Éric Zemmour : “Le général Sissi est un dictateur qui s’assume”

04/04/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a été réélu pour un second mandat de quatre ans avec 97,08% des voix validées. Éric Zemmour revient sur ce résultat électoral.

C’est un chiffre qui dit tout. Un chiffre qui avoue tout. Un chiffre qui fleure bon les démocraties populaires d’antan où les régimes militaires d’Amérique du Sud de jadis. Le général Sissi est un dictateur qui s’assume, qui ne se cache pas derrière son petit doigt.

Un dictateur égyptien dans la lignée de Nasser qui met en prison les opposants, muselle la presse, et garde toujours un œil sur les mosquées. Pourtant, personne en Occident ne s’en offusquera. Le président américain le félicitera. Emmanuel Macron aussi. Même les défenseurs professionnels des droits de l’homme en Occident se feront discrets.

Il fallait les entendre pourtant en 2011, lors des fameux printemps arabes qui, partis de Tunis, arrivèrent très vite au Caire, pour renverser le président Moubarak, un autre dictateur à la mode égyptienne.

Tous ceux qui mettaient en garde contre la chute des tyrans étaient des rabat joie réactionnaires. Tous ceux qui annonçaient que la démocratie réelle dans les pays arabes mettrait au pouvoir les frères musulmans étaient des islamophobes, voire des racistes.

C’était en 2011. Nous sommes en 2018. Le temps est passé. Les leçons peuvent être tirées. Les comptes peuvent être faits. À chaque fois qu’il y a eu des élections libres, en Algérie, en Tunisie, en Égypte, voire au Maroc, les islamistes ont gagné.

À chaque fois que des dictateurs ont été renversés, au nom des principes démocratiques, il y a eu à la fois les islamistes, le chaos, la guerre civile.


Comment les islamistes de la Ghouta réduisaient la population civile en esclavage, par Antoine de Lacoste

On en sait un peu plus sur les méthodes de « gouvernement » des différentes milices islamistes.

Depuis que l’armée syrienne a libéré la quasi-totalité du territoire de la Ghouta, cette vaste banlieue est de Damas, on en sait un peu plus sur les méthodes de « gouvernement » des différentes milices islamistes.

La population se taisait par peur des représailles, l’ineffable OSDH (Observatoire syrien des droits de l’homme) n’était sans doute pas au courant, donc les médias non plus.

Et pourtant… Des milliers d’hommes ont été, pendant des années, réduits en esclavage par les islamistes pour construire leur arme de guerre favorite : les tunnels.

On sait que ces tunnels, qui peuvent s’étendre sur des dizaines de kilomètres, ont été largement utilisés par les islamistes depuis le début du conflit. Afin de parfaire leur technique, les dirigeants de Daech avaient même fait venir en Syrie des spécialistes reconnus : des militants du Hamas palestinien qui avaient bâti un réseau remarquable dans la bande de Gaza.

Depuis, l’ensemble des groupes islamistes utilisaient cette méthode afin de se protéger des bombardements, de ravitailler des zones encerclées ou de monter des embuscades dans le dos de l’armée syrienne.

Seulement, creuser des tunnels, c’est long et fatigant. Et puis les combattants ont mieux à faire. Alors, quoi de mieux que de rafler les hommes en état de creuser, tout en assurant la subsistance de leurs familles, étroitement surveillées comme il se doit ?

La main-d’œuvre n’étant pas toujours suffisante, Jaych al-Islam, le groupe salafiste qui tenait Douma jusqu’à présent, s’est livré à de nombreux enlèvements en zone loyaliste. L’opération la plus spectaculaire a eu lieu en 2013 à Adra : des dizaines de fonctionnaires et de civils pris au hasard ont été enlevés, certains avec leurs familles. Les prises les plus intéressantes ont été incarcérées, les autres envoyées dans les tunnels. On les a appelés « les kidnappés d’Adra ». La plupart sont alaouites, la confession de la famille Assad. Rappelons que cette incursion à Adra s’est accompagnée de massacres épouvantables, mais cela n’a pas beaucoup intéressé l’OSDH.

