Qui sont les « Black blocs » ? Révolutionnaires mais idiots utiles du mondialisme

Black blocs

Depuis les images spectaculaires retransmises par les médias à l’occasion de ce que l’auteur nomme la « bataille de Seattle », survenue en marge d’une rencontre de l’OMC en 1999, tout le monde a vu ces silhouettes masquées et vêtues de noir affronter, lors de manifestations, des policiers lourdement équipés sur fond de nuées de gaz lacrymogène et de succursales de banques dégradées.
Qui sont donc ces mystérieux black blocs ? Pour le comprendre, rien de tel que de lire l’ouvrage très documenté que leur a consacré l’un de leurs sympathisants, enseignant de science politique à Montréal, qui appuie ses réflexions sur de nombreux échanges avec ces activistes : Les black blocs de Francis Dupuis-Déri (Lux Éditeur, 338 pages, 14 euros).

D’où viennent-ils ?

Le black bloc est né à Berlin-Ouest, vers 1980, au sein du mouvement anti-autoritaire des Autonomen qui s’inspirait de tendances marxiste, anarchiste, écologique et féministe. Il s’est ensuite diffusé à l’étranger, via les contre-cultures punk et d’ultra-gauche, gagnant même des pays comme le Brésil, la Turquie, l’Égypte, Israël ou le Mexique (où l’on parle de « bloque negro ») !

En France, leurs apparitions les plus spectaculaires ont eu lieu en 2009, pendant le sommet de l’OTAN à Strasbourg, et en 2014, lors d’une manifestation à Nantes contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes [nota : le livre est paru avant leurs présences remarquées lors des Fêtes du Travail depuis 2017, et à l’occasion de certains actes des Gilets jaunes, notamment le 16 mars 2019 sur les Champs-Élysées].

Depuis l’origine, la médiatisation de ces événements a grandement aidé à la diffusion de ce phénomène.

Qui sont-ils ?

L’auteur réfute toute comparaison avec les terroristes d’extrême gauche des années 1970 et 1980 (Action directe, Brigades rouges, etc.), qui maniaient les bombes et les armes à feu, de même l’idée selon laquelle existerait une organisation permanente aux multiples ramifications internationales.

Le black bloc désigne en fait une forme d’action collective qui consiste, lors d’une manifestation, à manœuvrer dans un groupe dont les membres sont revêtus d’un masque et d’habits noirs. Quiconque présente cette apparence peut donc en principe se joindre à ces attroupements. Paradoxalement, l’anonymat recherché par leurs vêtements leur permet de se faire remarquer dans la masse manifestante, d’autant que les émeutes n’échappent pas, via la médiatisation, à la mise en spectacle.

Leurs profils types sont difficiles à établir avec exactitude, mais il apparaît que la majorité d’entre eux sont des hommes jeunes (bien que de nombreuses femmes soient également présentes, surtout en Allemagne et au Canada) et, en très grande majorité, des individus d’ascendance européenne à la peau blanche. Certaines critiques font état de la faible présence de vrais prolétaires au bénéfice d’étudiants privilégiés de la classe moyenne ou de jeunes lumpenprolétaires.

Il arrive également que ces activistes ne penchent pas du côté des anarchistes ou de la gauche radicale, comme le montre l’apparition, depuis quelques années, d’« autonomes nationalistes » ou d’une « anti-anti-fasciste-action » qui défilent dans les manifestations sous l’apparence du black bloc. À Montréal, des petits groupes ont également manifesté en brandissant des drapeaux du Québec.

Que veulent-ils ?

Le but recherché ne s’inscrit pas dans une stratégie révolutionnaire mais constitue plutôt une tactique qui vise à démontrer l’existence, dans la manifestation, d’une critique radicale du système économique et politique considéré comme illégitime et intrinsèquement violent. De ce fait, « la cible est le message », c’est-à-dire que l’intelligibilité de l’action s’exprime par sa cible.

Ces anonymes cherchent donc à attirer l’attention des médias et du public pour exprimer leur contestation contre des symboles de l’État et du capitalisme mondialisé, tout en échappant évidemment à la police. Le fait de former une communauté révoltée et de partager la joie d’agir ensemble, conjugué à la peur de la répression, génère alors chez eux un mélange de peur et adrénaline.

Cette prééminence de l’image et de l’émotion est cependant condamnée par certains d’entre eux parce qu’elle risque de devenir une fin en soi et non un moyen au service de la lutte sociale.

Quel est leur mode d’action ?

En groupe, ces activistes forment une sorte de bannière noire, agrémentée de drapeaux noirs, ou rouges et noirs, et de banderoles frappées de slogans anticapitalistes et anti-autoritaires, qui renvoie au symbole de l’« anarchisme violent » dans l’imaginaire collectif.

Durant les manifestations, les regroupements peuvent être improvisés au fil des rencontres, ou encore préalablement coordonnés au sein de « groupes d’affinité » non-hiérarchisés, héritiers de la tradition anarchiste espagnole, qui facilitent les prises de décision collectives rapides et réduisent les risques d’infiltration policière.

En fonction de la « masse critique » d’un cortège qui pourra leur permettre ou non de manœuvrer puis de s’éclipser après un « désilhouettage » furtif, ils se livreront à des violences et des dégradations ou choisiront de défiler calmement.

Par ailleurs, avant ou après les manifestations, des communiqués ou des manifestes sont régulièrement diffusés sur les réseaux sociaux par des anonymes se revendiquant de ce mouvement.

L’auteur souligne que les gouvernements occidentaux et leurs médias, loin de toujours condamner la violence, l’encouragent lorsqu’elle vise des régimes ennemis. Ainsi, lors de la destruction du mur de Berlin, aucun commentateur n’a cherché à minimiser la portée politique des dégradations en laissant entendre que celles-ci étaient le fait de « jeunes casseurs ».

Des critiques hostiles à l’extrême gauche

Les partis communistes, les syndicats, la LCR, ATTAC ou les militants pacifistes, entre autres, déplorent le recours à la violence des black blocs. Selon l’auteur, une des motivations de ces détracteurs réside dans le fait qu’ils espèrent être reconnus comme des interlocuteurs légitimes des autorités officielles en se portant garants d’une contestation pacifique.

