Salvador Allende fut-il antisémite, raciste et eugéniste ? [1/2]

Salvador Allende lors de la campagne présidentielle de 1964 / crédit photo : Biblioteca del Congreso Nacional - Chile

[box class=”warning”]Les informations sur la confirmation du suicide de l’ancien président chilien Salvador Allende risquent de raviver les polémiques récentes sur son passé. Voici quelques années, des controverses avaient sérieusement entaché l’icône du monde progressiste, tombé les armes à la main contre la réaction. En 2005, la revue Aventures de l’histoire publiait un entretien réalisé par son rédacteur en chef avec l’universitaire chilien Victor Farias, l’homme par lequel le scandale est arrivé. Nous remercions aventuresdelhistoire.blogspot.com de nous avoir autorisé à reproduire ce texte.[/box]

[box]Salvador Allende, le président socialiste du Chili victime de Pinochet, mérite-t-il sa place au sommet du panthéon de la gauche bien-pensante ? Un ouvrage polémique, mais bien documenté, de Victor Farias l’accuse d’être un eugéniste convaincu, un antisémite radical, un agent stipendié de l’Allemagne hitlérienne, un capitaliste sans scrupules et un protecteur de nazis en fuite. Info ou intox ? Nous sommes allés interviewer Victor Farias pour en savoir plus.[/box]

Salvador Allende, l’ancien président du Chili, est un des rares révolutionnaires qui ait voulu imposer le socialisme en respectant les règles du jeu démocratique. Depuis sa mort lors du coup d’État militaire qui l’a renversé en septembre 1973, il est devenu une des seules icônes présentables de la gauche internationale, bénéficiant, avec le Che Guevara, d’une des dernières formes de culte à la personnalité.

On comprend mieux le scandale déclenché par Victor Farias, philosophe et universitaire chilien, qui accuse Allende, preuves en main, dans son dernier livre Salvador Allende : contra los judios, los homosexuales y otros « degenerados », d’avoir dans sa jeunesse partagé les idées racistes et eugénistes d’une fraction des médecins de son temps.

Pire, ministre de la Santé du gouvernement de Front populaire entre 1939 et 1942, Allende a cherché à faire adopter une loi eugéniste plus radicale encore que celle en vigueur dans l’Allemagne hitlérienne.

L’imprécateur de Berlin

Victor Farias dans les locaux de l’université Libre de Berlin
Victor Farias dans les locaux de l’université Libre de Berlin

Victor Farias, brun et râblé, est un petit homme qui semble s’être quelque peu étiolé sous le pâle soleil du Brandebourg. Mais il ne faut pas se laisser prendre à son apparence physique. Il recèle en lui une énergie insoupçonnée, une soif de justice qui en fait un visiteur infatigable des archives où sommeillent les preuves des errements de nos sociétés.

Homme de gauche, professeur de littérature à la très militante université Libre de Berlin, Victor Farias fait parler de lui pour la première fois en 1987 en publiant à Paris Heidegger et le nazisme, un livre réquisitoire dans lequel il cherche à démontrer que le lien existant entre le grand philosophe allemand et le national-socialisme ne se limitait pas à des contacts administratifs et à un bref moment d’égarement, mais que l’universitaire et le régime partageaient l’essentiel, une vue du monde commune.

Accueilli favorablement par la gauche parisienne qui trouvait dans cet exilé chilien un allié de poids pour combattre le puissant clan des heideggeriens français, Victor Farias n’est plus en odeur de sainteté dans le microcosme depuis qu’il a publié plusieurs volumes sur l’histoire de la gauche chilienne de 1969 à 1973 où il analyse sans concessions les causes de la défaite. Son verdict est sans appel : l’échec du socialisme chilien est principalement dû à son incapacité politique et révolutionnaire.

Il aggrave son cas en 2000 en sortant un dossier solidement documenté intitulé Los Nazis en Chile où il dévoile un pan interdit de la mémoire de son pays, les liens entretenus par ses élites avec l’Allemagne hitlérienne, impliquant des personnalités comme le pianiste Claudio Arrau, le général Pinochet et même le président Allende dont il questionne les motifs de son refus d’expulser Walter Rauff, réclamé pour crime contre l’humanité à la fois par la République fédérale d’Allemagne et par Israël.

Toujours soucieux d’aller aux sources, l’universitaire profite de sa facilité d’accès aux archives de la période national-socialiste. Quelle n’est pas sa surprise quand il découvre dans les dossiers poussiéreux de l’Auswartige Amt, le ministère des Affaires étrangères du IIIe Reich que Marmaduke Grove, le fondateur du Parti socialiste chilien était stipendié par Berlin tout comme les ministres socialistes du gouvernement du front populaire dont… Salvador Allende !

Avant de porter un jugement sur Allende, il faut se garder de tout anachronisme. Nous sommes en pleine idylle entre le mouvement communiste et l’Allemagne hitlérienne. Le pacte de non-agression entre Berlin et Moscou a été signé en août 1939. En France, les militants communistes restés fidèles à Moscou sabotent allégrement l’effort de guerre de leur pays.

En Amérique latine, l’Allemagne est bien loin et l’argent est toujours bon à prendre pour des politiciens dans l’ensemble assez largement financés par des groupes de pression. Berlin n’aurait-il été pour Allende qu’un lobby de plus ?

Tenaillé par le doute, et encouragé par Simon Wiesenthal, Victor Farias cherche à mieux connaître l’homme Allende tel qu’il était au début de sa vie militante et publique.

A la suite d’une recherche minutieuse dans les archives des universités et des institutions médicales du Chili, Victor Farias exhume la thèse de doctorat soutenue en 1933 par Salvador Allende à la faculté de Médecine de Santiago du Chili et intitulée Higiene Mental y Delincuencia (« Hygiène mentale et délinquance »). Cette soutenance était le résultat d’abondantes lectures et de son travail d’interne à l’asile psychiatrique de la capitale. En analysant la littérature médicale de son temps, Victor Farias a non seulement replacé ce travail universitaire dans son contexte local, mais plus largement dans le débat d’idées et d’influences entre le Chili et l’Europe, plus particulièrement avec l’Allemagne.

Le Salvador Allende révélé par ces textes est un médecin qui adopte résolument la vision la plus conservatrice et autoritaire de la pratique professionnelle de son époque. Rappelons qu’au moment où Allende soutient sa thèse, Alexis Carrel triomphe tant en Europe qu’aux États-Unis.
En lisant le texte, on découvre que l’étudiant Allende reprend à son compte les thèses de chercheurs comme Cesare Lombroso associant certains types de délinquance avec une origine ethnique ou raciale.

Comme Allende cite ses auteurs de référence sans guillemets ni notes, il est difficile au lecteur de savoir si l’étudiant en médecine cite ses illustres prédécesseurs pour information ou bien s’il reprend à son compte leurs opinions. Un étudiant contemporain n’oserait pas présenter une thèse en l’état devant un jury, même dans une faculté de Médecine.

Dans le texte on trouve des commentaires peu amènes sur les Gitans, les Arabes, les Juifs. Ces derniers « se caractérisant par des formes déterminées de délinquance : l’escroquerie, la diffamation, la calomnie et, surtout, l’usure. » Allende conclut : « Ces informations laissent soupçonner que la race influe sur la délinquance ». Il ajoute toutefois que l’on manque de données pour quantifier cet impact.

Dans son analyse, Victor Farias souligne qu’Allende écrit que les Juifs sont dans leur ensemble naturellement délinquants, ce qui est à ses yeux la caractéristique indiscutable d’une pensée antisémite.

