Clandestins tunisiens : nouvelle émeute au Centre d’accueil de Brindisi, 11 policiers blessés

Clandestins tunisiens : nouvelle émeute au Centre d’accueil de Brindisi, 11 policiers blessés

01/10/2011 – 16h15
BRINDISI (NOVOpress) — Après Lampedusa, Brindisi, ou de l’art d’éteindre un incendie pour le rallumer ailleurs. En transférant les Tunisiens de Lampedusa dans d’autres centres d’accueil, le gouvernement italien n’a fait que déplacer l’émeute.

Il y a dix jours, 62 clandestins s’étaient déjà enfuis du Centre d’identification et d’expulsion de Restinco, à côté de Brindisi, en arrachant les grilles et en défonçant le portail. Il ne semble pas qu’ils aient été retrouvés. On avait rempli à nouveau le centre avec 84 clandestins, tous en provenance de Lampedusa. Ils se sont révoltés avant-hier soir, en poussant ce que les journalistes italiens appellent « leur cri habituel de “Liberté, liberté” » – c’est beau la francophonie.

Outre la police, une unité anti-émeutes a dû intervenir. 18 Tunisiens ont ensuite profité de la nuit pour s’enfuir : ils ont arraché les portes, qu’ils ont utilisées pour forcer un passage dans la clôture. Cinq ont été retrouvés hier, les autres étaient encore recherchés dans les campagnes autour de la ville. On compte 11 blessés parmi les forces de l’ordre.

Comme l’explique avec complaisance le journaliste du Nuovo Quotidiano di Puglia, « ce qui pèse sur ces émeutes à répétition, c’est malheureusement l’expulsion : tous les hôtes du centre savent que, après six mois de résidence, on retourne à la maison. Le quitte ou double pour la communauté tunisienne consiste donc à chercher la liberté par la fuite, en déchaînant comme hier une sorte d’enfer. […] Mais peu leur importe, puisqu’ils savent que derrière ces grilles, il y a la liberté, un ami ou un parent qui les attend en France ou en Allemagne ».

[box class=”info”]Sources : www.ansa.it et www.quotidianodipuglia.it[/box]

Passation de pouvoir Poutine/Medvedev, Par Xavier Moreau [tribune libre]

Passation de pouvoir Poutine / Medvedev. Par Xavier Moreau

Dimitri Medvedev a invité Vladimir Poutine à devenir le prochain Président de la Fédération de Russie. De son côté, Vladimir Poutine a invité Dimitri Medvedev à devenir le Président du “Front Populaire”, le mouvement qui doit représenter “Russie Unie” aux élections de la Douma. Les lecteurs de Realpolitik ne sont sans doute pas surpris par cette annonce. Nous avions il y a juste un an expliqué que le conflit Poutine Medvedev n’avait aucune réalité, mais qu’il correspondait au secret espoir des atlantistes, désespérés devant le retour de la puissance russe.

Passation de pouvoir Poutine / Medvedev. Par Xavier MoreauLa presse occidentale emploie désormais un ton à la limite du mépris pour Dimitri Medvedev, dont elle ne pardonne pas la loyauté vis-à-vis de Vladimir Poutine. Le dernier en date, celui d’Arnaud Kalika  est un modèle du genre, mélangeant allègrement considérations psychologiques et touristiques sur la Russie et ses dirigeants.

En épargnant à la Russie un affrontement au sommet de l’État, Dimitri Medvedev a démontré qu’il était de la même trempe que son mentor. Vladimir Poutine renonça lui aussi à la présidence, il y a quatre ans, estimant que la consolidation des institutions russes était plus importante que son ambition personnelle.

Avec cette annonce, Poutine et Medvedev procurent à la Russie cette stabilité politique, sans laquelle aucune des réformes menées depuis 2000 n’auraient pu être réalisées. C’est d’ailleurs la poursuite de ces réformes qui constituera le grand défi de la nouvelle Présidence de six ans de Vladimir Poutine.

Source : Realpolitik.tv

[box class=”info”] Xavier Moreau : Saint-Cyrien et officier parachutiste, titulaire d’un DEA de relations internationales à Paris IV Sorbonne, spécialisé sur les relations soviéto-yougoslaves pendant la guerre froide. Fondateur d’une société de conseil en sûreté des affaires, installé en Russie depuis 10 ans, travaillant également sur l’Ukraine, le Kazakhstan et la Serbie. [/box]

[box] Photo : Dmitri Medvedev prête serment à la Constitution après son élection à la présidence en 2008. Source de la photo : www.kremlin.ru, licence CC.[/box]

Le PVV de Geert Wilders s’insurge contre l’immixtion de la Turquie dans l’élaboration des normes européennes

Le PVV de Geert Wilders s'insurge contre l'immixtion de la Turquie dans l'élaboration des normes européennes

29/09/2011 – 16h30
AMSTERDAM (NOVOpress via Lionel Baland) –
Le PVV de Geert Wilders (Pays-Bas) en vient à se demander si “la Commission européenne a perdu la raison”.

