Canal de Suez bloqué – Les limites de la mondialisation, par Arnaud Raffard de Brienne

Canal de Suez

L’échouage impromptu, mardi 23 mars, du porte-conteneurs géant l’Ever Given, bloquant tout trafic dans le canal de Suez et provoquant un spectaculaire embouteillage de plusieurs centaines de cargos, pétroliers et porte-conteneurs, vient rappeler l’importance de cet accès difficilement contournable par lequel transitent plus de 12 % de l’ensemble des échanges commerciaux internationaux par voie maritime. En moyenne, ce sont cinquante navires et environ cinq milliards de dollars de marchandises qui empruntent quotidiennement ce raccourci permettant d’éviter le contour de l’Afrique, un raccourci devenu essentiel à la navigation marchande. Par ce canal transitent notamment l’ensemble de la production chinoise à destination de l’Europe mais aussi l’essentiel de ses importations de pétrole.

Défaillance technique ou plus vraisemblablement humaine, selon le chef de l’Autorité égyptienne du canal, une enquête ouverte par la compagnie de navigation Bernhard Schulte Shipmanagement basée à Singapour et par les assureurs devrait permettre d’en savoir davantage. Mais il est difficile de ne pas incriminer en même temps la course au gigantisme des compagnies maritimes multipliant les mises en chantier de ces porte-conteneurs titanesques – l’Ever Given mesure 400 mètres de long… – en réponse aux besoins d’une population toujours plus nombreuse, à l’esprit consumériste de l’époque, au libre-échange et aux délocalisations. Impossible et illogique de pester contre ces ténors de la pollution – un tel navire consomme chaque jour à entre 150 et 250 tonnes de fuel lourd, le plus polluant et le plus soufré qui soit – sans commencer par s’en prendre à ces quelques causes premières.

D’inévitables conséquences économiques

C’est un mauvais coup pour l’Egypte : les droits de péage du canal évalués à environ 14 millions de dollars par jour représentent la quatrième source de revenus du pays dont l’économie repose sur quatre rentes de situation. En premier lieu, les transferts de la diaspora, à hauteur de 22 milliards de dollars par an, puis, à peu près à égalité, le tourisme et la vente d’hydrocarbures, pour 9 à 12 milliards chacun selon les années, et enfin le canal de Suez pour 5,8 milliards. Quant aux impacts sur l’économie en général et européenne en particulier, il est évidemment un peu prématuré d’en conjecturer l’ampleur mais un renchérissement des tarifs du fret maritime, du prix du pétrole et certaines pénuries paraissent inévitables. D’ores et déjà, ce sont des arrêts de production chez les équipementiers de l’industrie automobile, de graves pénuries de matières premières générant des retards de production dans l’ensemble des secteurs d’activité et des ruptures de stock dans à peu près tous les domaines puisque l’essentiel des productions industrielles provient aujourd’hui d’Asie. Un an après le début de la crise du Covid, l’échouage de l’Ever Given fournit une seconde preuve éclatante des méfaits et dangers de la mondialisation sauvage et de l’extrême dépendance de nos économies.

Ces conséquences économiques sur le court terme pourraient bien en dissimuler d’autres, sur fond géopolitique, si l’on se réfère aux déclarations de Nikolaï Korchounov, responsable de la diplomatie russe, profitant de l’incident pour affirmer la nécessité de persévérer dans le projet de développement de la route maritime du Nord dans un Arctique russe de plus en plus praticable à mesure des effets tangibles du réchauffement climatique. Voilà donc un coup de barre de trop à droite ou à gauche, dont les répercussions en chaîne n’ont pas fini de se faire sentir.

Par Arnaud Raffard de Brienne

Article paru dans Présent daté du 30 mars 2021

Alain de Benoist : « L’OTAN n’est pas en état de mort cérébrale. C’est l’Europe qui l’est ! »

Alain de Benoist

Nous avons déjà eu l’occasion de parler de l’OTAN, organisation qui aurait dû logiquement être dissoute en même temps que le pacte de Varsovie, puisqu’elle avait été créée à seule fin de résister à l’Union soviétique, aujourd’hui disparue. Mais il n’en a rien été, puisqu’elle s’est muée en une vaste organisation de « défense globale » qui intervient désormais dans le monde entier. Quelles sont, aujourd’hui, ses priorités ?

Tout le monde le sait, ses ennemis désignés sont aujourd’hui la Fédération de Russie en premier lieu, la Chine en second. Le fait nouveau est qu’avec l’élection de Joseph (« Joe ») Robinette Biden, le parti de la guerre est de retour. Les États-Unis ont déjà recommencé à bombarder la Syrie, Poutine se fait traiter de « tueur » par Biden et de nouvelles sanctions viennent d’être adoptées contre la Chine. Parallèlement, une vaste offensive de propagande est en cours pour « cimenter la centralité du lien transatlantique », c’est-à-dire pour faire croire aux Européens que les ennemis des Américains sont nécessairement les leurs. On en revient au chantage à la protection de l’époque de la guerre froide : les Européens sont sommés de s’aligner sur les positions de Washington en échange de la protection américaine, et donc de faire allégeance au commandant suprême des forces alliées en Europe qui est, comme toujours, un général américain. En clair : protectorat contre vassalisation.

C’est aussi ce que dit la tribune publiée tout récemment dans le mensuel Capital, qui a été signée par plusieurs hauts gradés militaires. Le moins qu’on puisse dire est que ses signataires ne mâchent pas leurs mots, puisqu’ils disent que la souveraineté de la France est directement menacée par les projets de l’OTAN…

La lettre ouverte adressée à Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN, par les membres du Cercle de réflexion interarmées est en effet un véritable réquisitoire contre le projet « OTAN 2030 », qui définit les missions de l’Organisation pour les dix prochaines années. Ce projet est qualifié de « monument de paisible mauvaise foi », ce qui a le mérite d’être clair. Mais il faut aller plus loin si l’on veut comprendre ce qui est en jeu.