Autre exemple, quand Allende évoque les travaux du médecin uruguayen Jose Maria Estape identifiant un atavisme biologique dans le vagabondage chez les Gitans et quelques tribus de Bohème, l’étudiant prend l’initiative d’ajouter à l’énumération les Juifs alors que ces derniers ne figurent pas dans les textes d’Estape.

Victor Farias n’hésite pas à écrire que la thèse du jeune Salvador Allende révèle que celui-ci a dépassé l’antijudaisme catholique traditionnel, condamnant les Juifs comme peuple déicide, pour adopter le pire des racismes scientifiques, y compris dans son versant antisémite.
Quand Allende affirme au début la quatrième partie : « L’individu est l’unité de la race », il ne cite aucun auteur. Il l’énonce comme un fait. Précisons qu’il entend le terme espagnol raza dans le même sens que le français « race » et non pas dans le sens allégorique qu’il peut avoir dans l’expression Día de la raza dans laquelle le mot désigne l’ensemble des peuples métis issus de la colonisation espagnole. Toutefois, à cette époque, dans un pays comme le Chili le mot « race » a un sens plus large que la stricte interprétation biologique en vigueur, par exemple, dans l’Allemagne hitlérienne.
En soi, il n’est guère étonnant qu’un jeune homme issu de la bonne bourgeoisie chilienne catholique soit habité par des préjugés antisémites. En revanche, il est plus étonnant que ces sentiments trouvent leur traduction scientifique chez un futur médecin qui est déjà connu pour son engagement à gauche et qui revendique sa connaissance des classiques marxistes.

En 1971, dans la version originale de ses « Entretiens avec Allende » (Punto Final, 1971), Régis Debray rapporte que le président affirmait avoir été en 1933 un des fondateurs du Parti socialiste chilien, qu’il définissait comme une organisation marxiste reposant sur la dictature de travailleurs organisés. Quelques années plus tard, devenu chef de l’État, Allende parlera de la révolution chilienne comme de la « fille cadette de la révolution soviétique ».
Victor Farias ajoute qu’il faudrait également s’interroger sur la date réelle de l’adhésion d’Allende au marxisme dans la mesure où la reprise à son compte des idées de Cesar Lombroso sur l’individu et la masse sont difficilement compatibles, non seulement avec les thèses de Marx, mais aussi avec un système démocratique.

Dans son texte, Allende dépasse la pensée de Lombroso pour critiquer le phénomène révolutionnaire, criminogène en soi, sans que l’on y puisse lire, d’après Farias, une critique voilée des mouvements fasciste et national-socialiste. Le jeune médecin envisage même d’interner les révolutionnaires dans des asiles psychiatriques spécialisés. Cette idée sera reprise par les Soviétiques pour y « traiter » les dissidents.

Un eugéniste au pouvoir

Six ans plus tard, Salvador Allende devient ministre de la Santé du gouvernement de Front populaire du président Pedro Aguirre Cerda.
Le jeune médecin, devenu homme politique de gauche, n’a rien perdu de ses convictions acquises lors de son travail à l’asile psychiatrique de Santiago et qui ont été mises en valeur dans sa thèse.

Le ministre doit mettre en pratique les orientations présidentielles en politique de santé détaillées dans le décret de 1939 sur l’« amélioration de la race » dans le cadre d’un « Institut national pour la défense de la race et pour la mise en valeur du temps libre » dont les points communs avec le Doppolavoro de Mussolini et avec le Kraft durch Freude hitlérien sont évidents. Parmi les personnalités choisies par Allende pour diriger cet institut, on trouve le général Francisco Javier Diaz Valderrama, créateur en 1932 du premier parti national-socialiste chilien, reconnu comme tel par la maison mère allemande.

Ci-dessus : un des passages les plus incroyables de la thèse soutenue par Salvador Allende, où le futur ministre de la Santé et futur président révolutionnaire du Chili se fait le porte-parole de l’antisémitisme le plus rétrograde en dénonçant les « tares » des Juifs : « escroquerie, falsification, calomnie et, surtout, usure ».
Ci-dessus : un des passages les plus incroyables de la thèse soutenue par Salvador Allende, où le futur ministre de la Santé et futur président révolutionnaire du Chili se fait le porte-parole de l’antisémitisme le plus rétrograde en dénonçant les « tares » des Juifs : « escroquerie, falsification, calomnie et, surtout, usure ».

La même année, Allende publie La Realidad Medico-Social chilena, un vibrant panégyrique de la « race » et de la « virilité » du peuple, mises en péril par le système capitaliste. Selon Victor Farias, le plan mis au point par Salvador Allende pour rendre aux Chiliens leur « race » et leur « virilité » passe par une politique active d’eugénisme négatif conduisant à la stérilisation forcée de milliers de malades mentaux.

Allende se fait ainsi le reflet des idées les plus polémiques de son temps. Alexis Carrel écrit en 1935 dans l’Homme cet inconnu : « Pour la perpétuation d’une élite, l’eugénisme est indispensable. Il est évident qu’une race doit reproduire ses meilleurs éléments ». Le philosophe Martin Heidegger, compagnon de route du national-socialisme, se prononce lui aussi en 1934 en faveur de l’eugénisme devant l’institut de Pathologie de l’université de Fribourg.

Dans une lettre au quotidien socialiste La Nacion, le ministre Allende explique que sa politique de santé repose sur trois mesures phare pour « défendre et améliorer la race » : le traitement obligatoire des toxicomanies, la lutte contre les maladies vénériennes et la criminalisation de toute contamination et, enfin, la stérilisation d’office des aliénés.

Victor Farias en déduit que le projet de loi eugénique résulte d’une initiative personnelle de Salvador Allende qui trouve ainsi l’occasion de mettre en pratique les idées ébauchées dans sa thèse. Il serait faux de penser que la législation légalisant l’eugénisme négatif est l’apanage de l’Allemagne national-socialiste ou de l’Italie fasciste. Les États-Unis font figure de pionniers dans ce domaine. En 1907, l’Indiana adopte une loi de stérilisation obligatoire des dégénérés héréditaires. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, plus de trente États sont dotés d’une telle législation. L’opposant le plus virulent de l’eugénisme est l’Église catholique qui a condamné formellement cette pratique en 1931, interdiction renouvelée par Pie XII en 1933 puis ultérieurement en 1958.

Un parallélisme inquiétant

Le projet de loi d’eugénisme négatif, voulu et encouragé par Salvador Allende, est élaboré entre 1939 et 1941 par une commission nommée par lui et composée notamment de Hans Betzhold et d’Eduardo Brücher, deux médecins adeptes des méthodes mises en œuvre en Allemagne.
Dans son livre Eugenesia, non seulement Hans Betzhold cite Mein Kampf à l’appui de ce projet, mais il rend hommage à Salvador Allende sans lequel il n’aurait jamais vu le jour !

Dans son livre, Victor Farias s’applique à mettre en parallèle la loi allemande et le projet chilien. Les similitudes sont frappantes et le texte sud-américain va même plus loin que la loi allemande en autorisant la stérilisation forcée des alcooliques chroniques. A la grande déception de Salvador Allende, le texte est enterré grâce à la démolition du projet, menée non par la gauche, mais par les mandarins humanistes et maçons de la Société chilienne de neurologie, psychiatrie et médecine légale qui mettent en lumière ses incohérences scientifiques et morales.