En effet, dans un communiqué, le PVV avance : “Ce mercredi 28 septembre 2011, le ministre Turc des affaires étrangères et le négociateur de l’Union européenne, Egemen Bagis, ont fait savoir, lors d’une conférence de presse, que la Turquie et l’Union européenne ont atteint ensemble une étape. Les bureaucrates turcs obtiennent de nouveau une influence dans l’introduction des lois européenne. Cela aidera, selon Egemen Bagis, à écarter la mauvaise image de l’entrée de la Turquie au sein de l’Union européenne.”

Ce qui a entraîné la réprobation de Geert Wilders et de Barry Madlener, chef de file des élus du PVV au sein du parlement européen.

Irlande : le gouvernement britannique propose d’indemniser les familles des victimes du Bloody Sunday

Irlande : le gouvernement britannique propose d’indemniser les familles des victimes du Bloody Sunday

29/09/2011 – 10h00
LONDRES (NOVOpress Breizh) – Admettant avoir commis une « erreur », le ministère de la Défense britannique a annoncé jeudi dernier son intention d’indemniser les familles des victimes du «Bloody Sunday». Une offre qui a peu de chance d’être acceptée par la majorité de celles-ci
.

Le dimanche 30 janvier 1972, à Derry, en Irlande du Nord, l’armée britannique avait ouvert le feu sur des Irlandais catholiques qui manifestaient en faveur des droits civiques et pour dénoncer la détention sans procès de membres présumés de l’Armée républicaine irlandaise (IRA). La fusillade avait fait 14 morts et 13 blessés. Une commission d’enquête s’était empressée de blanchir l’armée britannique en concluant que celle-ci avait répondu à des tirs de l’IRA provisoire.

Une nouvelle commission d’enquête, créée en 1998, a rendu en juin 2010 un rapport de 5000 pages, selon lequel l’Armée britannique est bien responsable de l’ouverture du feu sans sommation. Des tirs injustifiés dans la mesure où les manifestants catholiques n’étaient pas armés. Après la publication de ce document, le Premier ministre britannique avait présenté des excuses officielles aux familles des victimes. «Ce qui s’est passé lors du Bloody Sunday est à la fois injustifié et injustifiable», avait déclaré David Cameron devant Parlement. «Pour cela, au nom du gouvernement, et au nom du pays tout entier, je suis profondément désolé».

Jeudi dernier, le ministère de la Défensea réaffirmé que l’armée avait commis une « erreur » en tirant sur les manifestants et que le gouvernement était «profondément désolé». «Nous sommes en contact avec les avocats des familles et nous verserons des indemnités à chaque fois qu’il y aura juridiquement lieu de le faire», a –t-il précisé dans un communiqué.

Certaines familles ont déjà fait savoir qu’elles ne souhaitent pas recevoir de compensation financière, demandant seulement que les soldats responsables des tirs soient jugés. «C’est écœurant, c’est insultant», a déclaré à la BBC la sœur de William Nash, un catholique de 19 ans tué dans la fusillade. «En aucune circonstance je n’accepterais de l’argent pour la perte de mon frère. Je trouve cela répugnant, de toucher quelque chose du ministère de la Défense. »

Pour la Syrie, Obama préfère les Frères musulmans

Pour la Syrie, Obama préfère les Frères musulmans

28/09/2011 – 14h00
DAMAS (via Info Syrie) — On le savait, et on l’avait du reste écrit ici (voir l’article Après Israël, Obama vote pour les Frères musulmans en Syrie, mis en ligne le 19 août), mais le quotidien en ligne américain WorldTribune.com – qui traite uniquement des questions internationales – le confirme dans son édition du 26 septembre : l’administration Obama traite directement et prioritairement avec la Confrérie syrienne des Frères musulmans. « Des responsables américains de haut niveau ont rencontre les Frères musulmans syriens ainsi que leurs « lobbystes » aux États-Unis. Ils disent que les deux parties se sont rencontrées plusieurs fois au cours des trois derniers mois pour discuter du rôle de la Confrérie après le renversement du président Bachar al-Assad. »

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Italie : 230 millions d’euros supplémentaires pour l’immigration clandestine

Italie : 230 millions d’euros supplémentaires pour l’immigration clandestine

28/09/11 – 08h00
ROME (NOVOpress) –
C’est le tonneau des Danaïdes. Après les 200 millions d’euros du 19 juillet, une nouvelle ordonnance de Silvio Berlusconi, publiée hier au Journal Officiel, a débloqué 230 millions  « pour faire face à l’urgence migratoire » en Italie. 46 millions iront aux centres d’accueil (entre autres pour reconstruire ceux que les clandestins ont brûlés ou dévastés). 38 millions sont destinés à « faire face aux charges supplémentaires » liées à la mise en œuvre de l’accord italo-tunisien du 5 avril dernier – vous savez, l’accord conclu par Robert Maroni pour « fermer le robinet » de l’immigration clandestine.

77,8 millions ont été affectés au commissaire délégué à l’urgence migratoire et chef de la Protection civile, Franco Gabrielli.
 9 millions d’euros sont destinés à « augmenter la capacité des structures d’accueil du système de protection des demandeurs d’asile et des réfugiés » – mais le robinet est fermé, on vous l’assure ! 6,1 millions d’euros sont pour la Garde côtière, c’est-à-dire pour les opérations de secours aux clandestins.

