Emmanuelle Ménard, sur le discours de Jean Castex : « Pas un mot sur l’immigration ! »

Voici la réaction d’Emmanuelle Ménard, députée de l’Hérault, au discours de politique générale du nouveau Premier ministre Jean Castex. « Pas un mot sur l’immigration… ».

Le Premier ministre Jean Castex vient de présenter son discours de politique générale à l’Assemblée nationale. Vous paraît-il positif ou inquiétant ?

Ce discours est surprenant. Quand on arrive à lire entre les lignes, il est fréquemment contradictoire. Il annonce beaucoup de choses alléchantes et intéressantes au premier regard, mais en réalité ces choses sont en contradiction avec ce qui a été fait pendant les trois années d’Édouard Philippe.
Si on prend l’exemple de la Justice, il dit qu’il faut créer des juges de proximité pour lutter contre les incivilités du quotidien, mais en réalité ces juges de proximité s’appelaient à l’époque les juges d’instance et la majorité les a supprimés l’année dernière. Il dit également qu’il veut lutter contre le terrorisme, mais les terroristes sont libérés. Il veut aider les étudiants et travailler sur les problèmes de formation, mais il y trois ans, on a diminué de 5 euros les APL.
Ces signaux sont contradictoires et vont dans tous les sens. Par conséquent, on se demande qui croire. Est-ce réel ou est-ce une fois de plus des effets d’annonce ?

Jean Castex sera-t-il dans la continuité d’Édouard Philippe ou au contraire dans la rupture ?

J’ai entendu un leader d’opposition dire : « On vous donne 600 jours pour faire ce que monsieur Édouard Philippe a défait pendant 3 ans. » L’exemple de l’emploi va particulièrement intéresser les Français. L’emploi et le pouvoir d’achat sont les deux sujets qui préoccupent aujourd’hui les Français. Pour aider l’emploi à repartir, on va créer 300.000 parcours d’insertion. Ces parcours sont tout simplement les contrats emplois aidés qui existaient il y a trois ans et que monsieur Macron a supprimés. Toutes les mesures prises pendant trois ans par monsieur Édouard Philippe vont être détricotées. On fait semblant de les appeler autrement. C’est complètement contradictoire.

Emmanuel Macron et Jean Castex ont mis l’accent sur l’écologie et la transition écologique sans trop faire de calcul politique. En quelque sorte, il essaie d’assécher les écologistes…

Il reprend tout simplement une partie des conclusions de la Conférence des citoyens. Après tous les grands discours, il ne peut décemment pas s’asseoir dessus. Il est donc bien obligé de prendre une partie des conclusions et de dire aux Français qu’on les écoute et qu’on les entend à propos de l’écologie.
Monsieur Castex a des propos intéressants sur le sujet de la sécurité. Lutter contre l’insécurité et les incivilités fait partie des priorités des Français qui sont tous les jours embêtés par des petits voyous. Je vous rappelle encore une fois que c’est monsieur Castaner qui a supprimé les crédits de la police de sécurité du quotidien. Appelons les choses par leur nom. Si monsieur Castex est là pour remédier et donner des solutions à trois ans de politique conduite par Édouard Philippe, il faut le dire. J’ai constaté qu’aucun mot n’a été dit sur l’immigration.

Jean Castex et Damien Abad ont fait une partie assez longue sur la fiscalité, l’emploi et l’écologie, mais le régalien est arrivé à la fin comme si l’immigration et l’insécurité n’étaient plus une priorité des Français…

Je pense qu’ils ont tous les deux tort là-dessus. Vous avez raison, cela vient toujours après coup. Les Français se reconnaîtraient ou ont envie de se reconnaître dans des politiques dont les marqueurs sont le régalien. C’est le respect de l’ordre, le respect de la sécurité, la lutte contre l’immigration clandestine et les sujets de société.
La loi de bioéthique sera examinée à l’Assemblée dans 15 jours et viendra en catimini. Monsieur Castex lui-même a demandé à ce que soit rajoutée une semaine de cession parlementaire pour pouvoir examiner ce projet de loi qui n’avait aucune urgence. Selon les sondages, 71 % des Français estiment que ce projet de loi n’a pas sa place dans le calendrier parlementaire aujourd’hui. La priorité des Français, comme je l’ai dit en introduction, est le pouvoir d’achat et l’emploi et certainement pas les lois de bioéthique à examiner en plein cœur de l’été quand les Français qui le peuvent partent en vacances. Or, monsieur Castex n’a pas beaucoup d’états d’âme.
Pour quelqu’un qui se dit respectueux du débat parlementaire, cela ne paraît pas très probant.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Gouvernement Castex. Des grandes gueules pour masquer l’ennui

Il faudra juger Jean Castex aux actes. C’est ce qu’il demande et il a bien raison, surtout que, pour le moment il ne peut compter sur le verbe. Ses interventions sont laborieuses et ennuyeuses, chose étonnante alors que se multiplient les coachs entraînant à une parole convaincante. C’est sans doute pour pallier cette absence de charisme verbal, qui était connue, que son gouvernement a été enrichi de grandes gueules.

Le retour de Bachelot

C’est ainsi que sont respectivement nommés à la Justice et à la Culture Eric Dupont-Moretti et Roselyne Bachelot. Les deux ont un point commun : Ils ont juré les yeux dans les yeux aux journalistes que jamais au grand jamais, ils n’accepteraient un poste au gouvernement. Ils l’ont fait dans un grand éclat de rire. Décidément la soupe est bonne et la vanité gouverne les hommes et les femmes à parité égale. Roselyne Bachelot, la femme aux masques, tient une belle revanche sur un départ peu glorieux de son dernier poste ministériel — la Santé. Entre temps elle s’était transformée en amuseuse donneuse de leçon sur les médias et dans la presse. Son apport à la culture a été très limité, même si elle a cru bon d’interpréter au théâtre Les Monologues du vagin, histoire de prouver combien elle était féministe et branchée.