Plusieurs de ces esclaves ont disparu. Leurs familles n’ont aucune nouvelle et, depuis que la Ghouta est progressivement libérée, de nombreuses mères ou épouses font le guet. En effet, des dizaines de prisonniers ont déjà été libérés à la faveur des négociations menées par les Russes et chacun espère voir réapparaître les siens.

D’autres prisonniers ont été vus récemment : afin d’empêcher les bombardements, les islamistes les mettaient dans des cages qu’ils disposaient au milieu de la chaussée…

Les familles sont également sans nouvelles de plusieurs dizaines de femmes, et le pire est à craindre pour elles.

Tous ces prisonniers, dont on ignore le nombre exact, ont été au cœur des négociations de ces derniers jours qui vont aboutir à la libération totale de l’est de la Ghouta.

Antoine de Lacoste

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

L’Union européenne félicite Twitter pour sa politique de censure

Jusqu’en novembre 2017 Twitter attribuait aux « bons » comptes (ceux des journalistes officiels et des politiques mainstream) un petit rond bleu avec un V majuscule au milieu, V comme Vérifié. Si la plupart des anciens comptes avec un V ont été maintenus, un certain nombre se sont vus supprimer leur V, principalement dans les rangs de la droite conservatrice américaine. Miracle de Noël, le compte Twitter de Julien Assange a mystérieusement disparu puis s’est retrouvé rétabli la nuit de Noël 2017.

L’UE satisfaite

L’Union européenne a félicité les entreprises américaines pour leur loyauté dans leur programme de « lutte contre les contenus haineux ». Traduction : tout compte sur un réseau social s’exprimant d’un ton un peu vif contre l’Union européenne et sa politique pourra – pardon devra – être supprimé.

Dans un communiqué de la Commission européenne du 20 janvier 2018, le Vice Président de la Commission européenne pour le marché numérique, Andrus Ansip (photo), s’est félicité des progrès :

« Les résultats d’aujourd’hui montrent clairement que les plateformes en ligne prennent au sérieux leur engagement d’examiner les notifications et de supprimer dans la journée les discours haineux illégaux »

Mais veut aller plus loin

Mais « d’autres défis demeurent malgré tout, notamment l’absence de retour systématique d’informations aux utilisateurs ». La rééducation des utilisateurs est considérée comme insuffisante car un tiers d’entre eux ne sont pas avertis. « Le retour d’informations aux utilisateurs fait toujours défaut pour près d’un tiers des signalements en moyenne, les taux de réaction variant d’une entreprise des technologies de l’information à l’autre ». Fort heureusement « 70% des messages haineux dénoncés sont supprimés …grâce aux signalements par les ONG et instances publiques participant à l’évaluation ». Big Brother et Big Other ont de beaux jours devant eux.

Article paru sur le site Ojim

Xavier Raufer : “Dans le monde du numérique, tout est falsifiable !”

28/03/2018 – FRANCE (NOVOpress)
L’affaire du piratage des données de cinquante millions d’utilisateurs Facebook par la société Cambridge Analytica fait couler beaucoup d’encre.

Pour Xavier Raufer, spécialiste en géopolitique et criminologue, la collecte de données est un acte banal. Dans cette affaire, rien ne prouve qu’il y a eu une quelconque interférence avec la campagne du président Trump. L’influence de la Russie reste aussi à démontrer.


L’adhésion de la Turquie à l’UE, un « objectif stratégique » pour Erdogan

28/03/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Recep Tayyip Erdogan s’est rendu avant-hier en Bulgarie pour un sommet avec les dirigeants des institutions européennes.

Avant de quitter le sol turc pour ce sommet à Varna, il a assuré à la presse que l’adhésion de son pays à l’Union européenne restait un « objectif stratégique ».

