Immigration : l’Italie se ferme, l’Espagne s’ouvre

Il en va de l’espace Schengen comme de la zone euro : il suffit d’un maillon pour ébranler l’ensemble. Sur la route de la Méditerranée orientale, l’Autriche, la Hongrie et les pays des Balkans unissent leurs forces pour prévenir un nouvel afflux depuis la Grèce gouvernée par un parti, Syriza, qui a toujours été favorable à l’immigration de masse et qui s’est contenté, tant qu’il le pouvait, d’assurer vers ses frontières septentrionales le transport des immigrants arrivant illégalement sur ses îles depuis la Turquie. Sur la route de la Méditerranée centrale, l’Italie, longtemps appréciée par les « migrants » pour le laxisme de son gouvernement immigrationniste, s’était finalement entendue, sous la pression d’un électorat de plus en plus hostile à cette invasion-colonisation, avec le gouvernement de Tripoli et probablement aussi certaines milices libyennes, pour freiner le passage des « migrants ». Le nouveau gouvernement « populiste » issu des élections du 4 mars, et notamment le nouveau ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, chef de la Ligue, serre encore la vis en refusant désormais les bateaux des ONG étrangères chargés d’immigrants illégaux récupérés près des côtes libyennes.

Plus sûre que cette route de la Méditerranée centrale en train de se refermer, la route de la Méditerranée occidentale n’était pourtant pas privilégiée par les « migrants ». Ceci pour une raison bien simple : sous les gouvernements du Parti populaire dirigé par Mariano Rajoy, l’Espagne ne faisait pas preuve du même laxisme pseudo-humanitaire de l’Italie ou la Grèce. Dans les enclaves nord-africaines de Ceuta et Melilla, un système de triple clôture surmonté par des barbelés rasoirs rendait le passage difficile. L’Espagne pratiquait en outre, en tout cas jusqu’à sa condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme à l’automne 2017, les expulsions « à chaud » de ceux qui parvenaient malgré tout à franchir ces clôtures. En 2012, Madrid avait par ailleurs supprimé la possibilité pour les personnes en situation irrégulière de se faire soigner aux frais des contribuables espagnols. On ne sait que trop bien en France à quel point ces prestations de santé gratuites sont un facteur d’immigration illégale.

Mais avec la formation du gouvernement socialiste ultraminoritaire de Pedro Sánchez avec le soutien de l’extrême gauche et des nationalistes régionaux, qui voient dans l’immigration de masse un moyen d’accroître la proportion d’habitants sans attache avec l’Espagne, la politique menée par Madrid va désormais changer : les barbelés au sommet des clôtures de Ceuta et Melilla vont être enlevés et, sans doute à partir du mois de septembre, les soins de santé gratuits pour les « sans papiers » auront été rétablis, conformément à l’annonce faite la semaine dernière par le porte-parole du gouvernement de Sánchez. Ces annonces, qui sont autant de signaux envoyés aux candidats à l’émigration illégale en Europe, viennent donc s’ajouter à l’accueil de l’Aquarius et aux grandes banderoles avec l’inscription « Bienvenue chez vous » en cinq langues, dont l’arabe, déployées pour accueillir les quelque 630 « migrants » recueillis au large de la Libye par SOS Méditerranée. A l’ère d’Internet et des téléphones portables, le message a certainement déjà été reçu cinq sur cinq de l’autre côté de la Méditerranée !

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 18 juin 2018

Quelles sont les différences de politiques migratoires entre les pays de l’Union européenne ?

20/06/2018 – EUROPE (NOVOpress)
En 2017, 534.000 demandes d’asile ont été refusées par les pays européens, soit 100.000 de plus qu’en 2016.

Pour les deux tiers des pays européens, il y a moins de 5 réfugiés pour 1.000 habitants. ce sont les pays du Nord, et notamment la Suède, qui seraient moins hostiles à l’accueil des réfugiés.

L’Espagne affiche elle un ratio de 0,38 réfugié pour 1.000 habitants. La France accueille elle 5 réfugiés pour 1.000 habitants.


Nouvelles lois contre l’immigration en Australie

20/06/2018 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Les nouvelles lois contre l’immigration pourraient décourager certains candidats à s’installer en Australie. Les nouvelles mesures consistent en une exigence de connaître l’anglais et en une baisse sensible des aides sociales.

L’année dernière l’Australie avait adopté toute une série de mesures pour faire baisser l’immigration, ce qui avait eu pour conséquence 138.086 entrées pour l’année 2017-18, le chiffre le plus bas depuis dix ans.

Les candidats à la naturalisation devront prouver un emploi réel et stable dans le pays. Le ministre de l’Intérieur Michael Pezzullo a dit que les mécanismes de contrôle étaient rendus plus efficaces grâce à la fusion des données des différents services de l’Etat.

Bienvenida a casa ! L’Aquarius débarque, par Caroline Parmentier

« Bienvenue chez vous » a été inscrit sur une immense banderole installée sur le port de Valence par les autorités régionales de gauche, dans différentes langues, du catalan valencien à l’arabe.

