Norvège : Le Parti du progrès dans la tourmente

Suède : Le Parti du progrès sous le choc

Dans un exercice bien maîtrisé de communication de crise, Siv Jensen (photo), la blonde sculpturale de 41 ans qui tient fermement les rênes du Parti du progrès (FRP) depuis 2006, est apparue le samedi 23 juillet devant les médias pour répondre à la gauche norvégienne qui accuse son parti de compter Anders Behring Breivik dans ses rangs.

Face aux micros et aux caméras, la patronne du parti populiste a bien été obligée d’admettre que l’attaque terroriste la plus meurtrière subie par l’Europe depuis les attentats de Madrid en 2004 avait bien été perpétrée par un homme qui avait adhéré au mouvement de jeunesse de son parti (FPU) en 1997 et rejoint le FRP en 1999.

Avec un soulagement non dissimulé, Siv Jensen a pu informer les médias que le tireur méthodique de l’île d’Utoya avait cessé de payer ses cotisations au FRP en 2004 avant d’être exclu pour cette raison en 2006. L’année suivante, Behring démissionnait des jeunesses du parti où il avait conservé des responsabilités jusqu’en 2004.

Pressée de questions, la présidente du FRP a déclaré : «La drame m’a attristé encore plus quand j’ai appris que Behring avait été adhérent de notre parti ». Enfin, Siv Jensen a condamné dans les termes les plus fermes l’horreur de l’attaque et elle a manifesté sa compassion à l’égard des victimes et de leurs familles.

Pour le Parti du progrès, cette tragédie nationale peut se transformer en catastrophe politique. Fondé en 1973 pour protester contre la pression fiscale, le parti prend pour cible l’Etat providence scandinave et cherche à libérer ses concitoyens de la dictature molle imposée par la social-démocratie norvégienne.

En récoltant 5% des voix aux élections de 1973, le Parti du progrès entame une longue marche politique qui le conduit aux portes du pouvoir aux élections de septembre 2009 quand il recueille près de 23 % des voix. Malheureusement pour les « progressistes » norvégiens, la coalition de gauche garde le pouvoir grâce à une avance de trois sièges sur une possible coalition de droite regroupant le Parti du progrès et le Parti conservateur.

En dépit de l’aide apportée par les médias, la gauche et les associations bien pensantes norvégiennes auront du mal à profiter des attentats d’Oslo et d’Utoya pour liquider le FRP.

Le Parti du progrès, libéral en économie, conservateur sur le plan des questions de société, très Atlantiste et défenseur inconditionnel de l’Etat d’Israël, n’est populiste qu’au regard de sa volonté de mettre en place une politique d’immigration très restrictive.

Toutefois, dans un pays aussi conformiste que la Norvège, les dérives terroristes de son ex-membre Anders Behring Breivik risquent fort de compromettre les chances du FRP d’accéder au pouvoir en incitant certains de ses électeurs les plus modérés à se tourner vers les conservateurs.

[box class=”info”] Article à paraître dans le journal Minute. [/box]

Angleterre : la gauche appelle à “faire la guerre à l’islamophobie”

English Defense League©Spencerchumbley

25/07/2011 17h30
LONDRES (NOVOpress) – En juillet 2005, après la série d’attentats commis à Londres par un groupe d’immigrés musulmans, éditorialistes des gros media, politiciens, évêques anglicans et catholiques avaient appelé en chœur à “ne pas stigmatiser les immigrés ni les musulmans”. Six ans plus tard, la tuerie d’Oslo a provoqué de tout autres réactions. Les tenants du multiculturalisme n’ont aucun scrupule à l’exploiter au maximum, et ne cherchent pas à s’en cacher.

Dans le Guardian, le grand quotidien de gauche, la blogueuse suédoise Camilla Ragfors se réjouit explicitement que le tueur ait été un Norvégien de souche : “Je suis si heureuse que tous les immigrés et les musulmans en Norvège et ailleurs en Europe n’aient pas à se cacher devant la vague de haine qui les aurait submergés, s’il s’était s’agi d’une atrocité islamiste”.

Aslak Sira Myhre, ancien leader du parti d’extrême gauche norvégien, « Alliance électorale rouge »,  appelle de son côté à une croisade – ou faut-il dire un djihad – contre tous ceux qui osent critiquer l’islam : “Tous les leaders occidentaux ont le même problème à l’intérieur de leurs frontières. Vont-ils maintenant déclarer la guerre à l’extrémisme de droite local ? À l’islamophobie et au racisme ? […] Nous devons utiliser cet événement pour porter un coup à l’intolérance, au racisme et à la haine qui se développent, non seulement en Norvège, non seulement en Scandinavie, mais dans toute l’Europe”.

Première visée, l’English Defence League (EDL), mentionnée par Anders Behring Breivik dans son manifeste – il affirme avoir eu des militants de l’EDL parmi ses “amis” sur Facebook. Dans un communiqué officiel, l’EDL a précisé : “Nous pouvons affirmer catégoriquement qu’il n’y a jamais eu de contact officiel entre Breivik et l’EDL, notre page Facebook a 100 000 supporters et reçoit des dizaines de milliers de commentaires chaque jour. Il n’y a aucune preuve que Breivik ait jamais été l’un de ces 100 000 supporters. De toute façon, quiconque exprime des croyances extrémistes de quelque nature que ce soit, qu’il s’agisse de suprémacisme blanc, de fondamentalisme chrétien ou d’extrémisme islamique, est banni de notre site”. L’EDL relève que les médias, qui ont monté en épingle ce passage, ont passé sous silence les vives critiques que Breivik adresse à l’EDL dans le même manifeste, p. 1438, où il écrit : “Les principes de l’EDL et ceux des Chevaliers du Temple [de Breivik] ne pourront jamais être conciliés car nous sommes idéologiquement très éloignés…L’EDL condamne sévèrement tout mouvement, comme les Chevaliers du Temple, qui utilise la terreur comme instrument. C’est pourquoi, nous, les Chevaliers du Temple, regardons l’EDL comme de naïfs imbéciles”. Breivik reconnaît, pour le déplorer, que “l’EDL est un mouvement démocratique, ils croient encore que le système démocratique peut résoudre les problèmes de la Grande-Bretagne”.

L’EDL conclut son communiqué en affirmant qu’elle ne se laissera pas impressionner : “Nous sommes fiers de nous élever fortement contre toute forme d’extrémisme et nous continuerons à prendre la parole contre la plus grande menace terroriste qui pèse sur notre nation, l’extrémisme islamique. […] La semaine dernière encore, un Somalien de l’est de Londres a été jugé pour financement du terrorisme, il est donc d’une importance vitale que les citoyens respectueux de la loi dans notre pays se lèvent pour appeler le gouvernement à agir énergiquement afin d’empêcher que le prochain acte de terrorisme et la prochaine scène de dévastation soient de nouveau en Grande-Bretagne.”

Le quotidien de gauche The Independent n’en titre pas moins aujourd’hui “Indignation pour le rôle de l’English Defence League”. Nick Lowles, directeur de l’association Hope Not Hate, qui se proclame “anti-fasciste et anti-raciste”, a appelé hier le gouvernement anglais à classer officiellement l’EDL, non plus comme une association politique légitime, mais comme un “groupe extrémiste de droite”, afin que la police puisse plus facilement “recueillir des informations sur l’EDL, ses membres et ses activités”.

Tous les amalgames sont considérés comme de bonne guerre. Une dépêche de l’Associated Press, reprise telle quelle par la plupart des journaux anglais et américains, exhorte les dirigeants européens à “attaquer l’islamophobie avec le même zèle qu’ils ont déployé dans la lutte contre le terrorisme islamique” . L’Associated Press cite à ce propos “Bernard Godard, consultant auprès des hommes politiques européens sur les questions islamiques”, qui met en garde contre la montée des “sentiments anti-musulmans”. “Il affirme que la police n’a pas prêté assez attention à des groupes comme le parti nationaliste Bloc identitaire en France, qui utilise Internet pour organiser de grandes fêtes provocatrices avec du vin et des saucisses de porc – aliments interdits selon les règles de l’islam”.

Bref, si vous mangez des saucisses, vous êtes au minimum un tueur en série potentiel.

Tuerie d’Oslo : la police britannique à la recherche de complices

Tuerie d'Oslo : la police britannique à la recherche de complices

25/07/2011 – 16h30
Londres (NOVOpress) — La police britannique passe au peigne fin le manifeste publié en ligne par le chrétien conservateur norvégien Anders Behring Breivik a la recherche d’indices lui permettant d’identifier d’éventuels complices au Royaume-Uni.

Dans ce volumineux dossier de près de 1500 pages, Anders Behring Breivik détaille son itinéraire intellectuel et notamment se revendique de l’héritage politique de l’ancien premier ministre britannique Winston Churchill, figure tutélaire du tout le mouvement néo-conservateur, tant aux États-Unis qu’en Europe.

La police anglaise s’interroge sur l’identité d’un britannique identifié sous le nom de code de « Richard » que Behring présente comme son mentor. Les fonctionnaires sont également sur la piste des participants à une réunion qui se serait tenue à Londres en avril 2002 pour donner le coup d’envoi à un mystérieux « Ordre militaire européen et tribunal criminel des chevaliers templiers ».

Au cours de cette rencontre, organisée par deux Britanniques, en présence de délégués venus d’Allemagne, d’Allemagne, de Grèce, des Pays Bas et de Russie, Behring aurait reçu pour mission d’organiser une attaque terroriste dans son pays.

L’unité antiterroriste du Scotland Yard cherche également à vérifier les affirmations de Behring selon lesquelles ils serait l’un des 80 volontaires recrutés dans toute l’Europe pour déclencher des attaques suicides contre les « collaborateurs de l’islamisme ».

Les premiers résultats de l’enquête seraient bien éloignés des écrits de Behring. A ce jour, rien ne vient valider l’existence de contacts avec un « mentor » britannique ou confirmer la tenue de la réunion internationale d’avril 2002.

Alors que l’extrême-gauche européenne multiplie les appels pour traquer les « complices intellectuels » d’Anders Behring Breivik, il apparaît de plus en plus clairement qu’il a agi seul. Ses allusion à des « contacts», à des « mentors » ou à de mystérieuses « réunions » ne seraient qu’une fiction pour cacher la solitude d’un individu ayant mal digéré les écrits d’auteurs aussi différents qu’Alexis de Tocqueville, Alain Finkielkraut, Frederic Encel (pour ne citer que des Français) ou encore les néoconservateurs anglo-saxons.