Par ailleurs, certains adeptes des théories du complot les accusent d’être manipulés par des agents provocateurs de la police, affirment que les autorités laisseraient se commettre les dégradations pour discréditer les manifestations ou encore avancent que des multinationales les financeraient à cette fin.

Quelques féministes y voient également le danger d’un renforcement de la domination des hommes et des stéréotypes machistes au sein de la gauche radicale.

De son côté, l’auteur considère que ces actions violentes gênent les autorités et contribuent donc à faire avancer les causes sociales, davantage en tous cas que les manifestations pacifiques qui se soumettent aux règles de l’État. Il observe également que des alliances et des solidarités surviennent ponctuellement entre les manifestants et les black blocs.

Quelques remarques de notre cru

Francis Dupuis-Déri n’aborde pas quelques paradoxes résultant de l’action de black blocs, qui servent parfois des intérêts convergeant avec les objectifs du capitalisme néo-libéral. Par exemple, alors que ce système tend à affaiblir les États et les nations en promouvant des réformes orientées vers la dérégulation sociale, ces jeunes gens en colère s’en prennent à l’instance étatique qui constitue pourtant, via une rationalité bureaucratique évidemment perfectible, un moyen de défense solide des acquis sociaux en matière de santé, d’éducation, de retraite, de salaire minimum, etc.

De même, quel sens peut avoir le fait de dégrader des distributeurs de billets au moment où les banques envisagent de supprimer l’argent liquide ?

Mais ces activistes ne sont pas des théoriciens, comme le dit l’auteur…

Johan Hardoy

Tribune reprise de Polémia

Immigration : le pouvoir en veut encore !

immigration clandestins

« L’immigration est une chance pour la France ». On connaît la chanson. Les mouvements « antiracistes », fascinés par leur propre vertu, en imposèrent les paroles sirupeuses. Jacques Chirac fut un interprète docile du refrain, après François Mitterrand (« Les étrangers sont chez eux, chez nous »). Emmanuel Macron a rejoint la chorale en avalisant le pacte de Marrakech en 2018 : un texte tout entier consacré à la sublimation des « réfugiés et des migrants ». Les fauteurs de trouble sont donc connus : ils sont à rechercher dans cette classe politique immature qui n’a jamais voulu réfléchir aux conséquences conflictuelles d’un afflux massif de populations venues d’une autre civilisation, d’une autre culture, d’une autre religion.

Car il faut vivre sur une autre planète pour répéter encore que l’étranger est une aubaine pour le pays. Tous les sondages s’accordent à reconnaître que les Français ont mesuré les limites de la litanie. Les faits rappellent, tous les jours, le choc qui oppose désormais la contre-société extra-européenne à la communauté nationale. Il est vain de désigner l’immigré comme étant la source des déséquilibres et des désordres que connaît la nation submergée. Les vrais coupables sont au pouvoir. Et ils n’ont toujours rien compris…

Pitoyables sont les « antiracistes » professionnels qui s’émeuvent d’avoir entendu des propos anti-juifs, samedi, lors des manifestations pro-palestiniennes organisées en France et en Europe. S’il faut une preuve des tensions liées à la « société ouverte », la décision du gouvernement d’interdire le rassemblement parisien suffit à la démonstration. Le nouvel antisémitisme est ravageur. Il s’exprime notamment en Allemagne, qui avait cru racheter son passé nazi en s’ouvrant au monde musulman. Cette réalité explosive n’a pas empêché Jean-Luc Mélenchon, ce week-end, de se lancer dans une ode à la « créolisation » de la France. Il s’est félicité que, d’ici 2050, « 50% de la population française sera métissée ».

Or cette paresse intellectuelle, qui refuse de prendre en compte l’offensive islamiste en France, est aussi celle de François Bayrou. Dimanche, le haut commissaire au plan a fait publier, dans le JDD, une de ses notes sur la crise démographique, qui risque de mettre en péril le système de retraites par répartition. Plutôt que de réfléchir à un autre système par capitalisation, Bayrou ne voit que deux solutions : « Avoir plus d’enfants et accueillir des personnes d’autres pays ». « La France devra jouer des deux leviers dans des proportions raisonnables qui garantissent le maintien de la cohésion nationale ».

Mais, bon sang ! C’est l’immigration qui met à mal, aujourd’hui, la cohésion nationale ! Ce monde politique, aveuglé, est dangereux.

Ivan Rioufol

Texte daté du 17 mai 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Les sourds et la muette – Des Gilets jaunes en uniforme?

Macron militaires

Il flotte un petit air de Gilets jaunes dans les casernes.

On dira que le pouvoir l’a bien cherché. Après la publication de la première tribune, celle des généraux en retraite qui s’alarmaient du délitement de la France, la macronie s’est répandue en criailleries hors de propos, dénonçant factieux, putschistes et autres séditieux. Rejoignant en cela le chœur des vierges de gauche qui, entre deux assassinats de policiers, entendaient des bruits de bottes. Quant à la ministre des Armées, droite dans les siennes, elle a réagi en parfait petit chef, promettant sanctions et tracasseries à des vieux de la vieille qui, deuxième section ou pas, ont quitté l’armée d’active. Il aurait peut-être suffi d’un mot présidentiel, laissant entendre que, malgré tout, le message était passé et qu’on entendait en haut lieu les inquiétudes de ces fidèles serviteurs de l’État, pour désamorcer la suite.

À l’armée, le respect des anciens n’est pas seulement un slogan compassionnel destiné à montrer sa bonté. Le mépris et les sarcasmes déversés sur des hommes qui, quoi qu’on pense d’eux, ont accepté (par contrat) de risquer leur peau pour nous et pour pas un rond, semblent en avoir énervé plus d’un dans les popotes et mess. D’où la tribune numéro deux, signée par des militaires d’active placé sous le patronage du couplet des enfants de La Marseillaise – qui commence par « Nous entrerons dans la carrière quand nos aînés n’y seront plus » et se termine par « nous aurons le sublime orgueil de les venger ou de les suivre ». Les signataires font les deux à la fois pour leurs anciens, plantant au passage une sacrée épine dans le pied de l’exécutif.