Il a ainsi affirmé : « Ce que nous attendons, c’est que les obstacles (…) aux négociations soient levés et que le processus d’adhésion soit revitalisé. »

Le Président turc a ajouté qu’il ne tolérerait pas le « deux poids, deux mesures » à l’égard de son pays. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et celui du Conseil européen Donald Tusk se sont par la suite entretenu avec M. Erdogan lors d’un dîner de travail dans la station balnéaire bulgare.

Dans l’Algérie bouteflikée, un ex-FLN demande pardon à la France, par Alain Sanders

La vidéo d’un ancien du FLN, un moujahid, selon l’expression consacrée, n’est pas passée inaperçue en Algérie où elle a fait le buzz sur les réseaux sociaux. Curieusement (manière de dire), elle n’a pas eu d’échos en France. Et pourtant…

Et pourtant cet ex-FLN, amputé des deux jambes, commence très fort : « Moi, moujahid, invalide de la guerre de libération, demande pardon à la France de l’avoir combattue. »

Les raisons de la colère – et plus que ça : du désespoir absolu – de cet homme filmé à sa demande par sa famille ? Les menaces des autorités algériennes contre le pauvre gourbi qui lui sert de logement. D’où son cri, comme le souligne le blog marocain le.360, pour affirmer que « l’ancien occupant français était plus clément que les autorités de son pays ! »

Prêt à tout le malheureux, dont l’identité n’est pas révélée bien qu’il apparaisse à visage découvert sur la vidéo, menaçait de s’asperger d’essence et de se faire brûler vif. Déclarant que la mort serait plus clémente que le comportement indigne du régime algérien qu’il qualifie de « traître » et de « malveillant ».

Ce n’est pas la première fois que des Algériens manifestent une sorte de nostalgérie française. Comme, il y a quelques années, ces lycéens qui avaient déployé un drapeau tricolore dans la cour d’un lycée d’Alger. Et l’avaient payé très cher. Mais, au moins à notre connaissance, c’est la première fois qu’un ancien FLN exprime aussi publiquement et radicalement son écœurement. Même si, observateurs que nous sommes de la vie politique (de l’absence de vie politique serait plus juste) en Algérie, nous savons que, régulièrement, des moujahidine essaient de se faire entendre.

Face à l’émotion suscitée par cette vidéo qui, par sa teneur même – la demande de pardon à la France – va bien au-delà du désespoir d’un invalide humilié, le ministre algérien des Moujahidine (les anciens combattants), Tayeb Zitoun, brille par son silence.

Les commentaires de l’opinion publique algérienne vont bon train, en revanche. Peu de monde pour condamner et un grand nombre pour approuver. On a pu lire dans L’Est républicain Algérie : « Demander pardon à la France de l’avoir combattue est un terrible boomerang qui explose au visage des décideurs qui continuent de marchander la mémoire. Comment exiger de l’ancienne puissance coloniale des excuses et des réparations quand on n’est pas capable de prendre en charge les besoins les plus élémentaires de ceux qui l’ont combattue ? (…) Le cri du fond du cœur de cet ancien maquisard doit interpeller au plus haut niveau de l’Etat. Combien sont-ils, en effet, comme lui, à rester en marge de l’histoire pendant que de faux moujahidine plastronnent sur les plateaux de télévision ? »

Alain Sanders

Article paru dans Présent daté du 27 mars 2018

Les immigrants clandestins d’Afrique ne sont pas les plus pauvres

27/03/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
La pauvreté est le principal argument avancé par les associations humanitaires ainsi que par les élites politiques pour justifier la vague migratoire qui submerge petit à petit l’Europe.

Cependant une étude menée par le Center for European Studies montre que les immigrants ont souvent une qualification et qu’ils exercent chez eux un emploi rémunéré. Le professeur Ransford Gyampo, directeur du CES constate que les jeunes ayant un emploi dans de nombreux pays africains préfèrent néanmoins abandonner leur travail chez eux pour rejoindre les immigrés africains en Europe.