Afghanistan : des millions de dollars US versés aux talibans !

25/07/2011 – 12h30
WASHINGTON (NOVOpress) – Nouvelle démonstration de l’échec de la coalition en Afghanistan et de l’état de corruption locale, plusieurs millions de dollars de fonds gouvernementaux américains destinés au ravitaillement routier des forces américaines en Afghanistan auraient en réalité été versés à des talibans en échange du passage des convois.

Les sous-traitants de l’armée américaine auraient donc payé les talibans pour parvenir à faire circuler le ravitaillement, c’est la révélation faite par le Washington Post qui cite une enquête interne de l’armée.

Cette enquête a mis au jour “des preuves crédibles d’implication dans une entreprise criminelle ou de soutien à l’ennemi”, par quatre des huit principaux sous-traitants, selon le journal américain.

Le montant des sommes “détournées” pourrait dépasser les 20 millions de dollars.

“C’est au-delà de toute compréhension”, a commenté John Tierney, président démocrate d’une commission de surveillance de la Chambre des Représentants, estimant que l’armée américaine se rendait ainsi complice d’une vaste opération de racket.

Espagne : “Défilé populaire des indignés”, ils sont de retour

Espagne : "Défilé populaire des outragés", ils sont de retour

24/07/2011 – 23h00
MADRID (NOVOpress) — Le mouvement de protestation qui a de nouveau secoué l’Espagne ces dernières 48 heures a critiqué à la fois le Parti socialiste (PSOE) et l’opposition conservatrice (PP), les accusant de laisser saigner la population sur l’autel de la crise, tout en conservant intacts les salaires du grand patronat et des banquiers. Plus de transparence dans l’administration publique et une meilleure séparation des pouvoirs judiciaire et politique ont également été exigés.


Deux mois tout juste après les manifestations de la Puerta del Sol qui avaient retenu l’attention du monde, Madrid est de nouveau devenue le centre de rassemblements de masse contre le chômage et l’austérité. Plusieurs milliers d’Espagnols se sont ainsi réunis hier samedi sur la place centrale dans la capitale espagnole pour protester “contre les coupes dans la politique sociale, la corruption croissante dans la politique et le chômage endémique”. Le mouvement de protestation “Vraie démocratie maintenant!” avait déjà appelé mi-juin dans tout le pays à un “défilé populaire des indignés” et ils sont venus des quatre coins du pays dans la capitale espagnole.

Avec des larmes dans ses yeux, Andrea Portela et Miguel Gonzalez ont rejoint la Puerta del Sol. L’un est architecte, l’autre est homme d’affaires à Oviedo, au nord de l’Espagne. Ils sont épuisés, ils ont mal aux pieds. Avec 150 autres “indignés”, ils ont pris la route du nord et marché plus de 500 km vers Madrid pour participer au “défilé populaire des indignés”. “Nous devons montrer aux politiciens que les protestations avant les élections en mai n’étaient que le début, et qu’ils ne peuvent pas faire simplement comme avant”, explique Andrea sur leur participation au défilé.

Avec les fortes chaleurs de l’été, leur marche a été très pénible, explique Andrea, qui est sur la route depuis le 25 Juin. “Mais les ampoules et les difficultés valent la peine. Car si nous restons assis et n’ouvrons pas la bouche, rien ne va changer”, a déclaré l’architecte de 29 ans qui, pendant plus de deux années, a enchaîné les CDD les uns après les autres, sans même la perspective d’un emploi fixe. “Beaucoup de choses doivent changer en Espagne, a également déclaré son compagnon de marche Miguel.” Bien qu’il n’appartienne pas à la grande armée des chômeurs, qui représentent déjà 21% de la population, l’évolution économique, politique et sociale dans laquelle l’Espagne s’est lancée l’a poussé à protester. “Ce n’est que récemment que les pensions ont été gelées, l’âge de la retraite porté de 65 à 67 ans, les licenciements rendus plus simples par la loi. Je crains pour un avenir sûr”, dit l’Espagnol de 33 ans.

Andrea et Miguel ne sont nullement les seuls qui, pour cette raison, ont pris sur eux les rigueurs d’un long trajet. Environ 600 “indignés” se sont rassemblés après plusieurs semaines de marche de toutes les directions dans la capitale espagnole pour manifester en faveur de “nouveaux modes de participation démocratique et un changement social”, a déclaré Maria Torano, un porte-parole du mouvement de protestation. D’autres milliers de manifestants sont venus en bus, en train ou en voiture de tout le pays jusqu’à Madrid, où dimanche soir prochain aura lieu une assemblée nationale des “indignés” ainsi qu’une nouvelle manifestation de masse où l’on attend un demi-million de participants.

“Nos manifestations ce week-end ont montré aux politiciens que notre mouvement grandit en force et que nous ne sommes plus disposés à nous laisser manipuler”, a déclaré la journaliste Maria Torano, 29 ans. Pourtant, elle admet que les politiciens espagnols et, surtout, les socialistes au pouvoir, ne semblent pas avoir pris au sérieux le mouvement de protestation. “Jusqu’à présent, ils n’ont répondu qu’occasionnellement à certaines de nos revendications, plus par opportunisme politique et en vue de la campagne électorale, que par une approche holistique du mouvement de protestation et de ses exigences “, a déclaré Torano.

C’est ainsi que samedi 23 juillet au soir, des dizaines de milliers de manifestants ont scandé “Ils ne nous représentent pas” et ont demandé plus de droits de participation de la population par référendum, tout comme une réforme de la loi électorale laquelle favorise dans sa forme actuelle, comme en France avec un scrutin majoritaire, les deux principaux partis.

Le président Chavez de retour au Vénézuela

Le président Chavez de retour au Vénézuela

24/07/11 – 14h00
CARACAS (NOVOpress)
– Les Etats-Unis et les multinationales pétrolières ne sont pas encore débarrassés de leur cauchemar sud-américain.

En effet, le président vénézuélien Hugo Chavez est rentré hier à Caracas, après avoir suivi une chimiothérapie à Cuba, où il s’était rendu moins d’un un mois après avoir été opéré d’une tumeur cancéreuse.

Le président a été accueilli à l’aéroport de Caracas par des ministres et de hauts-responsables militaires, et s’est déclaré confiant dans un rétablissement rapide de sa santé et serein quant à l’avenir.

Il a également précisé que d’autres “volets” de chimiothérapie étaient prévus.

Hugo Chavez, âgé de 56 ans, a été opéré le 20 juin à Cuba d’une tumeur cancéreuse dans la zone pelvienne.

“Et aujourd’hui nous sommes en train de préparer le second cycle (de chimiothérapie). Il y en aura plusieurs pour gagner cette bataille visant à éliminer tout risque de présence de cellules malignes”, avait ajouté le président vénézuélien. “Cette bataille pour la vie continue… Mon courage est insurpassable”, a répété avec force le chef de l’Etat.

Anders Behring Breivik : sa page Facebook modifiée ?

Anders Behring Breivik : sa page Facebook modifiée ?

24/07/2011 – 12h30
PARIS (NOVOpress) — Selon le site américain Jihad Watch, reprenant une information diffusée par l’éditeur conservateur et libertarien Pamela Geller, la page Facebook d’Anders Behring Breivik aurait été modifiée peu de temps après les événements d’Oslo et son arrestation.

Ci-dessous les captures d’écran

Anders Behring Breivik : sa page Facebook modifiée ?
La première version de la page Facebook d'Anders Behring Breivik serait vierge de toute mention "Christian" ou "Conservative"
Sur la deuxième capture, on peut voir de nouveaux centres d'intérêt
Sur la deuxième capture, on peut voir de nouveaux centres d'intérêt

Une fatwa légitime la pédophilie en Arabie Saoudite

Une fatwa légitime la pédophilie en Arabie Saoudite

[box class=”info”]L’islamologue égyptien Raymond Ibrahim revient dans un article du 21 juillet sur l’ignoble fatwa qui fait couler de l’encre dans les médias arabes… mais dont les médias occidentaux se gardent bien d’évoquer l’existence afin de ne pas “stigmatiser” l’islam… Traduction de Joachim Véliocas pour l’Observatoire de l’islamisation.[/box]

“Le mariage des enfants” – euphémisme pour pédophilie – fait à nouveau les grands titres, au moins dans les médias arabes : le Dr Salih bin Fawzan (photo) un dignitaire religieux  membre du prestigieux Conseil islamique d’Arabie Saoudite, vient de publier une fatwa affirmant qu’il n’y a pas de minimum d’âge pour le mariage, et que les filles peuvent être mariées, même si elles sont dans le berceau.”

Apparaissant dans des journaux saoudiens le 13 Juillet, la fatwa se plaint des interférences “avec la presse mal informée sur la charia, ce qui pose de graves conséquences pour la société, y compris leur interférence avec la question du mariage des petites filles qui n’ont pas atteint la maturité, et leur demande qu’un âge minimum soit fixé pour le mariage des filles.”

Fawzan insiste sur le fait que la charia  ne fixe aucune limite d’âge pour marier les filles : comme d’innombrables érudits musulmans avant lui, il s’appuie sur le Coran 65:4, qui traite du mariage des femmes qui n’ont pas encore eut leurs règles (par exemple,  qui sont prépubères) et le fait que Mahomet, modèle de l’islam, s’est marié avec Aisha quand elle avait 6 ans, et «consomma» le mariage – ou, en langage moderne, commit un viol – quand elle avait 9 ans.

Le point de la fatwa saoudienne, cependant, n’est pas que les filles aussi jeunes que neuf ans puissent avoir des relations sexuelles, basé sur l’exemple de Mahomet, mais plutôt qu’il n’y a aucune limite d’âge ; la seule question ouverte à l’examen est de savoir si la fille est physiquement capable de subir l’acte par le mari / violeur. Fawzan s’appuie sur des documents reconnus authentiques en citant l’exégèse d’Ibn Batal autorité de Sahih Bukhari:

Les oulémas [interprètes de l’Islam] ont convenus qu’il est permis pour les pères de marier leurs petites filles, même si elles sont dans le berceau. Mais il n’est pas permis à leurs maris d’avoir des relations sexuelles avec elles, sauf si elles sont capables d’être placées sous l’homme et en tolérant son poids. Et leur possibilité à cet égard varie en fonction de leur nature et leur capacité. Aisha avait 6 ans quand elle a épousé le prophète, mais il a eu des relations sexuelles avec elle quand elle avait 9 ans [c’est à dire quand elle a été jugée apte].