Les chiffres paraissent vertigineux mais, à raison d’un paquet de cigarettes par clandestin et par jour, à deux euros, une carte téléphonique de cinq euros tous les dix jours, le savon, les vêtements et, naturellement, trois repas par jour, l’argent file vite. La coopérative « Lampedusa accueil », qui a dépensé 450.000 euros en 9 mois rien qu’en cigarettes, s’est justifiée en expliquant qu’elle avait fait marcher l’économie locale puisqu’elle avait servi aux clandestins 650.000 repas, pour la plupart préparés sur place, et donné du travail à 130 personnes. Le PDG Cono Galipò a averti que, avec l’évacuation des clandestins, ce pactole risquait de se tarir : « À moins de nouvelles arrivées en masse, nos 80 contrats à temps indéterminé ne seront pas renouvelés ». Mais, si le business de l’invasion est peut-être fini à Lampedusa, il n’en fleurira que mieux dans les autres centres d’accueil !

Ces centaines de millions, dans un pays au bord de la faillite, sont encore trop peu pour les lobbies immigrationnistes. Le Forum social antiraciste, la Confédération générale italienne du travail (équivalent de la CGT), et une pléthore d’associations subventionnées ont porté plainte contre les « irrégularités » à bord des trois bateaux à l’ancre dans le port de Palerme où, nécessité oblige, on a installé les clandestins de Lampedusa après qu’ils eurent incendié leur centre d’accueil. Selon Fulvio Vassallo Paleologo, « enseignant de droit d’asile » à la Faculté de droit de Palerme, « dans les faits, le droit de se défendre et la liberté de communication avec l’extérieur sont refusés aux immigrés sur les bateaux, à l’inverse de ce qui se passe dans les centres d’accueil. Preuve en est qu’on leur a saisi leurs téléphones portables. Nous demandons à la justice de vérifier le respect des procédures prévues pour effectuer les rapatriements ainsi que des dispositions européennes et nationales en matière d’éloignement forcé des étrangers irréguliers ». Le Parquet de Palerme s’est hâté d’ouvrir aujourd’hui une enquête judiciaire. Le Forum antiraciste a déposé en outre une plainte pour violences privées, au motif que certains Tunisiens expulsés avaient eu les mains liées par des bandelettes de plastique pendant le temps de leur transfert à l’aéroport.

Et nous parlons, non seulement d’immigrés clandestins, mais d’immigrés clandestins qui ont mis le feu à leur centre d’accueil (photo en haut de l’article), attaqué la police et transformé toute une ville en champ de bataille. Avant même d’être dans les chiffres, le vertige est dans les esprits. L’Italie officielle tout entière, associations, syndicats, presse, magistrature et gouvernement, a l’esprit de vertige.

6 Serbes blessés par balles au nord du Kosovo [vidéos] [mis à jour 29/9/11]

6 Serbes blessés par balles au nord du Kosovo [vidéos]

27/09/2011 – 23h15
BELGRADE (NOVOpress) — Mardi 27 septembre vers 13h00, la KFOR (OTAN) a ouvert le feu sur la population civile serbe qui manifestait sur les barricades. Du gaz lacrymogène, des balles-gommes ainsi que des balles réelles ont été utilisés.

Depuis que les Albanais du Kosovo tentent de faire tomber la dernière poche de résistance chrétienne serbe au nord (voir ici https://fr.novopress.info/97598/nord-du-kosovo-un-drame-se-joue-sous-nos-yeux/ et ici https://fr.novopress.info/96488/exclusif-comment-les-americains-preparent-l%E2%80%99epuration-des-chretiens-du-kosovo/), la population civile érige des barricades en signe de protestation. Ces barricades bloquent les routes du nord dans le but d’empêcher une prise de contrôle de la zone par Pristina. Face à ce climat d’extrêmes tensions, la KFOR n’a non seulement pas tenté d’apaiser la situation mais l’a bien au contraire aggravée en prenant position du côté des Albanais.

Selon la résolution 1244 de l’ONU, la KFOR dispose d’un rôle purement « militaire » : assurer la paix et la sécurité dans la plus stricte neutralité politique. Sa mission est donc de protéger les populations désarmées des exactions et non de les violenter ! L’intervention brutale de la KFOR pour mater la manifestation pacifique organisée par les civils serbes représente un grave manquement à son devoir de neutralité. En plus d’avoir enfreint la résolution 1244 de l’ONU, la KFOR apporte la preuve par ses actes que c’est bien l’OTAN qui effectue aujourd’hui le travail de police du gouvernement autoproclamé du Kosovo.

Certes, ce n’est pas la première fois que l’OTAN viole le droit international mais, cette fois-ci, c’est également la dignité et l’intégrité physique de milliers de personnes qui ont été violées. Plusieurs centaines de civils exposées aux gaz lacrymogènes, 7 blessés dont 6 par balles, deux personnes hospitalisées en ce moment même… Voilà le sombre bilan de la KFOR pour la journée du 27 septembre 2011.

Alors que le Président serbe, Boris Tadic et le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov ont demandé l’arrêt des violences, l’Union Européenne a quant à elle apporté tout son soutien à la KFOR.

L’ONG française de soutien aux populations serbes du Kosovo, « Solidarité Kosovo », a condamné ces violences en regrettant profondément « le manque d’indépendance des autorités européennes qui ignorent l’enjeu actuel du Kosovo ».