Mâles blancs

Pour l’avocat anti-magistrats devenu leur ministre de tutelle, le pari est encore plus insensé. L’homme est très fort dans son domaine mais la façon dont il s’est laissé chahuter et déstabiliser par les députés lors des questions au gouvernement est étonnante. Personne ne l’avait averti que les interruptions n’étaient entendues que par lui et pas par les téléspectateurs et qu’il ne fallait donc pas en tenir compte ? Cette impréparation politique sur un classique est stupéfiante.

L’arrivée de Darmanin n’est pas du même registre. On peut se demander si Gérald si fier de dire, alors que personne ne le demandait, qu’il se prénommait aussi Moussa, est vraiment la bonne personne pour lutter contre l’islamisme politique ! On est toujours dans le doute sur les intentions du président, attendons donc le 14 juillet. Mais ce qui est incompréhensible, c’est l’aveuglement dont témoigne cette nomination : on fait comme ci notre république n’avait pas déjà accepté le totalitarisme des minorités au nom de l’idéologie de la repentance et de la victimisation.

En outre, nommer un Darmanin désigné comme violeur par une dame (cette dernière fût-elle pas très nette), c’était bien sûr agiter un drapeau rouge devant les chiennes de garde et autres féministes de combat radical. A cela s’ajoute les propos sexistes du ministre de la justice qui vont lui être rappelés au quotidien. Avec ce couple de mâles blancs obligés un temps de cohabiter, cela va être l’enfer pour Marlène Schiappa. On nous permettra un sourire peu charitable.

Ce gouvernement a un casting qui va permettre des attaques à la chaine, avec la complaisance bien sûr des médias. Ils sont pour le moment sous le charme de la nouveauté mais on sent déjà les réticences. Sur les pensées supposées, il n’y a pas de présomption d’innocence. Le sérieux insipide de Castex ne suffira pas longtemps à protéger ses ministres médiatiques de la médiocratie dominante. Qui a vécu par les médias périra par les médias.

Le remaniement sera dénoncé comme trop blanc et machiste, il l est déjà. Contraint donc à donner des gages aux minorités agissantes, il risque d être paralysé avant même d’avoir commencé à agir.

Pierre Boisguilbert

Texte repris du site Polémia

Le drame du Kosovo, exemple à méditer

Nous avons sous nos yeux, en Europe même, l’exemple d’un pays où les musulmans ont pris le pouvoir avec la bénédiction et l’aide de l’OTAN, de l’Union européenne, et de la France. De plus, ces musulmans ne sont pas des immigrés, ce sont des autochtones.

Ce pays est le Kosovo, et les musulmans sont des Albanais, islamisés et soumis aux Ottomans depuis des siècles.

J’ai assumé la direction de la MIP (Mutuelle de l’Industrie du Pétrole) de 1982 à 1994. Notre siège social était installé dans un complexe d’immeubles de bureaux construit entre 1975 et 1980 près de la station RER de Val de Fontenay, à Fontenay–sous-Bois (94).

L’installation électrique ne justifiait pas la présence d’un technicien d’entretien à plein temps. Nous faisions appel à un technicien de la DIAC (filiale crédit de Renault), qui ne venait dans nos locaux que quelques heures pendant le week-end.

Je trouvais sur mon bureau, le lundi matin, un compte rendu de son intervention. Lorsqu’il avait quelque chose de plus important à me faire savoir, il venait me rejoindre à la cafeteria et nous prenions notre repas ensemble.

Ce technicien s’appelait Vulovic. Il était Serbe, installé en France depuis de nombreuses années, mais il retournait souvent dans son pays natal, auquel il restait très attaché. Nous parlions donc travail, mais aussi, fréquemment, de son pays d’origine.

Après l’éclatement de la Yougoslavie, la Serbie fut le théâtre de nombreux conflits, avec tou­tes les souffrances que peuvent supporter les populations dans ces guerres civiles.

Vulovic profitait de ses vacances pour accompagner des convois humanitaires qui apportaient des secours aux populations serbes. À son retour, Vulovic me faisait part de son indignation de voir qu’en Europe occidentale et même en France, alliée traditionnelle de la Serbie, les Serbes étaient toujours désignés comme les coupables. Il me décrivait les brutalités, voire les atrocités, dont étaient victimes les Serbes, notamment dans la Krajina qui appartenait à la Croatie, et dont les Serbes ont été chassés sans ménagement et dans l’indifférence générale.

En outre, Vulovic me faisait part de ses inquiétudes pour une région dont je n’avais jamais entendu parler : le Kosovo. Le Kosovo, me disait-il, a pour les Serbes la même valeur sentimentale que l’Alsace-Lorraine pour les Français. C’est là que s’est déroulée la bataille du Champ des Merles (1389), qui symbolise la lutte séculaire du peuple serbe contre l’envahisseur ottoman. De plus, le Kosovo abrite des monastères orthodoxes qui sont parmi les plus beaux de Yougoslavie.

Le Kosovo, ajoutait Vulovic, comportait au départ une faible minorité albanaise. Mais les choses ont beaucoup changé depuis 1945. Au cours de la 2e guerre mondiale, l’Italie, qui avait annexé l’Albanie en 1939, créa une « Grande Albanie » englobant le Kosovo. Cela provoqua un afflux important d’Albanais. Après la guerre, les Serbes (orthodoxes) ont adopté un mode de vie à l’occidentale avec peu d’enfants par famille. Au contraire, les Albanais (musulmans) ont continué d’avoir une très forte natalité. Ainsi, au fil du temps, l’équilibre démographique s’est fortement modifié en faveur de la population albanaise, qui est devenue majoritaire. Cela s’est accompagné d’une montée des revendications identitaires de la part des Albanais.