Fawzan conclut sa fatwa par un avertissement: «Il incombe à ceux qui appellent à fixer un âge minimum pour le mariage de craindre Allah et de ne pas contredire sa loi (charia), ou d’essayer de légiférer les choses qu’Allah n’a pas permis. Les lois sont la souveraineté d’Allah, et la législation est son droit exclusif, ne devant être partagé par aucun autre. Et parmi ces lois figurent  les règles qui régissent le mariage.”

Fawzan, bien sûr, n’est pas le premier à insister sur la légitimité de la pédophilie dans l’Islam. Même l’ancien grand mufti d’Arabie Saoudite, Bin Baz, a soutenu “le mariage des enfants», puisque «le Coran et la Sunna l’approuvent.” (Fawzan fut un élève de Bin Baz)

Et ce n’est pas juste quelques points théoriques ou théologiques, les vies de nombreuses jeunes filles sont détruites à cause de cette décision. Rappelons, par exemple, la jeune fille de 13 ans qui est décédée alors que son mari beaucoup plus âgé copulait avec elle ou les filles de 12 ans  décédées en donnant naissance à un mort-né; ou une fille de 10 ans qui a fait les manchettes des journaux pour avoir fugué de son mari de 80 ans.

Puis il y a les filles innombrables anonymes qui ne font rien pour mériter toute l’attention des médias – comme mourir – et ont appris à vivre avec leurs maris âgés, comme, sans doute, la fille qui épousa le religieux le plus populaire de l’Islam, Yusuf Qaradawi, quand elle avait 14 ans. (note de l’Obs-i: Tariq Ramadan dit avoir un “profond respect” pour ce psychopathe dirigeant le Conseil européen de la fatwa dans lequel siège le nouveau président de l’UOIF, Ahmed Jaballah)

Que faisons-nous du fait qu’il est toujours dans  l’Islam religieux et officiel, des voix autorisées – non des voix aberrantes, ni des «terroristes», «extrémistes», ou tout autre euphémisme inventé pour l’occasion – qui font constamment la démonstration de la brutalité de la charia? Quelques semaines avant cette fatwa, une femme politique et activiste au Koweït a appelé à l’institutionnalisation de l’esclavage sexuel (recommandant que les musulmans achètent et vendent des femmes captives russes de la guerre en Tchétchénie), un prédicateur populaire égyptien, non seulement dit la même chose, mais il a ajouté que la solution à la pauvreté de l’islam est d’aller sur le djihad et le pillage de la vie et les biens des infidèles.

Ces positions “religieuses” paraissent étranges ? Peut-être, mais elles sont parfaitement cohérentes. Après tout, distillées et dans les yeux des non-croyants, la charia n’est rien de moins qu’un système juridique construit sur la base des mots et des actes d’un Arabe du 7 ème siècle, dont le comportement – de la pédophilie et l’esclavage sexuel, à la guerre et au pillage- a été celui d’un Arabe du 7ème siècle. Ayant séduits ou réduits en esclavage ses contemporains, ses enseignements continuent à séduire et asservir leurs descendants, et, aujourd’hui comme alors, ce sont toujours les innocents qui souffrent.”

Commentaire : La France délivre chaque années des dizaines de visas à des “religieux” saoudiens venant donner des conférences dans les mosquées. La Ligue islamique mondiale, organe de diffusion du Wahhabisme dans le monde, a financé les mosquées d’Evry et de Mantes-la-Jolie, Rome, Madrid…

[box class=”info”]Source : Observatoire de l’islamisation.[/box]

Le ministre des Affaires étrangères italien célèbre le PC chinois

22/07/11 – 09h00
ROME (NOVOpress) –
Chez les partis bourgeois européens, c’est la surenchère, selon la formule du Corriere della Sera, « pour séduire le colosse chinois ». L’UMP de Nice avait pris de l’avance, il y a deux ans, en signant un accord avec le Parti communiste chinois.

En visite en Chine, le ministre des Affaires étrangères italien, Franco Frattini (photo), s’est rendu mardi à l’école des cadres du Parti communiste chinois. Le ministre, membre du parti de centre-droit de Silvio Berlusconi, s’est réjoui de se trouver là « dans l’année de deux anniversaires fondamentaux : le 90e anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois et le cent cinquantenaire de l’unité italienne ». Le Risorgimento s’est accompagné d’un certain nombre de violences et d’atrocités, surtout dans le Sud, mais même le « néo-bourbonien » le plus acharné hésitera à le comparer au Grand Bond en avant, pour ne citer que lui, et à ses trente millions de morts.

L’Italie, a déclaré Frattini, « se rend compte que ses excellentes relations avec la Chine peuvent contribuer à dépasser les réserves que l’on observe encore à son égard en Europe ». « Ce qui nous réunit est bien plus grand que ce qui nous divise », a ajouté le ministre, en faisant l’éloge du douzième plan quinquennal chinois. Comme le dit un peu perplexe le Corriere della Sera, « cela fait un certain effet d’entendre un ministre de centre-droit employer des accents qui, dans les années 1970 en Italie, étaient ceux des cohortes marxistes-léninistes ».

Le ministre n’en est du reste pas resté à la rhétorique. Il a confirmé que l’Italie voulait la levée de l’embargo européen contre la vente d’armes à la République populaire, sanction qui avait été imposée après le massacre de la place Tien An Men, en 1989. Frattini a d’ores et déjà signé un accord par lequel les diplomates chinois n’auront plus besoin de visas pour entrer sur le territoire italien. Son intention est de l’élargir aux hommes d’affaires, en leur accordant des permis d’entrée valables trois ans. Cette année, il est prévu que l’Italie accordera 200 000 visas à des Chinois, alors qu’il n’y en avait eu que 120 000 en 2010. Frattini entend que cette nouvelle procédure soit un exemple à imiter pour tous les pays européens.

Plus d’immigrés et de commerçants chinois, et plus de contrefaçon, c’est bien ce dont l’Europe a besoin.

Nouvelle flambée de violence au Xinjiang (Chine)

Nouvelle flambée de violence au Xinjiang

21/07/11 – 16h00
PARIS (NOVOpress)
– La province chinoise du Xinjiang connaît un nouvel embrasement ethnique qui fait suite aux célèbres émeutes d’Urumqi où 200 morts et 1 700 blessés avaient été recensés il y a deux ans. Des scènes de guérilla se sont produites au sein de cette province du Nord-Ouest, où se concentre une forte population ouïgour turcophone et musulmane. Le bilan temporaire s’élève selon la police chinoise à « 18 morts dont 14 émeutiers, deux policiers et deux otages. »

Deux versions s’opposent sur la genèse de ces nouveaux incidents. Du coté des autorités chinoises, les officiels parlent « d’attaque terroriste, préméditée et organisée » de la part des Ouïgours qu’ils accusent d’une attaque contre un commissariat. Les Ouïgours armés de couteaux, cocktails Molotov et autres engins explosifs ont donné l’assaut aux cris de « Dieu est grand » et brandissaient des banderoles où étaient inscrits des slogans religieux hostiles. Ils auraient alors pris en otage deux femmes d’ethnie han [l’ethnie majoritaire en Chine], et les auraient tuées.

Selon des sources ouïgoures, cette flambée de violence intervient suite à la répression d’une manifestation par les forces de l’ordre. Les manifestants protestaient contre une série d’arrestations.

Quelles que soient les causes de ces nouvelles tensions ethniques, rien n’y fait. Ici ou ailleurs le casse-tête de la société multiculturelle ou le dogme du vivre-ensemble constitue un écueil pour une société pérenne et se heurte aux tensions communautaires. Ou comment la « Nature humaine » reprend ses droits.

Victor Farias et le scandale de Salvador Allende [2/2]

Victor Farias et le scandale de Salvador Allende [2/2]

[box class=”warning”]Les informations sur la confirmation du suicide de l’ancien président chilien Salvador Allende risquent de raviver les polémiques récentes sur son passé. Voici quelques années, des controverses avaient sérieusement entaché l’icône du monde progressiste, tombé les armes à la main contre la réaction. En 2005, la revue Aventures de l’histoire publiait un entretien réalisé par son rédacteur en chef avec l’universitaire chilien Victor Farias, l’homme par lequel le scandale est arrivé. Nous remercions aventuresdelhistoire.blogspot.com de nous avoir autorisé à reproduire ce texte.[/box]

[box]Victor Farias a deux ambitions : lutter contre l’hitlérisation rampante du monde par la philosophie heideggerienne et obliger la gauche chilienne à regarder son histoire en face. Mais le professeur chilien vient de découvrir qu’il est bien plus facile de dénoncer un philosophe allemand que de dévoiler le passé douteux de Salvador Allende.[/box]

Victor Farias nous a reçus le vendredi 22 juillet 2005 dans les locaux de l’institut d’Amérique latine de l’université Libre de Berlin, près de la Breitenbachplatz, un magnifique bâtiment bauhaus, miraculeusement épargné par les bombes. Dans son bureau du deuxième étage, encombré de livres et où trône un ordinateur antédiluvien, le professeur Farias répond à l’abondant courrier et à l’avalanche de critiques que lui a valu son livre sur Salvador Allende. Il me tend en colère une photocopie de l’article d’Elisabeth Roudinesco paru dans Libération :
— C’est ridicule ! Elle m’accuse d’avoir fait d’Allende un nazi. C’est complètement faux.
L’universitaire est pourtant habitué aux polémiques musclées depuis la publication en 1987 de son célèbre Heidegger et le nazisme qui a suscité un très vif débat dans la classe intellectuelle française entre pro et anti-heideggeriens. Avant d’entrer dans le vif du sujet, je souhaite mieux connaître ce petit homme qui s’attaque aux grands mythes de la philosophie européenne comme à ceux de la gauche mondiale.