Le fait important est que la doctrine de l’OTAN n’a cessé d’évoluer, ces dernières années, vers l’intégration du combat nucléaire à toutes les étapes de la bataille. En 2008, l’OTAN avait déjà refusé de signer le Pacte européen de sécurité proposé par Moscou. En 2010, au sommet de Lisbonne, la défense anti-missiles balistiques américaine mise en place en Europe avait pris un caractère clairement dirigé contre « l’ennemi russe ». À partir de 2015, les premiers missiles antimissiles américains en packs de 24 lanceurs Mk 41, implantés tout autour de la Russie, n’ont plus été conçus comme permettant seulement des tirs défensifs, mais aussi des tirs offensifs. En 2019, les États-Unis ont déchiré le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) qui avait été signé en 1987 par Gorbatchev et Reagan. Tout récemment encore, un groupe de dix experts nommé par Stoltenberg s’est prononcé, dans son livre OTAN 2030: United for a New Era, pour le déploiement en Europe de nouveaux missiles nucléaires à moyenne portée équipés de bombes nucléaires B61-12. On en revient, ainsi, au concept de « bataille nucléaire de l’avant ». Cela signifie que le concept de frappe nucléaire tactique de théâtre est à nouveau scénarisé et que l’OTAN considère désormais l’Europe comme son futur champ de bataille, les États-Unis restant bien entendu seuls maîtres de l’engrenage vers l’option nucléaire.

En déclarant, il y a deux ans, que l’OTAN était « en état de mort cérébrale », Emmanuel Macron avait fait sensation, cette déclaration ayant été interprétée comme un appel lancé aux Européens pour qu’ils se dotent d’une défense commune qui leur soit propre. Apparemment, ça n’a pas été le cas.

Dans l’entretien auquel vous faites allusion, Macron disait aussi que « si nous acceptons que d’autres grandes puissances, y compris alliées, y compris amies, se mettent en situation de décider pour nous, notre diplomatie, notre sécurité, alors nous ne sommes plus souverains ». Le chef de l’État parlait d’or. Mais hélas ! il s’est contenté de jouer du pipeau, puisque le sursaut attendu n’a pas eu lieu. Quand, en 2009, Nicolas Sarkozy avait décidé de réintégrer la structure militaire de l’OTAN, il avait également claironné qu’il levait ainsi un obstacle à la mise en place d’une Défense européenne. C’était tout aussi illusoire. Ou tout aussi mensonger.

Plus significatif encore : après les déclarations de Donald Trump laissant planer le spectre d’un désengagement de Washington, on aurait pu penser que les Européens se seraient souciés plus sérieusement de pourvoir par eux-mêmes à leur sécurité. C’est le contraire qui s’est passé. Tous les gouvernements européens ont, au contraire, rivalisé en gestes d’allégeance dans l’espoir d’infléchir la position des États-Unis. Tous ont fait assaut de surenchère atlantiste sur des sujets comme la désignation de la Chine et de la Russie comme nouveaux ennemis communs, l’inclusion de l’espace parmi les théâtres d’opérations de l’OTAN ou l’accès des États-Unis aux programmes d’armement européens. La France elle-même s’est finalement alignée sur les positions américaines et ne fait plus entendre une voix originale sur aucun sujet. Si tel n’était pas le cas, elle commencerait par se désolidariser des sanctions contre la Russie et rétablirait ses relations diplomatiques avec la Syrie !

Une Défense européenne n’est pas près de voir le jour pour la simple raison que la majorité des États européens, à commencer par l’Allemagne, n’en veulent pas, non seulement parce qu’ils trouvent que cela coûte trop cher et qu’ils s’imaginent que les bons sentiments suffisent à régler les rapports de force, mais aussi parce qu’ils savent très bien qu’il est impossible de défendre l’Europe sans prendre la place de l’OTAN, dont c’est la chasse gardée. Comme le dit le général Vincent Desportes, « plus le parapluie américain est une chimère, plus les Européens s’y accrochent ». Alors que les États-Unis disposent d’un budget militaire de près 750 milliards de dollars (contre moins de 70 milliards pour la Russie), les budgets militaires de la plupart des pays européens sont indigents, ces mêmes pays préférant de surcroît acquérir des avions de guerre et des systèmes balistiques américains plutôt qu’européens pour complaire au complexe militaro-industriel américain.

Macron a eu grand tort de parler de « mort cérébrale » à propos de l’OTAN. L’OTAN n’est nullement en état de mort cérébrale. C’est l’Europe qui l’est, puisqu’elle refuse de se doter des moyens de la puissance. Le général Vincent Desportes le dit également sans ambages : « L’OTAN est une menace pour l’Europe », avant d’ajouter que « l’avenir de l’Europe est eurasiatique, pas euro-atlantique ». Une évidence que personne ne veut apparemment reconnaître. Le réveil sera terrible.

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Joe Biden ouvre les portes du grand remplacement

Ils ont dû attendre quatre ans. Ils ont dû assister, sans pouvoir vraiment s’y opposer, à la mise en place par Donald Trump d’un dispositif efficace capable de verrouiller les frontières et contrôler l’immigration. Ils ont eu le temps de constater, chiffres en main, que les illégaux peuvent être à la fois générateurs de violence et fossoyeurs d’emplois. La rage au ventre, ils ont perdu quatre ans, mais ils goûtent maintenant l’ivresse de la revanche.

On le voit aux rictus du « président » Joe Biden. On le sent à l’aplomb des membres du gouvernement. On le devine à la détermination de ceux qui tirent les ficelles de ce théâtre de marionnettes. Le bolcho-globalisme ne se contente pas de détruire l’appareil de protection édifié par Trump. Il voit plus grand et plus loin. Il cherche à établir une bonne fois pour toutes le mécanisme du grand remplacement. Effrayer, culpabiliser, museler les Blancs tout en invitant les cohortes du tiers-monde à les cerner, les submerger, les anéantir pour prendre leur place. Les Blancs finiront par se regrouper sur les terres arides ou dans les forêts désertes. Et les cohortes dessineront le nouveau visage de l’Amérique.

Une véritable stratégie

Depuis le 20 janvier et son arrivée au pouvoir, le bolcho-globalisme a dû prendre des centaines de décisions marquantes qui, toutes, vont dans le même sens et révèlent donc à grands traits l’esprit d’une stratégie. Celle-ci a l’air de se développer selon trois axes. Le premier, celui auquel nous assistons, recèle une double opération. D’une part, démoraliser, complexer, humilier les Blancs en leur affirmant qu’ils sont des racistes congénitaux, des égoïstes chroniques et des perdants programmés. La presse classique, les médias électroniques, les politiciens et Hollywood participent à l’orchestration d’une mise au pilori des véritables « inventeurs » de l’Amérique. Lessivage des cerveaux d’autant plus redoutable qu’il s’accompagne – autre opération jumelée – de l’arrivée en masse de nouveaux occupants, ce qui achève de dérouter les candides citoyens. Des intrus invités par le pouvoir qui les protège, les rassure et les encourage. Les Blancs perdent leurs repères et doutent de leur avenir. Le choc psychologique fait d’eux des victimes prises au piège.