Quand on nous dit que l’Aquarius, c’est « des femmes et des enfants » c’est à nouveau de l’intox. Il y a des femmes et des enfants certes, mais une minorité. Voici la proportion réelle : 450 hommes, 80 femmes dont au moins 7 enceintes, 89 adolescents et 11 enfants de moins de 13 ans. Originaires de 26 pays différents, dont 23 du continent africain. Une arrivée ultramédiatisée avec plus de 600 journalistes accrédités chargés de nous expliquer qu’il y va de notre honneur et de notre dignité d’accueillir les navires d’ONG complices des passeurs.

L’opération médiatique de l’accueil de L’Aquarius par l’Espagne chaleureuse et en liesse sur le port de Valence rappelle les « Welcome » de l’Allemagne de Merkel aujourd’hui sur le point de sauter à cause du chaos migratoire qu’elle a installé en Allemagne et voulu imposer à l’Europe. Plusieurs contre-manifestants espagnols dont personne n’a parlé, ont protesté contre le débarquement. Une banderole des militants de Génération Identitaire a également été déployée sur le port.

A Rome, le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini réaffirme qu’il n’y a pas de place en Italie pour les navires d’ONG : « Que ces messieurs sachent que l’Italie ne veut plus être complice du business de l’immigration clandestine, et qu’ils devront donc chercher d’autres ports vers lesquels se diriger. En ministre et en père, je le fais pour le bien de tous. »

En Allemagne, la situation est plus tendue que jamais : « Je ne peux plus travailler avec cette femme », a déclaré le ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer, à propos d’Angela Merkel, devant des membres de l’Union chrétienne-sociale (CSU). Le site du Bild affirme que la CSU devrait lancer lundi un nouvel ultimatum à la chancelière et lui donner deux semaines pour renvoyer les migrants dans le pays de l’UE où ils se sont inscrits en premier, comme le prévoit l’accord de Dublin.

« Que sommes-nous en train de faire ? »

En Belgique, le secrétaire d’Etat à la migration Theo Francken (N-VA) pose la question : « Parmi les migrants illégaux qui arrivent en Espagne, beaucoup sont originaires du Bangladesh. C’est à 9 000 km de la Libye et il n’y a pas de guerre. Ils volent via la Turquie vers Tripoli avant de partir en bateau vers l’UE. De quel droit entrent-ils dans l’Union européenne ? Que sommes-nous en train de faire ? »

Une partie des migrants de l’Aquarius doivent rejoindre la France. C’est-à-dire « tous ceux qui, une fois appliqués les protocoles du processus d’accueil, exprimeront leur désir de rejoindre ce pays », prévient Madrid. Information confirmée par Gérard Collomb, « conformément au souhait d’Emmanuel Macron ».

« Ils auraient pu débarquer plus tôt en Tunisie ou en Algérie. Sauf qu’on est parti du principe, depuis un certain nombre d’années, que les migrants devaient systématiquement venir en Europe », a réagi Marine Le Pen au « Grand rendez-vous » Europe 1-CNews-Les Echos. « La prochaine fois, les bateaux iront directement dans les ports français. Emmanuel Macron est immigrationniste, on le voit partout, dans ses déclarations, sa filiation idéologique. En matière d’immigration, il n’y a pourtant pas de fatalité, comme l’a montré la décision du gouvernement italien. »

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 18 juin 2018

Les Etats-Unis défendent la « tolérance zéro » en matière d’immigration

19/06/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Lundi, devant l’association nationale des shérifs à la Nouvelle Orléans, en Louisiane, le ministre américain de la Justice a défendu la politique de « tolérance zéro » de l’administration Trump, en vertu de laquelle des enfants ont été séparés de leurs parents sans-papiers, en assurant vouloir éviter « l’anarchie » dans le pays.

Jeff Sessions a ainsi déclaré :

Nous ne voulons pas séparer les enfants de leurs parents. Mais nous ne voulons pas non plus que des adultes amènent leurs enfants illégalement, mettant ces enfants en danger.

Cette simple application de la loi à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique a déclenché un torrent de critiques, de l’opposition démocrate à l’ONU.

La politique migratoire, le tombeau du “en même temps” ?, par Philippe Bilger

Que Christiane Taubira “s’indigne” de la politique migratoire du président de la République serait plutôt à mes yeux un gage de la fiabilité et du réalisme de celle-ci : selon l’ancienne ministre pourtant, “indécence, marketing et silence” (JDD). Alors qu’elle célèbre la “lueur” provenant de l’Espagne.

L’Aquarius, les réactions d’Emmanuel Macron, le refus italien, l’accueil espagnol ont mis en lumière, au contraire, l’extrême difficulté d’une politique migratoire qui précisément a pour faiblesse de ne pas être une politique – un réel qu’on affronte et qui contraint à une appréhension non équivoque – mais un humanisme empêtré.

La France, initialement, face au défi posé par l’Aquarius avec ses plus de six cents migrants, ne bronche pas et, à l’exception de généralités généreuses, n’a pas fait mine ni n’a eu l’intention de les accueillir.