[box class=”info”] Mise à jour du 29/9/2011 :

Une pétition “Stop aux violences contre les chrétiens serbes du Kosovo” a été ouverte ici par Marion Chevtzoff, Présidente de l’ONG “Solidarité Kosovo”. Elle sera remise au Président de la République Française, Nicolas Sarkozy. [/box]

[box]Sources Tanjug, RTS et Glas Srbije.[/box]

L’anti-terrorisme aux portes de la police new-yorkaise : une subsidiarité dangereuse ?

L’anti-terrorisme aux portes de la police new-yorkaise : une subsidiarité dangereuse ?

27/09/2011 – 15h00
NEW YORK (NOVOpress) – Un reportage qui risque de faire grand bruit. Le réseau CBS a en effet diffusé, quelques jours après l’anniversaire du 11 septembre, une émission « 60 minutes » (reportage en anglais, non traduit), où il est question d’armer la police municipale new-yorkaise. Armer la police non pas de pistolets, mais de quoi abattre un avion suspect survolant la Grande Pomme. Ou le glissement de prérogatives habituellement réservées à l’armée fédérale vers la police municipale…

Le chef du service de police de la ville de New York (NYPD) a affirmé que la police municipale serait désormais en mesure d’abattre un avion. Aux questions de savoir si la police de New York disposait de l’équipement et de la formation suffisants pour affronter un tel scénario, le Commissionner Ray Kelly a répondu, nullement embarrassé, par l’affirmative, sans toutefois entrer dans les détails. Cette décision pour le moins inattendue a été prise au lendemain des évènements du 11 septembre 2001 et a été motivée par le fait que la ville de New York ne devrait plus compter dans le futur sur la seule protection du gouvernement fédéral. Ray Kellt tient à rassurer en précisant qu’une telle décision serait prise en cas de dernier recours et réservée aux « situations extrêmes »

Mais il ne s’agit pas d’une mesure unique puisque la police new-yorkaise s’octroie d’autres prérogatives comme l’envoi d’agents à l’étranger, l’utilisation de détecteurs des radiations et la création d’un réseau de surveillance par caméras dans Manhattan.

Un reportage qui devrait certainement hérissé le poil du très laxiste député socialiste Jean-Claude Urvoas dont le cheval de bataille est d’interdire purement et simplement les armes au sein des polices municipales françaises.

Eric Zemmour : “L’éternel retour de Poutine” [vidéo]

Eric Zemmour : "L'éternel retour de Poutine" [vidéo]

26/09/2011 – 17h30
MOSCOU (NOVOpress) – Dans sa chronique d’aujourd’hui sur RTL, Eric Zemmour revient sur le fait que Vladimir Poutine sera le candidat de Russie unie pour l’élection présidentielle de 2012, avec le soutien de l’actuel président de la Fédération de Russie, Dmitri Medvedev.

Selon Eric Zemmour : « Avec Poutine au moins, l’Etat déliquescent a été restauré, la diplomatie russe a retrouvé ses marques, la Russie a repris son attitude traditionnelle de grand frère impérieux avec ses anciennes possessions, l’Ukraïne en tête. Car la Russie est aujourd’hui un pays qui comme Poutine a la nostalgie de sa grandeur passée ».

Lendemains de bataille à Lampedusa

Lendemains de bataille à Lampedusa

24/09/2011 – 15h00
LAMPEDUSA (NOVOpress) — Après l’incendie du Centre d’accueil et la guerre urbaine de mardi et mercredi, où en est le front de l’immigration en Italie ? Lampedusa panse ses plaies, le gouvernement continue à recueillir des clandestins qu’il ne sait pas où mettre, les immigrationnistes sont plus virulents que jamais. Bref, plus ça va mal, plus c’est la même chose.

Lampedusa a été vidée de la plus grande partie de ses clandestins : il n’en restait plus qu’une soixantaine hier soir. Les autres ont été évacués vers la Sicile soit par bateau soit par avion militaire. Le préfet d’Agrigente assure que « nous contrôlons la situation ». L’île célèbre ces jours-ci la fête de Notre-Dame du Bon Port, protectrice des pêcheurs. Symboliquement, c’est l’archevêque de Tunis, Mgr Maroun Lahham, qui est venu célébrer la messe. Dans son homélie, il a rendu hommage aux Lampedusans, demandé aux Tunisiens de « ne pas cracher dans le plat où ils mangent » et souligné que « les hommes sont faits pour vivre ensemble dans l’harmonie ». La conférence des évêques sicilienne a déclaré de son côté que « Lampedusa devait retrouver son calme pour ne pas perdre un précieux patrimoine d’accueil et de compréhension réciproque ». Mais, malgré tous ces bons sentiments, « il y a dans l’île », selon le journaliste du Giornale di Sicilia, « la conscience que, après les affrontements, quelque chose changera fatalement dans les rapports avec les immigrés ». La voiture de Cono Galipò, administrateur de la coopérative « Lampedusa accueil » qui gère le Centre d’accueil a été brûlée dans la nuit de jeudi à vendredi, probablement par des habitants exaspérés.