Depuis l’éclatement de la Yougoslavie, – toujours selon Vulovic –, les Albanais sont devenus agressifs. Des commandos armés agressent les Serbes du Kosovo, qui n’osent plus sortir de chez eux. Ils ne comptent plus que sur l’armée pour rétablir l’ordre et leur sécurité, disait Vulovic. Et il ajoutait : tout cela va très mal finir.

Voilà les propos que j’entendais entre 1990 et 1994, date de mon départ en retraite. Vulovic avait quelques années de moins que moi. Malheureusement, il est décédé prématurément, peu après ma fin d’activité.

En 1999, les forces de l’OTAN ont pilonné la Serbie avec la participation d’avions français.

J’ai repensé à ce que Vulovic m’avait annoncé de façon prémonitoire plus de sept ans auparavant.

En mémoire de lui, je suis allé porter mes dons à l’église orthodoxe serbe de Paris.

Le Kosovo est indépendant depuis 2008. Malgré les soldats de la KFOR, la plupart des monastères orthodoxes ont été saccagés.

Les rares Serbes restés au Kosovo vivent dans des enclaves entourées de barbelés, et leur sécurité est plus que précaire.

Quel sera le prochain Kosovo ?

Raymond Croella

Tribune reprise de les4verites.com

Notre ennemi Erdogan, par Jean-Gilles Malliarakis

La décision autoritaire d’Erdogan, d’abolir le décret de 1934, par lequel les kémalistes avaient transformé en musée mondialiste, l’ancienne basilique de Sainte-Sophie, profanée depuis le XVe siècle, n’a guère ému, concrètement, nos sociétés de consommation. Juste ce qu’il faut pour se prévaloir d’une bonne conscience factice. Elle ne change pas les projets de vacances du tourisme de masse.

Elle aura interrogé, en revanche, dès le 10 juillet, avant même la réouverture de la prière musulmane prévue pour le 24, les chancelleries et les rédactions des pays civilisés.

Dès le mois de juin, en effet, le patriarche œcuménique Bartholomée, probablement la personne la plus compétente pour parler du sujet, avait averti quant aux réactions à long terme : la transformation de Sainte-Sophie en mosquée pourrait “monter des millions de chrétiens dans le monde contre l’islam[1]”.

Ajoutons à ce stade que, coordinateur des droites européennes, de culture chrétienne, Manfred Weber, qui représente le principal groupe du parlement de Strasbourg, a clairement mis les choses au point. “Les provocations d’Erdogan appellent une réponse forte” souligne-t-il[2].

Dans son discours révélateur du 10 juillet, Erdogan prétend triomphalement que cette démarche “rallume le feu de l’espoir des musulmans et de tous les opprimés, ceux qui ont fait l’objet d’injustice, qui ont été piétinés et exploités”. Car en toutes circonstances le double langage islamo-révolutionnaire néo-ottoman mélange toujours, systématiquement, la rhétorique victimaire et vengeresse (de quoi ?) au pire cynisme revendiquant le droit de conquête.

En écoutant la vidéo, on se sent assez dépaysé par rapport au turc du Bourgeois Gentilhomme…[3]

Les déclarations officielles diffèrent d’ailleurs légèrement en anglais ou en arabe. Elles sont en effet formulées dans le but de répondre aux attentes de leurs destinataires.

La version anglaise rassure la consommatique des opérateurs de voyages : “les portes de Hagia Sophia seront, comme c’est le cas de toutes nos mosquées, grandes ouvertes à tous, qu’il s’agisse d’étrangers ou de locaux, de musulmans ou de non-musulmans”.

La version arabe n’hésite pas, quant à elle, à instrumentaliser la question palestinienne. Elle affirme que la “renaissance (sic) de Hagia Sophia est un signe du retour de la liberté à la mosquée d’al-Aqsa”. Les islamistes ferment en général, curieusement, les yeux sur les relations formelles, d’ailleurs de plus en plus difficiles depuis 2009, entre Ankara et Israël. Ils se gargarisent en revanche de la promesse néo-ottomane d’une nouvelle conquête de Jérusalem. L’invasion des Turcs seldjoukides, qui en chassèrent et massacrèrent les habitants au XIe siècle, fut la cause directe des Croisades, rappelons-le, lorsqu’ils interdirent les pèlerinages chrétiens.

Et la Turquie se flatte ainsi d’un rôle, complètement imaginaire en fait, de “médiateur”, à son seul profit, de ce conflit dans le sens du mirage d’un État palestinien, mais aussi dans les autres zones sensibles d’un proche-orient, toujours tourmenté, où sunnites et chiites se déchirent depuis bientôt 14 siècles et où le gouvernement AKP agit contre tous les autres comme bras séculier des Frères Musulmans.

Ce n’est pas seulement au rôle de sultan moderne, d’un nouvel empire turc, auquel aspire le mégalomane Erdogan[4]depuis son palais d’Ankara plus grand que Versailles ; c’est bien la fonction de calife cédée aux Ottomans en 1517, comme chef mondial des Croyants mahométans, à laquelle il croit avoir droit.

Jusqu’où ira-t-il ? se demande-t-on encore. Votre chroniqueur le répète ici librement quant à lui : il ira jusqu’au point où on l’arrêtera.

[1] cf. article “Sainte-Sophie : le nouveau camouflet d’Erdogan aux Occidentaux”in l’Orient-Le Jour.
[2] cf. la chronique de Manfred Weber in l’Opinion du 12 juillet.
[3] cf. “Turkish President Erdogan announces first prayers at Hagia Sophia after mosque ruling”
[4] cf. “Sainte-Sophie ou le sacre du leadership turc au sein de l’islam politique.”