Il est assez curieux de leur reprocher leur anonymat quand on se pâme devant le moindre « lanceur d’alerte » dénonçant les turpitudes de son entreprise, de son institution ou de son patron, qu’on s’émerveille devant metoo et sa cohorte de mains dans la culotte de ma sœur alléguées tout aussi anonymement et sans preuve. L’ami Geoffroy Lejeune, patron de Valeurs actuelles, garantit que les signataires initiaux sont effectivement des soldats d’active (et bien entendu je le crois, mais j’ignore quelle proportion des 163 137 signataires enregistrés lundi à 17 heures ils représentent). On voit mal comment ils parleraient ouvertement puisque cela leur est interdit, et cela vaut pour tous les fonctionnaires astreints à un devoir de réserve. Personne ne s’indigne parce que le Watergate a été déclenché et mené de bout en bout par un officier de renseignement. Gorge profonde a transgressé toutes les règles de son institution, sans doute parce qu’il pensait que l’intérêt supérieur du pays l’exigeait.

Cette tribune s’adresse personnellement au président de la République, aux ministres, parlementaires et officiers généraux. Le « délitement » a cédé la place à la « déchéance ». Et cette déchéance, écrivent-ils, « précède l’effondrement ». Il y est question des « camarades qui ont offert leur peau pour détruire l’islamisme auquel vous faites des concessions sur notre sol ». De leur expérience dans Sentinelle, ils tirent un portrait douloureux de notre pays : « Nous voyons la violence dans nos villes et villages. Nous voyons le communautarisme s’installer dans l’espace public, dans le débat public. Nous voyons la haine de la France et de son histoire devenir la norme. » Aussi, ils en sont certains : « la guerre civile couve en France et vous le savez parfaitement ». En réalité, personne ne peut savoir parfaitement qu’une guerre civile couve. J’ignore quant à moi si cette phrase relève de la lucidité du désespoir ou d’un pessimisme excessif. Que la France soit traversée par de multiples fractures, il faudrait avoir été en hibernation depuis dix ans pour l’ignorer. Sommes-nous pour autant proches de la guerre civile, j’ai du mal à le croire mais peut-être devrai-je reconnaître dans un futur proche que j’étais une somnambule. On laissera chacun se faire son idée, laquelle varie d’ailleurs au gré de l’actualité et de l’humeur.

En attendant, contrairement à mon cher William Goldnadel, et en dépit et de l’admiration que m’inspirent ceux qui choisissent le métier des armes, je ne signerai pas ce texte des deux mains, ni d’aucune d’ailleurs.

Inutile de jouer à se faire peur, il ne contient nul appel à la sédition. « Oui, si une guerre civile éclate, l’armée maintiendra l’ordre sur son propre sol, parce qu’on le lui demandera », peut-on encore y lire. Ce qui signifie qu’elle n’interviendra pas si on ne le lui demande pas.

Le problème n’est pas que le constat soit éventuellement exagéré mais qu’il traduise une opinion politique. Peu importe que celle-ci soit ou non pertinente (et en l’occurrence elle l’est au moins en partie), elle rompt avec une tradition démocratique bien établie : la neutralité politique de l’armée. Certes, de Gaulle fait de la politique, dès 1934 quand il publie Vers l’armée de métier, et surtout en 1940. D’abord, pas le moindre de Gaulle à l’horizon. Ensuite, en 1940, la légalité républicaine s’était effondrée. Nous n’en sommes pas là.

On peut penser tout le mal qu’on veut du président de la République et de ses lubies déconstructrices, mais il est élu, ce qui signifie que, comme dirait Mélenchon, sa personne est sacrée. Et il est le chef des armées. Le boulot des militaires, c’est de lui obéir, à moins que sa forfaiture ait été établie et/ou leur intervention requise dans les conditions prévues par la Constitution. En parlant de « fourberie », de « lâcheté » et de « perversion » à propos des autorités politiques et de leur propre hiérarchie, les signataires transgressent la règle première de leur institution, celle qui fait sa force : la discipline, le respect du chef. Tous les soldats veulent que l’État qu’ils servent soit fort et ils ont raison. Le risque est qu’en contestant frontalement ceux qui le dirigent, ils contribuent encore à son affaiblissement.

Reste à savoir si nos gouvernants sont capables de répondre autrement que par des sanctions, des invectives et des tout ça c’est rien que de la racaille d’extrême droite. Si leur seule réaction est de lancer une chasse aux sorcières pour démasquer les contrevenants, elle ne fera que mobiliser autour de leurs camarades de nombreux militaires qui, aujourd’hui, se tiennent à l’écart de cette agitation. Dans la foulée, les policiers, qui en ont gros sur la patate et on les comprend, pourraient eux aussi vouloir interpeller leurs chefs. Et puis, pourquoi pas les Préfets qui, eux aussi, sont aux premières loges pour assister à ce qui se passe, qu’on le nomme délitement, déchéance ou ensauvagement. Autrement dit, si le pouvoir répond par la répression et le raidissement idéologique, il pourrait bien encourager une nouvelle forme de protestation au sein même de l’appareil régalien de l’État. Tous ces fonctionnaires astreints au devoir de réserve ne peuvent pas se mettre en grève et ceux qui ont le droit de manifester comme les policiers savent que cela ne sert pas à grand-chose. En revanche, ils peuvent ouvrir leur gueule – et vu le raffut provoqué par deux tribunes, la méthode risque de faire des émules.

S’il ne veut pas se retrouver confronté à des Gilets jaunes en uniforme, le pouvoir doit jouer fin, désapprouver sans doute, quoiqu’avec modération, mais en montrant qu’il comprend l’angoisse de disparition que nous sommes beaucoup à éprouver. En attendant, ne nous y trompons pas : ce que nous devons craindre, ce n’est pas une intervention intempestive des militaires ou des policiers, c’est qu’arrive un jour où ils refuseront d’intervenir.

Elisabeth Lévy

Tribune reprise de Causeur

Général Jean-Luc Favier : « Cette nouvelle tribune de militaires répond à ce qui a été interprété et ressenti comme un profond mépris ! »

Une deuxième tribune de militaires lue plus d’un million de fois et signée par 2.000 militaires « d’active » est parue. Soutenue par des des centaines de milliers de citoyens.