Les immigrants qui arrivent en Europe sont donc des jeunes formés et à même de participer au développement de leurs pays d’origine. En revanche, arrivés en Europe, leur qualification se révèle non adaptée aux besoins de main d’oeuvre.

Jacques Bompard

Déferlement migratoire : La lettre des Bompard au pape François, par Franck Delétraz

Reçus lundi au Vatican avec quelque 150 élus de la région PACA, Jacques et Marie-Claude Bompard, accompagnés de Marie-France Lorho, Marie-Thérèse Galmard, Yann Bompard et Xavier Fruleux, ont à cette occasion remis en mains propres au Saint-Père une lettre qu’ils ont joliment tournée pour lui faire part des « doutes » et « incompréhensions » que suscitent les multiples interventions de l’Eglise en faveur de l’accueil des « migrants » et attirer son attention sur la menace que fait peser l’immigration massive sur l’Europe.

« Une profonde confusion »

Une démarche particulièrement bienvenue, au moment où de nombreux fidèles s’interrogent en entendant François leur rappeler régulièrement leur devoir d’accueil et où « les paroles et admonestations de quelques clercs sur le sujet » les laissent « dans une profonde confusion ». C’est que, souligne cette lettre, à l’heure où « l’Europe dans son ensemble est en proie à une crise identitaire et politique majeure » et où « la France demeure incertaine dans sa volonté de maintenir (son) identité hellénico-chrétienne », ces paroles créent en nous, catholiques, « un écartèlement moral entre d’une part la nécessité de présenter la paix civile par l’unité et d’autre part l’accueil inconditionnel des migrants, souvent présenté comme un devoir absolu ». Une confusion volontairement aggravée par les médias qui, la plupart du temps, ne rapportent des interventions de François que ce qui sert leur combat immigrationniste. Ainsi, écrivent les Bompard, « dans le discours contemporain, majoritairement véhiculé par des médias ignares et idéologiquement orientés, la parole de l’Eglise n’est perçue qu’à l’aune des valeurs en vogue de la propagande ». Une allusion à ceux qui s’appuient sur une interprétation abusive du Bon Samaritain, en oubliant que Saint Thomas d’Aquin nous a enseigné qu’« il faut que l’affection de l’homme soit ordonnée par la charité, que d’abord et principalement il aime Dieu, ensuite soi-même, enfin le prochain, et parmi les prochains, davantage ceux qui sont les plus proches et plus à même de nous aider ».

Risque de déstabilisation

Or, souligne la lettre, « alors même que nombre de nos proches souffrent de la misère matérielle et spirituelle la plus grave », la France et l’Europe « auraient l’obligation morale d’accueillir non seulement les réfugiés de toutes les guerres mais aussi les émigrés de tous les pays, et ce au risque de la déstabilisation politique et sociale ». Il faut d’ailleurs rappeler ici la constitution apostolique Exsul familia de 1952, dans laquelle Pie XII précisait non seulement que l’immigration doit concerner « des étrangers nécessiteux et honnêtes », mais aussi que celle-ci peut être limitée pour des « motifs d’utilité publique ». Or, ce sont précisément ces « motifs d’utilité publique » que mettent en avant les Bompard dans leur lettre. Lorsqu’ils soulignent par exemple que « cette convergence de migrations pour la plupart économiques voile parfois l’arrivée de combattants qui ont pour objectif avoué la conquête religieuse de l’Occident ».