Les clandestins continuent pendant ce temps à affluer de Tunisie comme si de rien n’était, et le gouvernement italien à organiser leur sauvetage en mer. Mais le Ministère de l’Intérieur n’ose plus les amener à Lampedusa, officiellement déclarée « port non sûr » pour les opérations de secours aux clandestins. Un bateau de 75 Tunisiens qui avait été repéré au large de l’île a donc été escorté hier par les vedettes des gardes-côtes jusqu’à Porto Empedocle, au sud de la Sicile, que le ministre Roberto Maroni destine à devenir le nouveau Lampedusa. Le maire, Calogero Firetto, s’y est dit favorable en principe tout en réclamant « des garanties adéquates pour la communauté locale afin que cela ne se transforme pas en drame dans le drame ».

La Tunisie n’acceptant de reprendre que 100 clandestins par jour, les opérations de rapatriement avancent lentement. 700 Tunisiens évacués de Lampedusa ont été installés en attendant sur trois bateaux, « Moby Vincent », « Moby Fantasy » et « Audacia » à l’ancre dans le port de Palerme, dans une zone interdite gardée par environ 500 policiers pour éviter de nouvelles émeutes.

Tout le lobby immigrationniste s’est répandu en protestations contre « ces centres d’accueil flottants ». Pour Riccardo Noury, porte-parole d’Amnesty International, « nous sommes confrontés à un nouvel exemple du recours à la détention par lequel les autorités italiennes traitent, dans cette période et pas seulement dans cette période, la gestion des arrivées et des flux de migrants et de réfugiés. Et si cela est le prélude à des expulsions de masse, comme c’est déjà arrivé en août, ce sera une violation des droits de l’homme ». Laura Boldrini, porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, a reconnu que les Tunisiens abrités sur ces bateaux n’étaient pas des demandeurs d’asile mais des réfugiés économiques : elle n’en a pas moins souhaité que des « médiateurs culturels » puissent monter à bord.

Les responsables de l’immigration à la Confédération générale italienne du travail (équivalent de la CGT) à Palerme et pour la Sicile, Zaher Darwish et Pietro Milazzo, ont déclaré la situation « intolérable » et exigé que « soit donnée à chaque immigré la possibilité de présenter, s’il le veut, une demande d’asile ou de protection humanitaire ». Ils demandent que puisse monter à bord des bateaux « une délégation représentative des organisations humanitaires et sociales ».

Osera-t-on faire observer à tous ces immigrationnistes que, si ces clandestins tunisiens n’avaient pas mis le feu à leur centre d’accueil, ils n’auraient pas à passer la nuit sur des bateaux ? Et que, s’ils étaient restés chez eux, ils ne subiraient pas les horribles violations des droits de l’homme perpétrées par le gouvernement italien ?

La Thaïlande, complice de la junte birmane contre les minorités

La Thaïlande, complice de la junte birmane contre les minorités

23/09/11 – 15h30
RANGOON (NOVOpress)
– C’est une très mauvaise nouvelle pour la résistance des minorités face à la junte birmane et notamment pour le peuple karen, en lutte pour sa liberté et son identité depuis plus de 40 ans. Les autorités thaïlandaises ont déclaré qu’elles allaient renforcer le contrôle de leur frontière pour empêcher l’aide matérielle et médicale de parvenir en Birmanie.

La police thaïlandaise a en effet annoncé qu’elle punirait sévèrement tous ceux qui soutiennent les Karens. Le chef adjoint de la police, le général Palawong, a ainsi déclaré que son gouvernement ne voulait pas soutenir les mouvements impliqués dans la guerre en Birmanie et que des mesures drastiques seraient prises contre quiconque chercherait à fournir des armes à ces organisations.

Selon une source proche de l’Union nationale karen, relayée par l’association italienne Popoli qui vient en aide aux Karens depuis plusieurs années, ce ne seront pas seulement les armes qui seront sujettes à inspection, mais aussi la nourriture et les médicaments destinés aux populations civiles qui vivent sous la protection de l’armée karen.

Pour Franco Nerozzi, président de Popoli, cette aggravation de la répression est en partie due à l’accession au poste de Premier ministre de Yingluck Shinawatra,la sœur du businessman thaïlandais Thaksin Shinawatra – ancien Premier ministre exilé à Dubaï depuis 2006 pour cause de corruption –, et qui souhaiterait favoriser le commerce familial avec la junte birmane.

Et Franco Nerozzi de conclure : « La décision de la Thaïlande offre une aide considérable au régime de Rangoon et au monde des affaires qui les soutiennent. Pendant ce temps continuent les massacres, les viols et les déportations de populations civiles sans que le sommeil des bureaucrates de Bruxelles ne soit troublé. »

Le président turc évoque pour la première fois la fin de l’adhésion à l’UE

Le président turc évoque pour la première fois la fin de l’adhésion à l’UE

22/09/2011 – 22h20
BERLIN (NOVOpress) –
En visite d’État en Allemagne, le président turc Abdullah Gül (photo) a évoqué pour la première fois le fait que la Turquie n’entre pas au sein des pays de l’Union Européenne. Selon le président turc, la Turquie se plierait au fait de ne pas être un membre de l’Union Européenne : « si les habitants d’un seul de ses pays ne veulent pas de nous et considèrent la Turquie comme un poids ».

Il est vrai que l’Union Européenne, qui traverse actuellement une crise économique sans précédent semble beaucoup moins attractive pour les Turcs. Alors que dans le même temps, Ankara, seizième puissance économique mondiale est en plein essor.

