Kaboul : embarquement immédiat, par Francis Bergeron

kaboul migrants

C’est le plus catastrophique des scénarios : sont coincés dans l’aéroport de Kaboul et à ses abords des centaines d’Occidentaux, essentiellement des soldats américains, mais aussi des dizaines de milliers d’Afghans qui tentent de fuir les talibans. Les routes vers l’aéroport sont désormais contrôlées par les fondamentalistes islamistes. Tous ceux qui espéraient pouvoir rejoindre encore l’aéroport ont rebroussé chemin, et des témoins ont vu les corps de femmes, assassinées parce que portant un jean et étant sorties de chez elles sans être accompagnées par un homme. Les talibans offrent beaucoup de similitudes avec les Khmers rouges quant à leurs méthodes. Ce qui ramène les Etats-Unis 45 ans en arrière.

Compte tenu des saturations à la dernière porte de sortie du pays, le président Biden, dans un sursaut de lucidité, a évoqué un maintien des soldats américains sur le sol afghan au-delà du 31 août. Mais c’est trop tard, le mal est fait, la désorganisation est totale, la panique générale.

Les talibans ont d’ailleurs rejeté l’idée d’un maintien de la présence américaine au-delà du 31 août. Ils laissent entendre qu’ils attaqueront alors l’aéroport, qui n’est plus qu’une masse de civils. Il reste une semaine tout juste avant cette échéance, les assauts, les bombardements meurtriers. La panique s’est emparée de la foule, au point que sept personnes, dont une fillette, sont mortes, piétinées.

Pour le porte-parole des talibans, cette date du 31 août est « une ligne rouge ».

Les islamistes retournent contre Biden ses propres propos puisque c’est lui qui a fixé cette échéance pour le départ du dernier Américain. Le porte-parole des talibans en conclut que, si des soldats américains sont toujours là le 1er septembre, « cela signifie qu’ils prolongent l’occupation, alors que ce n’est pas nécessaire ». A toute demande de prolongation « pour poursuivre les évacuations, la réponse est non », a-t-il ajouté. On ne peut être plus clair.

Un Biden velléitaire, maladroit

L’ancien président Trump n’a pas manqué de souligner « l’extrême incompétence » de son successeur qui a lui-même fixé des échéances intenables. Biden s’avère velléitaire et maladroit, aux commandes du pays, à un moment capital de sa présidence. Et les surnoms pas très aimables que lui avait collés Trump pendant la campagne électorale : Joe l’endormi, Joe la lenteur, Joe le planqué, semblent devenir une réalité sous les yeux de la planète entière.

Biden est d’ores et déjà en plus mauvaise position que Carter, considéré pourtant par les historiens américains comme le plus mauvais président de l’après-guerre.

Sur le terrain, les évacuations se poursuivent. Depuis la chute de Kaboul, une centaine de Français, une quarantaine d’autres Occidentaux et un millier d’Afghans ont été évacués par le biais de la filière française. Parmi le millier d’Afghans, un taliban et quatre autres hommes qui lui sont proches ont été identifiés. Ils sont à présent sur le sol français, et personne ne sait comment traiter ces cas. Comment savoir en effet si ces hommes ont embarqué pour profiter d’un effet d’aubaine ou s’ils étaient en service commandé pour mener des actions terroristes en Europe ? Peut-être le contingent débarqué compte-t-il d’autres talibans ?

Pour sa part, la Maison-Blanche dit avoir évacué 37 000 personnes, et pense être en mesure de faire partir tous les Américains. Quant aux autres, en particulier les Afghans qui tentent d’échapper à une mort certaine, ce sera vae victis, si on comprend bien.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 11 août 2021

Crise afghane : le RN lance une pétition contre « l’accueil massif de réfugiés »

réfugiés afghans

Alors que les premiers avions de « réfugiés » afghans se sont déjà posés sur le sol français et que les appels, toujours plus larmoyants, à un « accueil inconditionnel » se multiplient, le parti de Marine Le Pen a lancé une pétition en ligne pour s’opposer à la perspective d’une nouvelle arrivée massive de migrants.

Sans bien entendu nier « la détresse évidente d’une partie de réfugiés légitimes », le texte de la pétition indique que « ce qui importe prioritairement, c’est la protection de nos compatriotes » et que « le droit d’asile ne doit pas continuer à être, comme il l’est actuellement, le cheval de Troie d’une immigration massive, incontrôlée et imposée, de l’islamisme, et dans certains cas du terrorisme, comme ce fut le cas avec certains assaillants des attentats du 13 novembre 2015 ». Des affirmations de simple bon sens qui ont suscité bien entendu l’ire scandalisée de tous les xénophiles professionnels.

Au premier rang de ceux-ci, on trouve les prétendus « écologistes » Eric Piolle, Pierre Hurmic et Grégory Doucet, respectivement maires EELV de Grenoble, Bordeaux et Lyon, mais aussi le maire PS de Lille Martine Aubry ou le maire LR de Saint-Etienne Gaël Perdriau, qui ont tous affirmé, la main sur le cœur, être prêts à accueillir de nouveaux migrants afghans. Leurs administrés, déjà confrontés quotidiennement aux conséquences délétères de l’immigration, apprécieront sans doute. De son côté, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a tranquillement déclaré que « la France accueillera, comme chaque année, plusieurs milliers d’Afghans ».