Aussi demandent-ils au Saint-Père en conclusion de bien vouloir participer « à l’éclaircissement de ces lacunes » afin de « saisir avec clarté où se trouve notre devoir de charité ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 23 mars 2018

Après le scandale Cambridge Analytica, des utilisateurs de Facebook se désinscrivent en masse

23/03/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
La révélation de l’utilisation frauduleuse des données personnelles à l’insu d’environ 50 millions d’abonnés à Facebook par la société anglaise Cambridge Analytica et son éventuelle influence sur le résultat de l’élection américaine remportée par Donald Trump en 2016 met à mal la valeur de l’entreprise de Mark Zuckerberg.

À la perte de quelque 10 points de son action à la Bourse de New York, s’ajoute désormais la fureur des abonnés. Depuis ce mercredi, la fronde s’organise, principalement via Twitter, pour appeler à déserter Facebook. Et c’est sous la bannière #DeleteFacebook (“quitter Facebook” en Français) qu’une campagne d’incitation au désabonnement se répand comme une traînée de poudre sur le Web.

Mark Zuckerberg a présenté ses excuses à ses utilisateurs sans réussir à enrayer la crise de confiance.


[VIDEO] “Le plus d’Éléments” – La dictature victimaire et la police de la pensée

23/03/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Dans cette nouvelle émission, retrouvez l’équipe du magazine Éléments autour d’Olivier François : François Bousquet, rédacteur en chef, David L’Épée, Thomas Hennetier et Christophe A. Maxime.

Au menu du jour : Les folies de l’épidémie victimaire, la dictature des minorités visibles et les nouveaux Gardes rouges de l’antiracisme.


Ivan Rioufol parle de certains “pays d’Europe plus attirés par la virilité de Poutine que par la féminité de Bruxelles”

Quand l’Occident dénonce la propagande du régime russe, le moralisateur oublie de se regarder lui-même dans la glace. Vladimir Poutine peut dire merci à ses procureurs et à leurs gros sabots : les accusations portées par la Grande-Bretagne, qui a désigné sans preuve “le Kremlin de Poutine” dans l’empoisonnement d’un agent double à Salisbury, a eu pour effet de mobiliser l’électorat russe autour de son leader. Dimanche, Poutine a été plébiscité pour un 4e mandat présidentiel avec 76,7% des voix et une participation de 64,7%. Les Etats-Unis, la France, l’Allemagne et l’Union européenne, qui ont cru bon d’appuyer la dénonciation non étayée de Londres, doivent aujourd’hui faire face à un monde russe légitimement excédé d’être ainsi diabolisé par les donneurs de leçons loin d’être vertueux. Les soupçons de bourrages d’urnes, que relatent ce lundi les médias français, passent sous silence le pénible bourrage de crâne de la propagande occidentale. La Russie de Poutine est encore loin d’être une démocratie véritable.

Mais l’autoritarisme du tsar vaut celui du petit Bonaparte. Dominique de Villepin a d’ailleurs dénoncé, dimanche, “la tentation autoritaire” d’Emmanuel Macron (Le grand Jury RTL-LCI-Le Figaro). C’est Macron qui se réclame d’une position jupitérienne, après avoir fait croire qu’il serait à l’écoute de la société civile. Sa haute idée de lui-même s’ajoute à son mépris des corps intermédiaires, à son désir de limiter le droit d’amendement des parlementaires, ou à sa volonté de mettre l’internet sous surveillance au prétexte de traquer les propos racistes. La macrocrature dissimule un despotisme qu’il serait temps de regarder de plus près.

Cette coalition occidentale contre Poutine est d’autant plus absurde que l’homme fort de Moscou est celui qui est venu en aide aux Chrétiens d’Orient, lâchés par l’Europe pusillanime et menacés d’éradication par l’Etat Islamique. Ceux qui accablent le président russe sont les mêmes qui viennent de se soumettre honteusement au président turc Recep Erdogan, dont les troupes sont entrées victorieuses, dimanche, dans l’îlot kurde d’Afrine (Syrie). Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Union européenne, oubliant leurs grands principes, ont abandonné à son sort leur allié kurde, pour ne pas fâcher le sultan Erdogan qui menace de pousser vers l’Europe les réfugiés qu’il retient encore sur son territoire.

