Michel Onfray : « J’en ai un peu assez de cette gauche qui dit aimer le peuple, et qui ne fait rien dans ce sens là »

Gérald Darmanin, fossoyeur de la sécurité des Français, par Clément Martin (Les Identitaires)

Gérald Darmanin

Il est difficile de se remémorer un ministre de l’Intérieur aussi incompétent que Gérald Darmanin, et, par conséquent, aussi nocif pour la sécurité des Français. En deux ans, le roitelet de la Place Beauvau a réussi à synthétiser toutes les forfaitures et tous les échecs de la politique sécuritaire française.

Le digne héritier du sarkozysme

Les années Darmanin ont sans conteste été marquées par le sceau de l’anarcho-tyrannie. Alors que la France subit une montée de violence et d’insécurité, le ministre de l’Intérieur a pris l’habitude d’arborer le costume d’un homme sévère, prêt à lutter coûte-que-coûte contre l’ensauvagement. En janvier dernier, Darmanin annonçait fièrement que le quinquennat de Macron (le premier) avait été marqué par une baisse de la délinquance. Prenant pour preuve la baisse du nombre de cambriolages ou de vols avec violences, il avait pris soin d’occulter les mesures sanitaires (dont le confinement du début de l’année 2020) qui expliquaient mécaniquement cette baisse, et dont le terme allait de paire avec une remontée de ces actes de délinquance avec la moyenne observée depuis un moment[1]. Cette opération grossière n’est pas la seule au compteur du ministre, qui, un an plus tôt, avait tancé Marine Le Pen pour sa « mollesse » sur la question de la lutte contre l’islamisme[2].

En tentant de doubler la présidente du Rassemblement national sur sa droite, Darmanin comptait bien entendu rallier à lui la droite sécuritaire, accro aux discours et aux effets d’annonce et allergique aux mesures concrètes et efficaces. Car, plus que tout autre chose, ce qui caractérise la sécurité sous Gérald Darmanin, c’est bien la faiblesse extrême de la répression contre les délinquants et les criminels et le champ libre qui leur est laissé. En cela, il est bien le véritable héritier du sarkozysme, friand des déclarations incendiaires, jamais suivies d’effets concrets.

La communication politique au service de l’impuissance

En réalité, pour qui s’intéresse aux résultats observables et concrets de la politique menée par l’Intérieur, force est de constater que c’est bien le même laxisme qui domine. Certains pourraient penser que la dissolution du CCIF et de Baraka City ont constitué un pas important dans la lutte contre l’islamisme, mais il s’agit d’une illusion d’optique : dissoudre deux associations tout en refusant de fermer les mosquées radicales et en continuant à traiter les frontières comme des passoires n’a aucun effet autre que médiatique. D’autant plus que ces dissolutions ont été suivies par celle de Génération Identitaire. La manœuvre de communication politicienne est évidente : incarner, pour le plus grand plaisir des modérés, l’ordre républicain, plus prompt à faire taire les patriotes que les ennemis de la France. Cette faiblesse du ministre est d’ailleurs illustrée par le petit manège habituel qui suit chaque fait divers : comme du papier à musique, le ministre se rue sur Twitter pour faire part de son indignation, avant de se rendre sur place pour y surjouer l’émotion. Notons tout de même que les trois jeunes gens tués au couteau par un réfugié politique soudanais à Angers[3] n’ont pas eu le droit à ce traitement.

Sur le plan migratoire, l’échec est là aussi total : d’une part, un chiffre record d’entrées légales sur le territoire et de non-exécution des obligations de quitter le territoire français pour les clandestins[4], et d’autre part, l’annonce d’une nouvelle loi pour lutter contre les obstacles à l’expulsion[5], comme si le principal obstacle à l’expulsion n’était pas le ministre lui-même.

Nul ne demande au ministre de l’Intérieur de se comporter comme une cellule de soutien psychologique. Son travail est simple : s’assurer que la France ne devienne pas un coupe-gorge généralisé et un terrain de jeu pour les stratégies d’influence de l’islamisme. Sur ces deux points, la faillite de Gérald Darmanin est complète. Il est temps que les choses changent.