En revanche le ministre italien de l’Intérieur et chef de la Ligue (extrême droite), Matteo Salvini, s’étant vigoureusement opposé à cet accueil par l’Italie – à l’encontre du respect du droit international, si on suit l’appréciation de notre président – a été vertement sermonné par ce dernier qui a dénoncé “la part de cynisme et d’irresponsabilité”.

Petits remous diplomatiques. L’Italie est offensée. Matteo Salvini, sur un mode ironique, s’adresse à Emmanuel Macron : “Emmanuel, si ton coeur est si grand que tu le dis, nous te donnons 9 000 personnes à accueillir”.

Apaisement apparent.

Le président de la République reçoit à l’Elysée Giuseppe Conte, le chef du gouvernement italien, et à l’issue de la rencontre un communiqué est publié qui fait état de la parfaite entente, pour la politique migratoire, entre l’Italie et la France (Libération).

Enfin celle-ci accepte d’accueillir certains migrants de l’Aquarius après que leur situation aura été examinée par les autorités espagnoles.

Le moins qu’on puisse souligner est que le processus que j’ai décrit sommairement ne démontre pas une grande cohérence de la position française.

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Angela Merkel fait face à un ultimatum sur la question migratoire

19/06/2018 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
En effet, après plusieurs jours de tensions cristallisées par le changement de gouvernement italien, la main tendue à l’Allemagne et à l’Italie par l’Autriche pour coopérer sur la question migratoire et la crise de l’Aquarius, Angela Merkel ne peut plus ignorer l’aile droite de la coalition qu’elle a eu tant de mal à réunir lors des dernières élections. Le parti conservateur bavarois, le CSU, réuni autour du ministre de l’Intérieur, a ainsi adressé un ultimatum de deux semaines à Angela Merkel afin qu’elle restreigne l’accueil des clandestins aux frontières.

Que cela signifie-t-il concrètement pour l’Allemagne ?

D’après les termes de l’ultimatum, passé le délai prévu de deux semaines, si Angela Merkel n’a pas pris de mesures pour refouler aux frontières tous les clandestins déjà enregistrés dans d’autres pays de l’Union Européenne, alors le ministre de l’Intérieur décrètera la fermeture des frontières. D’après une agence de presse allemande, Angela Merkel aurait accepté ce délai qui doit coïncider avec la tenue d’un sommet européen les 28 et 29 juin prochains. Néanmoins la chancelière compte utiliser ce délai pour convaincre sa coalition que l’Allemagne ne doit pas faire cavalier seul, elle a d’ailleurs déclaré ce lundi JE CITE « La manière dont agit l’Allemagne va déterminer si l’Europe va rester unie ou pas. Il s’agit d’un défi européen qui nécessite une réponse européenne. » FIN DE CITATION.

Nous comprenons donc que les enjeux dépassent la question allemande.

Effectivement, cette défiance vis-à-vis d’Angela Merkel, et la perte de pouvoir et d’influence de celle-ci en Allemagne témoigne d’une situation chauffée à blanc à l’échelle de l’Europe. Les partis eurosceptiques et nationalistes sont en progression en Allemagne, poussés par l’arrivée massive de plus d’un million de clandestins entre 2015 et 2016, dans une dynamique qui vient compléter le Brexit, le nouveau gouvernement autrichien, le nouveau gouvernement italien, la quasi-sécession des membres du groupe de Višegrad et un sentiment de défiance qui traverse l’Europe, cristallisé autour de la question migratoire. Dans ce climat où la France paraît tout à coup bien isolée, les prochaines élections européennes pourraient bien voir triompher les partis eurosceptiques et, dans un même mouvement, signer l’arrêt de mort de l’Union Européenne telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Pour Bruno Le Maire, Les Républicains sont désormais “une droite identitaire”

19/06/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Le ministre de l’Economie et des Finances était l’invité de BFMTV ce mardi 19 juin.

Pour Bruno Le Maire, Les Républicains sont désormais “une droite identitaire“. Evoquant le discours qui se développe au sein des Républicains, il ajoute : “c’est une musique qui, dans le fond, n’est pas très différente de ce qui émane du Front National“.


« Dominique Venner, l’envoyé d’Homère »

« J’ai mal à l’Espagne » : la célèbre phrase de Miguel de Unamuno continue de résonner avec la même intensité dans un pays où elle préludait déjà à une série de crises qui n’ont cessé de le déchirer jusqu’aux dernières menées séparatistes catalanes.

Cependant, loin de s’abandonner au sentiment tragique d’une grandeur irrémédiablement passée ou de se résigner à l’accueil touristique de masse sur fond de corruption immobilière, de prévarication politique et de décadence monarchique, la petite maison d’édition espagnole EɅS a courageusement relevé le défi du dépassement du clivage partisan, entretenu par une « caste » politique locale d’une insigne médiocrité, en faisant le pari d’un réarmement culturel d’inspiration néo-droitière à la française. A l’instar d’EɅS – déesse de l’aurore en grec qui annonce la venue de son frère Hélios, le soleil – la maison d’édition entend résolument contribuer à la renaissance culturelle européenne.