L’Occident a un ennemi mortel, représenté par l’islam totalitaire. C’est contre lui que les belles âmes se devraient d’être intransigeantes. En réalité, le camp occidental devrait regarder derrière lui : il s’apercevrait que personne ne le suit plus dans ses déclamations narcissiques et hautaines. Son mépris pour la Russie de Poutine est en train de pousser ce continent, par dépit, vers des alliés dangereux comme la Chine, la Turquie ou l’Iran.

Jeudi dernier, le premier ministre hongrois, Viktor Orban, a déclaré : “Bruxelles ne défend pas l’Europe (…) Ceux qui n’arrêtent pas l’immigration à leurs frontières disparaissent”. Pour l’Occident sermonnaire mais tremblant, la politique du pire serait de pousser dans les bras d’une Russie amère et revancharde des pays d’Europe dégoûtés, plus attirés par la virilité de Poutine que par la féminité de Bruxelles.

Ivan Rioufol

Texte daté du 19 mars 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Sarkozy et la Libye : une faute gravissime, en tout état de cause, par Francis Bergeron

Mercredi matin, Nicolas Sarkozy était encore en garde à vue dans les locaux de l’office anti-corruption de Nanterre. La garde à vue ne peut pas dépasser 48 heures. Et comme on ne voit pas vraiment ce qui justifierait de mettre ou garder en détention l’ancien président de la République, qui ne va probablement pas s’enfuir … en Libye ou ailleurs, monsieur Sarkozy sera sans doute libéré à l’heure où nos lecteurs liront ces lignes.

Cette garde à vue spectaculaire est la suite de l’enquête ouverte en 2013, qui cherche à savoir si la campagne électorale de 2007 de l’ancien maire de Neuilly avait bénéficié de financements libyens secrets. Des sources libyennes concordantes affirment que oui. Des sources françaises tout aussi concordantes nous disent que non. Il n’est pas certain du tout que la vérité soit clairement établie un jour.

Ségolène Royal, qui fut la grande perdante de 2007, a beau jeu de se répandre dans les médias avec cette formule, frappée au coin du bon sens : « Ma pensée va aux millions de citoyens qui ont le droit de savoir si le match était à armes égales ». Est-il possible que Sarkozy et Kadhafi nous aient fait échapper à ce qui aurait été une calamité ? Mais nous n’avons pas échappé, cinq ans plus tard, à la calamité, pire encore, de la présidence de son ex-conjoint. Quant au quinquennat Sarkozy, il n’a pas laissé que des bons souvenirs…

La vraie faute de Sarkozy, la grave faute, celle qui ne peut lui être pardonnée, c’est cette guerre qu’il mena finalement contre Kadhafi. Bien évidemment, si cet engagement militaire a été pris dans le but d’éliminer Kadhafi, et de l’empêcher ainsi de révéler son financement de la présidentielle de 2007, cela ferait de Sarkozy l’un des plus machiavéliques présidents de la Ve République, l’égal d’un De Gaulle ou d’un Mitterrand.

Hypothèse tentante, avancée ici ou là, mais assez peu crédible. Il faut se souvenir en effet des circonstances de la mort du dictateur libyen. En février 2011, le pays avait connu de violentes contestations internes, comme d’autres pays de la région : le fameux « printemps arabe », qui se révéla en fait très vite une catastrophe politique et humanitaire.

Pour protéger les populations civiles de la répression kadhafiste, le Conseil de sécurité des Nations Unies avait autorisé une intervention étrangère. C’est sous couvert de l’ONU qu’un Mirage 2000 français a détruit un convoi de véhicules dans lequel se trouvait Kadhafi, permettant ensuite un assaut de ses opposants. Le tyranneau fut capturé, torturé et liquidé dans la foulée.