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Derrière la République des grandes gueules, par Ivan Rioufol

Voici donc, pour la galerie, la République des grandes gueules. Avec Eric Dupont-Moretti à la Justice, Roselyne Bachelot à la Culture et Marlène Schiappa à la Citoyenneté, le chef de l’Etat a tenté, lundi soir, de mettre quelques paillettes à un gouvernement couleur muraille. Cette mise en scène vise à accrocher l’attention d’un public qui s’endort déjà à écouter le nouveau premier ministre, Jean Castex.

Remarquons au passage qu’aucun membre des Républicains ne se retrouve dans le casting : une absence qui laisse deviner le peu d’attractivité qu’a rencontré ce gouvernement de crises, qui s’est heureusement débarrassé de Christophe Castaner, Nicole Belloubet et Sibeth Ndiaye. Il est vrai que rien n’est moins engageant que de monter sur le Titanic. Toute la question est désormais de savoir si l’opinion se laissera distraire par les prévisibles coups d’éclat de ces trois personnalités atypiques. Cela semble peu probable, tant la communication macronienne est devenue artificielle et lassante.

Pour autant, Dupont-Moretti à la Chancellerie pourrait se comporter comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. A moins que sa nomination par le Prince ne soit une manière plus machiavélique de contenir l’ambitieux avocat. Il a déjà retiré sa plainte contre X pour violation de la vie privée et des correspondances, dans l’affaire des fadettes qui mettait en cause le parquet national financier.

Le nouveau garde des Sceaux ira-t-il jusqu’à réclamer la suppression de ce parquet, dont l’indépendance politique est devenue suspecte depuis l’affaire Fillon? Ses premiers actes le diront. Reste que, derrière son anticonformisme affiché, se laisse voir le profil plus banal du donneur de leçons, ce clone de la gauche moralisatrice. En 2015, celui qui aura désormais à défendre les libertés malmenées avait réclamé l’interdiction du parti de Marine Le Pen. Ce manque d’originalité est un élément de sa personnalité tonitruante. Grande gueule aux petits pieds ? A suivre.

Ivan Rioufol

Texte daté du 7 juillet 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Dupond-Moretti et Darmanin, les noces funèbres ?, par Etienne Defay

Le choc promis par Emmanuel Macron que devait incarner le remaniement est finalement assez décevant. Un subtil mélange de fond de tiroir, de recasage et de racolage. La seule véritable prise de guerre, non des moindres puisqu’il s’agit du monstre du barreau et terreur des magistrats, le Gargantua du prétoire, Maître Eric Dupond-Moretti. La promesse de débats houleux et de joutes parlementaires homériques pour les plus optimistes. Pour les réalistes, en plus d’être l’arbre qui cache la forêt en matière de renouveau, Dupond-Moretti garde des Sceaux, c’est l’arrivée de l’extrême gauche aux fonctions suprêmes. Celui qui se définit comme de sang mêlé et porteur « d’antiracisme », le défenseur de Théo Luhaka, de Patrick Balkany et d’Abdelkader Merah, grand ennemi des magistrats est donc ministre de la Justice. Lors de sa première visite à la prison de Fresnes, il a été ovationné. Pas par les surveillants mais par les détenus. Ambiance.

A l’Intérieur, arrive Gérald Darmanin, le sémillant ministre du Budget aura donc remporté son pari de laisser Castaner se griller à l’Intérieur avant de prendre sa place. Darmanin, c’est « le traître » pour Christian Jacob, c’est celui qui se présente comme petit-fils d’immigré alors qu’il descend d’un harki donc d’un citoyen français. Darmanin, c’est en arrivisme ce que représente Dupond-Moretti en outrancier. Et pourtant, cet improbable tandem aux histoires radicalement différentes vont devoir faire fonctionner ensemble les deux principales missions régaliennes de l’Etat : protéger et juger. Un constat qui glace un peu, il est vrai.

D’autant que la presse tire déjà à boulets rouges sur le tandem. Dupond-Moretti parce qu’il fut très critique à l’encontre du mouvement MeToo et Darmanin parce qu’il fait l’objet d’une enquête pour viol. A la limite ce n’est pas le plus préoccupant. Le garde des Sceaux ne saurait être coupable de délit d’opinion et le ministre de l’Intérieur a droit à la présomption d’innocence. Néanmoins on peine à voir comment ce couple mal assorti va parvenir à s’accorder, rassurer les forces de l’ordre et en finir avec le laxisme judiciaire. On connaît l’appétence de la Justice pour les coupables et le peu d’attention porté aux victimes.

Un duo à l’image du remaniement

Comme le fait remarquer le politologue Guillaume Bernard au média Boulevard Voltaire, c’est l’ordre protocolaire des ministères qui interpelle : « En premier viennent les Affaires européennes, en deuxième l’Ecologie. Il faut attendre la 6e place pour voir le ministère de l’Intérieur et la 10e place pour le ministère de la Justice. Cela montre que les fonctions régaliennes de politique intérieure, d’immigration irrégulière, d’insécurité sont reléguées bien derrière des questions d’affichage. »

On l’aura compris, le régalien est confié aux bêtes de scène et aux ambitieux mais arrive dernier dans les priorités d’Emmanuel Macron. Dommage que ce soit les principales préoccupations des Français qui sont au mieux caricaturés, au pire insultés.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 8 juillet 2020

Une adjointe à l’agriculture à la mairie de Paris

Vous avez bien lu. La mairie de Paris se paie une adjointe, « chargée de l’agriculture, de l’alimentation durable, et des circuits courts ». Autant la nourriture est un enjeu de sécurité publique et il est tout à fait légitime de s’en préoccuper, autant évoquer l’agriculture dans Paris est une plaisanterie. S’il s’agissait d’une responsabilité bénévole, il serait tout naturel d’en rire. Mais à six mille euros par mois, c’est obscène. Obscène que les Parisiens, dont 21,1 % vivent dans des logements sociaux, paient avec leurs deniers ce fantasme bobo absolument grotesque. L’agriculture, à Paris, se limite aux quelques ruches sur le toit de l’Opéra, et aux vignes (fort) chétives de Montmartre. Et bon courage aux amateurs de poissonnailles si l’objectif est d’élever du fretin dans la Seine.