Analyse et décryptage par le général de division (2S) Jean-Luc Favier qui répond aux questions de Boulevard Voltaire.

Il y a quelques semaines, plusieurs dizaines d’officiers supérieurs à la retraite ont publié une tribune dans l’hebdomadaire Valeurs actuelles appelant à plus d’honneur en politique. Ces militaires feront, a priori, l’objet de sanctions de la part du chef d’état-major des armées. Quinze jours plus tard, plus de 2.000 officiers d’active ont signé anonymement une tribune de soutien à leurs aînés signataires de la première tribune. Qu’est-ce que cela révèle de l’état de l’armée vis-à-vis du pouvoir ?

Cela révèle une interrogation profonde de la part de beaucoup de militaires. Je suis un jeune retraité et je reste en contact avec beaucoup de jeunes qui sont sur le terrain. Je suis frappé de leur désarroi et de leur recherche de sens. Ils sont complètement déboussolés. Les militaires s’engagent librement au service de leur patrie et acceptent librement l’hypothèse de pouvoir y laisser leur peau.
La question centrale qui se pose et qui fait l’objet du titre de l’ouvrage du signataire de la première tribune, le général de Richoufftz, est « Pour qui meurt-on ? »
Cette question reste d’actualité. Pour qui meurt-on ? Pourquoi se bat-on ? Que doit-on défendre ?
On peut discuter sur la forme mais, le constat opéré, n’importe qui de bonne foi ne peut que le corroborer.

L’eurodéputé François-Xavier Bellamy a déclaré, hier, que plutôt que d’entendre le message, on s’en prenait au messager. On dit toujours que les militaires ont un devoir de réserve. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que l’armée est appelée « la grande muette ». Ces militaires ont-ils eu raison d’intervenir ou auraient-ils dû respecter leur devoir de réserve et se soumettre ou se démettre ?

Il faut se pencher sur les textes qui encadrent les droits et devoirs des militaires. Les militaires ont adhéré en toute connaissance de cause à un État. Je vais vous citer exactement l’article L4111-1 du Code de la défense : « L’état militaire exige en toute circonstance esprit de sacrifice, pouvant aller jusqu’au sacrifice suprême, discipline, disponibilité, loyalisme et neutralité. » Une fois que l’on a dit cela, on parle beaucoup du devoir de réserve.
Plus loin, l’article L4121-2 du Code de la défense précise que les opinions politiques ne peuvent être exprimées qu’en dehors du service avec les réserves exigées par l’état militaire. Par ailleurs, le statut des militaires a été réformé en 2005. Il est bien précisé que les militaires doivent se plier aux exigences des discipline, loyalisme et neutralité. Comme je le disais tout à l’heure, les limites associées au devoir de réserve ne sont pas nettement identifiées. En général, ce qui est souvent reproché, c’est de dépasser les limites imposées par le devoir de réserve. C’est flou et souvent subjectif.
Dans une tribune sortie ce matin, Alain Bauer dit de façon assez nette qu’il voit l’expression d’un puissant mouvement de consternation et d’exaspération. Cette réplique est la réponse indirecte à la façon dont cette première tribune répond à ce qui a été interprété et ressenti comme un profond mépris pour le fond et la teneur du message. En effet, je souscris à ce qu’a dit François-Xavier Bellamy. Le constat opéré est l’aboutissement d’une dégradation progressive. Au cours de ma carrière, j’ai vu les relations sociales se dégrader progressivement pour en arriver au terrible constat que les gens ne se supportent plus.

Il y a quelque chose de révélateur dans cette deuxième tribune. L’hebdomadaire qui a décidé de la publier a proposé aux gens de la signer. Hier soir, il y avait plus de 100.000 signataires et la tribune avait été lue plus d’un million de fois. Un sondage avait dit que 57 % des Français étaient d’accord avec la première tribune publiée. Ce qui est rassurant ou pas pour le pouvoir en place, c’est que l’initiative des militaires a été très majoritairement soutenue par la population. Le constat que dressent les militaires est a priori celui, aussi, de la majorité des Français…

Cela fait appel à des ressorts à la fois sociologiques et psychologiques. Le pays traverse une crise grave où les tensions se sont exacerbées et il y a des inquiétudes pour le lendemain. Cet accueil positif de cette initiative au sein de la population ne me surprend pas. Il y a réellement une France qui doute d’elle-même, qui a peur et qui perd ses repères.
Je voudrais revenir sur l’impact direct de cette initiative. Personnellement, je suis triste de voir la communauté militaire se déchirer à ce point. Vous avez ceux qui sont pour, ceux qui sont contre, ceux qui critiquent le fond, ceux qui critiquent la forme et ceux qui critiquent et le fond et la forme.
Il faut que les esprits se calment et en revenir à la raison. Il faut se mettre autour d’une table et discuter sur un constat. Si on est de bonne foi, on peut difficilement le contester. C’est l’aboutissement d’un long processus qui aboutit au terrible constat que nous faisons actuellement. Il ne se passe pas un jour sans faits divers tragiques.
Il y a eu des échanges d’insultes. Très franchement, je suis triste pour le chef d’état-major des armées qui est un officier remarquable et qui vaut mieux que l’image que l’on projette de lui. Il doit probablement traverser une période extrêmement difficile. Il faut que la raison l’emporte. On ne peut pas balayer d’un revers de main cette initiative uniquement pour des questions de forme. Le général d’armée et président de la Saint-Cyrienne, Bruno Dary, a conclu cette tribune par une citation de Saint-Exupéry. « Puisque je suis l’un d’eux, je ne renierai jamais les miens quoi qu’ils fassent […] Quoi que je pense alors sur eux, je ne servirai jamais de témoin à charge ! »

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

De la déconstruction à la destruction

Macron anarcho-tyrannie

Déconstruire l’histoire, comme annoncé sur une chaîne de télévision US, c’est tout un programme: l’histoire étant la mémoire, l’identité de la nation, déconstruire l’histoire est une manière de déconstruire la nation. Mais cela ne suffit pas. Dans un pays forgé par l’Etat, il est urgent de déconstruire l’Etat.