Le deuxième axe de la stratégie est consacré précisément aux deux mâchoires de ce piège. D’un côté, on s’efforce de dissoudre, dans de vains combats ou de futiles palabres, l’ultime carré de républicains patriotes qui essaient de résister aux coups et de s’extirper de l’étau. Difficile. Tout le système étant aux mains du bolcho-globalisme, les droits de l’opposition deviennent symboliques. De l’autre côté, en ouvrant les vannes de l’immigration illégale, on prépare le terrain électoral afin d’y noyer sous le nombre les chances déjà fragiles des candidats de la droite nationale. La démocratie, comme souvent, sourit à la subversion. Les intrus, phagocytés par la gauche, deviendront très vite une minorité dangereuse puis une majorité triomphante. Le sort des républicains sera scellé. D’autant que, ployant sous le poids de l’invasion, certains Etats se verront obligés de créer de nouvelles circonscriptions. Leur destin sera tout tracé : servir de fiefs imprenables au bolcho-globalisme.

La classe moyenne, voilà l’ennemie !

Le troisième axe est à plus long terme. Il conjugue un des premiers objectifs du marxisme et la préoccupation majeure des nouveaux maîtres du pays : appauvrir la classe moyenne, l’assécher, la désarticuler, la démoraliser jusqu’à ce qu’elle ne constitue plus l’ossature de la nation, le moteur de son économie. L’instrumentalisation du Covid-19 joue un grand rôle dans cette manœuvre. Lorsqu’une usine ferme, lorsqu’un commerce fait faillite, c’est un clou qu’on enfonce dans le cercueil de la classe moyenne. Pour cette raison, le déconfinement général se trouve différé à chaque occasion sous de scandaleux prétextes. Car il faut neutraliser coûte que coûte cette masse de travailleurs, de patriotes, d’intraitables réfractaires ; il faut l’écraser jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que des figurants besogneux et muets. Tout l’univers subversif s’est mobilisé pour assurer la réussite de l’entreprise : les médias, les politiciens gaucho-libéraux, les petits flics de la pensée unique, les tacticiens démocrates, les esprits forts donneurs de leçons, les gros industriels toujours obsédés par les bas salaires et la main-d’œuvre docile. Tous sur le même ton : les Américains qui depuis deux siècles et demi ont bâti cette grande nation appartiennent à une classe vouée à la disparition. On lui prend son argent pour le donner aux illégaux. On lui prend ses emplois pour les remettre aux illégaux. Mais on ne cherchera pas à lui prendre ses bulletins de vote : bientôt, ils ne serviront plus à rien.

Christian Daisug

Article paru dans Présent daté du 26 mars 2021

Reporters sans frontières demande plus de censures sur Facebook

RSF censure

RSF se veut l’apôtre d’un bon combat, celui de la liberté d’informer. Mais son comportement dans les faits est à l’exact contraire et quand RSF porte plainte contre Facebook en France ce n’est pas pour protester contre la censure mais pour la réclamer.

Plainte pénale en droit de la consommation

La forme juridique est inusitée et la plainte est portée à la fois contre Facebook France et Facebook Irlande pour « pratiques commerciales trompeuses ». L’association estime que le réseau social laisse proliférer des commentaires désobligeants voire haineux contre certains journalistes ainsi que des messages de désinformation en particulier en ce qui concerne la pandémie. L’association met le doigt sur une « contradiction manifeste entre les engagements du réseau social vis-à-vis des consommateurs et la réalité de son fonctionnement ». Cette contradiction constituerait selon le code de la consommation un délit passible d’une amende pouvant atteindre 10% du chiffre d’affaires annuel moyen. Remarquons que pour RSF l’information s’adresse à des consommateurs et non à des citoyens, selon une logique de marché. Des plaintes identiques pourraient être déposées dans d’autres pays.

Les journalistes, des êtres à part ?

Sont cités en exemple des commentaires « haineux » contre Yann Barthès et son émission Quotidien sur TMC (groupe TF1) qui a succédé à un même type d’émission, Le Petit journal sur Canal+. RSF signale (sans rire) que “de nombreux commentaires dénigrants envers des journalistes du journal télévisé “Quotidien” [apparaissent] parmi les “commentaires les plus pertinents”. Nous avons dit tout le mal que nous pensions de ces deux émissions, superficielles, maniant la dérision et le ricanement, dans un entre soi narcissique et une vulgarité « djeune » plutôt répugnante. Tous les goûts sont dans la nature disait la concierge mais nous sommes surpris d’apprendre qu’il est maintenant interdit – ou sera interdit si RSF est suivi dans ses réclamations – de critiquer ces émissions sur les réseaux sociaux“.

Désinformation sur Hold-Up

Que fait une association de journalistes devant un documentaire ? Elle le regarde, le critique, en fait un compte-rendu négatif si besoin, répond le commun des mortels. Que nenni, répond RSF, il faut l’interdire, stopper sa diffusion par tous les moyens, partout et tout le temps car il « désinforme ». Nous n’avons pas d’opinion tranchée sur le documentaire Hold-Up, dont nous avons parlé ici, mais il nous semble raisonnable de laisser chacun se faire son idée.

Pas pour RSF qui couine : « Cette vidéo a ainsi été partagée 426 fois au sein de pages et de groupes publics, générant 36 843 réactions. Celle-ci ne comportant aucun étiquetage “fausse information”, plus de 5,5 millions d’utilisateurs ont [potentiellement] été exposés à ces désinformations ».

Cachez ce sein que je ne saurais voir,
Par de pareils objets les regards sont blessés,
Et cela fait venir de coupables pensées.
Molière,Tartuffe

La plainte de RSF stipule « une simple recherche par mots-clés dans la barre de recherche du réseau social suffit à afficher les nombreuses occurrences du film ». Diantre, les croquants se révoltent, ils veulent avoir accès à une information (de qualité relative certes, comme nombre d’informations des médias de grand chemin, soit dit en passant) et ne pas se voir imposé un filtre. La messe est dite, bas les masques, RSF rejoint les rangs – en réalité les avait rejoints depuis longtemps – des liberticides soft, ceux qui vous étranglent en souriant au nom des droits de l’homme.