Face à ce bel unanimisme, l’initiative du RN est aussi l’occasion de rappeler que, non, la France ne « doit » rien aux Afghans auxquels elle a déjà beaucoup donné pour tenter de les sauver de la barbarie islamiste, 89 de ses jeunes soldats ayant perdu la vie dans ce combat, sans compter les blessés, parfois marqués à vie. Rappelons également qu’une fois encore l’essentiel des « réfugiés » qu’on nous présente sont des hommes, jeunes, en âge de se battre, et qui seraient sans doute plus utiles en rejoignant la résistance intérieure qui tente de s’organiser notamment sous l’égide du fils de général Massoud. Car ce n’est certainement pas en vidant le pays de ses forces vives que la tyrannie des talibans pourra un jour être renversée.

Retour aux fondamentaux : les conséquences létales de la submersion migratoire

Bien timoré ces derniers mois sur les questions qui préoccupent les Français, et notamment sur le liberticide passe sanitaire, le RN semble sortir d’une relative léthargie en revenant à l’un de ses fondamentaux : la lutte contre la submersion migratoire et ses conséquences létales pour notre pays. A l’approche d’une rentrée qui s’annonce riche en dangers de tous ordres, on ne peut que se réjouir de cette réaction qui, espérons-le, sera suivie d’autres initiatives et d’un activisme de terrain qui fait défaut au parti national depuis trop longtemps.

Pour signer la pétition : https://rassemblementnational.fr/afghanistan-non-a-une-nouvelle-autoroute-migratoire/

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 23 août 2021

La foire aux réfugiés, par Jean-Gilles Malliarakis

réfugiés afghans

D’innombrables informations nous parviennent ces jours-ci, relatives à l’Afghanistan. Dans cette masse impressionnante, on ne perçoit guère la moindre préoccupation occidentale de soutenir efficacement désormais et durablement la lutte de ceux qui entendent libérer leur pays de la dictature islamiste.

Beaucoup craignent en revanche de voir l’Afghanistan des talibans redevenir le refuge des réseaux islamo-terroristes internationaux et, en particulier, comme entre 1996 et 2001, la base arrière d’al-Qaïda. Un discours rassurant des spécialistes et commentateurs agréés s’emploie à démontrer les failles d’une telle hypothèse.

La question migratoire, en revanche. Elle a été évoquée, dès le 16 août, par Emmanuel Macron en personne, immédiatement contredit par les professionnels subventionnés du désordre et de la repentance, et autres détenteurs du monopole de la morale.

Sachant d’expérience qu’entre les annonces de la Macronie et les actes du gouvernement il existe une marge constante, on doit retenir que l’engagement de la France envers ceux qui l’ont servie ne doit en aucun cas être marchandé. Le souvenir, 60 ans après l’Algérie, de l’attitude déshonorante des autorités publiques de l’Hexagone envers les combattants musulmans de l’Armée française, sans même parler de l’accueil glacial fait aux rapatriés reste présent dans la mémoire. La seule différence avec les harkis tient évidemment au nombre des réfugiés légitimes : cela concerne actuellement quelque 800 personnes déjà, familles comprises, et probablement un nombre analogue encore bloqués à Kaboul et dont la venue, et un accueil digne, doivent être assurés.

Toute autre est la vague migratoire, qui a déjà commencé, et que les éternels utiles idiots s’emploient, comme d’habitude, à conforter.

Nous apprenons déjà que le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn, exhorte les Européens à accepter des quotas de réfugiés afghans, répartition de quotas dans lesquels le nombre de ceux qui seront attribués au grand-duché ne devrait pas excéder, à vrai dire, les limites du raisonnable.

Les Églises protestantes et, en Italie, l’inévitable Communauté de Sant’Egidio militent, quant à elles, pour la mise en place de “couloirs”. Et leurs responsables évoquent l’ouverture, il y a 5 ans, sous leur influence, des premiers “couloirs” à partir de l’île de Lesbos. Que le résultat s’en soit révélé désastreux ne les impressionne pas. En tout cas on sait que la Grèce, gouvernée par la droite, ne se prêtera plus à ce jeu, qu’avait accepté le gauchiste Tsipras jusqu’à ce que, en 2019, le suffrage universel en débarrasse son pays. Aucun gouvernement raisonnable en Europe n’acceptera plus de pénaliser sa population des conséquences d’un reniement si mal géré, décidé certes par Obama en 2011, mais auquel nos peuples ne se connaissent aucune part de responsabilité. Angela Merkel en 2015 avait cru pouvoir dire “wir schaffen das”, son bilan de fin de règne en porte, aujourd’hui encore, le lourd passif.

Revenons donc aux évaluations chiffrées.

Dès maintenant l’Afghanistan compte plus de 550 000 déplacés internes. Depuis 2015, les Afghans constituent le deuxième groupe de demandeurs d’asile vers l’Europe, juste derrière les Syriens, avec d’ores et déjà 500 000 requêtes enregistrées.