Audrey Pulvar représente tout ce que Paris produit de plus pénible : des idéologues ridicules partout sauf dans la quinzaine de métropoles mondialisées qui ont fait sécession de leur pauvre pays ou de leur pays pauvre, donneurs de leçon compulsifs, et trouvant toujours le moyen de se faire entretenir avec l’argent public.

La mairie de Paris a argué que, porte de Versailles, une « ferme » de 14 000 m2 sur le toit du parc des expositions était la plus grande « ferme urbaine » d’Europe. De la terre sur un toit, et ça suffit à faire rêver les habitants du Marais. En moyenne, 80 % des projets de production agricole urbaine meurent la première année. Qui vivra verra, mais il est difficile de présager un avenir radieux à cette exploitation. Sauf si Viparis, la société qui exploite le centre des expositions, réussit à rendre rentable le site. Au programme : des ateliers « découverte » (1 heure, 15 euros par personne), des ateliers « découverte et dégustation » (1 h 30, 25 euros par personne), des ateliers « aromates et cocktail » (2 heures, 50 euros par personne), et des ateliers « yoga » (1 heure, 25 euros par personne). Au milieu des plants de tomate.

C’est le système des socialistes parisiens : la mairie rêve, un acteur privé s’enrichit, et la mairie peut faire des photos ou images sur Photoshop pour s’autocongratuler. Tout ceci ne laisse que peu de temps, de personnel disponible, d’attention et d’argent pour s’occuper des rats qui grouillent partout dans la Ville Lumière à la faveur de la saleté répugnante omniprésente. Pour le coup, si la mairie se pique d’élevage, elle dispose d’un indéniable savoir-faire avec les rongeurs à faire valoir.

Reste que Paris devra bien un jour se rappeler qu’elle n’est pas une île au milieu du désert, mais la capitale d’un pays en entier, et que c’est lui qui la nourrit. Peut-être la volonté de communiquer sur une hypothétique « autosuffisance alimentaire » est-elle une volonté plus ou moins consciente d’Anne Hidalgo de couper définitivement le cordon avec ces sans-dents qui sèment, arrosent, moissonnent et votent à droite. Mais bien du courage : ce n’est pas demain que Paris cuira son pain sans le froment de la Beauce.

Benoît Busonier

Article paru dans Présent daté du 7 juillet 2020

Congo : les regrettables « regrets » du roi des Belges, par Bernard Lugan

Le mardi 30 juin 2020, pliant à son tour sous l’air du temps, le roi des Belges a présenté « ses plus profonds regrets pour les blessures infligées lors de la période coloniale belge au Congo ». Des « regrets » qui n’avaient pas lieu d’être. Pour au moins quatre raisons principales :

1) En 1885 quand fut internationalement reconnu l’État indépendant du Congo (EIC), les esclavagistes zanzibarites dépeuplaient tout l’est du pays. Ayant largement franchi le fleuve Congo, ils étaient présents le long de la Lualaba, de l’Uélé, dans le bassin de la Lomami, un des affluents majeurs du Congo, et ils avaient quasiment atteint la rivière Mongala.
Dans cette immense région, de 1890 à 1896, au péril de leur vie, de courageux belges menèrent la « campagne antiesclavagiste ». Au lieu de lassantes et injustifiables excuses, c’est tout au contraire la mémoire de ces hommes que le roi des Belges devrait célébrer. Parmi eux, les capitaines Francis Dhanis, Oscar Michaux, van Kerckhoven, Pierre Ponthier, Alphonse Jacques, Cyriaque Gillain, Louis Napoléon Chaltin, Nicolas Tobback et bien d’autres. Pour avoir voulu arracher les malheureux noirs aux esclavagistes musulmans venus de Zanzibar et de la péninsule arabe, Arthur Hodister et ses compagnons ainsi que le lieutenant Joseph Lippens et le sergent Henri De Bruyne furent massacrés. Les deux derniers eurent auparavant les mains et les pieds coupés par les esclavagistes. Leurs statues vont-elles être déboulonnées ? Probablement, tant l’ethno-masochisme des Européens semble être sans limites.

2) Dans le Congo belge les services publics fonctionnaient et des voies de communication avaient été créées à partir du néant, tant pour ce qui était de la navigation fluviale, que des voies ferrées, des aérodromes ou des ports. Quant au réseau routier, il était exceptionnellement dense, des pistes parfaitement entretenues permettant de traverser le pays d’ouest en est et du nord au sud en toutes saisons. Après l’indépendance, ces voies de communication disparurent, littéralement « mangées » par la brousse ou la forêt.

3) La Belgique n’a pas pillé le Congo. Et pourtant, cette colonie fut une de celles dans lesquelles les profits furent les plus importants. Mais, à partir de 1908, les impôts payés par les consortiums et les privés furent en totalité investis sur place. Le Congo belge pouvait donc subvenir à ses besoins, le plan de développement décennal ainsi que les investissements étant financés par les recettes locales tirées de l’impôt des grandes sociétés.

4) Parmi toutes les puissances coloniales, la Belgique fut la seule à avoir défini un plan cohérent de développement de sa colonie en partant d’une constatation qui était que tout devait y être fait à partir du néant. En matière d’éducation, la France et la Grande Bretagne saupoudrèrent leurs colonies d’Afrique sud-saharienne tandis que la Belgique choisit de procéder par étapes et de commencer par bien développer le primaire, puis le secondaire et enfin seulement le supérieur. Mais, pour que ce plan puisse être efficace, il lui fallait encore une certaine durée. Or, il fut interrompu par l’indépendance alors qu’il fallait à la Belgique au moins deux décennies supplémentaires pour le mener à son terme.

