sénat en Janvier 2020..
Bien qu’elle ne soit qu’au stade de proposition de loi, la loi Avia est déjà très controversée, beaucoup y voient une atteinte à la liberté d’expression. Maître Louis Heraud, avocat à la Cour, nous explique pourquoi il considère la loi Avia comme étant liberticide.

L’entrée en vigueur de la loi Avia constituerait-elle une menace pour les libertés individuelles (en particulier pour la liberté d’expression) ? Si oui, pourquoi ?

Entendons-nous bien, la finalité de cette proposition de loi est louable car les réseaux sociaux sont anarchiques. Mais si elle entre en vigueur en l’état, c’est incontestablement une menace pour les libertés individuelles car elle pourrait entrainer une déjudiciarisation du contrôle de la liberté d’expression. Pour rappel, sa principale mesure tend à imposer aux plateformes de réseaux sociaux et moteurs de recherches (les opérateurs) de supprimer dans un délai de 24h, sur dénonciation (par un simple clic sur un bouton) tout contenu « manifestement illicite » comportant une incitation à la haine ou une injure à raison de l’ethnie, de la religion, du sexe, de l’orientation sexuelle etc…

Or, qui a en principe le pouvoir d’apprécier ce qu’est un contenu « manifestement illicite » comportant une telle incitation à la haine et sanctionner l’auteur des propos ? Constitutionnellement, c’est le juge judiciaire, qui est garant des libertés individuelles. En fait, si elle est adoptée, cette loi permettrait de demander à une personne privée (ndlr: l’opérateur) d’apprécier et de dire ce qui est « manifestement illicite » au regard de la loi et donc de se substituer au juge. Sur les réseaux sociaux, on pourrait ainsi basculer d’un système de contrôle a posteriori de liberté d’expression, constitutionnellement dévolu à la Justice étatique, à un système préventif et restrictif, confié à un opérateur privé.

De plus, l’un des objectifs de cette proposition de loi est d’assouplir les règles procédurales et formelles très strictes qui encadrent la procédure actuelle de notification de contenus illicites sur internet, prévue par la loi pour la confiance dans l’économie numérique de 2004. L’idée étant de pouvoir faire supprimer très rapidement les propos haineux en moins de 24h. Mais ce que les parlementaires semblent oublier, c’est que le formalisme n’est pas seulement une coquetterie juridique; ce qui est vu comme un obstacle à la dénonciation est en fait une garantie des droits fondamentaux. « Ennemie jurée de l’arbitraire, la forme est sœur jumelle de la liberté » expliquait Ihering. En se débarrassant peu à peu de tout formalisme sous prétexte de rapidité, on s’avance dangereusement vers l’arbitraire.

D’ailleurs, il y a une comparaison qui est mise en avant par les parlementaires de la majorité pour essayer de justifier médiatiquement cette mesure : ce qui serait intolérable sur la place publique devrait également l’être sur les réseaux sociaux. Tout le monde est d’accord là-dessus. Mais sauf que si quelqu’un tient des propos injurieux à votre égard sur la place publique, il en répondra devant les tribunaux et vous devrez respecter des règles procédurales extrêmement strictes : vous n’allez pas simplement appuyer sur un bouton pour faire sanctionner leur auteur. Les tentatives de réglementation des réseaux sociaux ne doivent pas se faire au détriment de libertés fondamentales, telle que la liberté d’expression.

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