Dans un article très instructif, si on en extrait les faits et si on veut bien en écarter l’orientation subjective, le quotidien Le Monde évoque ce 20 août “Les Afghans de France, une communauté grandissante et fragmentée”…”communauté” nous dit-on puisque désormais, sans doute, notre pays de tradition unitaire, depuis le règne du bon roi Dagobert est condamné, par on ne sait quel oukase de la destinée, à abriter une mosaïque de “communautés”.(1)

De ce texte on peut extraire les faits suivants :

Quelque 45 000 Afghans vivent dans l’Hexagone où ils sont les premiers bénéficiaires du droit d’asile.“(2)

Ceci pour les chiffres indiqués par les services du ministère de M. Darmanin. Or, en fait,

– “De 1980 à 2010, la France a accueilli entre 100 et 200 Afghans chaque année, puis entre 400 et 700 jusqu’en 2014.
– Ils sont “devenus, il y a trois ans, les premiers bénéficiaires du droit d’asile dans le pays : depuis 2018, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) reçoit un peu plus de 10 000 demandes d’asile par an émanant d’exilés afghans.”
– Au chiffre de 45 000 bénéficiaires d’un titre de séjour régulier, il faut dès maintenant ajouter, – précise Le Monde,– “tous ceux qui sont en situation irrégulière, par définition impossibles à quantifier.”
– Et le président de l’Amitié franco-afghane (Afrane), “estime à environ 100 000 personnes la population afghane dans l’Hexagone“.
– Ainsi, “à l’été 2020, des associations d’ethnies diverses ont organisé ensemble les célébrations de la journée nationale afghane. La salle était prévue pour 500 personnes, il y en a eu 3 000.

Poursuivons donc les précisions du Monde :

– “L’intégration est difficile pour les nouveaux arrivants.”
– “Une part importante de gens peu formés, d’un niveau scolaire assez bas, souvent non-lecteurs et non scripteurs de leur propre langue.” [un esprit simple aurait pu écrire qu’ils sont illettrés.]
– “Ceux qui parlent un peu français vont dans la restauration, (…) ceux qui ne le parlent pas vont dans le bâtiment.”

Comment s’étonner si “au sein de l’Union européenne, l’exil potentiel de milliers d’Afghans réveille le spectre de 2015”.

Dans un texte fort modéré, datant du 8 août, Michel Barnier, ancien commissaire européen qui fut, par la suite, négociateur du Brexit pendant 4 ans, au nom des 27, proposait un “moratoire sur l’immigration”. Or, ceci ne se posait pas dans le contexte de la question afghane, mais dans le cadre de la préparation de sa propre campagne pour l’élection présidentielle de 2022. Car déjà les dirigeants de la droite classique avaient manifestement décidé de s’emparer de la question des trois “i” – islam, immigration, insécurité – qui préoccupent les citoyens. La situation résultant des événements de Kaboul ne devrait pas les voir faiblir dans cette détermination.

[1]. Bien avant les jacobins, c’est cet excellent roi mérovingien ami de la Mémoire qui avait aboli les distinctions de statuts entre Francs, Burgondes et Gallo-Romains.
[2] cf. “Les Afghans de France, une communauté grandissante et fragmentée” par Henri Seckel publié le 20 août 2021 à 06 h 52

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Julien Odoul (RN) : “85% des musulmans afghans sont par exemple favorables à la lapidation : ce sont ces gens là que veulent accueillir les maires écologistes ?”

Vladimir Poutine met en garde contre l’arrivée de combattants afghans “déguisés en réfugiés”

Le président russe a jugé dimanche 22 août que des terroristes djihadistes pourraient profiter du flot de réfugiés afghans.

Emmanuel Macron a mis en garde contre le risque d’un nouveau flux d’immigration illégale venu d’Afghanistan, en raison de la reprise du pouvoir par les talibans. Vladimir Poutine va plus loin en pointant du doigt le risque que des terroristes djihadistes s’infiltrent dans le flot de réfugiés, rapporte Le Figaro. « Qui peut être (caché) parmi ces réfugiés, comment peut-on le savoir ? » a questionné le président russe dimanche 22 août, lors d’une réunion avec des responsables du parti au pouvoir Russie unie.

Vendredi 20 août déjà, le chef de l’Etat avait estimé qu’il était « important d’empêcher l’infiltration de terroristes sur les territoires des pays voisins » de l’Afghanistan, « y compris en se faisant passer pour des réfugiés ». Le risque est d’autant plus important pour la Russie que plusieurs pays limitrophes possèdent également une frontière avec l’Afghanistan. Vladimir Poutine estime donc que des combattants « déguisés en réfugiés » pourraient facilement atteindre le territoire russe.

La Russie « ne veut pas de ces éléments en provenance d’Afghanistan ou d’autres pays », a martelé le président russe. Quant à ses « partenaires occidentaux », il affirme qu’eux-mêmes « demandent avec insistance d’accueillir les réfugiés dans les pays d’Asie centrale jusqu’à ce qu’ils aient un visa pour les Etats-Unis ou pour d’autres pays ». « Des centaines, voire des centaines de milliers ou peut-être des millions » de personnes pourraient vouloir fuir le territoire afghan, a-t-il également rappelé.

Texte repris du site Valeurs Actuelles

Le pape pontifie – Se vacciner est-il un acte d’amour ?

pape vaccin

Comment ne pas se montrer dubitatif face à la nature et à la hiérarchie des préoccupations du Saint-Père ?

En effet, entre deux attaques contre la messe traditionnelle, le pape François a cru bon de déclarer que se faire vacciner contre le Covid-19 était « un acte d’amour » et a appelé tous les croyants à se faire injecter le sérum miraculeux dans un message vidéo réalisé au nom de l’organisation américaine The Ad Council, et du regroupement d’experts en santé publique, Covid Collaborative.

« La vaccination est un moyen simple mais profond de promouvoir le bien commun et de prendre soin les uns des autres, en particulier des plus vulnérables. Je prie Dieu pour que chacun puisse apporter son petit grain de sable, son petit geste d’amour » a ainsi affirmé le pape.