Deux poids, deux mesures: un membre du Ku Klux Klan exécuté dans l’indifférence générale

Deux poids, deux mesures: un membre du Ku Klux Klan exécuté dans l’indifférence générale

22/09/11 – 13h00
PARIS (NOVOpress)
– Alors que toute la bonne conscience internationale se mobilisait contre l’exécution en Géorgie de Troy Davis, un américain noir coupable du meurtre d’un policier blanc, un autre homme, blanc lui, était exécuté dans le silence et l’indifférence générale.

Lawrence Brewer (photo), un homme de 44 ans membre du Ku Klux Klan, a en effet été exécuté par injection hier au Texas pour le meurtre d’un homme noir, James Byrd.

La différence de traitement entre les deux cas d’application de la peine de mort est si flagrante que des journalistes américains ont interrogé Gloria Rubac du “Mouvement pour l’abolition de la peine de mort au Texas”, sur la raison de cet engagement à géométrie variable.
« Brewer n’est pas quelqu’un de sympathique » s’est contentée de répondre Gloria Rubac, reconnaissant implicitement qu’elle était plus susceptible de trouver « sympathique » le responsable du meurtre du policier blanc.

S’il est vrai que le crime particulièrement lâche et odieux de Lawrence Brewer, qui n’avait de plus exprimé aucun remord, avait profondément choqué l’opinion, de nombreux observateurs, aux Etats-Unis, ont néanmoins souligné l’ambiguïté de la position des anti-peine capitale face à ces deux affaires.

« Si l’on oppose à la peine de mort des raisons éthiques, morales et humaines, il faut, pour être crédibles, le faire dans tous les cas, et pas seulement dans ceux conformes à des stéréotypes médiatiques. » écrivait notamment un journaliste texan.

L’islamisation touche le Brésil, plus grand pays catholique au monde

L’islamisation touche le Brésil, plus grand pays catholique au monde

22/09/2011 – 11h30
RIO DE JANEIRO (NOVOpress) –
Environ 100 000 personnes ont défilé dimanche contre « l’intolérance religieuse » à Rio de Janeiro, à l’initiative de la communauté des religions afro-brésiliennes. Cette manifestation avait pour but de s’attaquer aux églises évangéliques, accusées de diaboliser « les cultes d’origine africaine afin d’en récupérer les adeptes », selon l’anthropologue José Flavio Pessoa de Barros, de l’Université fédérale de Rio de Janeiro.

Pourtant, dans le plus grand pays catholique du monde, c’est plutôt l’islam qui pourrait représenter un risque d’intolérance religieuse. Selon un reportage de Canal +, le nombre de musulmans serait passé de 700 000 à 3 millions en 2010. Quant au nombre de lieux de cultes, il a été multiplié par quatre depuis 2000. Selon Le Figaro, « le succès est tel qu’il devient commun, dans les rues de Rio de Janeiro et de Sao Paulo, de se saluer par un «inch’Allah !». L’impérialisme musulman menace bien l’identité des peuples, des deux côtés de l’Atlantique…

“Un mondialisme sans queue ni tête : la politique de l’âme et des racines brûlées”, par Laurence Maugest [tribune libre]

Un mondialisme sans queue ni tête : la politique de l'âme et des racines brûlées, par Laurence Maugest [tribune libre]

[box class=”info”]Tribune reproduite avec l’aimable autorisation du site Polémia. L’image ci-dessus est un dessin de Chard.[/box]

De la quête du bonheur à la recherche du confort.
Dans la mentalité dominante distillée par les média, la notion du bonheur est de plus en plus souvent réduite à celle du confort qui favorise la consommation des biens matériels. Dans ce nouveau monde fait de secousses incessantes et d’images virtuelles, la sensibilité de l’homme à l’univers qui l’entoure s’amenuise.
C’est pourtant par sa relation au monde réel que l’homme a aiguisé, au fil des siècles, sa spiritualité.

Du confort à la lourdeur
La poésie meurt étranglée par la vulgarité qui s’infiltre dans ce qui a mission d’élever l’homme : la recherche du beau est bannie dans l’art, l’amitié se cherche sur les réseaux sociaux, l’amour en PACS prêt à l’emploi est jetable, la sexualité en jeux s’achète sur la toile…

L’aboutissement de l’homme machine : le consommateur du XXIème siècle : montage en kit, mode d’emploi fourni, arc réflexe bien connu des publicistes…
Ce sont les éléments essentiels de l’être humain qui sont ainsi, circonscrits, matérialisés dans un prosaïsme grisâtre. La singularité de l’homme nait de ce qui est indéfinissable en lui. Elle constitue la sphère spécifique à l’être humain où l’on trouve la créativité, la curiosité, l’élévation, la fantaisie, l’amour. La vie affective se réduit actuellement et trop souvent au corps donc à la matière. Au bout du compte, elle en perd sa beauté, sa dignité et peut-être ainsi roulée dans la fange qu’expriment si clairement les néologismes comme « meuf, nique » qui fleurent bon le merveilleux de la rencontre amoureuse. Via l’air du temps dominant, l’amour, qui est un joli pont entre le temporel et le spirituel, quitte cet entre-deux quand il se limite au souci constant du plaisir immédiat. Il y a le temporel inscrit, comme son nom l’indique, dans le temps, enraciné et secrété par l’histoire, où l’on trouve la verticalité de la conscience du destin humain. Parallèlement, il y a le temps moderne, avec ses mots rétractés, son temps haché sous l’étau de la productivité où l’homme risque de se réduire aux réflexes basiques de sa consommation. Dans ce monde suspendu, sans racine, l’homme se monte lui-même en kit. Il s’autoconstruit et peut même autodéterminer son sexe, en cour de route, grâce à la l’idéologie du « Genre ». Son mode d’emploi est approfondi dans les écoles de publicité et de communication. Dans le cadre de ces métiers où l’on doit apprendre à « gérer » parfaitement le fonctionnement de l’humanoïde du XXIème siècle siècle, ce mutant que l’on appelle l’usager ou le consommateur.