[1] https://www.lamontagne.fr/paris-75000/actualites/non-gerald-darmanin-a-tort-d-affirmer-qu-il-y-a-eu-une-baisse-continue-de-la-delinquance-durant-le-mandat-d-emmanuel-macron_14077221/
[2] https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/02/12/l-islamisme-au-c-ur-d-un-debat-cordial-entre-gerald-darmanin-et-marine-le-pen_6069660_823448.html
[3] https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/rixe-mortelle-a-angers-ce-que-l-on-sait-sur-le-drame-qui-a-coute-la-vie-a-trois-personnes_5261719.html
[4] https://twitter.com/Pierre_GTIL/status/1551841855909896192?s=20&t=rrIAG-TVr7qttdk-cPxYug
[5] https://www.laprovence.com/actu/en-direct/6850699/etrangers-delinquants-darmanin-annonce-une-loi-pour-lever-les-obstacles.html

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Le « Coup d’éclat » ridicule des députées Insoumises arrivées en cravate pour répondre à Eric Ciotti

La Gauche a-t-elle triomphé grâce à la violence ?

gauche violence

Avocat fiscaliste et essayiste, Thierry Bouclier a écrit des romans et des biographies sur des personnalités telles que Pierre Drieu la Rochelle, Jacques Benoist-Méchin, Alphonse de Châteaubriant, Jean-Louis Tixier-Vignancour et ADG. Son dernier livre, La Gauche ou le monopole de la violence, recense les événements de l’Histoire contemporaine qui ont permis à la gauche d’imposer son magistère moral à l’ensemble de la société, en dictant les règles et en fixant les interdits. Nous proposons ici quelques-uns des thèmes évoqués dans l’ouvrage.

Le clivage gauche-droite

Le 28 août 1789, au moment de se prononcer sur l’attribution d’un droit de veto au roi Louis XVI, les députés de l’Assemblée constituante se séparent en deux parties antagonistes situées respectivement à gauche et à droite.

Ce clivage existe encore aujourd’hui et reste marqué par les mythes de la Révolution. La gauche est censée incarner la lumière, le bien et le progrès, ce qui lui permet de relativiser les massacres commis lors de la Révolution et de la Commune de Paris, voire même les crimes du communisme. Malgré leur turbulence, les multiples chapelles du gauchisme appartiennent également à cette grande famille du progrès.

À l’opposé, la droite et ses valeurs sont considérées comme le mal dont l’extrême droite, d’ailleurs assez rarement définie, représente la quintessence. En conséquence, la droite tente constamment de se racheter en faisant voter des réformes sociétales et en s’abstenant de remettre en cause les lois votées par ses adversaires.

L’antifascisme comme idéologie

Le terrorisme

Ce terme, dont l’acception a évolué, trouve son origine en 1793 dans le gouvernement par la Terreur, lorsque la Convention décide de voter la Loi des suspects. Selon Robespierre, la Vertu demeure impuissante sans elle.

De nos jours, les politiciens et les médias de gauche tentent d’instrumentaliser chaque attentat terroriste en désignant la responsabilité de « l’extrême droite ». En 2012, Mohamed Merah est ainsi décrit comme « un Blanc aux yeux bleus » avant son identification.

Lors de l’attentat commis en 1980 devant la synagogue de la rue Copernic à Paris, les investigations s’orientent très vite vers la FANE, un groupuscule néo-nazi récemment dissous (des pistes plus sérieuses se porteront plus tard vers le Proche-Orient). De nombreuses manifestations se déroulent dans de nombreuses villes du pays pour dénoncer le « fascisme assassin ». Les grands journaux de gauche, les organisations antiracistes, BHL (déjà !) profitent de l’occasion pour attaquer violemment le Figaro Magazine qui a ouvert ses portes à Alain de Benoist et d’autres intellectuels du GRECE, ce qui conduit à leur éviction du journal.

Les médias, friands de complots d’extrême droite, se gardent également de communiquer les résultats des enquêtes qui innocentent leurs adversaires. L’affaire des « néo-nazis de Châteauroux » est emblématique : dix-sept ans de procédure, quatre-vingts personnes placées en garde à vue, vingt et une mises en examen et un jeune père de famille incarcéré. Selon la presse, un véritable arsenal composé de trois cents armes, dont soixante-quinze fusils mitrailleurs, a été saisi. En fait, celles-ci sont en vente libre dans les stocks américains. Les seuls objets sulfureux découverts se résument à une photographie de Léon Degrelle et un casque allemand de la Seconde Guerre mondiale. Ce fiasco judiciaire se solde par une condamnation à une amende de deux cents euros pour un fusil de chasse non déclaré. Les médias, qui ont pourtant largement relayé les poursuites initiales, n’en disent rien.

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« Gauche pastèque »: Olivier Véran s’approprie (aussi) l’expression de Jean-Marie Le Pen

La députée Panot ou la misère intellectuelle, par Philippe Bilger

Mathilde Panot

Ils devraient tous avoir honte. Mathilde Panot, la présidente du groupe parlementaire LFI, a tweeté : “Il y a 80 ans, les collaborationnistes du régime de Vichy ont organisé la rafle du Vél d’Hiv. Ne pas oublier ces crimes, aujourd’hui plus que jamais, avec un président de la République qui rend honneur à Pétain et 89 députés RN”. Je pense que presque tous les députés ont eu conscience de l’absurdité et de l’indignité de cette relation entre la rafle du Vél d’Hiv, Emmanuel Macron (et son “honneur” prétendu à Pétain) et les 89 députés RN. Ils savent en effet que le président de la République a rappelé que Philippe Pétain n’avait pas été seulement le personnage honteux du régime de Vichy mais aussi “le grand soldat” de Verdun, ce qui est une évidence. On a encore le droit de ne pas mettre l’ensemble d’une destinée historique dans le même sac !