Le déclenchement d’un processus migratoire sans précédent

La faute gravissime de Sarkozy, d’Obama et des autres fut ce soutien au prétendu « printemps arabe », censé apporter droits de l’homme et prospérité. Et la responsabilité de Sarkozy est spécialement en cause en Libye. Nous savons les conséquences qu’eut cette politique de très courte vue : un formidable coup de pouce donné aux islamistes libyens, un effondrement économique du pays, et le déclenchement d’un processus migratoire sans précédent, dont nous continuons à faire les frais. Oui, il y a certainement matière à juger et condamner cet ancien chef d’Etat. Mais l’affaire libyenne, c’est beaucoup plus grave qu’une supposée valise de cinq millions d’euros.

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

De grâce, cessons d’appeler nos djihadistes des « combattants français » !, par Gabrielle Cluzel

Appelons-les djihadistes, terroristes, islamistes… ce ne sont pas les mots qui manquent.

Chaque métier a ses responsabilités. Le médecin a la responsabilité de la santé de son malade, et du traitement qu’il choisit pour le guérir. Le professeur a la responsabilité de sa matière, et des outils pédagogiques qu’il choisit pour la transmettre. Le journaliste a la responsabilité de l’information, et des mots qu’il choisit pour la diffuser.

Cette responsabilité est moins grande si elle est partagée, mais immense, bien sûr, si le médecin, le professeur ou le journaliste – pour un cas donné – est seul à l’assumer.

Disons-le, l’AFP est en situation de quasi-monopole. Ses dépêches sont dupliquées – en l’état ou vaguement bricolées, maquillées, retouchées – par un nombre incalculable de rédactions. C’est l’Évangile selon sainte Aèfpé, dogme de foi et parole de vérité.

Alors quand, pour évoquer le procès de deux djiahdistes français jugés aux assises, l’AFP titre « deux combattants français, rentrés en 2014 de Syrie, jugés aux assises » et que cette information est relayée avec les même mots (« combattants français ») par le site du Point et de France Info, on peut légitimement se poser la question : l’AFP assume-t-elle ses – immenses – responsabilités ?

Il y a mille façons de « fakenewser » : par action, par omission, par dissolution, par focalisation mais aussi, donc, par confusion. Confusion mentale jusque dans le champ lexical.

Et lorsque le temps aura passé, l’AFP appellera-t-elle ces deux hommes « anciens combattants français » (avec, tant qu’on y est – logiquement, c’est lié ! -, titre de reconnaissance de la nation et petite pension à la clé) ? Si, d’aventure, ils étaient morts au combat, leurs épouses auraient-elles été qualifiées de veuves de guerre par l’AFP ? Celles-ci n’auraient-elles, du reste, pas été fondées à réclamer que l’on grave le nom de feu leur conjoint sur les monuments… des combattants français ?

Et nul n’est choqué de constater, lorsque l’on tape « combattants français » sur un moteur de recherche, amalgame 2.0 infamant généré par ce choix de vocabulaire pour le moins douteux, que sortent aussitôt, sur la même page, intimement mêlés, ces deux hommes-là et les deux soldats tombés récemment au Mali ?

Appelons-les djihadistes, terroristes, islamistes… ce ne sont pas les mots qui manquent. Mais, de grâce, pas « combattants français ». Prétendre – avec légèreté, inconscience, perte de sens – le contraire, c’est déshonorer ceux que l’on voit tirer de leurs vieilles mains noueuses, mais avec toujours autant de fierté, leur carte bleu blanc rouge un peu cornée, du fond de leur portefeuille usé. Leur carte de combattant français.

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Éric Zemmour : “Les Kurdes vivent la malédiction des petits, des sans-grade”

21/03/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Selon Éric Zemmour, la prise de la ville kurde d’Afrine, au nord de la Syrie, par les forces turques, consacre la défaite des Kurdes et enterre leur rêve de Kurdistan.