D’où la suppression de sa haute fonction publique qui en est un pilier, son école l’Ena, issue de la Libération, le métier de préfet qui en est l’incarnation même depuis Napoléon. Il est essentiel aussi de déconstruire sa tradition de liberté à travers une dictature sanitaire qui ne dit pas son nom, constituée de mesures aussi absurdes et contreproductives que liberticides (emprisonnement à domicile et couvre-feu). Au passage il convient d’éradiquer les lieux de sa vie sociale (restaurants, théâtres, cinémas, commerces de quartier). L’anéantissement de la démocratie parlementaire, au centre de l’identité politique de ce pays en est un passage obligé avec l’abolition de fait du parlement (prolongation indéfinie de l’état d’urgence, usage des ordonnances à répétition).

Qu’il y a-t-il derrière cette politique de déconstruction? Un projet idéologique, certes, la table rase comme réminiscence des régimes totalitaires du siècle dernier. Y voir également une stratégie politicienne: ayant échoué ou renoncé à de grandes réformes indispensables (retraites), déconstruire est censé donner l’illusion du mouvement.

De même la grande casse doit permettre de détourner l’attention du chaos (violence, insécurité, gigantesques déficits) engendré par l’irrésolution et l’incompétence. Une dimension psychologique enfin, l’ultra-narcissime qui consiste à déconstruire le pays pour mieux pavoiser sur ses ruines. Entre le mot déconstruire et celui de détruire, la nuance est faible. Une certitude: tout cela se paiera un jour. « Ceux qui donnent le branle à l’Etat sont les premiers absorbés par sa ruine » (Montaigne, les Essais T 1- ch. 24).

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Samedi 15 mai – Manifestation nationale contre le Pass sanitaire à Paris

Voile islamique sur une affiche électorale : un (gros) caillou dans la chaussure LREM

voile islamique LREM

Les polémiques sont comme les petites fleurs au printemps : elles fleurissent, à tour de rôle, quand l’une se fane, l’autre prend le relais. Et tout cela avec une régularité cyclique de métronome.

Voici donc revenu le voile islamique.

Sur l’affiche de campagne des élections départementales de LREM pour le canton 1 de Montpellier apparaît une candidate voilée.

Jordan Bardella, du RN, a réagi aussitôt sur Twitter : « C’est cela, la lutte contre le séparatisme, Marlène Schiappa ? » Et c’est le député Stanislas Guerini, délégué général de LREM, qui lui a répondu : « Les valeurs portées par LREM ne sont pas compatibles avec le port ostentatoire de signes religieux sur un document de campagne électorale. Soit ces candidats changent leur photo, soit LREM retirent leur soutien. » Il n’a tout de même pas signé d’un « Stanislas, belle journée ! » constellé d’émoticônes rieuses, mais cela sentait son community manager empressé, soucieux de tuer dans l’œuf le brain shaming que pourrait susciter un consommateur mécontent.

Les polémiques reviennent, donc, mais si les thématiques restent les mêmes, les positions avancent.

Il n’y avait qu’au NPA, il n’y a pas si longtemps, que l’on osait montrer clairement une candidate voilée : c’était, d’ailleurs, pour Ilham Moussaïd, candidate NPA aux régionales en PACA, qu’un arrêt du Conseil d’État du 23 décembre 2010 avait tranché : « Il est permis de se présenter à une élection en arborant un signe religieux. » Effet papillon propre à la jurisprudence, un petit parti confidentiel sans réel poids démocratique embarrasse indirectement, des années plus tard, celui dit de la majorité.

Interrogée, le 20 mars 2019, sur Europe 1, Marlène Schiappa avait déclaré, un peu embarrassée, « que ça devrait être étudié au cas par cas. Légalement, rien n’empêche une femme qui porte un voile de se présenter à des élections. Il n’est pas utile de crisper inutilement sur de tel sujets. » Avant de s’empresser de rajouter que la question ne se « posait pas à sa connaissance ».

Sauf qu’à présent, elle se pose. Et cela canarde de tous les côtés en direction de Stanislas Guerini. De ses adversaires politiques – « Je crois que ce qui me sidère le plus, dans cette affaire, c’est un président de parti qui découvre ses candidats sur Twitter », ironise Nelly Garnier. « Vous retweetez l’extrême droite dans le plus grand des calmes », dénonce Raphaëlle Rémy-Leleu – à, plus gênant, son propre camp : Naïma Moutchou, députée LREM du Val-d’Oise, le met en garde : « Écarter cette candidate serait une discrimination […] Le mépris du droit, c’est l’agenda du RN. Pas le nôtre. »

Aurore Bergé, elle, lui a apporté un soutien. Comme Gabriel Attal, ce mardi matin, sur France Inter : « On ne souhaite pas présenter une candidate avec un signe ostensible religieux sur les documents officiels de campagne, c’est une question de choix politique. »

Mais on voit que l’argumentaire est en funambule sur la même ligne de crête. Stanislas Guerini et Gabriel Attal, dans le tutu de la laïcité que leur impose une loi séparatisme dont l’encre n’est pas encore sèche, avancent à petits pas comptés, s’accrochant à l’ombrelle d’une sémantique finement pesée : « sur un document électoral », précise l’un, « sur les documents officiels de la campagne », renchérit l’autre. Céline Pina, pas du genre à se laisser embobeliner, ne s’y est pas trompée : « L’idée n’est pas d’enlever le voile pour la photo, mais de dénoncer le symbole qu’il représente. Une fois élue, elle pourrait le porter dans les assemblées délibérantes, donc ? »

Car l’enjeu, c’est évidemment la présidentielle. Choisir, c’est renoncer, disait André Gide. Comment ne pas froisser cette gauche sur laquelle on compte au second tour sans faire fuir cette droite que l’on doit séduire au premier ? Et avant cela, c’est LREM, très clivé sur ce sujet – on pense notamment à Anne-Christine Lang -, qui pourrait s’entre-déchirer.

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Le colloque de l’Institut Iliade aura lieu le samedi 29 mai prochain à la Maison de la Chimie à Paris

colloque de l’Institut Iliade

12/05/2021 – FRANCE (NOVOpress)
« 2021 : au-delà du marché, l’économie au service des peuples. » Voici le titre du prochain colloque de l’Institut Iliade qui s’est donné pour mission de rechercher des voies alternatives au libéralisme, de façon à remettre l’économie au service des peuples, du politique et de projets civilisationnels.