Dans un pays où l’opposition nationale a du mal à s’extirper de la référence incapacitante au Franquisme et où la référence européenne obligatoire fait bon marché de l’idiosyncrasie espagnole, les éditions EɅS participent d’une réévaluation du passé éloignée aussi bien du nationalisme de clocher que de l’européisme systémique béat, avec la volonté de contribuer à la résolution de la lancinante question de savoir « comment être européens sans cesser d’être espagnols ».

Rien d’étonnant donc à ce que la collection Synergias, inaugurée par l’ouvrage éponyme de Robert Steuckers, s’enrichisse aujourd’hui d’un livre consacré à « Dominique Venner, l’envoyé d’Homère », sous la forme d’un recueil de 22 contributions qui vont d’Alain de Benoist ou Jean-Yves Le Gallou, à Michel Lhomme – que nos lecteurs connaissent bien – en passant par Jesús Sebastián Lorente, Carlos X Blanco ou Juan Pablo Vitali, pour ne citer qu’eux.

Contrairement aux attentes d’un lecteur français, le point de départ du recueil ne se présente pas comme un hommage – même si on le sent poindre en conclusion – que comme l’invite à connaître le personnage en remontant le cours de sa vie à partir d’un suicide qui ne laisse pas de surprendre « ceux pour qui Dominique Venner incarnait l’idéal grec de mesure et de sérénité stoïque, au terme d’une trajectoire marquée en ses débuts par un activisme ardent ».

De fait, le suicide de Dominique Venner, même pour un identitaire espagnol, ne va pas de soi : il s’agit, précise l’avertissement, d’essayer de comprendre le suicide de l’historien et écrivain Dominique Venner qui mit tragiquement fin à ses jours le 21 mai 2013 en la Cathédrale Notre-Dame de Paris.

L’ouvrage invite à dépasser les simples formules de « sacrifice ou immolation », prononcés par ses proches autant qu’il met en garde contre « l’utilisation idéologique abusive à laquelle cette mort, de manière presque inévitable, se prête ».

Prévention donc à l’encontre des mésusages de la mémoire historique et prévenance à l’égard de la figure de Venner, le livre invite à examiner à nouveaux frais la figure de celui qui « a voulu faire de son suicide un acte publique, un acte politique qui peut s’analyser sans faire injure à sa mémoire ni cracher sur sa tombe ».

Qui fut réellement Dominique Venner ? Quelle lecture politique ou métapolitique convient-il de faire de son suicide ? Comment et pour quoi a-t-il lutté ? Quelle est réellement son histoire ? ».

Outre la qualité des signatures qui nous sont familières, les contributions des auteurs qui gravitent autour de la Nouvelle Droite espagnole ont le mérite d’inciter le lecteur français à confronter sa pensée à celle de ses voisins ibériques, que ce soit sur la question du « régionalisme » (appelé significativement là-bas « nationalisme « ) ou sur celle du retour du sacré, sous la forme du suicide sacrificiel d’un personnage hors normes – notre « envoyé d’Homère » – ou de l’ordalie d’une Guerre Civile qui continue de hanter les Espagnols et au miroir de laquelle nous sommes tous invités, en tant qu’Européens, à nous regarder.

Lucas Navarro

Tribune reprise du site Metamag

Islamisme : l’Autriche agit et la France accueille !

En Autriche, sept mosquées financées par la Turquie ont été fermées et l’expulsion de soixante imams est envisagée.

Pendant que la République laïque accueillait 300 imams étrangers pour combler le manque saisonnier de prêcheurs de tolérance concomitant aux ripailles d’un mois de ramadan victime de son succès grandissant, en Autriche, sept mosquées financées par la Turquie ont été fermées et l’expulsion de soixante imams est envisagée.

« Les sociétés parallèles et les tendances à la radicalisation de l’islam politique n’ont pas leur place dans notre pays », a déclaré Sebastian Kurz. « Ce n’est que le début », renchérit le vice-chancelier et leader du FPÖ, Heinz-Christian Strache. Ça laisse rêveur… Que le jeune chancelier ait ajouté que l’idéologie islamique est, par essence, politique et c’eût été parfait.

Le gouvernement autrichien réagissait ainsi au scandale suscité par la reconstitution de la bataille des Dardanelles, emblématique dans l’histoire de l’Empire ottoman, au sein d’une des principales mosquées de Vienne, la mosquée des Loups Gris, directement liée à la Direction turque des Affaires religieuses et du nom du groupuscule ultranationaliste prônant le panturquisme. Dans cette bergerie, la reconstitution était interprétée par de jeunes garçons habillés en soldats ; camouflage, saluts militaires, drapeaux turcs et, pour la touche réaliste, des enfants enroulés dans le drapeau rouge et croissant dans le rôle des combattants morts au combat égayaient l’innocent décor.