Texte repris du site OJIM

Dans la nouvelle Guerre froide, par Jean-Gilles Malliarakis

Lu Shaye

On peut dire merci à l’ambassadeur chinois Lu Shaye. En traitant Antoine Bondaz, chercheur français de la Fondation pour la recherche stratégique, de “petite frappe, hyène folle, troll idéologique” il a réveillé les endormis.

Nous avons bel et bien affaire à un communiste et Francis Bergeron, ce 24 mars, peut mettre en cause avec raison, au-delà de son représentant si peu diplomate, le maître du pouvoir de Pékin, “Xi Jinping nouveau Staline“[1]

En s’en prenant aussi aux parlementaires européens représentants de 7 pays, décidés à se rendre à Taïwan, il nous a rappelé le vœu actuel de ses ressortissants. L’île, nommée Formose par les Portugais, ne fut conquise par l’Empire chinois qu’en 1683 sous le règne de Kangxi (1661-1722) contemporain de Louis XIV, à l’époque de la dynastie mandchoue des Qing. Ceux-ci régnèrent sur Pékin de 1644 à la proclamation de la république en 1911. Le partage de Yalta et la victoire soviétique de Manchourie avaient permis à Tchang Kaïchek de s’en emparer en 1945.

Les débris de l’armée du Kouo Min Tang s’y réfugièrent en 1949 et y ont maintenu la survivance, de plus en plus fictive, de la Chine nationaliste. Or, aujourd’hui, de façon très démocratique, la majorité d’origine insulaire a élu à la présidence du pays en 2016, Mme Tsai Ing-wen Réélue en 2020, son parti, le Minjindang, démocrate progressiste, s’appuie sur la majorité indigène de la population. Celle-ci aspire, légitimement, à faire reconnaître internationalement Taïwan en tant qu’Etat souverain, ce qui ne fait qu’entériner une réalité devenue de plus en plus claire.

Le gouvernement de Pékin prétend au contraire qu’il s’agit d’une simple province de son Empire du Milieu. La Chine communiste menace de l’envahir et d’y réprimer toute opposition au pouvoir totalitaire de son parti unique, comme elle a d’ores et déjà entrepris de le faire à Hong Kong, au mépris des accords de rétrocession de 1997.

Dans un tel contexte, elle n’admet pas que des députés européens cherchent à s’enquérir du dossier en se rendant sur place. Sans doute méprise-t-elle les règles parlementaires, qu’elle ne pratique pas. Son Congrès national-populaire, parlement fantoche qui ne se réunit qu’une fois par an, pour une session d’une dizaine de jours, dans l’immense Palais de l’Assemblée du Peuple que l’on peut contempler place Tian Anmen, ne connaît pas ce type de fonctionnement.

Aussi bien l’Europe que les États-Unis, et à leur suite la majorité des pays de la zone indopacifique remettent en cause la doctrine pékinoise “une seule Chine”. Le pouvoir communiste y voit une sorte de casus belli…

Car, si certains doutent encore du climat de guerre froide qui s’est institué entre l’occident et la Chine communiste, 50 ans après les accords de 1972 entre Nixon et Mao Tsé-toung, semble urgent de les amener à en prendre conscience. Cette tension déterminera les relations internationales comme la plupart des clivages de politique intérieure.

Le temps des sous-traitances industrielles systématiques, profitables aux gros intérêts mais ruineuses pour la survie de nos entreprises et de nos emplois s’achève.

On ne doit pas seulement y voir une sorte de grand match entre les USA et la Chine. La confrontation ne se limitera pas seulement au terrain de l’hégémonie militaire, elle s’exprimera en termes d’influence économique et de concurrence technologique. Et, pour pouvoir suivre, Washington tentera de se libérer de certains engagements traditionnels.

Ce n’est pas telle ou telle figure politique mais l’ensemble de l’établissement américain qui sera amené à durcir la concurrence avec la Chine à tous les niveaux.

La politique américaine prend aussi conscience que d’autres outils, au-delà de la seule force militaire se révéleront nécessaires pour l’emporter dans cette nouvelle guerre froide. Comment, par exemple, imposer aux alliés de ne pas choisir le système chinois 5G si aucune entreprise occidentale ne peut proposer une offre complète correspondante.

Les Chinois semblent concentrés sur des objectifs à long terme, avec un horizon de 5 à 10 ans. Ils visent la suprématie dans des domaines critiques, comme l’intelligence artificielle. Les entreprises et les universités suivent avec discipline… Il en va de même pour les infrastructures ou les matériaux critiques dont dépend le développement occidental futur.

Or, l’Europe se situe entre les deux. Elle ne veut plus dépendre totalement des États-Unis depuis la présidence Trump. Mais nos pays ne sont clairement pas en mesure d’établir seuls un équilibre avec la Chine. Sortir des galanteries et des préciosités devient donc urgent.

[1] cf. son article de Présent en date du 24 mars.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

La cavalerie « woke » américaine au secours des universitaires décoloniaux français

Angela Davis

23/03/2021 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Angela Davis, l’ancienne égérie des Black Panthers, vient de prendre la tête d’un collectif d’universitaires internationaux pour dénoncer la politique islamophobe de la France. Dans une tribune publiée la semaine dernière par Le Nouvel Obs, une poignée d’intellectuels américains et internationaux vient « exprimer [sa] solidarité avec les universitaires, activistes et d’autres producteurs de savoir, qui, en France sont visés par les déclarations faites en février 2021 par Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ».

Ils dénoncent l’utilisation du terme islamo-gauchisme dans le domaine universitaire.

Selon eux, ce terme « reflète une convergence beaucoup plus ancienne d’idéologies de droite, coloniales et racistes opposées aux luttes anticoloniales, anti-islamophobes et antiracistes ». Ils accusent la France d’être restée une puissance coloniale ajoutant que « cette mentalité coloniale se manifeste dans les structures de gouvernance de la France, en particulier vis-à-vis des citoyens et des immigrés racisés, comme en témoignent des mesures comme la dissolution du CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) ».