Je ne doute pas que derrière les affrontements de façade, le consensus existe sur la perversion historique, politique et intellectuelle de ce tweet que Mathilde Panot s’est entêtée tristement à justifier. Alors pourquoi s’est-elle laissée aller, en un jour de recueillement et de mémoire, à cette outrance choquante ? Parce que LFI aurait pour dessein de pousser au paroxysme le climat démocratique et d’organiser délibérément une frénésie parlementaire ? C’est le point de vue qui a été développé, notamment par François Kalfon et Jean-Loup Bonnamy, dans L’heure des pros, animée par Eliot Deval le 18 juillet sur CNews.

Solidarité gênante

Au risque d’apparaître naïf, j’ai émis une contradiction et me suis davantage attaché à l’inexpérience et à la personnalité de Mathilde Panot. Sans une once de mépris, je relève qu’on lui a confié une charge parlementaire très importante et qu’à l’évidence elle ne semble pas à la hauteur de cette mission. On ne peut pas considérer que l’extrémisme du verbe et le manichéisme délétère de la pensée constituent une force dans le rôle qui lui a été attribué. Je n’ai pas envie de supposer que d’une certaine manière, alors que tant d’autres auraient été plus adaptés à cette responsabilité, on l’a abandonnée en rase campagne parlementaire. On est assuré certes, et Jean-Luc Mélenchon le premier, que Mathilde Panot ne fera d’ombre à personne. Malgré son énergie indiscutable et le soutien que LFI et, avec quelques exceptions, la Nupes lui ont apporté, je crains qu’à l’avenir se coagulent la partialité partisane et sa maladresse personnelle.

Pourquoi ai-je écrit que tous devaient avoir honte ? Était-il fatal que des personnalités reconnues de LFI, par exemple Alexis Corbière qui a été professeur d’Histoire pourtant, Manuel Bompard et Clémence Guetté, connaissant la vérité historique, se placent mécaniquement derrière Mathilde Panot et n’aient pas l’objectivité nécessaire pour dénier ce que leur présidente de groupe avait osé affirmer ? Est-il normal qu’une Clémentine Autain que j’ai appréciée en dehors du contexte politique se soit tue et n’ait pas rectifié ? Faut-il que la solidarité aille jusqu’à assumer l’inacceptable ? Était-il inévitable qu’Olivier Faure, à nouveau – comme pour le “la police tue” de Jean-Luc Mélenchon – murmure une si faible contradiction ? Il a seulement regretté que les mots de Mathilde Panot aient été prononcés ce jour-là… tout en pourfendant vigoureusement la macronie !

Lâcheté collective

Si on continue sur ce registre dégradant d’une sorte de guerre civile instillant son poison sectaire et approximatif dans l’espace démocratique, l’urbanité républicaine, qui n’interdisait pas l’affrontement vigoureux sur le fond mais concentrait l’attention sur lui, ne sera plus qu’une nostalgie. Je sais bien que cette lâcheté collective qui conduit chacun dans son camp à valider le pire, résulte de l’étau dans lequel un Olivier Faure par exemple s’est placé lui-même : soutenir l’insoutenable pour ménager son futur politique.

Je devine qu’on va m’opposer que les choses étant ce qu’elles sont, il faut arrêter de rêver et être réaliste. Pourtant, je déteste profondément cette posture qui consiste, sans réfléchir, à dénoncer par principe ou à applaudir par réflexe. LFI, cela signifierait-il “la France inconditionnelle” pour Eric Coquerel comme pour Mathilde Panot ?

En tout cas, cette dernière ne devrait pas être la seule à être stigmatisée. Les autres, complices par soutien malvenu, aussi !

Tribune reprise de Causeur

Face à l’échec du principe de laïcité : l’impératif d’identité, par Bruno Mégret

Bruno Mégret

Le discours officiel tenu sur l’immigration, l’islam et l’intégration repose essentiellement sur le principe de laïcité. Une antienne laissant à croire que l’antagonisme séparant l’immigration extra-­européenne du peuple français se réduirait à cette notion et que tous les problèmes liés au fameux « vivre ensemble » seraient résolus si les immigrés se ralliaient à cet étendard.
Par Bruno Mégret, polytechnicien, haut fonctionnaire, essayiste.