Alors, certes, il y eut une période sombre dans l’histoire de la colonisation belge, avec une politique d’exploitation fondée sur le travail forcé et dénoncée en 1899 par Joseph Conrad dans son livre « Au cœur des ténèbres ». Mais ce ne fut qu’une parenthèse de quelques années. A partir de 1908, le Congo rentra en effet dans l’Etat de droit et ses ressources ne servirent plus qu’à sa mise en valeur.
Voilà pourquoi, en plus d’être regrettables, les « regrets » du roi des Belges sont une insulte à de grandes figures belges et à l’Histoire de son pays.

Pour en savoir plus, voir mon livre Histoire de l’Afrique des origines à nos jours, pp 552-555 et 701-715.

Bernard Lugan

Texte repris du site Blog de Bernard Lugan

[Entretien vidéo] Thaïs d’Escufon et Jérémie Piano : Identité, le cri d’une génération !

07/07/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Thaïs d’Escufon et Jérémie Piano font partie des militants identitaires qui ont “banderolé” la manifestation dite contre les “violences policières” et pour Adama Traoré. Cette action spectaculaire et pacifique menée sur les toits de la place de la République à Paris a été un succès indéniable.

Les deux militants emblématiques de cette Génération Identitaire reviennent, pour TVLibertés, sur le déroulement de l’opération, les réactions haineuses et violentes des manifestants agglutinés et les interpellations des forces de l’ordre… “Identité” est devenue le cri d’une nouvelle génération d’hommes et de femmes que rien ne semble pouvoir arrêter.


La réponse cinglante de la France qui souffre à ceux qui voudraient la culpabiliser, par Jean-David Cattin (Les Identitaires)

Depuis quelques semaines, on entend moins les jérémiades du comité Adama et de leurs amis indigénistes. La manifestation place de la République le 13 juin est pour le moment leur dernier rassemblement d’ampleur. À n’en pas douter, l’action percutante de Génération Identitaire n’est pas étrangère à cette baisse de régime.

Elle a permis de mettre en lumière la haine des blancs qui motive bon nombre d’antiracistes. Mieux, grâce à un sondage qui lui a fait suite, elle a aussi permis de démontrer que le racisme antiblanc était une réalité pour 47 % de Français (17 % ne se prononcent pas). Après des semaines de matraquage médiatique sur l’existence d’un « racisme systémique » en France, ils sont seulement 30 % à y croire.

Comment s’en étonner dans un pays où la haine des blancs, de la civilisation européenne et de la France est le soubassement du terrorisme islamiste ? Comment s’en étonner dans un pays où la criminalité grandissante fait vivre aux Français un enfer quotidien ? Une situation dramatique dans laquelle l’accueil généreux et naïf de millions de non-Européens trouve évidemment son origine.

Dans les réactions qui ont fait suite au déploiement de la banderole « Justice pour les victimes du racisme antiblanc », on a pu percevoir un véritable sentiment de gratitude chez de très nombreux Français. Ils n’en pouvaient plus de subir insultes et calomnies de la part de ceux qui devraient en réalité leur montrer de la reconnaissance. L’action de Génération Identitaire fut la réponse cinglante de la France qui souffre à ceux qui voudraient une nouvelle fois la culpabiliser.

Ces différences majeures de perception sur un vivre-ensemble générateur de plus en plus de violences illustrent les profondes divisions identitaires en France. Des fractures bien trop marquées pour envisager les solutions dépassées que sont l’assimilation ou l’intégration. La remigration apparaît plus que jamais comme l’horizon vers lequel nous devons tendre pour pacifier la société française et les tensions qui portent en elle les germes d’une potentielle guerre civile.

Jean-David Cattin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Une cabale contre Éric Zemmour ?

06/07/2020 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Le parquet a requis mercredi 10.000 euros d’amende, avec possibilité d’emprisonnement, à l’encontre d’Éric Zemmour, jugé pour injure et provocation à la haine raciale après un discours tenu en septembre à Paris lors de la « Convention de la droite ».

Le journaliste du Figaro avait alors fustigé les immigrés « colonisateurs » et s’était insurgé contre l’« islamisation de la rue », décrivant le voile et la djellaba comme « les uniformes d’une armée d’occupation ». Devant les réactions outrées d’oreilles chastes des médias et des réseaux sociaux, l’éditorialiste avait « maintenu » ses propos, assurant qu’il « n’injuriait personne ». Mais pour le tribunal, qui a visionné les 32 minutes de son discours et retenu six passages qu’il jugeait problématiques, les infractions seraient caractérisées.

De son côté, Europe Écologie Les Verts compte écrire au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel pour dénoncer, disent-ils, « l’ensemble de l’œuvre de l’essayiste »

Lundi, dans l’émission Face à l’info, le journaliste avait analysé la poussée verte et dénoncé le discours des écologistes : « Les Verts sont des multiculturalistes assumés, des immigrationnistes assumés, des sans-frontièristes assumés, ils ont le souci de la nation française comme de leur dernière éolienne. Le vert des Verts correspond comme par hasard au vert de l’islam », avait-il affirmé.

Des membres du bureau exécutif d’EELV ont donc décidé d’écrire au CSA

Oui, ce sont « ses propos en général » qui gênent EELV, raison pour laquelle le parti se fend d’un courrier au gendarme de l’audiovisuel. « Tous les jours à une heure de grande écoute, il tient des propos sexistes, homophobes, racistes, tous les ‘istes’ négatifs que vous voulez : il va de plus en plus loin, dit les choses les plus énormes possibles, il est le poisson-pilote de l’extrême droite », dénonce Sandra Regol, secrétaire national adjointe du parti.