[question]Professeur Farias, comment devient-on philosophe ?[/question]

[answer]Je suis né en 1940 à Santiago du Chili, au sein d’une famille chilienne traditionnelle. Mon père était issu de la paysannerie moyenne alors que la parentèle de ma mère collectionnait les médecins, les aliénistes et les psychologues.
Grâce à mes appuis familiaux, la carrière médicale s’ouvrait en grand pour moi. Ma mère me voyait déjà psychiatre. Ses rêves se sont effondrés quand je suis revenu horrifié d’une visite à l’asile de Santiago dont mon oncle était un des directeurs, la même institution où Salvador Allende avait fait ses années d’internat. Je me suis rendu compte que je n’étais pas du bois dont on taille les psychiatres.
A cette époque, au cœur des années 1950, j’étais scolarisé dans un collège catholique où flottaient encore les relents du fascisme ambiant des années trente et quarante. Les bons pères nous menaient la vie dure. Ils obligeaient tous les matins les élèves à communier à jeun. C’était difficile pour moi car j’avais toujours faim et je partais de chez moi en emportant de délicieux sandwichs aux œufs brouillés. La tentation était irrésistible et je ne pouvais m’empêcher d’en manger avant de communier. Je fus pris, si j’ose le dire, à deux reprises la main dans le sac et, finalement, les curés m’ont renvoyé. Ils ont probablement estimé que j’étais irrécupérable.
Mes parents m’ont inscrit au lycée public, fréquenté par les familles de la bourgeoisie laïque progressiste. Parmi les enseignants, on trouvait aussi bien l’historien socialiste Julio César Jobet que Guillermo Izquierdo Araya, qui avait milité au sein d’un parti nazi chilien, ou encore José Maza Fernández qui joua un rôle important aux Nations unies.
Armando Buchi, mon professeur de philosophie, était un catholique fervent. Mais il savait faire cohabiter cette foi très profonde avec d’exceptionnelles qualités pédagogiques. Il avait rapidement perçu mes prédispositions pour le débat des idées et la philosophie. Quand, répondant à une de ses questions, je lui ai répondu que j’envisageais une carrière juridique, il m’a simplement dit :
— Venez prendre le thé chez moi, j’ai quelque chose à vous montrer.
Impatient de savoir ce qu’il avait à me dire, je me suis retrouvé dans une rue tranquille de Santiago, à la porte de la petite maison où habitait mon professeur.
Tasse de thé à la main, il me prit par le bras pour me conduire à sa bibliothèque. Il désigna un rayonnage recouvert de poussière où dormait une rangée de gros ouvrages reliés.
— Vous avez devant vous les volumes qui renferment les lois que tout avocat se doit de connaître par cœur. Êtes-vous sûr de vouloir consacrer votre existence à cela ?
Ce discours était bien impressionnant pour un tout jeune homme. Je pris un volume pour le feuilleter. Après avoir lu quelques paragraphes au hasard, je le reposais bien vite. Le droit n’était pas davantage fait pour moi que je n’étais fait pour lui.
Voyant ma réaction, content de son effet, le professeur reprit la parole :
— Mon cher Victor, je vous connais peut-être mieux que vous ne vous connaissez. J’ai tout de suite compris que vous êtes un philosophe né car vous aimez comprendre le pourquoi des choses. Vous avez également l’étoffe d’un historien car vous aimez savoir le comment des événements humains.
Le conseil de ce professeur était probablement l’encouragement dont j’avais besoin pour me lancer dans cette voie si improbable pour un habitant des antipodes.
Je décroche mon bac en 1956 et je m’inscris à l’université Pontificale de Santiago. Je suis de front des études de philosophie et de philologie germanique dans le secret espoir de décrocher une bourse pour étudier en Allemagne.
Dans un cursus d’études universitaires de philosophie, je ne pouvais pas me contenter du Chili. Il fallait que je me rende en Europe pour soutenir ma thèse. Le choix de l’Allemagne s’imposait : à mes yeux c’était le paradis de la philosophie.[/answer]

[question]Pourquoi un intérêt si précoce pour Heidegger de la part d’un jeune Chilien ?[/question]

[answer]A cette époque, nous étions fascinés par la philosophie de Heidegger. Il apportait une solution au conflit qui nous déchirait entre notre héritage culturel issu du catholicisme et les défis de la modernité. Il nous donnait les outils pour dépasser la religion sans pour autant abandonner notre être originel. En affirmant que l’avenir n’est rien d’autre que l’affirmation de nos origines, il apaisait les angoisses existentielles de toute une génération sud-américaine. Sans craindre la caricature, nous aimions dire qu’il réconciliait Sartre et saint Thomas d’Aquin.
Je me marie le 31 décembre 1960 et l’année suivante naît mon premier enfant, Victor Farias Zurita (aujourd’hui professeur associé d’histoire médiévale à l’université Pompeu Fabra de Barcelone). L’année suivante j’obtiens mon diplôme en rédigeant un mémoire sur Alfred Adler.
Je décroche enfin une bourse pour venir en 1963 étudier la philosophie en Allemagne à l’université de Fribourg. Je deviens l’étudiant du professeur Eugen Fink, qui avait été le dernier assistant de Husserl de 1930 à sa mort en 1938. Je découvre le sérieux du travail à l’allemande. Nous sommes restés dix semestres sur Kant en ne faisant qu’effleurer le sujet ![/answer]

[question]Comment se produit votre rencontre avec Heidegger ?[/question]

Victor Farias et le scandale de Salvador Allende [2/2]
Victor Farias et le scandale de Salvador Allende
En 1967, mon maître Eugen Fink m’informe que Martin Heidegger organise un séminaire privé sur Héraclite et qu’il dispose d’une invitation pour moi. Ce fut une expérience inoubliable que de voir un esprit aussi exceptionnel au travail entouré d’un groupe d’étudiants.
La même année, par un de ces hasards de l’existence, je me suis trouvé dans l’ascenseur en même temps que Heidegger. C’est là que m’a sauté aux yeux que lui et moi avions au moins une chose en commun, notre petite taille ! Quel paradoxe, le plus grand philosophe du xxe siècle était, tout comme moi, haut comme trois pommes.
Heidegger me reconnaît et s’adressant à moi me dit :
— Eugen Fink m’a dit que vous faisiez de l’excellent travail sur Franz Brentano. Venez chez moi à l’heure du thé m’en parler.
Vous pouvez imaginer sans peine quelle fut mon émotion. Je n’ai plus vécu en attendant l’heure d’aller sonner à sa porte. Quand il me fit entrer, j’ai vu ma thèse sur son bureau. Il l’avait lue et bien lue avant de me recevoir. Il me bombarda de questions précises sur mon texte, référencées à la page et à la ligne.
A la fin de la discussion, nous en sommes venus à parler des traductions de ses livres et il me fait part de son manque d’appétence pour l’édition mexicaine de l’Etre et le temps par José Gaos. Il me propose d’écrire une nouvelle version.
A mon grand regret je décide de décliner cette proposition car je ne suis pas traducteur. Mon refus l’étonne et il enchaîne la conversation sur l’aptitude des différentes langues à la philosophie. Il me ressort son argument bien connu que seule la langue allemande permet d’appréhender la pensée et de nous faire redécouvrir la vérité et le sens grec des choses.

[question]Cette conversation fut-elle importante pour vous ?[/question]

[answer]Je me suis rendu compte au fur et à mesure qu’il parlait que nos différences de point de vue se transformaient en abîme. Par le biais de cette question linguistique j’ai progressivement compris que Heidegger était l’esprit faustien par excellence qui veut penser l’être qui fonde les mortels et les Dieux.
Comme l’a bien expliqué plus tard Jean-François Lyotard, la philosophie de Heidegger s’oppose de plein fouet à notre héritage humaniste judéo-chrétien. Rappelons que pour les Juifs, Dieu est l’absolue transcendance, le « ce sur quoi on ne peut penser ».
A l’inverse, pour Heidegger la fondation mythologique de l’être inclut aussi Dieu.
Le choc entre ces deux vues du monde est formidable et la Seconde Guerre mondiale n’en a été que l’écho lointain.
En France, vous n’en sortez pas indemnes. Vous êtes vous aussi partagés entre deux pôles. D’un côté, l’univers catholique, latin et juif. De l’autre, enracinée dans le terreau européen, la pensée qui sécularise et laïcise le monde.
Ces quelques minutes de conversation ont joué un rôle clef dans ma vie. Je me suis alors donné pour mission de lutter contre l’hitlérisation du monde par la philosophie.
Je soutiens ma thèse en 1967 (Sein und Gegenstand. Der Gegenstand des Denkens als ontologisches Problem im Werk von Franz Brentano) et je continue à me rendre chaque jeudi au domicile de Heidegger jusqu’à mon retour au Chili en 1971.[/answer]

[question]Pourquoi rentrez-vous au Chili ?[/question]

[answer]Je suis enthousiasmé par les perspectives qui s’offrent à la gauche de mener démocratiquement une profonde transformation du pays.
Je donne des cours de littérature sud-américaine à l’université Pontificale de Santiago, alors l’université la plus engagée à gauche, tout en militant activement au sein du mouvement d’extrême gauche Movimiento de Acción Popular Unitario (MAPU).
Mais ce qui m’intéresse réellement, c’est faire la révolution : mobiliser les ouvriers, occuper les grandes propriétés, réquisitionner les usines, lutter contre le trust du cuivre. J’ai pu donner des cours à des ouvriers au sein de véritables universités populaires.
J’ai connu quelques déconvenues. Ainsi, quand relayant le projet de syndicalistes du sud du pays qui veulent occuper les usines et les propriétés du nazi en fuite Walter Rauff, j’ai été déféré devant un tribunal politique où des camarades m’ont accusé d’aventurisme. C’est mon premier contact avec l’étrange compagnonnage entre certains secteurs de la gauche chilienne et des exilés de l’Allemagne hitlérienne.[/answer]

[question]Que s’est-il passé après le coup d’état militaire ?[/question]

[answer]Le coup d’état militaire de septembre 1973 brise en mille morceaux mes rêves révolutionnaires de société socialiste démocratique et pacifique. Pour échapper à la sanglante répression organisée par l’armée, je réussis à quitter le Chili pour l’Allemagne en novembre 1973.
A mon arrivée, je retrouve mes marques à l’université de Fribourg et le professeur Rainer Marten me prend pour assistant. L’année suivante, je réussis un concours organisé par l’institut de l’Amérique latine à université Libre de Berlin et je suis nommé professeur de littérature d’Amérique espagnole.
Ce n’est qu’une dizaine d’années plus tard que je commence la rédaction de mon livre sur Heidegger et le nazisme. Voulant mieux comprendre l’homme et le replacer dans son contexte historique, je me suis métamorphosé en enquêteur, fouillant dans les archives, décortiquant les ouvrages de référence, à la recherche des liens humains, politiques et administratifs entre le grand philosophe allemand et le régime national-socialiste.[/answer]