Retrouver le vrai Allende

Sans être un historien patenté, Victor Farias est un universitaire réputé. Dans sa brève enquête sur les jeunes années de Salvador Allende, il a mis le doigt sur des points précis de l’histoire de son pays qui devraient interpeller les historiens professionnels.
Par exemple, dans quelle mesure les idées racistes avancées par Allende dans sa thèse se retrouvent-elles dans ses papiers personnels ? La rédaction hasardeuse de ce texte ne permet pas de trancher avec certitude entre les citations qui sont données à titre informatif et celles qui reflètent sa pensée.
Il est moralement impératif de mieux connaître les bénéficiaires de l’argent de la corruption versé par le gouvernement national-socialiste allemand aux ministres socialistes chiliens entre 1939 et 1941 parmi lesquels figurait Salvador Allende.

Les archives du ministère de la Santé contiennent probablement tout l’échange de correspondance entre Salvador Allende et la commission chargée de rédiger le projet de loi eugéniste. Leur étude permettrait de mieux comprendre l’évolution des idées du futur président.

Enfin, une enquête approfondie sur les sénatoriales de Chiloé, Magallanes et Aysen, à la veille de sa victoire aux présidentielles, trancherait la question de ses liens personnels avec Walter Rauff qui, selon l’hypothèse de Victor Farias, aurait largement financé sa campagne électorale.

Cette relation clientéliste expliquerait le refus du gouvernement d’Unité populaire de donner une suite aux propositions de syndicalistes du sud du pays (défendues alors par Victor Farias), d’occuper les entreprises gérées par Walter Rauff. Ces relations ambiguës seront à nouveau à l’œuvre quand Allende n’expulsera pas l’Allemand comme le demandait Simon Wiesenthal.

Victor Farias a mis publiquement au défi les historiens, et en premier lieu ceux de son pays, de répondre à ces questions en s’attelant à un véritable travail universitaire sur la vie de Salvador Allende.

Avec un passé si compliqué et si éloigné de l’image d’Épinal diffusé par la vulgate révolutionnaire, il n’est pas étonnant, plus de trente ans après la mort du président chilien, qu’il n’existe pas biographie sérieuse sur lui et, qu’à notre connaissance, il n’y en ait aucune en projet.

Pour en savoir plus

Salvador Allende : contra los judios, los homosexuales y otros « degenerados », Victor Farias, 174 p., Altera, Barcelona, ISBN 84-89779-67-8.
Le texte original de la thèse en médecine de Salvador Allende est disponible en format pdf sur le site : http://www.elclarin.cl/hemeroteca.html.
« De Manicomio Nacional a Hospital Psiquiátrico », Eduardo Medina, Revista chilena neuro-psiquiatrica, 2001, vol. 39, n° 1, pp. 78 à 81.
Entretiens avec Allende sur la situation au Chili, Régis Debray, 179 p., F. Maspero, 1971.
« The Eugenic Temptation in Socialism : Sweden, Germany, and the Soviet Union », Alberto Spektorowski, Comparative Studies in Society and History, vol. 46, n° 1, Cambridge 2004.
« The politics of human heredity in the USSR, 1920-1940 » Adams, Mark B., Genome 31, pp. 879-884.
Heidegger, l’introduction du nazisme dans la philosophie, Emmanuel Faye, Albin Michel, 2005, ISBN 2-226-14252-5.
Lyssenko, histoire réelle d’une « science prolétarienne », Dominique Lecourt, Presses universitaires de France, 1995, ISBN 2130473024.
Heidegger et le nazisme, Victor Farias, Verdier, 1987, 332 p., ISBN 2-86432-063-0.

[box class=”info”]A suivre : l’entretien avec Victor Farias.[/box]

Schöllnstein, ou le “mini” Lampedusa bavarois

Schöllnstein, ou le "mini" Lampedusa bavarois

21/07/2011 – 11h30
MUNICH (NOVOpress) — Ubu roi de Bavière ? Le service régional en charge des demandes d’asile submerge un paisible village sous un afflux de postulants. Sur place, tout le monde est furieux et les tensions sont palpables.

Évincées par la médiatisation de l’île de Lampedusa, d’autres régions d’Europe, que l’on pensait jusqu’à présent épargnées par la question des flux de “réfugiés”, connaissent un destin curieux.

Connaissez-vous Schöllnstein ? Paysage de carte postale, ce petit village typique de Bavière niché dans les collines, surplombé des restes d’un château médiéval et dont les chalets de bois sont ornés de volets multicolores, s’est vu du jour au lendemain gratifié d’une centaine de réfugiés en provenance d’Afghanistan, de Somalie ou d’Irak. Au grand dam des habitants (71 âmes), qui n’ont rien demandé, mais semble-t-il également au désespoir desdits réfugiés : car à Schöllnstein, il n’y a rien. Ou du moins pas grand chose, mis à part quelques fermes, une église, une caserne de pompiers et une onéreuse ligne de bus qui relie 2 fois par jour le petit village à la ville la plus proche.

Choc des civilisations

Si différents témoignages font état d’une cohabitation de plus en plus difficile entre les nouveaux arrivants, qualifiés “d’agressifs” et “oisifs” et la population locale, il ne semble pas pour autant exister la moindre solution à ce problème à l’échelon régional. « C’était une urgence. Nous devions accueillir beaucoup de monde très rapidement », explique simplement Michael Bragulla, porte-parole du gouvernement de Basse-Bavière, au sujet des réfugiés dont l’installation date maintenant d’une année.

Schöllnstein n’est pas un cas isolé : 15 “zones rurales” abritent environ un millier de réfugiés dans le district de Basse-Bavière, la plupart du temps parachutés sans véritable concertation avec les élus locaux et la population, avec les conséquences que l’on devine. Si le porte-parole du gouvernement affirme que le maire était au courant, ce dernier affirme avoir appris la nouvelle par les journaux…

La situation difficile que traversent les habitants de Schöllnstein est, dans un contexte plus général, l’illustration parfaite de l’abîme qui sépare les grands principes abstraits et universels que sont les “terres d’asile”, de leur application concrète, pour le malheur des populations locales comme des expatriés.

[box class”info”]Crédit photo : www.schoellnstein.de[/box]

Face à la crise, Israël accélère la colonisation

Face à la crise, Israël accélère la colonisation

21/07/11 – 09h45
TEL-AVIV (NOVOpress)
– L’État israélien fait actuellement face à un mouvement qui peut être comparé à celui des « indignés » espagnols.

En effet, depuis une semaine plusieurs dizaines de tentes sont érigées sur le boulevard Rothschild, dans un quartier huppé de Tel Aviv, pour protester contre l’envolée des prix de l’immobilier. Le mouvement semble prendre de l’ampleur et relance le débat sur la pérennité de l’économie du pays, qui connaît des difficultés malgré une croissance annuelle de 5 %.

Pour répondre à cette contestation, Israël a annoncé lundi son intention de construire 294 nouveaux logements dans deux colonies de peuplement de Cisjordanie occupée, une initiative visant à faire baisser les prix des logements qui ont grimpé ces dernières années et à apaiser ainsi la colère de l’opinion, bien que ces nouvelles occupations soient illégales au vue des résolutions de l’ONU et représentent un nouvel obstacle dans d’hypothétiques négociations de paix.

La Ligue du Nord vote pour l’arrestation d’un proche de Berlusconi

La Ligue du Nord vote pour l’arrestation d’un proche de Berlusconi / crédit photo : camera.it

21/07/11 – 09h32
ROME (NOVOpress)
– Nouvelle déconvenue pour le « cavaliere » : la Chambre des députés a autorisé l’arrestation d’Alfonso Papa, un député du parti de Silvio Berlusconi et proche de ce dernier, pour son implication dans une affaire de corruption.

Ce vote favorable à l’arrestation a bénéficié des voix de la Ligue du Nord, nouveau signe des graves divisions qui agitent actuellement la majorité.