Ils dénoncent le racisme systémique de la France qui se développerait en France avec la complicité de la droite, mais aussi de la « gauche blanche ».

« Une partie de la gauche blanche, ainsi que des féministes qui ne font aucune analyse anticoloniale, anti-islamophobe et antiraciste, sont également des complices de l’invisibilisation de l’oppression coloniale et du racisme, en fournissant des rationalisations idéologiques au racisme structurel porté également par l’État. ». Ces « chercheurs et activistes internationaux » s’engagent à être solidaires de leurs homologues en France et recevoir dans leurs pays ceux qui seraient, en France, victimes de répression. Cette victimisation laisse songeur, eux qui ne cessent de vouloir « effacer » ceux qui ne pensent pas comme eux !

Dans son dernier livre Pour répondre aux décoloniaux, aux islamo-gauchistes et aux terroristes de la repentance, Bernard Lugan répond à ce discours victimaire

Alliés à l’islamo-gauchisme, les « décoloniaux » ont entrepris de déconstruire la France au moyen d’un terrorisme médiatique et intellectuel sans précédent. Pour l’africaniste, ce n’est pas de « séparatisme » dont il s’agit. Ils ne veulent pas faire sécession sinon ils perdraient les nombreux avantages qu’ils reçoivent de cette France qu’ils haïssent tant… à l’image d’Hafsa Askar, vice-présidente du syndicat étudiant UNEF, qui, le 15 avril 2019, jour de l’incendie de la cathédrale, avait écrit : « Je m’en fiche de Notre-Dame de Paris, car je m’en fiche de l’Histoire de France… Wallah… on s’en balek [traduction : on s’en bat les c…], objectivement, c’est votre délire de petits blancs. » Face à cet esprit destructeur, le livre de Lugan a le mérite de remettre les pendules à l’heure.

George Orwell, éducateur

George Orwell

Tout le monde connaît George Orwell, l’immortel auteur de 1984. On sait aussi que bien des aspects de cette dystopie sont aujourd’hui réels, comme la novlangue, les écrans ou la réécriture du passé. Le monde totalitaire imaginé par Orwell n’est donc ni révolu ni à venir ; mais actuel, en train de s’enraciner, de croître, et même de s’institutionnaliser. Certains aspects de notre présent sont déjà totalitaires, et 1984 n’est pas de la science-fiction.

Il ne faut pourtant pas faire d’Orwell un prophète. Il n’a pas imaginé ou deviné un futur cauchemardesque qui allait devenir notre présent, il a simplement vu ce qui était déjà émergent mais que peu avaient osé voir avant lui. La force d’Orwell n’est pas son imagination, mais au contraire un manque d’imagination qui l’attache à la réalité telle qu’elle est, sans la maquiller.

Cette grande lucidité d’Orwell éclate dans ses nombreux essais, publiés naguère en quatre épais volumes par les éditions Ivréa, et dont les excellentes éditions Bartillat proposent cet hiver une sélection judicieuse, sous le titre évocateur d’Ecrits de combat. Ils traitent de sujets très variés, comme l’hôpital, Dickens ou une exécution capitale, mais ils en traitent toujours de la même manière : en s’efforçant de voir et de dire ce qui est. Cela peut sembler bien maigre, c’est pourtant bien rare, lorsque tout est fait pour nous couper du réel, que ce soient les écrans et leurs images trompeuses, les mots qui ne veulent plus rien dire, les idéologies et leurs slogans vides, l’esprit partisan et ses œillères.

Orwell a une impressionnante capacité d’aller aux choses mêmes, d’accueillir la réalité sans prévention ni parti pris, d’observer le monde d’un regard frais, donc toujours un peu décalé, hérétique, iconoclaste. Lire ses essais, c’est se mettre à l’école de l’honnêteté intellectuelle et apprendre auprès d’un maître à regarder le monde en face, alors que l’aveuglement, le mensonge ou le bavardage sont faciles et rassurants. Ses essais sont ainsi des écrits de combat contre notre véritable ennemi, notre propre esprit « réduit à l’état de gramophone ».

On ne secouera pas le joug sans l’effort quotidien de chacun pour rompre, à son propre niveau, avec l’imaginaire moderne, et par conséquent avec ce qui en est l’un des principaux ressorts : l’habitude que nous prenons toujours plus de ne pas regarder les choses mêmes mais leurs images, et de ne parler que pour répéter ce que d’autres ont dit. Lorsque le ministère de la Vérité est le cerbère des tyrans, alors le préalable à toute libération est d’oser se servir de son propre entendement pour faire la vérité. A l’école d’Orwell, on se remet les yeux en face des trous, puisque seule la vérité nous rendra libres.

G. Orwell, Ecrits de combat, Bartillat, 260 pages, 20 euros.

Marcel Gaillard

Article paru dans Présent daté du 19 mars 2021

La grande réinitialisation est-elle en marche ?

Hold-up - le documentaire

Cela fait un an que le monde a basculé dans la pandémie.

Au début, la Chine a été pointée du doigt, puis il n’a plus été question de la Chine, en Europe tout au moins, sans doute parce que la Chine fournissait les masques et une large part des médicaments, et que les gouvernants européens voulaient signer des contrats avec le gouvernement chinois.

Aux États-Unis, Donald Trump continuait à dire «coronavirus chinois», mais les dirigeants européens clamaient que Donald Trump était un abruti, et attendaient avec impatience que les démocrates le renversent par tous les moyens, ce qui est désormais chose faite.

Au début aussi, les chiffres frelatés donnés par l’Organisation Mondiale de la Santé étaient pris au sérieux et créaient la frayeur.

Les chiffres ont été revus très nettement à la baisse, mais la frayeur a été entretenue, et peu de pays en Europe n’y ont pas cédé.

Des décisions ont été prises sur la base de la panique, et peu de pays n’ont pas pris ces décisions, presque toujours catastrophiques et inutiles.

Le port du masque s’est disséminé et reste prôné, bien que les masques, pour l’essentiel d’entre eux, ne permettent pas d’arrêter le moindre virus.

Le confinement s’est répandu comme une traînée de poudre, bien qu’il soit établi que confiner conduit à accroître le nombre de contagions, puisque cela contraint des personnes contaminées à rester dans des lieux clos en compagnie de personnes qui ne sont pas contaminées, et le confinement continue d’être utilisé (en France, on utilise aussi le couvre-feu, comme en temps de guerre).