Côté Turquie, les cris d’orfraie pathognomoniques du musulman stigmatisé ne se firent pas attendre : « vague populiste, islamophobie, racisme et discrimination », et ceteri et cetera, piaillait le porte-parole du président Erdoğan pour qui, rappelons-le, « les mosquées sont nos casernes, les coupoles nos casques, les croyants nos soldats, cette armée divine garde ma religion »… Et de dénoncer un ciblage de la communauté musulmane, éternelle victime jamais contente, et une décision constituant une « violation des principes légaux universels, des droits des minorités et de la coexistence éthique ». Grandiose : avec des arguments de ce genre, en les poussant à l’extrême, c’est à croire qu’un musulman envoyé seul sur Mars, se sentira opprimé. À ce stade de mauvaise foi « ès taqya« , ce n’est plus l’hôpital qui se fout de la charité, mais carrément la mosquée qui se fout du djihad armé. Hélas, Erdoğan, pour qui l’« assimilation est un crime contre l’humanité », aboie, mais à Vienne, les imams valsent.

D’Istanbul, en chantre des droits des minorités, celui-ci menaçait encore : « Ces mesures prises par le Premier ministre autrichien sont, je le crains, en train de mener le monde vers une guerre entre les croisés et le croissant. »

Et pendant ce temps, dans la Ville Lumière, après avoir été une salle de spectacle, puis un lieu de massacre commis par les coreligionnaires de M. Erdoğan au nom de leur idéologie commune, voilà que le Bataclan se transforme en mosquée, une mosquée spectacle, où un prosélytisme en rimes sera éructé par une chance pour la France portant le doux sobriquet du deuxième lieu saint de l’islam (Médine), berceau de l’époque la plus sanglante du parcours pacifiste du prophète de la religion d’amour et de paix. Et c’est ainsi que l’Histoire, petit à petit, risque bien, comme le prophétise M. Erdoğan, de se répéter.

Pierre Mylestin

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Contre les populismes, Challenges a trouvé la solution : le business des festivals

Nous ne résistons pas au plaisir d’offrir à nos lecteurs la dernière couverture de Challenges, Le news de l’économie. Le magazine est encore possédé majoritairement par Claude Perdriel.

Mais, comme nous vous l’annoncions le 28 avril 2018, le groupe Renault vient d’acheter 40% des parts du magazine, avec pour ambition d’en faire un complément de service pour les conducteurs des futures voitures autonomes. Le magazine devient un adjuvant à la vente de produits ou de services, un peu comme Libération (dont les jours de l’édition papier sont comptés) et L’Express ont servi à vendre des abonnements téléphoniques à SFR, les sous arrivant dans la même poche, celle de Patrick Drahi, propriétaire des deux journaux et du réseau téléphonique.

La couverture est (involontairement) amusante car son message est simple : la situation est grave (entendons pour les oligarchies diverses et variées, celles de la finance comme celles des médias). Deux dangers menacent. Tout d’abord l’odieux populisme qui gagne du terrain en Italie, Autriche, Slovénie et ailleurs. Et aussi les désordres commerciaux, entendez par là les tentatives de protectionnisme. Le protectionnisme qui empêche les mouvements de capitaux et ceux de population. Les dollars et les migrants devraient circuler en toute liberté, tel est le message du libéralisme triomphant. Heureusement deux bonnes fées nous protègent encore. La fée Merkel toute de rose vêtue et le mage Macron qui porte un étrange gilet à moins que ce ne soit un ruban signalant une décoration.

Le comique vient après en mettant en parallèle les deux titres, celui du haut et celui du bas. En haut Dernière chance avant de rentrer dans le mur. En bas la réponse Le business des festivals. Bien entendu nous nous doutons que ce rapprochement n’est pas voulu par le graphiste du journal. Mais il est éclairant, face aux populismes la recette est connue : du pain et des jeux.

Texte daté du 14 juin 2018 et repris du site Ojim

Affaire Médine : l’acte de décès du « en même temps » d’Emmanuel Macron ? – Jérôme Barbet (Les Identitaires)

Une nouvelle fois, les identitaires ont joué leur rôle de lanceurs d’alerte.

Au début du mois de juin, des militants ont révélé sur les réseaux sociaux que le rappeur islamiste « Médine » doit se produire les 19 et 20 octobre prochains au Bataclan, cette fameuse salle de concert du XIème arrondissement parisien où 90 personnes ont été froidement abattues par un commando djihadiste le 13 novembre 2015.

Rapidement, de nombreux acteurs politiques de droite – du Front National à Laurent Wauquiez – ont protesté contre la tenue de ce concert. Ils ont été suivis par certaines associations de victimes qui ont réclamé à leur tour l’annulation du spectacle, et même par certains députés LREM.

L’objet de la polémique est évident. Le rappeur Médine Zaouiche, qui porte le prénom d’une des villes saintes de l’islam où fut enterré Mahomet, a longtemps affiché une barbe imposante, à l’instar des compagnons du prophète.