Au cours d’un vote à bulletin secret, 319 députés ont voté en faveur de l’arrestation du député tandis que 293 ont voté contre.

Ce vote est un nouveau revers pour le chef du gouvernement Silvio Berlusconi qui avait appelé à voter contre l’arrestation d’Alfonso Papa impliqué dans une vaste affaire de corruption et de conflits d’intérêt.

[box class=”info”]Crédit photo : camera.it[/box]

Rétablir les frontières pour le bonheur des peuples

Rétablir les frontières pour le bonheur des peuples

[box class=”info”] Article repris du site Zentropa[/box]

La frontière. A ce seul mot, on frémit. On pâlit même. La frontière, c’est l’enfermement, la séparation, l’exclusion!

Inutile de le nier, la frontière a mauvaise presse. Et cela n’a rien d’étonnant puisque sa disparition totale de la surface de planète est l’une des conditions sine qua non de l’accomplissement final du règne de la marchandise. Le «village global » n’est rien d’autre que le nom poétique du « supermarché global », horizon rêvé du système capitaliste.

Car la frontière, en réalité, n’est pas ce qui « exclut », c’est ce qui différencie ; ce n’est pas ce qui « rejette » mais ce qui distingue ; ce n’est pas ce qui « isole » mais ce qui régule ; ce n’est pas ce qui « enferme » mais ce qui organise.

Or la marchandise ne tolère que l’uniforme et le dérégulé.

Une frontière est une porte. Fermée, ouverte, entrouverte, gardée, libre… elle intègre diverses « possibilités » qui sont autant de garde-fous à la fluidité incontrôlable du marché. Comme cette cloison qui nous sépare de l’appartement contigu, la frontière nous protège et assure notre indépendance sans jamais nous empêcher d’échanger, de débattre ou de nous lier avec notre voisin.

Le sans-frontièrisme utopique de trop d’anticapitalistes en fait aujourd’hui les alliés objectifs de cette « société ouverte » (improprement nommée d’ailleurs puisque rien ne peut être « ouvert » quand il n’existe plus d’extérieur, plus de différence entre ici et ailleurs…), sans borne, limite ni régulation qui est l’espace rêvé de développement du totalitarisme marchand, comme l’avait d’ailleurs bien compris Jean Jaurès, lorsque par exemple il écrivait au Congrès de la Paix de Lausanne : « “Je n’ai jamais été un partisan bien vif des idées et des principes du cosmopolitisme. Ils ont quelque chose de trop vague, de trop idéal, malgré certains côtés brillants et spéciaux, je crois que leur effet le plus certain est d’effacer ou de trop amoindrir l’amour de la Patrie et le devoir de la responsabilité civique.”

Car il n’existe pas, il ne peut pas exister, de « libre circulation absolue des hommes » qui n’induise pas la même libre circulation pour les marchandises, les capitaux, les appétits financiers et les trafics de tous ordres. L’abaissement des frontières, ce n’est pas la fraternité universelle et l’enrichissement culturel réciproque, c’est la délocalisation et le dumping social. Quand les rêves, si beaux et généreux soient –ils, tournent immanquablement au cauchemar quand ils sont transposés dans le réel, il convient de rompre avec eux, sous peine de voir son aveuglement se muer en complicité. Le néo-esclavagisme contemporain se goinfre quotidiennement d’idiots utiles au cœur généreux et au poing levé défilant pour la régularisation des clandestins et l’ouverture des frontières, employant ainsi toute leur belle énergie militante à fournir au Capital une main d’œuvre bon marché, corvéable à l’envie et exerçant une pression à la baisse sur les salaires locaux.

Droit des peuples à disposer d’eux mêmes, à vivre sur leur sol selon leurs lois et leurs traditions, dans la dignité et la paix, droit de vivre et travailler au pays, droit à l’autonomie et à l’indépendance, voilà quels sont quelques uns des principes à opposer à la frénésie uniformisatrice du capital marchand et non une naïve et faussement festive promotion du chaos ethnico-culturel produit par des flux migratoires gigantesques qui baladent la misère du monde sur l’ensemble le globe au grès des besoins des Thénardiers de la finance internationale !

La charité mal comprise et mal appliquée mène toujours aux plus grandes catastrophes, surtout quand elle se nourrit de motivations pas toujours aussi nettes et pures que les discours pourraient laisser paraître. Il y a en effet dans le sans-frontiérisme contemporain et son corollaire « immigrationniste » d’indiscutables relents de mauvaise conscience post-colonial, étrangement mêlé d’un néo-paternalisme doublé d’un occidentalo-centrisme qui ne disent pas leur nom. Pour les promoteurs de ces tendances, en effet, point de salut hors de l’occident ! Il faut faire venir à nous, « élever » jusqu’à notre merveilleux modèle, ces peuples du sud, victimes perpétuelles, accablés par l’histoire autant que par la géographie, et dont la rédemption ne peut passer que par une installation sous nos latitudes, à l’ombre d’une grande surface et d’une enseigne de restauration rapide. Laissez-venir à nous les petits enfants africains ! Qu’ils peuplent nos arrières-cuisines de restaurants, nos chantiers de BTP, qu’ils gardent nos entrées de discothèques, ramassent nos poubelles ou qu’ils sombrent dans la drogue, la violence et la délinquance… Peu importe, ils seront toujours mieux ici que chez eux, puisque ici c’est le paradis « civilisé » !

Réglons donc la facture de ce passé colonial qui a tant de mal à passer par un contrat d’apprentissage de 6 mois payé à 80% du smic !

L’occident étant l’eldorado et la société de consommation l’horizon indépassable de l’humanité, il convient donc – c’est un devoir quasi religieux ! – de s’ouvrir au maximum pour faire bénéficier de tous nos bienfaits la planète entière qui ne saurait trouver de voie de salut sans être guidé par nous, « nous » s’exprimant généralement par la plume d’un éditorialiste de Libé ou la voix d’une actrice milliardaire mais « impliquée ».

Il est d’ailleurs « signifiant », comme disent les psychanalystes, de noter que les plus farouches contempteurs de l’idée de frontière se recrutent dans les catégories sociales les plus élevées, les castes aisées qui sont les principales bénéficiaires du règne marchand, cette « hyper-classe » qui confond son nomadisme de luxe, sa dromomanie aseptisée faite de voyages en first class, d’hôtels de charme, de cocktails et de visites de musées, avec l’arrachement et la déculturation, ponctués de drames sans nom, parsemés de cadavres, que représentent les migrations imposées.

L’uranium plus abondant que jamais ?

12/07/2011 – 11h30
NEW DELHI (NOVOpress) –
Un des arguments des écologistes à l’encontre de l’énergie nucléaire est que les faibles réserves mondiales en minerai d’uranium peuvent conduire rapidement à une hausse considérable du coût du combustible si les prévisions d’ouverture de nouvelles centrales viennent à se réaliser.

Le 19 juillet 2011, le président de la Commission de l’énergie atomique de l’Inde a annoncé qu’une étude de quatre années de la mine de Tumalapalli, près de la ville d’Hyderabad, vient de se conclure et révèle que ce site peut contenir 150 000 tonnes d’uranium.

Si ces estimations se confirment, la mine, où les opérations d’extraction vont commencer cette année, sera dotée des plus grandes réserves en minerai d’uranium dans le monde.

Ces dernières années, pour sécuriser les approvisionnements d’un ambitieux programme de développement de l’énergie nucléaire, l’Inde avait conclu des accords d’approvisionnement avec la France, le Kazakhstan et la Russie.