Dernière plainte en date ? Celle de l’islamiste Madjid Messaoudene

Dans un tweet, il a annoncé son souhait « de porter plainte » contre l’essayiste. En effet, lundi, sur CNews encore, Éric Zemmour dénonçait les tweets très virulents de la nouvelle figure de gauche contre « l’islamophobie, la laïcité et le racisme d’Etat ».

Discours de Zemmour à la Convention de la droite – Le débat d’idées sous contrôle judiciaire

Renvoyé le 22 janvier en raison de la grève des avocats contre la réforme des retraites, le procès d’Eric Zemmour, poursuivi pour « injure publique à caractère racial » et « provocation publique à la haine raciale » suite au remarquable discours qu’il a prononcé en septembre dernier à la Convention de la droite, s’est finalement tenu mercredi devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Un procès aux relents staliniens, à l’occasion duquel les associations antiracistes et autres chiens de garde du système ont ouvertement affiché leur volonté de censurer le brillant essayiste.

Un regard lucide sur l’islam et l’immigration

En cause dans cette affaire, rappelons-le, six passages de ce discours d’une trentaine de minutes au cours duquel Zemmour avait eu l’audace de porter un regard lucide sur l’islam et sur l’immigration. Ainsi lui est-il notamment reproché d’avoir parlé d’immigrés « colonisateurs », d’« islamisation de la rue », ou encore du voile et de la djellaba comme des « uniformes d’une armée d’occupation ». Bref, un constat d’une grande justesse, mais qui, comme l’on pouvait s’y attendre, avait immédiatement été suivi d’un impressionnant lynchage de son auteur par la classe politique, les médias, le ban et l’arrière-ban des associations antiracistes, et jusqu’au Premier ministre, qui avait dénoncé des « discours nauséabonds ». Lynchage auquel LCI, qui avait diffusé en direct cette allocution mais que l’on ne peut guère soupçonner de sympathie à l’égard de la droite nationale, n’avait pas non plus échappé, puisque la chaîne s’était vue violemment rappelée à l’ordre par le CSA. Au milieu de ce véritable délire antiraciste, pas moins d’une dizaine d’associations s’étaient bien sûr immédiatement portées parties civiles et le parquet de Paris lui-même s’était emparé de l’affaire. Autant dire que tous les ingrédients du procès stalinien étaient réunis. D’autant que, comme le soulignait Me Pardo, avocat d’Eric Zemmour, en faisant allusion à des accusations fondées sur des citations tronquées, voire déformées, et au caractère privé de l’intervention, « toutes les règles qui font la défense de la liberté d’expression, la liberté de la presse, sont dans ce dossier bafouées ». Et Me Pardo, rappelant très justement que « le débat d’idées ne doit pas être un débat judiciarisé », d’ajouter alors : « C’est ça la vérité de ce qui est en jeu aujourd’hui. »

Un désir de censure ouvertement proclamé

Car dans cette affaire, comme dans toutes les précédentes impliquant l’essayiste, l’objectif réel des adversaires de Zemmour est moins de le sanctionner pour un prétendu « dérapage » que de le priver de toute possibilité de s’exprimer. Un désir de censure d’ailleurs, et aussi incroyable que cela puisse paraître, qu’ont totalement assumé et ouvertement proclamé les avocats des parties civiles lord de ce procès. C’est ainsi que l’on aura vu l’un d’eux, après avoir affirmé qu’Eric Zemmour « n’existe que parce que LCI, BFM TV et CNews existent », appeler ouvertement les médias à le censurer. Ou encore Me Karsenti, avocat de l’association La Maison des potes, reconnaître que sa « stratégie est de faire taire Eric Zemmour ». Mais, peut-être plus révélatrice encore de cette tyrannie qui s’installe doucement mais sûrement dans notre pays, cette demande ahurissante faite lors de l’audience par Me Boucher-Naranin, avocate du Collectif contre l’islamophobie en France et de l’Association de défense des droits de l’homme, qui, s’interrogeant sur une éventuelle « démence » de Zemmour, n’a pas hésité à réclamer… une « expertise psychiatrique » de l’essayiste ! Une demande qui rappelle étrangement cette sinistre époque où l’URSS enfermait ses dissidents et ses opposants dans des hôpitaux psychiatriques… En attendant, le procureur, qui a estimé – sans surprise – mercredi que les « infractions étaient parfaitement caractérisées », a demandé au tribunal de condamner le polémiste à 100 jours-amendes à 100 euros qui, s’ils ne sont pas payés se transformeront en emprisonnement, ainsi qu’à une large publication de la décision « à ses frais ». La décision du tribunal sera rendue le 25 septembre.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 3 juillet 2020

Ludovine de La Rochère : « Emmanuel Macron est tout particulièrement cynique ! »

Ludovine de La Rochère explique la mobilisation du collectif Marchons enfants ! Elle dénonce le retour précipité et « indigne » du projet de loi bioéthique avec, notamment, la PMA sans père, qui n’a rien d’urgent alors que les Français vivent des crises majeures en termes de santé et d’emploi.
« Ce projet doit être repensé et entièrement réécrit. ». « Nous organiserons des manifestations en septembre s’il le faut. »

Le collectif Marchons enfants ! était, très tôt ce matin, devant l’Assemblée nationale. Quelle était la revendication du collectif Marchons enfants ! ?