Le titre de son premier album évoque les attentats du 11 septembre 2001 qui avaient fait plus de 3 000 morts. Le deuxième album, sorti en 2005 et sobrement intitulé « Jihad », joue avec tous les codes de l’islam guerrier. La pochette est notamment barrée d’un imposant sabre vertical constituant le « J » de « Jihad ». On frissonne à l’idée de l’imaginer prononcer les paroles de sa chanson « Grand Médine » où il se compare à un combattant de l’Etat Islamique : « J’arrive sur tous les sites comme un djihadiste de Daesh ».

Dans ce contexte, la programmation d’un spectacle de Médine sur une scène ensanglantée par des terroristes islamistes constitue une provocation inacceptable.

Face à la controverse qui a pris une ampleur nationale, le gouvernement d’Emmanuel Macron se retrouve dans une posture délicate. Comme souvent dès que l’on aborde les thématiques identitaires, le pouvoir macroniste est très ennuyé. Il y a une limite à la conciliation des contraires. S’agissant du rappeur islamiste Médine et de son concert au Bataclan, il ne peut y avoir de « en même temps ».

Ou bien ce spectacle est autorisé, ou bien il est interdit. Il faut prendre parti et trancher radicalement.

Impossible de biaiser, de réconcilier les parties adverses, de ménager les uns et les autres.

Mais le dilemme est sérieux.

Faut-il interdire à Médine de se produire au Bataclan et donner raison à la « fachosphère », ou laisser faire et donner le sentiment de céder face à l’islamisme ?

Différents signaux nous indiquent d’ores et déjà l’option privilégiée par l’exécutif.

Sur Cnews, le porte-parole du gouvernement a adopté une position de principe : « La liberté de l’artiste est totale. » Avec ce relativisme irresponsable, le gouvernement accepterait donc que le « Djihad » soit revendiqué sur les lieux de l’attentat islamiste le plus meurtrier de l’Histoire de France.

Ce serait profaner la mémoire des victimes et humilier notre pays au nom de « droits » extensibles à l’infini.

Le Premier ministre Edouard Philippe, quant à lui, « assume pleinement » la subvention de la ville du Havre (attribuée lorsqu’il en était maire) au club de boxe de Médine.

On comprend dès lors de quel côté penchent le Président et ses ministres.

Cette fois il n’y aura pas de « en même temps ». Ou plutôt si. Avec Macron, nous aurons l’islamisation et en même temps, la soumission.

Jérôme Barbet

Texte repris du site de : Les Identitaires

Aquarius : 80 % des Italiens soutiennent leur gouvernement. Et ce ne sont pas des salauds !

Et en France ? Macron ne se risquera pas à poser la question…

La démocratie, dit le dictionnaire, est une « forme de gouvernement dans laquelle la souveraineté appartient au peuple ».

Il paraît que nous, États occidentaux, sommes de grandes démocraties. La France tout particulièrement qui, eu égard à son passé révolutionnaire et régicide, prétend en remontrer au monde. Raison pour laquelle, sans doute, elle a nourri dans son sein tant de dictateurs en herbe, pourquoi ses brillants intellectuels n’ont jamais renié leur passé maoïste ou bien qu’un Mélenchon porte encore aux nues les Castro, Chávez et autres Maduro.

Question : sommes-nous les démocrates que nous prétendons être ?

Réponse par la polémique qui a agité l’Europe tandis qu’un navire baptisé Aquarius errait en Méditerranée à la recherche d’un port où décharger sa cargaison de 629 migrants. Les femmes et les enfants d’abord. Conséquence : la « tension diplomatique » est à son comble entre la France et l’Italie, notre Président s’étant offert le luxe de critiquer le nouveau chef du gouvernement italien pour son refus de recueillir toutes ces bouches affamées.

« Manque d’humanité », a dit Macron. « Faux-cul », lui a répondu Giuseppe Conte. Et Matteo Salvini (le patron de la Ligue, devenu ministre de l’Intérieur) de rappeler, devant le Sénat italien, la promesse d’Emmanuel Macron d’accueillir plus de 9.000 migrants arrivés ces dernières années en Italie mais qui, in fine, n’en a pris que 640. Il serait temps de « passer de la parole aux actes et à donner un signal de générosité » plutôt que des leçons de morale à une Italie transformée en « jetée » où viennent s’amarrer tous les radeaux de La Méduse.

L’Italie a accueilli plus de 14.000 migrants depuis début janvier, plus de 700.000 ces dernières années. Elle vient de recevoir le soutien de l’ONU : « Je pense que l’Italie a raison de dire qu’ils ne peuvent pas tous venir chez elle », a dit le haut-commissaire pour les réfugiés. Et de rappeler qu’en 2015, les autres pays de l’Union européenne étaient convenus de se répartir 160.000 réfugiés mais qu’à ce jour, 30.000 migrants seulement ont trouvé un pays d’accueil.