La liberté d’aller et venir a été abolie pendant des semaines dans plusieurs pays.

Des contrôles dignes de régimes autoritaires ont été mis en place sur l’intégralité de la population dans les mêmes pays et ont montré à quel point la démocratie est fragile, et qu’en utilisant des arguments où le risque de mourir est omniprésent, la docilité de millions de gens peut être obtenue.

Les médecins dans toute l’Europe occidentale et dans quelques États américains ont perdu l’autorisation de prescrire des médicaments qui soignent, mais qui ont le malheur de ne pas coûter cher, et des gens qui auraient pu être soignés ont dû attendre que la maladie s’aggrave pour aller à l’hôpital et se retrouver intubés, avec des chances de survie très amoindries.

Les économies des pays d’Europe occidentale et d’Amérique du Nord ont été, à des degrés divers, mises à l’arrêt, et on a pu assister à la première récession délibérément créée par des gouvernements.

Les faillites se sont multipliées.

Chômage et pauvreté sont montés en flèche.

La phase actuelle est celle des vaccinations, et des idées de vaccination obligatoire de toute la population se sont disséminées dans plusieurs pays.

On parle même maintenant de «passeport vaccinal» et de la nécessité d’exiger qu’on soit vacciné pour pouvoir voyager, aller au spectacle, dîner au restaurant.

Ceux qui disent que la létalité de la maladie n’est pas très élevée, que d’autres épidémies au moins aussi graves ont eu lieu dans le passé sans que soient prises des mesures aussi destructrices, ou que la quasi-totalité des morts sont des personnes atteintes de comorbidités et d’un âge très avancé, ne sont pas écoutés.

Les écouter impliquerait de dire que la gestion de la maladie en Corée du Sud ou à Taïwan a évité les décisions ineptes prises en Occident.

Parler d’hydroxychloroquine est tabou, alors que les pays où ce médicament a été largement utilisé ont des taux de létalité bien plus bas.

La Chine, d’où la pandémie est partie, pourrait être la grande gagnante.

Et, lorsqu’on sait que la Chine, quand la maladie est apparue à Wuhan, a interdit aux gens présents à Wuhan de se rendre ailleurs en Chine, mais les a laissés volontairement se rendre partout sur la planète, en cachant au reste du monde qu’une maladie contagieuse déferlait sur Wuhan, on ne peut que parler de crime.

Lorsqu’on voit les décisions ineptes prises en Occident, on peut se demander s’il y a simplement là de la stupidité ou une forme de complicité.

Des discours insistent disant que «plus rien ne sera comme avant», et on peut craindre qu’effectivement plus rien ne soit comme avant, et que la grande réinitialisation évoquée par les gens de Davos soit en marche.

Guy Milliere

Tribune reprise de les4verites.com

Marine Le Pen présidente ? Une hypothèse «inquiétante» pour le pape François

Lors d’une audience avec quatre Français, le pape a déclaré que la possibilité de l’élection de Marine Le Pen comme présidente était «inquiétante». Celle-ci lui a conseillé de «rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu». Le 15 mars, le pape François a reçu une délégation politique française face à laquelle il a affirmé que la possibilité de l’élection de Marine Le Pen comme présidente de la République était «inquiétante». Une commentaire qui a fait réagir la présidente du Rassemblement national, celle-ci ayant conseillé au souverain pontife de «rendre à César ce qui est à César» et de «s’occuper de ce qui se passe dans les églises».

Comme rapporté par l’Obs, le pape a reçu pendant quarante minutes le militant écologiste Cyril Dion, l’entrepreneure Eva Sadoun, le fondateur du mouvement Coexister Samuel Grzybowski, et Michel Cermak. Ce dernier représentait le député européen Pierre Larrouturou, qui avait organisé cette réunion mais n’a pas pu y assister en raison d’un test positif au Covid-19. Le pape François se serait alors exprimé sur la situation politique en France en ces termes : «Un ami m’a dit : “En France, si on continue comme ça, on aura Marine Le Pen présidente”. Je ne veux pas être désagréable ou dire à votre pays ce qu’il doit faire. Mais c’est inquiétant. […] Je suis inquiet de la montée des populismes. Mais l’antidote c’est un mouvement populaire. Et écouter ce mouvement. Il faut opposer au populisme le “popularisme”. Un bon gouvernement doit faire confiance aux citoyens, il doit les écouter.» Le souverain pontife a également fustigé les idéologies qui, selon lui, «enferment les peuples et limitent leur créativité spontanée».

Sur Twitter, Marine Le Pen a conseillé au Pape de rendre «à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu», en référence à une citation de Jésus présente le Nouveau Testament. «Je suis convaincue que de nombreux croyants seraient ravis que le pape s’occupe de ce qui se passe dans les églises plutôt que dans les urnes. Que chacun fasse ce pour quoi il est destiné », a ajouté la candidate à l’élection présidentielle de 2022.

Texte repris du site RT France

La France entre l’Œdipe algérien et celui des décoloniaux…, par Bernard Lugan

Bernard Lugan

Le « Système » algérien et les « décoloniaux » accusent la France d’être responsable de leurs problèmes. Une attitude œdipienne déjà bien décrite en son temps par Agrippa d’Aubigné quand il écrivait que :
« Le cadavre de France se décompose sous l’œil de deux enfants : le premier est félon et le second parasite. L’un est tourné vers la mort et l’autre vers la dévastation. »

Au mois de janvier 2021, un journaliste algérien complaisamment relayé par les médias français, exigea même de la France un dédommagement pour le « pillage » du fer « algérien » qui, selon lui, aurait servi à fabriquer la Tour Eiffel !!!

Or, comme l’a montré Paul Sugy, les pièces composant l’emblématique monument furent fondues en Lorraine, dans les aciéries de Pompey, à partir de minerai de fer extrait de la mine de Lurdres, également située en Meurthe-et-Moselle…

La prétention aussi exorbitante que surréaliste de ce stipendié du « Système » algérien n’est pas le coup de folie d’un illuminé. Elle s’inscrit tout au contraire dans une stratégie de surenchère revendicatrice destinée à obtenir des excuses, puis des réparations « sonnantes et trébuchantes » de la part de la France.