Rien n’est plus faux. Car, s’il n’est pas question ici de contester le concept de laïcité qui instaure la séparation des églises et de l’État, concept qui appartient à notre patrimoine philosophique depuis des lustres, force est cependant de constater qu’il se révèle totalement inopérant pour clarifier les enjeux liés aux questions migratoires. Le discours sur la laïcité présente en effet trois failles majeures.

Immigration : le principe de laïcité est néfaste et inopérant

La référence à la laïcité conduit d’abord les acteurs du Système à placer toutes les religions sur un pied d’égalité. Une pratique qui assure à l’islam, présent sur notre sol depuis quelques décennies seulement, une promotion extraordinaire le hissant au même niveau que le christianisme, lequel a façonné notre civilisation pendant près de quinze siècles. De ce point de vue, le discours officiel sur la laïcité apparaît donc néfaste puisqu’il conduit à pénaliser notre identité tout en favorisant celle des nouveaux venus.

Ensuite, la laïcité s’avère être un instrument doctrinal difficile d’emploi quand on en vient à vouloir l’appliquer aux réalités concrètes. Le burkini est-­il ou non conforme au principe de laïcité ? Le débat ne cesse d’être rouvert. S’agissant du voile à l’école, les textes qui l’interdisent ne le nomment même pas explicitement, utilisant à la place la formule « signes religieux ostentatoires ». En vérité, le principe de laïcité est inopérant et laisse donc d’innombrables polémiques s’instaurer à propos de chaque nouvelle manifestation publique de l’identité musulmane. Une confusion qui est d’ailleurs largement exploitée par les activistes islamiques et qui, de surcroît, discrédite largement le discours officiel.

Enfin, la laïcité n’est pas une thématique qui pousse à l’adhésion, au rassemblement et à la cohésion autour de notre nation. Expliquer aux jeunes musulmans que la France se résume aux valeurs de la République et principalement à la laïcité est une aberration qui ne peut susciter que l’indifférence, le rejet, voire le mépris. Notion abstraite et incompréhensible pour beaucoup, la laïcité ne peut pas servir de creuset pour transformer les immigrés en Français à part entière.

Le discours officiel fondé sur la laïcité ne peut donc conduire qu’à l’échec. Un échec qui d’ailleurs est aujourd’hui patent. Aussi faudrait-­il adopter un discours radicalement différent fondé, lui, sur le concept d’identité. Celui-­ci permettrait d’asseoir quelques principes clairs que chacun pourrait comprendre et reconnaître comme légitimes, à défaut de les admettre.

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La droite française est-elle en état de mort cérébrale ? – Débat avec François Bousquet et Nicolas Vidal

bousquet vidal

20/07/2022 – FRANCE (NOVOpress)
La droite française est-elle en état de mort cérébrale ? En est-il de même pour la démocratie ? La grande discussion entre François Bousquet (rédac chef de la revue Eléments) et Nicolas Vidal (fondateur de Putsch.Media) : Le rôle de Marine Pen et du rassemblement national, l’échec d’Eric Zemmour, révoltes populaires et mouvement des gilets jaunes pourraient-il sauver la démocratie ?


«La polémique Mathilde Panot met en lumière les nouvelles méthodes de mobilisation adoptées par LFI»

Ludovine de La Rochère : « Le gouvernement et la Justice se couchent devant les associations LGBT ! »

Ludovine de La Rochère

150.000 euros pour se procurer un enfant : c’est possible en signant un contrat de gestation pour autrui (GPA). Le salon « Désir d’enfant », qui se tiendra à Paris au mois de septembre pour la troisième année consécutive, met en relation professionnels et potentiels clients. Dans la plus pure illégalité. La Manif pour tous a enquêté. Un reportage choc. Sa présidente, Ludovine de La Rochère, répond à nos questions.

Sabine de Villeroché. Futurs parents, mères porteuses et donneurs de gamètes, tous ceux qui interviennent dans le processus d’une GPA sont consentants. Pourquoi, dans ces conditions, continuer à dénoncer un « trafic d’êtres humains » ?

Ludovine de La Rochère. Dans toute forme de traite humaine, des victimes se disent consentantes. Le plus souvent parce qu’elles dépendent de ceux qui les exploitent, qui exploitent leur détresse. Et si la vulnérabilité de ces personnes est le plus souvent économique, elle peut être aussi psychologique, sociale… En Californie, par exemple, des mères porteuses se disent « consentantes ». Elles veulent être « altruistes ». Voilà des femmes qui sont manipulées, soumises à la pression sociale. Elles ne voient plus que la maternité, comme les relations amoureuses d’ailleurs, ne peuvent être mises à disposition d’autrui.