On nous dit que, selon les chiffres d’un sondage réalisé jeudi en Italie, 80 % des personnes interrogées soutiennent l’attitude de leur nouveau gouvernement. Dans le détail, 30 % des Italiens « voudraient que tous les migrants soient rejetés » et 50 % « souhaiteraient que l’accueil de migrants se fasse de manière partielle et surtout après une évaluation beaucoup plus ciblée et prudente que l’actuelle ».

Et en France ? Macron ne se risquera pas à poser la question, les résultats des dernières élections lui ayant en grande partie apporté la réponse. D’où le fait qu’en chat échaudé qui craint l’eau froide, il se soit bien gardé de proposer l’asile aux naufragés de l’Aquarius.

D’où je repose ma question : sommes-nous les démocrates que nous prétendons être ?

Depuis soixante-dix ans, on ressert cette phrase empruntée à Churchill : « La démocratie est le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres. » Chacun en use et les politiques en abusent, jusqu’à Manuel Valls pendant la campagne des primaires… À cette occasion, justement, sur le site Slate.fr, Jean-Marie Pottier remettait ces mots à leur place.

Voici ce que Winston Churchill a dit exactement : « Beaucoup de formes de gouvernement ont été testées, et seront testées dans ce monde de péché et de malheur. Personne ne prétend que la démocratie est parfaite ou omnisciente. En effet, on a pu dire qu’elle était la pire forme de gouvernement à l’exception de toutes celles qui ont été essayées au fil du temps ; mais il existe le sentiment, largement partagé dans notre pays, que le peuple doit être souverain, souverain de façon continue, et que l’opinion publique, exprimée par tous les moyens constitutionnels, devrait façonner, guider et contrôler les actions de ministres qui en sont les serviteurs et non les maîtres. » Rien à ajouter.

Marie Delarue

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Bruxelles ou la citadelle assiégée, par Guy Rouvrais

Bruxelles a les yeux fixés sur l’Italie et la « crise » qu’elle engendre au niveau européen. Que faire ? Que faire des « migrants » ? Comment mettre Rome à la « raison » ? C’est là vision de myope. Car au-delà du cas italien, c’est l’ensemble de l’Union européenne qui se délite. C’est la crise d’un système en bout de course. De l’est à l’ouest de l’Europe, monte la marée de ce que les bien-pensants appellent le « populisme » mais qui n’est autre que le sain réflexe des nations pour leur survie, celles qui refusent que des peuples étrangers colonisent leur territoire, y apportant leurs mœurs et leur religion.

Hier, c’était la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, maintenant c’est l’Autriche qui rejoint le camp du non à la politique migratoire bruxelloise. Et même l’Allemagne de Merkel est touchée, qui doit tenir compte de la progression sans cesse croissante des nationaux de l’AfD. Angela Merkel ne pourrait plus laisser les frontières ouvertes à un million de prétendus « réfugiés » sans provoquer une crise grave dans le pays et au sein du gouvernement où le ministre de l’Intérieur a déjà exprimé son désaccord avec celle qui en est le chef.

Bruxelles est une citadelle assiégée mais continue de tancer les uns, d’exercer des représailles financières sur les autres, ou d’en déférer certains autres devant la justice européenne. Le sol se dérobe sous leurs pieds et nos eurocrates font comme si de rien n’était, comme si les peuples restaient partisans d’une « union toujours plus étroite », selon Maastricht, et subissaient dans la joie ce que Jacques Delors, dans ses Mémoires, appelait « une sorte de doux despotisme éclairé » qui est celui de la Commission européenne. Non seulement le despotisme est toujours là, mais, loin d’être éclairé, il est aveugle et, s’il est doux aux « migrants », il est dur aux autochtones.

Il n’y a pas de sens de l’Histoire. Ou, plutôt, il est celui que font les hommes, ce n’est pas une fatalité commandée par l’économie, mais le fruit d’agents libres. Or, si l’on voit tous les signes qui s’accumulent depuis quelques décennies, ils vont tous dans le même sens, celui d’une décomposition de l’Union européenne.

Du referendum sur la ratification du traité de Maastricht, présenté comme fondateur mais qui n’a été approuvé que de justesse, au retrait de la Grande-Bretagne, en passant par le non à la constitution européenne, toutes les consultations signent le désenchantement puis le rejet engendrés par cette Europe. De même, les élections dans les pays de l’Est et de l’Ouest voient soit la victoire de ceux qui refusent cette Europe soit leur progression spectaculaire. Ce qui est arrivé en Italie s’inscrit dans cette dynamique-là. On ne voit pas ce qui peut l’arrêter, Bruxelles n’ayant remédié à aucun des maux que dénoncent les souverainistes. Le principal étant son incapacité à protéger les frontières de l’Union européenne de ceux qui veulent s’y installer sans demander notre avis. Au Parlement de Strasbourg, il y a déjà un quart des députés qui mettent l’intérêt national au-dessus de ceux de l’UE. Il se peut que l’année prochaine ils soient la majorité et donnent ainsi le coup de grâce à une Union agonisante.