Si le pape François, lui-même vacciné, a toujours été un grand promoteur de la vaccination, assimilant même toute opposition à celle-ci à un « négationnisme suicidaire », cette nouvelle exhortation emphatique ne lasse pas de créer un certain malaise, voire de choquer.

En effet, sans bien sûr douter de la grande culture et des larges connaissances du Saint-Père et de son entourage vaticanesque, on peut toutefois se demander en quoi le chef de l’Eglise catholique est fondé et légitime à déterminer de l’utilité et de l’efficience d’un produit pharmaceutique expérimental ? Encore une fois, le successeur de saint Pierre semble sortir de son champ de compétences et même de son rôle pour se muer étrangement en VRP de l’industrie du médicament.

Ecartant d’un revers de main toutes les questions éthiques posées par l’utilisation de vaccins dont certains sont élaborés grâce à l’utilisation de fœtus, le pape François, une fois de plus, se borne à relayer la doxa dominante en tenant un discours qui semble copié sur le dernier communiqué de presse de Gabriel Attal, le sentimentalisme sulpicien en plus.

Par ailleurs, on peut également s’interroger sur cette notion d’« acte d’amour » que serait la vaccination alors que la grande majorité de ceux qui s’y soumettent le font au contraire par égoïsme petit-bourgeois, pour retrouver leur vie de consommateur « d’avant », pouvoir retourner au bistrot et au restaurant et ne pas être gênés pour accéder aux clubs de vacances et aux grands centres commerciaux.

A l’heure de la déchristianisation de l’Europe, de l’implosion de la famille, de l’agression impérialiste islamiste, de la dégénérescence des mœurs et de la folie eugéniste et transhumaniste, on souhaiterait vivement que le Saint-Père se concentre sur ces problématiques vitales et privilégie sa tâche première qu’est la défense de l’Eglise et de la foi plutôt que d’intervenir de façon toujours plus intempestive dans les questions séculaires qui ne sont pas de son ressort. Il faut rendre à César…

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 20 août 2021

Alexandre del Valle : “L’Afghanistan est un réservoir de djihadistes en devenir”

Macron, fort contre le Covid, faible contre l’islamisme

macron pass sanitaire

Emmanuel Macron, protecteur des Français, saura-t-il être à la hauteur du destin qu’il s’est donné ? Le doute est permis. Une chose est de déclarer la « guerre » à un virus en faisant du vaccin un acte moral et patriotique. Une autre est d’être le rempart à l’islamisme revigoré par la victoire des talibans en Afghanistan. Mardi, le président a donné le sentiment d’une confusion volontaire des mots et des rôles en rappelant, à propos de la chute de Kaboul le 15 août, « combien la liberté, la dignité (…) sont fragiles quand l’obscurantisme revient ». Mais de quel obscurantisme parlait-il ? Ce terme est aussi devenu l’accusation rituelle du pouvoir et de ses snippers contre les Français qui manifestent tous les samedis contre le passe sanitaire. De fait, Macron ne retient pas ses coups contre ceux qui jugent disproportionnée sa stratégie sanitaire.

Il explique : « Etre citoyen ce n’est pas demander toujours des droits supplémentaires, c’est veiller d’abord à tenir des devoirs à l’égard de la Nation ». Or ce que ne comprend pas Macron, pour le paraphraser, c’est qu’être président ce n’est pas s’octroyer toujours des droits supplémentaires, c’est veiller d’abord à tenir des devoirs à l’égard de la Nation. Son autoritarisme, qui s’exerce sur la question sanitaire, masque mal ses faiblesses sur les questions identitaires et civilisationnelles. Le président « protecteur » est un commode artifice de communication.

La reconquête de Kaboul par les talibans redonne une dynamique à l’expansion du totalitarisme islamiste. Toutefois, ni l’Occident angélique ni la France pusillanime ne sont armés pour résister à une offensive, qui serait autrement plus dangereuse que le Covid. Mardi, le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a illustré la naïveté officielle en déclarant, parlant de l’Afghanistan : « Il faut un gouvernement inclusif qui montre que les talibans ont changé ». Mais les talibans entendent appliquer l’immuable charia (loi islamique), qui instaure l’infériorité de la femme et la soumission de tous à Allah. Laisser croire qu’il pourrait y avoir des talibans modérés revient à faire l’autruche. Le chef de l’Etat lui-même, s’il donne d’abondantes leçons de civisme pour pousser à la vaccination, se garde de tenir ce discours contre ceux qui, dans les cités islamisées, sèment le désordre permanent.

Quant aux dévots du président Joe Biden, ils ont passé sous silence sa prophétie du 8 juillet : « En aucun cas vous verrez des gens être évacués du toit d’une ambassade…L’hypothèse que les talibans s’emparent de l’ensemble du pays est hautement improbable ». On devine les commentaires si une telle légèreté avait été tenue par son prédécesseur. Les dirigeants français dramatisent le Covid mais relativisent les talibans. Macron est fort contre le virus mais faible contre l’islamisme. On aimerait l’inverse.