[question]En attaquant Heidegger, n’avez-vous pas trahi votre maître ?[/question]

[answer]Le progrès naît du meurtre du père !
Plus sérieusement, la sortie en 1987 à Paris de mon livre réquisitoire Heidegger et le nazisme est un événement qui a secoué la classe intellectuelle française. Je me suis donné pour mission dans cet ouvrage de révéler ce que je considère être l’essence intrinsèquement dangereuse de Heidegger pour le devenir d’une société humaniste et démocratique. Pour moi, la philosophie de Heidegger est le cheval de Troie d’une résurgence du nazisme. Une affirmation aussi radicale ne pouvait laisser sans réagir les intellectuels et le débat ne s’est pas encore calmé. Il vient même d’être relancé dans votre pays par Emmanuel Faye dans son excellent Heidegger, l’introduction du nazisme dans la philosophie.
Au fil de mes recherches sur l’Allemagne des années noires, j’ai été étonné par le nombre de références à mon pays. Visites de médecins chiliens dans des installations eugénistes, visites de militaires allemands au Chili. Sous mes yeux se dessine toute la politique d’influence menée par le Reich en Amérique latine. Avec l’idée de m’y intéresser plus tard, j’ai entassé mes notes dans une vieille boite à chaussures sur laquelle j’écris en grosses lettres « Nazis au Chili ».[/answer]

[question]Pourquoi vous êtes-vous intéressé aux nazis chiliens ?[/question]

Victor Farias et le scandale de Salvador Allende [2/2]
Victor Farias, photographié dans son bureau berlinois, a également beaucoup travaillé pour permettre la redécouverte de textes inédits du grand écrivain argentin Jorge Luis Borges.
Je ne veux pas me reposer sur mes lauriers. Je suis obsédé par toutes les pistes que j’ai soulevées concernant l’infiltration de l’Allemagne hitlérienne au Chili. Voilà pourquoi, un beau jour, je reprends la boîte à chaussures où se trouve une centaine de petites notes et j’ai patiemment entrepris une nouvelle enquête.
Au bout de quelques mois, mes investigations dans les archives mettent en lumière l’interpénétration des élites de mon pays avec l’Allemagne hitlérienne. Médecins, militaires, juristes, artistes, hommes d’affaires, aucun secteur de la vie publique n’est épargné. La diplomatie est particulièrement gangrenée avec des exemples scandaleux comme Gonzalo Montt Rivas, consul du Chili à Prague, qui communique à la police allemande les dossiers de demande de visas déposées par des Juifs. Les dépêches reçues à Santiago sont dithyrambiques. Comme celles de Cruchaga, consul général à Berlin, qui écrit à son ministre qu’il a vu, avec des larmes de joie aux yeux, les manifestants brûler les livres « dégénérés » tout en écoutant parler à la radio le jeune ministre Joseph Gœbbels !
Ce sont ces mêmes diplomates qui refusent sans sourciller des visas aux Juifs désireux de quitter l’enfer hitlérien et qui visitent en s’extasiant les camps de concentration.
A part quelques individualités d’exception, comme la poétesse Gabriela Mistral, qui écrit au président pour le mettre en garde contre la nazification de la diplomatie chilienne, on a l’impression que de larges pans de la société font les yeux doux aux totalitarismes européens.
Des surprises de taille m’attendent. Je découvre que le grand pianiste Claudio Arrau est un farouche partisan de l’Allemagne hitlérienne, que le fondateur du Parti socialiste chilien, Marmaduke Grove, un grand ami de Salvador Allende, est financé par le Reich tout comme les trois ministres socialistes du gouvernement de front populaire dont fait partie Salvador Allende.

[question]Ces accusations sont graves. Que disent les biographes d’Allende ?[/question]

[answer]Il n’y en a pas ! Ce sont ces « points de détail » si troublants, qui expliquent vraisemblablement pourquoi il n’existe pas de biographie sérieuse de Salvador Allende.
Un des principaux éditeurs du Chili, le directeur du Fondo de cultura economica, m’a expliqué qu’il a sollicité quatre historiens pour écrire cette biographie et que tous les quatre ont renoncé en raison des pressions des partis de gauche.
En 2000 je fais paraître le résultat de mon enquête à Barcelone sous le titre Los Nazis en Chile car personne n’a osé le publier au Chili. Le débat est très vif dans tout le pays car l’opinion publique non seulement ne soupçonne pas l’étendue de la pénétration nazie mais nul ne se doute que le gouvernement hitlérien stipendiait les socialistes ![/answer]

[question]Quel a été le déclencheur de votre nouveau livre sur Salvador Allende ?[/question]

[answer]En 1985, j’ai été invité par Simon Wiesenthal à assister à la cérémonie où le chancelier Kohl allait lui remettre une prestigieuse décoration allemande.
En réalité, Wiesenthal veut profiter de l’occasion pour me rencontrer et m’interroger sur Salvador Allende.
Le lendemain, je me rends à son hôtel et nous avons eu une conversation des plus intéressantes. Tous les sujets concernant l’Amérique latine furent passés en revue : Mengele, les Syriens, les militaires argentins, Eichmann, Perón, la Colonia Dignidad et bien d’autres. Finalement il me dit :
— Il me reste une question, la plus importante, celle pour laquelle je vous ai demandé de venir. Qui était vraiment Salvador Allende ?
Cette question vient douloureusement en résonance avec mes doutes et ravive mes interrogations. Wiesenthal poursuit ses explications.
— Il s’agit d’une affaire lamentable que j’ai du mal à accepter. Voici quelques années, quand nous avons fait condamner en Allemagne Walter Rauff pour son rôle dans l’extermination des Juifs, nous avons demandé au Chili son extradition. Mais le gouvernement de droite de Jorge Alessandri a refusé en 1963 de livrer cet homme qui vivait richissime au Chili depuis les années 1950.
Quand le socialiste révolutionnaire Salvador Allende arrive au pouvoir en 1970, j’ai senti que c’était le moment de renouveler ma démarche. Je me suis rendu immédiatement à l’ambassade du Chili à Vienne où j’ai remis une lettre pour le président. J’ai reçu une réponse qui m’a beaucoup déçu. Allende bottait en touche en affirmant qu’il ne pouvait rien faire. Je relançais l’opération en suggérant à Allende qu’il déporte Walter Rauff comme la loi chilienne l’autorisait à le faire dans la mesure où le criminel nazi n’était pas naturalisé. Ma lettre était depuis un an sans réponse quand le coup d’État eut lieu.
Je connais vos grands talents d’enquêteur et j’aimerais# que vous puissiez tirer cette affaire au clair.[/answer]

[question]C’est donc Wiesenthal qui est à l’origine de votre livre ?[/question]

[answer]Wiesenthal m’a mis sur une piste comme un chien courant est lancé sur le vol-ce-l’est d’un chevreuil. J’ai mis trois ans à retrouver les documents que j’ai ajoutés à ceux déjà prévus dans mon livre sur les nazis au Chili car ils illustrent parfaitement l’ambiguïté des relations entre la société chilienne en général et le national-socialisme.
Wiesenthal avait raison. Allende aurait pu expulser en quelques heures Walter Rauff vers l’Allemagne ou vers Israël comme le fera plus tard le gouvernement bolivien avec Klaus Barbie ou, voici quelques mois, le président argentin avec le détestable Paul Schäfer, le fondateur de la Colonia Dignidad. La non-réponse du président n’a rien à voir avec le coup d’État. En fait je suis convaincu qu’Allende a voulu protéger Rauff. En revanche, je ne peux qu’avancer des hypothèses pour expliquer les raisons d’une attitude si paradoxale de la part d’un dirigeant révolutionnaire. Il est possible que Walter Rauff figure parmi les financiers de sa campagne sénatoriale de 1969.
A mes yeux, il s’agit d’une incohérence de plus qui illustre les contradictions d’Allende, un homme qui pouvait en même temps participer à la fondation d’un parti socialiste d’inspiration marxiste et rédiger une thèse où il qualifie les révolutionnaires de psychopathes ![/answer]

[question]Ne peut-on pas parler de péchés de jeunesse d’Allende ?[/question]

[answer]Il est vrai qu’il soutient sa thèse à 25 ans et qu’il défend son projet de loi eugéniste à 29 ans. Par la suite, il ne reprendra jamais ces sujets, mais il ne se rétractera pas non plus.
En ce qui concerne Walter Rauff ou son refus d’intervenir contre la Colonia Dignidad, un véritable repaire de néo-nazis, on ne peut plus parler de péchés de jeunesse.
Ce sont ces révélations très déconcertantes sur Allende qui m’ont servi d’aiguillon pour en savoir plus sur ce personnage majeur de l’histoire de mon pays. Pour mieux connaître son itinéraire de médecin, j’ai fouillé les archives médicales… et je suis tombé sur sa thèse. Afin de mieux cerner ses premiers pas dans la vie politique, j’ai examiné son action comme ministre de la santé et je suis tombé… sur son projet de loi eugéniste.
Ces deux documents ont servi de base à mon livre sur Salvador Allende. J’ai pu le publier au Chili mais j’ai eu toutes les peines du monde à trouver un éditeur assez intrépide pour s’attaquer au mythe Allende en France ou en Espagne. En revanche, les éditeurs allemands, italiens ou britanniques se défilent !
Le but de mon travail est de mettre la gauche chilienne en face de ses responsabilités. Le cas d’Allende n’est qu’un des nombreux exemples d’incohérence idéologique et d’ambiguïtés personnelles qui ont conduit le projet révolutionnaire chilien à l’échec.
Un jour viendra où un historien courageux osera s’affronter à la mémoire collective de la gauche et répondre enfin à cette question : « qui était vraiment Salvador Allende ? ».[/answer]

Entretien réalisé à Berlin le 22 juillet 2005

Salvador Allende fut-il antisémite, raciste et eugéniste ? [1/2]

Salvador Allende lors de la campagne présidentielle de 1964 / crédit photo : Biblioteca del Congreso Nacional - Chile

[box class=”warning”]Les informations sur la confirmation du suicide de l’ancien président chilien Salvador Allende risquent de raviver les polémiques récentes sur son passé. Voici quelques années, des controverses avaient sérieusement entaché l’icône du monde progressiste, tombé les armes à la main contre la réaction. En 2005, la revue Aventures de l’histoire publiait un entretien réalisé par son rédacteur en chef avec l’universitaire chilien Victor Farias, l’homme par lequel le scandale est arrivé. Nous remercions aventuresdelhistoire.blogspot.com de nous avoir autorisé à reproduire ce texte.[/box]

[box]Salvador Allende, le président socialiste du Chili victime de Pinochet, mérite-t-il sa place au sommet du panthéon de la gauche bien-pensante ? Un ouvrage polémique, mais bien documenté, de Victor Farias l’accuse d’être un eugéniste convaincu, un antisémite radical, un agent stipendié de l’Allemagne hitlérienne, un capitaliste sans scrupules et un protecteur de nazis en fuite. Info ou intox ? Nous sommes allés interviewer Victor Farias pour en savoir plus.[/box]

Salvador Allende, l’ancien président du Chili, est un des rares révolutionnaires qui ait voulu imposer le socialisme en respectant les règles du jeu démocratique. Depuis sa mort lors du coup d’État militaire qui l’a renversé en septembre 1973, il est devenu une des seules icônes présentables de la gauche internationale, bénéficiant, avec le Che Guevara, d’une des dernières formes de culte à la personnalité.