Guy Rouvrais

Article paru dans Présent daté du 15 juin 2018

Allemagne. De la crise migratoire à la crise politique

Malgré quelques articles aux titres assez explicites (Le Monde : « Migrants : Merkel sous la pression des durs de sa majorité », Le Point : « Merkel joue son avenir avec un conflit gouvernemental sur les migrants », reprise d’une dépêche AfP, tous les deux en date du 14 juin) il ne semble pas que les « grands » médias français – et singulièrement les chaînes de télévision – aient pris la mesure de ce qui est en train de se jouer en Allemagne. La chancellerie vacille, Frau Merkel tremble, l’Allemagne retient son souffle. Ce n’est rien de moins que le destin d’Angela qui se joue, et de ce quatrième mandat si durement obtenu.

Angela Merkel contre les Bavarois au sujet de la crise migratoire

La chancelière est désormais en conflit ouvert avec les « Bavarois », son ministre de l’intérieur fédéral Horst Seehofer – « Bundesminister des Innern, für Bau und Heimat » est son titre complet ; les quatre derniers mots ont été ajoutés par l’actuel titulaire de la fonction lors de la formation de la « Grosse Koalition » en mars dernier ; on précisera ici que le prénom allemand Horst désigne également une « aire », c’est-à-dire le nid de l’aigle – et patron de la CSU, et Markus Söder, son successeur comme ministre-président de l’état libre de Bavière. La raison du conflit est en apparence assez simple : dans le cadre de son mandat, Seehofer a préparé un paquet de mesures destinées à juguler l’immigration clandestine et plus largement à reprendre le contrôle des flux migratoires, afin qu’une répétition de la crise de 2015 ne puisse avoir lieu. L’une des mesures qu’il veut imposer est le refoulement à la frontière du Reich de tout migrant préalablement enregistré dans un autre état de l’espace Schengen, ce qui est parfaitement en ligne avec l’accord de Dublin. Face à cette position de stricte protection du peuple allemand, la chancelière poursuit ses chimères de règlement européen et de répartition, dans le but illusoire de soulager les pays des marches méridionales de l’espace Schengen. Si l’on a évoqué, brièvement, aujourd’hui 14 juin comme modèle de sortie de crise la possibilité d’accords bilatéraux avec les pays d’entrée – sur le modèle de l’accord franco-italien pour les reconduites à la frontière – qui seraient, une fois conclus, « bénis » par Bruxelles, il a fallu déchanter : les Bavarois ne veulent rien céder. Comment en est-on arrivé là ?

Une grande autonomie des Länder

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il convient de préciser un point important du système politique allemand, voire de la culture politique allemande, qui éclairera pour un lecteur français plus familier du centralisme jacobin et de la verticalité républicaine les relations entre l’occupante de la Chancellerie et ses ministres. La subsidiarité et le fédéralisme ne sont pas en Allemagne des principes morts ou artificiels, mais irriguent la vie politique. Chaque entité politique – c’est le cas des Länder, en particulier, vis-à-vis de l’état fédéral – apporte un soin jaloux à défendre son pré carré contre les ingérences allogènes. Il y a de cela des exemples amusants, comme par exemple certaines directives de l’Union Européenne, qui sont transcrites depuis des lustres dans le Droit français grâce à la docilité du parlement, tandis que leur application en Allemagne, parce que le sujet est de la compétence des Länder, est renvoyée à une date ultérieure – autant dire ad vitam eternam. De là à penser que le gouvernement allemand exploite parfois cette possibilité… Bref, il en va des ministres comme des Länder : l’accord de coalition définit le cadre de leur action pour la durée de leur mandat, et ils ont ensuite tout loisir de s’y mouvoir, avec une autonomie considérable. La chancelière, « prima inter pares », a certes le pouvoir constitutionnel de révoquer un ministre. En le faisant, elle met cependant sa coalition en danger – singulièrement s’il s’agit d’un partenaire de coalition, qui pourrait la mettre en minorité à la chambre. Elle peut aussi tenter de le mettre en minorité au sein du cabinet – s’il y a différence de vues entre un ministre et la chancelière, elle peut théoriquement faire procéder les membres du cabinet à un vote : le résultat serait très probablement le même.
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Allemagne : la question migratoire continue d’affaiblir la majorité d’Angela Merkel

15/06/2018 – EUROPE (NOVOpress)
En Allemagne, la question migratoire fait tanguer la majorité d’Angela Merkel.

Issu de l’aile droite de la coalition, le ministre de l’Intérieur est entré en rébellion : il exige plus de fermeté aux frontières. Or, dimanche, Angela Merkel a mis son veto à un projet de refonte de la politique d’asile.

La chancelière veut d’abord consulter ses partenaires européens avant de prendre une décision…

Mais le parti bavarois de la CSU s’est déclaré prêt passer outre la décision d’Angela Merkel provoquant une vraie crise politique.

Markus Söder, Ministre-président de la Bavière, a ainsi déclaré :

Pendant trop longtemps, nous nous sommes précipités de compromis en compromis sur la question de la politique des réfugiés, sans prendre de décisions fondamentales et claires. Nous devons reprendre le contrôle de la situation en Allemagne.