Ivan Rioufol

Texte daté du 18 août 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

L’autre vague – Kaboul : derrière le drame, l’agitation des immigrationnistes

réfugiés afghans

Profitant de la légitime émotion suscitée par les images de l’aéroport de Kaboul envahi par des milliers d’Afghans désespérés et terrorisés par l’arrivée des talibans, les officines immigrationnistes appellent déjà à un accueil massif des « réfugiés » en provenance du nouvel état islamique. Or s’il apparaît juste et normal d’exfiltrer vers notre pays les personnes qui ont directement aidé l’armée française sur place afin de leur éviter le sort tragique des harkis, il serait totalement irresponsable, pour ne pas dire suicidaire, d’inciter à la mise en place de nouveaux flux migratoires au nom du sacro-saint principe d’accueil des « réfugiés » de tous les pays en guerre ou en difficultés.

Lors de son allocution télévisée, Emmanuel Macron a d’ailleurs cherché à rassurer l’opinion sur ce point en affirmant qu’il convenait de « maîtriser » les éventuels flux migratoires provoqués par la déstabilisation de l’Afghanistan et que la France allait, conjointement à d’autres pays européens, mettre en place une « initiative » en ce sens dont il n’a pas précisé les modalités. On peut hélas douter de l’efficacité de celle-ci au regard de la catastrophique politique migratoire de ces dernières années et du laxisme systématique du gouvernement Macron dans ce domaine.

Par ailleurs, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a demandé de son côté que soient purement et simplement interdits les renvois forcés de ressortissants afghans vers leur pays, y compris les demandeurs d’asile dont la demande a été rejetée. Une telle mesure signifierait que la France devrait conserver sur son sol tous les Afghans qui y sont entrés illégalement, même ceux qui ont commis des crimes ou des délits. Au nom de quoi la situation à Kaboul justifie-t-elle que les Français aient à subir la présence prolongée (voire définitive) de voyous étrangers ? En dehors de l’habituel masochisme occidental, il n’y a aucune justification à une telle aberration.

De son côté, le Haut-Commissariat de l’ONU aux Droits de l’homme a demandé à la communauté internationale d’apporter tout son soutien aux Afghans qui se trouvent confrontés à un « risque imminent » dans leur pays, sous le nouveau régime taliban. Même si les talibans ont annoncé une « amnistie générale » pour tous les fonctionnaires d’Etat, les Afghans « en danger » sont potentiellement des centaines de milliers (depuis le début de l’année 550 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays du fait du conflit et de l’insécurité). L’appel de l’ONU est-il une incitation à accueillir cette nouvelle masse de migrants ? C’est malheureusement à craindre.

Face à la perspective d’un afflux de « réfugiés », la Turquie, elle, se barricade et construit d’urgence un mur le long de sa frontière avec l’Iran. Un exemple que les pays européens seraient bien inspirés de suivre afin d’éviter de nouveaux drames et une nouvelle accélération de la submersion migratoire.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 18 août 2021

Les armes du Qatar, par Jean-Gilles Malliarakis

Le déclin et la décadence de Paris ressemblent à de nombreux égards à la chute de Rome. En la municipalité d’Hidalgo tout semble se désarticuler et se déconstruire dans cette capitale. La malpropreté des rues y rivalise avec l’insécurité des quartiers. Conjugué avec les désordres de la Macronie, ceci compose un spectacle fort comparable à celui qui se déroula entre la mort de Marc Aurèle (180) et la déposition de Romulus Augustule (476), qui mit fin à l’empire d’Occident.

Sauf le cliché que nous n’entendons plus guère d’une accélération de l’Histoire, un tel espace de temps, 6 ou 7 générations, ne semble guère supérieur à celui qui commence en 1793…

Épisode étrange, le règne, communément maudit par les historiens, du Syrien Héliogabale livra au stupre la Ville Éternelle de 218 à 222.

Mais aujourd’hui, dira-t-on, la Ville Lumière n’est soumise en apparence à aucun empereur. Elle n’adore non plus aucun gladiateur.. Le recrutement d’un joueur célèbre par l’équipe qataro-parisienne de podosphère pourrait dès lors paraître une sorte de non-événement dans la chute de cette ville. Elle se livre en effet elle-même, et joyeusement, à un glorieux et pacifique mercenaire argentin pour le compte d’un prince qatari.

À ce sujet c’est en effet le quotidien politiquement correct Le Monde qui affirmait ce 11 août que désormais : “le Qatar dispose d’une nouvelle arme diplomatique planétaire”.[1]

On pouvait déjà le déplorer dès 2018 : “il est revenu le temps du pain et des jeux”[2].

Notre président tout-puissant ne manquait de chercher à en tirer un parti démagogique, sans vraiment convaincre. “Certains le soupçonnent déjà de vouloir utiliser l’événement pour faire passer un message politique.” écrivait alors le journal de Nicolas Beytout.[3]

Or, quant à lui, c’est un fort prudent démocrate que l’émir du Qatar. Les illusions du printemps arabe de 2011 n’ont pas pris au dépourvu Tamim ben Hamad al-Thani. Arrivé au pouvoir en 2013, il a su éviter les écueils du régime Ennahda en Tunisie. L’influence des Frères musulmans, et des rêves de califat d’Erdogan, devenait insupportable dans l’ancienne Carthage. En balayant ce ramassis de crapules islamistes, le président de cette république, soutenu par quelque 72 % de la population, a heureusement mis fin à l’expérience.

Dernier ami du mégalomane islamiste d’Ankara, l’émir Tamim ben Hamad al-Thani a promulgué le 29 juillet une loi historique. Prévues par une constitution remontant à avril 2003, des élections, les premières dans l’histoire de ce petit pays richissime, auront lieu en octobre… largement avant cette coupe du monde de football prévue en novembre 2022, si chèrement négociée, et dont le chantier aurait englouti plus de 6 000 ouvriers étrangers.