De 10h jusqu’à 19h, des interventions se succéderont, présentées par de nombreux orateurs, dont Jean-Yves le Gallou, François Bousquet ou encore Marion Maréchal en tant que directrice de l’ISSEP.

En raison des contraintes gouvernementales, la salle est réduite avec une jauge et le nombre de places limité. Si vous souhaitez participer, il vous faudra donc acheter un billet en amont, alors n’hésitez pas à réserver dès maintenant sur le site internet de l’Institut Iliade.

Pour s’inscrire : https://www.weezevent.com/l-economie-au-service-des-peuples

Napoléon fait de l’ombre au Naboléon élyséen

Napoléon

On ne fêtera pas comme il convient, cette année, le bicentenaire de la mort de l’empereur Napoléon Ier.
Service minimum pour nos communicants, pourtant grands spécialistes de la commémoration et de l’hommage. Pour ne pas déplaire, paraît-il, aux indigénistes et autres procureurs de l’histoire de France, ce pays de « racistes systémiques ».
Mais ne serait-ce pas aussi parce que, 200 ans après, Napoléon fait encore de l’ombre à tous ces médiocres Naboléons, politiciens parvenus qui se sont installés dans la république, à l’image d’Emmanuel Macron lui-même ?
Napoléon Bonaparte, c’est en effet l’anti-Emmanuel Macron.

Mettre fin au chaos ou l’organiser

Napoléon Bonaparte a mis fin au chaos révolutionnaire et réalisé une synthèse imprévue et réussie entre certaines valeurs des Lumières et celles de l’Ancien Régime.
Emmanuel Macron, lui, est l’homme du chaos permanent, l’homme qui s’ingénie à dresser les Français les uns contre les autres, car il ne peut régner qu’en divisant.

Napoléon a reconstruit l’ordre social en particulier grâce à une œuvre remarquable de codification. Grâce à la mise en place d’un État fort et protecteur de l’unité, des libertés et de l’égalité juridique des Français. En mettant en place une véritable méritocratie. En rétablissant aussi la liberté religieuse.
Emmanuel Macron appartient, lui, à la catégorie des déconstructeurs et des iconoclastes : son action vise à déconstruire les systèmes sociaux, à privatiser l’État, à nier l’identité française, à détruire la sûreté publique, à ouvrir toutes grandes les portes à l’immigration. Et à réduire sans cesse la liberté des Français.

Le rang de la France

Napoléon a rendu à la France la place et le rang qu’elle avait perdus sous l’effet de la dégénérescence de la monarchie et du chaos révolutionnaire.
Emmanuel Macron préside, lui, au déclin français sur tous les plans : l’alignement sur l’atlantisme, l’inféodation à l’Allemagne et à la Commission européenne, la soumission aux pétromonarchies, la vente à la découpe du patrimoine économique et industriel, la dépendance internationale.

Napoléon a donné à la France une puissance militaire inégalée, qui lui a permis de tenir tête à toute l’Europe.
Emmanuel Macron, lui, sanctionne ses propres généraux et officiers qui dénoncent le délitement de la France. Et sa police a ordre de reculer devant les racailles.

Un homme d’État

Napoléon était un homme d’État, un fondateur, un politique qui voyait grand et qui savait trancher et résoudre les questions apparemment insolubles, un militaire qui donnait de sa personne. Et même dans sa chute, il fut grand.
Emmanuel Macron, lui, apporte chaque jour la preuve qu’il n’est rien de tout cela.

Napoléon incarnait l’histoire de France et aussi celle de l’Europe.
Emmanuel Macron représente, lui, la France à la dérive et l’Europe en état de mort cérébrale.

Vive l’empereur !

Napoléon reste populaire, et pas seulement en France, 200 ans après sa mort.
Emmanuel Macron, lui, avait déjà atteint son seuil d’impopularité au bout d’une seule année de présidence.

Voilà pourquoi, si en 2021 on peut encore crier « Vive l’Empereur ! », on a la certitude que personne ne criera jamais, librement : « Vive le président Macron ! »

Michel Geoffroy

Texte repris du site Polémia

Dissolution de Génération Identitaire – Le Conseil d’État, une officine socialiste, liberticide et immigrationniste, par Jean-Yves Le Gallou

Conseil d’État Génération Identitaire

Les dirigeants de Génération Identitaire ont déposé un recours auprès du Conseil d’État visant à obtenir l’annulation du décret de dissolution de leur mouvement. Le Conseil d’État se prononcera sur le fond d’ici six mois à un an. Génération identitaire avait aussi déposé un référé-suspension pour pouvoir continuer son activité militante en attendant la décision sur le fond du Conseil d’État. Ce référé-suspension a été rejeté le lundi 3 mai 2021 par la section du contentieux du Conseil d’État, dont le président est Christophe Chantepy.

La justification du Conseil d’État

« Saisi par l’association Génération identitaire qui contestait sa dissolution par le Gouvernement, le juge des référés du Conseil d’État constate que l’association promeut une idéologie incitant à la haine et à la violence envers les étrangers et la religion musulmane. Par son organisation, sa communication et ses actions, cette association se positionne comme un recours face aux forces de l’ordre prétendument défaillantes. Le juge des référés estime donc que la dissolution de cette association est proportionnée à la gravité des risques pour l’ordre public et la sécurité publique résultant des activités de l’association. » En justifiant ainsi sa décision de rejet de la demande de Génération Identitaire, le Conseil d’État adopte une rhétorique purement idéologique dont le droit est exclu.

Le Conseil d’État affirme ainsi sans ciller :

1 – Qu’il n’y a-plus place pour la liberté d’expression en France.

2 – Qu’il n’est plus permis de critiquer l’immigration y compris clandestine.

3 – Que la liberté d’association est quantité négligeable.

Bref qu’il a cessé d’être un gardien des libertés.