Opérant quatorze centrales (plus huit à caractère militaire), l’Inde envisage l’ouverture de trente nouveaux réacteurs d’ici à 2050 afin que la part de l”énergie nucléaire dans le total de l’énergie produite passe de 3 à 30 % au cours des trente prochaines années.

La découverte des réserves de la mine de Tumalapalli peut se révéler cruciale pour l’approvisionnement du pays en combustible nucléaire et, indirectement, pour contribuer à alimenter le marché international dans lequel la France joue un grand rôle.

Vérité historique : le président Allende s’est bien suicidé

Vérité historique: le président Allende s'est bien suicidé

20/07/11 – 10h00
SANTIAGO (NOVOpress)
– C’est un rapport médico-légal officiel qui met un terme à des années de controverses, d’assertions et d’affirmations souvent plus idéologiques qu’historiques.

Le service médico-légal chilien a en effet confirmé que l’ex-président socialiste Salvador Allende (photo) s’est suicidé le jour du coup d’Etat militaire (cornaqué par la CIA) du 11 septembre 1973.

C’est un membre de la famille du défunt, dont la dépouille avait été exhumée pour expertise, qui a révélé cette information.

“La conclusion est la même que celle de la famille Allende. Le président Allende, le 11 septembre 1973, alors qu’il se trouvait dans des circonstances extrêmes, a pris la décision de se suicider plutôt que d’être humilié ou de subir toute autre chose”, a déclaré la fille de l’ex-président, Isabel Allende.

Allemagne : quand l’extrême gauche s’en prend à la Bundeswehr

Allemagne : quand l'extrême gauche s'en prend à la Bundeswehr

19/07/2011 – 17h30
BERLIN (NOVOpress) — Les attaques de plus en plus fréquentes dont l’armée fédérale allemande est la cible de la part de militants de gauche “dure” fournissent la preuve de la propension évidente à la violence de la part de l’extrême-gauche.

Le Bureau fédéral de la police criminelle allemande (BKA, Bundeskriminalamt) a en effet alerté les autorités sur la possibilité d’actes de sabotage venant à frapper l’armée fédérale allemande, dans un rapport circonstancié constatant que l’extrême-gauche fait preuve d’un « niveau d’agressivité élevé » et d’un « faible seuil d’inhibition » par rapport à l’usage de la violence depuis quelques mois.

Le quotidien régional rhénan Rheinische Post fait état de plus de 84 actes de sabotage commis sur des véhicules privés et des véhicules de service, dont les dégradations vont jusqu’à mettre la vie des personnes en danger. Des mises en garde dans ce sens ont déjà été adressées aux membres du personnel de l’armée fédérale ainsi qu’à des employés civils. L’hebdomadaire Junge Freiheit n’hésite pas à parler d’attentats, dont les motifs seraient politiques.

Des camionnettes et des minibus avaient été la cible d’incendies criminels à Rostock au mois de mai. Une attaque du même acabit avait, en 2009, détruit 42 bus à Dresde en provoquant au passage un sinistre pour un montant de 3 millions d’euros au moins. Trois activistes d’extrême-gauche membres d’un groupe de militants qualifié “d’association de malfaiteurs”, ont été condamnés en 2007 pour des faits similaires, à des peines de prison allant de trois ans à trois ans et demi.

Cancer : le président Chavez n’est pas tiré d’affaire

Cancer : le président Chavez n'est pas tiré d'affaire

19/07/11 – 13h40
CARACAS (NOVOpress)
Ce matin, dans les colonnes du quotidien de Caracas La Razon, Luis Felipe Colina a fait exploser le secret médical entourant la maladie du chef de l’État vénézuélien. Le journaliste révèle que le président Chavez soufre d’un cancer du colon sigmoïde (anus et du rectum) au stade C (envahissement ganglionnaire) de la classification de Dukes. Cette maladie entraîne une chimiothérapie à fortes doses d’une durée d’au moins six mois. Selon les statistiques médicales, Hugo Chavez a 65 % de chances de survivre plus de cinq ans à ce traitement de choc.

Le cancer avait été détecté et identifié en mai dernier lors d’un examen de routine dans l’hôpital anticancéreux Antonio Machado et confirmé par l’Hospital Clinicas de Caracas.

Toutefois, pour des raisons politiques, le président du Vénézuéla est arrivé à Cuba le 11 juin dernier pour subir une opération chirurgicale. Les biopsies pratiques après l’opération, non seulement ont confirmé le cancer, mais ont également détecté trois ganglions péricoliques.

Une infection s’étant déclarée au cours de l’opération, les Cubains ont fait venir de toute urgence le chirurgien espagnol Luis Garcia Sabrido, chef de service à l’hôpital Gregorio Marañon de Madrid. Dès son arrivée, le praticien madrilène a pratiqué une colostomie médiane pour permettre la lutte contre l’infection dans les parties atteintes de l’intestin.

Selon les médecins spécialistes vénézuéliens, en ne pratiquant pas une colostomie au cours de la première intervention chirurgicale, les Cubains ont contribué à la dissémination du cancer et amoindri les chances de survie du patient.

Berlusconi débloque 200 millions pour l’immigration clandestine

Berlusconi débloque 200 millions pour l’immigration clandestine [cc] crédit photo : Sicilia Today

19/07/2011 – 12h30
ROME (NOVOpress) – L’Italie est au bord de la faillite. Le gouvernement vient de faire adopter un plan d’austérité draconien, qui prévoit notamment un ticket modérateur de 10 euros sur les consultations médicales, le gel des salaires dans la fonction publique, une importante réduction des dotations des collectivités locales… Les déductions fiscales, en particulier pour les enfants à charge, vont être très fortement plafonnées, ce qui va se traduire par une augmentation de la pression fiscale de l’ordre d’1,2% du PIB.

Le patrimoine historique est à l’abandon, les maisons de Pompéi s’effondrent faute d’entretien. La semaine dernière, l’Institut national des statistiques a annoncé que la pauvreté touchait désormais 2 millions 734 000 familles, 11% des familles, soit 8 millions 272 000 personnes, 13,8% de la population italienne.

Mais le gouvernement italien sait trouver de l’argent quand il s’agit des immigrés clandestins. Une ordonnance de Silvio Berlusconi, publiée aujourd’hui au Journal Officiel, a débloqué 200 millions d’euros « pour faire face à l’urgence migratoire ». La mesure, proposée par le chef de la Protection civile, Franco Gabrielli, chiffre à un total de 728 millions d’euros l’ensemble des ressources qui seront nécessaires pour l’immigration clandestine jusqu’au 31 décembre 2011. 40 millions d’euros sont destinés à la mise en œuvre de l’accord avec la Tunisie. 50 millions sont affectés au « commissaire délégué à l’urgence migratoire », M. Gabrielli soi-même. Les associations immigrationnistes et les multinationales qui se partagent le juteux business des centres d’accueil peuvent se frotter les mains.

L’ordonnance autorise aussi, entre autres, l’emploi de vingt militaires pour « concourir au rétablissement et au maintien des conditions hygiéniques sanitaires sur le territoire de l’île de Lampedusa compromises par le flux migratoire exceptionnel qui s’est vérifié durant l’état d’urgence humanitaire ».

N’y a-t-il vraiment, face à l’invasion de l’Europe, pas d’autre mission à confier à l’armée que de ramasser les ordures des clandestins ?

[box class=info]Photo sous licence creative commons – Sicilia Today[/box]

Serons-nous obligés de couler des sous-marins « Made in France » ?

Serons-nous obligés de couler des sous-marins « Made in France » ?