[box]Pour lire la tribune dans son intégralité[/box]

Lampedusa : la guerre a éclaté [vidéos]

Lampedusa : la guerre a éclaté [vidéo]

21/09/2011 – 18h00
LAMPEDUSA (NOVOpress) – Une poudrière dont les mèches sont allumées d’un bout à l’autre de l’Italie : c’est ainsi que Novopress, il y a dix jours, décrivait l’état d’émeute permanente dans les centres d’accueil italiens. Comme il était prévisible, la poudrière a fini par sauter.

Hier après-midi, les Tunisiens de Lampedusa ont mis le feu au Centre d’accueil. Les dégâts au bâtiment, qui avait déjà été gravement endommagé par un premier incendie allumé par les clandestins en février 2009, sont considérables. Une dizaine de personnes ont été intoxiquées, y compris des pompiers et des policiers, mais le pire reste à venir. Selon le maire, Dino De Rubeis, « c’est la pire catastrophe environnementale de toute l’histoire des îles pélagiennes. Lampedusa est envahie par une fumée nauséabonde qui pénètre dans toutes les maisons. C’est de la dioxine à l’état pur que sont en train de respirer nos enfants ».

Dino De Rubeis, le maire de Lampedusa
Dino De Rubeis, le maire de Lampedusa

Le Centre d’accueil abritait 1.200 Tunisiens débarqués ces dernières semaines, qui entendaient ainsi obtenir leur transfert sur le continent – plus près de la France. Beaucoup ont profité de la confusion pour s’enfuir. Les forces de l’ordre les ont en partie rassemblés à l’intérieur du stade municipal. D’autres se sont massés à proximité du port.

Dans la nuit, une centaine de clandestins ont été transférés en avion militaire sur la base aérienne de Sigonella en Sicile. Il reste 1.040 Tunisiens à Lampedusa et l’île est le théâtre depuis ce matin de vraies scènes de guerre, dans la plus totale confusion. 300 Tunisiens se sont répandus dans les rues de la ville en hurlant « Liberté, liberté ! ». D’autres se sont emparés de plusieurs bombonnes de gaz qu’ils ont transportées dans une station-service sur le vieux port et qu’ils menacent de faire exploser. En réaction, et devant l’incapacité de la police à contrôler la situation, des rondes citoyennes se sont mises en place. Des dizaines d’habitants exaspérés ont attaqué des Tunisiens à coups de pierres. D’autres Lampedusans s’en sont pris à des équipes de télévision, d’abord de la chaîne Sky puis de la Rai, auxquelles ils reprochaient apparemment leur complaisance pour les clandestins : « Allez-vous en! », ont-ils hurlé aux journalistes. Aux dernières nouvelles, des policiers en tenue anti-émeute ont chargé les Tunisiens du port. D’autres affrontements ont eu lieu à l’intérieur de ce qui reste du centre d’accueil : les clandestins ont lancé des pierres et d’autres projectiles sur la police. Les premiers policiers blessés sont en train d’affluer à l’hôpital.

Le maire, que les derniers événements semblent avoir définitivement guéri de son immigrationnisme, en appelle désormais au président de la République, Giorgio Napolitano : « J’ai essayé, explique-t-il, de parler avec le Premier ministre Berlusconi et le ministre Maroni mais cela n’a pas été possible. Ce n’est plus le temps des papotages et des bons sentiments. Que le ministère de l’Intérieur renvoie chez eux tous les Tunisiens ! »

Interrogé par l’agence Adnkronos, Dino De Rubeis a en outre dénoncé la mollesse de la police : « Nous sommes las de cette ligne molle adoptée par les forces de l’ordre vis-à-vis des immigrés tunisiens. On ne comprend pas pourquoi, lorsqu’il y a des désordres dans les stades, policiers et carabiniers emploient la manière forte contre leurs propres compatriotes. À Lampedusa, c’est tout le contraire qui se passe. Il y a besoin ici aussi de la manière forte pour renfermer les centaines de Tunisiens qui campent depuis hier dans les rues ».

Mais Monsieur le maire, si les policiers ont tellement peur de la moindre apparence de bavure lorsqu’il s’agit d’immigrés clandestins, alors qu’ils savent que tout leur sera pardonné contre des supporteurs de football, à qui la faute ?