Depuis des semaines, ils étaient noyés sous les bombes des avions turcs et chassés par les islamistes syriens. La défaite kurde est sans appel. La défaite kurde est cruelle. La défaite kurde est une belle revanche pour Daesh.

Une belle revanche pour les Turcs qui avaient longtemps soutenu Daesh. “Où sont les meilleurs combattants anti-Daesh, que vantaient leurs alliés occidentaux ?”, rigole un haut dignitaire turc. Mais la question est mal posée : où sont les Occidentaux quand leurs alliés kurdes, qui ont combattu Daesh à leurs côtés, se font massacrer ?
Les Kurdes vivent la malédiction des petits, des sans-grade. Trop dispersés pour être forts. Trop peu unis pour compter. Parce qu’ils ont été fidèles à leurs alliés occidentaux, Vladimir Poutine les a jetés aux chiens turcs.

Parce qu’ils rêvent d’un Kurdistan qui rassemblerait les Kurdes qui vivent entre la Turquie, l’Irak, la Syrie et l’Iran, ils sont honnis par tous les États qui existent déjà.


Gilles-William Goldnadel : «Le racisme anti-blanc impose l’omerta médiatique»

21/03/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Dans une tribune publiée sur FigaroVox, Gilles-William Goldnadel évoque le racisme anti-blanc, dont très peu de médias ou d’associations osent parler.

Extraits choisis :

Le racisme antiblanc est le trou le plus noir de l’information comme de la réflexion. Si vous aimez la tranquillité, évitez donc de le nommer. Ou utilisez si possible une circonlocution. Essayez plutôt «détestation anti-occidentale».

Vous éviterez ainsi le chromatisme gênant. On peut parler des noirs, davantage encore du racisme qui les frappe. Mais évoquer le blanc, sauf de manière négative, voilà qui est gênant. Et très inélégant. En parler le moins possible. J’ai connu une époque, pas très lointaine, où les organisations antiracistes autoproclamées contestaient l’existence même de l’aversion du blanc. Lorsqu’on la leur mettait juste dessous leurs yeux, elles la reconnaissaient du bout des lèvres pincées en alléguant le fait que seules des organisations «d’extrême droite» se souciaient de cette question très secondaire. Bref, une pirouette assez primaire. De nos jours, lorsque le temps est clair, certaines condescendent toutefois à se saisir de cas emblématiques, pourvu que le traitement soit discret et homéopathique.

(…)

L’excellente revue National Geographic s’est livrée récemment à une autocritique en règle en examinant de quelle manière, au siècle dernier, elle était restée indifférente à la réalité et à la souffrance noires.

D’un siècle l’autre, d’un excès l’autre, et, parfois, d’une souffrance l’autre. Je ne crains pas en effet d’appliquer cette saine autocritique au présent et à la souffrance blanche que l’on cache, que l’on tait ou que l’on ne veut pas voir.

C’est ainsi que les exactions contre les fermiers blancs en Afrique australe font partie des territoires occultés de l’information. Au Zimbabwe, la quasi-totalité des fermiers blancs ont été expulsés. De très nombreux fermiers massacrés. L’ex-dictateur Mugabe, récemment déchu, refusait de répondre à un journaliste parce qu’il était blanc. C’est dans ces conditions que la revue Jeune Afrique (et non un journal occidental) a écrit: «Les abus et les erreurs commis par Londres, les colons britanniques et leurs descendants, pour beaucoup restés fidèles à Ian Smith, ont été nombreux. Mais en répliquant avec une politique aussi inconséquente, Mugabe aura surtout ajouté de la souffrance à l’injustice.» De la souffrance blanche. Selon la BBC, cette politique a détruit l’économie du Zimbabwe basée sur l’agriculture, qui est dans une situation catastrophique avec une hyperinflation et une réapparition du choléra.

Qui pourrait prétendre honnêtement que ce racisme-là a été condamné par la classe médiatique antiraciste?