Or, il faut bien voir que, jusqu’à l’arrivée de François Hollande au pouvoir, la position algérienne avait été relativement « retenue ». Ni Georges Pompidou, ni Valéry Giscard d’Estaing, ni François Mitterrand, ni Jacques Chirac et ni Nicolas Sarkozy n’auraient en effet accepté de telles demandes d’excuses. Or, tout a changé avec les déclarations irresponsables de François Hollande suivies de celles d’Emmanuel Macron au sujet de la colonisation. A partir de là, la France s’étant auto-humiliée, l’Algérie s’est donc trouvée en position de force pour exiger toujours plus d’elle. D’autant qu’acculé par la rue, sa survie étant même en jeu, le « Système » algérien n’a plus que deux moyens pour tenter de détourner la marée de la contestation populaire qui menace de l’emporter :

1) S’attaquer au Maroc, comme en 1963 quand la « Guerre des Sables » lui a permis de mettre en parenthèses le soulèvement kabyle. Mais, avec le Maroc, qui s’y frotte s’y pique…

2) Rien de tel avec le chapon français dont les actuels dirigeants n’osent pas rappeler à leurs homologues algériens qu’en 1962, la France « mère généreuse », légua à sa « chère Algérie » selon la formule du regretté Daniel Lefeuvre, un héritage composé de 54 000 kilomètres de routes et pistes (80 000 avec les pistes sahariennes), de 31 routes nationales dont près de 9000 kilomètres étaient goudronnés, de 4300 km de voies ferrées, de 4 ports équipés aux normes internationales, de 23 ports aménagés (dont 10 accessibles aux grands cargos et dont 5 qui pouvaient être desservis par des paquebots), de 34 phares maritimes, d’une douzaine d’aérodromes principaux, de centaines d’ouvrages d’art (ponts, tunnels, viaducs, barrages etc.), de milliers de bâtiments administratifs, de casernes, de bâtiments officiels, de 31 centrales hydroélectriques ou thermiques, d’une centaine d’industries importantes dans les secteurs de la construction, de la métallurgie, de la cimenterie etc., de milliers d’écoles, d’instituts de formations, de lycées, d’universités avec 800 000 enfants scolarisés dans 17 000 classes ( soit autant d’instituteurs, dont deux-tiers de Français), d’un hôpital universitaire de 2000 lits à Alger, de trois grands hôpitaux de chefs-lieux à Alger, Oran et Constantine, de 14 hôpitaux spécialisés et de 112 hôpitaux polyvalents, soit le chiffre exceptionnel d’un lit pour 300 habitants. Sans parler du pétrole découvert et mis en exploitation par des ingénieurs français. Ni même d’une agriculture florissante laissée en jachère après l’indépendance, à telle enseigne qu’aujourd’hui l’Algérie doit même importer du concentré de tomates, des pois chiches et jusqu’à la semoule du couscous…

Tout ce qui existait en Algérie en 1962 avait été payé par les impôts des Français. En 1959, l’Algérie engloutissait ainsi 20% du budget de l’Etat français, soit davantage que les budgets additionnés de l’Education nationale, des Travaux publics, des Transports, de la Reconstruction et du Logement, de l’Industrie et du Commerce ! Et tout ce que la France léguait à l’Algérie avait été construit à partir du néant, dans un pays qui n’avait jamais existé puisqu’il était directement passé de la colonisation turque à la colonisation française. Même son nom lui avait été donné par la France…

L’attitude des « décoloniaux » relève quant à elle d’un complexe œdipo-existentiel doublé d’une dose de schizophrénie.

Selon eux, la France qui les accueille, les nourrit, les habille, les soigne, les loge et les éduque, est une nation « génétiquement esclavagiste, raciste et colonisatrice », dans laquelle les descendants des colonisées sont dans une « situation coloniale », c’est-à-dire de « dominés ». D’où leur prétendue « marginalisation ». A cette affirmation victimaire s’ajoute un sentiment à la fois revanchard et conquérant bien résumé par Houria Bouteldja, une des figures de proue de ce courant:

« Notre simple existence, doublée d’un poids démographique relatif (1 pour 6) africanise, arabise, berbérise, créolise, islamise, noirise, la fille aînée de l’Eglise, jadis blanche et immaculée, aussi sûrement que le sac et le ressac des flots polissent et repolissent les blocs de granit aux prétentions d’éternité (…) ».

Authentiquement francophobes, haïssant la France, les « décoloniaux » rejettent donc tout ce qui se rattache à elle. Hafsa Askar, vice-présidente du syndicat étudiant UNEF, a ainsi écrit le 15 avril 2019, jour de son incendie :

« Je m’en fiche de Notre-Dame de Paris, car je m’en fiche de l’histoire de France… Wallah … on s’en balek (traduction : on s’en bat les c…), objectivement, c’est votre délire de petits blancs ».

Cependant, exprimant leur ressentiment et leur haine de la France dans la langue du « colon » honni, et s’affirmant intellectuellement à travers ses références philosophico-politiques, les « décoloniaux » ont une attitude schizophrénique…

Là n’est cependant pas le moindre paradoxe de ces sycophantes dont la « pensée » a germé sur le terreau philosophique de la révolution de 1789. En s’attaquant frontalement, et d’une manière œdipienne, aux dogmes de leurs géniteurs – « valeurs de la République », « droits de l’homme », « vivre ensemble » et « laïcité » -, les « décoloniaux » ont en effet pulvérisé l’armature doctrinale et morale de cette gauche universaliste qui, depuis des décennies, est le vecteur de la décadence française. Comme elle ne survivra pas à la mort de son idéologie et de ses « valeurs fondatrices », la voilà qui sort donc peu à peu de l’histoire, dégageant ainsi la voie à un changement de paradigme.

Aux porteurs de forces créatrices de saisir cette opportunité historique !

Bernard Lugan

Texte repris du Blog de Bernard Lugan

Eric Zemmour : “S’il y a une explosion démographique en Afrique, c’est parce que les Français ont développé les vaccins. Cela n’aurait pas existé sans la colonisation française” (Vidéo)

Migrants mineurs : l’aveuglement idéologique du gouvernement et des médias

migrants mineurs

Les mobilisations pour la régularisation de jeunes migrants qui ont été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance se multiplient. En pleine crise économique, la pléthore de postes à pourvoir dans certains secteurs de l’économie justifierait selon leurs défenseurs qu’un titre de travail leur soit octroyé à leur majorité. Le gouvernement déploie pour sa part des mesures pour favoriser l’insertion professionnelle et la pérennisation du séjour en France des jeunes étrangers. Cette politique ne fait pourtant qu’attiser l’afflux massif de clandestins.
Une analyse de Paul Tormenen, juriste et spécialiste des questions migratoires.