Par ailleurs, il ne faut pas se laisser piéger par les témoignages de femmes exploitées comme mères porteuses par des agences : elles sont payées, bien sûr, pour dire qu’elles en sont heureuses. À ce sujet, regardez notre enquête. Vous verrez comment ces agences parlent de ces femmes… À propos du consentement, la loi est faite pour protéger chacun, y compris de soi-même : en France, par exemple, il est interdit de vendre ses propres organes, même lorsque nous en avons deux, comme les reins. Il est aussi interdit de vendre ses gamètes. C’est ce qu’on appelle en droit la « non-patrimonialité du corps humain et des produits du corps humain ». Et justement, en ce qui concerne les « donneurs de gamètes » auxquels recourent ces agences de GPA, attention aux termes : ces « donneurs » sont en réalité payés.

En effet, très peu de personnes acceptent de donner leurs cellules sexuelles, dont chacun sait qu’elles sont le support de la filiation : c’est par elles que nous donnons la vie et c’est par elles que parents et enfants se ressemblent. Et, au-delà, c’est ce qui situe chacun dans la succession des générations d’une famille. Nous ne sommes pas une page blanche comme nous ne sommes pas seul au monde. Ainsi, les gamètes sont d’une importance humaine – vitale, charnelle et psychique – immense. Et donc, comme très peu veulent bien donner leurs gamètes, le business de la procréation a obtenu dans certains pays de pouvoir payer ceux qui fournissent leurs gamètes. C’est là aussi une forme d’exploitation, qui utilise la pauvreté de certains pour obtenir ce que ces hommes et ces femmes ne voulaient pas faire, à savoir fournir leurs gamètes à des tiers. Là aussi, c’est une violence qui leur est faite.

S. d. V. Des associations s’activent pour dénoncer ces pratiques interdites, des juristes portent plainte et alertent les autorités, mais personne ne réagit. Comment expliquer ce silence : complicité, incurie ou volonté de petit à petit banaliser la GPA avant sa légalisation ?

L. d. L. R. Oui, nous sommes plusieurs associations à avoir porté plainte, à avoir alerté le gouvernement, les parlementaires, mais aussi le maire du 17e arrondissement où se tient ce salon « Désir d’enfant ». Du côté du gouvernement, le ministre de la Justice a renvoyé la balle au ministre de l’Intérieur, qui lui-même l’a renvoyée au ministre de la Santé. Et ce dernier, interrogé aussi par des parlementaires, a répondu qu’il n’avait pas d’avis sur ce salon et que c’était à voir avec la Justice… laquelle n’a même pas accusé réception de nos plaintes ! Et pourtant, la Manif pour tous a transmis à la Justice, par son avocat, toutes les preuves : plaquettes publicitaires d’agences de GPA, tarifs des prestations de GPA, constat d’huissier, etc.

Mais le gouvernement et la Justice se couchent devant les associations LGBT. Ils préfèrent regarder ailleurs plutôt que de gêner ceux qui veulent pouvoir faire une GPA. Certes, ce sont aussi bien des couples homme-femme que des couples d’hommes et des hommes seuls qui recourent à la GPA. Mais le fait est que la revendication de sa légalisation est portée par les associations LGBT. Certains, comme Olivier Véran, par idéologie progressiste, sont porteurs des mêmes objectifs. Et d’autres, tout simplement, ont peur de déranger.

S. d. V. Ces derniers jours, des militants écologistes font la une des médias en multipliant les actions : blocages de routes et même du Tour de France. À l’inverse, des actions comme ce reportage de la Manif pour tous sont peu relayées. Est-ce le signe que, dans la tête des Français, l’avenir de la planète est plus préoccupant que l’humain ?

L. d. L. R. En effet, si l’association antispéciste L214 avait diffusé une vidéo, elle serait bien davantage relayée. Le combat est infiniment plus difficile quand on n’est pas libertaire, individualiste, etc. Pour tout dire, quand on n’est pas de la gauche progressiste !

Le problème, c’est le progressisme des médias du service public et des principales chaînes de télévision. Cela donne à ce courant de pensée un impact incroyable, qui influence même les personnes de bonne volonté. Je pense à ceux qui croient, aujourd’hui, que s’opposer au mariage de personnes de même sexe est trop clivant. Mais c’est le mariage de personnes de même sexe qui est clivant, pas nous !

Une autre difficulté, c’est que notre insistance agace parfois. Or, en fait, ce sont les associations LGBT et leurs alliés qui ont envahi la société de leurs revendications, et nous ne pouvons pas nous taire !

Ces questions anthropologiques et civilisationnelles sont fondamentales. La persévérance n’est donc pas une option, elle est une nécessité. Et si ce combat doit prendre des années, ce n’est pas une raison de baisser les bras, bien au contraire !

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Vulcain n’a pas été dérangé…, par Philippe Bilger

macron

L’entretien avec le président de la République le 14 juillet.