19/07/11 – 07h00
BRASILIA (NOVOpress)
– Le samedi 16 juillet 2011, la présidente du Brésil Dilma Rousseff a donné le coup d’envoi au programme franco-brésilien de construction de quatre sous-marins d’attaque conventionnels. Cet important effort d’armement naval aura dans les années à venir de profondes implications géostratégiques qui ont certainement échappé au ministre de la Défense français présent à la cérémonie. En lançant le programme de construction de sous-marins d’attaque français de la classe Scorpène (photo), le Brésil modifie largement les rapports de force en cours dans l’Atlantique sud. L’ère de l’impuissance maritime des nations du sud du continent américain s’achève.

Si à court terme, la présidente brésilienne ne voit dans ce programme qu’«un nouveau pas vers le statut de pays développé, avec une industrie sophistiquée », insistant sur les retombées technologiques et industrielles qu’apportera le transfert de technologie accepté par la France, il est indubitable qu’une flotte de sous-marins d’attaque dernier cri au sud de la base anglo-américaine de l’Ascension, change radicalement la donne. Le premier des quatre sous-marins à propulsion classique sera opérationnel en 2017, la livraison des autres s’échelonnera jusqu’en 2023. Selon la Direction des constructions navales : « Les Scorpène, d’une longueur d’environ 75 mètres, sont des sous-marins océaniques polyvalents conçus pour tous types de missions, y compris la lutte contre les navires de surface, la guerre anti-sous-marine, les opérations spéciales et le recueil du renseignement ».

Comme le déclare le gouvernement brésilien, ces premiers sous-marins à propulsion classique sont le galop d’essai pour la mise en chantier des Sous-Marins d’attaque à propulsion nucléaire (SNA) à partir d’une base technologique fournie par la France. L’objectif du Brésil est qu’une trentaine d’entreprises brésiliennes, mobilisant 9000 personnes, soit en mesure de produire le maximum des 36 000 pièces du gigantesque puzzle technologique que représente un sous-marin d’attaque.

Le choix du Scorpène, dernier-né des sous-marins océaniques conventionnels français, n’est guère étonnant. Il est capable d’effectuer tout type de mission imaginable pour un sous-marin, il peut tout aussi bien chasser d’autres sous-marins, mettre en œuvre des commandos ou encore faire du recueil de renseignement. Il dispose d’une autonomie en plongée de plus de trois semaines.

Les nouvelles venues du Brésil ont suscité une forte inquiétude à Londres où le déclin accéléré de la Royal Navy contraste fortement avec la montée en puissance du Brésil. Il n’est pas besoin de pousser bien loin l’analyse pour comprendre les craintes des Britanniques.

Durant la guerre des Malouines en 1982, un seul SNA anglais, le HMS Conqueror, avait suffi à  consigner la flotte de surface argentine dans ses ports, assurant ainsi à peu de frais une maîtrise totale de l’Atlantique sud à la Royal Navy.

Or, le programme d’armement brésilien a une dimension lourde de menaces pour la souveraineté britannique de l’archipel contesté. La chaudière nucléaire qui propulsera le premier SNA brésilien résultera d’une coopération entre le Brésil  et l’Argentine car ce dernier pays a une avance notable dans ce domaine. Cette entraide militaire est complétée par un soutien diplomatique. Brasilia appuie sans faiblir les revendications de Buenos Aires sur l’archipel des Malouines. En janvier 2011, un navire de soutien anglais en route vers les Malouines s’est vu refuser l’autorisation d’accoster dans un port brésilien.

A Londres , l’Amirauté envisage déjà des scénarios catastrophe. Par exemple, un gouvernement argentin réussit à envahir une nouvelle fois les Malouines en se jouant de défenses britanniques très affaiblies. Le Brésil par solidarité américaine se range aux côtés de la république du Plata et mobilise sa marine. En quelques jours, ses sous-marins d’attaque prennent la mer.

La Royal Navy, sans porte-avions, manquant de navires de surface, privé du soutien des États-Unis, se retrouve dépourvue pour se lancer à la reconquête des îles. Ne pouvant accepter une défaite sans combattre, Londres requiert l’aide de Paris.  La France, embarquée dans des programmes de coopération militaire ambitieux avec le Royaume-Uni, ne peut refuser cette demande d’aide et accepte de fournir des moyens aéronavals à son nouvel allié.

Voilà comment, sans l’avoir prévu au départ, la France peut, à partir de 2017, se retrouver à combattre des sous-marins dont elle aura avec soin supervisé la construction.

Selon l’ancien Premier ministre britannique John Major, l’indépendance écossaise est possible

Selon l'ancien Premier ministre britannique John Major, l'indépendance écossaise est possible

18/07/2011 – 21h30
LONDRES (NOVOpress Breizh)
– Le succès du Scottish National Party aux récentes élections britanniques fait évoluer les réflexions des politiques, en particulier chez les Conservateurs. Mais l’Union européenne pourrait voir d’un mauvais œil les projets séparatistes.

John Major en 1996 ; il était alors Premier ministre du Royaume Uni.Imaginerait-on la déclaration suivante dans la bouche d’un Lionel Jospin ou d’un Jacques Chirac : « Pourquoi ne pas régionaliser toutes les responsabilités hormis les affaires étrangères, la défense et la direction de l’économie ? Pourquoi ne pas laisser à la Bretagne une plus grande marge de liberté fiscale pour financer ses politiques et, corrélativement, abolir les enveloppes budgétaires actuelles, réduire le nombre d’élus bretons à l’Assemblée nationale et alléger la charge législative du Palais Bourbon ? »

Remplacez « Bretagne » par « Écosse » et vous aurez la position exprimée par John Major (photo), Premier ministre britannique de 1990 à 1997, devant la Ditchley Foundation, le 9 juillet dernier. Du temps où il dirigeait le gouvernement de Sa Majesté, Major, chef du parti Conservateur, refusait la « dévolution » de pouvoirs à l’Écosse, au Pays de Galles et à l’Irlande du Nord. Il reconnaît à présent qu’il avait tort. « Les séparatistes, dit-il, sont de fiers Scots qui pensent que l’Écosse peut se gouverner elle-même : sur ce plan, ils ont sûrement raison. »

Major n’est pas devenu pour autant un partisan de l’indépendance écossaise. « Ce serait une folie, assure-t-il. Mais si les Écossais la veulent vraiment, l’Angleterre ne peut pas – et ne doit pas – la leur refuser. » Parmi les obstacles qu’il cite, l’un mérite d’être noté. L’Écosse pense-t-il, aurait du mal à se faire admettre par l’Union européenne « car des pays comme l’Espagne – qui craint de perdre la Catalogne – ne verraient sans doute pas les séparatistes d’un bon œil ».

Proche-Orient : la Syrie reconnaît l’Etat palestinien

Proche-Orient : la Syrie reconnaît l'Etat palestinien

18/07/11 – 19h00
DAMAS (NOVOpress)
– La Syrie reconnaît un État palestinien avec la frontière du 4 juin 1967, en vigueur avant la guerre israélo-arabe de 1967 et ayant Jérusalem-est pour capitale.

C’est ce qu’a officiellement annoncé aujourd’hui le ministère syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem.

Par ailleurs, le ministre a indiqué que la Syrie traitera désormais le bureau de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) à Damas comme une ambassade.

Face à l’échec répété des négociations de paix, les Palestiniens souhaitent débloquer la situation en demandant à l’ONU l’admission d’un État de Palestine. Une perspective bien évidemment rejetée par Israël et son indéfectible allié Washington, qui a déjà annoncé son intention d’y opposer son veto.