Il fallait sans doute que ce prince, qui règne et gouverne depuis 8 ans, donne un signe de vie politique.

Que ceux qu’une telle démocratisation inquiéterait se rassurent. Un “Haut comité préparatoire des élections au Conseil de la Choura” a travaillé sans relâche depuis octobre 2019. Ledit futur conseil comprendra seulement 45 membres. Ce sera la seule assemblée parlementaire du Golfe en dehors de celle du Koweït. Si 30 de ses membres seront dangereusement supposés être élus, les 15 autres seront sereinement désignés par l’émir. Les partis politiques resteront interdits. Pourront voter les Qataris âgés de 18 ans, à condition que leurs grands-pères soient nés au Qatar, ce qui n’est le cas que de 10 % d’entre eux.

On respire, le vent démocratique du printemps arabe d’hier, devenu aujourd’hui une sorte d’hiver islamiste turc, ne soufflera donc pas trop fort sur le Golfe Persique.

Le laissera-t-on souffler sur Paris ?

[1] cf. article “Avec Messi au PSG, le Qatar dispose d’une nouvelle « arme diplomatique » planétaire”.
[2] cf. L’Insolent du 6 septembre 2018 “On sera donc toujours les champions”
[3] cf. article du 17 juillet 2018 “Victoire en Coupe du monde: l’attitude de Macron divise”

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Manifestations contre la ségrégation vaccinale en Europe

pass sanitaire

La France est en tête de la ségrégation vaccinale en Europe et c’est là que les manifestations contre ce nouveau type d’apartheid sont les plus massives. Parmi les autres grands pays de l’UE, seule l’Italie a pour le moment suivi l’exemple de la France avec un passe sanitaire affublé de l’appellation anglaise « green pass » qui est nécessaire pour accéder à toutes sortes de services. Et c’est donc en Italie que des manifestations ont lieu le plus régulièrement pour protester contre cette ségrégation que les politiciens locaux n’arrivent pas non plus à justifier de manière logique et cohérente puisque les vaccins contre le Covid-19 ne sont pas tant supposés empêcher de contracter et transmettre le coronavirus chinois et ses variants mondiaux que de prévenir les formes graves de la maladie.

La Ligue de Salvini participant au gouvernement Draghi, c’est le parti Fratelli d’Italia de Meloni qui est le plus important instigateur de ces manifestations aux côtés de différents mouvements citoyens, même si des responsables de la Ligue y participent aussi. Le mouvement dure depuis le mois de juillet, quand ce « green pass » a été annoncé, et celui-ci étant entré en vigueur le 6 août, le samedi 7 août avaient lieu de nouvelles manifestations dans toute l’Italie pour défendre les libertés. Comme en France, certains manifestants comparent la ségrégation et le discours des politiques et des médias contre les non-vaccinés à l’ancienne rhétorique anti-juive. Toujours comme en France, ces comparaisons de type « point Godwin » sont le plus vigoureusement condamnées par la gauche qui souhaiterait en conserver le monopole. Si les manifestations sont nombreuses et fréquentes en Italie, elles n’ont toutefois pas un caractère massif puisqu’elles rassemblent généralement entre quelques centaines et quelques milliers de manifestants.

Dans le reste du monde

Le 24 juillet, d’importantes manifestations contre le passeport vaccinal et les restrictions sanitaires abusives avaient également lieu à Londres et à Dublin dans le cadre du Worldwide Rally for Freedom (Rassemblement mondial pour la liberté). Ce jour-là, des gens manifestaient pour les libertés, y compris pour la liberté de choix en matière de santé, au Royaume-Uni, en Irlande, en France, en Allemagne, en Grèce, en Lituanie, en Slovaquie, en Finlande, aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, au Japon, en Afrique du Sud et dans plusieurs autres pays. Le prochain mouvement mondial de manifestations est prévu pour le 18 septembre prochain dans plus de 200 villes du monde entier. Le 1er août, une manifestation avait à nouveau lieu à Berlin en dépit de son interdiction. En Allemagne, c’est le mouvement Querdenker (« penseurs latéraux »), créé pour l’occasion, qui est le principal instigateur d’un mouvement de protestation également soutenu par le parti de droite Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Plus à l’est, la Lituanie et la Slovaquie ont introduit des mesures de ségrégation vaccinale qui ont suscité un fort mouvement de contestation, avec en particulier de véritables émeutes devant le parlement lituanien à Vilnius le mardi 10 août dans la soirée. En Pologne, où les autorités parlent de plus en plus ouvertement de la possibilité d’adopter des mesures discriminatoires à l’égard des non-vaccinés, une grande manifestation préventive avait lieu à Katowice, la capitale de la région de Basse-Silésie, le samedi 7 août.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 16 août 2021

La chute du gouvernement afghan pourrait entrainer l’arrivée de 3 millions de migrants en Europe

afghans

Le retrait progressif des troupes américaines d’Afghanistan risque d’entrainer un afflux de migrants en Europe et en particulier en France. Les pays européens sont divisés sur la conduite à tenir pour y faire face. Les enjeux considérables du conflit en cours en Afghanistan apparaissent grandement minimisés en France.