On comprend mieux le scandale déclenché par Victor Farias, philosophe et universitaire chilien, qui accuse Allende, preuves en main, dans son dernier livre Salvador Allende : contra los judios, los homosexuales y otros « degenerados », d’avoir dans sa jeunesse partagé les idées racistes et eugénistes d’une fraction des médecins de son temps.

Pire, ministre de la Santé du gouvernement de Front populaire entre 1939 et 1942, Allende a cherché à faire adopter une loi eugéniste plus radicale encore que celle en vigueur dans l’Allemagne hitlérienne.

L’imprécateur de Berlin

Victor Farias dans les locaux de l’université Libre de Berlin
Victor Farias dans les locaux de l’université Libre de Berlin

Victor Farias, brun et râblé, est un petit homme qui semble s’être quelque peu étiolé sous le pâle soleil du Brandebourg. Mais il ne faut pas se laisser prendre à son apparence physique. Il recèle en lui une énergie insoupçonnée, une soif de justice qui en fait un visiteur infatigable des archives où sommeillent les preuves des errements de nos sociétés.

Homme de gauche, professeur de littérature à la très militante université Libre de Berlin, Victor Farias fait parler de lui pour la première fois en 1987 en publiant à Paris Heidegger et le nazisme, un livre réquisitoire dans lequel il cherche à démontrer que le lien existant entre le grand philosophe allemand et le national-socialisme ne se limitait pas à des contacts administratifs et à un bref moment d’égarement, mais que l’universitaire et le régime partageaient l’essentiel, une vue du monde commune.

Accueilli favorablement par la gauche parisienne qui trouvait dans cet exilé chilien un allié de poids pour combattre le puissant clan des heideggeriens français, Victor Farias n’est plus en odeur de sainteté dans le microcosme depuis qu’il a publié plusieurs volumes sur l’histoire de la gauche chilienne de 1969 à 1973 où il analyse sans concessions les causes de la défaite. Son verdict est sans appel : l’échec du socialisme chilien est principalement dû à son incapacité politique et révolutionnaire.

Il aggrave son cas en 2000 en sortant un dossier solidement documenté intitulé Los Nazis en Chile où il dévoile un pan interdit de la mémoire de son pays, les liens entretenus par ses élites avec l’Allemagne hitlérienne, impliquant des personnalités comme le pianiste Claudio Arrau, le général Pinochet et même le président Allende dont il questionne les motifs de son refus d’expulser Walter Rauff, réclamé pour crime contre l’humanité à la fois par la République fédérale d’Allemagne et par Israël.

Toujours soucieux d’aller aux sources, l’universitaire profite de sa facilité d’accès aux archives de la période national-socialiste. Quelle n’est pas sa surprise quand il découvre dans les dossiers poussiéreux de l’Auswartige Amt, le ministère des Affaires étrangères du IIIe Reich que Marmaduke Grove, le fondateur du Parti socialiste chilien était stipendié par Berlin tout comme les ministres socialistes du gouvernement du front populaire dont… Salvador Allende !

Avant de porter un jugement sur Allende, il faut se garder de tout anachronisme. Nous sommes en pleine idylle entre le mouvement communiste et l’Allemagne hitlérienne. Le pacte de non-agression entre Berlin et Moscou a été signé en août 1939. En France, les militants communistes restés fidèles à Moscou sabotent allégrement l’effort de guerre de leur pays.

En Amérique latine, l’Allemagne est bien loin et l’argent est toujours bon à prendre pour des politiciens dans l’ensemble assez largement financés par des groupes de pression. Berlin n’aurait-il été pour Allende qu’un lobby de plus ?

Tenaillé par le doute, et encouragé par Simon Wiesenthal, Victor Farias cherche à mieux connaître l’homme Allende tel qu’il était au début de sa vie militante et publique.

A la suite d’une recherche minutieuse dans les archives des universités et des institutions médicales du Chili, Victor Farias exhume la thèse de doctorat soutenue en 1933 par Salvador Allende à la faculté de Médecine de Santiago du Chili et intitulée Higiene Mental y Delincuencia (« Hygiène mentale et délinquance »). Cette soutenance était le résultat d’abondantes lectures et de son travail d’interne à l’asile psychiatrique de la capitale. En analysant la littérature médicale de son temps, Victor Farias a non seulement replacé ce travail universitaire dans son contexte local, mais plus largement dans le débat d’idées et d’influences entre le Chili et l’Europe, plus particulièrement avec l’Allemagne.

Le Salvador Allende révélé par ces textes est un médecin qui adopte résolument la vision la plus conservatrice et autoritaire de la pratique professionnelle de son époque. Rappelons qu’au moment où Allende soutient sa thèse, Alexis Carrel triomphe tant en Europe qu’aux États-Unis.
En lisant le texte, on découvre que l’étudiant Allende reprend à son compte les thèses de chercheurs comme Cesare Lombroso associant certains types de délinquance avec une origine ethnique ou raciale.

Comme Allende cite ses auteurs de référence sans guillemets ni notes, il est difficile au lecteur de savoir si l’étudiant en médecine cite ses illustres prédécesseurs pour information ou bien s’il reprend à son compte leurs opinions. Un étudiant contemporain n’oserait pas présenter une thèse en l’état devant un jury, même dans une faculté de Médecine.

Dans le texte on trouve des commentaires peu amènes sur les Gitans, les Arabes, les Juifs. Ces derniers « se caractérisant par des formes déterminées de délinquance : l’escroquerie, la diffamation, la calomnie et, surtout, l’usure. » Allende conclut : « Ces informations laissent soupçonner que la race influe sur la délinquance ». Il ajoute toutefois que l’on manque de données pour quantifier cet impact.

Dans son analyse, Victor Farias souligne qu’Allende écrit que les Juifs sont dans leur ensemble naturellement délinquants, ce qui est à ses yeux la caractéristique indiscutable d’une pensée antisémite.

Autre exemple, quand Allende évoque les travaux du médecin uruguayen Jose Maria Estape identifiant un atavisme biologique dans le vagabondage chez les Gitans et quelques tribus de Bohème, l’étudiant prend l’initiative d’ajouter à l’énumération les Juifs alors que ces derniers ne figurent pas dans les textes d’Estape.

Victor Farias n’hésite pas à écrire que la thèse du jeune Salvador Allende révèle que celui-ci a dépassé l’antijudaisme catholique traditionnel, condamnant les Juifs comme peuple déicide, pour adopter le pire des racismes scientifiques, y compris dans son versant antisémite.
Quand Allende affirme au début la quatrième partie : « L’individu est l’unité de la race », il ne cite aucun auteur. Il l’énonce comme un fait. Précisons qu’il entend le terme espagnol raza dans le même sens que le français « race » et non pas dans le sens allégorique qu’il peut avoir dans l’expression Día de la raza dans laquelle le mot désigne l’ensemble des peuples métis issus de la colonisation espagnole. Toutefois, à cette époque, dans un pays comme le Chili le mot « race » a un sens plus large que la stricte interprétation biologique en vigueur, par exemple, dans l’Allemagne hitlérienne.
En soi, il n’est guère étonnant qu’un jeune homme issu de la bonne bourgeoisie chilienne catholique soit habité par des préjugés antisémites. En revanche, il est plus étonnant que ces sentiments trouvent leur traduction scientifique chez un futur médecin qui est déjà connu pour son engagement à gauche et qui revendique sa connaissance des classiques marxistes.

En 1971, dans la version originale de ses « Entretiens avec Allende » (Punto Final, 1971), Régis Debray rapporte que le président affirmait avoir été en 1933 un des fondateurs du Parti socialiste chilien, qu’il définissait comme une organisation marxiste reposant sur la dictature de travailleurs organisés. Quelques années plus tard, devenu chef de l’État, Allende parlera de la révolution chilienne comme de la « fille cadette de la révolution soviétique ».
Victor Farias ajoute qu’il faudrait également s’interroger sur la date réelle de l’adhésion d’Allende au marxisme dans la mesure où la reprise à son compte des idées de Cesar Lombroso sur l’individu et la masse sont difficilement compatibles, non seulement avec les thèses de Marx, mais aussi avec un système démocratique.

Dans son texte, Allende dépasse la pensée de Lombroso pour critiquer le phénomène révolutionnaire, criminogène en soi, sans que l’on y puisse lire, d’après Farias, une critique voilée des mouvements fasciste et national-socialiste. Le jeune médecin envisage même d’interner les révolutionnaires dans des asiles psychiatriques spécialisés. Cette idée sera reprise par les Soviétiques pour y « traiter » les dissidents.

Un eugéniste au pouvoir

Six ans plus tard, Salvador Allende devient ministre de la Santé du gouvernement de Front populaire du président Pedro Aguirre Cerda.
Le jeune médecin, devenu homme politique de gauche, n’a rien perdu de ses convictions acquises lors de son travail à l’asile psychiatrique de Santiago et qui ont été mises en valeur dans sa thèse.