La demande d’adhésion des Palestiniens à l’ONU sera soumise par la Ligue arabe comme l’a annoncé jeudi à Doha, le chef de l’organisation panarabe, Nabil al-Arabi.

Les nationalistes hongrois du parti Jobbik remportent l’élection municipale partielle de Gyöngyöspata

Les nationalistes Hongrois du parti Jobbik remportent l’élection municipale partielle de Gyöngyöspata

18/07/2011 – 17h30
BUDAPEST (NOVOpress) – Petite ville de 2500 habitants située au nord-est de Budapest, Gyöngyöspata a été évoquée dans les médias du monde entier ces derniers mois : après plusieurs assassinats commis par des personnes issues de l’importante communauté Rom, des milices civiles liées pour certaines d’entre elles au parti Jobbik étaient venues défiler à Gyöngyöspata et y assurer l’ordre et la sécurité.

Gyöngyöspata
Gyöngyöspata

La communauté rom avait même été un temps déplacée du village, en raison de la tenue d’un camp d’entraînement paramilitaire d’une autre milice, Véderő, non liée au Jobbik (en Hongrie, les milices civiles municipales sont autorisées ; elles n’existent toutefois que là où elles ont leur utilité… en particulier dans le nord-est du pays).

Ces événements avaient provoqué des réactions politiques et une campagne médiatique extraordinaire autour de ce village, les médias ne cessant d’évoquer d’effroyables milices d’extrême droite venues terroriser les Roms, mais se gardant bien de mentionner l’épouvantable insécurité régnant à Gyöngyöspata.

La succession d’événements a ainsi amené le maire à démissionner, provoquant ainsi une élection municipale anticipée, qui a eu lieu ce dimanche 17 juillet 2011.

À la surprise générale des médias, c’est Oszkár Juhász, le candidat du Jobbik qui l’a assez largement emporté, avec 33% des votes, devançant le maire-adjoint sortant soutenu par le Fidesz (actuellement au pouvoir) qui a receuilli 26% des voix. Le leader de la milice nationaliste Véderő a quant à lui reçu plus de 10% des voix.

Les nationalistes Hongrois du parti Jobbik remportent l’élection municipale partielle de Gyöngyöspata
Les nationalistes Hongrois du parti Jobbik remportent l’élection municipale partielle de Gyöngyöspata

Cette nette victoire du Jobbik a montré le décalage conséquent qui peut exister entre une présentation médiatique extrêmement partiale des événements, et la réalité du vécu quotidien de la population. C’est aussi une grande avancée au niveau national pour le Jobbik, tandis que certains observateurs politiques prédisaient que l’exercice du pouvoir par les conservateurs du Fidesz amoindrirait le poids politique des nationalistes.

Juste après sa victoire, Oszkár Juhász, qui n’a cessé de recevoir applaudissements et accolades tout au long de la soirée, a déclaré à la presse qu’il s’emploierait “à débarrasser sa commune de l’insécurité et à rétablir la concorde civile entre tous les habitants de Gyöngyöspata (sous-entendu entre Hongrois et Roms), et que tous ceux désireux de s’insérer et de travailler auraient leur chance.”

[box class=”info”]Photos : barikad.hu[/box]

Libye : David Lasar, membre du FPÖ, est allé rendre visite à Kadhafi

Libye : David Lasar, membre du FPÖ, est allé rendre visite à Kadhafi

18/07/2011 – 14h30
VIENNE (NOVOpress) – « Die Presse » a rapporté samedi que le conseiller viennois FPÖ David Lasar se serait rendu en Lybie à la demande du chef du Parti autrichien de la liberté, Heinz-Christian Strache. « Je ne suis pas le genre d’homme politique à rester le nez plongé dans ses dossiers, j’aime aller au contact » a déclaré l’intéressé au journal dans le cadre d’une interview.

Le conseiller municipal de la ville de Vienne a donné le 15 juillet dernier une conférence de presse dans la capitale libyenne, au cours de laquelle il a, au nom de Heinz-Christian Strache, exhorté l’OTAN à mettre fin à ses bombardements. « Les belligérants doivent s’asseoir à une table de négociation pour trouver une solution. Les bombardements peuvent continuer encore longtemps, Tripoli ne tombera jamais sans le déploiement de troupes au sol ».

L’émissaire du FPÖ serait d’abord passé par la Tunisie avant de gagner la Libye par la route. Saïf al-Islam Kadhafi lui aurait assuré entre quatre yeux qu’il était prêt à négocier avec l’OTAN, a déclaré M. Lasar. Le fils de Mouammar Kadhafi aurait exigé en échange du représentant du FPÖ la fin des bombardements aériens sur les troupes fidèles au régime libyen.

Lasar a déclaré à « Die Presse » avoir été horrifié par les attaques de l’OTAN. « Les destructions dont l’OTAN s’est rendue coupable ici sont inimaginables ». Il s’est proposé pour jouer le rôle de médiateur.

Une brève rencontre seulement

Saïf al-Kadhafi se serait, selon « Die Presse », montré particulièrement curieux de savoir pourquoi un visiteur venant de Vienne a entrepris un voyage aussi périlleux pour venir en Libye. L’entretien avec le fils Kadhafi aurait été très bref. « Il bouge sans cesse afin de déjouer les attentats ». Lasar a déclaré ne craindre en rien que son action ne soit instrumentalisée par le régime libyen à des fins de propagande.

L’agence Autrichienne de presse APA n’a pas pu joindre hier soir le Leader du FPÖ Heinz-Christian Strache. Quant au directeur de la section viennoise du FPÖ, Johann Gudenus, il a confié à APA « ne disposer d’aucune information » sur cet événement.

La haine secrète qu’entretient le Pakistan à l’égard de l’Inde

La haine secrète qu'entretient le Pakistan à l'égard de l'Inde

18/07/2011 – 14h30
PARIS (NOVOpress) – Les médias français répètent tant et plus que les musulmans sont compatibles avec la République et que l’islam est une religion comme les autres. Les élites de gauche, comme Emmanuel Todd, reprennent également cette antienne pour dénoncer tous ceux qui contestent l’idéologie officielle de l’assimilationnisme. Comment prouver qu’ils ont tort ? Comment démontrer que la République, machine à fabriquer des Français, est un mythe ? Que le système ne fonctionne, tant bien que mal, que dans la mesure où les Français sont encore majoritaires ?

Une des solutions consiste à se tourner vers des pays qui ont connu des minorités musulmanes puissantes afin de voir si dans ce contexte les musulmans se sont comportés comme de bons citoyens et si l’islam a vraiment été une religion comme les autres.

Dans le Wall Street Journal, l’écrivain indien Aatish Taseer, le fils du gouverneur pakistanais Salman Taseer, récemment assassiné par un islamiste, a publié une intéressante tribune pour expliquer les raisons de la haine que les Pakistanais ressentent à l’égard de l’Inde.

En partant des relations difficiles du fils d’un Pakistanais et d’une Indienne, l’auteur analyse les raisons qui ont conduit à la partition de l’Inde et la création d’un État musulman.

Comme avant lui V. S. Naipaul dans son livre Crépuscule sur l’Islam puis Jusqu’au bout de la foi, Aatish Taseer met en lumière l’impossibilité pour les musulmans de se contenter d’être une religion parmi les autres. En Inde, dès 1930, écrit-il, les musulmans ont désiré la création d’un État à eux où ils pourraient vivre selon les préceptes de leur religion. En dépit de leurs divergences, les musulmans soutenant ce projet s’accordaient au moins sur un point : ce nouvel état ne serait ni pluraliste ni tolérant.