La décision de Donald Trump en 2018, confirmée par le nouveau président américain, Joe Biden, de retirer les troupes américaines d’Afghanistan est lourde de conséquences. Les islamistes locaux, les Talibans, ne cessent de faire reculer les troupes gouvernementales sur le territoire afghan, parfois sans combattre. Ils contrôlaient au 11 août 6 capitales provinciales sur les 34 que compte l’Afghanistan. L’application intransigeante de la loi islamique et les règlements de compte ont d’ores et déjà commencé à entrainer d’importants mouvements de population, tant à l’intérieur qu’en dehors du pays. Le pire pourrait bien être à venir.

La chute du gouvernement afghan pourrait entrainer l’arrivée de 3 millions de migrants en Europe

Dimanche 8 août, un travailleur humanitaire allemand qui a exercé son activité une vingtaine d’années en Afghanistan déclarait à la chaine de télévision allemande WDR : « Nous pouvons nous attendre à ce que près de trois millions d’Afghans prennent la route vers l’Europe dans un avenir proche ». Si cette prévision se réalisait, ce mouvement de population pourrait très largement surpasser ladite crise des migrants en 2015, au cours de laquelle près d’1,2 millions de migrants sont arrivés en Europe.

D’autres spécialistes tirent des signaux d’alarme sur les conséquences pour l’Europe d’un retrait précipité et désordonné des troupes américaines en Afghanistan. Des experts en géopolitique soulignaient ainsi en avril 2021 que la décision de Joe Biden de retirer les troupes américaines d’Afghanistan risquait d’entrainer une crise migratoire majeure, dont les premiers signes sont d’ores et déjà tangibles.

L’immigration afghane en Europe, un phénomène exponentiel

Après une baisse temporaire, les arrivées d’Afghans en Europe ont recommencé à augmenter fortement depuis 2019. Cette année-là, les Afghans étaient la deuxième nationalité la plus représentée parmi les demandeurs d’asile arrivés en Europe. Le nombre de demandeurs d’asile afghans en Europe a continué à augmenter en 2020, pour atteindre 10% des 471 000 demandes effectuées durant l’année.

En France, les Afghans représentent la nationalité la plus représentée parmi les demandeurs d’asile en 2019 et 2020. Selon les derniers chiffres communiqués par l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration, la tendance ne fait depuis le début de l’année que se confirmer.

La France est un pays attractif pour les Afghans souhaitant y déposer une demande d’asile : près de 4 demandes d’asile sur cinq y sont acceptées, un taux d’acceptation deux fois supérieur à celui de l’Allemagne.

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Covid-19 : les entreprises du CAC 40 en bonne santé [vidéo]

CAC 40 - Bourse

13/08/2021 – FRANCE (NOVOpress)
La pandémie a eu bien des effets sur l’économie française… Si les PME ont été touchées par la crise et ont dû mettre la clé sous la porte, ce n’est pas le cas de toutes les entreprises. Certaines ont brillé, voire dépassé leurs objectifs pendant cette période.

Les entreprises du CAC 40 ont réalisé 60 milliards d’euros de profits au premier semestre 2021, soit 41% de plus qu’au premier semestre 2019. Et les fortunes des patrons du CAC 40 ont explosé cette année.

Les détails avec Mona Hammoud-Elhor.


La crise du Covid à l’épreuve de la « fraude scientifique » [vidéo]

11/08/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Mensonges officiels, théories du complot, avis d’experts contradictoires… L’épidémie de Covid-19 aura été l’occasion d’une authentique guerre de l’information. À l’heure des débats autour du pass sanitaire et de la vaccination obligatoire, qui croire, où et comment s’informer correctement? Pour en parler, Sputnik donne la parole au Gilet jaune Alexander Samuel, docteur en biologie moléculaire, engagé dans la lutte contre la désinformation scientifique.

S’agissant d’un sujet en lien avec le Covid-19, Sputnik rappelle que l’OMS a mis à disposition une rubrique Questions-Réponses pour disposer d’informations en lien avec la pandémie: évolution du virus, port du masque, sécurité des vaccins…


Wuhan : à l’origine de la pandémie ?

wuhan covid

Les membres républicains de la commission des Affaires étrangères à la Chambre des représentants ont publié le 1er août un avenant à un rapport de 2020 sur les origines de ce coronavirus SARS-CoV-2 échappé de Wuhan, en Chine, qui a déjà causé la mort de 4,25 millions de personnes dans le monde, selon l’OMS.

Selon ce rapport, il ne fait aucun doute que les origines de la pandémie de Covid-19 ont été l’occasion de « la plus grosse opération de dissimulation de tous les temps » de la part des autorités communistes chinoises, et l’épidémie aurait commencé à Wuhan non pas en décembre 2019, comme la Chine l’avait affirmé, mais entre fin août et début septembre 2019.

Mais l’enquête menée par les représentants républicains du Congrès, dont les résultats anticipent sur ceux de l’enquête demandée en mai, par le président Joe Biden, aux services de renseignement, ne se contente pas d’accuser la Chine communiste de mensonge et de dissimulation sur le sujet, comme l’ont déjà fait certains conseillers scientifiques de l’OMS, tel Jamie Metzl, membre du Comité consultatif de l’OMS début juin.

Un faisceau de preuves

Pour le représentant Michael McCaul, qui préside la commission républicaine, il existe une prépondérance de preuves pointant vers l’Institut de virologie de Wuhan en ce qui concerne l’origine de la pandémie. Les membres républicains de la Chambre des représentants veulent maintenant auditionner Peter Dasza, président de l’ONG américaine Health Alliance qui a toujours dénoncé comme complotiste la thèse d’une fuite du virus du laboratoire P4 chinois, dont la technologie avait été fournie par la France avant que la Chine ne mette fin à la collaboration avec les Français en 2017. Le docteur Daszak a été contraint début juin de se retirer de l’équipe de l’OMS enquêtant sur les origines de la pandémie en raison de ses liens avec le laboratoire chinois qu’il n’avait pas divulgués.