Le ministre doit mettre en pratique les orientations présidentielles en politique de santé détaillées dans le décret de 1939 sur l’« amélioration de la race » dans le cadre d’un « Institut national pour la défense de la race et pour la mise en valeur du temps libre » dont les points communs avec le Doppolavoro de Mussolini et avec le Kraft durch Freude hitlérien sont évidents. Parmi les personnalités choisies par Allende pour diriger cet institut, on trouve le général Francisco Javier Diaz Valderrama, créateur en 1932 du premier parti national-socialiste chilien, reconnu comme tel par la maison mère allemande.

Ci-dessus : un des passages les plus incroyables de la thèse soutenue par Salvador Allende, où le futur ministre de la Santé et futur président révolutionnaire du Chili se fait le porte-parole de l’antisémitisme le plus rétrograde en dénonçant les « tares » des Juifs : « escroquerie, falsification, calomnie et, surtout, usure ».
Ci-dessus : un des passages les plus incroyables de la thèse soutenue par Salvador Allende, où le futur ministre de la Santé et futur président révolutionnaire du Chili se fait le porte-parole de l’antisémitisme le plus rétrograde en dénonçant les « tares » des Juifs : « escroquerie, falsification, calomnie et, surtout, usure ».

La même année, Allende publie La Realidad Medico-Social chilena, un vibrant panégyrique de la « race » et de la « virilité » du peuple, mises en péril par le système capitaliste. Selon Victor Farias, le plan mis au point par Salvador Allende pour rendre aux Chiliens leur « race » et leur « virilité » passe par une politique active d’eugénisme négatif conduisant à la stérilisation forcée de milliers de malades mentaux.

Allende se fait ainsi le reflet des idées les plus polémiques de son temps. Alexis Carrel écrit en 1935 dans l’Homme cet inconnu : « Pour la perpétuation d’une élite, l’eugénisme est indispensable. Il est évident qu’une race doit reproduire ses meilleurs éléments ». Le philosophe Martin Heidegger, compagnon de route du national-socialisme, se prononce lui aussi en 1934 en faveur de l’eugénisme devant l’institut de Pathologie de l’université de Fribourg.

Dans une lettre au quotidien socialiste La Nacion, le ministre Allende explique que sa politique de santé repose sur trois mesures phare pour « défendre et améliorer la race » : le traitement obligatoire des toxicomanies, la lutte contre les maladies vénériennes et la criminalisation de toute contamination et, enfin, la stérilisation d’office des aliénés.

Victor Farias en déduit que le projet de loi eugénique résulte d’une initiative personnelle de Salvador Allende qui trouve ainsi l’occasion de mettre en pratique les idées ébauchées dans sa thèse. Il serait faux de penser que la législation légalisant l’eugénisme négatif est l’apanage de l’Allemagne national-socialiste ou de l’Italie fasciste. Les États-Unis font figure de pionniers dans ce domaine. En 1907, l’Indiana adopte une loi de stérilisation obligatoire des dégénérés héréditaires. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, plus de trente États sont dotés d’une telle législation. L’opposant le plus virulent de l’eugénisme est l’Église catholique qui a condamné formellement cette pratique en 1931, interdiction renouvelée par Pie XII en 1933 puis ultérieurement en 1958.

Un parallélisme inquiétant

Le projet de loi d’eugénisme négatif, voulu et encouragé par Salvador Allende, est élaboré entre 1939 et 1941 par une commission nommée par lui et composée notamment de Hans Betzhold et d’Eduardo Brücher, deux médecins adeptes des méthodes mises en œuvre en Allemagne.
Dans son livre Eugenesia, non seulement Hans Betzhold cite Mein Kampf à l’appui de ce projet, mais il rend hommage à Salvador Allende sans lequel il n’aurait jamais vu le jour !

Dans son livre, Victor Farias s’applique à mettre en parallèle la loi allemande et le projet chilien. Les similitudes sont frappantes et le texte sud-américain va même plus loin que la loi allemande en autorisant la stérilisation forcée des alcooliques chroniques. A la grande déception de Salvador Allende, le texte est enterré grâce à la démolition du projet, menée non par la gauche, mais par les mandarins humanistes et maçons de la Société chilienne de neurologie, psychiatrie et médecine légale qui mettent en lumière ses incohérences scientifiques et morales.

Retrouver le vrai Allende

Sans être un historien patenté, Victor Farias est un universitaire réputé. Dans sa brève enquête sur les jeunes années de Salvador Allende, il a mis le doigt sur des points précis de l’histoire de son pays qui devraient interpeller les historiens professionnels.
Par exemple, dans quelle mesure les idées racistes avancées par Allende dans sa thèse se retrouvent-elles dans ses papiers personnels ? La rédaction hasardeuse de ce texte ne permet pas de trancher avec certitude entre les citations qui sont données à titre informatif et celles qui reflètent sa pensée.
Il est moralement impératif de mieux connaître les bénéficiaires de l’argent de la corruption versé par le gouvernement national-socialiste allemand aux ministres socialistes chiliens entre 1939 et 1941 parmi lesquels figurait Salvador Allende.

Les archives du ministère de la Santé contiennent probablement tout l’échange de correspondance entre Salvador Allende et la commission chargée de rédiger le projet de loi eugéniste. Leur étude permettrait de mieux comprendre l’évolution des idées du futur président.

Enfin, une enquête approfondie sur les sénatoriales de Chiloé, Magallanes et Aysen, à la veille de sa victoire aux présidentielles, trancherait la question de ses liens personnels avec Walter Rauff qui, selon l’hypothèse de Victor Farias, aurait largement financé sa campagne électorale.

Cette relation clientéliste expliquerait le refus du gouvernement d’Unité populaire de donner une suite aux propositions de syndicalistes du sud du pays (défendues alors par Victor Farias), d’occuper les entreprises gérées par Walter Rauff. Ces relations ambiguës seront à nouveau à l’œuvre quand Allende n’expulsera pas l’Allemand comme le demandait Simon Wiesenthal.

Victor Farias a mis publiquement au défi les historiens, et en premier lieu ceux de son pays, de répondre à ces questions en s’attelant à un véritable travail universitaire sur la vie de Salvador Allende.

Avec un passé si compliqué et si éloigné de l’image d’Épinal diffusé par la vulgate révolutionnaire, il n’est pas étonnant, plus de trente ans après la mort du président chilien, qu’il n’existe pas biographie sérieuse sur lui et, qu’à notre connaissance, il n’y en ait aucune en projet.

Pour en savoir plus

Salvador Allende : contra los judios, los homosexuales y otros « degenerados », Victor Farias, 174 p., Altera, Barcelona, ISBN 84-89779-67-8.
Le texte original de la thèse en médecine de Salvador Allende est disponible en format pdf sur le site : http://www.elclarin.cl/hemeroteca.html.
« De Manicomio Nacional a Hospital Psiquiátrico », Eduardo Medina, Revista chilena neuro-psiquiatrica, 2001, vol. 39, n° 1, pp. 78 à 81.
Entretiens avec Allende sur la situation au Chili, Régis Debray, 179 p., F. Maspero, 1971.
« The Eugenic Temptation in Socialism : Sweden, Germany, and the Soviet Union », Alberto Spektorowski, Comparative Studies in Society and History, vol. 46, n° 1, Cambridge 2004.
« The politics of human heredity in the USSR, 1920-1940 » Adams, Mark B., Genome 31, pp. 879-884.
Heidegger, l’introduction du nazisme dans la philosophie, Emmanuel Faye, Albin Michel, 2005, ISBN 2-226-14252-5.
Lyssenko, histoire réelle d’une « science prolétarienne », Dominique Lecourt, Presses universitaires de France, 1995, ISBN 2130473024.
Heidegger et le nazisme, Victor Farias, Verdier, 1987, 332 p., ISBN 2-86432-063-0.

[box class=”info”]A suivre : l’entretien avec Victor Farias.[/box]

Schöllnstein, ou le “mini” Lampedusa bavarois

Schöllnstein, ou le "mini" Lampedusa bavarois

21/07/2011 – 11h30
MUNICH (NOVOpress) — Ubu roi de Bavière ? Le service régional en charge des demandes d’asile submerge un paisible village sous un afflux de postulants. Sur place, tout le monde est furieux et les tensions sont palpables.

Évincées par la médiatisation de l’île de Lampedusa, d’autres régions d’Europe, que l’on pensait jusqu’à présent épargnées par la question des flux de “réfugiés”, connaissent un destin curieux.

Connaissez-vous Schöllnstein ? Paysage de carte postale, ce petit village typique de Bavière niché dans les collines, surplombé des restes d’un château médiéval et dont les chalets de bois sont ornés de volets multicolores, s’est vu du jour au lendemain gratifié d’une centaine de réfugiés en provenance d’Afghanistan, de Somalie ou d’Irak. Au grand dam des habitants (71 âmes), qui n’ont rien demandé, mais semble-t-il également au désespoir desdits réfugiés : car à Schöllnstein, il n’y a rien. Ou du moins pas grand chose, mis à part quelques fermes, une église, une caserne de pompiers et une onéreuse ligne de bus qui relie 2 fois par jour le petit village à la ville la plus proche.

Choc des civilisations

Si différents témoignages font état d’une cohabitation de plus en plus difficile entre les nouveaux arrivants, qualifiés “d’agressifs” et “oisifs” et la population locale, il ne semble pas pour autant exister la moindre solution à ce problème à l’échelon régional. « C’était une urgence. Nous devions accueillir beaucoup de monde très rapidement », explique simplement Michael Bragulla, porte-parole du gouvernement de Basse-Bavière, au sujet des réfugiés dont l’installation date maintenant d’une année.

Schöllnstein n’est pas un cas isolé : 15 “zones rurales” abritent environ un millier de réfugiés dans le district de Basse-Bavière, la plupart du temps parachutés sans véritable concertation avec les élus locaux et la population, avec les conséquences que l’on devine. Si le porte-parole du gouvernement affirme que le maire était au courant, ce dernier affirme avoir appris la nouvelle par les journaux…

La situation difficile que traversent les habitants de Schöllnstein est, dans un contexte plus général, l’illustration parfaite de l’abîme qui sépare les grands principes abstraits et universels que sont les “terres d’asile”, de leur application concrète, pour le malheur des populations locales comme des expatriés.

[box class”info”]Crédit photo : www.schoellnstein.de[/box]

Face à la crise, Israël accélère la colonisation

Face à la crise, Israël accélère la colonisation

21/07/11 – 09h45
TEL-AVIV (NOVOpress)
– L’État israélien fait actuellement face à un mouvement qui peut être comparé à celui des « indignés » espagnols.