La partition, finalement acceptée et mise en pratique par les Britanniques en août 1947, s’est vite transformée en drame car les musulmans ne voulaient pas de non musulmans parmi eux. Cette politique de nettoyage ethnique a conduit à l’exode massif d’hindous et autres minorités vers l’Inde qui à son tour a suscité des violentes représailles.

Le nouvel État, islamiquement pur, a cherché par tous les moyens à se détacher de la culture du sous-continent indien. De la manière de s’habiller aux fêtes populaires, tout se qui rappelait l’Inde d’avant la partition a été suspecté d’impureté. Pour effacer ce passé rejeté, le Pakistan a voulu à se doter d’une nouvelle culture purement musulmane en cherchant son inspiration dans le monde arabe.

Malheureusement, s’il était possible d’ignorer le passé commun avec l’Inde, il était difficile de faire abstraction de l’immense voisin infidèle, innondant la société pakistanaise de ses productions culturelles, de ses chanteurs populaires aux films produits à la chaîne par Bollywood.

La faillite de l’État pakistanais, incapable de gérer pacifiquement une seule transition politique, contrastait puissamment avec la vigoureuse démocratie indienne. La croissance de l’Inde à partir des années 1990 a choqué un Pakistan englué dans une interminable faillite économique. Aatish Taseer insiste sur le mal être des Pakistanais, forcés d’admettre la réussite économique et culturelle d’un voisin qu’ils abhorrent parce que sa seule existence est un affront à leur religion.

Cette détestation de l’Inde imprègne toute la société pakistanaise, de ses élites éduquées aux classes les moins instruites. Elle explique la complaisance des autorités pakistanaises à l’égard des terroristes islamistes qui frappent en Inde, pas plus tard que le 13 juillet dernier à Mumbai. La lecture de l’analyse de Aatish Taseer doit nous inciter à reconsidérer l’analyse des populations musulmanes qui résident en France à la lumière de l’expérience des pays comme l’Inde qui nous ont précédés dans cette douloureuse expérience.

Ce sont des hommes comme Aatish Taseer ou V. N. Naipaul qui peuvent dessiller les yeux des Européens. Encore faut-il que nos compatriotes aient le courage de sortir la tête du sable. Le livre de Aatish Taseer dans lequel il relate son expérience personnelle, Étranger à mon histoire, a été publié en 2009 par Buchet-Chastel.

Un adolescent « britannique » tué à la tête d’une unité islamiste en Somalie

Un adolescent « britannique » tué à la tête d’une unité islamiste en Somalie

18/07/2011 – 13h00
LONDRES (NOVOpress)  — L’information est disponible depuis une semaine mais elle était passée inaperçue jusqu’à ce que le Sunday Mirror, édition dominicale du tabloïd Daily Mirror, lui consacre un article hier.

Le 11 juillet, le forum islamiste Ansar al-Mujahideen English Forum a publié un long message en anglais par « le frère moudjahid Abu Yaser al-Maqdishy », qui exalte les combattants islamistes tombés en Somalie et exhorte tous les musulmans à venir les remplacer. Au milieu d’appels ressassés au djihad contre tous les ennemis d’Allah, « les sionistes et les croisés », on trouve un passage sur « les nombreux pionniers du Tawhid » qui « sont partis avec un aller simple pour le paradis promis ». « L’un d’entre eux était un frère adolescent qui renonça à profiter de sa jeunesse parmi les plaisirs du Royaume Uni. Il décida de chercher les plaisirs d’Allah et l’appréciation de Sa divine Majesté pour son combat, c’est pourquoi il émigra vers la région du djihad somalien, reçut un entraînement, combattit, et fut finalement tué au service de son Bien Aimé, Allah, le Glorifié et l’Exalté. Il était le chef de notre unité, mais ce n’était pas un chef ordinaire. »

Le Mirror qualifie Abu Yaser al-Maqdishy de « seigneur de la guerre d’Al-Qaida », et affirme qu’« Al-Qaida a refusé de donner plus de détails pour essayer d’empêcher les forces de sécurité britannique de mener une enquête ». Mais « la Somalie est devenue le plus grand camp d’entraînement mondial pour terroristes et les experts estiment qu’il y a actuellement une centaine de Britanniques qui s’y entraînent et y combattent ».

Le Mirror n’est certes pas une source bien fiable, mais les télégrammes diplomatiques Wikileaks, analysés par le beaucoup plus sérieux Daily Telegraph, avaient révélé en février que la Somalie était en passe de remplacer le Pakistan comme centre de formation des terroristes islamiques (à passeports) britanniques. Le gouvernement anglais prend très au sérieux le risque d’attentats terroristes de la part de « Somaliens britanniques » radicalisés, partis en Somalie pour y recevoir « endoctrinement et formation » puis rentrés en Grande-Bretagne pour se livrer au terrorisme. Bon nombre d’habitants de la région sont titulaires d’un passeport britannique. Beaucoup de jeunes « Somaliens britanniques » sont envoyés sur place par leurs familles pour les « redresser ». « On croit en outre qu’il y a une certaine activité de “tourisme djihadique” en Somalie du Sud de la part de citoyens britanniques d’origine ethnique somalienne ».

C’est dans ce contexte que la Cour européenne des droits de l’homme vient d’interdire au Ministère de l’Intérieur britannique de renvoyer dans leur pays deux criminels somaliens, Abdi Sufi, 24 ans, qui a fait l’objet d’au moins dix-sept condamnations pour, entre autres, cambriolage, fraude, exhibitionnisme et menaces de mort depuis son entrée illégale au Royaume Uni, il y a huit ans, et Abdiaziz Elmi, 42 ans, condamné à de multiples reprises pour trafic de drogue et vol. Selon la Cour européenne des droits de l’homme, renvoyer ces individus en Somalie serait une violation de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme qui interdit « les traitements inhumains ou dégradants ». La raison invoquée est que la Somalie « est un pays trop dangereux pour qu’on les y renvoie » bien que le Ministère de l’Intérieur britannique ait fait remarquer qu’il y avait des parties de la Somalie où les deux hommes pouvait vivre en sécurité.

Le jugement va faire jurisprudence pour 214 autres Somaliens, dont les deux-tiers sont des criminels, qui avaient fait appel contre leur expulsion, et qui vont donc pouvoir rester paisiblement en Grande-Bretagne.
À moins que certains n’entendent l’appel au djihad du frère moudjahid Abu Yaser al-Maqdishy ?

Israël : Arvidgor Lieberman soupçonné de blanchiment d’argent

Israël : Arvidgor Lieberman soupçonné de blanchiment d’argent - [cc] crédit photo : Ârlietu ministrija

18/07/11 – 11h30
TEL AVIV (NOVOpress)
– Le très extrémiste ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman est actuellement soupçonné de blanchiment d’argent. Dans cette affaire, il devrait être prochainement entendu par le procureur général de l’Etat d’Israël.

Les discussions sont actuellement en cours pour fixer la date de cette audience, mais en principe M. Lieberman devrait s’expliquer en fin décembre prochain devant le procureur général, Yehouda Weinstein.

C’est en avril dernier que M. Weinstein a annoncé qu’il envisageait de poursuivre M. Lieberman, chef du parti ultra-nationaliste Israël Beiteinou, pour blanchiment d’argent, subornation de témoins, abus de confiance et des fraudes diverses. Pour ces faits, les peines encourues dépassent les 10 ans de réclusion.

Cependant, pour ne pas gêner le travail et la « cohésion » du gouvernement », certains observateurs affirment que les poursuites pourraient être repoussées jusqu’en avril 2012. M. Lieberman a assuré qu’il démissionnerait s’il était inculpé.