Avec Emmanuel Macron, la tradition de ce rendez-vous, chaque année, le jour de la fête nationale, n’avait pas été respectée. D’où l’importance qu’on attachait à tort ou à raison aux échanges d’hier dans un cadre superbement champêtre.

Je n’ai rien trouvé à redire au principe de deux journalistes femmes procédant à l’interview. À partir du moment où l’excellence est garantie, la notion de parité dans un sens ou dans l’autre m’est totalement indifférente.

Puisque personne n’en parle, il faut bien se pencher sur la manière dont l’entretien a été mené et le confort dans lequel il a placé le président. Le milieu médiatique, par corporatisme, répugne à juger la pratique de ceux, hommes ou femmes, qui ont l’honneur de pouvoir procéder à un questionnement capital. Alors que la forme, en l’occurrence, est centrale. Passive, pas incisive, elle empêche un authentique dialogue républicain.

Pour exposer brutalement ma perception, nous avons eu droit à un monologue présidentiel coupé par quelques questions (des interruptions multiples dont il ne se souciait pas). Ainsi Emmanuel Macron a pu « dérouler » sur l’Ukraine, sur l’armement, sur le gaz russe, sur les crédits militaires, sur la sobriété énergétique. Quand on a abordé sur le tard des sujets plus sensibles, les retraites, l’Assemblée nationale et Uber, nous sommes évidemment restés sur notre faim.

Sur ce dernier thème – les liens de proximité entre la société mondiale Uber et le président -, face aux éloges dont il se gratifiait pour avoir favorisé Uber, j’aurais attendu une interrogation directe sur le point suivant : convenait-il de se rengorger alors qu’à l’évidence, sur beaucoup de plans, Uber n’avait pas servi les intérêts français ?

J’entends bien qu’Emmanuel Macron use d’une méthode très efficace qui tient à sa nature, à son talent pour l’explication (non contredite) et à sa rouerie intellectuelle et politique. Il parle souvent trop longuement de sorte qu’occupant le terrain, il rend les interruptions malaisées, ou audacieuses, voire provocatrices.

Le problème qui s’est posé le 14 juillet est que l’une des journalistes, avec en permanence un sourire bienveillant comme si le président annonçait des merveilles, s’est plus exprimée que l’autre trop discrète et qui pourtant, les rares fois où elle a pu s’immiscer, l’a fait avec plus de vigueur et sans surjouer l’écoute aimable.

Ce monologue présidentiel a eu au fond pour dessein d’empêcher que le fond précisément puisse prêter à un véritable questionnement. Il a pour vocation d’interdire, face aux saillies et au mépris, par exemple des groupes ayant mis en échec le gouvernement à l’Assemblée nationale et de l’Assemblée nationale elle-même, toute réaction de la part des journalistes. Il a pour finalité, quand une journaliste a formulé une question d’importance – le gouvernement était-il informé de vos liens privilégiés avec Uber ? -, de la renvoyer dans ses cordes avec dérision : « vous rigolez ou pas ? ».

On est encore loin, en France, de la pratique américaine où la multitude des questions n’autorise aucune fuite de la part des responsables politiques. Dans notre pays, le plus souvent, on oscille entre révérence et, plus rarement, grossièreté : deux caricatures d’entretien.

Vers la fin, le président a souligné – sa connaissance de la mythologie est indiscutable – qu’il ne se sentait pas ou plus Jupiter mais plutôt Vulcain, celui qui est à la forge et qui travaille sans relâche pour son pays. Pourquoi pas ?

Mais il est sûr que Vulcain ne s’est pas fatigué lors de ces échanges dont on espérait trop. Bien au contraire, il s’est reposé.

Dommage.

Philippe Bilger

Tribune reprise de Philippebilger.com

« Vulcain » s’accroche à son monde irréel, par Ivan Rioufol

Emmanuel Macron se prend donc pour Vulcain, dieu du feu et de la forge, à défaut d’avoir su être Jupiter. Lui-même a suggéré ce parallèle lors de son entretien télévisé du 14 juillet. Les journaux, ce vendredi, ne s’attardent pas sur cette nouvelle poussée de fièvre du Narcisse ; elle aurait pourtant fait hurler de rire la cour médiatique, si cette outrance était venue de Donald Trump ou de Vladimir Poutine. Cette comparaison épique dit beaucoup, pourtant, du monde irréel dans lequel évolue le chef de l’Etat. Il demeure plus que jamais éloigné des faits et des gens. Le récit présidentiel n’a le plus souvent rien à voir avec les réalités. Son narratif a même pris les caractéristiques du « Contrôle de la Réalité » : ce mécanisme totalitaire décrit par George Orwell, dans 1984, permet à la novlangue d’imposer la « double pensée » de Big Brother, qui n’est pas sans rappeler le « en même temps » de notre Vulcain.