Il était important, dans le contexte actuel, d’insister, de souligner et de rappeler que cette volonté du président de la République de faire revenir l’examen du projet de loi de bioéthique est absolument inacceptable et scandaleux au regard de ce que vivent les Français.
Les Français ont bien d’autres préoccupations et difficultés qui doivent être traitées de manière diligente et urgemment.
D’autre part, ce projet de loi aborde des sujets complexes et difficiles. Il demande du temps, de la réflexion et certainement pas d’être vu entre deux portes.
Enfin, cette crise sanitaire, par tout ce qu’elle a révélé des difficultés du système de santé, de la tâche immense qui est celle des médecins, a montré qu’il fallait sans doute repenser entièrement ce projet de loi. J’ajoute que la crise a aussi mis en valeur la place de la famille, la vulnérabilité de l’homme, et a mis en valeur la nécessité de fraternité. Autrement dit, tout ce qui est absolument contraire à la PMA sans père que contient ce projet de loi. Ce n’est pas le moment de réexaminer ce projet de loi. Les députés devraient se consacrer aux urgences immédiates des Français. En outre, il demanderait d’être entièrement revu.

Dénoncez-vous un problème de calendrier ?

Il y a un double problème. Il y a d’abord le problème du calendrier. Ce projet de loi n’a rien d’urgent, bien au contraire, compte tenu de ce qu’il contient. Il n’y a, naturellement, aucune urgence à priver volontairement des enfants de père. Et ce n’est pas le moment de se repencher sur des questions aussi difficiles. Il est évident que l’exécutif comme le Parlement doivent travailler aux difficultés présentes et aux problèmes immenses. On sait qu’une deuxième vague peut arriver. Il est indigne d’aller sur des débats de fond essentiels qui sont bien sûr prioritaires. Ils sont si essentiels qu’ils ne peuvent pas être traités maintenant et n’importe comment. Ils peuvent tout à fait être traités plus tard, posément, dans un contexte serein. Ils devraient être réfléchis, analysés et approfondis et nécessiteraient même d’être complètement repensés et presque entièrement réécrits.

Qu’est-ce qui pousse l’exécutif à avancer sur ce dossier en priorité, alors que nous sommes dans une situation de tensions sociales et de fracture ?

Malheureusement, c’est vraiment de la politique. C’est un cynisme absolument extraordinaire d’Emmanuel Macron. On me dira que tous les hommes politiques sont cyniques. Emmanuel Macron l’est tout particulièrement. Je pense qu’il a voulu tout simplement profiter de l’impossibilité d’organiser des manifestations de plusieurs centaines de milliers de personnes du fait de la crise sanitaire et de notre sens des responsabilités, la protection de la santé des uns et des autres. Il sait aussi que c’est l’été, cela ne facilite pas les choses. D’ailleurs, le vote solennel de fin de seconde lecture à l’Assemblée nationale a été annoncé cet après-midi.
Le choix du calendrier permettra aux progressistes d’avancer « le plus discrètement possible ». Les médias sont concentrés sur d’autres sujets, notamment sur les violences partout en France. La crise sanitaire économique et sociale et les vacances scolaires permettront à Emmanuel Macron d’envoyer un signal sur sa gauche tout en espérant minimiser les ennuis. Il se trompe. Cela n’empêche pas de dénoncer et de faire savoir le contenu de ce projet de loi extrêmement délétère et transgressif. Ce projet de loi va, bien sûr, poursuivre son parcours législatif. Rien ne nous empêchera, s’il le faut, d’organiser et de lancer des actions de très grande ampleur à partir de septembre ou octobre.
Emmanuel Macron craint de ne pas y parvenir. Face à la pression qui lui est mise par des associations militantes, par des élus militants et des parlementaires progressistes, il cède de peur de ne pas parvenir à ses fins d’ici la fin du quinquennat. Il est inquiet, donc fait passer une nouvelle étape.
Néanmoins, il sait que le parcours est encore long. Autrement dit, malgré cette étape qui sera vraisemblablement franchie d’ici quelques jours, ce combat ne sera pas du tout perdu, bien au contraire, il faut le continuer coûte que coûte. Pour le moment rien n’est fait et il est encore possible de gagner.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Thaïs (Génération identitaire): « Nous avons piraté l’attention médiatique »

Ces derniers temps, l’organisation « Génération identitaire » fait beaucoup parler d’elle, entre l’affaire judiciaire de la mosquée de Poitiers et son action récente contre le racisme anti-blanc lors de la manifestation en soutien à Adama Traoré, le 13 juin. À 21 ans, Thaïs, l’une de ses militantes, confie à REACnROLL les motivations qui l’ont poussée à s’y investir. Elle indique également vouloir porter plainte contre Jean-Luc Mélenchon qui l’accuse d’avoir fait un salut nazi…

REACnROLL. «Génération identitaire», c’est quoi ?
Thaïs. «Génération identitaire» est un mouvement de jeunesse qui compte plus de 4000 adhérents à ce jour. Nous sommes présents dans toutes les régions de France et dans d’autres pays d’Europe. C’est un mouvement qui souhaite défendre l’identité française et européenne contre l’immigration massive et l’islamisation.

Pourquoi cette action « coup de poing » ?
Cela faisait des jours et des semaines qu’il y avait un matraquage médiatique autour de la famille Traoré, autour des violences policières, autour du mouvement « Black Lives Matter ». Cette soumission des politiques à cette famille de délinquants ou encore la culpabilisation constante du Français, de l’Européen, ou du Blanc était tout bonnement insupportable. Nous avons donc décidé, mes camarades et moi, de réclamer justice pour les victimes du racisme anti-blanc à la manifestation organisée par les Traoré pour pirater l’attention médiatique.

Pourquoi militez-vous à «Génération identitaire» ?
Quand j’ai commencé mes études à Toulouse, j’ai pu observer des constats alarmants.

Quand je me rendais à l’université, je passais dans des quartiers où les personnes ne parlaient même pas français. Je me sentais en insécurité, je pressais le pas, je baissais la tête. Je savais que j’avais le risque de potentiellement me faire agresser parce que j’étais d’origine européenne. Un matin, alors que je me rendais à la faculté, j’étais l’une des seules d’origine européenne dans le métro. Je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose. Je me suis sentie étrangère dans mon propre pays, ce n’est pas normal.

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