Une orientation qui s’explique par l’histoire récente et l’idéologie aveugle des hommes qui animent le Conseil d’État

Christophe Chantepy, un militant socialiste choisi par Macron

Christophe Chantepy, le président de la section du contentieux du Conseil d’État, qui a « jugé » (sic !) Génération Identitaire, est un éminent représentant de la « gauche morale ».

« Che Che » – c’est son surnom – a été l’ami de l’ancien patron de la SNCF Guillaume Pépy et surtout membre de « la bande à Descoings », feu l’ancien directeur de Sciences-Po (selon Richie de Raphaëlle Bacqué, Grasset 2015).
Christophe Chantepy a hanté les cabinets ministériels socialistes sous le second mandat de François Mitterrand puis lors du passage à Matignon de Lionel Jospin. C’est un militant fortement engagé au parti socialiste depuis 2001, d’abord comme soutien de Laurent Fabius avant de passer auprès de François Hollande, puis de devenir président de Désir d’avenir, l’association de Ségolène Royal dont il a été le directeur de campagne présidentielle en 2007.
Christophe Chantepy s’engage à nouveau auprès de Hollande en 2011 avant de diriger le cabinet du premier ministre socialiste Marc Ayraud de 2012 à 2014.

Après un séjour de cinq ans à Athènes comme ambassadeur de France en Grèce, il a été nommé président de la section du contentieux du Conseil d’État par le gouvernement en janvier 2021. Un choix éminemment politique…

Ceci étant, au-delà de la personnalité militante – très « gauche morale » – de Chantepy, le rejet du référé-suspension de Génération Identitaire s’inscrit dans la longue litanie des décisions liberticides du conseil d’État.

Pour lire la suite, c’est ici !

Génération identitaire – « Une dissolution proportionnée », par Francis Bergeron

Génération identitaire

Le conseil d’Etat a entériné la dissolution de Génération Identitaire. Cette confirmation d’interdiction est motivée officiellement par le fait que GI aurait développé un système de pensée, une « idéologie incitant à la haine et à la violence ». Quand ? Où ? Comment ? Nous attendons les réponses à ces questions.

Génération Identitaire fut une magnifique aventure. Elle avait commencé en 2012, quand un groupe de jeunes gens avait très pacifiquement occupé la mosquée de Poitiers en construction. Menacés des pires sanctions pénales pour une simple occupation de quelques heures du toit d’un bâtiment inoccupé, les jeunes gens furent poursuivis dans le cadre d’une procédure qui dura plusieurs années, avant d’être tous relaxés. Où était la haine ? Où était la violence ?

Il y eut aussi les opérations spectaculaires dans les Alpes en avril 2018, puis en janvier dernier dans les Pyrénées. Ces deux opérations étaient purement symboliques : pas de violence, pas de détérioration de biens, pas d’actes illégaux. Un groupe de 80 jeunes gens – essentiellement des Français, mais aussi quelques ressortissants de pays voisins –, était venu occuper pacifiquement un col, à six kilomètres de la frontière italienne, y déployant une banderole, et tirant quelques feux de bengale. Ils étaient là pour affirmer leur opposition à la submersion migratoire, dont ces cols constituent l’une des voies de pénétration clandestine. En première instance, un juge rouge du tribunal de Gap avait condamné les animateurs de GI à l’ahurissante peine de six mois de prison ferme et 75 000 euros d’amende (29 août 2019). Ils auraient réalisé leur manifestation dans des conditions susceptible de créer, selon le tribunal de Gap, une confusion avec de vraies opérations de police, ce qui est interdit, bien entendu Mais la cour d’appel de Grenoble, le 16 décembre dernier, avait annulé cette condamnation, qui était dénuée de tous fondements juridiques : « les éléments constitutifs de cette infraction n’étaient pas caractérisés en l’espèce, retenant une action de pure propagande à visée médiatique ». Nous l’avions raconté dans Présent, bien entendu.

Le 19 janvier dernier, Génération Identitaire renouvelait l’opération : les militants, impeccables de discrétion et de discipline, avaient occupé un col des Pyrénées. C’en était trop pour Gérald Darmanin, qui avait exigé une procédure de dissolution.

Génération Identitaire va poursuivre ses actions de contestation

Voilà apparemment les trois dossiers sur lesquels a reposé cette dissolution. « proportionnée à la gravité des risques pour l’ordre et la sécurité publique », explique le conseil d’Etat.

A la vérité, on sait parfaitement (y compris les médias de gauche) que cette dissolution avait pour unique but de faire apparaître une sorte de symétrie dans le traitement des groupes islamistes et dans celui des partisans d’un arrêt de l’immigration illégale et d’une remigration dans les pays d’origine.

Les anciens responsables de Génération Identitaire ont indiqué qu’ils allaient poursuivre leur action de contestation de cette dissolution.

Pendant ce temps à Mayotte, les habitants ne se contentent pas de dresser des banderoles sur les plages et d’allumer des fumigènes. Ils donnent souvent la chasse aux clandestins et aux délinquants issus de cette immigration clandestine, et les livrent parfois pieds et poings liés à la police. Le conseil d’Etat ne leur cherche pas de noises. Cela soulèverait trop de questions…en métropole.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 5 mai 2021

Me Gilbert Collard : « On a la preuve qu’il y a une mécanique politique de répression judiciaire qui porte atteinte à l’honneur ! »

Gilbert Collard

Le tribunal de Nanterre a décidé la relaxe de Marine Le Pen et de Me Gilbert Collard, qui étaient poursuivis pour avoir publié, en 2015, sur Twitter, des photos d’exactions de l’État islamique.

Vous avez été relaxé ainsi que Marine Le Pen dans l’affaire des tweets montrant les exactions de Daech. Vous aviez, à l’époque, dénoncé un procès politique. Visiblement, la Justice vous a donné raison.

Oui, c’est une bien belle chose lorsque la Justice est indépendante. Il faut quand même rappeler que pour arriver à cette décision de relaxe, au point que les revues juridiques s’y intéressent, il a fallu passer par deux demandes de levées d’immunité parlementaire. La première a été refusée par une commission à majorité socialiste. La seconde acceptée par une majorité à composante de La République en marche et des Républicains, passée par un juge d’instruction qui n’a pas eu le courage de rendre une ordonnance de non-lieu. Et se retrouver, après plusieurs années, devant un tribunal. Tout cela pour des faits qui n’auraient jamais dû faire l’objet de poursuites. On a la preuve qu’il y a une mécanique politique de répression judiciaire qui fatigue et qui porte atteinte à l’honneur, et une mécanique de décisions de justice qui, lorsqu’elle est indépendante, fait la leçon à toute cette mécanique de poursuite.