Le maire affecte d’autant plus la fermeté qu’il sait la colère de ses administrés prête à se retourner contre lui. Ce matin, trois Lampedusans ont tenté de l’agresser, en lui reprochant sa faiblesse sur l’immigration. Épouvanté, il s’est barricadé dans son bureau, où il est non seulement gardé par trois policiers mais où il s’est muni d’une batte de baseball. « Je dois me défendre et je suis prêt à m’en servir, écrivez-le », a-t-il dit à l’édition locale de La Repubblica. Plusieurs dizaines de personnes sont actuellement rassemblées devant la mairie : certaines crient des slogans anti-immigrés, d’autres critiquent le maire.

La Libye va-t-elle devenir un supermarché des armes ?

La Libye va-t-elle devenir un supermarché des armes ?

19/09/2011 – 20h00
TRIPOLI (NOVOpress) – C’est la question que l’on peut se poser. En tout cas, c’est un sujet de forte inquiétude pour la coalition occidentale qui mène la guerre en Libye aux côtés du Conseil national de transition, le CNT.

En effet, de nombreuses quantités d’armes conventionnelles circulent depuis l’ouverture des dépôts d’armements libyens et la fourniture d’armes par l’Otan aux rebelles du CNT.

De plus, les services secrets occidentaux constatent que les différentes factions rebelles mettent des armes de côté.

Mais surtout la Libye est devenue un supermarché pour tous ceux qui ont besoin d’armes : affairistes, tribus, intermédiaires d’Al-Quaïda au Maghreb islamique…

Ainsi, des officiels américains affirment qu’un petit nombre de missiles sol-air sont arrivés au Mali début septembre.

Italie : Faut-il céder au chantage turc ?

Italie : Faut-il céder au chantage turc ?

19/09/2011 – 17h00
ROME (NOVOpress) –
« L’Europe ne peut se permettre de perdre la Turquie ». C’est la position officielle du gouvernement italien. Alors que le gouvernement turc vient de menacer de geler ses relations avec l’Union européenne si Chypre assurait, comme il est normalement prévu, la présidence tournante de l’Union en juillet 2012, le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, s’est déclaré « très inquiet » de voir Ankara s’éloigner de Bruxelles, dans une interview publiée hier par le quotidien Il Messaggero. « Cela fait des années », a expliqué Frattini, « que nous nous faisons les avocats du rapprochement entre la Turquie et l’Europe parce que nous savions que, à force de lui fermer la porte au nez, Ankara se tournerait vers l’est. Les récentes déclarations anti-israéliennes d’Erdogan sont un signal alarmant ». « C’est pourquoi, a conclu le ministre, nous devons convaincre la France et l’Allemagne de suivre notre politique extérieure vis-à-vis de la Turquie, parce qu’éloigner celle-ci serait une erreur gravissime ».

Mag Franz Obermayer du FPOe
Mag Franz Obermayer du FPOe

Il va falloir aussi convaincre les parlementaires autrichien, comme Mag Franz Obermayer, eurodéputé du FPOe, qui, dans un communiqué en réponse aux menaces turques, indique : « Même pour l’OTAN et pour les partisans les plus béats d’une adhésion de la Turquie il doit enfin être clair qu’avec ses objectifs religieux et géopolitiques, la Turquie n’a pas sa place dans l’UE. Un tel partenaire ne ferait que créer des problèmes pour l’UE. »

Cette complaisance du gouvernement italien a été vivement critiquée dans Il Giornale, le propre quotidien de la famille Berlusconi, par le plus célèbre converti d’Italie, infatigable dénonciateur de l’islamisation de l’Europe, Magdi Cristiano Allam. Pour lui, « L’Europe ne doit pas céder à l’aspirant sultan tuc ». « Si un pays islamique comme la Turquie, quelque important qu’il soit sur le plan géo-politique, militaire et économique, est déjà en mesure aujourd’hui de tenir à lui tout seul l’Union européenne en échec, et en même temps de s’adjuger, avec l’autorisation et la complicité de l’ensemble de l’Occident, un rôle dirigeant dans la résurrection d’un califat islamique sur les rives de la Méditerranée – califat que nous avons l’illusion d’imaginer comme démocratique et libéral –, cela signifie que cette Europe est totalement impuissante et que l’Occident est voué au suicide ». Allam appelle l’Europe à résister fermement au chantage turc, tout en déplorant : « Cette Europe de l’euro, relativiste, pétrie de bons sentiments et islamiquement correcte, s’est transformée en désert et s’est résignée à devenir une terre d’occupation ».

Soulignant que la Turquie n’a rien à voir avec l’Europe, Allam rappelle les ravages de l’occupation turque dans le nord de Chypre, l’épuration ethnique des grecs chypriotes, la destruction des églises ou leur transformation en mosquées, mais aussi le passé islamiste d’Erdogan et la répression croissante dont sont victimes les chrétiens de Turquie depuis son arrivée au pouvoir. Il conclut : « Et c’est à ce régime islamique que nous confions notre destin, en lui donnant la mission de ruiner les régimes dictatoriaux laïques qui étaient au pouvoir sur l’autre rive de la Méditerranée pour les remplacer par des régimes islamiques équivalents. Certes, si notre idéal en fait de voisin est le régime islamique turc d’Erdogan, cela veut dire que nous avons remisé la raison et que nous avons perdu tout amour de nous-mêmes ».