Cette double pensée permet, « en pleine conscience et avec une absolue bonne foi (d’) émettre des mensonges soigneusement agencés ». Dans le roman, par exemple, la propagande annonce une brillante victoire militaire contre l’armée eurasienne, immédiatement suivie de la décision de réduire la ration de chocolat de trente à vingt grammes. Hier, Macron assuré, parlant des forces ukrainiennes, que « l’armée repousse l’assaillant », avant de reconnaître que les Français allaient devoir subir très rapidement des réductions importantes dans leur consommation de gaz et d’électricité.

La confusion ressort du discours de Macron. Le 16 mars 2020 le chef de l’Etat avait répété six fois : « Nous sommes en guerre », en parlant du Covid. Cette fois, il a assuré, à propos du conflit en Ukraine : « Nous ne sommes pas partie prenante ». Le président a néanmoins admis que la France allait connaître « une économie de guerre », afin d’accentuer ses aides militaires à l’Ukraine. « Nous allons produire plus vite et plus fort », a-t-il notamment annoncé, tout en assurant en substance : « Nous voulons stopper cette guerre sans faire la guerre ». Que comprendre de cet illogisme sinon que Macron, au nom de la France, est entré sans débats dans un conflit qui pourrait devenir mondial. C’est d’ailleurs pour cette raison que Poutine a décidé de répliquer aux sanctions européennes en coupant le gaz.

« La Russie veut utiliser le gaz comme instrument de cette guerre », a reproché Macron en dénonçant une « guerre hybride ». Reste qu’une fois de plus les Français, à peine sortis de l’hystérie hygiéniste de l’Etat-Nounou, doivent s’attendre à être une nouvelle fois maltraités, au nom de la crise énergétique. Après le passe vaccinal, il ne serait d’ailleurs pas surprenant de voir apparaître, en tout cas pour les entreprises sommées de faire des économies, un passe énergétique. Macron promet de faire de la guerre en Ukraine une opportunité pour « aller beaucoup plus vite sur le climat ». Mais Vulcain se rend-il compte que son trône est posé sur un volcan ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 20 juin 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol

« L’heure est grave » : quand Élisabeth Borne livre un éloge… involontaire des frontières

Élisabeth Borne

Donc, « l’heure est grave ». Notre Premier ministre l’affirme dans un tweet qui tente d’habiller le camouflet parlementaire reçu ce 12 juillet des oripeaux de la dignité bafouée.

L’heure est grave car, jusqu’ici, tout s’était passé comme prévu pour notre gouvernement tout neuf. La NUPES avait fait beaucoup d’agitation – c’est ce qu’ils font de mieux – pour rien. La motion de censure de la gauche s’était écrasée sur la réalité de son poids au Parlement et dans l’opinion : 25 % des voix, pas plus. Passé le temps de l’esbroufe, le roi Mélenchon reste plus nu que NUPES. Élisabeth Borne a jusqu’ici triomphé facilement. Avec le Covid, c’est une autre paire de manches, car le Premier ministre paye, d’un coup d’un seul, cinq années d’autoritarisme du chef de l’ÉEtat auprès d’une chambre de godillots LREM, prêts à voter au coup de sifflet. Le virus macronien a bien affaibli, cinq ans durant, le jeu parlementaire, mais il a créé des anticorps. Une mauvaise campagne, des ficelles de démagogue un peu grosses – pas de programme, votez pour moi, ça se passera bien – et l’anticorps prend le dessus. Trop, c’est trop.

Le projet de loi sur les contrôles aux frontières n’aura pas franchi celle du palais Bourbon. Les députés donnent un coup d’arrêt (provisoire, avant l’examen par le Sénat) aux vagues de décisions liberticides enfilées comme des perles par le pouvoir macroniste depuis cinq ans et entérinées à coup de massue parlementaire.

Et oui, Madame Borne, l’Assemblée revient. Le jour même, ce 12 juillet, vous mettiez en scène une exclusion radicale du Rassemblement national pourtant démocratiquement élu, le mot dur et la mâchoire serrée, reprenant une pauvre antienne, usée par quarante années de service. « Je n’irai pas chercher les voix du Rassemblement national. Il y aura toujours quelque chose qui s’interposera entre nous. Cela s’appelle les valeurs. » Quelques heures plus tard, vos alliés LR et la gauche NUPES rejoignaient les mêmes députés RN pour voter contre une partie de votre loi. Serez-vous la dernière à le voir ? Le cordon sanitaire termine sa décomposition. L’exclusion de ce parti appartient au passé. Le 30 juin, des députés de la majorité ont voté en faveur des députés RN Sébastien Chenu et Hélène Laporte au poste de vice-président de l’Assemblée (l’un élu avec 290 voix, l’autre avec 284 voix). De son côté, le RN n’a pas voté la motion de censure au gouvernement : il a donc effectivement soutenu Élisabeth Borne, toute abstention dans ce scrutin étant considérée comme un soutien. Surtout, Marine Le Pen l’a dit et redit, elle votera ou non les mesures proposées par le gouvernement en fonction de ses propres critères et de l’intérêt de la France. Il n’appartiendra pas à Borne d’accepter ou de refuser les voix des députés du RN. Difficile de faire comme si ces 89 députés n’existaient pas.