En effet, depuis une semaine plusieurs dizaines de tentes sont érigées sur le boulevard Rothschild, dans un quartier huppé de Tel Aviv, pour protester contre l’envolée des prix de l’immobilier. Le mouvement semble prendre de l’ampleur et relance le débat sur la pérennité de l’économie du pays, qui connaît des difficultés malgré une croissance annuelle de 5 %.

Pour répondre à cette contestation, Israël a annoncé lundi son intention de construire 294 nouveaux logements dans deux colonies de peuplement de Cisjordanie occupée, une initiative visant à faire baisser les prix des logements qui ont grimpé ces dernières années et à apaiser ainsi la colère de l’opinion, bien que ces nouvelles occupations soient illégales au vue des résolutions de l’ONU et représentent un nouvel obstacle dans d’hypothétiques négociations de paix.

La Ligue du Nord vote pour l’arrestation d’un proche de Berlusconi

La Ligue du Nord vote pour l’arrestation d’un proche de Berlusconi / crédit photo : camera.it

21/07/11 – 09h32
ROME (NOVOpress)
– Nouvelle déconvenue pour le « cavaliere » : la Chambre des députés a autorisé l’arrestation d’Alfonso Papa, un député du parti de Silvio Berlusconi et proche de ce dernier, pour son implication dans une affaire de corruption.

Ce vote favorable à l’arrestation a bénéficié des voix de la Ligue du Nord, nouveau signe des graves divisions qui agitent actuellement la majorité.

Au cours d’un vote à bulletin secret, 319 députés ont voté en faveur de l’arrestation du député tandis que 293 ont voté contre.

Ce vote est un nouveau revers pour le chef du gouvernement Silvio Berlusconi qui avait appelé à voter contre l’arrestation d’Alfonso Papa impliqué dans une vaste affaire de corruption et de conflits d’intérêt.

[box class=”info”]Crédit photo : camera.it[/box]

Rétablir les frontières pour le bonheur des peuples

Rétablir les frontières pour le bonheur des peuples

[box class=”info”] Article repris du site Zentropa[/box]

La frontière. A ce seul mot, on frémit. On pâlit même. La frontière, c’est l’enfermement, la séparation, l’exclusion!

Inutile de le nier, la frontière a mauvaise presse. Et cela n’a rien d’étonnant puisque sa disparition totale de la surface de planète est l’une des conditions sine qua non de l’accomplissement final du règne de la marchandise. Le «village global » n’est rien d’autre que le nom poétique du « supermarché global », horizon rêvé du système capitaliste.

Car la frontière, en réalité, n’est pas ce qui « exclut », c’est ce qui différencie ; ce n’est pas ce qui « rejette » mais ce qui distingue ; ce n’est pas ce qui « isole » mais ce qui régule ; ce n’est pas ce qui « enferme » mais ce qui organise.

Or la marchandise ne tolère que l’uniforme et le dérégulé.

Une frontière est une porte. Fermée, ouverte, entrouverte, gardée, libre… elle intègre diverses « possibilités » qui sont autant de garde-fous à la fluidité incontrôlable du marché. Comme cette cloison qui nous sépare de l’appartement contigu, la frontière nous protège et assure notre indépendance sans jamais nous empêcher d’échanger, de débattre ou de nous lier avec notre voisin.

Le sans-frontièrisme utopique de trop d’anticapitalistes en fait aujourd’hui les alliés objectifs de cette « société ouverte » (improprement nommée d’ailleurs puisque rien ne peut être « ouvert » quand il n’existe plus d’extérieur, plus de différence entre ici et ailleurs…), sans borne, limite ni régulation qui est l’espace rêvé de développement du totalitarisme marchand, comme l’avait d’ailleurs bien compris Jean Jaurès, lorsque par exemple il écrivait au Congrès de la Paix de Lausanne : « “Je n’ai jamais été un partisan bien vif des idées et des principes du cosmopolitisme. Ils ont quelque chose de trop vague, de trop idéal, malgré certains côtés brillants et spéciaux, je crois que leur effet le plus certain est d’effacer ou de trop amoindrir l’amour de la Patrie et le devoir de la responsabilité civique.”

Car il n’existe pas, il ne peut pas exister, de « libre circulation absolue des hommes » qui n’induise pas la même libre circulation pour les marchandises, les capitaux, les appétits financiers et les trafics de tous ordres. L’abaissement des frontières, ce n’est pas la fraternité universelle et l’enrichissement culturel réciproque, c’est la délocalisation et le dumping social. Quand les rêves, si beaux et généreux soient –ils, tournent immanquablement au cauchemar quand ils sont transposés dans le réel, il convient de rompre avec eux, sous peine de voir son aveuglement se muer en complicité. Le néo-esclavagisme contemporain se goinfre quotidiennement d’idiots utiles au cœur généreux et au poing levé défilant pour la régularisation des clandestins et l’ouverture des frontières, employant ainsi toute leur belle énergie militante à fournir au Capital une main d’œuvre bon marché, corvéable à l’envie et exerçant une pression à la baisse sur les salaires locaux.

Droit des peuples à disposer d’eux mêmes, à vivre sur leur sol selon leurs lois et leurs traditions, dans la dignité et la paix, droit de vivre et travailler au pays, droit à l’autonomie et à l’indépendance, voilà quels sont quelques uns des principes à opposer à la frénésie uniformisatrice du capital marchand et non une naïve et faussement festive promotion du chaos ethnico-culturel produit par des flux migratoires gigantesques qui baladent la misère du monde sur l’ensemble le globe au grès des besoins des Thénardiers de la finance internationale !

La charité mal comprise et mal appliquée mène toujours aux plus grandes catastrophes, surtout quand elle se nourrit de motivations pas toujours aussi nettes et pures que les discours pourraient laisser paraître. Il y a en effet dans le sans-frontiérisme contemporain et son corollaire « immigrationniste » d’indiscutables relents de mauvaise conscience post-colonial, étrangement mêlé d’un néo-paternalisme doublé d’un occidentalo-centrisme qui ne disent pas leur nom. Pour les promoteurs de ces tendances, en effet, point de salut hors de l’occident ! Il faut faire venir à nous, « élever » jusqu’à notre merveilleux modèle, ces peuples du sud, victimes perpétuelles, accablés par l’histoire autant que par la géographie, et dont la rédemption ne peut passer que par une installation sous nos latitudes, à l’ombre d’une grande surface et d’une enseigne de restauration rapide. Laissez-venir à nous les petits enfants africains ! Qu’ils peuplent nos arrières-cuisines de restaurants, nos chantiers de BTP, qu’ils gardent nos entrées de discothèques, ramassent nos poubelles ou qu’ils sombrent dans la drogue, la violence et la délinquance… Peu importe, ils seront toujours mieux ici que chez eux, puisque ici c’est le paradis « civilisé » !

Réglons donc la facture de ce passé colonial qui a tant de mal à passer par un contrat d’apprentissage de 6 mois payé à 80% du smic !

L’occident étant l’eldorado et la société de consommation l’horizon indépassable de l’humanité, il convient donc – c’est un devoir quasi religieux ! – de s’ouvrir au maximum pour faire bénéficier de tous nos bienfaits la planète entière qui ne saurait trouver de voie de salut sans être guidé par nous, « nous » s’exprimant généralement par la plume d’un éditorialiste de Libé ou la voix d’une actrice milliardaire mais « impliquée ».

Il est d’ailleurs « signifiant », comme disent les psychanalystes, de noter que les plus farouches contempteurs de l’idée de frontière se recrutent dans les catégories sociales les plus élevées, les castes aisées qui sont les principales bénéficiaires du règne marchand, cette « hyper-classe » qui confond son nomadisme de luxe, sa dromomanie aseptisée faite de voyages en first class, d’hôtels de charme, de cocktails et de visites de musées, avec l’arrachement et la déculturation, ponctués de drames sans nom, parsemés de cadavres, que représentent les migrations imposées.

L’uranium plus abondant que jamais ?

12/07/2011 – 11h30
NEW DELHI (NOVOpress) –
Un des arguments des écologistes à l’encontre de l’énergie nucléaire est que les faibles réserves mondiales en minerai d’uranium peuvent conduire rapidement à une hausse considérable du coût du combustible si les prévisions d’ouverture de nouvelles centrales viennent à se réaliser.

Le 19 juillet 2011, le président de la Commission de l’énergie atomique de l’Inde a annoncé qu’une étude de quatre années de la mine de Tumalapalli, près de la ville d’Hyderabad, vient de se conclure et révèle que ce site peut contenir 150 000 tonnes d’uranium.

Si ces estimations se confirment, la mine, où les opérations d’extraction vont commencer cette année, sera dotée des plus grandes réserves en minerai d’uranium dans le monde.

Ces dernières années, pour sécuriser les approvisionnements d’un ambitieux programme de développement de l’énergie nucléaire, l’Inde avait conclu des accords d’approvisionnement avec la France, le Kazakhstan et la Russie.

Opérant quatorze centrales (plus huit à caractère militaire), l’Inde envisage l’ouverture de trente nouveaux réacteurs d’ici à 2050 afin que la part de l”énergie nucléaire dans le total de l’énergie produite passe de 3 à 30 % au cours des trente prochaines années.

La découverte des réserves de la mine de Tumalapalli peut se révéler cruciale pour l’approvisionnement du pays en combustible nucléaire et, indirectement, pour contribuer à alimenter le marché international dans lequel la France joue un grand rôle.

Vérité historique : le président Allende s’est bien suicidé

Vérité historique: le président Allende s'est bien suicidé

20/07/11 – 10h00
SANTIAGO (NOVOpress)
– C’est un rapport médico-légal officiel qui met un terme à des années de controverses, d’assertions et d’affirmations souvent plus idéologiques qu’historiques.

Le service médico-légal chilien a en effet confirmé que l’ex-président socialiste Salvador Allende (photo) s’est suicidé le jour du coup d’Etat militaire (cornaqué par la CIA) du 11 septembre 1973.

C’est un membre de la famille du défunt, dont la dépouille avait été exhumée pour expertise, qui a révélé cette information.

“La conclusion est la même que celle de la famille Allende. Le président Allende, le 11 septembre 1973, alors qu’il se trouvait dans des circonstances extrêmes, a pris la décision de se suicider plutôt que d’être humilié ou de subir toute autre chose”, a déclaré la fille de l’ex-président, Isabel Allende.