Des tranches de vie à foison dans les médias régionaux

Ces derniers temps, les médias locaux abondent de récits de mobilisations pour la régularisation de jeunes migrants qui ont été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance.

Mallé, un jeune Malien sommé de quitter le territoire alors qu’un patron est prêt à le prendre en apprentissage dans sa boucherie, Mamadou, un Guinéen dont l’employeur, un boulanger, est en grève de la faim pour le faire régulariser, etc. : ils seraient nombreux à être dans la même situation. Arrivés en France et présumés mineurs, pris en charge à grands frais par l’aide sociale à l’enfance, ils s’engagent dans une formation professionnelle, souvent en apprentissage. Mais certains, à leur majorité, reçoivent des services de l’État une obligation de quitter le territoire français.

Dans leur combat pour obtenir un titre de travail, les jeunes extra-Européens peuvent compter sur le soutien de multiples associations : Cimade, Patrons solidaires, Syndicat des avocats de France, Avocats pour la défense des droits des étrangers, etc. (1).

Le gouvernement multiplie les mesures pour favoriser le maintien des « Mineurs non-accompagnés » en France

Selon les associations immigrationnistes, les jeunes extra-Européens seraient donc de plus en plus nombreux à être sommés de quitter le territoire français à leur majorité. Pourtant, tant les statistiques sur les éloignements du territoire que les récentes annonces du gouvernement contredisent totalement cette assertion (2).

La ministre du Travail était d’ailleurs catégorique début janvier : « La logique pour les mineurs non accompagnés, s’engageant dans des formations, est qu’ils puissent au bout de deux ans, continuer à travailler en France si tout s’est bien passé » (3).

Le gouvernement a pris plusieurs initiatives allant dans ce sens :

– comme nous le soulignions récemment, le ministre de l’Intérieur a adressé en septembre 2020 une instruction aux préfets visant à éviter toute « rupture de droits » à la majorité des mineurs non accompagnés, afin de « favoriser leur parcours vers l’emploi » (4) ;
– le secrétaire d’État à la protection de l’enfance annonçait le 27 janvier 2021 « l’accompagnement de tous [les jeunes majeurs issus de l’ASE, N.D.L.R] vers l’emploi ou la formation et une allocation de 500 € par mois » (5).
– dernière annonce en date, la ministre chargée de la citoyenneté a, dans une instruction du 17 février 2021, présenté aux préfets la politique d’intégration des « primo-arrivants » (comprendre : très majoritairement des extra-Européens arrivés récemment en France) (6).

L’instruction décline les moyens à mettre en œuvre, dont le budget a doublé depuis le début du quinquennat du président Macron.

La ministre y souligne la priorité donnée par le gouvernement à l’intégration des étrangers primo-arrivants et demande aux préfets d’inscrire leur emploi « dans [le] dialogue avec les entreprises et tout particulièrement dans les instances de pilotage du plan de relance ».
Le plan de relance du gouvernement, dont le budget avoisinerait les cent milliards d’euros, prévoit notamment un « plan jeunes », avec une enveloppe de sept milliards d’euros et des aides à l’embauche de 4 000 euros pour les moins de 25 ans et de 5 000 euros pour recruter un alternant (7). Il y a donc des arguments de poids dans ce « dialogue » avec les entreprises.

Le plan de relance serait-il une occasion pour le gouvernement de permettre de pourvoir des emplois vacants par des jeunes migrants ? Et si cette politique présentée comme humaniste était le comble de l’aveuglement et de l’idéologie cosmopolite ?

Pour lire la suite, c’est ici !

Un journaliste algérien réclame que “la France rende la tour Eiffel à l’Algérie”

tour Eiffel

Mohamed Allal demande purement et simplement des excuses officielles de la part de la France pour avoir pillé le fer algérien.

Le journaliste Mohamed Allal garde une rancœur tenace quant au passé tourmenté de la France et de son ancienne colonie d’Afrique du Nord. Invité sur une chaîne algérienne de Lina Télévision le 28 janvier dernier, comme le rapporte Causeur, il n’a pas hésité à demander officiellement à la France de s’excuser pour avoir « volé son pays, ses richesses et ses trésors », en faisant référence à la guerre d’Algérie. Mohamed Allal a aussi expressément demandé à ce que « la France rende la tour Eiffel à l’Algérie » puisque cette dernière aurait, selon lui, été construite à partir de « fer volé » dans le pays colonisé. Dans cette requête, il a été soutenu par une partie des Algériens qui lui donnent raison sur la nature des matériaux utilisés pour bâtir l’un des monuments les plus connus au monde et qui se trouve à Paris. D’autres, en particulier sur les réseaux sociaux, se sont emparés du sujet pour se moquer du journaliste algérien. L’un des messages lui étant adressé qui indiquait qu’il « serait temps de rendre les Algériens à l’Algérie » a réveillé la presse locale qui a évoqué une xénophobie à l’encontre des Maghrébins de France.

Le métal de la discorde

Selon le journaliste, la tour Eiffel doit son existence à l’exploitation des minerais de fer « extraits du sol barbaresque » et qui appartient légitimement aux Algériens, indique Causeur. En réaction à la requête de Mohamed Allal, le précepteur islamique Cheikh Chems-Eddine est monté au créneau, dénonçant le fait que la France ne se soit « toujours pas excusée des crimes qu’elle avait commis sous la colonisation ». Ce n’est pas la première fois que le pavé est jeté dans la mare pour remettre en cause la légitimité du monument de l’Hexagone. En 2018, déjà, la chaîne Beur FM diffusait la même information sur la provenance du métal, indiquant qu’il était extrait des « mines de Zaccar et de Rouïna», en Algérie. Pourtant, au risque de décevoir ce fervent défenseur de son pays, le fer utilisé pour construire la tour Eiffel provient de Lorraine, en France.


Texte repris du site Valeurs Actuelles