C’est un coup monté par les hommes de main de M. Hollande, tant au Parlement qu’au ministère de l’Intérieur. Cette affaire a été montée de toutes pièces pour nous faire du tort.

Un procureur nous a fait convoquer par la police et par un juge d’instruction, tout cela pour un jugement qui est remarquablement motivé et qui nous ramène, finalement, au départ. Jamais nous aurions dû être poursuivis. Il va falloir, un jour, que l’heure sonne des responsabilités.

Maintenant que vous avez été relaxés, envisagez-vous de porter plainte pour procédure abusive ?

Je n’en ai pas fini avec le Parlement. J’ai donc saisi la Cour européenne au sujet de la levée de mon immunité. Croyez-moi, je n’appartiens pas à la catégorie des gens qui lâchent et je ne lâcherai pas !

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Me Pierre-Vincent Lambert : « Le Conseil d’État ne prend même plus la peine de faire la démonstration de cette provocation à la haine »

Pierre-Vincent Lambert

Le 30 avril dernier, Génération Identitaire contestait devant le Conseil d’État sa dissolution prise par décret en conseil des ministres en mars dernier. Ce lundi 3 mai, la plus haute juridiction administrative a rejeté le référé-suspension. Explications et réaction de Me Pierre-Vincent Lambert, avocat de GI.

Vous êtes l’avocat de l’association. Cette décision du Conseil d’État vous surprend-elle ?

Elle ne nous surprend pas outre mesure compte tenu de la jurisprudence habituelle du Conseil d’État sur des dissolutions précédentes. Néanmoins, ce qui est surprenant c’est le fait que le Conseil d’État dans sa formation des référés, retient les deux moyens principaux développés par le ministère de l’Intérieur, à savoir la provocation à la haine et le fait que Génération Identitaire présente les caractères d’une milice privée. Par ailleurs, le juge des référés refuse, sans véritablement motiver sa décision et sans aucune démonstration juridique, de transmettre la question prioritaire de constitutionnalité que nous avions soulevée, en faisant notamment valoir qu’il y a bien une violation des principes d’égalité. Toutes les associations n’étaient pas traitées de la même façon au regard de cette question de la provocation à la haine. Là-dessus, il y a une fin de non-recevoir sans aucune démonstration juridique véritablement articulée. Le président nous avait annoncé que chaque slogan employé par Génération Identitaire dans ses différentes campagnes tels qu’ils étaient reprochés par le ministère de l’Intérieur seraient pesés et soupesés pour vérifier qu’ils constituent bien une provocation à la haine avec violence. Finalement, dans cette ordonnance, un seul slogan retenu qui est principalement : immigration, racaille, islamisation et reconquête.
Génération Identitaire en tant que telle ne constitue pas une exhortation à la haine contre une communauté identifiée qu’elle soit ethnique, religieuse ou autre. Ce sont habituellement les critères retenus par la jurisprudence judiciaire.
Par ailleurs, ce qui est encore plus surréaliste c’est que la formation des référés retient comme étant xénophobe ou raciste, l’occupation du toit de la caisse d’allocation familiale de Bobigny où les militants avaient déployé une banderole qui portait le slogan « de l’argent pour les Français, pas pour les étrangers ». Ce motif avait été abandonné dans le décret. Il avait été annoncé dans la procédure préalable qui revient par la fenêtre dans le cadre du contentieux juridictionnel, mais qui n’était plus dans le décret de dissolution. En tant que tel, il ne fait que réclamer l’application d’une préférence nationale stricte en matière d’allocation familiale comme le réclame un Eric Zemmour ou le Rassemblement national.

Selon vous, ce que l’on reproche à Génération Identitaire est-ce une idéologie politique ?

A la base, ce sont les textes qui sont problématiques. Le texte sur la dissolution est à peu près similaire à celui du délit d’incitation et de provocation à la haine qui se trouve dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse. Ces textes-là sont eux-mêmes problématiques parce qu’ils ont un potentiel totalitaire et liberticide qui se manifestent dans ce type de décision. Le Conseil d’État ne prend même plus la peine d’articuler et de faire la démonstration de cette exhortation à la haine et se contente d’un vocabulaire très politicien en nous expliquant que les sentiments xénophobes ou racistes ne sont pas les termes de la loi. C’est du vocabulaire de journaliste de Libération.

Quelles armes juridiques vous restent-ils pour l’intérêt de vos clients ?

Ce n’est que le référé suspension. Il reste la procédure au fond qui a été engagée en annulation du décret. Ce recours-là est toujours pendant et devra être tranché par une autre formation que celle qui a rendu cette ordonnance de référé présidée par monsieur Chantepy qui a un pedigree politique très marqué à gauche. Ce recours devra être guidé par le Conseil d’État dans les mois à venir. Il y aura toujours la pertinence de notre question prioritaire de constitutionnalité, dont le Conseil d’État est toujours saisi, sur lequel il devra se prononcer. Si le Conseil d’État suit la même ligne dans sa décision, il restera à saisir la Cour européenne des droits de l’homme. Ensuite, les recours seront épuisés.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

[vidéo] Fin des restrictions sanitaires : le grand retour des mouvements populistes ?

Castex covid

04/05/2021 – FRANCE (NOVOpress)
En France, le calendrier de sortie de crise se précise depuis les annonces de Jean Castex à l’issue du Conseil des ministres du 28 avril. La fin du couvre-feu est annoncée pour le 30 juin par le Président de la République. Mais à l’heure où certains experts prédisent une crise économique et sociale majeure, l’après-crise sanitaire sera-t-elle synonyme d’un retour en force des revendications populistes ?

Pour en parler, Sputnik donne la parole à l’essayiste et économiste David Cayla, auteur de l’ouvrage Populisme et Néolibéralisme (Éd. De Boeck Supérieur).