Le rapport publié par les républicains du Congrès dénonce également les mensonges de la directrice du Centre des maladies infectieuses émergentes de l’Institut de virologie de Wuhan au sujet des recherches menées dans son laboratoire, et il demande au Congrès des Etats-Unis de « sanctionner les scientifiques de l’Institut de virologie de Wuhan et les responsables du Parti communiste chinois qui ont participé à cette dissimulation ».

Un papier publié le 3 août par le Besa (Begin-Sadat Center for Strategic Studies), un institut de recherche et d’analyse israélien, pointe également du doigt les trop nombreuses coïncidences qui interdisent d’exclure la responsabilité du laboratoire de Wuhan dans la pandémie actuelle. Parmi les coïncidences énumérées dans une liste qui se veut non exhaustive, on trouve les manœuvres chinoises autour de ce laboratoire (investissement dans les systèmes de ventilation du laboratoire P4 juste avant le début de la pandémie, effacement de la base des données des virus de ce laboratoire en septembre 2019, remplacement du responsable du laboratoire P4 par un officier militaire spécialiste de la guerre biologique à l’automne 2019, etc.), mais aussi le fait que le SARS-CoV-2 était d’emblée étonnamment bien adapté à l’homme pour un virus censé provenir d’un animal.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 9 août 2021

Parlez-vous le WOKE ? [vidéo]

woke

06/08/2021 – FRANCE (NOVOpress)
“Male gaze”, “mansplaining”, “poop-shaming”… À l’extrême-gauche, de nouveaux mots naissent tous les jours pour décrire les micro-agressions dont peuvent être victimes, les femmes, les racisés, les transgenres, etc.

Décryptage d’une fournée de ces concepts qui constituent une partie du jargon des militants “woke”.


La puissance du déterminant ethnique, par Bernard Lugan

Bernard Lugan

Afrique du Sud, Nigeria et Ethiopie, voilà trois des plus importants pays africains qui traversent actuellement des crises existentielles. Pas de ces crises économiques ou sociales qui frappent tous les Etats africains et qui, même en cas de gravité extrême ne remettent pas en cause le contrat social national. Mais des crises qui posent la question de la simple survie de ces trois Etats multi-ethniques :
– Derrière le miroir aux alouettes de la crise sociale, l’Afrique du Sud est ainsi confrontée au déterminant zulu.
– Derrière l’apparence religieuse, le Nigeria central est face à la question peul.
– Quant à l’Ethiopie, un pays qui n’a jamais été véritablement colonisé, c’est sa mosaïque ethnique qui se délite sous nos yeux avec la revendication indépendantiste du Tigré.

La question ethnique qui se pose donc avec intensité dans ces trois pays permet, une fois de plus, de juger de la « pertinence » du postulat de ces « africanistes » français qui soutiennent que les ethnies africaines ont une origine coloniale. Une théorie ancrée sur le paradigme de la culpabilité européenne (voir à ce sujet mon livre Pour répondre aux décoloniaux).
En effet, comme les problèmes africains sont essentiellement d’ordre ethnique, si les ethnies ont une origine coloniale, les drames que connaît le continent ont donc été provoqués par la colonisation. CQFD !

Une théorie singulièrement « raciste » puisqu’elle sous-entend que les peuples africains auraient donc tout reçu des colonisateurs. Jusqu’à leur nom et leur identité… Un postulat qui domine dans la forteresse doctrinale du petit monde académique. Ainsi, selon l’universitaire Catherine Coquery-Vidrovitch, ce fut durant la période coloniale que : « (…) l’ethnie fut largement fabriquée à des fins de contrôle, non seulement administratif et politique, mais aussi religieux ».

Si nous interprétons le « largement » de cette insolite affirmation, nous pourrions dire qu’à environ 75% les ethnies africaines auraient donc été « fabriquées » par les Français, les Britanniques, les Belges, les Portugais ou les Allemands. J’invite son auteur à démontrer que les Sotho et les Xhosa en Afrique du Sud, les Ovimbundu et les Kongo en Angola, les Kru et les Mano au Liberia, les Temné et les Mendé en Sierra Leone, les Baoulé et les Bété en Côte d’Ivoire, les Oromo et les Amhara en Ethiopie, les Tutsi, les Hutu et les Twa au Rwanda, les Darod et les Saab en Somalie, les Touareg et les Dogon au Mali, les Toubou et les Sara au Tchad, etc., n’existaient pas à la veille de la colonisation…

Au lendemain des indépendances, alors que la construction de l’Etat passait par la reconnaissance des ethnies et par leur prise en compte dans les élaborations constitutionnelles, les idéologues français du CNRS et de l’africanisme universitaire ont mis l’interdit sur la question ethnique.

Dans ces conditions, comment prétendre aujourd’hui régler la question de l’Etat en Afrique quand les réalités sociopolitiques qui les composent (ethnies, tribus et clans) sont niées jusqu’à l’absurde par ceux qui ont formaté des générations d’étudiants, et qui sont présentés dans les médias comme les « spécialistes » de ce continent ?

Bernard Lugan

Texte repris du Blog de Bernard Lugan