« Passée l’incrédulité de ce vote », avoue le Premier ministre… Eh oui, le retour de la liberté, on n’y croit pas. Élisabeth Borne met ainsi tout son espoir dans le Sénat. Elle a tort, car le Sénat ne lui est pas acquis, loin s’en faut. Certains sénateurs l’attendent même sans bouquet. Tel Philippe Bas (LR).

Les Français par leur vote ont voulu encadrer la propension du macronisme au caprice autoritaire et à la puissance illimitée. Apparemment, ce n’était pas inutile !

Au fond et surtout, le mot de colère d’Élisabeth Borne est révélateur. Il dévoile la duplicité du macronisme vis-à-vis de ce qui fait la France : ses frontières. Macron, l’un des chefs d’État les plus mondialistes de l’Occident, l’Européen supranational le plus convaincu, celui qui méprisait l’utilité de nos frontières en lançant follement que « le virus n’a pas de passeport », celui qui refuse de se pencher sur le désastre de ces frontières-protections devenues des passoires au pire moment de l’Histoire, cet homme nous impose soudain, via son Premier ministre, un subit retour du contrôle aux frontières sur des questions sanitaires.

Eh oui, l’heure est grave, Madame Borne. Les députés ont majoritairement jugé que ce « contrôle aux frontières » n’était pas nécessaire pour protéger les Français du Covid. Mais permettez-nous de découvrir, au passage, qu’il est donc possible, ce « contrôle aux frontières », puisque vous le proposez. Possible pour lutter contre l’immigration clandestine, les trafics d’armes ou les importations qui détruisent nos productions nationales. « Passée l’incrédulité sur ce vote », comme vous dites, il serait judicieux de les rétablir, ces frontières, et d’en faire usage. Merci, donc, Madame le Premier ministre, pour cet éloge involontaire de nos frontières que nos aïeux ont défendues de leurs vies et que cinq années de macronisme ont fini de ruiner. Nous nous en contenterons, pour l’instant !

Marc Baudriller

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

L’élite actuelle est-elle inculte ? – L’erreur d’Alain Finkielkraut, par Maxime Tandonnet

Alain Finkielkraut

« L’élite actuelle est certes intelligente, mais elle est inculte. » La formule d’Alain Finkielkraut ouvre un débat intéressant. Le mot élite est bien sûr à prendre au sens sociologique, celui de caste dirigeante ou influente qui exerce le pouvoir politique ou contribue à façonner l’opinion à travers la parole médiatique. AF me semble ici confondre intelligence et désinhibition ou malignité. Ce qui fait la force de l’élite actuelle n’est pas son intelligence, mais son nihilisme. Les représentants de cette élite n’ont généralement aucun scrupule à trahir, à tuer le père, à retourner leur veste dans tous les sens, à se ridiculiser, à se contredire, à mentir et manipuler, ou se vautrer dans le déshonneur.

Issus de la génération des enfants-rois, privés de surmoi, ils vivent dans l’auto-sublimation narcissique. Cette aptitude à se livrer aux pires mauvais coups sans le moindre scrupule ni mauvaise conscience pour parvenir à leurs fins est le secret de leur réussite. L’intelligence est (à mes yeux) une notion bien différente: une sensibilité au monde et à son évolution, à autrui comme à ses propres limites. Or, cette sensibilité est justement la chose qui leur manque le plus cruellement. D’ailleurs, l’idée même d’intelligence inculte qui est au centre du raisonnement d’AF prête à discussion.

Ne confond-il pas culture et érudition? Etre cultivé ne se réduit pas à une masse de connaissances accumulées ou mémorisées. L’homme cultivé, ou honnête au sens du XVIIe siècle n’est pas forcément un érudit mais se distingue par son ouverture, sa curiosité, son envie d’apprendre et de comprendre, par la lecture et l’écoute – de nourrir sa sensibilité. Il est à l’écoute du monde, de son histoire politique, littéraire et artistique, à l’écoute des autres au quotidien. Bref, une tête bien faite plutôt que bien pleine.

Et c’est là que les deux notions se rejoignent: l’intelligence et la culture dont les élites actuelles sont tout aussi dépourvues, de l’une comme de l’autre, puisque inséparables.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet